Dans un ouvrage en trois tomes, l’écrivaine et psychanalyse Julia Kristeva s’interroge sur ce qu’elle appelle le “génie féminin”. Un choix affectif et personnel la conduit à se pencher sur trois cas singuliers, trois femmes à l’œuvre et à la vie extraordinaires : Hannah Arendt, Mélanie Klein et Colette.
Pour en parler, Géraldine Muhlmann reçoit :
🎙️ Aurore Mréjen, ingénieure de recherche à l’Université Paris Nanterre et chercheuse au Laboratoire du Changement Social et Politique (Université de Paris)
🎙️ Frédéric Maget, directeur de la Maison de Colette
🎙️ Julia Kristeva, écrivaine, psychanalyste, professeure émérite à l’Université de Paris et membre titulaire et formateur de la Société Psychanalytique de Paris
Visuel de la vignette : Getty
Retrouvez notre série philo sur Julia Kristeva, l’œuvre qui bouscule la littérature par ici 👉 https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-julia-kristeva
#femme #litterature #philosophie
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[Musique] c’est un risque qu’a pris Julia christeva en proposant ét allé de 1999 à 2002 une trilogie intitulée Le génie féminin le premier volume est consacré à la philosophe Anna arent le deuxème à la psychanalyste méanie Klein le trème à l’écrivaine Collette pourquoi un risque et bien parce que cette expression génie féminin ouvre sur plein d’interrogations difficiles y a-t-il une manière féminine écrire faut-il reconnaître là une nature voire une essence féminine et dans l’hypothèse où c’est la culture et non la nature qui marque l’écriture des femmes christeva allait-elle nourrir les travaux sur le genre qui étaient dans ces années-là en plein développement le voulait-elle dans l’introduction générale qui ouvre cette trilogie Julia christeva écrit prudemment et subtilement je cite j’ai entrepris cette réflexion avec l’hypothèse que je n’en savais rien que la femme était une inconnue ou du moins que je préférais ne pas définir ce qu’est une femme pour laisser se profiler la réponse à la fin d’une patiente accumulation d’exemples et bien ce matin nous allons cheminer avec christeva sur ce sujet suivre surtout ses analyses consacrées à Anna harent et à Collette puis évoquer sa réponse ultime à propos du génie féminin France Culture avec philosophie Géraldine mulman et pour en parler ce matin j’ai le grand plaisir d’accueillir à nouveau Julia christeva bonjour bienvenue je rappelle que vous êtes psychanalyste écrivaine professeur de littérature émérite de l’Université anciennement appelé Paris 7 sollicité aussi par des universités étrangères notamment américaines bonjour Frédéric Maget bonjour vous êtes président de la Société des Amis de Collette directeur de la maison natale de celle-ci à saintsuveur en Puiset vous avez publié en 2019 les SEP vies de Collette en 2023 notre Collette un portrait de Collette par selectrice ce sont des livres parus chez flamarion enfin bonjour Aurore MGEN bonjour vous êtes chercheuse au laboratoire Sophia Paul qui fait de la philosophie et de la théorie politique à l’Université Paris nanire vous êtes spécialiste de la pensée d’aren votre thèse portait sur Aren et lvinas elle a été publiée aux éditions du Palio et vous avez codirigé avec Martine lebovissi le cahier de l’Herne Anna Aren paru en 2021 et bien c’est par Aren que nous allons commencer cette discussion autour du génie féminin écoutez cet extrait de l’entretien donné par celle-ci à Gunter GAUS en 1964 pour la télévision allemande à présent tournons-nous vers la question de l’émancipation de la femme cela a-t-il été un problème pour vous oui bien sûr et le problème demeure en soi je suis montr en fait ass vieux jeux j’ai toujours pensé qu’il existe certains métiers qui ne conviennent pas aux femmes qui ne leur vont pas si je peux m’exprimer ça ne va pas ça fait bizarre quand une femme donne des ordres elle devrait éviter de se trouver dans cette situation si elle veut rester féminine je ne sais pas si je suis ou non dans le vrai à cet égard moi-même j’ai toujours vécu en accord avec ce principe de façon plus ou moins inconsciente ou pour mieux dire de façon plus ou moins consciente ce problème n’a joué aucun rôle pour moi personnellement pour dire les choses simplement j’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire elle a toujours fait ce qu’elle avait envie de faire à elle le précise néanmoins pas trop les femmes qui commandent dit-elle là moi je suis très intéressée un peu surprise par la simplicité avec elle avec laquelle elle le dit Julia christeva et puis elle suggère que vraiment la question du féminin n’a pas été un problème dans sa vie vous citez ce passage dans votre volume sur Aren Julia christeva pouvez-vous le commenter pas vraiment parce que c’est un choix de philosophe et les philosophe elle est un une singularité et elle veut que ce qui reste c’est son œuvre de philosophe singulière et les questions qu’elle ne s’est pas posé euh qui ne sont pas forcément inessentielles mais ça ne l’a pas concerné ce sont des questions qui pour moi relèvent euh de la théorie freudienne qui l’intéresse pas et pour lesquel elle a même une certaine un certain écart pour ne pas dire de de mes pris mais ça ne l’intéresse pas et en tant que philosophe elle opère avec le démantellement de la métaaphysique mais tel que l’entend Heideger et tel qu’elle va transformer Heideger à travers une une immersion dans dans deux domaines dans lequel on trouve le féminin mais qu’elle va rencontrer sans en faire un objet de connaissance théorique mais une une expérience personnelle c’est c’està-dire la vie de femmes amoureuses dans un siècle où les les les femmes du mal à s’affirmer c’est son histoire amoureuse avec Heger par exemple mais aussi avec hrich Blucher et avecurern devenu ensuite Anders il y a pas que Guer dans la viuse donc et pour que cette histoire soit vécue elle va trouver un autre langage que celui de la littérature donc c’est grand lectrice par oui euh et et et elle s’exprime euh dans dans une dans un langage métaphysique qui euh enracine sa euh position de femme dans le politique sa singularité son qui est immédiatement politique donc elle fait un combat politique mais c’est la je en vous écoutant je pensais que elle ne parle pas du féminin mais elle parle de la femme juive et c’est la judéité qui va prendre la place de cette affirmation du singulier dans l’histoire davantage que la question du féminin alors les les trois femmes les trois œuvres que vous étudiez arent Klein Mélanie Klein et colollette ce sont des œuvres de femmes qui n’ont pas eu un un discours féministe explicite majeur voulezv dire par là que pour explorer le génie féminin vous avez fait exprès de ne pas chercher des des des des femmes qui discours qui font des discours sur le féminin ou des études mais qui donnent des exemples des exemples de vie c’était plus important pour vous ça quand on m’a demandé mes étudiants m’ont demandé expressément de faire quelque chose sur le féminisme parce que j’avais pris des positions politique mais je n’avais pas écrit de textes majeurs ou des livres sur le le féminisme j’ai penséis que je voulais pas massifier le combat des femmes et que les trois grandes massifications que nous avons vécu dans notre siècle autour de la Libération c’est-à-dire la bourgeoisie la la libération française la Révolution française la révolution marxiste le socialisme la classe ouvrière et la révolution du tiers monde qui nous donne aujourd’hui le Sud global sont se sont en quelque sorte étranglés dans des totalitarismes et il m’a semblé qu’il fallait sauver la massification du féminisme de cette possibilité de de de d’écarté du de la l’idée de liberté la femme singulière en l’enfermant dans une idée globale et massive et donc de lancer une autre idée sur la scène c’est la singularité féminine en tant que liberté que la liberté n’est pas dans la masse la liberté n’est pas dans la négation de l’oppression la liberté est dans la créativité et il me fallait chercher trois personnes que j’ai appelé de manière très provocante représentant le génie féminin mais le génie est une notion et je crois que arent en parle qui est hérité du du du romantisme euh et génie euh une descente du divin dans l’humain sans Dieu euh et comme tel ça nous donne une personnalité euh euh extraordinaire qu’on déifie le génie de grand homme le génie de grand savant le génie de grand musicien les questions se poserai est-ce que le génie féminin ne serait pas ce divin entrer dans une société euh sans sans sans Dieu mais la singularité au quotidien dans la créétivité féminine partageable et je cherchais des et et ce ce féminin est forcément pluriel et donc je cherchais des pluralités qui qui étaient le plus connu dans dans mon histoire et à travers ma biographie c’est-à-dire la femme politique la femme philosophe la psychanalyse et et l’écrivaine et pour l’écrivaine j’essayais de de trouver quelqu’un qui n’est pas une mélancolique comme c’était ma première tendance de m’orienter vers anard matova ou Wolf et de trouver quelqu’un qui est passé par la dépression mais qui a exprimé la joie de vivre et l’éclosion donc citcolette donc c’est une façon de ne pas trouver une définition du génie féminin mais d’explorer de manière très concrète intuitive et précise si possible les singularités de trois femmes différente et de conclure c’est je crois ma conclusion que la génie et euh le choix de son sa sa créativité qu’on fait euh dans sa vie en choisant choisissant ça son son identité sexuelle c’était un pressentiment même du genre en quelque sorte avec la bisexualité psychique avec les choix euh intellectuels et familial et et donc il n’y a pas de raison de dire euh que le choix est la la euh les gunis féminins et ceci ou cela c’est le choix de la singularité créatrice est-ce qu’il y a un génie masculin le bien sûr le génie masculin et dans dans toute notre histoire c’est descente du divin dans l’homme providentiel qui va sauver le monde et est-ce que ça a un sens de distinguer masculin féminin en matière de génie avec toute la créativité que vous mettez alors ça c’est la question que vous vous posez euh concerne aussi la la est-ce qu’on peut garder la la distinction binaire masculin et féminin euh avant de parler du génie le génie serait la singularité partageable dans mon esprit et euh le binarisme est-ce que on le métient ou non euh je sais que pour certains il n’y a pas de binarisme sexuel mais il y a du genre moi d’inspiration euh PS et freudienne je pense qu’il y a une bisexualité psychique qui se conjugue différemment et donc il y a une pluralité de féminin pluralité de masculin mais je préfère garder ce binarisme pour continuer le combat pour la liberté des femmes vous saz j’ai donné mon prix sur ananaarent sur les des femmes aux femmes d’afghan qui s’imolent par le feu donc je pense qu’il y a encore des femmes qui existent en tant que femmes dans sur ce monde il faut les les soutenir dans leur féminité et ne pas passer dans le genre en esquivant ce binarisme quand vous lisez un texte vous sentez tout de suite si c’est une femme ou un homme qui l’a écrit h c’est déjà donné dans dans dans l’écriture et la signature mais oui je pense oui oui oui ça c’est très important je pense pour soutenir votre démarche euh il y a le féminin de l’homme et il a le féminin et masculin de la de de la femme qui se qui se conjugue qui se se compose différemment mais il y a une distinction oui alors on va revenir àen qui n’est pas tout à fait honnête dans ce qu’elle dit parce qu’en fait la question du féminin l’a intéressé euh et on va en parler à travers une une femme juive en effet du du début du 18 du 19e siècle raë varnagen dont elle a exploré la biographie mais juste avant un mot quand même sur Colette puisque nous sommes au début de cette émission sur le génie féminin colollette était-elle féministe est-ce qu’on peut dire cela euh Frédéric Maget ou bien elle encore était un exemple de de liberté notamment sexuelle mais aussi d’écriture sans discours sur les femmes une question qui a souvent été posé qui est encore plus posé je pense dans le monde contemporain il faudrait beaucoup de temps pour y répondre précisément je dirais d’abord en réaction à l’archive que vous avez diffusé au début de l’émission qu’elle fait écho chez les lecteur et les lectrices de colollette la dernière phrase c’est le je veux faire ce que je veux de colollette elle offre effectivement l’exemple d’une liberté en acte elle qui a toujours fait ce que qu’elle voulait qui ne s’est jamais laissé enfermer dans une identité pas plus dans une profession dans un métier dans une image qui a toujours été dans la métamorphose de même ce que Ann Haren dit des métiers des femmes on en trouverait un écho dans les très beaux textes que Colette a écrit pendant la Première Guerre mondiale où elle voit les femmes rester à l’arrière qui accèdent à des métiers qui leur étaient jusqu’àors interdits et on voit que Colette est assez réservé d’ailleurs elle dira bien plus tard revenant sur cette accession des femmes au monde du travail à quel point ça a été douloureux pour pour les femmes et à quel point ça a été une douleur néanmoins elle se distingue considérablement d’arent en ce que elle a fait du féminin et des femmes l’objet même de son écriture à la fois parce qu’elle a fait entrer dans la littérature des personnages de femmes qui n’existaient pas de l’adolescente Claudine jusqu’à la femme vieillissante elle-même dans le fanal bleu étoile Vesper la femme de 40 ans la femme de 50 ans elle fait rentrer des femmes et des thématiques qui sont proprement qui relève de la sphère du féminin mais je pense qu’elle se distingue aussi en ce que et là je rejoindrai Julia christeva le féminin chez Colette est un féminin transformatif c’est-à-dire c’est un féminin masculin masculin féminin c’est aussi l’homme la femme l’animal le végétal donc il y a on peut pas répondre à cette question du féminin et des féministes sans je pense le remettre dans le contexte et aussi sans prendre en compte l’imaginaire de colollette le mouvement même de l’œuf qui est celui des éclosions des métamorphoses alors à vous aurorergen parlez-nous un peu d’arent d’abord là nous vons d’avoir un petit échange sur disons AR reen qui n’est pas féministe qui dit même que la question du le que le problème féminin ne l’intéressait pas ce n’est peut-être pas tout à fait vrai en tout cas cétait peut-être un peu plus complexe mais nous avons eu aussi un échange sur l’idée d’un génie féminin qui qui ne serait pas euh la question du genre telle qu’elle est posée nous nous explique Julia christeva mais qui serait quelque chose d’autre lié à la singularité de chaque femme et et le sens de cette singularité qu’est-ce que vous pensez de toutes ces questions Aurore MGEN vous qui êtes spécialiste d’aren alors effectivement ce qui est intéressant dans le l’extrait que vous avez diffusé avec uneun tous alors elle-même commence par dire oui je suis peut-être un peu vieux jeu en disant que je trouve que les oui que donner des ordres ne convient pas à une femme effectivement mais et comme vous le disiez elle a une une en réalité une façon elle-même de s’imposer sur la dans la sphère publique et et de de et justement en raison de cette impulsion qu’elle a de vouloir comprendre et elle dit que c’est ça qui la mu en fait toute sa vie et en réalité cette vous posez cette question de son du féminisme effectivement elle a jamais sauf dans un texte de jeunesse où elle a vraiment abordé la question du féminisme une recension d’un texte en en 33 il me semble sur où où elle euh sur la question des droits des des femmes mais qui ne sont pas du point de vue social l’égalité n’est pas ne correspond pas à cette à cette déclaration en tout cas mais sinon c’est quand même une question qui intervient de façon assez transversale assez souvent malgré tout notamment dans son échange avec Cholem en 64 quand il lui dit je vous considère comme une fille de notre peuple et elle lui dit mais je me suis jamais posé cette questionl c’est c’est comme si vous disiez que je suis un homme et pas une femme c’est une donnée de mon existence et cette donnée là enfin elle en parle aussi à certains moment en parlant d’un d’un cadeau enfin d’une gratitude envers le donner donc il y a des données comme ça de par lesqueles on est qui qui relèvent d’une d’une forme de contingence mais qui en soit ne ne font pas une singularité les données initiales c’est après en revanche qu’on en fait la façon dont on a une femme la façon dont on justement le qui euh prend forme et ça aussi si c’est quelque chose dont elle parle à la réception d’un d’un prix à la en 75 du prix sonning où elle dit je suis là elle s’affirme comme femme et comme juive et là il y a plutôt une dimension politique euh où elle où elle explique ce que c’est finalement sa façon d’être un qui sa façon d’être une femme sa façon d’être juive mais c’est pas uniquement une une donnée initiale en fait c’est vraiment une une une incarnation dans un kit d’ unee façon de penser euh et de d’agir en tant que femme pourriez-vous nous préciser qui est raell varnagen cette femme sur laquelle en 1927 elle commence une biographie et j’ai appris donc notamment en lisant Julia christeva qui insiste sur ce point qu’elle voulait en faire à reent un véritable travail de thèse elle avait déjà soutenu une première thèse sur Augustin pu là c’est la grande thèse allemande elle a eu une bourse pour ça sur 6 ans elle a dû partir en 33 en France exilée elle a pas fini elle a pas soutenu mais elle a toujours revendiqué cette thèse de doctorat mais qui est Rael warnagen Aurore alors justement c’est elle elle ça se rapproche en réité de peut-être un peu de de la façon don j raconte une singularité c’est que là il y a un récit d’une vie de de cette juive allemande à l’époque du romantisme où finalement le sens c’est vraiment cette importance pour Aren de raconter tout ce qui fait les les éléments d’une vie la façon dont on le raconte là elle se réfère aussi à Isaac dinen le le le fait de raconter le des événements donne un sens sinon ça serait juste une succession d’événement et varnagan raconte beaucoup il y a beaucoup de longue correspondance c’est ça qu’elle étudie correspondanceou exactement et donc elle essaie de montrer ce que c’est quatreun juive à l’époque du romantisme à ce moment-là mais en voilà en incarnant vraiment ce qui et c’est la question de la judéité ou la question du féminin ou les deux qui intéressent àr par de là ce qu’elle a pu en dire c’est-à-dire il y a un peu de dénis dans dans dans ses propos ni qu’elle s’intéresse vraiment au féminin mais rassurez-moi il y a pas que la judéité dans laffire Rael varnagen c’est une femme amoureuse c’est une femme passionnée c’est une femme assimilée mais qui vit c’est son assimilation en ayant en elle ce que harent appelle le résidu du paria mais c’est pas que la judéité oui ouii bien sûr il y a cette aussi cette dimension je pense qu’il intéresse d’un peu de romantisme c’est de la façon dont elle elle accueille voilà donc elle dont elle vit cette cette cette façonlà d’être femme et c’est ça qui a qui je pense qui intéresse arent à ce moment-là et elle pour le coup cette façon enfin la singularité je sais pas si enfin chez arent en tout cas le qui s’incarne à la fois dans dans l’action mais aussi dans ce qu’on pense et et et dans et dans la singularité de cette façon de le penser peut-être que vous alors j que pensez-vous de ce ce gros livre d’aren sur varnagel pour lequel elle s’est beaucoup battu pour essayer de le faire reconnaître comme une vraie thèse académique après la guerre et pour autant un livre dont elle ne parle pas souvent mais écoutez comme j’essaie de dire tout à l’heure elle essaie de se poser dans ce monde difficile ou en tant que femme et en tant que Juive elle n’est pas reconnue et et les gens dans sa situation ne le sonent pas et elle est est prise de pensée elle est prise de heidger et dont elle va dire euh que il a passé son temps à tricher qu’il est un renard et que beaucoup de gens sont tombés dans ce piège mais lui est le premier à tomber tout en lui envoyant la condition de l’homme moderne avec une dédicace enfin sans envoyer la dédicace mais en disant qu’elle lui doit tout et donc si je je j’évoque cette histoire c’est qu’on ne peut pas comprendre les choix de Anna reen sans passer par cette histoire amoureuse douloureuse en tant que femme elle nous dit qu’elle s’est construite comme penseur mais elle a triché en tant que sexe féminin c’est c’est comme ça qu’elle analyse ce qui s’est passe avec Heger et c’est peut-être pour ça qu’elle se tourne vers une femme assimilée juive Essie de retrouver de pas de faire son analyse de cet échec échec mais constructeur en même temps parce que l’histoire avec Heger n’était pas qu’un échec c’était aussi une construction d’une femme qui peut tenir tête avec des guerr et faire de son antologie une politique donc qu’elle a construit quelque chose de spécifique de personnel elle a affirmé son qui si on peut dire ça le qui plutôt que le quode la chose et l’individu la personne créatrice alors et le livre sur des Guer est comme une sorte de de narrative qui lui é par une psychanalyse et dans lequel elle donne des éléments de sa propre subjectivité de ses propres passions mais euh je pense que on ne peut pas euh poser aussi à colollette que à elle des problématiques qui ne sont pas les leurs mais voir comment avec ayant touché au question du féminin sans pouvoir le résoudre et lui trouve une prolongation dans une éternelle euh questionnement de ce qui reste énigmatique des identités dans l’histoire il y a deux d’identités dans l’histoire qui la passionne le féminin et la nation il trouve que la nation c’est un enfermement de la liberté hén mais elle est passionnément engagé dans l’État hébreu et dans l’état la la survie de de l’État juif et développer des idées je développe rarel varnagem dans quelque chose qui me paraît plus actuel dans son œuvre que cette biographie qui est un passage pour aboutir à quoi à une position de défense de l’État d’Israël qu’on entend aujourd’hui est parmi les rares personnes à l’époque qui ont parlit déjà d’État binational de d’État fédératif de la difficulté de créer ses états et j’ai pris là une citation que je voulais vous présenter parce que c’est quelque chose qui nous montre les génies féminins dans la politique aujourd’hui c’est dans la politique le voilà mais c’est c’est dans la politique dans lequel dit que il voit un état qui sonne extrêmement moderne et actuel une mobilisation de l’état militaire qui risque de se heurter à une opposition nationale arabe de millions de gens du Maroc jusquà l’océan Indien en tant que religion et en tant que natalité donc elle était au courant de de de la difficulté de cet état pour lequel elle exprime une un grand attachement guerschamp Chem va lui dire vous n’êtes pas une fille du peuple vous l’aimez pas et là elle se met à questionner même cet attachement elle va dire quand on est dans la politique on ne on n’aime pas son peuple POS des questions l’amour n’est pas une discours politique donc comme comme être féministe et amoureuse ne résout pas les problèmes de l’actualité politique où le qui féminin ou non peut quelque chose à faire pour que la liberté soit sauver ça ça des questions importantes ça ve dire faut sortir du privé il faut sortir de l’espace privé pour aller dans non il faut pas sortir il faut être dans l’espace privé et l’investir mais n’a pas le moyen de creuser l’espace privé et le niit pas elle lui dit qu’elle est attachée mais elle dit que c’est pas l’amour l’amour est pour le privé néanmoins cet attachement a des développement qu’il faut essayer de suivre pour trouver des solutions politiques donc c’est un féminisme utile et la cause universelle mais c’est pas du tout un féminisme identitaire qui fait que à mon sens il peut s lisé dans des espèce de de radicalisme dans lequel on voit aujourd’hui certains féminismes piétinés a Aurore meréen sur ces engagements d’aren l’importance du qui qui s’exprime surtout en politique la la vita activa pour arê la vie active à trois domaines le travail l’œuvre l’action c’est dans lorsqu’elle parle de l’action que le qui vraiment n’est-ce pas se singularise et c’est aussi le domaine du conflit et peut-être pour vous précisez les positions sionistes qui ne font pas l’unanimité au sein des sionistes de Hann arent oui alors peut-être sur cette question du qui effectivement et vous parliez du travail de l’omme de l’action ça rejoint ce que ce que vous disiez Julia cristeva sur la vie comme Zoé et bios c’estàd à la fois pour arent il y a une la vie qui qui se qui doit qui se reproduit le cycle de la vie qui est Zoé voilà Zoé et le fait que on peut raconter une biographie de quelqu’un donc c’est comment le qui peut être euh peut s’exprimer par l’action la parole euh donc il y a effectivement cette dimension politique mais juste il y a également il me semble aussi une dimension importante morale qu’on qu’on soulligne assez rarement enfin dans dans la phon quand on parle d’ rent mais c’est vrai que quand elle va au procès quand elle assiste au procès d’ichman elle elle décrit Eichman comme un noody quelqu’un qui n’a qui n’a pas cette profondeur de de la pensée du jugement et quand elle dit que la finalement une la qualité personnelle de quelqu’un une personne morale c’est presque une redondance de le dire comme ça puisque la la qualité qui fait de quelqu’un une personne c’est la possibilité de penser jugé par soi-même et c’est en cela qu’elle voit une forme de radicalité parce que le bien s’ancre vraiment à des racines à la différence de de d’un Eichman qui justement don la enfin ce qu’elle appelle la banalité du mal qui est capable de se propager comme ça à la surface de la Terre parce qu’il y a pas cet ancrage euh de la pensée du jement et il me semble que ça aussi ce qui euh du point de vue moral il est vraiment important parce que c’est Aren insiste beaucoup sur la responsabilité sur le fait que devant un tribunal on est c’est un qui aussi c’est quelqu’un qui est doté d’un nom d’un sexe mais qui est qui est qui doit répondre de ses actes donc pour finir un peu ce développement sur Haren puis on y reviendra puisqu’on parle du génie féminin et qu’elle est un exemple de Julia crisseva j’aimerais savoir a Ren comment vous recevez la proposition assez singulière de Jul christeva à propos d’aren ce volume sur Aren de Julia christeva cette réflexion sur la vie selon Aren la singularité selon Aren pas seulement la politique d’ailleurs vous venez de nous le redire Jul comment vous vous lisez tout cela horurore mgenè et moi je trouve ça vraiment intéressant justement parce que elle se s’est mis aussi en relation avec les les événement vécu par arent et dans justement dans votre livre vous vous reparlez de la vie comme quelque chose qui a été essayé d’être détruit par le totalitarisme le fait que justement Aren redonne cette cette importance à la vie puceque le par enfin dans ses explications sur la façon dont l’homme a été rendu superflu et sur la la fabrication de de l’être humain superflu et cette la façon dont vous dont Julia christeva met en évidence cette importance de la vie et de la singularité dans cette vie euh justement par le fait d’agir de parler de commencer quelque chose de nouveau parce que c’est ça aussi cheen qui intéressant le commencement par rapport à ce qui a été euh complètement étouffé et annuilé par le totalitarisme cette volonté de détruire vraiment la spontanéité et la elle parle de de fabrication d’une d’un faisceau de réaction euh et dans la destruction qu’elle qu’elle analyse de l’être humain et je trouve intéressant la façon aussi dont G christeva montre comment arent justement se repense la vie le commencement en réaction euh notamment aux origines enfin au totalitarisme Christ oui moi je voudrais insister par rapport à ce que vient de direer sur le le vie comme bios et ça rejoint votre histoire sur vernagan raconter sa vie pour elle l’identité n’est pas se définir comme identité et agir comme une identité l’identité sexuelle par exemple Puel genre au quel qu’elle soit s’inscrit dans un mouvement qui est celui de la vie et la vie pour qu’elle puisse être partagée doit être racontée ça s’appelle une biographie et la différence entre la vie Zoé et la vie sociale c’est que elle a un récit partageable le récit est individuel c’est le récit de qui le génie passe par là mais le génie n’est pas identitaire que ce soit une identité ethnique ou identité sexuelle ou identité parce que j’ai des cheveux euh blondcs ou quelque chose qui qui est lié à à la à la à la biologie euh la l’identité s’exprime dans le langage et si vous permettez une très petite diversion euh cette cette idée de la du génie comme bios euh me fait penser au au livre qui vient de paraître de Philippe Soler ce qui s’appelle la 2e vie oui euh nous allons marquer dans quelques jours la première année de sa mort et sa sa son dernier livre pour lequel je viens de faire une postface s’appelle la deuxe vie la deuxiè vie c’est la vie de l’écriture la vie où quelqu’un qui a vécu sa propre mort sa sa finitude qui est au courant de de sa euh mortalité et qui l’éprouve euh donne place à l’écriture l’écriture est adossée à la mortalité et ceci dès euh son premier livre où il dit que euh écrire c’est un apprentissage du néant vivre sa vie c’est déécrire non pas la mort mais ça mort et on reste donc de nouveau dans cette idée propre au j christianisme qui est la singularité masse faite de singularité et donc cette biographie est quelque chose qui est la l’acte politique de l’identité futel sexuelle France Culture avec philosophie Géraldine mulman de toutes les maisons que vous avez habité vers laquelle retourne le plus volontiers vos souvenirs oh ma maison natale naturellement c’est une maison de village à Saint Sauveur en puisé dans Lyonne elle a gardé pour moi tous ses charmes elle est vieille elle rassemble autour d’elle une petite cité de 13 ou 15 sans habitants un jardin négligé elle m’a vu naître elle m’a vu grandir ma chambre d’enfant n’y a connu aucun luxe et même pas un confort élémentaire mais je ne peux pas oublier que j ai élevé des chauve-souris des chats des chiens des écureuiles et j’avoue que mon instruction n’a pas dépassé l’école primaire et le certificat d’étude mais vous n’allez pas me mépriser j’espère bien que non c’était Colette je ne savais pas je ne savais pas du tout Frédéric Maget qu’elle avait cette voix Colette parlant de sa maison natale cette précisant qu’elle n’ pas fait beaucoup d’études Colette avec cet accent de Bourgogne n’est-ce pas on on écoute encore un tout petit peu écoutez là maintenant parler de la puis après je veux vraiment vous entendre et entendre Julia cristeva sur la personnalité de Colette écoutons encore un peu j’aimerais savoir si vous aimez beaucoup la musique et si vous vous en servez pendant vos heures de travail oh non elle ne pourrait elle aussi mais je beaucoup la musique mais elle ne pourrait servir qu’ qu’à combattre les moindres propension au travail le moindre oh non je ne pourrais pas oui j’aime beaucoup la musique n somes figurez-vous je n’en ai pas parlé beaucoup mais la famille de laquelle je sors qui est modeste aime la musique mes frères éent musicien aussi ou oui figurez-vous que non j’aime bien vous dire une chose comme celle-là que je n’ai pas encore dite sans doute [Musique] j’ai j’ai appris mes notes et lire mes notes en même temps que j’ai appris mes lettres c’est-à-dire que j’avais 2 ans et demi et 3 ans quand j’ai appris mes notes à lire mes notes et que j’ai appris en même temps à lire mes lettres nous parlons du génie féminin ce matin pour reprendre l’expression de Julia christeva c’est le 3è épisode consacré à l’œuvre de christeva et dans ce génie féminin celle-ci a analysé l’œuvre de arent de Mélanie Klein de colollette nous en venons à colollette et Frédéric Maget vous êtes un spécialiste dans ce pays de colollette j’essaye qu’est-ce que vous avez envie de dire d’emblé après cette voix d’elle qu’on vient qu’on vient d’entendre j’ai envie de citer l’exerg de la naissance du jour imaginez-vous à me lire que je fais mon portrait patience et seulement mon modèle je crois qu’il faut toujours chez colollette euh se méfier des apparences d’une certaine façon c’est-à-dire que cet accent que vous entendez avec avec ces air qui rouleent qui est la manifestation de son identité terrienne de ses racines bourguignonnes euh on le sait elle a fait partie de son identité dès son arrivée à Paris quand elle apparaît dans les salons musicaux parisiens avec Willy après son mariage à la fin du 19e siècle elle apparaît comme une uronne avec ses très longs cheveux cet accent rocailleux puis ce tempérament un petit peu sauvage mais on sait aussi que Colette a beaucoup joué de cet accent on a retrouvé récemment des enregistrements qui datent de 1932 où on voit que cet accent a presque disparu vous n’entendriez plus ces fameux air qui roulent parce que là c’est 1950 voilà ils reviennent de façon tout à fait massive euh dans les enregistrements pour la radio de 1949 50 51 de même que cette image euh que j’aime beaucoup où elle dit euh mes études se sont arrêté au brevet élémentaire j’espère que vous n’allz pas m’en vouloir pour cela c’est l’image que colollette à partir de 1936 à peu près jusqu’à la fin va populariser en tout cas pousser dans son œuf qui est l’image de l’écrivaine qui n’a jamais voulu écrire pourquoi fait-elle cela ben je pense qu’il y a une part de vérité c’est-à-dire son entrée en littérature est une entrée de clandestine j’aime bien cette expression de Paul d’landlander c’est-à-dire que c’est son mari son premier mari Willy qui l’a fait rentrer en littérature sous un masque puisqu’on le sait les premiers texes de colollette ont été écrits par elle mais signés par par son premier mari donc c’est vrai qu’objectif elle est arrivée un petit peu masquée un petit peu cachée sans vraiment l’avoir voulu et je crois qu’aussi ça relève de la stratégie on en a parlé tout à l’heure Julia christev on en a parlé tout à l’heure colollette est une femme dans ce premier 20e siècle qui cherche à se faire une place dans un milieu littéraire qui est largement dominé par les hommes et je pense que cette façon de dire mais moi vous savez je n’ai pas de prétention pas de prétention à la pensée pas de prétention intellectuelle même pas de prétention au génie féminin je ne fais que passer en quelque sorte est une une stratégie car en réalité Collette je le crois et j’en suis persuadé avait une parfaite conscience de son génie littéraire la preuve en est de la façon dont elle travaille et retravaille ses manuscrits et ses textes cette cas duum mot meilleur et meilleur que meilleur elle fait revenir des épreuves pour des pointsvgules ou des tirets mal placés elle a une parfaite conscience d’ailleurs de toutes les démensions de l’activité d’écriture aussi bien d’ailleurs commerciale elle négocie tout à fait fait durement ses contrats elle réclame l’égalité salariale quand elle est journaliste et qu’elle voit que par exemple son camarade Joseph Kessel est mieux payé qu’elle donc elle a une parfaite conscience de cela mais je pense qu’il y a une part de stratégie chez elle dans cette volonté de passer pour une écrivaine qui n’a jamais voulu écrire et pour une anti intellectuelle en quelque sorte or il suffit de lire des textes comme la naissance du jour ou des texte comme le pur et l’impur et lire le l’ouvrage de de Julia christeva pour vous voir que l’écriture de Colette est une pensée du monde une pensée en alors Colette donne quand même l’impression au contraire d’aren de ne pas avoir un rapport fort à la question politique franchement je dirais même c’est un peu le moins qu’on puisse dire elle écrit dans encore en 41 42 1941 42 dans des journaux dans des journaux soit péténistes soit carrément collaborationniste en disant bon bah voilà c’est pas il faut bien vivre on a un peu cette impression que c’est pas très important je suis obligé de vous couper parce que je suis pas du tout d’accord avec ça c’est-à-dire que Colette a publié effectivement des articles dans le Petit Parisien qui était passé tout à fait du côté collaborationniste ça c’est vrai ces textes on peut les lire puisqu’ils sont repris dans Paris de ma fenêtre elle n’y parle absolument pas de politique elle donne des conseils aux femmes pour faire avec voilà sans rien mais je veux dire parce que pas très important pour elle la question engagement c’est un mépris de voilà je voulais pas qu’il d’ambigé ENF je voulais pas autre chose que ça c’est pas très important ni très grave et effectivement elle ne parle pas de politique et pourtant vous venez de dire qu’elle est stratège à propos de son propre personnage et là-dessus j’aimerais votre analyse Julia christeva elle est stratègeelle elle construit un personnage beaucoup plus étré et anti-intellectuel qu’elle n’est c’est ce que vous venez nous expliquer Frédéric Maget elle elle veut faire sentir qu’elle est d’abord quoi un corps avant d’être un intellect d’abord la chair des mots comme vous ditesque elle est cosmique elle elle fait passer la chair la chair du monde sa sexualité ses ses ses tremblements physiques son désir dans la langue française c’est une opération alchimique oui c’est pour ça que elle n’est pas de place dans les genres littéraires elle n’écrit pas elle n’est pas elle elle se bat pour avoir une place et FR Mo tout à fait raison elle suit sa carrière elle deviendra apris ENF jury Grandcour et quelqu’un qui tenait beaucoup compte de de l’histoire des femmes et de de pouvoir des femmes Simon de Beauvoir adorit son combat littéraire en tant que femme qui se veut se faire payer qui est reconnu qui qui fait un métier elle a considéré comme le plus grand écrivain moderne mais justement parce qu’elle affirmait sa personnalité il c’est ce n’était pas même si elle disait que les féministes elle ne méritent que le le RM ou le fouet j bancer ça mais pourquoi moi je l’ai dit très justement elle s’est rendu compte combien dans le monde qu’elle vivait elles étaient humilié la vie politique les mettait à l’écart c’était très dur il y avait masochisme d’être femme qui cherch sa place et celle qui arrivve à s’en sortir qu’on connaît bien les les femmes totales qui travaillent jour et nuit qui sont épuisés pour venir se plaindre sur no divant elle voulait pas du tout de cette féminité là par contre elle a réussi à partir de son milieu familial à partir aussi de de ce qu’elle croit être le génie de sa mère mais qui a aussi le sien projeté dans sa mère a créé un personnage de la femme qui est tout désir tous les désirs possibles homme et femme mère et amante euh perversion de l’instinct maternel attend dit aussi en en raison de sa relation avec Bertand de Jouvenel elle s’est donné toutes les libertés et toutes les jouissances mais pas tellement pour en faire une une anomalie ou une revendication de liberté pour les insuffler dans ce que apollinire va dire le frisson de la chair dans la langue m mot qui tremble ça ça s’entend on va l’écouter nous avons chois pas tellement dans l’accent mé elle le texte on va ça va êtreex qui n’est pas un genre qui elle n’a pas innové un genre il n’a pas donné un style elle a mis le cosmos dans la langue française alors écoutons un extrait de la maison de claudinant en 1922 hos est partout écoutez le mot presbitère venait de tomber cette année-là dans mon oreille sensible et d’y faire des ravages j’avais recueilli en moi le mot mystérieux comme brodé d’un relief rche en son commencement achevé en une longue et rêveuse syllabe un peu plus tard le mot perdit de son venant et je m’avisais que presbytère pouvait bien être le nom scientifique du petit escargot rayé jaune et noir rejetant les débris du petit escargot écrasé je ramassais le beau mot je remonta jusqu’à mon étroite terrasse ombrage de vieux Lila décoré de cailloux polis et de verotter comme le nid d’une pie voleuse je la baptisa presbytère et je me fis curer sur le mur [Musique] [Musique] [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique] ce que vous entendez là collé à cette lecture d’un texte de colollette c’est le l’opéra de Ravel l’enfant et les sortilèges 1925 c’est colollette qui a écrit le livret de cet opéra de Ravel et c’est magnifique parce que 4 ans plus tard en 1929 Mélanie Klein sur laquelle vous avez aussi beaucoup travaillé julia christeva a commenté euh l’enfant et le sortilège dans un texte intitulé les situations d’angoisse de l’enfant et leur reflet dans une œuvre d’art et dans l’élang créateur un mot sur le petit escargot évoqué par Collette je me fis curer sur le mur je répète sans cesse ce drôle de mot presbyitère Frédéric Maget c’est tout colollette ça non cette cette jouissance des mots et de leur ambivalence oui tout à fait et puis pour faire un rebond sur la première émission que vous avez fait avec Jul christevos c’est un texte magnifique à étudier pour ceux qui découvrent Benveniste je veux dire pour le coup hein il y a toujours colê le le dit et le commente de façon indirecte he il y a tou entre le réel et l’imaginé il y a toujours de la place pour le mot le mot magnifique et plus grand que que que l’objet voilà c’est exactement ce qui se dit dans ce texte et j’invite les lecteur à relire l’intégralité du texte parce qu’il y a une progression il y a a vraiment quelque chose de très très beau et quand les lecteur ou les lectrices de Colette viennent à la maison de colollette ils sont assez fascinés de voir le petit mur où Collette on le peut le voir où elle se trouve effectivement et revivre revivre cette scène où Collette enfant découvre l’arbitraire du langage en quelque sorte mais ne s’en satisfait pas puisque l’imaginaire va devenir plus fort et le mot métaphore devient métamorphose puisque vous voyez elle n’accepte pas que finalement la coquille de l’escargot ne soit pas la maison du curé comme elle le pensait et du coup bah c’est elle qui va se faire devient le curé sur sur son mur j christeva moi je j’adore ce texte et je voudrais vous parler aussi de notre qui s’appelle l’vrille de la vigne où on voit très bien aussi bien sa bisexualité que que son son infiltration dans le langage il est question de de l’oiseau c’est-à-dire le rosignol qui qui est fatigué qui n’arrive pas à dormir et et c’est l’écrivaine qui n’arrive pas à à à écrire son côté masculin mais petit garçon qui est intoxiqué par les les les vignes d’un sorte de de d’osmose sexuelle qui le rend incapable et puis finalement il retrouve sa voix et on ne parle plus du rosignol mais on parle de la vigne euh qui euh va lui faire pousser des trilles les vrilles de la vigne euh sont euh traduit dans les tri de la voix euh il y a une espèce de de de jeu de mot avec tri et Vig et vigne Rossignol et et vigne qui nous montre une Collette qui va dire femelle j’étais femelle je le resterai pour mourir pour pour jouir et pour souffrir mais cette féminité bisexuelle et et à chaque fois elle essaie de se dire en même temps avec une musicalité dans dans les mots vous êtes sûr qu’un homme n’aurait pas pu écrire cela je pense par exemple à un Gau il y a euh Joyce le fait c’est le féminin de l’homme on va dire si on reste avec les les catégories de de pouvoir falique et de de réceptivité féminine ces qualités tous les deux sexes les supposent et les possèdeent mais ils sont composés et accentués différemment c’est des des compositions spécifi ça reste du génie féminin pour vous Colette cette sensualité là est féminine mais elle est universelle parce que le lu par elle est par tout le monde et un homme peut peut très bien éprouver ça c’est elle qui l’ trouvé en elle etelle a exprimé à sa façon de le faire c’est le féminin comme nous le savons maintenant existe chez les hommes comme chez les femmes elle a désinhibé la bisexualité tout en gardant le sexe native euh quand elle dit rose noire confiture d’odeur enfin c’est tout le monde peut dire ça parce que ça nous renvoie vois au langage infantile au langage de maman au écolaliie au féminin avant la distinction sexuelle par exemple mais c’est c’est une femme qui l’a affirmé d’une manière aussi claire et on peut dire aussi que que Joyce ou ou poost ont des qualités féminines j’ai dis que vous aviez pris un risque en avec cette trilogie intitulée Le le génie féminin est-ce que vous là j’ai je sens encore dans vos réponses qu’à la fois il y a un attachement à quelque chose de féminin d’authentiquement féminin et en même temps vous il y a un certain féminisme dans lequel vous n’avez aucune envie de tomber est-ce que je me trompe non moi je je le dernier texte que j’ai présenté il y a quelques temps à Londres et qui va apparaître dans mon livre en automne ça peut éthique euh prélude pour une éthique du féminin euh et c’est une féminin transformatif c’est la capacité de passer d’une sexualité génétique à une autre et de jouer avec ce passage dans le langage et chez chez colollette cette phrase où elle se veut femelle mais pour en jouir et pour souffrir et un aveu de des limites que représentent le binarisme et en même temps de la possib ilité de jouer avec euh et pour ce qui est du féminin pourquoi je l’appelle transformatif parce que par l’histoire des femmes et le fait qu’il y a un double éedip dip prime avec la mère édip bis avec le père on arrive à une plus grande souplesse psychique qui fait que la la sexualité féminine est plus mature quand elle réussit à faire ce jeu entre le féminin le masculin et plus maladive plus dépressive quand elle ne ne réussit pas non rien de rien non je ne regrette rien ni le bien qu’on m’a fait ni le mal tout ça m bien égal non rien de rien non je ne regrette rien c’est payer Bayer oublier je me F du passer vous avez juste 20 secondes St ce que je fais là Julie crrissa pour nous dire pourquoi vous vouliez edit Piaf à la fin de cette émission pourquoi pourquoi Piaf parce que elle montre à la fois les les pièges de d’une féminité douloureuse et toujours en combat et la capacité de jouir de ce dépassement vers une vers une mélodie contagieuse
4 Comments
Le concept de génie féminin est sexiste.
l'intelligence n'est pas liée au genre. déjà Arendt..elle avait eu un sacré souci…un attachement incompréhensible…Quelle horreur, elle soutenait un archi nazi Heideger alors qu'elle était juive. comme Françoise Giroud…vouloir être mieux que les autres…Au Liechtenstein des femmes ont voté contre le vote des femmes quand il en a été enfin question en 1980.
Peut être qu'une femme n'a pas la même expérience de la vie ?
Tout ce qu' on oppose aux femmes ! Encore aujourd'hui ( lire les commentaires 😉).
Qu' est ce qu'ils y connaissent à la maternité ? Qu' est ce qu' ils y connaissent à la puberté et à l'adolescence ces hommes nombrilistes qui se sont eux-mêmes érigés en censeurs ?
(Qu' ils retournent à la cuisine et qu'ils s ' occupent de changer les gosses).
podcast très intéressant . merci