Dans ce débat entre Timothée Parrique, économiste et auteur de « Ralentir ou Périr : l’économie de la décroissance », et Nicolas Dufrêne, directeur de l’Institut Rousseau et auteur de « La Dette au XXIe siècle. Comment s’en libérer », l’Institut Rousseau, revient sur les liens et les dynamiques croisées entre la dette, publique et privée, la monnaie et la (dé)croissance, dans l’optique de parvenir à une approche post-croissance du développement.
Ce dialogue entre les deux auteurs, qui appellent chacun à leur manière à repenser l’économie pour la tourner vers la satisfaction des besoins humains et le respect des limites planétaires, permet de penser l’économie du XXIe siècle.
Il est animé par Gabriel Malek, spécialiste des questions de décroissance et de post-croissance au sein de l’Institut Rousseau.

00:00 Introduction générale
02:57 Flux monétaires et flux biophysiques
18:57 Création monétaire et Approche sociale de la monnaie
32:17 Problème du ciblage de la création monétaire et du financement de la transition
36:50 Comment la création monétaire a été privatisée ? Pourquoi le circuit du trésor et les avances de la Banque centrale à l’Etat ont disparu ?
47:01 Comment la création monétaire a été soumise à des impératifs de rentabilité au lieu d’une monnaie « émancipatrice » libre de dettes et ciblée sur des activités d’intérêt général ?
1:05:24 Pourquoi la création monétaire libre peut être une arme de désendettement massif pour tous les acteurs économiques ?
1:10:51 Utiliser la monnaie au service d’un objectif de post-croissance avec des injections monétaires sélectives au profit de l’intérêt général
1:23:16 Quelle place de l’impôt dans une société post-croissance et plus juste
1:36:59 Que dire à un chef d’entreprise qui est écrasé par les dettes et qui n’arrive pas à reconvertir son outil de production dans un sens écologique ?
1:46:11 Quelle compatibilité de ces propositions innovantes avec les traités européens ? Faut-il instaurer des quotas carbones au niveau individuel ? Quel vœu formuler auprès de la BCE pour une nouvelle politique monétaire ?

Pour aller plus loin :

Comment financer une politique ambitieuse de reconstruction écologique ?

Pour un nouveau mode de création monétaire libre et ciblé sous contrôle démocratique

Réponse à six critiques récurrentes sur la décroissance

Croissance, développement et décroissance dans la pensée économique

La revue monétaire de l’immobilisme

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17 Comments

  1. La décroissance c'est comme le confinement pendant le COVID. C'est une solution d'urgence quand on ne sait pas quoi faire. Mais ce ne peut pas être durable. Ça ne colle pas avec les aspirations humaines de "limiter les dépenses pour le bien de la planète". Les êtres humains auront toujours des besoins indispensables et des désirs parfois très futiles. Tant qu'ils peuvent depenser pour assouvir ces besoins et ces désirs il le feront par pur égoïsme au détriment de leur empreinte carbone sur la planète. La décroissance ne marchera pas car psychologiquement seule une minorité y adherera durablement. La solution durable c'est comme avec les vaccins pendant le COVID, c'est l'innovation technologique dans l'usage et le déploiement des énergies renouvelables, le nucléaire et l'hydrogène. Il n'y a qu'en decarbonant massivement l'économie qu'on peut réduire durablement le dérèglement climatique. Mais cela demande beaucoup plus d'investissements qu'aujourd'hui. Dans le "pouvoir de lamonnaie" paru cette année, plusieurs économistes expliquent comment il faut faire pour investir plus. Cela demande de reformer la création monétaire ex nihilo comme le propose N.Dufrenes.

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  3. 13:44 mythe, la monnaie n a jamais remplacé le troc. Pas de marché sans monnaie, lire Greaber "la dette".
    16:05 bascule d'une monnaie marchandise exogène la monnaie dette endogène. La monnaie permet de permettre des investissement d'avenir. Création monétaire au service de la transition.
    24:00 Réponse à Thatcher et Macron, Si si il y a de la monnaie magique.
    29:30 l'argent est une forme intermédiaire organisée socialement donnant l'accès à quelque chose d'autre.
    35:00 qui crée la monnaie ? A quelle condition ?
    38:40 long processus de délégation de la création monétaire au privé (pas de complot), dans notre histoire cela a été positif, la révolution du crédit a accompagné la révolution industrielle.
    42:00 retrospective sur le role de l état et la dette en sortie de guerre et le virage de 1970, avec la société du mont pellerin.
    46:30 neutralité monétaire
    52:30 AirBNB enferment capitaliste, manque à gagner. On devient capitaliste malgré nous.
    54:49 monetarisation du rôle de parents, et éducation des enfants.
    57:30 monnaies locales
    1:00:35 la citoyenneté détermine la société.
    1:37:52 microéconomie, comment le chef de PME sort de l endettement sans entrer dans la logique capitaliste. Réponse : la macroeconomie.
    Vers 1:53:00 échelle territoriale pertinente pour identifier les besoins, l échelle nationale est intéressante pour boucler le budget et faire la répartition.
    1:55:30 quotas carbone

  4. C'est simple, économie bleue, économie de la connaissance, économie de la santé globale et intégrale, donc faire une économie en régénérant les écosystèmes, en soignant les gens, en éduquant les gens…

  5. On crée la monnaie, on arrête tous de travailler et de payer les impôts et tout va aller mieux… regardez l’histoire messieurs sur les monnaies fiduciaires.. relisez Voltaire…

  6. @Nicolas Dufrène : pourrait on créer la monnaie dont vous parler (monnaie de désendettement massive) à une échelle d'un territoire ? (intercommunalité, département, région ?) L'échelle de l'Etat est rarement pertinente pour mettre en oeuvre en regard des conflits d'interets d'acteurs nationaux/internationaux…

  7. super thématiques et invités. Par contre le présentateur ne semble pas vraiment au niveau, il prend trop la parole à mon goût, et pour ne pas dire grand chose

  8. Les monnaies locales étant indexées sur l'euro, elles ne sont qu'une extension du système de monnaie fiduciaire en place. Ces monnaies sont donc une inflation non officielle (résorbée quand la monnaie locale est finalement reconvertie en euro ou évaporée en absence de reconversion). Il y a un risque élevé de contrefaçon des monnaies locales… Beaucoup sont trop restrictives et coûtent pour y accéder et les utiliser. Ce qui fait qu’elles ne sont pas populaires… Ce sont des usines à gaz… Créer une monnaie en espèces réellement alternative est illégal en France. Cf la tentative de Franc Libre de Juving-Brunet qui a été sabordée…

    Les cryptomonnaies (certaines ont un impact environnemental minime car elles sont énergétiquement/matériellement très efficientes) présentent d'énormes avantages en terme de souveraineté individuelle, de maîtrise, de de fiabilité par/pour les utilisateurs (ce que Dufrêne appelle la "démocratie"). Les monnaies centralisées sont susceptibles d’être corrompues par « l’établissement »…

    A quoi bon payer un impôt sur le revenu puisque l’on peut créer de l’argent magique et de l’inflation pour financer les grands chantiers écologiques et diverses améliorations de la société ? Bien qu’ayant lu des extraits du livre de Dufrêne, je ne comprends pas comment créer une monnaie complémentaire (différente de la monnaie officielle ?) peut se faire sans impacter le système monétaire existant.

    Soit la nouvelle monnaie est séparée ou une monnaie de compte (dans ce cas, comment l’artisan qui rénovera ma maison paiera-t-il ses employés, son matériel, ses matériaux, ses impôts ?).

    Soit la nouvelle monnaie est convertible en euros. Et dans ce cas, par vase communicant, c’est une augmentation indirecte de la masse monétaire de l’euro. Et j’ai du mal à concevoir que cela ne mène pas à l’inflation… Plus globalement, si une monnaie permet un échange équitable, elle est pertinente.

    Le problème à peine évoqué est le changement des mentalités. Consumérisme, pollution, suremballage, destruction des écosystèmes…

    Faut-il un crédit social et de l’oppression pour recadrer la population de force ? Faut-il laisser de la liberté et faire s’épanouir et se développer la prise de conscience ? Enfin, est-il possible que la monnaie complémentaire que propose Dufrêne devienne une énième escroquerie systémique de spoliation ? (Parce qu’elle échapperait aux systèmes conventionnels d’assainissement des marchés et s’effondrerait après une phase d’adoption massive…)

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