Formation “L’arbre en milieu urbain : les bonnes pratiques” Module 4_Partie 3 Assurer la pérennité des arbres face au changement climatique.
Quelles essences végétales planter pour demain et comment ? Véronique MURE, botaniste et ingénieure en agronomie tropicale, Botanique-Jardins-Paysages
bonjour à tous et bienvenue je suis Justine paysagiste conseiller au c la Gironde donc nous nous retrouvons aujourd’hui pour le dernier module du cycle de l’arbre en milieu urbain les bonnes pratiques donc nous avons commencé au préalable par comprendre le fonctionnement de l’arbre et ses besoins ensuite nous avons vu comment bien aborder un projet de plantation d’arbres et organiser leur gestion le module le module 3 lui portait sur la reconnaissance et la protection des arbres urbain donc le sujet de ce dernier module assurer la pérennité des arbres face au changement climatiqu met en avant le défi aujourd’hui de péréniser ces armes plantées par milers afin qu’ils atteignent eux aussi la maturité et le statut de vieux arbres et on va passer à cette dernière partie que je voulais introduire par une phrase de Gilles Clément euh entendu lors d’une conférence tout change absolument tout le temps les espèces ne sont pas les mêmes m que Cell qui était là avant mais elles sont là et elles existent en effet on constate avec l’évolution climatique que les choses évoluent très vite et en milieu urbain on l’a vu dans les modules précédents il faut tout d’abord redonner aux arbres un milieu favorable au niveau du sol pour qu’il puisse trouver les ressources nécessaires donc on est aussi amené à adapter nos palettes végétales à changer notre façon de planter des arbres en ville c’est ce que nous allons voir avec Véronique mur Véronique bonjour vous êtes botaniste ingénieur en agronomie tropicale et votre activité elle consiste entre autres à accompagner les paysagistes dans l’élaboration de palette végétal alors j’aimerais qu’on parle avec vous la question des essences d’arbres à planter en milieu urbain alors c’est vrai qu’il y a beaucoup d’attente depuis le début de ce cycle he sur ce sujet euh la notion qui fait débat aujourd’hui notamment c’est la notion d’essence locale on retrouve un petit peu à toutes les Sauses j’ai envie de dire donc à la fois dans les règlements de documents d’urbanisme dans les cahier des charges d’appel d’offre donc je pense qu’il y a vraiment un besoin de définir un peu ces qualificatifs de Flor urbaine qu’on entend régulièrement et qui serait intéressant Véronique que vous n nous expliquz aussi bah pourquoi elle est nécessaire on l’a vu en première partie avec Jessica sur sur les nuisibles mais pourquoi est nécessaire de faire évoluer la palette végétale justement et en particulier des arbres en ville bien bonjour alors la première question je je si vous vous le permettez je vais y répondre très rapidement parce qu’en fait ça pourrait prendre le le l’entièreté de ma présentation mais c’est vrai que c’est important d’utiliser des mots précis j’ai beaucoup enseigné à l’école du paysage et c’est un point sur lequel j’étais très vigilante avec les étudiants c’est-à-dire d’employer les bons mots au bon endroit et aujourd’hui avec beaucoup d’effets de d’abord avec l’urgence j’allais dire beaucoup d’effets de mode mais ça serait péjoratif je crois que c’est d’abord avec l’urgence de la situation on a des des pistes qui se révèlent et dans lesquelles on est on a plutôt tendance à s’engouffrer et cet engouffrement si si ce mot est français je sais pas ça nous amène à beaucoup de simplification et puis de de d’éléments de langage comme on dirait dans le monde politique qui reviennent sans arrêt et qui finissent par être déformé et là à ce stade- làà je trouve que c’est dommage si ce n’est quelquefois embêtant pour la bonne compréhension des éléments et vous avez raison dans ces éléments de langage que l’on retrouve sans arrêt il y a ces ces mots de qualification des des végétaux qui sont local indigène endémique où on va voir dans le dans ma présentation je ben peut-être que on va être amené à les à les préciser il y a un mot qui est revenu dans dans toutes les les dans les deux précédentes communications qui est le mot évaporanspiration qui aujourd’hui est un mot qui est un peu un mot valise euh alors que il correspond exactement à ce que et je l’ remercie à présenter en dernière partie de son exposé c’est-à-dire les les calcul à faire entre les réserves en eau du sol l’évaporation du sol et la transpiration des arbres qui permettent qui permettaiit dans le monde agricole en tout cas moi j’ai j’ai j’ai un un diplôme d’ingénieur en agronomie tropicale qui était justement spécialisé sur ces questions agrométéo et donc j’ai j’étis dans des j’ai été dans des laboratoires de conseils aux agriculteurs et du coup on nétait pas encore sur l’arbre en ville qui leur permettait de calculer au plus juste leur l’irrigation de leur culture et ce que Thomas a présenté ben c’est le prolongement de ce qui existait qui existe toujours dans le monde agricole et notamment cette ETP cette évapot transpiration potenti si elle est réel qui permettent de calculer la la l’irrigation et donc vous voyez que juste sur cet exemple là que c’est important de préciser les mots pour bien comprendre ce à quoi on a affire et l’exemple de Thomas c’était vraiment ça et je crois réellement à ces solutions qui sont simples et qui permettent d’ajuster au mieux la question de l’eau par rapport au végétal et par rapport aussi à son développement je qui qui va faire évoluer lorsqu’un arbre pousse et ben il va pas avoir les mêmes besoins en e qu’un arbre qui qui est très jeune alors euh en fait mon dans les leviers qui qui a actionné face au changement climatique on va parler des essences bien sûr mais mais peut-être je vais décevoir sous l’assistance parce que je vais absolument pas vous donner l’essence miracle et et je m’en garderai bien et je vais vous expliquer pourquoi je me garderais bien de donner un un nom d’une naissance alors voilà je j’ai remis ce ce petite cette petite citation hein que les arbres sont des marqueurs de temps à la fois biologique et symbolique de la ville et que c’est important pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui et pour prolonger notamment par rapport au discours au au propos pas au discours au propos de la FREDON il faut si on veut trouver des solutions il faut aller aussi chercher dans les causes euh de de ces questions de dépérissement des arbres qui sont effectivement dû à des pathogènes souvent mais euh on on a bien senti notamment euh quand on parle du mûrier que c’est souvent un affaiblissement des tailles et des mauvaises conditions qui font que les attaques se précisent enfin se se sont plus efficaces pour les les pathogènes et moi je rajouterai volontiers une autre euh cause qui est celle de la monospécificité des arbres depuis des siècles dans notre environnement urbain euh juste je je vous ai remis des des diapositives que j’ai bricolé excuse exusez-moi hein mais des et que je présente souvent qui sont les quatre principales essences d’arbrees urbain proposé en 1886 donc vous voyez qu’ il y a plusieurs siècles par alpan et on voit que on avait le platane le maronnier l’élant et l’orme et c’est c’est très intéressant de de balayer l’histoire de ces arbres depuis qui sont dans la ville parce que on va voir et le pourquoi ils ont utilisé été utilisé bien évid évidemment et ça a été dit aussi si on s’intéresse à euh au au à la vie de ces arbres là en milieu naturel et bien on s’aperçoit que à la fois leur durée de vie mais aussi leur envergure est absolument pas adapté à la ville un platane par exemple hein le platane étant la première essence euh des des villes aujourd’hui et et partout en France hein on s’aperçoit que le platane c’est un arbre qui peut durer qui peut vivre plus de de 2 siècles mais qui fait aussi 40 m voire 50 m et j’en connais d’envergure le maronniier 30 m 3 siècles l’lant c’est le plus petit de ce que je vous à peu près avec le micocoulier euh mais moins d’un siècle parce que que c’est un arbre c’est un arbre pionnier alors vous posez peut-être la question de pourquoi je mets les zéantes dans le dans cette histoire des arbres dans la ville et bien parce que ça faisait partie des essences proposées par alpant l’orme 30 m et voilà une très grande longévité le micocoulier 20 m et plus de 3 siècles on sait que les ormes ont été les arbres les plus utilisés au 17e 18e siècle à la fois le long des routes et dans la ville c’est un arbre comme on vient de le voir qui est majestueux et pourtant c’est un arbre qui a aujourd’hui disparu de nos villes il ne reste plus que des places de l’ormau en souvenir de ces fameux orme de su he suli avait pour compenser les la les les déclins des forêt avait proposé et donc de la de de du bois de production avait proposé de planter un orme sur chaque place et aujourd’hui ben on ne retrouve plus que des noms de place ou encore ce type d’orme dans l’élisièr parce que l’orme a disparu du fait de son attaque hein ça a été dit tout à l’heure par la graphiose hein qui a un champignon porté amené dans l’arbre par un coléoptère en fait on pourrait euh euh accuser le champignon et le cololéoptère mais moi je préfère un peu changer de posture et de regard et pour se dire mais euh en fait euh n’est-ce pas cette condition en euh plantation monopécifique et on peut le retrouver sur le muûrier qui a été cité en exemple tout à l’heure les ormes plantés à cette époque étaient tous des clon en fait c’est ça a été dit je pour pas être trop longue je vous je vais pas vous citer les les les passages que j’ai retrouvé où on on met en garde les producteurs et les planteurs d’or sur le fait que ce qu’ plante ce sont que des des arbres clonés en fait hein des clones et si vous faites cette analyse là ben vous allez voir que ce qui était vrai pour l’orme c’est vrai pour le murier qui est stérile hein donc ça reproduction le murier platane pardon qui est stérile donc sa reproduction elle se fait que de manière végétative c’est vrai encore pour le platane qui est le plus abondant et qui est pratiquement exclusif sur notre territoire qui est le le Platin hybride he qui est qui a pas une très grande fertilité et donc c’est à la fois cette condition monospécifique mais aussi ces modes de production par multiplication végétative qui font qu’on a des génomes qui sont très proches les uns des autres et donc pas de pas de possibilité de de de lutte contre en tout cas de de d’adaptation individuelle à ces ces attaques parasitaires alors euh de la même manière sur la question de de de la du fait que l’arbre aujourd’hui euh va nous permettre de d’être de venir à notre secours pour Gard la ville vivable je voulais juste signaler que ça a été un des points récurrents cette question de salubrifier l’air mais aussi permettre à la ville d’être plus saine et de de plus vivable c’est une un enjeu récurrent en fait c’est pas du tout un enjeu qui nous apparaît maintenant c’est un enjeu récurrent depuis le 18e siècle des arbres dans les villes et donc c’est important de le penser comme ça et d’essayer de trouver quel quels ont été les les les éléments que l’on pourrait corriger pour avoir une une situation qui réellement s’améliore puisque ça a pas été le cas pourquoi ça pas été le cas là on revient aux grands travaux osmanien qui qui on le voit bien ont aligné des arbres souvent euh au contraire de alors là on voit des des sols bombés comme Thomas nous nous a expliqué tout à l’heure mais en général ces arbres vont être dans des fosses isolées en tout cas par la suite même s’il était pas à l’époque osmanienne on voit que dans les 30 glorieuses notamment on va avoir des créations de fuses isolées d’arbres et des tailles extrêmement drastiques de des arbres qui font que on va être sans arrêt à les les les contraindre dans leur développement ici des des platanes dans une bastide à Marseille et ça c’est des tailles que l’on nespérerait ne plus jamais voir aujourd’hui sur l’espace public et qui par contre cette photo elle date de de l’hiver dernier et vous voyez que on on a des tailles absolument drastiques et il a bien été expliqué tout à l’heure que c’est souvent par ces tailles que pénètent les pathogènes et pour le platane en particulier le chancre coloré il est réellement il arrive par toutes les blessure de l’arbre c’est pas quelque chose qui vole dans le dans l’air he c’est vrai c’est un champignon donc qui se faufile par les blessures de l’arbre et qui fait que Ben la plupart de nos platanes en tout cas dans dans une bonne partie du territoire aujourd’hui sont menacé par ce ce champignon qui fait que bien vous voyez aujourd’hui on a une réduction de de de ces alignements de platane partout c’est vrai on va pas tout passer mais c’est vrai ça a été vrai pour l’orme c’est vrai pour le platane c’est vrai pour le maronnier voilà et toutes ces essences qui sont les principales essences de la ville et bien aujourd’hui elle se retrouent menacée sauf peut-être un et là on on va commencer une petite une petite lumière mais que je vais essayer quand même de de vous d’affaiblir un tout petit peu c’est le micocoulier qui aujourd’hui porte beaucoup d’espoir parce que c’est effectivement euh un arbre qui est très résistant à la sécheresse alors j’avoue que euh dans chaque présentation que je fais cette question arrive et alors le micocoulier est-il le platane de demain parce que c’est un arbre qui produit un très bel ombrage la ville de nîes où j’habite il y a des micocouliers depuis plusieurs siècles qui aujourd’hui sont sont absolument magnifiques et amènent un très bel ombrage mais vous voyez ici c’est un microcoulier à Arles et donc c’est un arbre qui se ta pas enfin je vais peut-être commencer à cette réponse à la réponse à cette question est-ce que le micocoulier et l’arbre et peut remplacer le platane de demain bien évidemment je vais répondre non parce que quand on regarde le l’histoire B de tous ces arbres qui ont été dont une essence a été ou quelques essences ont été privilégiées pendant des siècles et aujourd’hui qui sont toutes des essences qui sont éliminées de notre territoire parce que trop vulnérable à des pathogènes et bien on peut se dire qu’on n pas envie que le le micocoulier ait la même destinée et donc moi je me garderais bien de dire oui le micocoulier sera l’arbre de demain parce que vous le voyez l’histoire nous dit que si ça prend ce chemin là et bien ça sera pas vraiment pour longtemps alors je je suis allée un tout petit peu plus loin dans mes réflexions en me disant mais au final est-ce que les arbres sont adaptés à la ville alors c’est une question vous allez me dire qui est un peu étrange dans un webinaire sur les arbres en ville mais quand même on peut réellement se poser cette question et c’est une question qui est un tout petit peu provocatrice mais qui est est amené à nous faire réfléchir aux questions de longévité et de taille et puis à qu’est-ce que c’est que l’écosystème urbain moi je excusez-moi je j’ai mis des des des photos qui elles aussi sont un peu provocatrices mais vous voyez bien que la ville l’écosystème urbain c’est un écosystème qui est plus semblable à un écosystème de canyon qu’à des écosystèmes naturels que l’on va retrouver dans les espaces périphériques de toute nos villes donc voilà vous vous voyez j’ai j’ai mis il y a pas besoin de beaucoup de discours pour montrer ça et de ce fait les essences qui vont être adaptées à la ville vont être des essences qui sont adaptées à cette minéralité et à cette ce rapport aux températures que provoque la minéralité je vais pas y revenir mais ça a été à peu près dit aussi je vous ai mis cette cmbalire bien sûr c’est pas un arbre mais vous voyez ici que la cmbalire est adapté au murs parce que on le voit là ell vont les les fruits vont aller chercher les fantes dans les murs pour se ressemer alors les arbres vont pas pouvoir faire ça mais on peut imaginer que les arbres qui vont être bien dans la ville seront des arbres qui seront aussi adaptés à ces conditions à la FO fois d’humidité et de température et donc un autre élément qui est extrêmement important à prendre en compte c’est ce temps long de l’arbre au final est-ce qu’il est compatible avec une ville qui se reconstruit sans cesse sur elle-même je vais vous donner quelques petits exemples donc ça c’est on a vu he les potentiels de duré de vie ça c’est un platane par exemple qui a 170 ans qui est dans un près et vous le voyez il fait 60 m de haut et 51 m d’envergure vous voyez les genses dessous hein et et donc ça vous donne cette cette échelle et ça c’est un platane qui est à Marseille contraint dans une dans dans une place qui fait donc 17 m d’envergure donc vous voyez qui qui est bien moindre que dans dans une prairie par exemple la place elle-même faisant 170 m² alors que le le couvert du houpier sur ce ce platane là c’est presque 2000 m² donc cet arbre on le comprend pour rentrer là il aura été contraint toute sa vie mais il y a pas que ça à prendre en compte et là aussi je vous ai mis une photo de Marseille en 1950 alors c’est c’est c’est une photo qui est un peu enfin qui est pas caricaturale hein c’est la vérité mais la situation est peut-être un peu caricaturale ce platane voyez il est sous le point rouge et là vous avez la ville de Marseille après le bombardement dans les années 40 et en pleine reconstruction et donc vous voyez que ce platane il a été au rat de euh de de cette de ce bombardement alors bien sûr tous les arbres ne font pas face à de telles situations mais si vous refaites l’histoire de ces arbres dans la ville vous allez voir combien de fois la ville s’est reconstruite autour deeux et combien de fois et ça aussi c’est quelque chose que vous a dit certainement IVe Caraglio parce que je sais qu’il est attaché à ça mais combien fois l’arbre va devoir réagir à toutes ces transformations de l’espace autour de lui et notamment dans son système racinaire que l’on ne voit pas et auquel on prête encore moins attention que la partie aérienne et l’autre élément aussi c’est cette ville qui ne cesse de s’étendre et donc qui va absorber en même temps des arbres qui étai dans une are typologie et là je vous mets juste ce ce chînne vert on a parlé du chenne vert tout à l’heure qui est à ivri sur scène qui est un arbre qui est qui a un âge estimé entre 175 et 215 ans qui se retrouve vous le voyez sur un massif dans un univers entièrement minéralisé devant un collège et qui lorsque on fait son histoire en fait était un arbre qui avait été planté dans le parc d’un château et donc il faut imaginer que que que cette arbre vénérable il a connu une grande partie de sa vie installée dans un parc de château et qu’aujourd’hui il est dans cette minéralité hein donc il est il est ici ici pardon il est dans cette minéralité et euh pour un arbre de cet âge ça lui demande ça lui a demandé de se réinstaller et de se réadapter à euh C cet environnement et donc tout ça pour vous amener un peu de complexité dans ces questions de gestion des arbres en ville qui sont bien sûr l’adaptation au changement climatique mais surtout la le le fait de donner du temps et de la place et de l’attention aux arbres dans la ville aujourd’hui ce qu’on le sait hein autant les arbres vont être des des des vont nous livrer nous fournir des services écosystémiques extrêmement importants bon j’avais remis ces température mais je je j’accélère un peu mais autant nous de notre côté le le l’espérance de vie enfin du côté des arbres si on si on prend ce point de vue l’espérance de vie de l’arbre en ville est extrêmement réduite par ces conditions euh de vie bon on a l’impression que cette image est un peu extrême mais en fait vous savez bien que non et qu’on retrouve beaucoup d’arbres dans ces conditions quand bien même et ça c’est un un petit c’est pour amener un petit sourire narquis mais sourire quand même quand bien même on viendrait fleurir artificiellement l’arbre pour qu’il soit plus plus gai voilà alors il y a un terme aussi que vous employez souvent et que je trouve très intéressant c’est permettre aux arbres de faire société on a parlé notamment de d’arrêter un un peu l’ plantation monopécifique alors est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que ça veut dire dans faire société et ce que ça apporte justement au bénéfice de l’arbre comment on peut penser différemment nos modes de conception et de plantation par rapport à ça j’ai remis ici directement cette cette image que qui avait été créée par par Kevin Michel de de Coloco de de un collectif que vous tout connaissez bien en Gironde qu’il sont intervenus euh avec Gilles Clément sur un plan paysage global autour de Bordeau et que l’on avait fait justement pour repenser les modes de plantation pour un un projet qui était pas une commande de la ville de Paris mais qui était un projet libre de d’un groupement autour des Champs-Élysées et comment qu’est-ce que ce ser serait que de penser le les les replantations d’arbres sur les Champs-Élysées la question qui m’a été posée c’est la question que vous vous avez posé au départ en tout cas qui est dans toutes les têtes mais quels sont les arbres que l’on pourrait poser planter aujourd’hui quels sont les essences que l’on pourrait planter pour que on ait des arbres adaptés au changement climatique et ma réponse a été celle-là donc toujours pas des des essences précises mais de dire tant qu’on permettra pas aux arbres de faire société c’est-à-dire temps qu’on permettra pas aux arbres de déployer leur houpied et leurs racines mais déployer leurs houpied et leurs racines c’est aussi leur permettre de de faire société avec l’ensemble des organismes sur lequel il s’appuie des organismes et des éléments sur lequel il s’appuie pour pouvoir se développer un arbre on va pas faire de la biologie végétale ici mais ça nous entraînerait trop loin mais un arbre c’est fixe l’autre jour j’étais dans un dans dans dans une balade avec des à porort Saint-Louis durô il y avait des des gens qui s’occupent du porc qui ont eu une expression que j’ai trouvé extrêmement intéressante excusez-moi de cette discrétion mais qui disait un porort c’est fixe et de ce fait le port il doit sans arrêt s’adapter à aux relations en fait que qui viennent à lui et il peut pas aller chercher les les éléments qui vont lui permettre de fonctionner il faut qu’il prenne chaque fois ce qui vient à lui et je me suis dit alors il disait que les Pors en fait c’était un lieu de rendez-vous et je me suis dit ah mais mince mais les arbres c’est exactement la même chose un arbre c’est fixe et donc pour se procurer tous les éléments dont il a besoin pour vivre il va pas pouvoir aller les chercher en se déplaçant il faut qu’il les capte qu’il les prenne à proximité c’est aussi un un organisme on va dire de qui qui va prendre tout ce qui lui vient à lui et donc un lieu de rendez-vous et ce schéma il montre ça alors Thomas a parlit de l’eau tout à l’heure hein on voit ici que dans ce schéma on propose donc une Nou pour recueillir tous les arbres mais on on pourrait déployer tout ce qui est indispensable à l’arbre on sait l’eau on sait l’oxygène on sait la lumière mais il y a tous les autres éléments comme l’azote par exemple avec et et des d’autres éléments aussi donc l’azote avec certaines plantes qui vont produire permettre de capter euh l’azote de de aussi de manière plus performante mais il y a aussi tous les tous les les auxiliaires à nouveau si on revient dans des schémas agricoles on dirait des auxiliaires de culture mais on voit bien que pour gérer les pathogènes et bien quelque soit quelquefois on va avoir des prédateurs de ces pathogènes dans le milieu naturel mais encore faut-il que ces prédateurs ils aient leur habit là et donc c’est la complexité qui va nous permettre de euh de qui va nous permettre pas à nous bien sûr mais à l’arbre d’avoir de déployer sa vie au mieux et c’est ce que voulez montrer ce ce schéma là vous avez vu dans ce schémal la part importante en tout cas que j’accorde moi et là à nouveau je je fais référence à ce qu’a dit Thomas au système racinaire je pense que beaucoup de choses se placent dans le sol et de ce fait il y a une vraie question à se poser sur la qualité des plantations par rapport à en tout cas la qualité des systèmes racinaires de tout ce que l’on va planter et pour moi il est important aussi de réfléchir en terme de euh de végétation spontanée qui euh permettraiit aux végétaux et pourquoi pas aux arbres de de se déployer de manière plus alors efficace c’est peut-être pas le mot mais en tout cas avec des des stratégies naturelles qui vont être plus performantes alors je reviens à cette question des des des plantations des projets de plantation dans les villes qui ont été partout pareil où aujourd’hui on est omnubilé par des quantités d’arbres à pl mon et sur lequel moi je je je proposerais bien parce que ces arbres planté en général vont être plantés plutôt dans les périphéries il y a pas beaucoup de place dans les villes pour planter toutes ces qualités d’ quantités d’arbres qui sont importantes et là je proposeraiis bien d’autres stratégies et on n toujours pas dans les espèces hein on est toujours dans les stratégies c’est-à-dire dans les recruter parce que dans la ville on voit bien que les nouvelles essences ligneuses qui arriveraient spontanéément et bien c’est jamais à la place où où nous on va les accepter peut-être sauf les lente aussi je vais pas m’apesantir sur ce sur ce schéma là même si les lentes c’est un arbre on pourrait y revenir si vous le voulez tout à l’heure mais dans les stratégies que je proposerai moi volontiers c’est d’aller et d’être attentif à tout ce qui se passe dans les interfaces dans les lisières dans les ha en marge de la ville et quelquefois plutôt que de planter ce qui va être aussi qui va avoir des coûts et comme l’a montré Thomas des coûts de de non seulement à la plantation pour l’arrosage mais aussi à la gestion pour pour pour permettre à ces arbres de se développer et bien d’essayer d’aller recruter des arbres spontanés qui vont rien nous coûter ni en à la plantation ni à l’arrosage parce que ils seront allés directement chercher l’eau là où elle est disponible et donc voilà ma proposition plutôt que de chercher de nouvelles essences c’est de chercher de nouveaux modes de plantation mais aussi des nouveaux modes en tout cas de poser de nouveaux regards sur les arbres spontanés dans la ville et de les considérer comme faisant partie de euh ces ces palettes végétales vous voyez ici une lisière urbaine si vous regardez bien il y a déjà des pains des des amandiers des oliviers des figué on est à Montpellier hein donc c’est des espèces très méditerranéennes mais que l’on pourrait mettre dans ces cotas d’arbres euh même s’ils sont venus tout seul alors là ça demande après peut-être de la gestion mais juste ben comme le dit le dit aujourd’hui Gill Clément plutôt par soustraction que par plantation et c’est ça qui est qui est intéressant parce que c’est beaucoup moins coûteux en fait à la fois financièrement mais aussi en énergie déployée voilà donc cette étude de cas sur des lisières urbaines que l’on pourrait connecter et du coup euh dans cette connexion on revient à cette question bien sûr avec ce mot qui est pas du tout euh que moi je je valorise pas d’infrastructure verte parce que dans ce mot infrastructure bien évidemment on perd totalement le caractère vivant de l’arbre mais en fait ça ça revient à ça voilà et en fait par ce biais là ici vous avez une ripicilve toujours à Montpellier on peut complètement inverser notre regard et faire rentrer la nature dans la ville parce qu’effectivement aujourd’hui les villes peuvent être des refuges de biodiversité important et quelquefois plus importants que dans les espace euh agricoes si l’on favorise toutes ces ces infrastructures toujours entre guillemets verte alors on a on a bien compris Véronique en effet la question c’est pas voilà quelle liste d’Essen on va on va avoir adapté au réchauffement climatique ou les essences locales mais qu’il est question de surtout miser sur cette diversité des essences et des strates mais est-ce que c’est pas aussi essentiel d’adapter sa palette végétal aux particularités d’un site au patrimoine végétal existant si si voà voilà s’il y en a un est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous vous élaborez vos palettes végétales dans vos missions d’accompagnement avec quelques exemples en fait ce que la question qu’il faut se poser suite à tout ce que je viens de dire là c’est quel paysage urbain on fabrique pour demain je je je prolonge cette notion de de planter pour planter planter des arbres parce que la ville a besoin d’arbres aujourd’hui mais en fait on plante toujours des arbres jeunes et et heureusement mais on se pose rarement la question de qu’est-ce qu’on fabrique comme paysage pour demain parce que voilà si l’arbre ça c’est un peu ce que j’ai essayé de vous montrer hein le témoin des paysages urbains du passé hein les arbres qui sont dans la ville il c’est il est aussi l’enjeu des compositions à venir et donc par exemple quand on plante des arbres comme ça dans dans ce type d’alignement ici dans des espaces péurbains sur une pelouse parce qu’il y a guerre que là que il y a la place de de planter ses arbres et bien et bien on voit qu’on fabrique un espace qui dans 50 ans si jamais les arbres sont toujours là et ça réellement j’ai des doutes et bien ça va voilà fabriquer un espace un peu peut-être étrange et là ma proposition pour être concret en fait et de de dire juste à côté on a un fossé je sais pas si vous voyez ma souris dessus mais on a un fossé juste à côté et euh je me demandais si c’était pas plus pertinent et dans ce fossé il y a beaucoup d’essensces qui poussent que l’on va toujours que l’on va éliminer parce qu’elle pousse pas à l’endroit où on voulait et dans une des des des propositions que je fais c’est plutôt que de choisir des essences c’est d’installer des modes de d’avènement de d’arbres qui pourrai venir spontanément sur ce lieu-là grâce à des pièges ce qu’on appelle des pièges à graine et par exemple là cette cette nou elle fait piège à graine alors elle est pas faite pour ça donc je comprends qu’on garde pas les arbres là-dedans mais c’est un bon exemple pour se dire bien toutes les irrégularités du sol que l’on va proposer et donc ça prolonge aussi ce qu’a proposé Thomas dans changer la forme de de des non seulement des revêtements de sol et des ouvrages mais de donner à la fois de l’ irrégularité et des espaces qui vont accumuler l’eau et ça ça va permettre de créer des espaces spécifiques alors j’avais mis cette cette cette infographie de de Clément gaillard sur une qui a été réalisé à l’occasion d’une résidence fraîcheur qu’on a fait l’année dernière à Arne qui montre que pour que réellement la ville dit min de 04 % c’est à température il faudrait que 30 % de la surface soit arbouré et donc là il a fait une infographie qui qui est provocatrice aussi mais qui montre qu’est-ce que c’est que 30 % de la ville arbourée alors pourquoi je je vous amène tout doucement à ça c’est pour vous dire qu’en fait cette manière de végétaliser la ville et moi les les les choix vers lequel j’amène les paysagistes ils sont pas juste de faire des listes en fait je j’essaie de me alors bien sûr au final ça va arriver à des listes là mais ces listes elles doivent arriver pas uniquement sur des critères qui vont avoir une seule porte d’entrée on revient à cette question de du local par exemple ou de l’indigène bien souvent aujourd’hui euh les bureaux d’études qui labélisent les projets d’aménagement ils vont le faire sur la principal le principal critère d’indigénna et euh moi je propose de réintégrer le le le la conception de la palette végétale dans tout un ensemble de critères qui vont être plus complexes mais qui pour moi vont être plus robuste si je peux me permettre qui euh qui rentre d’abord dans sur la question de la fragmentation du site donc c’est-à-dire sur à la fois la la surface du site végétalisé et de sa position dans le paysage hein donc on pourrait dire pour intégrer dans ses infrastructures euh verte de sa structure et de sa fonction c’est-à-dire de la diversité des espèces qui sont d’ors et déjà présente sur le site et ça pour moi c’est extrêmement important pour composer une palette végétale c’est de se dire quelles sont les dynamiques déjà existantes comment comment on comprend le site par les dynamiques en place et donc la diversité des milieux qu’on va créer et puis là je formations végétales qui sont en place et comment on vient les les les diversifier aussi et puis il y a un autre élément extrêmement important qu’il faut penser aussi en même temps que ça c’est le zonage au PLU et le type de gestion pourquoi je je vous ai mis ces ces questions là parce que on voit bien notamment le type de gestion que ça peut complètement contevenir à une palette végétale que vous auriez élaboré euh en amont hein si on a un type de gestion par exemple qui est euh euh je sais pas pour un massif de venir éliminer ou tailler euh très euh très fréquemment les les végétaux si on réfléchit à tout ce qu’on vient de dire précédemment on s’aperçoit que dans ces paysages que l’on fabrique aujourd’hui en fait on va avoir à la fois une diversification des essences mais aussi des abaissements des canopés on va avoir des arbres qui vont être plus petits pour être moins taillés si on réfléchit aussi à cette obligation de planter des essences locales et bien dans les palettes dans les les écosystèmes naturels tempérés on a aucun arbre qui fait la taille du plat par exemple on va avoir des arbres qui vont faire 20 30 m donc un abaissement important de euh de de des canopés parce qu’ils auront pas le même potentiel de croissance que ces arbres qui potentiellement font 40 à 50 m et donc aujourd’hui c’est des c’est des choses qui sont déjà euh en marche par exemple ici ce sont les arbres d’alignement de la ville de nîes en 2002 on voit que 33 % c’était du platane 47 % du micocoulier et 20 % autrees essenceces globale et en 2009 donc il y a quand même pas mal de temps on s’aperçoit qu’on a une inversion et que c’est la diversification des autres essences qui est devenu majoritaire par rapport au platane ou au micocoulier et donc ça c’est également extrêmement important et en fait je je vais encore vous sans répondre à la question initiale mais de manière volontaire je vais je vais à nouveau essayer de de de sortir de cette question de euh comment on fait quelle essence on plante parce que quelquefois dans les centres-villees urbains notamment dans les centresvillees patrimoniaux et bien il y a pas la place carrément pour les arbres et et donc c’est pas la peine de se torturer en essayant de trouver vraiment des arbres et je je en prenant l’exemple de la ville d’ d’Arle pardon je je toujours de cette résidence fraîcheur je vraiment moi c’est j’ai j’ai j’ai compris que les lianes par exemple qui ont un encombrement au sol bien moindre mais qui vont à une moindre hauteur mais dans une rue étroite sans possibilité de de de planter des arbres vont avoir le même rôle en fait et ça c’est extrêmement intéressant et l’autre intérêt de ces ces plantations de Lan c’est que bien souvent aujourd’hui dans la ville ces démarches là sont des démarches citoyennes et donc que ça va permettre et ça c’est un autre élément extrêmement important ça va permettre de d’intégrer complètement le citoyen il a été dit tout à l’heure hein que ce qui ce qui fait qui ce qui permet cette climatisation entre guillemets de la ville c’est pas uniquement l’espace public et ce qui est géré par les services d’espace vert ça peut être aussi l’espace privé et je rajouterai là des des plantations qui sont gérées par le citoyen et pourquoi c’est extrêmement important parce que je pense qu’aujourd’hui il faut que tout le monde soit responsabilisé par rapport à cette question climatique c’est pas que une pression qui est déjà énorme sur les services des espaces verts mais c’est vraiment un changement de regard de tout le monde et on voit bien que dans cette question des lianes alors on n’est pas qu’avec des plantes indigènes bien sûr mais souvent on a une assez bonne diversité et euh des démarches qui sont citoyennes parce que c’est une appropriation en fait une réappropriation de son frontage par par les citoyens et que ça a un réel impact pour la ville et alors là je voudrais faire un dernier une une dernière remarque on n’ pas le temps de de de de s’y attarder mais sur un autre élément extrêmement important pour l’climatation de de la ville c’est la question de la pleine terre c’est-à-dire tout ça ça ne peut marcher que si on retrouve non seulement le sujet du végétal comme être vivant mais aussi le sujet de la terre comme entité vivante de la ville voilà je vous remercie merci beaucoup Véronique en effet ça ça fait écho à la dage qu’on entend souvent le bon bon arbre au bon endroit mais je pense aussi à au propos de Caroline Molly dans le module 2 qui avait aussi effectivement spécifié que parfois on peut pas planter dans des rues étroites dans des espaces étroit et qui faut pas forcément voilà persister à vouloir mettre des armes que les plantes grimpantes sont une très bonne solution et offr un tout autre paysage et ça ouvre effectivement des perspectives sur sur plein de choses hein les le les arbustes les rinpantes le sol la terre voilà ça permet vraiment de refaire le lien sur notre écosystème urbain donc merci beaucoup Véronique c’était le module qui conclut ce cy sur sur l’arbre urbain donc j’ai un petit pincement au cœur de me dire on aura plus ces moments d’échange mais j’espère que voilà on continuera en tout cas faire d’autres formations là voilà plus en présentiel aussi parce que c’est toujours bien de pouvoir changer avec tout le monde en tout cas vous l’avez compris on a choisi vraiment des intervenants spécialistes du sujet euh des gens passionnés des des vraiment des experts qui étaient complémentaires durant le cycle pour aborder à la fois les problématiques différentes autour de l’arbre urbain merci à tous en tout cas pour votre participation tout au long du cycle on avait en moyenne 80 participants euh à tous les modules donc on espère que on a a pu vous apporter les outils théoriques et opérationnels et aussi vous montrer des exemples voilà vous inspirer vous ouvrir euh le regard pour mieux planter mieux gérer et mieux protéger les arbres urbains je vous remercie à tous et puis on espère vous voir voilà lors de prochaines formations sur sur l’arbre urbain sur la végétation spontanée qu’on a déjà voilà qu’on a déjà réalisé au Cu en 2023 qu’on reproduira sûrement euh voilà en tout cas les sujets sont sont variés et riches merci à tous et bonne journée