La dernière déglaciation et ses implications pour l’étude de la Grotte Cosquer et des anneaux de coralligène du Cap Corse.
par Edouard Bard , Professeur au Collège de France, membre de l’Académie des sciences, chercheur au CEREGE
La dernière transition entre une période glaciaire et une période interglaciaire s’est déroulée de 21.000 à 8000 ans avant le présent. Cette phase climatique tourmentée est caractérisée par des variations rapides et de grande ampleur des températures et des niveaux marins. Ces bouleversements paléoclimatiques à l’échelle mondiale ont eu des répercussions majeures sur les environnements et les écosystèmes de sites emblématiques de Méditerranée comme ceux des Calanques de Marseille autour de la Grotte Cosquer ou des anneaux de coralligène au large du Cap Corse (expédition Gombessa-6 conduite par Laurent Ballesta). J’illustrerai cette présentation avec les résultats nombreux et variés obtenus au CEREGE d’Aix-en-Provence.
Bonsoir à tous et merci d’être encore fidèle pour cette nouvelle conférence des mercredis d’Andum. Donc ce soir, on a vraiment le grand plaisir et le grand honneur d’accueillir Édouard Bar qui est professeur au collège de Franche et chercheur pardon avec l’essai au Cège. Bonsoir Édouard. Bonsoir. C’est un grand honneur que tu nous fais de venir nous parler de tes travaux. Je vous rappelle que ces conférences vous sont proposées tous les derniers mercredis de chaque mois par l’IMBE, l’Institut de biodiversité et d’écologie marine et continental avec le soutien de l’OZUPAS et de ex-Marseille université. Donc merci à tous. Merci également aux internautes qui se sont déjà connectés avant avant le début pour t’écouter Édouard. Et donc je vous rappelle que après la conférence d’Edouard, vous aurez tout le loisir de lui poser ses vos questions et également pour nos internautes via le chat, je retransmai je retransférerai les questions à Édouard. Donc je te laisse la parole. Je vous souhaite une très jolie conférence et à tout à l’heure. Merci Carole Borquelini pour cette introduction et merci à Christopher Marchall qui est derrière sa console pour l’enregistrement. Donc ce soir, j’ai donc je suis très heureux en fait de de parler ici à Marseille. Bon, en même temps, je suis professeur au collège de France rattaché au au Serège, mais dans une vie précédente, j’ai été professeur ex-Marseille université quand je suis arrivé en 91. Donc, je suis à Marseille finalement depuis assez longtemps et je suis finalement un local puisque le laboratoire est implanté sur le plateau de l’Arbis, pas si loin que ça de Marseille. Alors ce soir, j’ai décidé en fait de vous parler de la dernière déglaciation et en particulier quelques implications alors non exhaustive sur des sites célèbres de la de la région, en particulier le trait de côte de Marseille et la grotte Cosquire et d’autre part je vais vous parler des anneaux de coralè du Capcorse. Alors, quand on parle de niveau de la mer à Marseille, on ne peut pas ne pas mentionner en particulier ici à Andou, on est juste à côté quelques mètres, le Marégraphe de Marseille. Tout a commencé à Marseille pratiquement avec la construction de ce marégraphe mécanique que vous connaissez tous sur la corniche euh qui existe encore et qui fonctionne depuis euh enfin qui a fonctionné depuis 1884, donc la fin du 19e siècle. C’est la deuxième plus longue série marégraphique de France euh après celle de Brest. Et donc c’est vraiment un enregistrement absolument fondamental sur l’évolution du niveau des mers comme vous le savez. Alors cette évolution du niveau de la mer, on je vais vous en parler abondamment aujourd’hui. C’est un domaine qui est très vaste et pour mettre les choses dans le contexte, bien évidemment tout enfin ce que l’on fait est effectivement soutendu par l’évolution actuelle du niveau de la mer qui est essentiellement liée pour la partie récente, les dernières décennies au réchauffement mondial. Alors les marégraphes, je vous ai parlé du marégagraphe de Marseille. Il y a des séries marégraphiques un peu partout dans le monde, des longues et des moins longue. Et d’autre part depuis quelques décennies, depuis 1993 avec l’expérience franco-américaine Tope Exposidon, des mesures très précises par satellite, les satellites altimétriques qui permettent en fait de reconstituer à l’échelle planétaire l’évolution du niveau des mers. Donc le graphe de gauche qui vous est montré ici vous montre en fait l’évolution du niveau de la mer exprimée ici en millimètres. Donc depuis plus qu’un siècle, ça fait à peu près 20 cm d’élévation du niveau de la mer. Alors on peut se dire c’est pas beaucoup mais en même temps tout est dans la projection. Et d’autre part on peut estimer des taux de monté du niveau de la mer ici en particulier sur les dernières décennies avec les satellites altimétriques. On a une moyenne de plus de 3 mm. Ça c’est accéléré dans les dernières années. On est à plus de 4 maintenant. euh avec une une combinaison et un accord entre les séries marégraphiques qui sont compliqués à compliler. Je ne vais pas entrer dans les détails mais c’est important de savoir que pour les dernières décennies, on a une relativement bonne compréhension sur le fait que le réchauffement mondial est très important avec deux mécanismes principaux qui sont la fonte des glaces continentales, les glaciers de montagne, les calottes de glace comme le Groenland et l’Antarctique et d’autre part l’expansion thermique, la dilatation thermique des masses d’eau euh qui est responsable aussi alors ça dépend de l’échelle de temps mais sur les années récentes de l’ordre du tiers de cette élévation du niveau niveau de la mer. Alors les ce qui est important aussi pour nous tous, c’est les projections de cette évolution du niveau de la mer qui est représenté ici à droite. ce que ce qui est représenté là, c’est juste tirer du dernier rapport du GC les compilations des projections avec différents modèles parce que là il s’agit de modélisation, on essaie de de se projeter dans le futur et comme les choses dépendent du réchauffement mondial, tout dépend aussi des scénarios d’émission et les différentes courbes rouges à bleu bleu pour le les scénarios enfin optimistes sur les l’évolution des des émissions de gaz à effet de serre et le les plus rouges sont les scénarios pessimistes ou on va dire presque réalistes quand rien ne change et montre en fait que les à l’échelle du prochain enfin de la fin de ce siècle en 2100 on aura une évolution qui va être pratiquement de l’ordre du maître avec des possibilités d’instabilité aussi des glaciers en partic des des inlandis des calottes de glace qui peuvent être plus dynamiques que ce qu’elles sont dans certains modèles avec possiblement des euh évolutions lié à des instabilités de ces calottes de glace qui sont de plus en plus documenté, qui à l’époque du enfin en 2021 pour la sortie de ce dernier rapport était considéré comme relativement peu probable mais de plus en plus d’évidence montrent en fait que effectivement les calottes de glace peuvent être impactées et présenté des phénomènes dynamiques avec des pertes de masse très importantes et donc une évolution qui peut aller qui pourrait aller jusqu’à pratiquement 2 m à l’échelle du prochain siècle. enfin de la fin de notre siècle du 21e siècle. Alors ça c’est pour à la fois les projections futures, les projections enfin les les séries temporelles relativement récentes. Et il est important, on peut effectivement aussi étudier le niveau des mers en se tournant vers le passé relativement ancien mais suffisamment récent pour avoir des données précises et en particulier une des grandes phases de d’évolution du niveau des mers, c’est ce que l’on appelle la dernière grande déglaciation qui a eu lieu entre la période la dernière période glaciaire 21000 ans avant le présent, le DMG dernier maximum glaciaire jusqu’à la période actuelle pendant cette période et bien l’évolution du niveau des mers était de plus de 100 m. Donc on a un rapport signal sur bruit qui est pratiquement équivalent à ce que peuvent avoir les collègues qui travaillent sur les données satellites ou les données des marégraphe avec des mesures très précises mais encore une fois des amplitudes qui sont beaucoup plus faibles. Alors cette vue là, elle représente une comparaison entre l’hémisphère nord cartographié et imagé de pour l’hémisphère nord actuel à gauche avec uniquement une calotte de glace plantée sur le Groenland et d’autre part la situation au dernier maximum glaciaire avec une énorme calotte de glace de 4 km d’épaisseur sur le Canada. Donc il faut imaginer l’équivalent de l’Antarctique posé sur le sur le Canada, Calotte Laurentide et d’autre part des calottes aussi importante dans le le nord de l’Europe, en particulier en Scandinavie, euh au niveau de la berne de Barens, des îles britanniques et cetera. Le Grenand était un peu plus gros que si on avait si je vous montrais la vue en fait sur l’hémisphère sud, on verrait aussi que l’Antarctique était un peu plus gros. Là, je vous représente une cartographie qui date de 81 et je l’aime bien parce que c’est la plus esthétique en fait et finalement euh les plus récentes sont euh le détail a effectivement un petit peu changé mais euh n’ont pas atteint le niveau esthétique de cette reconstitution du projet Climap des années 80. Donc je continue à présenter celle-là pour les l’introduction. Alors ce qu’il faut avoir en tête, c’est que pendant cette cette période, il faisait effectivement nettement plus froid. Ici vous avez des isothermes exprimés. Donc on voit qu’il y a beaucoup plus de bleu en Atlantique Nord donc il faisait beaucoup plus froid pendant la glaciation. Et d’autre part le trait de côte était très affecté parce que le niveau de la mer était à plus de 100 m plus bas. Donc on pouvait passer à pied sec de l’Angleterre à la France, on pouvait passer de Sibérie en Amérique directement par le D3 de Bearing qui était exondé. Donc une situation qui était effectivement très différente. La banquise était beaucoup plus étendue et cetera. Donc ça c’est quelque chose qui a affecté tous les traits de côte à l’échelle mondiale. Alors les on pour reconstituer ce qui nous intéresse c’est aussi d’essayer de reconstituer l’évolution du niveau des mers pendant la transition entre 21000 ans avant le présent et la période actuelle. Et alors, il y a plusieurs techniques, méthodes euh des méthodes géochimiques, d’autres méthodes encore, mais une des méthodes favorites en fait de euh que l’on utilise en particulier au serge, c’est de d’utiliser des marqueurs biologiques du niveau marin euh que l’on va essayer de chercher à l’état fossile. Euh des marqueurs des essentiellement des organismes fixés euh parce que ils sont s’ils sont fixés et bien on peut avoir une position relative par rapport au niveau actuel de de la mer. Et en particulier sous les tropiques, on peut utiliser les coraux constructeurs de réciif. Ces coraux constructeurs de récif pour la plupart enfin vivent en symbiose avec des algues avec des donc ils ont besoin de lumière. Certaines espèces sont très restreintes au point de vue de leur palé bâtimétrée, au point de vue de leur bâtimétrie. D’autres le sont beaucoup moins. On est obligé effectivement de d’entrer dans ces détails. Mais euh on peut effectivement en utilisant des des marqueurs biologiques fossiles en les datant hein puisque bien évidemment on veut reconstituer une échelle de temps enfin une évolution du niveau des mers. Donc on va être obligé d’utiliser des techniques de datation. on peut reconstituer l’évolution du niveau des mers à partir de ces indicateurs biologiques. Donc ici, j’ai disposé quelques vues, une vue de Mayotte, ici des corau un peu spéciaux qui sont très très euh très finement liés au niveau de la mer, ce qu’on appelle des micro des microatoles. Ici, vous avez une vue des Caraïbes Saint-Martin avec des des coraux acropor palmés qui sont très restreints au point de vue de leur bâtimétrie. On peut voir dans certaines zones par exemple ici c’est une vue de l’île de Marée où on a des un étagement de terrasses coraliennes anciennes qui correspondent à des hauts niveaux de la mer qui sont tout à fait nettes. Alors pour reconstituer l’évolution du niveau des mers pendant la déglaciation, malheureusement pour les chercheurs, l’essentiel de l’information est en fait sous l’eau. Donc en fait on va être obligé d’aller sous l’eau pour récupérer cette information. Alors soit ben on peut aller chercher ça à la main en plongé, soit on utilise de gros outillages. Donc une des grosses opérations qui nous a intéressé au serge pendant quelques années, ça a été enfin l’expédition de forage au large de Tahiti dans le cadre d’un gros programme. Alors, c’est quelque chose, bon, c’est une aventure qui nous a coûté beaucoup de temps et d’énergie. En particulier, tout à fait au départ, on voulait faire cela uniquement avec des moyens français et ça n’a pas été possible. Et dès la fin des années 90 avec ben d’autres collègues du S, Gilbert Camoin, Bruno Hamelin, on a pensé à à faire financer l’opération par le grand programme Ocean Drilling Program. Et ensuite, bon, les choses ont été très lentes pour convaincre de dépenser autant d’argent pour faire des forages au large de Tahiti. Ça s’est concrétisé effectivement le premier proposal c’était 99. L’expédition a eu lieu en 2005 et on est toujours en train de valoriser des données. Actuellement, on a quelques papiers encore sur des données qu’on établit encore à l’heure actuelle pour aller creuser encore plus loin dans ces informations, dans ces enregistrements, dans ces carottes qui sont disponibles. Alors, ça c’est la plateforme de forage qui avait été utilisée à l’époque. Il y avait trois sites essentiellement autour de Tahiti nuit. les enfin la grande île de Tahiti. Et là, je vais vous montrer juste une petite une petite un petit film en fait qui montre en fait cette enfin quelques vues sur cette expédition. Alors, c’est la suite en fait de de travaux qui avaient été faits, qu’on avait fait, qu’on avait réalisé en collaboration avec les collègues de Lorstom maintenant IRD avec des forages qui étaient implantés directement sur le récif barrière de Tahiti, des forages verticaux, des forages déviés vers le large. Et ensuite donc cette expédition a eu lieu en 2005. C’était une collaboration entre plusieurs pays bien évidemment, on était obligé de partager mais encore une fois aussi de collaborer. Donc pour le niveau de la mer, c’était essentiellement une collaboration pilotée par les Français. Donc le Serge avec des collègues japonais, des collègues anglais, des collègues allemands. Ici vous avez donc des vues sur cette plateforme de forage, le Hunter. Il y a eu 22 plus d’une vingtaine de forages sur les trois zones autour de Tahiti qui ont été réalisées. Plus de 600 m de carottes pour des profondeurs de de forage entre 40 et 120 m de profondeur. Donc on a bon un taux de couverture qui était relativement bon pour cette période de la déglaciation. Donc si vous voyez une de ces carottes. Alors euh avec ces carottes et bien on peut les étudier, on peut euh faire des lames minces, regarder dans le détail, en particulier identifier les différentes espèces. Bon, il s’agit essentiellement d’un de massifs construits avec des coraux en place euh et quelquefois aussi cassé euh des algues coralines et des ce qu’on appelle des micro biites ou des stromatoes qui sont grilles en fait sur cette sur les poteaux qui font qui sont en fait un remplissage et tous ces objets mais essentiellement les coraux peuvent être datés très précisément avec les outils que nous avons installés au Serège Alors tout d’ord, bon il y a ça c’est le premier outil qu’on avait d’abord installé à Saint-Jérôme l’univers enfin sur le campus de Saint-Gérôme qu’on a déménager ensuite à à l’Arbois et puis on a modernisé pour l’uranium torium avec une MCICMS et pour le carbone 14 on utilise un accélérateur de particules qui s’appelle exmical qui est implanté aussi au serge pour le radiac. Donc c’est essentiellement ces deux chronomètres que nous utilisons pour les datations. Alors tout calcul fait de façon simplifiée. Voici l’évolution du niveau des mers pour Tahiti. La remontée du niveau de la mer établie avec ces différents forages, les forages implantés sur le récif barrière et les forages offshore. Alors c’est plus coûteux et plus difficile d’avoir les plus profonds. Avec donc une remontée qui est de plus de 100 m. Ici on est pour le dernier maximum glaciaire. On n pas on n pas exactement le maximum glaciaire avec les forages de Tahiti. On est bon, il nous manque encore une petite partie euh mais on a des bâtimétries qui sont de l’ord de 120 m. le maximum glacial était encore plus bas. Et on peut suivre avec ces différents coraux euh à la fois les triangles et les et les les triangles bleus et verts correspondent au forage huncher et ce qui était collecté au large est représenté en rouge. Tout ça est publié maintenant et on a pu calculer en fait des évolutions exprimées en millimètres par an localement d’évolution du niveau des mers. Donc vous voyez que ben le profil est assez tourmenté. Il y a des périodes d’accélération en particulier. Il y a une période d’accélération qu’on a appelé le meltopuls 1A vers 14 15000 ans avec pratiquement un ordre de grandeur supérieur à ce qui se passe actuellement. On est à 40 mm par an pendant quelques siècles. Donc c’est des phénoménal au point de vue changement du niveau de la mer et une évolution avec des acoups et surtout une baisse fondamentale à partir de 5000 ans avant le présent. On atteint finalement un niveau de la mer qui est quasi stable à partir de 5000 ans avant le présent, donc pendant la période holocène. Alors, on a pu comparer ces différentes informations avec d’autres enregistrements du niveau de la mer pour les océans Atlantiques et Pacifiques. Ici, c’est une compilation qui n’est pas exhaustive mais qui bon qui présente l’essentiel des des principales longues séries qui vont jusqu’au maximum glaciaire. Donc Tahiti, la barbade en fait qu’on avait déjà étudié en particulier lorsque j’étais aux États-Unis à Columbia avec Bruno Hamelin. On avait travaillé sur l’île de la barbade. Donc c’est des papiers qui datent maintenant de 35 ans donc euh et euh mais qui présentent ce qui montre en fait la même évolution avec en partie et d’autres sites encore Papoisie Nouvelle-Ginée des sites autour de l’Australie montre donc des changements très conséquents de plus de 100 m. Ici, on va de 20000 ans 21000 ans jusqu’à 8000 ans avant le présent. Le La Leè est tronqué parce que il est très calme et toujours cette accélération vers 14 15000 ans. Alors ce qu’on ce qu’il faut voir c’est qu’il y a une certaine dispersion qui est liée à des phénomènes alors aussi d’imprécision des marqueurs bâtimétriques mais aussi des de problèmes dont je vais vous parler qui sont que le niveau des mers n’évolue pas de la même façon partout hein. En première approximation on pourrait considérer que les choses évoluent simplement mais vous allez voir c’est plus compliqué. Alors, on peut travailler aussi sur des marqueurs biologiques en Méditerranée. Alors, il y a pas de réciif coralien comme équivalent à ceux de Tahiti, mais on peut travailler par exemple sur des bioconstructions d’algue rouges. Ici, vous avez les célèbres trottoirs alguères à litophylum bissoïdides qui sont confinés à une bâtimétrie très restreinte. Dans d’autres zones, on peut avoir des récifes de vermet, des gastéropodes. Ici, c’est une vue en Sicile. Et ces objets peuvent être datés et on peut reconstituer des l’évolution du niveau des mers. Ici vous avez une figure qui était tirée de du rapport du GC de 2013 qui était tiré directement des travaux de Jacques Laborel qui était un un collègue chercheur au ici qui a beaucoup travaillé en fait pour reconstituer le niveau des mers à partir de ces litophylum bissoïdesses donc c’est trottoir alguère pour la région laot gien et porcro essentiellement c’est ces ces ces données qui ont été compilées ici qui qui permettent de remonter jusqu’à 5000 ans. Bon, vous voyez que là la la l’évolution, l’ampleur, l’amplitude des changements n’est que de l’ordre de 2 m à peine. Alors, il est aussi possible, juste bon, c’est anecdotique mais c’est important de le mentionner, on peut travailler sur d’autres objets encore sur la côte, en particulier dans des grottes submergées, il est possible de retrouver des stalagmites des stalagmites lorsque qui ne poussent en fait que quand la grotte est au-dessus de l’eau. Et par contre, quand la grotte est inondée, les stalagmites s’arrê s’arrêtent de pousser. Et donc ça peut nous donner si on obtient si on prélève dans une grotte submergée aujourd’hui côtière des stalagmites prélevées à différentes profondeurs, et bien en datant les périodes de pouces, on peut à différents niveaux, on peut reconstituer l’évolution du niveau des mers. On peut le faire aussi sur des périodes de temps avec des changements glaciaires, interglaciaires. Alors, c’est ce qu’on a fait avec un collègue italien Fabri Antonio qui aime bien aller dans les grottes sont ici vous avez des stalagmites qui sont en fait plus des stalagmites, ce sont des objets mixtes qui sont à la fois un un mélange avec ici vous avez une tranche d’un des stalagmites qu’on a daté, on a fait pas mal de papiers en fait différents, mais celui-ci est vraiment emblématique. C’est vraiment un code barre. Vous avez des parties sombres qui représentent du de la calcite donc de stalagmite et les parties blanches correspondent en fait à des encroûtements marin formés en fait par des serpules donc des verrs qui vont enfin qui vont synthétiser du carbonate de calcium. Et dans ces objets, dans d’autres stalagmites ici, on l’a aussi, on a le dernier maximum glaciaire ici, mais il est peu apparent. On l’a façon bien plus apparente dans d’autres stalagmithes de la même grotte et dans d’autres. On peut reconstituer des changements du niveau des mers. Ici, les datations sont exprimées en kilo années. Donc là, on était focalisé sur des sur un haut niveau de la mer il y a à peu près 190000 ans. Mais bon, la même le même type d’information peut être a été étudié pour le dernier maximum glaciaire. Alors, je vous ai dit que en préambule que les choses étaient compliquées. C’est vrai pour les marégrafes, c’est vrai mais c’est la même problématique fin finalement essentiellement parce que les la terre quand on pose quand on met des calottes de glace et quand elles fonde et quand le niveau des mers évolue et bien ça déforme la terre. J’ai il faut en tenir compte. Alors, j’avais amené une petite balle, je crois que j’avais et je l’ai j’ai dû la poser quelque part. J’ai dû la poser quelque part. Elle est là. Elle est là. Bah voilà, elle est là. Elle est là. Je me suis demandé où elle était. C’est une petite balle que j’aime bien parce qu’elle elle est à la fois elle a une réponse qui est à la fois élastique et un peu visqueuse. Donc quand on met des calottes de glace sur les deux pôles, hein, pôle nord, pôle sud et qu’on relâche, on va voir, vous allez voir que elle va évoluer dans le temps, même si je je il y a il y a plus de contrainte, même s’il y a plus de calotte de glace. Voilà, je mets les cadeaux de glace, je comprime fortement et ensuite je laisse évoluer la Terre qui va se remettre en forme. Et donc cette remise en forme, elle est liée justement au fait que quand on pose une calotte de glace, c’est le diagramme imagé là qui vous est représenté ici. Euh quand on pose une calotte de glace sur le continent, sur la croûe terrestre, et bien ça a tendance à la déformer. Il y a une dépression qui est formée sous la calotte de glace. Il faut imaginer que ben laurentite c’était 4 km de glace, c’est équivalent à 1,5 de granite. C’est une montagne de granite. Euh enfin en équivalent de densité. Donc c’est vraiment quelque chose qui pèse. Et tout autour de cette calotte de glace, il y a ben le phénomène à inverse. C’està-dire qu’on a une remontée avec formation de ce qu’on appelle un bourlet périglaciaire, enfin tout à fait périphérique à la à la à la calotte. Et lorsqu’on fait disparaître, lorsqu’on fait fondre la calotte de glace, cette calotte de glace, enfin l’eau va aller à l’océan mais la Terre ne se remet pas en forme instantanément parce que les modules visco-élastiques de de la Terre sont tels que c’est très lent et ça intervient encore aujourd’hui. C’est-à-dire qu’aujourd’hui encore, on a une déformation de la de la Terre qui est liée au à la mémoire de ce qui s’est passé il y a 20000 ans. Alors ici, bon c’est un diagramme très imagé. On va voir un un une remontée, une surerection au centre là où il y avait les calottes de glace. On va avoir une subsidence tout à fait autour au niveau du bourlet. Donc ce qu’on appelle au centre, c’est ce qu’on appelle le rebond isostatique. Et c’est des choses qui se mesurent encore à l’heure actuelle. Ici, vous avez une cartographie pour l’Amérique du Nord et pour la Scandinavie des mesures par GPS en fait de la remontée du socle. Donc vous avez des taux de remonté qui sont de l’ordre de ici c’est exprimé en millimètres par an. Vous avez des zones où la remontée terrestre est de l’ordre de 1 cm par an. C’est colossal. Ça veut dire que il y a 10 cm pendant 10 ans. Enfin, c’est c’est absolument colossal. Euh et donc le trait de côte ici au lieu de d’avoir d’observer une montée du niveau de la mer euh qui est la montée globale vue par satellite, en fait le niveau de la mer, il descend parce que le niveau du continent remonte mais avec des vitesses très importantes. C’est vrai aussi pour le golf de Botany entre la Finlande et la et la Suède. Ici vous avez encore une fois une cartographie de ces mesures par GPS du réajustement isostatique post-glaciaire. Et ça c’est aussi vu dans les marégagraphes de la de la région et ça doit être corrigé si on veut faire des compilations pour voir l’effet de du changement statique. Alors c’est ce réajustement isostatique post-glaciaire, il peut se modéliser. Il se modélise avec des modèles qui peuvent être enfin qui sont complexes. Ce sont des modèles de géophysique qui tiennent compte en fait de la réologie de la Terre. Alors, il y a des modèles qui sont maintenant 3D, mais pendant très longtemps, c’était il y avait une couverture géographique pour positionner les calottes de glace euh là où elles sont géographiquement et euh avec une réologie, c’estàdire une une des paramètres de d’élasticité et de viscosité en fonction de la profondeur qui était radiale. Maintenant, il y a des modèles qui sont 3D et qui permettent en fait de faire des simulations en tenant compte des données existantes, des données de niveau de la mer, on peut contraindre le modèle. On a aussi des données géophysiques pour contraindre les ce qui se passe à l’intérieur de la Terre pour effectivement faire des simulations qui s’approchent de la réalité. Donc ça c’est une cartographie qui vous montre la remontée actuelle euh donc du phénomène donc la mémoire de la dernière glaciation aujourd’hui exprimé en millimètres par an modélisé par un groupe ici Glen Miln. Euh vous avez bah en particulier des zones rouges qui correspondent à la position des anciennes calottes où le continent remonte. Donc on a des des déformations radiales qui sont positives. C’est vrai aussi pour l’Antarctique, c’est vrai pour la Scandinavie. et d’autres zones. Vous voyez que la zone du bourlet, elle elle descend. C’est le c’est logique. Toutes les zones qui descendent, en particulier la zone périphérique du Bourlet, descendent de façon beaucoup plus importante à cause de cette de cette subsidence du bourlet périglaciaire et de l’augmentation de la colonne d’eau parce qu’en même temps pendant la déglaciation, il y a eu l’équivalent de toutes les calottes qui ont fondu. Donc forcément ça presse aussi sur le fond du le fond de la mer. Donc voilà, donc ces phénomènes de géophysique qui viennent perturber un petit peu la simplicité des choses et on peut plus raisonner en terme de vaste communiquant très simple et et c’est vrai aussi pour les derniers maximum glaciaires, on est obligé de cartographier par exemple et de d’avoir bien conscience que la côte la profondeur du dernier maximum glaciaire, elle est pas équivalente partout. Alors ici, c’est une modélisation établie encore une fois par Glenn Min et Jerry Mitrovica. Donc de deux chercheurs spécialisés sur le sujet euh qui représente en fait la variation spatiale de la topographie du dernier maximum glaciaire il y a 21000 ans avant le présent par rapport à la côte moyenne, la côte e statique donc la moyenne qui correspond finalement au volume d’eau qui est dans cette modélisation de l’ordre de 127 m sous le niveau marin actuel et vous voyez qu’en fait pendant la glaciation il y avait des zones où le niveau de la mer était en fait plus bas par ex Tahiti on s’attend à avoir 127 – 15 – 15 donc on est encore plus bas que que 127 7 m. Alors que d’autres zones, en particulier euh ici en Floride ou en périphérie de cette calotte de glace, on va voir des zones où le la le changement de niveau de la mer local régional sur le trait de côte va être plus faible. Alors, vous voyez aussi que quand on considère Méditerranée, il y a du bleu, il y a un peu de rouge. Donc, on s’attend à avoir essentiellement pour la Méditerranée occidentale des changements qui vont être moindres que la moyenne globale. Alors, c’est des choses qu’on avait déjà étudié en particulier avec un collègue australien spécialisé justement sur le sur le réajustement isostatique postglaciaire, courte Lambec. Ça c’est un papier bon de qui date de 2000. À l’époque, il y avait pas beaucoup de couleurs donc voilà. Vous reconnaissez Marseille est ici, la Corse, les Baléards, euh la la Sardaigne. Donc vous voyez et tout ce qui est représenté ici en fait c’est les côtes. Alors ici c’est pas représenté en anomalie mais c’est représenté en en bâtimétrie du dernier maximum glaciaire localement. Donc vous voyez que l’évolution du niveau de la mer enfin pendant la glacation était moindre ici à Marseille que par exemple au sud de la Sardaigne ou dans les Balé à cause de ce réajustement isostatique post-glaciaire. Alors tout tout ça ça a son importance lorsqu’on va essayer de considérer les choses et il faut le faire si on veut être précis sur ce que les implications localement. C’est en particulier vrai pour la grotte Cosquè hein qui encore une fois est un témoignage direct sur le niveau de la mer. l’ouverture enfin l’entrée principale, celle qui était utilisée par l’homme préhistorique pour aller peindre et faire des gravures pendant la glaciation, ben est situé à – 37 m aujourd’hui. Euh fort heureusement, une partie des de la grotte est préservée, est au-dessus de l’eau, ce qui fait qu’il y a on peut observer ben ces fameux chevaux. Si vous avez le niveau de la mer qui est la partie noire euh sur cette photo. Euh donc fort heureusement, on on tout n’a pas été submergé mais il est clair que cette pendant la glaciation l’ouverture était très au-dessus de l’eau, était au moins à 60 70 m au-dessus du niveau marin. Donc les préhistoriques rentraaient à pied sec. et ils ont représenté une faune tout à fait typique de l’art pariétal paléolitique, du paléolitique supérieur. Euh et euh mais en particulier, ils ont aussi ajouté des des espèces exotiques enfin qui sont moins rencontrées en particulier dans d’autres grottes euh des animaux du littoral, en particulier le fameux grand pingouin emblématique de Cosquer et il y a aussi des gravures de de FC Moine. ces ces deux espèces ben sont inféodées à des à des latitudes plus hautes. Alors il y a des populations résiduelles de FC Moine en Méditerranée, mais à l’époque il était beaucoup plus abondant et c’était vrai aussi du grand pingouin qui maintenant a disparu euh à l’échelle mondiale. Alors il est le rivage en fait était finalement assez loin de Marseille. Ici, c’est une carte bon qui avait été établie par Jacques Colina Gérard de d’Amu. Euh qui représente en fait le réseau hydrographique du du de toute la partie entre Carill Lorouis jusqu’à la grotte Cosquer Marseille et le littoral était finalement à pratiquement 20 km 10 km de la grotte Cosquire à des profondeurs beaucoup plus importantes. Alors aujourd’hui quand on plonge même à faible profondeur, on voit les paysages en fait qui sont liés à cette qui sont typiques en fait de l’altération aérienne. Ici si vous plongez sur des sites proches du planier, vous avez des lapiases ici un lapias dans dans les Alpes. Donc ce sont des carbonates qui sont altérés. C’est l’altération météorique liée dissolution par les autres de russellement essentiellement. Et c’est des choses qui peuvent s’observer à fait profondeur qui montrent en fait que toute la partie sous l’eau était effectivement exondée pendant l’éciation. Alors cette modélisation géophysique et bien on a pu l’utiliser pour effectivement à l’époque estimer une la date de fermeture. C’est ça qui nous intéressait, c’était aussi de de calculer la date de fermeture de la grotte Cosquèire en tenant compte de l’évolution locale après prise en compte de cette de ce réajustement isostatique post-glaciaire. Donc en 2000, on avait estimé que c’était à peu près 11000 ans à l’époque. On regarde la courbe d’évolution modélisée et ben la côte de 37 m. et on a refait plus récemment dans CL je collabore avec Glen Mil qui est de l’université de Ottawa qui a refait les calculs pour estimer une barre d’erreurs. Donc là on est allé plus loin, j’ai pas le temps vraiment de de vous en parler mais ce qui est important c’est de voir que la côte du maximum glaciaire ici à Marseille était bien inf était enfin la profondeur était inférieure au 125 m que l’on peut avoir en moyenne à l’échelle mondiale parce que il y a ce réajustement isostatique post-glaciaire. Donc là, on a pu estimer une barre d’erreur et on a tenu compte de toutes les nouvelles informations sur l’évolution du niveau des mers, de plusieurs modélisation des calottes de glace, donc une complexité derrière ces estimations qui est importante, mais il faut les prendre en compte quand on veut faire des calculs précis. Alors, l’autre site dont je voulais effectivement vous parler aujourd’hui, c’est un autre site qui est relativement proche qui est le site situé au large du Capcorse qui a été étudié notamment pendant toute l’expédition conduite par Laurent Balesta Gomb 6 où alors encore une fois c’est la les premiers les premières observations de ces anneaux datent de 2006. C’était une thèse thèse de euh plusquai euh en 2006, mais pendant les il y a eu pendant 3 années euh plusieurs campagnes euh et notamment aussi un film qui vient de sortir que vous pouvez voir sur Té euh sur ces fameux anneaux du Capcorse. Alors, je vais pas entrer dans tout le détail de ce qu’on est en train de faire sur ces objets, mais je vais vous montrer alors quelques vues. On voit pas tellement là, mais vous verrez mieux, vous regarderez le film. Donc justement, c’est très bien comme ça, je fais pas de je ne spoile pas le film. Euh les ici, vous avez d’autres vues qui montrent ces anneaux. Euh alors les anneaux sont essentiellement sont des structures qui sont assez assez régulières. Il y en a plus d’un millier. Euh ils ont à peu près toute la même taille, une vingtaine de mètres. Ils sont généralement constitués avec un avec un noyau un un massif en fait de coralène qui est constitué essentiellement par des algues calcères euh et euh avec bon des d’autres organismes des calogorgia qui viennent s’implanter qui sont beaucoup plus récentes et tout autour en périphérie, il y a une couronne de petits cailloux en fait de petits rodolites. Quand on les éclaire bien, ils sont roses parce qu’en fait ce sont des des objets qui sont synthétisés par des algues calcaires qui et le fait qu’elles soit encore rose montre qu’elle qu’elle pousse encore même à plus de 100 m de profondeur. Il y a suffisamment de lumière pour que la photosynthèse puisse se faire avec ces pigments photosynthétiques. Alors donc des forages ont été faits aussi comme je vais vous le montrer. Alors j’ai comme il y a un film je vais vous montrer un petit extrait de du film qui a été réalisé. Donc le réalisateur c’est Yan Rinot. Donc c’est l’expédition conduite par Laurent Balestar et c’est un film qui illustre certains des outils euh technologique scientifique qui ont été utilisés. Alors c’est pas exhaustif parce que sinon ben vous regarderez le film qui n’est pas non plus exhaustif sur toutes les manites qui ont été faites. Mais voilà donc ce qui est important c’est de bon de savoir qu’il y a eu trois campagnes en 2021 2022 2023. Il y avait quatre bateaux euh trimar, bateau support des des sous-marins. Il y avait un remorqueur de la marine nationale euh qui tractait la barge de forage de l’INPP qui est qui que voilà euh qui a le ben le caisson de saturation, le casson de vie, le caisson de vie sur le pont et une tourelle ascenseur qui permettait au plongeur de monter et de descendre pour travailler. Ici, vous avez des vues en fait sur euh les forages euh avec depuis le bateau pionnier euh le matériel était descendu et donc il était possible de faire ses forages encore une fois quelques vues euh sur ces forages. Donc c’est un travail qui est soutenu et et assez éprouvant euh en particulier de de travailler à à ses profondeurs. Vous avez donc ici une vue qui représente ben qui montre un un anneau typique avec son massif de coralène et sa couronne. et les nous avons aussi utilisé un ou deux sous-marins en fait essentiellement pour aller observer insitu la morphologie pourouvoir observer des surplombs ou des ou des ou des encoches ou des ou des grottes des entrées de grottes avec un sous-marin pour voir effectivement les différentes côtes, les différentes profondeurs. Donc c’est c’est une expérience bon enrichissante et en même temps assez assez perturbante parce que bon moi je suis plongeur du dimanche et pour là dans un sous-marin comme celui-ci on peut prendre des photos avec son iPhone mais en même temps il faut regarder aussi le détendeur de secours parce que en cas de dépressurisation il faut effectivement être prêt à l’utiliser. Donc on recherchait effectivement des modelés particuliers et alors bon des en correspondance aussi avec d’autres observations et d’autres prélèvements qui ont été effectués à la fois par les plongeurs et avec les carottiers. Euh donc vous allez voir, je crois qu’ il y a une petite séquence où on voit une morphologie dans un pied de tombant. Donc on a une des carbonates en fait essentiellement qui sont très bioérodés. qui sont effectivement euh très altérés et bon des objets qui ont pu être étudiés ensuite au laboratoire et qui sont en cours de mesure. Donc là, vous avez une petite entrée de grotte. Euh alors ensuite, de retour au laboratoire, il y a eu beaucoup de de manipalisées au Serège et ainsi que dans d’autres laboratoires. Donc je vais pas mentionner la quarantaine de laboratoires et de collaborateurs euh de cette qui travaillent dans le cadre de cette expédition, mais je vais vous mentionner certains des euh des outils en fait que nous utilisons. Ici, c’est une collègue FR Rostech qui travaille qui a échantillonné les carottes effectuées dans les noyaux des anneaux pour faire les datation. Donc là, elle prélevait justement dans ses lames de d’algue calcaire. Euh euh ensuite et bien on fait de des pré-traitements chimiques. Un autre collègue Johann Fagot qui fait des pré-étraitements chimiques avant préalable au carbone 14. un autre collègue encore pour les mesures Thiba Tuna pour les mesures avec l’accélérateur exmicadas donc qui est implanté à au Serège et donc une bonip il y a eu d’autres manipes qui ont été faites aussi au Serège on a travaillé on a fait des lames minces on a fait des analyses tomographiques sur tous les objets on a fait des analyses minéralogiques, des analyses de chimie aussi des analyses isotopiques pour calculer des paléotempératures et aussi un des groupes du serge spécialisé dans la dans Le magnétisme des roches a fait des études de cartographie magnétique au niveau des anneaux du Capcorse euh avec des en déployant un magnétomètre qui a été tracté et qui a pu mettre en évidence en fait des roches qui sont sous-jacentes à la aux anneaux du Capcorse. Donc ça c’est essentiellement Minoru UA et une équipe qui est conduite par Jérôme Gatacheka qui est notre géomagnéticien du Cège. Voilà donc beaucoup d’informations qui sont en cours de traitement. Euh alors euh j’ai je vais pas mentionner euh euh aller trop dans les détails mais bon quelques faits importants. Euh les carottes essentiellement, bon ici c’est un exemple de carottes sont constituées essentiellement par des algues calcaires ont été construits. C’est des massifs qui sont construits. Donc quand on a fait les forages dans ces ces noyaux d’anneau par des algues calcaires, essentiellement des litophylumes. Bon, ici vous avez une espèce représentante de ce genre et vous avez et les datations en fait. Bon, ici c’est un diagramme simplifié mais évolue entre 21000 ans et 1800 ans. On a un arrêt qui est abrupte et ensuite on repart avec d’autres espèces. Un chapeau, c’est vrai dans cette carotte et dans une autre. Un chapeau qui correspond à d’autres algues calcaires des du genre mophilum. Si vous avez un exemple récent, une photo prise en plongée sous-marine. Euh donc une un gradient qui est très important entre et une reprise beaucoup plus tardive. Donc ici ça commence vers 9000 ans et on a des dates qui vont jusqu’à quelques siècles. Donc des données qui sont encore préliminaires, qui sont en cours de traitement mais donc une chronologie qui est relativement bien établie et qui montre qu’en fait la partie construite correspond au maximum glaciaire, au dernier maximum glaciaire. Euh l’autre les autres paramètres qui ont été datés, ce sont les rodolites. On a ici, c’est un exemple mais on en a bon découpé plusieurs dizaines. On on les a étudié, on a daté. Bon, vous avez ici un exemple. Généralement, elles sont construites autour d’une d’un petit élément fossile. Ça peut être une algue calcaire, ça peut être un morceau de mollusque. Ici, c’est le cas euh qui est daté ici à 9000 ans. Donc ça reprend enfin le début de ces algues, enfin de ces de ces rodolites correspond à peu près au chapeaux, enfin aux mésophilumes qui sont implantés sur les les les coraligènes du dernier maximum glaciaire. et vous avez une pousse qui est relativement régulière pendant tout le scène qui évolue dans le temps jusqu’à la partie très récente qui est moderne. En fait avec le C14, on peut effectivement aller jusqu’à la période moderne. Donc qui confirme que les algues non seulement produisent des pigments photosynthétiques mais en plus présentent de la synthèse carbonatée. Alors, quand on regarde les choses et qu’on on essaie de mettre ça en relation avec l’évolution du niveau des m, bien on on obtient ce type de diagramme. Ici, vous avez ce que j’ai représenté en fait, c’est toujours avec une simulation qui est locale. Donc là, on a regardé précisément ce qui se passait au niveau du trait de côte du Capc, une simulation donc qui a été établie en collaboration avec Glen Minévolution du niveau des mers en pr en prenant en compte l’incertitude qui est adéquate avec un maximum glaciaire qui correspond ici à 100 110 m de profondeur, donc bien inférieur à la moyenne mondiale. Et donc ce que l’on peut observer c’est qu’en fait les quand on met en correspondance les différentes séquences que l’on a trouvé dans ces carotages, on voit que les noyaux des anneaux ont été synthétisés par ces algues calcè par les litophylum à très faible profondeur 10 m de profondeur quelques mètres de profondeur sous le niveau de la glaciation on observe aussi qu’il y a un yatus de croissance ou bien d’érosion he on sait pas encore exactement quel est quelle est la enfin quels sont les les contributions de ces deux termes mais essentiellement pendant toute la phase de déglaciation avec en particulier cette accélération du niveau de la mer. Bon la la turbidité de l’eau devait être très importante. En plus le profil de température est très tourmenté pendant cette période. Il y a un refroidissement très abrupte entre 18000 ans et 15000 ans qui est très important. Il y en a eu un autre après centré vers 13000 ans. Donc il y a il y a une complexité aussi paloclimatique de cette période qui est très importante qui est est prise en compte et on a une pousse ensuite beaucoup plus tardive des chapeaux de mophilum sur implanté sur le litophilum qui eux ont poussé à plus de 90 m de profondeur voire 100 m à l’heure actuelle avec ces rodolites qui poussent encore jusqu’à la période actuelle. Donc on a vraiment deux phases très différentes. Alors quand on Mais il est très clair qu’en fait le no les noyaux de ces anneaux ont été construit pendant la glaciation et sont complètement inféodé justement ce à ce dernier maximum glaciaire. Alors quand on fait des considérations justement sur la côte et sur les profondeurs de ces différents objets dans le temps, donc je vous ai dit qu’il faut considérer l’évolution et les déformations de la de la Terre, donc de la géophysique, mais c’est de la géophysique du réajustement isostatique post-glaciaire qui tient compte aussi des masses d’eau qui viennent fondre et qui donc ont aussi une action sur le plancher océanique. Mais il y a d’autres phénomènes qui peuvent aussi affecter le trait de côte, en particulier ce que l’on appelle des des phénomènes de tectonique active. euh soit de surerection, soit de subsidence. Et donc il faut les prendre en compte, au moins les estimer. Alors une façon de le faire, c’est d’aller étudier des niveaux de la mer très anciens, en particulier une période qui est très bien répertoriée, que l’on connaît bien et qui est échantillonnable à pied sec, qui est le la période du dernier interglaciaire, la dernière période interglaciaire. Donc il faut remonter encore plus dans le temps que 21000 ans. Donc ici c’est un graphique un peu compliqué mais que j’ai repris de de la de la littérature qui représente en fait l’évolution du niveau des mers. Il faut regarder la la courbe bleue en fonction du temps qui est estimé ici en milliers d’années. Donc on remonte ici jusqu’à 140000 ans avant le présent. Donc le dernier maximum glaciaire LGM en anglais est ici. Le l’interglaciaire actuel présent il est là. Donc les derniers 10000 ans sont ici, 21000 ans est ici et la dernière période interglaciaire, là c’est tout le cycle glaciaire est équivalente finalement à notre période interglaciaire qui dure depuis plus de 10000 ans. Euh c’est l’équivalent mais le niveau de la mer était encore un peu plus haut. Vous voyez ici que on a un niveau de la mer pendant cette période qui était entre 0 et 10 m d’altitude par rapport au niveau actuel. Alors sur le trait de côte, ça se voit ici, c’est une une encoche, ça se voit en particulier avec des encoches de maré. Ici, vous avez un très bel exemple dans le golfe de Roseille. C’est toujours une photographie là que je dois à mon collègue Fabricio Antonioli euh avec qui est ici. Et euh vous avez une il est pas très grand en fait Fabricio mais donc vous avez ici une altitude qui est de l’ordre de 8 m pour cette côte de l’encoche. On voit l’encoche actuelle qui marque la stabilité du niveau de la mer qui par bioérosion et action mécanique a tendance à éroder le calcaire. Mais là, le calcaire est tellement homogène que ça donne des choses vraiment très très abruptes. Le problème, c’est que c’est difficile à dater et et étudier. Alors, dans d’autres zones, on peut trouver euh ben d’autres choses dans ces plages, dans les dépôts du dernier interglaciaire, en particulier parce que si le niveau de la mer était entre 5 et 10 m plus haut que l’actuel, c’était lié au fait que il y avait moins de calottes de glace sur le sur les continents. En particulier, le la calotte du Groenlande était deux fois inférieure à ce qu’elle est actuellement et toute la la Terre était un peu plus chaude, était en moyenne de l’ordre de 2 degrés plus chaudes, en particulier en en Méditerranée. C’est des choses qui ont peu qui ont pu être estimé. On l’a fait en particulier avec des rapports isotopiques, le rapport O1 sur A16 dans des dans des dans des mollusques. On a fait ça à partir de 93. On a des données encore plus récentes et on a aussi travaillé sur les palé températures sur les algues du du Capcorse. Mais on toute la Méditerranée a été envahie par des espèces exotiques, des espèces invasives qui venaient de du golfe de Guinée en particulier. Des faunes qui aujourd’hui n’existent plus. enfin existe encore mais uniquement dans le golfe de Guinée qu’on retrouve dans certaines plages en particulier ici des des mollusques de Mayor et donc on est allé étudier ces dépôts du dernier interglaciaire de la dernière période interglaciaire qui était déjà cartographiée connue de longue date mais quelquefois assez peu étudié finalement avec des moyens actuels à l’ouest à Saint-Florent et à l’est du Cap Corse à Machinagio. Donc ici vous avez des photos de certains afflurements à à plus de 5 m. Vous avez ici entre 5 et 10 m tout le littoral est criblé de ballle hein. C’est des des mollusques litophages, des dates de mer qui de l’époque qui ont troué en fait le massif carbonaté. Et dans les galets de plage une altitude importante donc entre 5 et 10 m, on trouve des mollusques qui correspondent à cette période interglaciaire. au-dessus ce qui ce que vous voyez ici. Donc la la ici vous avez un un affleurement à Massinagio. Euh la plage interglaciaère est ici, on la voit pas bien. Ici, on la voit à Saint-Florent, elle est marron. Et tout ce qui est au-dessus en fait, ce sont des sédiments de dune. C’est des calcères en fait, les calcarénites du qui correspondent au maximum glacière. Donc, on a pu retrouver des fossiles, bon différentes espèces, des coraux aussi. Donc tout ça est en train de est en cours d’étude euh au Cège et dans d’autres laboratoires et euh donc c’est à la fois excitant et en même temps beaucoup de beaucoup de travail encore à réaliser sur ces objets. Donc j’ai beaucoup parlé et donc je vois que le la l’heure tourne et bon essentiellement donc comme vous le savez il y a je voulais bon pointer le votre attention vers finalement deux films documentaires. Donc d’une part un film qui a été diffusé l’année dernière en fait ce qui s’appelle Grotte Cosquer Homo sapiens et la mer qui a été diffusé sur TV5 mais qui est en libre accès sur la plateforme Vimeo. Donc là, il y a toute une séquence en fait qui a été réalisée effectivement au serge et aussi sous l’eau sur le Lapias par exemple de de la de la pierre à la bague et bon beaucoup d’autres informations avec d’autres collègues en particulier du LANPA pour la partie préhistoire et sur d’autres sites parce que le documentaire effectivement sur les relations entre l’homme préhistorique et la mer et pas uniquement centré sur la grotte Coscè qui est le point de départ est le point le plus significatif mais encore une fois ça va beaucoup plus loin et je vous signale aussi la sortie depuis une semaine et avec une un prime time à la télévision le samedi qui vient, samedi prochain euh à 20h55 sur du film documentaire donc de l’expédition de Laurent Balesta réalisé par Yan Rino et tout cela est disponible actuellement sur le site web de ainsi que sur YouTube. Donc voilà et je vous remercie encore une fois de votre attention. [Applaudissements] Merci Édouard pour cette très jolie conférence. Donc je laisse comme d’habitude la parole à qui la souhaite. Bonsoir. Merci pour cette conférence très instructive. J’ai une question à propos en fait du point Z0. Alors, je suppose que par convention, il doit exister pour tout le monde, toute la pour la terre. S’il existe, comment est-il calculé ? Alors bon, faud poser des questions à des géofficiens. Euh les pendant très longtemps, le niveau zéro était euh était pris était pris à Marseille en particulier pour la France et pour d’autres pays hein. Pour maintenant la géophysique, tout est calculé par rapport au centre du géoïde. Donc c’est un point un petit peu fictif pour nous mais il existe effectivement un point zéro de calcul en particulier pour tout ce qui est altimétrie satellitale toutes les toutes les tous les donc c’est un point géophysique qui est défini géométriquement par cette géophysique satellite hein. Donc il y a plus de il y a malheureusement plus de d’endroits avec un marégraphe où on dit voilà ça c’est le point zéro des cartes frances françaises. Ça l’a été pendant très longtemps. C’est d’ailleurs pour ça que le marégagraphe dépend encore de l’IGN et ne dépend pas du chum. ù je crois que alors je sais plus si le transfert a été fait mais pendant très longtemps une partie de l’Europe était dépendante justement du point Z0 à Marseille. Voilà. Merci Edard. Merci beaucoup pour toutes ces informations passionnante. Alors le la Terre qui change de forme comme ça, le le diamètre de l’équateur est en train de se réduire actuellement. Alors la la Terre se remet en forme encore actuellement et en particulier ben c’est quand on on fait cette cette petite expérience avec une balle, on voit on peut concevoir en fait que ce que l’on appelle le moment d’inertie de la Terre varie dans le temps. C’est un peu la même chose que pour un patineur qui ramène ses bras vers le vers vers le corps. Le la dater a tendance à s’allonger et donc la rotation euh euh la vitesse de rotation augmente. Et actuellement, la durée du jour évolue. Elle diminue à cause alors pas à cause uniquement de ce phénomène. Il y a plusieurs phénomènes qui se surimposent. Les il y a beaucoup de géophysiciens et d’astronomes qui se chargent justement de regarder finement la durée du jour. Links of day, enfin le LOD en anglais. Et mais une partie de l’évolution actuelle du du de la de la durée du jour, c’est imperceptible pour pour nous, est lié à ce réajustement isostatique post-glaciaire et donc de l’évolution de cette de ce de ce fait que le que la que la Terre ramène ses bras. Alors, il y a une autre composante qui est liée à l’échappement de la Lune mais il y a il y a il y a beaucoup de phénomènes qui viennent se composer, mais il y a cette contribution qui a tendance à faire diminuer la durée du jour. Donc c’est des choses qui sont bien mesurées et quantifiées mais encore une fois imperceptibles euh au commun des mortels. La rotationaire a évolué au elle évolue elle évolue tout le temps à cause des glaciations et elle évolue en particulier aussi à cause de l’échappement de la de de la Lune euh et d’autres phénomènes encore. Il y a il y a des phénomènes atmosphériques. Il y a des il y a des une variabilité à très court terme quasiment météorologique, climatique euh de l’évolution du de la durée du jour. Merci Édouard. J’ai une question de Christian derrière le pupitre. Oui, bonjour Édouard et merci beaucoup pour ta présentation. Alors, j’ai j’ai une question, peut-être deux en même temps. Euh est-ce que la déglaciation qui a fait remonter le niveau des mers a eu un impact sur la salinité ? Et est-ce que la glaciation qui a fait remonter le niveau des mers a du coup euh comment tu travailles sur la peut-être la dilution du C14 euh dans les océans ? Alors donc il y a il y a deux voilà deux questions deux volets à tas de questions mais qui sont pas 10 joints. Effectivement, ben l’eau douce était stockée sur les continents, donc l’eau était plus salée, à peu près un pour 1000. Il y avait à peu près un pour 1000 de différence de salinité. On est obligé d’en tenir compte en particulier lorsqu’on fait des analyses des isotopstables au 18 au 16 qui covarient avec les salinités. Et en plus, c’est possible, il y a des il y a des collègues qui travaillent aussi sur des mesures de salinité, de chlorinité dans les eaux intersticielles et euh la diffusion moléculaire dans les eaux intersticielles aujourd’hui à grande profondeur est pas suffisante pour avoir éliminé les l’eau en fait du dernier maximum glaciaire. Donc en fait alors il y a un profil de diffusion mais il est possible de calculer de mesurer même avec un profil de chlorinité et aussi de d’isotop stable delta 18 delta d de mesurer enfin deérium surogène de mesurer le gradient dans les eaux intersicielles. Alors il y a un autre exemple et ça par contre on l’a fait au serg et au départ c’était j’étais enthousiaste parce que c’était je trouvais que c’était très élégant. Euh, on a appliqué cette même technique d’aller rechercher les variations de salinité du de du dernier maximum glaciaire donc qui sont vu dans les dans les mesures de chlorinité au fond de l’océan. Euh dans les eaux intersicielles, on a essayé de les regarder dans des dans des dans des bassins marginaux, en particulier en mer de Marmara et en mer noire parce que pendant la glaciation, le niveau de la mer était plus bas que le le enfin le les D3 des trois des Dardaneles, le Bosphore qui connectait la Méditerranée avec et en fait la mer noire et la mer de Marmara étaient occupé par des lacs. On a des sédiments quand on a fait des forages, on est allé avec le marion du freine prélever des sédiments à la fois en mer noire et en mer de Marmara et on a on a on a prélevé des sédiments qui correspondent à des sédiments lacustres et il y a une phase somatâtre qui est ensuite suivie par une phase marine. Bon, c’est quelque chose qui est bien connu mais par contre ce qui était original dans ce qu’on voulait faire c’était de travailler sur les eaux interselles parce que là on le gradient il était énorme. C’est qu’on passait d’un lac à des à de des eaux somates. La la mer noire, elle a une salinité sommate de l’ordre de 20 pour 1000. La mer de Marmara, elle est un peu intermédiaire. Donc un gradient qui est très important. Donc ça c’était un sujet de thèse que j’ai j’avais donné un de un de mes étudiants de thèse euh bon Guillaume Soulet qui a été chercheur à l’IFREMER et qui malheureusement a démissionné très récemment. Enfin bon, problème avec l’IFREMER mais bon euh et un des projets de son sujet de test était de prélever en mer de Marmara dans des essédiments de long intersel mesurer les isotopstables, les chlorinités pour matérialiser le gradient entre le fond de la mer de Maramara, le fond de la de la mer noire et les eaux en profondeur. À 30 m de profondeur dans le sédiment aujourd’hui, il y a encore de l’eau douce qu’on peut boire. C’est assez fabuleux parce que la tortuité fait que la diffusion moléculaire n’a pas effacé le gradient. Si on attendait 1 million d’années avec une un niveau de la mer stable, ben les sanités se seraient totalement homogénéisées, hein. On aurait plus de gradient et là on a on maintient un gradient encore à l’heure actuelle entre 20 pour 1000 et pratiquement de l’eau douce à 30 m de profondeur. Bon, j’ai trouvé ça fabbule. Le problème c’est qu’il fallait faire de la modélisation pour essayer de reconstituer. Le but c’était de reconstituer le timing de l’invasion de la mer noire parce qu’il y a une théorie sur le déluge en mer noir. On c’est je pas sinon y passer beaucoup de temps mais bon les les calculs étant réalisés on n pas réussi à à conclure sur la le phénomène abrupte ou pas parce que il y a il y a des phénomènes qui ont compliqué un petit peu l’affaire parce que autant quand on change pendant une glaciation de l’ordre de 1 pour 1000 la sanité de l’ de l’eau de mer à l’échelle mondiale ça a pas vraiment une grande influence sur la dynamique des masses d’eau. Par contre, changer de 20 pour 1000 faire s’engouffrer, non de la mer enfin de l’eau de de la Méditerranée chargé à 35 pour 1000 de salinité en en mer noire sur de l’eau douce, c’est de l’eau qui est beaucoup plus dense. Donc il y a à la fois un phénomène de diffusion mais il y a aussi un phénomène d’advection parce que c’est de l’eau qui est un peu plus lourde. Donc il fallait tenir compte de ça. Ce qui fait que dans les calculs et bien les incertitudes étaient telles qu’on n pas pu effectivement aller à des conclusions. des papiers qui ont été publiés mais avec des incertitudes qui étaient encore relativement grandes. Alors sur le le problème du C14, c’est un autre problème mais effectivement la dynamique les échanges air m étaient un peu différents. Donc on tient compte on a des en particulier on tient compte des évolutions de l’âge réservoir des mass d’eau en surface pour faire des corrections. Et ça c’est un travail qu’on est vraiment on est vraiment en première ligne au niveau du serge. On a même en particulier un projet spécifique justement sur l’estimation par modélisation et avec des données marines essentiellement du plancton dans les sédiments marins de cette évolution de l’âge réservoir au cours du temps et de sa modélisation qui est liée aux échanges hermes. Il y a des zones particulières ben quand il y a de la banquise les échanges se font moins bien. Donc ça affecte dans ces zones le C14. Donc les datations doivent être corrigées à cause de cette évolution. Et c’est des choses qui sont faites aussi au niveau international. C’est que là on travaille on contribue à un programme international qui s’appelle le programme incal de qui on travaille sur des itération de ces corrections pour le C14. Merci Édouard pour cette réponse complète. Bonjour. Euh je voulais savoir si euh on a fait des prélèvements de trottoir litophilum à côté de la grotte Coscar. s’il y a eu des préléments. Vous avez parlé de la COTA, de travail euh de scientifiques, mais est-ce que vraiment a coûté ou alors pour la grotte Cosqu dat enfin il y a eu deux datations qui avaient été effectuées il y a fort longtemps euh sur des alors malheureusement c’était pas du litophilum bisoïdes c’était pas le trottoir très confiné mais bon des c’est bon des des litophylumes bon formés à plus grande profondeur et les deux datations sont un peu plus récentes que mais c’est assez logique parce qu’en fait c’est des objets qui eux ont poussé effectivement en profondeur. Donc on peut effectivement les mettre en corrélation. Ces deux datations qui sont anciennes he datent c’est un papier par Sartoret euh je crois dans les années début des années 90 avec des collègues même du Serge avec Christophe Morange Jacques Colina Gérard et d’autres. Peut-être que Jacques Laborel était aussi un des co-auteurs, mais c’est un papier de Sartoretto sur cette datation justement de l’entrée de enfin de la fermeture de la grotte à partir de ces datations de coralgène dans le boyau justement parce que l’espoir c’était de d’échantillonner du coralène justement c’était une des photos la photo là que j’ai j’ai proposé c’est c’est un un photo de comme illustration donc que j’ai prise avec une avec des algues rouges donc de l’hophilum Et bon ici des il y a aussi d’autres algues rouges, des pennellas, il a vert émeraude. Là c’est palmophilum, crassum et cetera. Donc plusieurs plusieurs algues les dans les dans les dans les surplombs et dans les zones de grotte en fait le le ce litophilum peut remonter. Et donc c’est pour ça qu’en fait Sartoreto et et collaborateurs sont allés chercher dans le boyau à l’entrée de la grotte mais pas directement à l’extérieur pour essayer de se contraindre le niveau de la mer pendant justement cette fermeture de la de la grotte Cosquèire. Mais malheureusement c’est des objets qui sont un peu plus tardifs parce que bah ils ont poussé sous l’eau à une profondeur qu’on peut estimer maintenant. C’estàd que maintenant avec leur datation et les calculs que l’on a pu faire, on peut effectivement calculer la profondeur de croissance de ces de ces de ce coral. Merci Édouard. Avant de passer la parole à monsieur, j’ai une question d’un internaute qui nous demande pourquoi les coraligènes corps sont en anneau. Alors, c’est une c’est une bonne question et en fait bon, il y a il y a une plusieurs théories bon qu’ qu’on est en train de travailler. Il y a il y a il y a beaucoup de d’objets en qui se disposent en anneau dès dès que la place quand il y a des sorties, il y a des sorties de de de fluide ou ou d’autres ou d’organisation de avec un une occupation de l’espace qui est contrainte. Très rapidement les ces objets vont avoir des des géométries qui peuvent être régulières. Il y a en particulier un champ alors c’est pas des anneaux équivalents à ceux du Capcse mais il y a à l’ouest de la de la mer de Marmara à 60 m de profondeur il y a un champ en fait de biohermes qui ont une géométrie qui est très similaire à ces aux anneaux d’une Capcorse et qui sont liés à des remontées de fluides de méthane essentiellement donc ça c’est une des hypothèses qui a été formulée qui est une de nos hypothèses de travail pour interpréter était le pourquoi de de de ces de ces formations au niveau du Capcse. Donc je vais pas dévoiler les choses parce que encore une fois c’est des travaux qui sont faits en collaboration avec d’autres équipes avec mais le parallèle par exemple avec ce qui se passe à l’ouest de la mer de Mamara est tout à fait frappant. On a une zone comme ça de milliers de de biohermes qui sont qui ont à peu près tous la la même taille de l’ordre d’une vingtaine de mètres. Ils sont disposés en nid d’abeille parce que dès que les les objets circulaires vont se rencontrer, ça va ils vont former une espèce de réseau. Et là encore en fait, il s’agit de formations qui sont aussi liées au niveau de la mer parce que comme je vous l’ai dit pendant la glaciation, le la mer de Marmara était un lac. Et en fait ces objets, ils ont ces biohermes, ce champ de bioherme qui est situé entre 60 et 50 m de profondeur est lié au fait que la il a fallu attendre en fait que le niveau de la mer de la Méditerranée soit plus haut que le D3 des Dardanel pour que de l’eau de mer vienne s’engouffrer et que donc des objets des bon il y a des algues calcaires he qui qui contribuent à ces biohermes. Il y a d’autres organismes encore, donc c’est pas aussi joli que les que les anneaux du Capcorse, mais ce sont des des constructions qui sont un peu similaires, qui sont bon à moindre profondeur parce qu’elles correspondent à la phase d’ennimement de la mer de Marmara qui est plus tardif parce qu’il a fallu attendre la moitié de la déglaciation, pratiquement 12000 ans pour que l’eau noire puisse s’engouffrer et former ses ses biohermes. Et d’ailleurs en fait, alors pas sur le champ très régulier avec plus d’un millier de biohermes qui est à l’ouest de la mer de Marmara, mais on a on a on a travailler en fait sur des sur des biohermes de Marmara en les datant et effectivement à leur base et bien on a pu reconstituer, obtenir des âges C14 qui correspondent à cette déglaciation à 12000 ans qui correspond justement à cet ennoiement de la merme de Marmara pendant la déglaciation. Voilà, donc c’était une des réponses et encore une fois on a beaucoup de travail encore sur la sur la planche avec beaucoup de collègues qui travaillent et qui collaborent justement pour essayer de de faire parler ces différents échantillons. Merci beaucoup. Oui, merci beaucoup pour tous ces éclairages. J’ai deux questions en fait. Y a-t-il eu des périodes où il y aurait eu d’autres ponts terrestres entre l’Afrique et la et l’Europe pendant la période étudiée ? Euh par exemple, je suppose que jamais le le D3 de Gibraltar n’a été fermé. Euh mais peut-être dans d’autres zones peut-être dans la mergé. Et la deuxè question qui ne concerne pas vraiment la Méditerranée, la réduction des masses d’eau marine par le la création de de masse de glace sur les inland 6 et cetera a-t-elle pu avoir un impact sur les marées dans la mesure où la masse d’eau qui devait être attiré par la lune était plus faible ? Alors pour les marées, oui, il y a il y a toute une communauté qui travaille effectivement sur les sur les calculs de marée à ces époques. Donc c’est c’est indéniable que ça a eu une influence. Et puis aussi la position de la Terre par rapport au Soleil, par rapport aux autres planètes était différente. C’est aussi ça qui crée les glaciation. Donc il y a il y a il y a aussi d’autres contraintes astronomiques. Donc il y a des effectivement des calculs de maré pour ces époques. Bon qui dépendent des lieux géographiques. Euh bon euh pour les euh vos autres questions sur euh donc bon sur les ponts terrestres. Oui. Bon, il y a il y a il y a eu disbraltar a été fermé dans le temps il y a très longtemps, il y a plus de 3 millions d’années avec l’épisode qu’on appelle du messinien. Il y avait formation d’évaporite donc asséchement partiel de la Méditerranée. D’ailleurs, il y a même des résurgences à l’heure actuelle. Au fond de la Méditerranée, il y a des il y a des lentilles en fait d’eau salée à très grande profondeur. Ils sont plaqués sur le fond, qui se mélangent pas avec la Méditerranée à cause justement de cette résurgence du sel messinien. Mais beaucoup plus récemment, par exemple, pendant la glaciation, pendant la dernière glaciation, ben le D3 de Gibraltar était pas fermé. Par contre, les échanges hein, aujourd’hui le le D3 de Gibraltar, c’est un sphèrop, c’est 1 million de m³ par seconde. Il était affecté pendant la pendant la glaciation et en particulier, il y a certaines îles, il y a des îlos en fait qui étaient exondé au niveau de Gibraltar. Et ça ça a été bon un collègue là que j’ai déjà cité, Jacques Colina Gérard voulait absolument étudier ses différents îs pour essayer de voir s’il y avait pas des sites archéologiques et il a même fait un papier pour dire que c’était l’Atlantide. Euh mais bon c’est voilà donc vous pouvez en parler avec avec lui mais donc il y a il y a effectivement des ponts alors c’est pas un pont continu mais des possibilités de sauter mais il est indéniable aussi que les néandertaliens n’ont jamais sauté n’ont jamais sont jamais allés de la de la péninsule ibérique jusque au nord de l’Afrique. Par contre, il y a d’autres endroits dans le monde, il y a d’autres zones géographiques qui sont très intéressantes où justement on peut étudier ces ponts terrestres, en particulier toute la le enfin toute la zone de la sonde euh en enfin autour de l’Indonésie, tout le plateau était complètement exondé et donc on avait possibilité de passage des hommes entre les différentes îles qui n’existaient pas à l’époque. Merci. J’ai une petite question d’un internaute qui nous demande depuis la fin de la dernière grande déglaciation, il y a eu des épisodes comme le petit âge glaciaire. Est-ce que ça peut compliquer les interprétations des résultats ? Alors bon, le petit âge glaciaire, il a eu il a eu une influence euh qui est indéniable mais en même temps beaucoup plus faible. En fait, c’est pour ça qu’on l’appelle le petit âge glaciaire. Euh euh et en pratique là sur les sur les objets qu’on regarde et sur le niveau de la mer, les les fluctuations sont très très faibles. Alors effectivement c’est c’est pris en compte, c’estàdire que on peut étudier le niveau des mers sur 2000 ans. Bon j’ai j’ai fait des cours là, ils sont disponibles sur le site web du Collège de France. Si vous êtes intéressé, vous pouvez regarder le cours spécifique où j’ai regardé l’évolution du niveau des mers sur de sur 2000 ans. On a des informations, il y a des modélisation mais ce sont des fluctuations de l’ordre de quelques quelques centimètres, quelques dizaines de centimètres. Donc on est vraiment à la limite de la faisabilité et de la précision des marqueurs de du niveau de la mer ancien. Il y a plusieurs techniques qui permettent de reconstituer ça, mais on est vraiment à la limite de ce qu’on peut faire et donc ça n’affecte pas les changements de enfin la précision de ce qu’on regarde avec des dizaines de mètres. Ce que j’ai oublié de dire, enfin bon qui qui est important, c’est que euh rien que sur les derniers 5000 ans, je vous ai montré les données là de Jacques Laborel euh qui montrait une évolution du niveau des mers de l’ordre de 1,50 sur 5000 ans. Donc c’est c’est on peut dire c’est colossal mais en fait c’est assez petit quand même en regarde des 120 m de remontée postglaciaire. Mais c’est c’est une remontée de 1,50 sur 5000 ans alors qu’en fait le niveau des mers ne devait pas bouger parce que les calottes de glace avaient terminé leur font. euh il y a 5000 ans, elle a même terminé ça il y a il y a 6000 ans à peu près. Donc en fait l’évolution qu’on voit sur le trait de côte de Marseille, il est complètement lié justement à ce réajustement isostatique post-glaciaire. Donc on a des tendances qu’on voit à l’heure actuelle sur les traits de côte au niveau même de l’ordre du mètre sont complètement pilotés par ce cette mémoire du dernier maximum glaciaire encore actuellement. et les et et ça va encore plus loin, c’est-à-dire que les données des satellites altimétriques euh donc Jason après les Topox Poséidon enfin toute la série des satellites altimétriques, euh les satellites gravimétriques qui permettent de peser les calottes de glace, de peser l’océan. les deux satellites Grace là qui se suivent à 150 km de l’un de l’autre. Euh et bien c’est c’est la principale correction, une des principales corrections de ces données brutes, c’est la correction liée au réajustement isostatique post-glaciaire. parce qu’il manque de la masse par exemple au niveau de euh si vous regardez euh les données brutes euh vous avez l’impression qu’en fait il y a une calotte de glace qui est en train de pousser au niveau du Canada alors qu’en fait c’est la remontée du socle qui euh euh ben intervient et qui euh influence les données gravimétriques et c’est vrai aussi pour les données altimétriques. Donc en fait toute la science qui est faite sur ce dernier maximum glaciaire, elle est aussi elle contribue aussi aux corrections sur les satellites de mesure actuelle à la fois en altimétrie et en gravimétrie. Merci Édouard pour cette réponse. Est-ce que vous des questions ? Plus de questions. Ben si vous n’avez plus de questions, on va remercier encore une fois Édouard pour cette très jolie conférence. Je ne doute pas qu’on ait appris, vous et moi, un très grand nombre de choses ce soir. Donc, je vous remercie d’être de vous être déplacé, d’être présent. Je remercie les gens qui se sont connectés et je vous donne rendez-vous le prochain dernier mercredi du mois, on sera donc en mai pour une conférence des droits. C’est un collègue qui est docteur en droit qui vient nous faire une conférence sur le droit de la Méditerranée. Je vous souhaite une très bonne soirée et au à la prochaine conférence donc à la fin mai. Merci beaucoup et encore merci beaucoup Édouard. [Applaudissements]