Conversation #3 : Corps adolescents

Table ronde entre Rebecca Chaillon, metteuse en scène, Natacha Gourland, géographe spécialiste de corps, danse, intersectionnalité (corps, danse et décolonialité) et Bérénice Hamidi Kim, professeure en esthétiques et politiques des arts vivants, animée par Elizabeth Auclair.

« Conversations » est un cycle de quatre séminaires co-construits, invitant des artistes et des chercheurs à croiser leurs regards et leurs expériences sur des enjeux posés par des spectacles de la saison 2023-2024 de Points communs, ouvrant un véritable espace de dialogue avec les étudiants.

En partenariat avec CY Cergy Paris Université.

donc on va démarrer bonjour je vais vous très rapidement présenter ce qu’on va faire ce matin et pu présenter les personnes qui sont là donc moi je suis Élisabeth Aucler je pense que certains me connaissent je répète toujours la même chose toutes les semaines donc à force vous savez qui je suis donc de l’université serg Paris et donc on travaille avec le la scène nationale point commun depuis plusieurs années donc ça je le dis pour ceux qui sauraient pas forcément voilà donc dans le cadre d’un partenariat entre le master développement culturel et valorisation des patrimoines don il y a beaucoup de représentants là et le le théâtre on organise un cycle de de conférences chaque année de séminairirees qu’on appelle conversation l’idée étant de faire dialoguer des metteurs en scène des artistes des des chercheurs sur un certain nombre de pièces qu’on a choisi dans la programmation de l’année donc là on a quatre pièces qui ont été choisies et on on anime avant ou après selon les cas donc cette conversation pour pouvoir parler de du des du projet du projet artistique que vous avez déjà vu ou que vous allez voir et de de de travailler avec les les chercheurs qui travaillent sur des problématiques qui résonne avec la la pièce voilà donc donc je vais présenter rapidement le le programme donc on va donner d’abord la parole à Rebeca chaayon ensuite à berérénis à midi ensuite on fera une petite pause très très courte mais vraiment juste petit temps de respiration et on reviendra rapidement pour entendre Natacha gourland et puis après on pourra discuter converser tous ensemble donc vous j’espère que vous aurez des des questions des interrogations c’est peut-être pas forcément facile pour ceux qui ont pas encore vu la pièce mais en tout cas peut-être justement de d’essayer d’en savoir plus et puis aussi converser entre entre nous voilà donc je vais mettre mes lunettes alors donc rapidement je vais présenter mais Rebecca tu pourras développer bien plus bien sûr donc metteuse en scène autrice performeuse eu donc tu es d’origine martiquin martiniquez avec une enfance et une adolescence passée en Picardie j’ai un gros chin là ensuite donc à Paris tu es venu à Paris pour des études d’art du spectacle et au conservatoire du 20e et ensuite donc tu as travaillé dans dans plusieurs compagnies avant de devenir performeuse avec soit des spectacles où tu es seul en scène ou avec d’autres d’autres acteurs et puis en plus de ces activités là donc tu participes à à d’autres euh activités euh euh participer à des ouvrages tu écris des textes tu participes aussi à des des films documentaires et euh voilà donc ton travail de de metteuse en scène et de de performeuse tu tu l’as exercé dans différents lieux différentes structures et en 2020 tu étais artiste associé au Théâtre de la Manufacture qui est le CEN de Nancy et euh maintenant tu es associé au au TNB à Bordeaux voilà donc euh présentation rapide après berérénis euh à midi donc toi tu es tu es professeur en esthétique et politique des arts vivants à l’université Lyon I tu es responsable du Master art de la scène euh et en terme de recherche donc tu es codirectrice de l’axe étude sur le genre théorie féministe et approche intersectionnelle dans le laboratoire passage et tu es euh coresponsable de l’axe genre dans la MSH de Lyon Saint-Étienne et donc tu es membre honoraire de l’Institut universitaire de France peut-être que ça vous dit rien mais c’est une c’est c’est c’est un un signe de la grande qualité des travaux et et de l’argent pour faire des travaux et voilà une reconnaissance sur la la qualité de ton de ton travail voilà et puis tacha gourland donc une collègue que vous avez l’occasion de de voir euh donc qui est enseignant de chercheur à l’Université Paris sergis euh agrégé de géographie euh tu as fait un doctorat de géographie et euh sur des questions de sur les questions de danse de corps de desconialités et tu travailles sur l’intersectionnalité et tu raconteras plus en détail tout tout ça alors là encore juste quelques mots sur la pièce que est-ce que certains l’ont vu ou pas encore oui certains l’ont vu voilà ok certains l’ont vu d’autres le verront ce soir et nous notamment donc la Tach et moi nous l’avons pas vu donc voilà on va découvrir aussi ce soir donc c’est donc c’est une pièce dont le si j’ai bien compris euh jusque- là ça va une pièce qui parle du corps de l’identité de la sexualité du sentiment de de des désirs de l’appétit du dégoût et donc l’idée de cette pièce est venue progressivement tu as Rebecca donc tu as travaillé pendant plusieurs années autour du théâtre forum notamment dans les collèges donc une bonne connaissance de de l’adolescence et des questions qui qui se posent à cet âge-là et donc le spectacle que tu as monté est issu de de différentes expériences que tu as mené dans des établissements scolaires et euh donc maintenant tu travailles donc avec de de jeunes performers alors je vais juste citer ce qui était euh ce que j’avais noté dans la présentation de la pièce donc c’est un projet qui s’adresse à toute personnes cherchant à se réparer à soigner son corps son histoire à s’autodéterminer pour mieux vivre avec ses pères avec sa famille et fabriquer un jour une famille choisie donc je voilà je veux je veux pas trop en dire plus puisque je je peux pas en dire plus et et c’est juste pour dire que c’est une pièce qui tourne beaucoup puisque quand quand on s’est parlé ça faisait c’était la0e fois donc peut-être plus maintenant donc en tout cas c’est une pièce qui a beaucoup de succès qui voilà donc je pense que je vais m’arrêter là et je vais te passer le micro RGE il est très joli donc blab bla Blou ma vie c’est ça en gros blab bla Blou ma vie blab bla Blou la pièce ouais vous avez des envies je commence par un truc en particulier comme tu le sens BL comme sensation ok mais avec toi mais avec moi-même alors Rebecca comment tu vas je suis été à sergil le haut déjà je me suis gouré et après j’ai attendu 15 minutes sur le qu pour arriver donc ça va déjà voilà et ben bonjour à tous euh voilà je je suis très contente d’être avec vous ce matin euh ben je vais essayer de vous dire deux trois éléments de plus sur le parcours et ce qui fait que je me retrouve aujourd’hui ici donc du coup là j’ai 38 ans et j’habite à monreuil voilà et un peu dans les PIR aussi avec ma compagne et les enfants et euh donc j’ai créé la compagnie dans le ventre la compagnie ou ce spectacle scre parce que je voulais l’appeler autrement à la base mais c’était toujours un truc avec de la nourriture cétait toujours la compagnie du saucisson ou la compagnie du poulet on m’a dit il faut que tu trouves un un axe un peu plus enfin un titre un peu plus ouais voilà un truc où tu pourras quand même jouer dans les institutions donc la compagnie dans le ventre voilà h les premiers projets que je monte dans cette compagnie sont des projets un peu en réaction avec mon passage au Conservatoire dans le sens où au Conservatoire dans le 20e j’étais face à un prof qui était un peu gourou très sympa mais un peu gourou et donc du coup bah dès qu’on monter sur scène on se faisait défoncer en gros donc moi ça m’a assez vite calmé j’arrivais de Picardy j’étais vraiment genre enfin sans cliché pour la Picardie mais j’étais vraiment un peu à l’ouest et euh je savais pas trop comment c’était quel éta quels étaient les codes des observatoir qu’est-ce qui était attendu voilà et donc je débarquais quoi vraiment beaucoup donc assez vite je suis resté dans les bah dans les gradins à regarder les autres qui passaient sur scène pendant 16h par semaine et euh et je faisais la fac d’art du spectacle en même temps en voilà à la sbonne euh et eu je voyais les copains les copines qui montaient des projets entrer le et euh je voyais bien qu’on m’invitait pas trop vu qu’on me voyait pas sur scène et donc à un moment à force de regarder les autres je me suis dit bon bah je vais faire la mise en scène quoi et euh et comme je me sentais pas hyper à l’aise avec je pense que ça grandissait donc j’ai je pense 19 ans là je je me sentais pas hyper à l’aise avec la présence des hommes si genre dans enfin moimême comment ça me mettais enfin comment je me comportais comment je sentais que je changeais de comportement ou ou voilà ou que j’avais pas enfin ça me mettait pas dans un rapport que je trouvais serein donc j’ai commencé à faire des pièces qu’avec des des femmes si ce genre euh voilà donc au Conservatoire j’ai commencé par mon femmes vous voyez le film voilà c’est une pièce à l’origine de tête privée en me disant ah c’est super je vais monter une pièce où il y aura que des femmes et ça va être trop badass comme les Spice Girl je sais pas si vous connaissez ça commence à dater donc voilà un truc de Girls ben de groupe en me disant là on va être forte et tout et en plus je décide que comme les personnages de femme sont assez caricaturaux je vais les dédoubler une comédienne et une instrumentiste donc je me retrouve avec 16 femmes sur scène et puis on on joue comme ça voilà un peu après je comprends que c’est pas hyper féministe finalement parce que la pièce tourne autour d’un personnage du père qui est mort et dont les huit femmes sont accusées de l’avoir tué et elles sont toutes voleuses vicieuses jalouses voilà et en fait elles ont tous les mots et en plus on ne fait que parler d’un homme qui est absent voilà donc ça je me suis rendu compte que plus tard que c’était pas hyper féministe au final voilà après j’ai monté les femmes savantes de Molière et là les comédiennes m’ont dit que j’étais pas très bonne en metteuse en scène donc voilà en effet j’avais pas lu la pièce jusqu’au bout donc ça ça ça avait ses limites mais moi j’aimais bien broder entre faire ce que je comprenais m’amuser avec le verre et et voilà et mettre de la danse faire des trucs donc voilà ça a été la fin de ma carrière de Muse en scène traditionnel ouis j’ai perdu quelques copines aussi voilà mais euh mais quand même je sentais que j’avais ma place sur les plateaux mais je sais pas exactement pourquoi euh et donc que j’ai moi je dans un j’étais faisais partie d’un mouvement des duc pop qui s’appelait les CA qui un mouvement qui forme les BAFA les trucs comme ça je sais pas si vous connaissez si ça existe encore enfin ça existe encore mais je sais pas si c’est encore bien hype et donc dans ce mouvement de duc pop on travaillait on faisait des chantiers culturels dans des gros festival ou des groses institutions de la culture pour les rendre accessibles au aux gens en maximum et donc je travaillais au festival d’oriaac au printemps de bourge festival de musique et puis au Festival d’Avignon et dans ce festival d’Avignon tous les étés on transformait des lycées des collèges des écoles primaires en lieu d’accueil pour des festivaliers et des festivalières pardon et euh et on emmenait voir les les les les gens voir des spectacles dans le in et on les préparait en en jouant en faisant des atelier si on allait voir de la danse ben pour mieux regarder la danse on dansait si on allait voir un texte de de je sais pas qui de washdi muwad Ben B on allait s’amuser nous-même à écrire enfin au lieu de de se dire je vais juste apprendre les des informations sur l’auteur ou sur l’artiste ou ou être dans une démarche plus intellectuelle on allait pratiquer agir et donc moi ma tout mon travail toute ma formation elle vient beaucoup de de ce truc d’agir voilà à force de faire des jeux d’écriture à force de faire des jeux de théâtre à force de faire des jeux autour du mouvement de la danse du corps ben du coup en fait je me suis formé enfin en tout cas c’est j’ai décidé que j’étais formé voilà et donc et donc pardon et donc pendant ce festival d’Avignon j’ai out le travail de Rodrigo Garcia de Romeo Castellucci de Marina Abramovic h un autre que je citerai pas parce qu’il est méchant et euh et voilà mais en tout cas des artistes où je me suis dit tiens ils font pas du théâtre textocentré comme je l’ai appris comme on me l’a appris au Conservatoire on est sur un spectacle plus total où les lumière le son le l’espace au plateau et le rapport scè salle ont l’air de prendre une grande importance où la le texte devient poétique et est très politique aussi et les corps au Plateau ont l’air d’être engagé réellement je prends un exemple de Rodrigo Garcia qui me marque beaucoup c’était un spectacle qui s’appelle jardinage humain que j’avais vu au au Théâtre de la Cité Internationale donc en 2004 un truc comme ça 2004 2005 et où je me rappelle de de comédiens comédiennes qui qui essayent de faire l’amour mais de se déshabiller mutuellement mais avec leur sac de S et voilà et donc les corps sont réels l’empêchement est réel puis après je me rappelle qu’elle se plâtre le bras alors qu’elle mange des spaghetti puis qui prennent des douches de Coca-Cola enfin bon toute une dénonciation de la société de consommation avec derrière comme ça des projections de de de liste de dictateurs argentin de dirigeants voilà et j’tais là je tu es obligé de faire le lien toi-même et tu es obligé d’essayer de de en tant que spectateur de te raconter ton histoire tu as pas tous les éléments et ça j’ai j’ai trouvé ça vertigineusement chouette quoi c’est dire que j’étais à la fois genre choqué interpellé ému par les images je me disais je comprends trop cette douche de coca j’ai l’impression que je nage dans dans la consommation et dans donc ça me parlait au trip et puis à la fois ça me parlait intellectuellement je pouvais faire moi-même mes chemins et donc voilà ça c’est quelque chose qui m’a vraiment beaucoup plu notamment le fait que l’écriture comme il est espagnol enfin comme il est argentin les textes sont sont sont projetés donc du coup je pouvais lire le théâtre enfin pendant qu’il se jouait et donc ça ça a été un voilà un gros coup de cœur et donc après j’ été faire un pardon un stage avec lui avec Rodrigo Garcia genre en 2010 d’abord je me suis fait raser la tête sur scène pour son spectacle ça ma mère elle s’enait jamais remis et voilà chaque soir il fallait qu’il y ait une femme qui se fasse raser la tête on s’est fait défoncer par la presse on est toutes des [ __ ] et tout mais c’est mais c’était une expérience assez intéressante et après j’ai fait ce workshop pendant 3 semaines avec lui et là le la démarche était être performeur de la scène se débarrasser des des metteurs en scène ça tombe bien comme j’étais mauvaise c’était bien de se débarrasser de la metteuse en scène qui était en moi et de pratiquer donc je suis arrivé avec mes expériences diverses de maquillage mes obsessions de la bouffe je sais pas je suis venue avec plein de conneries et je resté pendant 3 semaines dans une salle et puis voilà et c’est comme ça que j’ai commencé moi mes projets entre spectacle et performance voilà comme tu disais du coup j’ai travaillé pendant 12 ans dans une une compagnie de débat théâtral de théâtre forum donc je sais pas si je connais bien bien les collégiens parce que je pense que le principe c’est justement ça c’est tu as l’impression de côtoyer de comprendre mais en fait ça t’échappe toujours un peu mais en tout cas j’étais sans cesse remise dans ce bain de collège et de lycée comme un truc très empêchant parfois mais ça m beaucoup nourr mon travail en me disant bon bah euh dans le T de forum on va dans les collèges on va dans les lycées on joue au CDI en salle de perme dans la l’amphithéâtre et en performance j’avais l’impression que c’était beaucoup des galeries d’art contemporains des choses un peu élitistes un peu prise de tête et peut-être après je reviendrai sur ce que c’est que la performance si jamais enfin pour moi en tout cas mais en tout cas il y avait un grand écart et moi je me disais bah j’ai l’imession que j’aimerais bien faire ce grand écart et être dans quelque chose d’assez en ce trple grand écart je sais pas si on peut faire ça peut-être avec le bras bref en tout cas entre les mouvements d’ duuc pop le côté populaire de on agit on joue c’est accessible il faut que ce soit accessible euh le côté un peu pointu exigeant je sais pas si c’est ça mais ou ou danse parce que enfin danse au sens enfin danse des n e de l’art contemporain d’un truc qui se permet d’être abstrait ou d’être de [ __ ] des tartes et puis de partir quoi ou de te laisser devant l’œuvre et et le théâtre enfin je sais plus plus j’en étais dans mon grand écart mais bon voilà et et c’est là que j’ai fait mes mes différentes pièces voilà je sais pas s’il faut que je tape un solidoc encore ça ça va on est bien je peux vous dire qu’ du quoi j’en ai fait une qui s’appelle estoma dans la peau qui est né dans le qui est né dans à la fin de ce stage avec Rodrigo Garcia où c’était vraiment sur euh cette histoire de de nourriture d’obsession et de maquillage où je me disais à cette époque-là donc je j’avais pas beaucoup de succès euh euh relationnel on va dire donc j’avais je j’avais vraiment considéré que euh le manque d’amour ou le manque d’être le le manque de désir de la part des autres sur moi était comme quand j’ai la dalle donc quand j’ai faim voilà c’est d’ c’est l’expression Gad fonctionne très bien aujourd’hui mais mais du coup je me transformais en en ce que en ce que j’ingérais et je questionnais un peu les injonctions faites au corps d’ féminin en passant par le mien et et ce spectacle a été un un gros détonnateur parce que les gens m’ont dit ah c’est super de voir une femme noire grosse androgine à l’époque au Plateau j’éis là mais non mais je parle de désir et tout et les gens m’ont envoyé que beaucoup à à cette image là et et après ça t un voilà un un nœud pour vers mes autres spectacles de me dire bon bah puisque de toute façon quoi que je fasse les gens voient une grosse noire euh bon je vais être obligé de de prendre en charge moi-même et donc de de pardon et donc de de de maîtriser un peu ces sujets voilà et euh voilà donc de de corps non enfin de je sais pas j’ai pas un corp non htéro mais en tout cas je sais Mme pas ce que ça dire cette phrase en tout cas je suis pas htro je noir grosse et puis qu’est-ce que quoi d’autre encore voilà c’est déjà des grosses caractéristique et du coup ben de les prendre en charge moi-même dans les spectacles donc après voilà pardon je sais plus où j’en suis après j’ai fait un spectacle s’appelait monstre d’amour entre parenthèses je vais te donner une bonne raison de crier qui était la suite enfin pas la suite mais en tout cas sur ce corps dévorant ce corps qui a envie d’être mangé ou de manger bah après monstre d’amour c’était sur la dévoration dans le couple et le le passage à l’acte des gens qui se disaient que c’était ok de de tuer soitdant par amour et tout ce qui était cannibalisme amoureux enfin j’ appel ça comme ça mais c’est un peu enfin c’est pas ok parce que c’est clairement pas de l’amour c’est la violence des féminicides ou des meurtres et des trucs comme ça mais bon j’avais appelé ça comme ça à l’époque et puis après où la chèvre est attachée il faut qu’elle brout qui est mon spectacle autour du football féminin là qu’on vient de jouer à Pompidou là pendant 3 jours et puis après carte noir nomé désir on y reviendra c’est pour ça que avec H femmes noires au plateau on travaille sur une sorte de compte afrofuturiste pour euh pour euh essayer de questionner les imaginaires sur les femmes noires et sur les personnes non blanches et et voilà et euh et puis le dernier bébé que vous verrez demain ou que vous avez vu hier plutôt vomir que faillir où là du coup j’essaie de de connecter un peu plus avec l’adolescente euh frustré à l’intérieur j’ai mon petit batch frustré voilà c’est bien comme démarrage ça va c’est pour pas aussi pour vous puissiez dégérer et que ça vous intrigue avec des titres un peu comme ça ah bon où la chèvre est attachée il faut qu’elle broute non non non et voilà sur celle-là et bien plutôt vomir que faillir l’idée c’était de comme les spectacle du coup il y a beaucoup il y a pas mal de nudité ou de d’action un peu où je questionne la violence et donc je je je me fais faire des trucs un peu intenses parfois notamment des chosesutour de l’ingestion parce que c’est LAAC comppagnie dans le ventre donc bah voilà c’est mon outil de performance on va dire de de manger ou de questionner enfin de travailler avec la nourriture donc je me suis dit et donc mes SPAC étaient un peu interdits ou en tout cas accept enfin on comment on dit autorisé à partir de 16 17 ans genre Seconde Première donc je me disais bah c’est con parce que franchement si on doit travailler sur la violence je trouve vraiment que quand tu es au collège c’est violent de vivre donc ce serait bien que on fasse que je fasse un spectacle où ça on peut accueillir des des collégiens en tout cas on peut accueillir à partir de 5e 6e bon j’ai un peu foiré je crois que c’est plutôt 5e 4e mais dans le principe si un enfant bien accompagné peut-être il peut même y aller plôt en tout cas du coup je me suis dit H adolescence quel est le mot qui me vient et rester vomir voilà quand bien même j’étais pas enfin bon pas vomir dans le sens du coup pathologique en tout cas c’est pas pour c’était pas pour parler de boulimie ou d’anorexie même si c’est le premier réflexe quand on parle d’adolescence et de vomie mais c’était plutôt en me disant on parle on dit toujours que les adolescents sont c’est la période où ils vont faire leur crise d’ado et et et rejeter tout autour d’eux et euh et je me disais mais j’ai quand même l’impression qu’on a nourri un mythe de la crise d’ado tellement fort alors bien sûr qu’il y a des vrais changements dans le cerveau dans le corps et tout mais on a nourri un truc tellement fort que j’ai l’impression qu’on nous a un peu bah qu’on AF qu’à l’époque on a été dominé par les adultes qui voulaient pas euh nous filer les clés de compréhension du monde que ce soit de leur monde Lee de du monde de notre famille des parents de tout ce qui était silence tabou familiaux et tout ça et aussi euh euh les les clés de comment fonctionne le monde après évidemment je parle de moi et de ma famille et de comment bah moi la politique je connaissais rien mais vraiment genre l’Assemblée nationale je savais pas ce que c’était je saais pas comment fonctionnait le monde quoi donc vraiment la sensation que qui me manquait plein plein plein d’outils euh donc voilà bref plutôt Vière vomir parce que du coup j’avais l’impression que c’était l’idée de de rejeter mais pas comme quelque chose de négatif juste de rejeter certaines connaissances qu’on a certaines choses dont on a été nourri pour mieux se construire et que le vomi c’était finalement ce que faisait le corps pour se protéger quand quelque chose l’intoxique l’empoisonne ou quand il y a un trop plein et je trouve qu’à l’adolescence le truc qui est typique pour moi c’est OK en fait je commence à comprendre que peut-être mes parents c’est ou ma famille ça peut être une arnaque enfin qu’en tout cas c’est pas des demi-dieux et que le monde autour de moi peut mentir peut me blesser peut voilà je peux commencer à agir et donc du du coup bah tout ce qu’on m’a donné nourri toutes les langues que j’ai appris toutes les héritages voilà tous les héritages que j’ai reçu ben c’est le moment de de peut-être vomir et de voir ce qui de voir ce qui me reste de de vomir pour se protéger quoi donc voilà et donc plutôt vomir que faillir et faill hier parce que je me suis un peu gouré je crois j’ai confondu avec avec le verbe to fail en anglais voilà avec échoué voilà donc régulièrement on me demande mais ça veut dire quoi ce ce titre et moi je suis là genre je sais pas enfin je sais mais je sais pas en tout cas j’aime bien que ce soit ambigu j’aime bien que voilà que ce soit un truc presque poétique de se dire en hier c’est manqué à et du coup bah voilà je confondais tout fail tout F tout fil enfin bref il y avait tout quoi ressentir échouer manquer ah je me suis dit c’est génial vaut mieux vomir que tout le reste en fait voilà euh voilà il y a dans l’équipe oui j’ai je me suis dit comme ça va jouer devant des ados et que j’ai 38 ans si je veux rester sur ce rapport de réalité et de performance et de trucs un peu proches peut-être c’est pas moi qui doit être au plateau cette fois-ci et aussi je tourne encore Carte Noire donc c’est un SP très vénère donc il fallait peut-être que j’ai du du renfort et je me suis dit que j’allais chercher quelques personnes au début j’en voulais cinq en me disant comme les cinq dos de la main mais en production on m’a dit que CIT pas une justification valable voilà donc qure interprète que j’ai recruté sur Facebook parce que je suis une com on dit ça une boommeuse et euh voilà ça c’est l’ illustration de maabomerie c’est mon 3310 euh voilà où j’ai dit qui veut qui veut qui est à l’aise pour parler de soi et de sueur sans sperme serérumaine licorne vomi adolescence acné enfin bon j’ai fait comme ça une liste j’ai dit les dates de répétition et après j’ai reçu une soixantaine de demandes et puis on on a fait une journée ensemble à essayer des trucs et puis après j’en ai choisi trois puis zakarie je l’ai rencontré c’est un autre comédien que j’ai rencontré qui est dans le spectacle que j’ai rencontré dans un festival à Bordeaux voilà donc ils sont quatre et en fait je leur ai transmis mes outils tout ce que j’avais essayé de construire ces dernières années sur comment faire un peu de théâtre un peu perf bah je leur ai transmis céit un peu bordélique mais on s’est bien marré ils ont pas toujours compris où je voulais aller évidemment puisqueen plus déjà mon dossier tenait en en très peu de lignes et donc on a fait beaucoup d’impro beaucoup de trucs comme ça et puis puis voilà c’est c’est beaucoup c’est beaucoup eux et moi mais c’est beaucoup ce qu’on voit c’est enfin ce que vous verrez c’est beaucoup ouais une sorte de transmission pour que soit émanciper fort au plateau à raconter leurs histoires et en faire une matière euh partageable aussi voilà il se il s c’est pour moi c’est vraiment un rapport presque d’autopsie il s’ouvre il s’ouvre sur scène et il laisse voir il il se laisse passer à travers donc voilà c’est je sais pas c’est bien déjà encore c’est pas mal hein voilà en tout cas vous retrouverez du coup Zacharie Mo Shara et Anthony quatre quatre grandes personnes ok merci Ben de toute façon on aura l’occasion de vous aurez l’occasion de poser des questions tu aura peut-être l’occasion de compléter continuer à expliquer ou ou ou pas expliquer si tu veux pas trop en dire mais voilà on verra sup un peu quoi mais je je peux raconter plus mais je je maîtrise pas j’ai j’ai peur de parler trop longtemps je suis une scorpion je je je suis très intense quand je pars et du coup j’essaie de me maîtriser oui de toute façon on a encore on a encore toute la matinée donc il y a pas de il y a pas de problème bien euh ben merci beaucoup euh on va peut-être donner tout de suite la parole à à berérenis est-ce que tu prends le micro de Rebecca exemple merci de me prêter le micro euh ouais alors euh hein non mais en fait quand Elisabeth m’a proposé de de de faire le le séminaire j’ai dit oui parce que en fait moi je suis le travail de Rebecca je je suis avec le travail de je le suis comme ça et je la suis et je suis avec enfin je sais pas comment dire en tout cas c’est c’est c’est voilà depuis depuis longtemps mais du coup c’est vrai que c’est toujours un enfin c’est d’ailleurs je crois que c’est la première fois qu’on est dans cette configuration là euh donc donc c’est inédit pour moi aussi parce qu’il y a pas beaucoup d’artistes que j’aime beaucoup comme ça euh mais que j’aime beaucoup enfin du coup ouais peut-être je peux commencer par un alors dire en deux mots moi je suis donc effectivement prof à l’Université en études théâtrale et ça fait hyper longtemps que je travaille sur moi j’aime bien je peut-être je pourrais faire une analyse peutêtre c’est parce que je suis trop à son scorpion je sais pas je pour sur mon t c’est vrai mais oui voilà donc en fait c’est ça c’est ça c’est pour ça que je la suis c’est c’est voilà c’est un truc bon bref euh non mais du coup moi je travaille vraiment sur les tensions entre les rapports de domination et les processus d’émancipation euh j’ai fait une psychanalyse longtemps donc je sais d’où ça vient tout ça mais en fait non mais les points aveugles la question de et non mais parce que le théâtre public c’est donc moi je travaille vraiment que sur ça et ça n’est que ça c’est-à-dire que en fait c’est que des gens qui sont plein de bonne volonté euh qui veulent dénoncer ce qui va mal dans la société qui ont aussi parfois un petit Go complexe hein de penser qu’ils vont sauver le monde et tout ça et en même temps ben moi j’ai j’ai commencé en à m’intéresser à ce secteur là parce que j ai été comédienne et en fait j’y ai suffoqué j’ai trouvé ça irrespirable quand j’avais 20 ans j’en ai 46 et demi maintenant et j’ai trouvé ça vraiment euh ouais invivable quoi et donc je après j’ai fait enfin je je par ailleurs j’ai j’avais fait beaucoup de sport donc je suis passée dans le cirque que j’ai trouvé beaucoup plus respirable à plein d’endroits euh mais quand même en fait aussi assez irrespirable et irrespirable sur la question du sexisme sur la question de mais aussi sur la question du statut des interprètes moi je suis vraiment venue à ce dans ce enfin voilà pour le jeu pour être en scène être sur scène être et en fait c’était insupportable à vivre enfin vraiment je trouvais que il y avait une violence des rapports de domination alors évidemment quand on est femmees bien sûr mais mais pas que en fait il est vraiment sur le la condition de l’interprète je voilà donc je ce monde là m’a vraiment à la fois fasciné et en même temps je me suis vraiment dit que j’allais laisser ma peau si je si je restais là et et puis aussi parce quefin en même temps je trouve qu’il y a des valeurs qui sont super intéressantes moi aussi je pense que j’ai commencé quand j’ai enfin j’ai vraiment eu un héritage de parents immigrés très très on a on adore la France on adore les valeurs républicaines on adore et on voit pas du tout enfin on croit dans la méritocratie on voit pas du tout tous les points aveugles et cetera et voilà du coup moi cette question là des tensions entre les rapports de domination et puis des processus d’émancipation le fait de vraiment vouloir encore une fois bien faire les choses et tout ça et le théâtre public c’est c’est c’est open Mar quoi pour ça c’est vraiment c’est un terrain d’exploration mais infini quoi et euh et donc j’ai beaucoup enfin voilà et puis je travaille que sur ça à la fois dans les œuvres comment bah voilà comment la question des stéréotypes et c’est pour ça la rencontre enfin pour moi l’œuvre de Rebecca me fait du bien comme spectatrice et où je la recommande aux étudiants et où je trouve que ça B voilà pour moi les œuvres elles ont un énorme ça par contre ça m’a aussi formé construite et déformé aussi mais enfants moi j’ai passé ma vie dans les livres et surtout dans la télé à regarder des des séries des films des enfin c’est vraiment ça a été ma mon ouverture au monde donc je sais comment ça ça modèle eu à l’adolescence mais aussi quand on est enfant et tout ça enfin moi vraiment ça a été des points de repère euh surtout quoi sur les relation sur la société sur et donc c’est important et ça compte et euh c’est c’est kata quoi enfin c’est donc moi je travaille sur les des questions de discrim depuis plusieurs années mais après l’avoir beaucoup euh mis à distance mais maintenant je travaille vraiment essentiellement après avoir beaucoup travailler sur les questions d’inégalité sociale sur les questions d’inégalité de genre et d’inégalité euh de l au racisme discrimination raciale mais aussi vraiment il faut le dire au racisme et comment tout ça s’interpénètre et comment aussi bah c’est compliqué de tenir ensemble tous ces combats et comment aussi on est tous et toutes pétries quoi qu’on dise quoi qu’on veuille par défaut on est tous sexiste raciste euh et et classiste euh parce que on a encore ces schémas qui sont hyper intériorisés et on a des conflits de valeur interne à l’échelle individuelle mais aussi à l’échelle l’ensemble de la société je pense que j’ai pas besoin de l’actualité j’ai pas trop besoin de de développer euh et voilà et du coup et et je trouve que le le le spectacle vivant c’est une sphère ben passionnante pour toutes ces contradictions là aujourd’hui les contradictions du modèle républiquain du modèle universaliste euh et il y a à la fois des questions hyper spécifiques mais en fait souvent les questions spécifiques c’est des questions qui sont euh une sorte de concentré de comment ell se pose ailleurs par exemple la question de euh séparer l’œuvre de l’artiste bon bah c’est une il y a effectivement une logique de l’excuse spécifique aux artistes enfin mais il bénéficie vraiment des circonstances atténuantes plus plus plus parce que c’est des hommes de pouvoir parce que c’est des grands hommes et aussi parce que les artistes c’est des êtres à parts et que donc ils auraient le droit de faire ce que tout le monde aurait envie de pouvoir enfin ce que tous les personnes dominantes auraient envie de pouvoir transgresser mais la société le leur autorise pas autant quoi et donc et sur les questions de de de discrimination raciale c’est pareil en fait il y a des discriminations dans le spectacle vivant dans les milieux du cinéma enfin tous ces milieux qui sont des milieux qui à la fois se pensent encore une fois comme un peu à part et en même temps bah font modèle aussi parce que ils produisent les représentations qui quand même nourrissent les modèles dans lesquels on soit on s’élève soit on croupie aussi un petit peu parfis euh voilà du coup euh moi c’est je travaille sur ça à la fois du côté des euh l’aspect plus socio-économique c’est-à-dire bah par exemple des questions qui peuvent paraître très ouais la distribution des subventions comment on partage enfin qui qui a de l’argent pour créer qui n’en a pas parce qu’en fait ben en fonction de ça on va faire une grande œuvre où on va faire un truc qui va être considéré comme médiocre euh mais aussi les questions de distribution au plateau pourquoi est-ce que pourquoi est-ce qu’il y a pas de de il y a pas beaucoup d’œuvres de d’artistes de femmes ou personnes sexisées qui sont que ça soit à la mise en scène ou que ce soit euh comme auteur et comme autrice plutôt euh mais aussi dans les spectacles pourquoi est-ce que si on est non blanc on va pas être distribué dans des rôles transparents mais en fait implicitement blanc et réciproquement en fait voilà toutes ces questionslà et évidemment c’est des questions socio-économiques mais là j’ai pris exprès des exemples qui montrent que c’est aussi vraiment des questions esthétiques euh parce que c’est aussi ça qui fait que euh bah effectivement euh si vous mettez encore aujourd’hui euh j’en sais rien agè dans L’École des femmes et que agès est noire et ben il y aura des commentaires sur le fait que agè a la poau noire parce qu’on n’ pas l’habitude en fait une fois quand tout le monde aura vu 15 spectacles dans sa vie où c’est neutralisé bah ça sera plus un sujet donc en fait comment on éduque aussi les regards comment on éduque les sensibilités par les spectacles par les films et par les séries et ça c’est c’est vrai que je dois avouer que globalement moi ça fait un moment que je j’ai c’est pas que j’ai complètement perdu la foi sur le spectacle vivant mais en tout cas je trouve que enfin moi c’est plus dans les films et dans les séries donc j’ai aussi pas mal changé d’objet d’étude en tout cas diversifié parce que j’en vois pas j’en vois pas beaucoup dans le spectacle vivant en France en tout cas qui bah qui qui ouais on a à la fois besoin que ça soit un reflet le le spectacle vivant mais ce qu’on va voir sur enfin voilà quand on voit des œuvres mais on a aussi besoin que ça soit un peu de la préfiguration d’ d’un autre monde quoi ou ou même carrément une utopie ou enfin voilà et et pour moi les spectacles que tu fais bah c’est ça et sur tous les sujets en fait et je pense que c’est aussi ça moi que j’aime vraiment beaucoup c’est c’est que bah justement c’est c’est les questions de sexisme c’est les questions de racisme c’est les questions de violence de genre mais c’est aussi la question de l’exploitation écon omique enfin c’est tout ça qui est pris ensemble et qui est pas isolé et en fait c’est que des questions esthétiques ça aboutit que à des questions esthétiques sur euh enfin bah je vais prendre une enfin pour moi une une image qui a enfin je peux pas dire qu’elle a changé ma vie mais elle postériori elle est venue mettre des mots enfin dans dans Carte Noire il y a une scène où il y a deux femmes effectivement noires volumineuses euh qui s’en lassent euh et qui sont mais magnifiques et en fait on n’a pas appris à érotiser on a appris à exploiter ces images là à à on a appris enfin je raconte pas tout le trajet qui mène à ça mais en fait c’est des corps qu’on a vu comme des corps exploités au début du spectacle et comme des corps qui sont dans le soin mais en fait qui sont obligés d’être dans le soin en un sens et là qui enfin sont dans le soin bah pour elle entre elles quoi et ça fait du bien aussi de un soin qui sort de l’exploitation bah parce que que ce soit nous nous que ce soit enfin toutes les professions qui sont vraiment dans lesquelles on cantonne beaucoup les femmes racisées nounou êt soignante enfin c’est des métiers du soin mais du coup c’est des métiers qui les détruisent donc c’est un soin un peu elle donne du soin mais elle ça produit de la destruction y compris physique enfin bon il y a plein de troubles musculoscolétiques qui sont liés enfin bon bref et donc on a ça commence par là le spectacle commence par là et puis après il l’emmène ailleurs et en fait il nous emmène à un endroit où bah oui qui nous apprend aussi à à désirer autrement et à voir de la beauté là où on n pas appris à l’avoir parce qu’en fait bah oui être quoi que vous en fait quoi qu’on voit sur scène ou quoi qu’on voit sur les dans les affiches enfin c’est le fait que ce soit mis là qui fait que c’est rendu désirable euh après que il s’agisse d’une femme hyper maigre avec des gros seins ou hyper charnue ou grande ou minuscule ou enfin en fait ce qui fait que c’est rendu désirable c’est le piédestal sur lequel on le met et bah ouais pour moi ça c’est un potentiel pour le coup je reste hyper naïf je pense sur ça je crois vraiment que les œuvres et que les ce qu’on nous apprend à désirer ça ça ça ouais ça un flux en profondeur sur sur qui on est sur comment on se construit comment on construit ses relations aux autres et tout ça et et je pense aussi et c’est mon autre endroit de d’espoir naïf mais que je veux conserver que il y a une vraie plasticité et que en fait il y a pas d’âge et que pour transformer ça euh c’est ce qui fait que moi je garde quand même un certain espoir que quel que soit l’âge des spectateuristes qui viennent voir bah ça ça ça ça peut changer après une image une une fois toute seule un spectacle une fois tout seu non mais et du coup c’est vrai que moi je crois que je choisis maintenant un de m’entourer d’œuvres euh de spectacle pas beaucoup mais du coup bien choisi euh mais par exemple aussi de séries enfin moi je sais qu’en ce moment je je je regarde euh euh des séries avec ma fille qui a 13 ans et et demi euh et qui sont des séries que moi j’ai jamais vu enfin évidemment elles existaient pas à mon époque quoi mais bah pour moi le spectacle plutôt vomir que faillir c’est vraiment comme sex education comme alors c’est plus léger que 1 reasons why et ça c’est sympa parce que ma ma fille elle est fan de 13 reasons why et c’est enfin moi je l’avais vu toute seule et tout je voulais pas qu’elle le voit et bon bref c’est une série sur le suicide le le cyberhcèlement enfin c’est c’est un chefdœuvre c’est vraiment génial et tout mais c’est légèrement Glo que comme comme fin de journée pour se se délasser et justement je trouve que ça aussi c’est un équilibre qui a dans tes spectacles non mais parce qu’il y a toujours la poésie il y a toujours la beauté il y a toujours le la drôlerie aussi enfin le comique qui fait du bien quoi et voilà et non mais pour moi c’est vraiment un une continuité je sais pas comment dire en tout cas dans mon expérience de spectatrice il y a un grand mouvement en ce moment pas beaucoup dans le spectacle vivant mais en fais partie mais par contre beaucoup dans les productions culturelles et je sais que vous êtes un master de développement culturel donc pour ça aussi je dis c’est pas que dans la culture mais beaucoup dans la culture mainstream malheureusement faut le reconnaître beaucoup sur les vilaines plateformes du néolibéralisme mais qui produisent non mais enfin non mais l’adolescence que qu’on aur eu quoi enfin non mais si enfin ouais voilà et donc bah ouais merci je voulais rebondir sur un truc que tu disais berénis où il y un moment où je me suis dit bon alors est-ce que je monte justement amelette avec une femme enfin voilà amelette avec une femme noire ou est-ce que je reprends des classiques est-ce que je l’ai juste je l’ai je l’ai négrifie non enfin en tout cas je l’ai racise je sais pas comment dire ça ou je l’ cuirise ou je sais pas enfin en tout cas est-ce que je m’approprie le répertoire et et en fait je me suis dit que il manquait aussi d’écris d’écrire nos histoires et nos dramaturgie et nos manièrees de faire spectacle et pendant tout un temps justement on me disait mais Rebecca tu parles parle de tous les sujets en même temps tu peux pas parler d’homophobie et de fait d’être vieille et du fait d’être handicapé du fait bah en même temps dans la vie des fois tu es tout en même temps en fait et puis tu es entouré de gens qui ont plusieurs trucs tu pas genre tu choisis là là je me fais que harceler mais en même temps enfin bon bref enfin c’était et et donc ça céit un truc et l’autre truc c’est c’était pas tout aussi c’est un gros truc que j’apprends toujours he je me prends des tarte dans la gueule et c’est pas c’est voilà c’est c’est bien de travailler sur ces sujets là avec des personnes concernées mais en fait comment dire il y a pas ce qui compte c’est pas que ce qu’on voit sur scène c’est aussi tout le travail qui est mis en place derrière tout ce que ça veut dire de travailler avec des personnes qui viennent parler de sujets qui de qui les concernent mais qui parle de violence qu’elles ont reçu et de mettre ça en scène de mettre ça en scène ou de ou de vouloir dénoncer le racisme ou le sexisme et de et de comment en fait toi-même en tant que metteur en scène ou en tant que personne qui mène des projets bah il faut aussi que tu [ __ ] travaille à fond sur ces sujets là et c’est pas parce que moi je suis noire ou lesbien que je suis que j’ai pas de de de manière de de les regarder de les faire travailler qu’il soit pas sexiste ou pas cuirfobe ou voilà et en plus même sur carte noir justement sur la question du colorisme sur le fait que ben moi je suis martiniica je suis voilà je sais pas si je suis enfin je suis pas très clairire et je suis pas trop foncé enfin tu vois je suis un peu au milieu comme ça mais il y a des filles plus foncé dans l’équipe il y a des filles beaucoup plus et du coup on sent qu’il y a aussi des rapports de domination qui se jouent là quand tu es métis et quand tu es voilà quand tu es métis quand tu es antillaise ou carabbéenne et que tu es d’origine africaine ou que tu as grandi là-bas et tu arrives en France bon il y a différents rapports qui se jouent et des et justement les les questions elles se croisent énormément des questions de classe sociale des questions d’éducation des questions de trauma enfin bon et plein de choses se croisent et du coup il s’agit pas juste d’être une femme noire qui qui fait travailler des des personnes noires et il s’agissait aussi de comprendre comment on allait fonctionner j’enne un exemple à la con bah on est beaucoup à être phobique de l’administration donc en fait il une fois qu’on a commencé à jouer et tout on s’est rendu compte que les filles elles déclaraient pas leur cachet qu’ ell comprenaient pas enfin c’est pas qu’elle comprenait pas c’est qu’on était beaucoup à avoir une phobie administrative parce que ben je pense qu’on la sent de nos parents qui ont qui sont pas tous qui sont carrément pas propriétaires de leur maison qui ont pas forcément on est beaucoup à être à être interprète aujourd’hui ou être dans des disciplines de performan ou de cirque ou quoi mais sans être passé par les formations euh par les ouais par les grandes écoles on séant formé comme ça toujours par des chemins de traverse mais aussi parce qu’en fait ça parle de nos origines et de comment nos parents ont pu nous transmettre ou pas et et du coup ben ça c’était un truc à prendre en compte de manière très claire si on voulait pouvoir travailler ensemble il allait falloir prendre du temps sur du soin aussi hors du spectacle et sur ouais se se transmettre les outils lire ensemble partager ensemble parce que en fait sinon on n’est pas très équipé voilà et donc c’est tout cette cétait je sais pas jepp j’app j’appelais ça presque une sorte de de dramaturgie de la mise en scène enfin de je sais pas dramaturgie politique de comment tu mets en scène ton truc c’est inventer les règles les protocoles l’écriture de comment tu tu travailles ce genre de spectacle voilà pour que ce soit pas politique que dans le résultat quoi mais aussi dans ce qui se passe en dehors et bon c’est hyper dur parce qu’en fait justement aussi bah tu disais on n pas on on n pas 150 mus en scène J on n’est pas 150 mus en scène enfin alors on est 150 mais on n pas 150 visible accessible on est beaucoup mise en en concurrence ou beaucoup je sais pas comment dire exceptionnalisé donc c’est bon il y a une ou deux femmes dans ce festival et on nous invite pas forcément à à à parler entre nous pour vérifier nos salaires ou pour pour savoir comment ça s’est passé pour nous d’arriver là et alors après quand on rajoute les questions raciales ou les questions trans ou les questions en cuir en tout cas et tout bah alors là on se réduit et on se rend compte de comment voilà de comment les les les de comment ces violences là se répercutent quand bien même on est à la fiche et quand bien même voilà parce qu’on est tout seul ou toute seule et donc du coup B voilà ça crée des choses un peu folles comme bah des burnout parce que du coup on est hyper sollicité ou des des trucs où on sait pas comment gérer et et voilà je REP ça parce que hier soir j’étais parti voir Lauren Marx qui est une personne trans non binaire qui joue là au théâre Paris-Villette et qui joue un SP qui s’appelle pour un temps soit peu autour de ces questions là et où pendant tout un temps je la voyais tourner dans tourn mais être produite par un théâtre privé qui lui qui l’a payé très peu et qui la faisait beaucoup beaucoup beaucoup enfin elle récupérait très peu d’argent de ce truc où où elle parle de sa vie et donc coup c’était presque une se faire exploiter pour parler de sa vie et donc j’étais là mais il faut absolument que tu quittes il faut absolument que tu trouves un bureau de production qui s’occupe de toi tu mérites là vu ce que tu vas faire comme tournée tu mérites qu’on prenne soin de toi et que en fait que tu sois payé genre bah un vrai cachet pas genre de truc bon voilà c’est des trucs comme ça de on est obligé d’aller fabriquer de l’entraide sinon quand tu es tout seul à ta posture quand tu es le [ __ ] iranien la Guine martiniqueise la meuf TR du Sud-Ouest bon ben c’est con mais voilà là où c’est un système comme tout plein de systèmes où où il y a des Boys Club où il y a des des gens qui qui héritent comme ça de enfin qui héritent ouais de de de tout le réseau ou de toutes les connaissances ou de donc c’est c’est aussi une lutte euh hors scène quoi donner un un autre exemple parce que euh enfin là c’est peut-être plus comme vous êtes étudiant étudiante en formation mais pour vous donner un exemple du moment dans lequel on est dans le dans le spectacle le vivant subventionné euh donc moi je travaille sur ces questionsl je remarque avec quand même moi j’ai fait une enquête aussi sur les dispositifs de sélection les dispositifs et acteteris de la sélection donc ça veut dire en gros les subventionneurs les pouvoirs publics qui donnent de l’argent aux projets aux artistes et les programmateuris euh j’ai commencé cette enquête en 2011 je l’ai fini en 2017 bon il y a eu euh et euh et j’avais arrêté en fait de de de je l’ai même pas fini de l’exploiter et tout ça parce que il y avait une énorme hostilité euh des alors pas des subventionneurs parce qu’en fait les pouvoirs publics ils ont une obligation maintenant avec la réforme générale des politiques publiques ils ont une obligation de se euh de de de faire une espèce d’autocritique intégrée donc bon voilà donc eux c’était plutôt accepté par contre programmateuris autant il y avait une une écoute un besoin une réception hyper euh enfin ça leur pas pas positive au sens où il trouvaient que c’était génial mais où ça correspond à un besoin côté compagnie par contre les programmatoristes étaient vraiment dans l’hostilité euh explicite quoi ENF voilà c’était euh donc j’ai arrêté bon et après il y a eu le covid et en fait depuis le covid j’ai été beaucoup sollicité sur cette enquête donc le moment pour moi depuis 2022 21 22 euh les les les programmateurises les directeurises de festival les lieux les les organismes professionnels type syndéac et autres euh commence pas que pour des bonnes raisons hein mais parce que en gros ils savent qu’ils sont en train de se prendre un mur un mur qui a jamais eu je je fais beaucoup d’entretiens et tout ça aussi avec ces personneslà euh ça fait plusieurs années que j’entends pas mal de gens qui sont ils sont calmes puis ils ont 50 60 ans enfin ils en ont vu du passé des crises et tout ça qui disent bon ben en fait d’ici 5 ans 10 ans Max tout le système tel qu’il existe depuis 1945 n’existera plus donc moment propice à la remise en question euh on sait pas l’avenir n’est pas t rose mais par contre du coup il y a une posture collective de de ce groupe d’acteurs sociaux qui a changé et qui est vraiment plus à la remise en question plus bah il y a ce qui se passe ailleurs dans les autres univers artistiques à l’étranger même à Hollywood plus dans monde du cinéma avec le collectif 5050 le spectacle vivant est quand même conscient qu’ils sont un petit peu à la traain donc ils font des efforts franchement euh et sur les questions de genre et bon aussi parce qu’ils sont obligés hein sur les questions de violence sexiste et sexuelle notamment c’est pas de guêé de cœur mais ils sont obligés il y a des nouvelles normes qui se mettent en place ils sont obligés de les appliquer qu’ils le veuillent ou non mais même un peu maintenant sur les questions de discrimination raciale où c’était vraiment très très très touchy où il y avait une vraiment c’était encore plus brandi la question de la liberté de de création mais côté des programmateurs comme s’il y avait une liberté de programmation qui était protégé par la loi ce qui est pas le cas euh et puis surtout les programmateuristes ont passe leur temps en fait à à à jongler avec toute une série de contraintes le nombre de bah justement tu disais les classiques versus les contemporains les jeunes publics et cetera mais par contre prendre en compte le critère de l’égalité de genre ou de la discrimination raciale là c’était antirépublicain c’était enti liberté de création et cetera ça c’est quand même un petit peu en train de changer et donc ça fait de 2 3 ans que bah il y a énormément de discussions qui s’ouvrent d’espace de de débat d’espace de réflexion et cetera mais bah je vous donne un exemple parce que j’ai appris ça hier parce que j’ai parlé avec un une personne qui est artiste non binaire qui qui qui est dans le milieu de la danse et que j’ai rencontré à une conférence que j’ai donné à ClermontFerrand en novembre euh donc c’était une conférence sur les rapports de domination et sur les devant un parterre de programmateuris et quelques AR artiste qui était d’ailleurs sélectionné c’était assez bizarre c’était sur les questions de sélection aussi mais en même temps c’était un dispositif de sélection le le contexte global dans lequel il y avait la conférence bon mais ça ça arrive hein les les les les contradictions performatives c’est souvent euh mais ça à la rigueur c’est ok il y avait un espace de réflexion collective et cetera par contre la personne que j’ai croisé totalement par hasard hier m’a dit mais en fait tu sais qu’à l’issue de ta conférence il y a un programmateur qui est venu euh nous voir avec le le l’autre personne danseuse qui était avec lui et en fait qui lui a fait ça tout de haut en bas en passant par le sexe euh en lui disant mon grand tu es trop beau euh on on sortait de la conférence et la personne avait applaudi avait compris enfin voilà donc on en est là on on on en est là c’étaitun cadre publicque c’est un cadre professionnel c’est un cadre public enfin et ça ça dit euh bah que la personne d’abord pense que c’est possible de faire ça euh tout cours que c’est possible de faire ça devant du du du public que c’est possible de faire ça dans un contexte professionnel et par ailleurs la personne vraiment a applaudi et donc en fait ne voit pas le rapport entre son comportement et tout ce dont il était question dans la dans la conférence qui était pas les dominations en général hein c’était dans les rapports entre les artistes sélectionnés et les personnes qui les sélectionnent voilà donc voilà je pense ça résume à peu près où on en est non mais c’est vrai ociation bon c’est un choix ça non c’est plutôt un un un un clivage typique des personnes qui agressent hein finalement ben euh merci beaucoup moi je propose qu’on fasse une toute petite pause toute petite pause voilà 5 minutes euh et puis comme ça on aura le temps de d’écouter Natacha et puis surtout de bah de d’ouvrir le débat continuer la conversation voilà bah donc euh rendez-vous dans voilà une toute petite pause c’est bon pour tout le monde donc on va on va recommencer et donc c’est Natacha qui va prendre la la parole et qui va se présenter présenter ses ses travaux et comment ça risonne avec les ce qu’on a pu entendre et puis la pièce de ce soir bah merci beaucoup alors par avance je m’excuse parce que en fait j’ai fait un truc un petit peu formel je savais pas trop euh sur quel pied danser aujourd’hui et du coup j’ai prévu un truc qui va paraître assez scolaire euh donc je vais peut-être sauter des slides pour euh improviser et faire semblant que c’est vivant mais la trame ne l’est pas d’accord la trame est figée euh alors au départ peut-être vous dire que moi je suis géographe euh donc en fait mes centre d’intérêt touche surtout au rapport à l’espace à l’appropriation de l’espace euh au corps dans l’espace et j’ai soutenu ma thèse l’année dernière du coup sur les espaces de pratique de la danse donc je suis pas ici du tout en tant que enfin en tant que spectatrice oui mais pas en tant que spécialiste du théâtre et des arts vivants de manière générale mais plutôt en tant que chercheuse qui a réfléchi sur à un moment comment les corps et notamment les corps adolescents se positionnent pour s’approprier un espace en fonction des pratiques artistique et culturel alors ma thèse je l’ai réalisé sur une pratique de danse sing hier la danse classique euh et donc j’aimerais introduire un petit peu mon propos avec ces deux affiches là que vous avez à savoir l’affiche d’un film qui s’intitule Néné superstar qui est sorti il y a 1 an et demi et l’affiche de la série l’Opéra qui a été produite par OCS et Canal plus puisque ces deux productions traitent de la pratique de la danse classique et repose c’est leur lien sur un personnage féminin racisé qui est introduit à cet univers et qui donc évolue dans des espaces d’entre soi blancs donc ce sont deux œuvres qui questionnent aussi le rapport à la blanchité de l’univers de la danse classique le passage et la transition de l’adolescence à l’âge adulte le personnage de Néné dans Néné Superstar est une adolescente elle a à peine 14 ans et le personnage de Flora dans l’opéra va vers la majorité donc quitte l’adolescence pour essayer de rentrer dans l’âge adulte et renvoyer à tout un système de norm de code euh à un racisme structurel dans les grandes institutions parisiennes et du coup je trouvais que c’était une bonne manière de questionner un petit peu aussi nos représentations nos imaginaires autour de ces pratiques et la place des corps adolescents dans ces pratiques alors pourquoi je suis parti euh en thèse sur la pratique de la danse classique euh je pense que ça tient à une positionnalité très nette qui est que enfant j’ai pratiqué ce style de danse que la majorité de mes copines pratiquer ce style de danse que j’ai également grandi à Montreuil et que je me rendais très bien compte qu’il avait une un changement entre les copines que j’avais à l’école montreyoise et les filles avec qui j’étais en cours au conservatoire de monreuil et du coup ça va beaucoup raisonner aussi avec ce que tu disais tout à l’heure sur ton expérience peut-être du Conservatoire parce que en fait le conservatoire est un espace institutionnel d’apprentissage d’une pratique artistique hein donc en conservatoire on apprend la musique la danse ou le théâtre mais c’est une transmission qui est normée qui est très codifiée avec des passage d’année en année qui se font par examen donc aussi des structures qui reposent un petit peu sur le même fonctionnement que l’institution scolaire et où les rapports de classe d’âge puisqu’on a un public jeune et de race et de genre pour la danse classique j’y reviendrai beaucoup sont omniprésent la danse classique pourquoi elle a cette puissance institutionnelle en France et et qu’elle a aussi cette puissance d’imaginaire qu’elle est véhiculée dans une un nombre incalculable de films de séries de romans de bande dessiné euh c’est que c’est la pu enfin c’est la la danse du pouvoir c’est la danse qui a été codifiée sous la royauté de le XIV avec des positions les cinq positions donc vous voyez Martine là qui est en train de les réaliser qui ont été extrêmement formalisées transmis aux petites filles et en fait tout ça se retrouve aussi dans le crédit qui accordé à ces institutions à leur euh leur réputation d’excellence euh à la normalisation de la compétition euh et donc tout ça se retrouve dans cet univers qui fait fantasmer beaucoup de gens qui est dénoncé par beaucoup d’autres et finalement la question se pose de bah quand on est dans cet univers et qu’on est adolescent ou adolescente ou qu’on veut se professionnaliser dans cet univers bah qu’est-ce qu’on en retire qu’est-ce qu’on en retient alors euh au moment de commencer ma thèse euh c’est s aussi posé la question comme je suis en géographie des lieux que j’allais enquêter du rapport à l’espace central qui allait m’interroger et en fait plus j’avançais dans ma pratique en tant que amatrice mais aussi en tant que jeune chercheuse plus je me rendais compte qu’on partait du principe que j’allais travailler sur l’Opéra de Paris quoi c’était c’était normal ça c’était une adéquation quoi danse classique égale Opéra de Paris égal espace centraux or moi dans mon expérience personnelle dans l’expérience de mes copines à l’époque et cetera je voyais qu’il y avait plein de d’espaces d’apprentissage de la danse mais qui était pas dans les centralités qui était en petite couronne en grande couronne qui était en fait en France de manière générale extrêmement dispersée c’est une danse qui est si puissante qu’elle peut être enseignée à l’école de l’Opéra de Paris mais aussi dans une MJC dans la périphérie de Limoge he donc on est sur un style qui s’est diffusé avec beaucoup de puissance eu et pourtant toutes les représentations associées à la danse euh et la banlieu et benah c’était toujours sur le décalage avec la danse classique c’était plutôt sur des pratiques comme le hip-hop comme le Crump mais en tout cas la danse classique semblait toujours être déplacée localement dans les communes de banlieu et notamment dans les commune de banlieu populaire euh là c’est la la géographe qui revient mais évidemment faut déconstruire ce vocable englobant de banlieu qui en fait ne veut rien dire si ce n’est qu’il stigmatise à chaque fois des territoires et et leurs habitants et du coup ma thèse elle repose vraiment là-dessus en fait sur la rencontre de ses imaginaires et sur les réalités auxquelles elle s’oppos euh les récits qui font que les jeunes filles ou les petites filles sont poussées à pratiquer la danse classique ou parfois ont envie de le faire et donc on rejoint un petit peu sur ce que tu disais berérénis plutôt sur cette tension entre domination et émancipation qui moi aussi est au cœur de mon travail puisque comment démêler ce qui est projeté par les parents ce qui est projeté par tout un raciste et un sexisme structurel sur la place du corps féminin et ce qui se construit par les volontés individuelles et adolescentes à cette époque là une autre chose aussi qui m’a poussé à prendre ce terrain en banlu parisienne c’est la place des équipements dédiés enfin dont les filles en fait ont la l’appropriation il y a eu beaucoup de travaux ces dernières années sur ce qu’on appelle donc en urbanisme aussi le gender budgeting c’est-à-dire les fonds qui sont allouer plus ou moins aux femmes ou aux hommes dans les dépenses d’équipement et dans les dépenses d’investissement des collectivités et en fait il y a beaucoup de chercheurs mais surtout des chercheuses qui ont montré que la majorité des dépenses liées au sport liées aux loisirs par les collectivités elles étaient en fait dédiées à des pratiques dont c’était surtout les garçons qui bénéficiaient et que finalement les filles elles étaient représenté dans enfin sur représenté dans une minorité d’activités dont la danse qui coûtait souvent moins cher en fait aux collectivités à financer donc il y avait aussi cet intérêt de ma part de voir bah finalement le prisme le prisme genre il est important et quand on est une adolescente qui grandit dans différentes commune de la B parisienne bah où est-ce qu’on va si on veut pratiquer la danse quel accès à la pratique on a comment cette pratique elle est subventionnée ou pas sans rentrer encore une fois dans les jeux de de domination entre les dans he parce que ça donc je voulais un peu dire en intro mais évidemment toutes les danses sont pas les mêmes subventions toutes les danses sont pas perçues de la même manière toutes les danses n’ont pas la même place et la reconnaissance la même légitimité dans la transmission la danse classique m’intéressait surtout parce que donc il y a ce prisme genre cette ce poids de dans la socialisation des des petites filles et du coup quelques chiffres aussi peut-être pour pour vous illustrer ça euh au collège il existe de plus en plus depuis les années 90 des clubs de danse en fait qui sont subventionnés soit par les établissements soit par les fédérations de danse euh ces clubs sont composés à 85 % de chiffres enfin de filles pardon ça c’est les les les derniers chiffres mais en plus ça lisse aussi les effets un petit peu de style parce que les clubs de Hipop par contre sont euh plus animés par les garçons que les clubs d’autres styles de danse euh on estime qu’il y a 85 % de filles en fait euh enfin parmi les gens qui pratiquent de la danse il y a 85 % de filles euh donc les filles sont aussi surreésentés ça crée des espaces d’homogamie féminine mais pourtant c’est toujours le masculin qui l’emporte aussi dans plein de choses dans la programmation des chorégraphes là il y a pas mal de chercheuses aussi qui on travaill là-dessus qu’ on montr que par exemple à l’Opéra de Paris sur la saison donc là j’ai les chiffres de la saison 2018-209 en têre il y avait que quatre femmes sur une trentaine de de spectacles qui avaient été programmés euh donc la la visibilité des chorégraphes elle est bien plus faible alors que les femmes sont beaucoup plus nombreuses dans cet univers donc ça pose aussi des questions bah d’étéronormativité de puissance féminine ou pas de visibilité de ces travaux-là et cetera eu donc ma thèse pour vous expliquer un peu comment j’ai procédé je me suis vraiment interrogé sur la place de ces jeunes femmes de banlieu qui pratiquent la danse donc elles ont toutes les les les filles que j’ai enquêté entre 10 12 et 25 ans euh j’ai réalisé 76 entretiens en fait et en fait ces entretiens m’ont conduit aussi à interrogé bah leurs parents euh pour pouvoir un peu cerner leur profil familial cerner aussi les enjeux de classe qui se jouent au sein de certaines familles dans la pratique ou non de cette activité euh j’ai interrogé aussi les professeurs de danse de plusieurs conservatoires j’ai en fait réalisé une enquête de terrain dans 12 communes de la petite couronne parisienne avec à chaque fois quatre conservatoires par département donc dans le valde Marne euh dans les hautes scènes et en scène Saint-Denis avec des profils de communes à chaque fois euh très variés pour essayer d’avoir un enfin de comparer en fait euh la sociologie des pratiquantes au Conservatoire avec la sociologie de la commune de manière générale et du coup bah euh c’était c’était assez parlant euh puisqu’on a à la fois des communes plutôt Cau hein je pense à à saint-mort ici les Moulineau euh Boulogne et Anthony euh des communes en géographie qu’on dit plus gentrifié ou mixte comme cheville la rue Neil surmarne et pavillon sous-bois et des communes identifiées comme des des communes de banlieu populaires notamment Pierre fitursen créteille et jeun Villier alors dans le temps qui me reste je vous proposais enfin je me demandais si on pouvait pas réfléchir ensemble sur bah finalement quand on est ADS comment on on négocie avec cet espace qui est le Conservatoire qu’on nous l’ imposé soit par nos parents soit qu’on a eu envie de de se l’approprier et donc j’avais préparé un truc voilà un peu scolaire j’avoue avec une première réflexion sur bah le contrôle parental autour du conservatoire et la manière dont on va à la danse finalement quand on est une ado ensuite je voulais questionner avec vous aussi la notion de safe space pourquoi parce que plus j’étais sur le terrain plus la ce concept revenait en fait fa il était mobilisé parfois par les danseuses par les ados beaucoup par les profs qui me décrivaient le Conservatoire comme un Space et donc c’était une donnée que je voulais pas prendre pour acquise mais que je voulais un peu questionner et donc on terminera en montrant que bah ce safe space il a bien sûr des limites et il reflète aussi des rapports de pouvoir et qu’ est clairement pas safe pour toutes les adolescentes et qui révèle structurellement des hiérarchies de corps et des hiérarchies aussi de place alors alors peut-être pour commencer du coup donc quand on va à la danse le contrôle parental il est présent et c’est une activité que les maères en fait encadrent énormément sur le terrain c’est l’activité qui est qui a été suivie le plus en fait par rapport à la musique et au théâtre par les mères d’élèves et donc régulièrement en fait je faisais des entretiens avec les les mamans de jeunes danseuses et d’adolescentes qui suivaent énormément l’activité de leurs filles et qui étaient prête parfois dans certaines communes vraiment à euh se mobiliser d’une manière assez énergique autour de du lieu conservatoire alors toujours en le faisant au nom de leurs filles mais en réalité aussi pour conforter soit un sentiment de classe soit une volonté de s’investir dans dans la vie de sa commune et donc ça pouvait aller cet investissement des Mr de danseuse à la création d’une association de parents d’élèves au sein du Conservatoire jusqu’à donc ça c’était surtout le cas à Anthony à Boulogne Biencourt à saintmort défaussé et dans d’autres communes c’était des mères qui étaient prêtes à faire la queue pendant plusieurs heures pour pouvoir inscrire leurs filles et leurs ados au conservatoire et ça c’est notamment le cas donc dans la commune de pierrefit sur scène qui était un des terrains d’enquête que j’ai le le plus mobilisé donc au nord au nord-ouest de la scène Saint-Denis la commune de pierrefitursen elle a plusieurs quartiers qui sont labellisés qpv donc quartier prioritaire la politique de la ville avec euh du coup aussi des enjeux de rénovation urbaine et une stigmatisation très forte de ces de ces qpv et euh plusieurs mères en réalité faisaient à chaque mois de septembre la queue pendant 3 à 4 He devant le conservatoire pour être présente au moment de l’ouverture et être sûr que leur fille de 12 ans 13 ans allit avoir une place pour être inscrite au conservatoire et du coup ces moments d’attente et d’engagement parental euh en fait ils veulent dire beaucoup aussi euh de la part de ses parents pour leur volonté bah d’ascension social pour leurs enfants il y avait aussi des discours de parents qui n’avaient eux pas eu accès au Conservatoire notamment dans les familles immigré quand ils étaient jeunes et du coup qui voulaient absolument donner ça à leur à leurs filles avec aussi des enjeux de respectabilité féminine hein ou bah l’espace du cours de danse comme il est entièrement féminin euh et ben c’est un espace sûr c’est un espace où on va contrôler un peu la sexualité les interactions de son ado où elle va pas être dehors elle va pas être dans l’espace public donc aussi un des enjeux de contrôle et de pouvoir sur le corps des adolescentes au moment de cette inscription au moment du suivi de l’activité mais c’est aussi pour certaines euh d’où l’interrogation du du safe space un espace euh qu’elle s’approprie avec les années et qu’elle revendique euh je m’explique en fait quand vous êtes au Conservatoire euh vous avez une pratique euh artistique qui est très longue euh et qui est très chronophage c’est-à-dire qu’elle peut représenter le minimum c’est 2 heures hein de cours par semaine mais en réalité la moyenne est plus autour de 6h et ça peut monter jusqu’à 12h en fonction du cursus que vous intégrez euh je l’ai pas spécifié he mais un conservatoire c’est une institution publique donc qui est financée par les collectivités locales hein donc euh avec des tarifications aussi qui varient d’une commune à l’autre mais donc ces heures de pratique hebdomadaire elles font que les adolescentes que j’ai suivi elles ont un emploi du temps hyper rythmé euh avec des habitudes en fait de gestion d’emploi du temps qui sont dans la recherche plutôt propre aux catégories sociales supérieures et donc elle s’approprie concrètement euh cet emploi du temps et donc elles sont là souvent dans le Conservatoire avant les cours après les cours elles révisent leurs cours euh du collège du lycée parfois elles ont leurs fiches de révision du bac et du coup cet espace un peu sbride et rempl plusieurs fonctions pour elle avant et après le cours et c’est ce qui fait que tout le monde me disait mais en fait tu vois le Conservatoire c’est le leur c’est vraiment leur safe space elles sont là tout le temps elles se l’appropri et du coup après j’ai un peu réfléchi là-dessus et en discutant aussi avec les danseuses adolescente bah elle m’expliquait qu’en fait c’est vrai quand on est adolescente euh et qu’on a pas de revenu on peut pas traîner dans un café on est trop grande pour aller sur les aires de jeu dans l’espace public quand on est dans l’espace public on se s’expose aussi à un certain nombre de risque structurellement sexiste de harcèlement de rue euh on a une intériorisation parfois du danger qui a été très bien montré par plusieurs chercheuses et et politistes euh du coup il y avait cette idée que bah finalement le Conservatoire est-ce que ce serait pas l’espace de l’entresoit féminin l’espace de l’émancipation féminine alors on pourrait dire que oui euh la réalité c’est aussi que c’est toujours une tension entre domination et émancipation et que cette émancipation en fait elle correspond à certains profils et en fait elle elle révèle les manquements des conservatoires dans l’intégration d’autres profil euh on est face à des espaces où la blanchité est la norme déjà euh avec une minorité d’élèves racisés et aucune parmi les 12 établissements que j’ai suivi aucune professeur noir métisse asiatique toutes les professeurs de danse classique que j’ai enquêté en fait étaient des femmes blanches cette blanchité elle se transmet aussi sur la décoration des salles sur le nom des salles de danse sur le nom des établissements donc en fait elle s’incarne et elle est hégémonique absolument partout et elle s’incarne tellement puissamment que elle se traduit aussi par des microagressions racistes par des discours de certains profes qui sont clairement racistes et qui ont été qui sont de plus en plus dénoncé depuis je dirais 3 ans même maintenant par les grosses institutions comme l’Opéra de Paris mais en fait qui sont légion depuis des décennies et qui font que c’est le corps blanc le corps athlétique le corps musclé mais pas trop avec une gestion du poids avec l’appropriation et l’intégration de la discipline en danse classique qui prime ok c’est pas c’est encore normé c’est un corps normé et c’est un corps où les codes hétérosexuels sont extrêmement puissants en danse classique et ça ça se transmet en fait aussi au sein du studio entre les filles en réalité ça se transmet dans tous les espaces de compétition d’examens de concours ça se transmet aussi parfois dans les espaces comme les vestiaires dans la préparation et le maquillage avec une somme d’injonction que que les ados bah s’approprie et avec lesquell elles essayent de de correspondre en fait à plein de moments de leur de de leur formation alors je vous comptais euh vous lire ce petit extrait d’entretien que j’ai réalisé du coup avec Lila Lila elle a avait 15 ans en 2021 elle a grandi à ici les Moulineau et Lila est la seule élève noire de son cours de danse et en réalité c’est à chaque fois la seule élève noire de son cours de danse classique ça fait presque 10 ans elle a commencé la danse autour de l’âge de 5 ans qu’elle qu’elle pratique elle a la vocation de se professionnaliser j’y reviendrai un petit peu plus tard et du coup Lila elle est scolarisée en classe à horaire aménagé donc danse Chad à i les moulinau et donc elle m’explique que elle fait constamment l’expérience minoritaire de sa condition au sein du studio et qu’elle est confrontée à cette blanchité de manière permanente à chaque concours de danse que je passe je regarde qui est là soit on est deux élèves noirs soit je suis toute seule même petite c’était compliqué tu as toujours un sentiment de minorité tu vois tout le temps dans tous les conservatoires que j’ai fait pratiquement on me le dis pas vraiment attention mais ce sont des choses que tu ressens des fois des petites réflexions vraiment bizarres ça passe souvent par des choses qui concernent mes cheveux en fait du style ah tes cheveux ils sont trop bizarres on dirait des éponges est-ce que je peux toucher dès que j’ai des des extensions wouou la tigas on peut toucher tes cheveux ça fait sauvage sexy horrible quoi donc là vous avez un extrait de l’entretien qui a été réalisé avec Lila où en fait on voit très bien bah l’exotisation la sexualisation de son corps et aussi finalement un peu la char racial qui lui incombe dans cet espace donc ça c’est un un concept que j’empreunte à Mabou sumaoro qui est une chercheuse qui travaille sur ces questions là où en fait on est enfin les personnes racisées sont souvent chargé d’expliquer pourquoi faut pas dire ça pourquoi non ça ne se fait pas et du coup d’avoir une pédagogie face à ces Migros agressions qu’elle qu’ell reçoivent au quotidien c’est la même chose avec Gabriel donc qui a 21 ans et qui est euh donc que j’ai suivi tout au long de ma thèse donc qui sortait enfin qui entrait dans l’âge adulte au moment où s’est rencontré et qui a intégré par la suite le ballai de l’Opéra de Paris et en fait Gabriel est un des rares danseurs métises de l’institution et même chose il m’explique que pendant toute sa scolarité à l’école du ballai de l’opéra à Nanterre en fait la discrimination raciale était omniprésente mais il était tellement poussé à rentrer dans le moule à s’approprier ses normes face à la désirabilité de l’institution euh face à la volonté de réussite sur la enfin que projetaient ses parents sur lui face aussi à sa propre passion pour le mouvement qu’en fait bah il s’en est accommodé enfin en tout cas il l’a tellement intériorisé euh donc là il nous explique un petit peu ce qu’il ressentait au moment des cours donc je sentais souvent que les corrections avaient une dimension raciale mon prof m’avait déjà dit que j’avais trop grosses cuisses de trop grosses fesses typiques pas de pied ce qui était typique des gens de couleur c’est violent mais sur le coup je me rendais pas forcément compte j’étais dedans j’avais cette envie innocente de danser presque naïvant ça me touchait bien sûr mais je me blindais donc évidemment on est dans un espace aussi où il y a un maintien de ces discrimination il y a une invisibilité aussi des privilèges blancs qui pose la question aussi des ados qu’on évince des ados qui ne se sentent pas à l’aise dans ces espaces donc dire que c’est un safe space en fait c’est bien plus compliqué que ça et et cette tension entre domination et émancipation en fait on doit la travailler jusqu’au bout pas seulement en ayant le prisme genre qui est souvent avancé par les collectivités par les proches par les profs pardon mais en ayant aussi la dimension validiste la dimension intersectionnelle raciale et cetera voilà j’ai dépasser un petit peu donc je vais m’arrêter là mais on pourra en reparler si vous avez des questions c’est merci beaucoup ben je pense que ça raisonne tout à fait avec tout ce qui a été dit j’imagine que Rebecca tu as aussi des des questions des des réactions par rapport à ce que ce que tu nous as expliqué c’était je sais pas en tout cas c’était parfait je sais pas comment dire c’est comme connaître très bien l’histoire mais avoir des mots qui sont posés dessus une structuration de d’un vécu donc c’est c’était voilà et du coup en danse classique comme en théâtre comme en musique voilà c’est donc oui oui ça me parle fort et de comment on parlait tout àheure de qu’est-ce qu’on qu’est-ce qui nous a nourri et de comment comment on s’en débarrasse est-ce qu’on peut s’en débarrasser une fois qu’on a été bah éduqué dans ces dans ces espaces là et euh j’ai l’impression que c’est presque une force si on arrive si on peut en fait si on a la chance en fait de de de pouvoir dépasser ou en tout cas se réapproprier toutes ces ces violences là ou tous ces ces cadres là en fait la grande connaissance de ces systèmes là permet parfois de de s’en sortir et de et de les retourner ou de je sais pas en tout cas moi c’est ce que j’essaie de faire en me disant que de toute façon je peux pas lutter contre ce que j’ai vécu c’est très très présent par contre j’ai la chance de pouvoir soit me nourrir soit partager avec d’autres euh parce que maintenant il y a des mots sur nos histoires il y a des mots sur il y a des mots sur nos mots je sais pas oui merci euh est-ce que peut-être dans un premier temps on vous donne la parole pour euh des questions ou des remarques oup des témoignages voilà donc on est dans un donc on est bien dans un contexte de conversation donc vous pouvez librement vous exprimer et puis après si vous entre entre vous vous avez aussi des des questions des des des remarques à faire il y a moyen bien sûr donc je crois qu’il y a un micro là-haut donc allez-y poser des questions fait des remarques voilà bah bonjour moi j’ai trouvé cet échange très intéressant et j’ai une question bah pour Rebecca en écoutant un peu au début le parcours et cetera j’ai bien vu qu’il y avait une une forme de de formation d’autoormation au fur et à mesure de des spectacles qui étaient montés avec le premier je crois qu’ s’appelait h femmes qui tournait justement autour de de cet homme qui n’est pas là et toute cette évolution et cetera et aussi de l’absence des hommes au début alors je suis pas sûre d’avoir bien compris mais ce soir si j’ai bien compris il y a des hommes ou au moins un homme non non mais du coup est-ce que ça fait partie d’un enfin c’est aussi une réflexion qui a été poussée de fait de rompre avec cette non mixité dans les spectacles et cetera et du coup en fait aussi vu que c’est un processus comment vous voyez le vos spectacles du futur euh oui c’est ça c’est que j’ai l’impression que chaque spectacle déjà m’accompagne dans un processus de réflexion et dans le processus de qui je suis en tant qu’humaine je me rend compte à défaut d’avoir fait une école nationale de théâtre et d’avoir acquis certaines compétences euh dont on attend moi qu’on attend de moi en tant que Muse en scène ou en tant que comédienne bah j’apprends par le biais des spectacles que je trava que je travaillais voilà donc que ce soit mon apprentissage du féminisme puis après des questions cuir et puis après des questions raciales et puis des questions de autour des du rapport au corps et moi de du corps gros et tout ça de tout ce qui était grossophobie et puis et puis en fait je me suis aperçu donc dans le spectacle sur le football au début j’étais vraiment sur ce truc justement le foot versus la danse classique et donc j’avais je choisis j’avais choisi de suivre une équipe qui s’appelait les dégommeuses et tout et et du coup c’était une équipe qui était connu pour avoir une pour accueillir des personnes lesbiennes et bi puis après j’ai compris qu’il y avait les corps trans enfin les personnes trans les personnes non binaires et euh et je me suis dit mais moi je suis resté hyper binaire en fait dans mon dans mon rapport euh et du coup si je pousse la réflexion du coup si je déconstruis la binarité je peux pas me permettre de me dire que je travaille qu avec des femmes si ce genre euh moi-même j’ai été du coup je penseon transmisogyne en fait en reconnaissant pas les femmes trans ou les personnes euh non binaires dans mon travail enfin et donc j’avance aussi euh sur ces questions et du coup je me suis dit bah c’était pareil je pouvais pas non plus euh interdire enfin interdire me dire que j’allais pas travailler avec des hommes si genre mais du coup je les ai bien choisis quand même je leaurais dit je leurais dit attention les gars enfin Zacharie raconte ça des fois euh elle m’a invité à faire le spectacle mais c’est vrai qu’elle m’a dit par de message attention tu as un mexis à la moindre con à la moindre connerie tu dégages voilà euh donc je pas c’est très formateur comme accompagnement mais voilà et les spectacles du futur h la menace c’est ouis la menace c’est pédagogique c’est ma compagne dit ça mais je suis pas sûr sûr ah vous dites ça aussi bien sûr je les manass tous les donc voilà pardon donc ça m’a forcé beaucoup à me bouger làdessus et puis aussi il y a eu un mouvement enfin tu vois c’est pareil du coup j’ai je faisais spectacle on était que entre meuf 6 et tout et puis d’un seul coup tout le monde enfin tout le monde faisait ça d’un seul coup aussi partout donc je me suis dit bon bah faut bouger faut bouger faut que et pas juste pour revenir sur de truc d’avant mais plutôt pour me dire euh ok comment j’accompagne voilà c’est des garçons en plus pas forcément hétéro enfin pas pas les deux en tout cas et ou en tout cas qui déconstruitis ces questions là donc du coup c’était comment on s’accompagne à vivre ensemble du coup parce que maintenant l’idée c’est quand même qu’on puisse essayer de s’accompagner mutuellement dans les différentes questions et surtout en fait j’ai compris comis que c’était la haine du féminin qui était en jeu et donc était commune donc bon voilà je travaille là-dessus je sais pas si ça va continuer comme ça mais en tout cas dans le futur je sais que euh par exemple pour plutôt vomir j’avais j’avais recruté à la base une enfin bon je sais pas comment moiême je suis pas hyper déconstru sur tous les sujets d’accord donc en tout cas sur les questions de validisme je pense que je suis encore bien enfin que j’ai encore du taf et j’avais recruté une enfin en tout cas j’avais auditionné Sarah qui est une copine qui est en fauteuil et tout et et en fait je me suis retrouvé face à toutes les à tous les problèmes dans les différents théâtres et dans différentes salles où on allait travailler de comment bah les salles des fois étaient pas faites pour les fauteuils au plateau on pouvait pas circuler entre les loges et voilà des trucs comme ça bon je m’étais dit c’est pas grave il y a paspr c’était un truc de de en fait d’alchimie d’alchimie dans le travail où je me suis dit ça va pas ça va pas le faire mais euh mais du coup je sais qu’il y a pas de corps visible handicapé dans mon travail et aussi je sais que il y a très peu de personnes qui sont parents et en fait je me suis rendu compte à quel point aussi ça excluait les parents enfin voilà dans dans tout ça parce Queen fait partir tro semaines en résidence ben quand tu es mère seu ou parents voilà ou que tu as pas c’est pas pratique ben en fait ça ça ça matche pas donc il y a tout un système qui est pas vraiment fait voilà pour accompagner donc là dans le spectacle dans Caron noir par exemple on a essayé d’inventer comment comment le un coparent était présent avec l’enfant pour que la personne qui est sur scène puisse quand même conserver son rôle et le faire de la manière dont elle avait envie mais c’est des questions que je me pose en tout cas comment on rend comment j’ouvre encore un peu plus mais comme mon prochain spectacle enfin j’espère enfin peut-être j’aimerais bien devenir mère moi aussi mais mais du coup je me dis bon je fais un spectacle dessus comme ça ça me permettra de de de continuer à chercher si moi j’ai des besoins bah du coup je vais je vais tout faire pour qu’il soit pour qu’il soit dans ma création aussi donc voilà c’est là où j’en suis de mon futur de mes futurs créurs ouais dans le ventre voilà waouh déjà merci c’est mais bon merci c’était déjà un échange super intéressant je pense qu’on est frustré que ce soit qu’une seule matinée moi j’avais plutôt une question pour toi si je peux dire toi Rebecca euh par rapport au spectacle du coup plutôt vomir que faillir tu parlais de de pouvoir rendre accessible ton spectacle enfin tes tes créations à un public collégien et de finalement c’est pas des aussi jeunes que peut-être tu avais réfléchi à ça je sais pas si tu pourrais répondre mais du coup dans les lieux où le spectacle a déjà tourné est-ce que tu as un peu un recul de finalement est-ce que ça a touché vraiment les collèges est-ce que c’est un public que tu as réussi à à à rendre accès à ton travail où finalement ça va pas suffi il y a des profs qui flippent d’emmener leur classe donc là ça va faire un an qu’on a commencé le spectacle on l’a commencé en novembre 2022 à Besançon euh et ça a été tout de suite genre un un grand engouement en salle des fois devant des classes rempli de 5e et tout et donc je parti sur ce truc hyper enthousiaste et là au bout d’un an et de 75 dates 80 dates je sais plus euh ben je me suis rendu compte que c’était pas si évident ou en tout cas qu’en une année j’avais plus de retour d’élèves choqués dégoûté et bon c’est sur des trucs à la enfin non pardon je pas dire des trucs à la con serait trop jugé non c’est sur une séquence où on voit des essail et les poils du pubis d’un personne d’une personne en scène et ça et une séquence de de masturbation à la mayonnaise mais très tranquille enfin je veux dire je donne je vous donne des des tips pour ce soir mais c’est vraiment très mignon comme c’est fait mais bon voilà et donc un retour assez choqué qui parfois j’ai l’impression de prendre le pas sur tout le reste du spectacle et ça ça me fait un peu peur il y a eu un petit moment où il y a des parents enfin un parent qui a dit j’emmènerai pas mon enfant à cette diablerie wiste là j’ai eu peur on a vécu des agressions avec plutôt avec carte noir cet été à Avignon et du coup ça a un peu rejailli sur les réseaux sociaux en terme de cyberhcèlement nous disant qu’on allait empêcher qu’ils allaient aussi empêcher plutôt vomir donc j’ai eu un peu peur en me disant oh mon dieu moi qui essayer de de faire que ces sujets là justement ne soi pas ce soit pas un spectacle sur les transidentité un spectacle sur la sexualité et tout mais que tout soit amêlé qu’on parle juste de qui d’identité de qui on est de comment on désire et tout j’ai eu peur qu’on qu’on qu’on retire cette possibilité là de de parler ou que je ou que j’empêche d’autres artistes de se mettre à faire ça aussi parce que ben j’avais réveillé le enfin que j’avais foutu le feu au poudre au niveau des des institutions ou des parents donc voilà c’est mais en général ça se passe enfin c’est un peu fou moi j’ai j’ai halluciné parce que ben voilà donc qui a 331 mais les élèves la plupart du temps il ils recrutent tous les comédiens sur Instagram après et sur les réseaux sociaux et je trouve ça un peu dingue c’est dire que du coup ils ont ils sont identifiés aux personnes qui étaient sur le plateau ils veulent continuer à les suivre et continuer voilà on a eu des groupes de jeunes qu’ on fait des des mêmes beaucoup de mêm sur le spectacle voilà c’est assez drôle les gamins qui demandent enfin par les public qui demandent mais moi aussi je dois déconstruire mon adultisme euh mais qui demande des autographes à la fin mais même à la régisseuse plateau quoi donc il y a un truc un peu groupi parfois des des élèves des jeunes des personnes qui nous ont dit enfin j’aime beaucoup c’est entre les lycées et les collègees ù les lycéens sont là ouais c’est vrai c’est c’est fou de se regarder enfin de regarder les les jeunes comment ils réagissent il sont déjà dans cette pratique d’un truc plus adulte en disant ben moi l’adolescence ou même toutes ces questions d’identité c’est hyper réglé avant j’ai souffert en en 4e mais là maintenant que je suis en seconde c’est ouf comme je vais mieux quoi et c’était trop drôle voilà et ça touche beaucoup aussi les adultes parce que j’en mets une petite pâtée pour les adultes moi je suis pas sur scène mais du coup je me suis bien glissé dans les textes pour parler aux parents aux familles et euh à l’éducation nationale et en général à tous ces mondesadultes donc souvent les adultes ils lu voient par leur prise mais ils me disent mais tu nous en fout plein la gueule et les ados voient pas forcément ça ou ils voient plus plutôt leur partie à eux sur leur corps et sur leurs histoires et et je trouve ça bien que que comme une bonne série Netflix et ben on pu regarder des enfin qu’on puisse le voir à différents âges en essayant d’aller chercher réparation d’aller chercher je sais pas des des choses voilà cétait le but c’était que ce soit pour les pour tous les publics en fait voilà donc c’est un peu c’est un peu réussi et en ce moment je surveille quoi voilà peut-être rentre voilà et puis après si vous avez encore des questions on encore un peu ouais mais moi en fait j’avais une question sur ce ton intervention Natacha et par une question une remarque enfin c’est drôle parce que quand tu as parlé de safe space moi je me suis dit bah ça m’a fait rire quoi mais vraiment parce que Al c’est à la fois un souvenir d’enfant et un souvenir de parents euh alors pas pour en l’occurrence le souvenir de parents c’est pas pour la danse c’est pour la musique classique enfin le chant euh parce que ma fille pour une raison qui m’a totalement échappé a absolument non mais pendant très longtemps voulu être dans une un truc une classe Cham classe horaire aménager musique chant euh et je trouvais ça répulsif juste l’audition où il y avait que des petites filles avec des enfin ce qui existe plus moi ça existe j’ était à mon âge des petites filles avec les les les les les jupes plissées les les collants blancs rose là et les ballerines enfin mais moi en tant que parent j’ai jamais vu d’enfant habillés comme ça quoi et dans cette salle d’audition qu’elle a fait 4 ans de suite euh parce qu’elle était vraiment enragée à voir y rentrer et qu’elle chantait mal donc elle a jamais été prise mais non mais du coup en fait ça m’a vachement questionné sur la désirabilité parce qu’en fait elle voulait et en même temps elle faisait tâche mais à tous les sens enfin même comment elle est habillée tout ça et donc ça m’a vraiment questionné sur quel enfin à la fois voilà cette question là de la désirabilité de ce modèle mais vraiment des petites filles modèles de de de du TS Jadice quoi enfin dans une de tes images il avait on aurait dit Martine un peu enfin les petites filles ah oui c’est ça c’est Martine mais enfin voilà du coup ça ça me questionne en fait sur dans dans enfin voilà cette question là de la désirrabilité et en lien avec la notion de safe space parce que pour moi moi quand tu as parlé de ça c à la fois une évidence que les endroits de danse mais ou de musique classique sont pas des sa space mais entre enfants et entre filles donc moi je pensais que c’était aussi sur Ben cette misogynie intériorisée en fait dès un âge assez précoce je pensais que ça allait être plus enfin aussi autour de ça ce que les rapports de domination dont tu parlais et cetera enfin à échelle l’enfant en fait commenc à intérioriser toutes ces logiques il y a aussi la question de la minceur en fait qui est alors sur la danse en par particulier quand même un la dansse classique en tout cas un truc assez prignant donc voilà je voulais savoir si du coup ton enquête bah c’est toujours là le problème de présenter une recherche qui est très longue enfin je vous l’pargne mais ma thèse elle fait 579 page donc c’est sûr que la la condensé à chaque fois en 20 minutes en expliquant d’où je suis parti et pourquoi ça semblait pertinent d’en parler aujourd’hui c’est toujours un peu un challenge mais évidemment c’estes gen jeux de respectabilité de tenue du corps il se retrouve dès l’enfance chez les pratiquantes et chez les pratiquants aussi masculin mais il se joue sur la tenue il se joue sur le poids il se joue sur le regard qu’on porte sur soi parce que quelque chose en fait dans l’aménagement même spatial d’une salle de danse qui est marquant c’est les miroirs et en fait c’est une pratique où on est constamment peut-être et c’est peut-être des fois la différence avec le théâtre on eff face un parfois un trou noir quel public mais en danse on est constamment face au miroir donc le regard sur soi il est quotidien et on ne voit que les défauts et du coup évidemment ça génère des troubles alimentaires ça génère des dysmorphies ça génère plein de choses ça c’est un univers où on se juge ou on se jauge aussi d’où aussi la compétition qui est intériorisée et parfois qui est conscientisé aussi hein par par les adolescentes et en plus le l’institution conservatoire repose sur la mise en compétition puisqu’il y a des examens chaque année pour passer de cycle euh donc c’est c’est sûr que ça se retrouve dans les corps ça se retrouve dans la pensée qu’on a de soi dans l’image qu’on a de soi et je dirais même qu’en plus ça se renforce dès qu’on fait pas partie euh du corps qui est la norme euh je prends un exemple tout bête parce que tu parlais là de la tenue euh l’enjeu de la tenue il est très fort parce qu’il il ravivent des enjeux de classe et aussi des enjeux ratiosx euh des enjeux jeu de classe pourquoi parce que en danse classique une paire de poes donc c’est les chaussons dures sur lesquelles les danseuses dansent dansent pardon ça vaut 65 € minimum il en faut plusieurs dans l’année si les élèves ont une pratique intense un juste corps en fonction de la où vous l’achetez pareil c’est un cûp là je parle même pas du coup de l’inscription je parle même pas du coup du déplacement si votre fille elle veut faire des concours enfin donc le prisme classe entre les famille entre les filles qui savent pertinemment si elles ont un justocor Décathlon ou un justore répéto acheté à la boutique de la paix il est présent et et il se joue aussi dans les effets d’hiérarchie au sein du groupe et à soir on rajoute évidemment le prisme blanchité et Ener ratio où ça fait 3 ans que les les industriels ont décidé de faire des collants et des pointes adaptées à l’ carnation des danseuses non blanches avec donc des pointes avec plusieurs tintes de de beiggee allant jusqu’au marron parce qu’avant sinon c’était uniquement rose euh la réalité c’est que quand vous avez la PE noir et que vous mettez un collant rose ça fait gris et donc sur scène ça n’a absolument pas le même rendu que sur les autres filles donc en plus ça vous met à distance et on vous rappelle constamment que votre corps n’est pas celui pour laquelle la pratique a été pensée pour laquelle elle est commercialisée et ça ça a pris aussi avec la la montée en puissance de certains danseurs de certains danseuses racisé qui ont publicisé ce problème qui l’ont dénoncé sur les réseaux sociaux euh sur le blackstagram qui ont on on parlé sur Twitter qui ont été médiatisés euh l’année dernière en 2023 a été nommé danseur étoile le premier danseur étoile métiss français qui s’appelle Guillaume Diop euh bon bah euh c’est ressorti aussi à ce moment-là mais en fait ça faisait déjà plusieurs années qu’il y avait plein de filles dans la compagnie euh qui à l’armait sur le fait que quand elle demandait un collant cher on leur filait un collant rose ou un collant blanc euh et qu’on leur de demandait de se teindre le visage et de se le blanchir pour monter sur scène pour pas faire tâche parce que dans le lac des ces si dans les 154 danseurs de la compagnie 153 sont blancs et bah les répétiteurs les chorégraphes disaient bah on va voir que toi donc il y a aussi des effets de mise à distance au sein du groupe qui commencent quand les filles sont petites et qui perdurent jusqu’à leur entrée dans la vie professionnelle en fait donc c’est extrêmement présent c’est vrai que juste là j’avais pas eu trop trop le temps de d’en reparler quoi les cheveux aussi et les cheveux le le chignon euh est un catalyseur de pouvoir en fait ouais avec des profs qui s’énervent parfois sur les filles euh qui ont euh les cheveux texturés et qui sont incapables de faire un chignon euh comme des filles qui ont les cheveux raides euh donc ça catalyse aussi beaucoup de rapport de pouvoir au sein de la salle euh de filles qui se font vraiment tirer les cheveux de regard entre les pratiquante d’un même groupe d’où l’exemple aussi de Lila qui était assez parlant tout à l’heure quoi là-dessus là-dessus c’est enfin fauted dire à chaque fois quoi que c’est aussi un les milieux artistiques sont juste des révélateurs alors après encore une fois c’est des caisses de résonance où bah comme c’est eux qui produisent la visibilité et encore une fois surtout la visibilité désirable c’est c’est c’est un enjeu spécifique mais ça fait je crois 2 ans ou 1 an même seulement que les coiffeurs ont dans leur formation obligatoire et gratuite surtout euh le fait d’apprendre à à coiffer les les cheveux frisés euh même enfin pas seulement les cheveux des personnes non blanches même les la boucle il savaent pas la travailler et surtout c’était des options 1 et de c’était forcément une formation payante donc c’est voilà je j’ai posé une question du coup en attendant mais je vous réfléchissz au autres questions remarques euh oui Rebecca tu disais que j’ai trouvé intéressant le le fait que tu tu montres que tout ton travail c’est c’est vraiment une progression à la fois sur les les thèmes les concepts que tu tu as envie d’aborder sur les choix esthétiques aussi et puis sur qui qui est en en scène enfin travailler donc avec des hommes travailler le la question de la parentalité et du coup je rejoins un tout petit peu la question que tu tu avais posé c’est est-ce que tu est-ce que du coup tu tu es amené plutôt à à écrire toi-même les textes pour justement permett te permettre d’aborder les question ou est-ce que tu as imaginé travailler quand même sur d’autres répertoires qui existent déjà ou des textes écrits par d’autres qui qui raisonnent avec tes avec tes les les sujets que tu as envie d’aborder ou les questions que tu que tu te poses et qui qui des questions qui bougent visiblement dans le au cours de ta vie mais est-ce que par rapport au même si c’est des PER performance il y il y a du texte donc comment tu tu tu balances entre la la volonté de d’utiliser des textes peut-être existants parce qu’on on a vu les années précédentes en tout cas l’année dernière vous souvenez David Bobé avec donjoint on a des des des artistes se saisissent de textes pour les les transposer les en refaire une une une compréhension contemporaine quoi j’ai réfléchi là c’est ça fait longtemps enfin j’ai réfléchi il y a pas longtemps pardon parce que pour me reposer pour me reposer parce qu’en fait je disais je parlais tout à l’heure de l’hypersollicitation des des personne bah voilà qui qui porte un message de de d’inclusivité c’est-à-dire que bah voilà moi c’est top tu Coch plein de joker noire grosse lesbienne euh je sais pas quoi euh voilà d’un seul coup bam et donc euh beaucoup beaucoup de sollicitations et à un moment voilà je viens de créer deux spectacles d’affilé ça m’a laminé et on on me disait mais non mais perds pas le truc et tout là il y a plein de de lieux qui te demandent qui te donnent qui te proposent de l’argent pour créer faut pas perdre ça et c’est très inquiétant tu te dis mince c’est vrai que si je me repose peut-être je vais disparaître et voilà ou peut-être juste une autre noire et donc on fabrique un truc de compétition comme çaù tu te dis faut pas que je relâche et du coup moi je suis autrice représentée par l’arche la maison d’édition qui où il y a qui tempeste Léonor Amiano voilà Brecht et tout ça h la classe la classe non non mais voilà et et donc elle me disent mais peut-être repose-toi et montre monte un un texte déjà écrit par quelqu’un d’autre ce serait génial de devoir monter voilà Denis Kell ou ou d’autres auteurs auteuris et j’ai j’ai essayé de lire un peu des des œuvres et en fait je me suis dit bah en fait c’est une fois que j’ai touché cette chose un peu magique de se dire c’est moi qui ai écrit et et et du coup c’est juste tout le temps juste à mon endroit euh et en plus je l’offre à d’autres qui sont un peu peut-être des personnes comme moi qui cherchent à faire leur place à exister au plateau c’est direct en fait il y a un rapport très humain direct avec les personnes à qui je donne les textes et c’est tellement un truc puissant que j’ai pas réussi à m’ident à me dire tiens je suis prête à devenir dramature j’ai aller comme ça travailler un texte qui est déjà écrit là ce que j’aime c’est l’endroit de euh je sais pas j’ai dis des bêtises d’omniscience en fait par rapport à l’écriture c’est-à-dire que même si des fois j’oublie bah plutôt V mir que faillir quoi des fois je j’écris je pend quelque chose et après je sais plus exactement tout d’où ça vient mais le moment où ça sort c’est tellement euh euh puissant que j’avais pas envie de de moment j’arrive pas à lâcher et aussi je sens que c’est très attendu c’est-à-dire que je me conforme finalement en allant monter un un classique en tout cas ou une pièce de répertoire et que je lâche cette partie-là et que je sois finalement une metteuse en scène de théâtre on m’invite beaucoup à me dire bon reviens la mise en scène de théâtre et peut-être qu’une forme de réussite ce serait que j’arrive à mettre en scène un Shakespeare comme si c’était une validation alors je pas c’est pas ça que tu m’as demandé hein mais mais je sens ça que du coup il y aurait une forme de truc à dire bon voilà moi j’adore andromac j’adore plein de pièces et tout mais mais pour le moment je me dis j’ai envie de continuer à creuser le sillon et même pour moi personnellement de voir jusqu’où je suis capable d’écrire entre mon écriture de mon premier solo où j’étais très en mode euh je sais pas ouais je vais bouffer tous mes ex j’en ai marre sauce maillot ketchup nana je vais tous les défoncer je vais même manger ma psy je vais manger ma mère et tout des text très comme ça un peu enragé perso à Carte Noire où là du coup j’essaie d’écrire une sorte de de texte plutôt nous et plutôt elle mais en tout cas quel une sorte de de figure un peu éloignée avec beaucoup beaucoup de lecture d’essai politiques et tout donc un truc qui se décroche de moi et qui devient une écriture qui peut toucher beaucoup plus d’autres enfin en tout cas qui oui qui se veut moins basé sur l’intime et tout je me dis oh moi mon je pensais pas que l’écriture pouvait évoluer c’est bête hein mais comme je pensais pas que je pouvais écrire j’ai écris par nécessité parce qu’à un moment bah c’est bien tu décides que tu vas mettre en scène des gens bon ça marche pas les trucs déjà écrit par quelqu’un donc bah va falloir écrire donc encore acquérir un nouveau un nouveau travail que je connaissais pas et là je découvre que je peux déployer donc je me dis bon bah non allons allons-y voyons voir jusqu’où ça peut aller cette histoire pour le moment j’écris que des monologues par exemple ou que des des des j’ai beaucoup coup écrit sous forme de liste bon ben peut-être maintenant je serais peut-être capable d’écrire un dialogue alors un dialogue ça c’est chaud pour moi mais un dialogue ou peut-être je serais capable d’écrire une nouvelle un roman et de de l’adapter moi-même enfin bon j’ai voilà j’ai je je veux pas m’arrêter de de chercher de creuser de et de surtout pas être là où on m’attend mais juste peut-être après je te euh quand on avait discuté un peu l’autre fois au tu avais évoqué le fait que alors je sais pas si j’ai compris ça mais il y avait une forme d’apaisement aussi avec les années c’est-à-dire que la rage peut-être du début ce que tu évoques dans la première les premières font que il y a une forme d’apaisement pas forcément parce que les les les problèmes sont résolus au contraire enfin il y a d’autres euh enjeux qui sortent par exemple tu parles de la parentalité ou d’autres questions qui émergent et qui sont qui peuvent être évidemment des des grosses questions pour nos soci société mais une forme de d’apaisement plutôt dans la manière d’aborder les questions qui pour plutôt réunir et faire en sorte que les gens se se se adhèrent est-ce que il y a est-ce que la rage est toujours là ou euh je sais pas si même à l’époque j’étais animé par la rage je crois que j’étais animé par le fait qu’il y a un truc qui bloque et les questions pas que j’ai des questions où où ça va enfin comment dire je sens que ça tient pas en place donc il faut que ça faut que ça avance faut que ça dépasse des cadres et tout je suis une énervée mais je sais pas si j’ai été très énervé au plateau je crois que j’ai toujours ENF je sais pas tu vois plus que moi mais bon voilà en tout cas je me sens apaisée dans le sens où où bah en fait voilà je viens de jouer à l’Odéon je viens de jouer à Pompidou je viens de jouer au Festival in d’Avignon donc il y a un truc où je me dis ok validation de l’Institut au maximum tourné international machin truc me d’accord mais alors qu’est-ce qu’on veut parce que en fait de fait ça ne bouge pas forcément à toute allure ça n’entraîne pas derrière moi un vent de personne enfin je sais pas comment dire il y a l’appel d’air il il est pas très grand quoi en plus ça fabrique des choses qu’on ne nomme pas voilà de de de surexposition de de de violence de de de question de ok je fais de la performance ok je joue nu mais en fait mon corps il est exposé n’importe où n’importe comment des fois je me rends compte que suis l’affiche en fait je suis à poil sur une affiche et puis bah ça joue à Bovet puis mes parents ils vont passer devant et je suis là chaud bon voilà des trucs qu’on oublie de de te respecter parce qu’en fait tu représentes quelque chose et et ce serait hyper choquant de mettre un corps de femme blanche nu mais en fait un corps de femme noir grosse et ben d’un coup c’est c’est c’est l’art enfin je veux dire c’est c’est c’est beau c’est rond c’est je sais pas quoi j’é là genre bah quand même je suis bien à poil là quand même enfin bon des trucs comme ça que voilà euh donc euh il y a je sais pas si c’est un apaisement ou un truc je me dis bon bah de toute façon là il va falloir inventer quelque chose il il faut d’une que je me repose et que je refuse un tout petit peu le la pression l’injonction à créer et à rester dans dans le vent quoi euh et et que peut-être j’aimerais bien j’ai transmis mes outils à à des jeunes acteurs qui qui deviennent de fait des acteurs performeers j’ai envie de transmettre mes outils à d’autres pour que d’autres se disent bah c’est possible de de se mettre en scène quand bien même on n pas fait de grandes écoles j’ai envie de continuer à à donner ça et à inventer encore oui qu’est-ce que je peux faire d’autres au plateau qu’est-ce que là par exemple sur les questions de je parlais de validisme et tout euh en Allemagne dans un festival à euh à brownfeg eu je me suis pris une grosse tarte on est parti jouer carte noir donc je vous disais on a un spectacle sur avec des femmes noires au plateau et ma première séquence c’est une séquence où je fais le ménage au plateau pendant en 40 minutes avec de la javelle euh entre le plateau et mon corps et donc c’est un peu violent et tout et j’ai des lentilles blanches de contact parce que je parle du fait d’être d’être dans une alination telle que je vois le monde en blanc à travers le le monde la culture blanche et voilà et euh en fait c’est un festival qui est dirigé par une meuf qui est en situation de de handicap et tout euh voilà physique et donc tout son festival est hyper pointu sur les questions de justement de de validisme dans les spectacles ou d’andipobie et tout et donc il y a moi ce que je connaissais pas des relaxed representation où du coup les gens donc c’est des représentations relaxe quoi ou en fait c’est inclu que des personnes hyper actives ou des personnes qui puissent pas supporter certaines choses elles peuvent rentrer sortir comme elles veulent elles peuvent avoir leur téléphone portable allumé elles peuvent il y a d’autres sièges que ces sièges qui sont bah enfin ceux-l ça va mais il y a des sièges où il y a des accoupdoir tels que quand tu es gros B en fait tu peux pas t’asseoir et tu vas pas au théâtre de fait parce que tu sais que tu vas souffrir des genoux tu vas souffrir de ton assise et tout et donc il y a d’autres il y a le siège parce que c’est un un théâtre et qu’on va pas tout démonter tout le temps mais donc il y a d’autres il y a des poufs il y a d’autres types d’asscises c’est OK de rentrer sortir c’est OK d’avoir ton téléphone euh c’est surtitré c’est viment bref et donc je me suis pris une petite tarte en me disant euh alors là je suis au SOMUM de l’institution théâtrale française pardon enfin de de voilà de ce que je peux avoir mais euh en fait euh bah il y a y a à aucun moment si moi je me prends pas la tête dessus il y a personne qui va me dire que mes spectacles sont pas adaptés au public et que je choisis de jouer dans des lieux qui sont peut-être parfois pas accessibles parce que ben en fait il faut diffuser les spectacles et donc et et ça ça me ça me ça me dépasse c’est pas c’est pas tout de parler de racisme et de sexisme à un moment si on veut parler d’intersectionnalité il faut bouger plus loin mais en fait faut se rendre compte que ça doit démarrer tout de suite et là et à chaque spectacle je me fais je me fais embrouiller par moi-même en me disant ah c’est bon j’ai mon sujet j’ai mon équipe ah j’ai ma subvention j’ai ma subvention j’ai ma subvention on commence les répète et hop c’est déjà la date de création et puis à quel moment j’intègre toutes les questions de de comment mon spectacle va être fabriqué voilà ou la question de comment je travaille avec une actrice qui est en fauteuil ou voilà donc du coup je me suis interdit de de recommencer un spectacle sans mettre ces questions là au centrre et dès le début donc c’est pour ça qu’ ai dans les formes je me pose la question de la boîte noire je sais pas si je vais faire je vais aller travailler sur un spectacle dans de rue en extérieur sur un parking et mais je vais aussi je voudrais aussi travailler une forme plus libre quoi plus libre où les gens peuvent rentrer sortir où les les gens où le public peut participer ou je sais pas j’ai envie de de Gen j’ai un peu de rapport il il commence à me fatiguer un peu celui-là j’avais besoin d’être frontal j’avais besoin que les gens regardent c’est ça aussi c’est que c’était pas c’est pas c’est pas ça sort pas de nulle part c’est qu’à un moment tu veux pas me regarder dans la société tu veux pas que j’existe B là pendant une heure tu vas me regarder puis en plus dans carte noir c’est vraiment ça c’est ouais tu vas me regarder pendant 40 minutes me me laver dans ton théâtre et me [ __ ] à poil et laver le théâtre avec mes vêtements puis me laver le corps avec tes produits irritants là que tu donnes voilà et si tu veux voir ce que c’est que le la vie d’une femme noire ou deux femmes noires au puriel ben on va faire un petit Pact sur le temps et tu vas devoir me regarder me regarder et puis regarder l’autre qui te regarde parce que c’est un B frontal avec les femmes noires d’un côté et le reste du monde de l’autre et donc voilà je sais plus d’où je suis partie mais je suis partie trop loin ça va ça va bon voilà je pas l’air très apaisé hein euh bah de je vous remercie pour ces échanges j’avais une question mais avant juste pour rébondir sur ce que vous venez de dire moi j’y pense beaucoup parce que genre plusieurs fois je me suis retrouvé dernièrement au théâtre avec des moments où pendant 20 minutes il y avait des lumières stroboscopiques et ce qui est quand même rend ce type de spectacle inaccessible pour beaucoup de gens et qui souvent on n’est pas prévenu et même si je suis pas quand même non concerné moi ça me fatigue mais je sais qu’il y a des gens chez qui ça peut poser des problèmes bien plus graves et même bah on parlait de Netflix la moindre plateforme de streaming quand on on commence un épisode il y a toujours un avertissement attention il va y avoir des lumières troboscopiques et je me dis si Netflix peut le faire je pense que certaines scènes nationales pvent écrire dans la feuille de salle attention mais bon bref bah ou alors peut-être que j’ai pas vu l’information mais enfin s’il faut lire le truc enfin c’est pas non plus enfin si c’est écrit en tout petit en petit caractère c’est que c’est pas vraiment accessible enfin je je bref mais du coup pour revenir à ma donc enfin bref merci de parler de cette ces questions là parce qu’elles sont tellement sur toutes les enfin oui il y a est-ce que la personne en fauteil va pouvoir venir dans le spectacle mais il y a est-ce que quelqu’un va pas faire une crise d’épilepsie dans le public enfin c’est trop de choses dans tous les sens et d’angoisse aussi on pense pas beaucoup mais il y a énormément de trigger enfin je découvre au fur et à mesure tout ce qui peut être empêchant en fait pardon ouais mais du coup enfin c’est des questionnements et euh oui ce que je voulais vous demander c’est que vous vous parlez depuis tout à l’heure enfin toutes les trois en fait de de cette compétition qui est créée du fait que il y a un peu ce ce côté un peu de l’exception de ok il y a une femme noire en plus elle un peu gross bien formidable on va la mettre partout et on va programmer surtout personne d’aut de noir et surtout personne très peu d’autres femmes et voilà et du coup est-ce que vous sentez dans le spectacle vivant qu’ commence à y avoir un peu des initiatives qui émergent peut-être d’ASS ition ou de de structure qui essa un peu de de créer des réseaux un peu peut-être pas à l’image du du collectif 5050 dans le cinéma mais en tout cas est-ce qu’ vous commencez à sentir des mouvements un peu de fond en tout cas d’alliance entre les différentes personnes concernées pour essayer de se monter tous ensemble et de de casser cette concurrence dans lesquelles en fait les personnes privilégiées vous mettent et vous imposent bah oui il y a il y a pas mal d’initiatives après à des endroits divers et puis c’est aussi aussi des trucs d’affinité enfin euh il y a des initiatives qui viennent des artistes je pense par exemple au collectif jeune texte en liberté euh puis c’est intéressant d’ailleurs sa naissance est intéressante aussi c’est un collectif qui maintenant lance un appel à texte et qui a été créé par deux personnes pendf et j’ai oublié le nom du voilà Antony tibaau euh oui Mo moi j’oublie à fa voilà oui ben moi j’ai ce petit fil désormais mais euh et en fait c’est intéressant parce que ces deux artistes qui se sont rencontrés en se fâchant euh et en se fâchant dans un moment assez symbolique et important parce qu’il ils se sont rencontrés à la soirée qui était censé être la soirée de célébration du dispositif premier acte je sais pas si vous en avez entendu parler c’est euh c’était le premier dispositif en fait style classe préparatoire égalité des chances euh mais sauf Queen fait c’était sur un critère qui était le critère de la discrimination raciale et c’est un dispositif qui était une initiative en fait personnelle mise en place par le metteur en scène qui avait pas de lieu à ce moment-là Stanislas Nordet aidé par le Théâtre de la Colline à ce moment-là qui était dirigé par Stéphane brunchweg c’était une grande soirée qui était censée montrer à quel point le dispositif était génial ils avaient une super belle idée et tout ça puisque c’était un pour les personnes qui ne se projetaient pas c’est en gros comme les classes à sciencep enfin c’était vraiment fait sur ce modèle là pour les personnes qui n’iraient pas sinon dans ces écoles-l dans les grandes écoles de théâtre donc pour les personnes en l’occurrence spécifiquement les personnes racisées et en fait le dispositif il s attendait pas mais la façon dont ils ont célébré ce ce ce dispositif en excluant complètement les personnes racisées du plateau où il débattait de l’intérêt du dispositif et puis après au dernier moment ils on ils ont mis deux personnes qui étaient vraiment là pour servir d’alibi enfin bon bref tout ça avait été très très mal organisé la soirée est totalement partie en vrille et il y a eu un affrontement hyper fort entre la scène et la salle et donc ces deux ces deux personnes en fait se sont engueulé à ce moment-là et ont décidé euh enfin se sont revu ont parlit et puis on ont créé donc ce dispositif qui s’appelle jeune texte en liberté et après bah c’est un peu ce que je disais aussi tout à l’heure c’est-à-dire que il y a aussi les institutions qui bah par exemple le saindéac il y a aussi que il y a des gens qui font l’effort euh donc des artistes qui vont dans ces institutions euh dans les organismes professionnels qui vont dans les comités de sélection euh dans les comités de lecture notamment pour tout ce qui est bah la question effectivement des auteurs autrices euh pour euh bah pour faire changer les choses de l’intérieur et c’est vrai que ce qui est compliqué c’est que c’est bah ça c’est du travail militant c’est du travail de l’ombre c’est du travail bénévole et puis c’est des lieux hyper compliqué à gérer pour ces personnes artistes parce que bah elles sont euh sélectionneureuses momentanément mais sont sélectionnés es sont aussi sélectionné en train de sélectionner en fait euh donc ça c’est mais bon ça c’est un porte à fu qui est structurel pour tous les artistes d’ d’où qui viennent après un peu plus enfin moi je veux revenir sur la question plus large des euh bah un peu cette question de l’exceptionalité là que tu disais c’est quelque chose qui est hyper fort et c’est quelque chose qui dure hyper longtemps euh c’est-à-dire que même des artistes qui sont maintenant reconnus depuis longtemps ont cette espèce de de de hantise là et c’est vrai que enfin moi il y a deux choses qui me frappent la première c’est euh bah à quel point enfin ouais du point de vue de du vécu des personnes euh bah ça reste longtemps cette peur là elle reste longtemps la peur que tout s’arrête bon mais ça encore une fois ça c’est des dynamiques structurelles qui sont juste hyper amplifié quand tu quand tu es effectivement l’exception mais sinon la peur que tout s’arrête tous les artistes long et moi un des trucs que je dis souvent sur le milieu du spectacle vivant c’est que la preuve que le système fonctionne mal c’est que même les gagnants euh ne le vivent pas bien c’estàdire que que les gagnants du système je prends l’exemple de Joël pomera je sais pas si vous voyez enfin c’est un MRE en scène qui a été tellement célébré sélectionné sursélectionné et cetera euh il a il a pété un câble en fait il y en a plein en fait des exemples comme ça et et un besoin enfin le burnout c’est quelque chose qui est très très très très présent parce que effectivement euh c’était un humoriste d’ y a très longtemps qui disait il faut 10 ans pour être connu du jour au lendemain euh mais sauf qu’en terme de vécu euh bah les personnes elles se souviennent très très bien des 10 ans qu’elles ont fait avant et donc il y a une peur même quand de l’extérieur tout le monde est la [ __ ] en toi en fait ça va enfin tout va très bien tu peux t’absenter 1 an 2 ans ça ça ça il y a pas c’est normal il y a une un peu un truc frénétique qui est vraiment il y a une sociologue anglaise qui parle de schéma boulimique de travail en fait dans les dans les métiers artistiques déjà parce qu’il y a cette alternance entre les temps hyper hyper plein de création puis après de tourneré et tout ça puis après il y a des temps vides et les temps vides ils sont ils peuvent être vraiment très très très très vide et puis on sait pas quand le téléphone va auonner et puis et sinon il faut engendrer enfin lancer des démarches donc c’est vrai que quand ça commence à marcher et ben il y a une espèce de tentation comme ça de de de donc c’est enfin voilà il y a des il y a des comment dire dans les risques du métier il y a aussi dans les risque des métiers artistiques il y a vraiment ces risques là liés à ces schémas totalement montagne ruses quoi du du rapport au travail mais c’est vrai que c’est maximiser quand on sait qu’on est une exception et sur cette question là des du du statut des exceptions l’autre chose moi que je voulais dire c’est que euh ben tu disais effectivement j’ai peur que il y ait quelqu’un d’autre qui prenne ma place ou euh enfin je pense qu’il y a quelque chose d’une il y a plusieurs exceptions en ce moment euh mais c’est vrai qu’on a un peu l’impression justement d’une typisation bah par exle maintenant il y a Lauren Marx effectivement qui est pareil en fait ça ça porte un nom c’est la tokenisation c’est le fait de prendre un token et donc de prendre une personne euh parce que pour le dire parer avec un exemple plus concret moi j’ai toujours pas compris pourquoi le spectacle de Rebecca chaayon carte noir mes désirs a été adulé par l’institution pour l’instant pour moi non mais c’est vrai en fait je je n’arrive pas à le comprendre parce que non mais parce que tu l’as évoqué très très rapidement cette question de la bifrontalité mais la bifrontalité alors c’est la bifrontalité derrière c’est travailler un peu pas complètement mais la question de la non mixité en fait c’est c’est montrer à quel point c’est important les réunions non mixes tous ces trucs qui ont tellement fait débat et que les que les que les enfin les programmateuris et le le sur ça c’est pas du tout OK et validé pour l’ensemble de la profession que ça va de soi de faire ça que ça a du sens et il y a quand même encore vraiment l’idée que c’est antirépublicain que c’est du racisme à l’envers et cetera c’est quand même ultra ultra fort quoi enfin c’est c’est et les et les les enfin moi j’ai parlé avec des directeurs de théâtre de d’école de théâtre je veux dire c’est c’est c’est très ancré en fait ce Tru et enfin c’est vrai que moi je je je à la fois je m’en réjouis du succès mais pour l’instant je au regard de tout ce que j’entends les gens dire et tout ce que je les vois faire je je comprends pas complètement donc tant mieux hein tu m’expliqueras mais mais ce que je veux dire c’est que enfin ouais c’est on est on est quand même un peu sur un sur un fil et c’est un peu pareil pour Lauren Marx parce que alors sur la question là des des personnes trans et non binaires euh mais mais c’est pareil en fait c’est des spectacles qui sont pas absorbables par l’institution mais du coup l’institution s’en empare et dit ok bah du coup c’est des spectacles qui surtournent en fait et d’ailleurs avec un un truc de enfin de visibilité qui crée un truc compliqué à vivre pour comme ça quand le succès arrive très vite en fait c’est douloureux à vivre enfin c’est compliqué à vivre faut s’adapter pour tous les artistes qui sont dans cette situation là mais là en plus ça crée aussi un espèce de porte à faau parce que Ben ce qui est porté c’est un une parole de la marginalité et le fait qu’elle soit d’un seul coup ultra misocentre bah on les personnes le sentent le piège et et sentent le risque d’être tokénisé enfin d’être et puis de de de servir d’ enfin voilà d’alibi de caution et c’est vrai que ça ça crée une une une bah une charge spécifique et alors tu citais maboua sumaoro en fait enfin elle reprend aussi des travaux antérieur de notamment de quelqu’un qui est pas traduit et je trouve ça vraiment dommage qui s’appelle Greg Tate et puis qui est mort il y a pas très longtemps et qui a fait un livre qui enfin moi je trouve le titre est dit tout en fait c’est everything but the burden c’est tout sauf la charge et en fait c’est sur ce problème et j’ai l’impression qu’on en arrive à ce problème spécifique là euh c’est-à-dire que bah il y a lieu s’en réjouir hein les questions cuir alors dans certains milieux effectivement pas dans l’ensemble de la société on l’a vu mais les questions cuir par parler des questions de de de discrimination raciale et cetera il y a une sorte de hype autour de ça c’estàdire que ça commence et il y a lie de s’en réjouir encore une fois à être des sujets qui ont une valeur ajoutée artistique alors que il reste encore des gens qui comment qui continuent à dire que c’est forcément thématique euh je je je cite notamment une critique de théâtre Joë Gaillot mais parce qu’elle l’a dit publiquement à plusieurs reprises pour elle les questions LGBT ou les questions cuir ou les questions raciales c’est des approches thématiques et ça fait qu’on abandonne les les préoccupations esthétiques bon alors c’est vrai que quand on se souci de la question de la distribution quand on souci de de ce que c’est que les stéréotypes en pour moins on est au cœur de tout plein de questions esthétiques mais bon donc bref tout ça pour dire que ce discours il reste encore un petit peu tenu mais c’est pas Joel Gaillot qui fait les programmations et il y a une vraie il y a une vraie tendance et encore une fois il y a S réjou mais le risque c’est bah c’est cette charge de l’exceptionnalité pour les artistes en question et c’est aussi de croire que du coup le problème est réglé quoi et et aussi euh et là moi je parle aussi depuis un entreendroit moi je travaille beaucoup beaucoup sur les violences sexuelles euh et et ce que je remarque c’est à quel point maintenant il y a plein plein plein de personnes qui s’emparent de ces questionslà euh mais et qui qui ont qui estiment qu’elles ont leur mot à dire et cetera pas depuis un point de vue de personnes victimes de personnes concernées depuis une place de victime mais depuis plein d’autres places et en fait euh on est tous et toutes concerné sur ces questions là mais pas depuis les mêmes places et en fait pour moi le là où il faudrait qu’on arrive et là aussi où vous vous avez à vous positionner et c’est pas très facile he de le faire c’est de c’est pas se dire bah ouais c’est bien parce que il y a des personnes racisées qui s’emparent de la question du racisme si vous êtes blanc c’est de se dire bah je suis blanc et qu’est-ce que je fais de ma blanchité ou qu’est-ce que je fais de mon white passing ou qu’est-ce que je fais de voilà et sur toutes ces questions là en fait de pour moi le risque dans everything but the bur c’est ça dont il est question c’est qu’en fait on peut se sentir bon aussi de euh de parler de ces questions là ou d’accepter que des gens en parlent de trouver que c’est super et cetera mais euh en ne payant pas le prix de cette charge là que c’est depuis et c’est une charge la visibilité en fait c’est ça enfin moi ce que j’entends beaucoup dans ce que tu dis c’est à la fois bah on a envie d’être visible quand on a été tellement invisibiliser puis en plus invisibiliser c’est aussi être humilié et avoir honte hein c’est c’est c’est pas totalement une invisibilité neutre quoi du point de vue des des émotions que ça charie donc c’est il y a une volonté d’avoir le micro d’avoir le mais en même temps c’est aussi une charge et c’est une charge qui ossifie qui fixe qui et c’est pour ça enfin dou ce que je disais aussi sur l’importance que ce soit pas un sujet à la fois mais tous les sujets et que et aussi le renvoi en fait qui est fait et d’accepter le renvoi que ben en fait que les gens qui soit ont le privilège d’être de de pas souffrir de tel ou tel rapport de domination euh soit exerce aussi cette domination bah paye aussi une autre charge quoi voilà parce que pour moi le le risque il est un peu là que monde disent ouais c’est vraiment bien queil y a des gens qui fassent ça c’est vraiment bien qu’il a ces spectacles c’est vraiment bien qu’il a ses artistes sans du tout payer le prix de enfin mais comme l’exemple que je donnais tout à l’heure quoi le gars qui va voir la conférence et qui en fait ça il a l’impression que ça l’a éclairé mais en fait ça l’a pas éclairé et c’est vrai que sur cette question là moi j’ai l’impression que en ça on l’a pas trop dit mais moi je trouve que ce que j’aime bien aussi dans tes spectacles c’est que il y a la douceur il y a le soin mais il y a quand même un tout petit goût de violence non mais pour faire tester un petit peu quand même pour faire sentir un tout petit peu mais juste voilà pour pour que ça reste pas trop abstrait en fait parce que c’est ça le privilège c’est que parler de domination ça reste abstrait merci beaucoup je tu veux peut-être réagir peut-être le mot de la fin il est pardon non ce sera le mot de la fin non non mais non pas le mot de la fin de la fin mais une dernière question une question rapide oui bonjour en fait moi je suis allée voir carte noir nommé désir quand je suis arrivée en fait on m’a fouillé mon sac euh et puis après je suis rentrée en salle et il y avait une petite dame qui est arrivée qui m’a dit parce que j’avis pas bien entendu l’annonce et quand elle m’a dit que je pouvais m’asseoir sur les canapés euh il y a une femme blanche qui est arrivéit derrière moi qui m’a dit vous étiez prévu où vous étiez assis où donc après je lui donné mes places et je me suis dit mais en fait quand je me suis avancé dans les canapés je me suis dit mais on va me piéger je sais pas si je trouvais ça bizarre en fait et euh on m’a proposé à boire et tout et franchement ça m’a fait trop bizarre de voir les gens en face de moi moi les genses blancs et être dans les fauteuils être bien installé en fait je voudrais savoir comment ça vous est venu cette idée la bifontralité là le fait que on soit bien installé non non mais c’est c’est un peu Bern en a parlé tout à l’heure c’est que c’est tous ces mouvements dans le dans le milieu militant de non mixité qui permettaiit enfin qui permettent d’ailleurs toujours de réfléchir au monde entre personnes qui vivent à peu près des expériences similaires et en tout cas euh en en en faisant en sorte que les personnes qui les dominent ne soient pas forcément présentes dans la réflexion tout de suite enfin voilà et moi j’avais fait les camps des enfin en 2016 et en 2017 j’ai participé à un truc qui s’appelleit les camp d’été des coloniaux et euh l’idée c’était ça c’était qu’on était une centaine 200 pant 3 à 5 jours à se retrouver qu entre personnes victimes de racisme systémique avec des personnes qui animaient des ateliers euh sociologues personnes qui travaillent dans la dans la désobéissance civile enfin des plein de gens sur plein de sujets et on recevait des ateliers on faisait des on vivait des ateliers autour des questions de de racisme et d’apprendre énormément de choses que entre personnes voilà il y a pas que des personnes non blanches parce qu’il y avait des femmes blanches qui portaient le foulard et tout mais mais mais bon en tout cas dans l’é c’était ça et ce moment de nonité moi ça a été un moment qui m’a explosé ma vie euh j’aurais jamais cru que je participerai à quelque chose comme ça parce que je pense que j’ai grandi avec une pensée humaniste enfin humaniste genre voilà humaniste blanche en fait et on éta en Picardie quoi vraiment bah ouis on est tous des frères et sœurs du monde Mikasa stkasa tout ça mais euh là-bas j’ai un seul coup j’ai j’ai compris en fait c’était trop con on était dans le bus pour aller au camp pardon c’est bizarre pour aller au corps d’été sinon ça fait vraiment trop intense et je parlais avec une copine enfin non une meuf que je connaissais pas on parle de elle est végane et elle rentre dans sa famille noire malienne et du coup elle me dit je je je c’est pas possible parce que en fait bah tout est basé sur la viande les poissons c’est c’est ça qui qui rend fier tes parents parce que ils ont réussi à mettre un truc sur la table qui représente la richesse et tout ça et du coup leur dire que tu as décidé de plus manger c’était pas possible et en fait je sais pas ça m’a pris on a parlé de ça pendant une demi-heure de de ce rapport là à la nourriture et nos parents et j’ai été plus loin dans cet échange que dans n’importe quel échange que j’avais jamais eu parce que d’un seul coup on vivait cette expérience commune on savait de quoi on parlait et en fait ça a était ça tout le toute cette toute C séminaire là euh ça a été que ça et d’un seul coup euh la la le comprendre ce que j’avais vécu dans ma chair c’est-à-dire je n’ai jamais eu de prof qui était pas blanc dans toute ma jusqu’à la licence d’art du spectacle et donc c’est un vrai truc de de de tout le savoir qui vient que des personnes blanches et donc moi dans ma représentation en fait les personnes noires elles sont bêtes et aussi j’avais pas d’auteur ouais mon père il me saoulait avec CESER mais bon je je l’ai pas lu et donc euh et donc du coup c’est pour moi et un peu plus un non donc du coup c’était tout cette chos-là qu’il fallait déconstruire et d’un seul coup de voir plein de sachant sachante autour de moi qui possédait comme ça des des outils de comment vivre ou en tout cas des qui me désinguait que c’était que la banlieu que c’était que le enfin tout tout tout le Congo je connaissais pas le royaume Congo j’ai appris énormément de choses et ben après je suis ressorti de l’ en disant c’est mort en fait c’est vraiment un moment puissant et je je voudrais pouvoir le mettre en jeu parce que comme au théâtre on peut vraiment inventer les règles du jeu c’est une déambulation non ça dure 3 minutes tu as un casque tu as machin tu peux inventer ce que tu veux en rapport de comment tu veux que les gens jouent ou regardent ce qui est joué et là je me suis non mais il faut absolument mettre cette chose là en jeu il faut que là je soit très clair sur le fait que mon point de départ dans ce spectacle c’est d’être une femme noire qui regarde le monde ou qui va écrire et qui va créer et donc du coup de de créer un un espace où ce mot communautariste sera désingué parce que euh enfin on sera obligé d’être renvoyé dans l’œil de des autres euh sur voilà bah ouais il y a plein de femmes noires d’un côté mais regarde ton public toi vous êtes tr 350 euh dont 300 personnes blanches donc tu vois bien que ton communautarisme là il tient pas enfin il tient pas longtemps en tout cas tu te tu te renvoie pas cette question à toi-même bon voilà c’est ça que j’avais envie de mettre en jeu le comment on regarde les gens et cette histoire de point de vue situé dans dans l’écriture dans la création voilà et et après ça s’est bien passé pour toi du coup ça va c’était comment aussi aussi parce que fallait protéger parce qu’en fait on va parler de racisme et donc dans la salle les gens il sont pas tous contents ils sont pas tous d’accord avec les trucs qu’on fait donc c’était aussi une manière de se dire pendant 2h45 peut-être tu vas moins de taper Jean-Michel qui va dire voilà et tu vas pouvoir partager le spectacle avec des personnes qui à peu près ont le même vécu même s’il y a des trucs qui sont douloureux les trucs avec lesquels on n’est pas d’accord tout ensemble là-bas enfin pardon là-bas j’imagine que c’est encore là et tout mais mais au moins ça se fait entre nous on n’est pas obligé de s’exposer dans cette violence et après des personnes qui décident de revenir et de revenir de l’autre côté parce qu’elle veulut voir le spectacle de plus haut par exemple et voilà en fa super merci beaucoup je crois qu’on va on va être obligé de de clore parce qu’il y en a qui ont peut-être cour cet après-midi il y en a qui vont travailler il y en a qui prennent le train donc voilà B merci beaucoup oui pardon je peux dire dernier truc c’est que je je suis aussi moi même tombé dans le piège c’est enfin dans le piège constant c’est que du coup il m’arrive de ne parler que des questions politiques autour des spectacles et d’oublier moi-même que je fais un truc estétique donc ben j’espère que vous allez kiffer mon mon self versus ma très grande assiette mon très gros plateau de cantine et mes microndes ce soir et et voilà il y a plein d’artistes qui on travaillé sur ce spectacle et c’est aussi enfin même si je suis vraiment très pas apaisé ben il y a quand même un gros travail dans l’écriture dans dans la mise en en corrélation des images et de comment c’est écrit entre les différents personnes qui sont au plateau et tout ça et j’espère que vous pourrez avoir bah les deux en tête voilà mais si on en a moins parlé par ma faute hein voilà bah merci encore toutes les trois et puis merci à vous à vos questions et puis on se retrouve ce soir à à 19h pour ceux qui ont pas vu la pièce encore à tout à l’heure merci encore

Share.
Leave A Reply