⬇️ Cours-conférence dispensé au Collège Belgique à Bruxelles le 30 novembre 2024, par Lyse Vancampenhoudt et Alisson Bisschop
🔹 Anne Bonnet et Berthe Dubail, peintres abstraites entre cœur et marges de l’histoire de l’art belge – Lyse Vancampenhoudt
Anne Bonnet (1908-1960) et Berthe Dubail (1911-1984) sont des artistes peintres belges. Contemporaines et toutes deux abstraites, elles n’empruntent pourtant pas les mêmes chemins. Héritières des combats gagnés par leurs ainées, elles accèdent à l’Académie alors même que cette institution ne constitue plus la voie royale vers la pratique artistique professionnelle. Une victoire en demi-teinte, et un milieu artistique qui reste majoritairement masculin. Dans de telles conditions, comment devient-on artiste au sein d’une société dont l’idéal féminin est celui de la femme au foyer? A travers ces deux trajectoires, nous aborderons les réseaux et les stratégies, qu’elles soient conscientes ou non, développées par ces artistes afin de se faire une place dans les champs de l’art, de la formation à la postérité.
🔹 La question (dé)coloniale au prisme de l’art contemporain : le cas de la Belgique – Alisson Bisschop
Depuis les années 1990, l’histoire et l’héritage de la colonisation belge font régulièrement l’objet de controverses et de débats publics, qui ont pris une ampleur inédite depuis la réouverture de l’AfricaMuseum à Tervuren en 2018 et les manifestations antiracistes Black Lives Matter en juin 2020. Face à ces questionnements, les artistes n’ont pas manqué de participer, eux aussi, à la relecture critique du passé colonial. La présente intervention ambitionne dès lors de montrer comment les artistes se sont emparés de la question (dé)coloniale en Belgique, à travers une série de pratiques artistiques et curatoriales variées témoignant des imbrications multiples entre la création artistique contemporaine et la décolonialité. Il s’agit ainsi de mettre en évidence les différentes méthodes de (ré)appropriation, de transmission et de (ré)interprétation employées par les plasticiens, tout en investiguant les enjeux esthétiques, sociétaux et politiques de ces quelques projets artistiques.
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🔸 Lyse Vancampenhoudt est diplômée en histoire de l’art (ULB) et en études de genre (master interuniversitaire francophone). Après une expérience de guide-conférencière dans diverses institutions bruxelloises (MrBAB, Centrale for contemporary art, Arkadia, Architecture qui dégenre…), elle entame une recherche doctorale à l’UCLouvain, en co-promotion avec les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Celle-ci porte sur quatre artistes femmes belges actives entre 1945 et 1970 dont des œuvres sont conservées dans les collections des MrBAB. Ses recherches portent plus généralement sur la visibilisation du travail des femmes, artistes et actrices des mondes de l’art en Belgique.
🔸 Alisson Bisschop est doctorante en Histoire de l’art à l’Université de Liège et travaille sur la question (dé)coloniale dans le champ de l’art contemporain en Belgique, depuis les années 1960 jusqu’à nos jours. Alisson Bisschop est par ailleurs membre de l’Unité de Recherche Art, Archéologie, Patrimoine (Université de Liège) et collaboratrice scientifique de l’équipe de recherche Esthétique, Pratique et Histoire des Arts (EPHA) du laboratoire AIAC (Université Paris VIII). Elle a publié plusieurs articles dans des revues spécialisées telles Histoire de l’art, Proteus et Nakan, en lien avec ses recherches portant sur les imbrications entre les pratiques artistiques contemporaines et la décolonialité.
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Ce cours-conférence s’inscrit dans le cycle “Nouvelles perspectives en histoire de l’art”.
Ne manquez pas les autres cours conférence de ce cycle :
I. Femmes et Art nouveau. Créatrices belges de l’Art nouveau : trajectoires d’artistes
Barbara Caspers – Alice Graas
– lien vers l’enregistrement : https://youtu.be/Y7z_LzXz6Fw
II. Le long dix-neuvième siècle au prisme du genre
Apolline Malevez – Fauve Bougard
– lien vers l’enregistrement : https://youtu.be/JmaNhncFVd0
III. Genre et architecture
Apolline Vranken – Justine Gloesener
– Vidéo indisponible pour des raisons de protection des images –
IV. Après 1945, continuité et renouvellement
Lyse Vancampenhoudt – Alisson Bisschop
[Musique] bonjour à tous et à toutes bienvenue à la dernière session de ce cycle nouvelle perspective en histoire de l’art qui va ce soir être consacré à l’histoire de l’art après 1945 et comme vous le savez sans doute on a parlé dans ce cycle de nouvelles perspective parce qu’on a voulu en fait
Venir questionner certains paradigmes qui sont toujours dominants dans l’histoire de l’art et aussi parler de recherche récent donc de recherche qui est toujours en cours ou récemment terminé en Belgique dans différentes institutions et c’est d’ailleurs un plaisir d’avoir pu ben au fil des différentes soirées rassembler des chercheuses et des professionnels de pas
Mal d’institutions différentes et d’avoir pu créer des ponts entre sujets de recherche entre perspectiv entre institutions et aussi avec vous public alors encore quelques petits remerciements ce cycle je n’ai pas imaginé tout se seul donc je l’ai fait en collaboration avec lis van campenod qu’on va entendre ce soir et que je vais
Présenter dans une minute donc je n’en dis pas plus maintenant euh et aussi Margot vanv qui est doctorante quasi docteur de l’ULB en histoire de l’art aussi je tiens aussi à remercier encore une fois Ralph de cononin donc Ralph de conin qui est membre permanent de l’Académie et qui a accepté de
Sponsoriser de parrainer notre cycle donc merci à lui et merci aussi à Antoine Atou qui a beaucoup porter l’organisation pratique de ce cycle au fil des différentes soirées je vais présenter nos deux intervenantes de ce soir par ordre chronologique d’ordre de présentation donc d’abord on entendra lis van campenout donc qui est diplômé
En histoire de l’art de l’ULB et qui a ensuite fait un master en étude de genre le master interuniversitaire francophone de l’UCL donc après ses études elle a guidé dans dans différentes institutions beaucoup d’institutions pratiquement 10 institutions à la fois et elle a guidé toutes sortes de public donc ça va des
Enfant de 3è maternelle aux personnes retraitées donc voilà vous vous allez l’entendre c’est une oratrice experte mais je ne veux pas trop mettre la pression d’ailleurs je me rends compte que j’ai un peu trop mis de pression là mais voilà vous vous allez quand même le
Découvrir ce soir euh et elle a ensuite maintenant entamé une thèse de doctorat euh qui est en Coutel avec l’UCL et les Musées royaux des beauards de qui est financé par le FNRS et son sujet de thèse a été un peu pré préludé par différentes étapes donc
Notamment les MASTER les les mémoires de Master qu’elle a réalisé avant dont le premier était consacré aux représentations de femmes et à la mode à la fin du 19e siècle avec un corpus d’artistes 100 % masculin vous allez voir les choses ont changé entre-temps un deuxième mémoire qui
Était consacré à la galerist la galeriste lukosin dont on a très peu de de traces euh et donc un mémoire dédié à l’absence et cette absence absence qu’elle a aussi peu pu constater dans les institutions où elle a guidé hein puisque la sous-représentation des artistes femmes dans les collections des
Institutions belges est encore une réalité et donc c’est à toutes ces questions là toutes ces questionsl qui l’ont amené à sa thèse au sujet de sa thèse dont elle va vous parler plus en profondeur aujourd’hui et à s’intéresser aux artistes et actrice du monde de l’art en Belgique euh après
1945 euh je vais présenter c’est aussi notre deuxième intervenante donc d’ailleurs je me rends compte que j’ai oublié de demander comment se prononçait exactement le nom de famille Alison Bishop merci par que je préfère pas faire d’erreur donc qui est titulaire d’un master en histoire de l’art de l’Université de Liège et qui
Est maintenant doctorante dans la même université sous la direction de Julie Bouin ses recherches portent sur la question coloniale et décoloniale belgo-congolaise dans le domaine de l’art contemporain en Belgique depuis les années 60 jusqu’à nos jours et elle a publié plusieurs articles notamment dans les revues Proteus et histoire de
L’art ainsi qu’une contribution à l’ouvrage remaking collections Origins trajectories and reconnections qui a été publié cette année par l’Africa Museum c un long titre alors le dépôt de sa thèse est au début de l’année 2024 donc on peut se réjouir qu’elle a fait le déplacement pour venir nous parler ce
Soir pour nous parler de ces recherches qui j’en suis sûr vont être très très intéressantes voilà et sans plus tarder je passe la par par à notre première intervenante lis campenante merci beaucoup àline pour cette présentation merci à toutes et tous d’être à nouveau nombreux et nombreuses pour cette dernière séance de
Notre cycle de conférence je vais tout de suite mettre le petit chrono à zéro pour éviter de vous parler 1 heure ce n’est quand même évidemment pas le but je suis un peu émue de vous parler dans cette salle des écuries du Palais des Académies parce qu’ en fait j’ai suivi
Mon Master en étude de genre dans cette salle en tout cas la moitié parce qu’après on a été dans la salle Marie- Thérèse sous les lustres extrêmement chic je suis d’ailleurs assez déçu qu’on organise pas les les conférences du cycle de cycle dans la salle Marie- Thérèse mais soit on on en parlera
Peut-être à l’organisation plus tard h voilà donc ce soir effectivement je ce soir je sais pas si on peut déjà dire le soir à 5h mais en cette fin de fin de journée je vais vous parler de deux artistes issus de mon corpus de thèse je travaille sur quatre artistes femmes
Belges quatre peintr active durant le 20e siècle j’ai choisi la chronologie 4570 en réalité c’est pas tout à fait juste parce qu’évidemment elles créent déjà avant 45 elles vont continuer à créer avant 70 mais c’est une période qui m’intéressait particulièrement puisqueen fait c’est une période où les artistes femmes se mobilisent
Différemment ou en tout cas se regroupe ou plutôt elle ne se regroupe pas en tant que femme ensemble dans un même groupe structuré alors je m’explique parce que c’est peut-être pas tout à fait clair à la fin du 19e siècle il y a vraiment un mouvement de femmes artistes
Des artistes qui se revendiquent en tant que femme comme finalement une spécialité une capacité particulière à créer qui leur donne la légitimité d’apparaître dans des expositions et également euh dans euh dans des groupes des groupes de femmes par exemple euh il y a bien sûr l’Union des femmes peintres
Et sculpteurs en France mais il y a aussi en Belgique le cercle des femmes peintres de Bruxelles qui organisera quatre expositions au total donc c’est un mouvement assez restreint puis par la suite à partir des années 70 on a à nouveau un regroupement d’artistes femmes mais cette fois non plus dans
L’idée qu’elles auraient une essence féminine qui est légitime à créer à être euh à être présente sur le marché de l’art mais plutôt dans une volonté de lutte consciente des discriminations qu’ell subissent elle se rassemble pour aller contre ces discriminations et en fait entre ces deux moments-là de
Rassemblement il y a un peu un espèce de vide où les artistes femmes sont véritablement dans une volonté d’être considéré comme des artistes tout courts donc elles veulent être considéré au même titre que leurs collègues masculins et en fait la conséquence de cette réalité c’est que souvent elles sont la
Femme artiste exceptionnelle de groupe d’hommes ici c’est une une photographie je trouve assez représentative on a mckinet qui apparaît au milieu des des hommes de la Jeune Peinture belge alors on le verra un mickinet n’est pas la seule femme de la Jeune Peinture belge parce que nous allons ce soir parler
D’Anne Bonet qui faisait aussi partie de la Jeune Peinture belge mais en attendant dans la manière dont on va traiter le sujet de l’art en cette deuxème partie de 2 siècle va souvent mettre de côté ou exceptionnaliser les artistes femmes donc souvent quand on lit un ouvrage synthéthique sur l’art
Belge on va parler d’Anne Bonet et pas de minet ou on va parler de Jeanne graverrol et pas de Rachel bas pour le surréalisme ou encore on va parler de l’une ou l’autre artiste abstraite comme ber Dubail qui elle arrive finalement de manière assez marginale dans ces synthèses d’histoire de l’art en
Belgique alors euh mon corpus je l’ai choisi en fonction de la présence des artistes femmes dans les collections des Musées royaux des beauard de Belgique où j’ai guidé durant 4 années euh effectivement ma thèse est en partie et et à paulineelle a bien synthétiser tout à l’heure en partie dû
À plusieurs expériences dont celle de guide au musée royaux et c’est clair que pour moi même si j’étais déjà un peu consciente de ces questionsl en sortant de l’université de de mon master d’histoire de l’art pour moi ça a quand même été un un vrai choc de me rendre
Compte qu’au musée royaux quand j’ai commencé guider il y avait cinq œuvres de d’artistes femmes exposé dans l’ensemble des collections des Musées Royaux aujourd’hui on est monté à 7 large progrès mais mais voilà c’est des choses qui doivent continuer à à évoluer et moi à l’époque ça m’a vraiment donner
Envie de creuser de mieux connaître ces artistes alors là-dessus évidemment on se rajoute la problématique du fait qu’on n pas de musée d’art contemporain c’est aussi pour ça he que ces artistes ne sont pas visibles mais quoi qu’il en soit quel que soi les époques où elles ont créé elles sont clairement
Marginalisées dans institution et ce soir et bien je vais vous parler plus spécifiquement de deux trajectoires d’artistes euh d’une part Anne Bonet et d’autre part ber Dubail en fait je vais vraiment avec vous suivre leur cheminement de la formation jusqu’à l’institutionnalisation de leurs œuvres d’art leur entrée dans les collections
Des Musées royaux des beauards de Belgique donc on va parler de leur formation on va parler de aussi de leur situation familiale un petit peu on va parler de de leur apparition dans dans la dans la presse on va parler aussi de leurs expositions les lieux où elles exposent les bannières sous lesquelles
Elles exposent mais aussi également euh je sais plus j’ai perdu le fil de ce que je disais également euh c’est pas très grave ça reviendra de toute façon on va suivre ce fil jusqu’à l’entrée dans les les collections des Musées royaux des beauxards et donc cette euh première étape cette formation que j’appelle
Enti parce que c’est vrai que ce sont des formations qui ne sont pas linéaires donc on n pas du tout ce ce cheminement classique d’entrer à l’Académie où on fait un cycle formatif et puis on en sort et on expose il y a des entrées à l’Académie puis des sorties des moments
D’arrêt des moments de vide qu’on peut pas toujours documenté et ça c’est vraiment un point commun qu’on peut trouver chez les deux artistes alors Anne Bonet elle est née en 1908 à Bruxelles elle est issue d’une famille souvent qu’on on désigne comme wallon ou d’origine liégeoise en fait
C’est pas tout à fait vrai c’est son papa qui est liégeois sa maman est bruxelloise mais on voit aussi très bien en cette période de 20e siècle qu’on a fort envie de coller des étiquettes aux artistes ils sont flamands ils sont wallons on est rarement un artiste bruxellois c’est pas du tout une
Identité revendiquée et Anne Bonet elle nî dans une famille de la petite bourgeoisie puisque ses parents tiennent une bijouterie dont ils ont hérité très peu de temps après la naissance d’Anne bonnet alors souvent dans les textes qu’on lit au propos d’Anne Bonet euh on on peut lire qu’elle qu’elle a hérité ou
Qu’elle a été formée à une certaine délicatesse à une certaine minutie par le métier de ses parents cette information on sait pas trop d’où elle sort elle a d’abord été proposée par Marina tolstuy qui a écrit son mémoire sur Anne Bonet dans les années 80 ou
Septembre je sais plus mais en tout cas à l’époque elle avait déjà eu accès à pas mal de témoignages de personnes qui avaient connu Anne Bonet le problème c’est que hélas elle a pas forcément donné les références de ces de ces témoignag donc on sa sa pas toujours d’où viennent les informations alors
Attention parfois je vais être critique par rapport à C mémoire je ne veux pas du tout lui lancer la première pierre àoline l’a bien dit moi mon mémoire d’histoire de l’art j’ai travaillé sur un corpus 100 % masculin voilà on fait tous des erreurs et simplement on est en
Formation à ce moment-là et évidemment je ne vais pas critiquer la manière de travailler de Marina Tolstoy mais ce qui est plus problématique c’est que les historiens de l’art qui par la suite ont écrit sur un bonnet vont en fait reprendre ces informations telles qu’elles sans forcément les questionner
Alors Anne bonnet elle elle elle nî dans une famille où il y a pas forcément de la place pour la création en tout cas elle est pas poussé vers cette carrière làà on on considère pas que c’est une carrière pour une jeune femme mais par
Contre elle dit aussi que sa maman lui a toujours permis de dessiner dans des cahiers lui a fourni du matériel et cetera donc on voit que c’est un peu ambivalent d’un côté certains disent qu’elle n’était vraiment pas du tout encouragé par son père qui refusait qu’elle devienne artiste d’un autre côté
On voit qu’elle avait avait une maman qui lui fournissait le matériel nécessaire pour débuter une forme de création quoi qu’il en soit en 1924 alors Anne qui est née tonet he parce qu’on la connaît sous le nom d’Anne bonnet mais le nom bonnet est le nom de
Son de son mari Anne tonet s’inscrit 1924 à l’Académie et ici on va pouvoir faire des liens avec les présentations de Barbara Caspers et Alice grass de du de la première session du cycle puisque Anne Bonet tout comme ber Duba vont d’abord s’inscrire dans des formations plutôt professionnalisante et liée aux
Arts appliqués et en fait ici on voit bien que tous deux viennent de milieu bourgeois et donc que les parents sont forcément un peu inquiets de l’avenir de leur jeunes de leur filles et vont les encourager à s’inscrire dans une formation qui vont leur permettre de travailler par la par la
Suite Anne Bonet va rester à l’Académie que durant 2 années de 24 à 26 mais pour une assez triste raison c’est qu’en 26 son papa décède et donc sans doute qu’à ce moment-là elle va devoir travailler pour gagner sa vie et pour aider sa maman qui est également de santé fragile
Alors elle va effectuer plusieurs travails on a peu de détails sur ces ces différentes activités mais elle va faire de la retouche photographique elle va aussi faire de la peinture sur ivoire là ça fera peut-être un petit pont un petit lien avec la conférence qui va venir puisque clairement ici on s’inscrit dans
Une une pratique liée à une production coloniale alors par la suite et ce qui est intéressant dans les récits qu’on fait de la formation d’Anne boney c’est que souvent en fait cette première partie dont je vous parle ici elle est passée à la trappe on dit qu’ne Bonet elle a
Commencé à se former en 1936 donc plus de 10 ans après sa formation à l’Académie des Beaux Arts de Bruxelles souvent le récit qui est proposé c’est que ben voilà Anne Bonet se retrouve seule puisqueen fait sa maman décède 3 ans après son papa en 192
2 donc elle se retrouve seule et souvent le discours c’est de dire ben voilà Bonet n’a pas d’argent elle ne sait pas comment s’en sortir mais c’est pas grave puisquelle rencontre le grand amour elle se marie et heureusement grâce à ce mariage elle se retrouve à l’abri de
Tous les besoins matériel et elle est enfin libre pour créer alors ça c’est le discours enfin libre pour créer grâce à son mariage alors moi je suis un peu dubitative parce que entre 30 et 36 Anne bonen a jamais exposé on a aucune trace d’œuvre qui ont été produites durant
Cette période et elle se réinscrit en 36 à l’Académie de saint-justtinud qui est vraiment la date qui est finalement prise comme jalon du début de sa formation et évidemment on peut douter qu’elle a eu une véritable liberté artistique durant cette période je sais pas en dire plus parce qu’en fait j’ai
Pas plus d’information mais en tout cas ce n’est pas quelque chose que j’affirmerais de manière aussi sûre voilà c’est le genre de citation un peu tragique et et et romantique qu’on retrouve ici Marina Tolstoy l’original mais qui ont été reprises par la suite par d’autres historiens et historiennes de
L’art mer du bail vient un peu du du même milieu puisque elle est aussi issue d’une de la petite bourgeoisie ses parents souvent sont appelés commerçants tiennent un commerce c’est finalement une manière presque un peu chipoteuse de dire qu’en fait les parents de ber ba sont bouchés cabarettiers pardon et
C’est souvent des des des termes qui sont pas employés dans les biographies de ber du bail alors elle elle est la plus petite de trois sœurs et ben pareil he comme Anne Bonet on n’est pas complètement réfractè à la création mais on veut surtout qu’elle puisse gagner sa
Vie et pour ber duuil on a quand même un tout petit peu plus de détails sur sa formation avant la la formation académique puisque elle par exemple elle va suivre ses études moyennes au lycée warqueé de morlway et là-bas elle a déjà en fait une formation artistique puisqu’elle va apprendre la musique le
Dessin et cetera alors attention c’est évidemment pas du tout à ce moment-là une formation professionnalisante mais bien une formation de ce qu’on appelle des arts d’agrément c’est vraiment faire de ces jeunes filles qui suivent un enseignement de parfaites femmes jeunes femmes à mari des des femmes qui peuvent
À la fois bien s’occuper de leur foyer mais aussi rendre l’espace agréable par leur cré quoi qu’il en soit ça doit quand même lui donner une base artistique et en tout cas ça doit susciter chez elle une forme d’envie d’apprendre à dessiner à peindre par exemple et en fait la
Particularité de de la formation de ber duubail c’est qu’elle va pas arrêter de se former elle va vraiment cumuler les apprentissages les formations mais chez elle aussi on a une forme de vide dans le récit de sa formation puisque et bien elle est diplômée de son école moyenne
En 28 et puis elle va être diplômée d’une école d’art appliqué féminin qu’en 36 et entre les deux on sait pas exactement ce qu’elle a fait c’est quand même 8 ans c’est long et euh ici c’est le témoignage de sa nièce Ginette blondioot qui nous donne peut-être des éléments d’information puisque elle nous
Dit que durant cette période berduay a été élève libre dans son ancien lycée où elle a suivi l’école moyenne alors là vous devez vous dire que je ne suis rien et que je raconte n’importe quoi par rapport à mon slide mais c’était pour vous montrer que ber Dubaï se forme
Vraiment très longtemps parce que même quand elle va à Paris elle va se former à la Grande Chaumière euh par la suite elle va encore se former à Bruxelles à la Cambre où elle va suivre les cours de peinture monumentales de Paul delevau et alors ici c’est c’est un petit moment
Peut-être aussi qui cristallise le décalage dans les trajecoires d’annebonet et de ber Dubaï et bien euh ici vous voyez le diplôme de de ber Dubail qui donc reçoit ce ce diplôme de sa formation à la Cambre regardez un peu dans les signatures de son jury en fait
On retrouve Anne bonnet qui est dans le jury de ber Dubaï donc on voit que là Anne Bonet est déjà institutionnalisée elle est déjà présente dans ce circuit alors que ber Dubaï elle est encore à sa formation euh je vois que je suisà quasiment à la moitié de ce que je vais
Vous dire donc je vais peut-être pas plus trop me m’apesantir sur ces formations mais ce qui me semble quand même important à garder à l’esprit c’est que si les for formation en art appliqué sont éludé tant chez Anne Bonet que chez ber Dubail en fait il y a des raisons
Assez évidentes d’une part clairement dans la hiérarchie des arts les arts appliqués sont défavorisés par rapport au grand art et dans la volonté de légitimer des artistes des artistes peintre finalement c’est mieux de ne pas trop parler de ces formations là et donc on ne tient pas compte du fait que ça a
Vraiment compté ça fait aussi qu’on va souvent dire que les artistes femmes sont venus tard à la formation et effectivement c’est vrai que leur formation académique au beauard arrive tard mais elles ont souvent 8 ou 10 ans de formation d’art appliqué derrière elle et parfois en académie parfois auprès d’un professeur en élève
Libre et c’est là qu’on voit aussi que se creuse une espèce de de de fossé entre la formation des hommes qui est souvent plus rectiligne que ces formations-ci des femmes qui doivent parfois aussi jouer avec les volontés des parents qui ne sont pas d’accord qu’on poursuive une formation ou ici un
Mariage un mari qui peut-être potentiellement n’a pas voulu que son épouse continue à peindre d’autre part en fait ces écoles et ces formations qui sont invisibilisées dans leur parcours c’est souvent des lieux aussi où elles ont rencontré des personnes qui ne comptent pas dans leur récit par exemple à
L’Académie de Bruxelles et bien Anne Bonet va rencontrer mikinet et elles vont devenir amis mais ça en fait les historiens de l’art ça les intéresse pas vraiment c’est pas vraiment une étape charnière dans la formation des artistes ce qui compte c’est que à saint-jenaudene bonir rencontre Gaston
Bertrand et Louis Van lin et ça ça compte parce que c’est par eux par leur biais qu’elle va entrer de tout dans tout un tas de mouvement et de groupes en tout cas c’est ce qu’on pense parce que c’est souvent comme ça qu’on interprète c’est parce qu’elle les a
Rencontré à l’Académie qu’elle est entrée dans certains groupe qu’elle a peint d’une certaine manière c’est comme ça qu’on lit ou qu’on propose ces récits d’histoire de l’art Anne bonnet elle-même reconnaît tout à fait la valeur de ces deux formations parce que quand elle écrit au au ministre de l’Instruction publique et bien elle
Avance en fait que ces deux formations sont sur un pied d’égalité et ont fait l’artiste qu’elle est aujourd’hui et font que aussi qu’elle peut exposer dans des salons officiels alors je sais pas si vous avez vu j’ai fait un code couleur Anne Bonet ber Dubaï pour pas vous perdre quand je
L’ai fait j’ai pensé à Pauline vanken qui un jour m’a dit que les historiens de l’art font des super moches powerp et je pense qu’aujourd’hui je ne vais pas la décevoir je suis vraiment désolée c’est vrai que c’est super moche mais en plus je suis nulle en technologie donc j’ai
Pas trouvé le moyen de faire ça plus joliment et voilà ici on voit aussi le genre de phrase ici c’est Serge Goyen de heug qui euh qui commmente cette période de ber Dubail entre de formation et on voit en fait ces ponciif romantiqu un peu misérabiliste de la pauvre artiste
Qui lutte contre euh l’altérité la famille et qui continue à créer dans la solitude mais en fait on se rend compte r compte qu’elle n’est pas si seule que ça parce que ses cours en élèv libre elle les suit auprès de Madame Mademoiselle pardon c’est mademoiselle ubinon alors j’appelle mademoiselle
Simplement parce que Ginette blondieot me l’a présenté comme ça et effectivement c’est sans doute une dame qui n’était pas mariée à l’époque et ce qui est intéressant c’est que dans ce petit extrait de presse où on on on annonce l’entrée en fonction de Mademoiselle lubinon on indique qu’elle
A été formée à XL hasard ber duubaay va en igné à XL on voit ici qu’il y a de véritables réseaux sans doute une entraide et peut-être qu’en fait mademoiselle luinon a eu un rôle bien plus grand que ce que l’histoire de l’art actuellement a bien voulu mettre en avant en fait la
Personne qu’on met en avant en général dans la formation de berdbaï c’est Tho izerda un peintre qu’elle va rencontrer à la mer du Nord et effectivement apparemment pour elle ça aussi été un déclique de vouloir devenir peintre c’est cette rencontre qui lui a donné envie de devenir peintre tout cours ici
En fait on a deux aspects on a une femme qui lui a montré une manière d’être artiste tout en gagnant sa vie à travers le biais de l’enseignement et puis on a un autre artiste qui lui a montré qu’il est possible d’être peintre professionnel et en fait elle a puisé
Dans ces deux modèles de manière finalement équivalente pour se construire en tant qu’artiste voilà une petite photo de Ginette blondot et ber duuil c’est c’est quand même une relation importante parce qu’en fait ber Dubaï ne s’est jamais marié elle n’a elle n’a jamais eu d’enfants mais par
Contre elle a elle a été très très proche de sa niè et s’en est occupé comme une fille j’ai mis des grosses citations tartines mais c’est pour vous montrer que tant dans l’histoire de l’art écrite les livres publiés que dans les discours proposés par ici la famille les proches
On a vraiment ces moments charnière et ici ce ce moment charnière de la rencontre de ce peintre à la mer du Nord moi ce qui m’importe c’est quand même de de mettre en avant le fait que ces filiations d’artistes d’artistes femmes de professeurs elles sont importantes
D’autant plus pour ber Dubaï qui va elle aussi en enseignant Enseignant euh donner permettre des vocations encourager offrir un modèle pour d’autres artistes tel que Françoise skin que vous connaissez peut-être par le métro bruxellois aida casarion et puis dans un autre type d’art puisque’ici on est plutôt dans la littérature la poésie
Euh le la euh les romans Rose-Marie François qui me fait le grand plaisir et grand honneur d’être là ce soir pour un peu voir aussi euh ici un tableau de ber du bail on est évidemment très loin de de l’abstraction et je vois que il me reste 10 minutes je ne sais
Pas comment je vais faire évidemment 60 slides pour une demi-heure cé une mauvaise idée je le savais je vais peut-être un peu passer les articles c’est pas finalement si important ce qui est juste drôle c’est que la première occurrence de BERD du bail dans la presse ben en fait c’est qu’elle se’est
Fait voler sa boîte de peinture pendant la deuxème guerre et là en filigrane on voit aussi sans doute la grande pauvreté et la grande difficulté de subsister durant cette période pour ces femmes alors Anne bonnet on on la connaî pour sa participation à la Jeune Peinture belge évidemment la Jeune
Peinture belge a eu d’autres étapes avant il y a eu d’abord le salon Art jeune à la galerie atrium où en fait ils étaient déjà quelques artistes jeunes artistes qui ont étudié à saint-j qui se sont rassemblés pour exposer on voit en fait dans les archives des 38
Qu’en fait Anne Bonet est très active pour démarcher des lieux d’exposition comme ici le palais des beauxards elle demande une exposition pour elle et Gaston Bertrand c’est là qu’on peut aussi peut-être voir que c’est peut-être pas forcément Gaston Bertrand qui tire à Bonet mais ça peut être l’inverse aussi les deux sont
Possibles par la suite ces mêmes jeunes gens vont créer un autre groupe un peu plus formalisé la route libre avant de devenir l’apport je fais ça vraiment en accéléré parce que sinon ça ne va pas aller et il faut savoir que dans le salon apport en 41 en fait elles sont
Quatre artistes femmes et ça je l’ai découvert très très récemment euh parmi il y a René petit Anne Bonet bien sûr mais aussi Hélen ridle que vous connaissez peut-être et en fait apport va être récupéré par Robert delevois qui va vraiment être celui qui va mettre en
Place ce salon à Port de manière plus pérenne dans sa galerie Apollo c’est lui aussi qui va parrainer le groupe de la Jeune Peinture belge et en fait au moment où ce groupe va s’institutionnaliser on va perdre deux femmes donc il va bien sûr faire le tri
Dans les 17 artistes du noyau il va en sélectionner seulement 10 10 mais sur les quatre artistes femmes il y en a deux qui restent alors je vous le donne en 1000 les deux qui restent elles sont présidentes et trésorières je pense qu’il avait pas trop le choix donc cette jeune peinture belge
Qui a eu cours jusque dans les années 48 qui est vraiment un jalon important de l’art contemporain en Belgique he si vous faites une espèce de chronologie facile il y a la Jeune Peinture belge et puis y a Cobra et puis bretars et puis je sais pas c’est très très synthétisé
Très rapide mais voyez l’idée euh oui ça c’était je vais je vais pas m’apppesantir là-dessus et peut-être pour vous montrer une autre grande différence entre les trajectoires de Anne bonnet et de ber Dubail c’est qu’en fait Anne bonnet tout au long de sa carrière elle va être intégrée dans des
Manifestations assez officielles des événements vraiment très importants tels que la bianale Venise elle est la première femme belge à exposé à la Biennale de Venise en 48 elle va d’ailleurs encore y exposer en 50 6 elle va exposer à la deuxème Bienale de Sao Polo elle va exposer pour l’exposition
Universelle à la Documenta 2 à casselle voilà vraiment des grosses grosses grosses manifestations mais vous pouvez plus ou moins toujours être sûr que si vous voyez Anne Bonet dans ses programmations Louis Van lin et Gaston Bertrand il sont aussi en fait elle va vraiment se retrouver dans un espèce de
Package Anne Bonet est rarement là toute seule bien sûr elle a quelques expositions rétrospectives qui sont ses expositions à elle mais si elle est dans des grandes expositions d’envirgure elle est toujours avec ses deux compares voilà elle va elle va fonder des groupes comme le groupe espace elle
Est la seule femme peintre dans les statutes du groupe espace la seule femme tout court d’ailleurs peut-être ah oui il y a Francine CLIRE le grand aussi qui va en faire partie mais donc c’est pas une peintre c’est une historienne de l’art elle va être la seule à fonder le
Conseil national seule femme à fonderé le Conseil national en lien avec l’UNESCO avec une sculptrice donc on voit vraiment vraiment cette exceptionnalité une peintre une sculptrrice ça va il y a pas trop de remise en question de la norme masculine je passe trop de choses et par
Contre Anne Bonet va très très peu exposer dans des salons femmes artistes en fait il y en a qu’un de son vivant où elle va exposer c’est dans la galerie Luk OIN avec d’autres noms qu’on reconnaît he comme Gilbert Dumont Yvon Perin Mick Kinet Alice Fry et puis les
Autres expositions estampier femme vont en fait être des expositions après son décès en 60 puisquean Bonet décède assez jeune de maladie contrairement à berdubail qui va exposer dans près de 10 expositions et 10 salons estampillers femmes artistes donc on voit ici qu’il y a deux trajectoires il y a une
Trajectoire officielle ce grand récit de l’art belge et puis un espèce de une espèce de trajectoire à la marge avec des expositions des salons femmes euh et puis aussi euh des des salon plutôt estomi wallon donc on voit une forme de marge de marginalité et à la fois d’espace de liberté qu’elle trouve
Dans ses différentes initiatives elle a participé aussi à l’exposition hommage à Anne Bonet donc comme quoi il y a quand même souvent des liens qui qui se créent ce qui me fascine aussi c’est qu’en fait le les réseaux de d’Anne Bonet sont des réseaux en tout cas quand
On les observe comme ça c’est que c’est des réseaux masculins c’est son Bertran Louis vanmit et d’autres noms bien sûr contrairement à ber Dubail et pour moi ça a été une véritable surprise quand j’ai commencé ma recherche c’est qu’en fait quand on étudie ces archives il y a énormément de femmes avec qui
Elle a eu des liens et avec qui elle a collaboré alors ça peut être des artistes comme Anna staritski qui est une artiste qui a habité en Belgique et puis qui est parti habitait à Paris et en fait ver Dubaï très régulièrement durant sa carrière hier elle a été pour
Des séjours assez longs à Paris pour travailler exposer se former et durant son séjour de 6162 elle va emprunter le l’atelier d’anana staritski alors est-ce qu’elles étaient vraiment amies ça je je sais pas je sais pas encore peut-être que je trouverai des archives mais en tout cas elles se connaissaient ell
Collaboraient et d’une certaine manière elles s’entraidit elle va aussi être très intéressée par le travail de Claude rivière j’ai une dizaine de lettres de ber Dubaï non de Pierre Bourgeois à ber Dubaï qui en fait lui découpe des articles de Claude rivière et les Luis envoie à Paris assez
Étrangement j’ai quasiment pas de lettre de ber Dubaï qui parle de Claude rivière il faut savoir évidemment que les archives je les ai pas toutes il y en a qui sont toujours chez Ginette blondeo donc on peut aussi se demander à quel point ces récitsl sont travailler transformer dans ce qu’on veut bien
Donner dans ce qu’on veut bien montrer puis voilà j’ai j’ai plein d’autres exemples de ravaller qui est aussi une critique Suzanne rodillon qui est une artiste qui est installé à Paris Simone Lacour qui va se former aussi en peinture monumentale à la Cambre quelques années avant ber Dubaï et en
Fait elles sont assez proches elles se côtoi à Paris puis à Bruxelles elle a aussi plein de copines comme Suzanne tiennepont Simonetta Jung et c’est pas juste des copines je veux dire évidemment on a toutes des amis c’est pas pour ça que c’est son réseau professionnel mais en fait ici on voit
Quand même très bien dans les témoignages que par exemple euh verre du bail allit très régulièrement dans les ateliers et les vernissages avec Suzanne tienpont en plus elles ont une pratique abstraite d’intégration du sable dans la peinture qui est assez proche donc on peut se douter qu’il y a des échanges
Qu’il y a de la collaboration qu’il y a du dialogue entre ces artistes en tout cas elles ne sont clairement pas ces femmes exceptionnelles seules et désespérées parmi des hommes qu’on veut nous présenter évidemment j’ai un sacré billet d’archive pour vous faire ce schéma là un peu simpliste
Rean bonnet qui serait dans dans un réseau masculin et ber Dubail qui serait dans un réseau féminin puisque’en fait Anne bonnet de manière assez euh contradictoire c’est la plus connue de mon corpus mais c’est celle aussi pour laquelle on a conservé le moins d’archives puisque quand elle est
Décédée en 60 Giselle olingzin qui était conservatrice et directrice au musée royaux m’a raconté qu’elle a un peu eu des scrupules à aller directement voir le veuf d’Anne bonnet elle a attendu quelques mois et en fait quand elle est arrivée euh Louis bonnet avait jeté toutes ses archives ou presque donc
Évidemment ce qu’on conserve aujourd’hui c’est en fait les archives qui appuient le récit officiel qu’on a bien voulu écrire dans l’histoire de l’art de la place d’Anne Bonet dans ce champ artistique belge et en fait sans doute qu’elle avait aussi des réseaux féminins mais actuellement avec les archives que
J’ai pu rassembler ou que d’autres comme Marcel d’allose qui a écrit sa sa monographie ce qu’on a pu rassembler jusqu’à présent ne nous permet pas de savoir si elle avait des des réseaux féminins on peut quand même en suspecter certains puisquelle va donner cours à Collette verken pendant la la deuxème
Guerre où elle va être assez précaire puisque son mari va être mobilisé euh et puis elle est proche d’Edgar tgat qui appint ici son cercle de copines on peut imaginer que là aussi il y a des liens des réseaux des rencontres à la fin de la la vie de
De d’Anne Bonet elle elle va énormément travailler en tout cas elle va se lancer petit à petit dans l’art textile et on a tout un tas d’exemples d’œuvres textiles de l’artiste des tapisseries mais aussi de des motifs pour la production de tissus elle a été exposée à la première Bienale
Internationale de la tapisserie à Lausanne juste après son décès et en fait moi actuellement je me pose la question si pour elle ce retour aux arts appliqués ça pas été un moyen peut-être de prendre son indépendance par rapport à des réseaux masculins ou des réseaux estampiés jeunes peinture Belg dans
Laquelle finalement elle a été un peu enfermée je me demande aussi si pour elle ça a pas été un moyen de prendre son indépendance financière par rapport à son mari parce qu’évidemment on parle de liberté dans le mariage mais c’est pas son argent à elle qu’elle utilise et
On peut imaginer qu’elle peut avoir des contraintes à ce niveau-là et qu’à un moment elle a eu envie d’avoir son propre argent pour pouvoir décider de ce qu’elle allait faire ici sont évidemment que des suppositions j’ai aucune archive pour asseoir ses propos mais mais voilà je pense que à
Travers le prisme du genre on peut tout à fait poser ce type d’hypothèse alors je me suis demandé est-ce que tous les chemins mènent au musée Royau des beauzards de Belgique et en fait vous voyez qu’on a ici et j’espère parce que j’ai été très vite
J’espère que ça a été assez clair he ces deux trajectoires assez distinctes de ces deux artistes abstraits ben je vous diraiis que oui malgré le fait qu’elles ont eu des traj troire assez différentes elles sont toutes les deux rentrées au musée Royau et de manière plus ou moins
Équivalente puisque et bien d’ne bonnet il y a trois peintures qui ont été acquises par le musée deux de son vivant une après son décès il y a beaucoup d’autres œuvres d’Anne bonnet dans les collections mais qui sont des legs et des dons pour être tout à fait précise
Il y a aussi une esquiss qui a été achetée après son décès dit que ber du bail il y a deux peintures donc on est quand même dans des ratios assez proches qui ont été acquises d’une part à l’artiste et puis par la suite à sa nièce en terme d’exposition bah elles
Sont un peu presque logé à la même enseigne je dis presque parce que ber Dubaï n’a jamais eu d’exposition personnelle au musée Royau des beauzards de Belgique je me demande même si elle a déjà été exposée tout court mais là j’y mettrai pas ma main à couper il faudrait
Que j’enquête plus oui à mon à mon on se met pas au musée royaux des beauards de Belgique ça j’en suis moins sûr euh contrairement à une bonnet qui a eu une exposition euh une exposition monographique au musée royaux des beauards de Belgique alors jusqu’à pas très longtemps c’était la seule
Exposition monographique consacrée à une artiste femme au musée Royau des beauards de Belgique je pense que les autres sont arrivés vers 2019 euh il faut quand même savoir que toutes les expositions monographiques consacrées à des femmes au musée Royau des beauard de Belgique étaiit toujours des expositions secondaires vous voyez ces petites
Expositions dans les petites salles sur le côté celles qu’on va pas voir parce qu’on en a marre on est fatigué on a mal aux pieds et souvent aussi elles se tiennent l’été quand il y a personne au musée voilà alors moi je me suis demandé les chemins des artistes femmes ne
Mènent-ils jamais nulle part HM peut-être en fait dans ce les récits qu’on construit dans l’histoire de l’art Anne bonnet est forcément la suiveuse la suiveuse de Louis Van lin la suiveuse de Gaston Bertron elle a fait t toutes les mêmes expositions queeux elle a fait toutes les elle a suivi les mêmes
Groupes les mêmes chemins que elle a même peint presque de la même manière que en tout cas c’est ce que les critiques pas mal de critiques contemporain d’Anne Bonet mais aussi actuellement disent j’avais même noté une citation je me suis dit que j’allais quand même pas encore ajouter une slide
Parce qu’il faut pas exagérer mais dans cette fameuse exposition au début des années 2000 la la curatrice de l’exosition disait Anne n’est ni l’artiste qui fit fureur ni la créatrice d’œuvre qui serait actuellement incontournable pour l’amateur d’art sa carrière n’a pas été fulgurante elle évolua de manière régulière sans bouleversement
Extrême donc on voit aussi le statut qu’on donne à l’œuvre de cet artiste et à sa création et puis vers Dubaï elle a jamais fait partie de groupe elle a toujours travaillé plus ou moins seule ou en tout cas pas dans des groupes qui ont pignon sur rue et donc elle est en
Quelque sorte incasable et si vous voulez faire ire des expositions dans ces grands récits de l’histoire de l’art ce canon de l’histoire de l’art mais en fait on s’est l’exposé nulle part à part si on fait vraiment une exposition art abstrait en Belgique et encore ça m’étonnerait pas qu’on dise que c’est
Une artiste un peu un peu mineure qui n’est pas si intéressante pas si importante donc on voit quels que soient les choix des artistes femmes durant cette période le résultat sera le même c’est qu’elles seront souvent sous-évaluer sous-exposé et c’est pour ça et c’est aussi pour ça qu’on
Organisait ce ce cycle c’est c’est c’est qu’il est si important de proposer d’autres récits construire d’autres récits et moi une de mes volontés à travers ma thèse ben c’est justement de m’intéresser à tous ces réseaux féminins qui existent mais dont on a presque pas parlé jusque aujourd’hui merci pour votre attention
Est-ce que tu as besoin d’ordinateur je te le laisse alors j’ai pas l’habitude sur PC est-ce que quelqu’un sait comment on le met en grand écran défaut de travailler je mais non parceil est quand même pas de flèche mag bonjour à toutes et à tous merci pour ta la présentation de tout à
L’heure donc moi je vais vous parler de quelque chose d’un peu même beaucoup différent mais je l’espère tout aussi intéressant et donc euh mes recherches doctorales moi ell pent sur la question coloniale post-coloniale desconial au sein euh de l’art contemporain en Belgique depuis donc les années 1960 jusqu’à nos jours donc en fait
Depuis le moment de l’indépendance du Congo euh jusqu’à aujourd’hui alors c’est vrai que euh je m’intéresse donc à une chronologie assez large dans mes recherches mais ce que je vais vous montrer aujourd’hui c’est plutôt en fait euh vraiment ciblé sur une chronologie récente à partir donc des années 1990
2000 et ça s’accélère en fait au fur et à mesure des années parce que c’est vraiment une problématique qui depuis ce moment-là n’a cessé de prendre de l’ampleur et euh l’image suivante bah vous euh enfin en témoigne hein puisque euh voilà c’est vraiment une un sujet euh d’actualité un sujet brûlant euh et
Auquel donc les les les artistes n’ont pas manqué d’eux aussi contribuer et ce depuis euh déjà pas mal d’années et donc euh cette conférence est pour moi donc l’occasion de parler de mes recherches doctorales et de vous montrer donc comment euh les artistes se sont emparés de l’histoire de l’héritage de la
Mémoire de la colonisation du Congo par la Belgique à travers donc un ensemble de projets artistiques et d’expositions qui ont eu lieu principalement en Belgique porté donc par des artistes belges des artistes congolais et des artistes qui n’ont à priori rien à voir en fait avec la Belgique et le Congo
Mais qui se sont eux aussi emparés de la question et donc pourquoi euh s’intéresser à une telle problématique ben comme je l’ai dit parce que c’est un sujet euh vraiment d’actualité euh qui euh concerne la Belgique mais pas que puisque en effet on remarque que depuis donc ces fameuses années 1990- 2000 la
Remise en cause du colonialisme et en et de manière plus générale de l’hégémonie en fait occidentale de l’hégémonie de de l’Occident sur le reste du monde euh surgit en fait dans dans la plupart des anciennes nations colonisatrices y compris donc en Belgique c’est donc un sujet important et le passé colonial
Revient en fait assez régulièrement sur le devant de la scène publique souvent sous la forme de controverse de polémique de débat c’est notamment le cas en Belgique c’est souvent le cas c’est souvent comme ça que cette question se manifeste et donc euh parler du contexte belge est
Important parce qu’il y a vraiment eu un essort de production artistique traitant de ce sujet en Belgique et parce que la Belgique est un un et et le Congo est un un contexte particulier euh qu’il est intéressant d’étudier et notamment du point de vue de l’histoire de l’art
Parce que ça permet d’apporter donc de nouvelles perspectives à cette question qui a l’habitude de se retrouver dans les débats publics ou qui a été évidemment largement étudié par toute une série de chercheurs mais moins du côté de l’histoire de l’art ce que je tente donc euh bah de faire voilà euh en
Tout cas d’apporter euh de de de de nouvelles perspectives à cette à cette question alors euh je vais essayer donc de vous montrer durant ma conférence toute une série en fait de stratégies de de de de démarches euh via lesquelles les artistes aborde euh cette question coloniale mais avant d’aborder ça
Euh plus en détail je voulais revenir sur les facteurs en fait qui ont pu déclencher cette réflexion critique finalement sur le passé colonial en Belgique en partant d’un point de vue plus international pour en venir au cas de la Belgique à proprement parler et donc rapidement sans rentrer dans dans
Dans des détails bien théoriques et un peu barbant mais on peut mentionner évidemment l’influence des théories post-coloniales et décoloniales les fameuses post-coloniales studies qui sont donc un courant de pensée en fait euh initié d’abord dans les universités anglo-saxonnes souvent par des penseurs en fait issus des des pays anciennement
Colonisés tout cela a compté des années 1970- 1980 et donc c’est un courant qui va vraiment remettre en cause le colonialisme tenter de rompre avec euh la supériorité ou l’hégémonie le discours dominant en fait par rapport à cette histoire coloniale et puis c’est en courant de pensé donc qui va alors se
Diversifier euh toucher donc d’autres domaines d’études c’était d’abord surtout en histoire en littérature et cetera et puis finalement ça touche beaucoup de disciplines y compris l’histoire de l’art le muséologie et cetera et puis des milieux anglo-saxons ça va aussi s’étendre un peu partout euh et aussi en France et en Belgique un peu
Plus tardivement alors vers les années euh vers les années 1990 et plus encore euh durant le 21e siècle idem pour les théories desconiales qui sont elles plutôt initiées d’abord dans les universités latino-américaines et qui pareil se propagent par la suite et qui tente encore d’aller plus loin que le courant
Post-colonial vraiment avec cette volonté de de de décolonisation globale de rompre aussi avec ce qu’on appelle la colonialité c’est-à-dire en fait la survivance finalement des effets de la colonisation au sein de nos sociétés actuelles autre élément qu’on peut mettre en évidence dans ces facteurs qui ont favorisé donc cette critique
Post-coloniale c’est de manière générale en fait à partir des années 1980 il y a une espèce d’un d’un regain d’intérêt pour pour l’histoire pour la mémoire collective qui ne concerne pas uniquement l’histoire de l’histoire coloniale mais on parle par exemple en France de devoir de mémoire et cela
Concerne principalement la mémoire de la Choa la mémoire donc des de la Seconde Guerre mondiale mais aussi la M mémoire de l’esclavage et la mémoire de la colonisation donc tout ça va évidemment influencer sur ces réflexions plus critiques troisièmement on peut aussi mentionner qu’il y a en fait parmi ces
Penseurs ces chercheurs et cetera ou ou même d’autres acteurs de ce courant critique et bien ce sont souvent en fait des générations plus jeunes qui n’ont pas en fait directement connu la colonisation donc comme si le changement générationnel avait permis d’ouvrir la porte de déverrouiller en fait euh la
Porte et de d’ouvrir la voix à des à une réflexion plus critique parce que euh ils ne se sentent pas peut-être directement concernés et donc ils vont avoir un regard plus plus de distance qui va donc encourager euh davantage de de de remise en question enfin évidemment et et non des moindres c’est
Le rôle des diasporas africaines au sein des anciennes nations cisatrices qui vont évidemment être parmi euh les premiers à porter ces mouvements critiques à l’égard du passé colonial y compris en Belgique et justement venons-en donc au cas de la Belgique à prement parl donc comme je l’ai dit c’est vraiment à
Partir des années 1990 2000 que le passé colonial surgit au sein des débats publics et en fait il est amené vraiment sur le devant de la scène par la publication de deux ouvrages plus ou moins simultané à la fin des années 90 premièrement donc l’ouvrage du journaliste euh américain Adam
Owshield sur les fantômes du roi léopolde i en holocauste oublié et second ouvrage du sociologue flamand Ludo dewiit sur l’assassinat de Lumumba donc ces deux ouvrages en fait vont vraiment mettre en lumière deux pans de la colonisation premièrement le régime de léopolde 2 au Congo hein dans l’État indépendant du Congo et
Deuxièmement l’assassinat de Patrice Lumumba donc le premier ministre congolais qui a été assassiné en janvier 1961 et ces deux ouvrages provoquent pas mal de polémiques puisque le premier B est vraiment une critique virulente du régime de léopolde i m en avant le fameux scandale des mains coupées et
Cetera et le second n’hésite pas à ouvertement évoquer le rôle du gouvernement belge de l’époque dans l’assassina de Lumumba d’ailleurs le livre de de va même être euh à l’initiative d’une d’une commission d’enquête parlementaire euh la Chambre des représentants de Belgique va donc mettre en place une commission d’enquête
Spéciale la commission dite Lumumba qui va donc devoir examiner avec précision les circonstances dans lesquelles le Premier ministre congolais a été assassiné et le rôle donc du de la Belgique dans cette affaire donc voilà un peu comment l’histoire coloniale revient de manière critique au cours de ces années vous
Voyez ici he avec les les publications d’ Chile donc on voit bien le le le le mouvement critique que ça peut engendrer et aussi en fait à la même période on remarque qu’il y a plusieurs manifestations culturelles artistiques et cetera differses initiatives qui vont elles aussi mettre en avant de manière
Critique le passé colonial c’est le cas par exemple de diverses pièces de théâtre comme Rwanda 1994 par la compagnie group of en 2000 et une autre pièce de théâtre intitulée bruxelles ville d’Afrique en 2000 également ou alors de diverses expositions mises en place par l’ONG CEC coopération par
L’éducation et la culture qui va donc faire vraiment un véritable travail de recherche sur la propagande coloniale et qui va faire toute toute une série d’expositions mais aussi une démarche vraiment pédagogique pour euh travailler sur cette question et enfin en 2004 et diffusé sur les chaîne de télévision
Nationale notamment la la RTBF et la VRT un documentaire assez engagé assez polémique d’un d’un réalisateur britannique Peter bat qui s’inspire en fait largement du livre de oakshield et qui s’intitule donc white King red rubber Black Death et qui traite donc du régime de léopolde i dans l’État indépendant du Congo
Alors depuis ce mouvement donc qu’on qu’on peut qualifier de de de décolonial n’a cessé de s’implifier et euh bah l’objet de ma conférence concerne le champ de l’art contemporain parce que oui les artistes ont eux aussi été des acteurs donc de premier plan dans euh ce mouvement et dès le début des années
2000 euh on va on va euh retrouver donc toute une série de projets artistiques d’artistes d’exposition et cetera abordant euh cette problématique c’est le cas notamment de Luc en 2001 à la Bienale de Venise Bienale de Venise donc je le rappelle qui est une des plus grandes manifestations d’art contemporain euh un endroit
Incontournable et donc Luc toyans va choisir cet endroit pour présenter en fait une sériie de toiles sur le Congo belge donc il va une dizaine de toiles de petits enfin et de moyen format qui traite vraiment en fait donc de de ce sujet explicitement c’est la première
Fois qu’on qu’on aborde ce sujet dans un dans un tel endroit et donc il se réfère vraiment explicitement par exemple au voyage du Roi Baudoin en 1955 au Congo ou encore à ce fameux assassinat de Patrice Lumumba en 1961 donc évidemment aborder des tels sujets c’était pas encore voilà de manière c’était pas
Encore quelque chose d’assez courant comme ça peut l’être aujourd’hui donc lu toumman fait vraiment un choix stratégique mais aussi politique il politise de manière inédite le pavillon belge et il le fait dans un lieu où il sait que ça va avoir une répercussion et et et une une audience assez important puisque
Voilà le monde de l’art contemporain a les yeux rivés sur la Bienale de Venise et donc aborder un tel sujet dans un tel lieu est évidemment euh voilà un un ça fait passer un un message important à la même époque en fait un peu avant aussi également en 2000 2001 l
Toumman participe à un autre projet qui passe cette fois chez nous au Musée royal donc oui pardon j’avais oublié de vous montrer donc he vous voyez le Roi Baudoin ici Patrice numumba ici au milieu donc diverses toiles de Luc teumans et Luc teumans en fait à la même
Époque participe à un autre projet cette fois au Musée royal de l’Afrique centrale à tervurun lieu également très emblématique pour une autre raison hein puisque c’est évidemment le mausolé du colonialisme conçu par par PO 2 comme comme véritablement une vitrine de l’action coloniale belge au Congo et qui
Je le rappelle au début des années 2000 n’est pas du tout encore dans le processus euh dans lequel il est aujourd’hui c’est-à-dire que on n’est pas du tout encore avec cette vision contemporaine à à des enfin à destiné desconiales euh qu’il qu’il peut afficher aujourd’hui non au début des
Années 2000 en fait le musée de tervurun ressemble quasi au musée euh qui existait dans les années 50 60 c’est-à-dire un musée qui est resté un peu pétrifié dans le temps qui apparaît comme donc des Ets anachroniques et qui surtout présente une vision particulièrement stéréotypée et raciste
De l’Afrique et des Africains donc ce musée au début des des années 2000 commence un peu à à susciter aussi de plus en plus de critiques et un projet va naître au sein même du du du musée et va un petit peu tenter de dépoussiérer tout ça c’est celui porté par Boris
Wastio qui est alors un jeune euh conservateur dans la section d’ethnographie du musée donc anthropologue de formation et il a comme mission de présenter une sélection de chefdœovvre hein donc une série en fait de collections d’arts africains qui est considérée par le musée comme les trésors du Musée de Tervuren euh cette
Collection avait fait le tour le tour presque près du monde hein avec une exposition itinérante présenté au Canada aux États-Unis et cetera et donc le directeur de l’époque voulait montrer également ces chefdovvres à tervurun selon une exposition en fait plutôt classique de de de base mais Boris Boris
Wasau ne l’entend pas de cette manière et euh va euh vraiment proposer une initiative inédite puisque il va s’intéresser à la provenance et à l’origine en fait de ces objets euh que l’on qualifie donc d’artefact de trésor d’œuvres d’art de chefdovvres euh de trophées et cetera et donc finalement on
Sa pas grand-chose à l’époque sur euh leurs conditions euh de de de fabrication sur leur provenance sur leur origine et sur les conditions de collecte puisque’en fait la plupart de ces objets ont été collectés en contexte colonial lors d’expéditions et cetera qui n’ont pas toute une visée scientifique certaines voilà euh
Certains objets ont été récoltés dans des conditions assez brutales euh et et et mais aucune mention en fait de ces conditions euh n’est fait dans dans le musée donc Boris Paso va intenter le premier à tervurun à s’intéresser à l’itinérance et à la provenance de ces objets ça c’est la première originalité
Du projet qu’il nomme exit Congo mususeum hein on voit bien rien que par le titre euh l’envergure et l’ampleur critique que Boris wasio veut conférer à son projet donc ça c’est la première voilà la première dimension du projet la seconde qui est aussi tout aussi inédite en tout cas
Pour le Musée de Tervuren à l’époque c’est que Boris Waso va faire le choix d’inviter un artiste Thomas mutebalutumboé qui est également historien de l’art et professeur à La Cambre et qui est belge d’origine congolaise à venir exposer à ses côtés donc Thomas muteb lutumbo est d’abord
Invité comme un artiste invité mais très vite il prend en fait la place de commissaire et donc boris pasaso lui demande en fait de gérer également avec lui donc de faire un commissariat et de gérer une partie réservé à l’art contemporain alors si aujourd’hui on a l’habitude de voir de
L’art contemporain dans ce genre de musée dans des musées ethnographiques et cetera à l’époque à Tervuren c’est complètement inidit donc Boris Waso et Thomas Maba lumboué vont décider donc d’intégrer une sélection d’œuvres contemporaines au sein même des collections de tervurun ce qui ne s’est encore jamais vu autre caractère inédit
C’est que le commissariat soit confié à un externe du musée qui plusé est d’origine afrodescendant c’est la c’est une double première en fait à Tervuren et Thomas Muteba lum ne s’arrête pas là puisqu’il décide d’inviter à son tour une série d’artistes en fait à venir exposer à ses côtés des artistes belges
Comme Luc teumans donc comme je vous l’ai dit Johann me et aussi des artistes afrodescendant mais il voulit vraiment cette avoir une représentation pas exclusivement africaine parce qu’en fait c’est toujours un peu ce qu’on attend dans ce genre de musée et lui voilà il avait envie de décloisonner aussi ce
Caractère identitaire qui est un peu toujours attendu dans ce genre d’exposition donc deux projets phare voilà au début des années 2000 celui toyans avenis celui de Thomas mbalumbou à tervun vont un peu lancer la voix à cette à cette dimension critique donc vous voyez he vraiment les œuvres
Étaient intégrées au sein même de du du musée de terun comme vous voyez l’euvre de Johan me en plein milieu de la retonde voilà c’est c’est c’était quelque chose d’assez inédit pour pour l’époque qui se voyait plutôt du côté outreAtlantique mais ici en Belgique voilà c’est c’était c’était plutôt
Original alors le Musée de Tervuren donc comme je l’ai dit a depuis fait une sorte de mutation et tout au long de son processus de transformation et bien le musée s’est régulièrement tourné vers des artistes que ce soit l’occasion d’exposition temporaire mais aussi dans le cadre d’un programme de résidence
D’Artist donc à plusieurs prise à partir de 2008 le Musée a invité des artistes d’origine afrodescendante à venir donc euh intégrer en fait le musée à venir s’emparer des réserves des archives et cetera du musée et donc ce programme de résidence d’artiste est inauguré avec Sami balogji et Patrick mudekereza en
2008 ce sont euh donc Sami balogi est artiste plasticien photographe originaire de luubumbashi devenu depuis lors une grande figure hein de de de l’art contemporain qu’on qu’on voilà qu’ qu’on retrouve dans de nombreuses expositions actuellement et Patrick mud kerza également originaire de l’ubumbashi qui est lui un écrivain et également un
Artiste euh plasticien et donc ces deux artistes vont vraiment être immergés au cœur du musée de terburun vont s’emparer d’archives et ils vont tous les deux choisir de travailler sur des archives en lien avec la période coloniale Sami balodi par exemple de son côté s’empare en fait d’une mission euh qui avait eu
Lieu au Katanga à la fin du 19e siècle mené par le Charles Mar euh et donc cette mission en fait avait été documentée par les photographies de François Michel et par les aquarelles de Léon d’Arden et donc Sami balodi va utiliser ses documents d’archive et va
Les remixer soit sous la forme donc de photomontage comme vous le voyez ici avec euh soit en mixant les deux soit en utilisant ses propres photographies contemporaines ou alors il va les présenter sous for forme de diptique là encore confrontant donc images d’archiv et images contemporaines toujours donc
En rapport avec l’histoire de la colonisation et cette expéition donc scientifique au Katanga à la fin des années 1890 alors ce travail donc là encore vous voyez un autre exemple d’œuvre de Sami balogi qui en fait euh reproduit à Tervuren un procédé qu’il avait déjà utilisé dans une autre de ses séries une
Série en fait qu’ est un peu propulsée sur le devant de la scène internationale qui s’intitule mémoire et qui repose elle aussi sur ce principe donc de confrontation d’images d’archives avec des photographies contemporaines illustrant donc les paysages en fait en ruine du du catanga et donc pour la
Série moire il a utilisé des images archives de l’Union minière du Haut Katanga qui était donc une entreprise coloniale qui gérait donc les mines dans cette région et bah l’artiste étant originaire lui-même même du Katonga voilà il il s’intéressait vraiment à à ces à ces diverses expositions et à l’histoire
Colonial de de de sa région d’origine donc voilà d’autres images de cette série mémoire et ce qu’on a vu ici avec bogi cette utilisation en fait d’imag d’archives ça fait vraiment partie des stratégies utilisées par les artistes qui abordent la colonisation c’est-à-dire qu’on voit vraiment un intérêt pour pour ces ces documents du
Passé que ce soit donc des archives officielles mais aussi toutes sortes de de d’éléments de traces de documents se référant donc à à l’histoire coloniale et donc ces artistes les utilisent les remani les remixent au sein d’œuvres contemporaines d’ailleurs ce procédé de de de recherche était au cœur
D’une autre exposition qui a eu lieu également au pavillon belge de la bienénale de Venise cette fois en 2000 15 qui montrait l’exposition de Vincent messen donc Vincent messen est un artiste belge euh qui lui a décidé donc ben 14 ans après Luc teyans d’aborder de nouveau l’histoire coloniale de la
Belgique et le mouvement des indépendances en Afrique et cetera mais selon un angle aussi un peu inédit puisque il a proposé une exposition à la fois plurielle et international en faisant donc le choix d’inviter d’autres artistes y compris des des artistes originaires du continent africain c’est une première dans le pavillon belge à
Venir exposer à ses côtés et tous ces artistes sont euh voilà on ont comme point commun d’utiliser donc ces ces méthodes de la recherche ces éléments d’archive au sein de leurs vres et en en histoire de l’art c’est ce qu’on appelle en fait le le tournant archivistique dans l’art contemporain qui ne concerne
Pas du tout uniquement euh les artistes qui s’emparent de l’histoire coloniale hein c’est un c’est un paradigme général mais c’est vraiment donc voilà ça fait partie de ce tournant un peu archivistique tournant documentaire qu’on appelle ça aussi historiographique donc c’est de nouveau cet intérêt pour l’histoire pour les documents du passé
Qu’on utilise pour voilà faire une confrontation avec avec le présent avec la situation actuelle de de la RDC par exemple et aussi pour porter donc un regard critique sur le passé colonial vous avez ici et Sam Balog en fait participait lui aussi à cette exposition à la Bienale de Venise donc
Faisait partie des artistes invités par Vincent messen alors je l’ai dit déjà tout à l’heure je reviens un instant donc au musée de tervurun vous l’avez vu donc avec Thomas moutba le tumboué ou Sami balogi mais l’invitation en fait finalement d’Artist au sein du musée est vraiment devenue une stratégie
Récurrente utilisé par le le le musée de tervurun et notamment dans sa depuis qu’il a été rénové donc il a réouvert s portes en décembre 2018 et euh là on voit vraiment il semble que l’art contemporain euh soit vraiment oui une une méthode un choix de de premier plan
Pour tenter d’apporter une vision plus contemporaine une vision qu’ils espèrent décolonialiser de l’Afrique et des Africains via donc notamment euh l’apport des artistes contemporain donc je vous montre ici par exemple euh l’installation d’Emé empané qui est un artiste congolais installé euh ici en Belgique qui a donc réalisé deux
Installations que l’on peut voir donc au cœur de la retonde qui est quand même un espace très très chargé sur le plan symbolique hein c’était vraiment l’espace qui glorifiait léopolde i où on voit le le symbole de de deopoldo dans tous les sens avec toutes ces allégories coloniales qui l’entourent qui
Représentent donc les bienfaits de la civilisation de la mission civilisatrice comme on l’appelait donc c’est un endroit particulièrement chargé et M pané a essayé de contrer ce ce ce cette charge symbolique en réalisant donc deux installations que vous pouvez voir au milieu mais aussi en travaillant avec un artiste belge Jean-Pierre müer
Euh autour d’un concept qu’ils ont intitulé wi store donc qui euh qui qui qui parle en fait de cette idée de restauration de réparation et euh via le moyen en fait de d’imposer devant ces fameuses statues allégoriques qui sont euh bah devenus particulièrement problématiques aujourd’hui de par l’image et les stéréotypes qu’elle
Véhicule et donc ils ont tenté euh de de de de couper un peu ce ce ce poids en apposant donc devant les images des voiles transparents avec d’autres images beaucoup plus contemporaines dessus et donc de voilà de de de faire un jeu de de transparence voiler dévoiler finalement cette histoire
Coloniale d’autres exemples ici également donc au sein du musée de terurun vous avez l’installation ici à gauche de Michel magem donc une artiste congolaise également qui a fait donc elle une installation intitulée mémoire Eva où elle mélange vraiment sa propre histoire avec les portraits en fait de
Sa grand-mère de sa mère et d’elle-même et sa propre histoire personnelle avec la grande histoire l’histoire politique contemporaine de de de la RDC donc ça c’est c’est la l’installation de gauche l’installation de droite c’est celle de Freddy Simba qui lui va utiliser en fait la lumière
Et tous les les jeux de contraste pour faire apparaître en fait sur le mur qui glorifie les fameux pionniers morts au Congo hein pour pour l’œuvre civilisatrice et bien il va en fait inscrire sur les vitres qui sont en face le nom de Congolais qui sont décédés à
Cause de la colonisation et dont personne ne célèbre la mémoire ne rend hommage finalement jusque là et donc il va inscrire ses ses nom sur les vitres et avec le jeu d’ombre et de lumière ces non se répercutent sur ceux des fameux pionniers qui sont toujours célébrés donc au sein du musée de
Terburen enfin je passe un peu à autre chose mais c’est vrai que le lieu en plus s’y prête bien puisque nous sommes à côté de la statue équestre de léopolde 2 place du trône et euh parler donc de de ce sujet ne peut pas se faire sans aborder cette question de la
Décolonisation de l’espace public qui a vraiment pris une certaine amplour récemment notamment depuis le mouvement Black Liv matter euh et toutes les manifestation antiracist et cetera qui ont vu le jour à l’été 2020 et donc mais les artistes n’ont pas attendu ce mouvement pour pour semparer de cette
Question la preuve avec donc Laura en segumva qui dès 2018 va proposer en fait une réplique en glace de la statue équestre place du trône hein donc cette fameux statue qui représente léopolde i à cheval et qui depuis de nombreuses années fait l’objet de tout un tas de de
Controverses et de polémiques et cet artiste euh Belgo randise va faire donc une une une réplique exacte de la statue qu’elle va en fait faire fondre progressivement et donc vous voyez par par voilà par ce procédé artistique toute la métaphore qu’elle souhaite euh faire valoir c’est-à-dire ben finalement
La fonte de tous ces mythes de tous ces clichés qui persistent encore aujourd’hui euh et et finalement renversé aussi le le pied le le le roi de son piédestal puisque elle a destitué le le le roi de son trône en enlevant le fameux piédestal sur lequel repose la
Statue de léopolde i elle l’a placé en fait au-dessus donc vous voyez ici le le procédé et c’est ce piédestal dans lequel est implanté des lampes accandescantes qui fait fondre véritablement la statue c’est une performance qui a eu lieu lors du festival nuit blanche à Bruxelles donc en en
2018 donc vous voyez ici les images donc le le roi léopolde i disparaît euh progrès prressivement et people en fait le nom de l’installation ben c’est simplement le remanement des lettres Léopold aussi hein et par la même la façon dont elle écrit ici sur le pied
Des sales c’est aussi un hommage à à tous ces actes de vandalisme qu’elle dit je la paraphrase ici puisque la statue de leéopolde 2 est régulièrement vandalisée en raison donc de des controverses qui entourent son son son régime dans l’État indépendant du Congo donc voilà j’en viens à terminer en vous
Disant donc on voit bien que c’est c’est un phénomène qui a pris de plus en plus d’ampleur alors j’ai fait le choix de vous montrer quelques exemples il y en a évidemment beaucoup d’autres j’ai voulu vous montrer quelques stratégies utilisées par les artistes et durant ces dernières années ce phénomène n’a cessé
De simplifier les expositions les projets artistiques et cetera aussi par exemple je vous ai mis euh l’exposition donc quelques vues de l’exposition congoville qui a eu lieu au mid de la museéum à ve en 2021 et qui vraiment s’intéressait aussi à cet héritage aux traces coloniales dans la ville d’enverse dans une optique
Critique c’est une exposition donc proposée par Sandrine Collard c’était la commissaire de l’exposition et qui invétait toute une série d’artistes à s’emparer donc de ce de ce sujet pardon euh donc voilà je je reviens avec vous en conclusion bah c’est un peu tout ce que tout ce que j’ai j’ai répété on voit
Vraiment que cette question permet d’aborder donc des problématiques qui ont lien qui ont en lien évidemment avec l’histoire de l’art mais qui sont aussi d’ordre plus plus large c’està-dire que la question coloniale et desconial finalement c’est une question historique politique sociétale culturelle qui concerne mais là qui concerne aussi les
Artistes et auquels les artistes donc ont donc tenté d’apporter leur contribution et ce dès le départ voilà et donc on a pu voir donc l’influence de la pensée post-coloniale et des colonial dans les milieux artistiques et dans les musées euh l’intégration de l’art contemporain dans les musées dit en fait
Un peu problématique donc les musées qui ont un rapport avec l’héritage colonial comme le Musée de Tervuren en premier lieu euh les postures de l’artiste historien je l’ai pas en fait nommé mais c’est en c’est vraiment avec ce travail de de Sami balogi par exemple donc c’est ces
Artistes qui s’emparent de de l’histoire mais qui s’emparent aussi des des méthodes de l’historien c’est-à-dire qu’ils vont vraiment faire un véritable travail de recherche ils fouillent dans les archives qui vivont il mène vraiment une enquête à la manière donc d’un historien à la manière d’un chercheur pour aborder
Cette cette question et donc voilà les postures de l’artiste historien de l’artiste chercheur de l’artiste ethnographe sont aussi abordées à travers ce sujet tout comme les tournants archivistiques et documentaires dans l’art contemporain on l’a vu les artistes et la question de la décolonisation l’espace public j’ai mis
L’exemple de Lauren segumva mais il y a vraiment beaucoup d’autres exemples dans ce dans ce créneau et puis bah finalement voilà c’est c’est ces ces artistes participent inévitablement à la à la cause des coloniales certains le font de manière beaucoup plus engagée par exemple laurengumva se revendique elle-même une artiviste c’est-à-dire le
Le mélange en fait de artiste et de l’activisme donc on voit bien cette dimension militante et engagée qui peut euh soutendre certains projets et qui peut vraiment animer certains artistes et enfin le rôle et l’importance des artistes du continent africain et ou des diasporas qui est évidemment un
Indniable dans ce processus euh voilà je vous remercie de votre attention j’espère que j’ai respecté le timing c’est pas toujours évident mais voilà merci beaucoup et je suis là pour répondre à vos questions y