Conférence de Peter Nahon, archiviste paléographe (prom. 2017), chargé de recherche au CNRS : https://www.chartes.psl.eu/fr/du-folklore-oc-manuscrits-hebreux
La philologie romane sait depuis longtemps tirer parti des documents en langue vernaculaire écrits en lettres hébraïques et préservés dans les sources juives : en domaine d’oïl, chacun sait l’importance des gloses françaises des rabbins pour la connaissance de la langue médiévale. En domaine occitan, une série de découvertes a révélé, dans des sources juives du début de l’époque moderne, l’existence d’une matière philologique riche et jusqu’ici inconnue. Les juifs d’Avignon et du Comtat Venaissin, à l’instar de leurs voisins chrétiens, composaient et chantaient leur poésie rituelle sur les airs musicaux profanes à la mode. Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, leurs manuscrits en hébreu (livres rituels et recueils de poèmes pieux) conservent souvent des fragments voire des textes entiers de ces chansons profanes, en provençal et en français en lettres hébraïques, à côté de leurs réécritures pieuses en hébreu, auxquelles elles servaient d’indicateur mélodique. Ces sources riches et inédites sont précieuses à plus d’un titre : elles fournissent les plus anciens spécimens connus de poésie populaire d’oc, documentent des états de langue parlés n’ayant laissé aucun témoignage comparable, et enfin renseignent sur la circulation de chansons folkloriques par-delà les frontières provinciales, linguistiques et religieuses. Nous présenterons ce corpus inédit et illustrerons, autour de plusieurs exemples choisis, une méthode philologique qui, à partir de ces brefs et obscurs fragments, permet de lever le voile sur un pan entier de l’ancien folklore de la France.
Bonsoir à toutes et à tous bienvenue à l’École nationale des chartes pour une conférence du nouveau cycle chartiste à l’œuvre qui remplace notre ancien cycle mardi de l’École des chartes qui était consacré quant à lui à l’actualité éditoriale des des chartistes alors c’est toujours le cas dans ce nouveau cycle chartiste à
L’œuvre mais comme son n l’indique ce cycle est consacré non seulement à l’actualité éditoriale de nos anciens élèves de nos anciens diplômé mais aussi à l’actualité de la recherche ou de la valorisation scientifique de nos anciens et nous en sommes extrêmement heureux et nous n’avons plus de jours je dirais fixes pour ces
Actualités ce qui fait c’est un avantage que ces conférences peuvent se tenir aussi le jeudi donc c’est le cas ce soir et nous sommes très heureux donc d’AC accueillir ce soir Petter naon donc pour une conférence intitulée du folklore doc dans des manuscrits hébreux du compat venessin 16e 18e siècle alors je quand
Même vous vous présenter pter même si vous êtes connu déjà un finologue réputé malgré votre jeune âge encore hein je me permets de le dire encore voilà donc ancien élève de l’École des chartes archivis paléographe de la promotion 2017 ça a été j’y reviendrai tout à l’heure brièvement ma première promotion
De thèse soutenue à l’École des chartes une grande première un peu peu de temps après mon arrivée à la direction de de cette maison vous êtes également agrégé de lettrre classique docteur de Sorbonne université et depuis octobre dernier vous êtes chargé de recherche au CNRS ce qui est une une belle
Reconnaissance évidemment de de vos travaux de votre excellence scientifique je tiens à à souligner à quel point il est rare aujourd’hui euh d’obtenir un poste de ce titre hein de ce type de voir entrer au CNRS comme comme chargé de recherche c’est extrêmement rare les postes sont de plus en plus comptés et
Donc euh il me semble que c’est vraiment une belle reconnaissance pour pour votre carrière votre jeune carrière est longue évidemment euh on l’espère alors vous êtes spécialiste des contacts et des échanges dans le domaine du langage et des parlés régionaux notamment entre la sphère romane hébraïque en particulier euh donc spécialiste des communautés
Juives du sud de la France c’est d’ailleurs sur en particulier sur cette thématique que vous avez soutenu brillamment en 2017 je le rappelle votre thèse d’école des chartes qui portait qui s’intitulait langue parlée et liturgie des Israélites d’akitain et puis depuis vous avezis que vous avez quitté l’école vous avez un rythme de
Publication soutenu hein je je citeraiis l’ouvrage de 2018 chez Garnier qui s’intitule est français chez les Israélites d’akiten un ouvrage qui vous a valu la médaille volenet de l’Institut de France votre dernier ouvrage paru également les parlés français des Israélites du midi donc paru en 2023 aux éditions de linguistique et de
Philologie sous l’égie de la très renommée Société de linguistique romaine c’est une fille de philologue qui qui le dit donc ce soir c’est d’une découverte archivistique toute récente que vous venez nous faire part en en réservant quasiment la primeure à votre école donc l’école des charges j’en suis extrêmement honorée
Heureuse pour elle découvert donc de fragments de chansons profanes ou de chansons profanes entières en français ou en provençal conservé au sein de manuscrits rituels ou de manuscrit de poésie en hébreu dans la mesure où si j’ai bien compris hein ces aires profanes servaient d’indicateur mélodique notamment pour la poésie donc
Une magnifique découverte je dira à la fois archivistique et et philologique puisque on sait quand on quand on s’intéresse à ce type de thématique à quel point les aires populaires folkloriques sont difficiles à à à à retrouver à mesurer hein puisque et bien les les supports on ont disparu hein la
La la plupart du temps ce sont des enquêtes d’ailleurs que vous avez mené pour une part sont par des enquêtes orales hein qu’on connaî euh certains types de de répertoire là on a la chance d’avoir une forme écrite de ces heur retrouver ici sur sous des formes très
Anciennes puisque ça remonte à la à la Renaissance et qu’on peut y voir c’est tout à fait passionnant donc évidemment un bon indice de je dirais de ce quiétait la la culture populaire de de ce début de de l’époque moderne la circulation large de ce type de texte
Au-delà leurs aires de de conception par-dà les les différentes frontières qui étaient celle de notre de notre pays à l’époque provinciale linguistique religieuse donc un une thématique tout à fait passionnante circulation des je dirais des modèles c’est on nen finit pas et il a un très beau programme donc qui s’intitu translitéraé
À l’École normale supérieure dont l’école des Chartes fait partie en recherche et en enseignement et votre recherche évidemment illustre tout à fait cette ce qui est une des traditions de de de notre école c’està-dire voilà je dis souvent que l’école et chart repose sur deux piliers qui sont d’une
Part la philologie et d’autre part l’histoire et avec cette belle conférence que vous nous promettez vous êtes totalement sur ces deux piliers là donc on est ravi de vous accueillir et de vous entendre pour pour cette conférence qui si j’ai bien compris sera non seulement je dirais dite bien sûr
Mais on devrait aussi peut-être avoir un petit écho de ces chansons en tout cas c’est ce que vous nous vous avez en tout cas fait entrevoir on est voilà je suis encore une fois ravie et honoré de vous accueillir ce soir dans votre maison je là encore les les chartistes diplômés
Sont toujours les bienvenus dans dans cette école qui reste la l’heure et donc c’est toujours un bonheur de de de vous accueillir toutes et tous et vous en particulier et heure ce soir merci beaucoup Madame la Directrice pour cette présentation après laquelle je n’ai pratiquement plus rien à ajouter si ce
N’est quelques détails quelques matériaux quelques accimilé de de manuscrit et simplement quelques illustrations peut-être au au propos qui vous donneent déjà une idée de mon sujet j’aimerais commencer par une question pourquoi s’intéresser aux juif alors ça paraît un peu paradoxal comme question mais en tant que philologue j’entends en tant que
Romaniste en tant que chercheur intéressé par le passé langagier et les dialectes de l’ancienne France quelle raison y a-t-il à se pencher sur les sources sur les documents sur les matériaux issus des populations hébraïque de l’ancienne France il y a deux réponses à cette question la première à à question
Paradoxale réponse paradoxale si je puis dire c’est que ces matériaux sont intéressants euh faut-il le rappeler euh j’entends en fait en disant qu’ils sont intéressants aussi intéressants que ceux issus de tout d’autres composantes de la population française ancienne dans toute sa variété cette idée qui paraît un
Petit peu triviale en fait ne va pas de soi malgré la grande ancienneté des établissements juifs dans l’ancienne France et en particulier dans le midi les linguistes et les philologues se sont longtemps et souvent comportés comme s’il n’y avait rien à voir comme si les dialectes des Juifs
Euh les les traditions orales locales des communautés juives des différents endroits donc en particulier du Midi roman échappait au domaines des études romanes ocitanes françaises comme si tout ça était totalement étranger en fait comme si les Juifs parlaient Hébreux ou on ne sait quelle espèce de langue juive entre eux
Qui ne relevait pas du domaine d’étude de de la romanistique euh soit au contraire l’autre euh type de de comportement vis-à-vis de ces de ces matériaux c’était de se dire que les Juifs en fait étaient des gens comme tout le monde dont les langues les documents les textes n’avaient aucune
Spécificité digne d’intérêt aucune différence méritant qu’on se penche spécifiquement sur leur cas plutôt que sur autre chose de positionnement biaisés euh alors que la première question à se poser finalement avant de rejeter tout d’un revers de main dans un sens ou dans un autre c’était de se
Demander en quoi les langues et les textes les documents issus des communautés juives différaent portaient des spécificités pertinentes intéressantes par rapport à ceux des majorités non juives c’est ce que j’ai fait dans les les livres qui vous ont déjà été présenté euh jusqu par dans dans le la petite présentation d’introduction auquel je
Vous renvoie si vous êtes curieux de ces questionsl c’est ce qui m’a occupé pendant pratiquement 10 an essayer de savoir en quoi les dialectes gascon et provençau parlai dans les différentes communautés juives du midi était spécifique particulier par rapport au dialectes parlés par les majorités non juifs des mêmes endroits euh tout ça
Évidemment reposant sur une série de documents écrit plus ou moins difficilement interprétable et comme ça a été rappelé sur l’enquête orale qui souvent malheureusement ou heureusement est le seul moyen d’accéder à certains pans de de savoir autrement inaccessible l’autre réponse à ma question initiale pourquoi s’intéresser au matériaux juifs
Et finalement un dépassement de cette première réponse la première réponse donc parce que les matériaux juifs sont intéressants par leur spécificité l’autre répon c’est parce que les matériaux Juifs au-delà de ce qui peuvent renseigner sur la spécificité des usages linguistiques textuels folklorique et autres des communautés juives ces matériaux en fait permettent
De connaître des renseignements extrêmement précieux voire uniques sur euh pour la connaissance générale des des des des langues et des des traditions orales de la population majoritaire au-delà de la population juive en fait les matériaux issus de ces populations minoritair euh éclairire sous un jour nouveau les données dont on dispose sur l’histoire
Linguistique et et littéraire au sens large de la population française ancienne tout entière c’est pas une chose nouvelle en fait d’aller chercher dans les matériaux euh de euh dans les matériaux de de d’origine juive euh des documents pouvant intéresser euh l’histoire de France dans son ensemble et en particulier
L’histoire philologique de la France à vrai dire c’est quelque chose qu’on fait d’ailleurs dans cette maison depuis assez longtemps sur des sources médiévales dont vous avez sans doute déjà entendu parler puisqu’il est bien connu euh que les gloses les très anciennes gloses des rabins du 11e et du 12e siècle
Euh en particulier en Champagne et dans d’autres régions du nord de la France contiennent les plus anciennes attestations d’une bonne part du lexique français j’affiche ici un exemple d’une des premières publications qui a porté sur ces matériaux euh c’était c’est c’est une matière dont se sont occupés une série de philologues
D’armesétaire Brandin et d’autres à la à la fin du 19e siècle les rabins du Moyen-Âge lorsqu’il commentaient la Bible et différents textes sapieno des Juifs le talmude et cetera quand il voyait un mot hébreu qui était un peu compliqué il notait dans les marches de leurs manuscrits ou sous forme de glose
La traduction de ce mot dans la langue vernaculaire qui pratiquait qui était en fait les dialectes français de l’époque ce qu’aujourd’hui on appellererait de l’ancien français ou de l’ancien champenois et tout ça a été noté en lettres hébraïques et souvent on retrouve dans ces gloses des attestations de mots bien plus anciennes
Que tout ce qu’on trouve dans les textes littéraires français La Chanson de Roland et cetera et c’est une manne philologique dont on s’est depuis longtemps occupé alors ça bon ça c’est une une publication d’armé stter et blondem qui n’était ni l’un ni l’autre chartiste nul
N’est parfait mais il y a eu dès 1897 je crois une thèse là-dessus à à l’école c’est ce qu’on appelle donc le judéo français par commodité ces Glos de vieux français noté en lettres hébraïque qui en fait euh linguistiquement ne diffèrent pas de la langue que parlait
La majorité euh c’est noté en lettres hébraïques parce que ces gens-là écrivaient plus aisément et plus commodément en alphabet hébreu qu’en alphabet latin euh il est d’ailleurs permis de se demander s’il parlaaiit tout simpleement enfin si s’ils écrivaient tout simplement alphabet latin s’ils étaient capables euh ou si tout simplement l’alphabet hébreu
N’était pas le seul système dont il disposait pour noter les sons de leur langue parlée qui étit la même langue que la population non juuive c’est une question d’ailleurs qu’on se reposera après par rapport à ce que je vous montrerai par la suite et mais derrière l’habillage de l’alphabet hébreu les
Mots notés sont des mots d’anciens français qui étit employé par la population majoritaire donc vous voyez ici c’est un exemple paradigmatique de comment des source issu d’un groupe minoritaire employant un système graphique minoritaire particulier propre à une tradition religieuse pour noter en fait la langue de tout le monde permet
De connaître comment se présentait euh linguistiquement la langue de tout le monde à ce moment-là ce que je vais vous présenter c’est un peu la même chose on je j’ai trouvé donc dans des matériaux Hébreux des documents intéressant la connaissance générale de d’un aspect de histoire linguistico
Littéraire et même musicale si je puis dire de de l’ancienne France comment j’y suis arrivé et euh peut-être aussi une partie du sujet c’est pourquoi je vous montrerai comment étape par étape j’ai été conduit à cette découverte étonnamment c’est par le judéo français donc ces choses-là que
Euh je suis arrivé à des matériaux qui sont plus récents vous le savez par la fiche de la conférence 16e 18e donc on est bien après le Moyen-âge et plus méridionaux que ces anciennetés essentiellement du Nord de la France je parcourrais comme le font souvent les chartistes et les
Philologues un catalogue de manuscrits un catalogue de manuscrit euh pour ceux qui ne sont pas familiers de ces choses-là c’est bien plus qu’un catalogue de bibliothèque sont généralement des notices très détaillées qui qui décrivent le contenu d’un d’un manuscrit unité par unité c’est-à-dire que souvent les manuscrits regroupe
Plusieurs textes à la suite de parfois écrit de mains différentes ou alors sont des ce qu’on appelle des recueils factices c’est-à-dire différentes pièces produites à différents moments de l’histoire et en différents lieux et qui ont été reliés rassemblés cousus ensemble un peu plus tard et qui ont
Ensuite eu une destinée commune dans des fonds de bibliothèque ou quoi et les les bibliothécaires les conservateurs qui dressent des catalogues de collection manuscrit ne peuvent pas puisque chaque manuscrit est unique se contenter de dire comme on le fait dans un catalogue de bibliothèque ben le titre l’auteur et
Puis la date et quelques informations euh quelques informations subsidiaires il faut aller souvent assez à fond et alors ces manuscrit ces catalogues de manuscrit sont fort commodes parce qu’ils nous permettent avant de nous déplacer dans des des bibliothèques aux horaires parfois peu commodes et dans des endroits parfois
Peu accessibles en particulier dans les dernières années où nous voyagions moins que qu’à l’ordinaire ces catalogues donc sont fort commodes parce qu’il nous permettent parfois de repérer euh de de sentir de subodorer la présence de matériaux qui pourrait intéresser nos recherchees je parcourrais donc le catalogue dont vous voyez ici une
Reproduction partielle des manuscrits de l’ancienne bibliothèque de la communauté israélite de Triest euh en en Italie du nordest Triest qui abritait autrefois une assez forte communauté juive et qui comme beaucoup de bibliothèques de synagogue avaiit une série de manuscrits plus ou moins intéressants qui ont été décrits juste avant guerre par l’auteur
De ce catalogue Isaia zone S2 zne un des plus fameux bibliographes euh hébraïsant de d’avant-gerre il est question donc d’un manuscrit le manuscrit 2 de la synagogue de Trieste le Codex 2 vous voyez alors là vous avez le la suite de la notice donc vous voyez le le dernier paragraphe
Donc les différentes unités 13 donc un traité de de comment un traité d’éthique hébraïque tout ce manuscrit donc est en hébreu euh une recueil de proverb en hébreu tiré du talmude et puis à la fin quelques petits textes et le l’auteur du catalogue nous dit dou strophe quartine
Judeo franchise deux strophes quin en judéo français j’ai vu ça je me suis dit tiens dans mes recherches et mes mes mes promenades philologique en domaine judéo-français je n’ai jamais vu parler d’un manuscrit conservé à Trieste qu’est-ce que peut-être cette chose et euh je suis allé voir j’ai cherché où éé
Ce manuscrit il ne se trouve plus à Triest il a été racheté par la bibliothèque de Jérusalem la Bibliothèque nationale d’Israël après guerre et par chance la bibliothèque de Jérusalem l’a numérisé alors comme maintenant on peut plus faire de capture du du site des facimilé de la bibliothèque de Jérusalem j’avais pensé
Vous y conduire en cliquant sur le lien mais est-ce que ça marchera évidemment non impossible de télécharger les données demandées euh c’est pas grave j’ai des extraits on pourra pas malheureusement se promener dans le manuscrit mais je ce sera tout comme alors ce manuscrit c’est un gros recueil factiste
Je vous ai dit ce que c’est donc différentes pièces qui ont été reliées ensemble des pièces qui datent du 13e au 15e siècle à peu près tout en hébreu dans différentes cursives hébraïques de de diff différents styles de différentes époques mais à peu près toutes ces pièces ont été copiées dans le
Langueedoc ou dans La Provence donc entre le 13e et le 15e siècle il s’agit de pièces portant sur des matériaux euh talmudique des euh des des commentaires de la Bible des extraits de différentes différents points de doctrine rabinique différentes choses intéressant essentiellement la théologie et le code rituel juif donc a priori
Rien de rien de de provençal je où il y a quelques textes aussi astrologiques et scientifiqu mais le le point commun donc de tous ces textes et qu’ils ont ils ont tous été produits plus ou moins dans le sud de la France ils ont été visiblement
Reliés d’après le le style de la reliure relié ensemble au 16e siècle probablement dans le sud de la France et le manuscrit ensuite s’est retrouvé probablement en Italie au 17e siècle il y a eu d’assez fortes d’assez fort mouvements de d’immigration de la Provence en particulier de la Provence
Pontificale des des anciens États du pape de donc de l’actuel vluse où se trouvaient d’importantes communautés juives après l’expulsion des des Juifs de France et du de de Provence conttale euh en en dernier en dernier instance en501 et puis ensuite donc il y a eu une série de migration vers l’Italie c’est
Ça n’est donc pas un hasard si ce manuscrit se retrouve à Triest vous il sera peut-être d’ailleurs utile de rappeler je sais pas où elle est passée ah oui jeavais histoire de vous mettre un peu dans l’ambiance voici la synagogue de Cavaillon la diapo n’est pas au bon
Endroit mais c’est pas grave qui vous donne une idée de euh du du milieu euh ambiant dans lequel était euh produit ces manuscrits c’est d’ailleurs une assez bonne illustration du euh de la fausseté de l’idée selon laquelle quand je vous disais les premiers enfin les raisons pour lesquelles les matériaux juifs ont
Été négligés la première raison c’est que finalement le judaïsme ne relève pas de l’histoire de France et de l’histoire linguistique de la France cette cet argument fallacieux qui a qui a souvent été opposé les juifs seraient un élément exogène qui ne s’est jamais mêlé à la population qui n’a jamais parlé sa
Langue qui n’a jamais partagé son folklore ses traditions ses textes et cetera cet argument en fait s’effondre dès qu’on voit un endroit comme ça qui en fait est complètement complètement Louis X et qui pourrait qui pourrait être d’ailleurs tout autre chose qu’une synagogue euh on voit bien que esthétiquement architecturalement
Artistiquement euh et donc donc pourquoi pas dans d’autres domaines les Juifs en fait étaient des des gens de leur temps et de leur lieux comme tout le monde alors pourquoi je vous montre ça c’est pour passer maintenant à l’Italie où se trouve donc notre manuscrit dont vous allez bientôt savoir un peu plus
L’Italie du Nord où beaucoup de Juifs provençaux sont arrivés à partir du 17e siècle et la première chose qu’ils ont faite c’est de construire des synagogues dans le style provençale celle-ci est à CÉO CONI en français dans le Piémont c’est une des plus belles synagogues à
Mon sens de de d’Europe et elle est construite dans une dans un style qui évoque profondément les synagogues provençales qui d’ailleurs ressemblent d’assez près à celle de de Carpentra et à à CONI quand on se promène dans la grande rue l’avenue de Rome il ne faut pas être surpris de rencontrer le
Magasin de tissu Cavaillon puisque la famille Cavaillon qui a quitté Cavaillon quelque part au milieu du 16e siècle S étbl ABL en fait assez assez près de la frontière française et existe toujours la seule chose vous voyez c’est que le nom est orthographié à la manière italienne donc rien d’étonnant à ce que
Des des choses de Provence se retrouvent en Italie puisqueen fait tout ça a été véhiculé par des des migrations j’en reviens donc à mon manuscrit euh qui est comme je vous l’ai dit un recueil factice mais alors ce qui est intéressant c’est que sur toutes ces pièces reliées ensemble il y a des
Espaces vierges évidemment toutes les pages de titres qui ensuite se retrouvent au milieu du manuscrit puisque tout ça se retrouve en sérié euh relié ensemble quand il y a un espace vierge euh à une époque où on achète pas son papier chez le le le dans le supermarché
D’en bas mais où déjà le papier est une denrée fort rare qui n’est connu que depuis quelques siècles que d’ailleurs on écrit encore assez souvent sur du parchemin qui est une denrée encore plus rare puisque euh c’est un matériau complexe à fabriquer coûteux euh qui demande un certain investissement et à
Tel point comme vous le savez qu’on prenait souvent d’ailleurs des parchemins de réemploi qu’on grattait pour réécrire par-dessus ce qu’on appelle des palmpsestes et cetera mais alors parfois quand il y avait des espaces vierges j’avais même pas besoin de gratter et d’effacer ce qui était préalablement écrit puisqu’il y avait de
La place on en profitait pour écrire des choses dans les marches dans les coins dans les blancs divers et variés quand on avait des choses à noter des brouillons des listes de comptes des des notations diverses différentes choses des essais de plume des des entraînements d’écriture divers et
Variés et alors notre recueil factice est couvert de petits essais de plume petits textes des noms des listes des choses postérieures qui semblent tous plus ou moins datés de la fin du 16e siècle et qui ont été manifestement ajouté dans La Provence pontificale du côté de Carpentra ou d’Avignon euh
Au probablement au moment où tout ça a été relié ou peu après avant que le manuscrit passe en Italie mais après le moment où il a été compilé euh alors euh ce qui me permet aussi de savoir que tout ça date de la Provence
De la fin du 16e siècle c’est qu’il y a des listes de noms euh des noms juifs du compte àenessin Naquet Crémieux valabreg euh différents noms euh dont d’ailleurs certains sont encore portés euh mais euh qu’on peut retrouver dans les prosopographies dans les listes de noms des Juifs de Carpentra de cette
Époque-là ce qui permet en fait avec les prénoms et puis euh les les comment les les successions les associations conjointes de différents noms euh dans une même notation de de d’établir à peu près la date à laquelle toutes ces annotations ont été ajoutées donc vers la fin du 16e
Siècle du côté de Carpentra ou d’Avignon euh donc toutes ces annotations généralement n’ont pas grand intérêt à part qu’ell nous indique qu’il existait un certain Mardoché naket ou Aaron alfanderi ou Isaac Crémieux qui s’amusait à noter son nom dans la marche du manuscrit et euh donc essentiellement des annotations assez assez
Insignifiantes en y regardant de plus près il y a une qui a attiré mon attention c’est celle-ci alors j’ai détouré c’est la la le premier le le premier rectangle là qui est donc tiré du fac similé du manuscrit deux lignes en lettre hébraïque ces lettres qui ne ressemblent
Pas à l’hébreu carré que vous avez en dessous c’est bien de l’hébreu mais c’est une sorte de cursive de type provençal qui était employé à l’époque pour écrire l’hébreux d’une manière assez rapide une cursive comme vous vous voyez vous savez que votre écriture cursive ne ressemble pas au lettre
D’imprimerie mais là c’est un peu la même chose c’est une sorte d’écriture manuscrite assez assez laeste des des Juifs provençaux de l’époque sauf que quand on lit ces lettres hébraïqu ça n’est pas de l’hébreu euh et euh une fois transcrit donc on obtient quelque chose qui phonétiquement se
Déchiffre comme le texte que vous avez c-dessous euh A B r quand la Laour vous attend en vous Boulant vot VOST B kerquet en vous brûlant Jess ou content de tenis mes amours segreto ça ressemble à du français ça ressemble plus à du français qu’à de l’hébreu en tout cas mais on
Comprend pas forcément de primabor ce dont il s’agit en tâonnant en cherchant en lisant beaucoup euh en utilisant aussi euh les moteurs de recherche qui sont assez commodes pour ça je découvre ce poème poème galant en français dans le style de la playéade oh beau laurier que neige comme vous d’un arbre dur
L’insensible racine pour ne ressentir plus les coup dont l’amour blesse ma poitrine je passe à la dernière strophe heureux laurier quand le feu vous atteint en vous brûlant votre feuille craquette et moi brûlant je suis contraint de tenir mes amours secrètes et vous voyez moyennant quelques corruption quelques déformation
Quelques altérations c’est en fait le même texte qu’on a ici avec un télescopage des trois premiers mots au beau laurier qui remplace heureux laorier du de la dernière strophe mais c’est manifestement la même chose ch qu’on a de l’un à l’autre alors comment un poème galant dans le style de la
Playéade qu’on retrouve dans des recueil imprimé vous voyez ça s’est tiré d’un livre imprimé à rouan en 1623 comment ça finit par se retrouver dans un dans une notation marginale d’un manuscrit hébreu du compaveissin et c’est là que ça commence à devenir intéressant vous voyez que ce
Poème est titré a de cours et qui vient dans une section de ce livre de poème intitulé chanson c’est une CHANS son en fait sont les paroles d’une chanson dont il existe au moins quatre arrangements musicaux donc vous avez la liste ici chez Guillaume Tessier Jacques salmon pierre Bonet et Gabriel bataille quatre
Compositeurs de ce qu’on appelle à partir du début du 17e siècle des aires de cours donc de la musique polyphonique voué à être interprété en petit comité souvent avec accompagnement de lutte ou de de quelques instruments pas de la grande musique chale ni non plus de la musique c’est ce
Qui ce qui en fait devient à la fin du 17e siècle ce qu’on appellera des aires de ville ou veau de ville ces aires en fait que tout le monde pouvait chanter qui était composé par des compositeurs mais qui très vite entraiit euh dans enfin se diffusaiit et devenait le le
Patrimoine commun en quelque sorte des compositeurs qui en faisait différents arrangements en y mettant chacun du sien en ajoutant sa voix polyphonique son ses ces ces ces arrangements euh divers alors euh pour vous montrer à quoi ressemblent ces arrangements en voici un le plus ancien celui de euh celui de
Tessier bon là on a que la voix de ce qu’on appelle le supérius donc la voix du haut la mélodie mais dans le reste du recueil on a tout la tout l’arrangement polyphonique de cette chanson donc euh au beau laurier que neige comme vous d’un arbre dur l’insensible racine et
Cetera la question de savoir ce que cette chanson maintenant qu’on a établi que c’est une chanson et pas juste un poète m galant ce que cette chanson fait dans notre manuscrit Hébreux se pose toujours en tournant virtuellement puisque c’est un fac similé en tournant le feuillet de du manuscrit dans lequel
On a trouvé cette chose je découvre cette chose-ci alors c’est toujours de l’hébreu une notation beaucoup plus soignée parce que cette fois-ci on ne note pas du vernaculaire en lettre hébraïque mais bien de l’hébreu hébreu en lettre hébraïque c’est une sorte de poème pieux euh assez facile à
Déchiffrer et assez facile à traduire qui en fait est un raccommodage de citation de la Bible euh vous voyez l’origine de chaque de chaque verre en fait est indiqué c’est un peu recombiné pour former des vers qui euh riment et euh qui euh ont une structure prosodique euh correspondant à une poésie
Euh donc c’est une élégie vous voyez vous pouvez lire l’Éternel a aboli le lieu de sa sainteté et Sion est un champ qu’il a labouré c’est le thème bien courant dans les la poésie liturgique juive de la destruction de Jérusalem l’exil et la perte de du du sanctuaire et ainsi de suite
Or quand on regarde ce poème il est fait de ver de euh de strophe donc de quin de de ver de 10 syllabes les deux premiers qui sont plus longs et de H syllabes les deux derniers qui sont plus brefs exactement comme ça les straophici
Sont faites de ver de 10 syllabes et de ver de 8 syllabes cette euh ressemblance n’est absolument pas une coïncidence en fait ce qu’on a là c’est tout simplement un signe que euh notre juif contadin anonyme de la fin du 16e siècle s’amusait à composer des poèmes en
Hébreu euh à usage liturgique destiné à être chanté sur des aires de remploi des aires à la mode au beau laurier que neige comme vous qui devait chanter qui devait circuler dans le pays l’air devait lui plaire et il s’est dit ben tiens sur cette a qui correspond à des vers de 10
Et du syllabes on va composer une élégie hébraïque pour chanter à la synagogue sur des des avec des ver donc de 10 et 8 syllabes la pratique pourrait étonner prendre des aires profanes surtout des chansons galantes des chansons des des chansons d’amour ou de des élégies amoureuses pour composer des élégies sur
Le temple de Jérusalem mais en fait cette pratique était assez courante on trouve d’ailleurs chez les rabins de l’époque des remarques des des des vitupérations même contre les Juifs qui s’amusent à ce genre de choses euh précisément dans ces années-là en 1602 il y a un rabin assez fameux Samuel
Arkevolti qui officié à Padou et qui déplore dans un traité de grammaire et de composition poétique qui déplore la mode alors en plein essort aussi en Italie consistant à composer des euh des des poèmes pieux sur les chansons impures de la populace dit-il ce qui est coupable de faire entrer dans le le
Sanctuaire de la synagogue des évocations d’obscénité d’impureté et de trivialité par qu’ évidemment on pouvait supposer que les gens qui chantaient les les les malheurs de Jérusalem sur l’air de du du laurier se rappelait peut-être le ton un petit peu galant de la poésie amoureuse mais les rabins n’étaient pas
Les seuls à faire ce genre de chos et à s’en offusquer puisqueen fait c’est une pratique qui est extrêmement courante dans la France de l’époque c’est les les catholiques et les protestants composaient très abondamment des paroles pieuses de cantique de Noël d’hyne Mario et autres sur des chansons à la mode ça
S’appelle la parodie spirituelle on en trouve des des des des milliers d’exemples dans la littérature poétique et musicale de l’époque j’en ai fait une petite mosaïque pour que vous ayez une idée de matériaux assez semblable vous voyez Noël enfin notre Dieu favorable à nos pleurs s’est laissé fléchir sur
L’ère de Nanon la belle jardinière Noël il n’est plus de guerre le ciel sentonire règne absolument pasteur venez promptement sur l’air je suis déjà louche j’en ai plein ma bouche cantique pour le jour de Noël sur l’air la pastourelle C kosido et un air du sur le Saint
Sacrement sur l’air j’ai aimé un pastourau la pastourelle et le pastourau et puis encore plus évocateur un Noël nouveau je l’aime beaucoup celui-là sur l’air de Biribi donc vous voyez la chose se faisait d’ailleurs et elle se faisait tant qu’on trouve même un champ chrétien sur l’air de notre laurier vous voyez
Dans un recueil qui s’appelle la pieuse Alouette imprimé à Valencienne vers 721 un recueil de chant à sujet édifiant on trouve une chanson sur le trèssain nom de Jésus au Jésus non dou coulant comme miel au dou Jésus au céleste roisie à chanter sur l’air mondain au
Bolorier que neige comme vous on le retrouve ici donc les Juifs n’étaient pas les seuls à composer des parodies spirituelle sur ces aires et même sur cette air en particulier c’est c’est un air donc dont on a gardé amplement la trace et et et et rien ne nous empêche même de
Le de de de savoir comment il sonnait puisqu’on on dispose évidemment du texte français du texte de de la parodie spirituelle hébraïque de la mélodie qui a été abondamment notée et avant de passer à ces évocations musicales un mot peut-être parce que il y a une chose que
Vous avez vu mais sur laquelle je suis pas revenu vous avez vu que la manière dont ce texte est transcrit dans notre manuscrit hébreu ne ressemble plus trop à du français le laurier devient Laurier à la provençale les amours secrètes les amours segro euh et tout ça vostobellokerquet ça ressemble plus
Vraiment à la feuille qui craquette tout ça semble avoir pris un sens nouveau en provençal et effectivement ce texte là même si phonétiiquement il ressemble à peu près encore au texte du poème du poème français il c’est c’est déjà un nouveau texte en fait il a été patoisé il est il est
Passé à travers le le moule broyeur de la tradition orale et ce qu’on voit ici j’entre peut-être pas aujourd’hui dans les détails linguistiques parce que sinon on nurait pas le temps de tout voir et ce serait dommage ce qu’on voit ici c’est qu’en fait ces textes parisiens ces textes français
Circulaient dans les provinces à l’oral ils étaient nécessairement connus à l’oral puisqueensuite quand on composait des Noël ou des champs Hébreux qui était censé reprendre l’air connue de tous de ces chansons là ça supposait qu’en fait on savait déjà et qu’on avait ensuite plus qu’à plaquer les paroles que ce
Soit le temple de Jérusalem ou le dou nom de Jésus chacun était censé connaître ses aires et donc on les chantait par tradition orale en en en déformant donc sans doute un peu la mélodie en en déformant aussi les paroles quand on savait pas très bien le
Français le français vous le savez au 16e siècle au 17e siècle était encore fort mal connu dans les provinces du midi racine encore quand il raconte son voyage à usè ilofus que personne ne ne comprend ce qu’il raconte en français et que même les dames de du du beau monde
Parl entre ell en provençal donc quand naturellement ces champs français étaient travestis en fait adapté remâé dans des dans des des des formes provençales un enseignement tout à fait curieux qu’on aurait jamais pu dont on aurait jamais pu voir l’ampleur finalement sans sans ces transcriptions en lettres hébraïques j’en reviens maintenant à
L’interprétation parce que finalement la philologie certe est belle lorsqu’elle nous permet de savoir comment on prononçait le français dans La Provence du 17e siècle et de la fin du 16e siècle c’est ça finalement qui m’a amené à ces manuscrits là mais finalement ce que le profan et le philologue aussi est en
Droit de se demander c’est comment sonnait tout ça que comment quel comment étaient ces aires qui raisonnaient dans ces synagogues provençales dont on a vu l’aspect toutes ces liturgies se sont évidemment éteintes les Juifs provençau n’existe pratiquement plus les descendants de ces familles n’ont plus aucune idée de comment se passe le
Rituel des synagogues et ce rituel lui-même est parfaitement éteint et ici la philologie permet de reconstituer ces champs de les de les entendre à nouveau de de les faire rejaillir comme les les voies gelées du carlivre de rabelet c’est ce que je me suis appelé à faire
Avec les chanteurs de du Centre de Musique Baroque de Versailles euh une honorable maison dépendant du CNRS qui a pour mission de faire rayonner la musique française du 17e siècle et finalement c’est peut-être par la petite porte une manière d’entrer dans la musique française du 17e siècle
Voici donc avec le fronton de l’Hôtel des menus plaisirs du roi où se trouve le centre de musique baroque l’légie hébraïque sur l’air d’eau beau laurier interprété par les chantres de cette maîtrise est-ce que ça va [Musique] sonner [Musique] donna [Musique] u [Musique] [Musique] bu [Musique] DA [Musique] [Applaudissements]
Voilà donc à quoi une philologie patiente peut mener alors ça n’est pas tout ce fameux manuscrit dont vous venez d’entendre une déjà un fragment ressuscité il contient autre chose un peu plus loin on découvre ce texte qui est noté encore plus à la hâte encore plus mal
Que le précédent et qui comme le le précédent n’est pas de l’hébreu je vous passe les différents embarras de déchiffrement qui m’ont amené à produire la trans description suivante cette fois-ci c’est du provenal du provenal à peu près pur du provenal de la fin du 16e siècle certes
Localisable dans la vallée du rhô puisque vous savez d’un dialecte à l’autre il y a pas exactement les mêmes traits phonétiques et lexicaux les mots on nemploie pas les mêmes mots partout et dans les mêmes formes et donc en comparant avec ce qu’on sait des dialectes modernes on peut localiser
Assez précisément des textes et donc vous voyez on a deux strophes d’un texte de factur assez rustique des verrs courts avec beaucoup de répétitions euh vous avez la traduction sur la droite je vous laisse le soin de lire cette ce texte qui de toute évidence est une une chanson populaire
Il est question vous voyez d’une d’une dame Jeanne qui paraît un peu malveillante et dont on apprend à la deuxième strophe qu’elle vend du vin c’est une cabartière un peu un peu fcécieuse qui ne mêle pas son vin d’eau à l’époque on buvait presque toujours le vin mais
D’au ne pas mêler son vin d’eau c’est un signe de de débauche de lacivité peut-être on pourrait imaginer la suite de la chanson parce que sans doute elle avait une suite mais malheureusement on a que ces deux strophes c’est déjà beaucoup alors ce ce texte de de sa forme on peut déjà
Déduire que ça se présente comme une chanson vous voyez parce qu’il y a des répétitions pourquoi est-ce qu’on aurait noté deux fois danaumustau d’aller à sa maison alors que voilà dans un poème voué à être écrit on ne répète pas on ne répète pas des vers c’est typique
Des chansons de répéter des de répéter des des vers comme ça donc déjà on peut déduire qu’on a le texte d’une chanson sal fort ancienne puisque toujours dans notre manuscrit de la fin du 16e siècle ou du tout début du 17e peut-être euh que cette chanson comme je vous ai
Dit est localisable dans la zone Contadine il y a quelques traits langdoiens mais il faut pas s’étonner en fait de voir des traits du langdoc même si le manuscrit a été noté de l’autre côté du rô dans le compte àenissin puisque’en fait beaucoup de Juifs du comp à venissin à cette époque arrivaiit
Directement du langdoc d’où ils avaient été chassés un peu plus tôt d’ailleurs beaucoup de ces famille euh porte des noms de localité qui se trouvent qui se trouvent en langdoc euh il y a un exemple évident la famille mot Milot fameux compositeur Darius Milot qui était du compte àenessin mais
Mot comme vous le savezi deel au se situe de l’autre côté du du rô et toutes ces familles donc étaient un peu à cheval entre la Provence et le et le h dooc et euh tout ça n’est pas n’est pas surprenant euh mais au-delà de ça il y a une chose
Euh que aussi euh enfin à laquelle vous devez vous attendre bon si euh ce texte qui se trouve là dans ce manuscrit euh a été copieré probablement de la même main que le précédent c’est sans doute parce qu’on avait l’intention de composer un poème Hébreux sur cette are alors en
Cherchant un peu dans dans les pages environnantes je n’ai pas trouvé la le la parodie spirituel les musicologues aussi appellent ça une contrafacture quand on rédige un nouveau texte sur un air préexistant je n’ai pas trouvé la contrafacture hébraïque correspondant à ce texte probablement que si elle a
Existé elle a été notée ailleurs sur un autre sur une feuille volante ou sur un autre manuscrit qui a été perdu en revanche ce texte qui euh est déjà un fragment fort ancien de littérature populaire occitane euh n’est pas connu par ailleurs aussi loin qu’on puisse rechercher dans les document dans la
Littérature provinçale ancienne on ne retrouve pas d’autres versions de ce texte en revanche on en retrouve une trace parce qu’il a aussi servi pour composer une parodie spirituelle chrétienne Nicolas saboli maître de chapelle à Avignon fameux compositeur de Noël qui sont encore chantés dans les crèches provençales a composé comme vous
Le voyez ici un Noël sur l’air de si Jan meevau Mao exactement la même chose qu’on a dans notre manuscrit sauf que jusqu’à maintenant on connaissait par saboli simplement le premier vers de cette chanson on savait que il la connaissait à tel point qu’il a écrit un
Noël sur cette are mais on av’avait pas le texte complet de la chanson ce qu’on peut faire maintenant c’est comparer les deux textes chose qu’on peut très rarement faire avec des textes provençaux vous avez vu des des parodies spirituelles en milieu chrétien on en a beaucoup et
Souvent les air français j’ai aimé un pastourau ou Nanon la belle jardinière ou comme on l’a vu au beau laurier on peut retrouver les textes et les musiques comme ça ils existent encore mais en revanche quand on a et ça a été fait assez souvent des cantiques
Composés sur des champs en patoi comme celui-ci qu’on avait dans le coin sur l’air de la pastourelle au C cososido ou plein d’autres Noël de saboli vous voyez par exemple celui-là sur un air votre fillette au cavis de Galin tous ces airs populaires provençaux qu’on prenait aussi comme base pour des parodies
Spirituelles eux ils n’ont laissé aucune trace il y a pas eu de folkloristes avant la fin du 19e siècle qui se sont occupés d’aller recueillir le folklore des provinces donc de tous ces textes on a finalement qu’une espèce d’ombre simplement ces premiers vers ces tout petits fragments de premiers ver qu’on
Trouve dans des recueils de Noël comme ceux de saboli ou d’autres et là pour la première fois on on a un peu plus qu’un premier verre on a deux strophes entières d’un champ populaire provençal dont on sait déduisant ce manuscrit naturellement qu’il était connu des Juifs qu’il était connu des chrétiens à
Avignon à la même époque il y a encore une autre parodie spirituelle qui est écrite en Auvergne à peu près dans les mêmes années sur ce ce champ si jeanomevo Mao ce qui montre qu’il circulait ben assez assez largement aussi vers vers des provinces beaucoup plus au nord
Et et et et et c’est le seul en fait c’est la plus c’est finalement le plus ancien texte de chanson folklorique provençale dont on dispose avant le 19e siècle et alors [Musique] euh ce qu’on peut déduire aussi de ce textelà comme on comme on pouvait déjà déduire du texte précédent que les Juifs
À l’instar des chrétiens chantaient volontiers des aires de cours parisiens sous une forme légèrement euh patoisé là on en déduit euh que le folklore la matière purement orale vernaculaire populaire qui euh devait animer les veiller ou les liesses populaires des juif de Carpentra et d’Avignon étaient exactement les mêmes que ce qui animait
Les euh les occasions festives de la population nonjuive je vous propose d’essayer de vous figurer un instant ce que pouvait être ces lièes provençales elles ont été décrites par un rabin d’Avignon à la fin du 19e siècle en un temps où la Société populaire ressemblait peut-être encore
En tout cas ressemblait plus à ce qu’elle avait été à la fin du 16e siècle qu’à ce qu’elle est aujourd’hui et où il raconte bon il s’appelait Boer il arrivait d’Alsace mais il s’était assez bien acclimaté à la vie provençale et il décrivait comment se passaient ces fêtes
Juives du contat euh où on récitait dans la synagogue une sorte de thédéom en hébreu composé pour la circonstance puis on s’amusait dans la juiverie banquet festin illumination feu de joie distribution de châigne roti et de Nouga sur la place de la carrière la carrière c’est le quartier juif à Avignon et à
Carpantra rien ne manquait et comme dans ce pays tout doit finir par des chansons et des danses on ait quelqu que vieill org de barbarie et tous ces malheureux persécutés oubliant pour un jour leurs soucis et leurs souffran se rendaient brasdessus bras-dessous le cœur à l’aise
Dans la salle de bal si originale de la juiverie voilà de quoi nourrir l’imagination mais faut-il se contenter de l’imagination puisque là encore euh la découverte ne s’arrête pas là il se trouve que le Noël de saboli don dont on a vu qu’il a été composé sur cette
Terre ce Noël il a mieux survécu dans la tradition orale que la chanson populaire qui lui procurait son air qui lui pourvoyait son air c’était chanté dans les églises ça avait acquis un statut semisacré en quelque sorte et puis tout ça finissait par se se par intéresser
Les gens on faisait des collections d’ de Noël justement comme on savait plus les aires populaires sur lesquelles on les chantait on a commencé à noter les partitions de ces Noël et puis à la fin du 18e siècle il y a eu quelqu’un comme ça qui a noté tous les aires des Noëls
De saboli pour justement qu’on puisse encore les chanter au 19e siècle tout ça a été édité par un certain Seguin à Avignon et il a noté donc le Noël où il est question de la Vierge Marie et de Bethléem on a vu tout à l’heure des paroles ici avec son
Air d’origine et cette air c’est donc l’air euh qui avait été initialement celui de notre chanson sur la cabarotière Jeanne qui ne mèle pas son vin d’eau il suffit donc pour avoir la chanson complète texte issu du manuscrit et euh musique de plaquer les paroles méticuleusement transcrites de notre quasi illisible manuscrit
Hébraïicprovencal sur l’air que qui a survécu attaché aux paroles du Noël de sabolie et nous avons non seulement le plus ancien texte de chanson provençale folklorique euh en té d’attend de plus de de siècles les matériaux des folkloristes de du 19e mais en plus on
En a la mélodie de là à le faire interpréter par mes chanteurs de Versailles il n’y a qu’un pas je l’ai fait et avanttiers nous étions à mon bureau de chercheur réunis avec donc trois de ces chanteurs à nous figurer que nous étions à une liesse provençale pour pour vous mettre un peu
Dans l’ambiance voici un tableau de l’encret qui même un peu plus tardif nous donne un petit peu l’ambiance de ces fêtes champêtrre où on buvait où on sonnait de la musette et où on dansait gamement et voici le champ d’ailleurs accompagné de musette tout ça est historiquement informé comme disent maintenant les [Musique]
Musicologues [Musique] [Musique] trar [Musique] voilà donc en grande première en grande première cet antique champ provençal reconstitué par les mérites à nouveau d’une philologie patiante cet art qu’on cultive si bien à l’École des chartes je vous ai montré un manuscrit alors il est très très beau ce manuscrit
Il est formidable il contient deux textes tout à fait singuliers vous en conviendrez mais c’est pas tout des manuscrits comme ça j’en ai trouvé finalement en cherchant dans mes catalogues en épluchant toutes les ressources fournies par les conservateurs des bibliothèques du monde entier où se trouvent éparpiller des
Manuscrits issus des Juifs du compte àenessin puisqueévidemment tous ces manuscrits ont beaucoup voyagé ont été pillés acheté vendu donné transmis au gré des migrations des guerres des génocides des des ravages divers et variés dans tous ces lieux et ensuite des du marché des antiquités puisque les manuscrits hélas
Obéissent souvent jusqu’au moment où ils arrivent dans les collections publiques ils obéissent à la loi terrible du marché des des des objets anciens et de la collection ces manuscrits donc se sont retrouvés pouit disséminer un peu partout et des manuscrits liturgiques des Juifs du compte àenessin on et d’ailleurs pas que
Liturgique puisque vous savez vous voyez même cela c’était pas des c’était pas un manuscrit liturgique il s’agissait de liturgie mais le reste du manuscrit c’était c’était autre chose donc il faut il faut aller cherché assez large tout ce qui peut avoir été produit dans le compte àenisin ou être passé même par le
Compte àenisin où on aurait ajouté des annotations dans dans le genre de ce qu’on a ici ces manuscrits donc se sont retrouvés un peu partout il y en a à New York à Jérusalem à Duque beaucoup en Italie à Rome au Vatican en France dans différents endroits évidemment à Carpentra à la
Fameuse bibliothèque inginbertine si si connu à la fois pour ses collections et son l’hôtel particulier dans lequel elle se trouve mais aussi à Bordeaux Avignon à Paris et et sans doute ailleurs dans des collections particulières aussi donc des manuscrits du compte à venessin on en trouve un peu partout et
Alors j’en ai déjà trouvé une vingtaine dans lesquelles il y a pratiquement une centaine de fragments de chansons en français et en dialecte de cet ordre-là qui sont actuellement en cours d’édition de transcription d’analyse de recoupement avec les sources non juives de l’époque permettant chaque fois de progresser dans le portrait
Extraordinaire que ces matériaux permettent de dresser du des traditions orales de la Provence dans ces époques-là ce que je vous ai montré date de la fin du 16e siècle les plus anciens que j’ai trouvé sont de la fin du 15e les plus récents de la fin du 18e et
L’essentiel date du 17e siècle du milieu et de la fin du 17e siècle puisqu’il nous reste un peu de temps j’aimerais vous montrer quelques extraits choisis de ces de ces ces manuscrits qui permettent encore d’élargir le le portrait alors ça c’est un manuscrit un peu plus récent noté par
Un certain mardocher astruuc encore un de ces vieux noms du compte à venessin qui est encore porté vers 1665 alors Astruc était Rabin et Scrib essentiellement à l’île sur Sorg dans le dans l’actuel vocluse où il y avait une petite synagogue qui a été démolie au 19e siècle et où il reste
Encore un très ancien cimetière juif avec des tombes qui remontent au 16e siècle dont évidemment les tombes de tous ces astrues euh Mardoché Astruc euh qui euh s’essayait à la poésie hébraïque avec une certaine virtuosité et qui a composé une série de champs pour différentes occasions des champs
D’allégresse des élégies des champs pour différentes fêtes juives sur des aires à la mode alors ici on en a un vous voyez ici il y a écrit autre en hébreu parce qu’avant il y a déjà un chant euh je vous montre le manuscrit en cours de en
Cours de déchiffrement je ne l’ouvre pas à sa premère à son premier feuillet euh autre are champ sur l’air de et puis là quelque chose en français ou en provençal Miku en faisant l’amour long de la grande carrière Michel en faisant l’amour le long de la grand route la Grand Rue
Plutôt qu’est-ce que c’est que ça alors encore une fois en faisant des recoupements alors le texte ensuite en hébreu ça c’est c’est de l’hébreu abarer est adonï qui rab top galanous nous je bénis le Seigneur car il m’a comblé de bienfaits je le chanterai de mon meilleur je l’exalterai de mon meilleur
Chant car un enfant vient de nous naître et cetera c’est un champ d’action de grâce quand un garçon vient de naître pour la cérémonie de la circoncision et donc ça c’est sont des banalités hébraïques mais en revanche on a ces deux vers en provençal ça n’est pas contre contrairement à ce qu’on
Pourrait croire au premier coup d’œil une chanson populaire dans le même genre que notre Jeanne et ce ce qui nous sert du vin non m les dos c’est en fait comme le premier comme le laurier un air parisien qu’on trouve dans un recueil de champ équivoque donc un petit peu l’est
Du sieur de Chany un un musicien assez connu par ailleurs qui était attaché à la maison de Richelieu entre 1620 et 1630 qui a dédié d’ailleurs à Richelieu une tablature de mand et qui est devenu un peu après le maître de musique du cardinal donc pas n’importe qui dans le paysage musical
Parisien de l’époque de Louis XI il a été plus tard maître de musique de la chapelle du roi donc voilà et puis il a composé aussi une série donc de chansons équivoqu parmi lesquelles on trouve Michot en faisant l’amour à notre boulangère la découvrite un beau jour dedans une
Fougère je vous laisse lire la suite parce que je je préfère rester c’est pudique ce soir euh et euh voilà une chanson dont la les longueurs de verre collent parfaitement avec la réécriture hébraïque sont des enfin on on on confirme en fait en en voyant l’air que ces paroles étaient
Destinées bien à être chanté sur ça et là ce qu’on voit comme dans le cas du laurier c’est que la chanson parisienne Micho en faisant l’amour lorsqu’elle circulait dans les provinces elle était à nouveau très patoisée Micho devient Mikou et puis euh ce qui est ici le deuxè la deuxème
Ligne visiblement ça doit être le 4e verre de de l’archétype euh le le le la circonstance de lieu en fait dedans une fougère euh devient avec conservation de la rime euh long de la grande carrière probablement que dedans une fougère une fois provenalisée ça coll plus fouger doit se
Dire différemment dans ce dialecte provinçal là ça ça marchait pas donc on a tout simplement pris ce qui était le plus évident le long de la Grande Rue c’est d’ailleurs plus plus plus évident c’est ce que les philologues appellent une Lexion facilior une leçon plus plus plus évidente plus facile plus plus
Commode de de se dire qu’on ne rencontre la boulangère le long de la Grand Rue que dans une fougère et voilà encore ce qui nous donne une idée assez frappante 40 ans après la composition de ce champ à Paris dans les provinces on le chanteur sous une forme devenue assez rustique
Finalement assez locale assez assez provençale c’est toute cette vernacularisation dont il est question cette vernacularisation des champs parisiens ici vous voyez elle touche un matériau qui est déjà assez populaire même si c’est le maître de chapelle du roi qui compose qui s’amuse a composé des chansons grioises sont
Quand même des chansons grioises des choses assez lestes l’UR est assez guet voilà mais cette vernacularisation elle touchait aussi des choses beaucoup plus beaucoup plus formelles beaucoup plus nobles si je puis dire dans le même manuscrit de mardocher à ce truc on trouve ah oui ça c’était simplement pour
Que vous voyez pardon je je m’interromps que Micho en faisant l’amour servait aussi encore en 1731 à des parodies il servait pour une pièce de leage vous savez le Diable boiteux Gil bla et tout ça qui s’amusait à composer lui aussi des pièces de de foire des pièces d’opéra
Comique sur des aires à la mode celui-ci en étant encore un exemple alors donc un peu plus loin dans le manuscrit d’AST ce truc on trouve ça autre encore un autre poème cette fois les Ossat àora c’est-à-dire pour la sortie des rouleaux de la loi euh à chanter sur l’air2 et quand on
Déchiffre les plaisirs à chosir pour asilo ce séjour agréable tranquillo là derrière la légère provincialisation on sent quand même assez bien le français surtout quand il s’agit d’un titre si fameux puisque les plaisir ont choisi pour asile ce séjour agréable tranquille ça n’est rien d’autre que les
Par de la passakaille d’Armide de lul un de ses plus fameux opéras au 5e acte on pouvait entendre et on peut toujours entendre d’ailleurs on donne Armide à l’Opéra Comique en juin prochain si jamais vous êtes intéressé il y a encore des places à 6 € on [Musique] entendait le séjour àé àé
Tranquille que ces liux sont charmants pour les heureux amants le Seigneur son charmant pour les [Musique] Eure [Musique] ce jour [Musique] à se son ch pour c’est son ch pour les voilà sur sur quel genre d’air on chantait les chants de de la sortie des rouleau de la Torah à la synagogue de
L’île sursorg et peut-être d’Avignon en 1687 il y a plus qu’à l’imaginer bon là j’ai pas encore eu le temps de faire chanter mes mes mes chanteurs versaillais mais j’espère l’an prochain organiser un concert à La Chapelle Royale le le lieu si prête où on chantera où les la maîtrise du Centre de
Musique baroque chantera une dizaine ou une quinzaine d’air de cette de cette farine là pour le le plus grand étonnement du public parmi lequel j’espère que vous serez nombreux mais alors pour en revenir à à ce à ce ce document la présence de lulie pour surprenante qu’elle puisse paraître en
Fait n’est pas si étonnante que ça en 787 une troupe Marseille a d’un certain Gautier a donné Armide et failleton un autre opéra de lulie à Avignon c’est très probable que Mardoché à truc se trouvait parmi le l’auditoire comme un grand nombre de juifs ou alors
Si ça se trouve il ne s’y trouvait même pas mais l’air ayant été chanté pendant toute une saison à à Avignon par ses chanteurs d’opéra enfin le l’opéra entier ayant été chanté les airs circulaient on les répétait on les chantait dans les salons on en vendait peut peut-être la partition sur dans
Dans les rues on on composait des parodies spirituelles chrétiennes sur ces air et on composait aussi des parodies spirituelles juives sur ces aires le la manière dont ils étaient chantés était sans doute beaucoup plus rustique beaucoup plus patoisée beaucoup plus rocailleuse peut-être beaucoup plus vernaculaire que ce qu’on peut imaginez
En entendant cet enregistrement d’opéra que vous venez d’entendre et c’est aussi une des déductions qu’on peut tirer de ces manuscrit où le français le texte la la la matière textuelle est folklorisée vous voyez comment tranquille devient tranquillo avec un o qui est clairement noté dans le manuscrit hébreu c’est
Final provenal donc même quand il chantait ses aires de Luli Mardoché à ce truc et ses contemporains juifs et non juifs devait pas chanter ces plaisirs ont choisit pour asile ce séjour agréable tranquille mais quelque chose de beaucoup plus beaucoup plus conforme à leur élocution à la manière dont ils
Entendaient le français et dont ils le le transmettait à travers leurs organes provençaux si je puis dire ça c’est ça confirme donc ce qu’on a vu mais au-delà de ça il y a une série de textes qui alors oui une série de textes qui confirme des choses qu’on
D’autres aspects de ce qu’on a vu mais d’une manière encore plus éloquente ça c’est un peu plus ancien c’est dans un manuscrit assez semblable composé par un certain Ie Crémieux qui était aussi Rabin dans le compte à venessin à cette époque un peu avant as truc et c’est une
Une élégie qui se chante sur un air hélas que dir village verab et là ce que diront-ils au village quand ils me verront quitter la soutane et alors cette chanson dont j’ai retrouvé une autre trace par ailleurs c’est une chanson où il était question de des malheurs d’un curé
Défroqué qui après avoir quitté les ordres s’inquiète-elle de l’opinion publique comme le titre le laisse entendre là ce que ça nous montre c’est que le matériau chansonnier dans lequel les Juifs puisaient au cas où on en doutait encore n’avait rien de juif c’était c’était des chansons où il était
Même question de curé vous voyez donc ça vous montre encore s’il fallait le rappeler à quel point tout ça dépasse bien largement le simple intérêt du folklore juif si tenté qui a eu ce qui en fait n’est absolument pas rien rien ne permet de dire qu’il y a eu un
Folklore juif provençal différent du folklore provençal et c’est bien l’intérêt de tous ces tous ces manuscrits de même ce texte là qui est assez singulier qui rejoint un peu le qui rejoint peu en fait l’histoire littéraire de la France vous allez le voir dans un instant c’est un air qui
Encore une fois n’a rien à voir avec avec le judaïsme on comprend déjà à peu près ce dont il est question qu’il est au régiment de garde comme un cadet il est au régiment des gardes comme un cadet si vous préférez tout ça évoque les régiments des gardes françaises les trois mousquetaires
Peut-être vous voyez cette ambiance des chansons des gardes françaises de l’époque épque Louis 13 de l’époque de richolieu et effectivement c’est ça on trouve dans les historiettes de talemand des RO le fameux mémorialiste si passionnant pour l’histoire des du du peuple au 17e siècle qu’il existait une
Chanson elle est au régiment des gardes comme un CAD chanson en fait qui circulait assez largement si bien qu’ en 1637 au moment dont il est question ici le peuple avait composé une chanson dont vous avez le texte euh pour se moquer de la duchesse de Chevreuse Marie de Rohan
Qui au moment où elle craignait d’être arrêtée sur ordre de Richelieu avait quitté tour pour l’Espagne déguisé en homme et tout ça avait fait avait fait jaser les satiristes et on avait composé cette chanson La Boissière dis-moi vage pas bien en homme vous chevauchez ma foi mieux quand que
Tant que nous sommes elle est au régiment des gardes comme un cadet comme dans la chanson d’origine la chanson d’origine donc avait ces mêmes vers à la fin mais il s’agissait d’une piémontaise ça s’appelait La Belle piémontaise alors il y a différents air qui ont été composés là-dessus l’air se retrouve et
Puis là je vous donne pas la partition dans la source ancienne mais que vous voyez un peu le genre de document de travail que je soumets à la sagacité de mes chanteurs versaillais on a ici l’air en question s’il y a des chanteurs parmi vous vous
Pouvez vous essayer à à à le chanter avec les paroles de du manuscrit de d’ lit d’alpuget autre vieille famille du contat euh c’est avignonnais ça eft na C fataille l’éohim mousénou j’ouvriraai volontiers mes lèvres pour toujours chanter les gloires du Seigneur qui euh car il nous a comblé de bienfaits
Encore une fois toutes sortes de de louanges qui ressemble d’ailleurs assez d’assez fort d’assez près l’autre texte qu’on a vu composé sur l’air de Michot Mikou et de là à la transcription et à l’interprétation il n’y a encore qu’un pas un autre type d’enseignement qu’on peut tirer de ces textes tout aussi
Singulier se trouve dans ce ce fragment tiré ici du manuscrit à ce truc on lit donc que garizoun ve veille que je te donne je neessis pas fille d’un médecin quelle guérison veux-tu que je te donne je ne suis pas fille d’un médecin on sent la réponse de l’amante courtisée à son amant
Éploré qui se plaint qu’elle est cruelle ou ce ce genre de chos mais au-delà de ça cette chanson elle existe dans d’autres sources on la trouve dans des recueils de chansons folkloriques à partir de la fin du 19e siècle je vous ai dit tout à l’heure qu’à la fin du 19e
Siècle il y a eu des grandes campagnes de collecte euh des des champs folkloriques des différentes provinces des érudit sont allés avec leurs carnets Notter comment on chantait encore dans les différentes régions Comment le peuple chantait encore dans les différentes régions reculées de la France et alors à partir de des années00
1860 on trouve dans pas mal de provinces différentes variantes d’un champ où on trouve ses verres quelle guérison veux-tu que je te donne je ne suis pas le fils dans mais de Saint ici mais bon du fils à la fille il n’y a qu’un pas encore une fois là donc ça CIT vous
Voyez en en bas Poitou euh ça c’est une version du Dauphiné euh réveille-toi ma si jolie bergère car ton sommeil me cause du malheur quelle guérison veux-tu que je te donne je ne suis pas fille d’un médecin j’ai parcouru les plaines et cetera on trouve ça un peu partout il
Y a une version en en Haute-Bretagne dans la vallée d’aost en Italie vous savez la région d’Italie où on parle encore français dans la Drome même dans le canton de nechâel une petite trouvaille qui m’était cher puisque je reviens de euh de de quelques années où j’ai travaillé pour pour ce l’université
De cette cette ville de Suisse euh et donc dans le BAP Poitou et même dans le Canada français où on conserve comme vous le savez sans doute euh non seulement certaines tournures langagères mais aussi une partie du folklore de l’ancienne France et euh on retrouve s verre quelle guérison veux-tu que je te
Donne je ne suis pas fil d’un médecin dans toutes ces régions mais en différentes époques différents différentes collectes folkloriques échelonné entre 1860 et maintenant et là ce qu’on découvre chez Crémieux as truc pardon c’est que c verre cette chanson cette complainte amoureuse qu’on retrouve un peu partout
Elle existait déjà en 1680 en Provence et elle circulait déjà avec ces deux vers qui étit à peu près intact on fait un bon de de siècles en arrière rien ne nous permettait si ce n’est Simp simplement de nous dire bon elle est connue partout donc elle est ancienne
Mais tout ça c’est sont des tâonnements des déductions et là on a une preuve positive philologiquement irréfutable que cette chanson ce ce type cet archétype folklorique existe déjà de de de de siècles avant sa première attestation non hébraïque autre chose à côté de texte qui circulent dans toute la France on a
Aussi de l’ultra local vous voyez ici toujours chez Astruc un chant qui commence par les mots adieu la ville au d’Avignon qui n’a laissé aucune autre trace malheureusement mais vous voyez qu’il puisait aussi dans de la chanson ultra locale probablement que une chanson qui mentionnait la ville d’Avignon ne devait pas circuler bien
Au-delà euh on euh on a encore ici une illustration de la manière dont ces champs pouvaient prendre comme air comme indicateur mélodique des champ lest vous vous rappelez l’irritation de Samuel arkevolti se déplorant les les évocations impure de la populace dans les synagogues qu’aurait-il pensé de l’air le moucheron sur le tonneau qu’on
Retrouve en fait dans un recueil d’air d’air à boire imprimé à Paris en 1680 les moucherons sur nos tonneaux dans nos caves se divertissent leur petit cœur s’épanouissent à boire de nos vins nouveaux que leur instinct est admirable de s’enivrer avant que de mourir faisonsen de même à la table
Buvons buvons buvons tout ça inspirait semble-t-il les Juifs avignonnais qui composaient là-dessus encore un air pour la sortie des rouleau de la loi qui devait être une occasion décidément bien gai voilà alors au-delà de ça on trouve des chants de moissonneur des chansons galantes de tous ordres des chansons
D’AM amour des chansons de brigand euh des complaintes des des air en Patis des air en français des air entre mêlant les deux euh encore des aires de cours des aires à boire des chansons des gardes françaises dont on a vu un exemple mais j’en ai au moins trois peut-être quatre
Des aires d’opéra de l’ully j’en ai un autre de l’ully quelques autres plus ou moins travestis plus ou moins plus ou moins adapté euh et chacun de ces textes dans leur variété somme tout assez assez large lève un petit pan du voile qui jusqu’ici couvrait l’ambiance sonore et culturelle et
Textuelle non seulement des juiveries du compte à naissin mais surtout du paysage musical de l’ancienne France tout entière on voit avec ces matériaux les destinées des aires qui formaient le répertoire collectif du peuple à une époque où le peuple peup le chantait encore et où l’oralité était centrale était
Fondamentale dans la vie des gens de cette époque et malgré cette centralité une oralité qui a laissé si peu de trace au-delà de ça à mon sens le plus grand apport de ces quelques trouvailles c’est qu’elle montre aussi à quel point des matériaux comme je vous l’ai dit produit
Par des minorités peuvent fournir des renseignements précieux et pertinents sur le de la majorité ça n’est pas un intérêt détailliste et marginal et communautaire pour les antiquités de l’hébraïsme français qui justifie qu’on se penche sur ces choses-là c’est véritablement l’histoire du peuple français de cette
De de son folklore de ses champs de ce qu’il a animé de ce qu’il a fait vibrer pendant tous ces siècles que nous ne connaissons sur ce plan-là que d’une manière très obscure avec ce voyage philologique en Provence j’espère vous avoir convaincu de l’importance de ces sources hébraïques pour la connaissance
De ces anciennetés linguistiques philologiques et musicales de la France reste maintenant à cette philologie patiante qui m’est si cher et à l’érudition minutieuse à se mettre au service de l’art musical pour que tous ces vieux chants ressuscités puissent à nouveau faire entendre leurs échos je vous [Applaudissements] remercie dans toutes ces chansons
Folkloriques bchique de fê et cetera est-ce qu’il y en a qui correspond à ce qui s’est passé pendant la Révolution alors la joie qui la joie des paysans alors malheureusement les dernières sources dont je dont je dispose sont des années 1770 donc on a rien le seul
Rapport à la Révolution que j’ai trouvé euh c’est une élégie qui a été composée en vers 1730 qui se trouve dans un manuscrit avignonnais sur un air beaucoup plus ancien Biron de qui te vente euh qui évoque le maréchal de Biron donc à l’époque d’Henry I et euh
C’était un un air assez solennel assez majestueux qui a beaucoup circulé dans les provinces qui a servi à une quantité aussi de Noël et d’air de de parodie spirituellees chrétiennes euh mais au-delà de ça il a survécu jusqu’à la Révolution et il y a une complainte sur
La mort de Louis capé en 1793 qui a été composée sur l’ère de sur cette are de de Biron et alors euh euh c’est évidemment c’est assez indirect mais on peut se dire qu’à une époque a raisonné dans les synagogues du comp à venessin un une une élégie sur la
Destruction du Temple qui euh se chantait sur le même air que quelques décennies plus tard une sorte de plainte sur la mort du roi oui j’en ai une au sujet des protestants un correspondant une province mvoi euh que un fidèle catholique d’ailleurs qui chante à la cathédrale de moulin un spécialiste des
Bourbons m’envoie au sujet de vos chants comme communicant d’une religion à l’autre qu’il chante à la cathédrale de boulin au prend mon âme antique catholique écrit par un compositeur protestant sur l’air de ATI h nationist devenu nation israélien paraîil alors il le sait c’est unit voyez il communique d’autre part qu’est-ce que
Les protestants tirer tout ça parce que les protestants sont proches forcément par l’Ancien Testament sont beaucoup plus proches d’ailleurs que les catholiques il pent des noms de l’Ancien Testament et Cera alors est-ce que les protestants au 16e 17e aussi qui passent le temps à chanter d’ailleurs plus souvent que
Catholique c’est très important pour pour les protestants alors les protestants en fait pratiquent moins la parodie spirituelle que les catholiques parce qu’ils ont leur propre répertoire de psaume chanté le au moment de la Réforme on a Marot et d’autres ont composé Théodor de Baz et cetera enfin il y a eu
Des des compositeurs qui ont déjà arrangé qui ont composer des partitions pour les textes français les traductions françaises des psaumes de David donc des textes de l’Ancien Testament qui sont entrés dans le répertoire protestant et qui se chante encore dans les temples protestants donc déjà la matière première musicale du cul
Du culte protestant a été explicitement composé pour pour pour pour l’usage liturgique si bien que ça ça évacue un petit peu [Musique] l’usage enfin la raison d’être de toutes ces parodies au-delà de ça le les champs les cantiques de type Noël euh et et comment hymne semiiturgique dont on a vu une série
D’exemples là qui qui ont été employés assez largement dans l’Église catholique qui survivent même si c’est c’est moins moins à la mode maintenant ils sont où voilà tous mes Noël ils sont évidemment moins c’est c’est moins moins fréquent d’entendre ça dans les célébrations euh liturgiques de l’église qu’au 17e siècle
Mais tout ça en fait avait sa raison d’être au 17e siècle chez les catholiques parce que la messe le l’ordinaire de la messe était en latin donc il fallait aussi des champs en français que le peuple puisse comprendre qu’il puisse un peu les exalter les entraîner les édifier
Et et et composer ces paroles sur des aires à la mode était aussi une bonne manière de le faire alors que les protestant dont le culte était déjà en français était tout en français était parfaitement accessible et qui n’avait pas besoin in de de réécriture de paraphrases de l’histoire sainte sous la
Forme de chansonnette édifiante les protestants eux n’avaient pas forcément besoin de de composer tant de cantiqu et de et de Noël et par rapport à ce que ce que vous écrit votre correspondant qu’il existe maintenant des chants dans les temples protestants qui sont chantés sur catholiathol
Par des protest et en is oui euh je je pense qu’il s’agit là de phénomène récent de remploi ce qui montre en fait que le remploi mélodique ne s’est pas interrompu ne s’est pas n’a pas cessé de d’exister d’ailleurs ça ça se pratique encore assez couramment dans dans différentes religions de réemployer des
Mélodies profanes pour des aires des aires populaires et des des aires religieux qu’on qu’on est employé dans dans les églises des air israéliens n’étonne qu’à moitié dans un 20e siècle qui a beaucoup cultivé le discours entre l’église et le judaïsme où le le le caractère juif des
Lieux saints a été par la force des choses rappelé aux fidèles de l’église et où peut-être tout ça s’inscrivait dans un dans dans des des des tendances rapprochement au au rappel des racines juives de l’Église catholique et donc peut-être peut-être qu’à un moment probablement assez récent je ne sais pas de quand
Date ce champ mais je l’yne israélien lui même date de la toute fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle il s’agit probablement d’une démarche récente d’un d’un liturge catholique pour donner un caractère un peu juif au aux cérémonies ça ne serait d’ailleurs pas
Unique je je me rappelle avoir passé un peu de temps dans un couvent dominicain à Bordeaux où un frère dominicain euh m’avait dit m’avait parlé de d’une nouvelle manière d’interpréter les Lamentations de Jérémie euh dans le euh dans le le culte catholique sur un air mélismatique un peu tourmenté un peu
Oriental qui était censé rappeler le caractère hébraïque de de ce texte de l’Ancien Testament ce qui était d’autant plus étonnant que dans les synagogues françaises lorsqu’on lisait les Lamentations de Jérémie on les chantait sur un air modal euh qui aurait tout à fait pu passer pour du champ grégorien
Euh et et qui n’avait absolument rien de de levantin ou de de de de de mystérieusement évocateur des mélopé oriental euh y a-t-il d’autres questions oui je suis en train d’étudier euh avec mon petite compétence les 150 champs de Saint-Louis Marie grillon de Montfort qui sont dont la musique est tirée comme
Vous l’avez dit de champ populaire est-ce que vous connaissez ce se font parce que il y a le catalogue de tous les champs qui est paru il y a 2 3 ans et les œuvres complètes de marement Fort euh de manière scientifique dans un recueil de tous ces textes don les
Chants oui ça fait partie des des différentes sources évidemment que je passe en revue lorsque j’essaye lorsque je tombe sur un inpide dans un manuscrit un fragment de de chant euh de d’essayer de oui de de passer en revue se relever ainsi beaucoup d’autres pour savoir si on trouve trac d’emploi semblablebl fait
En milieu chrétien des mêmes des mêmes bases mélodiques merci et merci de ta conférence où se trouve à mon sens précipiter le meilleur de la formation charartiste à la fois dans le domaine de la philologie et dans celui de l’histoire littéraire ceci près que tu lu ajoutes encore la dimension
Musicale et que tu la confrontes à la la praxis à travers tes tes expériences qui sont magnifiques je cherchais une question un peu généraliste à à te poser se prêta à ce contexte il ne m’en est pas venu mais euh la matière que tu évoques se prêtre plutôt à des questions
Un peu techniques et la première qui me vient à l’esprit c’est celle du système graphique employé pour euh transcrire euh une langue romane à l’aide de l’alphabet hébraïque sans entrer dans trop de de détails j’ai remarqué par exemple en regardant d’un peu près le le beau laurier que le thé est systématiquement
Rendu par un tête j’ai l’impression jamais par un Tave tout à fait je remarquais aussi que la guturale sourde est tout le temps rendu par KOF j’ai l’impression jamais par CAF euh est-ce que tu as des des pistes d’interprétation là-dessus j’ai eu l’impression aussi mais c’était fugitif d’apercevoir un dans le texte de
D’mieux que peut noter un dans une langue ran est-ce que de manière générale tu peux nous donner un aperçu de la manière dont on utilisait cet alphabet hébraïque pour noter une langue pour laquelle il n’est pas faite a priori oui merci merci beaucoup pour pour cette
Question où je je me sens à nouveau dans la la posture de l’élève face au maître et alors pour le le le COF et le tê sont en fait des conventions parce que quand on quand on note une langue romane en lettre hébraïque évidemment il y a différents problèmes qui se posent
Sachant que l’alphabet hébreu en principe ne note que les consonnes et certaines voyelles longues et ensuite peut suppler l’absence de notation pour les autres voyelles par différents points et diacritiques qui sont arrangés au-dessus des lettres proprement dites et le problème aussi de l’alphabet hébraïque c’est qu’en fait depuis que
L’hébreu a cessé d’être une langue parlée c’est-à-dire depuis depuis le l’Antiquité enfin de probablement le 2e siècle avant l’ère chrétienne le la manière dont les lettres hébraïques ont été oralisées lorsqu’il s’agissait de lire de l’hébreu à voix haute a varié profondément c’est-à-dire que lorsque devant un texte hébraïque un
Texte un texte en hébreu en hébreu pur comme ça euh un un juif provençal du 16e siècle ne le prononçait pas du tout de la même manière que un juif allemand du 19e siècle les lettres ne correspondaient pas du tout au au au même au même son
Euh et tout ça avait évolué selon différentes influences de la langue vernaculaire et donc pour euh quand on quand ces mêmes personnes employaient cet alphabet auquel ils attribuaient une valeur particulière selon le lieu et selon leur époque une valeur phonétique particulière quand il l’utilisaient pour noter leur propre langue vernaculaire
Ils utilisaient les lettres pour transcrire des sons qui euh selon un système qui reposait sur leur interprétation phonétique de l’hébreu lorsqu’il l’utilisait pour noter de l’hébreu quand il lisait l’hébreu à voix haute et au-delà de ça sur un certain nombre de conventions graphiques qui étaient plus ou moins
Ancienne et plus ou moins adapté aux différentes langues qu’ils érivaient alors le fait d’utiliser le tête et le le COF pour les son t et que plutôt que le TAV et le KHF ou le CAF euh c’est euh eff effectivement un une un usage commun à tous les à pratiquement toutes
Les notations de l’angromane en lettre hébraïque on le trouve dans les les textes notés en espagnol en lettre hébraïque en italien même en ancien français ce que je vous ai montré au début et ça fait partie de conventions assez anciennes qui visiblement ont dû se passer depuis le moment où on a commencé
Depuis le Moyen-âge central qu’on a commencé à écrire dans les pays de langue romane de la langue vernaculaire en lettre hébraïque c’est c’est un trait absolument général ensuite pour le provençal proprement dit et pour donc ces Tex provençau il y a quelques conventions de notation qui sont un peu
Particulières alors a je sais pas où tu as pu voir a leex c’était le texte de Crémieux donc celui-ciend c’est possible parce que normalement il y a pas de il y a pas de justement il n’est pas employé comme c’est un son gutural qui n’a pas d’équivalent en provinçal euh c’était
D’ailleurs une lettre muette en en en hébreu tel qu’il était prononcé en Provence à cette époque-là en revanche ce qu’on a d’intéressant qui est tout à fait une convention euh une convention propre au provençau c’est de noter la diftong ou au le le deuxième élément le
Euh le noter euh avec un bête euh ici pour ceux qui sont ébraisants voyez hélas donc les deux premiers mots c’est en hébreu kinaan etég sur l’air hélas que dir au village vous voyez au est noté Alef V bê qui ici se prononce pas pas B mais qui
En fait se devient enfin s’articule comme une comme une semi conson en diftong je ne vais peut-être pas pas aller plus avant dans les détails de d’équivalence entre l’hébreux et le provençal mais il y a déjà quelques quelques matériaux à ce propos dans mon mon deuxième livre si jamais certaines personnes sont
Intéressées parce qu’il s’agissait en fait en étudiant aussi la langue parlée des Juifs provençaux à différentes époques et la manière dont des emprunts à l’hébreu étaient intégré dans leur parler provençal et se provençalisaient on peut aussi savoir comme ça comment l’hébreux chez eux étaient prononcés et donc déduit de
Là à quoi correspondait dans leur système à quel son correspondaient les lettres hébraïques et et donc faciliter s’assurer de la bonne interprétation de ce qu’on a ensuite dans ces manuscrits quand on a de la langue vulgaire écrite en lettre hébraïque donc vous avez construit une très belle méthodologie pour passer dans
Toutes les cases de la matrice Texte Musique et puis romanité monde hébraïque oui est-ce qu’eners ersant cette matrice vous pourriez vous pencher sur une chanson occitane qui est connue à travers toute l’occcitanie depuis le Pays-Basque jusque jusqu’à l’Italie le cicanto par exemple et essayer de voir si on ne sait
Pas trouver les traces philologiques de cette mélodie pourtant en je qui fait chialer tous les rubbyman encore aujourd’hui quoi est-ce que est-ce qu’on aurait pas une chance de trouver une trace enfin dire un un hymne hébraïque un psaume hébraïque ou quelque chose à la base de
Cette chanson quoi parce que ce dont je suis sûr c’est que jamais cette recherche n’a été faite alors malheureusement le philologue dépend de ce que les les les hellénistes appellent l’Hermon la bonne trouvaille mise sous nos yeux par Hermès si après toutes ces évocations très monothéiste je puis évoquer quelques quelques mythologies euh
Le la trouvaille qui nous met en face de d’un texte insoupçonné d’une d’une découverte euh c’est une semaine avant de découvrir mon manuscrit de Trieste et ces deux fragments je n’avais aucune espèce d’idée que ça existait et que la plus ancienne chanson la plus ancienne attestation d’une chanson provençale euh
De de cette époque-là des environs de 700 gisait quelque part dans un manuscrit hébreu qu’aucun occitaniste n’était allé voir et qu’aucun hébraïsant n’avait osé déchiffrer parce que le problème de tous ces matériaux tout ça est resté à peu près inconnu parce que les spécialistes de l’occitant ne lisent
Généralement pas l’hébreux et n’ont pas idée d’aller chercher les anciens champs provençaux dans des manuscrits hébreux et les hébraïsants généralement ne sont qu’hébraïsants ou alors ils sont latinistes ou hellénistes ou euh ils parlent une langue il parle français ou anglais ou allemand ou la langue leur langue maternelle ou
Plusieurs de ces langues mais il est très rare qu’il connaissent aussi le provençal et à forceur provencial du 16e siècle donc tout ça se trouve dans une sorte de point aveugle d’angle mort des disciplines qui permet encore alors que la philologie déploie ses forces sur toutes sortes de textes depuis déjà fort
Longtemps ce qui permet encore en fait dans ce domaine de faire des découvertes stupéfiantes euh c’est rare aujourd’hui qu’on fasse des découvertes de textes de textes nouveaux qui ait une une importance autre qu’anecdotique mais à part à trouver une forme archétypale de ce champ-l dans un manuscrit hébreu ce que je n’ai pas
Encore fait et comme je crois que j’atteins à peu près le bout de le bout du corpus je n’ai rien encore trouvé qui qui ressemble je ne peux pas malheureusement promettre de découvertes de découvertes mirifiques qui répondrai à votre votre question bonjour Merci pour cette conférence des petites questions toutes
Simples de qui sont d’un niveau de culture générale évidemment euh tout relatif la première c’est donc cons somme finalement c’est une nouvelle définition enfin une confirmation de la définition de la culture c’est-à-ddire c’est C espèce d’osmose et de transformation de déplacement des termes et d’adaptation dans le premier codex de
Triestre on entend une voix de femme et je me suis posé une question toute simple est-ce que vous pensez une voix de femme et une voixomme qui chante que peut-être un à cette époque si c’était chanté en dehors du fait que ce sont r aujourd’hui la femme pouvait être
Présente ça c’est c’est une première question dans les synagogues est-ce qu’elle pouvait éventuellement chanter la deuxème question question c’est euh je suis frappé par le fait que de cette mémoire orale n’est pas euh bien qu’on a vu qu’il y avait finalement une sorte de décentralisation ça partait de Paris que
Ça descendait que quand c’était juste pavignon ça remonait pas trop hein les rythmes et les les musiques est-ce qu’on si vous voulez est-ce qu’on pourrait pas essayer de euh de comprendre pourquoi le champ le champ qui accompagnait la lecture de la torora ne pouvait pas être déjà aussi présent de façon manifeste
Dans les cynaggogues et qu’nerait peut-être aussi peut-être parce que ça existera découvrir ou pas euh une translation euh et une adaptation comme là on l’a vu un petit peu avec l’Activa de de chant hébraïque qui pourrait être réinterprété dans des chansonnettes à cette époque et enfin ma dernière
Question c’est par rapport à l’origine du idich euh vers l’an 1000 dans le barrain avec a les chants et et les musiques est-ce qu’on pourrait faire une analogie de cette de ce vécu et de ces appropriations réciproque et et mutuel qui sont une forme de vie et de
Régénérissance à la fois et des communautés merci pour vos questions alors je vais essayer d’y répondre dans l’ordre la première c’était quoi pardon déjà oui c la présence de la femme ah oui les femmes oui alors la la question mérite d’être posée la la la seule chose qu’il faudrait
Simplement que je signale c’est que la voix de femme n’est pas une voix de femme c’est un un chanteur qui a une voix de haute compte euh et mais c’est c’est un un tout petit détail effectivement la question se pose de savoir si les femmes chantaient dans
Les synagogues du compte à venessin si elles chantaient on les entendait pas parce qu’elles étaient à l’étage en dessous euh dans les à la synagogue de Carpentra on voit encore une espèce de puit d’ouverture ronde qui permettait à un un moment donné de l’Office aux femmes d’entendre la lecture de la loi
En hébreu et le reste du temps on fermait la trappe et elles étaient dans le souterrain il y avait un un un homme dont le métier était d’être Rabin des femmes il y avait un rabin des femmes à Carpentra c’est ça fait rêver et qui était qui était tous les samedis dans sa
Cave entourée de toutes les dames de la communauté et auprès de qui il prêchait en patoi alors que l’Office à l’étage se déroulait en hébreu pour les hommes donc elle ne chantait pas la même la même liturgie et elle tout ça se passait se passait en parallèle après tout ça a été
Évidemment un peu un peu atténué et les les Juifs provençaux qui visiblement étaient assez ségrégationnistes en terme de sexe sous l’ancien régime sont devenus beaucoup plus libéraux et on trouve des traces je je le mentionne simplement parce que le sujet a l’air de de vous intéresser qu’à la synagogue de nî au au
19e siècle on a introduit le l’usage de compter les dames enfin de compter deux dames en particulier dans le Chorum de 10 hommes qui est nécessaire pour tenir une prière publique dans les synagogues on on ne peut pas tenir un office euh proprement dit s’il y a pas 10 hommes
Majeur c’est-à-dire de plus de 13 ans et qui sont des hommes mais il se trouve qu’il y avait plus grand monde à la synagogue de nî euh pour les offices de semaine et il y avait deux vieilles dames euh qui venaient euh à tous les offices qui étaient en quelque sorte des
Piliers de synagogue et qu’on avait pris l’habitude de compter comme des hommes et à qui on on reconnaissait implicitement cette cette espèce de dignité de pouvoir compter pour la prière publique mais en dehors de l’anecdote donc probablement non les femmes ne chantaient pas sauf évidemment en dehors de la synagogue dans les
Peut-être dans les cérémonies plus ouvertes de de circoncision de des liesses diverses des variés où là tout le monde devait chanter en cœur naturellement la deuxième question c’était par par rapport à la mémoire orale musicale dans la ah oui oui dans les oui oui alors en province oui je me je me
Rappelle en Provence il y a rien en revanche on trouve à peu près à la même époque en Italie il y a un compositeur d’ailleurs très intéressant benénedetto Marcello qui a composé beaucoup de pièces de clavsin qui a composé toute une série de de mise en musique des
Psaumes du texte latin des psaumes ou du texte italien je sais plus sur des aires tirées de des mélodies qu’il a entendu à la dans les synagogues de Venise fin 17e ou début 18e et et d’ailleurs ça a permis à des musicologues de constater que certains
Air qu’ ont chantai encore au début du siècle la synagogue de Venise enfin dans dans les quatre synagogues de Venise puisqu’il y a quatre rites à à Venise et quatre synagogues différentes qui se qui se répartissent les différents rites existaient déjà à cette époquelà et puis votre troisème question
Concernait l’idig il a-t-il euh ça vous traverser l’esprit une équivalence possible entre euh la naissance oui je j’ai j’ai le la question du la question du idich est une une question extrêmement nébuleuse qui donne lieu à beaucoup de théories historico-linguistiques qui sont mêlé de considération politique
Parce que comme 90 ou 95 % des Juifs sont anciens locuteurs du yidich beaucoup de gens se sont intéressés à savoir comment cette langue était apparue et qu’est-ce que l’apparition de cette langue pouvez dire de l’origine des populations qui la parlent est-ce qu’ils sont vraiment Juifs est-ce que ce
Sont des gens qui ont été convertis et cetera et puis et donc le résultat c’est que finalement tout le monde écrit énormément de choses sur cette langue mais personne ne sait exactement comment elle s’est formée cétait dans saion au folklore de l’épo on n pas de documents
Aussi anciens tout ça est trop nébuleux et trop trop ancien j’ai une question sur la manière dont par sur la graphie de vos des fragments que vous allez retrouver dans les manuscrit notamment celui de Triest oui euh vous disiez que l’écriture était plutôt cursive et si je me souviens bien
Moins bien écrite que l’écriture de texes secré oui et donc d’une part je me demandais si le fait que soit moin bien écrit était plus lié au fait que c’était c’était pas le texte sacré ou ou lié au fait queon restituait une Langle qui n’était pas en lettre hébraïque les deux en
Fait enfin je je pense parce qu’en fait tout pratiquement tous les textes tous les textes notés en provencale en lettre hébraïque à cette époque là sont noté dans des écritures dans des écritures très cursives et par ailleurs comme ce sont pas des textes pieux et que généralement même quand on
Écrit de l’hébreu en hébre en hébreu des choses qui ne sont pas des textes pieux des listes de de d’inventaire après décès ou des des listes de noms ou des choses comme ça on utilise ce même genre d’écriture très cursive c’est c’est probablement en fait les deux raisons qui qui se rejoignent ici
Question est-ce que chose laire don- dans le cas du manuscrit Triest je sais pas si c’est comme ça qu’ compliqu à mon avis il notait ses champs de mémoire je pense que le contexte de notation de ces champs alors ça a été fait sans doute un peu à la volée comme
Ça sans c’est ça a été noté je pense pour son propre usage en fait parce que c’est des brouillons le manuscrit Triest qui remplissent toutes les marges et tout ce que je vous ai dit au début il note un peu c’est le le poète qui s’amuse à noter pour son propre usage
Des champs orau sur lesquels il va ensuite composer des poèmes hébraïques et donc je vais le le remettre tant qu’à faire et donc comme comme c’est son écriture c’est sa cursif c’est pour lui pour pouvoir ensuite lui les relire savoir combien de syllabes font les ver sur lesquels il va
Composer des veres hébraïques pour la mélodie la même mélodie et cetera visiblement c’est pour son propre usage donc c’est un peu c’est pour ça aussi que c’est cursif que c’est une écriture rapide un peu un peu brouillonne c’est c’est une sorte de brouillon c’est tout à fait une sorte de de brouillon
Oui question sur les laph par question sur sur sur la graphie alors d’abord une remarque c’est que en en Yidish c’est effectivement aussi le tête et le coffre qui sont utilisés pour tout ce qui est transcription de du germanique oui et puis c’est le les les les autres les
Autres sont réservés au mot au mot Hébreux tel quel et la question c’est à propos de à propos des manuscrits il y a visiblement une vocalisation mais partielle et qui qui est est-ce qu’il qui est systématique ou pas du tout non elle est pas systématique euh alors ici
Elle est elle est assez complète dans ce texte dans d’autres généralement elle elle sert à à clarifier quand le la notation des consonnes seules ne suffirait pas à déterminer le à déterminer le le le sens de ce qui est écrit et oui c’est elle est plus ou moins plus ou moins
D’ffective en fait selon les selon les manuscrits selon les mots selon les occurrences selon le texte noté merci merci pour pour l’exosé mais je vous en prie merci merci à vous alors nous essayerons oui d’organiser un programme pour un un jeudi musicale puisque la chapelle royale accueille les chanteurs
Du Centre de musique baroque tous les jeudis en saison pour interpréter du répertoire nouveau transcrit par les chercheurs du du centre et et on a on a une réunion en en janvier là bientôt pour essayer de voir quand tout ça s’organisera quel répertoire on on choisira qu’est-ce qui sera accompagné
De d’instruments chanter à capella par quel chanteur combien femme ou pas femme euh polyphonie ou pas polyphonie enfin toutes ces toutes ces questions et puis ensuite dans les mois qui viendront euh on travaillera de de concerts à l’organisation du concert je crois que ça touche à sa fin ou
2 Comments
J'ai debuté le visionnage de cette conférence sans grand enthousiasme par un après-midi pluvieux et bien quelle surprise ! Je ne pensais pas qu'elle allait me mener jusqu'au centre de musique baroque de Versailles. Un grand merci à votre chaîne YouTube et votre intervenant. La mise au jour de ces chants est telle un voyage dans le temps. Merci merci merci 🙏🙏🙏
Merci monsieur! Cela nous ouve des portes surprenantes et ,ma foi fort réjouissantes et même réconfortantes en ces temps troublés ❤❤😂