Le choix de partir à Saint Jacques de Compostelle à vélo par la route ou les chemins empruntés par les randonneurs, est essentiel dès que l’on s’engage dans un projet de plusieurs semaines et des centaines de kilomètres. Préserver le vélo est déterminant. Qui veut aller loin, ménage sa monture…
[Musique] Salut ! Bonjour, bonjour,
Alors voilà, je suis de retour à Santiago. Demain commencera la semaine 7 et surtout, le plus
important qu’il faut retenir, c’est que je vais commencer demain l’itinéraire abandonné au mois de mai à cause des conditions météo. Donc première étape demain de 75 km à peu près et ça va monter, descendre comme
d’habitude. Il n’y a pas de différence. La météo, bof, c’est pas terrible, mais on fait avec… Ceci
dit, j’aimerais bien m’attarder sur une question qui revient quasiment tous les jours. Vous partez
à vélo à Santiago. Alors, emprunter le chemin ou la route ? En ce qui me concerne c’est très simple,
j’ai un avis qui est vraiment tranché. La route, prenez la route, n’oubliez pas que votre vélo
est chargé. Je ne parle pas de vélo électrique, d’un vélo qui ne porte pas de bagages, je ne parle pas
de VTT. Donc, je parle de vélo pour le trekking, pour faire la grande randonnée, pour faire des
kilomètres. Alors, pourquoi est-ce que je dis la route ? Il y a plusieurs raisons. D’abord,
la première, les chemins ne sont pas du tout adaptés pour des vélos chargés, absolument pas. Deux,
vous serez confrontés aux randonneurs, donc ceux qui partent à pied jusqu’à Santiago ou qui
en reviennent et vous risquerez de vous attirer les foudres de ces gens avec raison. Le troisième
élément à prendre en considération, ce sont encore une fois les conditions météo si vous faites
Santiago, donc le chemin vers Compostelle. En plein été vous aurez beaucoup de poussières sur
ces chemins or, je pense en avoir touché un mot très, très rapidement dans une
vidéo précédente, cette poussière est extrêmement abrasive. Je crois que c’est dans cette vidéo où je parlais de
la Meseta, un système de hauts plateaux qui recouvrent à peu près 80 % de de la péninsule ibérique. La
constitution, la sédimentation, ce sont des cristaux extrêmement durs et extrêmement abrasifs.
Donc, bonjour les dégâts pour la transmission, pour la chaîne, pour le dérailleur, pour les galets,
toutes ces petites pièces mécaniques très exposées. Je parle de l’été quand il ne pleut pas, qu’il fait
très sec. Vous faites de la poussière quand vous pédalez là où vous passez et la transmission le vélo
va vraiment souffrir. S’il pleut, le problème est différent il n’y aurait pas de poussière. Par contre, s’il pleut et que vous empruntez les chemins bon amusement, ce sera la patinoire vous aurez
de l’eau vous aurez des galets, du gravier qui va couler un peu partout. C’est pas possible.
Autre argument, les routes que vous pouvez emprunter sont souvent parallèles aux chemins
que les randonneurs prennent. Vous les verrez, ils sont à 15 ou 20 m. Il n’y a pas de différence
donc sur le plan intérêt. les points d’intérêt, vous aurez pratiquement la même chose que les
gens qui font Compostelle à pied. L’autre facteur à considérer, vous avez sur cette route, si vous
prenez la route, vous avez sur cette route une sorte de piste cyclable. Ce n’est pas vraiment
une piste cyclable, mais une bande qui a grosso modo 1m, peut-être 1,50m de large, mais c’est plus rare. Elle est séparée de la route par une bande blanche. Vous n’avez jamais de véhicule elle est très propre. Il
n’y a pas de morceau de verre il n’y a pas de clou il n’y a pas de…, mais il faut quand même jeter un
œil. Le risque d’une crevaison est très limité. Moi, je suis à plus de 2000 km actuellement depuis, depuis Paris euh grosso modo, ça fait 1200 1300 depuis Saint Jean Pied de Port, rien pas une
crevaison. Je croise les doigts et puis, et puis quoi encore… Dernier élément, ces routes
que vous pouvez prendre sont très peu fréquentées, il y a très peu de trafic. Pourquoi ? Et bien
parce que, à quelques kilomètres de ces routes, vous avez des voies express et les voitures
ne vont pas se perdre, ne vont pas perdre leur temps sur des petites routes secondaires,
elles prennent la voie express. Voilà je crois que j’ai un peu fait le tour de cette question.
Il y a sûrement d’autres éléments à considérer, mais en gros c’est un peu pour ça que je
vous dis, prenez la route ça, vous évitera pas mal de mésaventures pour le vélo qui doit
être vraiment ménagé. Si vous partez pour 200, 300 km évidemment le risque est limité, mais
dans mon cas je suis à plus de 3000 km ou je les approche en tout cas, ça va pas
si vous faites des chemins plus de…, pardon, plus de 2000 km sur des chemins, de la poussière,
les randonneurs qui vont commencer à s’énerver, non c’est pas possible. C’est mon avis,
vous en faites ce que vous voulez. Ciao, ciao !