À l’occasion des 150 ans de la première exposition impressionniste et en lien avec l’exposition « Paris 1874. Inventer l’impressionnisme » qui ouvre ses portes le 6 mars 2024 au musée d’Orsay, un cycle de 6 conférences tout public aborde l’impressionnisme sous un angle neuf et dynamique. Le cycle bénéficie d’une interprétation en langue des signes française. Cette deuxième conférence aborde la représentation du climat par les impressionnistes.
Entrez, regardez et achetez si vous voulez ! Dans la première exposition impressionniste les œuvres étaient aussi à vendre. Quel rôle jour le marché de l’art a-t-il joué dans l’origine du mouvement impressionniste ? Le marchand d’art Paul Durand-Ruel (1841-1922) est celui qui a su repérer et promouvoir les impressionnistes à l’échelle internationale. En quoi est-il l’ancêtre du galeriste tel qu’on le connaît aujourd’hui ?
Une conférence de Sylvie Patry, directrice artistique de la galerie Mennour, Paris
Pour en savoir plus :
https://bit.ly/AventureImpressionniste
Découvrir le cycle complet : https://www.musee-orsay.fr/fr/agenda/…
Vidéo sous-titrée en français et anglais. Avec une interprétation en langue des signes française (LSF).
Et à l’ORS où je vous parle à lieu chez cresti en ce moment même à Londres une vente où quatre tableaux de monnaiees sont proposés à la vente pour chacun quelques quelques millions et en 2019 une meule de monnaie avait été le premier tableau impressionniste à franchir le seuil des 100 millions de
Dollars elle avait été acheté alors qu’elle avait été achetée de 2005 en 1900 86 donc s’il y a bien un mouvement qui est associé au marché c’est bien l’impressionnisme à la fois dans l’imaginaire collectif même si ça n’est plus si vrai il y a toujours quelques records pour des tableaux exceptionnels
Mais c’est ça n’est pas clairement le le mouvement qui est le plus qui a les prix les plus élevés sur le marché mais c’est un mouvement qui est aussi très associé au marché dans l’histoire de l’art un livre important publié en 1965 aux États-Unis la carrière des peintres
Qui a été traduit 25 ans après en France écrit par deux sociologues les White affirmit que la naissance du marché de l’art moderne et celle de l’impressionnisme était non seulement contemporaine dans les années 1870 mais consubstantielle de sorte que l’esthétique impressionniste était en quelque sorte dans leur analyse indissociable presque le produit du
Marché comme si l’un et l’autre s’était inventé mutuellement euh en cette fin du 19e siècle c’est ce qu’ils ont appelé l’avénnement du système marchand critique qui remplaçait à leurs yeux le système ancien le système académique qui avait pour centre le salon que je vous montre ici une exposition officielle qui
Se tenait qui a été créée sous Louis XIV et qui se tenait à Paris tous les 2 ans ou tous les ans ça dépend des des moments et qui était contrôlé à la fois par l’Académie de beauard et l’État à part partir de la seconde moitié du 19e
Siècle c’est la thèse des des White ce système centralisé et saturé il ne parvient plus à répondre à l’offre il y a de plus en plus d’artistes en effet au 19e siècle qui créent de plus en plus de d’œuvres et ce salon même si l’accueil des milliers d’œuvres a quand même une
Capacité limitée et surtout il est soumis donc aux décisions d’un jury il ne répond plus donc à l’offre il ne répond plus non plus à la demande qui est croissante avec la révolution industrielle l’avènement d’une joisis citadine il y a une un pouvoir d’achat une appétit de de tableau et une
Démocratisation toute proportion gardé euh de de la peinture ou en tout cas du phénomène de la collection et à cette situation selon les White aurait répondu le marché de l’art donc évidemment le marché de l’art existe depuis plusieurs siècles la première vente aux enchères a lieu à Venise
D1506 donc ça fait longtemps que l’art est une marchandise et n’est plus seulement l’objet de commande par les les princes ou par l’Église au 17e siècle il se développe très fortement en Hollande mais également en France à Londres au 18e siècle quand vous pensez au tableaux de canaleto par exemple qui
Représente Venise ce sont des tableaux qui ont été faits pour alimenter un marché mais avec l’impressionnisme pour suivre les White le marché change de rôle il devient prescripteur prescripteur en matière de goût et en terme de fabrication de la valeur d’un artiste et c’est à ce moment-là qu’une
Alliance nouvelle se forge avec les peintres on met davantage l’accent sur la personnalité plutôt que sur des tableaux isolé et le marchand devient celui qui sait repéré des artistes donc en quelque sorte avoir raison avant tout le monde qui sait les accompagner qui sait les promouvoir bref qui sait comme aujourd’hui comme on
Dirait aujourd’hui raconter une histoire raconter un narratif d’où l’importance des critiques de la presse et des médias donc dans ce système marchand critique et dans un tel système explique encore les White la prime va à la nouveauté il faut savoir créer l’événement il faut savoir renouveler l’offre artistique tout en produisant des tableaux
Domestiques c’est-à-dire des tableaux qui par leur dimension leurs sujets sont susceptibles de trouver leur place dans des intérieurs privés dans des intérieurs bourgeois plutôt que dans des palais ou dans des église et ce sont autant de caractéristiques qui sont celles de la peinture impressionniste donc cette lecture qui est très efficace
Est un peu schématique et elle a été nuancée depuis de multiples manières on a montré par exemple que ce système marchant critique ne remplace pas véritablement au 19e siècle ce système académique mais que les deux subsistent et sont plutôt complémentaires le salon est très contrôlé par les marchands
C’est pas deux deux systèmes étanches et séparés les artistes dit académiques ou officiel de façon un petit peu vague aujourd’hui étaient parfois les plus bankable et les plus agiles sur le marché de l’art j’en veux pour preuve Jérôme par exemple qui a développé toute sa carrière bien avant les impressionnistes d’ailleurs un des
Un des systèmes une des organisations les plus rentables et les plus puissantes du marché de l’art il avait il s’était associé à un marchand appelé Goupil et ils avaient mis ensemble un système en place où le peintre peint un tableau qui est V très cher à un collectionneur privé déjà à l’époque les
Musées n’ont pas beaucoup d’argent et qui est immédiatement décliné sous forme de reproduction par centaines par milliers d’exemplaires des reproductions dont les prix s’échelonnent entre 5 et 100 francs de l’époque histoire de toucher plusieurs classes sociales et notamment ces classes moyennes qui et satisfaire cet appétit d’image qui caractérise le 19e
Siècle donc c’est ce qui arrive par exemple à ce tableau l’éminence grise que vous verrez pour ceux qui viendront visiter les l’exposition qui est exposé au Salon de 1874 donc ce même printemps qui voit l’organisation la première expo impressionniste et Jérôme obtient la plus haute médaille la médaille d’or
Pour pour ce tableau mais ce tableau n’est pas acheté par l’État il est vendu par Goupil donc par un marchand à un collectionneur américain de New York James stebins donc il est très emblématique de cette intrication entre les deux entre les les deux systèmes donc comme vous le voyez cette question
Du marché de l’art et de l’impressionnisme c’est un sujet qui est vaste qui est complexe qui est évolutif qui est très passionnant d’ailleurs je ne vais évidemment pas pouvoir parcourir et démêler l’histoire en moins d’une heure donc ce que je vous propose c’est quatre études de cas ou quatre approches
Une approche du point de vue d’un événement la première exposition de 1874 on va y revenir une approche du point de vue d’un marchand Paul duranruel que vous aveit déjà largement vu dans les petits films qui ont introduit cette conférence une approche du point de vue d’un peintre monnaie et enfin du point
De vue du genre je vais aussi me limiter euh dans dans ma définition du terme d’impressionniste je vais me limiter à la définition historique c’est-à-dire à cette ce petit groupe d’artistes qui a participé aux huit expositions dites impressionnistes qui se tiennent entre 1874 et 1886 et que nous a si bien
Présenté Anne Robins conservatrice à hset et commissaire de l’exposition l d’une conférence en en janvier dernier c’est-à-dire je vais vous parler grosso modo de sésane de dega de Mony de morizo de Pissaro de Renoir de cicelet un petit peu de kybot et un tout petit peu de
Marieassat pour ce qui est du marché je me limiterai à ce qu’on appelle parfois le premier marché c’est-à-dire essentiellement les les galeries les marchands qui achètent directement aux artistes la question des ventes aux enchères je la mentionnerai mais elle est un petit peu plus complexe et un
Petit peu un petit peu différente elle a été très bien étudiée par l’une des meilleures spécialistes du sujet Léa saint-rémon qui a écrit une thèse et un livre sur les ventes aux enchères au 19e siècle Enfin chronologiquement je vais me limiter au dernier quart du 19e siècle en commençant donc par la
Première exposition impressionniste de 1874 exposition qui est d’ailleurs devenue un argument commercial puisque la vente dont je vous parle qui a lieu en ce moment mentionne donc ce 150e anniversaire de l’impressionnisme pour mettre en valeur donc les tableaux de monnaie et de de Renoir et de Pissaro qu’elle propose à cette à cette
Vente cette exposition 1874 au risque de d’en surprendre certains c’est une exposition qu’on présente souvent comme une première exposition impressionniste comme avant tout une révolution esthétique la naissance d’un mouvement artistique neuf alors qu’elle est pensé initialement comme une opération commerciale il s’agit bien pour les 31 artistes qui
Vont participer à à cette exposition du printemps 1874 parmi lesquelles la postérité a retenu monie Renoir deg morizo Pissaro cicelet césane il s’agit bien pour eux de montrer leurs œuvres pour les vendre le projet a germé dans l’esprit de ces artistes à la fin des années
1860 à ce moment-là ils ont commencé à faire leur début au salon donc dans le circuit dit officiel parfois avec succès mais parfois avec difficulté également en 1867 par exemple tous les futurs impressionnistes sont refusés notamment ce merveilleux tableau de monnaie les Femmes au jardin c’est alors qu’il qu’il
Cherche activement une une solution qui permettrait de les rendre moins dépendant des décisions du jury du Salon décisions qu’il juge conservatrice et surtout décisions qui sont assez imprévisibles et qui apparaissent arbitraire la guerre entre la France et la Prusse en 1870 la commune retarde ce projet qui finalement prend forme à la
Fin de l’année 1873 et à ce moment-là un groupe d’artistes constitue une société anonyme une coopérative et pour en faire partie en fait il ne faut pas peindre moderne comme ont commençait à le faire les futurs impressionnistes comme vous le voyez dans ce tableau par exemple de
Monnaie donc il ne s’agit pas on n pas besoin pour s’inscrire pour souscrire on n’ pas besoin de peindre en lumière naturelle de peindre clair de peindre la vie moderne de peindre des sujets de son époque autant de caractéristiques qui vont distinguer les futurs impressionnistes il faut tout simplement
Cotiser cotiser à hauteur de 61 francs ce qui fait 275 € actuel selon les calculs de de Léa saint-rémond d’autres sources de recettes sont envisagées pour cette exposition parce qu’il s’agit de louer un local il s’agit de l’aménager il s’agit d’éditer un catalogue qui est vendu 50 centimes il s’agit de payer un
Tarif un ticket d’entrée un franc par visiteur et surtout donc il s’agit de vendre comme je vous l’ai dit pour entrer dans les dans ces frais il y a 200 œuvres environ qui sont exposé à cette manifestation la moitié 102 sont proposé à la vente et si une
Œuvre trouve un acheteur une commission de 10 % est prélevée et elle est remise dans le pot commun il y a un document fascinant qui nous renseigne sur cette euh sur cette origine commerciale sur cet arrangement commercial c’est la première édition du catalogue de la première exposition impressionniste de
1874 qui a été publié par Andy Stell et c’est un document qui garde la trace de des prix que donnent les les peintres à certaines de leurs œuvres des œuvres qu’il qu’ils exposent en 1874 donc le suspense ne va pas durer longtemps puisque cette exposition donc
Qui ouvre le le 15 avril ce solde par un échec commercial la société anonyme est en dette de plus de 184 francs par par artiste donc soit le triple de la cotisation initiale donc c’est un bien mauvais coup si bien que la société est mise en liquidation à l’unanimité à la
Fin de l’année 1874 donc que s’est-il passé euh l’exposition a été un succès j’espère que euh vous vous le verrez quand euh vous visiterez l’exposition euh au musée d’orsé au printemps 2024 donc l’exposition 74 elle a été un succès du point de vue de la communication si je puis dire puisque’à
Ce moment-là la presse distingue un groupe d’artistes novateurs elle les baptise par des risions impressionnistes et ce terme est resté avec la fortune et le succès qu’on lui connaît aujourd’hui mais du point de vue commercial c’est absolument un four seuls quatre œuvres sont vendu sur donc 200 ou la centaine à
Vendre donc je vous montre euh donc le catalogue avec les avec les les envois de de Renoir parmi les tableaux vendu figure un paysage de Renoir que vous voyez vous voyez ici lanotation qui est vendu pour 1000 francs ça n’était pas le tableau le le plus cher les tableaux les plus chers
Qu’il avait estimé le plus cher c’était des tableaux de figure comme cette danseuse euh qui est estimé trois fois plus ce qui ce qui sont plutôt des ce qui correspond à un bon prix et qui signale une forme de confiance de la part de de l’artiste comme on va
Beaucoup parler d’argent ce soir je vous donne quelques repères en terme de de salaire donc vous voyez qu’à peu près qu’un employé de de de commerce gagne à peu près 1400 1400 francs par par an un un instituteur c’est à peu près 1000 francs à l’époque donc peut-être c’est
Un chiffre intér euh à garder en tête euh alors que je vous donnerai des prix atteints par ces œuvres donc ce paysage qui est vendu c’est celui-ci les moissonneurs qui est acheté par un collectionneur qui est un éditeur de musique et qui fait partie des premiers amateurs de l’impressionnisme et qui en
Même temps demande un grand portit un grand portrait en pied de sa femme donc monsieur Harman une autre œuvre est vendue c’est un paysage de cicelet pour la même somme de de 1000 francs et dans le même ordre de prix donc est vendu donc voilà le paysage de cicelet vous
Voyez dans le même ordre de de prix est vendu un tableau impression soleil levent tableau de de monnaie que vous connaissez et qui évendu donc à un collectionneur qui s’appelle auchochedé là encore comme pour Renoir ce n’est pas le grand tableau de figure le déjeuner qui était présent à l’exposition qui avait
L’estimation la plus élevée ça n’est pas lui qui trouve preneur mais un paysage pas trop cher mais très audacieux c’est donc ce paysage une vue du port industriel du Havre très esquissé très rapidement brossé et d’ailleurs c’est bien ça l’objet du du scandale ce côté très embryonnaire comme le dit le
Critique Louis Leroi à qui l’on doit donc ce terme d’impressionniste pour qualifier le groupe de façon négative donc une peinture à l’éteint embryonnaire telle que celle-ci normalement elle ne sort pas de l’atelier et elle ne se vend pas donc ernestochudé ce négociant qui l’achète euh il devient l’un des plus importants
Collectionneurs des impressionnistes au tout début de de l’histoire du mouvement avant de faire faillite en 1878 et comme vous le voyez comme beaucoup des premiers amateurs de l’impressionnisme il mêle valeur sûr et peintre plus innovant vous voyez ces deux portraits qu’il commande en 1876 d’un côté par Paul Baudri portrait plus
Plus plus sage d’un artiste qui participe régulièrement au Salon qui reçoit de grandes commandes et puis de l’autre côté donc un portrait avec sa fille Marth par Édouard Manet le 4è tableau qui est vendu donc c’est un tableau d’un peintre qui s’appelle la touche qui était aussi un marchand qui
Était notamment le marchand de Pissaro donc comme vous le voyez ce sont plutôt des plutôt des paysages qui se vendent à cette exposition j’aurais pu en ajouter un 5è euh qui est un tableau de sésane la maison du pendu qui est aujourd’hui un tableau au musée d’Orsay et qui est
Vendu vous le voyez ici qui est vendu à un collectionneur qui s’appelle Doria c’est important parce que c’est la seule c’est la première vente que fait césane de sa carrière il a il a plus de 30 ans et ça sera longtemps l’une des très RAR ventes qu’il va qu’il va qu’il va
Réussir à conclure avant avant que le succès avant de connaître le succès à la fin de sa vie en 1895 c’est un tableau aussi très important qui marque sorte de conversion de césane au plein air et à une palette beaucoup plus claire lui qui peignait plutôt jusqu’à présent des
Scènes romantique enfiévré et assez sombre qui n’avait aucun succès auprès des collectionneurs ainsi comme on le voit et comme le constate l’historien de l’art et collectionneur de l’époque Théodore duré cette peinture s’achète enfin cette peinture en tout cas certains paysages autour de 1000 francs en 1874 donc je vous ai parlé de quelques
De quelques collectionneurs je vous ai parlé de vente je vous ai dit que cette exposition était une entreprise commerciale mais je ne vous ai pas parlé de de marchant l’exposition de 1874 des impressionnistes elle en effet pour caractéristiqu à la fois comme je l’ai dit de s’organisé en toute indépendance
En marge du salon dit officiel mais également vous l’avez compris en marge du système marchand puisque c’est un mode coopératif qui est choisi par les artistes et c’est d’ailleurs en cela qu’ils innovent euh on pour pourrait dire qu’il forme une sorte de collectif d’artistes aujourd’hui à part que aucun
Programme esthétique ne l’ réuni et que c’est bien cette idée de prendre en main sa carrière et d’organiser des ventes directes aux amateurs qui a mobilisé qui a motivé la tenue de cette première exposition est-ce à dire que les impressionnistes n’avaient pas de marchands à l’époque en
1874 la réponse est NON et Mony se souviendra lorsqu’il évoquera ses souvenirs impressionnistes il se souvient il dira les critiques disaient ces gens sont fous mais il y a plus fous queeux c’est le marchand qui les achète et ce marchand vous le voyez ici dans le catalogue c’est donc Paul Duran Ruel que
Vous avez vu aussi dans les petits films qui ont précédé cette cette conférence donc deux tableaux présentés par cisel appartiennent et sont prêtés par son marchand signe moyen pour cicelet de montrer que sa peinture s’achète et peut-être de solliciter de susciter des achats ou en tout cas de rassurer
D’éventuels amateurs donc j’en viens à mon exemple à mon cas de figure de Paul Duran rel donc un marchand visionnaire et je j’en profite pour saluer certains des membres de la famille de Paul Duran rel qui sont qui sont dans la salle et qui nous ont toujours très généreusement
Ouvert leur les achives avec lesquels on a toujours beaucoup beaucoup travaillé Paul Duran rel est né à Paris en 1831 et il est le fils d’un des plus grands marchand d’art de l’époque en Europe en 1865 je vous montre la galerie quand même parce que c’est une très belle très
Belle image donc la galerie fondée par le père de Paul Duran rouel au milieu du 19e siècle vous voyez le l’ampleur déjà qui a pris ce commerce de de tableaux et et de sculpture d’ailleurs au centre des bronzes du sculpteur Barry donc en 1865 c’est autour de Paul Duran
Rel de reprendre les reennes de la galerie familiale et il va peu à peu la transformer et il va inventer en quelque sorte le marché de l’art moderne il reste une figure très respectée y compris pour les galeristes d’aujourd’hui et les impressionnistes vont en effet jouer un rôle central dans
Ce processus Paul Duranel les découvre à Londres où il s’est réfugié il a fui la guerre et il rencontre à ce moment-là Pissaro et Mony qui se sont installés à Londres pour les mêmes raison euh très vite il leur achète des tableaux et non seulement il achète quelques tableaux
Mais il les montre dans sa galerie dans la galerie qu’il qu’il qu’il anime à Londres au retour de Paris voilà quelques-uns des tableaux que Paul duranroel achète à Londres et qu’il expose à Londres Mony et Pissaro quand il retourne à Paris il va poursuivre ses ses achats pardon non seulement auprès
De Mony et de Pissaro mais également de cicelet de Renoir de Degas et de Bert morizo mais aussi d’Édouard Manet tout en continuant en parallèle à acheté des peintres qui ont du succès au salon et des artistes de l’école dit de barbison donc Théodore Rousseau corau et cetera
Dont la côte monte de plus en plus d’autres marchands s’étaient intéressé notamment la touche comme je l’ai dit aux futurs impressionnistes mais jamais dans ses proportions alors les archives dur ran rel sont très complète mais pas absolument complète euh quand on remonte aux années 1870 mais on sait que le
Marchand par exemple verse autour de 10000 francs à monnaie en 1872 euh et 20000 francs à l’artiste l’année suivante et on retrouve le même ordre des sommes peut-être un petit peu moindre pour Pissaro mais ce type de Somme durant rel achète 10 20 tableaux il il il fait vraiment confiance à ses
Artistes à ce moment-là il achète en général un tableau de monnaie autour de 200 francs et il le parvient à le revendre autour de 300 350 francs ces achats ont certainement encouragé les artistes a organisé une exposition indépendante en 1874 ils ont vu qu’ils avaient un premier des premiers
Collectionneurs il a un premier frémissement du marché cependant en 1874 il y a une crise économique très forte qui frappe l’économie européenne et tout particulièrement dur en rel et c’est précisément à ce moment-là au début de 1874 fin 1873 qu’il cesse tout achat aux impressionnistes et tout achat tout
Court d’ailleurs sont des années très très difficiles pour la galerie les prix s’effondrent donc c cette idée d’organiser une exposition à but commercial mais indépendamment du marché elle s’explique tout simplement parce que le marché est complètement à tonne donc les artistes trouvent veulent trouver une autre solution l’année
Suivante en 1875 ils n’organisent pas une exposition mais ils organisent très significativement d’ailleurs une vente aux enchères enfin certains d’entre eux Renoir Mony morizo et cicelet durant rel et l’expert le prix moyen de cette vente c’est 160 francs par tableau à titre de comparaison voilà les les prix les plus
Élevés qu’atteignent les artistes aux enchères tel que l’a établi Léa saint-rémont donc vous voyez par exemple ingre c’est 50000 francs donc vous vous imaginez effectivement vous voyez dans quel ordre se quelle quelle quelle échelle se situent les impressionnistes à ce moment-là à l’occasion de cette vente aux enchères qui est véritablement
Véritablement un échec durant ne reprendra ses achats qu’au début des années 880 quand il va lui-même se refaire une santé financière comme la peinture impressionniste ne trouvait pas preneur dans les années 1870 il a gardé les invendus si je puis dire et comme il va racheter au début des années 1880 il va
Vite devenir le le propriétaire le dépositaire de centaines de tableaux impressionnistes à ce à tel point que l’avant-dernière exposition du groupe en 1882 euh c’est durant rel qui est à la manœuvre en tout cas euh pour les tableaux qu’expos monnaie et Renoir à cette exposition de 1882 c’est durant
Rel qui compose les envois c’est lui qui puise dans son stock et qui choisit pour les artistes à la demande des artistes les tableaux qu’ils sont qui seront montrés donc là vous voyez qu’on a à la fois une exposition indépendante à but commercial mais avec l’intervention d’un marchand donc situation un petit peu
Différente euh très différente même de euh celle de 1874 donc Duran rel est véritablement revenue au centre du jeu il est revenu au centre du jeu euh et les prix commencent à monter par exemple un de gar euh qui se euh vendait euh qu’il achetait pour 1000 francs en 1873
S’échange pour 10 fois plus cher donc pour 10000 francs en 1893 et se revend le triple 30000 francs euh la même euh quelques quelques années quelques années plus tard en 1893 à la fin de l’année c’est un magnifique tableau qui est à qui est à Orset tantz si bien qu’au
Début du 20e siècle quelques œuvres impressionnistes notamment de Renoir de de G ou de monnaie atteignent des records de prix autour de 80000 100000 francs de l’époque durant rel a donc récolté les fruits de sa patience et de son travail comment y est-il arrivé comment a-t-il inventé donc comment
A-t-il fabriqué ce marché des des impressionnistes première première premier élément de réponse un œil il a su comme je disais tout à l’heure avoir raison avant les autres il a su repérer les bons artistes il a su prendre un risque faire un Paris il a également mené ce qu’on pourrait
Appeler une politique de stock et une politique d’auteur politique de stock en achetant plutôt en nombre plutôt qu’à l’unité politique d’auteur en misant vraiment sur des individualités sur des artistes en les fidélisant quand je vous ai donné les sommes qu’il versait chaque année au début des années 1870 toutes
Ces sommes ne correspondent pas forcément à des achats de tableaux c’est parfois une façon de soutenir les artistes parfois ça ça ça peut s’assimiler à une forme de salaire il paient aussi directement parfois les loyers ou les fournisseurs des des artistes autre élément important de de
Cette de ce marché de l’art moderne qui émerge avec Duran rel et les impressionnistes une stratégie de promotion de diffusion qui est in vente qui est offensive durant rel publie des recueils de gravure pour diffuser des reproductions euh des des œuvres des artistes qu’il a dans son stock il va
Publier des revues et donc on retrouve ici cette association marchant critique euh qui est au cœur donc du système décrit par les White et puis il organise des expositions des expositions dans sa galerie mais des expositions comme on dirait aujourd’hui hors les murs par exemple à l’occasion d’exposition
Universelle et surtout Paul Duran Revel a une stratégie internationale c’est à la fois un héritage de familial son père était aussi euh rayonnaé la galerie de son père rayonnais et avait des partenariats notamment à Londres donc durant rel à Londres à Bruxelles et puis surtout à partir de
1886-87 aux États-Unis aux États-Unis et pas seulement euh à New York comme on va le voir encore une fois donc Paul Duran n’était pas forcément le premier à tenter l’aventure américaine il n’était pas le seul mais il a été très certainement avec les impressionnistes le plus ambitieux et le plus euh le plus
Persistant et le plus euh imaginatif enfin autre autre élément qu’il me semble important de mettre en en valeur à la fois donc il met en avant cette peinture très novatrice tout en tout en faisant de la pédagogie en quelque sorte tout en rassurant euh on verra notamment tout au long de ses
Années 1870 1880 1890 quand il organise des expositions notamment pour conquérir des nouveaux marchés il va mélanger les impressionnistes à des valeurs reconnues au aux peintres de barbison notamment et puis peu à peu à mesure que l’impressionnisme commence à à s’acheter commence à être apprécié il va si je
Puis dire augmenter la dose donc il il introduit progrressivement euh voilà valeurs montantes euh et euh valeur au côté de valeurs établies et ensuite il rassure aussi très certainement par sa personnalité par son charisme c’est un grand bourgeois euh euh et par sa collection la mise en valeur de sa
Collection personnelle d’ailleurs une des premières histoires de l’impressionnisme qui est publié au 19e siècle en 1892 duû à Georg Lecomte encore là un critique on retrouve cette association entre le marchand et les critiques euh cette cette histoire d’impressionnisme elle est illustrée et quasiment écrite du point de vue de la collection de Paul
Duranwell c’est presque une déambulation dans l’appartement de Paul duranwell qui se cite rue de Rome et ce que veut dire par là Paul Duran rouel quand il reçoit ses collectionneurs notamment les Américains chez lui dans son appartement familiale plutôt que dans la galerie qui est évidemment jeose pas dire décoré mais
Enfin sublimé par tous ces chef-dœuvres impressionnistes qui sont au jourhuis dans les musées du monde entier et bien Paul duranwel c’est une façon de de de rassurer et de montrer qu’on peut vivre de façon tout à fait convenable être quelqu’un de tout à fait comme il faut avec des tableaux impressionnistes qu’on
Avait taxé donc de de fou donc vous le voyez en fait durant rel était tous au fou il était très certainement comme on le dirait aujourd’hui résilient et visionnaire et peut-être un des plus beaux exemples de de cette de cette de cette histoire de cette de ce de cette
Histoire très de ce succès euh c’est certainement Claude Mony et ce sera donc ma 3è mon troème exemple ma 3è étude mon 3è étude ma 3è étude de cas en quelque sorte et j’emprunte le titre de de ce ce chapitre comment Mony est-il devenu millionnaire un article de Simon Kelly
Qui est un de un des très grands spécialiste du sujet de cette question de du marché et un très grand spécialiste de de monnaie d’ailleurs Simon Kelly signale dans son article de façon tout à fait malicieuse que Mony est née en 1840 à Paris dans le 9e arrondissement rue la fite qui était
La rue des tableaux où se concentrait tout le tout le marché de l’art donc il il y voyait une forme de prédestination en 1912 toujours selon Simon Kelly les revenus annuels de monnaie donc uniquement ceux qui sont issu de la vente de ces tableaux correspondait à 369000 francs de l’époque ce qui ferait
Toujours selon simon 12 millions de dollars actuels donc un petit peu moins en euros mais enfin vous voyez c’est assez confortable comme revenu annuel en compilant tous les revenus des livres de comptte certains sont conservés de clown de monnaie ils ne sont pas complets ils s’arrêtent
En 1912 et Mony meurt en 1926 mais enfin on a quand même un bon aperçu ils sont conservés au Musée marmotant clon de monie Kelly a pu montrer que 90 % de ses revenus proviennent des marchands dont 53 % provient de dur rang Ruel c’est
Dire si le succès de de clon de monnaie est lié donc au marchand au marché plutôt qu’à d’autres qu’à d’autres circuits puis au salon au musées aux institutions et donc il y a un moment de bascule ça se passe en deux phases en quelque sorte dans les années 1800 dans
La seconde moitié des années 1870 Mony reste un petit peu dans la lancée si je puis dire dans l’esprit de l’exposition de 1874 vous allez me dire il a pas vraiment le choix puisque encore une fois Duran R n’est plus en capacité de le soutenir et les autres marchands n’ont jamais été aussi
Puissants donc en en fait ce qui se passe c’est que il vend beaucoup de tableaux enfin des tableaux assez nombreux mais souvent des pochades des esquisses et il vend donc des tableaux qui sont merveilleux hein qui sont très beaux mais qui sur le marché de l’art de
L’époque ne sont pas des tableaux très très considérés et il les vend à des connaisseurs en fait il les vend à des amis vous voyez ici des tableaux qui sont achetés pour quelques centaines de francs on imagine puisqu’on n pas gardé les prix de on n pas trace des prix de
De ces deux œuvres en particulier euh mais en général donc qui est vendait autour de 100 200 francs à des à des collectionneurs à des amis celui-ci il est vendu par exemple 600 francs alors que c’est un grand tableau fini donc ce sont des années difficiles et dans les
Carnets de compte de monnaie on enregistre il enregistre autour de 10000 francs de revenus par an bon à mettre quand même en perspective avec 1000 francs par année pour un instituteur donc ça c’est monnaie difficultés financière mais il a quand même une bonne une cuisinière une quelqu’un pour
Éduquer les enfants donc il est quand même dans un certain il se situe dans un certain standing mais vous allez voir qu’effectivement il y a quand même des moments difficiles et surtout il va les choses vont changer assez rapidement à partir du début des années 1880 et les
Prix vont s’envoler dans les années 1890 il y a plusieurs raisons à cela pardon la première peut-être qui est une raison extérieur à à monnaie et aux impressionnistes c’est qu’en 1880 cette année signe vraiment le glat de ce qu’on appelait peut-être un peu abusivement le Salon officiel partir de 1880 l’État se
Désengage de guerlas du salon et confie son organisation aux artistes donc on voit que le salon est un modèle de plus en plus contesté en crise et véritablement sa sa fonction sa sa sa fonction prescrip euh s’efface vraiment beaucoup dans les années 1880 et les galerie les marchands plus
Exactement montent en puissance et se multiplient à Paris durant rel parvient grâce à des emprunts un arrangement avec un banquier à se remettre en selle et il va reprendre ses achats en 1881 entre 1880 et 1885 il achète la quasittalité de la production de de monnaie il est donc en situation
Quasiment de de monopole donc Mony une fois qu’il a cette situation assurée il a à nouveau le le le soutien de Paul Duran rel bien qu’est-ce qu’il va faire il ne va pas s’en tenir là il va diversifier ses marchands et à partir de 1885 il va souvent jouer un marchand
Contre l’autre ses marchant les uns contre les autres au grand dam de durant Ruel il fait par exemple des expositions avec George c’est une galerie qui monte euh qui installe des locaux très luxueux dans le quartier de la Madeleine ces locaux séduisent monnaie et surtout georgees petit il est pas du tout
Identifié comme Duran Rebel à une école de peinture il est pas identifié à barbison il est pas identifié aux impressionniste il vise large il a pas vraiment de programme comme on dirait aujourd’hui dans le monde des galeries il a pas de de il a pas de ligne
Artistique et donc il a une clientèle très variée et c’est ça qui intéresse Mony aussi c’est vraiment d’élargir sa clientèle par exemple au sujet d’une exposition qu’il fait chez petit il écrit donc à son ami Bert morizo je ne sais si je dois vous dire
Que c’est un succès mais cela en a tout l’air si le si l’on considère cela au point de vue de la vente tout ce qui a été exposé a été vendu cher et à des gens bien quant à avoir la prétention de faire l’éducation du public il y a
Longtemps que je n’y crois plus ce serait trop gourmand de ne vouloir vendre qu’à de vrais connaisseurs et à ce jeu-là on on risquerait de mourir de faim dans les mêmes années donc milieu des années 1880 il commence aussi à travailler avec boussau et Valadon qui ont repris la suite de Goupil le
Marchand dont je vous ai parlé au sujet de Jérôme le directeur artistique de la galerie boussau et Valadon n’est autre que Théo V Gog le frère de Vincent van Gog le frère du peintre et c’est par exemple avec avec Bousso et Valadon que Mony montre une série de tableau
Qu’il réalise à Antibe et sur la Côte d’Azur c’est un sujet qui est très en lien avec le développement du du tourisme sur la Côte d’Azur dès 1884 d’ailleurs Paul Duran rel avait enjoint Monnay lui avait encouragé à peindre dans le sud à peindre dans le Midi à la
Fois pour se renouveler et très certainement aussi parce qu’il avait le sentiment que c’était des tableaux qui allaientent rencontrer un public c’est ce qui se passe en juin 1887 Mony vend 10 tableaux de du sud de la France chez Bousso et Valadon plus pour plus de 11000 francs et la galerie
En plus Tho V Gog lui propose un nouveau contrat non seulement donc monnaie payée quand il vend les tableaux à la galerie mais quand la galerie quand le marchand en vend à des clients il empoche 50 % de la marge du marchand ce qui est pas trop
Mal et donc tout ça tous ces arrangements cette diversification à la fois ce soutien très solide de de durant rouel et cette mise en concurrence des marchands va contribuer donc à la montée des prix prix et euh à cette maîtrise à cette volonté de maîtrise euh que
Manifeste Mony très tôt dans dans sa carrière il y a un autre aspect aussi qui peut jouer en la faveur de cette de cette de ce succès commercial euh c’est pourtant un projet très très très artistique c’est euh le procédé même de la série à partir du de du début des années
1890 Mony va euh se lancer donc dans ses suites dans ses séries de tableaux c’est-à-dire peindre 30 40 tableaux à partir du même motif il commence avec les Meul àagiverni euh et qui se qui se distingue par des variations de de de couleur euh de couleur d’atmosphère en
Fonction de du moment où monie peint ses tableau et pourquoi la série euh ça permet de de de de de de satisfaire enfin de nourrir ce ce succès euh c’est parce qu’elle permet finalement de satisfaire l’offre euh en déclinant en fait 30 40 pièces 40 tableaux d’un même
Motif donc quand vous avez plusieurs amateurs pour une cathédrale ben vous avez plusieurs cathédrales à vendre même si elles ne sont pas toutes tout à fait pareilles et donc j’en profite d’ailleurs pour bien signaler que la vente euh à la découpe si je puis dire des séries les séries étaient présentées
Comme un ensemble par monnaie c’est ce qui fait d’ailleurs leur magie et leur beauté hein et à cet égard la série est indissociable de cette espace marchand qui prend de l’ampleur au 19e siècle elle ne peut avoir lieu que dans une galerie enfin l’espace de la galerie est
Est indispensable pour déployer la série mais les séries ont été euh euh vendu chaque peinture a été vendu souvent séparément non pas contre la vie euh de monnaie hein c’est pas un coup des marchands contre monnaie c’est bien la volonté du peintre de vendre euh individuellement chacune de ces œuvres à
Ce moment-là donc il se met il est en position de de de enfin il instaure un rapport de force avec ses marchands qu’il a déjà mis en compétition et qu’il va mettre en quelque sorte en difficulté puisqu’il va lui-même fixer ses prix et
Il va fixer il va faire un bon et ce bon il le fait avec les cathédrales donc vous voyez ici quatre merveilleux exemples euh les tableaux de monnaie à la fin des années 1880 s’est changé pour quelques milliers de francs et là il passe à 15000 francs pièces aux grand
Dam de durant rel qui en est un petit peu choqué et qui est obligé de s’associer à d’autres marchands et on va voir ça se développer de plus en plus souvent les marchands ne pourront plus acheter tout seul des œuvres ils vont acheter en compte à demi il vont acheter à
Plusieurs donc Mony est joue de cette concurrence et il vend parfois directement à des collectionneurs comme donc ce merveilleux collectionneur le compte Isaac de Camondo qui achète quatre cathédrales d’un coup à 55000 francs en 1884 14 donc elles sont à peine sorties de de de de l’atelier euh
Et il ne négocient pas les les prix donc monnaie contourne même ses marchands en vendant parfois directement à des collectionneurs euh il vend aussi à l’État et à l’état un petit peu moins cher quand même il fait un prix musée mais enfin 10000 10500 francs pour le
Musée du Luxembourg qui est le Musée d’art contemporain de l’époque c’est une somme très élevée en général le budget d’acquisition du musée à cette époque était de 5000 francs donc voyez c’est un effort absolument considérable donc l’artiste se met vraiment euh se place vraiment en position de force euh et les
Prix les prix augmentent et les collectionneurs suivent et les marchands sont bien obligés de de suivre cette ce succès il est quand même à relativiser euh il est d’ailleurs il est c’est le succès de de monnaie ce sont des niveaux de prix qui atteignent au même moment Renoir et de gars mais
Pas tous les impressions e césane ne vend vend très très peu de tableau avant 1895 quand un autre marchand Volard s’emparera du sujet si je puis dire et commencera à à organiser une grande exposition et à vendre des œuvres de césane mais avant 1895 il vend très peu ciselet par exemple meurt en
1899 dans un tel dénument que ses amis impressionnistes organisent une vente de charité pour venir en aide à sa veuve et à ses enfants F et enfin ces prix qui défraient la chronique des impressionnistes restent bien en D ça de ceux que peuvent atteindre certains peintres dit académique ou certains
Paysagistes de barbison je vous montre ici le tableau qui est je crois le tableau le plus cher vendu au 19e siècle et vous voyez que la somme est absolument colossale puisqu’on est à 850000 francs donc contre 15000 francs pour une une cathédrale et un format beaucoup plus
Petit d’ailleurs euh donc vous voyez que cette cette question de de des prix du marché d’impressionnisme il faut toujours un petit peu manier manier ses prix avec prudence et et et les nuancés autre autre élémen euh qui contribue à cette à cette montée de la côte euh des impressionnistes j’en ai déjà dit
Quelques mots au sujet du rang Ruel c’est un élargissement de la clientèle élargissement du marché à la fois en France mais surtout à l’étranger et tout particulièrement euh au aux États-Unis alors monnaie qui était hostile à l’idée de durant rouel de de de ce de partir à
La conquête du marché américain il était très réticent voyait pas l’utilité d’aller vendre et d’aller montrer ses tableaux au au au au yankkeis comme il l’écrit dans une des lettres il envoie les bénéfices très rapidement durant rel multiplie en effet aux États-Unis les expositions sur place les contacts personnels avec toutes ces nouvelles
Fortunes américaines qui sont nés de l’industrie du chemin de fer du charbon donc il fait véritablement un travail sur mesure et Mony lui-même se prend au jeu commence à avoir du succès et lui-même va recevoir dans sa maison de Giverny où il s’installe au début des années 1880 des collectionneurs des
Artistes américains et d’ailleurs il y une vraie colonie américaine qui s’installe comme vous le savez à Giverny donc tout un un microcosme tout un tout un écosystème s’organise autour de monnaie des États-Unis avec euh Duran Ruel qui euh euh qui œuvre aussi à cette internationalisation cette américanisation du du marché et
Dès euh mars 1895 selon euh Duran rel justement dans une de ses lettres il dit qu’à son avis il y a déjà 300 peintures de monnaie qui sont dans des collections outreatlantiqu euh ce qui est un chiffre important euh à ce moment-là euh enfin monnaie en totalité donc son catalogue
Raisonné c’est autour de 2000 peintures donc vous voyez que 1895 euh il est pas encore il meurt en en 1926 donc il est pas à la fin de sa carrière c’est déjà 300 œuvres sur 2000 qui sont aux États-Unis et parmi ces ces collections l’une des plus importantes c’est euh la
Collection de de berthta et poter Palmer un richissime couple de Chicago vous voyez ici un portrait de de de berth Palmer et vous voyez ici leur leur intérieur avec euh à Chicago donc avec des œuvres de monnaie en arrière-plan alors je vais essayer de servir de ça je
Me souviens plus ah oui donc là vous voyez ici des œuvres de de monnaie et notamment ici une une très belle meule et cette collection est aujourd’hui à l’Art Institute de de Chicago qu’ a qui les les les palmeurs ont offert cette leur collection donc poter Palmer a fait
Fortune dans l’immobilier et donc avec sa femme il décide de de collectionner et il va se tourner en particulier donc son épouse Berta va se tourner vers les impressionnistes c’est une féministe engagée et elle va donc promouvoir aux États-Unis la peinture dite moderne et elle va aussi soutenir les artistes
Femmes le couple est conseillé par une autre peintre américaine Sarah Tyson Hallowell qui est donc à la fois artiste qui est aussi conservatrice directrice artistique à Chicago et comme on dirait aujourd’hui art Advisor conseillère artistique et elle prend le relais de de durant rel en en diffusant l’impressionnisme non seulement donc sur
La côteest mais plutôt dans le mid-ouest euh elle va elle va véritablement faire ce lien avec les avec les collectionneur et avec avec l’impressionnisme une autre femme joue un rôle très important dans cette Amérique inisession dans cette internationalisation du marché qui est très profitable au aux impressionnistes
Hein beaucoup de de beaucoup de de fortune donc un un un gros un gros potentiel un gros pouvoir d’achat à ce moment-là euh une autre femme c’est une autre artiste aussi Marie Cassat qui euh qui en lien avec Duran Ruel va placer des tableaux de de ses amis de Mony de
De gars en particulier à la fois dans les collections de sa propre famille américaine à Philadelphie mais aussi d’amis notamment les heavmeers à New York donc on le voit les relais de l’impressionnisme aux États-Unis sont un petit peu féminins euh ce qui n’est pas toujours euh souligné et ce
Qui me mène à mon 4e cas d’étude et euh à ma ma conclusion à ma dernière partie sur la question de la place des femmes dans le marché de l’art comme comme artiste et euh quel est leur rôle dans ce monde d’hommes riches comme le disait
Donc la chanson du groupe Abas et vous voyez d’ailleurs que parfois la chanson est reprise le le refrain est repris un peu plus au complet aussi euh dans des articles de presse on connaît trois trois artistes femmes impressionnistes déclaré c’est-à-dire qui ont exposé sur leur sous leur nom aux expositions
Impressionnistes Bert morizo Marie cassade j’en ai parlé Marie bracmont auquel il faut ajouter donc deux deux autres artistes qu’on a complètement oublié aujourd’hui et qu’on est en train de de redécouvrir un petit peu donc une mystérieuse comptesse de Lucher dont pour l’instant on n’ pas vraiment percé
L’identité qui expose en 1800 74 et une autre artiste la comtesse de Rambur une amie de deg qui va exposer à partir de 1876 sous le pseudonyme de Jacques François donc un pseudonyme masculin donc comment ça se passe quand on est une femme quand on fait la peinture
Comment peut-on avoir accès au marché qui est une condition quand même de la professionnalisation des artistes dans le contexte d’une société au 19e siècle qui est une société patriarcale rappelons en effet qu’au 19e siècle une femme de la bourgeoisie comme le sont ces femmes impressionnistes n’est pas supposé avoir un travail rémunéré mais
Au même moment se développe en revche beaucoup le travail des ouvrières et surtout une femme mariée au 19e siècle quand elle travaille elle n’a pas le droit de disposer librement de son salaire c’est son époux qui gère le produit de son travail il faut il faut
Attendre une loi du 13 juillet 1907 pour que les femmes mariées obtiennent ce droit donc la pratique artistique est admise chez les femmes de bonne famille euh dès lors qu’elle se cantonne à la sphère privée et qu’elle est une pratique amateure c’est-à-dire sans transaction financièr pourtant si je me
Limite à deux exemples euh morizo et Cassat comme vous l’avez vu pour Cassat notamment qui restera célibataire c’est quand même un aspect important on note que toutes deux ont eu accès au marché elles ont même participé à des transactions souvent au bénéfice des autres et et moins à leur propre
Bénéfice elles ont placé les les œuvres des autres et ce dès le début de leur de leur carrière donc je vais m’arrêter pour conclure à berth morizo dont je vous montre ici un tableau le berceau qui représente sa sœur EDMA veillant sur sur une de ses filles EDMA qui elle-même
Était artiste et qui a abandonné sa carrière artistique à partir du moment où elle s’est mariée et où elle a fondé une famille elle a continué à travailler euh de façon en amateur elle a commencé elle a continué à notamment à faire du pastel donc vraiment une pratique très
Féminine selon les critères sociaux de l’époque mais ce qui est intéressant avec berth morizo c’est que alors qu’elle est encore célibataire qu’elle vit chez ses parents elle est encouragée par sa mère elle-même à vendre ses œuvres dès les années 1860 je vais vous citer je vais vous
Lire un extrait de la lettre d’une lettre de Cornélie la mère de Bert morizo euh qui donne des nouvelles à Bert morizo elle a une plume très asserré et c’est très intéressant euh et très atypique hein que cette forme de liberté pour parler euh de l’argent donc
Madame mauriisomer écrit à berth que je te raconte maintenant que Monsieur Jul ferry donc le fameux Jul ferry de de l’école qui courtisait Bert mariiso qui aurait bien voulu l’épouser que je te raconte maintenant que Monsieur Jules Ferri m’a chargé de te dire que tes peintures étaient très regardées chez
Kadar Kadar c’est un marchand de l’époque on est en 1867 il passait devant avec un connaisseur ou un artiste je ne sais bien je ne sais pas bien lequel des deux qui s’est arrêté devant des tableaux en disant tiens c’est drôle ça autrement dit c’est quelque chose
Chose de qui est-il donc ce tableau épelage du nom impossible c’est de quelqu’un un anglais mors Mons enfin en repassant attiré de nouveau par cette peinture on regarde mieux et Jules Ferry lit ton nom au moment où des gens dans la boutique faisaient tourner le tableau
Pour le mieux voir ça lui app paru de bonne augure toutefois je n’ai rien à t’annoncer du point de vue des ventes he je me demande toujours comment font les artistes comment vivent les artistes qui attendent cela pour manger que Bert morizo elle veut vendre pour se professionnaliser mais elle n’a pas
Besoin de vendre pour vivre Cornélie sa mère poursuit ce ne sont pas ceux qui veulent faire comme vous exclusivement de l’art qui doivent réussir Rosalie qui était une amie artiste de Bert morizo Rosalie me semblait plus raisonnable lorsqu’elle disait il y a des œuvres pour une exposition d’autres pour l’atelier il
Faut suivre le goût du public si on veut réussir et si c’est vrai quelque part c’est bien vrai quand il s’agit de vente un autre marchand qu’elle cite de Trimon de trimont pardon nous l’a dit alors pourquoi ne mettre chez un marchand que les choses qui certainement ne seront
Pas achetées on met de tout avec certaines œuvres on fait sa réputation auprès des artistes avec les autres on fait des affaires si c’est possible c’est vraiment une lettre intéressante donc morizo a-t-elle fait des affaires difficile à dire Jose est-il que elle est plutôt au départ pas trop
Mal partie euh elle vend euh au début sensiblement euh au même prix que euh césane cicelet ou Pissaro au début des années 1870 lors de cette vente dont je vous ai parlé le 24 mars 1875 ce qui est déjà assez extraordinaire hein qu’une femme participe comme ça à une vente euh
Aux enchères donc cette fameuse vente très calamiteuse euh où le prix moyen donc des œuvres qui se sont vendues se situaient autour de 160 francs berth morizo atteint le prix le plus élevé 480 francs donc c’est elle qui qui fait le record de la vente avec ce tableau intérieur vous voyez elle se
Défend pas si mal mais c’est un succès qui est quand même de courte durée donc en 1875 Cornélie écrit à Bert morizo toujours donc c’est ça passe cette relation avec les marchands passe par sa mère et passera aussi par le mari de Bert morizo on va voir on va le voir
Elle écrit ton marchand s’est plain de ce que tu ne disais pas tes prix je lui ai fait observer que je venais justement lui dire que tu t’en rapportais à lui mais cela le gêne et ne lui convient pas il a demandé 600 francs du paysage de
Jeune Villier que vous voyez ici je lui ai dit que c’était bien mais il a sourit en me disant que jamais on avait ce qu’on demandait et que de plus il fallait qu’il prélève son bénéfice et qu’enfin la peinture ne se vendait pas cette saison les uns lui disent en
Parlant de cette toile de jeune Villier que c’est abominable qu’il préférait qu’elle Fû blanche d’autres trouvent que c’est très beau en tout cas cette peinture a la plus complète admiration de ton beaufrère et le beaufrère de Bert morizo n’est autre que Édouard Manet donc le peintre qui avait prêté une
Œuvre de Bert morizo justement à l’exposition impressionniste de 1874 ce qui montrait ce qui était un signe fort de la part de Bert Moris aussi ce qui montrait que son œuvre circule et qu’elle a des des acheteur un peu la même stratégie que cisle quand il montre des tableaux prêtés par Duran rouel
Donc en décembre Bert morizo épouse Eugène donc l’un des frères d’édard Manet et c’est Eugène qui va de plus en plus défendre les intérêts de de sa femme il était peintre aussi peintre amateur il avait d’ailleurs été invité à exposer avec les impressionnistes il va décliner et il laissera la visibilité à
Sa femme en un beau et assez rare renversement des rôles au 19e siècle par exemple en 1882 alors qu’il prépare pour berth morizo son envoi ce qu’elle va montrer euh c’est lui qui qui lui demande de fixer les prix qui lui l’interroge sur les prix et il lui
Signale voilà Renoir et cicelet sont en grand progrès durant Ruel vend 2000 francs les cicelets donnez-moi vos prix Édouard Manet donc Édouard dit qu’il faut demander cher et éedouard qui est venu ce matin à l’exposition a trouvé votre envoi un des meilleurs il m’a fait compliment de vos tableau je ne doute
Pas que le succès vous vienne j’ai donc demandé 500 francs de chaque petit tableau 1000 franc de la blanchisseuse le tableau que vous voyez ici à l’écran et puis 1200 francs d’un autre tableau cette lettre de 1882 elle est intéressante si vous souvenez 1882 c’est l’avant-dernière exposition impressionniste et c’est celle pour
Laquelle vraiment durant Ruel prend la main en ce qui concerne les envois de de Renoir et de monnaie elle est intéressante pour Bert morizo on permet de noter deux éléments premier élément elle qui était dans les prix dans les années 1870 un peu aligné avec ses confrères impressionnistes c’est quand
Même le début du décrochage de de Bert morizo puisque le prix le plus élevé qu’elle peut fixer c’est 1200 francs quand les autres se situent plutôt autour d’un étiage de 2000 francs ce qu’on remarque aussi et ce qui est très caractéristique des artistes femmes au 19e siècle c’est finalement l’importance
Des cercles familiaux et amicaux c’est vraiment voilà le mari son mari la vie du beau-fère qui qui qui qui sont importants euh ça n’est pas le marchand ça n’est pas un marchand qui prend en main et qui prend en charge euh cette cette mise en valeur des œuvres de
De Bert morizou et ce décrochage va s’accentuer tout au long des années 1890 en fait selon mes recherches Bert morizon a été au niveau des autres impressionnistes qui a deux reprises dans sa carrière au tout début des années donc au tout début dans les années au milieu des années
1870 euh quand les impressionnistes ne coûaient euh pas grand-chose donc c’était quelques centaines de francs euh elle voilà elle n’était pas beaucoup plus cher que les autres et quand il s’agit d’achat par les musées euh en 1892 euh le l’état achète pour donc le musée du Luxembourg l’ancêtre du musée
D’orsay et l’ancêtre du centre pontpidou euh pour la première fois un tableau d’un impressionniste donc près de près de 20 ans après la première exposition impressionniste et ce ce tableau qui est acheté c’est un tableau de Renoir les jeunes filles au piano qui est acheté
Pour la somme de 4000 francs 2 ans plus tard l’État se porte acquéreur lors d’une vente aux enchères ce qui est assez assez rare à l’époque d’un tableau de Bert morizo jeune femme en toilette de balle pour 4500 francs donc un peu plus cher que le Renoir alors que c’est
Un tableau qui est plus petit donc là on voit que le marché joue en faveur de berth morizo et à ma connaissance de son vivant c’est le record de prix atteint euh par par berth morizo ce qui est intéressant de noter d’ailleurs c’est que euh pour euh berth morizo euh son
Record est fait euh auprès d’un musée alors que généralement euh les musées achètent moins cher et donc pour les artistes hommes leurs plus bas prix sont plutôt àquis sont plutôt euh euh euh ceux euh euh auquels ils cèdent euh euh leur leur tableau donc une inversion
Aussi un petit peu des des valeurs et du rapport de de force sur le sur le marché et par rapport aux aux institutions euh cet achat il est important euh parce qu’il euh il sort aussi berth morizo euh du rang d’amateur de peintre amateur où on avait tendance à la cantonner euh y
Compris malgré enfin malgré plutôt ses efforts pour exposer au salon pour exposer ensuite avec les impressionnistes et pour quand même euh euh être présente sur euh le marché de l’art euh mais finalement il y a très peu de de transaction du vivant de de Bert morizo et à sa mort en mars
1895 on estime que près de 80 90 % de sa production est entre les mains de sa famille donc très peu d’œuvres de Berte morizo ont circulé sur le marché de l’art à la fin du 19e siècle et donc c’est un peu le début d’une forme d’invisibilisation des femmes par le
Marché de l’art mais pas seulement par l’histoire en général et encore aujourd aujourd’hui comme vous le savez à de rares exceptions près et même si la tendance commence à changer l’œuvre d’une artiste femme se vend toujours moins cher que l’œuvre d’un artiste homme mais ça change et donc c’est sur
Cette note plus optimiste que je terminerai cette conférence je vous remercie de cette de votre attention merci [Applaudissements] beaucoup