L’introduction d’un « plan industriel » dans le Pacte vert signale que l’Europe se lance enfin dans la course à la réindustrialisation, face à d’autres puissances économiques qui poursuivent leurs intérêts sans gêne. Nos outils de politique économique actuels sont-ils suffisants, par exemple pour faire face à l’Investment Recovery Act américain  ? Faut-il investir davantage, renforcer la conditionnalité des aides publiques  ? Et comment aider les régions les plus vulnérables, pour éviter que la décarbonation de l’industrie n’accentue encore les inégalités territoriales en Europe  ?

Dans le cadre du cycle “Quelle Europe face au désordre mondial ?” : https://www.veblen-institute.org/Participez-au-cycle-de-webinaires-Quelle-Europe-face-au-desordre-mondial

Avec :
Thomas Grjebine, responsable du programme « Macroéconomie et finance internationales » au CEPII.
Nadine Levratto, économiste, directrice de recherche au CNRS, professeur à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et Paris Nanterre.
Caroline Mini, ingénieure, responsable développement durable chez Verkor

Chapitres :
00:00 Introduction
04:28 La situation européenne
22:01 L’Europe et le reste du monde
39:16 Comment réindustrialiser ? Le cas de Verkor
48:11 Questions
52:05 Le rôle de la transition énergétique
1:00:33 Financement, Allemagne et normes
1:12:00 Décarbonation et souveraineté industrielle
1:15:55 qui achète les batteries françaises ?

on n’atteindra pas euh 15 % de de l’industrie dans le PIB parce que on Nura pas assez d’électricité des carbonés bonjour bonjour à tous et à toutes et bienvenue pour cette nouvelle séance dans le cadre de notre cycle de webinaire sur les grands enjeux économiques écologique euh ces élections européennes et aujourd’hui nous allons parler de la du défi de la réindustrialisation vertes donc des politiques industrielles mais aussi de l’action industrielle concrète je m’appelle votech je suis co-directeur de l’Institut weblen et également j’ai j’ai plaisir j’ai le plaisir d’être rédacteur en chef de cette revue qui s’appelle l’économie politique donc une revue trimestrielle que nous publions ensemble avec nos amis d’alternatives économique et dont le dernier numéro propose justement un état des lieux une discussion des propositions autour des grands enjeux de ces élections des grandes politiques économiques amené en Europe du PACT vert de la de l’industrie nous avons déjà parlé par exemple de la des politiques commerciales et aussi de matériaux critique donc pour ceux qui n’ont pas pu participer je vous rappelle que vous pouvez toujours visionner donc les séance précédente qui se trouveve sur notre site et je vous rappelle aussi tout de suite que les séances suivantes donc celle du 14 mai euh onù nous parleront plus en détail de la gouvernance économique européenne de ces problèmes et aussi des des réformes qui nous paraissent essentielles et ensuite le 30 mai euh le 30 mai nous allons parler d’un problème très actuel tristement actuel on pourrait dire parce que ça sera on parlera de la pâac et de toutes les contradictions qui sont aux yeux entre la transition écologique et la réforme la réforme de la Pâque où nous allons justement poser cette question de savoir si verdir la pâac c’est une mission impossible mais bon alors aujourd’hui sujet extrêmement actuel aussi puisque tout le monde parle de la de du rôle de l’industrie européenne de la réindustrialisation notamment mais pas uniquement dans les cadres de de l’électrification c’était un un un sujet et dont nous avons parlé récemment au sujet de la voiture électrique c’est aussi une séance que vous pouvez visionner et aujourd’hui nous avons avec nous la société vercor qui justement travaille sur les batteries électriques donc quelque part il y a une grande continuité dans cette dans cette série je laisserai je laisserai les intervenants préciser un peu à la fois les enjeux et ce qui s’est fait concrètement sur le plan des des politiques économiques qui accompagnent l’industrialisation simplement une première remarque peut-être pour commencer c’est que quand on regarde un peu les indicateurs économiques on peut se demander si on est déjà dans la réindustrialisation ou si on est encore dans la désindustrialisation parce que les faiblesses du tissu industriel français mais plus largement européens sont toujours vis visible et la France et l’Europe sont un peu coincé pour ainsi dire entre une politique très volontariste menée aux États-Unis et une politique également volontariste mené en Asie en Chine notamment mais pas uniquement donc pour parler de tout ça pour voir où où nous en sommes ce que donne le plan industriel dont s’est doté l’Europe nous avons avec nous deux économistes et une ingénieur donc Nadine levrato économiste et directrice des recherches au CNRS et professeur à l’université parien panttillon surbonne et Paris Nanterre et donc également contributrice à ce numéro de l’économie politique c’est pour c’est la raison pour laquelle je propose qu’on commence tout à l’heure avec Nadine ensuite Thomas gbin qui est responsable du programme macroéconomie et finances international au CPI et qui a beaucoup publié sur notamment le le les réponses européenne face à inflation reduction Act américain que je suis sûr que Thomas en parlera également et ensuite donc je nous avons Caroline mini qui est ingénieure et qui est responsable de développement durable chez vercor donc une société que Caroline présentera elle-même Nadine je vous je vous passe la parole et je remercie encore d’être avec nous bonjour bonjour à toutes et à tous tous et merci pour cette invitation à à échanger à discuter sur un un sujet qui semble inépuisable alors peut-être pour pour commencer un petit rappel de de la situation d’ensemble hein pour donc faire un un petit fond de de tableau aujourd’hui le le secteur industriel européen c’est à peu près un quart du du PIB de de l’UE avec donc des des entreprises qui sont qui sont bien connues hein dans dans le secteur automobile dans la machine outil dans dans l’électricité et cetera et donc dans la défense bien sûr et donc ça ça reste un un socle important de de l’économie européenne mais mais il est confronté et depuis longtemps à à une concurrence mond forte et on voit les les courbes qui sont bien connu aujourd’hui avec depuis 30 35 ans un déclin continu de de l’industrie dans dans ça part dans dans le PIB avec donc des des chiffres qui sont globalement orientés à à la baisse et également une accélération de de ce phénomène pendant la la période du du covid alors même que on aurait pu se dire que il y aurait un plancher hein mais ça a quand même continué même si si ça se tasse et euh les les les risques de décrochage industriel sont maintenant enfin depuis quelques temps pris au sérieux par les les instances européennes qui ont fini par revenir sur le le le principe absolu de de concurrence même la la la DGC revient dessus pour introduire de la la coopération et cette concurrence en fait a structuré les les politiques publiques et et la politique industrielle qui était fort négligé au niveau de de l’UE alors cette politique industrielle commune qui était pourtant appelé de de de leur vœux par différents différents acteurs elle a eu du mal à à se mettre en place parce que il y a trop d’hétérogénéité euh au sein des des États membres en la matière la part de l’industrie dans le PIB est encore supérieure à 30 % en Irlande et et en République tchèque alors que dans d’autres pays elle est inférieure à 20 % la France les les Pays-Bas par par exemple alors globalement ce qu’on au vu avec l’Europe c’est que il y a un processus de de désindustrialisation au au sud alors que les entrants les plus récents ont au contraire des des soclles industriels plus plus importants et euh donc cette politique industrielle qui qui a été soit inexistante soit très très embryonnaire euh ne s’explique pas par les grandes institutions puisque le traité de de M euh de 92 avait fait de la politique industrielle une une compétence de de l’Union qui pouvait intervenir pour soutenir coordonner ou compléter les actions des pays en en la matière à conditionition que cela ne nécessite pas une harmonisation de de la législation des des États mais dans les faits euh qu’est-ce qu’on a vu et bien pas grand-chose puisque cette cette compétence elle estit rester euh très très fortement euh inutilisé et le fait qu’il n’y ait pas de politique commune bah ça a eu pour conséquence l’aggravation de l’hétérogénéité socio-économique politique et institutionnelle entre les les États-membres qui sont restés les les seuls responsables de la mise en œuvre d’une politique industrielle alors il y a eu quelques quelques tentatives hein de de politique communes euh par exemple la stratégie de Lisbonne comportter un volet qui devait faire de de l’Union européenne l’économie numérique la plus avancée du monde en 2010 il y a eu le programme nanotechnologie et ces ces politiques elles ont été plutôt plutôt des des échecs alors que les principaux succès Airbus Arian JSM était le produit plutôt de coopération entre États pas du du niveau supérieur alors des chocs externes très très importants ont favorisé la prise de conscience de la désindustrialisation et de ses risques d’abord et de la nécessité qu’il y avait à mettre en place une une politique de reconquête industrielle comme on dit de plus en plus souvent alors euh le premier choc ça a été bien sûr la pandémie de covid euh puis l’inflation reduction Act euh puis la guerre en Ukraine puis la hausse des des coûts de de l’énergie qui ont vraiment mis en en relief la la dépendance la fragilité de des économies européennes et le besoin d’une nouvelle stratégie industrielle qui a été présentée par la commission ce qui a vraiment mis fin à une période où finalement l’industrie était reléguée au au second plan je vais dire alors première étape clé c’est 2020- 20021 avec une stratégie industrielle pour faciliter la transition vers une économie verte et numérique l’objectif étant euh l’autonomie stratégique ouverte tout est dans la nuance de de l’Europe alors il y a eu des des assouplissements qui ont été décidé hein dans le cadre de cette stratégie industrielle assouplissement qui touchait NOTAM les les aides d’État puisque elles ont été autorisées pour des coalitions sectoriell dans des domaines jugés stratégiques donc il y a toute une liste qui a été mise en place 2e vague décembre 2020 le plan de relance exceptionnel next generation a succédé au plan précédent donc on voit que ça va très vite hein et l’objectif c’était de réparer les dommages économiques et sociaux causés par la pandémie donc réparation plus projection orienter l’Europe vers une trajectoire plus verte numérique résiliente et adaptée au défi futur donc on voit quelque chose de euh très très ambitieux à travers ce ce plan alors quantitativement c’est c’est très ambitieux aussi hein je rappelle les chiffres euh 800 106,9 milliards d’euros courants soit 1,66 % du PIB européen de de 2019 et sa spécificité c’est que le financement est hybride et c’est là ça a été un peu moins bien aussi puisque une part 390 milliards consistait en des subventions le reste cétait des prérembboursa par les États et euh ce qui s’est passé c’est que il y a une hausse des taux d’ à ce moment-là les États ont redouté d’alourdir la la charge de la dette et finalement que c’est qui passé ce sont les états les plus riches qui ont le plus bénéficié de ce plan ce qui en terme de convergence n’est pas forcément une une bonne nouvelle 2021-2022 nouveau changement qui qui intervient avec l’arrivée de la loi européenne sur le climat qui rencontre trignant les les objectifs de neutralité climatique à l’horizon 2050 donc c’est là qu’on voit apparaître les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières qui ont vocation à éviter les les fuites de carbone euh mais qui servent aussi à euh protéger je vais dire l’industrie on continue dans la série des des des plans d’action mars 2023 entre entrée en vigueur enfin promulgation de la législation pour une industrie à à zéro émission net avec là une approche plus volontariste puisque l’Europe s’inspire directement du plan enfin du plan américain de de l’inflation reduction Act américain et le le pacte vert qui était en amont hein de de cette de cette décision euh définit quatre piliers euh pour accroître les capacités européennes en en technologie et produits liés à la transition écologique alors vous allez voir que sur la méthode ce n’est pas radicalement nouveau hein on on reste sur des des dispositifs des outils assez standard euh un cadre réglementaire simplifié un accès plus rapide au au financement le renforcement des compé des des travailleurs et alors là c’est un peu nouveau la sécurisation des approvisionnements en matières premières stratégique et tout particulièrement les les terres rares qui sont si nécessaires à à la transition écologique on pourra en reparler l’objectif global bien c’est toujours le même ou presque hein c’est renforcer la la position de l’Europe dans dans la compétition mondiale tout en Rép respondant aux impératifs climatiques alors actuellement on en est là euh la question qui se pose c’est et demain hein puisque comme le le signalit btech dans l’introduction la la courbe de la désindustrialisation ne s’est pas vraiment inversé pour utiliser une image connue donc que faudrait-il faire ou quelles sont les pistes pour réaliser enfin l’objectif climatique et industriel puisque l’harmonisation des deux constitue vraiment un un enjeu important donc euh les les pistes bien qui sont présentées dans dans l’article hein et que que je vais rappeler brièvement euh c’est d’abord remplacer cette succession rapide de de plan à durée de vie très limitée par une vraie planification à à à long terme puisqu’on a vu hein l’enchaînement entre l’introduction du pacte vert européen et le plan industriel du pacte vert en février 2023 et bien ce se caractérise par une succession de de mesures avec un secteur industriel qui parfois est au premier plan parfois relégué au au second plan et ça c’est vraiment gênant en terme de visibilité lisibilité et effet d’annonce un autre notutre point aveugle des plans c’est où s’opère cette reconquête industrielle dans quel territoire la localisation doit être vraiment abordée dans une optique d’homogénéisation euh ce qui est intéressant aussi c’est de mettre côte à côte l’ensemble des mesures l’ensemble des dispositifs en place et voir ce que ça veut dire en terme de cohérence ou au contraire d’incohérence de de ces mesures et est-ce que pour les entreprises pour les opérateur c’est gérable puisque il y a un empilement de de mesures qui peut complexifier la la gestion des des fonds européens pour les les bénéficiaires donc la première piste c’est de remplacer des politiques réactives par une planification méthodique en coordonnant les les stratégie nationale aussi hein et en travaillant sur des des filières ou des des grappes de de secteurs deuxème point je l’ai évoqué brièvement avec le financement c’est que on a toujours une forte dépendance au au marché financiers donc une instabilité des des des coûts de de financement et là on a des propositions qui qui sont faites hein puis puisque l’idée ce serait de transférer des recettes fiscales au niveau européen de mobiliser des des nouvelles ressources propres directes et d’utiliser comme le suggère Nicolas dufren et et Alain grandjan d’utiliser le le mécanisme de de quantitative easing qui n’a été mobilisé que en cas de de crise grave mais qui pourrait être déployé sur euh la transition écologique de l’industrie de manière à financer une politique industrielle cohérente avec la la transition écologique et là donc la la la la Banque européenne d’investissement pourrait être à la manœuvre en la matière ce qui serait envisageable et souhaitable aussi c’est d’avoir vraiment un axe de réflexion pour renforcer la cohésion et les équilibres régionaux au sein de de l’Union européenne puisque ce que l’on voit c’est que beaucoup de plans finalement donnent la part belle à des groupes étrangers hein euh et et et ça ça risque d’accroître encore les les déséquilibres entre région c’est particulièrement clair sur le plan we power eu euh qui est destiné à à réduire la dépendance à l’égard des des combustibles fossiles russes et à réaliser des des économies d’énergie et qui en fait euh recentralise véritablement euh la l’action l’action publique il y a d’autres exemples de de de limite et euh d’autres arguments en matière de euh besoin et euh dernier point je je terminerai là-dessus c’est euh en de de d’oser conditionner les aides à euh l’éco-investissement et euh à la à la création d’emploi je sais que ce n’est pas très tendance euh de de voir les choses dans dans ces termes mais euh la contrainte est aussi un élément euh qui qui qui joue euh pour euh accélérer euh la la décarbonation et la bifurcation euh de de l’économie et donc euh accorder des des des aides particulières à des entreprises qui mettent en place des plans très volontaristes en la matière ce serait à la fois servir la transition écologique et aussi servir l’innovation dans dans l’industrie que ce soit l’innovation de produits mais aussi de de l’innovation de de procéder voilà ce sur quoi je je voulais est terminé on pourra revenir hein évidemment dans la discussion sur le détail et et sur les à côtés de de ces de ces pistes merci beaucoup merci merci merci Nadine effectivement pour ce tableau très global à la fois de de un état des lieux et déjà des des des pistes majeures alors on va pas ouvrir le débat maintenant mais je constate déjà que un des problèmes dis Phili gr c’est qui serait le planificateur donc tout ça c’est une de différences que nous avons avec les États-Unis ça n’échappe à personne évidemment c’est que nous sommes pas une fédération et donc la question de de de l’organisation de tout ça et de la compétition entre les États euh pose la question et je remarque donc si j’ai bien compris l’histoire nous enseigne que la coopération entre état était plus réussie que le plan européen en même temps cette coopération entre état elle a toujours servi elle a prolongé un peu les courbes du passé qui qui donne l’avantage l’avantage au au disons au premier cercle bon alors Thomas grbine je vous donne la parole à la fois pour alors apporter d’autres éléments comparer avec ce qui se passe aux États-Unis ou ou commenter le l’intervention de Nadine comme vous le souhaitez ben merci beaucoup déjà pour l’invitation et pour cette table ronde très intéressante donc je vais essayer d’avoir un point de vue complémentaire avec ce qu’a dit Nadine essayer de de pas répéter parce que je suis d’accord avec beaucoup de choses qui ont qui ont été dite alors moi je voudrais faire trois remarques principales sur qui porteront le la thématique globale est-ce que est-ce que l’Europe est prête face à à cette concurrence internationale donc la première chose que je vrais dire mais donc ça ça va ça va aussi dans le sens des propos introductifs de début de la présentation de Nadine c’est qu’on observe malgré tout il me semble des des indicateurs d’un d’un décrochage euh de l’Europe face euh à l’Asie et face aux États-Unis alors je vais pas revenir les les journaux décrivent ça très précisément presque chaque jour sur la montée très rapide de la Chine dans plusieurs secteurs télé technologique dans dans la batterie dans euh mais juste peut-être deux éléments sur ça ce qui il y a une étude très intéressante récemment de la fabrique de l’industrie qui qui montrait comment l’Europe décroche par exemple dans les dépôts de brevet pour les innovations de de rupture et l’Europe décroche notamment face à la la Chine mais aussi face aux États-Unis au Japon ou à la Corée on voit aussi une autre étude qui avait été sortie qui montrait que dans les technologies de frontières donc là aussi l’Europe décroche quand on voit juste un chiffre également pour parler de ce décrochage c’est dans dans les investissements en tout cas ou en tout cas dans les annonces d’investissement industriel quand on prend la la dernière période c’est-à-dire 2016 2020 23 on voit que dans les les investissements industriels que qui ont été annoncés dans dans le monde le l’Union l’Union européenne ne représente que 6,5 % des investissements industriels annoncés dans le monde alors que il y en a 55 % en Asie et 17 % aux États-Unis et le tableau s’assombrit encore si on prend les giga investissements c’est-à-dire les investissements de plus de 5 milliards de dollars là quand on prend ces ces gigas investissements l’Union européenne ne présente sur cette période que 2 % des investissements mondiaux donc vous avez parlé tous les deux des des politiques très agressives qui a été mené aux États-Unis et en Chine donc bon la Chine ça fait depuis une vingtaine d’années qui qui que qui a une stratégie de monter en puissance industrielle et ce qui est très important c’est que les États-Unis aussi adopte de plus en plus ce type de politique c’est-à-dire qu’il n’hésite pas euh à protéger et à financer euh leurs industries on pourra peut-être revenir plus précisément sur sur ce changement euh de logiciel en Europe ce qui me semble important c’est qu’il y a des des annonces importantes il y a eu des plans euh important nadine a fait un un historique très précis de de des des grandes étapes ces ces dernières années mais ce qui me semble aussi important euh de souligner c’est que bien souvent et ça c’est contrairement aux États-Unis il y a pas les moyens en face je vais prendre trois exemples pour illustrer ça le net zéro industriel Act dont par exemple parler Nadine il y a quelques minutes donc est destiné à à soutenir la production de de technologie propres au sein de de l’UE donc la commission par exemple dans son document parle de mettre sur la table 92 milliards d’euros sur la période 2023-2030 en fait quand on regarde ce qu’il y a sur la table c’est pas 92 milliards d’euros c’est-à-dire que ils espèrent qu’à partir de 16 milliards de soutien publ il y aura un effet de levier très important c’est-à-dire que grâce à l’investissement des entreprises en gros on va obtenir ces 92 milliards mais donc il y a pas 92 milliards sur la table il y a à partir de 16 milliards qui encore n’existe pas vraiment on espère avoir un arrivriver à des montants beaucoup plus élevés un autre exemple qui est qui est qui est symptomatique c’est le chips European Act c’està-dire le le plan européen sur les puces donc toute la la toute le la communication de la Commission européenne c’est de dire ben voyez les montants avancés sont très proches des montants américains et en particulier du US chips Act c’està-dire bon il y a eu un plan aussi sur les puces et et donc la la Commission européenne met en avant que dans le plan européen il y aurait 43 milliards d’euros qui seraient mis sur la table ce qui est à peu près équivalent au 40 2 milliards de dollars euh du plan américain mais là là encore il faut souligner que que il y a une différence importante c’est que dans le cas européen on parle de 43 milliards d’euros mais ce serait à partir de 11 milliards d’euros de financement public et encore la Commission ne dit pas précisément comment elle va trouver ces 11 milliards de euh d’argent public elle parle juste qu’il y aurait 3 milliards d’euros qui viendrai du budget européen donc on on parle d’un plan de 43 milliards d’euros mais en fait sur la table on a plutôt un chiffre qui est plus proche de 10 fois plus faible et là où on voit cet écart il me semble qu’il est encore plus flagrant qu’on quand on compare ces aides non pas d’un d’un point de vue macro comme je viens de le faire mais à l’échelle euh des projets et donc là quand on regarde par exemple le le soutien américain euh qui existe par exemple pour les producteurs de de de batterie il serait en moyenne trois fois supérieur aux aides européennes pe prendre un autre exemple qu on regarde par exemple pour le photovoltaïque ou l’éolien on voit qu’il y a même là un écart qui serait de 1 ind 10 entre les aides américaines et les aides européennes donc il semble qu’il y a en tout cas une forme de de retard à l’allumage européen et donc il me semble là qu’il y a plusieurs raisons qui permettent de d’expliquer cette on va dire cette réaction plus timorée des des Européens la première chose il me semble la première raison qui explique ce ce retard européen c’est le logiciel européen c’est-àdire ça c’est c’est ce que Nadine a dit il me semble très important le logiciel européen c’est construit autour Duch du du marché unique des politiques de de concurrence du libre échange et donc c’est construit en partie contre l’idée même de politique industrielle donc oui il y a eu des changements importants faits par la Commission européenne ces dernières années mais il faut voir qu’il faut changer assez profondément le logiciel même européen et c’est c’est quelque chose qui prend du temps donc ça c’est le premier élément il me semble important qui explique ce ce retard européen la deuxième chose c’est la question des priorités et là aussi c’est un élément qui a été dont tu as parlé Nadine mais je voudrais insister plus dessus quand on regarde ce qui se passe en Chine ou aux États-Unis très clairement la priorité c’est la production industrielle et et donc on regarde par exemple tous les discours de l’administration Biden il considère que le cette réindustrialisation américaine est la condition pour réaliser la transition écologique mais en tout cas la première priorité c’est la réindustrialisation du point de vue américain c’est encore plus flagrant en Chine en Europe c’est pas la même chose c’est pas la même priorité pendant pendant longtemps en tout cas jusqu’à l’année dernière la priorité était davantage donné à la transition écologique et on considérait davantage que l’industrie était une variable d’ajuste ement mais le problème c’est qu’il y a un moment quand vous avez un objectif de réindustrialisation et un objectif de transition écologique ces deux objectifs peuvent rentrer en contradiction et donc c’est le notamment ce qui explique que vous avez eu en Europe l’interdiction des voitures thermiques qui était très clairement un objectif de transition écologique mais ce qui pouvait entrer en contradiction avec un objectif industriel dans la mesure où par exemple la voiture thermique était très clairement un avantage comparatif pour l’Europe et et par exemple la Chine n’a jamais réussi à produire seul des des voitures des voitures thermiques c’est aussi ce qui s’est passé par exemple avec la taxe carbone aux frontières c’est-à-dire que l’Europe a pris des mesures indispensables d’un point de vue de transition écologique mais c’est des mesures qui peuvent nuire à la compétitivité européenne donc on prend des mesures correctifes pour essayer de corriger ce qu’on a nous-même mis en place donc c’est le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières mais ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pose lui-même d’autres problèmes pour la compétitivité européenne donc il a il y a un problème de de priorité c’està-dire que lorsque c’est plus facile lorsque vous êtes en Chine aux États-Unis vous êtes une priorité pour la réindustrialisation et que vous mettez tous vos enfin toutes vos politiques dans ce sens alors qu’en Europe on a des objectifs contradictoires et lorsque vous avez des objectif contradictoire mais ça fait que d’un point de vue industriel c’est beaucoup beaucoup moins efficace et je pense que c’est la raison aussi du fait qu’on a ces de ces priorités qui sont mal définies et en partie contradictoire c’est ça aussi qui est explique qu’il y a un des problèmes de moyens c’est-à-dire qu’on va pas forcément mettre les moyens sur la table aussi parce que tout le monde n’est pas convaincu que la réindustrialisation est véritablement une priorité et a un dernier élément qui peut expliquer il me semble ce ce retard européen c’est la divergence d’intérêt là aussi nadine a évoqué ce point mais il me semble très important c’est-à-dire que entre les pays européens il y a pas les mêmes intérêts économiques notamment entre la France et l’Allemagne il y a pas les mêmes intérêts économiqu que et notamment parce que les grandes multinationales on pense notamment au constructeurs automobilees allemands sont très dépendants de la Chine il y a quelques il y a peu de temps Volkswagen faisait 40 % de ses ventes en Chine et donc ils sont très dépendants du marché chinois et donc ce qui peut expliquer qu’ils vont essayer de ménager à la fois leurs intérêts chinois et américains et donc là aussi ça empêche enfin ou ça freine en tout cas une réponse à l’échelle européenne donc mant le le dernier point sur lequel je voudrais souligner c’est de d’ouvrir un peu le c’est quel scénario il me semble on peut envisager donc je vais pas revenir sur des mesures aussi précises que ce qu’a dit Nadine mais plutôt plus largement quel scénario on peut imaginer pour l’Union européenne dans dans les dans les mois qui viennent il me semble qu’il y a trois scénarios le premier si on peut imaginer qu’il y aura pas de réponse significative européennes ou des demi-mesures qui seraient tardives donc là le le risque depuis 2 ans c’est-à-dire un risque de décrochage technologique et qui dit décrochage technologique dit le risque très important de d’un décrochage économique de l’Union européenne donc ça c’est un premier scénario donc pas de réaction forte des pays européens ou des demi-mesures qui seraient pas suffisantes face aux politiques très offensives mené en Asie et aux États-Unis il y a un deuxième scénario qui me semble un scénario plus optimiste alors si je peux dire c’est il me semble que c’est le scénario plus que qu’a décrit Nadine euh donc c’est une réaction forte européen euh c’est un un front commun qui par exemple permet une réponse coordonnée face au au dumping chinois on peut imaginer aussi une augmentation de l’endettement au niveau européen pour financer des politiques industrielles ambitieuses et pour éviter cette divergence euh entre les pays européens et d’un point de vue et d’un point de vue macro-économique aussi ce qui est très important pour éviter justement cette divergence entre les pays européens on peut éviter aussi on peut imaginer aussi par exemple des relances plus fortes dans les pays qui ont des excédents extérieurs importants ou qui ont des marges de manœuvre budgétaire plus élevé qui sont souvent les mêmes donc par exemple une une relance en Allemagne ou ou dans d’autres pays qui ont des excédents afin de soulager les pays déficitaires et en tout premier lieu la France donc ça c’est un deuxième scénario qui me semble relativement optimiste euh d’un d’un point de vue politique et le dernier scénario c’est un scénario plus intermédiaire qui personnellement me semble plus réaliste d’un contenu de des rapports de force dans l’Union européenne c’est que il y a en fait un jeu non coopératif qui se met en place ou en tout cas qui perdure entre les États européens qui et chaque État européen se livre en fait à une concurrence intense pour attirer les investisseurs et bénéficier des des création d’emploi qui accomplagne l’implantation des sites industriels il y a aussi on peut voir aussi ce qui ce qui s’est mis en place depuis quelques années une concurrence par le bas entre les pays européens via les systèmes de de protection sociale un exemple la la Hongrie dont on a pas mal parlé c’est ces derniers mois qui a réussi notamment à attirer le le constructeur chinois BYD a décidé donc de bid qui a décidé d’installer sa sa première usine en Hongrie bah une des motivations euh de l’installation Hongrie c’est notamment la la faiblesse des dépenses sociales et la Hongrie qui avait déjà des dépenses sociales très basses à réduit en en de près de 6 points ses dépenses sociales en en 10 ans donc c’est ça que je décris donc c’est-à-dire une une espèce de concurrence par le bas entre les pays européens et une surenchère de politique de de compression de la demande un peu comme ce qu’on avait observé lors de la la crise des dtes souveraines il y a une dizaine d’années et donc pour s’extraire essayer de s’extraire de de cette concurrence par le bas il y a deux leviers qui existent déjà mais qui peuvent être davantage exploités à court terme donc comme l’a dit Nadine tout à l’heure l’Europe a a commencé à lever les freins qui empêchaient de de rivaliser avec les aides massives américaines et chinoise donc c’est les c’est les piècles les les projets importants d’intérêt européen commun donc ce qui permet qui permett sur les budgets nationaux c’est ça qui est important de souligner de déroger aux limites qui sont habituellement fixé par les règ ation en matière d’ê d’État et donc c’est par exemple dans ce cadre que c’est inscrit France 2030 et donc on voit que par exemple France 2030 ça ça permet de il y a une enveloppe de de 54 milliards d’euros donc ce qui est relativement une enveloppe significative et que à peu près la moitié de l’enveloppe en 2 ans a été engagée donc on peut penser qu’on pourrait aller plus loin dans dans ce type de de politique notamment pour financer la transition écologique donc ça c’est un prier point le deuxième lev qui serait exploitable et je pense que c’est une forme de conditionnalité des aides dont parlait aussi Nadine c’est en fait d’utiliser le bouquet énergétique moins carboné de l’ueu comme un instrument de politique industriel et et donc là de ce point de vue-là la France dispose d’un d’un avantage certain avec son parc nucléaire je parle d’un point de vue industriel et donc là on pourrait très bien c’est un peu la logique par exemple du du bonus automobile sur sur la voiture électrique c’està-dire que vous conditionnez ce bonus automobile au fait que la production et le processus de production est relativement plus propre donc on pourrait étendre ce type de mesure par exemple sur la commande publique pour essayer de favoriser le made in France le made in Europe et on pourrait utiliser ce type de clause environnemental et les prolonger par exemple par des clauses sociales aussi conditionner les aides au fait que bah les conditions de production sont faites dans des des conditions sociales relativement équivalentes donc c’est aussi une façon d’éviter cette concurrence par le bas qui est négative au final pour pour tout le monde voilà je vais m’arrêter là pour pour laisser la la place à Caroline merci merci Thomas alors c’est effectivement parfaitement complémentaire avec ce qu’a dit Nadine et vous avez aussi précisé plusieurs éléments je note ces points sur les financements alors c’est effectivement c’est quelque chose que nous avons observé nous avons euh tout au début du Green Deal nous avons publié une note weblen dans le cadre du premier Green Deal il y avait un plan d’investissement et c’était frappant que le le fond public servait uniquement à dérisquer les projets et et c’était en moyenne 5 % des sommes du du du plan d’investissement global mais c’est peut-être un point sur lequel on pourra revenir après dans le débat parce que c’est quand même un peu surprenant parce que là nous parlons alors la transition écologique c’est une vaste un vaste domaine de projet à mener à R rabilité très différentes mais là on parle quand même de l’industrie donc ça veut dire il faudrait en théorie trouver des financement privé notamment dans dans à l’air de liquidité abondante donc c’est il y a quand même un problème peut-être une question en tout cas que qu’on pourra discuter après mais alors donc sur au fond de ce tableau disons macroéconomique quand même plutôt morose rappelons que la les choses avancent quand même alors Caroline vous représenter une société qui si j’ai bien compris qui a levé les capitaux nécessaires pour pour votre usine future des batteries à d’unkererque mais et avec vous je voudrais notamment qu’on évoque un peu d’autres de des aspects complémentaires parce que la réindustrialisation c’est pas que des politiques macro c’est aussi l’émergence des filières par les bas présentez-nous un peu le ce qu”est fait vercor et comment vous votre rôle sur dans la dans justement dans la structuration de ces nouvelles filières tout à fait ben merci beaucoup également pour cette invitation et et ravi de pouvoir échanger avec vous et puis de participer à cette discussion sur l’industrialisation alors du coup nous on est dans l’industrialisation des batteries et il est clair qu’il faut accélérer et c’est comment on réindustrialise c’est ça aussi le le vrai l’engagement depuis le début de vercor c’est faire des batterie bac carbone et de façon responsable puisqu’on a un enjeu sur la façon dont on fait les batteries notamment dont on source nos matériaux et donc c’est aussi comment et donc là ça rejoint un peu les propos de Thomas donc quand il parlait de clauses environnementales et social donc c’est important aussi de de comment on fait quand on crée une industrie à partir de de rien une nouvelle filière mais comment effectivement quels sont les autres éléments qui sont clés pour pourindustrialiser alors tout d’abord j’ai présenté rapidement vercore et puis aussi le cadre législatif dans lequel on s’inscrit puisqu’il y a eu on a rappelé là les politiques européennes globales il y a aussi des législations sectorielles en tout cas pour la batterie qui qui ont émergé donc vercore c’est une donc une entreprise de fabrication de batterie qui a été créée en 2020 euh à par six cofondateurs et 4 ans plus tard on est plus de 450 aujourd’hui avec 40 nationalités on a un site de de production donc à grenobble qui est aussi notre siège et et notre laboratoire de Red et on est en train de construire la gigafory à d’unkererc qui rentrera en production l’année prochaine donc pour donner une petite idée le siège à Grenoble a une capacité donc de 150 MWh et la giga elle on commence avec 16 GWh donc ça veut dire 100 fois plus et donc va pouvoir alimenter 300 des batteries pour 300000 véhicules électriques par an voilà et donc la mission de varcor a toujours été enfin dès le départ donc de de permettre d’accélérer la mobilité électrique en Europe en faisant des batteries bac carbone donc ça veut dire que pour on répond à l’objectif européen de neutralité carbone et de baisse de 50 % de 55 % des émissions et le secteur des transports et le premier émetteur et donc il faut le décarboner et donc produire des batteries B carbone et pourvoir aussi devenir indépendant au pétrole puisque c’est le pétrole qui est à la base de not société et qui fait que aujourd’hui on doit réduire nos émissions de de CO2 mais on doit le faire en étant responsable plus vertueux et en allant plus loin et ça ça a été c’est notre engagement en tout cas notre énergie au quotidien chez varcor c’est de de faire de façon responsable et et pour ça on a une une stratégie développement durable qui s’articule autour de quatre piliers l’empreinte carbone par on fait des batteries B carbone avec une empreinte qui sera 70 % inférieure à celle du marché aujourd’hui aujourd’hui le marché est en constitué essentiellement de batteries chinoises traçabilité des matières premières donc c’està dire d’où proviennent nos matériaux leur origine et dans quelles conditions le recyclage élément important aussi en fait on réindustrialise toute une filière pas juste la production de batterie mais aussi le recyclage euh et enfin la formation donc puisque quand on crée une filière il faut permettre à des talents de de changer de secteur de progresser de monter en compétence sur les les métiers de la batterie et donc la formation est essentielle quand on crée une nouvelle industrie et donc pour revenir un petit peu sur le cadre européen donc il y a je disais la neutralité carbone atteintre d’ci 2050 moins 55 % de nos émissions il faut donc électrifier c’est la direction qui a été prise au niveau européen électrifier le secteur des transport avec la fin de vente des véhicules thermique programmé en 2035 et donc on on s’insère dans ce cadre et donc faut subvenir aux besoins en terme de batterie électrique pour pour le transport et pour véhicule avoir une autonomie stratégique pour notre mobilité c’est essentiel et donc c’est comment on industrialise la batterie et donc on produit des des batteries bac carbone en tout cas pour le marché européen et donc dans ce cadre là il y a un certain nombre de textes autour de la batterie qui ont été adoptés l’an dernier il y a le règlement batterie qui fixe des conditions en terme d’empreinte carbone donc les producteurs de batteries devront déclarer leur empreinte carbone sur le marché européen il y a un objectif de traçabilité des matériaux donc savoir d’où viennent les matériaux et dans quelles conditions ils ont été produit euh et là donc il y a un devoir ce qu’on appelle de vigilance qui est inscrit dans ce règlement et autour de ça il y a aussi le critical r material Act qui impose des objectifs en terme de capacité de production sur le territoire que ce soit pour le recyclage l’approvisionnement en matériaux le raffinage et cetera et donc pour revenir sur un thème important qui est celui de la formation donc effectivement on crée une nouvelle filière donc il faut trouver des des talents il faut les former ce sont des nouveaux métiers et pas que sur la production de batterie mais aussi sur toute la filière c’est-à-dire il y a la production de batterie en elle-même il y a le recyclage puisqueune batterie elle peut les métaux dans les batteries peuvent servir dans une 2 3 qu batteriesf on peut recycler pratiquement à l’infini on recycle 95 % d’une batterie en gros une batterie c’est un peu comme une mine on récupère les métaux et là les métaux on peut les réinsérer dans la production mais ce qui est important c’est que si on veut réinsérer ces métaux en fait il faut aussi réindustrialiser en amont c’est-à-dire la partie juste avant la production de batterie donc il y a l’extraction évidemment mais aussi le raffinage des métau c’estd qu’une fois qu’on a extrait les métaux du sol il faut les raffiner pour leur apporter un élément chimique qui permet ensuite d’être utilisé dans des batteries donc en fait on voit qu’il est nécessaire de travailler sur toute la filière pour pouvoir en fait industrialiser la batterie et donc sur ce côté de formation il y a beaucoup travaillé chez varcore et donc on a lancé en 2022 l’école de la batterie qui bénéficie aussi du soutien de de France relance et c’est une école en réseau en fait avec 16 partenaires qui créent ou complète des formations autour de la batterie donc ça peut être des formations continues et initiales euh dans ces 16 partenaires il y a euh des universités des écoles d’ingénieurs des organismes de formationue euh pour l’emploi des Académie et donc l’idée est de soit apporter un module un complément de formation sur des formations existantes donc par exemple ça peut être obtenir l’habilitation électrique puisque quand on travaille autour d’une batterie qui est chargée il faut avoir cette habilitation ça peut être aussi travaill en salle sèche enfin salle blanche puisquen fait on a des salles où il n’y a pas d’humidité et donc il faut avoir certaines compétences pour pouvoir euh travailler dans ces sallesl ou enfin c’est également créer de nouvelles formations par exemple créer un master autour des batteries électriques et donc on crée des formations du CAP au doctctorat pour tous les métiers sur la filière de la batterie et c’est aussi des parcours de formation innovants donc par exemple un parcours de formation qu’on appelle une méthode de recrutement par simulation où là on va recruter des personnes non pas sur leur CV mais plutôt sur leurs aptitudes ou leurs compétences pour ensuite les former et qu’ell viennent ensuite travailler dans l’entreprise et en fait ces formations ne sont pas uniquement destinées à vercor elles sont aussi destinées pour toutes les entreprises du secteur de la batterie voilà donc je vais peut-être laisser les choses là et peut-être laissez venir les questions si vous avez des questions ou souhaitez approfondir certains points ben donc voil je suis très ravi très très ravi de répondre à vos questions merci merci beaucoup merci beaucoup Caroline effectivement là on est et on a descendu justement sur à l’échelle des projets concrets et on voit bien alors le on va essayer de d’encastrer un peu le le le micro et le macro pour voir comment le macro pourrait mieux soutenir le les projets alors j’ai j’invite les participants à poser vos questions alors je vais me faire écho des premières questions qui ont été posées et je vais en ajouter une moi-même et puis Nadine et Thomas pourront sans doute voudront sans doute réagir aussi à l’exemple vercor qui me paraît euh très très intéressant euh alors Thomas une question pour vous c’était que votre 3è scénario ça annonce en réalité l’explosion de l’Europe donc ça c’est c’est c’est c’est une c’est une question qui nous concerne tous et qui est très très très actuel dans les dans le contexte des élections euh une question sur les outils économiques pourquoi le mécanisme du marché carbone n’a pas stimulé le dépôt de brevvets euh en Europe alors on peut élargir la question et se poser quels sont les bons les bons utils pour pour économique pour faire émerger les l’innovation verte il y a deux questions posées par la fabrique écologique qui est avec nous aujourd’hui l’Union européenne parle de sa politique industrielle de transition écologique et numérique mais sa politique semble uniquement centrée sur la transition énergétique le 8 secteur industriel clés sont tous autour de l’énergie la réduction des délais pour les installations d’industrie dans ces secteurs stratégiques soulève des interrogations quant aux évaluations d’impact environnemental de ces projets par exemple sur le plan de la biodiversité donc ça c’est une une une question de de de ciblage de des politiques européennes de ce qu’on appelle en fait enfant le le le la réindustrialisation et le deuxième point certaines technologies ne vont-elles pas être contre-productive au niveau des politiques de décarbonation des industries par exemple captage de de stockage de car bone qui peut repousser à plus tard la transition énergétique bon là là cette question soulève des enjeux disons de de de soutenabilité de de complexité de ce qu’on appelle la la la la soutenabilité alors une une dernière question j’espère que vous lesz notez pensez-vous que les normes européennes sont en cause dans le décrochage industriel de l’Europe ben je pense que les normes sont plutôt le source de de la relélance voilà quelques questions de la du public pour le moment donc je vous laisserai réagir mais je voudrais quand même réposer cette question du financement donc comment comment ça s’est fait que comment dire que que vercor trouve rapidement son bouclage financier pour son usine est-ce que cet exemple là est-ce qu’il est est-ce qu’il n’est pas donc significatif il n’est pas réprésentatif de du problème global donc autrement dit peut-on faire confiance au au disons à cette ces partenariats financiers public privé ou les publics co enfin d risqu les projets alors Thomas vous l’avez l’air de dire que non et Nadine aussi donc je voudrais bien que vous entendre sur sur ces points c’est vrai qu’il y a une grande instabilité des conditions financières aujourd’hui les énergie renouvelable on paye les frais parce que avec la hausse des taux en même temps le il y a beaucoup de projets qui sont qui on sont qui sont à l’arrêt mais en même temps on voit bien que les projets industriels trouvent quand même leur financement donc je sais pas dans quel ordre vous voulez commencer est-ce que on on commence par le même ordre Nadine euh oui c’est c’est possible je sais pas ce qu’on pense Caroline et Thomas mais bon c’est pourquoi pas euh de toute façon on peut m’interrompre he il y a aucun problème euh alors les les questions qui qui sont poséesf sont vraiment vraiment très très larges alors mais je vais je vais commencer par celle de de la Fabrique écologique qui qui soulligne la possibilité de de du caractère contreproductif des des politiques de de décarbonation des des industries alors moi il me semble percevoir en ce moment à la lecture de deux types de de littérature plutôt des des rapports ou donc de la littérature non académique je vais dire pour faire vite he que on est en train de sacrifier l’écologie sur l’hôtel de la transition je je m’explique euh quand on regarde un petit peu ce qui est en train de se passer le passage de la notion de transition à euh la notion de décarbonation la première chose qui qui vient à l’esprit c’est que euh et c’est confirmé par tout ce qui se dit actuellement dans dans les couloirs à l’annonce du rapport du groupe de travail piloté par Olivier luany euh à la à la demande de Bruno Le Maire pour la réindustrialisation de de la France on n’atteindra pas euh 15 % du PIB euh de de l’industrie dans le PIB parce que on aura pas assez d’électricité décarboné et donc c’est bien l’électricité qui va être le facteur manquant dans de la politique de de réindustrialisation et donc euh là qu’est-ce qu’on sert on sert l’industrie mais l’industrie du nucléaire hein puisque l’électricité décarbonée même s’il y a les énergies renouvelables qui monte en puissance c’est quand même très majoritairement du nucléaire alors je sais qu’il y a des bats autour du caractère plus ou moins écologique de du nucléaire mais quand même si on fait référence au noyau dur des des des politiques et et des des des outils de la transition écologique c’est quand même les trois air euh réduire réutiliser recycler et là on est dans aucun des trois on est sur substituer donc euh ça c’est un premier point que que je voulais rappeler le second point c’est par rapport aux terres rares on voit aujourd’hui et le conflit d’usage dans l’Allier autour de la la la l’ouverture d’une mine de de lithium montre que il va falloir des terres rares il va falloir des des matériaux rares pour euh donc innové en matière de de transition écologique mais euh le le l’objectif de l’Europe c’est seulement 10 % euh de ces de ces matériaux qui seraient extraits euh des nouvelles mininees qui ouvrirait ou qui rouvrirait en en Europe donc c’est pas de la souveraineté ça on est en train de nous dire il faut faire beaucoup plus de mines avec bon les conséquences que l’on connaît sur l’environnement il y a plein de travaux sur les mines vertes qui n’existent pas et donc on est en train de nous dire finalement il va faire il va falloir faire plus extraire plus transformer plus et donc euh gérer ces ces ces besoins en produisant davantage est-ce que c’est une vraie transition écologique moi je je ne sais pas mais je pose la la question donc là il me semble que on est dans dans stratégie du du gépard il faut que tout change pour que tout reste comme avant avec une grande partie des des politiques qui ne sont pas dans la bifurcation qui ne sont pas dans la l’innovation radicale axé sur les les trois aires je par parle même pas du de la l’économie régénérative qui pour l’instant est est très mal documenté mais en tout cas en matière de trans trans formation interne des processus de production et c’est un sujet industriel à part des cas qui sont très spécifique on a vercor il y en a d’autres et qui travaillent à la base en intégrant ces questions-là je n’ai pas l’impression que ce soit la la politique d’ensemble deuxème point j’iraai très vite là-dessus sur les normes européennes qui serait à la à l’origine du décrochage industriel de de l’Europe je je enfin je pense pas qu’on puisse prendre les les choses comme ça ça les les normes industrielles ça peut être aussi extrêmement incitatif ça peut faire partie justement des avantages comparatifs de de l’Europe à condition que on fasse jeu égal avec les les compétiteurs et donc on a parlé des États-Unis de de la Chine qui n’ont pas toujours les mêmes exigences en mati tière de de normes environnementales donc euh c’est c’est une question d’équité dans dans le jeu de de la concurrence et quand on substitue des des produits importés à de de de moindre qualité sociale ou environnementale à des produits européens dont la pour lesquels la traçabilité tout ça sont sont mieux cadré et bien euh c’est ça qui qui qui nuit à à la production européenne pas les normes en tant que en tant que tel merci merci Nadine alors vous avez évoqué les 10 % de l’objectif européen des 10 % alors nous avons quand j’ai vu Emmanuel H qui est avec nous dans la salle ça m’a rappelé notre séence qui était particulièrement riche et instructive sur sur les matières premières et les matériaux critiqu et donc c’était Emmanuel qui disait que cet objectif de de 10 % de de consommation domestique donc de qu’on produise en Europe le 10 % des des matériaux nécessaires il est déjà pour ainsi dire raté alors par avance puisque les cycles industriels sont tels que le il aurait fallu déjà commencer les exploitations en tout cas préparer les projets miniers de demain avant et donc comment l’a pas fait et on voit bien que l’Europe s’oriente pas du tout vers ces 10 % donc ce qui veut dire concrètement que les approvisionnements vont de façon réaliste dépendre euh presque exclusivement des approvisionnements extérieurs c’est ce qui ramène la question des accords de des clauses des clauses environnementales dans ces accords qu’il faudra c’est sans doute un gros sujet pour le mandat européen suivant et et après vous c’est vrai que le ce qui plent sur not sur notre débat c’est la soutenabilité elle-même c’est-à-dire il est comment faire que la réindustrialisation soit réellement verte alors c’est une question c’est un enjeu technique déjà mais ensuite il y a c’est un enjeu des de de politique beaucoup plus transversal don dont nous allons pas parler aujourd’hui puisque le temps manque mais il est évident que le les la priorisation des ressources y compris des ressources physiques est nécessaire pour qu’on puisse avoir par exemple la mobilité électrique il faudra peut-être réduire d’autres usage publicitaire ou d’autres que saisje encore donc il y a un enjeu de de de de de sob à laquelle disons la politique industrielle vous est pour ainsi dire censé répondre mais en fait elle ne peut répondre qu’en vous parce que la soutenabilité elle se situe essentiellement du côté de la consommation des modes de vie des usages donc donc c’est donc il faut pas surcharger la barque quand on parle de la de l’industrie elle-même l’appareil productif peut produire Desban dans tous les sens ou bien il peut être il peut viser les objectifs de riété selon les politiques choisie mais alors après cette cette extension disons à à la sobriété je je voudrais je reviens à Thomas alors Thomas il y a plusieurs questions qui qui s’adressaient à vous et j’avais aussi ajouté justement celle de du financement comment vous voyez ce ce ce ce partenariat public privé dans l’avenir autour du fin merci beaucoup a il y a eu beaucoup de de questions il y a eu aussi beaucoup de de remarques très intéressantes de de Nadine bah sur le sur le partenariat public privé je pense que c’est moins là en l’occurrence un problème de partenariat que d’impulsion publique quoi c’est-à-dire que de nouveau je pense que malgré tout l’impulsion elle est beaucoup plus nette aux États-Unis et euh et en Chine enfin en tout cas en Asie on parle des des batteries donc c’est évidemment euh super qu’il a de ce que Caroline a dit sur sur sur les ce qui a été mis en place mais juste sur si on prend les batteries par exemple et qu’on compare avec ce qui existe aux États-Unis aujourd’hui avec l’IRA et les autres aid les autres aides notamment locales aux États-Unis c’est presque 100 % du CAPEX qui peut être prise en charge ça 100 % de l’investissement qui peut être prise en charge par la puissance publique américaine si vous faites une usine de batterie quoi et donc qu’est-ce qui va se passer si vous avez 100 % de l’investissement qui peut être pris en charge et si ensuite vous avez des prix de l’énergie qui reste significativement plus faible aux États-Unis qu’en Europe et donc dans certaines projections par exemple on estime que aux États-Unis la production américaine de batteries pourrait être autour de de 20 millions de batteries pour un marché américain dans quelques années autour de 100 millions de batteries donc ce qui veut dire qu’il y aurait 100 millions de batteries qui pourrai qui devrai être exporté donc si vous avez des 100 millions de batteries qui sont exportées dont le financement a été pris en charge par la puissance publique avec des prix d’énergie plus beaucoup plus faible mais on voit bien que euh le le jeu n’est pas tout à fait concurrentiel donc ça pour moi c’est c’est ça c’estàd le première chose c’est c’est quand même qu’il y a un jeu non concurrentiel qui est en place euh entre les les grandes puissances entre les grands blocs et que l’Europe peine à se positionner donc je dis pas du tout que l’Europe je veux pas dire que l’Europe ne fait rien il y a eu des changements importants qui ont été faits mais mais le problème c’est que si les autres avancent plus vite que vous euh bah c’est c’est c’est une compétition quoi donc euh si les autres utilise des moyens plus agressifs et euh bah vous restez vous risquez de euh de rester euh légèrement euh en retard donc là c’est c’est de toute façon rapide un point un peu sur sur les questions de de de financement ce qui m’amène un peu sur la question euh des normes qui ont été posées moi je pense que les normes elles reflètent également les priorités que vous donnez et donc là aussi c’està-dire que non les normes n’explique pas tout mais ils explique quand même une partie de nouveau quand vous avez par exemple le modèle si je résume le modèle industriel européen reposé en grande partie sur l’Allemagne et le la base du modèle industriel allemand c’était quand même la voiture thermique et donc maintenant si vous si vous interdisait cette voiture thermique alors que c’était quand même l’avantage concurrentiel de l’Europe bah c’est pas une norme qui favorise votre industrie donc après on peut faire le Paris que on va émettre de nouvelles normes qui vont contraindre et pousser à l’innovation mais en pratique si de nouveau si vous avez si vos vos partenair ou vos concurrents ont des marges de manœuvre plus élevées et utilisent des instruments que vous vous pouvez pas utiliser c’est très compliqué euh c’est la même chose sur les questions de de taxe carbone au frontaire de mécanisme d’ajustement carbone aux frontières évidemment d’un point de vue environnemental c’est indispensable euh de mettre en place des côas carbone maintenant la question d’un point de vue industriel c’est si vous êtes le seul à le faire ou que vous le faites plus que les autres vous avez beau être un grand marché euh il y a un moment où la question de la production sur le sol européen va se poser donc et se pose et donc c’est là où en fait les normes dépendent de votre priorité et comme j’ai essayé de le dire tout à l’heure euh la priorité en Chine est assez claire la priorité et aux États-Unis est clair et risque de devenir encore plus clairire malheureusement si Donald Trump était élu en novembre en Europe il y a des moments où c’est la transition écologique d’autres moments où on va mettre plus le paquet sur la R industrialisation et donc le risque c’est qu’on fait véritablement aucun des deux quoi euh et il y avait aussi une question sur l’explosion de l’Europe donc ce que je disais si on donc c’était sur la concurrence sociale je je sais pas s’il va y avoir une explosion de l’Europe mais en tout cas le problème c’est que si vous voyez un décrochage au niveau européen notamment parce que vous voyez qu’il y a une divergence d’intérêt entre les pays européens vous avez deux options presque d’un point de vue politique soit vous espérez un un First best c’est-à-dire qu’il y aura une solution au niveau européen au niveau européen qui va se mettre en place et donc ce sera évidemment infiniment préférable mais en même temps vous avez quand même une probabilité assez forte d’échec et donc si vous pensez que l’échec est relative d’une solution européenne qui serait très favorable et fort si c’est si cette probabilité est forte bah vous optez pour une solution plus nationale et vous essayez de maximiser votre intérêt au niveau national et là c’est c’est une solution qui en effet est non coopérative euh mais vous essayez de tenir vous essayez vous allez encourager les investissement sur votre sol vous allez encourager un certain nombre de choses pour être concurrent pour être compétitif par à vos voisin direct auos voisins européens quoi donc c’est évidemment pas la meilleure solution mais à un moment euh le la question c’est la question du enfin c’est aussi une question de décrochage industriel je vais prendre juste un exemple pendant toutes les années 2000 et 2010 les économistes français ont souligné le problème des déséquilibres intraeuropéens le fait que en gros l’Allemagne en particulier dans les années 2000 comprimait la demande et donc ce qui faisait que en particulier la France on avait des déficit extérieurs importants déficit commercial important et donc ce qui nourrissait aussi notre désindustrialisation et donc c’était clair que le le First best la solution optimale pour tout le monde ça aurait été que l’Allemagne relance son en économie pour soulager en particulier les exportateurs français donc ça on on peut l’espérer on peut le préconiser j’ai écrit nombreuses tribunes pour dire pour essayer de dire ça mais le problème c’est que très probablement ça n’arrivera jamais c’est parce que le modèle industriel allemand repose et ça depuis en fait les années 50 sur une forme de compression de la demande plus ou moins systématique en particulier pour euh maintenir la compétitivité et donc si on pense que ça n’arrivera pas bah le fait de toujours espérer quelque chose qui n’arrivera pas ben fait que on se désindustrialise nous Français relativement plus et ce qui pose aussi une question sur la soutenabilité de notre modèle industriel et notre modèle économique c’est que Nadine je pense juste titre soulligne les questions posées par la la soutenabilité d’un point de vue planétaire environnemental ce qui est évidemment fondamental mais il y a aussi une question qui se pose c’est la soutenabilité d’un point de vue économique et il y a un moment où bah les les deux peuvent en tout cas à court moyen terme entrer en contradiction et donc est-ce que vous essayez de préserver votre maximum vot tissu industriel l’emploi au niveau domestique sachant que de nouveau au niveau international il y a pas des des efforts aussi importants qui sont faits que qu’en Europe et un dernier point qui est plus plus sombre c’est sur la question pardon je reviens sur la sur la question des normes c’est que malgré tout dans un système capitaliste ouvert tel qu’il exist existe aujourd’hui la concurrence elle se fait aussi sur les normes sociales et environnementales et c’est pas un hasard que byyd ou d’autres constructeurs chinois vont investir dans des pays comme la Hongrie ou la enfin par exemple la Hongrie qui a des investissements en Pologne c’est aussi parce que les normes environnementales sont moins contraignantes donc on va investir dans d’autres pays comme la Turquie c’est aussi parce que les normes sociales et les normes environnementales sont moins contraignantes donc évidemment on peut le regretter mais aussi comme ça que ça se passe quand vous êtes en concurrence libre Thomas excuse-moi c’est c’est pas nouveau une grande partie des des délocalisations à partir des années 90 elle se fait aussi sur sur cette base là les les démantellements de de navires qui se font en Inde et pas en Europe c’est justement parce que il y a une beaucoup plus grande tolérance vis-à-vis de de certains produits et surtout de l’exposition des salariés à à ces produits là donc c’est c’est ça qui qui a un problème plus que les normes en tant que tel le fait qu’elle soit pas appliqué partout mais mais la différence il me semble par rapport à ce qui existait précédemment c’est que jusqu’à une période récente il y avait un écart technologique un gap technologique très significatif entre les pays avancés entre guillemets et la Chine ou les pays là aujourd’hui notamment avec la révolution industrielle liée à toutes les technologies de la trans transition écologique ce gap technologique existe de moins en moins et donc vous donc vous aujourd’hui PROD vous pouvez la Chine produit des voitures moins chères avec des normes sociales et environnementales beaucoup plus faibles mais technologiquement les voitures chinoises sont pas moins bonnes que ce que peut produire les Européens donc vous êtes en concurrence frontale pour la création de valeur non et donc là ça change pas mal et c’est la même chose avec ce qui se passe dans les expays de l’Est dans les années 2000 et surtout 2010 la Hongrie la Pologne ont servi de de base arrière à la production industrielle allemande notamment à l’industrie automobile allemande mais il y avait clairement dans l’esprit des Allemands le fait qu’on allait délocaliser dans ces pays les les parts de du processus de production ont créé le moins de valeur or aujourd’hui avec la révolution justement de la voiture électrique et batteries et ainsi de suite il y a plus cet écart un écart technologique si important entre la enfin sur ces technologies en tout cas entre la Hongrie et l’Allemagne caricature un écart technologique aussi important qu’au préalable bah les questions de coût et de de norme deviennent de plus en plus importantes ouais tout à fait c’est même pire que ça on a financé le le déplacement je pas dire la délocalisation le déplacement de laboratoire de recherche d’une partie de la Red vers ces pays-là en partie en partie financé par du crédit un pour recherche français hein en plus puisque la libre circulation des capitaux le le permettait mais bon je vais on va laisser à parole à Caroline oui je vais peut-être compléter merci ouais je voulais juste revenir sur quelques points et compléter aussi également on a parlé de de sobriété et en fait tout mon point est dire comment en fait on réindustrialise et comment on le fait et que c’est pas juste une étape de la chaîne de valeur industrialisée mais c’est la totalité et donc les les batteries en tout cas les batteries qu’on fait chez varcor ce sont des batteries plus performantes qui nécessitent euh avec une charge rapide qui est plus rapide dans lequelle on a un gain au niveau de la charge et plus performante parce que ça va revenir avec la problématique des métaux dire qu’on a besoin de moins de kilogram de matière par kilomètre parcouru parce que on fait des il y a il y a une une une progression enfin en tout cas une amélioration dans la performance de la batterie dans ce qu’on appelle sa densité énergétique et donc ça c’est important et donc certes il y a des objectifs d’extraction des métaux du 10 % on a parlé mais il y a aussi d’autres objectifs dans cet acte européen et un objectif de recyclage et un objectif de raffinage donc ça veut dire qu’on relocalise et c’est ça qui est important c’est on on on recrée aussi sur le territoire on ramène ces emplois cette technologie puce qu’ il y a pas d’intérêt à produire une batterie en fin de vie ou un déchet de production qui soit recyclé en Chine pour ensuite revenir dans des batteries en Europe donc il y a un intérêt à faire cette boucle fermée locale où on va réutiliser des matériaux dans le processus de production de la batterie et donc il y a nécessité de penser au niveau filière deuxièmement euh sur le point des terres rares dans les batteries il n’y a pas de terre rare en on parle pas de terre rare on parle de métau stratégique la terre rare c’est par exemple du tantalom on n pas de ce type de métau dans les batteries on utilise du lithium notamment et ce sont des matériaux qui peuvent avoir des déséquilibres entre offre et demande mais ce sont des métaux qui n’ont pas de problème d’approvisionnement physique en tout cas mais ce qui est clair c’est c’est que en ayant cet engagement fort en tout cas d’être durable et responsable on vise à déjà à diminuer notre quantité de déchets et on a nous des objectifs très ambitieux en terme de déchets de production qui sont bien inférieures à celles du marché et ensuite de Cell qu’on va produire de ces déchets là qu’on ne peut pas réduire ceux-là on les recycle et on recyclera les batteries en fin de vie qui vont servir dans les M donc par rapport à un modèle avant je reviens sur l’idée de dépendance au pétrole où on extrait des quantités énorme de pétrole de la Grou terrestre on en fait l’ ple dans sa voiture c’est 80 kg et on fait ça plusieurs fois dans une vie d’une voiture la batterie c’est entre 200 et 400 kg de matière qu’on réutilise et qui va même au-delà de la durée de vie de la voiture donc je dis pas que effectivement quand on parle décarbonation vous parliz de de cour du G et ca mais en tout cas il faut commencer quelque part il faut pas attendre d’avoir la solution parfaite pour en tout cas avancer et décarboner à la fois avoir cette indépend tendance au pétrole et aussi on n pas parlé de souveraineté qu’elle soit énergétique et industrielle il faut commencer à avancer quelque part et d’où l’idée de de règles du jeu qui permettent d’avoir ce qu’on appelle un level playing field en fait pour pouvoir faire aussi les choses correctement et responsable c’està-d que ça bénéficie à l’ensemble de la filière comme on a dans le règlement batterie des objectifs en terme d’empreinte carbone des objectifs en terme de standard on parle de standards internationaux sur les conditions de travail sur les droits de l’homme sur l’impact en environnemental en poussant ça alors c’est un travail d’accompagnement de sensibilisation d’amélioration avec nos fournisseurs c’est clair on travaille énormément dessus mais ça a vocation à avoir un impact positif en tout cas à l’ensemble de la chaîne de valeur et au final aussi à nos sociétés donc je crois qu’il faut aussi remettre ça aussi dans au cœur de de de l’ensemble des des des enfin en tout cas des des règles ou des dispositifs qu’on peut mettre en place merci merci Caroline alors mais du coup mais je j’ose une question plus directe à vous justement alors ne révélerit surtout pas les les les secr des secrets commerciaux mais à qui allez-vous vendre ces batteries de ner qu’est-ce que c’est un écosystème européen stellantis uniquement est-ce que le le les automobiliste chinois enfin pas le le producteur chinois vont sont aussi vos vos clients comment ça est-ce que vous êtes lié au à l’émergence de d’un écosystème industriel plus plus plus est au fait avec les voitures elles-mêmes ou est-ce que vous êtes indépendant aujourd’hui on a un client principal qui est notre client majeur qui est Renault donc on fournit des batteries aujourdhui électriques pour Renault euh et il y a aussi effectivement l’émergent de tout un écosystème c’est aussi pour ça que on a d’c qu’ y a un partenariat un écosystème industriel qui est important il y a un dynamisme industriel important et ça quand on parler de réindustrialisation une des conditions enfin don on a pas parlé tout à l’heure c’est la dynamique industrielle le fait de pouvoir créer des synergies entre acteur et de pouvoir trouver des solutions pour monter progressivement cette filière h merci merci quelqu’un avait signalé qu’il y avait un rapport de l’Office des brevvés Européens sur de et de la BI qui avance au contraire que l’Europe est la championne de l’innovation en matière de technologies propres donc elle a j de la brosse pointe une certain contradiction avec l’autre rapport en tout cas merci à vous à vous trois merci à à à tous c’est sans doute le sujet du mandat européen euh après les élections donc nous allons nous aurons l’occasion d’y d’y revenir j’ajoute un peu pour alléger un peu quand même le tableau qui qui était très sombre à la fin notamment que l’Europe a quand même quelques outils pour pour pour réguler les normes à distance aussi c’est-à-dire à l’intérieur de de l’Union européenne ce que vous avez dit sur la Pologne ou la Roumanie bon il y a il y a un travail sur la normees qui qui se poursuit euh à l’extérieur le mécanisme d’ajustement au frontières à annonce des des des outils qu’on pourrait avoir sur d’autres dans d’autres domaines et que la la norme de les norme N porte pas uniquement sur le produit mais aussi sur la production donc si si la voiture arrive et elle est respecte les normes d’émission et cetera cela ne suffira pas a priori ça devrait pas suffire il il y a aussi des normes de production qui qui donc qui concerne le pays en question où elle a été produite donc donc nous ne sommes quand même pas complètement démuni je je retiens quand même de cette question de la vitesse de de la vitesse de déploiement de de de de ces de ces industries nouvelles notamment autour de de l’électrification donc c’est c’est l’Europe est peut-être en train de de de perdre de cette course et donc là dans le cas des batteries électriques non seulement l’Europe l’Europe commence en fait et la France commence aussi donc si les États-Unis et la Chine avancecent aussi vite plus vite durablement effectivement on sera peut-être acheteurs des plus que producteurs des des tous les de tous les outils liés à la la l’électrification des usages nous avons signé le manifeste pour la sobriété matérielle par exemple qui a été lancé par nos amis de nagavat et c’est sans doute une une question justement de de de sobriété des usages qui planent un peu au-dessus de de de notre débat mais je elle est c’est une question aussi pour le mandat suivant mais elle concerne sans doute beaucoup d’autres domaines que le la politique industrielle le sens strict du terme elle concerne le mode de consommation le l’orientation de la consommation et cetera donc euh notre ambition à l’Institut weblen c’est justement de de de de d’aboutir à une vision plus systémique de de régulation dont il faudrait voir émerger à l’un à l’échelle de l’Union européenne et à l’échelle des états euh il a et donc c’est sans doute ça esquisse un peu le le le programme pour pour le mandat suivant donc merci encore à vous trois merci euh à ceux qui nous ont écouté et donc je vous donne rendez-vous le 14 mai pour approfondir continuer cette question de de de la gouvernance économique nous allons parler à la fois de de la fiscalité de la Banque centrale européenne merci beaucoup et à très bientôt merci merci à vous merci beaucoup merci au revoir

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