“Notre futur a de l’avenir” part à la découverte du Pays basque aux cotés de Sylvain, Michel, Romain, Muriel et Nicolas qui s’engagent pour améliorer notre quotidien.
Sylvain innove pour rendre les planches de surf plus durables grâce à l’impression 3D.
Michel et Romain mettent en place des solutions pour protéger Biarritz et ses habitants contre le risque de vague submersion.
Muriel tente de relancer la filière de la laine de brebis pour donner un coup de pouce à l’économie locale
Enfin Nicolas permet à l’Eusko, première monnaie locale d’Europe, de se renforcer pour dynamiser l’économie et l’identité de tout un territoire.

Transition énergétique, décarbonation des transports, circularité de l’économie, insertion, progrès social : nos territoires ont plus que jamais un rôle à jouer dans la transformation écologique et sociale de notre pays

De la petite PME à la start-up innovante en passant par les grands groupes ou les acteurs publics, nous irons à la rencontre de ces femmes et ces hommes engagés à nous offrir une vie meilleure

Chaque mois, “Notre futur a de l’avenir” met en lumière les initiatives qui transforment notre quotidien, pour nous permettre de mieux respirer, de mieux nous nourrir, de mieux nous déplacer, consommer, se loger, travailler…

Un magazine de 26 minutes présenté par Emilie Chaussier et produit par Quim Prod

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Notre futur a de l’avenir
vous est présenté par Suez, acteur incontournable de la gestion
de l’eau et des déchets. Au plus près des territoires,
Suez s’engage pour l’humain et la planète afin de préserver
les ressources d’un avenir commun. Musique joviale -Salut, Emilie. -Salut, Catherine ! Ca va ?

-Ca va et toi ? -Très bien ! Alors dis-moi, on est à Espelette
et on peut dire que tu es chez toi. -Exactement. En fait, je viens à Espelette pour livrer un de mes clients
qui est ici. Et puis je vais en profiter
pour rencontrer aussi mon producteur
de piments d’Espelette. Et puis pour faire
mes petites courses à moi. -Oui, parce qu’on rappelle quand même
que tu es née, alors pas à Espelette, mais tu es née dans le Pays basque. -Je suis née au Pays basque.

-Et tu as le Pays basque chevillé au corps.

-Absolument ! -Catherine est commerçante.
Elle vend des produits locaux et s’approvisionne
en matières premières uniquement dans la région.
Pas question d’aller chercher ailleurs ce que le territoire
produit si bien. -C’est une grande famille,
exactement. C’est encore une plus grande
famille avec l’Eusko. -A Espelette, il n’y a pas
que le piment qui circule de main en main. Il y a aussi ces billets colorés qui changent de poche
sans jamais passer par la Banque de France. Cette monnaie locale,
c’est l’Eusko. Et alors, tu vas tout payer en eusko, là ? -Voilà, exactement. Ca, ce sont les billets de l’eusko.. Vas-y, un, deux… -Ils sont par couleur,
en fait ? Un euro, c’est un eusko. Une monnaie alternative
et engagée pour faire vivre l’économie locale.
Un secret bien gardé du Pays basque. Des montagnes aux plages
de la côte atlantique, le Pays basque est un territoire
tourné vers l’avenir. Face aux défis environnementaux, économiques et climatiques,
ses habitants imaginent des réponses locales,
souvent audacieuses, toujours connectées à leurs racines. Est-ce que quelque part, on ne pourrait pas
vous reprocher aussi d’être dans une forme de communautarisme ? -Tout le monde peut
adhérer à l’Eusko. -Nous commencerons notre voyage à travers l’Eusko, une monnaie locale qui redonne du pouvoir aux habitants
tout en soutenant l’économie de proximité. -Là, on a 4,5 millions d’euskos en circulation, ce qui fait de nous
la première monnaie locale européenne. -Nous irons aussi
dans les hauteurs du Pays basque… -Impeccable. -…où la laine de brebis
longtemps délaissée au profit des matières synthétiques
retrouve un fin preneur. -C’est une matière un peu magique
sur le côté isolant, sur le côté thermoréglant. -Sur la côte,
on parle aussi de révolution, mais dans les vagues cette fois. Le surf, c’est 200 000 tonnes de CO2
chaque année. Enfin,
peut-être plus pour longtemps. -Tout ce coeur de planche,
il est fait à partir d’un matériau 100 % biosourcé
issu de la canne à sucre. -Enfin, nous verrons
que Biarritz est une ville fragile en première ligne face aux tempêtes
et à la montée des eaux. -Des vagues
se sont succédées très importantes et ont submergé
le quai de la grande plage. Il y aurait eu une personne
qui aurait été emportée. -Scientifiques et élus se mobilisent
pour retarder l’inéluctable, la submersion. -Mais avec les dispositifs
qu’on propose, on a la capacité de gagner du temps
sur cette prise de décision où on dit on abandonne
et on laisse la place à l’océan. -Vous allez découvrir
des initiatives fortes, des personnalités engagées et un territoire
qui invente son avenir sans renier son identité. Musique Nous retrouvons Catherine,
la commerçante en épicerie fine qui vend
et achète en Eusko, la monnaie locale. -J’ai cinq. -Merci. J’ai 20 % de mon chiffre d’affaires
qui est fait en Eusko. Donc en fait, moi, mon rôle ensuite,
c’est de faire en sorte d’utiliser ces euskos pour des étiquettes. Donc, j’ai privilégié un imprimeur
qui accepte les Euskos. Je vais acheter mes cartons, je vais acheter mes légumes,
mon piment d’Espelette, je vais acheter
des prestations de service et je vais aussi me payer
une partie de mon salaire en Eusko. Et avec ce parti de salaire en Eusko, je vais pouvoir aller au restaurant,
acheter mes fruits, mes légumes, ma nourriture du quotidien. -Catherine fait partie
des 4 200 utilisateurs qui payent en Eusko. En moyenne, chaque billet
peut circuler jusqu’à six fois dans l’économie basque avant d’être converti en euros.
Une mécanique vertueuse qui soutient Catherine
et ses amis artisans. -Excuse-moi, je me fais l’avocat du diable, mais on ne vous reproche pas d’être dans une forme
de communautarisme, de repli sur soi ?
Alors, c’est très caricatural, mais quelqu’un qui ne viendrait pas
du Pays basque pourrait se dire : “Alors, et moi ? Ai-je ma place
si je n’accepte pas l’Eusko.” -Tout le monde a le droit
d’adhérer à l’Eusko. D’ailleurs, on dit aux gens :
“Adhérez à l’Eusko”. -J’ai découvert que c’était
la première monnaie locale d’Europe. Pourquoi ça marche
si bien dans le Pays basque ? En France, il y a plein d’autres monnaies locales.

-C’est parce qu’ici, c’est un peuple
avec une identité très forte. Et je pense que c’est ça qui fait
que l’Eusko est très fort. -Cette monnaie
est gérée par une association depuis la ville de Bayonne. -Depuis l’apparition de l’euskopay,
donc l’Eusko numérique, il y a une augmentation
des euskos assez significative. -Oui, forcément, jusqu’ici, là,
on est sur le billet. Et c’est vrai
que ça contribue largement à l’augmentation du volume
de l’Eusko en circulation. -A la tête de cette monnaie,
Nicolas. -Ca fait 12 ans
que l’Eusko est en circulation sur les 158 communes du Pays basque côté français et l’objectif c’était de relocaliser l’économie pour que justement la richesse
produite par l’économie locale profite au maximum au territoire avant de repartir
dans le système bancaire classique. Mais plus de la moitié
des professionnels qui ont adhéré à l’Eusko
déclarent avoir chargé au moins un fournisseur en ayant choisi
un fournisseur local à la place. Donc ça, c’est quand même
de la richesse maintenue sur le territoire et c’est
indéniable. -De plus en plus d’habitants
choisissent l’Eusko pour donner du sens à leur achat,
surtout depuis 2020 lorsque la monnaie
a été dématérialisée. -Un véritable succès,
on avait dépassé le million d’euskos en circulation
dès 2018. Aujourd’hui, on est à 4,5 millions
d’euskos en circulation, ce qui fait de nous la première
monnaie locale européenne. Ca fait 4 200 particuliers
à jour de cotisation, 1 400 professionnels, donc 1 400 points dans lesquels
on peut utiliser la monnaie locale sur le territoire. -Cette monnaie locale
a une dimension sociale. Lorsque vous convertissez
des euros en euskos, 3 % de la somme est reversée
à une cinquantaine d’associations du coin. En 2024, elles ont touché
75 000 euskos. -Notre objectif c’est d’augmenter le flux d’euskos en circulation et pour cela on applique
une commission de 5 % aux professionnels qui souhaiteraient se faire rembourser des euskos
en euros, tout simplement pour les inciter à les réutiliser, soit sous forme de salaire, changer de fournisseur, comptable, avocat, des loyers,
bientôt l’énergie, l’électricité. -Le succès est tel
qu’une quarantaine de collectivités ont adopté l’Eusko. Certaines vont
jusqu’à régler une partie des marchés publics
en monnaie locale pour s’assurer que ces fonds
soutiennent directement les entrepreneurs basques. Dans les montagnes verdoyantes
du Pays basque, les traditions se transmettent
de génération en génération. -Il siffle. -Parmi elles,
l’élevage de l’agneau de lait, un métier en voie de disparition. En quelques décennies,
des centaines d’éleveurs ont cessé leur activité
emportant avec eux un savoir-faire ancestral. Ca va ? Kaiet, lui, résiste. Alors, on est en plein coeur
du Pays Basque, à Irissarry, on est dans ton exploitation. Tu as combien de brebis ?

-J’ai 350 Manech tête rousse. -Et tu as repris l’exploitation de ton papa,
c’est ça ? -Oui, moi et mon frère, on ne se voyait pas laisser
l’exploitation familiale. -Est-ce que les conditions
sont difficiles aujourd’hui ? -Il y a les prix des matières
premières qui ont augmentés. Tout ce qui est céréales,
tout a bien augmenté. Je pense que l’activité est quand même assez précaire
par rapport aux prix qu’on ne maîtrise pas. Tous les achats extérieurs, le lait n’est pas assez payé. -Kaiet ne compte pas ses heures,
mais cela ne suffit pas. Pour survivre, il propose
aux touristes des chambres d’hôtes et vend même du bois aux habitants du coin. -Là, c’est toutes les brebis
qui sont à la traite. Après, là, j’ai des brebis,
des vieilles, des réformes. -Réformes, ça veut dire quoi ? -C’est les brebis
qui sont trop vieilles. Voilà. -Il y a un autre paramètre
qui a fragilisé les exploitations. Depuis les années 1980, la laine ne trouve plus preneur. L’industrie textile s’est tournée vers les matières synthétiques. -Après, il y en a qui sont plus faciles que d’autres. Je ne sais pas.
Ca, c’est la loterie. Les jeunes, elles ont un peu plus
de poils que les vieilles. Il y en a qui se débattent
un peu plus que d’autres. -Il faut avoir un peu de force. Même si la laine ne se vend plus,
Kaiet perpétue les gestes. Il doit tondre ses brebis pour leur bien-être.
Résultat, 700 kilos de laine s’accumulent chaque année
sans qu’il sache quoi en faire. -Et voilà, ça y est,
elle est libérée de tous ses poils superflus. Mais depuis quelques mois, un souffle d’espoir
plane sur la ferme. Et si cette fibre, délaissée,
faisait enfin son grand retour ? -Salut, Kaiet. -Salut.

-Bonjour. Ah, là voilà. Bon. Nickel, impeccable ! C’est vraiment toute la toison
où la matière est bien épaisse et qui va être top
pour ce dont on va avoir besoin. -Muriel, pourquoi est-ce que
cette laine t’intéresse tant ? -Parce que j’essaie de trouver des débouchés. Avec une forte stratégie de volume parce qu’il y a 1 200 tonnes par an
dont on ne sait pas quoi faire. -Et redonner enfin à la laine
ses lettres de noblesse, car effectivement,
ce n’est pas juste un déchet. -C’est une matière un peu magique
sur le côté isolant, sur le côté thermorégulant. -Chaudes, très chaudes. -Très chaudes, évidemment. Enfin, tout ce qu’on connaît
de la laine, c’est une laine comme les autres. C’est juste qu’elle a poussé sur un animal où il n’y a pas
toute une filière autour, comme il pouvait y avoir avant.
Donc voilà, à nous de la recréer. -Muriel m’emmène du côté d’Urrugne.
C’est là qu’elle tente de relancer cette filière délaissée
depuis près de cinquante ans. -C’est le dernier atelier
de confection du Pays basque. -Super. De la laine partout.

-Oui, c’est ça. -Ici, tout est pensé pour valoriser une matière brute oubliée
et lui permettre de reprendre peu à peu sa place
dans l’économie locale. Je pose ça là ?

-Oui, pose ça ici. -Cette laine
récupérée chez l’éleveur, elle devient quoi ? -Alors on la lave
et ensuite on va la faire transformer et elle va terminer sa vie
sous différentes formes. -Il y a plusieurs textures.

-C’est des épaisseurs différentes, des qualités de laine différentes.

-D’accord. Et alors là on a plusieurs usages. -Ici tu vas avoir
ce qu’on appelle une courte pointe que tu peux mettre sur ton lit. Ici il y a de l’intérieur
de chaussons. parce qu’on a
gardé beaucoup de savoir-faire pour faire des chaussons, mais
ce n’est pas de la laine française.
Et un petit peu l’emblème, donc le premier produit try
qu’on a fait, c’est une doudoune, rembourrée avec de la laine. -là, on a vraiment une doudoune
made in France. C’est un peu un combat ? -Alors, je pense que tous les gens
que vous rencontrerez dans le made in France textile,
et dans la filière laine. On a toutes et tous
une grosse base de militantisme et de combat parce que forcément,
c’est beaucoup plus compliqué. Il y a des coups,
il y a de la main d’oeuvre. Il y a énormément d’embûches
derrière. Après, on est tous convaincus
qu’il faut le faire et que c’est important pour notre territoire
d’un point de vue environnemental et social et du point de vue des gens. -Des milliers de doudounes vendues,
mais aussi des produits surprenants. -Par contre, le gros sujet
sur lequel on bosse depuis quelques temps et qui vient
de sortir, c’est là-bas. -Ca a des formes de bouteilles. 150 000 étuis à bouteilles
ont été produits pour les grands crus
du prestigieux domaine Cheval Blanc à Saint-Emilion. C’est un petit écrin
qui protègera ces bouteilles. Grâce à la laine,
ces étuis régulent naturellement la température des bouteilles
et permettent de réduire la quantité de bois nécessaire
à la fabrication des caisses. -L’idée, c’est de diversifier tous les usages
autour de la laine et d’en mettre à des endroits
où on ne l’attend pas forcément. -Muriel déborde d’idées. Elle a mis au point
un paillage à base de laine, une alternative naturelle aux films plastiques
traditionnellement utilisés en agriculture. -Ce n’est pas nouveau. On sait très bien
que les matières naturelles utilisées en paillage, forcément,
il y a plus un côté organique. Nous, ça fait deux ans par contre
qu’on les mesure avec des labos. On a fait plus d’une cinquantaine
de chantiers de terrain. Il y a un super potentiel. -Et depuis peu, Muriel
et son collègue Théo s’attaquent à un enjeu écologique
encore méconnu, la pollution des sols
en milieu équestre. -On peut se mettre par-là,
si vous voulez ? -Pour améliorer
le confort des chevaux et texturer le sol des carrières,
les propriétaires d’écuries répandent du textile broyé et mélangé au sable. Mais ces fibres,
souvent issues de la pétrochimie, s’infiltrent dans les sols et polluent les nappes phréatiques.

-L’essentiel, c’est qu’il n’y ait pas
de paquet de laine. -Et après, on mélange
tout simplement ? -Et après, remélanger
un peu par-dessus, en essayant de l’incorporer au sol. -Les tests en cours
dans cette écurie montrent que la laine offre
les mêmes performances que le textile broyé, avec en plus
l’avantage de protéger les sols. -Si vous voulez, les chevaux au fur et à mesure du temps
vont marcher sur la laine, la laine va se casser, la fibre va s’amincir et va donner des morceaux de laine
de plus en plus courts. -Combien de tonnes de laine
sur cette carrière ? -Sur cette carrière, on était
à peu près à deux tonnes de laine qui ont été apportées ici.

-Est-ce que tu penses qu’on aura assez de laine de brebis pour
tous ces projets très prometteurs ? -Alors, je pense que le jour
où on aura trop de laine, ça serait une excellente nouvelle pour les éleveurs et les éleveuses.
Et ça voudrait dire que ça sera un véritable
complément de revenu. Après, il faut savoir que les brebis,
elles sont tendues chaque année. -C’est un éternel recommencement. -Il y a toutes les brebis de France qui ont de la laine sur le dos. Donc, le gisement
est un peu sans fin. Donc, on a encore de quoi creuser et de quoi s’amuser. -On n’a pas fini de parler
de la laine de brebis du Pays basque. Et ce renouveau
ne s’arrête pas aux Pyrénées. Dans les Cévennes,
le Massif central ou les Alpes, d’autres territoires
emboîtent le pas, redonnant à la laine une place
dans l’économie locale. Au Pays Basque,
on grandit avec les vagues et les planches
font partie du paysage. Ici, le surf n’est pas qu’un sport,
c’est un mode de vie, une culture et un moteur économique. Rip Curl, Quicksilver, Billabong, tous ont posé leur valise
dans la région. Mais une nouvelle génération
de surfeurs plus engagés a décidé de bousculer les codes. -C’est une amélioration de celle-ci,
donc on a pris un peu tes retours. Ca devrait être plus nerveux. Là, on a mis quelques alvéoles
un peu plus grosses, donc un peu plus de flottaison
pour la rame, comme tu nous as dit. -Je la sens
beaucoup plus légère quand même. -Aujourd’hui, sur la plage
de Biarritz, Sylvain, ingénieur, et Pierre, champion de surf, testent une nouvelle planche. -L’épaisseur du rail autour
va être légèrement différente, aussi pour que ce soit plus solide. Donc si tu tombes dessus,
c’est pas grave. -Je peux me lâcher alors dans les vagues ?

-Tu peux te lâcher. -Pas peur de la casser. -Ce matin,
les vagues sont gentilles, mais Romain espère que les conseils
de ce spécialiste de la glisse feront progresser son prototype. Une planche d’un nouveau genre,
conçue pour rendre le surf plus responsable. Salut Sylvain, comment ça va ? Bien ? Alors Pierre est à l’eau, ça y est,
il est en train de tester la nouvelle planche Wyve. Moi j’ai cette image du surf
qui est quand même très proche de la nature, très cool,
mais derrière cet aspect-là, il y a quand même
des choses perfectibles, notamment dans la planche de Surf. -C’est vrai
que c’est proche de la nature. On est en communion avec l’élément quand on prend sa vague et on cherche à être
au plus proche de la vague. Mais effectivement, ça a quand même
un impact sur l’environnement en termes de transport
pour aller surfer et aussi en termes de matériel
sur les combis et notamment les planches. Les planches d’une
parce qu’on en consomme beaucoup. Vu qu’elles sont fragiles,
une planche de surf performante, ça dure moins d’un an souvent,
donc il faut les changer beaucoup. Et deux, par les matériaux utilisés,
c’est 95 % de matériaux issus de la pétrochimie qui sont
non recyclés, non recyclables. -Chaque année, près
d’un million de planches de surf sont fabriquées dans le monde,
une production qui, à elle seule, générerait
plus de 200 000 tonnes de CO2. -Le point de départ, c’était le fait que j’ai cassé trop de planches et donc je me suis demandé est-ce qu’il n’y avait pas
un autre moyen de faire des planches qui soient plus solides. Et c’est justement en creusant
cette partie matériaux que je me suis dit qu’il y avait
un autre challenge à relever aussi sur l’impact environnemental que ça pouvait avoir. -L’autre enjeu
était aussi de ne pas délaisser la performance
au profit de l’écologie. -Bon bah top ! -Alors ?

-J’ai eu quand même quelques vagues. Je suis très content,
je sens quand même que ça a bien évolué
par rapport à l’ancienne. Et j’ai trop hâte de l’essayer
dans des vagues un peu plus grosses. -Moi je me demande
comment est fabriquée cette planche ? Quels sont les secrets
de fabrication ? -On fait tout de A à Z en atelier
à 5 minutes à pied. -D’accord, on va aller voir ça. Musique joviale C’est ici, à Anglette,
au coeur du Baia Park, une zone d’activité
pas comme les autres, entièrement dédiée
au sport de glisse, que Sylvain a installé sa start-up. -Bienvenue à l’atelier.
C’est là que tout se passe. -C’est là que tout se fait.
C’est là où l’aventure a commencé, il y a déjà…

-Maintenant, quatre ans. Je vais pouvoir te montrer
comment c’est fait. Ici, c’est la partie bureau. On a toute la conception
et la recherche et développement. -Sept salariés et 1,5 millions
d’euros d’investissement pour concevoir l’une des planches
les plus vertes du marché. -C’est là où vous phosphorez. -C’est ça, où tous les cerveaux
sont en ébullition notamment. Donc on conçoit le coeur
de la planche qui est une structure creuse. -Alors que les planches de surf
traditionnelles sont remplies de mousse
en polyuréthane ou en polystyrène, des matériaux dérivés du pétrole,
cette planche, elle, innove en éliminant
totalement la mousse. A la place, une structure
qui renforce la planche et la rend durable. -Avec des alvéoles. -Comme un nid d’abeille, on dirait.

-Voilà. On appelle ça justement
un squelette. -Le tout conçu avec
des matériaux surprenants. Est-ce qu’il y a d’autres éléments qui le rendent encore plus écolo ? -Oui, en fait,
tout ce coeur de planche, il est fait
à partir d’un matériau 100 % biosourcé
issu de la canne à sucre. -La suite se passe au sous-sol,
à l’abri des regards. C’est très étonnant, ces machines
qui travaillent toutes seules. Dix imprimantes 3D
tournent jour et nuit pour concevoir le coeur
de la planche de surf en fibre de canne à sucre
avec une précision extrême. -On est les premiers à maîtriser cette technologie. -Chaque imprimante met 25 heures
à créer la structure de la planche. -Et donc le filament, qui est le bioplastique
issu de la canne à sucre, vient être fondu pour créer le coeur de la planche,
couche par couche. -Aujourd’hui,
les bobines sont fabriquées à partir de cannes à sucre
importées de Thaïlande. Ca ressemble à du plastique.

-Oui, c’est un bioplastique. -C’est vrai que
c’est hyper bien fait. Mais dans les prochaines semaines,
Sylvain remplacera cette matière première par de la betterave
cultivée en France. Seul un élément polluant
reste incontournable, la résine,
ce matériau qui recouvre le coeur de la planche. Donc c’est dans la résine où il y a une marge de progression,
parce qu’on n’est pas encore sur du biosourcé à 100%. Mais sinon, au niveau
de toute la fabrication, est-ce qu’on fait des économies
de gaz à effet de serre par rapport
à une fabrication classique ? -On a fait
une analyse de cycle de vie avec un cabinet indépendant
et on voit que par rapport à une planche traditionnelle
qui serait fabriquée au même endroit, on gagne 40 % d’émissions de CO2 sur juste la fabrication
d’une planche, sans compter l’utilisation
et la durée de vie. -800 euros, c’est le prix
de cette planche éco-responsable, le même prix
qu’un modèle traditionnel. Sylvain espère réduire les coûts
en augmentant la production. Et le succès semble au rendez-vous. Il vient de vendre
sa millième planche et commence déjà
à exporter à l’étranger. Musique douce Nichée entre les falaises
de la côte basque et l’océan Atlantique, Biarritz est l’un des joyaux
du littoral français. Mais la ville vit pourtant
au rythme d’un ennemi de plus en plus pressant. Les tempêtes ! On est sur la grande plage de Biarritz,
un lieu emblématique que tous les biarrots connaissent,
les touristes connaissent. C’est un lieu qui est sensible. -Nous sommes sur une plage en ville,
et donc très proche des habitations et des principaux monuments.
Et donc, nous avons connu ici à Biarritz
un épisode très important en 2014, avec la tempête Hercule,
qui a fait qu’une vague et des vagues se sont succédées,
très importantes, et ont submergé le quai de la grande plage. Il y aurait eu une personne
qui aurait été emportée. -Ca s’est chiffré en combien
de centaines de milliers d’euros de dégâts ? -Oui, on a évalué
environ 500 000 euros de dégâts et donc tout de suite
la municipalité, avec un certain nombre
de spécialistes, a essayé de mettre en place
des dispositifs de protection. -Et vous vous êtes appuyé
sur un travail d’ingénierie, sur les nouvelles technologies ? -Oui, c’est très important,
travailler avec des ingénieurs prévisionnistes qui peuvent faire des modèles
de prévision très pointus, qui utilisent
l’intelligence artificielle avec des capteurs en Mer pour avoir
toutes les données de météo, de hauteur de vagues,
de temps, etc., qui permettent de savoir ce qu’on doit faire vis-à-vis
du risque de submersion. -Ces scientifiques, véritables anges gardiens
de Biarritz, sont installés tout près à Bidart. -On voit bien que l’épisode s’était formé
au milieu de l’océan Atlantique et c’était vraiment,
vraiment costaud. On avait plus de dix mètres de vagues sur la Gascogne. -Depuis leur tour de contrôle,
ils scrutent minutieusement les moindres mouvements
météorologiques au large. -On a des outils qui fonctionnent
de manière automatisée, en fait, toute l’année,
24 heures sur 24. C’est donc d’aller essayer
de fournir à la ville le plus d’informations possibles sur l’épisode qui va arriver et donc l’impact qu’auront
les vagues, sur le haut de plage, sur les infrastructures
et personnes. Orage -Pour anticiper au mieux
les tempêtes, les ingénieurs scrutent la météo
à des milliers de kilomètres du Pays basque. -Quand l’air tombe,
la houle n’est même pas encore formée au large.
Et on commence à la voir se former à plusieurs milliers
de kilomètres de la côte. Et là, il nous faut quelques jours,
pour arriver sur la côte, finalement. Là, c’est ce qu’on voit ici. Plus on est rouge foncé,
plus les vagues sont importantes, avec plus de dix mètres. Et on la voit qui vient au Golfe
de Gascogne et la côte basque. -Mais les ingénieurs
ne se contentent pas de ces cartes maritimes. Les enjeux sont trop importants
pour être approximatifs. -Ces modèles-là
que je viens de vous montrer, ils sont bons au large
et en profondeur importante, mais quand on s’approche de la côte,
il faut avoir des outils beaucoup plus fins. Nos outils
interviennent à partir de 20, 30 kilomètres de la côte.

-Depuis plusieurs années, les ingénieurs observent
le comportement des vagues à 30 kilomètres au large de Biarritz
à l’aide de caméras et de balises. En analysant des tempêtes parfois
à des milliers de kilomètres, ils sont capables
d’anticiper avec précision la façon dont les vagues évolueront en approchant cette zone et tirent la sonnette d’alarme
si la situation devient dangereuse. -En fait, on a mis
une correspondance entre nos niveaux de risque,
plus d’un point de vue physique, et une gradation de mesures
de gestion de la ville de Biarritz, qui va d’un niveau relativement
faible, un niveau de préalerte, qui est le niveau un sur six, jusqu’à des niveaux
beaucoup plus importants où les vagues vont aller frapper sur les bâtiments,
en tout cas en cas d’absence de mesures de gestion adéquates, frapper sur les bâtiments
et si des personnes se promenaient sur le littoral, emporter les personnes
éventuellement. -Six niveaux d’alerte
déterminés en fonction de la force et de la hauteur de la vague. Sur le terrain,
Romain et la municipalité adaptent leurs réponses
en conséquence. Quelles sont ces différentes solutions
qui existent ? -Les différentes solutions qu’on a,
et notamment à Biarritz, en premier lieu,
c’est l’entretien de la plage. Comme ici, on a un quai. On a une hauteur
différente de sable par rapport au quai. L’important, c’est de pouvoir
récupérer les premiers impacts sur le quai plutôt que
de les faire monter dessus. Le phénomène,
c’est que le sable vient s’accumuler devant le mur avec une pente qui devient
un nouveau tremplin pour les vagues. Et à ce moment-là,
les impacts passent par-dessus et peuvent venir
contaminer l’esplanade ou même les bâtiments, comme ça a été le cas en 2014. -C’est ce qu’on appelle le régalage. Des pelleteuses réaménagent la plage en abaissant
le niveau de sable d’1m40. Ce travail a pour effet indirect
de rehausser la ville et les trottoirs
par rapport à la mer. -C’est la première étape. -Ensuite, quand la tempête
est plus menaçante… -On va pouvoir mettre en place
des dispositifs un peu différents avec les Big bags qu’on a créés, par exemple les bumpers,
qui vont permettre de monter un niveau supplémentaire
et d’avoir une résistance à l’impact
avec un niveau de recul. Ici on a calculé qu’il nous fallait à peu près
3,5 tonnes ou 4 tonnes au mètre carré
pour 1m20 de hauteur pour résister aux impacts des vagues
qui arrivent à ces niveaux-là. On arrive à construire
une digue amovible en quelques heures qui va permettre
de protéger le bâtiment derrière. Après on a encore d’autres niveaux. -Quand la tempête est trop forte,
Romain a créé des réflecteurs en composites
qui permettent de dévier la vague et de la renvoyer vers l’océan. Et en dernier recours,
il a même la possibilité de placer des boucliers
à même les bâtiments. -Le changement climatique,
il est là depuis longtemps. Il y a des effets
et on doit simplement s’adapter. On n’ira pas contre la montée
du niveau de l’océan, les tempêtes vont être
de plus en plus importantes, mais avec de bonnes analyses, de bons calculs et en face
des matériaux qui sont évolutifs, on peut suivre, s’adapter
jusqu’au moment où on prend la décision de dire :
“Stop, maintenant on recule.” Mais avec les dispositifs
qu’on propose, on a la capacité de gagner du temps
sur cette prise de décision où on dit : “On abandonne
et on laisse la place à l’océan”. -Une ville côtière qui anticipe
la montée des eaux ? Une monnaie qui soutient
l’économie locale et les associations ? De la laine redevenue précieuse et des planches de surf
moins polluantes ? Grâce à Romain, Tom,
Michel, Catherine, Nicolas, Muriel, Théo et Sylvain, j’ai découvert qu’ici,
aux Pays basque, qu’il est possible de créer
une France meilleure, plus solidaire et généreuse. Vous je sais pas,
moi, ça m’a fait du bien. -Notre futur a de l’avenir
vous est présenté par Suez, acteur incontournable de la gestion
de l’eau et des déchets. Au plus près des territoires,
Suez s’engage pour l’humain et la planète afin de préserver
les ressources d’un avenir commun.

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