Conférence : Plongées en eaux profondes
Avec Ghislain Bardout (Under the Pole), Lorenzo Bramanti (CNRS) et Emmanuelle Périé-Bardout (Under The Pole)
Animé par Animé par Daniel Fiévet (France Inter)
Les voyages forment la jeunesse et exaltent les couples. Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout sont les dignes successeurs de Bougainville et de La Pérouse. Comme les découvreurs du XVIIIe siècle, ils rayonnent autour de la planète, sur leur voilier de 20 mètres, entourés de scientifiques. Il ne s’agit plus de cartographier l’inconnu et d’aller à la rencontre de populations. Mais il est question de rendre compte des évolutions climatiques, des difficultés rencontrées par la flore et la faune et des perturbations subies par les peuples autochtones. Le duo vit l’aventure depuis treize ans dans des projets intitulés Under the Pole. Depuis ces dernières années, ils mènent leur barque à travers les glaces arctiques du passage du Nord-Ouest, avant de se rapatrier sous les tropiques. Ils multiplient les plongées et ont mis au point un habitat sous-marin, la Capsule, qui permet de séjourner en profondeur, un peu comme Thomas Pesquet stationnait en orbite. Retours sur leurs missions, constats et messages de sensibilisation aux côtés du chercheur du CNRS Lorenzo Bramanti.
Sur les épaules des géants 2023, l’événement scientifique organisé en partenariat avec le CNRS, le CNES, le CEA, le Collège de France, Universcience et l’Université Le Havre Normandie.
[Musique] bonjour Bour à toutes et à tous je suis très heureux de vous accueillir ici sur la scène du paôul Simone veille merci pour cet accueil chaleureux je suis ravi de passer ce moment avec vous parce que vous avez de la chance on va voyager ensemble avec cette table ronde on va
Apprendre on va découvrir mais on va voyager on va voyager aux quatre coins du monde et on va voyager avec des plongeur qui plonge extrêmement profondément à des profondeurs parfois jamais atteintes au fond des océan avec des scientifiques pour la connaissance je vous demande d’accueillir mes trois
Intervenants et puis après on va avoir un petit film alors il y a Guilin Bardou Emmanuel Perrier Bardou et Lorenzo baramenti vous pouvez les [Applaudissements] applaudir prenez place prenez place autour de la table donc Guilain Bardou et Emmanuel Perrier Bardou c’est un couple un couple d’AV enturier qui ont
Mis en place donc ce ce projet under the pole ça fait plus de 15 ans que ça dure under the pole c’est on va comprendre avec cette table ronde la l’objet de vos vos découvertes et puis aussi l’évolution qu’elles ont prise l’ampleur que ça a pris et puis avec nous il y a
Aussi Lorenzo baramanti qui est chercheur au CNRS et qui a rejoint cette aventure par la suite vous nous direz comment vous les avez accompagné et ce que vous avez fait avec la rencontre s fait en Polynésie donc under the ça ne va pas uniquement sous lesépaule ça va
Aussi parfois sous les tropiques et sous des des îles plus chaudes avant de rentrer dans les explications et dans les récits on va regarder ensemble 4 minutes alors 4 minutes pour résumer 15 années d’exploration c’est court mais on va avoir quand même un aperçu de ces paysages de ces recoins du monde
Absolument isolés que vous avez exploré avec votre bateau allez on regarde les images quel suspense on est rentré avec tous nos doigts tous nos orteils avec les images qu’on était allé chercher des images extraordinaire qui témoigne d’un monde de glace un monde en voie de disparition au moment où Guilin Emmanuel
Et leur équipe traversait l’épaisse couche de glace pour accéder au monde merveilleux qu’offre l’océan artique la suite d’Under the PA s’écrivait déjà avec une volonté confronter les capacités humaines au milieu sous-marin afin de mieux raconter et préserver les océans et alors ça fait quoi de quitter
Ce monde là et on répond tout de suite on [Musique] reviendra [Musique] [Musique] [Musique] plus on s’enfonce dans les profondeurs plus on a l’impression d’être sur une autre planète [Musique] on vit sous la mer dans la capsule notre regard il a beaucoup évoluer depuis 12 ans plus que jamais il
Faut mettre des moyens et de l’énergie dans l’exploration scientifique que c’est porteurs d’espoir c’est porteurs d’avenir on a besoin de mieux connaître les océans j’espère qu’on va trouver des gens pour nous accompagner et nous suivre dans ces là sur le long terme c’est l’échantillon le plus profond qui
A jamais été récolté dans le monde c’est extraordinaire et donc c’est toute la vision que l’on a du récif et de son fonctionnement qui est remise en cause c’est aussi la finalité de ce qu’on fait under the la sensibilisation c’est pour ça que tout l’équipage a mis à contribution aujourd’hui et tout le
Monde est super content de partager notre passion de partager nos connaissance et ce qu’on fait deep life c’est un programme de 10 ans qui s’inscrit dans la décennie des océans on va étudier dans le monde entier les écosystème profond à travers la thématique des forêts
Marines et pour ça on a dessiné le why not le WNE c’est c’est un peu notre voilier océanographique idéal on l’a dessiné pour être à la pointe de la plongée scientifique à quoi ça sert en fait ces écosystèmes profonds ces mondes sous-marins ces oasis euh elles sont restées pendant longtemps dans dans
L’ombre et aujourd’hui on sait qu’on a besoin de de mieux les connaître de les découvrir pour leur conservation alors notre défi à nous avec under the PA ça va de rendre visible [Musique] [Applaudissements] l’invisible alors rendre visible l’invisible tout un programme les images sont superbes on se
Rend compte que vous avez une vie tout à fait hors norme et et singulière à bord de ce bateau je précise on le voyait on le comprenait un peu en regardant les images mais que vous menez ces explorations en famille au départ c’était en couple tous les deux avec des
Scientifiques et puis les enfants sont venus et vous avez continué à à mener ces ces expéditions avec des enfants en basage sur le bateau faudra aussi qu’on aborde cette cet aspect là mais d’abord comment vous en êtes venu vous à vous lancer dans ces dans ces aventures la
Première la première le under the pole 1 la toute première c’est vers le grand nord qu’est-ce qui vous a amené DIN ça ça commence par la passion avant toute chose par la curiosité alors la passion pour le monde sous-marin pour la plongée sous-marine en ce qui me concerne une activité que j’ai découvert
Quand j’étais adolescent j’avais 15 ans derrière c’est des opportunité Jean-Louis ettienne une rencontre qu’on qu’on a eu Emmanuel moi qu’on avait la vingtaine et qui nous a mis un petit peu un pied dans le monde de l’aventure donc Jean-Louis Étienne explorateur polaire qui a fait le Pôle Nord le Pôle Sud en
Capsule en dirigeable à Sky à traîau à chien pour le le Pôle Sud grand grand monsieur de l’aventure et un modèle de de punugacité de de persévérance c’est d’ailleurs le nom qu’il a donné à son son nouveau bateau et dans ce cadre là on a pu avoir une première opportunité
D’aller au pôle nord c’était en en 2007 et c’était aussi l’Année polaire internationale c’est-à-dire que cette année-là il y a eu un gros focus dans le monde entier dans la communauté scientifique sur euh bah les zones polaires dans un contexte de de réchauffement climatique de de réchauffement des zones polaires et on
S’est rendu compte que quelque part la banquise de l’océan Arctique allait disparaître un jour en tout cas telle qu’elle est présente aujourd’hui en été avec des glaces pluriannuelles épaisses c’est un monde de glace et c’est ce qu’on a voulu euh témoigner c’est ce sur quoi on a voulu euh travailler rendre
Hommage en fait sur cette première expédition aller à la rencontre de ce monde de glace pour le raconter mais avec notre regard à nous à travers son son univers sous-marin le tout premier under the Po under the pôle 1 on est en quelle année on est en 2000 2010 2010
Emmanuel c’était sur un temps relativement court c’était 47 jours sur la banquise donc en effet on a travaillé 2 ans de préparation de mise en place pour passer 47 jours sur la banquise alors c’était 47 jours exceptionnels et je pense qu’il y a qu’une seule première expédition on s’en souvi viendra toute
Notre vie mais malgré tout quand on est reparti on s’est dit ça y est on est on est bien on s’est adapté et on est obligé de repartir parce que c’est la fin du printemps et que la banquise se fondait et et on s’est dit on va revenir
Mais on va revenir avec du temps avec le moyen d’embarquer des gens et des scientifique avec nous et ce moyen en tout cas pour moi qui était marin à l’époque c’était le bateau et et c’est comme ça qu’on a commencé à chercher acquérir un voilier h alors ça c’est ça
Vous commencez à chercher à acquérir un voilier la on va dire que le le projet prend de l’ampleur parce que là on passe à la vitesse supérieure vous décidez de vendre la maison pour acheter le le voilier quand on s’engage quand même ok on connaît Jean-Louis Étienne on a fait
Quelques expéditions mais là c’est toute la vie qui bascule on décide vraiment de de de se lancer à corps perdu dans cette histoire en fait on on ça ça semble toujours un peu bizarre aux gens mais on s’est jamais vraiment posé la question ni inquiété de laisser en effet de
Vendre notre maison de laisser tout ce qu’on avait derrière nous pour faire ça parce qu’on avait la chance Guilain et moi de partager cette passion si on avait eu qu’un seul de nous deux ça aurait certainement été plus complexe mais là on partageait vraiment cette passion et la volonté de partir donc
Assez tôt on a compris que c’était compliqué que même si on en avait réussi une avant ça voulait pas dire qu’on allait réussir à obtenir facilement les financements pour celle d’après et qu’il allait falloir inventer notre vie d’autant plus qu’on voulait le mener en famille hm hm H arrive ensuite alors
Qu’est-ce que vous faites scientifiquement pendant under the pole 2 c’était quoi le projet Guilin on avait on avait on travaille sur six programmes à la fois à la fois sur la biologie marine bien sûr et puis aussi sur la glace de mer avec en particulier un programme qui s’intéressait à la
Banquise son cycle en fait depuis l’ambacle donc la la prise en glace qui qui intervient bon selon les années en décembre janvier par exemple on était au Grenland donc la prise en glace c’est ce moment où la banquise en fait S et que on a on a plus qu’une une mer gelée
Devant nous c’est ça et et en fait la banquise c’est la nuit polaire c’est quelque chose qui régit vraiment les les zones arctiques ou la zone Antarctique et avec finalement un cycle de vie qui est tout à fait spécifique voilà et avoir un hivernage pris dans la glace
C’est une opportunité qui est rarissime finalement pour la recherche pour regarder ce qui se passe d’un point de vue physique d’un point de vue chimique d’un point de vue biologique sur un cycle complet VO donc on a travaillé là-dessus par exemple avec des des chercheurs danois américains mais à cette époque là on
Était on était pas encore sur une dimension scientifique telle que ça l’ devenu par la suite c’était une émergence c’était une volonté c’était une passion parce qu’on on a toujours eu cette curiosité cette envie de répondre à des questions d’y accrocher de la science parce que c’est c’est ce en quoi
On croit mais les choses prennent du temps c’est pas des choses qui se font du jour au lendemain des ça se construit petit à petit et et c’était une étape quelque part qui nous mène à ce qu’on ce qu’on mène aujourd’hui par exemple avec Lorenzo oui c’est vrai Lorenzo je vous
Ai pas encore donné la parole parce que vous à ce moment de l’histoire vous n’étiez pas encore dans le dans la boucle ils ont un un un statut tout à fait à part ou en tout cas rare dans le monde de la recherche c’est-à-dire que ils permettent à des scientifiqu d’aller
Dans des zoles reculé leur passion en fait aimante toute une communauté qui a besoin in de de matériel pour pouvoir travailler explorer ces sites mais ils sont peu nombreux à offrir ça à donner cette chance là à des chercheur Lorenzo non non en fait on s’est retrouvé on
Veut dire parce que normalement la science oui c’est une aventure mais on aventure intellectuelle et il a quelques scientifiques il a aussi l’aventure je ve dire physique la découverte et on s’est rencontré du coup on s’est rencontrer dans la possibilité comme de moi comme scientifique d’ aller à des
Profondeurs considérables et de prouver des choses des de faire des choses comme la l’mersion arartique il a été vraiment une aventure une expérience nouveau pour moi du coup oui c’est pas beaucoup des scientifiques il la possibilité de faire des des choses comme ça de prendre des donner des premières firstth comme ça
Ouais sachant que vous avant même de les rencontrer vousz vous étiez déjà plongeur professionnel des grandes profondeurs c’est-à-dire que peu de plongeurs arrivent à atteindre vous vous plongez jusqu’à combien de mètres de de sous la surface oui à plus de 100 m euh c’est plonge oui euh à dans le moment je
Suis on de les pas beaucoup de chercheurs qui peut faire ça maintenant la nouvelle génération il va un peu plus profonde mais je vux la chance d’être un pe à un nouveau un nouveau type de chercheur nouveau chercheur et on a si a vu la possibilité de faire ça c’est vrai que
J’avais d’expérience de plonger une vaste expérience de plonger parce que mais c’est vrai aussi que les l’expérience artique il é il était quelque chose qui aa un pe plus au-delà de le que je suis alors ça on va on va y revenir parce qu’effectivement vous aviez plongé dans dans de nombreux
Océans et à de grandes profondeurs mais pas encore dans les eau très très froides d’épaule et donc avec eux vous l’avez expérimenté vous allez nous dire comment vous avez vécu ça parce que c’est c’est une vraie épreuve mais arrivons à under the pole 3 under the
Pole 3 donc là vous repartez pour le Grand Nord là on est on est sur une l’aventure prendre l’ampleur là ça doit durer combien de temps Emmanuel alors à l’époque je crois que N the P Dr on avait prévu que ça dure 3 ans ouais et
Ça en a duré quatre presque 5 en fait c’est ça donc c’était une longue expédition c’était quoi alors le dans les grandes lignes qu’est-ce que vous vouliez faire avec cette nouvelle expédition alors dans dans les grandes lignes on voulait repartir en Arctique à travers le passage du Nord-Ouest passer
Dans le Pacifique et descendre jusqu’en Antarctique on aura pas pu aller en Antar à cause du du covid le bateau était prêt à partir et puis comme vous savez tous on a été un peu coincé à ce moment-là et mais en tout cas ce qui important de retenir c’est qu’entre
L’Artique et l’Antarctique il y avait cet océan le Pacifique et on s’est dit bah ce serait quand même dommage de pas y plonger de pas y travailler et on a lancer un petit peu un un appel à recherche dans la communauté scientifique en disant voilà nous ce
Qu’on sait faire on sa’est organisé des expéditions on a un bateau on est capable d’aller dans des endroits reculés on sait plonger profond au-delà de 100 m de profondeur et on veut bien bien mettre ça au service de d’un d’un programme scientifique conséquent et et c’est là que Laeticia Edouin donc du
CNRS à Mora nous a contacté en nous disant bah nous en Polynésie française ça fait très longtemps qu’on veut étudier les Courau profonds les Courau mésophotiques mais on n a pas la possibilité parce qu’on peut pas plonger au-delà de 30 m et c’est comme ça qu’on a qu’on a lancé ce grand programme
D’études des coros profonds pendant plus d’un an en Polynésie qui finalement a été un peu l’ADN de tout ce qu’on fait aujourd’hui dans cette zone profonde ouais il y a cette zone mésophotique qui est une zone alors mésophhotique ça fait terme très savant mais on va dire de moyenne
Lumière on n’est plus tout à fait dans le monde même plus du tout dans le monde de la surface mais pas encore dans les Abys il fait c’est la peineombre on trouve des des des animaux des créatures un peu phosphorescentes qui brillent décrivez-nous parce que moi je raconte
En ayant vu vos images mais vous vous l’avez vécu décrivez-nous ce qu’on voit dans cette zone mésophotique alors la zone M photique c’est c’est une zone en fait qui est commune dans les océans parce que on la trouve partout à travers tous les littoraux de la planète on la
Caractérise en général par cette zone en dessous de 30 m et potentiellement jusqu’à 100 150 voire 200 m de profondeur en fait ça dépend des océans ça dépend de la lumière qui pénètre dans la colonne d’eau et on va y trouver des écosystèmes spécifiques parfois connectés à à des zonees moins profonde
Et finalement c’est une zone surtout qui est peu connue qui est beaucoup moins connu que la zone de surface parce que bah comme on a commencé à l’évoquer là y aller c’est techniquement compliqué c’est coûteux c’est une logistique c’est c’est des c’est des barrières réglementaires qui font que il mener de
La science c’est compliqué et en plus pour pour bien les comprendre il faut du temps hein comme comme on sait la science ça prend du temps et et pour toutes ces raisons bah finalement il y a un gap de connaissance sur cette zone qui pourtant est fondamentale parce que
On parle ni plus ni moins euh de tous nos littoraux voilà donc c’est c’est là-dessus qu’on s’est engagé avec Lorenzo avec les scientifiques c’est c’est cette étude de cette zone alors maintenant pour répondre rapidement à la question à quoi ça ressemble on commence par le si vous le voulez bien avant de
D’arriver en Polynésie à Tahiti on commence par le Grand Nord quand on plonge dans ces eaux glacées qu’est-ce qu’on trouve sous la surface dans cette zone mésophotique alors en artique ça va être sombre ça va souvent être noir là où on aura plus de lumière par exemple en zone
Tropical euh mais ce qui est commun à tous ces écosystèmes j’ai envie de dire c’est c’est des mondes parallèles c’est-à-dire que les créatures qu’on y voit euh les les créatures qui sont soit les poissons soit les la faune fixée les les les gorgones les les les algues parfois
Les les corau noires les forêts qu’on étudie aujourd’hui les forêts qui vont abriter plein d’espèces en fait euh c’est pas forcément des écosystèmes qu’on a l’habitude de voir proche de la surface c’est des écosystèmes souvent qui sont spécifiques qui sont épououflants qui sont inspirants en fait qui c’est une vie parallèle dans lequel
On pénètre petit à petit et ce qui donne aussi en tout cas pour la partie exploratoire une dimension tout à fait hors norme extraordinaire c’est que justement pénétrer ces écosystèmes en plongé c’est quelque chose qui est dur euh qui est complexe et et donc qui est
Rare et en tant que plongeur on y passe jamais très longtemps pour des histoires de décompression on va y passer 10 minutes 15 minutes 20 minutes et puis derrière on va devoir remonter pour plusieurs heures de décompression et finalement ce voyage dans le temps euh qu’on aura mené pour étudier avec une
Intensité maximale ces ces écosystèmes ces environnements bah ça en fait des voyages qui sont qui sont qui sont hors norme voilà des des voyages dans des mondes parallèles extrêmement inspirantsoua c’est un peu l’espace dans les océans j’ai envie de dire ouais alors pouron comprennent bien pour ceux
Qui ne sont pas encore familiers ou qui ne connaissent pas bien ce monde de la plongée en plongé plus plus on descend profond plus on met du temps à remonter c’estàd que si on remonte d’un coup le sang se met à bouillir ça fait des bulles et on meurt instantanément
J’exagère un petit peu ça peut être ça ça peut être ça désolé de de de de de le dire aussi crument mais donc il faut vraiment monter doucement pour que tout ça se stabilise et que aucune bulle ne se forme dans le sang ça veut dire que
Plus on va longtemps profond et plus on reste longtemps plus on remonte par palier il y a de palier où on attend et donc ça c’est c’est un temps c’est un temps incompressible et c’est ça quand vous dites il y a un voyage dans le temps pour rentrer dans ces mondes
Parallèles il a c’est c’est Sass de temps incompressible évidemment quand l’eau est très froide on reste très longtemps dans l’eau Lorenzo vous vous avez découvert ça relativement récemment c’est plongé c’était où c’était autour du du Svalbard c’est ça que que vous avez plongé oui de Svalbard pour moi
Avant de plonger auvbard le concept de deau froid er à 10 degr ah on a arrivrié à l’extérieur – 35 ce jour de la première plongée c’est ça à l’extérieur il fait – 35°gr l’eau il fait05 ça peut être – 1 degr c’estàd que comme l’eau est salée ça peut descendre
En dessous de zéro donc vous vous immergez dans une eau glaciale vous avez quel équipement sur vous à ce momentl on a beaucoup d’équipement parce qu’ on a l’équipement de très haut niveau en fait on a des réchauffements électrique dans une comie étange on sa on se mouill pas
Mais la visage c’est toujours mouillé on a des G étag on a beaucoup d’équipement mais par des fois peut rentrer un petit peu deux comme ça m’a passé à moi à la première plongée et c’est pas c’est pas rigolo vous étiez dans quel état vous aviez une appréhension vous aviez
Franchement peur avant de vous jeter à l’eau à proprement parler oui era une peur pour une chose complètement nouveau pour moi et dans des conditions je pense que son la première plongé était moin 35 c’est pas très commun je pense non c’est je sais pas c’est vraiment difficile
C’est vra extrme même pour vous qui ê un peu déshabitué polaire depuis 15 ans c’est rude ou parce que le froid c’est quelque chose qui est dur c’est dur pour les équipements les plastiques cassent les les caoutchou sont rigides et tout simplement on n’est pas fait pour vivre
Dans le froid et quand il fait – 35 c’est c’est quand il fait froid sur les dans les dans les Alpes l’hiver – 35 et qu’en plus on doit se préparer pour plonger et plonger longtemps euh c’est jamais facile même si avec l’expérience on peut s’habituer un petit
Peu et réduire la difficulté ça reste toujours dur alors comment vous l’avez vécu cette première plongée ma condition et imagine que tu regardes dehors dans le bateau tu vois la glace sous la mer tu vois le vent très fort tu sors – 35 et lui te dit on est prête à plonger tu
Drôle c’est c’est un blague non non non après on va mais j’avais un peu po de apprention pas pe on est juste correct peur il a toujours avoir peur et lui m’a regardé m’a dit toute façon tu veux remander tu veux décaler la plongere et moi la curiosité d’aller voir qu’est-ce
Qu’il y a pour la première fois j’ai dit non non je vais je je suis allé appréci bien c’est la curiosité qui vous a fait passer ce cap un peu difficile et puis après vous n’avez jamais cessé de plonger tous les jours vous participiez au plonger moi je pense que j’ai fait il
En a pas raté une seule je je veux le préciser parce que c’est remarquable il est resté presque un mois à bord et il a réalisé toutes les plongées Enzo et il remontait de chaque plongée avec le même enthousiasme même quand certains d’entre nous pouvaient trouver ça plus sombre
Moins intéressant moins enfin dur lui il était toujours très enthousiasme de tout ce qu’il voyait au fond parce que je pense que avec l’œil scientifique tu trouvais tout nouveau ouii c’est c’est comme gourmand pâtisserie du coup c’était votre pâtisserie c’estes fond arctique euh il faut aussi dire qu’en
Surface alors ça on fait pas tout dans l’ordre mais un peu avant vous étiez allés donc dans ce passage du Nord-Ouest qui qui qui fond pendant l’été qui se redurcit pendant l’hiver et le le le bateau s’est retrouvé pris dans les glaces à un moment Emmanuel oui pendant
Quelques jours bloqué dans ououi dans le passage du Nord-Ouest tout à fait euh alors c’est quand on fait le passage du Nord-Ouest donc je sais pas si vous voyez he c’est le passage qui relie donc l’Atlantique au Pacifique en passant par le Nord Canada Nord Alaska euh c’est un
Passage qu’on dit qui s’ouvre de plus en plus mais dans la réalité ça reste encore quand même très englacé et très complexe et certaines années personne ne passe donc quand on prépare ce voyage en bateau il faut quand même se préparer potentiellement à hiverner et on est
Loin de tout on est c’est je pense c’est un des voyages les plus isolés qu’on a fait où il y a il y a certains endroits où il y a aucune trace de l’homme aucune cabane de chasse c’est assez merveilleux dans un sens mais voilà faut être prêt à
Être seul donc on avait quand même prévu ça mais sans vraiment se l’imaginer et on a été dans dans en plein milieu du passage du n-ouest en effet on s’est fait bloquer pendant 4 jours h euh et bon les deux premiers jours tu te dis ok
Voilà et puis c’est vrai que le trisème jour tu commences à te dire bon bah ce serait bien là quand même que ça s’ouvre un peu ouais et tout le monde se regardait alors nous c’est c’est rigolo parce que dans ces cas-là on a toujours quelque chose à faire parce qu’il y
Avait de la glace autour du bateau on a plongé sous la glace mais malgré tout voilà on a on a touché du doigt le fait que c’était pas encore si ouvert que ça ouais et euh vous avez aussi aperçu au loin les ourses polaires dans ces moments-là on est dans l’émerveillement
Où on est dans la crainte de se dire on est loin de tout le bateau on sait pas combien de temps il va rester coincé dans la glace et autour de nous il y a des ourses polaires qui n’ont pas grandchose à manger et qui pourraient trouver les humains sur ce bateau appétissant
Euh on est quand même dans l’émerveillement d’ d’une part parce parce que quand on fait ce qu’on fait je pense que c’est aussi parce qu’on aime se retrouver dans des dans dans ces endroits de nature qui sont vraiment fort qui sont sauvages plus qu’ailleurs
Donc là on le touche du doigt et et ces ours en plus ils étaient pas si maigres ils étaient plutôt en très bonne santé certainement parce qu’ussi c’est des endroits très englacés où ils ont encore un bon territoire de chasse donc ça c’était plutôt positif par rapport à
D’autres endroits comme osfalbard où les ours peuvent être très amaigris parce que la banquise disparaît beaucoup plus vite euh donc donc évidemment il y a une pointe de vigilance il peut y avoir une petite pointe d’angoisse et d’impatience au bout d’un certain temps voilà mais on
On je pense que tous autant qu’on était quand même on a profité de l’instant et de ces momentsl une petite pointe de d’inquiétude parfois faut faut quand même dire notamment quand le bateau s’est retrouvé coincé dans ce passage du Nord-Ouest à bord il y avait les enfants
Vos vos deux jeunes enfants qui étaient vraiment à l’époque encore en basage Guilin euh Tom avait 1 an euh ou un jeune marin à travers le nord-ouest et puis euh son grand frère avait 5 ans euh Robin voilà c’est ça Robin 5 ans Tom 1 an on est au
Milieu de nulle part le plus loin que vous n’ayez jamais été il y a les ourses polaires qui tournent autour et le bateau est coincé dans la glace et les parents ne sont pas inquiets non parce que en fait euh le risque alors déjà il est relative
Et j’aime bien remettre les choses dans dans leur contexte j’aime bien relativiser les choses c’est sûr qu’on a un engagement mais c’est tout ça c’est faut faut bien voir que c’est un engagement qui est qui est minimisé enfin non je veux dire c’est un risque minimisé un engagement qui qui qui qu’on
Essaie de contrôler c’est déjà il y a une grande préparation on y va pas à l’aveugle on a un bateau qui est solide qui est qui est résistant on connaît le terrain on on sait assez bien en fait ce ce qui peut nous attendre on connaît un peu les
Différents scénarios et on a essayé de s’y préparer maintenant et c’est aussi ça la magie de l’exploration et je dirais même que c’est ça ce qui définit l’exploration c’est qu’on sa pas pas tout ce qui va se passer il y a une part d’inconnu et c’est ça qui est beau c’est
Ça qui est qui est magique en fait et c’est ça qui nous donne envie de continuer à chercher c’est ça qui nous donne envie de continuer à à explorer ces région c’est ça qui nous donne envie de travailler avec les scientifiques pour aller chercher bah des nouvelles réponses aux questions qu’on peut se
Poser sur le fonctionnement de ces territoires alors peut-être qu’on va se faire prendre dans la glace mais n’oublions pas que il y a quelques décennies au début du siècle passé cette exploration là elle avait une dimension encore bien plus engageante et il y a eu des tragédies qui ont eu lieu dans dans
Ces contraits oui mais ça si on si on y pense justement c’est terrifiant parce que si on pense aux explorations passées avec des bateaux qui ont coulé ou qui se sont retrouvés loin de tout qui ont pas été ravitaillés qui ont passé jusqu’à 2 ans pris dans les glace pour finalement
Tous mourir si on pense à ces tragédies là on n pas forcément on n’est pas forcément rassuré on a un parachute de secours aujourd’hui ouais aujourd’hui on peut appeler avec le téléphone satellite et puis être secouru on voilà c’est ça et même si c’est des opérations qui peuvent être complexes
Euh c’est des choses qui se font et quelque part ça libère en tout cas une partie du poids de de ces navigations et de ses explorations parce que ça permet de déplacer le niveau de l’engagement encore un peu un peu plus loin oui puis je je veux juste rajouter que on avait
Pour nous à ce moment-là aussi d’avoir déjà vécu 2 ans au Groenland et d’avoir déjà fait cette hivernage de plusieurs mois dans la glace avec notre bateau donc on on savait malgré tout que notre bateau pouvait être pris dans les glaces et qu’on on le vivait bien on avait
Prévu quand même les vivre à bord dans le cas où voilà c’est jamais confortable mais on avait cette expérience et d’ailleurs ceux qu’on réussi dans le nord-ouest c’était à moounon c’était après avoir vécu avec les inuitïes et avoir appris des inuites et nous on avait cette expérience là de 2 ans en
Grenland où on avait beaucoup appris donc je pense que ça venait ça enfin c’était vraiment un atout en ce qui nous concerneou je voudrais aussi avoir votre avis à vous de scientifique parce que vous y avez passé depuis que vous avez rejoint C ces expéditions vous y avez passé plusieurs mois à différents
Endroits au Svalbard mais aussi au canaris ou en Guadeloupe comment ça se passe sur ce bateau où on mêle science où il y a une communauté de chercheurs qui accompagnent cette famille d’explorateurs avec leurs enfants qui sont un peu plus grands maintenant mais qui ont qui ont été en
Basage la mayonnaise prend bien c’est une petite communauté particulière la mayonnaise prend quand les chefs cuisiners c’est bon du coup moi j’ai toujours fait les non imagine 15 personnes il un bateau de 18 m pendant 2 mois à l’Artique pe pas sorti à l’extérieur beaucoup ouais je me suis été surpris
Comme il a jamais jamais rien passé rien de problématique de conflictuel et cetera tout par que il a des registres les personnes qui sont à bord sont pas au hasard sont choisis du coup tu vois pr scientifique prendre aussi quelquun qui a expérience de navigation en bateau
Qu’ est on dira adaptable à des conditions du coup c’est euh comme pour ajouter quelque chose avant la la plongé que on Fa c’est pas dans le domaine de sport extrême on va faire des choses que pas beaucoup de groupes au monde peut faire par que l’organisation et la
Expérience qu’il a pour faire se plonger en sécurité c’est pas que on se lance à 150 m comme ça il a tout une sécurité à l’arrière et encore l’expérience d’organiser une expédition c’est ça de faire une bon mayonnaise des personnes ouais ouais tout alors c’est intéressant de savoir que que effectivement les
Scientifiques en fait tout le monde c’est un peu comme quand on envoie des astronautes dans l’espace faut quand même avoir des gens qui ont une disposition d’esprit pour pouvoir vivre dans un petit h clos sur ce bateau il faut effectivement que ça se passe bien mais ça vaut le coup alors on
Va aller se réchauffer du côté de la Polynésie maintenant on prend par petite touche cette aventure de 15 ans en Polynésie par exemple on a vu très brièvement tout à l’heure dans le petit film de 4 minutes un scientifique assez âgé qui qui sort un petit morceau
De de corail et qui dit c’est le corail le plus profond qu’on nit jamais trouvé et il dit j’ai enfin je connais je me souviens plus de ces mots mais il est en larme ce scientifique et il dit j’ai jamais vu ça on a l’impression vous
Venez de lui faire l’un des plus beaux cadeaux de de sa carrière et et de sa vie vous pouvez nous nous raconter les les corau que vous avez réussi à trouver et pourquoi les scientifiques sont à ce point émus en tout cas celui-là de ce que vous plongeurs de l’extrême vous leur
Rapporter Michel Pichon c’est son nom à ce scientifique c’est quelqu’un qui a consacré sa vie à l’étude des récifs coraliens et des corau c’est assez fascinant quand il en parle 60 ans d’étude 60 ans qui travaille sur les les corau c’est ça me fascine au plus haut niveau voilà c’est
Un c’est un spécialiste et donc il était un des chercheurs qui travaillait sur le le programme son domaine de prédilection c’est la taxonomie hein l’identification des des corau et euh effectivement en fait on a on a trouvé le corail un corail le plus profond jamais récolté dans les océans euh alors c’est quelque
Chose qui se fait pas du jour au lendemain d’abord en fait on travaille sur les corau profonds donc on travaillait couramment jusqu’à 120 m de profondeur avec un programme systématique à travers l’ensemble de la Polynésie française c’est grand comme l’Europe sur 12 îles euh et 24 sites
Et parfois quand on plongeait on se rendait compte qu’à 120 m il y avait une densité de corau qui variait c’est-à-dire des sites avec une densité importante et des sites avec une densité moins importante et parfois quand c’était plus important bah on allait voir un peu comme une reconnaissance un
Peu plus bas et puis petit à petit comme ça on a commencé à avoir une meilleure vision en fait de l’extension en profondeur des corau et et dans l’est de la Polynésie sur l’archipel des Gambiers euh une fois on on s’est rendu compte qu’il y avait une densité qu’on avait
Jamais rencontré à 120 m on a fait une plongée de reconnaissance à 140 m il y en avait encore énormément et on a planifié une plongée plus profonde on est descendu à 172 m H c’est c’est vraiment très très profond enfin on s’en rend pas forcément compte parce que aujourd’hui avec des
Sous-marins on arrive à à 3000 à même à au plus profond des océans dans la fosce des marianes mais là en plongé avec avec des bouteilles avec cette histoire de de de sas de décompression dont on parlait tout à l’heure ce sont des plonger extrême il faut plusieurs heures pour
Remonter à la surface ensuite oui c’est vrai c’est certain maintenant c’est aussi des ce qu’il faut voir c’est c’est pas des choses qu’on fait comme ça du jour au lendemain c’est des choses qui se font dans la durée dans le temps avec des équipes c’estàd qu’en fait on fait
Ça tous les jours et en fait quand on fait ça tous les jours on acquer une fluidité dans le travail avec un cadre évidemment de sécurité maximale mais en fait ça ça rend les choses possibles et et la fois où on est descendu en fait on
On était prêt à aller un petit peu plus bas et on s’est simplement arrêté à un moment donné où on jugeait que on était un peu sur la fin il y avait plus de Courau il y en avait un devant nous on l’a photographié on l’a prélevé et c’est
Ce fameux corail qu’on voit dans le petit film où Michel Pichon verse une larme effectivement parce qu’en fait ce qu’ dit lui derrière c’est que lui il a étudié les coros toute sa vie et que trouver un corail qui arrive à vivre à se développer à s’épanouir et comprendre
Les mécanismes en fait de cette vie c’est un aboutissement et c’est ça les larmes qui qu’ a versé ouais et et c’est ce qui prouve ce qui explique aussi que vous avec le temps les sciences prennent de plus en plus de place dans dans vos
Projets en fait parce que il y a il y a rien finalement qui qui qui ne soit plus plus fort que de montrer que vous pouvez apporter des des choses assez décisives assez nouvelles à ces scientifiques ouis ce programme en Polynésie il a été décisif parce qu’on a compris que grâce
À ses plongées grâce à à ses collaborations avec les scientifiques on pouvait vraiment changer le regard qu’on portait sur les récifs et moi moi je me souviens on a eu une période un petit peu noire parce que évidemment depuis toutes ces années qu’on qu’on évolue en Arctique qu’on évolue avec les inuites
Qu’on était qu’ travaille sur les récifs caliens en Polynésie on voyait quand même que les changements climatiques affectaient méchamment tous ces écosystèmes et puis en je crois que cé en 2019 il y a eu ce premier rapport du Vic qui disait qu’en 2050 euh sur ce sur
Cette sur ce schéma là 90 % des récifs coraliens auraiit blanchi seraiit mort et moi je voyais mes deux enfants je me disais en 2050 ils auront à peu près 30 ans bon bah et et et ça m’a vraiment perturbé et dans le même temps on faisait ces plongées profonde et on se
Rendait compte que les écosystèmes profonds n’étaient pas impactés en Polynésie par ce réchauffement climatique donc ça il y avait quand même une source d’espoir là-dedans euh mais qui a un espoir en fait si tentait que rapidement on prenne en compte ces écosystèmes dans les politiques de
Conservation et tout le sens de de ce qu’on faisait euh à trouvé une application en fait vous êtes un je trouve peut-être que vous trouverez le compliment trop trop trop haut mais vous êtes dans la droite ligne de de cousta finalement avec vosos vos expéditions vous je crois que vous étiez fan de
Cousto étant plus jeune et vous vous vous inscrivez vraiment là-dedans euh il y a d’ailleurs on le voyait dans dans le petit film à un moment on voit une structure une sorte de de capsule qui qui que vous posez au fond de de l’océan et qui vous permet d’y passer des des
Nuits entières vous avez dormi sous l’océan comme on campe là c’était votre votre tente aquatique euh déjà au point de vue des sensations qu’est-ce qu’on vit dans cette capsule et d’un point de vue scientifique est’est-ce que ça permet de d’observer mieux que on le fait quand on plonge
Guilin alors vivre sous la mer c’est quelque chose qui est pas naturel et moi ça a été ma première sensation euh quand je me suis immergé que je suis descendu au fond à 23 m de profondeur avec pour projet de ne pas remonter en surface et ça c’est quelque
Chose qui est contre nature on n pas des poissons ouais euh et il y a un exercice intellectuel où on doit se dire non mais en fait c’est bon j’ai un abri je vais pouvoir vivre je vais pouvoir y respirer je vais pouvoir y dormir tout va bien
Euh et quelque chose quelque part aussi c’est c’est une expérience qui est hors norme parce que on on voit l’océan de l’intérieur comme on ne le voit jamais en fait c’était ça la volonté de ce programme à l’origine c’était essayer de bousculer un peu les les frontières qui s’opposent à l’homme
Au au plongeurs au scientifiques dans sa volonté de de connaître la vie des océans notre perception des océans direct par la vision par le regard par l’observation elle se limite autant qu’on a avec un scafand sur le dos pour aller explorer ce milieu donc en général quelques minutes au mieux quelques
Heures et et finalement en installant un peu comme une tente d’un naturaliste dans dans la forêt on a posé notre capsule dans l’idée de de décrire de voir et de surtout avec le temps et ça ça tous les plongeurs qu’on participé au programme en ont témoigné on na jamais
Vu l’océan intérieur comme on le voit habituellement en finalement quand vous plongez vous dérangez plus votre présence est pas anodine le le récit les poissons vous regardez on disparaît alors que là cette fois-ci dans la capsule vous disparaissez du décor et vous voyez le récif tel que vous ne
L’aviez jamais vu finalement c’est après toutes ces années de plongée vous aviez l’impression de de en quelques heures de voir plus que ce que vous aviez vu en en des années de plongée en tout cas avec un regard très différent parce que on peut s’intéresser à un poisson à une colonie
À des des herbivores ou au contraire des carnaciers qui vont revenir avec une une certaine routine tous les jours exactement à la même heure en venant de la même direction et avoir la même routine de chasse ou de prédation ou de reproduction et ça c’est quelque chose
Qu’on a pas le temps usuellement parce que il faut du temps pour ça il faut du temps déjà sur une journée mais en plus pour le comprendre jour après jour bah il faut il faut répéter les observations h alors vous c’est à peu près à ce moment-là Lorenzo que vous arrivez dans
L’histoire vous vous les rencontrez en Polynésie et vous allez donner une dimension encore supplémentaire à à ce projet avec cette notion de forêt animale c’est c’est un peu antinomique forêt animale mais sous l’eau on peut parler de forêt animale racontez oui c’est pe on l’appelle un oxyor
Écologique et ça fa par des pour moi ça fa parte l’exploration par des fois explorer la découverte c’est pas que découvrer quelque chose de nouveau mais regarder avec des yeux différentes quelque chose qu’on connaît déjà ça c’est découverte d’exploration du coup quand on regarde les les habitats coralienes comme les gorgones les coron
Noir tout l’ qu’il a des formes arborescentes ils font des arbres ils font des forêes sont comme des arbres ce sont des animaux mais ils sont statiques ils sont un peu fixés au récifens mais animaux du coup il faut inventer des termes nouveaux et on a inventé ces terme des forêt animal coup
En forêt fait des animaux quelque chose que dans la terre il n’existe pas il n’existe pas dans les concepts de les personnes mais ça ser ça ser beauoup par que pourquoi par la sensibilisation il est plus facile de comprendre que c’est tout détruit une forêt tu détruitis tout
Le que vivent dans la forêt h h et dans la mer normalement c’est pas perçu comme ça la la les par exemple les chaloutages profonde c’est détruit une forêt détruit tout le qui vivent dedans le chalutage profond on est sur des filets qui ratissent absolument sur des des des
Kilomètres carrés de de fond d’océan et qui détruisent toutous sur leur passage et pour vous ça s’apparence à de la déforestation comme on fait en for amazonien déforestation tout à fait et en plus c’est ces concepts de de la forêt on on permet de utiliser tous les instruments
Théorique et pratique de l’étude de la science développé par l’écologie forestale terrestre qui c’est plus avancé et du coup faire comme on a ici monté sur les épaaux des gantes du coup utiliser l’expérience des autres pour appliquer à à le milieu marine et permettre de proposer parce que la la
Science la science il ramène toujours quelque chose l’objectif c’est ramener des des informations pour la conservation et la gestion du coup si moi je propose de conserver un forêt et pas en espèce c’est par que je veux conserver la fonction que sa forêt dans l’environnement donc s la terre c’est
C’est conous on dit jamais de protéger une arbre une espèce des arbres mais la forêt et nous on veut ramener ça dans les milieux marin du coup on change la si tu veux la vision les points de vue une dernière question et puis après on passe aux questions de la salle parce
Que on nous a un peu raccourci le temps parce que les ils ont des obligations notre jeune public juste après mais une dernière question quand vous avez plongé autour du svalbar donc dans ces eaux glaciales vous en avez trouvé des des forêts animales vous vous les avez
Cherché est-ce que vous les avez trouvé oui aussi on l’a cherché ça a pris du temps et en fait ça a pris beaucoup de temps on l’a trouvé à mon dernière jour de des permanences là-bas et la chose c’est que comme je t’ai dit on n pas
Découverte une chose qu’il a qu’ là là tout les qu’il a plongé là-bas il a vu sa sa forêt si tu veux c’est sa population des hydrozoè mais on l’a regardé avec les yeux de la forêt du coup on trouvé on a trouvé la première forêt arctique sous-marine jamais trouvé et du coup
Était pour moi aussi on tu vois comme pas comme Michel Pichon mais c’estmtion ou vous êtes moins émotif mais vous auriez pu pleurer aussi pour cette forêt animale je suis sûr allez on va prendre quelques questions dans la salle sur ces aventures les découvertes que vous avez
Pu faire et puis peut-être la vie de famille à bord de de ce bateau euh pour qu’on vous voit quand vous posez votre question n’hésitez pas à vous lever comme ça on saura qui parle et on va vous apporter un micro voilà j’ai vu une main qui se lève je
Vois un micro qui se tend on t’écoute euh bonjour bonjour tu peux te lever s’il te plaît tu es debout pardon excuse-moi je je suis habitué à avoir des adultes mais je je suis désolé vas-y est-ce que vous avez découvert des nouvelles espèces de poissons ah des nouvelles espèces de
Poissons alors non on on a découvert une nouvelle espèce de Coro en Polynésie qui pour l’instant encore porte encore le nom d’un numéro le 805 parce que c’est la c’était le 805e prélèvement mais il sera nommé et et par contre on a un collègue peut-être tu
Peux en dire un mot qui lui trouve des nouvelles espèces de poissons qui est dans notre consortium oui fait la la réponse c’est pas encore mais sûrement tu le va trouver parce que dans ses profondeurs on pas jamais regardé du coup notre collègue Luis Rocha il a toujours trouve des des nouvell espèces
Mais on a aussi trouvé une nouvelle espèce d’un petit invertébré qui vivent sur le corau c’est petit mais c’est très importante parce qu’il vivent une une symbiose avec les coros noir et du coup on a encore on a on a trouvé une nouvelle espèce ou alors pas de poisson
Mais vous trouverz de nouvelles espèces et vous allez trouver des nouvelles espèces de poissons ce qu’il faut retenir quand même c’est que ces milieux que l’on détruit largement en fait on ne les connaît pas on est en train de en tout cas certaines pratiques comme le chalutage comme le le réchauffement des
Des océans aussi ont des conséquences sur ces espèces on est en train de détruire des écosystèmes dont on ne sait encore pas grand-chose c’est terrifiant oui en fait en fait c’est un de les B de de la de l’expédition c’est la découverte de C écosystème et encore je
Ma m côté scientifique c’est de changer encore une fois le point de vue parce que normalement on pense à l’air marine protégée et air c’est un concept bidimensionnel une géométrie mais dans la mer on a trois dimensions et nous on ver ramener la 13e profondeur dans le concept de conservation c’est encore une
Chose qui change tu vois ramène quelque chose de N parce que en selon la profondeur où on se trouve selon la strate où on se trouve ce ne sont pas les mêmes espèces ce ne sont pas exactement les mêmes écosystèmes ça dépend dans les Méditerranée on a les
Réuges par la même espèces jusqu’au fond mais dans les tropiques et dans l’Artique on a des des différentes écosystèmes au fond h dans dimension tu voulais rajouter quelque chose Emmanuel non non allez question question dans la salle pour que vous les le public puisse avoir la parole bonjour bonjour euh rien ne peut
Se faire sans argent sans argent pouvez-vous nous parler un peu des modes de financement vous avez commencé en 2010 en tout cas vous avez restitué quelque chose depuis 2010 euh quels sont les modes de financement qui à qui restituez-vous les résultats est-ce que vous classez alors j’entends
Bien qu’il y a toute une notion de nomenclature d’aller identifier des choses et de faire des nomenclatures est-ce que vous les restitution vous pouvez les classer dans une notion de recherche fondamentale de recherche appliquée de de de recherche d’un début industriel derrière estce que pourvez
Nous dire un BR sur ça en gros c’est qui paye et qu’est-ce que ça rapporte alors exactement ouais je vais essayer de faire court alors tout d’abord euh aujourd’hui comment on est organisé il y a under the Po d’un côté il y a les scientifiques un consortium scientifique
De l’autre euh nous on finance toute la partie logistique plongée euh communication sensibilisation donc ça va des expéditions de terrain jusqu’à la caravane under the pool qui fait de la sensibilisation là devant le le bâtiment oui caravane qui est juste devant le le bâtiment et qu’on peut
Visiter si vous avez le temps juste après elle est là jusqu’à 18h ce soir voilà et les scientifiques eux vont chercher leur financement pour leur salaire pour traiter les éch chantillon pour pour pouvoir publier ensuite nous nos principales sources de financement elles sont privées donc notre principale source de financement
Aujourd’hui c’est la société Relx les montres qui nous suivent depuis de nombreuses années mais après on a aussi la région Bretagne par exemple qui nous accompagne voilà donc on essaie au maximum de trouver des des gens qui sont alignés avec nos valeurs et avec ce qu’on fait et les chercheurs pour
Participer il ils payent pour être à bord avec vous comment ça s’organise non on on demande dédommagement pour la nourriture pour la caisse de bord mais on on offre tout et puis parfois ils ont pas les moyens de payer leur caisse de bord et on reporte un peu plus tard
D’cord ah oui oui donc c’est vraiment donc l’idée l’idée en fait c’est que avant tout le projet se fasse mais l’idée aussi pour répondre à une deuxième partie de la question c’est que une fois que les publications scientifiques soient faites ce qui est très important pour nous c’est de faire
Remonter cette information vers vers tous les types de public qui nous concerne à savoir le grand public la société civile mais aussi les décideurs en travaillant avec d’autres ONG pour que justement ça puissent servir à des programmes de conservation et puis on rappelle que en recherche une fois que
C’est publié ces données sont libres d’accès à tout le monde donc en fait vous travailler pour la connaissance générale du monde c’est il y a pas besoin de payer pour avoir accès aux découvertes que vous faites être les géant ce que dans les futuroun remonte sous les épaules voilà c’est ça on
Remonte sur les épaules allez je vois des mains qui se lèvent je ne sais pas où sont les micros celui qui a le micro peut parler on vous écoute mic est-ce que vous avez des nouvelles perspectives pour des projets futurs et est-ce que vous pensez travailler un peu plus en
Lien avec des thématiques sur le réchauffement climatique alors alors les perspectives futures oui en fait on on est engagé dans un programme qui va durer 10 ans qui a commencé en 2021 donc qui se terminera en 2030 ça c’est le under the PO 4 cette fois-ci vous avez
Visé grand vous allez vous balader un peu au quatre coins du globe et et et ça va durer 10 ans et c’est un programme qui s’appelle deep life qu’on a monté donc en vraiment en lien avec d’abord deux directeurs scientifiques Lorenzo bramantil latici Edouin deux chercheurs du CNRS mais derrière c’est un
Consortium avec plein plein de chercheurs du monde entier chacun dans leur spécialité et c’est un programme qui a été en fait intégré à la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques on est dans une décennie pour ceux qui savent pas ou sous l’gy de l’ONU il y a tout un tas de
Sciences qui sont menées pour mieux connaître les océans à des à des fins de dans une perspective de développement durable donc progrme s’r làdans sur le changement climatique je vous presse un peu parce que je vois le chrono et je voisort à la question sur le réchauffement climatique le
Réchauffement climatique il impacte les écosystèmes marin entre autres on va dire puisque c’est ce sur quoi nous on travaille l’idée du programme c’est d’acquérir une connaissance scientifique de caractériser ces écosystèmes sous-marins de mieux comprendre leur mécanisme de vie d’interaction entre les différentes profondeurs de faire émerger une connaissance de manière à la pousser
Comme le disait Emmanuel par exemple sur les programmes de sensibilisation fait monter main dans la main avec d’autres associations d’autres ONG une connaissance avec des recommandations scientifiques par exemple pour étendre à la 3è dimension certaines air marines protégé un exemple juste te dire que la profondeur c’est un refuge par des fois
Par des écosystèmes sur les changement climati c’est directement lié les lesff changement climatique à la à la recherche de la profondeurou c’estd que finalement pour chercher la fraîcheur les les animaux descendent de quelques strates des moment on a on a VI un reféfuge du coup les vagues de chaleur
Il arrivent pas à assz profonde mais il arrivera du coup il faut avancer je comprends allez on va prendre trois questions d’un coup et puis après on fera notre marché pour y répondre tenez-vous prêt avec les micros c’est la dernière salve alors allons-y ici bonjour moi je voulais vous parlez de
Justement de la méconnaissance des fonds marins chose dont vous vous parlez beaucoup depuis tout à l’heure et je pense à tous ces pays tous ces états qui parlent beaucoup d’exploitation minière sur les métorares et cetera je voulais savoir quel était votre point de vue est-ce que vous pensez que la communauté
Scientifique peut faire quelque chose pour aller à l’encontre de tout ça ou au contraire l’accompagner alors les l’exploitation des fonds marins et les dégâts que ça peut causer deè question allons allons-y vas-y euh quand vous êtes parti en plongé vous avez préféré faire la Polynésie ou l’Antarctique alors le chaud ou le froid
On y ver on verra 3è et dernière question s’il vous plaît dans la salle euh alors bonjour euh j’ai cru voir sur les plans de votre bateau que vous aviez une infirmerieour mais je me demandais pour la capsule comment vous faisiez si jamais il y avait une urgence médicale
Ah très bien question pratique alors euh euh déjà c’est facile chacun votre tour le chaud le froid la Polynésie ou l’Arctique la Polynésie à l’Avante mais après je je me suis pas repenti d’aller à l’Arctique ah d’accord euh le chaud le froid les deux différentes ambiances deux ses ambiances
D’ du mal à choisir on a fait du froid pendant 12 ans ça faisait du bien d’aller au chaud mais ce qui est magique avec les régions polaires c’est que on y croise des animaux des créatures qui nous bercent depuis notre enfance les mors les narvales les belouas les ours
Polaires et les voir pour de c’est quelque chose de magique on pourra pas tous le faire mais on a eu cette chance ouais donc j’ai l’impression quand même que ça penche encore pour le côté région polaire vous êtes encore assez attaché à C la capsule vraiment rapidement si
Jamais il y a un problème c’est facile d’évacuer c’est une grande question en fait c’est toujours la question du risque où est-ce qu’on met le curseur au niveau de l’engagement et c’est une question qu’on traite ça prend des années des fois à répondre à cette question et de savoir qu’est-ce qu’on
Peut faire et quel quelle est la limite voilà pour des progammes de cette nature notre philosophie c’est que on doit mordre la ligne jaune mais jamais la ligne rouge donc tout est une question de définition où on place ces deux lignes et la dernière question qui était
Peut-être la la la plus profonde mais on a peu de temps pour y répondre donc ce sera plutôt une une ouverture cette question de l’exploitation du fond des océans est-ce que elle vous concerne est-ce qu’elle vous inquiète est-ce que vous comment vous vous situez par rapport à ça euh elle nous concerne et
Elle nous inquiète et je pense que ça revient à ce qu’on a déjà dit c’estàd que le problème de l’océan c’est qu’il est invisible et qu’on a tendance à croire qu’on peut y faire ce qu’on veut parce que ça ne se voit pas et heureusement qu’il y a eu beaucoup
D’associations d’activistes et d’ONG qui ont fait remonter ce problème d’exploitation minière des fonds marins et qui ralentissent aujourd’hui le le développement de ces pratiques la France s’est engagée à signer un moratoire contre l’exploitation minire des fondmins donc là pour le coup on a été dans la bonne direction en France mais
Voilà c’est c’est super important de poursuivre et évidemment on se il y a un énorme principe de précaution et on est on est contre aujourd’hui c’est un des combats je pense des années qui viennent nous notre position évidemment c’est le moratoire c’est la recommandation de l’ICN d’appliquer le principe de
Précaution ça va de soi et derrière ça rejoint une idée général qui est on est dans une époque où tout l’enjeu c’est de lever le pied c’est pas de continuer à enfoncer le clou et je pense que ça va un petit peu dans dans ce sens-l
Également et juste pour dire qu’il a dit qu’est-ce qu’ peut faire les scientifiques les scientifiques il peut ramener des données et savoir qu’est-ce qu’il passe après la communication de la décision c’est politique et communicateur aussi h si on veut vous suivre il y a un site internet où on
Peut voir les aventures under the PO 4 alors il y a un site internet under the Po il y a des réseaux sociaux je crois à peu près Instagram Facebook LinkedIn voilà et puis a une chaîne Youtube et à chaque expédition on fait des petits web documentaires où on raconte nos
Expéditions donc vous pouvez aussi suivre ça là on a aussi tout un système d’éducation en ligne pour les scolaires où les profs peuvent nous suivre et venir piocher des informations euh voilà il y a beaucoup de choses et pour ceux qui veulent continuer de discuter avec vous là juste après cette cette table
Ronde juste à côté vous allez signer vos ouvrages petite séance de dédicace il y a aussi sur le parvis la caravane under the Po où là encore on peut découvrir un petit peu ce que vous avez découvert et l’optique dans lequelle ça s’inscrit un grand merci à tous les trois de nous
Avoir fait voyager si loin merci merci beaucoup daniel Merci et puis bonne suite de festival à tous merci à [Musique] vous [Musique]