Au cours de l’histoire, les femmes ont souvent été qualifiées de “dérangeantes”. De la sorcière du Moyen Âge à la militante féministe d’aujourd’hui, en passant par les suffragettes, toutes ont remis en cause l’ordre établi et ont mis en danger le patriarcat. Elles ne correspondaient pas aux normes d’apparence, de comportement ou de croyance définies par la société. Et ça suffisait pour ne plus être considérées comme “respectables”. Aujourd’hui, la figure de la sorcière par exemple est devenue une icône féministe dans certains mouvements militants. La féministe est aussi mise en avant dans des séries télé ou des dessins animés. Y aurait-il eu dès lors un basculement? Le féminisme qui dérangeait serait-il aujourd’hui devenu la norme dans la pop culture? Ou n’est-ce qu’un leurre?
Invités: Sarah Sepulchre, narratologue, professeure à l’UCLouvain, spécialisée dans la représentation des femmes dans les séries télévisées, Alicia Novis, chargée de mission au Monde selon les femmes, experte en genre et médias, et Maxime Gelly-Perbellini, historien, doctorant à l’ULB et à l’École des Hautes études en sciences sociales à Paris, où il réalise une thèse sur la répression de la sorcellerie à la fin du Moyen Âge dans le royaume de France.
Une émission réalisée dans le cadre du colloque “Les femmes qui dérangent (https://www.laicite.be/evenement/les-femmes-qui-derangent/) ” qui aura lieu les 13 et 14 octobre 2022 au Mundaneum à Mons, en marge de l’exposition “Portraits de femmes. Des récits pour une histoire”, et en collaboration avec la Fondation Henri La Fontaine.
Présentation: Vinciane Colson
Bonsoir à toutes et à tous bienvenue dans libre ensemble votre rendez-vous de la laïcité au cours de l’histoire les femmes ont souvent été qualifiées de dérangeantes de la sorcière du Moyen-Âge à la militante féministe d’aujourd’hui en passant par les suffragette qui réclamit le droit de vote pour les
Femmes au 20e siècle toutes ont remis en cause l’ordre établi et ont mis en danger le patriarcat elle ne correspondait pas aux normes d’apparence de comportement ou de croyance définies par la société et ça suffisait pour ne plus être considéré comme respectable aujourd’hui la figure de la sorcière par
Exemple est devenue une icône féministe dans certains mouvements militants la féministe est aussi mise en avant dans des séries télé ou des dessins animés y aurait-il eu dès lors un basculement le féminisme qui dérangeait serait-il aujourd’hui devenue la norme dans la pop culture ou est en lor on en discute ce
Soir libre ensemble vincian Colson Jacques nisin Sarah sépulcre bonsoir bonsoir vous êtes un arathologue professeur à Luc Louvin spécialisé notamment dans la représentation des femmes dans les séries télévisées alors à vos côté en studio Alicia novis bonsoir bonsoir vous êtes chargé de mission monde selon les femmes expertes
En genre et médiat donc le monde selon les femmes c’est une ONG féministe qui uvre pour un monde où les relations sont construite sur l’égalité la diversité et la solidarité et enfin par téléphone nous accueillons Maxime jellie perbellini bonsoir bonsoir vous êtes donc historien doctorant à l’ULB et à
L’École des hautes études en sciences sociales à Paris où vous réalisez une thèse sur la figure de la sorcière donc votre thèse porte plus précisément sur la répression de la sorcellerie à la fin du Moyen-Âge dans le royaume de France alors juste avant d’entrer dans le vif
Du sujet je vous signale déjà que si cette thématique vous intéresse un colloque consacré au femme qui dérange sera organisé les 13 et 14 octobre au mondanéum à Mons en marche de l’exposition portrait de femme des récits pour une histoire et en collaboration avec la Fondation Henry Lafontaine alors j’ai envie de me
Tourner déjà vers vous Sarah sépulcre alici novit alors je parlais du du fait que Ben à travers l’histoire il y a eu des femmes qui ont dérangé alors déjà est-ce que les militantes féministes d’aujourd’hui des militantes féministes que vous êtes aussi est-ce qu’elle dérange toujours selon vous allez à
L’université le féminisme dérange encore parce que normalement l’université c’est un lieu neutre alors on sait bien que neutre ça n’existe pas objectif ça n’existe pas mais il y a des vraies questions sur les rapports entre militance et recherche qui sont des questions qui sont qui méritent d’être adressé hein d’ailleurs je pense que
C’est important de pouvoir effectivement dceler son propre positionnement et de mais voilà mais il y a des positionnements ou des militances qui sont plus accepté que d’autres si vous travaillez en écologie ou sur la transition écologique c’est très très bien d’être militant si vous travaillez sur l’image des femmes et sur le
Féminisme c’est un peu moins bien acceptter ça passe moins bien Alicia Navis oui et ben évidemment les féministes viennent requestionner un petit peu un ordre rétabli euh donc vient questionner des évidences des normes aussi d’un d’un pouvoir dominant et donc du coup travailler cette thématique là euh c’est comme je
Dis c’est pas toujours le monde des bisonours hein il y a une question de privilège à requestionner et donc évidemment si on requestionne des privilèges on on dérange certaines personnes euh pour pouvoir avoir une société évidemment plus solidaire plus égalitaire plus diversifié et donc évidemment on dérange toujours h parce
Qu’on met en cause effectivement le le système le système patriarcal notamment Maxime jellie perbellini-ce que les sorcières est-ce qu’elle faisait partie de de ces femmes qui dérangent et pourquoi en faisait-elle partie éventuellement al oui c’est c’est une question c’est une question qui est vaste parce que tout dépend de bien sûr du temps
Euh que l’on souhait interroger de l’espace du temps de savoir si si l’on parle avec quelle casquette on parle sal de l’historien celui qui observe la société les sociétés contemporaines et euh finalement dans cette question des de se la question de se poser est-ce que les femmes dérangent est-ce que l’on
Parle plutôt d’une criminalité féminine ou plutôt du regard que la société porte sur les femmes et euh peut-être aussi ça nous invite à nous interroger euh plus particulièrement sur le décalage qui peut exister entre la réalité d’un phénomène donc celui de se questionner de savoir si les femmes pouvaient ou
Peuvent déranger et les imaginaires que l’on peut porter sur sur ce phénomène mais donc par exemple oui par rapport aux sorcières est-ce qu’on peut dire que à l’époque c’était vraiment des des féministes est-ce que les sorcières étaient des féministes les féministes d’entant ou ou est-ce que c’est en leur
Ça alors je pense qu’il faut séparer un petit peu un petit peu les choses et même s’il y a des discours profondément misogyne qui alimente la répression de la sorcellerie et qu’ qui participe on va pas non plus se mentir qui participe à la diffusion et à la
Circulation de la de la répression de la sorcellerie il faut pas le l’essentialiser il faut pas réduire un phénomène qui est éminemment complexe éminemment euh multifactoriel à simplement cette question c’était ça que je voulais dire et que entre la réalité d’un phénomène et les projections actuelles de nos imaginaires il y a
Souvent une différence et de fait lorsque l’on consulte la les sources la documentation historique euh que nous euh que nous a livré le les siècles les siècles passés euh il est très difficile de de de voir à travers elle des revendication personnelle individuelle qui ferait de ces de ces individus des
Personnes qui euh se se serait comment dire volontairement manifesté comme étant militante pour la cause des fans et cetera donc donc finalement c’est enfin ces sorciers ces sorcières en l’occurrence elle elle dérangeait elle dérangeait parce que elles avaient des pratiques particulières enfin des pratiques de magie mais pas selon vous
Nécessairement parce que c’était des femmes la question savoir s’il existe un savoir institué qui se transmet qui circule ça les choses sont beaucoup plus difficiles à percevoir et il faut faire attention à ne pas généraliser ou être trop actif h alors du coup j’ai envie de me tourner vers nos interlocutrices en
Studio euh cette figure de de la sorcière aujourd’hui elle est reprise par beaucoup de mouvements féministes alors on voit que bah il il y a quelques dizaines d’années le terme sorcière était très négatif c’était une insulte sexiste et ça allait toujours dans la bouche de de de certains mais mais en
Fait aujourd’hui on sent qu’il est aussi vraiment le terme sorcière est repris comme un étant d’art c’est vraiment un terme qui est utilisé comme une c’est devenu une icône féministe finalement la la sorcière comment vous l’expliquez vous Sarah sépulcre ou Alicia novis je pense que c’est une réappropriation du
Stigmate euh tout comme un mot comme est aussi réutilisé par par les militantes euh pour pour justement dénoncer l’injure et dire mais dernière votre injure il y a tout un système patriarcal vous me traitez de moi et le un homme qui aurait les mêmes comportements il est un don juant mais
Je crois que par rapport à la sorcière c’est pareil c’était une une une vision très négative on voyait une vieille dame un peu folle ou une une une m mère à chat enfin une une une dame pas mariée une dame bizarre mais aujourd’hui effectivement on est plutôt dans un dans
Un retournement et dans dans une réappropriation de ces figures en disant mais on a le droit drit d’être âgé on a le droit d’être célibataire on a le droit d’aimer les chats on a le droit d’être bizarre et pourtant malgré tout voilà puis on sait aussi qu’il y a qu’il
Y a une partie alors ça c’est forcément c’est pas moi la spécialiste ici mais une partie du mot sorcière ou des accusations de sorcellerie alors peut-être pas au Moyen-Âge mais qui qui qui vise aussi des femmes qui ont voulu être trop indépendantes donc on voit bien aussi l’historique de la
Réappropriation du terme par les féministes et puis je pense que le livre de Mona Cholet a fait beaucoup aussi et donc du coup pour rebondir sur ce que disait Sarah euh qui parlait de réappropriation réappropriation du pouvoir du pouvoir individuel mais également collectif euh et c’est le fameux reclaim hein nous réclamons nous
Nous réclamons dans dans l’écopéminisme donc là maintenant il y a toute cette veine euh où on fait le parallèle entre la prédation euh que l’on peut avoir sur les corps sur la nature sur les ressources sur les territoires euh ben dans cette société patriarcale et euh et
Donc du coup cette réappropriation ce ce ce pouvoir là il passe aussi par des rites il passe aussi par des moments bien établis alors on parlait de magie on parlait de de savoir alternatif mais surtout ce qui est important dans l’écoféminisme pour pouvoir avancer pour pouvoir mobiliser cette masse critique
Et citoyenne c’est aussi autour de rit c’est autour aussi autour de savoirs ancestraux de savoirs locaux qui ont été mis sur le côté qui ont été bannis par cette strate dominante en l’occurrence ici ben patriarcale he pouvoir dominant et c’est aussi comment l’archétype de la sorcière donc de de ces femmes aussi qui
Avaient ces savoirs par rapport à la nature au cycle des saisons par rapport à l’agriculture tout ça comment ça peut être réutilisé symboliquement dans cette lutte qu’on dit actuelle mais qui existe depuis des années et dans les mouvements mement du Sud dans les pays du Sud et et
Ici donc effectivement c’est c’est un peu cette réappropriation de son pouvoir individuel pour une société plus juste en fait pour tout le monde h alors on parlait de la figure de la sorcière Sarah sépulcre dans les séries télévisées quelle image finalement ont ces ces sorcières alors c’est marrant parce que pendant qu’Alicia parlait
Justement je me disais mais oui c’est vrai pourouvoir les sorcières c’est quand même dans l’imagerie et là je parle bien de l’imagerie fictionnelle hein c’est une héroïne qui est quand même c’est pas rien quoi être une sorcière c’est avoir des pouvoirs ici au sens littéral du terme he c’està dire je
Parle bien du pouvoir comme Harry Potter et de la magie comme dans Harry Potter parce qu’on peut discuter aussi des termes eu et donc elle a un côté très badasse aussi elle a un côté très femme fatale he la sorcière donc on voit aussi l’intérêt de voilà et dans les séries
Les sorcières a priori celle auxquelles je pense quand je pense mot sorcière c’est peut-être pas les plus badasses qu’ soit parce que je pense à Charm figurez-vous vous voyez les sœurs aliwell et Cera et c’est vraiment des une série qui est très girly si vous me permettez
L’expression pas que ce soit pas bien d’être une série féminine avec des archétypes féminins mais quand même on est loin ici de de la force de de de contestation de l’image il y a des sorcières dans dans sa Mona apprentisorcière ou dans Buffy la Buffy elle a peut-être bien plutôt le
Côté que que décriva Alicia le le rit la lune et cetera la plus ancienne probablement c’est ma sorcière bienaimée là on n peut-être pas dans le plus féministe alors ce qui est intéressant avec les séries c’est qu’en fait c’est jamais tout noir ou tout blanc je crois
Que l’être humain en général est ni noir ni blanc mais Ma sorcière bien-aimée c’est pas très féministe parce qu’effectivement elle est assujettie à son mari elle vit dans son foyer la seule chose qui compte pour elle c’est Jean-Pierre d’ailleurs elle abandonne toute une partie de sa vie de sorcière
Pour être avec lui donc on n clairement pas dans des combats totalement féministes mais en même temps celle qui tient le pouvoir dans ce couple c’est elle elle le mène quand même par le bout du nez sans qu’il s’en rende tout à fait compte euh c’est quand même une femme
Qui qui mène son foyer qui mène son homme de main de maître elle a une mère qui en plus parfois l’intérêt des séries n’est pas tant dans les personnages principaux que dans les personnages secondaires qui ont plus de l’attitude et le personnage de sa mère il est haut
En couleur là pour le coup on est face à une femme indépendante qui est forte qui mène là aussi les hommes par le bout du nez dans tous les sens du terme d’ailleurs et on est dans les années 60 donc on a toujours du bon et du pas bon et c’est
Logique parce que les séries télévisé elles doivent plaire à un grand nombre elles ne peuvent pas être en confrontation frontale euh et donc ce personnage finalement il est très très intéressant hm hm Maxime gellie perbellini quel regard vous portez vous en tant que historien sur effectivement une forme de réappropriation actuelle de
Cette figure de la sorcière euh bah que ce soit dans le militantisme dans l’art on l’a vu dans les séries télé il il y a beaucoup d’imaginaire qui ne correspond peut-être pas effectivement à la vérité historique euh oui alors parler de de fait de vérité historique est peut-être
Un peu prétentieux puisque il faut être humble avec avec les objets que que l’on éudie en revanche ce que je peux observer euh c’est que avec le temps la la les sorcières et surtout la figure de la sorcière avec ces différentes réappropriation réinterprétation réactualisation demeure une figure avec un potentiel extrêmement évocatoire
C’est-à-dire que euh du du fait même de de de de de sa nature de sa nature même euh une femme qui pratique la magie qui finalement renverse l’ordre naturel euh qui est en mesure par ses sorts par sa parole performative de déranger le cours ordinaire des choses est en soi une
Figure avec un potentiel euh évocatoire très puissant et sur ce sur cette figure particulière qui au cours du du temps au cours des siècles euh a été porté sur elle des regards différents voire complètement divergent ce que ce que ce que j’observe en tout cas avec mon mon regard ma ma casquette
D’historien c’est qu’elle elle est l’objet d’une d’une sédimentation de différentes de différentes strates et surtout que depuis euh le temps de la décriminalisation de la sorcellerie euh depuis les lumières depuis la le 18e siècle jusqu’au 19e siècle euh il y a eu des lectures nouvelles différentes qui
Ont transformé cette figure hein de la sorcière en un objet un symbole un symbole de lutte et surtout un symbole de lutte contre la domination de contre les dominations sous toutes ses formes et l’un des jalons essentiels he de cette de ce réenchantement de la figure de la sorcière c’est l’essit de Jul
Michely la sorcière en 1862 qui fait finalement de la sorcière une rebelle une rebelle contre l’ordre seigneorial une rebelle qui témoigne finalement de la lutte contre le désespoir de l’âge féodal et où la sorcellerie finit par être l’équivalent de la révolte populaire de la nature humaine contre l’oppression du moyen-âge et c’est dans
Ces réappropriation finalement cette réactualisation de de la figure de la sorcière qui a pu se se se concevoir différentes euh différent lectures de de de cette figure et de ce phénomène qui est la chasse sorcière et vous avez évoquer euh précédemment Mona Cholet mais il faut peut-être aussi
Évoquer les travaux de de syvia federicci qui ont été fondateur hein dans cette réappropriation de de de la figure de la sorcière puisque elle a situ dans une dans une démarche qui s’articule à un historicisme néomarxiste et qui finalement installe la chasse de la sorcière dans la lutte des classes et
Qui explique la discrimination de genre au cours de l’histoire comme un effet un élément profitable au capitalisme et que finalement pour mettre en place ce ce capitalism euh en développement différents éléments au cours de l’histoire sont observables et c’est la chasse aux sorcières le trafic des esclaves la colonisation des Amériques
L’expulsion de la paysannerie de de de leurs terre et finalement la la sorcière et la chasse aux sorcière euh est un observatoire dans cette dans cette dans dans cette lutte et euh et finalement un observatoire de la euh de la domination patriarcale sur les femmes qui sont retranchées dans leur
Foyer et euh et c’estm c’est ainsi que que la figure de la sorcière peut se réenchanter et devenir devenir une figure de de lutte une figure de lutte contre les domination une figure de de finalement militante et c’est ainsi que un phénomène historique devient en quelque sorte porteur d’un message polique ou et
Un message très actuel du coup très actuel alors on l’a dit he effectivement cette figure de la sorcière ça fait partie de de ces figures emblématiques de de la femme qui a dérangé qui qui a qui a dérangé à travers l’histoire mais il y en a d’autres hein on a dit les les
Féministes est-ce que dans les enfin depuis quand peut-être les séries télé ou les dessins animés d’ailleurs aussi mettent-il oseent–il mettre en avant ces féministes ces femmes qui dérangent alors depuis très longtemps mais ça dépend de quoi on parle c’est-à-dire le mot féministe dans une série n’est quand
Même pas cité depuis si si longtemps que ça on a beaucoup parler de féminisme pour Ali mbill et sexan de City à l’époque mais c’était pas la séries en tant que T qui utilisaiit ce mot-là c’était les journalistes ou c’était les les commentateurs et les commentatrices qui utilisaient ce ces mots pour parler
Pas tant des personnages que de la série et de la démarche de la série je pense à à ces deux-là particulièrement si on analyse Ali mbill il est pas certain qu’on va trouver grand-chose de féministe dans cette série euh parce que il y a le but de
Tout de toutes les femmes dans cette série c’est quand même de tomber amoureuse et d’être en couple d’avoir des enfants c’est une vision très traditionnelle de la fé du couple de l’amour de la femme au travail donc je suis pas vraiment certaine ce qui fait qu’on l’a appelé
Féministe à l’époque c’est parce que justement c’était un personnage féminin central et qu’on rentrait soi-disant dans sa manière de penser et de voir les choses c’est pas tout à fait faux si vous vous souvenez d’avoir vu la série on voyait même littéralement à l’image ça les métaphores ou tout à fait il y
Avait des enfin on la voyait de dans on voyait ce ce qui se passait dans sa pensée voilà exactement elle elle voulait avoir un bébé donc on voyait un bébé qui dansait c’est peut-être plus intéressant du côté de sexon de City où effectivement le le dispositif de la série permet d’avoir quatre personnages
Principaux qui ont quatre avis différents au minimum quatre avis différents sur la thématique de la semaine est-ce qu’il faut être en couple est-ce que je peux devenir femme au foyer est-ce que je retourne à mon travail précédent est-ce que je peux pratiquer telle ou telle pratique sexuelle et elles ont chacune un point
De vue différent pourquoi ça c’est plus féministe c’est tout simplement que c’est plus polycémique on a différents avis et à la fin la série nous dit pas ce qu’on doit penser et donc là on est dans des schémas qui sont un peu plus et et sur des thématiques qui sont
Effectivement un peu plus pointu mais de nouveau la série ne s’est jamais autotaxée de féministe et il y a aucun personnage qui se déclare féministe dans cette série ça veut pas des raisons pas des pratique de temps en temps féministe hein euh mais voilà les premières séries
Où on a des personnages qui se disent féministe en fait je pense que ça date de la dernière décennie euh je sais pas si al Alicia sera d’accord avec ça mais euh des personnages qui se déclarent féministes qui se déclarent militant ou et ça c’est super intéressant qui
Utilisent le langage féministes ou les théories féministes en parlant ça c’est assez assez neuf je pense à une série comme the bold typ par exemple qui est une série à destination ben d’un public plutôt jeune c’est une série qui montre trois jeunes femmes dans la entre 20 et
Et 30 ans qui sont des jeunes travailleuses et où régulièrement en fait elles discutent de leur conditions de femmes dans le monde du travail des différentes discriminations dont elles sont l’objet euh et et et là on a vraiment des propos qui sont parfois même pointus figurez-vous parce que
Certaines d’entre elles en fait se déclarent comme féministes que féministe intersectionnel par exemple puis qu’il y en a une sur qui non seulement les discriminations de genre mais aussi d’origine sur lesquelles elle elle est dominée en fait à plusieurs à plusieurs niveaux euh ça c’est assez neuf eliciia
Je vous laisse dans cette série là d’ailleurs euh donc tu parlais de la jeune génération mais il y a leur patronne qui est un modèle euh un modèle d’exemple et donc c’est ça aussi c’est voir comment euh ça a pu se passer à son époque ce qu’elle a dû faire pour
Arriver à ce poste de pouvoir là comment elle ligue aussi une transmission à la jeune génération et on parlait de ces femmes qui dérangeaient mais c’est aussi comment elles deviennent des modèles d’engagement et qu’est-ce comment elles ont transcendé en fait leur situation et ça c’est c’est très très intéressant
Dans cette série qui est effectivement très bling on le dit encore mais il faut nous faire rêver aussi hein donc on peut militer et rêver en même temps ouais est-ce que ces séries et l’image que des femmes que qui qui sont représenté ont vraiment fait avancer les combats
Féministes dans la vraie vie j’ai envie de dire sur le terrain est-ce que il y a vraiment un effet sur le les combats féministes alors si si on reprend un petit peu théoriquement le l’historienne Johan Scott qui parlait de de comment se construisent les industries la société comment euh ces industries médiatiques
Par exemple he puisque là on est très clairement dans l’industrie médiatique peut influencer la construction des identité des personnes qui elles-mêmes une fois adultes deviendront responsables et auront un rôle dans ces industries médiatiques donc effectivement il y a une une une perméabilité entre le niveau individuel
Et le niveau plutôt sociétal de ce qu’on voit les stéréotypes qui sont dans la société donc oui euh il y a eu aussi si on reprend une autre industrie comme l’industrie Disney on voit qu’il y a différents cycles aussi d’héroïnes de dessins animés on passe des princesses au au aux héroïnes un peu
Plus précurseuses aux rebelles aux indépendantes et donc ça ça ça répond à une évolution de la société euh mais parce qu’aussi les personnes qui produisent les dessins animés ont évolué dans leur représentation donc ça clairement je pense qu’ il y a un petit pas en avant après il y a un très grand
Écart entre ce qui se passe dans la R réalité euh qu’est-ce qu’est-ce qui se passe quand on parle de féminisme est-ce qu’on parle du travail sur les identités de leur expression est-ce qu’on parle de violence est-ce qu’on parle de développement individuel est-ce qu’on parle de construction des masculinités
Est-ce qu’on parle de droit là on y est pas encore h mais donc par exemple quand vous vous faites des animations dans les écoles avec le monde selon les femmes est-ce que vous pouvez utiliser des dessins animés des séries pour faire comprendre faire passer certaines é
Est-ce qu’il y a des des voilà des séries en particulier des dessins animés en particulier qui sont porteurs alors ce qu’on utilise particulièrement ce sont les comptes donc le récit qui est tout aussi fort et qui permet de travailler l’imaginaire donc voilà question de moyen aussi on va plutôt
Raconter on va montrer des images et puis alors on va les décortiquer parce que on sait que l’impact de l’audiovisuel chez les enfants B c’est une masse aussi à déconstruire à an ler il y a beaucoup beaucoup d’informations et donc peut-être passer d’abord par un média et de faire travailler l’imaginaire et le
Récit voilà c’est une première étape et donc Sarah là plutôt experte dans les récits et la narratologie je te donne la parole mais ce qui est intéressant c’est que effectivement les séries elles ont un désavantage elles sont difficiles à utiliser en animation par exemple ou même comme extrait dans un cours c’est
Extrêmement difficile parce qu’elles prennent du temps mais c’est leur force aussi mais du coup c’est difficilement utiliser ex en séquence pédagogique leur force c’est qu’elles prennent du temps pour développer les personnages et que ça nous permet d’avoir des personnages qui sont relativement complexes qui peuvent être blanc et noir en même temps
Et donc si on regarde une série et qu’on la regarde pendant longtemps on va percevoir c’est c’est parfois ces paradoxes parfois ces évolutions du personnage et c’est là que se situent des choses intéressantes parce que les personnages à un niveau individuel mais parfois aussi sociétal mais là peut-être
Je suis un peu plus au niveau individuel les certains personnages ont vraiment servi de rôle modè un important pour certaines personnes je pense au personnages ben on parlait tout à l’heure de samanta la manière dont elle gère son mari et cetera une une un personnage comme Emma pile qui est à peu
Près contemporain a aussi c’est une femme qui a un doctorat qui travaille qui se bat les Drôles de dames ont été aussi des ont concentré en fait des choses importantes je pense au personnage de Skully qui a un personnage majeur en fait dans dans aux frontières
Du réel et qui d’ailleurs a donné lieu à ce qu’on a appelé un eff Skelly c’estàd des gens disaient mais des femmes ont choisi des carrières de scientifiques rationnelles dans dans l’ingénierie les mathématiques les technologies à cause de ce que lit ou grâce à ce que lit et
Le Gina Davis Institute a fait une recherche pour montrer ça c’est-à-dire est allit interroger des femmes qui travaillent dans la recherche et dans certaines entreprises dans les thèmes donc science technologie ingénierie et mathématique qui elles ont déclaré à 63 % qu’effectivement ceolly fait partie des images importantolué vraiment la la
Société tout seul une série toute seule ne peut pas grand-chose il faut la réfléchir et c’est pour ça que des des associations comme le monde selon les femmes mais aussi l’éducation en média sont importante mais oui ça peut comme ça peut faire avoir l’effet inverse c’estàdire si moi demain je regarde de B
Type dont je vous parlais et la seule chose qui m’intéresse c’est le bling bling c’est la mode c’est l’univers matérialiste et capitaliste je vais pas en retenir les questions de genre je va peut-être en retenir les jolies Rob qui coûte très cher par exemple donc je pense qu’il faut faire attention aussi
Les séries elles sont là pour tir elles peuvent des choses mais il faut qu’on les réfléchisse et qu’on les qu’on les discute en société vous m’aviez parlé de par exemple la série New York unité spéciale où là on voit que donc unité spéciale pour les victimes une série qui
Existe depuis très longtemps où là il y a une évolution quand même et et où petit à petit on bascule vers une série qui est presque féministe ou en tout cas qui défend des idées féministes celleelà elle est super intéressante parce qu’effectivement je pense qu’on arrive à
La 22e saison un truc comme ça ce qui signifie qu’effectivement à la a démarré dans les années 90 quand on ne pouvait pas encore quand c’était pas bien vu de citer le mot féministe ou de citer des théories et est aujourd’hui dans un monde qui a changé et dans un monde
Notamment postmou elle est intéressante parce que dans les premières saisons donc c’est une série qui présente des CRIM sexuel hein donc forcément la thématique est déjà intéressante euh dans les premières saisons même dans probablement les 10 premières saisons c’est traité comme une enquête habituelle c’est-à-dire que bon c’est
Pas tout à fait pareil qu’un vol ou qu’un meurtre mais voilà c’est quand même traité avec cette histoire de il y a des victimes des des malfrain qu’on arrête et il y a pas de discours sur sur ces ces enquêtes de plus en plus le personnage aujourd’hui d’Olivia Benson a
Des lectures genrées et des lectures féministes de de ce qui se passe c’est dans sa manière de recevoir les victimes de parfois leur parler de leur rappeler qu’elles sont des victimes qu’elles ne doivent pas culpabiliser que le système dans lequel elles vont se se se lancer le système judiciaire le système
Policier n’est pas simple elle les accompagne elle reprend parfois ses collègues elle reprend des juges quand les juges font du victime blaming par exemple c’est-à-dire quand le la question comment tiz-vous habillé ça c’est plus possible dans cette série-là et elle explique pourquoi c’est plus possible de poser cette question là
Qu’une victime est une victime ça très régulièrement aussi elle attaque les les violeurs ou les agresseurs en leur en en en leur tenant des propos en faisant prendre conscience qu’ sont en fait des hommes qui ont pris des un pouvoir sur une femme à un moment particulier et que
Le système patriarcal permet ça c’est quand même pas rien c’est une série de network c’est l’équivalent d’une série de RTL en Belgique c’est pas une série de niche c’est pas une série élitiste c’est une série qui s’adresse à un grand public donc Alicia vis quand on entend
Ça on voit alors que on n pas dans l’opportunisme c’est pas l’heure de dire aujourd’hui qu’il y a des vraies séries qui défendent des idées féministes alors comme je le dis c’est toujours le savoureux cocktail entre une je pense une envie peut-être individuelle de vouloir faire changer les choses de prop
Poser plus de diversité et toujours voilà le le le milieu de conception des des séries qui en fait doit faire du profit et donc doivent faire consommer et si on reprend notre cher Roland Bart dans mythologie hein qui disait que pour faire consommer soit on utilise des
Stéréotypes et des codes communs euh ou des codes nouveaux pour faire consommer ces séries là alors qu’est-ce qui est tombé dans les stéréotypes et les codes communs qu’est-ce qui est code nouveaux est-ce qu’être féministe est maintenant devenu un code commun peut-on se dire féministe sans sans s sans être insulté
Ou être blâé alors ben en tout cas je vous rappelle que si cette thématique donc des femmes qui dérangent ben vous intéressent c’est un collocque consacré aux femmes qui dérangent donc sera organisé les 13 et les 14 octobre au mondanéom à Mons euh il y a une exposition aussi euh qui euh qui
S’appelle portrait de femme des récits pour une histoire euh qui est qui est organisé notamment en collaboration avec la Fondation Henry Lafontaine alors Henry la fontaine il faut juste le rappeler prix Nobel de la paix en 1913 qui était un un fervant défenseur à son époque des droits des femmes
Puisqueavevec sa sœur Léonie il fonda notamment la Ligue Belge du droit des femmes euh donc voilà donc d’où l’intérêt pour la fondation de de s’intéresser à cette question merci beaucoup à nos trois invités donc je le rappelle Sarah sépulcre Alicia novis et Maxime jelly perbellini merci donc pour
Nous avoir éclairé sur ces questions merci à vous de nous avoir suivi et une belle soirée à tous