CINÉ-CLUB “LA GARSONNIÈRE” — S08E04 — cycle Autour de Pialat
“La Garsonnière” est le ciné-club de Charlotte Garson (co-rédactrice en chef des Cahiers du cinéma) au Centre des arts d’Enghien-les-Bains.
Ce mois-ci, critique et analyse du film “Mes petites amoureuses” (de Jean Eustache, 1974).
Enregistrement intégral de son intervention le 17 janvier 2024.
MES PETITES AMOUREUSES
de Jean Eustache / 1974 / France / 2h03 / avec Martin Loeb, Jacqueline Dufranne, Jacques Romain, Ingrid Caven, Maurice Pialat
Daniel vit dans un village avec sa grand-mère. Un jour sa mère décide de le prendre avec elle à Narbonne et le place comme apprenti. Il doit alors renoncer à l’école.
Autant La Maman et la Putain était un film de paroles, jusqu’à l’exaspération, autant Mes petites amoureuses est fait de silences, de mots et de plans retenus. L’émotion, diffuse, sourd de l’opposition constante entre le réalisme des images et l’artificialité du jeu des acteurs. Chaque plan est un événement. (…) On ne peut que rester sidéré devant cette vision désespérée de la vie et de la province. Eustache, en dehors de toutes ses influences (Renoir, Guitry, Pagnol, Murnau, Dreyer), c’est un peu un Bresson sans Dieu. (Les Inrocks)
Plus d’infos sur www.cda95.fr (https://www.cda95.fr/fr/coup-de-coeur-pour-la-comedie-musicale-saison-2)
vous écoutez un podcast cinéma du Centre des arts d’Ang gainlesbains bonsoir d’abord tous mes vœux pour 2024 au cinéma et ailleurs euh et alors sur pourquoi est-ce qu’on a inclus mes petites amoureuse dans le cycle piala euh d’abord il a été restauré ce film récemment euh donc il ressort et c’est un plaisir de de revoir enfin ce film et on verra un petit peu pourquoi il est important euh vous allez tout simplement le voir en le en le regardant mais surtout pourquoi le lien avec Maurice piala qui il se trouve que d’abord piala joue un petit rôle dans le film mais surtout bien sûr c’est qu’il a une proximité avec Jean Eustache une proximité de sensibilité une proximité de de rapport au cinéma à la mise et à la mise en scène et à ce qu’on exprimait quand on avait parlé déjà de l’enfance nu c’est-à-dire le premier film piala du cycle à savoir ce cette façon de d’être parfois entre le documentaire et la fiction dans le rapport au lieu et là vous allez voir qu’on commence avec la chanson de traîner douce France et que il y a un rapport au lieu et notamment à la France justement qui est très fort aussi chez ganustach qui était natif de Pessac mais qui a grandi ensuite à Narbonne Narbonne comme Charles traé d’ailleurs donc je vais pas tisser plus les liens entre Stach et piala je préfère que vous voyez d’abord le film euh comme vraiment le film de stage qu’il est hein n’instrumentalisons pas euh le film au sein de notre cycle et je vais juste le resituer euh dans la carrière de Stach dans son dans son moment de création c’est d’abord un film qui euh aurait dû précéder euh la maman et la putin mais qui va être tourné après puisque il a besoin de de moyens euh importants donc c’est un film qui porte en lui son film le plus directement autobiographique en fait ils le sont tous les film de jeanostache si vous avez vu par exemple le film avec Jean-Pierre Léo le Père Noël a les yeux bleus qui précède celui-ci et bien il aurait dû celui-ci le suivre immédiatement c’est un film qui doit dater de le Père Noël peut-être 60 68 69 oh là j’aurais dû regarder la date mais en tout cas il a attendu stage des années pour ensuite tourner ce film-ci qui relate sa sortie d’enfance on pourrait dire et avant il a tourné la maman et la puttin également autobiographique mais film si vous le connaissez voilà énorme dans le sens où il est colossal euh dans son rapport à la parole dans son dans sa logoré presque dans le fait qu’on y parle énormément et ce qui frappe c’est que ce film-ci qui a un film beaucoup plus euh grand public on peut dire financé aussi de manière beaucoup plus traditionnelle avec un peu plus d’argent et qui lui par contre n’a pas marché et bien il a pu être fait parce que la maman et la puttin lui filme quasi exper expériental enfin très radical en tout cas dans la façon dont il épouse la logoré de ses personnages au moins et bien lui a a bien marché en 73 donc voilà le film arrive tard pour Jean eustach mais c’est évidemment quelqu’un un projet qui chérissait depuis depuis longtemps et aussi je pense quand même un un geste vers le public vers un public plus plus vaste plus plus varié qu’il a pu avoir avec ce ce ce type de production euh est-ce que je veux dire quelque chose d’autre avant euh je ne pense pas euh voilà je vous laisse le découvrir et je vous ai apporté des petits extraits ensuite courts mais d’autres films et j’espère donc qui vous aideront aussi à faire le lien avec piala et à en même temps double double viser en même temps creuser ce que c’est que la mise en scène et ce que c’est que ce rapport cette constru d’une fiction qui entretient des rapports avec l’enregistrement au sens documentaire et qui est à mon avis quand même la grande affaire de Jean Hustache et aussi en un sens de Maurice piala ou là là c’est compliqué ce que je dis en tout cas bon film et à tout de suite alors plusieurs plusieurs choses qui me qui me frappe à le à le revoir je disais que c’était un évidemment que c’était un film de sortie de l’enfance mais évidemment c’est pas du tout la thématique qui est qui est originale mais plutôt cette mise en scène si particulière qu’on entend aussi bien au son que que que l’image est elle-même frappante et que les que les mouvements de caméra que les angles et que le le déroulement des séquences frappe et sur cette idée de de sortie de l’enfance il me semble que le film progresse vers quelque chose de plus en plus précis du point de vue de la mise en scne et qui est peut-être quelque chose d’assez proche et de piala et de Robert Bresson h et qui serait une forme de dissociation au fond c’est c’est un mot abstrait mais qui qui s’applique à plusieurs choses du film de manière je trouve très concrète et qui est une sorte de dissociation entre le toucher et le regard euh euh vous vous alors plusieurs me frappe à cette à cet égard et je vais essayer de relier avec le fait que voilà ce cette idée de sortir de l’enfance il me semble que il se passe quelque chose dans le film et qui est proche de ce qu’on avait vu pour l’enfance nu à savoir peut-être la construction du regard du cinéaste hein je disais qu’il était autobiographique à tel point que ses techniciens ont remarqué ses assistants ont remarqué queils voulait absolument être sur l’endroit exact de la route où il était allé avec ses filles et cetera donc quelque chose de presque est que maniaque si vous vous souvenez de nous ne vieillirons pas ensemble de là il y avait la même maniaquerie pour l’appartement quiil partageait avec sa femme exactement refait comme il était exactement dans le même lieu et bien là il y a il y a donc cette cette cette idée de la dissociation qui joue à plusieurs niveaux alors euh je disais la la main et le regard oui plusieurs scènes me frappent à ce à cet égard mais il y en a il y en a une qui qui fonctionne en écho avec la scène de la de la communion c’est bien la communion ou la confirmation je sais plus euh la communion et qui est bon cette scène où il se où il se colle à la petite fille qui qui qui est devant lui tout en ayant l’air de rien c’estàd en gardant le regard complètement neutre devant lui et puis c’est beaucoup plus marqué beaucoup plus tard à la kermè quand il regarde la grande fille la trop grande fille qui est sur la scène par rapport aux autres et que par contre celle qui touche c’est la petite qui est à côté de lui vous vous souvenez à tel point que il est tellement concentré dans son regard que en fait quand il se retourne vers la petite fille réelle j’allais dire la petite fille qui peut toucher en fait elle est déjà parti et et vraiment là là ça devient plus marqué que dans la scène de la communion cette cette dissociation et tout le film est fait comme ça broder d’une certaine façon de ses de ses échos et bien sûr la la la trop grande fille disons des petites filles qui chantaient la chanson qui disait tu es bien trop petit le petit Grégoire on entend les paroles é tu es bien trop petit mon ami tu es bien trop petit et elle elle est trop grande d’une certaine façon sur la scène et c’est ce qui fait qu’il la voit qu’il la remarque qu’elle sort du l’OT elle est en mini jupe elle est voilà et donc c’est elle qu’il va retrouver mais comme par hasard quand il la retrouve vous vous souvenez c’est la plus petite des deux euh des puisqu’elle est avec sa grande sœur quand il aand sur les les filles qui vont vraiment aborder à la fin et donc c’est voilà par exemple c’est un un petit un petit parcours qui qui me frappe pour dire qu’il y a cette deux choses d’abord la dissociation entre le regard et le toucher mais qui mais qui constitue sa façon d’anticiper l’amour on pourrait dire de se construire dans dans ce ce regard qui ne peut pas toucher et se toucher qui voit autre chose que ce qui touche euh et d’autre part euh ce cette idée du trop petit trop grand c’estàdire qu’il est c’est je trouve qu’il a un statut très bizarre d’âge le le le personnage et l’acteur aussi on a vu beaucoup de teen movies on a vu beaucoup de de passages à l’âge adulte mais là on sait pas si on a l’impression que c’est plutôt le passage entre entre l’enfance et l’adolescence et je pense que c’est très conscient puisque à la fin quand il retrouve ses petits amis de Pessac c’est pas dit que c’est de Pessac mais c’était encore plus ou moins un village PAC c’est devenu une ville euh et bien quand il retrouve les amis qui qu’il avait quand il vivait encore chez sa grand-mère vous aurez remarquer quex ils sont encore petits c’est assez c’est assez frappant on a l’Impr c’est un peu brigadoun quoi c’està direire qu’il revient l’été et on a l’impression que bah eux ils ont pas ils ont pas grandi alors que lui il fume il fréquente les filles il fréquente des adultes aussi enfin des gens par exemple le type joué par Pierre Edelman qui dont j’avais regardé la biographie et qui était un type assez flamboyant du cinéma des années 70 80 à moitié producteur à moitié et c’est celui qui joue le riche là avec sa avec sa sacoche incroyable avec sa sacoche pleine d’argent et donc voilà il est il revient j’allais dire riche ou pauvre de toute cette traversée un peu folklorique mais aussi voilà assez surprenante de de toutes ces rencontres qui n’en sont pas et qui en sont quand même ou de ces amitiés qui n’en qui sont des rival ou qui sont et il revient et en fait bah eux voilà il y a quelque chose d’inchangé et et ça c’est vraiment quelque chose qui qui me que j’aime dans le film c’est qu’il a une il est très conscient je pense de ça euh il a quelque chose de proustien véritablement et c’est pas un hasard si vous aimez prou que vous aurez perçu la disons la présence de la grand-mère enfin l’importance de la grand-mère j’allais dire du narrateur du film puisque effectivement il est narrateur il y a bien une voix off euh et et le film est même sous la sous la houlette de la grand-mère puisque au début vous avez vu au générique que le film est dédié à Odette et euh et Louis Robert Louis c’était le grand-père mais Odette Robert il a fait un film avec elle sur elle qui s’appelle numéro zé 3 ans auparavant en 71 où tout simplement il est à la table et il écoute sa grand-mère et c’est tout c’est ça le film c’est un documentaire sur sa grand-mère qui raconte sa vie pendant que ils boivent tous les deux du whisky et vous aurez remarqué d’ailleurs que dans ce film au générique aussi à la fin du générique de début conseiller technique Monsieur Jack Daniels et effectivement il buvait beaucoup de whisky à tel point que oui mais à tel point le problème c’est que cette grand-mère auette Robert elle est morte pendant le tournage je crois vers le début plutôt du tournage euh et que ça a été il a failli vraiment vraiment arrêter et qu’il a beaucoup beaucoup beaucoup bu de whisky et qu’il est allé trois fois à l’hôpital quand même pour voilà pour pouvoir continuer ensuite de tourner donc en fait le film il le tourne ça cause une véritable crise la la mort de sa grand-mère à tel point qu’il pense qu’il va pas pouvoir arriver à tourner le film donc c’est c’est pas rien ça dit aussi quelque chose de de sa grand-mère et quand on voit le film numéro zéro qui parfois s’appelle Odette Robert dans une version raccourci parce que la télévision l’avait lui avait demandé de de l’intégrer à une série sur les grands-mères qu’on peut retrouver j’imagine sur le site de Lina euh bref et bien quand quand quand quand cette grand-mère meurt voilà ça ça met véritablement en péril le film et on voit bien que euh elle a c’est un personnage qui est construit euh dans le film en opposition avec la mer d’une certaine façon vous aurez reconnu euh d’abord que Jacqueline dufran si vous avez vu la maison des bois de Maurice Spala c’est elle qui joue la mère nourriissère d’une certaine façon cette femme qui accueille des enfants pendant la première guerre à la campagne dans dans la maison des bois et puis on a l’impression que elle fait que ça c’està dire faire des collations ou des gûter elle dit collation au début elle dit goûter à la fin mais voilà c’est c’est c’est la même elle fait la même la même chose pour lui elle est elle est complètement stable tandis que la mère quel étrange personnage quand même la mère sem partout déplacé d’une certaine façon c’est-à-dire qu’elle est habillée d’une certaine façon elle a des talons en permanence on l’impression qu’elle dort avec ses haut talons elle a toujours les mêmes chaussures vous aurez remarqué à haut talon elle est couturière et moi j’ai eu presque l’impression que le statut de couturière dans le film a presque le le statut qu’il avait dans les films du du code hollywoodien c’est-à-dire qu’on voilà c’estàdire qu’une couturière c’était presque codifié que c’était en fait une prostituée euh et qu’on disait couturière pour ne pas euh représenter euh la prostitution dans un certain cinéma euh disons censuré de autocensurer euh et on a l’impression que voilà elle a cette elle elle elle porte cette féminité euh maquillée avec les cheveux euh faits teints frisé tout ce qu’on veut et puis surtout elle est joué par Ingrid Caven qui avait un accent euh on se demande pourquoi il a pris Ingrid Caven j’avais regardé pourquoi j’oublie t tous les faits biographiques quand je lis des des choses d’histoire sur comment les les films sont faits c’est un c’est un vrai problème que que j’ai mais en tout cas je me ça m’a toujours frappé que on voit qu’elle est doublée en je pense qu’on le tout le monde le le remarque qu’elle est doublée c’est pas qu’elle soit mal doublé c’est qu’en fait comme elle a un accent allemand assez fort en fait elle parle plus lentement et donc doubler avec sans accent avec un accent français quelqu’un qui dont dont l’addiction est plus lente c’est c’est assez difficile et ça crée une forme d’étrangeté il y a presque quelque chose de peut-être vampirique et je trouve que ça ça c’est assez significatif disons dans le film enfin ça ça a plutôt une bonne conséquence même si ça nous met mal à l’aise je TR en tant que spectateur de même que son le le beau-père José qui est toujours appelé l’oncle le enfin voilà on tourne on tourne autour du pot don on comprend que il est il est pas encore vraiment divorcé et cetera il est joué par un acteur complètement francophone alors qu’il nous ait dit que que c’est un espagnol comme il y en a beaucoup dans la région donc il y a vraiment quelque chose là dans ce couple mère et beau-père qui est off qui est qui est décalé qui est qui ne va pas et et il me semble que c’est assez cohérent finalement avec le propos du film ou ce qui arrive dans le film à savoir ce garçon qui est on pourrait dire déplacé c’est-à-dire que il il a pas trouvé sa place il en a peut-être pas de place et donc le c’est c’est Philippe azouri qui avait qui a qui a écrit un un livre mais qui avait déjà fait des conférences sur surostach il y a plus longtemps et qui dit le cinéma je vous rappelle enfin que le cinéma ne répare pas il est pas là pour pour réparer en fait le cinéma il montre que il a pas une il a pas une fonction forcément consolatrice et d’une certaine façon c’est c’est vrai que pour le cinéma de de Jean stache on a l’impression qu’on voit la fure on voit le on voit le euh on voit la perte disons on voit on voit ce qu’il a déjà perdu étant enfant qu’il est qu’il est qu’il est en train de perdre son enfance et que c’est ça qu’il voit quand il revient à la fin chez sa grand-mère quoi c’estàdire que eux ils sont encore dans le monde de l’enfance et ça il le voit aussi déjà dès la scène de la kermè où je disais l’histoire du trop petit est trop grande mais en fait les jeux de la kermè c’est aussi que avec des plus petits enfants que lui il passe comme ça le long de de la kermè on entend de manière documentaire véritablement les les dames qui animent les différents stands et lui il s’arrête pas du tout à un stand ce sont des beaucoup plus petits enfants donc il y a une il y a un sentiment de de perte de l’enfance mais justement on ne sait pas ce qui gagne il y a il y a pas il y a pas véritablement une promesse je trouve de de grandir de d’accéder à l’âge adulte et c’est ça qui fait la la particularité alors très mélancolique mais je trouve très poignante très déchirante de de ce cinéma il ne joue pas sur des comment dire sur des promesses de sur les l’ouverture immense que peut être l’adolescence qu est l’âge disons des possies là on a l’impression que Ben cette histoire de ne pas aller au lycée enfin on appelle ça le collège mais il parle du lycée c’est aussi un point que je trouve terrible dans le film parce que là il il s’articule avec une question de classe de classe sociale très très très très forte on a l’impression que la génération précédente c’est-à-dire les ouvriers euh ou ou ou moins ou les ou les sous-prolétaires que sont sa mère et son et son beau-père lui disent mais nous aussi on a voulu mais qu’est-ce que tu crois c’està dire tu veux aller plus haut que ta condition d’une certaine façon comme si vouloir aller au lycée c’était être transfuge de classe et que ça n’était pas permis et ça je trouve que c’est c’est rare quand même qu’on le voit au cinéma qu’on voit ça en général on a plutôt le cliché l’inverse c’est-à-dire les parents qui qui qui veulent que l’enfant euh réussissent plus que queeux et là on a cette forme d’égoïsme on pourrait dire de de la génération précédente c’est moi j’avais j’avais dans un film je crois avant d’avoir vu ce filmlà je je ne l’avais jamais vu euh avant de de préciser quelques petites choses de de de forme ou bien de de reprendre mes remarques j’aurais bien voulu bientôt passer un extrait euh que que je vous ai apporté mais je voudrais d’abord euh que vous disiez quelque chose si vous voulez ce que tu disais sur le le fait que c’est un film quand même qui est qui a une certaine mélancolie et cetera enfin euh et que c’est la qui situe précisément peut-être sur la sortie de l’enfance et l’entrée dans l’adolescence euh moi ça me fait penser en fait à comment dire peut-être un genre de film en fait qui qui va parler de de de de cette période ou peut-être plus le d’ailleurs le passage d’adolescence à l’âge adulte mais qui va comment dire à la fois don le sentiment de de oui c’est c’est comment dire c’est terminé et cetera il y a un sentiment de de perte et cetera mais il y a quelque chose de beau qui a été vécu ou une vraie histoire d’amour quoi moi ce que je trouve à la fois beau mais quand même dur et assez amer dans ce film là c’est que le moment qui est censé être le moment en fait de l’histoire d’amour en fait c’est c’est le le moment où ils vont sur la route de de Salinas avec la avec la la jeune fille et que finalement euh il se passe pas grand-chose et on on voit en fait toute la la la codification des rencontres et cetera et et c’est elle-même qui lui fait la leçon sur les étapes en fait qu’il faut qu’il faut suivre et cetera et il y aah de toute façon tu parlais de décalage tout le film je trouve rempli de décalage mais là il y en a un aussi sur ce que comment dire sur sur ce que lui en fait fait pour faire comme son copain on n’est même pas vraiment sûr qu’il qui éprouve quelque chose pour elle on sait pas sils font les choses parce qu’il faut les faire et cetera tu vois ce que je veux dire c’est oui je vois tout à fait et et je pense qu’effectivement c’est aussi ça fait partie de ce cette dissociation j’ai lancé le mot comme ça mais il y a ça cette cette dissociation entre ce qu’on vit enfin ou ce qu’on ressent don ce dont on fait intimement l’expérience et ce qu’on fait de manière mimétique de manière presque mécanique bon il est mécano mais c’est pas pour ça mais euh et ça là encore les scènes fonctionnent en écho les unes des autres et là enfin j’en vois trois encore encore trois scènes qui se répondent comme ça en écho comme l’autre que dont je vous avais parlé qui est qui sont d’abord le voyage en train le premier voyage en train si vous vous souvenez on est dans la locomotive on a l’impression d’être dans au début de de zéro de conduite hein il y a quelque chose de de vieux train il y a un inérieur du du vieux train si vous souvenez le le début de zéro de conduite de de jeanvigot ce sont deux collégiens euh vraiment de de cet âge-là il a il y a même une ressemblance physique bon euh Jean eustach est très cinéphile je suis sûr qu’il adore evigo et et renois donc dans ce premier voyage en train en fait si vous vous souvenez on sait pas vraiment d’où il part et où il arrive c’est pas très clair parce qu’après il y a un deuxième trajet et là vraiment il part euh chez euh chez chez sa mère donc c’est c’est étrange comme ça et en fait c’est parce que le le voyage en train là on voit rien dehors on est tout est dedans en fait c’est une sorte de scène fantasmatique c’est c’est c’est comme si c’était onirrique à la limite peut-être que cette ce compartiment où il se passe quelque chose de sexuel devant lui est vraiment une scène de fantasme c’est c’est pas c’est pas évident et et donc je disais ça dans ce premier compartiment tout se passe en face de lui hein là encore aussi comme dans Serenada 3 de Lubich donc il y a ce face- à faceace les les deux types qui et et la fille qui font des choses sexuelles en face de lui et lui qui est là avec ce regard toujours ce regard neutre on sait pas ce qui ressent ce qui désire voilà mais l’autre lui a dit avant suis mon exemple je crois je crois que c’est ça la phrase suis mon exemple suis mon exemple on dit mais qu’est-ce que comment il peut suivre l’exemple il y a rien à suivre il est juste en train de fermer les rideaux et en fait c’est presque on a l’impression qu’il que finalement rétrospectivement il parle pour plus tard pour beaucoup plus tard il lui dit pas de participer sur le coup il est vraiment complètement spectateur et puis l’écho à ça ce serait quand il va au cinéma et que l’autre lui montre comment on caresse une fille par derrière ensuite on obtient le baiser enfin on y va par deux fois quoi puis la deuxième fois on l’embrasse et tout et la et le le troisème écho à ça c’est aussi le doublon avec le donjan qui est là pour lui montrer comment faire donc faut partir avant les autres pour pour avoir les filles faut et cetera bon donc tout ce tout dans tout dans tous ces cas dans dans tous les cas c’est vrai qu’il y a une progression dans le sens où quand même il s’allonge avec avec la fille il lui parle il il s’embrasse et cetera on peut pas dire que il est il est au point du train quand il est dans les herbes près de la route de Salinas il y a il y a une forme de de participation qui est qui est accrue de sa part mais au fond euh même quand il est comme ça c’est ce que tu dis c’est-à-dire qu’on sent que d’abord c’est du mimétisme et on mais peut-être qu’on apprend comme ça peut-être que c’est que ça la vie c’est c’est c’est possible aussi mais en tout cas il y a toujours l’impression que c’est d’abord un spectateur que qu’il est d’abord spectateur d’où le fait qu’il adore le cinéma d’où le fait que on le voit sur les allées non pas marcher mais enfin les allées qui leur servent de des gens disent le boulevard dans d’autres villes faire le boulevard bon donc c’est ces allées qui où normalement on se fait voir lui il est assis sur le banc et il regarde et qui on voit dans l’occurrence où il voit un couple d’amoureux s’embrasser dans les allées c’est Jean austache lui-même qui est assis sur le banc l’adulte qu’on voit avec les cheveux un peu longs comme ça euh c’est eache lui-même qui regarde aussi euh ce ce couple d’amoureux donc bien sûr que tout ça nous nous rapproche du fait que être cinéaste pour ostache et c’est là où je trouve qu’il est quand même très proche de piala c’est être à la fois euh un spectateur voilà passionné enfin d’ailleurs il y a le mot hein il va il va vivre sa passion il va hein quand il va au cinéma euh on se moque un peu de lui qui soit passionné de cinéma et qui soit moins dans la vie euh et en même temps c’est une comment dire c’est une forme de malédiction enfin c’est une c’est une chance parce que on devient cinéaste mais on est on est quand même en dehors de de la vie en dehors du toucher je le disais c’est c’est on est dissocié disons entre entre la l’œil et la main ce qui me rappelle d’ailleurs que un un essai aussi récent de jéromum Silovic sur piala s’appelle je crois l’œil et la Maurice piala l’œil et la main donc où il parle du fait que piala était peintre et bon bref mais il y a cette idée que en fait ce qu’on regarde c’est ce qu’on sait avoir déjà perdu puisqu’on ne peut pas le toucher donc ouais c’est c’est là je trouve presque un cas d’école dans ce film là il y a il y a quelque chose que je voulais dire par rapport à Renoir aussi juste dans ce que tu disais sur ben finalement il l’embrasse mais on a l’impression que c’est pas sa vie quoi que que que que que c’est pas son histoire queelle lui est confisquée elle lui est confisquée par la fille qui a ce code tout à à fait comment dire social enfin cette ce qui la codification entre entre hommes et femmes dans cette société là qui est toutes les étapes on on ne peut pas aller plus loin que le baiser ou que une main qui qui touche et cetera donc il y a y a il y a ça et en même temps donc du côté de la fille ça ça l’empêche mais je dirais beaucoup plus de manière plus forte dans le film c’est une expérience existentielle exactement comme celle d’ariette la jeune fille du fleuve si vous êtes venu voir le cycle Renoir il y a un moment où ariette qui est très amoureuse d’un homme adulte d’un d’un homme jeune mais quand même adulte finalement voit sa copine plus grande plus sensuelle plus séductrice Valérie arrivit elle à séduire cet homme à un moment et à à l’embrasser et elle elle est cachée derrière un un buisson et elle les voit s’embrasser et elle dit elle dit en voix off c’était mon premier baiser mais mais mais mais donner à une autre c’est c’est beau comme phrase c’est mon premier baiser mais donn à une autre et et c’est un peu aussi ça euh là c’est-à-dire qu’ là lui il est participant mais en même temps on a l’impression que les choses lui sont confisquées ou que en tout cas il n’arrive pas de manière plus cette fois-ci plus plus profonde plus intime il n’arrive pas à accéder au monde en fait bon j’ai oublié de dire que jeanustage cette mélancolie il l’avait je veux dire intimement biographiquement il en est mort puisque il s’est suicidé à 43 ans en 81 donc c’était pas quelque chose c’était pas de la blague c’était pas du tout une posture d’artiste non c’était juste une réflexion que je me faisais sur les scènes d’embrassad d’attouchement entre ils sont plus tout à fait des enfants pas encore des ados et et je je me demande par rapport au par rapport à aujourd’hui par exemple on pourrait je pense ne plus faire ce ce enfin ce type de scène on y pense ouais non enfin moi ça m’a tout de suite frappé et puis à côté de ça le le le consentement des parents les les enfants comment comment ils réagissent à ce genre de de demande enfin c’est quand même c’est comme dit ma ma voisine c’est c’est presque gênant ça m’ gé ouais mais j’étais sûr ça vous gêner je commence à par rapport à à notre époque à à tout ce qu’il y a autour de du concentement et ça met presque un petit peu mal à l’aise VO alors pour les personnages ou pour les acteurs ou les deux pour pour les les pourir pour nous spectateurs enfin certains spectateurs peut-être pas tous ici dans la salle mais oui pour pour les enfants pour les parents je sais pas comment il a il a réussi à à obtenir ah les parents des acteurs par exemple oui par exemple c’est parce qu’il y a quand même des enfin il y a des attouchements très ouais très très quoi alors juste sur le consentement effectivement vous vous souvenez cette phrase que dit le le garçon tu leur demandes elles disent non tu leur mets la main au Trafalgar elles disent rien ou alors elles disent oui donc voilà ça passerait au moins c’est c’est dit c’est c’est frontal alors déjà je rappelle que ce sont des ce sont des gens qui parlent entre eux dans le film donc il y a quand même ça et après oui sur le fait de faire faire des choses à des acteurs comment dire de moins de 18 ans ou même de moins de 15 ans parce que je sais plus exactement quel âge il avait Martin LEB dans le film oui c’était quand même quelque chose qu’on qu’on faisait plus queon ne fait maintenant les années les années 70 après moi je trouve au contraire enfin que c’est complètement là dans cette idée de dissociation c’est fait de manière on voit très bien qu’ils sont on on leur dit colle ta bouche contre sa bouche et ils le font mais il y a quelque chose dans la lenteur ne serait-ce des plans du baiser et cetera qui est on voit qu’il y a quelque chose de très artificiel je trouve qu’il y a pas de il y a pas de sensualité comme on en trouve je sais pas chez keschich par exemple c’est enfin c’est c’est vraiment autre chose c’est presque analysé au sens décomposé on a l’impression que ça met le il ne se décolle pas la bouche pendant pendant 3 minutes la caméra tourne très très lentement à un moment c’est pour moi c’est vraiment pas du tout naturaliste disons dans le dans ce rapport sensuel ça ça désensualise et et c’est pour ça que je serais d’accord avec Jean-Paul quand quand ils dits ont l’air de de le faire parce qu’il faut le faire ou bien ouais on voit que c’est un homme plus plus âgé qui regarde son enfance perdue moi je trouve qu’on voit ça je disais que c’était proustien mais c’était évidemment dans ce sens là aussi pas que pour l’anecdote de la grand-mère ou l’importance de la grand-mère parce que comme par hasard l’extrait qu’on voit de Pandora d’Albert Lewin c’est quand même rare dans un film comme ça de voir de voir véritablement rentre dans le ciné puis on on accède à ce film Pandora il y a la scène où bah ça y est le la faille temporelle va va se terminer dans dans Pandora et où ils vont être séparés et voilà le sablier avec le le sablier qui se qui se casse c’est complètement ça c’est le temps perdu enfin c’est le donc donc il me semble que tout ce traitement là cette cette mise en scène là y compris des baisers y compris des scènes les plus sensuelles sexuelles euh il est dans cette décomposition du temps-là il est dans ce ce clévage entre celui qui raconte qui regarde derrière lui et qui a déjà perdu euh euh tout ça et et celui qui est là au présent et ça c’est travaillé dans le travail de la voix off par exemple le fait que la voix off euh elle est euh euh elle met elle met à distance elle est pas du tout on n’ pas du tout l’impression on l’oublie parfois mais euh on on on n’est pas dans un présent pur de de la jeunesse on est dans quelque chose de déjà perdu euh plus que ça et il me semble qu’on que euh comment dire la la tonalité mélancolique si vous voulez ou au passé euh sans le dire euh de la voix off enfin si au passé à l’imparfait euh de la voix off et prolongé dans les dialogues in et c’est ça que je trouve que je trouve beau dans le film et et intéressant euh et qui est que il là encore je disais moi je trouve pas ça naturel quand il s’embrassent quand il se touchent euh c’est très stylisé et il me semble que c’est aussi extrêmement stylisé la façon dont il parle la façon dont c’est très récité et où là pour le coup on peut ne pas aimer on peut ne pas accrocher on peut ne pas rentrer dans le film parce que la façon dont il parle parfois il récite complètement son texte rectotono c’est exactement ce que je voulais dire mince je rends le micro alors est-ce que là on du coup on passe l’extrait parce que c’est ça raccorde avec ça mais je tu veux Bron Bresson ouais c’est vraiment c’est un tout petit extrait de Bresson je vais pas vous vous ouvrir à un tout autre univers de cinéma mais pour quand même réfléchir à ce que d’où ça vient cette façon quand même de faire jouer les acteurs parce que si on se dit ils y arrivent pas parce qu’ils sont trop petits ils sont jeunes ou je sais pas quoi ils sont de Narbon pas du tout donc il y a un il y a un travail sur sur comment on parle dans un film et non seulement ça mais d’ailleurs c’est conscientisé dans cette je pense dans la conversation qu’il a avec l’étudiant où là par contre ils arrêtent pas de parler il y a pas de silence alors que dans tout le film quand on essaie de prendre un extrait pour la radio ce qui m’est arrivé il y a tellement de silence c’est tellement bruité clean il y a tellement de silence dans le film qu’on arrive pas à prendre un extrait à passer à la radio sauf dans cette scène où il où il arrête pas de parler le petit le petit garçon et où il raconte un truc sur un prof qui parle de la passion chez Racine mais qui qui lui ne l’a pas vécu tandis que l’élève lui il a il connaît pas racine mais la passion il la vit intimement c’est c’est beau comme comme échange sauf que sauf que chez Hostache il y a ça et puis après il y a l’autre qui dit bon ou ben je pense que tu ferais mieux de te de commencer par te dépuceler de la bouche voilà drôle d’expression à la fois très cru enfin très comme ça tout à coup le sexuel vient s’inviter dans mais qui est euh me semble assez clé enfin qui est qui est une expression qui qui troule le dialogue comme ça mais qui qui me semble tout à fait caractéristique de ce rapport de Stach au langage c’estd ce là encore cette dissociation entre le neutre le rectotonau le le détachement quelque chose de très récité et tout à coup et en même temps quelque chose qui peut être très incarné très cru très corporel alors on passe juste l’extrait de du film de Bresson que vous allez reconnaître bon j’ai j’ai choisi cet extrait aussi parce que bon on entend on entend ce traitement de la voix off on voit le regard comme ça de l’acteur qui est au-delà de du présent de la situation mais aussi tous ce travail sur les inserts qui qui vient je pense chez ostach et chez d’autres puis là aussi retenu quelque chose de ça sur des gros plans sur des mains sur je sais pas si vous vous souvenez dans dans mes petites amoureuse même la sacoche enfin voilà si vous avez vu l’argent de Robert Bresson il y a aussi des gros plans comme ça donc il me semble que il y a dans les inspiration disons de Stach ça Bresson stylistiquement et donc Bresson avait toute une théorie des acteurs qui l’appelait des modèles et dont il demandait justement que ces acteurs ne n’incarnent pas d’une certain façon ne mettent pas des espèces que que lui trouve êre des des tics de jeu des des idées psychologiques sur le personnage mais soit au contraire dans des gestes et dans une une diction qui ne qui n’essae pas de rendre le texte faussement naturel quoi parce que pour lui c’était du théâtre donc on voit que each quand même s’inspire de ça il il amène autre je trouve qu’il amène ça ailleurs parce que parce que c’est tellement autobiographique ce qui ce qui fait est tellement sensible tellement écorché que que c’est beaucoup plus incarné quoi qu’il arrive mais il y a cette tension en tout cas et c’est intéressant que quelqu’un décorché disons comme aostache s’inspire d’un styliste au contraire beaucoup plus euh oui de quelqu’un qui stylise beaucoup plus oui le seul qui soit attendez je vous quand même vous donner le micro s’il vous plaît oui euh le seul qui soit un peu naturel en fait c’est piala qu’ tu dit oh les gamins aujourd’hui euh il y a pas moyen de et cetera le bien machin il il est il récite pas du tout ouais et il est extraordinaire est-ce qu’on montre l’autre extrait du coup vous vous avez l’art de lancer mes extraits oui oui ben je veux bien ouais euh j’ai un peu oublié la date du film peut-être 69 mais peu importe je veux bien je veux bien que tu le lances ouais oui en effet en effet juste sur sur piala acteur il a pas pas du tout une carrière d’acteur mais quand même avant de faire du cinéma puisque je vous avais dit qu’il avait piala fait du du du cinéma tard euh pour des questions principalement d’argent de de justement de classe vraiment sociale il faisait du théâtre amateur mais du théâtre sérieusement quoi on peut on peut tout à fait être dans des troupes disons semi professionnelles et il était je pense que ça devait être un très bon acteur et donc il a pas eu de carrière après d’acteur mais il joue notamment dans que la bête MEUR de Claude Chabrol où il joue un commissaire et à un moment il dit à un garçon qui a tué son père un jeune homme qui a tué son père il lui dit mais tu vois pas que ta vie est foutue et il me semble que dans la scène que lui fait jouer Stach alors c’est pas aussi dramatique mais finalement c’est assez frappant aussi ce qu’il dit au garçon quand il dit tu seras comme nous un pauvre type il lui tient le discours de ses parents à savoir tu crois tu veux aller tu veux avoir des lettres mais laisse tomber tu es tu es limité par ta classe sociale et tu feras pas mieux que nous sauf que c’est complètement différent de la façon effectivement dont le jou ingrd Caven par exemple dans la cuisine on a l’impression d’une version presque presque parodique au fond d’un d’un drame d’un Kinchen sink drama comme on dit en Angleterre quoi ce côté voilà naturalisme triste que parodie par exemple demi dans une des chansons des demoiselles et là piala il arrive et on a l’impression que c’est le naturel entre guillemets et que c’est une modernité de jeu euh en tout cas un autre type de jeu qui s’invite dans la boutique quoi et euh et je trouve ça assez fort je ne sais pas si c’est une indication de jeu je ne pense pas euh mais je pense que déjà ustach euh a a cette capacité quand dans dans son casting et dans et dans la façon dont il dirigent ou non ses acteurs déjà à intégré euh les particularités de leur parler de leur accent plus ou moins local il y a des gens qui ont un accent du sud-ouest dans le film d’autres qui ne l’ont pas et c’est très c’est très modulé dans le film c’est très c’est très accueilli par le film et en même temps je trouve ça n’est pas exploité de manière pseudo significative quoi les les gens ont différents différents degrés d’accent et c’est vrai que là-dedans piala il détonne d’une certaine façon mais il a pas pas pas pas pour une raison géographique mais parce que il apporte une voix une voix moderne et et un jeu moderne alors je vous ai juste apporté un extrait d’un d’un court-métrage que j’aime bien un courtmétrage nouvelle vague disons de gens rouche qu’on voit pas souvent qui s’appelle les veuves de 15 ans il est beau quand même non je je je vous monter aussi ça d’abord dans cette possibilité de distance qui peut y avoir dans ce regard carnacier disons des hommes sur les jeunes jeune fille qui a dans tout le cinéma notamment le cinéma de la nouvelle vague et qui est thématisé y compris dans les films de de jeanustache et dans les films de Maurice piala et où là c’est intéressant donc film de Jean rouche les veuves de 15 ans parce que le le rapport de séduction entre entre entre lui et elle est est médié enfin et en tout cas et repoussé je trouve et mis à distance de manière intéressante par le fait que lui c’est un c’est un photographe au travail et tout tout son jeu à lui c’est de vraiment s’occuper de ses appareils de parler mais tout en faisant autre chose avec ses mains et cetera et je trouve que ça crée quelque chose de beaucoup plus intéressant que disons des scènes de séduction très nouvelles vagu dont on a l’habitude et puis je vous le je vous le présenta aussi d’abord parce que il y a une veine ethnographique chez eustach comme il y a chez piala et donc comme il y a juste un peu avant eux et en même temps chez jeanrouche où là vraiment jeanrouche est est devenu un ethnographe lui c’était c’était vraiment y compris loin chez chez les Dogons euh mais au fond il y a cette veine ethnographique dans ce cinéma des années 70 de l’après nouvelle vague et je trouve quand même qu’elle est là chez Eustache dans dans mes petites amoureuses parce que on capte quelque chose de la France tout ce CA Faé des qure fontaine avec avec ses garçons euh tout le passage des filles la façon dont les les vêtements les chaussures les le flippeer tout ça c’est pas seulement des éléments de cinéphilie qu’on pourrait dire qu’ viennent de la nouvelle vague ou quoi non on sent que c’est ancré dans le lieu et j’en veux pour preuve dans la mise en scène le fait que beaucoup de plans commencent sur des lieux vides le personnage n’est pas encore là ensuite il rentre dans le champ mais il y a ce moment où le le le champ est entre guillemets vide d’abord ou bien quand il repart et qu’on a encore le plan qui dure ça ça fait penser à Ozou même certains plans de d’ozou mais il me semble que là dans ce film-ci ça nous dit quelque chose de la de l’importance du lieu et et ça nous dit aussi quelque chose peut-être à certains moments du film par exemple quand il y a ce tabac en bas de chez lui à Narbon et où on a l’impression que le personnage prend en compte tout à coup que bah maintenant c’est ça en bas de chez lui c’est c’est plus comme c’était chez sa grand-mère mais que c’est son nouveau coin de rue c’est son n c’est son nouvel environnement immédiat et que donc là encore on a la la marque d’un cinéaste de quelqu’un qui prend le temps de de de de se faire imprimer disons par par le lieu enfin en tout cas moi c’est c’est l’impression que ces plans laisser vides euh me donnent donc il a il me semble qu’il y a une dimension ethnographique et chez piala et chez et chez eustach et dernier point sur cet extrait euh piisal a dit ah bah alors tout nes pas perdu si tu crois à l’amour hein si tu en fait dans à nos amours Maurice piala fera dire au frère de de Sandrine Bonner tu as 16 ans et tu crois plus à l’amour et tu crois pas à l’amour c’est une phrase comme ça sur cette idée que qu’est-ce que c’est qu’une jeunesse qui serait déjà désenchantée et au fond c’est aussi le cas dans dans mes petites amoureuse dont je n’ai pas dit mais que que le titre vient évidemment de du poème de mot euh j’ai un troisième extrait à moins que vous ayez des choses à me dire pour pas pour pas que la soirée soit trop longue mais n’hésitez pas mais je propose que Jean-Paul pour la troisème fois se se fatigue et et monte les marches euh oui puisque en parlant de jeunesse et d’amour on pouvait pas vous passer dans le cycle piala parce qu’on voulait aussi voir une constellation autour de lui il y a des films de piala qu’on peut pas vous vous ass euh et l’un d’entre eux c’est passe ton bac d’abord euh qui montre justement une jeunesse voilà enfin qui montre l’adolescence et et les premiers amours de manière beaucoup moins mélancolique quand même que Stach mais que je trouve intéressante et évidemment j’aime j’aime beaucoup aussi ce film pason bac d’abord donc je vous ai apporter un un extrait c’est toujours un peu le le problème de montrer des extraits d’autres films parce que ça ça rend la chose assez hybride ça rend la soirée assez hybride mais quand même il y vous voyez qu’il y a une il y a une parenté entre entre tous ces films et dans une approche de la jeunesse et aussi quand même cette histoire de l’accent parce que là on sent que c’est plutôt un accent picard mais là encore tout le monde ne l’a pas et c’est pas thématisé quoi et c’est ça que j’aime bien dans leur dans cette veine ethnographique du cinéma français des années 70 j’ai oublié de dire que Jean austache il a aussi tourné véritablement des documentaires et notamment la Rosière de Pessac en 68 et en 79 en 797 en 79 c’est-à-dire à 10 ans de de distance sur cette tradition de la Rosière dans sa ville natale de de Pessac et je vous ai parlé aussi de numéro Z0 qui est purement un documentaire donc c’est quelqu’un qui qui qui a véritablement l’idée ancrée en lui que que le cinéma c’est d’abord l’enregistrement hein c’est que déjà enregistré c’est faire de c’est faire un film et donc c’est faire du romanesque ou de la fiction suffisamment on n pas besoin de faire de la fiction pour pour pour lancer la machine fictionnel et si vous n’avez pas vu une sale histoire de de Jean Eustache c’est un film proprement hallucinant sur sur cette jonction entre entre documentaire et fiction très cru par contre comme film mais qui qui est l’étape suivante maintenant que vous avez vu mes petites amoureuses vous vous pouvez voir une sale histoire vous êtes prêt à la fois théoriquement avec cette histoire de la de la dissociation du double du de et et et vous êtes prêt aussi à à des choses encore plus crues que ce que vous avez subi euh mesdames euh oui non est-ce que vous aviez des des choses à mon point de vue c’est vrai que le le film B retourne beaucoup autour des des amourettes qui entre ces adolescents mais j’ai j’ai eu j’ai plutôt l’impression que ce ce pauvre garçon il avait une soif d’apprendre il se faisait tout un monde de passer au collège éventuellement d’aller chez sa mère donc dans une et on a l’impression plutôt qu’il passe son temps à à analyser tout ce qui se passe autour de lui à à emmagasiner le maximum d’informations presque un peu pour faire un pienné c’est bonah ma mère elle me met pas au collège ben moi je vais apprendre autre chose donc il il apprend par lui-même puisquil demande même à maman et si moi j’apprends dans les L il a une envie d’apprendre j’ai plus l’impression que ce film il tourne autour de ça oui mais c’est la même chose pour ostache c’est pour ça que je disais une veine ethnographique et et documentaire parce que parce que pour lui ai oui ça va avec c’est c’est non dissocié je pense du fantasme du du regard qui qui fantasme apprendre et comment dire et fantasmer on voit bien que pour lui c’est la même chose aller au on apprend au cinéma alors qu’on voit bien ce qu’il voit au cinéma voit des films ultra romantiques avec des stars hollywoodiennes mais vous avez raison le statut de son sa relation à ça c’est un statut d’autodidacte oui par aimession finalement il apprend l’amour parce que c’est le finalement la seule chose que lui amène son entourage s’il fréquente que des garçons qui pensent qu’à ça priori tout le monde pense qu’à ça dans le dans le coin j’ai l’impression particulièrement quand même là dans le film qui me vraiment peut gêner moi don on a l’impression que tout le monde pense qu’à ça qu’ a rien d’autre de et et d’un autre côté qu’on veut on veut rien lui apprendre alors qu’on a l’impression qu’il sait faire plein de choses ce pauvre garçon tu jamais été adolescente toi c’est le coin tempora moi j’ai fait plein d’études moi je voulais apprendre moi moi j’étais plus proche de lui je voulais apprendre je m’en fous de tout çaapends oui mais là aussi voyz comme moi par contre je me suis même posé une question c’est finalement pourquoi il est retourné chez sa mère puisque a priori gênait plus qu’autre chose on a l’impression qu’elle était pas prête à le recevoir elle avait déjà pas l’intention de le mettre au collège si c’était pour pas aller au collège et en plus gêner le le le frère de son nouveau copain c’est a priori c’est un peu le il avait rien à faire là autant qu’il aide sa grand-mère qui faisait les marchés quand même oui mais alors justement il est il est déplacé vous avez raison et on se demande on se demande mais pourquoi il accepte c’est on voit tellement que c’est le paradis chez chez sa grand-mère que que pourquoi il irait moi ce que je comprends quand même sans psychologiser outre mesure parce que de toute façon lui il a pas le choix en fait il est envoyé chez sa mère il il est réclamé par sa mère ce qu’on comprend pas trop c’est les motivations de la mère de dans son dans son une pièce cuisine mais mais en tout cas lui ce qu’on voit dans le film c’est qu’il est content d’y aller ça c’est le deuxième voyage en train où il a une espèce de légèreté et où il pleure pas du tout en disant au revoir à sa grand-mère il auège oui on sent qu’il y a une libération de quelque chose sans doute comme vous dites parce que il a le collège devant lequel il passe et tout ça mais dès que il sont dans la voiture et que la mère dit on verra il comprend tout de suite il le dit en voix off que il a déjà compris que en fait ça va pas se faire ce qui nous est montré c’est la désillusion c’estàdire c’est ça qui qui est un cinéma de la cruauté c’est-à-dire que au lieu de nous montrer quel un truc initiatique disons normal voilà il grandit il découvre le collège il découvre peut-être la ville non c’est c’est c’est la première désillusions en un mot donc on voit sa joie de d’aller quand même à la ville dans une dans une à Narbonne de retrouver sa mère peut-être ça c’est pas sûr mais surtout de pouvoir aller au collège il y a quatre cinémas au lieu au lieu d’un donc il y a quand même ça et puis et puis ensuite on voit tout de suite que ça se referme tout le film n’est que ça c’est-à-dire qu’ il nous dit que en fait l’ouverture le les possibles sont toujours ouverts comme ça comme un éventail et refermé aussitôt quoi c’est y compris pour l’apprentissage mais pas seulement je pense même au niveau de la structure de enfin des plans moi je j’avais l’impression à chaque fois c’est bon bah ça c’est fait hop on passe on passe auss l’impression que c’est très il y a beaucoup de choses qui sont haché comme ça puis d’autres qui sont un peu plus laés mais il y a beaucoup de plans ah B allez ça c’est fait maintenant on passe à la suite on passe carrément dans un autre c’est vrai alors ça j’ai pas parlé vous avez raison de la structure générale du film qui est des petits t des petites scènes euh sur que l’on clot par un fond du ha noir mais vraiment un fond du ha noir comme on éteindrait la lumière et effectivement on éteint la lumière sur les illusions de Daniel souvent c’est sur son regard il a un très beau visage et aussi un regard avec quand même une gaieté un un espoir et cetera quand il est face à la caméra et en fait à chaque fois on on éteint quoi on on douche son on on douche ses espoirs donc le film est structuré comme ça et ça c’est aussi quand même très bressonien si vous avez vu pick pocket dans son ensemble il y a beaucoup comme ça de de fermeture de scènees qui crée une forme de lenteur c’est ça nous paraît artificiel quand même c’est c’est comme si l’expérience de la vie était faite de morceaux qui ne se joignent pas pour citer encore une fois Henry pierre rocher qui a inspiré truffo dans dans deux de ses films voilà c’est ce sont des des des morceaux et en fait c’est à nous sujet de de recoller ces morceaux mais ils sont fragmentaires dans notre expérience et c’est à nous de recoller mais en plus ils sont fragmentaires parce que c’est l’enfance ou la fin de l’enfance vu depuis un âge plus âgé donc il y a aussi cette dimension là de de fragment c’est deux premiers plans du film fonctionn comme ça tout à fait c’est frappant lit le lit est vide oui mini ellipse ou au tout début il dort et puis ensuite on ferme et l’ellipse nous nous monte le lit ensoleillé le matin et à tel point même que on pourrait presque se dire voilà tout ce qui suit le tout premier plan est est rêvé et et et et c’est tout ça est dans son sommeil dans le sommeil du souvenir ou dans le ouais ouais c’est très et cette cette idée et me paraît quand même très inspiré de de Bresson parce que Bresson dans son ses notes sur le cinéma aographe qui sont une sorte de traité vraiment de sa conception du cinéma très très lapidaire il dit que la la poésie est dans les jointures hein les jointures étant justement ces ellipses très très très marqué h écoute c’est le moment d’annoncer la la séance suivante pe-êre voilà alors ce sera ce sera mi-février j’ai oublié la date 28 février et on va retrouver Maurice piala donc ça c’est la bonne nouvelle euh mais donc c’est loulou un un film un film très intéressant et la mauvaise pour certains c’est que ben c’est que Loulou c’est jarard de pardieu euh donc voilà voilà donc nous nous ne nous nous choisissons de montrer quand même les films y compris de gens qui font des gens des actes absolument répréhensibles dans la vie donc voilà on va passer Loulou et on passera aussi sous le soleil de Satan n’est pas ou on Fa un total quoi n’est-ce pas mais certain de ces meilleures film peut-être pour le coup louou oui oui enfin je veux dire enant acteur enfin oui oui après on fera on fera on parlera 5 minutes de de partdu mais ça suffit en même temps on en a déjà beaucoup beaucoup parlé donc voilà j’espère que vous viendrez pour pour loulou qui est un peu une comédie pour disons à l’échelle piala c’est c’est carrément une comédie voilà merci bonne nuit merci