Enseignement 2023-2024 : Nouvelles approches de l’histoire du climat
Séminaire du 07 mars 2024 : Le changement climatique dans l’histoire romaine

Intervenant : Benoît Rossignol, professeur d’histoire ancienne, Avignon Université

Les progrès des sciences de la nature ont permis, depuis les années 2000, une connaissance de plus en plus précise du climat à l’époque romaine et de ses variations spatiales et temporelles. La question du rôle de ces variations dans l’histoire romaine a rapidement été posée tant en termes d’opportunité que de contraintes, voire de crise. Les débats ont en particulier porté sur l’ « optimum romain » et sa fin, sur les transformations de l’antiquité tardive mais aussi sur l’époque républicaine. Les réflexions ont touché à la fois le long terme, en lien avec des questions démographiques et économiques, et des temporalités brèves, en liaison notamment avec les épisodes de forçage volcanique comme celui de l’Okmok en 44 av. J.-C., ceux de l’époque antonine ou ceux, considérables, de l’époque de Justinien. Nous proposerons une tentative de bilan – nécessairement provisoire – des connaissances et surtout des questions en cours et des problèmes de méthodologie qu’elles soulèvent : à quelles conditions peut-on faire du climat un opérateur historique pour l’Empire romain ?

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[Musique] [Musique] alors c’est un plaisir de vous présenter benoirignol professeur en histoire ancienne Université d’Avignon cooporur du programme ANR pit cirigé par Dominique Castex projet très très intéressant qui sont cré depuis 2019 aux épidémies de l’Empire romain il est l’auteur de nombreux nombreux articles importants et de plusieurs livres dans

Marc Orel par 2020 je tiens également à souligner l’importance de ses travaux sur l’histoire de l’environnement et la santé il a été la première été établir un lien entre le changement climatique d’origine volcanique et la peste Antonine et je ne peux résister à l’envie de vous faire par d’une chose

Que j’ai appris récemment originaire de Clément Feron il a grandi à l’ombre d’un volcan ce qui n’a pas manqué d’attiser son imagination j’imagine pour notre un plus grand bien alors merci benm merci d’être ici et de soir comm moi merci beaucoup euh je vais commencer par présenter aussi tous mes remerciements à

K Harper pour son invitation à participer à son séminaire aujourd’hui et puis plus largement à apporté lui aussi de manière précoce et depuis longtemps des questions scientifiques qui sont fondamentales et qui ont mis du temps à à émerger et c’est dans la la continuité et le dialogue avec ces ces questions que nous

Partageons que je voudrais aujourd’hui avancer quelques réflexions sur la place que le climat a pu prendre dans l’histoire de l’empire romain à partir de ma position d’historien du Haut Empire romain c’est-à-dire quelqu’un qui au départ vient d’une histoire plus traditionnelle une histoire politique une histoire sociale une histoire presqueune histoire bataille même un

Petit peu puisque je me suis intéressé d’abord à l’armée romaine et ce que je voudrais c’est en m’excusant un peu de la généralité de mon titre proposer des des éléments pour esquisser euh un bilan autour du Haut Empire romain et euh manifester à la fois des questions qui sont encore vives

Et puis des pistes éventuel euh pour pour progresser les points aussi où on aimerait que nos connaissances grandissent il s’agit donc de mettre à la fois en lumière des acquis scientifiques récents et puis des questions en suspens euh tout en soulevant des questions de méthodes euh

Parce que c’est aussi par là que euh on peut continuer à avancer alors euh compte tenu de l’ampleur des questions qui se présentent et du temps euh qui nous rassemble je je fais appel à votre indulgence sur le fait que mon propos sera nécessairement incomplet mais euh dans une certaine

Mesure les propos qu’on est obligé de tenir sont parfois euh et on le regrette toujours mais à la limite d’une certaine incohérence car c’est le la difficulté et l’enjeu de ces recherches qui sont toujours nécessairement interdisciplinaires c’est que les apports des différentes sources des différentes disciplines ne sont pas évidemment

Immédiatement en accord en superposition dans la rencontre avec les apports et les connaissances des autres disciplines et des autres sources et il est toujours difficile de les faire dialoguer d’atteindre ce que l’on a appelé la conciliance c’est-à-dire cet état dans lequel on a rapproché les connaissances des différentes disciplines et donc il

Est risqué de faire coïncider les données je vais donc commencer par aborder des questions de méthodologie à partir d’un recul historiographique ensuite je me concentrerai sur trois questions la question des échelles échell de temps l’échelle d’espace la question des intensités des interactions entre les phénomènes climatiques et les

Sociétés et puis j’essaierai de terminer en proposant quelques pistes alors du point de vue de l’historiographie la question qui nous rassemble n’est pas nouvelle euh vous voyez que Stéphane xel un des grands historiens de l’Afrique romaine se poserit la question dans son grand livre sur l’histoire ancienne de l’Afrique du

Nord en 1913 et il avait déjà publié quasiment ce chapitre en 191 dans la revue africaine euh voyez la question par laquelle il commence c’est le climat de l’Afrique du Nord s’est-il modifié depuis l’Antiquité donc on a un questionnement ancien mais qui a été profondément renouvelé dans les toutes

Dernières décennies et ce renouvellement euh il résulte essentiellement des progrès d’autres disciplines que la discipline historique notamment euh toutes les ressources de climatologie que qui vous sont exposé ici depuis quelques semaines qui ont fortement précisé la nature et l’ampleur des des changements climatiques passés donc on peut répondre

Effectivement à la question que se posait Stéphane xel aujourd’hui d’une manière un peu précise évidemment des incertitudes demeurent sur les ordres de grandeur sur l’expression régionale on le verra sur la temporalité mais dans une certaine mesure beaucoup d’idées ont été fixées d’une manière assez robuste sur l’intensité des fluctuations climatiques

Sur les derniers millénaires sur leur dur duré sur des rythmes sur des événements alors si l’on considère l’historiographie sur une période assez longue le progrès donc des dernières décennies fait vraiment rupture et est décisif les données fournies depuis la fin du 20e siècle ont amené à une

Rupture et donc à une prise de conscience nouvelle par la discipline historique et désormais une reconnaissance assez large de cette situation par le champ disciplinaire reconnaissance assez récente et on peut le constater en lisant par exemple le numéro des qui a été consacré à l’histoire environnementale en 2022 la

Discipline est décrite comme dans une phase de transition d’émergence et l’éditorial du numéro rappelle certes que les questions ne sont pas nouvelles mais que les manières de les traiter le sont en grande partie en fait le champ scientifique historique a ses fluctuations aussi à l’image du climat et il semble important de prendre

Conscience du caractère récent des questions dont n disposant en restituant une profondeur historiographique à nos questions alors au risque de caricaturer un peu cette histoire cette historiographie du changement climatique pour l’histoire romaine il faut rappeler que cette question du changement climatique par exemple quand elle était

Dans la tête de Stéphane Xell elle était abordée au départ à partir de la mise en évidence au 19e siècle de transformation climatique radicale par la géologie sur évidemment d’autres périodes euh les aires glaciaaires mises en évidence au 19e siècle mais même dans le champ des sciences naturelles la question du

Changement climatique est longtemps resté marginal et ne constituait pas jusqu’aux années 1980 du 20e siècle une véritable communauté de recherche les enquêtes sur le changement étaient plutôt isolées dispersé rattaché à d’autres champs scientifiques en France au moins il faut souligner l’importance de la géographie et du dialogue entre

Histoire et gographie et c’est aussi dans ce dialogue que se situait Stéphan xel c’est d’ailleurs l’existence d’une forte tradition de géomorphologie c’est-à-dire de considération de du rapport des sociétés humaines à la formation des paysages par la géologie que la géographie avait donné aux historiens français des éléments pour

Être attentif à ces éléments là à ces questions d’environnement et de changement climatique mais avec un modèle évidemment qui était celui d’un temps très long et des aires glaciaaires et donc la notion de petitâge glaciaire comme la notion d’optimum sont importé de cette tradition géomorphologique et géologique et la notion d’optimum

Climatique au départ elle est élaborée dans ce cadre là par contraste avec les glaciations et elle a été transférée dans les temps historiques pour le champ scientifique français dans les années 50 60 c’est ainsi on peut trouver en 1963 dans la Revue de Géographie Alpine Jean Corbel qui identifie un optimum

Romain à partir des marqueurs géologiques de la vené des glaciers puis de leur recul justement à l’époque romaine le terme et l’article de Jean Corbel est cité encore par Michel provau dans les années 80 lorsqu’il tente d’éclairer le climat du 2 siècle de notre ère et là aussi à partir d’indicateurs géomorphologiques

Essentiellement le recul des glaciers les traces de sédimentation les enregistrements des crus dans les lits des rivière donc avec des proxy le mot n’était pas utilisé à l’époque qui ont une résolution chronologique assez faiblein on traite facilement de siècles et qui dépend aussi fortement pour tout ce qui est sédimentation de l’impact anentropique

Euh l’idée que le climat historique avait eu des fluctuations on le voit à l’époque de Jean Corbel ou de Michel provon dans les années 60 dans les années 80 avait donc été finalement accepté on peut se rappeler qu’elle a été suggérée par brodel dans sa thèse la Méditerranée en

1949 et qu’elle s’est imposé au cours des années 1950 avec aussi les travaux d’Emmanuel le roi la duue on a donc envis ces changements à la manière de périodisation et on rencontre donc on l’a vu le décalque de la reconstitution des grands changements climatiques planétaires la question des glaciations

Avec aussi un décalque de la reconstitution des cycles économiques brodel justement dans la Méditerranée en 1949 écrivait aux phases A et B de François Siman les cycles économique ne nous faudra-t-il pas historien ajouter un jour des phases tantôt plus sèches tantôt plus humides tantôt plus chaude et tantôt plus froide et donc c’est

Aussi ces idées qui font alterner petitâge glacière et optimum cette idée donc de changement climatique étant acquise elle est pour autant très difficile à exploiter et à utiliser en particulier pour la période antique au-delà de cette barrière de l’an 1000 jusque dans les années 2000 en fait pour les périodes médiévales et modernes

L’abondance des sources avait palié euh le manque de données issues des sciences naturelles et les travaux de le roi la duie s’étaient penché on le sait sur les dates des vendanges sur des enregistrements à partir de séries d’archives et euh les éléments qui ont progressivement surgi du renouveau d’une

Science du climat à partir des années 90 ont été largement ignorés des historiens pendant longtemps euh malgré quelques exceptions euh il y a quelques instants un article scientifique de la NASA stoper can Pino a été cité euh qui relev justement toutes les traces de l’impact des forçages volcaniques sur la zone

Méditerranéenne dans euh l’époque antique et cet article qui date de 83 a quand même été remarqué par une spécialiste de catule qui en 1988 a publié dans classical antiquity un article qui identifi justement un forçage volcanique important juste après la mort de César qui à l’époque l’attribuait à une

Éruption de l’Etna et donc il y a quand même une sensibilité d’un certain nombre d’historiens à ces apports nouveaux mais très largement ignoré c’estàdire cet article en fait très peu cité pendant longtemps il est en fait cité uniquement par les chercheurs en en Scien naturel hein qui vont lire cet article et les

Historiens l’ont peu lu et je dois dire que moiême même quand j’ai écrit sur les forçages volcaniques je l’avais ignoré donc en 2007 ce qui montre que euh voilà on a en quelque sorte une histoire de la discipline qui nous était un petit peu inconnue euh dans le même temps que la

Climatologie se renouveler c’est par l’archéologie surtout que les questions de changement climatique sont revenues et ont été examinés de manière plus précise à partir euh de ces marqueurs géomorphologiques mais aussi de marqueurs paléobotaniquees la palinologie la dendrochronologie dans les années 80 et puis dans les années 90 on peut signaler

L’existence de programme important le programme populus qui a été dirigé par grenberker et David matingli et en France le programme archéomédè qui a été centré sur la vallée du rô et puis prolongé dans les années 2000 par le programme arcaedine et qui pour la première fois essaye de faire dialoguer fortement euh

Des savants des sciences environnementales et des savants des sciences historiques autant des historiens que des archéologues mais je vous l’ai dit dans le même temps les sciences du climat se transformai en fait c’est à partir des années 1980 que de très vastes collaborations interdisciplinaire se mettent en place

Qu’on quitte un peu une histoire du climat écrite par des figures isolées comme Hubert lambe ou comme Emmanuel le rooi laadie pour avoir de véritables groupes et programmes interdisciplinaires qui répondent aussi a une demande sociale de plus en plus visible notamment à la fin des années 80

À la création de l’IPCC en français logc cette nouvelle science du climat et des climats passés donc se caractérise par la variété des mesures la multiplication des proxy qui permet donc de connaître toujours mieux les climats passés et qui approche parfois la résolution annuelle qui permet de se rapprocher véritablement du temps des

Historiens mais en même temps cette nouvelle approche du climat passé par les sciences naturelles était aussi différente de l’approche du climat qui pouvait être celle qu’avait en tête xel ou encore Michel Provo ou même le programme archéomedes et je m’appuie sur les constatations de Spencer W qui observe

Resarch but of the climate system of the world Planet involving everything from minerals to microbes dans les années 80 on passe d’un moment où les chercheurs dans les programmes qui sont consacrés au climat ne parle plus tant d’étudier le climat dans un sens ancien qui était celui

De récurrence régionale du temps de la météorologie mais considère le système climatique à l’échelle de toute la planète avec une prise en compte de tous les éléments depuis les minéraux jusqu’aux microbes la transformation aussi importante c’est l’arrivée dans les années 70 des modèles informatique et de la modélisation il y a donc une

Abondance de données qui se constitue progressivement une nouvelle vision aussi des cycles climatiques des transformations climatiques et c’est seulement dans la seconde moitié des années 2000 qu’elle est véritablement prise en compte par les historiens et les archéologues et je dirais qu’une des une des bornes des des marqueurs importants c’est l’article collectif

Publié dans le Journal of interdisciplinary history en 2012 qui donne un petit peu là pour la première fois une feuille de route très claire un tableau un petit peu précis des transformations du climat pour l’époque romaine et jusque dans l’Antiquité tardive et le Haut Moyen-Âge et donc en

Quelque sorte la décennie qui s’est écoulée depuis consiste à essayer de préciser cette image de d’avancer dans les débats qui ont pu ens surgir aussi et euh d’essayer de confronter de nouveaux proxy euh de nouvelles lectures de nos sources historiques à ce bilan alors euh cette confrontation elle

Amène des questions de méthode et je vous l’ai dit un des problèmes qui surgit lorsqu’on veut faire dialoguer ces sources climatiques avec nos problématiques nos questions d’historiens ce sont souvent d’abord des questions d’échelle il y a d’abord des questions d’échelle aussi de temps et de chronologie l’importance de cet article

Et des travaux qu’il qu’il synthétisait pour la première fois et des travaux qui ont suivi c’est qu’on a avec les sciences de l’environnement et cette approche paléoclimatique un nouveau fil temporel à confrontter à nos périodisations de l’Antiquité à nos débats pour savoir quand est-ce que le haute empire romain cède la place au

Bas-Empire et puis c’est devenu quand est-ce que le haute empire romain cède la place à l’Antiquité tardive alors est-ce que c’est sous Marc Orel c’est ce que disait le livre de René rémondon par exemple en France dans les années 70 est-ce que c’est sous les sévères et si

C’est sous lesessé ver est-ce que c’est en 193 en 235 ou est-ce que c’est avec tragendes en 250 ou est-ce que c’est avec la tétrarchie en 284 et cetera et en fait ces débats sur la périodisation de l’Antiquité rendcontre une nouvelle périodisation mais qui vient de domaines et d’éléments naturel

Donc on peut se pencher un petit peu sur cette question du temps depuis justement les années 2000 si l’on s’intéresse à la question on est de plus en plus confronté à des graphiques ou à des diagrammes semblable à celui-là c’est-à-dire ce qu’on appelle des approches multiproxies où on va

Confronter sur la même ligne chronologique les apports de plusieurs proxy de nature souvent différentes ici vous avez des enregistrements des isotopes tout en haut dans une carotte glaciaire les enregistrements des forçages volcaniques dans cette même carotte avec des résolutions là temporelles différentes de la dendrochronologie des spéléotèmes c’est-à-dire l’enregistrement des

Isotopes souvent aussi à partir euh bah du du calcaire qui se fixe dans les stalagmites et les stalactites et il est parfois difficile et il faut garder en tête cette difficulté de rapprocher ces différents enregistrements chronologiques et temporels parce que chacun de ces proxis ne fonctionne pas avec le même

Enregistrement par exemple la dandrochronologie va plutôt enregistrer la situation climatique au moment de la croissance végétale puisque c’est le cerne de l’arbre que l’on regarde alors que un spéléothème va plutôt en enregistrer ce qui se passe au moment des précipitations donc plutôt en hiver ou en automne hein selon d’autres moment

Éventuellement selon les régions mais on n’ pas forcément la même vision du climat annuel hein selon qu’on regarde l’un ou l’autre et euh de la même manière un enregistrement justement dans des sédimentations lui on pourra pas descendre au niveau de l’année on aura un enregistrement qui correspond à des

Décennies euh éventuellement donc les enregistrements sont différents mais une question S se pose c’est celle de la calibration de ces différents enregistrements il faut s’assurer que on est bien à peu près d’accord sur le moment où commence l’enregistrement et où il se termine hein et en fait

Beaucoup de séries de proxy sont en quelque sorte flottantes hein il est difficile d’avoir une date certaine pour accrocher un proxy qui vient d’un spéé auème et même euh les enregistrements des euh carottes volcaniques qui revi des carottes glacires qui enregistrent les phénomène volcanique j’y reviendrai

En 2012 on les pensa bien calé bien calibré dans le temps et en fait il ne l’était pas tout à fait et donc enregistrement calibration c’est est-ce queon part du même point chronologique et résolution est-ce qu’on enregistre de la même manière avec la même finesse chronologique sont des éléments qui

Doivent nous amener à à réfléchir lorsque nous en tant qu’ historien on va essayer de confronter cet enregistrement temporel des proxies à notre propre flexion et à notre propre périodisation je vais approfondir un exemple c’est l’approche menée par Christophe petit dans le cadre d’un programme interdisciplinaire qui était le

Programme rurland dirigé par Michel Redé qui a été publié donc dans le livre Galia Rustica le 2e volume en 2018 Christophe petit a essayé de confronter une évolution enregistrée annuellement à partir de la dandrochronologie qui permet d’avoir des renseignements de température et de précipitation euh à ce que l’on peut

Savoir de la réponse euh des principales cultures euh pour une région qui correspond euh à la gole du Nord-Est c’est-à-dire le Bassin parisien euh jusque à la Belgique et jusque à la renanie et euh d’essayer donc de retracer le potentiel agricole de ces années hein telle année avec telle précipitation et telle chaleur

Correspond plus ou moins à euh quelque chose de favorable ou pas pour euh les céréales qui sont cultivées dans cet espace ça a donc donné ce graphique voyez euh tout en haut le graphique a hein où à partir donc de de ces calculs qui sont des calculs il faut l’avouer

Euh incertains parce et surtout qui sont des potentiels c’est pas parce que on sait que telle année était potentiellement bonne que la récolte pour autant a été bonne pe il y avoir beaucoup d’autres choses qui ont joué mais c’est relativement robuste et surtout ça montre bien qu’on a des

Périodes bien visible ça donne une périodisation et notamment justement le cœur de l’Empire romain apparaît comme une période plutôt remarquablement bonne puisque vous voyez quand les barres noires sont vers le haut c’est qu’on est dans un potentiel agricole favorable et quand elles sont vers le bas on est dans

Un potentiel agricole plutôt mauvais avec parfois de très mauvaises années he c’est quand on est tout en bas mais vous voyez que de 32 après Jésus-Christ jusqu’au début du 4e siècle c on a une période avec dominante nettement favorable et beaucoup de bonnes années donc ça ça

Correspond tout à fait du point de vue du potentiel agricole à l’expression que l’on a en tête quand on dit optimum romain effectivement pour les gens du bassin parisien de la laoren de la Picardie de la Belgique voilà ces siècles sont des siècles qui ont de potentiel agricole très favorable et on

A donc là une périodisation qui s’offre à nous et qu’on peut confronter contraster avec notre périodisation justement politique militaire sociale puisque justement la fin du Haut Empire romain se trouve au milieu de de de cette période et contrastter aussi aux autres périodisations données par d’autres proxy ou d’autres

Enregistrements on a vu que l’histoire de l’Italie est pas la même que l’histoire de cette goulle du Nord-Est mais en tant qu’historien il faut qu’on soit attentif à la multiplicité des rit possible parce qu’évidemment les les agriculteurs de l’antiquité ne vivent pas dans une longue période ils vivent dans la saison

Du moment et si la récolte de l’année est mauvaise cela vous console peu de savoir que toute la décennie est bonne si vous n’avez pas pu avoir des stocks pour passer ce mauvais hiver on a donc aussi l’apparition de crises brèves qui sont remarquable et notamment la décennie qui correspond au

Cœur du règne de marcor 169 179 une décennie aussi importante dans le 3e siècle un siècle plus tard dans les années 260 au moment du règne de l’empereur Postume et puis avant l’Empire romain la fin de la République un moment particulièrement contrasté des années 50 avant notre ère donc le cœur de la

Guerre des Gaules jusque aux années donc du début de notre ère avec voyez euh d’assez mauvaise récolte et au cœur de cette mauvaise période justement une autre crise fortement marquée et vous voyez c’est le graphique du bas ça correspond donc à des moments de forçage climatique des éruptions volcaniques qui ont un impact

Global alors euh c’est la capacité à affiner cette chronologie euh qui parfois nous permet de faire dialoguer justement finement nos questions d’historiens qui vont plutôt considérer des événements euh politiques des événements sociaux avec l’apport euh de ces enregistrement je vous l’ai dit le la chronologie exacte de l’enregistrement dans les carottes

Glaciaires de ces forçages volcaniques et de leur impact sur le climat n’est fixé que depuis peu c’est seulement en 2015 dans un article important dont le premier auteur est Michael sele qu’on a pu corriger l’enregistrement de ces carottes glaciaires euh parce que les glaciologues avaient trouvé une éruption

Importante dans les années 50 avant notre ère à peu près ils avaient une marge d’erreur qui était importante à ce moment-là ils avaient dit ça doit correspondre c’est ce qu’avait montré euh Philis forsight ça vait correspondre à un forçage volcanique après la mort de César mais l’idée avait été abandonné

Euh au milieu des années 90 parce qu’un second signal avaité été identifié vers les années 80 de notre ère et que l’éruption du vésu étant plus célèbre que les éléments montrant un forçage volcanique sous la fin de la République et bien on s’était dit bah forcément c’est le Vésuve et aujourd’hui on sait

Que ça n’est pas le Vésuve et que donc le Vésuve a et ça en rabat un peu sur notre orgueil d’antiquisant n’a pas laissé beaucoup de traces dans le climat mondial et donc ça n’est seulement que depuis 2015 qu’on peut vraiment confronter finement cette chronologie des crises qui ont pu naître des

Forçages volcaniques à nos questions d’historien et en voyant que parfois C coïncide et que d’autres fois cela ne coïncide pas puisque justement cette éruption d’environ 88 elle n’est pas vraiment lisible dans la reconstitution des températures et ne semble pas avoir marqué fortement euh les sociétés de l’Empire romain des

Années 80 c’est un un point peut-être aussi à à sur lequel il faudrait enquêter d’un peu plus près alors euh la coïncidence entre l’événement enregistré par les proxis et notre intérêt d’historien augmente si justement on se rend compte qu’il se passe quelque chose dans le climat à au moment où il se passe

Quelque chose dans l’histoire hein et cette éruption bien visible donc à une date désormais bien fixée en 43 avant notre ère rencontre B les guerres civiles de la fin de la République romaine la naissance ensuite de l’Empire romain en tant que régime politique et la question

Peut donc être posée elle a été posée dans un article voyez en 2020 du lien entre ce forçage volcanique et les événements qui suivent la mort de Jules César alors ce forsage volcanique on le connaît un peu mieux parce que à la chronologie affinée de la carotte glaciaire c’est ajouté l’identification

Du volcan donc c’est un volcan qui se trouve en Alaska c’est lockmoc dans l’île d’unmac et voyez on a une caldera qui fait à peu près une dizaine de kilomètres de large donc avec une éruption dans la phase finale a laissé une couche de cendre de 30 m d’épaisseur

Et donc la question c’est jusqu’à quel point cette cette éruption a eu des conséquences qui ont joué dans un moment qui lui-même indépendamment du climat étaé un moment de crise politique sociale et militaire pour les differses sociétés que Rome avait rassemblé dans son empire alors la question peut être

Posée bah pour les autres forceages climatique aussi une reconstruction de leur impact sur l’OPAC cité de l’atmosphère donc par Michael seel et Michael touet publié en 2017 et voyez comment en fait notre chronologie désormais est marquée par ces crises du temps court mais aussi comment apparaît bien ce moment de temps

Long très particulier qui est ce début de l’Empire romain hein ici cette période qui correspond à l’optimum et bien voyez c’est deux siècles on va de 40 avant notre ère jusqu’à 160 pendant lesquels on a un calme volcanique considérable on a aucune éruption dans l’hémisphère Nord et dans l’hémisphère sud seulement de toutes

Petites éruptions des éruptions qui n’ont pas d’impact important sur sur le climat mondial et c’est assez rare et assez remarquable pour pour le noter il faut pas seulement s’arrêter aux crises parce que c’est vrai qu’elle attire notre attention elle attire notre nos récis spontanées mais les périodes d’ d’immobilité sont aussi

Importantes pour les sociétés et euh voilà on a ici la mise en regard possible he de cette potentialité favorable qu’on lisait dans la dendrochronologie de la Goul du Nord-Est avec ce moment très particulier cet été volcanique he qui a touché en fait l’hémisphère Nord au début de notre ère

Vous voyez vous retrouvez ici les éruptions dont on vous a parlé tout à l’heure de l’époque de de Justinien et donc je vous ai mis ici la comparaison possible avec le le 20e siècle et le 19e siècle notamment l’important éruption du Tambora or cette éruption du Tambora qui

A servi un peu de de modèle pour réfléchir au forçage climatique dans l’histoire elle montre aussi les difficultés à penser ces changements climatiques quand on veut arriver sur une échelle géographique un peu fine parce que si le Tambora c’est avant tout l’année sans été cette année dans laquelle le climat

Est tellement mauvais qu’il a des conséquences particulières Marie Chelle écrit Frankenstein la famille revient dans beaucoup de pays d’Europe elle n’a pas touché tout le monde de la même manière il y a en fait des zones qui ont bénéficié de ce changement la Russie et l’Ukraine ont plutôt des bonnes récoltes

La Scand na vie aussi euh et à certains endroits de l’Arctique les glaces polaires reculent donc l’expression géographique du changement climatique elle est aussi très diverse et ça ça nous pose aussi beaucoup de questions euh nous ne pouvons y répondre qu’en fonction des proxis suffisamment précis

Qui sont disponibles et on en a encore assez peu hein et euh je vous montre ici la référence de l’article très récent auquel Kyle Harper a a participé sur cette enregistrement donné pour la première fois pour l’Italie qui donne une approche régionale sur l’Italie du haute empire

Et permet de voir que la rupture se fait à une époque plus précoce que ce qu’on pensait puisque le 2e siècle est moins favorable et que on n pas la même histoire en Italie que dans la gole du nord-est et on na donc pas le même rapport au climat alors c’est la

Multiplication de ces prox ces approches régionales qui peut être intéressante juste pour vous la signaler une approche al beaucoup plus fine régionalement et donc dont on peut tirer moins peut-être de de conséquences mais qui est intéressante et qui montre comment petit à petit les proxis s’ajoutent au proxy c’est l’analyse de

Plusieurs spéléoèmes dans le nord de la Toscane et qui montre là aussi que dans cette région on a un premer siècle de notre ère marqué par par des précipitations importantes par des crues et ça ça recoupe un peu ce que disent aussi les enregistrements du Tibre alors

De ce côté-là il faut signaler que des tentatives sont faites pour essayer de voir si certaines régions sont corrélées à d’autres notamment il y a eu un article en 2019 dans la première autrice et iningga labune quiessaie de montrer qu’il y a des des régions Méditerranée dans l’Antiquité et dans cette époque de

L’Empire romain qui sont corrélés les unes aux autres en essayant justement de faire le lien entre ces proxis différents en leur donnant une un Z score euh qui permet de de les confronter et puis ensuite de faire des études statistiques notamment des recherches de composantes principales

Mais euh ça n’est qu’un début je dirais parce que cette carte révèle aussi une chose c’est que c’est l’inégalité très grande des régions de l’empire romain face au proxis disponibles et notamment le fait que une des régions fondamentales une des régions extrêmement importantes l’Afrique du Nord et encore quasiment pour nous un

Vide en proxy que il y a une histoire régionale de du climat de l’Afrique du Nord à à reprendre et à interroger alors ça nous ramène à cette question historiographique que j’avais soulevé puisque vous voyez que l’Afrique du Nord ça a été aussi un des premiers endroits où les historiens de l’Empire

Romain se sont posé la question du changement climatique mais à partir en fait d’une situation qui était leur situation contemporaine hein les colons français arrivant et constatant que des vill romaine se trouvait dans des zones qu’il trouvait extrêmement inhospitalièr et donc cette rencontre a été exploré notamment par Philippe Levau dans un article

Récent où il essaye de retracer très finement c’est un article très précis et très long cette interaction du climat de la société et de l’environnement pour l’Afrique du Nord et notamment dans ses marches sahariennes et comment en fait la perception du climat à l’époque contemporaine a joué sur les questions

Des historiens mais aussi inversement la mise en évidence des fluctuations climatiques dans la période antique agit sur les récits qu’on propose en fait non pas seulement parce que ces fluctuations auraient eu des effets importants mais parce que la mise en évidence des fluctuations révèle aussi la part de projection de nos

Récits qui ont été élaborés et débattu notamment à l’époque coloniale puisque cette époque coloniale avait projeté sur l’époque romaine en fait le climat du 19e puis du 20e siècle à la question que Stéphane xel se posait le climat de l’Afrique romaine s’est-il modifié depuis l’Antiquité il porta une réponse

Assez catégorique à la fin de son article tels sont les arguments invoqués en faveur de l’hypothèse d’un changement de climat on voit qu’il mérite l’examen mais qu’il n’entraîne pas la conviction donc rien n’avait changé et donc on pouvait projeter les courbes de précipitation obtenu par les services météorologiques français en Algérie sur

La province romaine de humidi par exemple et donc conclure que l’occupation romaine en humidi était semblable à celle de l’occupation française pour des raisons naturell et qu’il y avait donc une Afrique utile pour les Romains comme il y avait une Afrique utile pour les Français et donc

Le fait de mettre à jour qu’en fait il y a quand même eu des changements que la ligne de des isoyettes en Afrique à l’époque romaine n’était pas forcément celle du 19e siècle ou du 20e siècle oblige aussi à reconsidérer comment les Romains approchent leur mise en valeur

Du territoire et leur contrôle politique du territoire africain hein et euh si on cesse de projeter les contraintes des agricultures modernes et des agricultures coloniales donc très spécifiques sur notre perception des agricultures antiques le tableau devient différent et si cela vous intéresse je vous renvoie donc à cet article de

Philippe Levau parce que le rôle des marges de cette Afrique romaine se retrouve déplacé hein elles ne sont plus forcé forcément des zones hostiles contre lesquelles on doit se protéger mais c’est des zones face auxquelles un dialogue est possible et on s’intéresse donc désormais d’une nouvelle manière à

La présence romaine la plus méridionale dans ces zones notamment à Castellou diidi ou à elbayad dans le sud de l’Algérie alors voyez le temps l’espace mais il faut aussi poser la question alors c’est question régionale elle se pose aussi en vu pour la Goul du Nord-Est pour les différentes régions et

Cette approche régionale elle est aussi importante dans l’histoire de l’empire romain je passe vite dessus mais l’histoire de l’empire romain très souvent a été aussi réfléchi en fonction de l’influence plus ou moins grande de certaines provinces et notamment le fait que le 3e siècle est marqué he par une

Importance forte de l’Afrique du Nord les sévères sont une dynastie qui viennent d’Afrique du Nord mais une fois qu’on a posé la question de du rythme et de l’extension géographique des changements il faut poser la question de leur intensité alors l’intensité elle-même ne suffit pas il faut penser aussi l’interaction des société avec

Cette intensité en fonction des vulnérabilités sociales un changement climatique identique va avoir des effets très différents si vous avez un grenier plein la mauvaise récolte de l’année ne sera pas très grave si au contraire un pouvoir prédateur a vidé votre grenier au nom des impôts ou de réquisition

Militaires une récolte peut-être un peu meilleure bah sera quand même très inquiétante donc il faut toujours mettre ensemble vulnérabilité sociale avec intensité de la fluctuation ou du changement climatique alors l’intensité elle-même elle est pas toujours facile c’està-dire que il est pas évident de repartir de l’enregistrement d’une fluctuation climatique par un spéléoème

Ou par un cerne d’arbre ou par une sédimentation pour arriver à établir réellement l’intensité hein la question par exemple on peut l’aborder pour cette éruption volcanique dans l’Alaska lockmok euh un papier très récent donc de 2023 dans le premier auteur et alipéia a essayé de préciser justement l’intensité

Du forçage climatique né de cette puissante éruption et en fait il y a trois histoires différentes trois intensités calculables différentes celle qu’on peut estimer à partir de la géologie en étudiant la caldera en étudiant le déroulé de l’éruption en étudiant euh la manière dont cette éruption a pu projeter dans la

Stratosphère un certain nombre d’éjectat à la fois minéraux mais à la fois aussi gazux et notamment le soufre qui est principalélément mais dans les carottes glaciaaires l’enregistrement est différent on regarde la quantité de soufre qu’on trouve dans ces carottes mais cette quantité de soufre est-ce qu’elle est du soufre qui agit vraiment

Sur le climat c’estàd qui est passé par la stratosphère l’atmosphère la plus haute ou alors c’est du souffle qui est passé par la la troposphère l’atmosphère dans laquelle nous respirons et qui a moins d’impact global et donc il y a deux estimations très différente là de l’impact et entre les

Deux vous avez l’enregistrement du changement de température par la dendrochronologie mais aussi par des spéléoèes mais en des points très localisés et donc est-ce que cet enregistrement local correspond à une variation amplifiée localement ou vraiment à quelque chose qu’on peut généraliser à l’échelle du globe donc là

Euh on affine en fait la fourchette al ce qui est rassurant c’est que cet article montre que on peut arriver à quelque chose d’assez robuste parce que finalement ces trois fourchettes se recouplent l’une l’autre à un endroit qui est plutôt celui qui correspond au proxy hein et que donc on aurait un

Forçage climatique un peu plus faible que ce qui a été dit dans l’article de 2020 mais quand même suffisamment important donc nous historiens bah on a nos propres rôles à jouer hein justement nos source historique elle précise un élément important c’est que le Nil

Pendant 2 ans n’a pas eu de cru et donc ça c’est aussi un élément très fort pour fixer un ordre d’idée sur ce forçage global alors ça c’est l’intensité la vulnérabilité c’est aussi donc la sensibilité des sociétés au climat et les mécanismes de résilience je m’éloigne un peu de l’Empire romain

Parce qu’on n’est pas encore dans l’Empire romain on est toujours dans le royaume lagide mais on a à ce même moment une inscription oGIS 194 pour ceux qui aiment les sigles épigraphiques dans lequel on voit un stratège kalalimac recevoir des honneurs absolument exceptionnels on a même parlé d’honneurs extravagant pour en fait

L’aide alimentaire qu’il avait donné dans les années précédent qui correspondent à ces années sans cru et euh cette inscription fait l’objet très récemment d’une analyse très précise très fouillé hein mais euh vous voyez euh c’est uneal qui date de 2022 euh mais qui ignore l’article de 2020 sur

Sur l’éruption qui cite l’article de Philis forsight de 1988 mais vous voyez que le dialogue interdisciplinaire a encore du du progrès à faire a encore des éléments à à mettre en place alors quand on n sur ces ces sources qu’ell soi épigraphique mais si on sait que les cru du Nil ont

Disparu pendant 2 ans c’est aussi parce que sec nous le dit dans ses questions naturelles parce que plin le mentionne aussi de manière un peu moins claire parce qu’apien nous dit que si Cléopâtre n’a pas pu envoyer de ravitaillement à Antoine au moment de la bataille de Philippe c’est parce que l’Égypte

Était bloqué par la famine et les épidémies hein donc on passe vous voyez de l’enregistrement de l’intensité des proxis à la perception du climat par nos sources je c’est le dernier point méthodologique c’est l’appel un petit peu à revenir à nos sources pour affiner notre compréhension que de ce que les

Anciens pouvaient percevoir du climat à essayer de comprendre ce regard romain sur le climat à écrire un peu une anthropologie avec si on veut les gros les grands mots du climat pour pour les Romains la perception de leur environnement c’est pas quelque chose de nouveau et là on va pouvoir faire fond

Sur des travaux anciens dans les années 80 on trouve facilement des travaux qui essayaient de faire le bilan de ce que les les sources antiques contenait d’informations climatique et assez souvent on se rendait compte des limites de nos sources antiques mais désormais on a un élément pour les interroger

D’une manière nouvelle alors cela a donné lieu à des des travaux vous voyez que les approches un peu différentes dans les années 80 on va chercher des données climatiques en essayant de reproduire ce que le roi la duie avait fait sur nos sources antiques et aujourd’hui on cherche plus la climate

Awareness la perception du du climat bien les Romains étaient tout à fait conscients des des problèmes que je vous ai présentés les questions d’échelle l’échelle temporelle la succession ou pas des mauvaises années d’échelle spatiale dans son panégérique de tragent plin l’ancien plin le jeune pardon montre comment chaque année à ce

Moment-là on a surabondance dans les besoins au niveau de Rome et de l’Empire mais qu’individuellement localement les choses peuvent être plus mauvaise et la perception du climat c’est une perception en fait plus globale d’un environnement prospère c’est la terre qui produit c’est l’astre qui nourrit et l’astre c’est sidus en latin donc c’est

Pas forcément le soleil c’est aussi les étoiles parce que c’est la course des étoiles qui marque les saisons et donc on pense que ce sont les étoiles qui créent le climat et puis c’est l’annéein vraiment le temps qui passe cette succession temporelle qui procure la bonne Mo poisson mais toutefois le ciel

Qui rassemble ces rythmes n’est jamais doté d’une bénignitas d’une mensuétude d’une générosité suffisante il y aura toujours des régions qui échapperont à la fertilité à la chaleur il y a toujours dans l’Empire romain des régions chez qui potentiellement on peut avoir la diette et en fait c’est la mensuétude de

L’empereur qui doit compléter l’absence de mensuétude de la nature pour son empire en donnant aux régions de l’ pire moins favorisé telle ou telle année les moyens justement d’une résilience donc on a voyez une lecture politique euh des fluctuations climatiques de la part de nos Romains hein dans inscrite aussi

Dans le cadre d’une lecture euh entre le scientifique et le religieux en utilisant des termes qui sont forcément anachroniques mais qu’on voit bien chez l’oncle de notre plin le jeune plin l’ancien cette fois-ci euh où les causes des intempéries et des pluies euh à part para soit comme totalement déterminé par

Les cycles des étoiles et donc par une conception astrologique en fait du climat mais aussi fortuite et là on essaie de trouver des causes à partir notamment de l’évaporation depuis la Terre mais aussi des causes qui peuvent être des cause divine c’est aussi le climat qui est lu à la manière d’une intentionnalité

Alors c’est une culture savante cette culture savante elle est pas isolé d’une culture plus large si on retourne dans cette Afrique du Nord sur laquelle on aimerait en savoir plus on trouve par exemple en Mauritanie césarienne à aindukria donc dans la commune de kemisti aujourd’hui en Algérie une

Inscription qui en fait attribu à tus donc vraiment la terre l’environnement et à la Terre Mère les bonnes récoltes et les bonnes vendanges et une inscription qui avait justement suscité la curiosité et la surprise des des ch chercheur français à l’époque de l’Algérie française parce

Que c’était un endroit où il y avait pas de culture de la vigne en 1954 quand on a publié cette inscription et le climat peut faire événement peut être mémorable lorsquadrien vient visiter cette Afrique du Nord en 127 en fait une sécheresse de plusieurs années s’est vissé sur cette

Province de numidi et au moment où l’empereur arrive et bien la pluie arrive aussi et cela nous est mentionné par un biographe anonyme de d’Adrien dans l’Antiquité tardive l’Histoire Auguste mais aussi par des inscriptions érigées sur place à l’endroit où Adrien va faire ses discours à l’armée romaine

Hein qui mentionne que les vents efficaces ont apporté les bonnes tempêtes les tempêtes pluvieuses c’est l’événement climatique qui rencontre l’événement politique et qu’on enregistre qui crée du même mémorable à partir sans doute d’attente car cette formule des bonnes tempêtes bonarum tempestaum on la retrouve sur une inscription d’Ariège en

France où c’est Jupiter qui est l’auteur des bonnes tempêtes donc l’expression bonarum tempestaum c’est pas quelque chose d’inventé en 127 c’est quelque chose qui est disponible dans la lecture romaine du climat donc ce climat il peut agir mais si on avance cette idée d’une action du climat on se retrouve face à

Ce qui ressort régulièrement dans tous les débats en fait depuis ces années 2000 la question du déterminisme hein et euh il faut sortir de cette ce faux dilemme dans lequel on s’inscrit soit vous êtes déterministe soit vous déniez tout rôle au climat il faut en fait

Prendre la mesure de ce qui a eu lieu en essayant d’affiner le plus possible bah notre compréhension de système complexe et de la manière dont il réagissent il me semble qu’il y a un concept qui peut être re intéressant qui a été avancé par un géographe c’est Michel Lusseau qui

Pour essayer de montrer comment dans l’agancement de l’espace que les humains organise et bien ils ne sont pas les seuls à agir hein quand un un un agriculteur un un berger agence l’espace pour s’occuper de son troupeau de de brebis il est obligé de tenir compte de

La manière dont le loup lui-même s’il est revenu dans la montagne va avoir sa propre perception son propre agancement de l’espace de la même manière le voyageur ce sont les de de exemples qu’avait pris Michel lo à l’époque le voyageur qui veut profiter des vols aériens vous vous rappelez peut-être si

Un volcan islandais explose les vols étant cloué au sol se retrouve face à un agencement de l’espace une occupation de l’espace aérien déterminé par une causalité qui n’est pas humaine et donc Michel Lau a proposé de parler d’opérateurs géographique d’opérateurs spatiaux je crois qu’on gagnerait à imaginer les actions du climat mais pas

Seulement comme des opérat historique et effectivement de voir que les sociétés interagissent avec ces opérateurs je vous ai dit comment dans les années 50 on voit dans les régions de la Goul du Nord-Est déjà des contrastes et des changements des fluctuation climatique 10 ans avant le forchage volcanique et bien César nous

Dit que en 54 il est obligé de redistribuer complètement le l’installation de ces troupes à cause de la la sécheresse parce qu’il ne trouve plus de blé dans une grande partie de la gaaule et vous voyez que si on superpose l’enregistrement de cette sécheresse de 54 dont nous parle César avec

L’enregistre avec la sécheresse de 53 qui est aussi enregistrée par la dendrochronologie on voit qu’il y a deux années de sécheresse et si on superpose ça aux peuples qui se sont révoltés en 52 en suivant vers sa gorix on a une assez bonne superposition et on voit que là où la

Révolte éclate c’est sur l’axe de ravitaillement de l’endroit où César pour faire face à cette sécheresse de 54 avait concentré six de ces légions hein c’est une légion c’est 5000 hommes donc si vous installez six légions au même endroit vous installez en fait une nouvelle ville dans le schéma de

Ravitaillement donc il y a un opérateur climatique et puis il y a des acteurs humains c’est pas du déterminisme parce que évidemment c’est pas la sécheresse qui pousse vers sajorque ça sa révolte mais si on enlevait cette sécheresse et si on enlevait cette concentration de sil légion chez les cénons est-ce que

L’histoire aurait été la même euh je pense pas alors on peut euh et je passe très vite dessus puisque le temps est quasiment écoulé envisager la même chose pour l’ocmoc et puis je terminerai sur un forçage volcanique que j’aime bien le forçage volcanique de l’époque de marcorel où là aussi on retrouve ces

Mêmes questions d’échelle temporelle et d’échelle spatiale on voit qu’en fait le forceage le plus important de celui de sens 69 il est postérieur au déclenchement de l’épidémie Antonine donc il n’est pas ycinaapestis on aimerait bien savoir de quelle maladie est choisie mais qu’elle- même est postérieure à un autre petit

Forçage bien moins important mais qui est le premier un petit peu notable après cet été volcanique qui marque l’optimum romain et là là j’avoue que voilà si j’avais à faire une liste de courses ou une liste de cadeau de Noël j’aimerais bien en savoir un peu plus

Sur ce que l’on peut dire euh de ces deux forçages à peu près 10 ans de distance conclusion euh l’Empire romain euh prospère durant effectivement l’optimum romain mais il faut l’approcher d’une manière précise parce qu’on a les moyens de l’approcher d’une manière précise ça n’est pas qu’une période chaude c’est une pause

Remarquable dans le volcanisme global mais qui a sa propre chronologie euh il ne faut pas l’imaginer homogène sur la Méditerranée les provinces de l’empire romain il faut prendre en compte cette disparité notamment dans les précipitations des périodes de crise marquent ponctue cet optimum la crise de la fin

De la République la crise Antonine la crise du cœur du 3e siècle et en fait le début du 3e siècle le moment où on sort de cet optimum semble en fait revenir à quelque chose de plus ordinaire hein c’est pas forcément quelque chose de catastrophique mais c’est une instabilité qui contraste avec une

Stabilité assez exceptionnelle donc le travail à venir c’est ce tableau à préciser c’est à mieux comprendre les vulnérabilités sociales et euh qualifier et quantifier les impacts dans le dialogue entre disciplines je vous [Applaudissements] [Musique] remercie

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