Enseignement 2023-2024 : Le calame et la croix : la christianisation de l’écrit et le sort de la culture classique dans l’Antiquité tardive (5). Les écoles (2)
Cours du 28 février 2024 : Des écoles dans les monastères ? (4)
Professeur : Jean-Luc Fournet
Chaire Culture écrite de l’Antiquité tardive et papyrologie byzantine
Retrouvez les enregistrements audios et vidéos du cycle et son texte de présentation :
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Tous les enseignements du Pr Jean-Luc Fournet :
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[Musique] alors bonjour à toutes et à tous alors dans notre notre enquête sur les écoles monastiques d’Égypte et bien les sources que je vous ai présenté les précédentes semaines se sont avérés de nature assez diverses des recueils de de di ou de vie de de sain dont on attend moins le reflet de la réalité que des des exemples des modèles des exempl édifiants des récits d’historiens dont on peut escomter plus d’exactitude mais qui ne sont pas on l’a vu en puiser à leur tour dans ces textes géographiques et subir l’influence de leurs stéréotype puis des règles monastiques qui malgré leurs fonctions normativ ont de fortes chances d’offrir le tableau de pratique qui ont réellement existé alors c ces deux dernières sources sources historiques et les sources les règles monastiques nous ont persuadé de l’existence d’un enseignement régulièrement dispensé dans les monastères qui dans certains cas ont pu également accueillir des jeunes de l’extérieur qu’en est-il des sources papirologiques et archéologiques les fouilles de monastère égyptien j’ai eu l’occasion de parler d’ Jérémie euh ont en effet livré entre autres beaucoup de documents écrits ceci confirme-t-il les conclusion auquell nous sommes arrivés par le BIA des sources hitéires que nous disent-il des lieux qui ont servi de cadre à cet enseignement et que nous dise-il de son contenu qui sera intéressant d’ailleurs de comparer au conseil donné par Pacom par Jérôme par Basil peuvent-ils ou non confirmer la présence de jeunes laïques ou en tout cas de jeunes ayant bénéficié d’une instruction dans le cadre du monastère alors sur ce dernier point la documentation papierologique de nature scolaire je dois dire est décevante elle se contente de livrer des textes écrits sans nous informer sur le profil euh de ceux qui les écrivent leur âge leurs origines leur milieux sociaux professionnels et cetera seul le profil culturel et j’entends par là évidemment la plus ou moins bonne maîtrise de la culture lettrée et de l’écriture tout simplement seul le profil culturel est éclairé par la paléographie des textes et quand il ne s’agit pas d’exercice de copie mais de composition par la qualité de de la langue un document scolaire ne permet évidemment pas de savoir si celui qui l’écrit vient de l’extérieur ou à partir au monastère s’il s’agit d’un moine qui apprend à lire ou à écrire ou d’un dans la même situation pour obtenir ces informations et bien il faut s’en remettre à d’autres types de sources d’autres types de données les documents ou les inscriptions qui témoignent les documents papierologique ou les inscriptions qui témoignent indirectement de l’enseignement dispensé dans les monastères et propre à contenir des informations que j’appellerai contextuelles un seul texte à ma connaissance nous permet peut-être de répondre peut-être de répondre par l’affirmative à la question de la présence de jeunes venant de l’extérieur alors il s’agit d’un ostracon qui a été retrouvé dans le monastère d’Épiphane sur la rive ouest de tèble je reviendrai avec beaucoup plus de détails sur cet établissement que je présente dont je présenterai la la la documentation scolaire dans un cours ultérieur alors ce document est un nostracone euh en qui qui qui contient une lettre en copte qui est datable de la première moitié du 7e siècle he par l’écriture hein par la la datation ce qu’on appelle la datation paléographique vous voyez qu’il est brisé qu’il a été retrouvé brisé en plusieurs morceaux euh dont euh enfin seulement huit de ces morceaux ont été retrouvés raccorder ensemble laissant la partie gauche de du texte en en lacune alors essayons de voir de quoi il s’agit alors je vous en donne la traduction même si celle-ci je dois dire est obscurcie par les lacunes alors voilà le texte en copte et la traduction alors on commence par ces deux séquences grecques que j’ai l’occasion de dont j’ai eu l’occasion de vous parler à à plusieurs reprises he le Kimu Gama qui est soit une séquence acrostiche de la formule le Christ né de Marie soit une formule isopséphique qui signifierait Dieu Sauveur et puis c’est cette séquence est suivie par Copa Teta qui est un un isopséphisme ou une isopséphie du mot amen et ce son sont deux séquences qui sont très souvent utilisées dans les documents et souvent position initiale pour placer le document sous la protection divine alors euh on passe ensuite au texte proprement dit j’ai reçu les lettres de ta sainteté j’ai appris que tu étais en bonne santé et je m’en réjouis maintenant conformément à ce que votre piété m’a écrit au sujet du jeune garçon à savoir que j’ai écrivent pour lui dans un livre et là il y a quelque chose de sous-entendu des mots ou des passages de l’Écriture je ne me souviens pas lui avoir écrit alors là aussi quelque chose son des choses qui seraient en dehors de l’écriture hein le écriture et le terme qui est utilisé dans ce texte c’est le mot grec graphé hein qui signifie les saintes écritures euh donc je je ne me souviens pas euh lui avoir écrit ce qui ou ce des choses qui qui serait en dehors de l’écriture depuis qu’il est venu trouver mon humilité alors c’est c’est la façon dont la façon de parler à cette époque he on utilise des des substantifs quand on s’adresse qui exalte la personne à qui on s’adresse et qui au contraire déprécie la personne qui écrit hein donc on parle de son humilité pour dire tout simplement moi voilà donc depuis qu’il est venu trouver mon humilité si ce n’est durant 2 jours ou à peu près afin qu’il n’y ait pas de tromperie je n’ai pas trouvé de livre en ce moment sauf un livre de celui qui est parmi les saints notre père Athanase évêque d’Alexandrie j’ai déjà eu l’occasion de parler de de ce célèbre évêque qui a laissé une œuvre écrite très importante et justement dans ce livre nous dit l’auteur de cette lettre il interprète le Prophète bon après il y a une lacune il a écrit les lacunes et cetera et là on entre dans une partie du texte qui est tellement lacunaire que je préfère ne pas vous lire la traduction mais euh vous vous l’avez à l’écran et je je reprends donc plus loin puisque à nouveau tu as permis ou interdit à Kirikos le Seigneur sait que depuis le jour où et là malheureusement lacune je n’ai cessé d’interpréter ou de réciter je reviendrai sur le mot qui est derrière cette expression pour lui et d’instruire Jacob sur ce qui lui est utile selon Dieu ma joie là encore malheureusement une lacune c’est si ta révérence m’enjoint une chose qui encore la cune tardra à venir tu as écouté jusqu’à présent au frère pardonne-moi car je suis négligent je ne suis pas digne de venir embrasser l’empreinte de tes pied des pieds de Votre Sainteté le passage de du du tutoimement vousvoimement est quelque chose qui est tout à fait normal dans les textes de cette époque pardonnez-moi car je suis un jacasseur hein le mot qui est utilisé en cops en fait c’est un mot grec fluaros je suis un jacquasseur et j’ai écrit beaucoup de mots plus que ce que je devrais mot à mot que qui ne sont pas à à ma mesure bonà il s’ excuse d’avoir écrit une lettre aussi longue ayez la bonté de vous souvenir de moi dans vos saintes prières afin que Dieu me rende digne de faire sa volonté car je suis négligent je salue votre piété par mes très humbles lettres par ma très très humble lettre pardon jusqu’à ce que Dieu me permette de vous saluer en personne voilà alors vous avez vu le texte est abîmé très abîmé souvent difficile à suivre mais il semble certain qu’il soit question de l’instruction que l’auteur de la lettre donne à au moins un jeune enfant he le texte grec le COP nous dit Chéré quioui le le le petit enfant instruction donc que l’auteur donne semble-t-il à la demande du destinataire de la lettre celui-ci lui a demandé d’écrire pour euh pour lui hein pour l’enfant sur un livre euh d’écrire euh des des mots ou des passages tirés des écritures alors le le commanditaire des cours a bien insisté sur euh le fait que euh le maître ne doit pas utiliser d’autres sources que la Bible et ce dernier se dévend de se défendre d’avoir fait après un passage obscur où il est question de livre l’auteur de la lettre revient sur l’enseignement qui dispense il dit qu’il n’a cessé et alors là il utilise un mot grec hein d’apangelein alors apangelo appangelein ça signifie ça peut signifier interpréter mais ça peut aussi signifier réciter un texte donc il n’a pas cessé d’app gelein pour un kiricos et d’instruire un certain Jacob et il est probable que le jeune enfant dont il est question plus haut soit un de ces une de ces deux personnes nommées ici alors cette cette activité euh d’enseignement dont parle cette cette lettre euh et bien elle pourrait euh se déchiffrer graphiquement euh par un petit indice que vous avez dans le texte vous avez le mot pléon qui est un mot grec qui est accentué ce qui est tout à fait remarquable hein dans dans les textes documentaires normalement on ne met pas d’accent et le fait que l’auteur de cette lettre utilise cet accent sans l’école si je puis dire j’ai souvent eu l’occasion de vous dire dans dans ce cours que les accents normalement ne s’écrivent pas mais sont ajoutés dans les textes scolaires pour en faciliter la compréhension de la part de ces élèves et donc ce serait peut-être un automatisme de cet enseignant qui a l’habitude d’utiliser des accents ou c’est tout simplement aussi une façon de montrer ou enfin c’est un indice qui trahit disons le niveau culturel de notre épistolier voilà alors le texte redevient clair malheureusement au moment où c’est le moins utile c’est-à-dire à la fin où on a les formules les plus banales de de salutation c’est un petit peu la malédiction du papirologue c’est toujours à l’endroit capital du texte où il y a une lacune et puis quand le texte redevient complet malheureusement ça n’a plus beaucoup d’intérêt je dis pas que c’est toujours le cas heureusement euh nous n’avons pas le le nom ni la fonction des deux correspondants hein l’absence d’une formule introductive déclinant le le nom de l’pistolier de son interlocuteur peut s’expliquer si on a affaire soit un brouillon soit tout simplement à une lettre qui aurait été envoyée par l’intermédiaire d’une personne de confiance qui permettait de faire l’économie du prescrit épistolaire hein quand on donne à quelqu’un la lettre en disant tu la remettras à un tel c’est pas la peine de marquer sur la lettre de d’un tel à un tel bon les périphrases honorifiques permettent cependant de combler cette lacune le destinataire est appelé ta sainteté ou votre Sainteté he tech agosuné en utilisant un mot grec hein agiosuné euh ou téten agiosuné il est appelé aussi votre piété ou ta piété euh tè ou tech laaba ou ta révérence hein tech thosbia hein c’est chaque fois des des des des substantifs Grecs qui sont utilisés euh alors euh ce sont des euh désignations qui conviennent à des religieux en grec votre sainteté est normalement utilisée pour un évêque ou pour un supérieur de de monastère tandis que euh les les autres laabaya ou théosébia sont peuvent être employés pour des clairs ou des moines de divers degrés mais on assiste dans les documents coptes et c’est le cas ici on assiste à une dévaluation du titre d’agiosuné hein votre sainteté qui peut-être utilisé pour desclairs ou des moines de rang inférieur et je voudrais vous en montrer un exemple avec cet ostracone qui a été trouvé aussi à TB sur la rive ouest de THB c’est un ostracone c’est une lettre qui est envoyée à un diacre et le l’auteur de cette lettre utilise l’expression agiosuné ou par exemple cette autre lettre qui provient du même ensemble euh où on a aussi l’expression Votre Sainteté hein euh qui est téten agossuné qui est utilisé pour un euh anacorette ou prêtre qui s’appelle probablement Moïse aussi ne doit-on pas en conclure que le destinateur de de notre lettre hein je reviens à la lettre euh soit nécessairement un évêque ou un niigouen quant à l’auteur de la lettre et bien il revendique des liens de fraternité avec son interlocuteur à la ligne 27 il utilise 27 il utilise expression pason hein mon frère enfin voilà pon par exemple pardon frère étant donné que l’ostracone a été retrouvé dans un euh monastère et bien il est vraisemblable que les deux celui qui écrit et celui qui reçoit la dette soit des moines euh le destinataire de la lettre ayant peut-être d’après le contenu hein une situation supérieure à son auteur mais cela pourrait n’être que le reflet de cette rhtorique euh d’humilité qui est en vigueur alors dans dans ces milieux et à laquelle j’ai déjà fait allusion alors il ressort de cette analyse que le destinateur a demandé à un de ses amis vivant dans un monastère de s’occuper de la formation d’un garçon probablement pas novice eu égard à son âge et au fait que son statut n’est pas précisé alors il pourrait s’agir d’un enfant de sa famille ou d’ami à qui il accepte de rendre ce service au quel cas il y a de fortes chances pour que l’on ait affaire à un laïque ces conclusions sont certes rendues fragiles par l’état du texte si elle s’avère juste et bien nous aurions là la disons une preuve de la prise en charge par des moines d’enfants extérieurs au monastère à des fins d’enseignement alors dans dans le cas que je vient d’examiner c’est une lettre qui apporte des informations sur le profil de l’élève euh ces informations peuvent être aussi livré par les inscriptions que l’on retrouve en grand nombre dans les ruines des monastères et qui constitue peut-être une des innovations les plus spectaculaires de la culture écrite de l’Antiquité tardive j’aurai l’occasion dans les C prochains de revenir là-dessus nous allons faire non pas de la papirologie mais plutôt de l’épigraphie un exemple je voudrais vous donner un exemple avec celle du du du monastère d’APA Jérémie dont j’ai brièvement parlé alors RA Jérémie et bien c’est un des plus grands monastère cénobétique documenté par des fouilles scientifiques que nous connaissions grâce à la Mission archéologique dirigée par James Edward quibel au début du 20e siècle sur le site de Sakara donc voyez où se trouve Sakara n pas très loin de l’actuelle capitale de l’Égypte alors voici des des des photos de de de la fouille au début donc du du 20e siècle ceux qui ont peut-être eu l’occasion de visiter le le site du du monastère d’APA Jérémie ne reconnaîtront pas le le site euh ces fouilles ont été suivies plus tard par des travaux de nettoyage et de relevé d à Petter Grossmann dans les années 1970 1980 alors ce ce monastère qui se trouve tout près de la pyramide à degré de de hein qui est ici donc voilà où se trouve le monastère hein sur le le le site de Sakara ce monastère couvre presque 2 hectares et vous voyez ici un plan du du monastère ça continue même un petit peu plus au nord et une photo du site actuel donc ce ce cet ensemble ressemble à une espèce de de de gros village par par la juteaposition de ces unités d’habitation qui s’étendent autour de l’église principale et d’autres d’autres salles communautaires d’autres bâtiments communautaires alors il a été probablement fondé au 5e siècle il est attesté à partir du milieu du 6e siècle et a fonctionné jusqu’aux alentours du 8e 9e siècle alors il a livré de magnifiques exemples d’art copte que vous pouvez voir pour une grande part au musée copte du Ker voici quelques fresques je vous présente les les relevés aquarellé qui ont été fait à l’époque de de ces fresques mais aussi de magnifiques sculptures chapitau piliers et cetera hein qui sont parmi les plus beaux exemples de la la sculpture copte et il a livré aussi un des plus importants ensembles d’inscriptions funéraire alors voici une vieille photo qui qui montre ces ces épitaphes ces inscriptions funéraires encore euh institut hein les les dalles encore en place mais aussi pas simplement des inscriptions funéraires mais aussi de très nombreuses inscriptions gravées ou peintes sur de graffiti sur les murs des des bâtiments ces inscriptions ont été éditées par Herbert Thompson plusieurs d’entre elles mentionnent une personne responsable de la cellule des enfants comme j’ai fait rapidement allusion dans un cours précédent alors regardons d’un petit peu plus près ces inscriptions la première voyez c’est un c’est une inscription un dipinto à l’encren sur sur une pierre du mur de la pièce 792 alors je rappelle qu’une inscription peut revêtir plusieurs forme elle peut être gravée plus ou moins professionnellement et là nous nous allons voir surtout des inscriptions qui ont été laissées par par des gens he qu’on pourrait appeler graffiti donc incisé de façon souvent informelle ces inscriptions peuvent être aussi peintes he sur les endu des des murs et donc j’utiliserai plutôt le terme de dipinti dipinto dipinti alors voilà cette inscription Jésus-Christ veille sur mon frère pamoun mon frère George le petit celui de la cellule des petits le fils d’APA et là manifestement il y a une lacune nous disons quelque chose qui n’est pas clairire dans le texte qu’il a été relevé alors l’inscription qui nous intéresse a probablement éé mal recopiée hein elle est ici elle a été mal recopiée par celui qui a fait le relevé ce qui a conduit l’éditeur à hésiter il l’a traduit comme s’il s’agissait d’un nom propre un monsieur dont le nom commencerait par patre et se terminerait par iné patriné le jeune mais en fait en note il dit j’en suis pas sûr et il propose en fait la bonne interprétation et cette bonne interprétation c’est-à-dire celui de la cellules des enfants patrin coui et bien euh est confirmé par deux autres inscriptions alors celle-ci qui est un dipinto à l’encre noire sur l’enduit du mur de la pièce 1717 Dieu veille sur mon frère Cosmas celui de la cellule des petits amen ce personnage Cosmas et bien se retrouve dans l’inscription suivante qui qui est dans la même salle la voici c’est un dipinto à l’encre noir donc sur l’enduit de de de cette même pièce au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit à pas Jérémie et àénoc veiller hein les les deux saints tutéires du monastère veiller sur le frère haraon en charge de la diaconie alors la diaconie c’est tout simplement le le service économique du monastère le bureau des affaires économiques donc en charge jaaconie veille sur son fils apakiré le chantre sur Cosmas le lecteur chantre lecteur tout ça ce sont des des fonctions sont des des des ordres mineurs j’auris l’occasion d’y revenir de la dans la hiérarchie ecclésiastique et sur Cosmas Cosmas le petit nous le retrouvons celui de la cellule des petits Cosmas le petit c’est tout simplement parce qu’il y avait beaucoup de Cosmas les personnes à cette époque n’avaient pas beaucoup d’ imagination pour les noms propres et c’est toujours les mêmes qui reviennent et donc on les on avait tendance à les différencier par des des surnoms soit le grand le petit ou d’autres surnoms on aura l’occasion d’en voir d’autres alors j’ai j’ai traduit littéralement l’expression copte patri enenki hein celui de la cellule des petits ou celui qui appartient à la cellule des petits alors les petits désignent ici hein les jeunes enfants les personnes citées dans ces ces trois inscriptions sont donc chargé de la cellule des enfants alors on est tenté de rapprocher cette expression d’une des règles de chouté vous vous souvenez je vous ai parlé de de ce ce personnage important qui a été le supérieur du monastère blanc en Moyenne Égypte et qui a laissé donc des des des règles et dans une de ces règles et bien une de ces règles s’adresse à ceux qui sont chargés de la supervision des jeunes enfants alors là c’est pas chir une cille qui est utilisé mais c’est chér Chem qui veut dire en fait la même chose alors on a on a donc à faire à un responsable des enfants regroupés ensemble et le mot cellule qui est utilisé dans dans nos inscriptions le mot cellule pouvait désigner une unité administrative interne au monastère qui rassemble un petit nombre d’individus vivants ensemble qui est un peu l’équivalent qui pourrait être mutatis mutandis l’équivalent des maison dans le système pacomien j’avais déjà eu l’occasion de vous en parler dans le contexte du gigantesque du gigantesque monastère d’APA Jérémie bien la cellule des enfants serait le le quartier où résider les enfants vivant au monastère alors Herbert Thomson pensait même que pression pouvait désigner le bâtiment le plus caractéristique des activités des enfants à savoir l’école alors si cette hypothèse n’est pas en soi nécessaire elle pourrait être malgré tout confirmée par un dipinto qui concerne un certain Cosmas présenté comme SAR SAR en copte ça veut dire le maître notamment le maître d’école et c’est l’équivalent copte de didascalos euh du grec didascalos ou catgetes alors voilà ce ce ce ce Graphito qui a été incisé sur le chapitau de la colonne 3 de la salle 1776 Cosmas peard le professeur alors s’il s’agit bien du même personnage que celui de de l’inscription que que je vous ai présenté juste avant hein où il est dit celui de la cellule des enfants et bien nous au alors la preuve que le chef de la cellule des enfants serait bien leur professeur SAR et que cette cellule pourrait bien être l’école ou en tout cas inclure l’école quoi qu’il en soit l’existence d’une école au sein de de ce quartier confirmé par d’autres inscriptions où apparaît l’équivalent grec de SAR hein je je viens de y faire allusion le catégetes le professeur alors regardons euh ces inscriptions euh celle-ci qui est un deppinto à l’encre noire sur le mur extérieur de la pièce 1775 mon frère a pasakiré et alors d’après l’édition il semblerait qu’il y ait une lacune chantre et professeur lacune amène ainsi soit-il mais en fait cette lacune ici euh ne devait pas exister puisque’en fait euh si on enlève la lacune on a apakiré chantre et professeur et on retrouve le même personnage que dans l’inscription de la salle 1777 que je vous ai présenté hein le chantre apakiré dont on découvre ici qu’il était aussi enseignant et il apparaît euh ce monsieur apakiré dans une dernière inscription avec euh les mêmes euh déterminations la voici euh c’est un dipinto à l’encre rouge sur le mur de la pièce 700F Jésus-Christ veille sur mon frère apakiré le chantre et professeur alors apakiré n’est pas le seul professeur à tester à Jérémie les fouilles ont exhumé l’épitaphe d’un certain F bamon la voici qui est une stelle calcaire he qui a été trouvée dans le sol de la la salle 1772s après l’invocation de la Trinité des Archanges des patriarches des prophètes et tout ça prend 21 lignes euh ou plutôt 23 lignes et bien on lit à la fin ce que vous avez à l’écran c’est-à-dire et pitié de l’âme de notre bienheureux frère le diacre fbamon professeur il a trouvé le repos en ce jour le 28 du mois de faofi de la 14e indiction l’an 492 de l’ère de Dioclétien et alors là on a une chance inouie on a une date hein l’ire de Dioclétien qui est aussi appelée l’ère des martyres du fait que Dioclétien passe pour le celui qui a instauré les plus grandes persécutions de chrétiens euh et bien cette ère en fait commence l’année d’intronisation de Dioclétien c’est-à-dire 284 et donc là long 492 hein vous rajoutez à 284 on obtient 760 euh 15 puisque’en fait on est au mois d’octobre 775 et donc voilà on a une inscription qui date du 8e siècle alors toutes ces inscriptions utilisent pour le mot que j’ai traduit par professeur le grec categetes qui est un mot sans ambiguïé hein nous avions vu l’an dernier qui désigne un enseignant privé he par opposition au professeurs dans les écoles publiques et que ce mot était employé pour le maître d’école par exemple dans dans les cettes vous vous souvenez de ces colloquias qui sont conservés par les hermen matin hein vous vous souvenez ce ces petites scènes ces petit j’arrive à l’école je suis entré j’ai dit bonjour maître et bien maître est traduit euh en latin magisterère et en grec par categetes que ce soit le mot en usage dans le monde euh dans le monde séculaire qui soit utilisé euh ici montre à priori que l’tages de cet enseignant n’ont rien qui les distingue de ces homologues laïques on notera par ailleurs CAPA kiré en plus d’être katégettes est aussi chantre un psaltè en grec alors ce cumul de fonction est très intéressant le chantre dont l’office est de chanter les psaumes appartenait aux ordres mineur du clerger même si certains textes donnent l’impression qu’il n’en faisait pas parti pour ça pour cette discussion je vous renvoie à Eva vigipska un article sur les ordres mineurs dans l’Égypte dans l’église d’Égypte qu’elle a qu’elle a publié en 1992 mais peu importe il se trouve que les psaumes ont vite acquis euh une fonction de texte de référence dans l’éducation chrétienne on a vu qu’il faisait partie des texte à apprendre hein par les personnes peu instruites qui entrent dans un monastère pacomien et à qui Pacom ordonne de se soumettre à une espèce d’enseignement de rattrapage he vous vous souvenez euh on a vu euh j’ai fait allusion aussi au fait que certains Pères de l’Église recommandai dans l’éducation des jeunes chrétiens l’utilisation des psaumes hein ce sont les premiers texte que Jérôme conseille d’enseigner aux jeunes enfants qui apprennent à à lire et à écrire dans cette lettre dont j’ai déjà parlé la lettre 107 qu’il adresse à son ami Laeta au sujet de l’éducation de sa fille Paul et que nous dit-il ainsi faut-il instruire une âme qui doit devenir le temple du Seigneur qu’elle apprenne à ne rien entendre à ne rien dire qui ne se rapporte à la crainte de Dieu qu’elle ne comprenne pas les mots grossiers qu’elle ignore les chansons du monde que sa langue encore tendre soit imprégnée de la douceur des psaumes une partie de de de de cet enseignement se faisait par par des champs hein au point d’ailleurs que vous en souvenez peut-être les moines du monastère de bêabé avait peur euh si une école s’ouvrait chez eux d’être dérangé hein je recite la phrase euh d’être dérangé par les chants les allélu les chants des alleluia les psaumes les réponds les harmonies des jeunes hein en train de d’apprendre s’ajoute à cela que l’Office du chantre impliquit aussi un rôle pédagogique comme nous l’apprenons par le canon 59 du pseudoatanas à la version arabe les chantres ne chanteront rien d’autre que le livre des psaumes et ils enseigneront aux autres sans rechigner à chanter afin que Dieu fasse sa demeure dans tout le peuple de la tête au pied bref le chantre n’était pas déplacé pour enseigner aux enfants sous l’angle aussi bien des méthodes que du contenu de cet enseignement alors les les categeta et les professeurs se retrouve dans un autre monastère celui de baout en Moyenne Égypte alors baout voyez où ça se situe sur la carte il s’agit de l’autre établissement cénobitique le mieux connu grâce au fouill mené depuis le début du 20e siècle de 1900 1 2 à 1913 par le français Jean CLEDA et son équipe puis ensuite de 1976 à 1985 par une mission égyptienne et à nouveau depuis 2003 par les français grâce à une mission conjointe du Louvre et de l’Institut français d’archéologie ent alors c’est un site absolument gigantesque j’ai eu l’occasion d’y travailler une saison il s’étend sur 40 hectares dont seul une très petite partie a été fouillée livrant des constructions dont les plus anciennes sont du 6e siècle et les plus récentes du 12e siècle he la majorité se situant aux alentours du 6e 7 8e siècle comme pour app Jérémie les bâtiments dégagés ont livré des fresques alors voici une très belle un très beau sein militaire à cheval d’après le le relevé à l’aquarelle qui a été fait sur le moment mais voici des photos de de fresque encore bien conservé hein vous avez ici le fondateur le saint tiul tutellaire du du monastère saintapollo euh voilà d’autres fraises que vous pouvez admirer au au musée copte du CER il a livré donc des des des fresques mais aussi une multitude d’inscriptions alors soit des des graffitis soit des dipinti hein c’est le cas ici euh malheureusement ces textes ont été publiés de façon dispersée dans de nombreuses publications ce qui n’offre pas des conditions idéales pour leur leur étude alors parmi ces inscriptions bien trois inscription copte mentionne un certaine anoup hein qui vient d’Anubis anoup avec la fonction de catégéèse de professeur alors voici le Graphito ce Graphito qui a été relevé dans la chapelle 19 par parois est alors dans la publication on parle de Chapell mais on s’est rendu compte assez vite que ces bâtiments intitulés ch chapelles ne sont pas nécessairement des des des chapelles alors que nous dit cette inscription ben un nouple petit hein le bubal alors là c’est une de ces autres surnom qu’on pouvait utiliser le le mot euh choche ici pe choche signifie le bubal l’antilope en en copte certains pensent que ça pourrait être aussi un titre donné à certain types de moine mais bon peu importe et vous voyez qu’il est dit euh pe catagetes professeur ce Graphito de la salle 6 par ho Sud 4e panneau euh est un petit peu plus long Jésus maîre anoup le bubal on retrouve le même personnage le professeur hein categetes qui est orthographié de façon un petit peu approximative euh mouer le chantre et là vous voyez qu’on retrouve les deux fonctions dont je vous ai parlé associé à travers deux personnes qui sont cités en même temps que Dieu veille sur eux en paix amen priez pour nous pardonne-moi et bon la fin d’inscription a été mal relevée et mal publiée en fait il faut lire kï et bol donc pardonne-moi et cette inscription sans numéro dans la publication qui est un dipinto à l’ANCR noir qui a été trouvé dans la chapelle 34 frère anoup Professeur et là l’inscription a été mal relevé aussi et mal lu en fait comme l’a montré alun de lâre il faut lire pason anoup katgetes mon frère anoup Professeur et nous retrouvons donc euh notre catéguétess au moins un autre catéguées est attesté épigraphiquement AB BA et bien il s’agit de celui qui est cité dans ce dipinto l’encre rouge sur le mur Est de la salle 18 hein Victor le petit le Chalou fils du Chalou alors je reviendrai sur ce mot le professeur de bawit le professeur de baout hein peu Cates m pawette alors cette occurrence est extrêmement intéressante à double titre d’abord l’expression le catgetes le professeur de baoui donne à penser donne à penser qu’il il n aurait qu’un seul maître d’école en activité dans le monastère et par conséquent qu’une seule école en tout cas dans la partie réservée au aux hommes puis qu’il y avait aussi une partie pour les pour les femmes et donc il pouvait y avoir aussi une école j’imagine pour les les les jeunes filles alors si tel est le cas et bien ce professeur a dû avoir beaucoup de travail puisque si l’on c’est si si l’on rapporte le le nombre des enfants à la population du monastère et bien euh ce ce monastère pu contenir à son apogé 1000 personnes donc vous voyez le nombre d’enfants que ça a pu représenter alors ce chiffre a été critiqué il a été avancé par Peter Grossman critiqué par vichipska peu importe il y avait beaucoup beaucoup de d’habitants dans ce monastère de moine mais aussi de de non moine et donc sûrement pas mal d’enfants ce qui veut dire aussi qu’il devait diriger une école où les niveaux se mêl les les uns aux autres comme cela devait être souvent le cas dans les écoles villageoises ou même comme ça c’est le cas vous vous souvenez peut-être dans ces petits dialogues des colloquia des des hermenomata on avait des enfants de différents niveaux qui intervenaient dans la même salle alors le le second enseignement de cette inscription tient à l’autre détermination de Victor en plus d’être maître d’école et bien il officiit comme Chalou alors qu’est-ce qu’un Chalou l’origine du mot euh est encore obscure mais euh il semble se rapporter à un office qui était lié à la perception des impôts euh au niveau du monastère euh cette la gestion des impôts la perception des impôts eu disons est une tâche qui impliquait de nombreuses écritures et la connaissance du grec je vous rappelle que euh le le le grec pendant très longtemps était la langue administrative et même durant l’époque arabe a continué à être une langue de Ré rérence euh pour tout ce qui est était administratif euh et bien euh ce cumule d’activité euh peut enfin la le fait que la perception des impôts impliqués euh le fait de de bien de bien savoir écrire et de connaître le grec explique qu’on ait pu affecter à cette tâche le maître d’école et ce cumul d’activité est confirmé par un reçu d’impôt en grec qui provient justement de de de bawit hein qui est un texte du 8e siècle sur lequel ben le catégetes jean le professeur Jean a pososé son visa montrant par la même son implication dans la gestion des affaires fiscales hein du monastère vous voyez ici sa souscription ou son visa plus exactement alors je vous ai parlé d’APA Jérémie je viens de vous parler de baout le rapprochement entre le monastère de baout et celui d’app Jérémie sur le le sujet de l’enseignement va même plus loin non seulement ces deux monastères avaient confié la tâche de maître d’école à un moine appelé catgetes mais les enfants y étaient regroupés dans un quartier appelé de façon identique hein on l’a vu euh à pérémi la cellule des enfants comme en témoigne plusieurs contrats coptes de baout du 8e siècle dans lesquels souscrit comme témoin bien un certain Basil qui se présente comme Piot etriqui le père de la cellule des petits donc de la cellule des enfants donc voyez que à baout aussi il y avait une cellule des enfants cette fonction se retrouve dans les textes de bawit sous l’appellation abrégée de piillot en Nenki le père des petits he le terme de père en copte etot servant à forger des noms de fonction et équivaut presque au mot français responsable donc responsable des enfants alors c’est ces enfants qu’on retrouve indirectement dans ces dipinti ou ses inscriptions ont laissé aussi des traces archéologiques on a retrouvé dans la nécropole de bawit des jouets euh vous voyez ici hein quelques quelques figurines en tercite hein qui jou le rôle de de poupée qu’on a retrouvé en en nombre je vous renvoie si cela vous intéresse sur un article de Charles Palanque note sur quelques jouets coptes en terre cuite qui a été publié dans le Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale en 1903 les cours que ces enfants ont suivi ont aussi laissé quelques traces comme nous le verrons probablement enfin comme nous le verrons l’an prochain il se trouve en effet que un des plus beaux et plus complet cahier d’école en copte provient alors soit du monastère de baout on en est pas sur soi de celui d’Épiphane et cette hésitation justement sur la provenance est significative eu égard aux convergences lexical que nous avons relevé entre les deux établissements et qui qui correspondent certainement à des liens institutionnels très forts voilà deux folios de ce codex qui en contient beaucoup d’autres mais soyez patients je vous en parlerai plus tard on a même cru repérer la salle qui aurait servi à donner des cours à baout c’est en tout cas l’interprétation que suggère très prudemment Loreta del francha euh l’interprétation qu’elle fait de la salle 41 qui se trouve dans le secteur méridional du monastère de baout et elle affirme cela où elle propose cela en s’appuyant sur une peinture représentant un chat et des sous souris et renvoyant un compte hein qui connut en Orient une très très grande diffusion euh et particrement dans des contextes éducatifs justement et c’est la raison pour laquelle elle fait cette interprétation alors c’est l’histoire d’un chat terrible qui euh euh promet de de ne plus dévorer les souris et donc pour euh l’en remercier les souris viennent en procession lui présenté et c’est des des cadeaux hein c’est la la scène qui représenta sur euh ce mur euh mais malheureusement ça n’empêchera pas le chat de les dévorer et de déclencher une apocalyptique guerre entre les chats et les souris euh comme nous sommes dans la partie du monastère habité par des femmes et bien nous serions selon Loretta de francha dans l’école des jeunes filles ou en tout cas dans le quartier où celle-ci était élevée euh et effectivement dans cette salle où a été retrouvé cette ce dessin mais aussi dans les salles environnantes hein les salles qui vont qui porte les numéros 41 à 46 et bien on a retrouvé un certain nombre de graffiti qui sont des graffitis ou avec des noms de femmes ou bien des appellations quioui voyez la petite hein donc voyez moi Euphémie et petite Judit et petite storou donc en fait il s’agit de de de jeune jeune fille voilà il y en a il y en a toute une série moi petite voilà mariéo et cetera et C petitte storou et cetera bon alors cette identification de cette salle avec l’école est néanmoins plus que douteuse la pièce était considérée par son inventeur comme ayant abrité une éc Cu et plus tard un magasin au vivre on considère aujourd’hui qu’elle a servi d’atelier de tissage ou de fabrication de nates activité fréquemment attesté dans les ermitages ou dans les monastères alors on a aussi proposé une autre identification avec la salle 18 hein la salle 18 où nous avons vu que le maître Victor avait laissé son nom et bien on a retrouvé dans cette salle 18 plusieurs inscriptions à l’encre noire et rouge qui semble de nature scolaire alors sur le mur nord par exemple et bien on a retrouvé des des séquences très bizarres qui ont été considérées comme des jeux de lettres par l’éditeur he voyez cette séquence de lettre qui ne veut rien dire en copte et même il y a quelque foois on trouve des inscriptions CoPt un peu bizarre qui sont des inscriptions cryptographiques mais maintenant en appliquant les codes de la cryptographie connue on arrive pas à à donner sens à cette séquence et là ici vous avez aussi trois lettres hein qui sont recopié mais en en modifiant chaque fois leur position donc et pour l’instant on ne sait pas exactement ce que c’est d’où la l’interprétation d’éditeur comme étant une espèce de jeu de de de lettre bon et on retrouve sur le mur est de la même salle et bien alors quelque chose qui est tout à fait caractéristique d’une ambiance scolaire on y retrouve un alphabet complet avec des lettres coptes suivies donc voyez ici alpha beta gamma et cetera à la fin les lettres coptes et puis ensuite vous vous avez exactement la même chose mais à l’envers et nous avions vu l’an dernier que il était c’était une des techniques utilisées par les maîtres d’école pour que l’alphabet devienne un automatisme chez les enfants que de le mettre dans tous les sens et j’aurai l’occasion d’y revenir plus tard alors Victor aurait-il donné des cours dans cette salle c’est possible mais on retrouve aussi des alphabets dans dans d’autres salles he de du monastère sans qu’il faille nécessairement les rattacher à des cours et par ailleurs si Victor a bien donné des cours ici bien rien n’indique que ce ne fut pas à titre provisoire nous nous retrouvons donc confronté au sampiternel problème de l’identification archéologique des salles de cours des écoles que j’ai abordé longuement l’an dernier et qui tient principalement au fait que les activités d’enseignement et bien ne ne laissent pas ou peu de trac archéologique et qu’elles étaient accueillies dans des dans des lieux peu caractéristiques et qui étaient susceptible de de de varier nous sommes bien loin de des écoles de la 3e république qui qui essae de s’inscrire visiblement dans le paysage urbain des communes aussi la la quête des bâtiments dévolu à l’enseignement dans les monastères est-elle une tâche vouée à l’échec mais elle peut malgré tout réserver quelquefois des surprises l’informalité des lieux d’enseignement que nous avions l’an dernier peut en effet prendre des formes extrêmes et je voudrais l’illustrer avec de cas alors je vais commencer aujourd’hui avec celui de benassan le 23 octobre 1828 Jean-François Champolion à ce de nuit avec les membres de la mission Franco Toscane à benassan donc voyez ça se trouve aux aurores il gravit la pente qui mène au tombeau il en a fait un petit dessin petit croquis voyez le bateau est là il monte au tombeaux qui sont dans le rocher de la montagne et dans un tombeau qui numérote comme le numéro 10 celui de netther nert qui fut administrateur du désert oriental durant la 12e dynastie c’est-à-dire 19e siècle avant Jésus-Christ et bien champolon fait une surprenante découverte au milieu des inscriptions hiéroglyphiques alors voici ce qu’il nous dit ce qu’il écrit hipogé numéro 10 sur la paroi du Nord vers l’angle nord-est j’ai découvert vers le bas écrit à l’encre rouge un tableau rédigé évidemment dans le but d’enseigner à lire c’est un véritable abécédaire ou syabire ou croix de pardu alors la croix de pardu c’est une expression qu’on utilise plus tellement mais qui jadis euh désignait euh un alphabet au moyen duquel on apprenait à lire aux enfants et qui était dénommé de du fait que il commençait par par une croix on dirait aujourd’hui Béaba bon euh donc c’est un véritable abécédaire ou syabèire ou croix de par dieu grec et non copte car les lettres Shai F ha JJA et et Ori ne se trouvent point dans le tableau divisé en SEP registres ainsi qu’il suit et alors vous avez sur la partie droite de l’écran le relevé très soigné qu’il fait alors c’est un c’est un relevé très schématique hein euh mais l’interprétation qu’il en donne n’en est pas moins exacte à un détail près sur lequel je reviendrai alors Richard lepsus l’autre fondateur de l’égyptologie moderne après champolon visita le site en 1842 donc quelques années après et il évoque cette inscription sans l’éditer dans ces euh denkmel hein ces ces monuments d’Égypte et d’Éthiopie signal que John Gardner Wilkinson l’avait préalablement mentionné il faudra attendre 1890 1891 pour que cette tombe avec celle qui qui l’entoure fasse l’objet d’une investigation systématique par les archéologues britanniques Percy Newberry et will of by Fraser dans le cadre d’une mission archéologique financée par l’egyp exploration F alors la tombe de netthernerert acquiert désormais le numéro 23 et le syaber et cette fois-ci soigneusement relevé sans faire l’objet d’une photographie ni d’une édition or ce que Newberry a constaté c’est que les murs de des tombes adjacentes étaient aussi couvert d’inscription copte et et je le cite l’inscription COP se composant principalement des noms de la Trinité de saint et de personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament ainsi que d’ermites qui ont probablement habité dans les tombes alors on retrouve effectivement dans ces tombes les mêmes types de graffiti ou de dipinti que dans les monastères comme celui de baout que cette tombe est été occupé par une petite communauté de moi ne fait aucun doute et a été confirmé par d’autres indices notamment des ouvertures qui ont été qui ont été opérées entre les les différentes tombes et qui permettaient donc de de passer de l’une à l’autre et notamment la tombe justement 23 a été il y a un trou qui permet de communiquer avec la tombe numéro 24 donc voilà une communauté monastique s’est installée dans ces tombe et vous comprenez maintenant pourquoi je m’intéresse à l’inscription de la tombe 23 alors cette cette dernière n’a pas connu un sort éditorial disons qui soit à la hauteur de son intérêt champolon lepsus Newberry la décrivent plus ou moins précisément mais sans l’éditer au sens propre du terme il faut attendre 1992 pour que cette inscription soit pour la première fois éditée à propre proprement parlé par Monica azitska dans son recueil des papyus scolaires CoPt que que nous que nous autres papirologues nous abrégeons avec ce le cyle de P Rin untericht CoPt c’est le numéro 74 mais cette édition dépend du relevé de Newberry et n’a pas pu s’appuyer sur une photo alors c’est embêtant l’inscription à été réexaminé photographié par Scott bucking en 2009 et a fait l’objet d’une étude par par ce dernier en 2012 dans un article intitulé towards an archéology of bilingualism on the study of Greek Coptic education in late antique Egypt dans un volume publié à Cambridge en 2012 et euh elle a fait aussi les l’objet de d’une d’une étude de quelques pages par Lilian Larsen en 2018 he dans ce volume qu’elle a elle-même co édité donc son article s’appelle excavating the excavations of early monastic education et c’est publié donc dans le volume qu’elle a coédité avec Robenson he monastic education late antiquity que j’ai eu l’occasion de citer à plusieurs reprises he publié en 2018 malheureusement les les images de bucking sont inédites il dit qu’elle a vu l’inscription qu’il a photographié mais il ne donne pas les les les les photos quant à Lilian Larsen et bien elle donne dans son article des photos qui ont été prises par Hugo lundhaw mais ces photos sont floues comme vous pouvez le voir ou ça c’est la deuxième photo qu’elle publie quasiment inexploitable bref cette inscription mériterait une réédition fait fait sur un nouveau relevé et accompagné de de photos ce que malheureusement je n’ai pu faire mais vous verrez que ça nous empêche pas malgré tout de de corriger ce que les prédécesseurs ont pu en dire voilà donc euh je vous présenterai cette inscription vous verrez extrêmement intéressante la semaine prochaine je vous remercie [Musique]