Le jeudi 18 janvier, j’étais à l’INRAE à Avignon pour présenter mon livre “Le Capital c’est nous”.
La crise écologique est-elle due à l’activité humaine en soi ou à la logique du capitalisme et à la société de consommation ?
Anthropocène ou Capitalocène ?
Bah merci à toutes et tous donc pour l’accueil et moi ça fait vraiment plaisir de de revoir beaucoup de de têtes connues ici donc vous m’avez invité pour parler de la crise écologique et moi j’avais un peu mis comme sous-titre anthropocè ou capitalocè parce que c’est c’est un peu
Le débat et évidemment je viens ici vous parler de ça parce que j’ai écrit un livre qui s’appelle le capital c’est nous alors peut-être la première chose que je peux vous raconter c’est pourquoi j’ai écrit ce livre qui dans le sous-titre c’est manifeste pour une justice sociale écologique alors c’est
Un livre qui vient un peu de loin alors François disait oui c’est c’est fait à la sueur du front oui ça c’est un livre qui vient un peu de loin parce que euh je pense que dans les quand je suis arrivé d’ailleurs à linra c’est un livre
Que j’ai écrit après être arrivé à linra j’avais une énorme colère par rapport à au système absurde dans lequel on vit où on a l’impression qu’on est enfermé dans une logique infernale et qu’on va droit dans le mur et notamment sur les questions écologiques et puis qui est
Aussi un système qui est assez injuste socialement euh et si on veut mélanger les deux je vous donne juste un chiffre c’est la moitié de l’humanité qui est met autant de CO2 que 50 % de l’humanité et il me semblait qu’il manquait un peu un ouvrage de synthèse pour essayer pour
Les militants essentiellement politique mais aussi pour tous les citoyens qui s’intéressent à comment changer la société qui manquait un peu un ouvrage de synthèse pour dire trois choses pourquoi il faut changer de système et de logique économique première chose deuxième chose quelle société alors moi je la j’utilise le terme d’écosocialiste
On peut construire dans l’avenir et la trisème chose qui est le plus compliqué c’est comment on chemine de l’un à l’autre he c’est-à-dire l’état actuel la perspective d’une société plus émancipée et comment on chemine de l’un à l’autre alors l’idée c’est on écrit toujours je pense j’ai entendu quelqu’un dire ça on
Écrit toujours les livres qu’on aurait aimé lire et donc c’était un peu ça l’objet de de ce livre j’étais quand j’étais jeune et certains d’entre vous l’ont peut-être lu lu élément d’écologie fondamentale et appliqué de François Ramat qui était mon mon professeur donc à horsay et et j’avais beaucoup aimé
Alors même si François Ramad était pas quelqu’un de très sympathique en lui-même mais son livre au moins était très utile a toujours été utile à des génération d’écologue avec l’idée que bah il y a une synthèse bon elle est elle est perfective mais au moins on peut y retourner et ça nous permet
D’avoir les bases donc c’était un peu ça en fait l’idée de de départ de de ce livre alors je l’ai écrit effectivement avec une triple ou une quadruple casquette la première casquette c’est en tant que en tant que militant politique quand même la deuxième puisque je suis militant politique depuis longtemps
Depuis 95 d’abord à la pour ceux qui me connaissent pas à la LCR et ensuite au NPA et maintenant à la France insoumise mais aussi en tant que deuxème casquette en tant que syndicaliste et certains ici le le savent puisque j’ai été longtemps à la à la CGT inrae et troisème
Casquette aussi un peu quand même en tant que scientifique et et chercheur puisque j’ai travaillé ici sur l’effet des changement climatiqu sur les forêts alors je traite dans le livre de beaucoup de choses euh d’une triple prédation de du système dans lequel on vit alors une prédation euh d’abord du
Capital sur le travail euh vous verrez j’ai quand même une analyse assez marxiste euh de de la société et de son évolution mais une deuxième prédation qui est une prédation du capital euh et je vais essayer de détailler ça euh sur la nature et une troisième prédation qui
Est euh je dirais des oppresseurs sur les opprimés euh mais la la principale c’est évidemment l’oppression des hommes sur les euh sur les femmes et donc je traite beaucoup euh dans le livre aussi de la lutte contre le patriarcat euh pour une société émancipée euh par rapport à ces questions-là euh et dans
Les oppressions il y en a d’autres hein évidemment il y a L’homophobie il y a le racisme il y a le fait que des groupes oppriment d’autres groupes pour leur choix leurs orientations sexuelles ou juste parce queils sont sont des femmes ou par rapport aux hommes ce qui m’a
Intéressé dans le livre je détaillerit pas là c’est comment on on travaille à l’ intersectionnalité entre ces prédations c’est-à-dire comment à la fois lutter contre le sexisme permet aussi de lutter contre l’injustice sociale mais aussi lutter contre le sexisme permet de lutter contre la les problèmes écologiques et et et notamment
Un truc très simple sur la bifurcation écologique c’est qu’on a quand même une question démographique hein qui qui peut être posé on est 7 milliards 10 milliards moi c’est pas mon approche de partir de la question démographique et dire qu’elle est centrale mais si vous voulez éviter que la population explose
La meilleure mesure c’est l’émancipation des femmes bon et on le sait dès que les femmes ont accès à l’éducation accès à la contraception on a une diminution en fait de la natalité et donc c’est quelque chose qui est aussi écologique en fait en fait voilà ça c’est juste pour vous présenter les intersections
Alors là pendant une vingtaine de minutes je vais essayer de de me focaliser dans pour ce qui concerne la présentation d’aujourd’hui sur quelques points saillants qui peuvent vous intéresser en vraiment regardant la question du rapport entre le capital et la nature mais évidemment je traiterai un peu des
Autres questions mais mais c’est ces aspect là que je vais essayer de regarder avec les trois points que j’ai mentionné c’est-à-dire d’abord comment on regarde garde l’interaction entre le capital et la nature en terme d’analyse du système économique aujourd’hui ensuite comment on peut imaginer une société plus harmonieuse écosocialiste
Quelles sont les pistes pour que une société fonctionne et soit pas prédatrice vis-à-vis de l’environnement et troisème chose c’est comment la les les mouvements à la fois écologiques et les mouvements sociaux peuvent travailler ensemble pour cheminer en fait vers cette société écosocialiste alors la question de la
Prédation du capital sur la nature c’est un débat un vaste débat en politique notamment plus d’ailleurs aux États-Unis où il y a tout un débat sur la qualification entre anthropocène ou capitalocè bon pour aller très rapidement l’idée c’est que on a une modification très forte de notre environnement et certains disent que on
Est dans l’anthropoccène c’est-à-dire que c’est depuis que l’homme est arrivé qu’il a modifié fortement son environnement et que et donc voilà c’est c’est essentiellement l’activité humaine en soi d’autres auteurs ont expliqué que ce n’est pas l’activité humaine en soi euh c’est l’activité humaine à partir de la révolution industrielle qui pose
Vraiment des des problèmes en termes de limite écologique et que ça c’est lié en fait au fonctionnement du capitalisme donc ce que je vais essayer de décrire là c’est mon point de vue sur cette sur C ce sujet et pourquoi c’est important politiquement alors avant de d’en
Arriver à analyser ça un peu dans le détail j’ai essayé de clarifier dans le livre bon ici je pense que vous êtes bien au fait c’est question là mais quels sont les éléments de la crise écologique d’abord le premier élément qui me semble central et qui est souvent
Blié dans les médias c’est qu’elle est multidimensionnelle euh il y a pas que le changement climatique euh il y a la crise de la biodiversité on est dans la 6e extinction de biodiversité euh il y a les pollutions pollutions majeures he microplastique maintenant on parle de nanoplastique mais ces pollutions moi je
Les étudier en tant que député sur les questions des croisières on a on a un gros dossier là-dessus et c’est un gros problème de santé publique mais c’est aussi un problème pour ces pollutions c’est un problème pour la biodiversité donc vous voyez bien que les les choses
Sont liées puisque la la disparition des des insectes et des oiseaux doit beaucoup aux pollution aux pesticides hein mais qui aussi impacte les agriculteurs donc on voit bien que toutes ces ces crises interagissent et dernière facette de la crise écologique c’est le fait qu’on est dans un environnement limité bon ça paraît assez
Banal mais que les ressources sont limitées donc depuis le Club de Rome on sait que les ressources en charbon les ressources en pétrole mais les ressources aussi en terre rare qui font vos téléphones sont limitées hein donc on a quand même quatre dimensions de la crise écologique et vous le voyez elles
Interagissent les unes avec les autres 2è élément euh fondamental c’est que ces crises écologiques euh sont ont un caractère à la fois euh de de vitesse et de globalité c’estàdire que c’est ça la spécificité de la crise écologique euh par rapport à ce qui s’est passé dans dans le dans les périodes précédentes
Euh et on voit sur différentes facettes de cette crise écologiqueon euh vitesse euh bon je pense que sur les les chiffres sur le changement climatique sont très parlants euh des fois il faut revenir à 2 millions euh pour la l’ acidification des océans fautevenenir à 2 millions dans le passé pour voir une
Des des des vitesses d’acidification aussi rapide pour le changement climatique c’est pareil on a déjà connu des moments dans la planète où on avait autant de CO2 et où on avait une température supérieure mais les les vitesses de changement n’ont jamais été aussi rapide là on fait ça en en un
Siècle sur les dinosaures c’est pareil he enfin sur l’extinction des dinosaures était moins rapide que que l’extinction actuelle des espèces donc ça c’est la rapidité le deuxème élément centrale c’est la globalité bon c’estàdire que globalement on a toujours modifié l’environnement ça c’est vrai enfin l’être humain je vous en donnera
Des exemples après à modifié son environnement depuis que presque les hinidées existent mais le caractère global de cette modification est quand même relativement récente et donc c’est le changement climatique qui est le principal facteur mais on peut penser à à l’ozone aussi qui a longtemps été un
Souci aussi alors par rapport à cette question euh je pense qu’il y a deux écueils avant de rentrer dans le dans le vis du sujet il y a deux écueils il y a un premier écueil qui est une forme d’angélisme écologiste euh qui consiste à dire euh la nature c’est bien et euh
Et l’homme peut vivre en harmonie avec la nature et cetera bon pourquoi je parle de ça parce que il y a des courants écolos qui du coup sous-estiment le fait que nous avons toujours transformer l’environnement je prends deux exemples que vous connaissez ici hein mais premier exemple les homin
Idé quand ils sont arrivés en en Australie ou ou dans les Caraïbes ils ont fait disparaître tous les grands t tous les grands mammifères prédateurs euh parce qu’en fait il faisaent de la chasse et donc même avant l’agriculture on a entraîné des extinctions d’espèces bon autre exemple on a modifié
Profondément en fait les espèces végétales avec l’agriculture et la sélection que les les les agriculteurs faisaient donc globalement oui on modifie en fait l’environnement et non la nature n’est pas bonne en soif enfin c’est c’est bon ça nous emmènerait loin de discuter de cette de cette affaire
Mais ça a des conséquences sur et compris les pesticides mais ça a des conséquences sur les vaccins oui il y a des moments on a besoin de de de développer la science on a besoin de développer l’agronomie pour pour nos besoins donc ça c’est une facette qu’il
Faut éviter autre facette aussi qui que je trouve beaucoup dans les théories un peu d’écologistes c’est ce que j’appelle moi maintenant théorie de l’effondrement milinariste bon euh et donc on a des auteurs vous en connaissez j’imagine certains qui explique que bon globalement tout va s’effondrer hein c’est Pablo servignier
Qui a popularisé ça ici en France mais c’est j Diamond aux États-Unis qui ont théorisé en fait que c’était mort ça allait s’effondrer bon moi je pense qu’en fait ces théories d’effondrement sont sont intéressantes elles sont vivifiantes mais néanmoins elles ne sont n’ont pas de base proprement parlé
Scientifique au sens où on on on voit réellement un effondrement global alors il y aura des effondrements locaux j’ai j’ai pas trop de doute là-dessus que nos sociétés par endroit vont s’effondrer mais en général quand elles s’effondre c’est plutôt d’ailleurs des effondrements socials que écologiques où les deux sont liés mais c’est souvent
Les guerres qui sont les les qui qui entraînent des effondrements des sociétés et on n’ pas attendu la crise écologique pour avoir des effondrements il suffit de regarder la Première Guerre mondiale la deuxième guerre mondiale et cetera bon euh donc une fois qu’on qu’on qu’on est qu’on évite en fait ces ces
Œillères un peu écologistes maintenant comment on regarde comment expliquer ce ce caractère global cette vitesse du changement de de notre environnement ben l’idée c’est à la fois euh c’est à partir de la révolution industrielle he il suffit de regarder là pour la peine les évolutions du du gaz à effet de
Serre et c’est qu’on a une société industrielle qui est basée sur deux choses la première chose c’est les énergies fossiles donc c’est un premier c’est un premier élément important et le deuxième chose c’est une société qui ne tourne trop vite c’est-à-dire que on a une obsession de la consommation et de
La production et la là où on explique que c’est le capital auocen et pas finalementanthropocène c’est d’expliquer que l’obsession de la consommation n’est pas innée à l’être humain c’estàd que c’est pas les êtres humains qui décident qu’ils ont envie de consommer absolument cette cette société de consommation est
Construite elle est construite au au profit en fait de ceux qui font du profit justement et et ça on repart moi je reparts dans le livre de l’analyse marxiste traditionnelle sur sur ce qui se passe mais en gros ce qu’il faut bien comprendre et qui est un peu oublié
Maintenant c’est que donc on a de l’argent capitaliste il a de l’argent il trans forme cet argent en marchandise en utilisant le le travail des salariés et ça lui permet de dégager une plusvalue hein vous connaissez l’analyse de de la plus-value c’est-à-dire qu’il y a une
Partie de l’argent de du travail qui ne rémunère pas et de cette plus-value il peut le réinvestir pour améliorer l’appareil de production mais il peut aussi le conserver pour augmenter son capital bon et ce qu’il faut bien voir c’est que le capitaliste n’a pas d’autrees moyen pour s’enrichir que de
Faire tourner de plus en plus vite en fait cette cette ce cycle argent marchandise argent et plus il tourne vite plus il fait des profits bon et et ça c’est une conséquence c’est que ensuite il faut vendre la marchandise et donc il faut pousser les gens à acheter
Bon et il y a pas vraiment de de choses nouvelles là-dedans et et ce que jeexplique dans le livre c’est que plus ça ça tourne vite quoi que vous fassiez plus il y a des dégâts sur l’environnement et c’est pour ça qu’on arrive à des limites planétaires bon et
Que si on veut à un moment donné avoir une société de décroissance matérielle et des services ça rentre en contradiction avec la accumulation du capital bon je l’explique dans le livre dès que vous diminuez finalement ce ce cycle là il y a à un moment donné le
Capitalistme il ne s’enrichit plus i si s’enrichit plus son capital décroit et rapidement en une génération en fait il perd de l’argent puisque son seul argent ça vient de son capital donc globalement et quand on traduit ça politiquement c’est la société vous connaissez du travailler plus pour
Gagner plus pour consommer plus et euh et à la fin pour polluer plus et donc c’est c’est là les le débat qu’il y a sur capital cè anthropocène c’est ce débat sur est-ce que réellement c’est le fait que c’est les êtres humains et leur activité comme les fourmis ou d’autres
Choses ou c’est les êtres humain dans un système donné qui est le capitalisme où certains d’entre eux hein ils ont viennent de faire plus de 100 milliards de dividendes cette année en France les les actionnaires du CAC 40 ont un intérêt objectif à ce que tout ce cycle
Là tourne le plus vite et alors après on pourrait réanalyser les les modifications récente du capitalisme et de voir que ça rien n’a changé ce qui est nouveau dans le capitalisme actuel c’est notamment euh les gafas mais les Gafa c’est quoi Google Facebook et cetera c’est des gens qui font de la de
L’argent à partir de l’information sur vos habitudes pour pouvoir vendre ces données en fait pour que vous achetiez des produits hein vous connaissez quand c’est gratuit le produit c’est vous bon mais on est dans une étape ultérieure en fait du capitalisme où on cible le consommateur parce qu’il y a toujours
Cette obsession de trouver un consommateur et quelque chose à lui vendre bon donc ça paraît évident mais c’est quand même ça des conséquen politiques assez forte cette affaire parce que c’est une des conséquences politiques c’est qu’on peut pas résoudre le problème de la contradiction entre la
Capitale le capital et la nature sans à à la fin du fin changer de système économique et faire en sorte que on ait un autre système économique alors ça m’amène à la deuxè partie qui est la société écosocialiste euh du coup s’il faut changer de système économique quelle autre société on peut construire
Alors on a quelques pistes puisque on a eu le communisme le socialisme et avant le capitalistme il y avait d’autres types de société euh parce qu’on n’ pas toujours une société capitaliste avec une industrie une produc un productivisme et cetera bon alors dans la dans la trème dans la deuxème partie
Du livre donc j’essaie de donner quelques pistes c’est évidemment des pistes à construire collectivement d’ailleurs je dis que le premier principe c’est principe de démocratie qui doit être le plus le plus fort et donc c’est quand même toujours les les salariés les citoyens qui doivent s’émanciper et trouver la société qui
Qui qui veulent euh dans ces pistes je parle des principes moraux sur lequel on fonde une société don vous connaissez dans la République c’est liberté égalité fraternité alors je vais pas rentrer dans le détail parce que je re réfléchis à ces principes moraux je je notamment je garde l’égalité et d’une certaine
Façon la fraternité mais je pense que la liberté je le remplace par l’émancipation je vais pas détailler de ça mais par contre j’y rajoute quelque chose un principe moral qui est le fait de préserver l’environnement alors moi je le nomme Gaia parce que c’est c’est
Lié à la thèse de lovlock mais l’idée je pense que dans nos sociétés et ça ça a des conséquences dans nos éducation et cetera mais on le fait on commence à le faire ça commence à à passer l’idée que on doit préserver l’environnement ça doit être une des valeurs morales qu’on
Doit rattacher voilà aux autres valeurs morales notez quand même que les religions d’ailleurs c’est pour ça que les valeurs qu’on avait collent puisque les religions les grandes religions euh en fait sur les sur en tout cas l’égalité la fraternité les grandes religions notamment donc les les chrétiens les les musulmans et et
Notamment les chrétiens et les musulmans avaient déjà ses valeurs morales hein l’égalité est quelque chose d’assez important chez les chez les chrétiens d’ailleurs c’est c’est quelque chose de et chez les musulmans c’est quelque chose qui est nouveau par rapport aux sociétés de l’Antiquité et sur la la valeur morale de préserver
L’environnement vous avez des sociétés qui avaient ces ces valeurs là on vous ont trouveé en Amazonie et cetera donc l’idée que à un moment donné il faut revenir à la aux valeurs et à l’éthique c’est aussi quelque chose qui est une rupture en fait je pense avec le
Marxisme traditionnel que j’ai essayé de de de creuser ensuite si on vient dans les détails de comment fonctionnerait une société comme ça le premier point c’est la socialisation euh des communs alors bon j’ai une réflexion dans dans le livre dans un chapitre qui est dédié au commun bon j’utilise essentiellement
Dardo et Laval qui ont écrit un livre là-dessus etor strum que certains connaissent ici je pense qui est qui est là prix Nobel qui a travailler sur les communs l’idée c’est qu’il y a un certain nombre de choses qui doivent être gérées en commun et c’est mieux de les gérer en commun
Bon et donc je fais une analyse un peu analytique de de c’est quoi ces choses donc c’est en gros des ressources mais elles peuvent être soit illimité l’air c’est une ressource illimitée c’est c’est pas parce que vous utilisez la ressource que l’autre va être en vente
Privé il y a des ressources qui sont limitées qui sont qui se reproduisent comme le poisson et puis y a des ressources qui sont limitées et qui ne se reproduisent pas ou alors il faut les reproduire par de recyclage chez les ressources minières par exemple l’uranium ne se reproduit pas alors
Enfin bon si les ceux qui sont pour le nucléire vous diront avec le MOX et CETA bref je pas rentrer dans le détail mais globalement il y a des ressources qui ne se reproduisent pas et donc je fais j’ai une analyse là-dessus sur comment on on travaille sur sur la socialisation de
Ces ces communs et ma réponse c’est que c’est pas forcément l’État le le bonne voilà on peut avoir une nationalisation une gestion à l’échelle de l’État mais ce qui explique Elinor rstrum et d’autres c’est que le le le bon bonne échelle de socialisation c’est pas forcément ce niveau-là ça peut être le
Bassin versant pour la gestion de l’eau ça peut être la la ville ça peut être même le quartier pour certains certains communs euh voilà et donc il faut imaginer aussi des communs qui soient gérés à des à des échelons qui soient plus plus locaux et puis il faut séparer
La propriété la propriété peut peut-être d’ailleurs être nationale et l’usage c’est deux choses différentes voilà et puis le contrôle c’est encore une troisième chose c’estàdire que ceux qui utilisent le commun sont pas forcément ceux qui décident de de de du et qui le contrôle donc l’idée c’est d’avoir une
Autogestion des communs quand c’est possible à la bonne échelle donc ça peut être la nation ça peut être l’Europe ça peut être le monde d’ailleurs he et c’est le casin c’est déjà le cas sur certaines questions par exemple on a plus le droit d’enfouir des déchets nucléaires dans les fausesmarines bon ça
On un jour on a décidé ça quand même dans les années 80 c’était pas mal mais il y en a au golf de Gascogne il y a plein de déchets nucléaires qui ont été voilà foutu là donc ça c’est le premier point sur sur la gestion des communs
Deuxième élément sur lequel je reviens un petit peu mais qui est un peu évident c’est que pour beaucoup de choses si on veut améliorer notre société éviter la prédation sur la nature il y a pas mal de choses qui sont possibles par des normes par des règles qu’on se fixe que
La loi est importante alors je reprends l’exemple de l’ozone bah c’est comme par la loi qu’on a interdit les produits qui détruisaient la la cou couche de zone et ça a marché alors on avait des produits alternatifs pour dans nos frigidères mais n’empêche qu’on a sauvé
La couche de zone avec cette affaire et donc tous ceux qui disent non à l’écologie punitive ils sont bien gentils mais il y a un moment si l’ensemble des citoyens décide que quelque chose est interdit il doit être interdit bon je dis ça parce qu’on a le
Débat sur glyphosate on a le débat sur les certains pesticides mais il y a certaines choses qu’on peut interdire et c’est possible de les interdire voilà et enfin euh le le nerf de la guerre c’est pour le reste parce que les communs j’ai pas parlé des communs qui sont pas liés
À à à l’environnement mais l’hôpital l’éducation on voit bien comment on peut gérer ça avec des services publics des fonctionnaires des fonctionnaires territoriaux ça ça on voit bien le problème c’est les biens communs et c’est là où le capitalisme est fort c’est la la consommation de vos chaussures de vos vêtements et cetera
Alors comment on gère moi je pense et c’est une proposition une piste qu’on peut sortir du la société d’accumulation du capital sans sortir du marché et qu’on a besoin d’un marché pour ces bien on va dire d’usage courant parce que il y a une question d’offre et de de
Demande et moi je suis pas contre l’idée que l’offre et la demande peuvent réguler en fait la production de biens le problème c’est le le fait que de de ce marché de de de biens et de d’échange euh entre de l’argent et et de la marchandise queil y ait une plus-value
Qui soit privatisée qu’il y ait une plus-value c’estàdire que tout le travail soit pas rémunéré au salariés c’est pas choquant pourquoi parce qu’on a besoin d’accumuler un peu d’argent pour réinvestir par exemple dans l’appareil de production donc on a on a besoin d’accumuler du capital le
Problème et et ce qui ne va pas c’est que le capital qu’on a accumule en fait c’est un capital qui est qui appartient à une minorité privée et maintenant ça ça appartient à des actionnaires qui ne qui n’ont aucun rôle dans l’entreprise donc en fait les gens qui s’enrichissent
Sur l’activité des salariés ne sont même pas dans l’entreprise ils ne savent même pas de d’ailleurs souvent ils savent même pas qu’ils ont le capital de l’entreprise parce que c’est géré par des portefeuilles enfin on a voilà donc tout ça il faut le le désolidariser pour qu’on soit plus piloté par la logique
D’accumulation du capital voilà et à partir de ce moment-là on peut imaginer des sociétés autogéré avec des modes de gestion que qu’ le souhaitent d’ailleurs qui Contin continue à fournir de de la marchandise et cetera et mais par contre que la plus-value soit socialisée et que quand il décide de réinvestir ça soit
Décidé aussi collectivement avec les citoyens c’est-à-dire que ça soit quelque chose qui soit démocratiquement débattu alors sur la dernière partie je serai un petit peu moins long parce que c’est peut-être la partie sur laquelle il y a le plus de débat et et et voilà je vais juste donner quelques éléments
Évidemment le problème devant nous je pense que l’idée qu’on est dans une crise grave et qu’ a des contradictions fortes dans le système capitaliste je pense pense que maintenant c’est quelque chose qui est assez partagé bon je dis pas que tout le monde est d’accord avec
Ça mais je pense que c’est assez partagé l’idée que il faudrait une société un peu un peu un peu plus émancipé moins prédatrice sur l’environnement moins prédatrice sur les femmes une société qui soit aussi plus juste et et socialement j’en parle pas du tout là mais qu’ soit plus égalitaire
Socialement je pense que vous discutez même avec des gens de droite il seraient d’accord avec ça certains maintenant enfin c’est c’est pas c’est pas vrai que ces idéesl sont sont si sont si hasbin tout le monde ne rêve pas d’être milliardaire en France contrairement à ce que pense le président Macron faites
Un sondage autour de vous bon ça ça fait pas rêver ça fait rêver une minorité cette affaire bon le problème c’est comment on s’y prend et on a un problème al moi je résume comme ça politique qui est que ceux qui bénéficient de ce système euh ils sont au bord d’une
Ferrari je vais choisir une Ferrari aujourd’hui et ils ont le volant ils foncent dans le mur et en en plus ils sont sous coque donc ils se rendent pas compte qu’ils fondent dans le mur quand même bon c’est un peu ça euh et le problème c’est comment on leur reprend
Le volant collectivement bon et ça c’est pas simple et le volant c’est pas juste le président de la République c’est pas juste parce qu’on est dans un système où le pouvoir il c’est pas que le pouvoir politique c’est le pouvoir économique et CEA donc comment collectivement reprend le volant
Alors j’apporte de trois éléments qui sont importants à mon avis dans et qui font une spécificité de de mon approche par rapport notamment à la à d’autres dans au sein de la France insoumise d’abord je pense qu’on est dans une société extrêmement complexe avec différents champs on a une société
Civile on a des appareils d’État on a des collectivités territoriales des entreprises privé des entreprises publiques c’est gramchi qui a parlé beaucoup de ça dans dans l’histoire de la pensée marxiste qui explique que on a on n’est pas dans une société comme le pensait Lénine en 17 où il faut juste
Prendre le pouvoir politique parce que finalement il y a que ça il y a que ça qui tient et on prend le pouvoir politique et c’est bon on est dans des sociétés où de toute façon il y a plein d’autres endroits où il y a il y a du
Pouvoir il il y a du pouvoir d’agir et il faut en tenir compte et donc la lutte elle se mène dans tous ces champs c’est dire que il y a il faut une lutte au niveau de l’entreprise il faut une lutte dans dans les dans les dans les
Entreprises mais il faut une lutte aussi politique il faut une lutte donc dans la société civile et cetera donc c’est important d’être dans toutes les médiations qui travaillent dans ces champs et chacune de ces médiations a son rôle et son rôle spécifique c’est quoi les médiations c’est les partis
Politiques les syndicats les la presse en général les associations donc en fait il faut militer travailler dans toutes ces toutes ces médiations et il faut respecter leur indépendance et ça j’ai un point assez important là-dessus faut respecter l’indépendance de la presse faut respecter l’indépendance des syndicats parce que chacune a son rôle
Propre là où elle où elle travaille voilà donc une fois qu’on a dit ça l’idée c’est qu’il faut construire donc des outils qui soient le plus efficac possible dans l’ensemble de ces champs et il faut donc les construire pour qu’ils soient efficac bon j’ai tout un paragraphe là-dessus j’aurais pas le
Temps de débattre mais il faut construire démocratiquement bon et euh une fois qu’on on on a euh on a ce cheminlà quel est le le le rôle entre enfin je vous j’ai parlé pendant tout le long de de la présentation du rapport entre le capital et le travail s’il y a
Quelque chose à dire entre l’écologie et le social sur cet aspect c’est qu’il faut absolument que ne pas opposer les luttes sociales et les luttes écologiques alors c’est plus facile à dire qu’à faire mais néanmoins c’est extrêmement important et et moi j’essaie toujours dans mes interventions de voir
Comment quand on intervient dans un dans un sur un sujet donné comment on essaie d’éviter que les les travailleurs par exemple soient soient les dindon de la farce bon et de trouver notamment les luttes écologiques qui sont aussi des luttes sociales j’en prends une sur lesquell j’ai j’ai travaillé récemment
C’est que l’Europe a décidé de liquider Fret SNCF bon donc bon pour des raisons que j’ai pas le temps de vous décrire mais je vous décrirai si ça vous intéresse parce que c’est c’est génial comme affaire enfin c’est génial c’est triste mais pour des histoires de concurrence et cetera ils ont décidé de
Liquider frit SNCF benah typiquement c’est une lutte où à la fois vous avez les travailleurs avec vous parce que c’est 50 salariés dans la région qui vont être qui vont devoir repris par SNCF je sais pas ce qui va se passer pour eux et en même temps c’est une
Lutte écologique parce que les les la concurrence va pas pouvoir reprendre le le trafic on le sait ils nous le disent donc ça va aller sur les camions donc là on a typiquement une lutteù on peut faire les deux euh il y a des tas de de
De de trucs comme ça où on peut on peut mettre les les les gens voilà de notre côté je prends un autre exemple c’est les croisières donc on a mené toute une bataille sur l’interdiction du croisiérisme mais pour l’instant la proposition loi qu’on a fait est plutôt
Une loi pour limiter les croisières et faire que le pollueur paye mais on n’est pas allé jusqu’à l’interdiction parce que j’ai mon collègue Mathias Tavel qui qui travaille au chantier de saint-nazer enfin qui est député des chantiers de saint-az enfin de de Nantes donc qui là
Où il y a les chantiers de saint-nazer qui m’a dit bon attends si on dit qu’on veut l’interdiction des croisir il va falloir aller discuter avec tous les sers qui travaillent là-bas et donc on va faire une autre proposition loi on va réfléchir mais dans le détail à la
Reconversion des chantiers de de saint-nazer bon mais si on va pas là-dessus c’est pareil pour le nucléaire en réalité on se retrouve dans des moments où les gens sont pris à la gorge et si vous leur dites on arrête votre activité en fait ils vont se braquer voilà donc c’est important je pense
De pour en tout cas en terme de stratégie d’essayer toujours d’avoir ça en tête d’essayer de voir bah qu’est-ce qui va se passer pour les salariés si on arrête une activité comment on on organise leur reconversion pour conclure principale ennemie qu’on a en face de nous outre le
Fait qu’on a des gens extrêmement déterminés qui veulent pas lâcher le morceau c’est la résignation et on a c’est là-dessus je reviens un peu sur les les théories de l’effondrement moi j’en ai discuté avec Pablo servinier moi je trouve que c’est a un caractère extrêmement paralysant et Auto réalisateur de ces théories de
L’effondrement comme les théories qui disent qu’on va forcément avoir le le rassemblement national et cetera et que voilà je je pense que d’re principal ennemi c’est la résignation et qu’en réalité on est quand même nombreux à partager en fait le les mêmes objectifs voilà être dans le même camp et
Finalement le deuxième ennemi qui qui qui qui est vraiment l’allié aussi de de des classes dirigeantes c’est typiquement ce qui nous divise c’est pour ça que j’en ai pas parlé là mais les questions d’antiracisme et les questions de de d’antisexisme sont extrêmement importants parce que ça
Divise la société et du coup les gens préfèrent se dire que le problème c’est les étrangers plutôt que le problème c’est ceux qui nous mènent dans le mur bon bon la nécessité donc du coup de ne pas se résigner de de se battre partoutù c’est possible vous l’avez compris et de
Construire durablement donc et démocratiquement les forces politiques qui vont plutôt dans le bon sens et pour ça nous sur quoi on travaille enfin moi ce que je défends pour les la la prochaine période c’est le rassonement de la gauche et écologie sur une ligne de rupture je moi je formalise toujours
Comme ça je pense qu’on a besoin d’être assassemblé dans la période actuelle mais sur une ligne quand même de transformation assez radicale de la société puisque j’ai expliqué que sinon on n’arriverait pas en fait à préserver l’environnement et qu’il est quand même assez urgent euh de se bouger donc de
Vous syndiquer ou de rejoindre des associations chacun fait ce qu’ là où il peut hein mais de soit la société civile soit les sndicat soit les partis moi j’ai pas de j’ai pas de leçons à donner là-dessus mais on a un vrai risque et je finirai là-dessus même si je pense que
Il y a rien d’idéductable et je suis contre la résignation il faut un sursaut parce qu’on a quand même un vrai risque d’une victoire du rassemblement national et on l’a vu avec Trump aux États-Unis ou avec bolsonaro c’est aussi un désastre pour les écosystèmes ces pouvoirsl sont les pires bon c’est ils
Sont pro prcléaire profossile voilà et donc on a absolument besoin de de se rassembler pour pour éviter ce de d’avoir encore 50 pire avec le rassemblement national voilà merci [Applaudissements]