Le 19 mars 2024, l’équipe Sport du Shift Project présentait son rapport intermédiaire estimant l’empreinte carbone des grandes manifestations sportives dans les stades, donc des matchs et des stades.
Le sport fait en effet face à des risques de trois natures différentes :
• un risque physique, face aux impacts du changement climatique
• un risque d’approvisionnement, face à la déplétion des ressources naturelles, pétrole et gaz en tête
• un risque de transition, s’il ne s’organise pas pour prendre à bras le corps la transition à sa manière et subit à la place une transition organisée par les secteurs dont il dépend.
Si le risque physique est déjà documenté (voir le rapport « Dérèglement climatique : le monde du sport à +2°C et +4°C » du WWF), le risque d’approvisionnement et le risque de transition le sont moins. De même, il existe peu de rapports ensembliers sur l’empreinte carbone du secteur.
Ce travail exploratoire vise à lancer de nouvelles discussions avant de proposer des mesures de réduction de l’empreinte des stades dans un rapport final présenté à l’été 2024.
📌 Table ronde de réactions d’acteurs du secteur au rapport intermédiaire avec :
• Anne-Marie Heugas, Maire adjointe déléguée au Sport, chargée de mission affaires publiques et développement durable, ANDES
• Maelle Trarieux, Directrice RSE Olympique Lyonnais – Déléguée Générale, OL Fondation
• Mélina Robert-Michon, Athlète, vice-championne olympique de lancer de disque, Équipe de France
• Jérôme Belaygues, Directeur de la Communication Externe et RSE, Ligue de Football Professionnel
• Laurent Morel, Vice-président, The Shift Project
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On vous propose maintenant, après avoir livré le rapport intermédiaire, on vous propose des témoignages sous forme d’une table ronde. Et sur cette table ronde, on a le plaisir donc d’avoir des invités de qualité et donc en la présence d’Anne-Marie Vegas, pardon Heugas, du Sud, maire adjointe déléguée aux sports de Montreuil. Et je vous laisserai vous présenter encore plus en détails par la suite. On aura aussi Mélina Robert-Michon, médaillée olympique en athlétisme. Bienvenue ! On aura Jérôme Belaygue, directeur de la communication externe, et RSE de la Ligue professionnelle de football, et Maëlle Trarieux, directrice RSE de l’Olympique Lyonnais. Donc, cette table ronde sera animée par Laurent Morel, donc vice-président du Shift Project, à qui je donne le micro. Merci Laurent. Merci beaucoup. [applaudissements] Alors moi j’ai mes petites questions. Merci de vous prêter à l’exercice. La table ronde n’est pas très ronde, Je viens de vérifier en regardant mais on va dire qu’elle fait table ronde quand même. Je vous propose quelques petites questions pour à la fois vous présenter un peu plus en détail qu’on ne pourrait le faire. Donc on va commencer par Maël. Donc vous êtes ici parce que vous êtes directrice RSE de l’Olympique Lyonnais et donc déléguée générale de l’Olympique Lyonnais Fondation. Est-ce que vous pouvez nous dire en quoi ça consiste d’être, c’est quoi comme métier ? Être directrice RSE de l’Olympique Lyonnais ? Oui, Alors bonjour à tous. Euh déjà moi j’ai coutume de dire que j’ai été livrée avec le stade puisque ça fait un peu plus de huit ans que je travaille à l’Olympique Lyonnais et j’ai été recrutée pour et par le stade, puisque moi j’ai un diplôme d’ingénieur agronome de formation. Donc tous les sujets environnementaux faisaient partie de mon bagage universitaire. Un de mes précédents postes, je faisais des bilans carbone et des analyses de cycle de vie, donc j’avais déjà bien manié les fichiers Excel comme comme nos amis du Shift et ce recrutement, donc quand je suis arrivée à l’Olympique Lyonnais, c’était vraiment parce que le stade allait être inauguré, allait sortir de terre et démarrer son exploitation. Et le club voulait vraiment pouvoir se renforcer en termes de compréhension des enjeux environnementaux et des enjeux sociétaux et sociaux. Bien sûr, mais c’était moins nouveau ce volet social, sociétal. Je dirige la fondation du club, donc, qui a été créée, elle, en 2007 parce que déjà à cette époque là, toutes les notions de d’écosystème, de milieu associatif, de lien avec le territoire étaient naturelles pour le club. Et donc moi je suis vraiment venu rajouter cette brique environnementale qui était moins nécessaire quand on était locataire temporaire du stade de Gerland, quand on était propriétaire de quelques infrastructures au niveau de la Plaine des Jeux. Donc voilà mon arrivée vraiment sur ce volet environnemental, en plus des volets déjà existants. Et donc mon quotidien, c’est de faire en sorte que toutes les activités du club et pas uniquement l’organisation des matchs, soient les plus alignées possible, avec une notion de développement durable, avec une notion de responsabilité, que ce soit au niveau social ou environnemental. Donc on peut parler d’environnement comme on l’a fait ce matin, mais il y a aussi beaucoup d’autres sujets quand on est dans un club de football professionnel. Alors justement, les premiers éléments qu’on vous a présentés ce matin, qui sont, vous l’avez compris, intermédiaires, est-ce que ça vous parle ? Est-ce que ça fait écho à des des choses que vous avez déjà vous observé pour l’Olympique Lyonnais ou est ce qu’au contraire il y a des choses qui vous paraissent pas adaptées ou qu’on n’a pas vu ? Déjà le travail qui a été mené, moi je l’ai un petit peu vu en amont avec avec les équipes du Shift et il y a énormément de boulot derrière. Tous les chiffres qui vous ont été présentés, on a fait le bilan carbone du club, nous à plusieurs reprises et c’est forcément plus simple de faire quand on est à l’intérieur de la machine. Et pourtant, déjà c’est assez, c’est assez complexe. Je pense que vous l’avez vu avec les résultats, il faut prendre en compte des paramètres qui sont très très nombreux, très variés et en plus qui sont tous reliés à d’autres acteurs que simplement le club. On n’est pas seul décideur de tout ce qui se passe quand on organise un match. Donc là ça va vous montrer un peu la la complexité des interactions qu’il peut y avoir derrière ce genre d’activités. Donc oui, ça me parle, évidemment, là, on a des moyennes qui vous ont été présentées, alors que moi, j’ai mon cas particulier du Groupama Stadium. Donc forcément, certaines hypothèses sont différentes. En revanche, les conclusions, on les partage sur l’impact du déplacement des spectateurs. Ça c’est assez universel et on est tous conscients que c’est sur ce levier-là qu’il faut qu’on travaille tous ensemble le plus possible. L’alimentation aussi, ressort assez nettement. On a d’autres postes qui ressortent parce que nous on a fait le bilan carbone sur toute l’année, match ou pas match et sur toutes nos activités. Et donc on en a parlé, quelqu’un l’a évoqué, on a aussi plein d’autres activités au stade que des matchs de football. On a des concerts, on a des séminaires, on a plein de nos bureaux qui sont dans le stade. Donc, c’est un lieu qui vit, pas seulement en jour de match et qui fait qu’on a des usages assez différents. Donc ça me parle beaucoup. Et ce qui m’intéresse dans ce qui a été fait ce matin et ce qui va être fait par la suite, c’est que cette compréhension soit transmise à tout l’écosystème dans les clubs de football en tout cas, et de rugby, je pense aussi. On commence à avoir des bilans carbone qui sont faits par les uns par les autres. Donc en interne on comprend mieux tous ces mécanismes-là. Mais il faut que l’écosystème aussi en prenne conscience. Quand on parle de CO2, on parle de scope 1, scope 2, scope 3 et donc le scope 3, c’est toutes les émissions indirectes qui sont induites par les visiteurs, par les fournisseurs, par les partenaires. Et ça, on est pas seul à pouvoir les faire évoluer ces émissions. D’où l’importance d’avoir une prise de conscience la plus large possible. – Et que ça devienne un langage commun que tout le monde , quand on débat avec ces parties prenantes, ce soit sur des quantités équivalentes. Merci pour ce premier tour de piste. Jérôme, à toi de dire un petit peu qui tu es. Moi je lis. Directeur de la communication externe et RSE de la Ligue de Football Professionnel. Peut-être déjà un tout petit peu la géographie des ligues Et comment ça se passe le football en France ? Comment c’est structuré ? Si on peut. Je vais parler simple. Nous LFP, on s’occupe de la Ligue un et de la Ligue deux, donc des deux championnats d’élite. Je vais parler de mon équipe parce que moi, peu importe côté LFP, ce qui est important, c’est que sur les RSE en général, je dirais début des années 2010, on parlait plutôt d’action citoyenne, on était plus tourné sur la partie sociétale. Et en fait, à partir de 2016-2018, on a passé un cap en structurant progressivement une stratégie RSE qui bien sûr intègre la partie environnementale. Et aujourd’hui, dans cette direction, on a un pôle RSE qui est dédié avec trois personnes en ETP, qui est vraiment au travail. Donc à temps plein. Et ce pôle-là, il est sur des questions bien sûr, environnementales et sociétales. Et donc, pour ce qui nous occupe aujourd’hui, ce qui est vraiment important, c’est qu’on a créé un réseau de référents dans tous les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Ces référents RSE, on les réunit en séminaire deux fois par an, On fait des visio de formation, notamment Mael Besson qui est dans la salle. On travaille avec Mael sur ces questions de formation en direction des référents RSE. Et ces référents RSE nous servent de relais dans les clubs. Comme l’a souligné Mael, au sein des clubs, il y a de nombreuses populations. Il y a le sportif, il y a le non sportif. Il y a toutes les personnes qui sont sur les notions de Stadium Manager, qui manage donc les enceintes et des infrastructures. Et donc on a ce réseau là et puis on en parlera peut être un peu plus tard, on a, nous, notre outil principal, c’est la licence club. Oui, juste un mot sur cette fameuse licence club. En quelques mots, c’est quoi cette licence club et à quoi ça sert ? Et j’ai l’impression qu’il y a déjà des critères RSE qui nourrissent cette licence. Quand même, tu peux nous en dire un peu plus ? Alors cette licence globale est née au début des années 2010. C’est un outil d’amélioration de progression pour les clubs. Je fais simple, vous avez une centaine de critères qui à la fin, font 10 000 points. Si vous avez 7000 points, vous touchez la part fixe des droits audiovisuels. Donc quand vous avez la licence club, c’est pas optionnel pour un club de Ligue un et Ligue deux. Et nous, depuis la saison dernière, on a injecté une nouvelle famille de critères : les critères RSE. Donc c’est 1000 points sur ces 10 000. Donc vous avez 10 % de la licence club qui est sur des critères RSE et une bonne partie sur des critères environnementaux. Et ça change les choses ? Bien, ça incite tous les clubs en fait, à travailler toutes les questions. Sur la partie environnementale, on a une dizaine de critères. Donc on a par exemple, vous avez des points, si vous avez, – alors, je vais peut-être être un peu long – mais vous avez des points, si vous avez un parking à vélo sécurisé. Vous avez des points, si vous avez une solution de covoiturage. Vous avez des points, si vous avez une offre billet au stade transports en commun couplés. Vous avez des points, si vous faites un bilan carbone. Vous avez des points, si vous réduisez votre consommation au stade. Vous avez des points, si vous triez bien vos déchets. Vous avez encore d’autres points, si vous adhérez à la charte des quinze engagements et ainsi de suite. Vous avez une dizaine de critères. Il y a aussi toute les critères autour des emballages plastiques, etc etc. Et on a aussi des critères que je ne compte pas sur tout ce qui concerne les pelouses. Donc là on déborde du sujet parce qu’on n’est pas sur la partie carbone à proprement dit, mais en fait, quand vous accumulez tous ces critères-là, eh bien vous incitez en fait tous les clubs à prendre en main tous ces sujets là, parce qu’à la fin, en fait, si ils traitent ces sujets, ils ont la licence club et donc ils ont cette part audiovisuelle. Et s’ils ne les traitent pas, ils l’ont pas. S’ils n’atteignent pas ces seuils, possiblement, ils ratent l’accès à cette licence Club. – Exact. – Bon, c’est bien. Merci On verra comment ça fait bouger les choses dans le temps. Je continue mon tour de piste et je vais passer la parole à la vraie sportive qui est avec nous. Mélina Robert-Michon, vous êtes médaillée olympique au lancer de disque à Rio en 2016 et vous êtes en train, je le dis parce que je l’ai appris tout à l’heure, vous êtes en pleine séance d’entraînement pour les Jeux olympiques de Paris dans quelques mois. – Exactement. Donc merci beaucoup de vous divertir un peu de votre précieux temps. – On va dire, c’est vrai que je suis local de l’étape aussi. – Pour venir participer à ce débat. Alors vous, comment est-ce que, si vous êtes venus, c’est que malgré votre agenda, comment dirais-je, certainement serré ces temps-ci ? C’est qu’il y a chez vous un intérêt particulier pour cette thématique du climat. Est-ce que je peux vous demander comment c’est venu ? Sachant que vous êtes une sportive de haut niveau, donc toute votre énergie personnelle, on imagine concentrée sur votre performance personnelle. Et comment est-ce que malgré ce focus indispensable, on en parlait tout à l’heure chez vous les athlètes sur la performance personnelle, comment est-ce que ce sujet, qui est plus d’intérêt collectif, vous vient et comment vous le vivez ? Moi, ça a déjà été un sujet auquel j’ai toujours été sensible puisque je suis fille d’agriculteurs et forcément, là tout l’aspect environnemental, c’est quelque chose où j’ai été sensibilisée assez jeune, donc forcément ça faisait partie un petit peu de moi et j’ai vu l’évolution sur place. Je vais prendre ma partie sportive, l’évolution sur le sport justement, de la place de l’environnement dans le sport, c’est vrai que j’ai une longue carrière, donc j’ai pu voir cette évolution-là et on en parlait pas du tout. C’est quelque chose dont on avait pas du tout conscience et dont on parlait pas du tout dans le sport. Et je peux voir depuis quelques années justement cette évolution là. Et je pense que c’est important d’avoir des chiffres et des rapports comme ça. Nous, en tant que sportifs, c’est vrai qu’on aime bien les choses qui sont un peu chiffrées, montrées et là, avec des chiffres comme ça, qui sont parlants, qui sont clairs, ça permet de se projeter, ça permet de se rendre compte aussi de l’impact qu’on peut avoir en tant que sportif. Alors on gère pas tout. Mais en tout cas, nous, en tant que sportifs, je pense qu’on est de plus en plus sensibilisés à ça. Et le fait d’avoir ces chiffres là, pour moi, c’est l’occasion de se rend mieux compte de l’impact qu’on peut avoir mais aussi de ce qu’on peut faire. Je pense que c’est ce qui est le plus important en fait, c’est qu’on a ces chiffres là et maintenant qu’est ce qu’on va pouvoir en faire ? Et je pense que voilà le rapport il va pouvoir beaucoup aider dans ce sens là, parce qu’en tant que sportif, vous l’avez dit tout à l’heure, on est sensible à ça, mais on peut pas tout faire, c’est pas à nous de tout faire. Par contre, on fait partie justement, on le disait le but c’est d’avoir plus de personnes sensibilisées. On fait partie de toutes ces personnes là et à notre tour, on va pouvoir prendre la parole parce qu’on peut avoir parfois la parole, on peut avoir cette lumière qui est mis sur nous et on peut s’en servir pour justement continuer là dessus. Et moi, ça, m’intéresse de voir justement tout les sujets sur lesquels on peut agir presque facilement et d’autres où ça va être, ça va prendre un petit peu plus de temps et il va falloir changer des habitudes, les habitudes qu’on peut avoir de déplacement notamment. On a vu c’est ce qui est la problématique transports, c’est celle qui est qui est la plus forte. Et je pense que là dessus il y a des choses qui évoluent. Alors forcément ça évolue jamais assez vite. Mais en tout cas, nous en tant que, moi en tant qu’athlète, j’ai envie de de participer à ce changement et de faire en sorte que on continue à diffuser ces chiffres, cette parole, pour voir comment on peut continuer à avancer tous ensemble. Parce que moi toute seule, en tant que sportive, je pourrais rien faire. Mais si chacun dans tous les différents milieux apporte un petit peu sa pierre à l’édifice, c’est là qu’on va pouvoir arriver à avancer. Vous voulez dire que, là ce dont vous parlez vous concernant personnellement, c’est votre capacité en tant qu’athlète de porter une parole. Enfin, par l’exemplarité ? Oui, voilà, de montrer, de parler de, mais c’est aussi de dire moi je sais que je ne suis pas parfaite. J’ai la chance d’avoir un partenaire qui est à la Maif et avec lesquels on a échangé et j’ai pu encore apprendre des choses. Et moi, ce qui m’intéressait dans ce partenariat, c’était ça, c’est de dire justement, je suis comme tout le monde, je ne suis pas parfaite, j’ai plein de choses à apprendre et j’ai envie d’apprendre. J’ai envie de faire progresser parce que j’ai envie. J’ai la chance d’avoir deux petites filles, j’ai envie qu’elles puissent grandir dans un monde qui est encore meilleur et sur lequel on peut encore progresser. Donc c’est aussi l’éducation qui est quelque chose qui me tient à cœur aussi de montrer, voilà, de dire si on apprend bien dès le début, forcément on fera mieux et c’est comme ça qu’on va y arriver. Donc c’est ce côté d’échange et de ne pas stigmatiser. De dire oui, il y a des choses qu’on fait pas bien mais c’est pas grave, comment on peut faire mieux ? Je pense que c’est c’est ce qui est important aussi dans le rapport. Ce qui est intéressant c’est ça, c’est on montre des chiffres, on juge pas, voilà, on donne les chiffres et après vous faites comme vous voulez. Il n’y a pas ce côté jugement qui des fois peut faire peur et peut empêcher un petit peu les gens de vouloir s’investir parce qu’ils vont se sentir un petit peu agressés. Là, je pense que c’est ça, c’est de dire voilà comment on peut faire mieux tous ensemble, chacun à notre niveau. Et puis il n’y a pas de mauvaise chose, c’est on a fait comme ça jusqu’à maintenant, mais c’est pas pour ça qu’on ne va pas changer. Vous à titre personnel, ça fait quelques années que vous vous intéressez à ce sujet là. Est ce que vous vous estimez que chez vos collègues sportifs, vous ressentez les mêmes choses ou c’est encore relativement rare ? Non, je trouve qu’il y a une vraie évolution là dessus. Je vous dis, il y a quelques années, c’est des sujets qu’on abordait pas du tout et là au contraire, petit à petit ça se met en place et et on voit les athlètes qui ont envie aussi de s’emparer de ce sujet-là et qui ont envie d’en parler. Je pense que c’est ça aussi. Vous pensez depuis combien de temps ? Je dirais que c’est quand même assez récent, peut-être cinq, cinq, six ans, pas plus. Je pense que c’est encore quelque chose qui … Et en tant qu’athlète, est-ce que vous pensez que cette culture de l’effort, de la performance individuelle, de l’effort pour parvenir à un résultat spectaculaire, de la récompense qu’il y a après cet effort ? Est ce que vous pensez que cette culture là, elle peut aider à cet effort plus collectif ? Forcément, l’envie de mieux faire pour un athlète, c’est un peu la base, c’est un peu ce qui nous guide et l’envie d’aller plus loin, plus fort. Enfin voilà, c’est tout ça et et l’envie de mieux faire dans l’environnement, pour l’environnement, c’est la même chose. Donc je pense que cette démarche et c’est pour ça que je pense que le monde du sport s’intéresse aussi de plus en plus à ça, parce que on a toujours cette volonté de s’améliorer, de progresser et on peut le faire aussi sur toute la partie environnementale et y a de quoi faire. Parce que je disais il y a très peu de temps encore, on en parlait pas du tout ça, donc on part de loin. Mais l’avantage c’est que du coup on a plein d’axes de progrès. – Et puis quand c’est les sportifs, on peut partir de loin, on va vite. – Voilà. Et puis je vous dis, cette volonté de progresser, de bien faire, c’est aussi une bonne base de travail. Oui, merci pour ce témoignage. Je continue mon tour. C’est un peu long, mais comme ça chacun s’exprime un peu plus longuement. Anne-Marie Heugas. Donc vous, vous êtes, vous êtes élue à Montreuil, Vous allez me dire exactement dans quel cadre ? Et vous êtes aussi présidente de la commission Sport durable, de l’Association nationale des élus en charge du sport. Donc, ça, c’est votre responsabilité transverse et peut être je vous laisse repréciser exactement quel est votre mandat politique. Oui, Donc bonjour à toutes et tous, Merci pour l’accueil et nous donner l’opportunité de participer à ces échanges vraiment très intéressants. En fait, j’ai fait deux mandats. Alors bon. D’abord, je représente le réseau de l’ANDES, donc c’est un réseau de collectivités, ça rassemble environ 3500 collectivités sur le sol national et ça va du milieu rural à des grosses villes, puisque, pour ma part, je suis vice présidente en charge des sports de ce qu’on appelle un établissement public territorial, On va dire à une agglo qui est une des plus grosses de de l’Ile de France puisqu’elle rassemble neuf villes de l’Est parisien, donc en Seine-Saint-Denis, dans le “neuf trois” et 440 000 habitants par ailleurs, je suis élue à Montreuil, J’ai fait deux mandats en tant que maire adjointe aux sports de Montreuil et et au premier mandat, alors que Dominique Voynet était maire, j’ai créé le meeting international d’athlétisme de Montreuil avec le Cam et donc on a eu l’occasion de s’apercevoir. Et au sein de l’ANDES donc, je suis vice-présidente et présidente de la commission sport durable de l’ANDES. Alors, il se passe quoi dans cette … – Il se passe plein de choses. Non ? Parce qu’ on a entendu beaucoup de choses vraiment extrêmement intéressantes, mais je dois dire que depuis quelques temps, il y a une mobilisation quand même de tous les acteurs du sport. Ça peut sembler parfois un peu étonnant, mais effectivement, je pense que tout le monde a pris conscience qu’il y avait des enjeux extrêmement importants. Et nous, les collectivités, je rappelle quand même que les collectivités territoriales, nous sommes propriétaires de 85 % à 90 % des équipements sportifs. Donc, en fait, il y en a quatre. Il y a quatre exceptions. En gros, il y a Lyon, il y a Saint-Etienne, c’est Geoffroy-Guichard, c’est ça ? Voilà, il y en a deux autres. – De Marseille ? – Il y a Paris et non Marseille … -Ils sont propriétaires. – Non, non, ils sont propriétaires. Donc à part ces grosses structures, pour le reste, c’est donc les collectivités territoriales qui ont l’investissement et qui gèrent et qui ont le fonctionnement. Oui, ce qui est intéressant dans ce que vous dites, c’est qu’il y a un lien entre la propriété et la responsabilité. Oui, et puis le fonctionnement ça coûte cher. On a quand même traversé une période COVID, qui a quand même fragilisé les finances publiques et notamment des collectivités. Les clubs, les collectivités ont été en première ligne. Il y a eu un choc énergétique, il y avait le dérèglement climatique qui était déjà là depuis longtemps. Mais je dirais, à la limite, c’est presque un mal pour un bien. C’est le choc énergétique et notamment au moment de la guerre en Ukraine qui a vu monter toutes les matières de 20 % et qui a tout d’un coup été l’alerte. Attention ! Au secours ! Et ça a été dit ce matin, il faut peut-être penser à dépenser un peu moins d’énergies. D’où le programme gouvernemental de sobriété énergétique qui était de baisser de 10 % les consommations d’énergie. Et donc dans ce cadre là, l’ANDES a été force de proposition puisqu’on a amené, on a Contribué en faisant des préconisations justement pour concrètement agir, donc agir contre le dérèglement climatique, mais aussi aller vers la sobriété énergétique. Et pourquoi ? Parce que nous, on est sur des enjeux de santé publique et de santé environnementale aussi. Donc on croise un peu tous ces facteurs. Et donc, en 2022, nous avons fait différentes préconisations. Donc je sais pas si c’est le moment de rentrer dans le détail ? – Si si j’allais vous poser une autre question sur les préconisations. Justement les préconisations, c’est on a proposé, déjà sur les piscines, l’abandon, alors là on va pas parler d’eau, mais l’abandon systématique des vidanges, des piscines parce que qui dit vidange de piscine, c’est aussi dépense d’énergie. Mais on a aussi donc fait du lobbying pour qu’il y ait une baisse des températures d’un degré puisqu’avec une baisse d’un degré, c’est 7 % d’économie. On parlait de l’éclairage des stades, il y a eu des grosses discussions justement pour baisser l’éclairage avant et pendant les matchs. Donc ça a été des discussions assez dures et il y avait le foot et le rugby, finalement tout le monde s’est aligné sur le foot, c’est-à-dire sur le rugby, parce que le foot était un peu pas super d’accord au départ, mais quand même en bonne intelligence. – Il va répondre. – Mais non, non mais du coup, on a baissé de 50 % l’éclairage des stades avant, 30 % pendant. Sur la luminothérapie, c’est vrai que bon, j’ai un peu découvert, n’étant pas un spécialiste de foot, grand stade. Effectivement la luminothérapie c’est vrai que c’est assez assez étonnant, mais de fait, on a obtenu une baisse de 10 % de la luminothérapie. Donc vous voyez, en faisant du lobbying, on avance. On a aussi fortement poussé pour que, on a parlé des LED, pour qu’il y ait effectivement un fond d’urgence pour que je ne parle pas des stades, mais c’est dans les collectivités, pour qu’il y ait moins de gabegie et que là aussi on s’y retrouve au niveau énergétique. Et donc un plan d’urgence pour remplacer les lampes par des LED. Et j’oublie sûrement d’autres aspects. Mais voilà. Donc c’est en ligne, on peut se le procurer. Choc énergétique, il y a toutes les préconisations. – Parce que pour les ateliers, cet après-midi, on va… – Il y a autre chose aussi, vous avez été, si j’ai bien compris, en charge du programme sport de Yannick Jadot, donc pour les dernières élections présidentielles. – Damn, je suis démasquée. – Bah non, c’est marqué sur mon papier donc je suis déjà … – Non mais toujours dans cet esprit là, est-ce que vous pouvez nous donner trois mesures, parce que c’est toujours pareil, c’est pour que cet après-midi soit le plus productif possible. Est ce que vous pourriez nous donner trois mesures comme ça en quelques mots, qui permettraient de nourrir nos réflexions d’ateliers cet après-midi ? Trois mesures d’ordre général sur le sport, que vous aviez imaginé dans le cadre du programme sport ? La première, c’est on m’a demandé un plan Marshall des équipements, parce qu’aujourd’hui, aujourd’hui, le nerf de la guerre, c’est quand même des équipements. On a soit des équipements vétustes, soit qui sont même plus des fois homologables, ou soit on n’en a pas assez. – Donc un effort sur les équipements. – Voilà le plan Marshall sur les équipements avec des empreintes environnementales évidemment minimales, mais ça veut dire aussi repenser les équipements. – Ce sera pour cet aprem, en fait c’est du teasing. – Oui, ce sera pour cet aprem. Jérôme peut peut-être répondre sur LFB qui était qui était peut être un peu moins rapide que les rugbymans sur le sujet, là non, je vais faire de la chronologie (je te taquine) parce que c’est assez simple pour moi de répondre parce que je crois que c’est le 14 juillet qu’Emmanuel Macron lance le plan de sobriété énergétique. Lors de son discours le 1er août, on est contacté par le ministère des Sports qui souhaitait avoir un plan de sobriété énergétique pour le sport. Face à ça, nous, dès le mois d’août, on a mobilisé tous les clubs de football. On a remonté toute la data qu’on pouvait et après, à travers les échanges, parce qu’on était dans le groupe de travail de sobriété énergétique, du sport, avec la [inaudible, les voix se superposant] du rugby, etc. En fait, toutes les recos qu’on a faites grâce aux datas qu’on avait avec les clubs ont été inclus dans le plan de sobriété énergétique du sport. Ce qui est assez intéressant, c’est qu’il y a eu tout un débat sur l’éclairage qui a été réglé pour nous en quelques heures avec les diffuseurs. Et en fait, on a pu mesurer que, en fait, la question de sobriété énergétique du sport à cette époque, elle n’était pas tant sur l’éclairage que sur les questions de chauffage. Et c’est surtout là dessus qu’on a mis l’accent. Et donc, en fait, toute la filière club s’est aligné en quelques semaines et je pense qu’on a été extrêmement moteurs dans cette opération. Merci. Juste une question un peu collective. Ces affaires de transition environnementale, certains le disent et le pensent, c’est d’abord et avant tout une question de de gouvernance. C’est-à-dire ? Soit les grands chefs sont convaincus et ça avance. Donc les maires, les présidents de clubs, que sais je, des patrons d’entreprises, soient ils le sont pas et ça n’avance pas. Une réaction rapide là dessus. – Je commence par vous. Je vais prendre le micro et je vais rebondir sur ce qu’évoque Jérôme. C’est un exemple assez, assez concret de … – Est-ce que tout dépend de l’actionnaire propriétaire. Beaucoup de choses évidemment dépendent. En tout cas, moi c’est ce que j’ai vécu depuis huit ans, alors je peux pas forcément beaucoup commenter. Bien sûr, ce qui sera le futur, (rien ne sera répété), moyen terme côté Oympique lyonnais, puisqu’on est dans une phase de transition. Pour le coup, pas écologique mais de gouvernance. Mais on va forcément marcher sur les rails qui ont été posés par par Jean-Michel Aulas et je cite l’exemple de Jérôme sur le plan de sobriété du sport, quand le plan de sobriété du sport a été annoncé avec l’objectif -10 %. Je crois que le lendemain, il me semble que c’était le mardi. On faisait l’installation du premier siège de l’Arena, LDLC Arena à côté du stade, avec une prise de parole du président Aulas qui disait “bah nous on va faire -20 % et pas -10 parce qu’on va vraiment travailler le sujet le plus possible à tous les niveaux du club pour baisser nos émissions, nos consommations d’énergie”. Il l’a sorti d’où ce -20 ? -Et bah il l’a annoncé … – C’est juste monsieur Plus ? – Et du coup, toutes ces équipes se sont mises en marche derrière lui et ça donne. On a atteint le moins 20 %. Donc voilà, on a tout, tout revu au microscope, à tous les niveaux possibles du club. Mais l’impulsion d’un dirigeant convaincu qu’on pouvait et qu’on devait faire mieux … – Et donc ça, ça marche. – Nous a amené à atteindre l’objectif. Côté sportif qui est le challenge, qui est aussi facilitant. Et c’est vrai que je pense que c’est ça. En fait, il faut qu’il y en ait un ou deux qui s’engagent et notamment des acteurs forts comme peut l’être Jean-Michel Aulas. Pour que les autres se disent, il faut que nous aussi on y aille aussi. Je pense qu’il y a vraiment cet effet boule de neige. Il faut qu’il y en ait un ou deux qui se lance et c’est toujours le plus compliqué de trouver un ou deux là pour qu’après tout le monde puisse s’embarquer avec eux derrière. Donc dans les ateliers cet après-midi, il va falloir qu’on cherche nos leaders de transformation, si je comprends bien. Tu constates la même chose au sein du monde des dirigeants de clubs, il y en a qui, il y a ceux qui poussent et ceux qui tirent, puis ceux qui bougent pas ? – Ben nous en fait, on est dans le concret. Encore une fois, nous le 25 janvier 2023, on a lancé la nouvelle licence club pour la saison 23 24 avec les 10 %, donc de critères RSE et c’est voté à l’unanimité par le conseil d’administration de la Ligue de football professionnel. Auparavant, ça a été vu par la commission de la licence Club dans laquelle il y a une douzaine de clubs de l’Olympique Lyonnais. Donc, en fait, nous, on travaille déjà en termes de filière. Et je veux préciser une chose sur cette licence club chaque année, en fait, les critères sont évolutifs. Donc ça veut dire que les critères qu’on a faits pour cette saison-là, on vient de les revoter, on les a de nouveau consolidés sur la famille RSE en 2024-2025. Ça veut pas dire qu’en 25-26, on va tout abandonner, au contraire. En fait c’est là on essaye de polir au fur et à mesure du retour qu’on a des clubs parce qu’on a déjà, nous, le retour sur la première campagne des clubs et des critères. Donc on sait déjà, nous, les endroits où en fait on va falloir qu’on continue d’appuyer. Est ce que vous publiez en interne, au sein des membres de votre club, la performance environnementale de tous et de chacun ? Bien, en fait, on en partage toute l’information avec les meilleurs taux des clubs. – Donc des meilleurs, on voit bien qui est le meilleur et qui est moins bien. – Oui. – Donc ça c’est une émulation, c’est bien. – Ouais, nous encore une fois … – Il y a un podium et des médailles. – Il y a un podium et des médailles ? – Non mais par exemple, nous aujourd’hui, on a lancé un label restauration dans la licence club dans laquelle on valorise le fait que les stades mettent en place une alimentation végétarienne, dans le fait qu’on va valoriser, qu’il y ait une question sur la, comment dire, de l’anti gaspillage alimentaire aussi sur la question des emballages. Et donc à chaque fois en fait que les clubs remplissent ces critères là, il y a un label restauration or, argent et bronze. On a qu’un seul club qui est or, c’est l’OL. On a six clubs qui sont argent, on en a douze qui sont bronze. Donc le label, il n’est pas donné, il faut aller le chercher. Au travers de chaque de chaque saison, en fait, on essaye de (il reste dix minutes, c’est ce qu’on me dit) d’être plus précis. Moi ce que je retiens de ça, c’est qu’il y a un vrai rôle des leaders quand même. Qu’ils soient leader. C’est ce que j’entends, c’est qu’il y a quand même et ce qui est déterminant, c’est ce que j’entends, c’est le fait que des grands leaders, qu’ils soient dirigeants ou grands sportifs, s’engagent. Ça peut vraiment faire basculer les choses. C’est un peu ce que j’entends en filigrane de ce que de ce que vous dites ? Autre question ce matin alors, vous avez vu, on a beaucoup, beaucoup parlé de mobilité. Donc là je m’adresse à ceux qui gèrent des stades. Est-ce que cette affaire de mobilité, ça vous parle ? Est-ce que c’est aussi important relativement que ce dont on avait l’impression ce matin ? Est-ce qu’il y a des actions fortes qui ont été prises dans le monde des stades sur ces sujets là ? Ceux et celles qui gèrent des stades. En tous les cas, pour ce qui concerne l’ANDES, nous avons fait une contribution au débat justement des mobilités. Donc défi d’une mobilité sportive décarbonée. Pourquoi, parce que ça a été dit, c’est les transports qui impactent le plus en termes d’empreinte carbone, pas que sur les grands stades, ça je dirais même au niveau local. En plus, avec la nouvelle configuration des régions, c’est juste une catastrophe parce que ça a amplifié les déplacements, donc c’est vraiment terrible. Et donc lors de discussions justement dans le cadre d’une discussion sur la sobriété tout le monde était d’accord pour la nécessité effectivement de trouver des leviers, identifier des freins et trouver des leviers pour effectivement aller vers un report modal, c’est-à-dire de la voiture vers des transports moins impactants en termes carbone. Mais est-ce qu’il y a des démarches sur le co-voiturage, ces choses là ? Voilà, c’est ce qu’on a en tout cas, on a essayé d’identifier, mais c’est vrai que quand on, la difficulté, c’est que quand on veut travailler sur le report modal, il faut travailler avec différents acteurs, c’est à dire … il y a les collectivités, parce que c’est quand même, in fine, c’est quand même elles qui donnent de l’argent. Il y a les associations, il y a aussi je dirais des fois les supporters aussi, qui peuvent quand même intervenir, notamment pour faire passer des messages. Donc c’est déjà un travail qui est très collectif. Et puis après, donc, dans le cadre de l’étude qui a été menée avec le Centre de droit d’économie du sport de Limoges, on a fait une enquête quantitative et qualitative. Et quand on demandait aux collectivités si voilà, elles avaient des mesures incitatives pour faire ce report. En fait, 72 % disaient non. Et est ce que vous allez le faire ? Non, mais pourquoi ? Parce que qui paye à la fin ? Enfin, c’est un des sujets. Voilà. Après il y a une complexité, ça dépend aussi, et ça par contre, nous on a travaillé après sur les freins et les leviers et ça a été plus qualitatif. C’est vrai que les pistes aujourd’hui, c’est et ça se fait dans certaines villes à Grenoble, sur le jour du match, de la gratuité qui est lié au ticket, il y a eu des événements. Voilà, il y a des mesures qui sont incitatives, possibles sur la gratuité du billet le jour même, mais il y a aussi des configurations qui peuvent être beaucoup plus pertinentes, et ça se fait donc à Lyon. C’est mettre en place alors là, pour le coup, c’est entre vous propriétaire et l’opérateur transport, voilà de mettre en place des navettes et c’est des coûts partagés. Il y a aussi l’autre possibilité de faire de mettre des parkings partagés, ça je ne connais pas le détail. Il y a aussi d’autres possibilités. Quand c’est les collectivités qui sont directement impliqués, c’est de mettre en place des parkings relais. Donc c’est plein de pistes qui sont à l’étude. Donc ils sont dans ce document et qui, encore une fois, vont permettre d’aller vers une plus grande mobilité, On l’espère. Et dernier point, et moi je défends mordicus le fait qu’on aille vers une éco conditionnalité des subventions. Alors bien évidemment, ce n’est pas être là pour être censeur ou punitif, mais c’est simplement travailler avec les associations, avec les personnes concernées effectivement, par les événements sportifs, sur la possibilité effectivement ensemble de déterminer des critères qui vont vers la réduction de l’empreinte carbone, donc sur les transports, mais aussi sur d’autres cibles. Mais encore une fois, c’est pour embarquer, c’est à dire qu’on discute ensemble, on partage et comme ça on avancera. Sinon si on contraint pas un peu, ça … – Il y a toujours un petit moment où il y a un peu de contrainte. -Voilà. – Maël, donc sur la mobilité à Lyon, qu’est-ce que vous avez fait de sympa sur ce sujet là ? Mais justement, je vais compléter ce qui vient d’être dit. Effectivement, les transports en commun, c’est l’objectif numéro un pour que nos spectateurs viennent au stade et pour ça, il faut payer. Donc effectivement, nous on assume depuis 2016 un prix à chaque match pour que les transports en commun soient gratuits, en jour de match avec des cadences adaptées aux besoins avant match, après match, avec des rotations spécifiques. On avait la ligne de tramway qui a été mise en place en 2016 et qui tournait que pour les matchs. Donc vraiment … C’est de quelle heure à quelle heure ça ? C’est gratuit ? – Ca commence à J -3 avant le match, ça continue à + 1 h et demie après le match à peu près. On a eu la chance après d’avoir une zone qui s’est développée autour du stade, de ce qu’on peut appeler OL Vallée. On a à la fois un pôle médical, un laboratoire, un hôtel, des activités loisirs, etc. Donc aujourd’hui, on a une ligne de tramway T7 qui, elle, est dans le réseau transports en commun classique et qui permet à tous les visiteurs du quotidien, nous, en tant que salarié, les visiteurs et toute personne qui viennent au stade au quotidien de venir comme ça aux portes du stade en tramway, ça a beaucoup changé la donne pour les émissions de CO2 quotidiennes et en complément de celles qui sont liées aux matchs. Donc effectivement, le transport en commun, on a plus de 40 % de nos spectateurs en moyenne, qui viennent au stade en transport en commun. Il y a des enjeux d’éviter les embouteillages, de gagner du temps, quand on veut rentrer, quand on veut arriver. – Est-ce qu’il y a des choses faites sur l’encouragement au covoiturage ou … ? – Alors le sujet de la mobilité, De toute façon, c’est jamais une seule réponse, parce qu’on a des spectateurs qui viennent de plein d’endroits différents, qui n’ont pas du tout les mêmes contraintes les uns ou les autres et on veut pouvoir s’adresser à tout le monde avec une solution de mobilité durable. Donc effectivement, le covoiturage est indispensable. On a des personnes qui viennent, on va dire, de l’Ain du Rhône, de l’Isère. – Et tout ça est monitoré ? On fait les bilans carbone. Déjà on est obligé de monitorer vu que c’est le plus gros poste où .. – Oui, mais on peut faire des bilans carbone avec des estimations. – Alors non, non, on essaye de faire ça bien, donc c’est sûr qu’il faut aller chercher de la donnée auprès des utilisateurs, mais on récupère le maximum de chiffres. On a Romain qui est là côté Stadium Go, c’est notre dispositif de covoiturage en jour de match. On a des parkings gratuits pour ceux qui viennent en covoiturage au stade, dès lors, qu’ils sont au moins un conducteur plus deux passagers. On a un parking vélos sécurisés, 500 places avec une piste cyclable depuis la Part-Dieu. (Ca marche ?) Oui, ça monte, ça monte. Depuis 2016, on a vraiment vu le COVID aussi, a fait bouger un peu les habitudes et là on est entre 300 et 400 vélos minimum par match, même en plein hiver, donc ça montre bien qu’on crée des habitudes. On parlait de l’incitatif et du punitif. Nous on est aussi beaucoup dans l’incitatif. (Oui, chacun son rôle). Voilà, on propose des révisions gratuites, des vélos jour de match pour les spectateurs au moins une ou deux fois par saison. On donne des récompenses à ceux qui font des choix vertueux parce qu’on sait que nous on peut proposer tout ce qu’on veut. Après, c’est le spectateur qui choisit. – Jérôme, ça vaut beaucoup de points, ça. – Ca vaut des points. – Mais en fait, ce que je veux savoir, c’est combien de points ça vaut pour pour encourager les autres, une démarche comme celle-là. Est ce qu’une démarche comme celle que vient de décrire Mael en fait est dans le top ? – Non, en fait, ce qu’il faut comprendre, c’est que la licence club, c’est une centaine de critères, donc qui sont sur la structure salariés du club, sur les infrastructures du club. Donc, en fait, sur ces 10 000 points, vous avez beaucoup de critères qui sont compris entre 50 et 100 points. – D’accord. Mais celui-ci ? – Non, mais vous savez, moi je, vous blaguez, mais nous on est les seuls à faire des ateliers de lutte contre les discriminations dans les clubs, et à chaque fois on me dit ça ne vaut pas assez de points. Mais moi je suis assez sérieux. C’est-à-dire que sur la partie environnementale, on a beaucoup de critères, ça vaut au total pas loin de 1000 points. Et en fait, on est sur une licence club qui coûte qui vaut 10 000 si vous ne l’avez pas, un club de Ligue deux qui n’a pas la licence club, ça lui coûte 700 000 €. Donc ça c’est du concret, en fait, je veux dire, c’est que nous, nous, ce qui est 1 % par rapport au club, par rapport au parking à vélos sécurisés, c’est qu’aujourd’hui on a une dizaine de stades qui en ont, et c’est qu’à terme, en fait, on ait la totalité. Et donc c’est toujours d’inciter les gens sur tous les critères à monter. Et c’est vrai qu’il y a des stades qui aujourd’hui sont très bons sur certains critères, moins sur d’autres, et avec cette licence, c’est de faire monter les gens petit à petit pour aller chercher, pour aller chercher en nous … Jérôme, on est Shift Project, c’est des chiffres donc on adore. Pas d’ambiguïté. – Encore une fois, il n’y a pas des points. / Il n’y a pas, des zéro, tout ça. Voilà. On aime bien savoir parce que c’est la mesure de la performance. C’est comme dans le sport, il y a une mesure et pour performer, il faut pouvoir objectiver la performance. Donc avant de passer à la l’éco conditionnalité, la mesure de la performance, c’est absolument essentiel. On se réjouit de savoir qu’il existe des choses et qu’elles sont diffusables. On va devoir conclure, enfin en tout cas cette première partie. Il y a peut-être des questions, peut-être à la salle pour tout le monde. Juste moi, je voudrais un dernier mot pour notre sportive. Est-ce que quand on est dans la position où vous êtes, il y a une envie de convaincre les autres sportifs que c’est un enjeu et est ce qu’on a envie d’entraîner d’autres, d’autres sportifs dans cette démarche ? Mais forcément, parce que quand c’est un sujet qui nous touche et qui est universel, j’ai envie de dire que tout le monde est concerné par ça et tout le monde sera concerné par ça. Donc forcément, je ne vois pas un athlète qui va vous dire non, ça m’intéresse pas. Ou alors chacun à son niveau, chacun de différentes manières. Mais pour moi on ne peut pas être insensible à ça, ou en tout cas ne pas se poser des questions. Je vous dis à de différentes manières et avec une implication différente. Mais pour moi, il n’y a pas de sujet là dessus de dire on est des citoyens comme les autres et on a besoin aussi d’avancer là dessus. Comme les autres. Justement, est-ce que dans cette affaire là, il y a un rôle modèle du sportif de haut niveau ? Est-ce que c’est comme ça que vous le ressentez ? Oui, forcément, puisqu’on est plus exposé, on est plus écoutés. Donc autant se servir de cette exposition et de cette parole qu’on peut nous donner pour mettre en avant tout ça. Et je vous dis moi je crois beaucoup à la formation, à l’éducation et c’est là dessus qu’on doit aller, et c’est comme ça qu’on n’y arrivera. On a besoin de tout ça. Mais plus ça va être mis en place tôt, plus les enfants vont intégrer ça et ça va faire partie du quotidien. Ça, c’est la meilleure solution parce que ce n’est pas des trucs ponctuels qui une fois le truc fini, tout le monde rentre chez soi et en avion et tout le monde a oublié. Non, c’est vraiment de l’éducation et que ce soit quelque chose qui soit ancré et naturel et normal et qui évolue au fil du temps, qui va se diffuser au fil du temps. Je pense que moi je crois beaucoup à cette capacité là. – C’est toute la vie qui va changer quoi. – Oui, voilà, je pense qu’on a… C’est une évolution en fait, il faut faire une révolution, mais par cette évolution là et on va y arriver, on ne peut pas, on ne peut pas tout changer du jour au lendemain, mais chaque jour compte et chaque action compte. Merci beaucoup pour vos interventions et on va donc passer la parole à la salle. Il y a certainement une ou deux questions. Merci pour vos interventions. J’avais une question pour Mélina. On parle beaucoup d’économie circulaire. Est ce que le sport peut avoir lui aussi une attitude circulaire ? Ce que je veux préciser par là, c’est que vous êtes athlète internationale. Vous vous déplacez aux quatre coins de la planète pour aller faire les compétitions. Aujourd’hui, avec les difficultés, les émissions de gaz à effet de serre, à chaque fois que ça génère, est-ce que ce n’est pas incompatible avec un sport mondialisé et qu’il va falloir peut être réfléchir à des circuits plus courts ou peut être plus locaux pour limiter cet impact carbone ? Forcément, à partir du moment où on fait des championnats du monde des championnats d’Europe, on sait qu’on est forcément amené à se déplacer, et pas que par des moyens de déplacements divers ou écologiques. Mais en tout cas, il y a déjà des pistes de réflexion qui sont liées à ça. Je vais prendre mon exemple dans l’athlétisme, on sait par exemple que les meetings maintenant sont regroupés. Par exemple quand il y a des meetings en Chine, les trois meetings de l’année qui sont en Chine sont sur la même période et sur les quinze jours ou dix jours sont regroupés pour faire qu’un seul déplacement, un seul gros déplacement et après les déplacements intérieurs. Donc il y a déjà des réflexions qui sont menées comme ça, mais forcément on peut encore progresser et là dessus il y a aucun souci. Mais je pense qu’il ne faut pas tomber non plus dans l’excès de dire on va plus faire de rencontres internationales, on va plus faire parce que c’est quand même des choses au delà de l’environnement. Il y a quand même des aspects social, sociétal, comme on l’évoquait tout à l’heure. Et ces rencontres, elles sont importantes et elles doivent aussi continuer. Mais c’est voir comment on peut progresser et comment on peut faire mieux. Je pense que c’est plus cette question là. Moi je ne suis pas du tout dans le côté de dire un peu extrême de dire on va tout interdire, il y aura plus de déplacements, il y aura plus rien, On sait comment on peut optimiser, mieux faire, je vous dis ne serait ce que de regrouper ces compétitions là, et bien c’est un déplacement au lieu de trois, donc c’est déjà mieux. Ce n’est pas parfait, mais je pense que personne n’est parfait non plus. Par contre, c’est vraiment se poser la question de se dire comment on peut continuer à faire mieux, comment on peut progresser et je sais que tous les circuits des meetings maintenant, il y a des circuits un peu européens du coup qui permettent de diminuer ces déplacements là et c’est vraiment d’optimiser les gros déplacements. Oui, Maëlle Trarieux, donc, est-ce que vous pourriez, s’il vous plaît, repréciser ce que vous entendiez par la prise en charge des transports en commun ? Vous dites 40 % des spectateurs viennent en transports en commun ou il y a une prise en charge de l’OL, là-dessus, c’est la collectivité qui porte tout ça et la mise en place des lignes ? C’est une question (oui bien sûr), et ensuite la mise en route des trams quand il y avait mise en route pour les événements ? – Alors, il faut imaginer. Voilà, il y a deux systèmes différents, il y a le quotidien normal où nous on a une ligne de tramway qui passe à côté du stade qui s’appelle donc la ligne tramway T7. Ça, c’est comme n’importe quel arrêt de métro ou de tramway dans Lyon. C’est les TCL qui sont opérateurs du dispositif. Jour de match, et depuis 2016, on avait anticipé qu’il fallait un moyen d’accéder au stade qui soit le plus vertueux possible au niveau évidemment écologique et qui est directement aussi lié au fait d’éviter tout ce qui est risques d’embouteillages. On sait qu’une voiture qui est dans un bouchon, elle va évidemment consommer encore plus d’essence et mettre encore plus de CO2 et toutes les nuisances qui vont avec. Donc il y avait cette volonté d’avoir un schéma complet qui organise au mieux tous les déplacements de nos spectateurs. Donc quand on compte transports en commun, on compte donc la ligne de tramway événementielle qui dessert le stade pour nos besoins liés aux matchs, donc en amont et en aval des matchs. Et là c’est des cadences spécifiques, ça déroute certains tramways, T3, T7 pour laisser passer les tramways qui viennent au stade. Donc ça c’est un gros dispositif et ça a des coûts. Et tous ces coûts sont entièrement à la charge de l’Olympique Lyonnais. Ça, c’est la plus grosse voie d’accès au stade, c’est celle-ci. Et on a en plus donc des parkings relais. On a deux parkings relais Eurexpo et Meyzieu Panettes, là, c’est pour que les gens qui doivent forcément venir en voiture de zone un peu éloignée, un peu isolée, puissent se garer mais pas trop près du stade pour éviter tout ce qui est encombrements, tout ce qui est embouteillages, tout ce qui va créer encore plus de tension sur la zone. Et donc là, c’est des parkings relais à deux endroits différents qui sont gratuits pour les spectateurs qui garent leur voiture là-bas et qui après font les six kilomètres restants en transports en commun dans des navettes. Donc là, c’est aussi l’idée de dire on va désencombrer la zone, inciter les gens à se garer dans des parkings dédiés avec ces navettes-là, plutôt que d’avoir des gens qui vont se garer en mode parking sauvage le plus près du stade, qui vont prendre des amendes et qui vont créer ces bouchons quand tout le monde part à la même heure du stade. On a aussi donc les navettes relais, on les compte comme les transports en commun puisque ces six kilomètres à la fin sont en commun. Les navettes sont bien remplies et quelques lignes effectivement aussi de bus qui desservent les environs de Décines. Donc c’est tout ça mis bout à bout qui fait 40 % en moyenne sur la saison sportive. On va prendre une dernière question dans la salle, ensuite on passera aux questions en ligne. Bonjour à toutes et à tous ! Dorian Grimaud, je travaille pour World Rugby, donc c’est la fédération internationale qui s’occupe notamment de l’organisation de la Coupe du monde de rugby qu’on a eu l’année dernière en France. J’avais une petite question plutôt pour Jérôme et Maëlle. Je pense qu’on a vu ce matin dans le rapport du Shift que la grosse partie et le gros impact étaient vraiment sur les transports et notamment des spectateurs. Nous, on vient de finaliser notre bilan carbone de la Coupe du monde 2023, c’est 92 %. Pour information donc, les transports et notamment les spectateurs internationaux. Je voulais vous vous demander si vous aviez pensé à réfléchir, peut-être à des mesures incitatives ou coercitives sur ce qui est le plus flagrant, c’est-à-dire le déplacement des supporters à l’extérieur et notamment étrangers. Est ce que c’est quelque chose qui est considéré à l’échelle de la ligue ou du club, de tout simplement interdire ou réduire en tout cas ces déplacements-là pour avoir un impact réel, tangible et rapide sur les émissions ? – Alors nous, comme on est sur des championnats nationaux, notre problématique, elle est surtout sur le spectateur local en termes de chiffres. Aujourd’hui, vous avez un peu plus de 30 000 personnes dans un stade de Ligue1 en moyenne et vous avez 95 % de ces gens qui sont des spectateurs locaux. Donc, nous, ce qui nous intéressait lorsqu’on est allés sur le plan de sobriété énergétique du sport, c’était justement en termes de communication, ça n’a pas été de relayer une comm’, j’ai envie de dire, qui venait d’en haut pour dire aux gens il faut baisser son chauffage chez soi, il faut moins éclairer. Nous, on a fait une comm’ dédiée avec les clubs sur cette partie transport, c’est-à-dire qu’on a travaillé avec les clubs pour qu’on ait une campagne de communication sur toute la saison pour inciter les supporters à venir soit en transport en commun, soit en covoiturage, soit en vélo quand c’était possible. Donc nous, nos efforts, ça va vraiment porter là dessus. Parce que nous, dans le bilan carbone qu’on avait fait après COVID, on l’avait fait uniquement sur la partie déplacements. Et effectivement, nous, on avait un chiffre qui était de à peu près 87-88 % dédié aux déplacements des spectateurs. Donc nous, on a clairement déjà identifié ça comme notre priorité. C’est pour ça que aussi le plan de sobriété énergétique, et là je vous rejoins, ça a été un accélérateur de particules. Nous, quand il est arrivé, en fait, on s’en est servi en se disant on va faire un maximum, on va essayer d’avoir un maximum de données. Parce que moi, je remercie le Shift parce qu’en fait, quand il y a eu le Plan de sobriété énergétique du sport, on avait très très peu de données. Il y avait notre bilan carbone Ligue sur les déplacements, il y avait le bilan carbone de l’OL sur la partie club, mais finalement très peu d’acteurs avaient des chiffres. Du coup, avec ce rapport, ça nous en donne davantage d’autres secteurs et c’est ça qui est important. Maintenant, clairement, la priorité des priorités, c’est cette question du déplacement des spectateurs. Donc, nous, ça va passer certainement à tout niveau par de la communication, de la sensibilisation. Effectivement, on n’est pas sur cette partie des déplacements internationaux. Pour compléter sur la partie déplacements internationaux, alors là, on touche aux limites du droit des individus au niveau du juridique. On ne peut pas aujourd’hui interdire à quelqu’un d’acheter un billet de match alors qu’il habite en Italie, en Espagne ou à Lille. On ne peut pas savoir toutes ces choses là et on n’aurait pas le droit d’interdire. Donc après, on a la chance à Lyon d’être un peu, on aime bien dire qu’on est au carrefour de l’Europe en termes de lignes de TGV, de moyens de transports en commun. Automatiquement on bénéficie de cette position d’avoir des super réseaux de transport, notamment en rail, qui viennent jusqu’à Lyon. Si on est à Pau ou si on est ailleurs, c’est forcément différent. Mais là, ça touche aux limites de ce que nous on peut faire et de ce que nous on peut inciter et surtout de ce qu’on peut interdire. Évidemment qu’on préférerait que notre équipe joue en Coupe d’Europe chaque saison et qu’on ait des déplacements qui soient un peu liés à tout ça. Mais là, c’est vraiment, je trouve, les limites de notre propre capacité d’action de dire qui peut venir au stade et qui ne peut pas venir. Oui, je pense qu’on doit avoir une réflexion peut être sur la centralité effectivement des événements par rapport au niveau mondial, parce que c’est vrai que l’Europe est relativement centrale. Enfin, il peut y avoir des réflexions de ce type là, mais il y a aussi quand même il ne faut pas oublier le rôle des fédérations internationales qui sont quand même très prescriptives. Et la prochaine coupe du monde de foot quand même, c’est juste un peu la cata quand même parce qu’elle va se faire sur le Canada, les États-Unis et le Mexique. Donc là, faudra qu’on m’explique comment est ce qu’on va améliorer l’empreinte carbone. C’est tout faux. Je veux dire on avait déjà le Qatar et les [inaudible]. Bon bref, l’horreur. Mais alors là, le foot quand même, ils sont à côté quoi. Et ce qui est dommage parce que par ailleurs, il y a quand même un alignement de planètes, on l’a dit, pour que tous les acteurs aillent dans le même sens. Donc c’est assez hallucinant mais je pense que là, on touche le sport business et puis l’aspect diplomatique au niveau international, c’est malheureusement, on en est là et il va falloir lutter contre ça. Sur ces propos, je vous propose de poser quelques questions qui ont été posées en ligne avant de passer à la clôture de la matinée. Alors deux questions. Tout d’abord, une première qui est un peu forte. Est-ce qu’il y a une volonté de votre part de repenser en tout ou partie les modèles, notamment nos modèles économiques actuels d’organisation des manifestations sportives qui iraient au-delà de la simple atténuation de l’empreinte carbone ? En gros, la personne évoque une atténuation de l’empreinte carbone plus compliquée ou plus dure par une réduction des jauges ou une réduction du nombre de matchs, etc. Ça, c’est la première question qui nous vient en ligne. Et une deuxième question que j’aimerais, moi, vous poser en prenant un peu de recul sur les dernières dynamiques de planification écologique qu’il y a en France. C’est que, en gros, jusqu’en 2023, les seuls secteurs à être pris en compte dans la stratégie nationale bas carbone, qui est donc la stratégie nationale française de réduction des émissions, étaient les transports, le bâtiment, la production d’énergie, l’industrie, les déchets. Enfin, vous connaissez. Et les autres secteurs en étaient absents, les secteurs davantage de services. Depuis 2023 et c’est une première, le numérique est le premier secteur qui était jusqu’à présent absent, qui est un secteur transverse à celui que je viens d’évoquer et qui est travaillé comme une partie intégrante de la stratégie nationale bas carbone. Ce sera peut-être bientôt le cas pour la santé qui a sa feuille de route et de planification écologique de la santé. La culture qui a sa feuille de route de planification également. Et que faut il pour le sport ? De quelle visibilité collective, de niveau national par exemple ou européenne avez-vous besoin ? Quelle planification ? La part de l’Etat, du ministère ? Ça, c’est la deuxième question qui vient plus de moi à la lecture de plusieurs questions posées en ligne. Donc il y en a deux, à vous de voir comment vous souhaitez répondre. Je laisserai peut-être la main, mais par contre, je voulais évoquer un point, c’est les calendriers. On l’a évoqué, je dirais à un moment donné aussi, il faut quand même se poser la question des calendriers, des compétitions, de telle sorte qu’on ne soit pas, par exemple sur le hockey sur glace, à glacer, à mettre en route les patinoires en plein mois d’août, alors qu’on a quand même un problème hydrique tendu et une canicule à l’extérieur. Ça, c’est vraiment presque caricatural. Mais voilà, je pense qu’il y a une grosse réflexion sur les calendriers et sur le fait de faire moins de matchs aussi. C’est au niveau local et peut-être aussi au niveau international. Quand on entend que des instances européennes veulent rajouter des ligues ou je ne sais plus, je ne suis pas spécialiste foot, je regarde le foot mais ce n’est pas le même niveau d’expertise que vous. Voilà, Donc je pense qu’il faut aussi qu’on change le logiciel et ça, ça permettra aussi de limiter l’empreinte sur les choses. Après sur les jauges, je pense qu’il faut y arriver, mais … Alors moi je vais peut-être compléter soit effectivement la partie jauge, la question peut forcément se poser de se dire quand on voit l’impact CO2 qui est directement lié aux déplacements des spectateurs, évidemment que c’est plus intéressant à jauge égale d’avoir des personnes qui sont au plus proche du stade, qui s’y rendent. Quand on prend Lyon et la métropole de Lyon, on a des centaines de milliers d’habitants qui pourraient facilement remplir le stade sans forcément avoir des gens qui viennent de l’autre bout de la France ou de plus loin. Donc pour moi, ce n’est pas forcément le remplissage du stade qui est en question. On a la chance d’avoir ce stade qui a huit ans, un peu plus de huit ans, qui fait comble pour des grandes manifestations sportives comme on a pu l’avoir samedi avec le Crunch ou avec des matchs de l’équipe de France chez nous. Et je trouve que c’est une chance que ces grands matchs n’aient pas lieu qu’à Paris et que justement ça se délocalise un peu plus dans d’autres villes de France. Les Jeux Olympiques également vont être, nous, on a onze matchs au stade en juillet et en août, donc ça, je trouve que c’est le côté très positif. On en a parlé. Le sport, c’est pas non plus que interdire les matchs, interdire beaucoup de choses, ça apporte aussi beaucoup de positif. Donc la réflexion qui est peut être plus à se poser sur les questions du stade, c’est comment on attire encore plus notre communauté ultra locale dans nos événements sportifs pour que du coup toute cette empreinte, elle soit encore plus réduite tout en gardant l’ambiance à la fois conviviale, sportive, festive qu’on peut y vivre L’optimisation ira vers la réduction du CO2 qui est l’objectif à la fin. Donc donc, plutôt que de dire on va réduire les jauges dans les stades, les stades existent, ils sont tels qu’ils ont été construits, donc autant les optimiser en local. – Et dernière question est-ce qu’il y a quelqu’un qui me répond sur le point de est-ce que le sport va entrer dans la planification écologique ? On attend toujours le plan national du gouvernement sur l’adaptation. On l’attend ce plan-là. On est dans les start. Merci beaucoup. Merci beaucoup pour les échanges. [applaudissements] Vraiment, c’est un plaisir d’avoir pu assister à cette table ronde. Merci beaucoup pour les échanges. On aurait pu vous écouter des heures.
2 Comments
Bonjour, votre rapport a l'air super interessant, et je l'ai telechargé pour le lire tranquillement.
Bravo les shifters et tous ceux qui reflechissent a ces problematiques sociatales majeures !!
« Chacun doit faire sa part en apprenant tous les jours « … Nos générations montantes et à venir n’en MÉRITENT PAS MOINS ! Un immense MERCI aux membres de cette table ronde ainsi q’au SHIFT project , organisateur !!! 🌍🤩🤩🤩🕊🕊🕊🕊🕊🕊🕊👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏