Enseignement 2023-2024 : Comment lire ?
Séminaire du 06 février 2024 : Corriger / annuler / purger le mal dans la fiction : résurgence d’un platonisme anti-aristotélicien ?
Intervenant : Guillaume Navaud, Lycée Henri-IV
Retrouvez les enregistrements audios et vidéos du cycle et son texte de présentation :
https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/seminaire/comment-lire
Chaire Littératures comparées
Professeur : William Marx
Retrouvez tous ses enseignements :
https://www.college-de-france.fr/chaire/william-marx-litteratures-comparees-chaire-statutaire
Le Collège de France est une institution de recherche fondamentale dans tous les domaines de la connaissance et un lieu de diffusion du « savoir en train de se faire » ouvert à tous.
Les cours, séminaires, colloques sont enregistrés puis mis à disposition du public sur le site internet du Collège de France.
Découvrez toutes les ressources du Collège de France :
https://www.college-de-france.fr
Suivez-nous sur :
Facebook : https://www.facebook.com/College.de.France
Instagram : https://www.instagram.com/collegedefrance
X (ex-Twitter) : https://twitter.com/cdf1530
LinkedIn : https://fr.linkedin.com/company/collègedefrance
[Musique] nous continuons avec le séminaire le séminaire suivant ce sera le 27 février hein donc dans 3 semaines c’est ça puisquil y a 15 jours 15 jours d’interruption et nous recevrons Frédéric lechterflac mais aujourd’hui c’est Guillaume Naveau que j’ai le plaisir de de de recevoir Guillaume Naveau est un ancien élève de l’cal
Supérieur agrégé de classique docteur en littérature comparée habilité à diriger des des recherches et il est professeur de de Cagne au lycée henri I donc il vient en en voisin la crème de la crème parmi les parmi les les professeurs de de de lycée mais c’est aussi un un grand
Chercheur en particulier sur l’Antiquité sur l’histoire sur l’histoire du théâtre car les recherches de Guillaume Naveau portent notamment sur le le théâtre et la philosophie de l’Antiquité à la première modernité en particulier dans les domaines anglais et et français il a édité en en Folio classique pour s’agit
Du domaine anglais et on est dans le aussi le rapport avec l’Antiquité il a édité le l’Utopie de Thomas morore très belle très belle édition pour ce beau texte de de Thomas Mor et puis il y a deux livres importants de livres importants de recherche que je vous
Recommande qui sont des livres assez fondamentaux le premier je crois que c’était la thèse Personna le théâtre comme métaphore théorique de Socrate à Shakespeare comment le le théâtre a servi de métaphore depuis la la philosophie platonicienne jusqu’à jusqu’à Shakespeare pour penser pour penser la la réalité pour penser pour
Penser le le monde et c’est vraiment l’histoire d’une imagein ici avec toutes les variations culturelles que cela peut que cela peut te comporter et puis le tout dernier euh en 2021 qui est issue de la thèse d’habilitation euh voir le théâtre voir le théâtre théories aristotélitiennes et pratiques
Du euh théâtre et donc là il s’agit de voir comment cette question de la vision justement euh est si importante pour Aristote contrairement à ce qu’on pourrait croire à ce qu’on a pu dire et c’est une nouvelle lecture de la Poétique d’Aristote qui est assez assez assez assez remarquable avec les
Influences que ça peut avoir dans l’histoire du du théâtre alors c’est vrai qu’avec persona on avait plutôt un livre très platonicien me semble-t-il avec le deuxième livre voir le théâtre on a un livre plus aristotéicien et c’est ce dialogue en quelque sorte en quelque sorte entre dialogue et et
Platon que nous propose Guillaume Naveau aujourd’hui ce dialogue d’ a il y a 2500 ans au bout du compte Guillaume navoau veut nous dire si le titre n’a pas changé par rapport à non qu’il a encore ce dialogue de l’importance aujourd’hui pour savoir comment lire et quelle place
Donner à la littérature le dialogue entre aristote et Platon pourra nous être utile et le titre donc de cette communication cette intervention cette conférence c’est celui-ci corriger annuler purger le mal dans la fiction résurgence d’un platonisme antiaristotélicien à toi gu avec un point d’interrogation avec un point d’interrogation voilà euh merci beaucoup
William pour ce cycle passionnant et puis pour m’avoir proposé d’y d’y intervenir donc comme le titre de l’intervention le laisse entendre je souhaite explorer certains antécédents de la résurgence contemporaine des débats sur la moralité de la littérature et de l’art dont témoigne une abondante production critique à commencé par la
Haine de la littérature de William Marx mais aussi des articles de journaux plus nombreux encore vous en lisez sans doute toutes les semaines et je prendrai comme point de départ un article de Laurent Carpentier et Aureliano tonet publié il y a 1 an dans le monde et intitulé vous le voyez quand
Les étudiants des boulon Godar coltes ou tekov l’article commence par évoquer un incident survenu à la Fémis l’école de cinéma bien connu lors d’un cours d’analyse filmique assuré par Nicole brenz qui est spécialiste notamment de cinéma expérimental à l’occasion d’une séance qui était consacrée à la manière
De conclure un film Nicole breinez avait choisi de projeter le film la fin du film sombre de Philippe grandriieux sorti en 1998 c’est un film radical dans sa forme comme dans la violence de son sujet lors de la projection certains étudiants semble-t-il un grand nombre quittèrent la salle puis diffusèrent quelques jours
Plus tard un mail collectif où il reprocha à Nicole brenez de ne pas avoir formulé explicitement de trigger warning c’està-dire d’AV tissement préalable indiquant que le visionnage était susceptible de réactiver des traumatismes chez certains étudiants et par ailleurs il formulettent aussi et c’est le point qui va m’intéresser leur
Refus d’une analyse formelle des œuvres cinématographiques je cite le viol n’est pas un motif narratif il n’est pas un pivot dramaturgique et lorsque les journalistes quelques semaines plus tard rencontrèrent Nicole brenez qui était manifestement très affecté par l’incident elle déclare dans ma génération on s’intéressait plus aux œuvres qu’aux gens je suis une
Formaliste j’ai été éduqué comme ça dans ce cas particulier le débat se structure assez nettement entre deux pôles d’un côté un formalisme institutionnalisé associé à la génération éduquée dans la seconde moitié du 20e siècle et de l’autre des courants antiformalistes d’émergenence plus récente et de fait le formalisme au
Sens large après avoir émerg en plusieurs étapes de l’art pour l’art post-romantique en passant par le formalisme linguistique russe de l’entre de guerre est devenu dans les dernières décennies du précédent millénaire hégémonique dans les théories occidentales de l’art notamment sous la forme du structuralisme cette hégémonie est pourtant assez récente à l’échelle de
L’histoire pour ne rappeler que deux exemples illustres on se souvient du procès en immoralité intenté en 1857 à Madame Bovary et aux fleurs du mar et de la censure partielle qui frappa le recueil de baudler les avocats de Flobert et baudler s’efforcèrent lors des deux procès de démontrer que même si
Les œuvres incriminées contenaient des scènes scabreuses au regard de la morale de l’époque l’objectif et l’effet ultime de ces deux œuvres n’en étent pas moins pleinement moraux autrement dit les avocats invoquèrent non pas l’art pour l’art mais l’exception de la catarcis morale sur laquelle je reviendrai au milieu du 20e siècle en
Revanche la la catarcis morale avait déjà été supplanté par l’argument formaliste comme en témoigne le reproche que Simon veille adressait en 1943 à André Gide et d’autres écrivains d’avant-gerre les écrivains ont une manière inadmissible de jouer sur les deux tableaux jamais autant qu’à notre époque ils n’ont prétendu au rôle de
Directeur de conscience et ne l’ont exercé en fait au cours des années qui ont précédé la guerre personne ne leura disputé et les savants la place autrefois occupée par des prêtres dans la vie morale du pays était tenue par des physiciens et des romanciers ce qui suffit à mesurer la valeur de notre
Progrès mais si quelqu’un demandait des conttes aux écrivains sur l’orientation de leur influence il se réfugiait avec indignation derrière le privilège sacré de l’art pour l’art sans aucun doute par exemple Gide a toujours su que des livres comme les nourritures terrestres ou les caves du Vatican ont eu une
Influence sur la conduite pratique de la vie chez des centaines de jeunes gens et il en a été fier il n’y a dès lors aucun motif de mettre de tels livres derrière la barrière intouchable de l’art pour l’art on pourrait tout aussi bien réclamer les privilèges de l’art pour
Lart en faveur du crime autrefois les surréalistes n’en étaient pas loin j’arrête ici la citation la manière dont Simon veille pose les termes du débat préfigure d’assez près on le voit les critique aujourd’hui adressé à l’excuse formaliste or la perspective de Simon veille est elle même tributaire de
Platon et plus précisément du platonisme chrétien tandis que l’approche formaliste relève quant à elle d’une perspective plus aristotéliicienne en développant une critique platonicienne de l’art pour l’art les écrits de Simon veille peuvent nous aider à cerner comment l’opposition entre platonisme et aristotélisme continue à irriguer les débats d’aujourd’hui disons d’emblé que
L’approche platonicienne apparaît à première vue comme une évidence de bon sens une fleur un coucher de soleil la statue d’une divinité Idéalist is sont en général considérés comme des objets beaux et plaisants en eux-mêmes tandis que le spectacle ou le récit d’un viol ou de tout autre crime odieux ne serait
À priori suscité de plaisir que chez un récepteur pervers pour paraphraser lesé colière que citait Hélène Merlin lors du 2è séminaire comment se fait-il que Zeus trompe erra alors que c’est interdit par le Coran c’est bien pourquoi Platon et bien d’autres après lui notamment Rousseau dans la lettre à d’Ambert
Considèrent les œuvres littéraires comme dangereuses en particulier lorsqu’elle relève des genres sérieux que sont la tragédie et l’épopée de fait on attendrait des héros épiques ou tragique des modèles de comportement dont puisse s’inspirer le public or tout au contraire Homer eziod et les poètes tragiqu nous montre non seulement des
Héros mais même des dieux qui sont gouvernés par des passions vicieuses ils enragent violent tuent ETM masculent leurs propres pèr dévorent leurs propres enfants achile et Ulis pleur niche comme des femmes et montrent toutes les signes de la plus intolérable faiblesse je viens ici de résumer à très grand trait
La fin du 2e livre et le début du 3e livre de la République de Platon d’après le Socrate de Platon toutes ces fables ont un effet nocif sur la société dans la mesure où William Mark le rappelait tout à l’heure les enfants de la Grèce apprennent la musique et la poésie avec
Homè et se trouvent imprégés de ces représentations fautives de la divinité et de l’héroïsme valoriser une telle poésie dès lors n’est-ce pas légitimée et favorisé dans la des conduites immorales voire criminelles et de fait une fois ces enfants devenus des citoyens adultes et cultivés lorsqu’ils débattent de questions philosophiques ou
Politiques ils appuyent volontiers leurs arguments sur des citations ou des maximes tiré des grands poètes doté d’une formidable autorité de la sorte la miméiste littéraire ne ferait pas que banaliser le mal elle irait jusqu’à l’excuser c’est ainsi que Gorgias dans son éloge d’héline notement paradoxal prétendait que si le roi des des dieux
Lui-même Zeus n’avait pas su résister à l’emprise de la passion amoureuse il était à forciori impossible pour Hélène de la vaincre et on voit qu’une telle argumentation conduit en fin de compte à une complète déresponsabilisation des agents éthiques tout cela fait du poète toujours selon le Socrate de Platon le
Plus dangereux des rivaux du philosophe politique et exige que la société y répondent par des mesures drastiques qui peuvent prendre deux formes la première forme pour les infractions mineures est la correction en grec di orthosis et l’omot grec lui-même formé sur la racine orthos révèle que cette correction est
De nature orthopédique l’objectif est de rectifier un propos jugé susceptible d’interprétation nocive en en changeant un mot ou deux pour le rendre conforme à la vérité philosophique on en trouve un exemple dans la vie du philosophe socratique aristible de sirène telle qu’elle nous est transmise par par
Dieugène laers Denis il s’agit de Denis de syraacuse le célèbre tyran lui ayant dit quiconque s’en va chez un tyran en est l’esclave même s’il y va librement c’est une citation d’une tragédie perdue de Sophocle aristiple le reprit en disant n’est pas esclave s’il y va librement d’autres attribuent ce mot à
Platon en citant cette maxime tiré de Sophocle le tyran réalise un très d’esprit véhiculant une menace à peine voilée il avertit le philosophe courtisan qu’il doit mesurer ses paroles et ses gestes s’il ne veut pas tester jusqu’où peut aller son pouvoir arbitraire le philosophe réplique en corrigeant la maxime afin de la rendre
Cohérente avec la vérité qu’il défend à savoir que le sage ne perd en aucune circonstance son autonomie bien bien entendu dans sa formulation originale la maxime de Sophocle ne saurait être considérée comme offensante ou perverse il n’en reste pas moins qu’elle fournit un exemple de sentence qui une fois décontextualisé est susceptible d’être
Lu comme posant une limitation à la liberté de l’agent éthique d’où la nécessité philosophique de la correction l’importance cruciale de cette opération de décontextualisation était déjà souligné par les avocats de Flobert ou baudler qui rappelèrent lors des procès que l’on ne saurait apprécier la portée d’une phrase ou d’un verre sorti de leur
Contexte en l’occurrence la phrase de Sophocle pouvait très bien être placée dans la bouche d’un tyran archétypal ce qui d’ailleurs ajouterait un degré de complexité supplémentaire au jeu mi ironique mi menaçant de Denis tiracuse il s’ensuit que l’autorité que la tradition confèt au poète ne saurait être transférée au contenu idéologique
De chacun de ces vers l’auteur est fort capable de se distancier de ces personnages voir dans un récit de la voix narrative ou octoriale et j’y reviendrai tout à l’heure si comme Aristote et ses successeurs on systématise dans l’analyse littéraire la distinction entre la voix octoriale et les différents énoncés du poème la
Correction devient moins nécessaire on peut imaginer par exemple d’avoir recours à une note de bas de page pour préciser que le contenu de l’énoncé est factuellement ou philosophiquement incorrect ou bien pour le contextualiser par rapport à l’époque de la rédaction du livre ou encore par rapport à l’éthos
Du personnage ou du narrateur qui formule cet énoncé mais la note de bas de page est dépourvue de l’autorité d’une citation d’où le choix de l’intervention directe sur le texte dont l’efficacité est plus immédiate ajoutons que des corrections de ce genre c’est-à-dire assez microscopiques ont depuis fort longtemps
Été opérés tacitement en particulier au cours des des processus de traduction et d’adaptation des œuvres littéraires à cette même place il y a un an Tifen samoyo a évoqué de manière relativement positive sous certaines conditions ses processus de retraduction qui rejoignent sous certains aspects les pratiques récentes du sensitivity reading Tiffen
Samoyo admettait néanmins que de telles corrections tacites aussi bien intentionné soit-elle demeurent inévitablement marqué par par les circonstances idéologiques qui les déterminent ce qui rend chaque adaptation tributaire des normes fort relatives propres à chaque épope un exemple en est fourni par le compte de la Belle et la Bête dont les réécritures
Etdulcorante ont été évoqué la semaine passée par William Marx et Jennifer Tamas en fin de compte le public d’aujourd’hui peut se trouver sincèrement persuadé que les comptes de fait de la première modernité transmettent une idéologie patriarcale dépassée voire nocive alors même que cette réduction est en réalité le résultat d’une série de corrections
Parfois à peine perceptible intervenu au fil de la transmission des textes bref pour rendre la Belle et la Bête à nouveau lisible sans doute vaut-il mieux nettoyer le compte des corrections qu’il a subi plutôt que d’entreprendre à nouveau de le corriger l’exemple de compte de fait qui endorme la raison comme le rappelait
William Mark la semaine dernière nous amène à la seconde stratégie qui dans une perspective platonicienne peut-être adoptée afin de lutter contre la nocivité d’une œuvre littéraire lorsque celle-ci apparaît intrinsèquement irréformable il l’fft en temp de l’annuler entièrement ce qui revient de la transférer de la maison de correction jusqu’aux oubliettes de l’histoire
Littéraire c’est ainsi commer après avoir été largement revu et corrigé au Livre 2 et 3 de la République de Platon finit au livre 10 par être expulsé de la cité idéale tout comme les tragédiens le seront au livre 7 des lois du même Platon sauf s’ils acceptent de se
Soumettre à la R use censure exercée par le gouvernement des philosophes bien sûr il n’y a aujourd’hui guerre de voie pour défendre une éradication complète de la littérature de fiction ou même de l’œuvre entière d’un auteur ce sort demeure généralement réservé aux œuvres jugées les plus irrémédiablement nocive lesquelles d’ailleurs se trouvent
Souvent relevé de la nonfiction tel les pampflets de Céline ou les journaux de Gabriel mzneev dans la haine de la littérature William Marx a néanmoins montré que ces réquisitoires en annulation d’inspiration nettement platonicienne ont trouvé et trouvent encore de puissants avocats pourquoi défendre une position si radicale
Comment a-t-on pu aller jusqu’à dire que c’est non seulement telle ou telle œuvre mais peut-être la fiction en elle-même qui est nocive et irréformable c’est en vérité que le seul héros fictionnel acceptable dans la perspective pédagogique de Platon serait le sage parfait mais Socrate lui-même observe au livre 10 de la République que
Ce sage parfait dénué de toute passion fait un fort mauvais héros de fiction d’abord parce qu’il est difficile à imiter et ensuite parce que les poètes préfèrent en général renoncer à leur mission pédagogique pour flatter avec complaisance les passions viles du public et je vais citer comme témoignage
De diffusion de l’argument et aussi pour la beauté de la langue la paraphrase de ce passage par Rousseau dans de l’imitation théâtral l’homme ferme prudent toujours semblable à lui-même n’est pas si facile à imiter et quand il le serait l’imitation moins varié n’en serait pas si agréable au vulgaire il
S’intéresserait difficilement à une image qui n’est pas la sienne et dans laquelle il ne reconnaîtrait ni ses meœurs ni ses passions jamais le cœur humain ne s’identifie avec des objets qu’il sans lui être absolument étranger aussi l’habile poète le poète qui sait l’art de réussir cherchant à plaire au
Peuples et aux hommes vulgaires se garde bien de leur offrir la sublime image d’un cœur maître de lui qui n’écoute que la voix de la sagesse mais il charme les spectateurs par des caractères toujours en contradiction qui qui veulent et ne veulent pas qui font retentir le théâtre
De crise de gémissement qui nous forcent à à les plaindre leur même qu’ils font leurs devoirs et à penser que c’est une bien triste chose que la vertu puisqu’elle rend ses amis si misérables c’est par ce moyen qu’avec des imitations plus faciles et plus diverses le poète aimeux et flatte davantage les
Spectateurs bref sur scène la vertu ennuie à moins qu’on ne la ridiculise comme le constate AMM Rousseau à propos du Misanthrope de Molière ce constat est à nouveau partagé par Simon veille dans un article intitulé moral et littérature rien n’est beau merveilleux perpétuellement nouveau perpétuellement surprenant chargé d’une douce et
Continuelle ivresse comme le bien rien est désertique morne monotone ennuyeux comme le mal il en est ainsi du bien et du mal authentique le Bien et le Mal fictif ont le rapport contraire le bien fictif est ennuyeux et plat le mal fictif est varié intéressant profond plein de séduction on pourrait d’après
Cela condamner en bloc toute la littérature pourquoi pas les écrivains et les lecteurs passionné criront que l’immoralité n’est pas un critère esthétique mais il faudrait qu’ils prouve ce qu’ils n’ont jamais fait qu’il ne faut appliquer à la littérature que des critères esthétiques c’est précisément à ce point qu’il faut faire intervenir Aristote à
La différence de Platon l’objectif principal d’Aristote n’est pas de réguler la rhétorique ou la poétique depuis extérieur en terme d’effets moraux ou politiques Aristote se focalise sur la compréhension du fonctionnement des œuvres en elle-même sans préjuger de l’usage moral ou immoral qu’on peut faire de césart au chapitre 13 de la poétique Aristote
Explique bien plus précisément que Platon pourquoi le sage parfait ne peut faire un bon personnage de tragédie son passage de la prospérité au désastre ne saurait produire dans le public l’effet propre de la tragédie à savoir la peur et la pitié mais seulement le dégoût envers l’injustice de cette chute
Réciproquement le héros tragique ne saurait pas non plus être entièrement pervers car dans ce cas faute d’empathie à son égard le public ne saurait être ému par son sort le personnage tragique le plus efficace c’est-à-dire le meilleur en terme poétique sinon en termees moraux euh se tiendra quelque
Part dans l’intervalle on le préférera plutôt bon que mauvais sans être cependant parfait et s’il commet quelque quelqu erreur d’appréciation fatale le conduisant à sa perte Aristote nous permett ainsi de comprendre pourquoi ce qui fait de Mader ou de faidre des personnages moralement vicieux à savoir ce qu’Aristote appelle
L’acratia l’absence de contrôle de la raison sur les passions est aussi précisément ce qui fait d’ell d’excellentes héroïnes tragiques elles excellent non pas dans la vertu mais dans l’effet tragique qu’elles sont susceptibles de susciter chez le spectateur et c’est également pourquoi la tragédie ne cesse de nous infliger
Des actes aussi monstrueux que l’inceste l’infanticide le paricide et ainsi de suite au chapitre 14 de la poétique Aristote déduit de façon quasi mathématique que de tels actes barbares accomplis entre membres d’une même famille dont on attendrait qu’ils agissent humainement les envers les autres sont les plus propres à susciter
Conjointement terreur et pitié c’est-à-dire les effets propres de la tragédie qui garantissent le plaisir du spectateur on saisit ici l’importance cruciale de la contribution de d’Aristote à la théorie de l’art occidentale contrairement à Platon dont les théories poétiques sont exposées essentiellement dans les traités politiques aristote a décorrélé finalités poétiqu et finalités
Politico-morales on peut certes lui reprocher dans le sillage de Simon veille de ne pas avoir prouvé la nécessité de ce divorce mais on ne peut paser la fécondité dans l’histoire de la critique littéraire de ce geste qui en se focalisant sur l’effet esthétique de l’œeuvre d’art c’est-à-dire sur le PLA
A ouvert la voix à l’approche structurale développée dans la Politique d’Aristote cette notion de plaisir est au cœur du problème et requiert quelques mots d’explication au livre 10 de la République Socrate exprime une apparente évidence lorsqu’il affirme que seul des poètes dépravés et cultivant par complaisance les perversions du public
Peuvent rechercher le succès en s’appuyant sur des passions et des actions vicieuses le plaisir que prend le public à de tel représentation ne saurait être qu’intrinsèquement pernicieux Aristote dans la poétique invite à corriger cette perspective la finalité de la tragédie c’est le plaisir du public il le dit à plusieurs reprises
Et Corneille choisit d’ouvrir sur ce point essentiel le premier de ces trois discours sur l’art dramatique ce que j’ai avancé dès l’entrée de ce discours que la poésie dramatique a pour but le seul plaisir des spectateurs n’est pas pour l’emporter riniètrement sur ceux qui pensent enoblir l’art en lui donnant
Pour objet de profiter c’est-à-dire d’être mort ement utile aussi bien que de plaire il est vrai qu’Aristote dans tout son Traité de la poétique n’a jamais employé ce mot ce mot c’est l’utilité une seule fois qu’il attribue l’origine de la poésie au plaisir que nous prenons avoir imité les actions des
Hommes qu’il préfère la partite du poème qui regarde le sujet c’est-à-dire l’intrigue à celle qui regarde les meœurs c’est-à-dire les caractères parce que cette première contient ce qui agrée le plus comme les agnitions c’est-à-dire les reconnaissances et les péripéties qu’il fait entrer dans la définition de la tragédie l’agrément du discours dont
Elle est composé et qu’il l’estime enfin plus que le poème épique en ce qu’elle a de plus que lui la décoration extérieure et la musique qui délecte puissamment et qu’étant plus courte et moins diffuse le plaisir qu’on y prend est plus parfait mais il n’est pas moins vrai Coras nous
Apprend que nous ne saurions plaire à tout le monde si nous n’y mêlons l’utile et que les gens graves et sérieux les vieillards les amateur de la vertu s’y ennuyeront s’il n’y trouvent rien à profiter ainsi quoi que l’utile n’y entre que sous la forme du délectable il ne laisse pas d’y être
Nécessaire l’utile n’y entre que sous la forme du délectable on ne saurait je crois mieux résumer qu’en cette formule le fait qu’Aristote inverse la relation de subordination que Platon avait établi entre l’utilité politico-morale et le plaisir de la fiction si à l’INSTAT de Corneille on lit bien la Poétique
D’Aristote il est évident comme on l’a vu avec meddeou fedre que les enjeux pratiques et éthiques de la TR tragédie ils sont évalués sous sous un autre jour que dans l’éthique anikomac puisqu’ils n’interviennent dans la poétique que comme ressort du plaisir proprement tragique qu’on cherche à susciter or
William Marx a bien montré dans la haine de la littérature combien certains théoriciens avait du mal à penser d’un plaisir qui soit innocent quand bien même il ne serait pas nocif le plaisir esthétique court toujours le risque d’être considéré comme superflu et ce qui est inutile à la société n’est
Jamais loin de devenir un dangereux supplément on dirait Rousseau que la société s’autorise au milieux un palliatif à des vis plus caractérisés comme l’écrit Rousseau dans la lettre d’alambert cela ne signifie pourtant pas que le public prenne nécessairement un malin plaisir à voir le malâ exploser sur scène comme le voudrait Platon alors
De quoi s’agit-il plusieurs éminents lecteurs contemporains d’Aristote tel Umberto eo ou Terence cave insiste sur la dimension cognitive du plaisir qu’expérimente le spectateur ou le lecteur de fiction d’autres préfèrent suivre la voix de l’édigmatique catarcis la purgation qu’on l’interprète à l’instar de William Marx dans le tombeau
Desdip en un sens physiologique et de fait c’est l’interprétation la plus probable dans le contexte intellectuel qui était celui d’Aristote ou bien en un sens plus spéculatif et esthétique à savoir le plaisir de l’oscillation entre l’immersion dans la fiction et la distanciation tel qu’il fut théorisé à
Partir du 18e siècle notamment par le philosophe écossais David HW on sait pourtant que pendant des siècles l’interprétation dominante de la catarcis fut moralisante cela contredirait-il ma présentation d’Aristote comme un formaliste bien au contraire comme le rappelle thesa chevrelet dans l’étude fondamentale qu’elle a consacré à la question de la
Catarcis chez les poéticiens italiens de la Renaissance vous avez la référence ici la catarcis morale a été inventé par un commentateur de la poétique qui s’appelait Vinceno Magi imprégné de platonisme chrétien et qui jugeait inacceptable que la finalité de la tragédie puisse être le plaisir et non l’utilité morale le succès éclatant de
La catarcis morale est donc celui à nouveau d’une correction orthopédique sous la forme d’une prise en otage d’Aristote par le platonisme chrétien ce n’est qu’au siècle dernier précisément à la faveur du développement des théories formalistes de la fiction qu’Aristote a progressivement été débarrassé de ces oripos platoniciens hérités de la
Renaissance italienne est repris ensuite par le classicisme français on pourrait donc formuler d’hypothèse que les sensitivity readers ou les appel à annuler des œuvres de fiction jugé nocive est moins un phénomène nouveau qu’un retour de la perspective platonicienne sur l’art perspective que le christianisme s’était très largement approprié et qui avait
Dominé presque sans partage la théorie littéraire occidentale depuis la Renaissance jusqu’à au moins le milieu du 19e siècle si l’on prend du recul lesp du formalisme pourrait bien constituer une sorte de parenthèse aristotélitienne assez brève au sein d’une histoire des théories de l’art qui demeure largement platonisante comme l’a
Montré par exemple Carole talon Hugon dans ses Essais moral de l’art ou l’art sous contrôle demeure toutefois une différence fondamentale entre le platonisme chrétien des 16e et 17e siècle et notre époque c’est qu’aujourd’hui il n’est plus guerre de théoricien pour sentir le besoin de réconcilier le formalisme Arist éicien
Et le moralisme platonicien cette exigence qui était au cœur du néoclassicisme a cédé la place à une attaque plus frontale et en définitive il faut bien le dire plus authentiquement platonicienne contre le formalisme quiillustre bien aussi bien les textes de Simon veille que la lettre ouverte des étudiants de la
Phémice en dépit du succès remporté à l’époque classique par cette manipulation qui est la catarcis morale peut-on être certain que tous les aut auteurs qui se sont référés à ce sauve-conduit les fait sans arrière-pensée ni ironie lattente en d’autres termes si plus personne aujourd’hui ne cherche à ranimer le
Cadavre de la catarcis morale est-on bien sûr qu’elle n’est pas depuis fort longtemps été à l’agonie Corneille au début de son second discours av vous ne pas comprendre comment elle peut fonctionner et n’y voir qu’une chimère Rousseau dans la lettre à Lambert en fait un paradigme de mauvaise foi qu’il
Exécute en quelques paragraphes dont je ne cite ser que deux phrases oseraiis-je ajouter un soupçon qui me vient je doute que tout homme à qui l’on exposera d’avance les crimes de Fèdre ou de mer ne les déteste plus encore au commencement qu’à la fin de la pièce et
Si ce doute est fondé que faut-il penser de cet effet siventé du théâtre en voilà déjà assez pour le réquisitoire explicite mais qu’en est-il des textes sans cesse cités à l’appui de la catarcis morale pour éclairer ce point je vous laisserai méditer faute d’avoir le temps de les commenter en détail deux exemples
Illustres le premier se trouve dans les dernières pages de la préface du rédacteur des liaisons dangereuses je ne reviens pas sur le jeu des masques énonciatifs mis en œuvre dans les paratextes qui ouvrent le récit un jeu typique des romans de la première modernité à commencé par don kishot à un
Bref avertissement de l’éditeur dont l’ironie va jusqu’au sarcasme est associé une plus ample préface du rédacteur attribué à l’homme censé avoir découvert la correspondance prétendument retranscrite comme souvent dans les préfaces réussies le rédacteur prend le lecteur à contrepied adoptant l’étos du Doct et appliquant avec un purisme scolaire les dichotomies héritées d’orace le
Rédacteur soutient de façon paradoxale que la correspondance forant l’ouvrage se recommande moins par l’agrément de l’intrigue et du style qui semble pourtant assez évident à n’importe quel lecteur lucide que par son utilité morale l’utilité de l’ouvrage qui sera peut-être encore plus testé me paraît pourtant plus facile à établir il me
Semble au moins que c’est rendre un service au meœurs que de dévoiler les moin les moyens qu’emploient ceux qui en ont de mauvaise pour corrompre ceux qui en ont de bonne et je crois que ces lettres pourront concourir efficacement à ce but on y trouvera aussi la preuve
Et l’exemple de deux vérités importantes qu’on pourrait croire méconnu en voyant combien peu elles sont pratiquées l’une que toute femme qui consente à recevoir dans sa société un homme sans meœur finit par en devenir la victime l’autre que toute mère est au moins imprudente qui souffre qu’une autre qu’elle et la
Confiance de sa fille les jeunes gens de l’un et de l’autre sexe pourraient encore y apprendre que l’amitié que les personnes de mauvaise Meur paraissent leur accorder si facilement n’est jamais qu’un piège dangereux et aussi fatal à leur bonheur qu’à leur vertu cependant l’abus toujours si près
Du bien me paraît ici trop à craindre et loin de conseiller cette lecture à la jeunesse il me paraît très important d’éloigner d’elle toute celle de ce genre l’époque où celle-ci peut cesser d’être dangereuse et devenir utile me paraît avoir été très bien saisie pour son sexe par une bonne mère qui non
Seulement a de l’esprit mais qui a du bon esprit je croirais me disait-elle après avoir lu le manuscrit de cette correspondance rendre un vrai service à ma fille en lui donnant ce livre à lire le jour de son mariage si toutes les mères de famille en pensent ainsi je me
Féliciterai éternellement de l’avoir publié mais en partant encore de cette supposition favorable il me semble toujours que ce recueil doit plaire à peu de monde les hommes et les femmes dépravées auront intérêt à décrire un ouvrage qui peut leur nuire et comme il ne manque pas d’adresse peut-être
Auront-ils cell de mettre dans leur partie les rigoristes alarmé par le tableau des mauvaises meœurs qu’on n’ pas craint de présenter plusieurs critiques lisent ce texte en se fondant sur des indices externes tirés de la production théorique de la clos comme une expression relativement fidèle des intentions de l’auteur oui les lisons
Dangereuses mettent en scène des personnages vicieux mais c’est pour les faire détester et servir l’édification du lecteur ur mais peut-on réellement prendre au sérieux le catéchisme auquel le rédacteur réduit l’enseignement du livre cela me semble assez difficile en considérant la suite du paragraphe cette bonne mère qui ressemble fort à Madame
De Volange curieusement instituée de lectrice idéale du livre paraît singulièrement miope entend-elle donner à lire à sa fille les leçons de Madame de Merteuil pour lui apprendre qu’un mariage arrangé est le seul moyen de bâtifoler enfin à sa guise avec les amants qu’elle ne saait épousé la dernière phrase du premier paragraphe
Produit avec sa naïveté satisfaite un effet proprement comique je crois que confirme à mon sens le rapprochement avec la fin de la dédicace de Justine ou les malheurs de la vertu de sad Saad il reprend la phrase éologie du rédacteur de la Clo en la plaçant dans la bouche
De l’ingénue Justine rédactrice supposée de cette dédicace adressée à sa bonne amie constance le procès du Tartu fut fait par des bigots celui de Justine sera l’ouvrage des libertin aurais-je réussi constance une larme de tes yeux déterminera-t-elle mon triomphe après avoir lu Justine en un mot diras-tu oh
Combien ces tableau du crime me rendent fier d’aimer la vertu comme elle est sublime dans les larmes comme les malheurs l’embellissent oh constance que ces mots t’échappent et mes travaux sont couronnés comme le rédacteur des liaisons dangereuses Justine imagine que ce ne sont pas les bigots ou les
Rigoristes qui feront le procès du livre mais bien les libertins furieux d’être démasqués la réception des deux romans prouvera évidemment le contraire et il semble difficile de se laisser abuser par ces étopé préfacielles surjouant la naïveté des votes mon dernier exemple sera la dernière page de la préface de la FRE de
Racine et je présente ici en trois alinéas ce qui ne forme qu’un seul paragraphe le dernier dans l’édition originale au reste je Doose encore assurer que cette pièce soit en effet la meilleure de mes tragédies je laisse au lecteur et autant à décider de son véritable prix ce que je puis assurer
C’est que je n’en ai point fait où la vertu soit plus mise en jour que dans celle-ci les moindres fautes y sont sévèrement punis la seule pensée du crime y est regardé avec autant d’horreur que le crime même les faiblesses de l’amour y passe pour de vraies faiblesses les passion N sont
Présenté aux yeux que pour montrer tout le désordre dont elles sont cause et le vice y est peint partout avec des couleurs qui en font connaître et haïr la difforité c’est là proprement le but que tout tout homme qui travaille pour le public doit se proposer et c’est là et
C’est ce que les premiers poètes tragiques avaient en vu sur toute chose leur théâtre était une école où la vertu n’était pas moins bien enseignée que dans les écoles des philosophes aussi aristote a bien voulu donner des règles du poème dramatique et Socrate le plus sage des philosophes ne dédaignait pas
De mettre la main aux tragédies de répide il serait à souhaiter que nos ouvrages fussent aussi solides et aussi plein d’utiles instructions que ceux de ces poètes ce ce serait peut-être un moyen de réconcilier la tragédie avec quantité de personnes célèbres par leur piété et par leur doctrine qu’il l’ont
Condamné dans ces derniers temps et qui en jugeraiit sans doute plus favorablement si les auteurs songeaient autant à instruire leurs spectateurs qu’à les divertir et s’ils suivaient en cela la véritable intention de la tragédie voilà bien l’exposé le plus canonique de la catarcis morale Fèdre tragédie au sujet apparemment le plus
Creux le plus cabreux il devient la plus vertueuse des pièces de racine dans ces effets sur le spectateur tout comme Molière Racine ferait l’anatomie du vis sur la scène pour nous en prémunir en en exposant les conséquences désastreuses dans une lecture biographique idéalisante Fère marquerait alors la réconciliation tardive de racine avec
Ses anciens maître de Port Royal hein ces personnes célèbres par leur piété par leur doctrine c’est-à-dire en fait Pierre Nicole avec qui racine disons plutôt avait vivement polémiqué pour défendre la lycéité de la fiction dramatique et romanesque c’est dans une telle perspective de lecture que s’inscrit sans surprise Simon veille
Dans un texte rédigé en 1941 les écrivains n’ont pas à être des professeurs de morale mais ils ont à exprimer la condition humaine or rien n’est si essentiel à la vie humaine pour tous les hommes et à tous les instants que le bien et le mal quand la littérature devient par partie prix
Indifférente à l’opposition du bien et du mal elle trahit sa fonction et ne peut prétendre à l’ excellence racine se moquait des gens sénistes dans sa jeunesse mais il ne s’en moquait plus en écrivant Fèdre et Fèdre et son chef-dœuvre la préface de Racine vaudrait ainsi palinodi racine serait
Enfin venu à récipissance comme le confirmerait son retrait jusqu’à sa mort de la scène profane mais racine imaginait-il vraiment convaincre Pierre Nicole rien n’est moins sûr si l’on se penche sur le passage central du paragraphe dans lequel racine évoque l’un des deux modèles antiques de sa Fèdre à savoir herpide singulière réécriture de
L’histoire je vous remets le passage singulière réécriture de l’histoire Socrate devient le collaborateur de ripide leurs drames sont régulés par Aristote et le théâtre devient une école de vertu digne de celle des philosophes en vérité on l’a vu dans toute la première partie de cette intervention les choses sont fort différentes comme
Le confirme aussi une autre anecdote transmise par dieugène laers où Socrate préfigure Adel Enel à la cérémonie des Césars lorsque ripide dans son nogess dit à propos de la vertu mieux vaut laisser cela et le livré au hasard Socrate se leva et sortit en disant qu’il était ridicule de laisser ainsi la
Vertu sen aller au diable alors même que lorsqu’on arrive pas à mettre la main sur un esclave on juge bon de le chercher partout pour parvenir à sa version écuménique et irénique du théâtre antique racine déforme en fait le sens de la légende ancienne qui faisait de
Ripide un disciple des sophistes et des philosophes car il faut il faut bien voir que dans l’Antiquité cette association avait pour objectif non pas de justifier rpide mais bien de l’accuser c’est ainsi qu’Aristophane présente certes eurpide comme un épigone de Socrate mais dresse dans les nué un
Portrait au vitriol de Socrate en siste sans scrupule les tragédies de ripide autre cible privilégié d’Aristophane témoignent alors non pas de la bonne mais de la mauvaise influence du philosophe sur le tragédi on voit dès lors combien la rhétorique de Racine est tendancieuse et paradoxale racine renverse la signification d’une
Rumeur qui apportait en vérité de l’eau au moulin de l’immoralisme prétendu de ripide immoralisme particulièrement évident dans une pièce comme Fèdre c’est ainsi que dans les grenouilles d’Aristophane au cours du débat opposante eurripide à échile ce dernier s’écrit sous le coup de l’indignation mais au nom de zezeus je n’ai jamais moi
Composé de F Perre de bordel racine et ses maîtres connaissaient évidemment ces textes au point que la réappropriation sauvage de Socrate opéré par Racine pourrait presque sonner comme une ultime provocation à l’égard de Nicole le conformisme revendiqué par Racine ne serait alors qu’une façade comme le suggère incidemment prou au fil d’un
Article sur baudler dans les préfaces des classiques les allusions aux anciens sont généralement pour se défendre d’un reproche on ne peut s’empêcher de sourire en voyant toute l’antiquité témoigner dans la préface de Fèdre que Racine n’a pas fait de tragédie où la vertu soit plus mise au jour que dans
Celle-ci et Racine cet habile homme de regretter aussitôt de n’avoir pas pour juge Aristote et Socrate qui reconnaîrait que son théâtre est une école où la vertu n’est pas moins bien enseignée que dans les écoles des philosophes peut-être Baudel est-il plus sincère dans la pièce liumminire au lecteur hypocrite lecteur mon semblable
Mon frère et en tenant compte de la la différence des temps rien n’est si budelien que fdre suivant cette lecture à l’instar du rédacteur de la Clo racine adopterait le masque du dévau orthodoxe défendant son œuvre pour son utilité didactique et transmutant par avance les accusations d’immoralité qui ne manqueront pas de
S’abattre sur lui comme elles se sont jadis abattu sur l’hippolyte de ripide et comme prou lui-même les Redoute pour Sodome et Gomorre qu’il s’apprête à publier précisément au moment où il rédige cet article sur botler cette instabilité de la voix octoriale jusque dans les paratextes qu’elle revendique en son nom propre
Platon n’hésitait pas quand cela pouvait l’arranger à l’ignorer Aristote et la tradition aristotélicienne furent les premiers on l’a dit plus haut à opérer cette distinction entre l’auteur et les différentes voies qu’ l’emprunent distinction fondamentale bien plus opératoire que celle entre l’homme et l’artiste et qui marque pour reprendre
Une formule de Jean-Baptiste Amadieu la différence entre une approche rhétorique et une approche poétique de la littérature cette distinction demeure sans doute une invitation à une lecture active et critique des créations de l’art qu’il s’agisse des fictions les plus dérangeantes ou des professions de fois octoriales les plus conformistes du
Moins à première lecture merci pour votre attention [Applaudissements] merci euh Guillaume Naveau pour cette conférence qui était vraiment remarquable et qui je crois a réussi à tracer des perspective assez passionnante entre l’actualité la plus brûlante de phénomène de oui de de censure contemporain et avec ce qui se passait
Il y a 2500 ans ou bien dans les siècles ou bien dans dans les siècles classiques moi je croise assez à quelque chose que tu as dit au cours de de de la communication à savoir que nous avons à certains égards vécu dans les deux derniers siècles une époque assez bénie de
Formalisme alors qu’ n’a pas été sans mal he puisqu’il y a eu des proc il y a eu tout n’a pas été paradisiaque et é déénique mais c’est vrai qu’il y a eu un un moment de la littérature et de l’art qui a eu ses ses ses prémisses on peut
Le voir même dès le dès le le 17e siècle en quelque sorte des égards par l’établissement de de de de de communautés comme les académies on peut parler de phénomènes esthétiques sans trop regarder les les questions les questions morales en laissant un peu de de côté en tout cas faire faire des
Phénomènes esthétiques quelque chose qui est le critère même du du jugement dans l’académie et puis arriver à ce qu’on on appelle avec Pierre Bourdieu le le le phénomène de l’autonomie de l’art du champ du champ littéraire par exemple où on ne on examine dans le dans les productions artistiques que les
Phénomènes esthétiques avec des ces seuls enjeux qui sont qui sont pris en compte on a l’impression qu’on qu’on élabore qu’on est sorti un peu de de là je voudrais juste et je te laisse la parole eu certains d’entre vous ça pe que j’ai participé à un débat autour
D’une petite polémique autour du du Printemps des poètes et et j’ai vu dans une émission de radio j’avais mentionné l’idée que N nous sortions en quelque sorte que cette époque d’autonomie de la littérature me paraissait une époque assez bénie justement parce que c’est une époque qui permet la liberté et
Cette question la liberté n’est n’est est rarement euh rarement proclamé par par les ceux qui souhaitent la la censure justement et j’ai vu dans les commentaires qui ont été faits commentaires qui ont été fait dans sur l’émission par des qu’en fait on disait ah ben que moi-même j’avais
Parler d’autonomie de l’art et et la personne qui était plutôt partisan des phénomènes de de censure entre guillemets disait on croit rêver l’autonomie de l’art c’est c’est ça lui paraissait totalement absurde aujourd’hui à des jeunes oui des jeunes poètes des jeunes artistes peut-être ceux qui ont fait la phémice là l’idée
D’une autonomie de l’art qui a été quand même très fondatrice dans le développement de notre expérience littéraire et artistique c’est quelque chose qui semble désuet et obsolète et j’avoue que ça me chagrine et ça m’inquiète énormément je sais pas ce que tu en P oui j’essaie de penser ça alors
Je pense qu’il y a des phénomène de génération effectivement mais j’essaie de de conceptualiser un petit peu tout ça la perspective de Platon elle est morale mais elle est surtout politique enfin je pense que c’est important de voir que ces enjeux moraux sont en fait englobé dans des enjeux politiques et
Même si le formalisme effectivement a dominé on va dire plus ou moins à partir de la la fin du 19e et le 20e siècle le formalisme n’a jamais cessé d’être attaqué je pense je pense à un exemple qui est quand même assez éclairant c’est la Russie de l’entre de
Guerre où en fait le formalisme a commencé par être exalté comme une forme d’avant-garde d’Art Nouveau bon qui permettait de passer à une nouvelle étape et qui quand même assez rapidement a été dénoncé comme un formalisme petit bourgeois et donc le il y a eu une reprise de contrôle politique bon
Illustré notamment par le procès de chostacovic et cetera où la critique du formalisme alors qui n’était là pas enfin qui n’était pas strictement d’inspiration platonicienne mais qui ce qui se faisait du point de vue du politique a été justement développé formaliser parce qu’on peut formaliser une critique aussi de manière très
Précise et donc c’est vrai que c’est ça me semblait intéressant de commencer par cet exemple de de j’aiéass pas réussi à mettre la main sur la totalité de la de la du du mail des des étudiants parce que ça m’aurait vraiment intéressé de de d’étudier leurs arguments plus en détail
Que que des extraits qui en sont donnés mais parce que ce sont des gens qui se destinent à la création euh à la réalisation à l’écriture à la mise en scène de d’œuvres de fiction et donc de toute évidence il ne conçoivent pas cette ce futur travail ou cet artisanat
Comme une la création effectivement d’un objet indépendant donc est-ce qu’ils ont justement une conception politique extrêmement engagé nécessairement engagé c’est pas impossible euh la la dimension politique du théâtre par exemple a été beaucoup soulignée par certains certains essais récents au point que d’autres trouvent nécessaire de d’écrire aujourd’hui des des essais contre contre
Le théâtre politique contre cette espèce de nouvelle Vulgate qui veut que tout art soit politique donc voilà je pense qu’on est dans ce dans ce moment là peut-être tu rappelais la la position je dirais les positions de Simon veille qui m’a paru intéressant très platonicienne à bien des égards sauf à ce moment-là
Dans la dernière situation que tu as faite où elle dit qu’au bout du compte même si alors même si le mal est ennuyeux le bien même si le bien est ennuyeux dans la fiction et là ça m’a rappelé imancablement la l’incipite d’Anna carenine de Tolstoy les familles heureuses se ressemblent mais chaque
Famille malheureuse l’ à sa façon et donc effectivement il vaut mieux raconter le malheur parce que c’est il y a plus de diversité plus de variété donc on s’ennuie moins que dans le que dans le bonheur et combien de gens préfère lire l’enfer de de Dante et ne lisent
Pas le paradis qui pourtant est très bien je recommande enfin parce que ça paraiss ça paraît beaucoup plus ennuyeux et effectivement c’est peut-être plus plus monotone à bien à bien des à bien des égards mais elle dit quand même dans la dernière citation que tu as faite
Simon veille euh que l’art a quand même pour vocation d’exprimer la condition humaine et donc exprimer la condition humaine comment le faire sans parler du mal sans représenter bah voilà des morts des meurtres des vices des viols et cetera et c’est c’est c’est c’est cette est-ce qu’il y a une contradiction dans
La position de Simon Ve ou est-ce que c’est une évolution est-ce que c’est non je pense pas c’estàd que bon déjà ce que tu disais sur la la première phrase d’c rinoui puis c’est aussi le le proverbe français les gens heureux non pas d’histoire finalement donc voilà et ça
Platon le et Socrate le constate et s’en désole et donc c’est aussi l’une des raisons pour laquelle la littérature de fiction de plaisir et cetera est banni oui alors effectivement mais en fait c’est la perspective je crois sur le bien et le mal qui est importante c’estàdire que par exemple dans ce dans
Ce même texte c’est un texte assez incroyable que j’ai découvert d’ailleurs il y a assez peu de temps en préparant le l’intervention en cherchant justement des des formulations du 20e siècle de des critiques platonicienne de l’art pour l’art et je suis tombé là-dessus et dans cette dans l’article moral et
Littérature Simon veille balaye à peu près toute la littérature européenne du 16e siècle à nos jours et sauve une douzaine d’œuvres parmi lesquelles quelques pièces de shakespire et parmi les pièces de Racine elle sauve uniquement Fèdre c’estàdire que probablement parce qu’elle estime que d’enfèdre les enjeux de lutte entre le
Bien et le mal sont présentés de manière suffisamment et clairement morale moi je suis pas du tout d’accord avec ça je pense qu’elle elle lit naïvement la préface et je pense pas que Fère soit une pièce qui marque de ce point de vuel un tournant dans l’art de dans l’art de
Racine mais voilà elle ne sauff typiquement que Fèdre de toutes les tragédie de Racine donc c’est probablement la perspective clairement édifiante qui serait celle de Fèdre qui permettrait pour Simone veille de sauver Fèdre à la différence des autres tragédies de Racine h tu parlais des des phénomènes
De sens sur ou de ou de vouloir mettre disons la littérature sur le lit de Procuste d’une idéologie politique donc effectivement dans dans certains régimes politiques il y a cette volonté là il il y a un autre autre condition ou une autre raison de la censure c’est de
Considérer que le lecteur qu’un certain type de lecteur ou tous les lecteurs ça ça dépend sont des mineurs son-à-dire sont incapables de tirer un un sens adulte en quelque sorte de de l’œuvre et Rousseau prend le cas dans lesmil ou l’éducation il prend le cas de
De de de la fable du corbeau et du renard disant que au bout du compte ce n’a aucun intérêt de faire apprendre à un enfant la FA du corbau de renard parce qu’au bout du compte l’enfant va s’identifiier nécessairement au renard au trompeur plutôt qu’à celui qui est
Qui est trompé donc la la leçon ne sera mal sera mal comprise mais quand s’est-il au bout du compte c’estàd que c’est c’est considéré c’est considérer que le lecteur alors ici c’est l’enfant serait incapable de tirer la bonne leçon d’un d’un d’un d’un d’un texte et on
Sait bien que actuellement en France où il y a liberté du merci de de parole et d’expression qui est à peu près complète hein heureusement en revanche pour les publications destinées à la jeunesse c’est le seul endroit où il y a euh un regard par le pouvoir par l’autorité et
Du reste confié bizarrement au ministère de l’Intérieur et non pas au ministère soit de l’éducation nationale soit de la culture ce qui sera quand même plus légitime à mon sens mais c’est le ministère de l’Intérieur qui exerce ce droit de censure sur les publications destinées à la à la jeunesse parce qu’on
Considère que ces lecteurs là sont mineur bon c’est un moindre mal mais dans beaucoup de censure actuelle fa de phénomèn de qui se rapproche de la censure en fait on a l’impression que c’est tout lecteur qui serait mineur qu’ n’y a plus de capacité de d’autonomie
Par rapport au texte et de et de pouvoir en en faire en tirer un son bien ouis c’est c’est un point tout à fait essentiel et en fait bon Platon donc dans sa perspective politique pense en pédagogue c’estàdire que les philosophes pensent toujours d’abord au lecteur enfant et après effectivement comment
Ces lectures d’enfance en fait c’est les enfants à les voir été autorisé à assister aux tragédies de ripide et de Sophocle dans l’Antiquité donc voilà ça commençait très jeune euh il pense en pédagogue oh là là mais mon Dieu qu’est-ce que qu’est-ce que ces représentations vont vont donner sur sur
Des adultes donc effectivement les philosophes rois les philosophes gouvernants de Platon sont des sont des sont des pédagogues mais ces enjeux-là sont conservés encore au 18e siècle parce que on voit bien que par exemple dans la préface du rédacteur de la clos il envisage les différents types d’utilités en fonction de l’âge des
Lecteurs aussi c’est-à-dire que va apprendre une mère que vont apprendre les jeunes gens des deux sexes et il y a même cette question qui est posée à quel âge peut-on autoriser la lecture du livre donc en fait je pense que cette cette question là est absolument essentielle et en fait nous on a
Probablement tendance à considérer que à partir de je ne sais pas 16 ou 17 ans on peut lire à peu près n’importe quoi mais en fait c’est c’est c’est tout à fait discutable et ça a été discuté et c’est discuté d’ailleurs par les auteurs eux-mêmes dans leur dans leur préface
C’est ce que fait c’est ce que fait la clou sans doute ironiquement je pense mais c’est c’est un enjeu absolument essentiel à quel âge peut-on donner un lire à lire un livre un lire à quelqu’un tout cas moi je crois très important et je t’en félicite cette réhabilitation il n pas
Besoin de l’être d’Aristote comme étant le le penseur fondamental pour comprendre la littérature et et et l’art j’en ai un autre exemple notre auteur un poète qui qui me sur lequelle j’ai beaucoup travaillé et et qui est un un immense poète anglophone qui est éiot était un aristotélitien convaincu de ce
Point de vue-là c’est-à-dire que l’idée que c’était l’idée que la la forme dans les poèmes était essentielle et c’est et alors même qu’Aristote était politiquement réactionnaire euh religieusement là aussi très conservateur anglo-catholique et cetera il néanmoins professait pour les œuvres poétiques les œuvres littéraires quel qu’elles soit une très grande liberté
Une très grande latitude parce qu’il était convaincu que au bout du compte les les œuvres faisait leur chemin de manière tout à fait imprévue à l’intérieur des à l’intérieur des des des des dans dans la dans la psychée des des lecteurs et donc TS Elliott si réactionnaire et conservateur qu’il
Était a défendu Juna barns qui était une poétesse écrivaine lesbienne il a défendu James Joyce qui était accusé pour pornographie obscène obscénité parce qu’il trouvait que c’était absolument fondamental et au bout du compte les les textes sont une chose mais la façon dont c’est’est lu est et et est évidemment c’est pas une
Application directe de ce qu’on voit de de ce qu’on voit dans les texes c’était de ce point de vue là un aristotélicien absolument absolument convaincu je vrais terminer sur une dernière question toi en tant que enseignant donc en classe opératoire as-tu confronté à des phénomènes un peu comme à l’apémis
Ou et que que proposes-tu comme type de réaction ce type de non ENF ça dépend des années ça dépend des classe il y a des lecteurs en fait je je me rends compte que avec les classes ouvertes et curieuses ça se passe bien mais parfois il y a certaines
Années des gens qui arrivve avec effectivement des préconceptions c’est sur ce que doit leur apporter la littérature c’estàd que ils ne sont pas prêts à ce que la littérature leur apporte quelque chose à laquelle il n’adhère pas par avance donc je pense c’est une question d’ouverture ou de fermeture d’esprit euh
Voilà je je dirais ça comme ça et si on a une effectivement une espèce de le terme de militantisme serait serait exagéré euh mais de de croyan de de voilà de oui quand même si militantisme et cetera et donc on va être choqué mais c’est la
Même chose que ce que dit Jennifer Tamas à propos des femmes de l’Ancien Régime c’estd ah mais comment c’est comment est-ce possible de traiter les femmes de cette manière et cetera et donc une espèce de de réaction de rejet à priori des œuvres qui du coup ne permet pas
D’entrer dans leur complexité et de dire voà mais pourquoi ça apparaissait à ce moment-là dans quelle intention est- fait enfin c’est c’est l’exemple basique de la de la citation de sopocle c’estàd une maxime immorale tout dépend quand même dans la bouche de quel personnage elle est mise si le personnage est
Détestable ben dans ce cas-là ça c’est c’est quand même on voit bien que l’auteur ne partage pas le le point de vue mais c’est vrai que les étudiants sont plus ou moins euh veulent plus ou moins enfin sont plus ou moins prêts à mettre entre parenthèses leur a priori
Pour essayer de de rentrer dans cette complexité des voix je pense que cette notion de complexité des voix est vraiment essentielle il ils y sont plus ou moins sensibles peut-être que le peut-être que l’enseignement je ne sais pas peut-être que le la manière dont la littérature est enseignée dans le
Secondaire dans le secondaire la littérature est une matière au même titre que l’éducation civique donc euh il y a peut-être aussi une confusion alors qu’en vérité il y a pas il y a pas vraiment de point commun entre l’une et l’autre discipline très bien donc lisons Aristote et écoutons Guillaume Naveau
Voilà merci Guillaume merci à [Applaudissements] [Musique] toi