Une opération complexe
« On connaĂ®t très peu les cycles de reproduction de ces poissons et nous avons cette responsabilitĂ©, vis-Ă -vis de ces animaux (et de la science aussi), de contribuer Ă une meilleure connaissance des cycles de vie chez le poissons-scie. Nous avons une opportunitĂ© unique d’observer quels sont leurs cycles de reproduction et de tenter cette reproduction en aquarium. »
Mais, d’abord, il faut les mettre ensemble, et c’est une opĂ©ration complexe ! « On ne peut pas prendre de risques avec ces animaux, qui sont potentiellement dangereux pour les intervenants Ă cause de leur rostre. Il faut encadrer cela avec des protocoles vĂ©tĂ©rinaires et trouver le moyen de transport adĂ©quat pour que l’animal puisse rester une quinzaine d’heures, au minimum, dans le camion de transport. » Les techniques existent au sein de la communautĂ© des aquariums, mais la taille du poisson-scie d’OcĂ©anopolis, qui fait plus de trois mètres de long, rend l’opĂ©ration dĂ©licate… Le camion qui va le transporter sera Ă©quipĂ© d’un bassin de six mètres de long pour une contenance d’environ 20 000 litres d’eau de mer ! Le jour du dĂ©part, une douzaine de personnes sera mobilisĂ©e pour l’opĂ©ration de transfert vers le camion. L’opĂ©ration sera entièrement minutĂ©e et des rĂ©pĂ©titions ont Ă©tĂ© prĂ©vues en amont.
Mieux protĂ©ger l’espèce
Le poisson-scie n’a pas vocation Ă revenir ensuite Ă OcĂ©anopolis. Il part pour un « prĂŞt de longue durĂ©e », dans le jargon des aquariums ou des parcs zoologiques. « C’est une petite perte », en convient Dominique BarthĂ©lĂ©my. « Mais il faut mettre cela au regard de l’enjeu Ă©cologique et des connaissances qu’on pourra acquĂ©rir sur la reproduction de cette espèce. Ces connaissances pourront ensuite potentiellement servir pour mieux protĂ©ger l’espèce dans le milieu naturel. » A l’exemple de ce qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©, avec succès, par les Ă©quipes d’OcĂ©anopolis sur les coraux tropicaux ou sur le requin-zèbre. « La connaissance dĂ©veloppĂ©e par les aquariums publics devient essentielle, Ă un moment ou un autre, pour la communautĂ© scientifique ! »