Dans les cabinets, le numérique bouleverse les pratiques et dynamiques quotidiennes. Télémédecine, prise de rendez-vous en ligne, dossier médical informatisé… autant d’innovations qui ont des répercussions directes sur l’accès aux soins et le partage des informations de santé.
Lors de l’événement Numérique en Commun[s], 5 porteurs et porteuses de projets innovants ont pitché pour donner un aperçu de l’ampleur des enjeux : amener la médiation numérique dans les structures de santé, rendre les patientes et patients acteurs de leur parcours de soin, développer des logiciels de e-santé ouverts, exploiter des données de santé à des fins de recherche, comprendre la sécurité numérique en santé, ou encore améliorer l’accessibilité !
AVEC :
▶ Les permanences numériques en hôpital psychiatrique par Philippe-Claude Sagnes, médiateur numérique du PIMMS de Donzère
▶ L’application de suivi thérapeuthique AT-PrEP par Raphaël Jacquinot, chargé de mission information thérapeutique à Actions-Traitements
▶ Les solutions de gestion open source d’e-santé Toobib, par Charles-Henri Decultot, développeur de solutions au sein d’InterHOP
▶ La cartographie des inégalités de santé Bruxelles Malade par Catherine Joie, journaliste
▶ L’escape game Sant’Escape par Auriane Lemesle, référente régionale Sécurité des Systèmes d’Information au GRADeS Pays de la Loire.
… Bonjour à tous. Moi, je suis Garlane Nison, et je co-anime cette session de pitch avec Arthur Dauphin, France Asso Santé. L’idée, en fait, c’est de partir, pour ceux qui ne sont pas forcément très au fait de ce que peut apporter le numérique en santé. Qu’est-ce que ça veut
Dire le numérique en santé ? On vous a fait un petit panel un peu de projets, de retours d’expériences qui permettent, effectivement, de vous donner un focus, on va dire, assez large sur des enjeux et des éléments du numérique en santé. Donc on va être autant sur le parcours,
Enfin, la santé vue par le patient, par la médiation numérique, mais aussi sur des enjeux en termes de sécurité, en termes de pilotage par la donnée et de logiciels libres aussi. Donc on a essayé vraiment d’être le plus large possible. Donc cette session de pitchs de projets, elle s’inscrit dans un
Parcours que vous pouvez suivre entièrement dédié au numérique en santé sur ce NEC. Normalement, on est censé commencer par le pitch, mais on a triché parce qu’il y a déjà eu un retour d’expérience ce matin. C’est les joies de la programmation. Et donc ce soir, après ce pitch à 17h15,
Si vous le souhaitez, il y a aussi une masterclass où on va aborder, justement, des sujets, en fait, quelles sont les gros enjeux, les grands enjeux du numérique en santé. Donc on va parler d’éthique, on va parler de data, on va parler d’enpowerment, et oui, je l’ai placé, et d’accompagnement.
Donc avec vraiment quatre intervenants de qualité. Et puis, demain matin, avec un animateur de qualité, nous allons co-animer un atelier, justement, pour essayer de s’approprier ces enjeux de santé et de numérique en santé, bien entendu. Et comment on va pouvoir les rendre intelligibles, faire un travail un petit peu de vulgarisation
Autour des grands enjeux. Et qu’est-ce qu’il faut garder en point de vigilance pour, en tant que patient, en tant que médecin, en tant que professionnel de santé, donc essayer d’aboutir, d’au moins, peut-être pas à quelque chose de finalisé, mais on aimerait pouvoir aboutir une sorte de document qui permettrait, effectivement, d’amorcer cette
Médiation numérique en santé. Et puis, on terminera par un retour d’expérience à 11h15 sur trois projets, qui sera peut-être un tout petit peu plus orienté médico-social, parce que quand on parle de santé, on parle aussi de médico-social. Tout ça pour vous dire que, moi, personnellement, donc je travaille dans la médiation numérique
Depuis une quinzaine d’années, je me suis intéressée aux questions de santé un peu par hasard, juste avant le confinement, c’était comme ça, c’était sympa. Et quand, donc, moi, issue de la médiation numérique, quand je parlais de santé, je parlais vraiment dans le vide, jusqu’à il y a peu. Donc c’est vraiment un
Sujet que les acteurs de la médiation numérique ont du mal à se… Ils ont du mal vraiment à s’emparer de ces sujets-là, et des fois, de l’autre côté, les acteurs de la santé, ont aussi parfois du mal à s’emparer des sujets de santé. Donc on a du chemin à faire, il va
Falloir qu’on apprenne à se connaître. Et pour vous signaler aussi, en avant-première, parce que je crois qu’il est sorti tout frais, la revue santé numérique, la revue des NEC locaux, qui vient juste d’être… Vous devez pouvoir la trouver dans l’entrée si ça vous intéresse avec des retours et des… Pardon ?
Elle est en ligne… Alors, je l’ai dans ma boîte mail je ne sais pas si elle a été publiée officiellement, mais je pense que oui. A mon avis, s’ils l’ont en papier, ils l’ont… Donc tout ça, c’était pour faire l’introduction, maintenant je me tais. Surtout pas, Garlane. Merci.
Merci pour l’introduction, et du coup, pour accueillir notre premier pitch, c’était important, au cours du panorama qu’on va dresser, là, avec les différents projets, que vous puissiez bien saisir les enjeux de la santé, comment ils sont transposés dans le numérique, comment tout ce qui se passe dans la santé
Comme outil aussi digitaux est nourri ou alors pose de nouveaux enjeux ou questionnements liés au numérique. Et donc, pour commencer ce panorama, on a débuté au plus près du patient, finalement, qui est l’utilisateur de certaines solutions et qui est au coeur, en tout cas, ou qui doit être vraiment au
Centre du système de santé. C’est un peu la dynamique. Donc, pour ce faire, on va avoir Raphaël Jacquinot, de l’Association Action Traitements, que jai l’honneur d’accueillir, qui est en plus membre de France Assos Santé et qui va nous présenter une application qui, du coup, est vraiment au service du patient une innovation digitale,
Au service d’une innovation médicale, et donc, c’est quelque chose qui est assez important. Donc, Raphael, la parole est à toi. Bonjour à toutes et à tous. Merci déjà de m’accueillir pour ces sessions pitchs. Donc, moi, je vais vous parler d’AT-PrEP, qui est une application qu’on a sortie cette année avec mon association
Action Traitements. Mais pour ça avant, je vais quand même vous présenter l’association Qu’est-ce que c’est, la PrEP, de quoi on parle, et enfin l’application en elle-même. Donc, Action Traitements, c’est une association de lutte contre le VIH, qui a été créée en 1991 par des personnes qui ont,
Ou en tout cas, avaient le VIH, et qui avait quand même pour but premier de s’informer de ce qui se passait dans les années 90 en termes de recherche et vraiment sur l’idée de savoir égal pouvoir, donc c’est vraiment le slogan un peu fort de tout ça. Et donc, depuis, ça continue,
On a décliné tout ça, entre écouter, informer, accompagner et défendre les personnes vivant avec le VIH, sous plein de… de parapluies différentes, on va dire, entre l’accompagnement individuel et des ateliers collectifs, de l’organisation de webinaires, de colloques et de congrès. Aussi des formations, des études aussi, et des actions de
Plaidoyer, parce qu’en fait, on a beau faire tout ce qu’on veut, il faut quand même aller défendre son bout de gras auprès des pouvoirs publics, non pas que pour avoir de l’argent, mais pour avoir des lois efficaces et des choses comme ça. Et aussi, tout un tas d’outils qui ont
Été créés dès le début de l’association, papier et numérique, qui ont été un peu une des premières assos à avoir un site web dans les années 90. Alors, la PrEP, qu’est-ce que c’est ? C’est quelque chose que quand on est en dehors du monde du VIH on ne connaît pas forcément,
Et même dans la santé quand on n’est pas en infectiologie, généralement, on ne connaît peu. La PrEP, c’est un outil essentiel dans la lutte contre le VIH qui existe depuis bientôt une dizaine d’années, qui, en fait, c’est un traitement préventif à base de 1 cachet par jour à peu près,
Il y a plusieurs modalités, mais voilà, un cachet par jour, et ce qui fait qu’on n’attrape pas le VIH. Donc, c’est un peu une des dernières révolutions dans le monde de la recherche en infectiologie, c’est qu’aujourd’hui, on sait prévenir l’infection au VIH, qui n’est toujours pas soignable et qui concerne, quand même,
À peu près 300 000 personnes en France au total. La PrEP est disponible en France depuis 2016 et depuis 2012 aux États-Unis. Ce qui est très important à savoir, c’est que c’est pris en charge à 100 % par la sécurité sociale et que c’est accessible chez son médecin généraliste,
À l’hôpital, dans les CJID, tous ces endroits-là, où on peut avoir des soins. Aujourd’hui, on est à 45 000 utilisateurs et utilisatrices en France, utilisateurs et utilisatrices, mais il faut savoir que les femmes représentent à peu près 3 % des personnes qui prennent la PrEP et dans la majorité des personnes qui
L’utilisent sont les hommes gays de à peu près 30 ans, grossièrement. C’est ça, la population phare. Mais il faut savoir que, majoritairement, aujourd’hui en France, le VIH touche aussi énormément les femmes. A 50 %, les femmes sont les personnes qui ont le plus de VIH
Dans le monde, à plus de 50 % même. Donc c’est quand même un enjeu encore qui reste à combler et dans lequel on travaille avec toutes les associations en France et dans le monde, à essayer de pousser justement l’accès à la PrEP là-dedans. Et donc nous, qu’est-ce qu’on a fait pour essayer d’accelérer,
Enfin de proposer quelque chose pour amener les gens vers la PrEP ou en tout cas leur permettre de rester dans le soin. C’est quand même ça qui est important. Le but premier, c’est qu’en fait, la PrEP, ça fonctionne et c’est efficace et c’est parfait. Si on prend bien son cachet,
C’est un peu comme n’importe quel traitement. Si on prend bien ces antibiotiques pendant une semaine, on est soigné et il n’y a pas de problème. Et du coup, c’est vraiment le point essentiel qui est la base de notre application. Ça a été de réfléchir, justement,
Comment faire en sorte que les gens aient une bonne observance, ce qu’on appelle l’observance. Donc la base, c’est des rappels avec des notifications, des alertes pour les traitements. Donc ça, c’est vraiment le BABA pour dire, pour un peu harceler le patient en disant, « Hey, n’oublie pas ton cachet,
N’oublie pas ton cachet. » Sachant que ça, en fait, on peut très bien le faire juste avec une alarme de téléphone. Ça marche plutôt bien. Je connais beaucoup de gens qui le font. Et c’était d’ailleurs quand on a fait nos enquêtes, c’était un peu le truc de base.
Et du coup, on s’est dit, il faut qu’on aille un peu plus loin que juste des alarmes. Il faut aussi que finalement, l’application, elle prenne en compte plus que juste l’observance, mais il faut qu’elle accompagne les patients et les utilisateurs et utilisatrices dans leur vie sexuelle quotidienne et de réussir à intégrer
Tout ce qu’il y a de connexe à la vie sexuelle. Donc la prise de PrEP parce que c’est le sujet principal de l’application, mais aussi du coup, qu’on puisse avoir le suivi de sa santé sexuelle en ajoutant ses rendez-vous médicaux, en ajoutant ses examens à faire, toutes ces choses-là.
Comme le but, c’est quand même aussi de parler à tous les publics et notamment aux femmes ou en tout cas, personne qui ont un cycle menstruel. On a aussi ajouté un suivi du cycle menstruel, assez basique pour le moment, pour justement essayer d’avoir quelque chose qui soit un peu plus large
Et complet et qui prenne vraiment en compte tous les aspects de la vie sexuelle et de la santé sexuelle des gens. Et autre chose très importante, c’est que… Donc la PrEP, c’est un ARV, donc c’est un anti-rétroviral. Et les antirétroviraux sont quand même des médicaments assez costauds, on va dire.
Et du coup, l’important pour nous aussi, et c’est un outil qui existe chez nous depuis quasi 30 ans en fait aussi, c’est les interactions médicamenteuses. C’est la gestion des interactions médicamenteuses qui est intégrée dans l’application pour justement permettre aux personnes qui prendraient, par exemple, une pilule contraceptive, des antibiotiques,
Quelque qu’il soit, de vérifier s’il n’y a pas d’interaction, s’il y a une contre-indication quelconque, qui soit légère ou non, parce que… Tout ce qui va être pensement gastrique, tout ce qui va être ça, c’est des choses qui, en fait, vont empêcher une bonne absorption de médicaments. Et donc ça peut empêcher le
Médicament de bien fonctionner, et donc on n’est pas protégé contre le VIH, et donc on finit par l’attraper alors qu’on prenait bien son traitement. Donc c’est quand même des choses où il y a quand même pas mal de paramètres à prendre en compte pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de souci
Et que tout se passe pour le mieux. Comme on parle de données de santé, pour nous, c’était primordial que l’on ne récolte aucune donnée. Tout est stocké en local dans le téléphone des patients. C’était un peu une condition sinequanone de base dans tous les cas. Et nous, on n’a accès à rien,
On ne connaît rien de la personne ou quoi que ce soit, parce qu’on peut rentrer… Vous pouvez voir sur le téléphone, on rentre quand est-ce qu’on prend un médicament, on rentre quand est-ce qu’on a un rapport sexuel, on peut rentrer son humeur, le début de son cycle mensuel,
Où est-ce qu’on en est dans son cycle, ses rendez-vous médicaux. Et toutes ces données-là, nous, on veut rien savoir. Donc ça, c’était quand même très important pour nous. Ensuite, pour l’application en elle-même, on a quand même travaillé, et ça, à chaque fois, sur tous nos outils qu’ils soient papier ou numérique
On travaille de la même façon, on travaille avec des professionnels de santé, on travaille avec des personnes concernées et on travaille aussi avec d’autres associations. À chaque fois, on réunit toutes ces personnes-là autour d’une même table pour pouvoir discuter, échanger et faire en sorte d’avancer tous ensemble sur les projets.
Pour AT-PrEP, on a donc réuni… On a fait passer des questionnaires avec plus d’une centaine de réponses pour essayer de comprendre aussi le besoin que les gens avaient, parce que forcément, on a une idée, mais est-ce que c’est la réalité ou pas. Et ensuite, on a eu une soixantaine de testeurs aussi,
Et testeuses pour valider que ce qu’on faisait les intéressait et était correct pour eux. Et je voudrais juste terminer par un petit message, indétectable égal intransmissible, c’est pour ceux qui ne connaitraient pas. En fait, depuis une quinzaine d’années maintenant, les traitements du VIH sont suffisamment efficaces pour que la personne ne puisse plus
Transmettre le virus à ses partenaires ou à qui que ce soit. Donc, une personne qui prend bien son traitement ne peut pas transmettre le VIH. Merci à vous. Merci beaucoup, Raphaël. Alors, ça montrait quand même des choses assez intéressantes, notamment comment le digital et le numérique a permis aussi de briser
La symétrie d’information qui était très forte dans le monde de la santé, entre le médecin qui était le sachant pendant très longtemps et qui a précieusement essayé de conserver ce monopole, et les patients qui étaient naïfs, ignorants, et donc vraiment un élément extrêmement important. D’ailleurs, c’est quelque chose qui a été très structurant
Pour certains mouvements associatifs. Pendant la masterclass qui suivra, vous avez une représentante de Renaloo qui est une association qui s’est créée à partir d’un forum d’échange de patients. Donc, on voit que c’est aussi quelque chose qui a un vrai impact. Ce qui est intéressant, c’est tout ce que t’as dit aussi
Sur la manière dont vous gérez les données, et c’est important que une association, puisse montrer l’exemple et en tout cas dresser certains standards pour dire, voilà, comment les patients veulent voir leurs données traitées. Ça, c’est quelque chose aussi extrêmement intéressant et de voir comment finalement l’innovation médicale s’accompagne du coup d’innovation digitale,
Et notamment, peuvent aussi faire sortir la santé, on va dire, du sacrosaint cabinet médical ou de l’hôpital. Donc, merci beaucoup Raphaël. On l’a dit, on peut faire sortir la santé du cabinet médical ou de l’hôpital, mais c’est aussi important, finalement, de faire rentrer la médiation et le numérique dans les lieux de soins.
Et donc, ça va être l’objet du deuxième pitch, du coup, avec Philippe-Claude Sagnes, qui va nous parler du coup de ce projet, petit piqûre de rappel pour certains d’entre vous, qui étaient peut-être avec nous déjà ce matin, et donc autour du numérique de la santé mentale et de la médiation. Bonjour.
Donc, je suis Philippe Claude Sagne. Je suis médiateur numérique au sein d’un PIMPS, à Donzère, dans la Drôme, près de Montélimar. Je suis de métier technicien en informatique, technicien support sur multiples plateformes. J’ai fait des études en socio et en psycho, alors je précise ça parce que ça a facilité
Le parcours que j’ai entrepris en 2019. En 2019, la Ville de Valence a sollicité la tête de réseau Garlane Nison pour essayer de trouver quelqu’un, un médiateur numérique qui puisse animer des ateliers, des petites conférences durant la semaine d’information sur la santé mentale. En 2019, la thématique, c’était numérique et santé mentale.
Donc, dans le réseau, j’ai pu répondre à cette invitation. Je me suis rendu à Valence et j’ai animé plusieurs petites conférences. J’ai animé des ateliers dans des groupes GEM, des groupes d’entraide mutuel. Il y avait l’hôpital de Montéléger, celui qui est responsable pour le nord de la Drôme
Et le nord de l’Ardèche, le centre hospitalier de Drôme Vivarais. La direction de l’hôpital m’a sollicité peu après parce qu’ils ont été obligés de laisser les patients disposer de leur outil numérique dans l’enceinte de l’hôpital. C’était une décision du Conseil d’Etat. Et donc, l’hôpital, la direction,
Je précise que c’est la direction qui a essayé d’organiser des réunions d’abord avec les soignants. Les soignants étaient vraiment vent-debout contre cette initiative parce qu’ils estimaient que les patients avaient besoin de rupture avec le monde extérieur. Les patients qui sont en addiction, les patients qui ont des problématiques qui nécessitent des
Hospitalisations, bien souvent, il faut rompre avec l’extérieur. Et si il restait en communication avec l’extérieur avec un outil numérique, ça pouvait perturber le soin. Donc, j’ai passé 4 réunions de 3 heures avec la direction de l’hôpital et les soignants pour essayer de leur expliquer, enfin, on n’y est parvenus,
Mais pour expliquer le fonctionnement de la médiation numérique, savoir comment on opérait ces séances, qu’elles étaient les objectifs, et petit à petit, les freins ont été levés et on a pu entamer… Les premiers ateliers étaient prévus en février 2020. Et évidemment, il y a eu le confinement, donc chacun est rentré chez soi.
Et au mois de juin, j’ai sollicité l’hôpital pour commencer les ateliers avec des thématiques bien précises dont une qui concernait l’application TOUS anti-COVID, c’était nécessaire de pouvoir installer cette application sur un smartphone. Déjà, sur un citoyen lambda, ça pouvait déjà poser des problèmes, mais quelqu’un qui était en difficulté psychique
Installer TOUS anti-COVID, c’était vraiment quelque chose de presque impensable. Donc, on a fait les premiers ateliers sans ouvrir un ordinateur ou un smartphone, donc les patients étaient masqués, j’étais masqué, et on n’a rien touché du tout, on a discuté, discuté et discuté. Et ça s’est très bien passé.
A propos de cette application, j’ai pu faire des parallèles avec la vie de tous les jours, effectivement, être pisté sur un smartphone, ce n’est pas le même mot, ce n’est pas la même chose qu’être pisté dans les recoins de la ville de Valence, ce n’est pas les mêmes attributs.
Donc, quand on prend le temps de discuter avec un patient et de lui expliquer comment fonctionne l’application sans rentrer non plus dans la technicité, parce qu’on peut les perdre rapidement, parce que c’est l’émotionnel, ce n’est pas une question d’intelligence, c’est une question d’émotionnel. Et donc, du coup, les ateliers se sont déroulés
De manière vraiment idéale. À chaque fois, je recevais à peu près une dizaine de patients, il y en a qui est revenaient, mais j’ai dû compter sur cette année, alors j’ai quelques indicateurs ici. Voilà. Donc, en 2020, j’ai fait 14 ateliers pour 64 participations et 18 patients en tout. Donc, j’en profite pour
Vous montrer le reste. En 2021, 24 ateliers, 88 participations et 34 patients. Les chiffres sont différents, parce qu’un patient peut revenir à plusieurs ateliers. Et en 2022, il y a beaucoup plus de personnes qui viennent, parce que j’y suis venu toutes les semaines. Donc, tous les mercredis, moi, j’aime tellement ça
Que j’y vais même pendant mes vacances. Et donc, en 2023, on en est à 39 ateliers en septembre. Voilà. Donc, les troubles qui sont traités au centre hospitalier Drôme-Vivarais Vous les voyez, l’anxiété, la phobie, les TOC, etc. Je vous laisse lire. Donc, moi, l’atelier se déroule de manière un peu particulière.
Les patients entrent et sortent comme ils veulent. Il n’y a pas d’engagement à rester. Je reçois en moyenne six, sept patients en moyenne. Les patients… D’abord, je ne les appelle pas les patients. Dès qu’ils rentrent dans le… Alors, je précise que j’opère au sein de l’hôpital dans ce qu’on appelle le centre d’activités.
Donc, il y a une pièce qui est dédiée. Il y a des soignants qui vaquent à leurs occupations. Ils passent régulièrement devant la porte pour voir si tout va bien. En quatre ans, il y a eu seulement trois interventions très douces de soignants pour voir si tout se déroulait bien.
Il y a eu quelques agitations, mais c’est vraiment quelque chose qui est vraiment tranquille. Donc, les patients sont bien informés que je ne suis pas soignant. Je ne récolte pas leur nom, ni, évidemment, leur problème de santé. C’est quand même la moindre des choses. Et ils peuvent, eux-mêmes, choisir le sujet
Dont ils veulent débattre. Ils amènent un outil numérique quand ils en ont un, ou ils vont le chercher dans leur chambre dès qu’ils sentent que c’est quelque chose d’intéressant pour eux. L’atelier dure en général deux heures, voire des fois deux heures et demi quand il y a beaucoup de monde
Et quand la sauce prend bien. Moi, j’adopte une posture… Alors, je ne vais pas dire de neutralité, parce que ce n’est pas vraiment ça, parce que j’interviens, parce que je donne des conseils, c’est quelque chose que je ne fais pas en atelier ordinaire, mais je vais aller vers le patient,
Je vais plutôt choisir des outils libres, si c’est sur un smartphone ou sur un ordinateur. Je vais apporter de la culture, je vais essayer d’expliquer ce que je fais. Ils ont besoin d’être en permanence, en confiance. Donc, par exemple, Aidants Connect, ça ne peut pas marcher.
Parce que Aidants Connect, il y a un intermédiaire qui se met dans la discussion et il n’est pas question qu’il puisse aller plus loin. Donc, en fait, je reste avec un groupe, on discute ensemble, et puis je garde cette espèce de confiance en permanence. Donc, je fais attention aux relations inter-patients,
Pour éviter les débordements. Il y en a qui peuvent avoir des élans pour prendre la parole plus souvent qu’à leur tour, des choses comme ça. Il y a des patients qui rentrent dans un affect un peu prononcé, donc il faut accepter que des choses qu’on n’entend pas habituellement,
Que ça se déroule comme ça. Mais en fait, c’est un peu la vie de tous les jours, mais avec une espèce de naïveté qu’ils installent dans les ateliers sur le relationnel, pas sur l’intellect. Voilà. Les quelques autres indicateurs que j’ai pu relever, donc il y a 75% de femmes
Qui viennent sur ces ateliers. Il y a de la gestion de mails, de la gestion de mots de passe. Pour les mots de passe, j’ai choisi la méthode la plus simple, quelqu’un qui a un smartphone. Je vais lui proposer de s’envoyer un SMS à lui-même ou à elle-même. Voilà. Les choses restent
Dans une boucle comme ça. Donc ça les étonne, qu’ils puissent s’envoyer un SMS à eux-mêmes, mais ça trouve sa pertinence avec le temps. Et ils se transmettent cette information. En plus, il y a une certaine émulation qui se crée à la fin de l’atelier. Je sais qu’il y a des patients qui se
Sont transmis ces choses-là. Et pour cette population-là, c’est quelque chose qui fonctionne très bien. La moyenne d’âge, elle est autour de la cinquantaine. Ça va de 20 ans à 64 ans. On a l’ambition avec le réseau de pouvoir intégrer la pédopsychiatrie pour pouvoir développer cette action. Et puis, en plus, ce
Public-là, ce public de jeunes, a encore plus que d’autres besoin d’un accompagnement sur l’outil numérique. J’ai pu m’apercevoir qu’au moins les deux tiers étaient sur des allocations aux adultes handicapés. Enfin, avaient assez peu de ressources et étaient sans emploi. On compte un quart d’hommes pour trois quarts de femmes. Pour moitié des patients
Qui ont au moins un enfant. Alors, ça, les chiffres que j’ai, c’est en discutant. Donc je les extrapole pour avoir quelques indications. J’ai noté que les gens étaient quand même assez pauvres. C’est une population qui est très démunie. Je le vois avec les outils, avec la tenue vestimentaire. Voilà, donc c’est subjectif, évidemment.
Mais il y en a très peu qui ont des outils récents. Il y a quelques patients qui sont équipés d’un téléphone tout simple. Alors, ce n’est pas une question de ne pas rentrer dans la modernité. C’est que ça relève de leur pathologie. Ils cassent les outils. Donc, au bout de trois smartphones cassés,
Ils prennent un téléphone à clappet. Voilà, tout simplement. Voilà. J’y opère, trois axes fondamentaux de la culture numérique, ils rentrent pour la culture numérique et du support informatique, des pertes de données sur un smartphone, on va les récupérer. Et puis, l’accès au droit. L’accès au droit, ça peut aussi englober
L’accès à la banque, l’accès à une demande de logement, des choses comme ça. Et tout est relevé en local. Donc, je sais, j’ai assez d’agilité pour relever des données, pour stocker les données sur les outils des patients. Voilà. C’est la quatrième année que j’opère dans l’hôpital. Je tiens à remercier le
Département de la Drôme qui abonde dans le budget de ces actions. Moi, je fais près de 50 kilomètres, enfin, une centaine de kilomètres aller-retour pour rejoindre tous les mercredis l’hôpital pour opérer ces ateliers. Voilà. Donc, merci la Drôme. Merci beaucoup, Philippe-Claude. Peut-être une mini question avant de passer aux troisième pitch,
Mais tu l’as évoqué ce matin pour ceux qui étaient avec nous. Finalement, quel a été l’accueil, peut-être autant des patients, mais je sais aussi notamment des professionnels de santé dans l’établissement. On l’a dit, le monde de l’inclusion numérique et le monde de la santé parlent pas forcément de même langage.
Comment ça s’est passé ? Ça s’est passé. Au début, j’ai vraiment cru que je ne pourrais pas faire durer longtemps, parce qu’ils étaient vraiment remontés. Ils le disaient en réunion, on ne veut pas de ça. Ils verbalisaient, on ne veut pas de ça. C’est un non-sens. Voilà. Donc, il y avait la direction.
Donc, ils mesuraient quand même leur propos, mais c’était chaud. Et rapidement, quand ils ont assisté aux premiers ateliers, où ils rentraient dans la salle, ils écoutaient, et plusieurs fois, ils m’ont dit, mais franchement, on ne pensait pas du tout que ça puisse être quelque chose comme ça. La médiation numérique, l’étendue des
Connaissances que je proposais, c’est dû à la médiation numérique, et puis à mon métier de technicien informatique aussi, et c’est allé à un tel point que maintenant, quand les patients sortent sur une trajectoire de sortie, ils signalent qu’ils ont été heureux de suivre des ateliers numériques sur le bulletin de sortie.
Voilà. Donc, je trouve que c’est très gratifiant pour tout le monde et pour moi aussi. Voilà. Merci beaucoup, Philippe-Claude. Du coup, ce pitch, cette présentation, elle mettait bien en avant que pour les patients, le numérique, il doit vraiment, avant tout, être choisi, il ne doit pas être imposé, il doit être émancipateur,
Autant sur la gestion de leur santé comme on l’a vu aussi sur le premier pitch, que là, de manière plus générale aussi, pour la gestion et leur inclusion sociale, on sait que ça reste des déterminants de santé importants. Donc, on est rentrés dans l’hôpital, du coup, avec ces actions de médiation,
Et on va y rester un petit peu, puisque l’hôpital est un lieu de soins et d’organisation des parcours très importants, et on va continuer de parler des professionnels. Philippe-Claude, tu nous disais qu’ils avaient réservé un accueil plus que mitigé à l’origine, à ces questions, et on va avoir l’occasion avec Auriane Lemesle,
Du coup, qu’on a le plaisir d’accueillir du Groupement Régional d’Appui au développement de la e-santé, le GRADE, parce qu’on adore les acronymes en santé pour ceux qui nous suivent, Pays de la Loire, et qui va nous présenter, du coup, ce qui est fait pour faire monter en compétence et aussi en acculturation les
Professionnels de santé notamment les établissements sur les questions de cyber-sécurité. Donc, je te laisse nous dire quelles sont les actions que vous menez sur le sujet, et puis avec ce projet assez intéressant, et qui je pense va vous parler sur le support de ces Sant’escape. Merci beaucoup, Arthur. Alors effectivement, bonjour à tous.
Auriane Lemesle, je m’occupe d’un pôle dédié à la cyber-sécurité, donc au sein de ce truc très joli, ça s’appelle le grade, et qui a pour objectif de développer la e-santé en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé sur le territoire des pays de la Loire. On a une mission spécifique autour de la cyber-sécurité
Pour accompagner les acteurs, tant les structures sanitaires, médico-sociales, mais également les professionnels libéraux, autour de thématiques larges et variées que vous pouvez découvrir ici. Et aujourd’hui, j’ai voulu vous présenter un outil de sensibilisation qui est donc un Escape Game que nous avons monté il y a maintenant 5 ans.
Alors pourquoi cet Escape Game ? Il y a 5 ans, et malheureusement encore aujourd’hui, les structures de santé sont exposées à de nombreuses vulnérabilités et des menaces qui peuvent conduire à des incidents. Vous n’êtes pas sans savoir et en entendre parler dans la presse de manière assez régulière,
Qui dans la plupart des cas impliquent d’une manière ou d’une autre un humain, donc soit en tant que cause, soit en tant que vecteur d’incident de sécurité. Et puis finalement, également parce qu’il faut que l’ensemble des personnels soient sensibilisés de manière régulière, également liés à l’action des RSSI,
Des responsables de la sécurité des SI dans les structures, qui sont parfois seuls, parfois pas entendus, voire pas légitimes dans leur fonction. Donc on a souhaité leur donner un outil un petit peu plus sexy que des sessions de sensibilisation un peu traditionnelles. Et puis également parce que la cyber sécurité, elle est absolument
Nécessaire au fonctionnement de l’activité dans les structures. Enfin, on ne voulait plus ça, c’est-à-dire avoir des sessions de sensibilisation où on passe des slides et qui contribuent à ce que les utilisateurs restent totalement passifs. Du coup, on a choisi d’investir le sujet de la sensibilisation au travers du jeu, qui
Permet d’impliquer les apprenants grâce à son aspect à la fois ludique et pragmatique, et qui, du coup, permet également de valoriser le travail en équipe auprès des structures. Donc là, vous pouvez le voir, en général, lorsque l’on dit quelque chose, on a tendance à l’oublier, lorsqu’on commence à montrer les choses,
On commence à le retenir, et le fait d’impliquer les utilisateurs, ça leur permet de le retenir plus facilement. C’est pourquoi on a mis en œuvre un escape game, donc le premier qui ciblait à la fois la sécurité numérique et le secteur de la santé. L’idée, c’est que cinq participants vont se mettre
Dans la peau de journalistes peu scrupuleux d’un magazine qui s’appelle West People, et ils vont avoir pour mission de trouver les informations de santé d’une personnalité qui s’appelle Johnny Jackson. Donc pour ça, ils vont devoir s’introduire dans une structure qui s’appelle l’Institut médical des étoiles des Pays de la Loire.
On aurait entendu dans la presse que les bonnes pratiques de sécurité n’étaient pas forcément totalement respectées, et du coup, on va leur demander d’enquêter. Donc ceci pendant 45 minutes, cet outil a été construit avec des professionnels et des structures de la région, donc un groupe de travail assez sympathique, ma foi,
Mais qui était aussi assez exigeant et qui nous a demandé à ce que la durée de jeu soit totale de 1 heure. Donc on a 45 minutes de jeu, 5 minutes de briefing et 10 minutes de debriefing qui vont être l’occasion d’opérer cette sensibilisation. Du coup, là, vous l’aurez compris, l’idée pour nous,
Ça va être de mettre plutôt les utilisateurs dans la peau des méchants, ce qui change un peu des objets de sensibilisation traditionnels, où on leur demande d’être les parfaits petits soldats, à respecter correctement toutes les règles. Là, au contraire, ils vont devoir utiliser les mauvaises pratiques qu’ils mettent en œuvre au quotidien
Et dont ils usent et parfois abusent de manière traditionnelle. Alors un petit bilan à 5 ans de cet outil, on a pu former une quarantaine de structures, donc à la fois des établissements de santé, des structures médicosociales, également des laboratoires de biologie médicales, voire des services de soins infirmiers à domicile,
Des IFSI, également, qui s’intéressent pour former les professionnels de santé. On a formé 80 animateurs qui sont en capacité d’animer. Donc là, je ne suis pas en train de vous dire que l’ensemble de ces professionnels réalisent des sessions de jeu régulièrement, mais on en a une grande majorité.
Et puis, on a plus de 1.100 participants qui ont pu bénéficier d’une session de jeu, donc avec des profils très diversifiés, à la fois des directeurs de structures, des professionnels de santé, qu’ils soient médecins, infirmiers, mais également des personnels administratifs, RH, comptables ou autres, même des agents de restauration,
En fait, tout utilisateur du SI, puisqu’il n’y a besoin d’aucune compétence particulière si ce n’est d’utiliser au quotidien le système d’information. Alors là, des petits exemples de personnes qui se sont prêtées au jeu. Donc vous avez des animateurs qui ont été formés dans des structures. On a pu montrer notre outil aux structures,
Au niveau du ministère, qui s’occupe de la cybersecurité, les partager avec nos homologues dans les autres régions. Vous avez également le directeur général de l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire, qui a souhaité faire une session avec son équipe de direction. Et puis, nous, au sein de notre structure, au quotidien,
On l’utilise pour former l’ensemble de nos collaborateurs dès qu’il y a des nouveaux arrivants. Ça fait partie du parcours d’intégration obligatoire que d’avoir cette sensibilisation à la sécurité numérique. C’est un outil qui a également été récompensé par la délégation du numérique en santé, qui organise les Talents de la e-Santé,
Et donc le premier prix de la sécurité a été décerné à l’équipe projet qui a monté l’outil. Et puis, on considère que l’on a mis en œuvre le maximum de choses pour limiter les freins à la mise en œuvre dans les structures, pour packager l’ensemble et que ce soit le plus facile possible.
Donc, soit on forme les animateurs pour qu’ils soient autonomes, soit dans la mesure du possible, on va animer des sessions de jeu dans les structures de notre région. Et on considère que le truc est quand même à peu près ficelé pour nous, et on a souhaité pouvoir faire bénéficier
Les autres régions de nos outils. Pour cela, on a convenu d’un partenariat avec notre partenaire qui est Orange CyberDefense, qui nous a aidés à construire l’outil, pour pouvoir permettre la réutilisation de nos contenus en dehors de notre région. Et aussi, depuis, on a six autres régions que les pays de la Loire
Qui ont déployé le jeu et d’autres régions qui s’y intéressent également. Merci beaucoup, Auriane. Pareil, une petite question en complément, comme pour Philippe-Claude, parce qu’on a vu que les professionnels n’étaient pas toujours extrêmement enthousiastes quand on parle de ce genre de démarche. Finalement, comment est-ce que ça a été reçu, notamment par les
Professionnels de santé, réellement, est-ce que c’était uniquement les directions d’établissement qui imposaient d’organiser le jeu ou est-ce qu’ils étaient enthousiastes et au contraire, qu’il y a un vrai impact aussi ? Il y a plusieurs façons de voir les choses. Donc, enthousiastes, je n’irais peut-être pas jusque là. Mais, en fait, ça dépend.
Le tout, c’est de les faire arriver jusqu’à nous, mais une fois qu’ils sont dedans, ils y restent. Et même ceux qui sont pressés et qui veulent partir plutôt ils restent jusqu’au bout. Il y a un réel intérêt à cet outil, puisqu’il n’est pas du tout stigmatisant, au contraire,
On leur demande de mettre en œuvre les mauvaises pratiques qu’ils ont au quotidien. Et en ça, ça les impacte énormément, tant sur leur activité professionnelle, mais également personnelle. Et donc, du coup, ils en parlent beaucoup après. Après, sur les modalités de déploiement, c’est vrai qu’elles sont assez variées. On a la possibilité
D’organiser des sessions ficellées tel jour telle heure et de convoquer les participants. Mais on a aussi des structures qui déploient ça le midi et qui proposent ça sur les temps libres. Et les équipes viennent s’affronter. Avec le bouche à oreille, finalement, ça génère un engouement et les personnels viennent s’affronter.
Et pour peu qu’on ait un manager d’une équipe qui trouve ça pertinent, il peut ensuite l’imposer sur le temps de ses personnels. Donc, ensuite, ça peut être sur des journées dédiées à la cyber. Là, on est au mois d’octobre, c’est le mois de la cyber sécurité.
Donc, on a beaucoup de sessions de jeux qui sont en train d’être réalisées. Et on a aussi des structures qui l’ont intégré dans leur plan de formation et qui ont des sessions régulières qui sont organisées et qui rentrent totalement dans ce plan. Merci beaucoup, Auriane. Je pense qu’on peut t’applaudir, du coup. Merci.
Donc, avec ce troisième pitch, on est effectivement resté dans l’hôpital. On a un peu changé de cible parce qu’on était plus en intervention auprès des patients mais auprès des professionnels. Et c’était important de souligner que dans le monde de la santé, il y a un enjeu extrêmement fort et qui est très actuel
Pour justement faire monter en compétence mais aussi acculturer les publics professionnels de santé qui sont en plus très larges et divers à ces enjeux du numérique. L’exemple de la formation à la cyber sécurité, il est extrêmement frappant. Avec, en plus, cet exemple, je pense qu’il a dû faire écho puisque c’est une
Modalité assez innovante et, en tout cas, qui permet, je pense, de faire passer pas mal de messages. Et on va rester, du coup, encore un petit peu du côté des professionnels qui aujourd’hui s’approprient peu, finalement, les enjeux qu’on connaît bien dans le monde de numérique avec, du coup, dès qu’on va pouvoir vous
Mettre la diapositive… Le problème du numérique. Dès qu’on va vous mettre la diapositive, on va se retourner, rester avec les professionnels, mais se tourner vers leurs outils d’activité. Et comment on a pu, pour ceux qui étaient aussi, par exemple, à la carte blanche avec Valérie Peugeot en début d’après-midi,
On parlait, finalement, aussi de toutes les démarches d’ouverture dans le numérique. On parle dans le monde de la santé. On a connu une certaine privatisation de la connaissance. C’est ce que disait Valérie Peugeot quand elle parlait des revues qui capitalisaient et finançaient l’accès aux études médicales, par exemple.
Donc pas forcément évident pour les professionnels de santé de s’approprier ces enjeux d’ouverture du numérique. Et c’est tout ce qu’on va essayer, du coup, d’aborder, de voir comment cet enjeu, il prend corps, ou en tout cas, il peut prendre corps auprès des professionnels, avec des outils pratiques. Et c’est donc Charles-Henri Decultot,
Qui va nous présenter l’outil Toobib, qui se situe, du coup, dans cette démarche-là, donc pratico-pratique, en sachant que les outils numériques des professionnels prennent une place extrêmement importante et peuvent avoir un impact très fort sur la manière dont ils pratiquent le soin. Et donc c’est ce qu’on va essayer de… Donc, Charles-Henri, bravo.
Merci, Arthur, pour avoir comblé. Bonjour à tous. Je suis vraiment ravi d’être là devant vous aujourd’hui pour présenter TOOBIB et les différents outils qu’on est en train de mettre en place et de déployer. Alors je vais commencer par vous parler, en fait, de TOOBIB. TOOBIB, c’est une association qui est toute jeune,
Puisqu’en fait, on a fait l’Assemblée générale de création la semaine dernière et on vient tout juste de déposer les statuts. Mais en réalité, c’est une association qui est un peu plus ancienne que ça, puisqu’en fait, elle est basée sur du travail qui date de plusieurs années et plusieurs associations qui y participent.
TOOBIB, qu’est-ce que c’est ? C’est avant tout une association qui œuvre à valoriser l’utilisation d’outils éthiques pour le traitement des données de santé. Donc ça, c’est vraiment l’axe le plus important pour nous. On met à disposition des outils numériques libres, open source et éthiques pour les professionnels de santé et pour les patients.
TOOBIB, en fait, pour moi, comme je disais, c’est un projet qui a commencé il y a déjà bien longtemps, finalement, il y a 6 ans, en 2016. C’est une aventure qui a démarré, en fait, avec ma femme dans notre petit salon. D’ailleurs, elle aurait bien voulu être là aujourd’hui pour vous en parler.
Elle est sage-femme et elle aurait plus sa place, en fait, pour parler d’outils de santé. Malheureusement, on avait des problèmes de garde d’enfants, donc elle n’a pas pu venir. Mais globalement, ce qu’il faut imaginer, c’est qu’elle est sage-femme. Elle est passionnée par son métier. Moi, je suis plutôt fervent amateur
De technologie et de logiciels libres. Et en 2016, elle s’installe en libéral. À l’époque, elle cherche un logiciel pour faire son activité et pouvoir traiter les données de ses patients. Et on s’aperçoit que sur le marché, eh bien, il n’y a quasiment que des logiciels pour les médecins
Ou pour d’autres professions de santé où ils sont beaucoup plus que les sage-femmes. Ils les ont repeint en rose et ils les vendent en disant, venez, tenez, on a un super logiciel de sage-femmes pour vous. Donc, effectivement, ça ne correspondait pas du tout à son usage et à ses besoins.
Et donc, du coup, on s’est dit, c’est pas grave, on va prendre les choses en main, on va faire nous-mêmes notre propre logiciel. Et donc, du coup, on a travaillé pendant un paquet d’heures quand même. On a fusionné du logiciel libre avec son expertise de sage-femmes
Et on a donné naissance à un logiciel qui, à l’époque, s’appelait Maya, qui d’ailleurs continue à être utilisé par des sage-femmes et qui aujourd’hui est en train de devenir une des briques de TOOBIB. Et c’est là où, en fait, il y a plus d’un an, le destin nous a un peu souris
Puisqu’on a eu la chance de rencontrer l’association interop et donc que je représente finalement en partie aujourd’hui, qui est une association qui défend fortement la protection des données de santé. Et en fait, on a rencontré des gens juste, tout simplement, extraordinaires, des médecins, des ingénieurs, des pharmaciens, des avocats,
Qui partageaient vraiment la même passion que nous pour le libre et la même envie de défendre la protection des données de santé. Et à ce moment-là, en fait, on a fusionné tout ça. Et notre petit logiciel s’est inscrit dans un projet qui est devenu beaucoup plus ambitieux et qui s’est appelé Toobib.
Alors pourquoi Toobib ? Eh bien, Toobib, finalement… Excusez-moi, je vous promets une autre. Voilà, parce qu’en fait, un logiciel de santé, c’est beaucoup plus qu’un outil et qu’un simple outil dans la pratique quotidienne du praticien aujourd’hui. C’est devenu en fait un pilier essentiel de la qualité des soins qui est apportée aux patients.
Parce qu’aujourd’hui, en fait, le logiciel de santé est monopolisé par des grands groupes privés et le praticien ne peut que subir les choix de l’éditeur. Ils imposent à la fois leur prix, leur décision et surtout, en fait, leur vision de la santé. Et puis parce que le traitement des données de santé
Est un véritable enjeu éthique, d’autant plus à l’époque du cloud. Et les professionnels de santé sont de plus en plus dépossédés, en fait, de ce traitement. Alors Toobib, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’on propose ? C’est la possibilité pour les professionnels de santé de reprendre le contrôle de leur outil de travail quotidien.
C’est également une gouvernance collégiale avec un collège de professionnels qui représente différents métiers de la santé. Ils réfléchissent ensemble à l’amélioration des pratiques pluriprofessionnelles avec une approche qui se veut globale. C’est là où on veut faire les choses un peu différemment. L’idée, c’est de penser prévention, soins, santé publique
Médicaments au sein du logiciel. C’est surtout une association à but non lucratif, dont la gestion est transparente. Et on veut que ça garantisse que les bénéfices sont dédiés à l’amélioration de la plateforme et des outils sans aucune autre motivation que l’intérêt du patient et du professionnel de santé.
Enfin, c’est surtout dans l’optique de la protection des données, un engagement éthique très fort pour la protection des données de santé, avec des protocoles intransigeants de stockage et d’hébergement et une absence totale d’intérêt financier derrière ça. En conclusion, Toobib, c’est une suite logicielle libre, open source, hébergée sur des serveurs,
Labellisés “hébergement de données de santé” et en conformité avec toutes les obligations légales. Notre ambition à terme, c’est de fournir un annuaire en ligne, comme vous pouvez voir ici, qui s’appellera Toobib, qui est en cours de développement et qui sera déployé en 2024. Toobib Pro, qui est déjà déployé et qui fonctionne aujourd’hui,
Qui est utilisé par des sages femmes au quotidien et qu’on est en train de faire évoluer vers la plateforme des logiciels métiers pluriprofessionnels de demain. Et puis, on est en train de préparer également une messagerie sécurisée chiffrée, un outil de visioconférence pour la téléconsultation, également chiffrée, et une plateforme de
Gestion de courriel chiffrée. Donc, tout ça, c’est finalement un ensemble d’outils qu’on souhaite proposer pour les différents adhérents de l’association Toobib. Aujourd’hui, comme je vous disais, et je vais faire un léger focus sur la partie Toobib Pro, le logiciel qui est déjà en production, qui est déjà utilisé au quotidien par des
Sages femmes libérales, c’est Toobib Pro, donc le Maya qui s’est transformé en Toobib Pro. Et aujourd’hui, on a déjà un dossier patient. On a une plateforme de prise de rendez-vous pour les professionnels et pour les patients. On a un logiciel de comptabilité libérale. On a un outil d’analyse de données intégrée
À l’intérieur de la plateforme. Et on est en train de faire les développements pour avoir un logiciel d’aide à la prescription. Donc, on peut déjà générer des ordonnances. Mais l’idée, c’est d’avoir une labellisation, aide à la prescription dans très peu de temps. Et pareil, on est en train d’intégrer
Un service de facturation SESAM-Vitale à l’intérieur de l’outil. En fait, l’idée, c’est d’avoir vraiment tous les outils, on va dire, minimum nécessaires pour que les professionnels puissent l’utiliser au quotidien, comme ils utiliseraient n’importe quel autre plateforme propriétaire. Sauf que là, ce sera dans le cadre de l’association.
Et ce que je vous propose, puisque c’est bien de vous en parler, mais le mieux, c’est quand même de vous le montrer, c’est de vous montrer une mini capsule vidéo. Voilà, un petit teaser qu’on a fait de présentation de Toobib. Alors, je sais pas si il y aura de la musique, mais…
Voilà, donc là, on a la prise de rendez-vous en ligne par les patients. Ça, c’est la vue professionnelle avec ces rendez-vous. L’accès à son dossier médical, avec un mémo, une ligne de vie, la gestion de ces documents, on a l’anamnèse, tous ces éléments-là, la gestion des ordonnances qu’on est en train
De finaliser la partie LAP, le compte de résultats, donc c’est pour la partie gestion du cabinet au quotidien, et puis la possibilité de créer des tableaux de bord, faire de l’analytique sur ces données de santé qui sont évidemment protégées sur des hébergements données de santé et avec un protocole très strict d’accès
Pour les hébergeurs. Voilà, je vous remercie. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à venir me voir à la fin. Merci beaucoup, Charles-Henri. Et peut-être du coup, une mini-question complémentaire, avant de passer à notre cinquième et dernier pitch, on sait en tout cas où on va peut-être vous l’apprendre,
Mais il y a beaucoup souvent de réticences chez les professionnels de santé, notamment les médecins, à utiliser de plus en plus de fonctionnalités numériques dans leur pratique qui sont souvent considérées comme presque parasites dans la relation de soins, ce genre de choses. Finalement, quel est le regard ou quels sont les constats
Que vous pouvez porter entre toute la démarche du coup très ouverte, construite avec les professionnels, etc. Et justement, ces choses, ces discours qu’on entend souvent, du coup, nous, patients, dans notre parcours de soins. Effectivement. Alors moi, je ne suis pas médecin, donc je n’aurais pas la vision, on va dire,
Que tu viens de présenter. Non, ce que je peux dire, ce que nous, on voit, c’est deux choses. Bon, déjà, l’outil numérique, c’est aujourd’hui une obligation, c’est une nécessité au quotidien. Sans l’outil numérique, ils ne peuvent simplement pas facturer. Donc là, on parle vraiment des professionnels libéraux. Donc rien que de pouvoir facturer,
De pouvoir avoir le suivi de ces patients, etc., c’est une nécessité. Donc finalement, aujourd’hui, je dirais que le point le plus important, on sait quels sont les briques qui leur faut à minima. Et nous, notre optique, c’est vraiment de travailler sur l’expérience utilisateur, pour simplifier l’usage à la fois pour
Les patients d’un côté, mais surtout dans le cadre de Toobib Pro pour les professionnels de santé, pour qu’en fait, ils puissent aller droit au but, faire ce dont ils ont besoin directement et de manière simple. Parce que souvent, ce qu’il faut avoir aussi en tête, c’est les logiciels qui leur sont proposés,
Soit difficiles à utiliser, sont pas forcément modernes. Ils sont pas utilisables en collaboration. Aujourd’hui, il y a encore beaucoup, beaucoup de logiciels de santé qui sont installés localement sur un ordinateur. Dans les pôles de santé, dans les maisons de santé, ils ont besoin de travailler à plusieurs, avec d’autres professions, ça, ils
Peuvent pas le faire. Donc je dirais que voilà pour répondre à la question, c’est vraiment aujourd’hui l’expérience utilisateur sur laquelle on doit travailler, en dehors de la fonctionnalité propre. Et après, sur les fonctionnalités, la gouvernance nous permet de choisir les orientations et de prendre des décisions assez stratégiques sur ce qu’on peut faire
Et ce qu’on veut faire. Et c’est là où la gouvernance partagée peut faire la différence par rapport à d’autres types de logiciels. Merci beaucoup, Charles-Henri. Donc ce quatrième pitch nous avait reprojeté pour terminer ce tour de piste avec les patients au début, les professionnels, ces enjeux, du coup, d’appropriation des outils,
Enjeux du numérique en général sur l’ouverture et l’open source. Et justement, du coup, on va aborder un sujet, on va encore continuer de dézoomer finalement. On était très proche du patient au début, on va s’en éloigner un petit peu, mais pour le bien, pour le meilleur. Et donc justement, sur cette question d’ouverture,
Et notamment, on n’a pas encore parlé beaucoup de données de santé. On a un petit peu abordé avec d’autres outils que comment autant les patients que finalement les professionnels souhaitaient voir les données utilisées, donc qui, le pousser dans leur propre solution, c’était quelque chose d’intéressant. Et donc là, on va
Reprendre un petit peu de hauteur autour de ce projet, donc Catherine Joie. Merci d’avoir fait le trajet jusqu’à nous depuis Bruxelles pour nous présenter ce projet Bruxelles Malades, qui justement, c’est pareil, c’est un aspect, un enjeu qu’on a évoqué ce matin déjà. Comment aussi le numérique doit se mettre au service
De notre système de santé et de son principe solidaire, éthique, humaniste, et éviter aussi que la superposition des inégalités de santé se fasse avec l’éloignement numérique, ce qui se fait trop encore. Et donc, déjà, pour commencer, peut-être, une première question, nous présenter très simplement ce projet Bruxelles Malades,
Ce que vous y avez fait dans un premier temps déjà. Mais si le son fonctionne au départ de l’ordinateur, je ne sais pas, en fait, je me suis dit que… J’avais oublié qu’on avait fait une vidéo de présentation de l’enquête qui est sortie l’année dernière, et en fait, elle existe,
Mais je ne sais pas comment ce qu’on met play sur ce truc. Bon, c’était une magnifique vidéo. Elle n’aura pas une longue vie, mais bref, c’est dommage. On l’avait utilisé l’année dernière pour lancer cette enquête, Bruxelles Malades. Donc là, c’est une capture d’écran de la homepage du site Bruxelles Malade,
Qui est, du coup, une enquête publiée par le média d’investigation belge Médor, que vous ne connaissez peut-être pas encore. C’est une enquête journalistique, un récit numérique en data, avec aussi des interviews d’experts et d’expertes, c’est un mélange entre des analyses, des cartes et des entretiens sur l’état de santé de Bruxelles,
L’état de santé des Bruxellois et des Bruxelloises. Donc, en fait, on tourne autour de cette question à quel point Bruxelles abime-t-elle la santé ? Et l’enquête est sortie l’année dernière en français d’abord, et puis gros succès, en fait, parce qu’elle est assez particulière, vous allez le voir après.
Et on a reçu de l’aide ensuite pour la traduire en anglais et en néerlandais, ce qui était vraiment trop bien. On aurait voulu la traduire encore en d’autres langues, mais on a commencé par ça. Donc, voilà, ça, c’est le résumé, quand vous arrivez sur le site de Médor.
Donc moi, je suis la journaliste, je fais le travail avec Karim, Quentin, Antoine et Adrien. Et le centre de l’outil journalistique, c’est vraiment tout le travail de cartographie. Le propos, il se retrouve dans le titre, donc, avantage d’un titre à deux mots, percutant, c’est resté dans la tête de toutes les Bruxelloises
Et les Bruxellois qui ont lu l’enquête. Donc Bruxelles malade revient souvent dans la conversation sur le fait que cette ville, comme beaucoup d’autres, présente des énormes écarts entre les différentes zones de la ville, en fonction de qui habite où, écarts de revenus, écarts de densité de population. Enfin, en fait, on a
Pris tous les paramètres qu’on pouvait en termes de données publiques et on les a rassemblés, agglomérés, cartographiés. Et on a, du coup, un article de presse qui est une forme de lasagne, de cartes, d’analyse, de graphes, et qui insiste tous toujours sur le même point, qui est de dire qu’en termes d’inégalités socio-économiques,
Inégalités de santé et inégalités environnementales, c’est toujours les mêmes quartiers de Bruxelles qui prennent ces inégalités dans la tronche. Et donc, du coup, par plusieurs portes d’entrée, on tape sur le même clou, qui est de dire, tu ne vis pas de la même manière si tu habites au Nord-Ouest
Ou au Sud-Est de Bruxelles. Ça, c’était une deuxième magnifique vidéo que, du coup, on ne va pas pouvoir lire pour vous présenter comment l’article fonctionne. Il y a l’URL à la fin de la présentation, donc vous pourrez aller vous amuser dedans. Donc là, c’est en vue desktop, mais il fonctionne sur smartphone.
En gros, toutes les cartes bougent et évoluent avec, très souvent, le texte qui défile sur le côté gauche. Et ça, c’est une des cartes du départ de l’article, qui, c’est en fait la répartition de notre indicateur qu’on a choisi pour démarrer l’enquête, pour cartographier la précarité à Bruxelles.
C’était là, on a pris le taux de BIM, les bénéficiaires d’interventions majorées. Je ne sais pas si… Enfin, vous n’avez probablement pas le même vocabulaire en France, mais le concept est peut-être le même. C’est tout citoyen ou citoyenne qui, via sa mutualité, a des aides financières qui bénéficient d’aides financières
Pour l’accès aux soins de santé. Et donc, c’est un indicateur qui nous a permis de cartographier à la fois la précarité et les inégalités de santé à Bruxelles. Et donc, on l’a choisi comme indicateur de base pour tout notre travail après d’analyse journalistique, parce qu’on le trouvait pertinent vis-à-vis du sujet,
Donc la santé à Bruxelles, les inégalités socio-économiques, tout ce qui influe, en fait, l’état de santé de la population, et qu’on le trouve à toute petite échelle géographique. Donc, par secteur statistique, il y en a 724 à Bruxelles. Et donc, là, ils sont représentés en couleur.
Donc, en rouge, on a toutes les personnes précaires et vulnérables. En bleu, on va avoir toutes les personnes qui sont beaucoup plus aisées, beaucoup plus d’espace, parce qu’en fait, là, on a colorié chaque maison. Et donc, on voit les endroits où il y a de l’air, les endroits où il n’y en
A pas et ainsi de suite. Et donc, ça, c’est la densité de population plus le cercle est gros, plus le cercle est rouge, plus la population est précaire. C’est le départ de l’enquête, et ensuite, on a fait bouger tous ces paramètres en y injectant. Par exemple, on croise ces données-là
Avec la surface du logement, par exemple. On croise avec les revenus et ainsi de suite. On croise avec des paramètres qu’on a en termes de médecine préventive, taux de prévalence du diabète et ainsi de suite. Toutes les données publiques qu’on a trouvées, notamment sur ces sources-là, qui sont en fait…
C’était vraiment pas très compliqué d’aller les chercher. C’est juste que c’était pas encore fort présent dans la culture journalistique de se dire, « OK, je vais prendre tout ce qu’il y a dans l’atlas intermutualiste ». Ça existe depuis longtemps, mais en fait, on va se l’approprier en tant que journaliste pour faire une
Analyse de la région. Donc, on a d’un côté un propos journalistique, une enquête sur à quel point ce que Bruxelles abîme la santé. On a une volonté de faire des cartes et d’aller au plus précis possible avec le secteur statistique et donc l’unité géographique la plus petite, d’injecter dans notre prototype toutes
Les données qu’on trouve en ce qui était pertinente vis-à-vis de notre sujet. Et après, en tant que journaliste, on réfléchit à comment transformer ça en une histoire ou comment rendre l’information accessible. Et c’est là qu’on a imaginé le fait qu’en fait, le lectorat puisse encoder une adresse en début de site web.
Donc, c’est la capture d’écran de gauche. On demande d’abord… On a expliqué qu’elle était notre indicateur de référence et on dit, bon, d’après vous, c’est quoi le taux de précarité de votre quartier et puis ensuite, on va faire le déroulé derrière de l’analyse, donc on déplace le curseur à gauche
Ou à droite, puis ensuite, on veut mettre son adresse. Et en fait, après, durant toute la lecture du papier, on a l’adresse qui est pointée sur les cartes et alors on voit sa situation en comparaison aux autres. Et donc, la capture d’écran de droite, c’est la conclusion du papier où…
Moi, ça me fait à chaque fois penser à des cartes de pistes de ski avec les pistes bleues et les pistes vertes. En fait, toutes les courbes, c’est l’ensemble des secteurs statistiques de Bruxelles qui partent au départ du BIM, donc le taux de précarité, bénéficiaire d’intermotions majorées, puis on descend avec d’autres paramètres
Qu’on a abordés dans le papier. Et là, les derniers, c’est tous ceux qui étaient relatifs aux inégalités environnementales, pollution sonore, qualité de l’air, accès aux espaces vert. Et donc, on regarde les écarts et on voit que les quartiers de Bruxelles sont très inégalitaires, en fonction des revenus, tout en haut.
Et en fait, la pollution sonore est celle qui rassemble le plus les Bruxellois et les Bruxelloises. Et donc, on avait cette conclusion de dire, ok, face aux bruits, et en l’occurrence, face aux trafic automobile, on est, malheureusement, tous et tous, face vraiment à la même situation.
Tout ça pour vous dire que là, vous voyez qu’il y a une piste qui est celle de ton quartier. Et là, en l’occurrence, c’est le quartier Crickx qui correspond donc à la rue Gustave Defnet. Mais donc, c’était l’idée durant tout le papier, c’est de se dire, ok, vous, vous vous situez où,
Et donc, comment est-ce que je vais regarder la région et comment est-ce que je regarde la problématique de la santé et de l’impact de la ville et de mon quartier sur mon état de santé ou l’accès aux soins de santé. On a vraiment essayé de personnaliser la lecture.
Dans l’autre sens, ça donne parmi nos nombreuses conclusions de ce type de travail massif journalistique, etc., que c’était quoi, nos points d’attention. En fait, on les a pas forcément au départ, mais à posteriori, on se dit, ah, en fait, c’est à ça qu’on a fait gaffe et c’était ça l’intérêt
De ce travail journalistique. Premièrement, on travaille avec des données publiques qui n’avaient pas encore été utilisées cette façon-là. Et puis, du coup, en tant que journaliste, indépendante, média, qui est aussi une coopérative et qui travaille avec des logiciels libres et avec des approches les plus ouvertes possibles, journalisme participatif, etc.
L’idée, c’était de se dire, c’est de l’information publique. On veut absolument la garder publique jusqu’au bout. C’était clair et évident que ce serait jamais un article payant. D’ailleurs, toute la démarche journalistique a été soutenue avec un subsit public. Et c’est vraiment l’idée de se dire, on va faire un cercle vertueux,
C’est des données, il y a notamment des données qui nous sont accessibles via vos mutuelles. On va aller… Enfin, vous y avez accès. C’est de garder cette espèce de spirale positive de la donnée publique. Grosse réflexion sur l’accessibilité, de l’article aussi. C’est un article qui est vraiment conçu, alors que Médor est un
Média très papier de base. Ici, il a vraiment été construit avec une approche numérique de se dire, on peut lire un peu dans tous les sens, on peut commencer par la fin, on revient au début. Il est sourcé au maximum, renvoyé vers beaucoup de rapports publics, vraiment de dire
Qu’en fait, l’information, elle est là, et appropriez-vous en. Et puis d’essayer de faire un outil qu’il y a un peu hors de l’actualité. Parce qu’en fait, les données, elles datent globalement de 2016 à 2018. Et elles peuvent rester valables un certain temps. C’est-à-dire, ce portrait de Bruxelles, il restait un peu là
Comme un atlas, en fait, d’une certaine façon. C’est un peu ça, l’objectif éditoriel. Et ça a marché, à fond, dans le sens où cet article a marqué les gens, il est utilisé encore vraiment beaucoup. Mais en parallèle, quand on l’a présenté, notamment au secteur qui connaît le monde de la santé,
Ou qui connaît très bien le monde à Bruxelles, ils étaient là, mais en fait, il n’y a rien de nouveau. Enfin, il y a absolument… Enfin, tous les constats, ils sont là, ils sont dans des rapports depuis très longtemps. Quand je suis allée présenter aussi notre démarche à l’administration publique brusseloise pour dire,
Mais voilà ce qu’on compte faire avec les données, etc., machin, comment est-ce qu’on peut travailler ensemble, etc. Ils disent là, mais nous avons déjà des PDF qui sont fantastiques. Enfin, des cartes, il n’y en a pas besoin de plus, etc. Donc c’était intéressant, en tout cas,
En départ, de voir une forme de réticence à ce que, journalistiquement, on s’approprie cette matière pour en faire une enquête qui n’est pas un scoop ou qui n’est pas de l’investigation, mais qui est-à-dire, on va faire un peu un état des lieux à un moment donné, mais on va le faire
Avec une approche un peu différente. Mais en parallèle, on a reçu aussi beaucoup de retours du lectorat, notamment, mais maintenant du secteur qui a compris l’intérêt de l’outil. C’est-à-dire, bon, en fait, c’est hyper utile, c’est hyper important. Une fois qu’on a cet article là, on peut aussi continuer à construire dessus.
Donc journalistiquement, c’était intéressant d’être à la fois dans de l’innovation et en même temps, pas dans de l’information d’actu. Et puis après, on a quand même reçu un prix journalistique pour dire que c’était innovant. Voilà. Et ça, c’est nos noms, si vous nous cherchez. bxl-malade.medor.coop Merci beaucoup, Catherine. Bravo pour ce travail qui
Est vraiment très innovant et qui souligne, du coup, pour compléter ce panorama sur les enjeux du numérique dans la santé avec, du coup, toute l’importance de l’ouverture des données et du croisement de toutes ces données, ce qu’on est aussi à l’aube, du coup, de prise de conscience aussi par rapport aux données environnementales.
On sait qu’il y a déjà des constats qu’on n’avait pu faire sur le terrain, mais qu’il était extrêmement important de pouvoir objectiver, je pense, en tout cas. Et c’est intéressant de voir comment tout ce travail journalistique que vous avez fait vient nourrir potentiellement les politiques publiques et aussi informer,
Avec une vision pédagogique aussi, à l’échelle individuelle. Donc, en tout cas, un beau travail. Et en espérant qu’en France, on puisse aussi, en tout cas, pouvoir bénéficier de travaux aussi complets avec autant de données ouvertes à cette échelle de la maisonée. J’ai bien noté que c’était très précis. Garlane, est-ce que je
Te laisse un mot de la fin et de nous redire l’horaire de la Masterclass qui poursuit peut-être le parcours santé ? C’est terminé.