🎓 L’Histoire au Château | Cours n°1
đź‘‘ L’État royal

🎙 Par Laurent Avezou

Ă€ la mort du cardinal Mazarin le 9 mars 1661, Louis XIV, roi depuis 1643, exerce le pouvoir. Les ministres, les secrĂ©taires d’État et le Conseil sont les institutions sur lesquelles repose son pouvoir. Cependant, les forces traditionnelles tels que les parlements et la noblesse de campagne subsistent. La distance et la faiblesse des moyens de communication font du royaume une juxtaposition de peuples et de pays, et non un État moderne.

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© Château de Versailles, 2025

Bonsoir Ă  tous et Ă  toutes. Donc je suis Christophe Loribau, le prĂ©sident du du château et j’ai le plaisir de vous accueillir aujourd’hui pour le cours inaugural de notre tout premier cycle de l’histoire au château. Je ne ferai pas de topo Ă  chaque Ă  chaque cours hein, c’est juste on abordera directement les choses. C’est juste pour lancer donc cette opĂ©ration. Donc une sĂ©rie de cours ouverts Ă  tous et gratuit et qui me tenait vraiment Ă  cĹ“ur de de crĂ©er euh pas seulement donc des confĂ©rences pour les spĂ©cialistes de la pĂ©riode de Versailles, mĂŞme si nous en avons rĂ©gulièrement ici et de très brillants colloques organisĂ©s avec le centre de recherche du château. Mais il s’agit bien ici de cours pour tous, des cours pour les curieux, pour ceux qui aiment visiter le le château mais qui au fond ne connaissent pas si bien l’histoire de de Louis XIV Ă  Louis X ni de de NapolĂ©on Ă  Ă  Louis-Philippe. pour ceux qui ont appris cette histoire Ă  l’Ă©cole mais dont les souvenirs sont un peu un peu lointains, pour ceux qui apprennent cette histoire en ce moment mĂŞme au lycĂ©e ou Ă  l’universitĂ© et qui ont envie d’approfondir leur comprĂ©hension de cette pĂ©riode pour ceux qui s’ennuyaient aussi le mercredi soir et qui sont dit pourquoi pas et qui ont trouvĂ© la porte ouverte. Alors, je suis dĂ©solĂ© pour l’ascenseur aujourd’hui, mais voilĂ . Mais donc, merci Ă  tous ceux qui ont affrontĂ© les deux les deux Ă©tages mais voilĂ , c’est Versailles. Euh donc vraiment des cours pour tous et parce que nous sommes convaincus que ces cours doivent ĂŞtre accessibles au plus grand nombre, nous tenions Ă  ce qu’ils soient gratuits. Donc cet effort d’accessibilitĂ© a pu ĂŞtre portĂ© grâce Ă  l’aide de la Danny K Sylvia Fine K Foundation dont la gĂ©nĂ©rositĂ© a permis la gratuitĂ© de ce programme. Donc un grand merci. Ă  une grande amie euh amĂ©ricaine de Versailles. Je remercie Ă©galement les Ă©quipes du du château, Sophie Valallon qui a Ă©tĂ© l’initiative et puis euh euh Mathilde Cassandro et toute l’Ă©quipe des programmateurs. En revanche, vous le voyez, le nombre de places est limitĂ© dans cet auditorium. Donc si vous vous trouvez finalement empĂŞchĂ© d’assister Ă  l’un des prochains cours, surtout euh prĂ©venez-nous euh pour annuler votre rĂ©servation. Euh ce qui permettra Ă  des personnes qui n’ont pas pu euh s’inscrire ben d’avoir un une place euh au cours qu’ auquel ils souhaitent assister. D’ailleurs, si pour les retards Ă ataires, si vous pouviez certains vous dĂ©caler d’un cran, ça permettrait de que les retardataires ne vous ne vous obligent Ă  vous lever et cetera. Je vois des places un peu au centre. Euh voilĂ , enfin vivre Ă  vous de euh voilĂ , mais ces cours sont aussi seront aussi accessibles Ă  ceux qui ne pourront pas venir euh jusqu’au château. Euh bien que nous soyons quand mĂŞme attachĂ©s Ă  la la puissance du du contact avec le le les diffĂ©rents professeurs qui se succĂ©deront de toute façon avoir des questions et puis voilĂ , c’est quand mĂŞme plus chaleureux d’avoir un vrai dialogue avec la salle. Nous mettrons ces cours en ligne mais pas tout de suite. Ce sera en en dĂ©cembre de façon Ă  ce que ceux qui sont vraiment venus jusqu’ici en est la primeur. En somme, nous ouvrons ce soir une petite Ă©cole d’histoire pour tous au château car c’est je crois une des missions essentielles du château de Versailles que de faire connaĂ®tre et de faire comprendre toutes ces pages de l’histoire de France qui se sont Ă©crites ici notamment de de Louis XI Ă  aujourd’hui. Et ce travail de passeur d’histoire, nous le faisons Ă  travers nos efforts bien sĂ»r de mĂ©diation, nos visites guidĂ©es, nos salles historiques euh qui introduisent le parcours du château, nos audioguides, des expositions comme celles du du grand dauphin que je vous invite Ă©videmment Ă  Ă  voir, euh revoir et après Ă  potasser dans le dans le catalogue. Mais il me semble important aussi que nous puissions proposer des cours structurĂ©s, complets, suivis pour mieux partager cette histoire, pour faire comprendre le contexte d’Ă©mergence des grands Ă©vĂ©nements, des figures, des dont nous avons tant de portraits dans nos dans nos salles. C’est pour ça comme comme l’Ă©cole du Louvre a embrassĂ© la sa vocation d’enseigner l’histoire de l’art, un public au public public le plus large, je souhaite que Versailles embrasse sa vocation d’enseigner les quatre siècles d’histoire française qui l’ont traversĂ©. aussi. J’espère bien que ce cycle fera floresse, que nous poursuivrons, que nous dĂ©clinerons, que nous amplifierons ce programme dans les annĂ©es Ă  venir Ă  un rythme de plus en plus euh complet. VoilĂ , en ce sera en fonction de votre assiduitĂ© bien sĂ»r, on va pas mettre quand mĂŞme les les charrue avant les bĹ“u. Donc au programme de cette première saison, nous avons choisi de commencer par la base pour l’histoire des siècles qui ont fait vĂ©ritablement euh Versailles en nous plongeant dans le long règne de de Louis XIV. Donc le le roi soleil, le souverain absolu par excellence, celui qui a fait bâtir Versailles ou plutĂ´t qu’il l’a mĂ©tamorphosĂ© pour en faire ce que l’on entend aujourd’hui dans le monde entier quand on dit Versailles. Les professeurs qui interviendront lors de cette première Ă©dition embrosseront un tableau complet. Quel chef militaire a Ă©tĂ© Louis XIV ? Quelle place fut celle de la religion en son règne ? Comment a-t-il fait de la France un des États les plus puissants d’Europe ? Quel rĂ´le ont jouĂ© les artistes et les savants au service de la monarchie ? Quelles ont Ă©tĂ© les crises et les rĂ©voltes ou inconnues qui ont jalonnĂ© un règle qui euh qui l’ont euh euh que l’on retient dont on retient surtout la gloire et la magnificence en tout cas Ă  Versailles. Donc vous aurez les rĂ©ponses Ă  toutes ces ces questions et donc bienvenue en ces murs hein pour cette toute première leçon sur l’Ă©tat royal sous la monarchie absolue qui va poser le cadre dans lequel prennent place les heures et les malheurs du long règne de de Louis XIV. Je serai pas plus long, je sais, mais ça a permis quand mĂŞme au dernier de grimper jusqu’Ă  jusqu’Ă  l’auditorium. Donc je cède avec joie le micro Ă  Laurent Avezou qui est archiviste palĂ©ographe, donc on fait pas plus sĂ©rieux. Euh docteur en docteur en histoire et professeur de chair supĂ©rieur au lycĂ©e Pierre de Ferma de Toulouse oĂą il enseigne l’histoire mĂ©diĂ©vale et moderne aux Ă©tudiants prĂ©parant le concours de l’École nationale des Chartes. Donc un spĂ©cialiste de Sulie et de Richelieu qui est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages parmi lesquels raconter la France chez Armand Collin en 2008 ou la fabrique de la gloire au presse universitaire de France en 2020. Donc un grand merci chers professeur pour votre prĂ©sente d’ĂŞtre venu depuis euh Toulouse et je vous souhaite un excellent voyage dans le temps en sa compagnie. Bon cours Ă  tous. Merci. Je suis ravi de vous accueillir aujourd’hui pour cette leçon inaugurale. Nous avons dĂ» nous rĂ©partir la charge, moi et les sept autres collègues qui se succĂ©deront pendant Ă  raison de d’un cours par mois, exceptĂ© le celui de Jean-Philippe Sena qui aura lieu dans une dans une semaine parce que nous Ă©tions un petit peu bousculĂ©s. Donc euh la rĂ©partition des charges a fait que ben l’État c’est moi. VoilĂ . Enfin non euh comme vous le savez Ă©videmment ce n’est pas moi. C’est lui que nous ne vous prĂ©sentons pas. La question Ă©tant de savoir si il a vraiment prononcĂ© cette phrase ou mĂŞme si politiquement il Ă©tait en mesure de la prononcer. Reprenons les choses par le commencement et le commencement politique pour Louis X, c’est le 9 mars 1661 quand Jules Mazarin, premier ministre du roi de France meurt au château de Vincen. Il laisse un pays soumis ou du moins guĂ©ri pour un temps de ses agitations passĂ©es. un jeune Louis XIV qui est roi depuis 18 ans mais qui n’a jamais jusque-lĂ  exercĂ© le pouvoir et d’ailleurs n’a pas donner l’impression d’en avoir le dĂ©sir particulier. Son entrĂ©e dans la vie politique le lendemain va prendre l’allure d’une vĂ©ritable entrĂ©e en scène. Et il ne s’y trompait pas quand le lorsqu’il a prĂ©sentĂ© son cahier des charges Ă  ses ministres, il a dĂ©clarĂ© “La face du théâtre change.” Parce que c’est une vĂ©ritable surprise que de voir le roi s’affirmer comme son propre premier ministre. Au lendemain de la mort du cardinal. Dès le premier contact avec son conseil, les choses sont claires. Louis XIV se tourne vers le chancelier SĂ©ier qui est le second personnage du royaume et il lui dĂ©clare “Monsieur, je vous ai fait assembler avec mes ministres et secrĂ©taires d’Ă©tat pour vous dire que jusqu’Ă  prĂ©sent, j’ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu monsieur le cardinal. Il est temps que je les gouverne par moi-mĂŞme. Vous m’aiderez de vos conseils quand je vous les demanderai. Je vous prie et vous ordonne de ne rien celler que par mes ordres, de ne rien signer sans mon consentement. C’est cette prise de pouvoir light que le peintre Lebrin a immortaliser donc en figurant l’Ă©vĂ©nement sur une voĂ»te de la galerie des glaces de Versailles avec une donc une un sujet programmatique et relativement abstrait en lui-mĂŞme. Donc le roi gouverne par lui-mĂŞme. Louis XIV y apparaĂ®t vĂŞtu d’une armure Ă  l’antique pour suggĂ©rer l’affiliation qu’il assume entre l’Empire romain et la monarchie française. Une monarchie dont les rois se targuent depuis le 13e siècle d’ĂŞtre empereur en leur royaume. L’histoire a donc rĂ©sumĂ© cette pĂ©tition de principe dans cette formule lapidaire qu’elle prĂŞte sans doute abusivement au souverain l’État c’est moi. Nous verrons ce qu’il peut en ĂŞtre parce que si dĂ©sormais le roi gouverne, il ne gouverne pas seul. les ministres, les secrĂ©taires d’Ă©tat, le conseil, toutes entitĂ©s politiques que je dĂ©taillerai subsistent Ă©videmment et tout au long du règne, leurs fonctions vont se prĂ©ciser. Au conseil s’adjoignent des conseils spĂ©cialisĂ©s qui sont le reflet d’une d’une quĂŞte de technicitĂ© qui agite l’Ă©tat royal au milieu du 17e siècle. Nous sommes Ă  une pĂ©riode de capital pour l’Ă©toffement de l’administration centrale qui cherche Ă  contrĂ´ler au mieux la vie des provinces comme celle du moindre sujet. Le roi s’entoure d’un personnel compĂ©tent qu’il va s’attacher par des faveurs soigneusement dosĂ©es dans un subtil cocktail entre intĂ©rĂŞt public et choses privĂ©es. Les grands commis vont en profiter pleinement. Nous connaissons Colbert, nous connaissons Louvois. Ils sont la souche de vĂ©ritable dynastie ministĂ©rielle qui rivalise dans l’Ă©mulation au service du roi tout en mĂ©ditant en leur fort intĂ©rieur le sort exemplaire du surintendant Fouquet sur lequel je m’attarderai en dans dans quelques dans quelques instants. Fouet emprisonnĂ© Ă  vie pour n’avoir pas compris que le temps du ministĂ©riat Ă©tait clos. Le ministĂ©riat Ă©tant ce sas gouvernemental qui s’interpose entre le roi et le et ses sujets et qui consiste en une dĂ©lĂ©gation de pouvoir. Une dĂ©lĂ©gation de pouvoir qui avait Ă©tĂ© incarnĂ©e par deux cardinaux ministres au cours du tiers de siècle Ă©coulĂ© Richelieu puis Mazarin. Fouet avait cru pouvoir ĂŞtre le successeur de Mazarin. Il lancera pour son compte. Cet accroissement de l’autoritĂ© royale et de la centralisation nous fait vibrer fait vibrer encore en nous le cette volontĂ© de puissance quasi nichĂ©enne qui sommeille en notre fort intĂ©rieure. Il faut tout de mĂŞme en rabattre parce que les forces traditionnelles demeurent et la centralisation est plus une virtualitĂ© que une rĂ©alisation. Ces forces traditionnelles, ce sont les parlements, la petite noblesse des campagnes, les corps de ville. Chaque province, chaque citĂ© de France est jalouse de ces privilèges. Privilèges contre lesquels le roi, malgrĂ© qu’il en est, ne peut pas vraiment agir, sauf en surface. Parce que cette tradition est un des fondements du rĂ©gime. La monarchie absolue se fonde dans l’immĂ©morial et l’immĂ©morial ne serait pas tranchĂ©, ne serait pas taillĂ© dans le vif ce qui a Ă©tĂ© fondĂ© par l’anciennetĂ©. Ajoutons Ă  cela que les distances dĂ©mesurĂ©es par rapport Ă  aujourd’hui, la mĂ©diocritĂ© des moyens de communication, la multiplicitĂ© des parlĂ©s qui font du français classique celui de celui de Malerbe et de Boilot, une exception linguistique he beaucoup plus que le parler commun de des sujets de Louis XIV. Et bien tout cela fait du royaume une juste opposition de peuple et de pays beaucoup plus qu’un Ă©tat moderne. PlutĂ´t que de la France, il est bien plus raisonnable de parler des Frances. MalgrĂ© tout, jouons le jeu et faisons comme si tout Ă©manait du roi en ruissellement jusqu’Ă  ces sujets et prĂ©sentant le principe Ă intĂ©ressĂ©. que nous croyons tous connaĂ®tre, mais euh il y a toujours Ă  glaner par rapport au aux gĂ©nĂ©ralitĂ©s. Au moment oĂą la mort de Mazarin lui permet d’exercer enfin la totalitĂ© du pouvoir, Louis XIV est un jeune homme de près de 23 ans qui qui est figurĂ© dans cette toile de Joseph Werner le jeune en souverain martial en armure 2 ans après sa prise de pouvoir politique. C’est un bel homme de taille moyenne Ă  l’Ă©lĂ©gance raffinĂ©e mais sans excès, Ă  l’air majestueux mais sans arrogance. Un air qu’il va conserver jusqu’Ă  la fin de ses jours en le en le travaillant consciemment. Son visage est rĂ©gulier, les yeux sont vifs, les lèvres minces ne se ressentent pas trop de son ascendance absourgeoise singularisĂ©e par le fameux menton en galoche et la la lèvre infĂ©rieure passablement lipu. VoilĂ . Bien sĂ»r, le temps va faire son Ĺ“uvre et après le l’opĂ©ration de la fistule dont il va horriblement souffert dans les annĂ©es 1680, le Louis XIV en armure que que nous prĂ©sente Joseph Werner le jeune aura ne sera plus qu’un souvenir. Et je finirai cette galerie de portrait par une autre figuration qui nous montrera que le temps parfois est un juge cruel. Louis XIV, rappelons-le, est issu d’un mariage de 23 ans entre Louis X et Anne d’Autriche. Il a perdu son père Ă  l’âge de 5 ans. Il respecte sa mĂ©moire. Le le château de Versailles en est la marque puisque il l’agrandira Ă  partir de la structure initiale du pavillon de chasse paternel. Il est très proche de sa mère, l’espagnole Anne d’Autriche, faux amis puisque la maison d’Autriche, je vous le rappelle, règne Ă  la fois en Espagne et dans les États germaniques. Il a aussi entretenu une relation privilĂ©giĂ©e avec son parrain Mazarin qui l’a initiĂ© au Baart et qui a entamĂ© son Ă©ducation avec plusieurs maĂ®tres comme le marquis de Villeroi surtout Ă©tĂ© comme on dit Ă  l’Ă©cole de la vie. tout roi qu’il fut. Les temps de son adolescence ont Ă©tĂ© plus que perturbateur pour lui et ils n’ont pas vraiment permis Ă  la reine et au cardinal de lui donner toute la formation dĂ©sirĂ©e. Ce qui fait que le mĂ©morialiste Saint-Simon ira jusqu’Ă  dĂ©clarer que le roi soleil Ă©tait un ignorant, ce qui est tout Ă  fait excessif, soulignons-le. Louis Dieu DonĂ© parlait l’italien et l’espagnol. l’espagnol qui est alors la première langue politique en Europe et il possĂ©dait plus que des rudiments en latin. Il avait Ă©tudiĂ© la gĂ©ographie, l’art militaire, les Ă©lĂ©ments des mathĂ©matiques et surtout l’histoire, celle de l’antiquitĂ©, l’histoire sainte, mais Ă©galement celle de ses prĂ©dĂ©cesseurs et en particulier de son grand-père Henri I, son prĂ©cepteur, l’Ă©vĂŞque de Rodèz. qui sera plus tard archevĂŞque de Paris, Ardoin de PĂ©rĂ©fix dont je vous ai marquĂ© le nom qui n’est pas intuitif Ă  retenir avait publiĂ© en 1661 une histoire de Henry Land destinĂ©e Ă  Ă©difier son petit-fils. et le valet de chambre la Porte qui avait euh fait ses premières lectures au Dauphin Louis lui avait Ă©galement vantĂ© les haut faits du fondateur de la maison royale des Bourbons. Une chose est certaine, Louis XIV n’est pas un intellectuel ni un brillant esprit. Il a des lecteurs Ă  titrĂ©s pour lui permettre de faire illusion, on l’a vu, mais il est dotĂ© d’un solide bon sens. qui a Ă©tĂ© affinĂ© par l’expĂ©rience beaucoup plus que par le contact des livres. Ajoutons Ă  cela que le roi connu pour avoir emprisonnĂ© une partie de sa haute noblesse dans le l’Ă©crain dorĂ© de Versailles ferait oublier qu’il a Ă©tĂ© un grand voyageur Ă  la diffĂ©rence de ses successeurs Louis X et Louis X qui seront des monstres de sĂ©dentaritĂ©. Il a eu l’occasion d’Ă©rĂŞ pendant la sĂ©rie de rĂ©voltes qui ont marquĂ© sa minoritĂ© et qu’on appelle globalement la fronde entre 1648 et 1653 pour aller mat les rĂ©voltĂ©s aussi bien en Normandie qu’en Bourgogne et jusqu’Ă  Marseille. Il a aussi traversĂ© la France pour son mariage Ă  Saint-Jean de en princesse espagnole, Marie- ThĂ©rèse d’Autriche. et il participe il participera en personne aux deux premières guerres de son règne dont vous entretiendra Jean-Philippe Sena la semaine prochaine, les guerres de dĂ©volution et de Hollande. Il y a en rĂ©alitĂ© plusieurs personnages dans cet homme qui est pratiquement nĂ© roi. Je le rĂ©pète, tous les mĂ©morialistes ont soulignĂ© son air naturellement majestueux, mais aussi son affabilitĂ©, son exquise politesse. Louis XIV est moins guindĂ© que le la galerie de portrait que nous avons tous en tĂŞte de lui. Sa conversation avait du charme. Il Ă©tait surtout un excellent danseur qui Ă©tait allĂ© jusqu’Ă  faire de la danse, un instrument de communication politique. Bon cavalier, ru de jeux d’adresse, guitariste Ă©mĂ©rite, ce sont des choses qui comptent pour Ă©gayer une personnalitĂ©. Il avait reçu une vraie Ă©ducation de gentilhomme et Ă©voluait avec naturel dans le cadre pourtant dĂ©jĂ  contraignant de la cour, mĂŞme s’il augmentera ses contraintes par une Ă©tiquette en pesĂ©e. Ă€ cĂ´tĂ© de ce personnage extĂ©rieur qui va a appris très tĂ´t Ă  dissimuler et Ă  jouer son rĂ´le dans une sorte de reprĂ©sentation permanente. Il exerce il existe un autre Louis XIV plus affectif, celui qui dĂ©clare Ă  son fils le grand dauphin auquel l’un vous le savez une remarquable exposition est consacrĂ©e en ce moment dans l’enceinte du château. Le grand dauphin auquel il dĂ©clare le mĂ©tier de roi grand noble et flatteur un mĂ©tier qu’il entend exercer pleinement. aussi va-t-il donner l’exemple du travail Ă  partir alors qu’il passait jusque-lĂ  pour un souverain plutĂ´t indolent, je le rĂ©pète, il va y consacrer chaque jour de nombreuses heures d’entretien avec ses ministres, rĂ©flĂ©chissant plus rarement dans le silence de son cabinet et parce qu’il connaĂ®t ses limites sans doute, se donnant toujours l’intervalle de la rĂ©flexion. pour avant de avant de trancher sur un dossier Ă©pineux. C’est son emblĂ©matique je verrai dont il scandait ses Ă©changes avec ses ministres en certains en les plongeant certainement dans une certaine frustration mais pour lui permettre d’examiner les problèmes Ă  loisir. Cette attitude je le rĂ©pète va de paire avec la circonspection la mĂ©fiance qu’il a acquise pendant les Ă©preuves de la fronde. D’une manière gĂ©nĂ©rale, Louis XIVIV parle sauf avec ses familiers et toujours avec le dĂ©sir d’impressionner. Ce laconisme fera beaucoup pour euh poser le personnage. Mais il a des principes qu’il a très tĂ´t Ă©noncĂ© puisque le premier document autographe qu’on possède de lui est une page d’Ă©criture oĂą il a recopiĂ© six fois Ă  l’âge de 5 ans la formule “L’hommage est dĂ» au roi, ils font ce qui leur plaĂ®t.” “L’hommage est dĂ» au roi, ils font ce qui leur plaĂ®t.” roi depuis l’âge de 5 ans, encensĂ© quotidiennement. Louis XIV s’est tĂ´t persuadĂ© qu’il avait Ă©tĂ© placĂ© Ă  sa place par la providence et il s’estime n’avoir de compte Ă  rendre qu’Ă  Dieu. C’est la dĂ©finition la plus euh la plus condensĂ©e qu’on puisse donner de l’absolutisme. L’absolutisme n’est ni despotisme ni tyrannie. Il se rapporte Ă  la maxime qu’un membre du Parlement de Paris avait Ă©noncĂ© non pas Ă  son Ă©poque mais le un siècle auparavant sous le règne de Louis XIV. Bon, il s’appelait Simon Guillard, son nom finalement importe peu en soi. Il avait fort justement dit que le roi peut tout ce qu’il veut mais qu’il ne doit pas vouloir tout ce qu’il peut. Autrement dit, le roi est contraint par ce que Quent aurait appelĂ© un impĂ©ratif catĂ©gorique, hein. C’est-Ă -dire que il doit le toujours subordonner ses ses dĂ©cisions au regard du seul maĂ®tre qu’il peut se reconnaĂ®tre ici-bas. parce que ce maĂ®tre surplombe surplombe Ă©videmment le plan terrestre. Autrement dit Dieu, le roi est lieutenant de Dieu sur terre, il doit se pĂ©nĂ©trer de cette de cette conviction qui doit l’empĂŞcher de faire n’importe quoi. La responsabilitĂ© devant Dieu en un siècle oĂą l’incrĂ©dulitĂ© est presque inexistante et en tout cas oĂą elle avance masquĂ©e, ça n’est pas une vine formule. L’absolutisme existait en principe depuis le 13e siècle au moins. Virtuellement, Saint-Louis Ă©tait un roi tout aussi absolu que Louis 14. simplement sous Louis XIV, il va pouvoir fonctionner non pas Ă  plein mais dans une illusion de plĂ©nitude parce que il a acquis les moyens de ses aspirations. Une aspiration que pour complĂ©ter le propos ce propos thĂ©orique, un juriste du temps de Richelieu, Cardin Lebray a lieu aussi synthĂ©tisĂ© dans une formule fameuse la souverainetĂ© n’est pas plus divisible que le point en gĂ©omĂ©trie. Son mĂ©tier de roi, Louis XIV le conçoit donc comme rĂ©gie par quelques principes simples. Ă  l’extĂ©rieur maintenir la France au premier rang et augmenter sa gloire. Ça n’est pas mon affaire d’aujourd’hui. Elle sera je n’en doute pas excellemment traitĂ© par les les deux orateurs qui vont me succĂ©der derrière ce pupitre. Ă€ l’intĂ©rieur, maintenir l’ordre menacĂ© par toutes les forces que Louis XIV avait vu donner toute leur Ă©nergie nĂ©faste contre l’État durant la fronde. Faire le bonheur de ces peuples certes, mais c’est un but essentiellement formel. tant il est tacitement admis que leur adhĂ©sion Ă  la cause monarchique est euh est naturellement acquise. Ce qui peut sembler paradoxal, c’est le moment oĂą s’affirme cette cet absolutisme. Il y a un grand contraste entre le les annĂ©es de crise de la fronde et le l’apaisement qui va suivre qui pouvait faire dire Ă  Louis XIV dans les mĂ©moires qu’il adresse Ă  son fils le grand dauphin tout Ă©tait calme en tout lieu. que quand il a pris le quand quand il a pris le pouvoir, on peut en fait subodorer que par cette prise par cette prise de responsabilitĂ©, Louis XIV rĂ©pondait plus ou moins consciemment aux aspirations d’une France qui avait besoin d’une incarnation politique plus lĂ©gitime que les cardinaux ministres qui l’avaient prĂ©cĂ©d accĂ©der aux affaires et dont pourtant la la main de fer avait Ă©tĂ© une nĂ©cessitĂ© pour faire accoucher la monarchie d’un absolutisme renforcĂ© et surtout modernisĂ©. Une modernitĂ© Ă  l’Ă´ne du 17e siècle qui tranche avec la monarchie un petit peu familiale et sans façon qui Ă©tait encore celle d’un Françoiser ou d’un Henri I. des rois qu’on pouvait approcher auxquels on pouvait taper sur l’Ă©paule hein et euh voir euh voir bousculer. Tout cela n’est plus de saison. Et il y a une Ă©preuve de force qui va en donner très clairement le sentiment. Je vous ai livrĂ© au passage un portrait de Bossuet parce que c’est un autre inspirateur de la la pensĂ©e thĂ©orique de l’absolutisme. Il a Ă©crit le l’Ă©vĂŞque de mots donc qu’on surnommait le l’aigle de mots vous le savez sans doute. et l’auteur d’une politique tirĂ©e de l’Ă©criture sainte, illustrant bien cette idĂ©e que le le roi lieutenant de Dieu sur terre doit se brider dans ses dans son despotisme virtuel en ayant toujours la pensĂ©e du crĂ©ateur qui l’a mise Ă  sa place. Mais venons-en Ă  l’Ă©preuve de force dont je parlais prĂ©cis prĂ©cĂ©demment. l’affirmation de l’autoritĂ© royale pour ceux qui n’auraient pas compris que la le la dĂ©claration de de Louis XIV le 10 mars 1661 n’Ă©tait pas qu’une pĂ©tition de principe, ça va ĂŞtre l’affaire Fouquet. La cour pensait sans doute que les rĂ©solutions du roi seraient de courte durĂ©e. Il lui fallait prouver le contraire. La disgrâce et le procès de Fouquet vont en ĂŞtre l’occasion. Nicolas Fouquet est seul surintendant des finances, donc on dirait ministre de l’Ă©conomie et des finances aujourd’hui depuis 1653. C’est un des hommes les plus puissants de France. Il apporte au roi le crĂ©dit dont il jouissait Ă  titre personnel auprès des milieux financiers, crĂ©dit sans lequel l’État aurait l’État aurait fait banqurroute. LĂ  aussi, une sĂ©ance sera consacrĂ©e Ă  au rapport des Français Ă  la fiscalitĂ© et je vous garantis que c’est tout sauf un c’est tout sauf un sujet austère et euh je ne vous apprendrai pas que c’est un sujet qui est tout Ă  fait d’actualitĂ©. Donc venez nombreux Ă  la confĂ©rence qui sera consacrĂ©e, vous ne le regretterez pas. Bon, revenons Ă  Fouquet. C’est le constat de cette vĂ©ritable indĂ©pendance gestionnaire qu’il pouvait se permettre au sein de l’État qui de toute Ă©vidence a fini par scandaliser le roi. Sans doute la perte du surintendant et la suppression de sa fonction ont-elle Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e dès les premiers jours du règne personnel de Louis XIV ? Bien sĂ»r, on parle Ă©galement de l’erreur psychologique commise par un fouquet qui offre au jeune Louis XIV une fĂŞte somptueuse dans son château de Vaau, près de Melin. Donc aujourd’hui Vaut le Vicomte. Il faut tout de mĂŞme se souvenir que c’est Louis XIV qui a demandĂ© Ă  Fouquet de lui offrir cette cette fĂŞte qui lui sera logistiquement très utile parce que vous le savez, il va trouver toute l’Ă©quipe de la la mise en Ĺ“uvre du f du futur château de Versailles tel quel l’Ă©quipe de Volvicomte. L’architecte Lebrin, le jardinier le nĂ´tre les peintres l’architecte Lebrin, excusez-moi, vous n’avez rien entendu. Le veau bien entendu tous ces le m’ont toujours confusionnĂ©. VoilĂ , les peintres Lebrin et Mignard Ă©taient prĂ©sents dans la la conception du château de V de Vaau. Ils seront rĂ©cupĂ©rĂ©s par Louis XIV. Trop belle fĂŞte que celle du 17 aoĂ»t 1661 peut-ĂŞtre qui n’aurait fait qu’exacerber la jalousie royale mais ce serait un petit peu prendre le l’histoire par le petit bout de la lorniette que d’imaginer que c’est une brĂ»lure d’amour propre qui a simplement conduit Louis XIV Ă  vouloir se dĂ©barrasser de son surintendant. C’est quelque chose de plus politique, de plus structurel. L’exĂ©cuteur en est un en est illustre. C’est le 5 septembre 1661 que le lieutenant des mousquetaires du roi d’Artagnan, le vrai, h arrĂŞte le surintendant Ă  Nant au sortir du conseil du roi oĂą s’Ă©tait rendu Fouquet pour pour insister Louis XIV. le alors euh en passe de prĂ©sider les États de Bretagne, Fouet tombe de haut. Il dĂ©clare Ă  Tartagan spontanĂ©ment, je croyais ĂŞtre mieux que personne dans l’esprit du roi. En fait, l’opĂ©ration a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e en dĂ©tail par Jean-Baptiste Colbert. Colbert auquel Mazarin avait Naguer confiĂ© la gestion de sa fortune personnelle. Colbert qui avait Ă©tĂ© vivement recommandĂ© au roi par le cardinal Colbert qui Ă  ce moment est simple intendant des finances. Colbert qui va apporter au roi les preuves, les pseudopreuves des pilleries du surintendant et qui va animer en sous-main le procès intentĂ© Ă  Fouquet. Un procès qui va euh s’Ă©terniser sur près de 4 ans. Le ministre d’Ă©chu se voit reprocher l’horrible confusion qu’il aurait commise entre les finances publiques et sa fortune personnelle. Fouet aurait pu aisĂ©ment montrer que cette confusion Ă©tait totalement imaginaire et qu’elle s’Ă©tait bien souvent Ă©tablie dans l’autre sens. He, il est d’ailleurs significatif que les juges n’aient pas accĂ©dĂ© Ă  la demande de l’accusĂ© de dresser un inventaire Ă©valuatif de l’ensemble de ses biens. Parce que ça aurait permis de constater que les dettes du surintendant n’Ă©taient pas loin d’Ă©galer sa fortune apparente alors que ce qu’avait amassĂ© Mazarin ne comportait qu’un lĂ©ger dĂ©ficit et de toute façon constituait le double de l’actif de Fouet. un actif qui avait Ă©tĂ© constituĂ© par Colbert avec des moyens euh autrement plus indĂ©licats que ce que le malheureux Fouquet Ă©tait censĂ© avoir euh commis. Et comme le procès risquait de se retourner contre les accusateurs, Colbert au premier rang, les juges se sont abstenus de se montrer curieux sur ce point parce qu’ils avaient bien compris que Fouquet devait ĂŞtre le coupable exemplaire que qu’attendait le roi. L’accusation va insister aussi beaucoup sur des supplutations de trahison d’un surintendant qui aurait voulu se faire sĂ©cession dans son refuge de BellĂ®ille qu’il avait eu le malheur de fortifier. Rien ne permet en rĂ©alitĂ© de donner le moindre crĂ©dit Ă  cette idĂ©e d’un fouquet tardivement frondeur. Le surintendant est condamnĂ© en 1664 au bannissement Ă  perpĂ©tuitĂ©. par 13 juges contre neuf qui avaient prononcĂ© la mort et un seul qui avait requis l’indulgence et sera pour cette raison exilĂ© lui-mĂŞme par Louis XIV. Louis XIV qui de son propre chef va aggraver la peine en dĂ©tention perpĂ©tuelle. Fouet sera enfermĂ© dans la forteresse de Pignorol. Donc une une tĂŞte de pont que possède alors la France en Italie. Il n’en sortira jamais. MĂŞme la date de son dĂ©cès est approximative 1680 ou 81. procès finalement plus politique que financier dont on a retenu Ă©videmment l’Ă©lĂ©ment spectaculair mais qu’il faut euh dont il faut comprendre la la portĂ©e institutionnelle. Ă€ la mort de Mazarin, Louis XIV avait dĂ©clarĂ© qu’il serait son propre premier ministre. Après la disgrâce de Fouet, Louis XIV devient son propre surintendant. Colbert qui de fait va prendre la place du ministre d’chu ne sera que contrĂ´leur gĂ©nĂ©ral des finances dans une position dont le titre dit bien le subalterne par rapport Ă  ce qu’est une surintendance. ce qui avait frappĂ© le le ministre d’Ă©chu et le reflet de l’effacement plus gĂ©nĂ©ral qui affecte Ă  cette Ă©poque le groupe des grands officiers de la couronne. Ces personnages qui se rapprochent le plus de l’idĂ©e du compagnonnage royal hĂ©ritĂ© du Moyen-Ă‚ge auquel Louis XIV et son Ă©quipe veulent substituer une monarchie administrative et plus dĂ©personnalisĂ©e. Les grands officiers de la couronne initialement Ă©taient des servaient le roi dans sa domesticitĂ© tel quel ils existaient depuis les MovingĂ©iens comme le connaĂŞtable. Ă©tymologiquement le compte de l’Ă©table le plus exactement le responsable des le responsable des Ă©curies. La con Ă©tablie a dĂ©jĂ  disparu depuis 1627. Louis XIV va complĂ©ter le dispositif de d’effacement des grands officiers en suspendant en 1669 la charge de grand maĂ®tre de la navigation et du commerce de France qui avait Ă©tĂ© créé par Richelieu pour son propre compte. hein. Et en rĂ©tablissant Ă  sa place l’office d’amiral de France, mais d’une façon purement dĂ©corative, ceux qui en sont dotĂ©s sont deux de ces bâtards lĂ©gitimĂ©s quasiment dès la naissance. Ils n’auront Ă©videmment aucune incidence politique sur la marche de la enfin plutĂ´t le la vogue de la marine royale. De mĂŞme, en 1661 Ă  son avènement, Louis XI a supprimĂ© le colonel gĂ©nĂ©ral de l’infanterie, un personnage un petit peu horschamp dans la hiĂ©rarchie militaire dont la charge avait Ă©tĂ© euh assumĂ©e par euh de grands personnages très trublions pour la monarchie comme l’amiral de Colin au 16e siècle. ou le duc des Pernons Ă  la fin du règne de Louis XIV. MĂŞme les offices de MarĂ©chaud de France deviennent purement honorifiques. Louis XIV veut gouverner avec des exĂ©cutants, plus avec ses pères, avec ses semblables dont il a rĂ©duit la marge politique. Après ce coup de balai, il ne subsiste qu’un seul grand officier de la couronne, dotĂ© encore de prĂ©rogatives mais considĂ©rablement rĂ©duites par rapport Ă  ce qu’elles Ă©taient par le passĂ©. Je veux parler je veux parler du chancelier. dont il sera question tout Ă  l’heure de nouveau. Ajoutons Ă  cette Ă  cette opĂ©ration de ratisage de des corps traditionnels de l’État, la rĂ©duction au silence des parlements. Les parlements sont ces cours souveraines de justice dont qui recevait l’appel des des affaires traitĂ©es Ă  travers le royaume. On ne pouvait le ensuite ne s’adresser qu’au conseil du roi qui faisait office de cour suprĂŞme de justice dans le l’organigramme de l’ancien rĂ©gime. Ils avaient acquis avec le temps la facultĂ© d’enregistrer les actes du roi, les arrĂŞts du conseil du roi. Cet enregistrement Ă©tait obligatoire pour donner force de loi aux dĂ©cisions du conseil. Louis XIV par une ordonnance de 1667 qui sera confirmĂ©e 6 ans après par une dĂ©claration restreint considĂ©rablement l’exercice du droit de remontrance que se permettait de faire les parlementaires pour retoquer le texte des arrĂŞts du conseil du roi. Il ordonne que dĂ©sormais les parlements enregistrent d’office les arrĂŞts du conseil et qu’il ne prĂ©sente de remontrance qu’après l’enregistrement. Ce qui Ă©videmment peut apparaĂ®tre comme un jeu de dupe auquel le Parlement de Paris en tout cas ne se trompera pas. Il va dĂ©sormais, de mĂŞme que les autres cours souveraines parisiennes, faire la grève gĂ©nĂ©rale des remontrances pour protester contre cette restriction de ces prĂ©rogatives. En fait, si effectivement les cours parisiennes vont bouder jusqu’Ă  la mort de Louis XIV, il n’en est pas de mĂŞme des cours de province que je vous prĂ©senterai tout Ă  l’heure Ă  travers une carte qui vont continuer d’envoyer très rĂ©gulièrement des remontrances ultĂ©rieures lesquelles servaient Ă  affiner la lĂ©gislation Ă  venir. D’une façon gĂ©nĂ©rale, Louis XIV ne veut rien supprimer. Je vous prĂ©sente Fouet dont le sourire ne s’est pas encore effacĂ© avant sa avant sa rencontre fatale avec D’Artagnan. Bon, oublions-le comme Louis X a fit mine de le faire. Revenons Ă  la prise en charge de la prise en charge des institutions. J’insiste encore sur ce point. Dans les sociĂ©tĂ©s prĂ©-industrielles, ça n’est pas spĂ©cifique Ă  la France. Innover est un pĂ©chĂ© mortel. rĂ©former, c’est redonner sa forme initiale Ă  un Ă©tat idĂ©al plus ou moins fantasmĂ© d’ailleurs qui correspond au plan de la crĂ©ation. Dieu a créé le monde en 6 jours. Le prĂ©tendre bifer une partie de son de son Ĺ“uvre serait remettre en question sa toute puuissance. L’Ă©tat royal du lieutenant gĂ©nĂ©ral de Dieu fonctionne de la mĂŞme manière. Jamais Louis XIV, pas plus que ses prĂ©dĂ©cessaires d’ailleurs, ne va supprimer d’institutions prĂ©existante. On vient de le voir avec les parlements, il prĂ©fèrent les laisser se vider de leur substance au profit de crĂ©ation nouvell qui constitue une couche institutionnelle superposĂ©e pour rĂ©pondre, pour se s’ajuster aux nĂ©cessitĂ©s d’un nouveau contexte. Ça donne 1000 feuilles baroques au sens propre du terme et mĂŞme pas seulement mĂŞme pas seulement esthĂ©tique qui fait les charmes de l’histoire institutionnelle de la de l’ancien rĂ©gime mais aussi la rend un petit peu complexe pour nos esprits standardisĂ©s par la rationalisation relative hĂ©ritĂ©e de la rĂ©volution. Et bien la meilleure illustration de cette tendance Ă  dĂ©vitaliser les institutions les plus anciennes pour les les recouvrir en quelque sorte d’une couronne d’institutions plus rĂ©centes, c’est la dicotomie fondamentale qui existe dans service public du 17e siècle entre deux catĂ©gories d’agents qu’on appelle les officiers et les commissaires. Ă€ la fin du 15e siècle, la monarchie avait accru le rĂ´le des officiers royaux pour affirmer son autoritĂ© au dĂ©pend de des seigneurs fĂ©odux. Mais dès le règne de François Ier, la crĂ©ation d’office Ă©tait devenue un vĂ©ritable sport national pour la royautĂ© parce qu’elle permettait de dĂ©gager de l’argent frais. Un officier chargĂ© d’une d’un poste de finance ou de justice important achète sa charge sous l’anciene. En Ă©change, il en est propriĂ©taire Ă  vie et il peut le y renoncer quand il le souhaite, voir la transmettre Ă  ses Ă  ses hĂ©ritiers sans avoir de compte Ă  rendre au roi. Ce principe, c’est ce qui avait permis notamment de confĂ©rer au Parlement une indĂ©pendance de comportement que Louis XIV et son entourage avaiit avait bien senti. Mais il y a tout de mĂŞme Ă  travers la France 45000 officiers Ă  l’avement de Louis XIV dont 11 % concentrĂ©s Ă  Paris mais qui reprĂ©sente plus du tiers du capital des offices qui continue d’ĂŞtre une vache pour la pour la royautĂ©. pas question de les supprimer donc. Mais pour faire exĂ©cuter sa volontĂ©, le roi va prendre l’habitude de plus en plus systĂ©matique de les doubler de commissaires qui, comme leur nom l’indique, sont affectĂ©s Ă  une mission prĂ©cise et localisĂ©e dans le temps et dans l’espace. missions dont ils ne peuvent pas dĂ©border, commissaires qui contrairement aux officiers sont rĂ©vocables et plus proche que de l’idĂ©e moderne que nous nous faisons des fonctionnaires, bien qu’on ne puisse pas les qualifier ainsi Ă©tant donnĂ© qu’ils ne sont pas recrutĂ©s par concours mais le plus souvent par rĂ©seau. Une donnĂ©e qui fonctionne encore aujourd’hui bien sĂ»r dans le dans la fonction publique mais qui au 17e siècle Ă©tait absolu. Donc les officiers demeurent, vivotent dans des tâches qui sont pour eux de vĂ©ritable sinĂ©cur mais le vĂ©ritable travail est accompli par des commissaires. Cette dualitĂ© par exemple, elle est bien appliquĂ©e dans l’administration des finances. Les trĂ©soriers des finances sont des officiers qui ne servent plus qu’Ă  faire joli. La bruyère a Ă©tĂ© trĂ©sorier des finances, par exemple. Il a passĂ© un jour dans sa circonscription et ce n’est pas pour ça qu’on se souvient de lui hein mais pour son sa contribution au aux lettres française. Et il n’avait pas y restĂ© longtemps dans sa circonscription parce que le travail Ă©tait accompli Ă  sa place par un intendant qui lui est un commissaire. Fondamentalement le roi de France gouverne par conseil. C’est un des principes qui permet justement de le distinguer d’un d’un despot. Ce conseil est plus ou moins Ă©largi. Il n’a qu’un rĂ´le consultatif. Le roi n’est pas tenu de suivre ses de suivre ses ses avis. Mais la manière dont il a Ă©tĂ© redessinĂ© Ă  partir du règne personnel de du roi soleil est assez instructive pour comprendre lĂ  aussi la cohabitation entre une monarchie Ă  l’ancienne et une monarchie nouvelle. l’ancien et euh sur la partie gauche du euh du tableau que je vous prĂ©sente, le nouveau est Ă  droite. Commençons par le nouveau parce qu’en rĂ©alitĂ©, c’est celui qui nous intĂ©resse le plus. Le nouveau, ce sont au sein de le l’organisme thĂ©oriquement unique qui est le conseil du roi, ce qu’on appelle les conseils de gouvernement, conseil restreint qui existe depuis que le conseil a pris sa a pris sa sa physionomie sous la monarchie des Valois au 16e siècle, mais qui va subir plusieurs remanimements d’importance Ă  partir de l’avènement Louis XIV. Celui-ci rĂ©duit encore les effectifs du principal conseil de gouvernement qui prend le nom de conseil d’en haut sous son sous son règne. Jusqu’en 1661, on y rencontrait un peu tout le monde, les princes du sang, les ducs et pères, les marĂ©chaud de France et aussi les ministres accessoirement. Bah, cet accessoire devient essentiel sous Louis XIV dans un souci d’efficacitĂ©. Celui-ci Ă©carte toutes les quantitĂ©s superflu conseil d’en haut, la reine Mire, y compris. Anne d’Autriche est mise Ă  la retraite politique d’office par la mort de Mazarin et il rĂ©duit cette coue Ă  quelques personnes, 3 4 5 au maximum. Ă€ partir de 1691, il y invitera le grand dauphin, son fils unique, pour le prĂ©parer Ă  son Ă  son mĂ©tier. Mais jamais le conseil d’en haut ne comportera plus de c membres. Et la manière dont on y Ă©tait convoquĂ© reflète vraiment la tout-puissance du fait du prince. Il suffisait d’avoir Ă©tĂ© invitĂ© verbalement par le roi une seule fois Ă  assister au conseil d’en haut pour jouir sa vie du rang du titre de ministre d’État qui singularisait les membres de ce conseil. Lequel s’est rĂ©unissait en moyenne trois fois par semaine et se spĂ©cialisait de fait dans les affaires extĂ©rieures, c’est-Ă -dire l’expression la plus Ă©minente de la grandeur royale. son pendant pour la politique intĂ©rieure, c’est le conseil des dĂ©pĂŞches. Ainsi nommĂ© parce que il sert d’intermĂ©diaire entre le roi et les provinces et qu’on y lit les dĂ©pĂŞches envoyĂ©es par les intendants pour le rendre compte de leur de leur gestion locale. Il a moins d’importance que le prĂ©cĂ©dent. Contrairement au Conseil royal des finances qui est le rĂ©sultat de la mise Ă  l’Ă©cart de Fouquet. Je le rĂ©pète Louis XIV dĂ©clare Ă  partir 1661 qu’il sera son propre surintendant. Mais c’est un rĂ©aliste. Il sait pertinemment qu’il n’a pas la technicitĂ© pour dĂ©cider des recettes et des dĂ©penses Ă  lui seul. Le Conseil royal des finances sera son surintendant collectif en quelque sorte. D’autres conseils moins important ne retiendront pas notre attention. Vous voyez un conseil royal de commerce qui n’a pas qui n’a pas perdurĂ© le longtemps. Cette cet organigramme de toute manière n’est jamais stabilisĂ© parce que en dĂ©finitive c’est la volontĂ© c’est la volontĂ© du roi qui forme et dissipe les instances particulières du conseil. Mais une chose est sĂ»re, ces conseils de gouvernement ne peuvent pas ĂŞtre confondus avec les conseils en formation plinière qui existent de longues dates et vont constituer en quelque sorte le cimetière des Ă©lĂ©phants de la monarchie Ă  l’ancienne. VoilĂ , ce conseil est plĂ©torique. Il expĂ©die les affaires courantes. Il est composĂ© pour l’essentiel non pas des ministres mais de technocrates avant la lettre. Des technocrates qu’on appelle les maĂ®tres des requĂŞtes et les et les conseillers d’Ă©tat. Et il se singularise aussi par le fait que le roi ne s’y prĂ©sente jamais. Il a d’autres chats Ă  fouetter. Le Conseil d’État et des finances et le conseil privĂ© qui constituent les deux instances de ces de ce conseil en formation plinière sont confiĂ©s au chancelier qui reste le second personnage de l’État qui est ce personnage qui ne prend jamais le deuil parce que le parce que le la justice est pĂ©renne et euh ne prend jamais le deuil Ă  la mort du roi. Je veux dire parce que la justice est pĂ©renne et ne meurt jamais. Le chancelier qui faisait office de ministre Ă  tout faire avec des prĂ©rogatives extrĂŞmement Ă©clectiques jusqu’au Ă  l’avènement de Louis XIV. Louis X qui ne va plus laisser qui ne va plus lui laisser que la direction de la justice, ce qui n’est pas mal mais qui est peu par rapport Ă  ce qui Ă©tait ses ses prĂ©rogatives initiales. Louis XIV n’a jamais prĂ©sidĂ© pratiquement le conseil le conseil en formation plainère, sauf quand par exception il n’avit il n’y avait pas de chancelier. notamment en 1672 Ă  la mort du chancelier SĂ©ier, Louis XIV a entendu manifester que toute la justice venant de lui, il pouvait très bien prĂ©sider l’audience du saut au cours duquel Ă©tait paraffĂ© les arrĂŞts du conseil du grand saut de MajestĂ© qui leur donnait force de loi. C’est cette cĂ©rĂ©monie qui nous est figurĂ©e dans cette toile d’anonyme donc oĂą bien Ă©videmment toute la scĂ©nographie est faite pour mettre en valeur le personnage du roi qui est dans le le costume se dĂ©tache sur le noir des agents de l’État que sont les conseillers d’Ă©tat assis les plus importants les maĂ®tres des requĂŞtes debout qui sont les anarques du 17e siècle mĂŞme Si Ă©videmment il faut oublier aussitĂ´t ce ce raccourci, les secrĂ©taires du roi, hein, et quelques courtisans qui se dĂ©gagent par la polychromie de leur de leur habit, mais dont la relĂ©gation indique bien que le la place des des compagnons du roi fĂ©odal n’est plus dans le traitement des grandes affaires de l’État. en bout de table, vous voyez un officier euh les deux officiers que sont les vallets chauffe cir, voilĂ , qui Ă©tait affectĂ© donc euh Ă  la prĂ©paration du saut qui allait horner les arrĂŞts du conseil. le par principe, ils Ă©taient illettits pour n’avoir aucune incidence sur le l’officialisation des euh des documents qu’il euh auxquels il donnaient leur forme les lĂ©gitimes. Soulignons qu’il y a une invraissemblance dans ce dans ce tableau qui a Ă©tĂ© euh bien mise en en Ă©vidence par ses commentateurs. Cette porte ne devrait pas ĂŞtre fermĂ©e. Le conseil le conseil privĂ© est secret. Il est hors de il est inconcevable que le secret du roi puisse ainsi ĂŞtre dĂ©voilĂ© par une porte entrouverte. Mais ça ouvre une perspective. Louis pardon Louis XIV gouverne par conseil avec un certain nombre d’agents qui constituent son gouvernement de fait. Je le rĂ©pète, le mot ministre n’existe pas dans son sens actuel dans les institutions du 14e siècle, Ă  part pour dĂ©signer les ministres d’État qui participent au conseil d’en haut. Mais leur Ă©quivalent est euh constituĂ© par un sexe tuor hein dont le chancelier ben offre la transition avec euh ce dont nous venons de parler et qui se compose pour le reste du contrĂ´leur gĂ©nĂ©ral des finances et des quatre secrĂ©taires d’Ă©tat qui sont, je le rĂ©pète, l’Ă©quivalent le plus Ă©vident de nos actuels ministres. Le chancelier, comme je vous l’ai expliquĂ©, a perdu de son influence. Il reste le second personnage du royaume. Mais Louis XIV a profitĂ© de la dĂ©crĂ©pitude prĂ©coce du chancelier SĂ© pour lui retirer toutes ses prĂ©rogatives extrajudiciaires. SĂ© notamment avait la haute main sur une grande partie des finances. Il surveillait l’Ă©mission des monnaies et surtout il nommaient les intendants de province qui sont euh n’abusons pas des des parallĂ©lisme chronique mais qui sont incontestablement les prĂ©fets de l’ancien rĂ©gime. Toutes ces prĂ©rogatives extrajudiciaires passent au contrĂ´leur gĂ©nĂ©ral des finances. Un historien des institutions d’ancien rĂ©gime, Michel Antoine l’a a très bien dĂ©crit ce processus comme la transition de l’Ă©tat de justice vers l’Ă©tat de finance. N’enxagĂ©rons pas la portĂ©e manikĂ©enne. Comprenons par lĂ  que nous nous passons d’un roi avant tout justicier Ă  un roi avant tout nourricier pour ces pour ces sujets. Mais euh cette tâche nourrissière implique une technicitĂ© renouvelĂ©e, d’oĂą l’importance nouvelle acquise par le contrĂ´leur gĂ©nĂ©ral. Les autres fonctions sont acquises, pardon, sont incarnĂ© par les quatre secrĂ©taires d’Ă©tat que nous voyons regrouper sur cette figuration de l’Almanac Royal pour l’annĂ©e 1682 en compagnie des deux autres ministres dont je vous ai parlĂ©. Donc de gauche Ă  droite, vous voyez l’hĂ´teller chancelier Ă  ce moment-lĂ  en tout cas, le seigneur de laavrière qui est le secrĂ©taire d’Ă©tat de la RPR. Ce dĂ©partement ministĂ©riel au nom protochirakien ne doit pas nous tromper. La RPR est le sigle, vous le savez sans doute pour certains d’entre vous, qui dĂ©signe la religion prĂ©tendue rĂ©formĂ©e. Autrement dit, le calvinisme qui a encore droit de citer pour quelques annĂ©es Ă  la date de ce document, mais qui est dĂ©jĂ  sur la sellette. La rĂ©vocation de l’Ă©dite Nant euh surviendra 3 ans 3 ans après. Vient ensuite le marquis de Louvois, secrĂ©taire d’Ă©tat de la guerre. Puis Charles Colbert de Croissie, un Colbert que nous connaissons moins que le grand Colbert, c’est son frère. Il est Ă  la tĂŞte du dĂ©partement des affaires Ă©trangères. Colbert, le voici. Bon, le grand Colbert qui est contrĂ´leur gĂ©nĂ©ral des finances mais dirige aussi le dĂ©partement de la marine qu’il est en train de prĂ©parer pour son fils dont vous devinez un morceau de perruque purement virtuel coincĂ© entre les deux personnages. Cette figuration n’est pas fortuite. Le son fils, le marquis de Seigneolet est en train de se prĂ©parer au mĂ©tier mais n’a pas encore droit au premier n’a pas encore droit au premier plan. Cet alman croyal nous fait Ă©galement figurer ben les relicas de la vieille cour, celle qui donnait encore sa place au grand personnage trublion des temps de la fronde comme le grand condĂ© grand frondeur mais aussi grand homme de guerre et puis derrière Louis XIV qui dĂ©passe d’une tĂŞte ce qui est d’ailleurs physiologiquement contradictoire avec sa petite taille relative dĂ©passe d’une tĂŞte les autres les autres prĂ©sents. Nous trouvons son frère monsieur, autrement dit Philippe d’OrlĂ©an et son fils le grand dauphin qui se qui se prĂ©pare au mĂ©tier. Donc nous avons vu dĂ©filer quatre secrĂ©taires d’Ă©tat guerre, affaires Ă©trangères, marine et RPR. VoilĂ  dont euh les tâches ben nous permettent de rappeler que le les portefeuilles ministĂ©riel sont en train de devenir une rĂ©alitĂ© par rapport Ă  une Ă©poque oĂą les secrĂ©taires d’Ă©tat Ă©taient simplement chargĂ©s de la correspondance avec les intendants d’un/4 du royaume sans aucune spĂ©cialisation ministĂ©rielle. Normal, les grands officiers de la couronne Ă©taient ces ministres Ă  portefeuille du 16e siècle. Ils ne sont plus lĂ . Ce sont des exĂ©cutants qui les qui les remplacent. On ne prĂ©sente pas Jean-Baptiste Colbert. Plus exactement, je ne le prĂ©sente pas parce que l’un de mes collègues le fera StĂ©phane Guerre le fera excellemment quand il vous prĂ©sentera le l’Ă©tat de finances de façon plus de façon plus spĂ©cifique. Et le retenons de ce personnage polyvalent qu’il a Ă©tĂ© pour l’Ă©poque de Louis XIV un Ă©quivalent de ce que fut Suie au temps d’Henri I. Suie Ă©tait l’homme Ă  tout faire du premier des bourbons. Colbert sera Ă  peu près dans la mĂŞme configuration. Louis XIV lui a fourni un panel de responsabilitĂ© ministĂ©rielle extrĂŞmement Ă©clectique mais qui additionnĂ© ne font pas pour autant un premier ministre bien qu’il ait Ă©tĂ© incontestablement le le plus industrieux des ministres de des ministres de Louis XIV. Colbert surtout c’est un clan donc qui l’anime autour de lui. Je je vous l’ai suggĂ©rer par la prĂ©sence de son frère Croissy et de son fils Signelet dans l’Alemanac prĂ©cĂ©demment prĂ©sentĂ©. Un clan qui est en Ă©mulation avec celui d’une autre famille ministĂ©rielle moins plĂ©torique que les Colber. Il s’agit des LotĂ©elliers. Nous avons vu Ă©galement le père et le fils figurent euh sur la la mĂŞme page de l’Alemanac. Michel Leetellier avait Ă©tĂ© pendant un temps immĂ©morial secrĂ©taire d’Ă©tat de la guerre. Il avait prĂ©parĂ© son fils François Michel, plus connu sous son nom de terre, le marquis de Louvois, Ă  reprendre le Ă  reprendre sa charge quand lui-mĂŞme avait Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© au poste de au poste de chancelier. Soulignons que il n’y avait rien de choquant dans cette transmission de père en fils ou de frères Ă  neveu des dĂ©partements ministĂ©riel. Elle Ă©tait mĂŞme considĂ©rĂ©e comme la façon la plus lĂ©gitime de d’apprendre son mĂ©tier. On ne l’apprend jamais aussi bien que ben dans l’officine de son père ou de ou d’un parent proche. Sur le tas en quelque sorte Louis XIV voulait cette voulait cette hĂ©rĂ©ditĂ©. qui Ă©tait un Ă  ses yeux un gage de compĂ©ten et pas du tout le reflet du du euh le reflet du privilège de la naissance. Il y en aurait eu d’autres Ă  prĂ©senter puisque le leselliers et les Colberts sont les deux arbres qui cachent la forĂŞt ministĂ©rielle d’un paysage ou de une autre dynastie comme les Felipo. C’est signalĂ© par sa longĂ©vitĂ© hein le de 1610 Ă  1781. Ils ont euh donnĂ© clĂ© tort de de ministres second couteau peut-ĂŞtre, mais euh qui euh qui gagnait la qui gagnait dans la dans la continuitĂ© dans des dĂ©partements euh moins euh cĂ©lèbres que les finances ou la que les finances ou la guerre. Mais rares sont les isolĂ©s dans ce dispositif. signalons pour mĂ©moire pardon Michel Chamillard qui s’Ă©tait distinguĂ© de qui s’Ă©tait distinguĂ© au dans l’esprit de Louis XIV comme joueur de billard Ă©mĂ©rite. VoilĂ , un un sport en chambre qui affectionnait particulièrement le roi. Ça lui vaudra sa promotion comme contrĂ´leur gĂ©nĂ©ral des finances et secrĂ©taire d’Ă©tat de la guerre. Chamillard euh se voyait donc sommer d’ĂŞtre Ă  la fois Colbert et Louvois alors que la France Ă©tait en train d’affronter la guerre la plus euh la plus dĂ©licate du règne de Louis XIV. Ça s’appelle une casserole de patates chaudes. Pourtant, cet organigramme beau sur le papier ou sur les murs du château de Versailles ne doit pas nous faire oublier les limites de cette centralisation programmatique qui est encore bien loin de d’avoisiner le ce que rĂ©alisera le jacobinisme rĂ©volutionnaire puis le la fĂ©rule napolĂ©onienne. dĂ©jĂ  parce que tout ne peut pas se dĂ©cider au conseil et que c’est dans un ruissellement que l’administration royale se dĂ©concentre jusqu’au cĹ“ur des provinces. Et lĂ  aussi, nous retrouvons cette dualitĂ© entre acteur Ă  l’ancienne et nouveaux technocrates au entre les mains du entre les mains du roi. Les gouverneurs par exemple avaient Ă©tĂ© les personnages les plus Ă©minents reprĂ©sentants du roi dans les provinces. D’ailleurs, leur vĂ©ritable titre Ă©tait euh lieutenant gĂ©nĂ©ral du roi. Les gouverneurs existent toujours. Le cette carte vous prĂ©sente les les limites des circonscriptions que que sont les gouvernements sous l’ancien rĂ©gime en griser les territoires qui ont Ă©tĂ© le plus rĂ©cemment incorporĂ©s Ă  Ă  la France mais eux aussi ont Ă©tĂ© dĂ©vitalisĂ©s notamment de leur force qui s’Ă©taient rĂ©vĂ©lĂ© nocive au temps des grandes rĂ©voltes nobilières pour le pouvoir royal. Les gouverneurs continuent de reprĂ©senter le roi, mais il incombe aux intendants de province de reprĂ©senter l’État, ce qui n’est pas la mĂŞme chose. Et les intendants ont leur propre circonscription qu’on appelle des gĂ©nĂ©ralitĂ©s dont la carte recoupe dans une grande mesure celle des gouvernements mais pas si mais pas aussi systĂ©matiquement qu’il qu’on pourrait le qu’on pourrait l’imaginer. De la mĂŞme façon, bon cette qurielle de cartes vous prĂ©sente Ă©galement les les circonscriptions judiciaires que sont les ressorts des parlements. Çaen dĂ©gage nettement Ă©videmment la prĂ©dominance du Parlement de Paris qui occupe qui s’Ă©tend Ă  plus que le que le bassin parisien. les deux parlements principaux de province Ă©tant ceux de Bordeaux et de Toulouse. Pour rappel, euh je vous signale qu’il existe d’autres cours souveraines de justice spĂ©cialisĂ© notamment dans les aspects dans les affaires de gestion du domaine royal euh que sont les cours des comptes. Il faudrait mieux les appeler chambres des comptes d’ailleurs pour les distinguer de leur homologue illusoire et unique de d’aujourd’hui. Mais Ă  cĂ´tĂ© de ses reprĂ©sentants du roi qui subit ce aussi une passation de relais, souvenons-nous que contrairement Ă  l’idĂ©e reçue, la centralisation n’est pas une n’est pas une vocation naturelle et universelle d’un pays qui au 17e siècle vit sous le rĂ©gime du privilège. Tout le monde est privilĂ©giĂ© sous l’ancien rĂ©gime et pas seulement les nobles ou les clairs. J’entends par lĂ  que tout le monde ressorti Ă  une loi privĂ©e spĂ©cifique, mĂŞme les provinces, mĂŞme les villes. Et certaines de ces provinces ont obtenu de garder une libertĂ© de gestion qui en fait des exemples de dĂ©centralisation assez originaux. Ce sont les provinces qui ont gardĂ© leurs Ă©tats. Par Ă©tat, il faut il faut entendre assembler des assemblĂ©es oĂą sont prĂ©sents les bah les trois Ă©tats fondamentaux de la sociĂ©tĂ© que sont donc dans l’exemple de celui de des Ă©tats de Langdoc ici, excusez-moi, le clerger qui siège ici de part et d’autre de l’archevĂŞque de de Narbon qui a vocation naturelle Ă  prĂ©sider les Ă©tats de de Langdoc. Les membres de la noblesse sur la droite et la gauche, ils sont surreprĂ©sentĂ©s par rapport Ă  ceux du tiers Ă©tats qui sont en rĂ© ici seulement qui sont en rĂ©alitĂ© les seuls reprĂ©sentants des villes parce que le tiers Ă©tat qui intĂ©resse la gestion des provinces c’est le microcosme urbain. Les masses paysanes ne sont jamais reprĂ©sentĂ©es dans ces ces assemblĂ©es qui n’en reprĂ©sentent pas moins. Des exemples de concertation gestionnaire avec la royautĂ© tout Ă  fait exceptionnel et pas du tout passĂ© de mode sous le règne de Louis XIV. de grandes provinces, donc celles qu’on appelle les pays d’État justement sont euh pardon sont gĂ©rĂ©es selon ce sont gĂ©rĂ©s selon ce système. La Bretagne, le Langdoc, la Provence, la Bourgogne, le DauphinĂ© les rejoindra euh Ă  la veille de la rĂ©volution. Donc jamais Louis XIV n’a eu l’intention de faire du passĂ© table rase, renforcer la centralisation soit mais tenir compte aussi d’une sociĂ©tĂ© qui est une accumulation historique d’exception et de particularismes locaux et rĂ©gionaux qui seraient suicidaire de prendre de front. Si tentait que ce fĂ» sa vocation, la situation n’Ă©tait pas mĂ» pour l’affronter. Tout au plus, l’administration royale peut-elle aller Ă  la base ? Par exemple, quand le Parlement de Paris dĂ©tache une partie de ses effectifs pour aller rendre la justice Ă  hauteur de Ă  hauteur de local, si on peut s’exprimer ainsi, ces dĂ©tachements les appellent des grands jours, hein. Les grands jours d’Auvergne ont Ă©tĂ© rendus cĂ©lèbres par le tĂ©moignage d’un d’un officier qui a assistĂ© Esprit flĂ©chier. Esprit doit ĂŞtre lĂ  d’ailleurs, mais je ne sais pas oĂą je ne sais pas oĂą exactement. VO le c’Ă©tait donc une cour de justice extraordinaire qui s’est tenue en 1664 Ă  Clermont qu’on appelait pas encore Clermontferrand hein pour rĂ©pondre Ă  le donc au cahier des charges que lui avait assignĂ© Louis XIV dans cette citation que je vous ai reproduite et que je vous laisse savourer. Ces lois mĂ©prisĂ©es, ces peuples exposĂ©s Ă  toutes sortes de violence et d’oppression, ce ne sont pas des paroles en l’air. Comme va le prouver l’acharnement avec laquelle cette cour de justice dĂ©tachĂ©e de Paris va poursuivre, essayer du moins de poursuivre de sa vindicte une famille de seigneurs brigands qui mettaient une partie de l’Auvergne en coupe rĂ©glĂ©e. La famille de Kanak le fils Kanak avait tuĂ© un prĂŞtre au dĂ©tour d’un chemin parce que celui-ci lui avait reprochĂ© sa mauvaise sa mauvaise conduite auprès des femmes. Le père levait en plus de l’impĂ´t royal des tailles pour lui et tous les membres de sa famille d’une façon totalement arbitraire. Il entretenait 12 brigands dĂ©vouĂ©s Ă  toutes sortes de crimes qu’il appelait ses 12 apĂ´tres et qu’il chargeait de faire pression sur les mauvais payeurs. En conclusion des grands jours, un membre de la famille Kanak va ĂŞtre dĂ©capitĂ©, moins sans doute d’ailleurs pour ses exactions bien rĂ©elles que pour sa participation Ă  la fronde qui prouvait que pour Louis XIV, la vengeance reste un plat qui se mange froid. Mais pas besoin de d’aller chercher euh au fond des provinces un enclavement qui serait le qui serait le fait de l’arriĂ©ration, vu le tableau que donne Paris Ă  cette Ă©poque. L’Ă©loignement n’Ă©tait pas seul en compte. Les basfonds de la capitale abritaient leur lot d’assassins, de malfaiteurs et de d’empoisonneus qui avait fait dire en de verres savoureux Ă  boilot que le bois le plus funeste et le moins frĂ©quentĂ© est au prix de Paris un lieu de surretĂ©. Au dĂ©but du règne, il n’existait pas plus pour Paris que pour les provinces de police au sens actuel. La police sous l’ancien rĂ©gime, ça veut dire l’administration. Mais aucun organe ne tenait Ă  la fois du pouvoir militaire et du pouvoir judiciaire correspondant Ă  l’idĂ©e que nous nous faisons de la de la police. C’est pour palier ce manque que en 1667 Louis XIV en rĂ©alitĂ© c’est Colbert qui Ă©tait Ă  la manĹ“uvre va crĂ©er un office inĂ©dit pour gĂ©rer la marmite parisienne dont le roi Ă©tait bien placĂ© pour savoir qu’elle pouvait dĂ©border. Il avait dĂ» la fuir pour Saint-Germain en lais Ă  l’âge de 10 ans en 1649. Cet office, c’est celui de lieutenant gĂ©nĂ©ral de police de lieutenant gĂ©nĂ©ral de police de Paris dont le premier titulaire est figurĂ© dans ce portrait par Pierre Mignard. Donc il s’agit de Gabriel Nicolas de Laarie qui sera plus tard garde des sauts et responsable des finances sous sous Louis XV. Pendant ces 30 ans d’administration, lui et son successeur, le marquis d’Argençon, vont faire feu de tout bois pour assaignir le euh la physionomie de la capitale du royaume par le pavement et l’Ă©clairage des rues, la prĂ©vention et la lutte contre l’incendie, l’entretien ou la crĂ©ation de fontaines, la surveillance des marchĂ©s et surtout la mobilisation d’une armĂ©e. de mouchard de mouches comme on disait Ă  cette Ă©poque pour recruter dans toutes les classes de la sociĂ©tĂ© pour tenter de donner une anticipation de la sociĂ©tĂ© orwellienne Ă  la au Paris de la fin du 17e siècle. bien loin d’y rĂ©ussir, ils n’en fourniront pas moins une mine de renseignement inĂ©puisable pour les pour les historiens. Ils Ă©taient très conscientieux dans leur tâche. Les rĂ©sultats de cette gestion vont ĂŞtre tellement apprĂ©ciables que la lieutenance de police va faire des petits par un Ă©dit de 1699. elle sera Ă©tendue aux euh grande mĂ©tropole du royaume et elle va se rĂ©vĂ©ler souvent efficace dans la gestion des crises frumentaires que connaissaient les villes pendant les des accidents Ă©conomiques dont il vous sera lĂ  aussi entretenu lors d’une autre lors d’une autre sĂ©ance. Je terminerai ce cours en rappelant que l’arrĂ©nie a Ă©tĂ© notamment confrontĂ©e Ă  la gestion d’une des affaires les plus fameuses et en mĂŞme temps les plus rĂ©vĂ©latrices du caractère profondĂ©ment irrationnel de cette sociĂ©tĂ© que le gĂ©nie illusionniste de Louis XIV a théâtralisĂ© en apparence. La face du théâtre avait peut-ĂŞtre changĂ©, mais il faisait pas bon s’aventurer dans les coulisses, hein, comme le rĂ©vèlent donc les dessous de l’affaire des poisons. Pour rappel, tout est partie de la vengeance d’une aristocrate, la marquise de Brinvilier, qui avait usĂ© de ce qu’elle appelait des poudres de succession pour se dĂ©barrasser de son père qui l’ qui avait fait incarcĂ©rer son amant Ă  la Bastille, puis pour hĂ©riter de ses frères. La brinvilier est arrĂŞtĂ©e en 1676, soumise Ă  la torture puis dĂ©capitĂ©e. Pour l’Ă©poque, c’est seulement un peu plus qu’une histoire banale. Sauf que l’arĂ©nie et ses sĂ©des vont continuer Ă  remonter une pelote de responsabilitĂ© qui va leur faire soulever une vĂ©ritable fourmilière de sorciers et de sorcières. autoproclamĂ© de prĂŞtres des frquĂ©s, de magiciens et d’avorteuses qui trafiquent les filtres et les poisons comme d’autres les Ă©pices. Et après plusieurs arrestations, l’affaire va prendre une telle ampleur que le roi dĂ©cide en 1680 de la rĂ©union d’une chambre de justice extraordinaire, une chambre ardente. 367 personnes vont ĂŞtre prĂ©sentĂ©es Ă  l’arĂ©nie, parmi lesquelles une certaine Catherine Day. femme mon voisin surnommĂ©e la voisin et qui va qui reprĂ©sentait dans cette gravure d’Ă©poque comme Ă©videmment la la quintessence de l’empoisonneuse possĂ©dĂ©e qui se livrait Ă  des pratiques de sorcellerie en compagnie d’un abĂ© dĂ©naturĂ© l’abĂ© l’abĂ© guibour le problème est que les aveux des accusĂ©s vont mettre en cause de très hautes personnalitĂ©s deux des nièes de Mazarin le marĂ©chal de Luxembourg Rass et surtout madame de Montespan, la maĂ®tresse du roi de l’Ă©poque. La BĂ©gibour aurait mĂŞme cĂ©lĂ©brĂ© une messe noire sur le ventre de la marquise et la voisin aurait fabriquĂ© un filtre d’amour Ă  base de semence de curĂ© hein que la favorite aurait fait boire au roi afin de la dĂ©tacher de son prĂ©cĂ©dente de son prĂ©cĂ©dent amour, mademoiselle de la Valière. Les dĂ©nonciations venaient d’ailleurs pas de la voisin uniquement qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© brĂ»lĂ© en place de grève Ă  ce moment-lĂ , mais d’autres inculpĂ©s laissaient des tĂ©moignage trop concordant pour ne pas instiller le doute dans l’esprit du roi. Sans doute, les accusĂ©s avaient intĂ©rĂŞt Ă  mĂŞler Ă  leurs affaires les plus grands noms du royaume pour histoire de gagner du temps. En revanche, il est avĂ©rĂ© que la maĂ®tresse du roi a fait cĂ©lĂ©brer des messes noires, qu’elle avait Ă©tĂ© en relation avec la voisin, ce qui suffisait Ă  ĂŞtre compromettant. Louis XIV va donc conclure l’affaire par le fait du prince en suspendant les poursuites quand elle devenait trop encombrante et enant au secret les 150 accusĂ©s dont la culpabilitĂ© n’avait pas encore Ă©tĂ© Ă©tablie. Ils connaĂ®tront le sort du surintendant Fouquet en Ă©tant dispersĂ© dans diffĂ©rentes forteresses du royaume. La fortune de la marquise de Montespan allait en ĂŞtre compromise et l’influence de Madame de Maintenon, celle qui allait devenir l’Ă©pouse euh morganatique du roi renforcĂ©. L’affaire des poisons se termine en effet tandis que la reine Marie- ThĂ©rèse connaĂ®t ses vie ces dernières semaines mourant aussi discrètement qu’elle a vĂ©cu en 1683. Louis XIV va lui survivre 32 ans. Ă€ la fin de son règne, voilĂ  ce qui est devenu le sĂ©miant gentilhomme de de 1663. Ce portrait en cire de d’Antoine BenoĂ®t Ă©videmment est Ă©videmment saisissant pour tout le monde parce que il confère un hiĂ©ratisme littĂ©ralement morbide au personnag fixitĂ© du la fixitĂ© du regard focalisant l’attention mais on voit surtout bien Ă©videmment un profil qui s’est qui s’est empeĂ© et disons-le une perruque qui sent un peu le renfermĂ© C’est le moment de la rĂ©flexion du retour sur soi du retour sur soi pour un roi qui est alors empĂ©trĂ© en dans la guerre de succession d’Espagne qui une guerre de succession d’Espagne qui n’en qui n’en finit pas. Il est encore Ă  10 ans de sa Ă  10 ans de son de son dĂ©cès. Se demande-t-il si l’État c’Ă©tait vraiment lui ? On est en droit de rĂ©pondre non puisque sur son lit de mort, il va dire exactement le contraire Ă  son hĂ©ritier, son arrière petitfils, le futur Louis XV âgĂ© de 4 ans de 4 ans et demi, en lui dĂ©livrant des des conseils auxquels l’adorable Bambin n’a pas dĂ» comprendre grand-chose de toute façon, mais nous en retiendrons. cette formule qui rĂ©sume le le l’absolutisme nouvelle manière je m’en vais mais l’Ă©tat demeurera toujours. C’est exactement le contraire d’une d’une conception qui ferait de de l’Ă©tat royal ce point gĂ©omĂ©trique rĂ©duit Ă  la personne du roi. Louis XIV a bien compris qu’il n’Ă©tait que le desservant d’une d’une entitĂ© qui a gagnĂ© en technicitĂ© et en abstraction aussi et qui se dĂ©tache de la de la personne du roi. Ce qui nous fait bien comprendre comment la centralisation qui jusqu’aux lois de rĂ©gionalisation de 1982 a Ă©tĂ© une des marques de fabrique de de la respublica Ă  la française pouvait très bien s’appliquer Ă  des formes de rĂ©gime aussi dissemblables que la monarchie des des 17e 18e siècles euh que l’empire ou la RĂ©publique qui ne vont rien de renier du principe centralisateur mise en place ou systĂ©matisĂ© sous le règne de Louis XIV, mĂŞme si le la royautĂ© s’Ă©tait Ă©vanoui avec lui. Ce sera le mot de ma fin euh pour la sĂ©ance d’aujourd’hui. J’espère qu’elle vous a Ă©tĂ© profitable. Je vous invite Ă  me poser des questions si vous si vous en avez le dĂ©sir et si le le et si le la quĂŞte du repas du soir ne vous tarote pas trop le l’organisme, ce qui serait humain. M.

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