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En 1957, alors que la guerre d’Algérie s’enlise depuis plus de deux ans, les dirigeants du mouvement indépendantiste du Front de Libération Nationale décident de porter le conflit au cœur de la capitale Alger. Leurs objectifs sont multiples. En semant la terreur à travers des assassinats et des attentats, ils provoquent une réaction radicale et sanglante de la part des autorités françaises. Cette stratégie fut-elle payante ? Revenons sur la Bataille d’Alger.

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🔎 Sources bibliographiques :

– Benjamin Stora, Histoire de l’Algérie coloniale, La Découverte, 2004
– Raphaëlle Branche, La guerre d’indépendance des Algériens, Tempus Perrin, 2009
– Pierre Pellissier, La Bataille d’Alger, Tempus Perrin, 2002
– Jean Delmas, La Bataille d’Alger, Larousse, 2007
– Mohammed Harbi/Benjamin Stora, La guerre d’Algérie, Fayard/Pluriel, 2010

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🌐 Liens Internet :

– La Bataille d’Alger : manuel de guérilla ou leçon de cinéma ? : https://shs.cairn.info/revue-inflexions-2019-3-page-159?lang=fr
– Paul Teitgen et la torture pendant la guerre l’Algérie : https://shs.cairn.info/revue-vingt-et-vingt-et-un-revue-d-histoire-2019-2-page-3?lang=fr
– La torture dans la guerre d’Algérie : https://shs.cairn.info/revue-le-debat-2002-5-page-102?lang=fr
– Vidéo de la chaine « Cinéma et Politique » sur le film La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo : https://www.youtube.com/watch?v=dUO-0BQYxv8&

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🎶 Crédit musiques :

– Wojciech Kila, Exodus
– Assassin’s Creed Mirage OST – Spices
– John Debney, The Passion of the Christ OST

– Bruitages : Freesound.org

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🎥 Crédit vidéo :

– Gillo Pontecorvo – La Bataille d’Alger (1966) : https://www.imdb.com/fr/title/tt0058946/

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00:00 – Introduction
01:31 – Partenariat Rosetta Stone
03:42 – La colonisation de l’Algérie
09:40 – Les mouvements nationalistes algériens
13:20 – Le massacre de Sétif
15:56 – Naissance du FLN
17:50 – L’insurrection (1954-1956)
22:07 – La Bataille d’Alger
27:10 – Vers l’indépendance de l’Algérie
32:47 – Outro

Caroline du Nord. 1962. A Fort Bragg, lieu 
d’entrainement des forces spéciales américaines, un officier français enseigne de nouvelles 
techniques de guerre aux Bérets Verts, unités d’élites spécialisées dans les actions 
commandos. Cet officier, Paul Aussaresses, vient de participer à la Bataille d’Alger et 
d’appliquer les techniques dites de « guerre contre-insurrectionnelle » contre les 
indépendantistes algériens : infiltration des réseaux, quadrillage des quartiers, usage 
de la torture, exécutions sommaires, contrôle de la population, opérations de désinformation. 
Ces méthodes seront reprises par les troupes américaines pendant la guerre du Vietnam, 
mais aussi par les dictatures sud-américaines, et deviendront la matrice de nombreux modèles 
de répressions étatiques à travers le monde. Cette doctrine militaire a été théorisée pendant 
la guerre d’Algérie alors que la France faisait face à une insurrection menée par le FLN, le 
Front de Libération Nationale, qui exigeait l’indépendance du pays et le retrait de la 
présence française, installée sur le territoire depuis 1830. Alors que le conflit, principalement 
rural et concentré dans les montagnes, s’enlisait depuis 1954, les cadres du FLN décidèrent à partir 
de 1956 de porter la lutte au cœur de la capitale Alger, afin de semer la terreur et d’éveiller 
la communauté française et internationale sur la question de l’indépendance algérienne. La 
réponse française fut radicale et sanglante. Observons comment cet épisode, connu sous le nom 
de Bataille d’Alger, fut un tournant majeur de la guerre d’Algérie, au point d’ébranler 
l’opinion et les institutions françaises. Avec ses 2,38 millions de km², l’Algérie est le 
plus vaste pays d’Afrique. Elle est bordée au nord par la Méditerranée et partage ses frontières 
avec sept pays : la Tunisie, la Libye, le Niger, la Mauritanie, le Mali, le Sahara occidental et 
le Maroc. Le nord du pays est structuré par deux chaînes de montagnes parallèles, l’Atlas tellien 
et l’Atlas saharien, séparées par les Hautes Plaines, zone semi-aride historiquement vouée au 
nomadisme pastoral. Plus au sud, le Sahara couvre environ 80 % du territoire, mais reste très peu 
peuplé. Le nord, plus fertile et densément habité, se divise en grandes régions historiques 
: la Kabylie, montagneuse et enclavée ; le Constantinois à l’est, l’Aurès, massif du sud-est, 
l’Algérois au centre, l’Oranie à l’ouest et la Mitidja au sud d’Alger. Ce relief accidenté 
a favorisé l’émergence de fortes identités régionales, en particulier en Kabylie, longtemps 
marquée par une résistance aux pouvoirs centraux. Avant 1830, l’Algérie appartenait à l’Empire 
ottoman, sous la forme d’une régence dirigée par un dey à Alger, assisté de beys dans les 
provinces. Mais l’intérieur du pays, notamment les régions berbères, restait largement autonome. 
Majoritairement musulmane, la société s’organisait autour de structures tribales, religieuses 
et commerciales. L’économie reposait sur l’agriculture, l’élevage, le commerce caravanier, 
et sur la course maritime en Méditerranée, la capture de navires étrangers, source importante 
de revenus pour Alger et d’irritation pour les puissances occidentales. La France, alors sous le 
règne de Charles X, cherche à étendre son empire colonial. En 1827, un incident diplomatique — le 
« coup d’éventail » donné au consul français par le dey d’Alger — fournit un prétexte pour 
intervenir. Derrière cet épisode se cachent plusieurs motifs : le refus de rembourser une 
dette liée à des livraisons de blé remontant au Directoire, l’affirmation de la présence 
française en Méditerranée, l’ouverture de nouveaux débouchés économiques, mais aussi détourner les 
regards de l’opposition hors de la métropole. En juin 1830, une expédition militaire française 
débarque et prend Alger en moins de deux mois. Le dey capitule. La conquête soulève alors un 
débat dans le nouveau régime de la monarchie de Juillet : faut-il occuper uniquement la côte ou 
soumettre l’ensemble du territoire ? Dans l’ouest, l’émir Abdelkader oppose une forte 
résistance et fonde un État structuré. Un traité est signé en 1837, dans lequel 
Abdelkader obtient le contrôle de 2/3 du territoire, s’il reconnait la souveraineté 
française. Mais la guerre reprend en 1840. Louis-Philippe décide de soumettre toute 
l’Algérie. Sous le commandement du général Bugeaud, la France mène une guerre 
d’anéantissement : villages brûlés, populations déplacées, tortures, et 
enfumades, méthode inaugurée par Cavaignac, qui consiste à asphyxier des civils réfugiés dans 
des grottes. Bugeaud encourage cette stratégie brutale :« Imitez Cavaignac ! Enfumez-les à 
outrance comme des renards. » De nombreuses tribus sont exterminées. Peu à peu refoulé 
vers le Maroc, Abdelkader se rend en 1847. En 1848, la Deuxième République intègre 
juridiquement l’Algérie à la France en divisant le nord en trois départements : Alger, Oran et Constantine. Le Sahara est placés sous administration militaire, puis renommé territoires du sud en 1902. Mais 
cette départementalisation ne concerne que les colons européens : les Algériens musulmans, 
considérés comme « indigènes », sont exclus de la citoyenneté. Dès la conquête, l’installation 
de colons s’intensifie. Aux Français venus de métropole s’ajoutent de nombreux Espagnols, 
Italiens et Maltais fuyant la misère. En 1848, une politique de peuplement est lancée : 12 000 
colons, parmi lesquels des ouvriers, chômeurs, opposants politiques ou ex-détenus, sont envoyés 
occuper des terres agricoles. Dans les années suivantes, s’ajoutent des aventuriers et des 
ambitieux venus tenter leur chance, attirés par la perspective d’enrichissement offerte par la 
confiscation des terres et leur redistribution aux Européens. En 1871, des communards sont exilés en 
Algérie tandis que de nombreux Alsaciens-Lorrains, fuyant l’annexion allemande, s’y installent. Une 
bascule s’opère à la fin du XIXe. siècle : les Européens nés en Algérie deviennent majoritaires 
parmi les colons. Ceux que l’on nommera plus tard « pieds-noirs » se forgent une identité 
propre sur une terre et un peuple qu’ils dominent, au cœur d’une société profondément inégalitaire.
La colonisation s’appuie sur la notion de « mission civilisatrice » : il s’agirait 
d’éduquer les « indigènes » et de leur transmettre les lumières de l’Europe. En réalité, 
cette idéologie justifie un rapport de domination paternaliste et violent. Des millions d’hectares 
de terres sont confisqués aux Algériens musulmans pour être redistribués aux colons, permettant 
le développement d’une agriculture intensive, notamment dans la plaine de la Mitidja, grâce à 
des travaux d’irrigation et de défrichement. Des infrastructures modernes, routes, chemins de fer, 
ports, sont construits, mais bénéficient presque exclusivement aux Européens, seuls citoyens 
dotés de droits politiques et d’un accès aux services publics. En 1881, le Code de l’indigénat 
institue un régime d’exception pour les musulmans d’Algérie. Ils peuvent être sanctionnés sans 
procès pour des motifs vagues tels qu’un comportement jugé irrespectueux. Toute réunion à 
plus de 25 personnes nécessite une autorisation préalable. Mariages ou cérémonies religieuses 
doivent donc être autorisés par l’administration. Des travaux forcés peuvent être imposés sans 
rémunération. À l’inverse, les Juifs d’Algérie, en grande partie citadins, obtiennent la 
nationalité française grâce au décret Crémieux de 1870. Dans ce contexte d’exclusion politique 
et sociale, l’islam devient pour les algériens un pilier identitaire structurant. Au début du XXe 
siècle, la société algérienne est profondément fragmentée : entre colonisés et colons, mais 
aussi au sein des populations européennes, entre grands exploitants agricoles, 
ouvriers urbains ou petits agriculteurs. La Première Guerre mondiale marque un tournant 
en Algérie : plus de 150 000 musulmans sont envoyés sur le front, et environ 120 000 autres 
réquisitionnés pour remplacer la main-d’œuvre en métropole. Le mythe d’une civilisation occidentale 
bienfaitrice vacille face à la brutalité du conflit. Parallèlement, la chute de l’Empire 
ottoman met fin à l’idéal d’une grande nation arabe. Toute une génération d’algériens ayant 
découvert la France s’ouvrent aux revendications ouvrières et aux luttes sociales. L’idée du droit 
des peuples à disposer d’eux-mêmes pénètre les consciences, inspiré par la révolution bolchevik 
mais surtout la résistance de Mustafa Kemal en Turquie face aux puissances occidentales. 
Jusque-là, la répression brutale de plusieurs insurrections, notamment en 1871 et en 1914, 
avait laissé place à un climat de résignation et d’attentisme au sein de la population. 
La colère qui naît de l’entre-deux-guerres, par l’expérience du front, la conscience 
politique nouvelle et l’espérance d’un changement, se heurte rapidement à l’immobilisme du pouvoir 
colonial et voit l’apparition de nombreux mouvements nationalistes structurés. Parmi eux, les Oulémas réformistes,  qui prônent une émancipation progressive par l’islam et l’éducation. Viennent ensuite les Jeunes Algériens, issus d’une bourgeoisie citadine 
francisée, qui revendiquent l’égalité juridique avec les Français, tout en conservant leur 
statut personnel musulman. Leur influence, forte au début du siècle notamment par voie de 
presse, décline dans les années 1920. Le principal courant nationaliste qui réclame ouvertement 
l’indépendance, l’Étoile nord-africaine, est fondé en 1926 à Paris par Messali Hadj, avec 
le soutien du Parti communiste. Un discours resté  célèbre prononcé à Bruxelles en 1927 résume la pensée de Messali Hadj : « le peuple algérien n’a plus rien à attendre de la bonne volonté 
de l’impérialisme français pour améliorer notre sort ». Accusé de subversion contre la France, 
l’étoile Nord-Africaine est dissoute en 1929. Les célébrations du centenaire de la 
colonisation en 1930, six mois durant, glorifient l’Algérie française. Ces festivités coloniales nourrissent un profond ressentiment. La crise économique mondiale renforce encore 
la misère de la population musulmane. En 1933, l’Étoile se reconstitue et lance le journal El 
Ouma, diffusé largement en Afrique du Nord et en France. Des militants, notamment issus 
de l’émigration, rallient le mouvement. En 1935, le décret Régnier institue 
le délit politique en Algérie : toute manifestation contre la France est interdite. 
L’année suivante, un Congrès des mouvements d’opposition réunit oulémas, communistes et 
militants nationalistes, suscitant l’inquiétude des autorités. En réaction, le gouvernement du 
Front populaire propose le projet Blum-Viollette, qui envisage d’accorder la citoyenneté à 20 000 
Algériens musulmans, sur près de 6 millions, sous conditions de diplômes ou de grade 
militaire — mais sans évoquer l’indépendance. Le projet est vite abandonné face à l’opposition 
des français d’Algérie, notamment les maires. L’Étoile, de nouveau interdite, renaît sous le 
nom de Parti du Peuple Algérien (PPA). Mais ses dirigeants, dont Messali Hadj, sont arrêtés, 
jugés et condamnés à de lourdes peines à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Sous Vichy, l’Algérie reste coloniale mais encore plus discriminatoire : les lois 
envers les musulmans sont renforcées, et les Juifs sont déchus de la citoyenneté française 
par l’abrogation du décret Crémieux. Après le débarquement allié de novembre 1942, les forces de 
Vichy sont chassées. De Gaulle installe à Alger le siège du Comité français de Libération nationale. 
Pour la France libre, l’Algérie reste une base stratégique, mais la structure coloniale n’est pas 
remise en cause. Ferhat Abbas, jusque-là partisan d’une évolution dans le cadre français, publie en 
1943 le Manifeste du peuple algérien. Il y réclame la fin du système colonial et l’égalité intégrale 
des droits. De Gaulle promet des réformes, mais repousse toute idée d’autonomie. Il réalise 
quelques concessions en 1944 : il accorde la citoyenneté à 60.000 musulmans et des assemblées 
locales aux pouvoirs limités sont créées. Ferhat Abbas juge ces mesures insuffisantes et 
fonde les Amis du Manifeste et de la Liberté, avec le soutien des oulémas et surtout 
de Messali Hadj, encore en résidence surveillée mais qui jouit d’un grand prestige. 
Le mouvement rassemble rapidement près de 100 000 sympathisants. Craignant un soulèvement, les 
autorités déportent Messali Hadj à Brazzaville. Le 8 mai 1945, de grands défilés sont organisés 
à travers l’Algérie pour célébrer la victoire alliée. Les autorités françaises interdisent 
toute bannière autre que le drapeau tricolore. À Sétif, la manifestation tourne à la 
revendication politique : les manifestants réclament l’indépendance et la libération 
de Messali Hadj. Un jeune homme brandit un drapeau algérien. Ce drapeau, apparu dans le 
milieu nationaliste de l’étoile nord-africaine, associe le vert de l’islam, le blanc 
de la paix et le rouge du sang versé, autour d’un croissant et d’une étoile symbolisant 
la foi musulmane. Perçu comme un agitateur, l’homme qui brandissait le drapeau est abattu par 
un policier. La situation dégénère. Des violences éclatent contre la population européenne : plus de 
100 morts sont recensés. La répression française qui s’ensuit est d’une ampleur inédite. L’armée 
bombarde des villages, procède à des arrestations massives, exécute sans procès. Le bilan reste 
controversé : environ 15 000 morts selon les autorités françaises, plus de 45 000 selon les 
sources nationalistes. Le général Duval, chargé de l’opération, avertit les dirigeants : « Je vous 
ai donné la paix pour dix ans. Mais il ne faut pas se leurrer. Tout doit changer en Algérie ».
Le gouvernement accorde quelques concessions. Messali Hadj est libéré et en 1947, le Parlement 
adopte le « statut sur l’Algérie » instituant une Assemblée algérienne censée associer les musulmans 
à la gestion du pays. Elle est composée de deux collèges électoraux de 60 membres chacun : l’un 
pour les français, l’autre pour les musulmans Mais le système ne reflète en rien la réalité 
démographique, puisque les Européens — environ 900 000 — ont un poids équivalent dans 
l’Assemblée aux 8 millions d’Algériens. Lors des élections de 1948, les partis de Ferhat 
Abbas et de Messali Hadj remportent plusieurs sièges, mais dénoncent des fraudes massives 
orchestrées par l’administration coloniale. À cette frustration politique s’ajoutent des 
tensions internes. Au sein du parti de Messali Hadj, une jeune génération d’activistes 
prônant la lutte armée émerge. En 1947, elles fondent l’Organisation spéciale (OS), 
une structure clandestine chargée de préparer l’insurrection armée. En 1950, l’OS est 
démantelé, ses membres arrêtés. Messali, résident en France, perd de son autorité auprès 
des militants, qui lui reprochent son inaction. En 1954, 22 anciens membres de l’organisation 
spéciale qui ont échappé aux arrestations forment le Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action, 
dont l’objectif est « la restauration de l’État algérien souverain, démocratique et social dans 
le cadre des principes islamiques ». Quelques mois plus tard, un noyau de 6 hommes fonde le Front 
de Libération Nationale, le FLN, avec sa branche armée, l’Armée de Libération Nationale, l’ALN. 
Le territoire algérien est divisée en 5 zones, nommées wilayas, chacune dirigée par un 
responsable militaire, et coordonnées par un sixième homme chargé d’assurer la liaison 
entre elles. Ces 6 hommes, le groupe des 6 prépare l’insurrection armée dans le plus grand secret. Le 
déclenchement de la guerre est désormais imminent. À l’automne 1954, la France sort humiliée de la 
guerre d’Indochine. C’est dans ce contexte que le FLN décide de passer à l’action. Dans 
la nuit du 31 octobre au 1er novembre, une trentaine d’attentats sont menés simultanément 
dans les Aurès, en Kabylie, et près d’Alger. C’est la « Toussaint Rouge ». Des casernes, 
des commissariats, des ponts, des routes, des lignes téléphoniques sont visés. L’objectif 
est de désorganiser les structures coloniales et de montrer que la rébellion est 
coordonnée. Une déclaration du FLN est diffusée dans tout le pays : elle appelle 
à l’indépendance, à la souveraineté nationale, et à la mobilisation générale. Dans les attaques, 
deux civils européens sont tués. Le ministre de l’Intérieur, François Mitterrand, décrète 
l’état d’urgence et envoie 600 CRS sur place. Le gouvernement minimise la portée des attaques, 
évoquant des actes isolés ou du terrorisme local. Le parti de Messali Hadj est dissous. Nombre 
de ses militants viennent alors gonfler les rangs de l’Armée de Libération Nationale. Les premiers chefs du FLN sont traqués. Didouche Mourad, dirigeant du nord-constantinois, 
est tué en janvier 1955 lors d’un accrochage avec l’armée. Son successeur, Zighoud Youcef, 
relance l’insurrection en août 1955, en lançant des attaques contre des civils européens 
et des musulmans accusés de collaborer avec les autorités françaises. Ces événements, connus 
sous le nom de massacres du Constantinois, font plus de 150 morts. L’objectif du FLN est 
double : briser l’ordre colonial en semant la terreur et provoquer une répression massive afin 
de porter la guerre sur la scène internationale. La stratégie fonctionne. La France tombe dans 
le piège de la répression, arrête, déporte et massacre des milliers de musulmans. En septembre 
1955, la question algérienne est inscrite à l’ordre du jour de l’ONU, signal d’un tournant 
diplomatique majeur. Le conflit s’intensifie. Il ne s’agit plus d’une série d’émeutes 
isolées mais d’une véritable guerre, marquée par un cycle d’attentats, d’exécutions et 
de répressions qui s’enchaînent des deux côtés. En janvier 1956, les élections législatives 
portent au pouvoir le Front républicain. Guy Mollet devient président du Conseil. Initialement 
favorable à une solution négociée il change de cap après sa visite à Alger en février, 
accueillie par des jets de tomates lors d’une manifestation hostile des Français d’Algérie. 
Sous pression, il durcit sa position. Le 12 mars, l’Assemblée vote les « pouvoirs spéciaux », 
qui accordent à l’armée des moyens étendus pour lutter contre l’insurrection. Le territoire 
est découpé en trois zones : zones d’opérations pour l’élimination des combattants, zones de 
pacification censées protéger les populations, et zones interdites, vidées de leurs habitants 
et soumises à des déplacements forcés dans des camps dits d’hébergement. Face à 
cette militarisation croissante, le FLN cherche à s’organiser. Le 20 août 1956, 
le Congrès de la Soummam se tient en Kabylie. Il établit une plate-forme politique affirmant 
la primauté du politique sur le militaire, et de l’intérieur — les maquis — sur l’extérieur, 
notamment les cadres exilés au Caire. Le Comité de Coordination et d’exécution nouvellement crée 
comprend 9 membres : 6 cadres à l’intérieurs, 3 à l’extérieur. Alors que la France vient 
de reconnaître l’indépendance du Maroc et de la Tunisie, cinq dirigeants du FLN sont 
arrêtés en octobre après l’arraisonnement de leur avion en route vers Tunis. Parmi eux, 
Ahmed Ben Bella, délégué extérieur du FLN. À bord, les autorités françaises découvrent 
des documents prouvant le soutien de l’Égypte. La crise est immédiate : les négociations 
secrètes engagées avec le FLN sont rompues. Assuré du soutien de l’Égypte, du Maroc et de 
la Tunisie, qui serviront de bases arrière, le FLN entre dans une logique de guerre 
totale. La France porte alors ses effectifs en Algérie à 350 000 hommes. Sur le 
terrain, la répression s’intensifie : plusieurs massacres de civils ont lieu dans 
les campagnes en représailles aux actions du FLN. La spirale de la violence semble 
hors de contrôle. C’est dans ce contexte que la direction du FLN décide de porter 
la guerre sur un nouveau terrain : Alger. La capitale est une ville profondément divisée. La 
Casbah, quartier ancien à majorité musulmane, est un labyrinthe de ruelles étroites, de caches et 
de passages secrets, propices à la clandestinité. C’est dans ce dédale que le FLN installe la Zone 
autonome d’Alger (ZAA), une structure distincte des wilayas définies lors du Congrès de 
la Soummam. La ZAA est divisée en trois régions territoriales, chacune dotée de branches 
politique, militaire et financière. Le système pyramidal adopté repose sur des cellules de 
trois membres, limitant ainsi les risques de dénonciation en cas d’arrestation. La ZAA est 
dirigée par Larbi Ben M’hidi et Yacef Saâdi. Ils assainissent la casbah des éléments mafieux 
pour en prendre le contrôle, souvent en passant par des meurtres. Le centre-ville, quant à lui, 
est le bastion européen, avec ses larges avenues, ses cafés et ses bâtiments administratifs. 
Entre ces deux mondes, les quartiers populaires mixtes, souvent en périphérie, sont des zones où 
les identités se confondent et se confrontent. Durant l’été 1956, la ville s’embrase. En 
représailles aux premières attaques du FLN, un groupe d’Européens fait exploser une bombe 
dans la Casbah, rue de Thèbes : près de 80 morts. En réponse, le FLN crée un « réseau bombe 
», mobilisant notamment des jeunes des quartiers, comme Ali La Pointe. Des femmes sont chargées 
de poser des explosifs habillés en Européennes, afin de passer plus facilement les postes 
de contrôle. Le 30 septembre, des bombes visent des commerces du centre : trois morts, une 
cinquantaine de blessés. L’émotion est immense. Le général Raoul Salan est nommé commandant en chef 
des forces armées, avec comme mission d’écraser la guérilla. Il est l’un des artisans de la 
doctrine de la guerre contre-révolutionnaire, dite également « guerre subversive » inspirée des 
méthodes employées en Indochine. Cette stratégie vise à briser l’insurrection par des moyens 
militaires, psychologiques et administratifs : quadrillage du territoire, renseignement intensif, 
encadrement des populations, usage de la torture. Face à l’extension des attentats à l’automne 
à Alger, le gouverneur Robert Lacoste confie les pleins pouvoirs sur la ville à Jacques Massu, 
chef de la 10e division parachutiste. Déployé dans la capitale en janvier 1957 avec 10 000 hommes, 
Massu contrôle police, renseignement, gendarmerie. Il peut faire arrêter, interroger et détenir 
n’importe quel algérien sans limite légale. L’objectif est de détruire la Zone autonome 
d’Alger. Le FLN réagit à l’arrivée des parachutistes : le 26 janvier 1957, trois bombes 
explosent dans des cafés du centre. En réaction, des musulmans sont lynchés par des civils 
européens. Peu après, le FLN lance un appel à la grève générale, coïncidant avec l’examen 
de la situation algérienne à l’ONU. L’armée française brise aussitôt le mouvement et force 
l’ouverture des magasins et la reprise du travail. Toute l’année 1957, Alger devient un théâtre 
d’affrontements souterrains : assassinats ciblés de policiers, de fonctionnaires, 
d’informateurs présumés ; attentats dans les lieux publics fréquentés par les 
Européens, comme les cafés, les cinémas, les marchés ou les stades. La Casbah est encerclée 
par les parachutistes, entourées de barbelés. Massu estime à 5000 le nombre de militants 
présents. De grandes opérations d’arrestations sont menées. Les suspects sont envoyés dans des 
centres d’interrogatoire ou des méthodes musclées sont employées pour faire parler les détenus : 
électricité, nommée la « gégène », simulacres de noyade ou d’exécution, pendaisons, coups répétés, 
privation de sommeil. Des milliers de personnes disparaissent. Le colonel Bigeard joue un rôle 
central dans cette répression : il exécute des prisonniers en coulant leurs pieds dans le béton, 
avant de les jeter en mer depuis des hélicoptères. Ces exécutions, surnommées « Crevettes-Bigeard 
», suscitent de vives controverses, au sein même de l’administration. Plusieurs fonctionnaires 
démissionnent. Mais ces opérations permettent au renseignement militaire d’infiltrer le 
FLN, qui est progressivement démantelé. Peu à peu, les chefs du FLN à Alger 
sont arrêtés ou tués. Larbi Ben M’hidi, capturé le 23 février 1957, devient une 
figure symbolique de l’indépendance. Le Jean Moulin algérien est officiellement déclaré 
mort en cellule. Il a en réalité été exécuté sur ordre du général Aussaresses, ce que la France a 
reconnu officiellement en 2024. Le 24 septembre, les parachutistes localisent Ali La Pointe dans la 
haute Casbah. Il refuse de se rendre et meurt avec trois autres militants lors de l’explosion de sa 
cache par l’armée française. Quelques jours plus tard, les membres du réseau bombe avec à tête 
Yacef Saâdi, sont capturés vivant. Avec ces arrestations, la bataille d’Alger s’achève.
Alger, placée sous contrôle militaire, ne connaîtra plus d’opérations d’ampleur du 
FLN jusqu’à la fin de la guerre. Le bilan est lourd : 751 attentats attribués au FLN, plus 
de 300 morts et 1000 blessés. Officiellement, 300 membres du FLN auraient été tués. Mais 
Paul Teitgen, haut fonctionnaire ayant tenu une comptabilité indépendante avant de démissionner en 
signe de protestation, évoque plus de 4000 morts, pour la plupart en dehors de tout cadre légal. L’armée française déclenche dans la foulée une opération psychologique d’envergure : la Bleuite. 
En diffusant de fausses listes de traîtres, elle provoque une vague de paranoïa au sein du 
FLN. Des centaines de militants sont exécutés par leurs propres compagnons, notamment en 
Kabylie et dans l’Aurès. Pendant ce temps, en métropole, une guerre souterraine oppose les 
partisans du FLN à ceux du Mouvement national algérien de Messali Hadj. Attentats, règlements 
de comptes et fusillades font environ 4000 morts entre 1956 et 1962, dans les foyers de 
travailleurs et les quartiers immigrés. L’armée française a remporté une victoire 
militaire lors de la bataille d’Alger, mais au prix de torture systématique et d’exécutions 
illégales. Une crise morale éclate en métropole. Avocats, journalistes et anciens militaires 
alertent l’opinion sur l’usage systématique de la torture. Des journaux comme L’Express, 
France-Observateur ou Témoignage chrétien publient des enquêtes détaillées. Des intellectuels 
prennent position. Jean-Paul Sartre accuse la République de « torturer au nom de la liberté 
», François Mauriac parle d’un « poison dans l’âme française ». En 1958, l’historien Pierre 
Vidal-Naquet publie La torture dans la République, un ouvrage qui fait date en documentant les 
pratiques de l’armée. À l’international, le scandale entame l’image de la France. 
Lors des débats à l’ONU, plusieurs pays du Tiers-Monde dénoncent les méthodes employées 
en Algérie et appellent à la décolonisation. Les institutions françaises sont à leur tour 
secouées par la crise algérienne. Le 13 mai 1958, une insurrection éclate à Alger, menée par 
des partisans de l’Algérie française et des militaires hostiles à toute négociation 
avec le FLN. Un Comité de salut public, sous contrôle militaire, appelle au retour 
du général de Gaulle. Face à l’impasse, le président René Coty lui confie la formation 
d’un gouvernement. Investi le 1er juin, de Gaulle se rend aussitôt à Alger et 
prononce un discours resté célèbre. Ayant obtenu les pleins pouvoirs pour six mois, 
il engage une réforme des institutions. La IVe République s’effondre ; la Ve est instaurée à 
l’automne. En septembre 1959, de Gaulle reconnaît le droit à l’autodétermination pour les Algériens, 
ce qui provoque la rupture avec les ultras de l’Algérie française. La situation s’enlise avec 
la semaine des barricades en janvier 1960 à Alger, puis le putsch militaire d’avril 1961, mené 
par les généraux Salan, Challe, Zeller et Jouhaud. Dans la foulée, l’OAS, l’Organisation 
de l’armée secrète — groupe terroriste opposés à l’indépendance de l’Algérie — déclenche une 
vague d’attentats sanglants visant aussi bien les indépendantistes algériens que les représentants 
de l’État français favorables à la négociation. L’état d’urgence est décrété. Les violences du 
FLN et de l’OAS frappent le territoire français, culminant avec la répression du métro Charonne 
où des manifestants anti-OAS sont tués par la police. Le 18 mars 1962, avec les accords d’Évian, 
un cessez-le-feu est signé. Il entre en vigueur le 19 mars, marquant la fin officielle de la guerre. 
Le 1er juillet, un référendum d’autodétermination est organisé : 99,7 % des votants se prononcent 
pour l’indépendance, proclamée le 5 juillet 1962, 132 ans jour pour jour après la prise d’Alger. 
Après des luttes internes au sein du FLN, c’est finalement Ahmed Ben Bella, emprisonné 
en France depuis 1956, qui devient chef du gouvernement. L’indépendance déclenche un exode 
massif : environ 650 000 pieds-noirs quittent l’Algérie, souvent dans la précipitation 
et des conditions difficiles. Les harkis, supplétifs algériens de l’armée française, sont 
totalement abandonnés à leur sort. Plus de 60.000 sont traqués et massacrés dans les mois qui 
suivent par l’Armée de libération nationale. La bataille d’Alger occupe une place à part dans 
la guerre d’Algérie en devenant le théâtre d’un affrontement total : attentats, répression, 
guerre psychologique, torture, et exécutions. L’armée française y gagne une victoire tactique. 
Les réseaux du FLN sont démantelés, la Casbah verrouillée, les chefs arrêtés ou tués. La guerre 
d’Algérie, jusque-là cantonnée à ses marges, devient une affaire centrale. Elle n’est plus 
une simple opération de maintien de l’ordre mais devient une guerre coloniale, brutale, et 
désormais impossible à ignorer, menant à une profonde crise morale et politique en France. En 
ce sens, les objectifs du FLN sont atteints : en déportant le conflit des montagnes vers la ville, 
l’organisation souhaitait frapper les esprits, internationaliser la cause algérienne, 
et contraindre la France à affronter la question de l’indépendance politiquement. Ce 
basculement du conflit, qui s’est opéré dans le terreur et dans le sang, à imposer l’idée 
que l’indépendance était devenue inévitable. Voilà, j’espère que cette vidéo vous 
a plu ! Un grand merci à Rosetta Stone d’avoir soutenu la création de 
cette vidéo. N’oubliez pas de consulter le lien en description et en 
commentaire pour profiter d’un accès à vie à Rosetta Stone pour avoir 60% de 
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Android ! Un grand merci à tous les tipeurs sans qui rien ne serait possible. Encore merci d’avoir 
visionné, et à bientôt pour un nouvel épisode.

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34 Comments

  1. Super vidéo!

    Ce serait intéressant d'avoir plus de détails sur la prise en charge du retour des pieds-noir par l'Etat français! Notamment, l'attribution de terre dans le sud et en Corse si je ne m'abuse…

  2. Bonjour, à 26:00 la vidéo dit "Le Colonel Bigeard […] exécute des prisonniers en coulant leurs pieds dans le béton avant de les jeter en mer. Ces exécutions nommées crevettes Bigeard […]" J'ai voulu me renseigner sur cette pratique, mais la page Wikpedia sur cette expression affirme avec une citation que "l'implication du Général Bigeard n'a jamais été démontrée". Sur quelle source vous basez vous pour affirmer que le Général Bigeard a exécuté des prisonniers de cette manière, et sur quelle source devrions-nous nous fonder concernant cette pratique et l'implication de son homonyme étant donné que Wikipedia nous indique qu'aucune démonstration n'a été faite de son implication ? Merci par avance pour votre éclairage et merci pour vos vidéos de qualités.

  3. C'est tellement agréable de voir un documentaire français qui se rapproche le plus possible de l'objectivité.
    Mais les commentaires montrent clairement que certains Français n’ont pas encore réussi à digérer la victoire de la révolution algérienne sur la machine coloniale française.

  4. J'aurais aimé que la vidéo mettent l'accent sur le terrorisme de L'OAS, l'abandon intentionnel de l'armée française de son rôle de garantir la paix et de protéger les européens et les Algériens.
    D'aider à maintenir la paix après l'indépendance pour éviter tout dépassement, mais bon on voulait pas laisser les anciens colons devenir algérien et construire le pays.
    La période OAS vaut 7 ans de guerre.

  5. Juste le drapeau algérien a lui seul c'est une histoire alors la notre indépendance, la vidéo était très intéressante mais la vrai histoire faut venir en Algérie pour la comprendre et la ressentir…

  6. Le Sahara occidental n'existe pas… C'est un territoire marocain, quand ça commence par un mensonge comme ça ça ne sert à rien d'aller plus loin donc next

  7. La bataille d'alger malgré son importance, reste une bataille. C'est les hommes qui ont fait le congrès de la soumam qui sont derrière la bataille d'alger.

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