Mardi 16 janvier 2024, la commission d’enquête sur les émeutes de juin 2023 auditionne Fabien Jobard, politiste, Marwan Mohammed et Sebastian Roché, sociologues.
Bien merci messieur de de votre présence nous reprenons donc le travail de la commission je me permets de de vous rappeler que nous sommes dans le cadre d’une mission d’information menée par la commission des lois mise en place par la commission des lois avec pour objectif d’appréhender un peu précisément ce qui
S’est passé au moment des ce que l’on qualifie des émeutes du fin juin début juillet dernier bien sûr que notre travail porte sur par nature les fonctions régaliennes qui sont les nôtres affaires de Sécurité de justice c’est très bien mais nous souhaitons élargir la compréhension de des événements peut-être même pour avoir des
Propositions législatives ou réglementaires ou pas de propositions du tout en tous les cas bien des constats et donc c’est la raison pour laquelle nous auditionnons j’allais dire assez largement et donc merci de de votre présence cet après-midi les collègues de la commission des lois sont sont présents cet après-midi dans cette
Grande salle pourquoi cette grande salle avec un monde que vous pourriez considérer comme pas suffisant mais parce que nos auditions se font habituellement ici pour des raisons de facilité et de qualité de la salle par rapport à notre salle de la commission des lois qui est beaucoup plus modeste
Naturellement on est retransmis là et nous sommes par ailleurs ici retransmis sur le site internet du Sénat ce qui n’est pas possible commission des lois d’où cette salle voilà comme ça les choses sont parfaitement claires et d’autres collègues pourront arriver évidemment en cours d’audition je vais vous laisser messieur Joda Mohamed et
Rocher vous êtes sociologue alors j’ai pas le détail de des lieux où vous vous professez si je puis dire vous travaillez je pouvez vous présenter et puis dire de comment vous où vous travaillez vous êtes naturellement qu’on comprenne bien les choses et puis je vais vous laisser la parole
Immédiatement dans l’ordre que vous aurez peut-être prévu entre entre vous je sais pas ce que vous avez décidé si vous avez décidé quelque chose ou pas au quel cas celui qui voudra prendre la parole en premier la prendra bien volontier voilà je je vous laisse débuter monsieur rocher alors le micro
Il faut appuyer sur le bouton rouge qui est sur à côté du micro voilà OK puis après il faut le dactiver oui alors je suis désigner parce que j’ai fait une petite présentation que je voulais aussi laisser comme support parce queelle est ça les sourcé donc on sait un peu de
Quoi je parle donc moi je suis directeur de recherche au CNRS je travaille à sciencep à Grenoble et euh je travaille depuis assez longtemps sur les questions de de police sur la délinquence des des jeunes et puis sur les émeutes parce que j’ai connu les émeutes évidemment de de 2005
Non pas comme participant mais comme comme analyste c’était un événement mondial lui aussi hein c’est un événement considérable et à l’époque le Centre d’analyse stratégique avait été chargé de rendre un rapport car qui est toujours disponible euh qu’on avait fait avec un administrateur de l’INC monsieur Morel
Et puis un gendarme qui était détaché au au centre casazel de de mémoire voilà donc on avait travaillé sur les sur ce sur ce sujet alors euh je me suis dit là que j’allais choisir un petit temps un angle assez fermé une présentation courte pour qu’on puisse discuter
Et donc je me suis là je vais essayer d’avancer je sais pas si ça va marcher sil faut cliquer il y a toujours un est-ce que c’est par ICI ou est-ce que c’est par là ou par ici on sait jamais incertitude dans le clic mais est-ce on sait pas où est le
Capteur qui reçoit le petit signal en fait c’est ça le truc bon c’est Stord ah peut-être ça absolument pas répondre est que vous pouvez avancer pour moi s’il vous plaît la première prés première slide et puis comme ça si c’est celui-là s’il accepte de il accepte oui voilà moi je je pense
Que je vais réussir c’est celui c’est celui-là ben j’ai appuyé sur le mauvais en plus évidemment donc voilà en regardant le l’importance du du rôle de de la police dans le déclenchement des des émeutes et dans leur résorption éventuelle et si je regarde la littérature internationale parce qu’
Alors évidemment la France est avec la Grande-Bretagne le pays d’Europe qui a connu le plus d’émeutes c’est le seul qui connaît des émeutes nationales c’està-dire qui échappe au périmètre d’une commune à l’exception de de la Grèce en 2008 mais sinon la particularité c’est pas les émeutes en France la particularité c’est l’envergure
Géographique que prennent les émeutes et le fait qu’elles deviennent des phénomènes nationaux voilà donc il y a dans les pays occidentaux il y a la France le Royaume-Uni et les États-Unis principalement en parallèle du mouvement des droits civiques et puis y a desutes qui se reproduisent mais à l’échelle
D’une grande ville comme comme Los Angeles bon et c’est des pays qui évidemment ont rien à voir d’ailleurs ça me fait ça me fait dire c cette chose là c’est que en fait c’est pas une question de modèle de société c’est pas une question de modèle d’état c’est pas une
Question de société communautaire ou pas parce que la France et le Royaume-Uni sont deux pays qui ont des modèles politiques administratif complètement différents à tous les égards c’est pas ça qui donne lieu aux c’est pas les modèles c’est les pratiques en fait c’est au niveau des de
Ce qui se passe au niveau des des des situations de d’interaction al il y a deux d’après la littérature et je pense que ça s’applique assez bien à la France il y a deux grands mécanismes de déclenchement un mécanisme que je vais appeler direct peut-être par par facilité c’est euh
Brutalité policière ou décès au cours d’une opération de police probablement parce que ça produit un choc moral extrêmement important et on dit que ce choc est médiatisé techniquement c’estàd qu’il est il est lié à deux autres facteurs qui sont qui sont eux mêmes l’identification avec le
Profil de la personne qui a été tué si on la connaît personnellement si c’est quelqu’un de la mme monté d’escalier ou du même quartier on est particulièrement affecté ça ça provoque une mobilisation et si on appartient au même groupe socio professionnel ou ethnique on est également particulièrement affecté donc on va voir
Comment comment ça marche mais je pense que c’est des choses que vous savez déjà et puis il y a un deuxième ensemble des faits que je vais qualifier ici d’indirect et qui sont plutôt une accumulation de frustration les anglais il disent strain c’est comme un un ressort qu’on comprime et qui accumule
De l’énergie d’autant plus qu’on le comprime qui à un moment donné va va relâcher son son énergie qui provoque cette cette multiplication des petites frustrations plus petites frustrations va va engendrer une diminution de la confiance dans la police qui va elle elle-même devenir un facteur de déclenchement parce que la police aura plus
L’autorité autorité au sens réel du terme au sens euh la force morale qui fait qu’on est écouté pas l’autorité au sens de la coersion euh elle a plus l’autorité en fait pour freiner le mouvement des meut voilà c’est c’est les deux grands mécanismes qu’on qu’on va retrouver dans les différents pays occidentaux alors
Euh savoir ce que c’est une émeute c’est pas non plus extrêmement évident c’està que comme on regarde les les émeutes géantes j’ai envie de dire les émeutes nationales comme en 2023 comme en 2005 comme en 92 à Los Angeles avec 50 60 millions de dollars de destruction là
Oui on dit oui là on voit bien ce que c’est qu’une émeute mais en fait il y a énormément de phénomènes d’une beaucoup plus petite intensité qui se produisent donc moi j’avais proposé de dire qu’on pouvait imaginer qu’il y avait une émeute sil y avait une concentration
Suffisante dans le temps et l’espace de destruction et de dégradation et il y a quelques autres phénomènes qui viennent de s’y ajouter confrontation physique et parfois usage d’armes mais c’est surtout un phénomène de con tion dans l’espace si vous prenez par 100 feux de poubelle vous les distribuz en îledefance il y a
Pas d’meut vous prenez les mêmes 100 feux de poubelle et vous les rassembleer à clichi un jour donné là vous parlez d’meutes donc la désignation du terme desmeutes c’est un phénomène de concentration des des incidents dans l’espace et dans le temps c’est pas un phénomène numérique pur c’est pas une
Question de quantité c’est question de quantité avec des un certain nombre de conditions voilà et et ça ça ça amène à dire que en fait les émeutes c’est pas sont pas des phénomènes sont des phénomènes qui sont de type continu un peu comme les marais il y en a plus ou
Moins parce qu’il y a toujours un fond et c’est enregistré par la statistique de de police je venir tout à l’heure toujours un fond de destruction et de dégradation en permanence est-ce qu’on on va parler des meutes quand la variation de cette quantité de dégradation et de destruction par
Rapport à une date de de référence est suffisante suffisante qu’elle est suffisamment élevée voilà donc on va regardarder en fait des des variations d’un phénomène qui est en lui-même le terme émeut en il renvoie pour sa qualification pénale uniquement à une somme d’infraction que le le droit pénal caractérise destruction dégradation
Différents types de dégradation de BI privés de BI public et cetera et c’est important encore une fois de dire ça parce que la plupart des des phénomènes d’meutes euh sont petits ils sont ils sont pas gros ok ça c’était ma petite définition euh bon pour la police là j’entends par
Police les les agents qui ont des des uniformes et qui répondent à une autorité civile donc je laisse de côté toute la question des polices privées qui sont extrêmement importantes mais qui qui ici va pas me vont pas me concerner alors je rappelle aussi une chose une propriété des émeutes ça c’est
Pas simplement français là je montre un certain nombre de départements français euh en 2005 où on voit ici le nombre de véhicules brûlés par jour dans différents départements et c’est qu’on ce qu’on voit c’est qu’en fait dans chacun des départements on retrouve en fait la même structure le même cycle
Temporel et c’est toujours un cycle qui est court qui se tient entre 5 et 7 jours quel que soit le département quel que soit l’action de la police quel que soi les les caractéristique générale en fait il y a une propriété de l’émeute c’est qu’en fait il y a une les gens
Vont se rassembler ila des incidents qui vont faire on va dire dégénérer l’affrontement et il va y avoir un pic et en fait ce pic il va assez vite retomber euh probablement parce que c’est fatiguant en fait comme activité c’estàd que quand vous détruisez toutes les nuits des voitures que vous courez
Pour envoyer des cocktails incendiaires sur le commissariat de police mais au bout d’un moment vous êtes fatigué donc il y a un phénomène d’épuisement qui un phénomène qu’on va retrouver dans dans tous les pays et nous on a ce cycle là et et ce cycle on va le retrouver euh
Hop je vais montrer ici mais faut que j’ un peu plus bas en euh 2023 en fait là j’ai j’ai refait à partir des données qui sont publiques he de la presse qui avait été diffusé par le monde j’ai refait les les cycles et en fait on voit
Qu’on a exactement le même il faud regarder que le trait qui est en pointillé en fait qui est la moyenne pour un département donc là j’ai pris quelqu quelquesuns des des départements et on voit en fait que la structure en fait hmetière elle est toujours la même
Et que la durée est toujours la même tout se tient dans un intervalle de 5 à 7 jours donc c’est toujours là c’est c’est comme je sais pas il y aurait une une rythme une contamination par un virus je pense par exemple au covid et donc on sait bah les médecins savent que
La durée pendant laquelle on est infectieux c’est de temps pendant la durée pendant laquelle on a de la température c’est de temps et cetera donc on retrouve les mêmes systèmes de de régularité si je fais marcharie au pas en 2005 comme on a pu analyser les
Données ce qui est pas encore le cas en 2023 en tout cas à ma connaissance euh les éme de 2005 les données ont été réanalysés ici par des chercheurs canadiens et ce qu’on ce qu’on voit c’est que les mesures exceptionnelles prises par le gouvernement à l’époque et notamment l’état d’urgence ont pas eu
D’effet sur la dynamique temporelle c’està-dire qu’une fois que c’est parti ça brûle toujours de la même manière avec le le mouvement que je viens juste de de présenter et en revanche ce qu’on voit aussi c’est que postérieurement au phénomène d’émeutes il y a de manière durable une élévation de la délinquence
C’estàdire que les territoires qui sont particulièrement touchés par les par les phénomènes émetiers ils deviennent plus délinquants qu’ils ne l’était avant les phénomènes d’meutes donc c’est pour ça d’ailleurs que c’est sont des phénomènes qui intéressent les pouvoirs publics parce qu’ils ont des coûts économiques astronomiques et ils ont des coûts de
Long terme sur et des effets de long terme sur la sécurité des des citoyens et je voudrais rappeler alors en matière maintenant de de de déclenchement euh que les plus grandes émeutes qu’on est enregistré dans les pays occidentaux sont associés avec des brutalités policières avec des des actions de police agressif comme à
L’époque margarette Sacher en en Grande-Bretagne ou bien avec des décès au cours des opérations de police là j’ai fait la liste parce que les principaux encore une fois c’est c’est le Royaume-Uni la France mais j’ai rajouté aussi parce que c’est le cas le le Canada et le Québec particulièrement
À Montréal en 2008 athè aussi en 2008 et à chaque fois on retrouve le même phénomène donc il y a une régularité et nous on a enfin les les je suis plus politiste que sociologue mais on a une croyance dans le fait que bah les régularités nous disent quelque chose
Des liens de causalité je parle pas de causalité directe parce que c’est plus compliqué que ça mais en tout cas c’est vrai que les brutalités policières sont un déclencheur et encore une fois c’est pas lié au système politique on n’est pas le système grec on n’est pas et
Cetera il y a il y a un phénomène qui est qui est lié à la fonction symbolique que la police remplit dans une société c’est que quand une une organisation qui a pour fonction la sécurité arrive à dans des situations où elle va tuer une personne la plupart du temps ou la
Brutaliser désarmé et qu’on va avoir des preuves vidéos de ces événements il va y avoir un choc moral qui va entraîner une mobilisation qui lui-même va entraîner qui elle-même va entraîner d’autres choses alors on a regardé je vous ai dit la plupart des émeutes sont des les émeutes minuscules en tout cas pas
Imperceptibles puisqu’on peut les enregistrer mais en fait sont des variations dans la quantité des destructions et des dégradation et on est en train d’analyser les données depuis 96 jusqu’en à 2002 en France avec une petite équipe donc j’ai marqué les noms des des collègues ici et ce qu’on
Voit quand on quand on essaie de comprendre si euh les décès au cours des opérations de police euh déclenche ces phénomènes d’émeutes est-ce qu’on voit est- ce qu’on vérifie que c’est le cas si la personne particulièrement si la personne n’est pas armée c’est que si la police tue quelqu’un qui n’est pas armée
Et si la personne qui est tuée a un prénom qui fait penser qu’elle a qu’elle est d’origine étrangère et donc plus souvent résident dans des quartiers défavorisés ça c’est propice au démarrage d’une émeute donc là ça c’est la situation pour la France sur euh sur une presque une trentaine
D’années donc on a vérifié empiriquement que ce lien existait c’est pas uniquement les très grandes émeutes qui étaient lié à à l’action de la police mais que les plus petites émeutes étaient également lié à l’action de la police donc c’est je trouve c’est intéressant parce que ça aide à comprendre qu’il y a
Des variables structurelles au plan socio-économique mais il y a aussi un certain de variables structurelles qui sont d’origine institutionnel qui sont lié au fonctionnement normal des des institutions avance encore un tout petit peu le deuxème aspect donc qui est pas le déclencheur direct qui est pas un élément du déclenchement direct plutôt
Mais qui est ce que j’ai appelé tout à l’heure le phénomène de frustration il est maintenant assez bien identifié c’est la question des contrôles d’identité répétitifs et des contrôles d’identité discriminatoirees alors je je pense que en bien peut-être en parlera s s’il a envie d’en parler moi je vais
Juste rappeler que on a fait une enquête en 2016 dans dans les Bouches du rô et on trouve que dès 12 ans euh les contrôles d’identité euh qui touchent donc les adolescents euh sont particulièrement ciblés sur les minorités et uniquement en zone police pas en zone gendarmerie donc on a là des
Éléments aussi qui disons qui sont de nature à faire monter la température et à faire que lorsqu’il va se produire un accident ou un incident très grave en fait c contrôle d’identité ils auront fait s’élever la tel la température à un tel niveau que bah l’oxygène qui est dans l’air va immédiatement
S’enflammer donc ça on a pas mal d’éléments empiriques maintenant qui qui montre ça et ce qu’on montrait des des collègues allemands en analysant les données de l’étude sociale européenne qui est la grande étude qui est faite dans tous les pays de l’UE qui veulent bien la financer
Euh ça c’est pour l’affaire Tho qui est en ce moment devant un un tribunal et ce qu’on voit en analysant laffire Tho s’est produite au moment où était réalisé l’enquête sociale européenne ce qui fait que on peut regarder les opinions des gens les jours qui précèdent l’affaire TH et les jours qui
Suivent l’affaire TH et ce que vous voyez sur ce graphique c’est une simplification de de de cette de de ces résultats vous avez deux lignes une ligne bleue et une ligne rouge et ce que vous voyez c’est que la ligne bleue bah elle est moins haute après euh le le le
Fait que Tho était gravement blessé par les trois policiers qu’avant c’estd que dans la population générale ce type d’événement réduit la confiance dans la police et la ligne bleue c’est les personnes qui n’ont pas d’origine étrangère et la ligne rouge c’est les personnes qui ont des origines
Étrangères et ce phénomène de décru de la confiance mais il est encore plus fort dans les minorités c’estàd dans les groupes qui vont s’identifier avec la personne qui a été gravement blessé donc voilà le le petit petite petites choses que je voulais dire et il y a un modèle qui est
Qui a été proposé par un collègue britannique qui s’appelle modèle flash point modèle de l’éclair dans lequel il dit bon il faut il faut combiner différents événements pour comprendre le déclenchement des des émeutes et en gros je dirais il y a d’un côté des événements qui tiennent à la marginalisation
Sociopolitique des individus ou des territoires il y a deux phénomènes il y a la concentration spatiale de la pauvreté et les caractéristiques des personnes le fait d’appartenir aux minorités ethniqu c’est deux choses différentes he le fait d’être blanc ou noir et le fait d’habiter dans un
Quartier où il y a beaucoup de blanc noir ou beaucoup de pauvres c’est deux choses différentes c’est il y a une caractéristique structurale et une caractéristique des individus en fait c’est ces deux ensembles là aliment une marginalisation sociop-politique et elles vont se combiner avec les tactiques policières qui peuvent les
Gouvernements peuvent choisir de vouloir développer des tactiques de police assez agressives ça avait été le cas pour Nicolas Sarkozi ça avait été le cas pour Margaret Sacher dans les émeutes des années 80 et ce qu’on voit en fait c’est que la combinaison de ces deux événements font que les incidents qui
Vont se produire vont donner lieu à une explosion voilà c’est c’est c’est ce qu’on voit donc voilà j’ai rappelé ce ce modèle qui est un modèle qui est assez bien établi dans la littérature et qui a été soumis à pas mal de tests empiriques voilà je pense que ça
S’applique ça s’applique on avait les données précises pour ce qui s’est passé en 2023 si on pouvait accéder à ces à ces informations je crois que ça s’appliquerait pas mal à à elle voilà merci de m’avoir écouté merci Monsieur alors c’est Monsieur Marwan Mahamed ou monsieur Fabien jaobard qui
Continue je veux bien continuer si si Maran il souscrit et je me je me contenteraiis de d’ajouter des notes en bot page au au propos sing et et documentés auquel j’adhère qui viennent d’être d’être apporté je suis moi aussi donc comme Sébastien rocher euh sociologue ou politiste plus précisément et directeur
De recherche au CNRS euh j’ai travaillé sur les questions de police de manière quantitative ou bien de manière qualitative notamment en en suivant ou participant à des équipages de de de police euh dans des zone urbaine de la grande périphérie parisienne euh en observation en observant leurs leurs
Actions mais j’ai aussi de même pris part à des ce qu’on appelle des observations participantes du côté de jeunes de grande banlieu parisiennees qui se disaient victime de brutalité et de d’abus d’autorité de la part de la police et et et et j’ai pu d’une certaine manière cette manière-là
Acquérir des des sources venant si vous voulez des deux côtés de euh la barrière qui aujourd’hui semble séparer ces ces deux groupes alors je vais me contenter comme je vous le disais de euh peut-être d’apporter quelques éléments supplémentaires à ce que à ce que vient de dire Sébastien rocher
Euh le premier élément concerne la temporalité des émeutes euh et je vais revenir sur les courbes de euh les les les cycles et metiers que tu as que tu as décrit euh en insistant sur le fait que euh une différence majeure entre ce que nous avons observé en 2005
Et ce que nous avons observé en 2003 c’est que euh en pardon en 2005 et en 2023 c’est que en 2005 il y a eu en quelque sorte deux euh déclencheur au cours d’un même cycle d’événement le premier déclencheur est la mort des deux mineurs dans le transformateur électrique un jeudi soir
Et le second événement déclencheur est le lancé d’une grenade lacrimogène dans un lieu de prière à clichis sous-bois c’est ce lancé de Grenade lacrimogène qui a été pour reprendre la dernière diapo de de de Sébastien rocher l’événement déclencheur de fl point de la diffusion nationale des émeutes euh
La singularité la particularité des ém de 2023 à cet égard c’est le déclenchement simultané d’événements violents dans un plus grand nombre de villes distribué dans un plus grand nombre de régions compris donc au sud de la Loire et compris même plus précisment dans les bouches d’ r euh quelques
Heures seulement après la diffusion de la vidéo euh ça c’est un un un point qui qui mérite d’être rappelé deuxième point qui mérite d’être rappelé en ce qui concerne la la comparaison des émeutes 2005 et des émeutes 2023 euh et Sébastien rappelé que nous sommes tous deux docteurs en sciences politiques
Donc un petit peu attentif à ce qui se joue sur la scène politique les réactions des politiques notamment les réactions gouvernementales dans les premiers jours les premières heures qui ont suivi les événements 2005 euh et celles qui ont suivi les événements en 2023 sont radicalement différentes Nicolas Sarkozi
Euh et un certain nombre de ses conseillers parfois même d’ailleurs contre d’autres membres du gouvernement n’ont pas du tout joué l’apaisement dans les jours qui ont suivi la mort des deux enfants en 2005 euh pour un revenir sur ce qui a été dit à l’époque euh mais le politique n’a pas
Tempéré n’a pas eu à cœur en tout cas de tempérer même si d’autres membres du gouvernement euh défendaient une autre ligne à commencé par Monsieur Bégag ministre de des villes sans doute en 2023 vous vous souvenez sans doute que il y a eu unanimité à la fois d’ailleurs dans la représentation parlementaire et
Au gouvernement pour condamner le geste policier euh c’est important de le souligner parce que ça n’a eu aucun effet sur euh les euh comportements euh que nous avons observé ça souligne à quel point il y a une fraction de la jeunesse qui euh est particulièrement sensible aux
Actions des forces de l’ordre là aussi il y a un police nationale jendarmerie nationale police municipale hein c’est important euh et qui n’est pas du tout sensible à ce qui peut être dit par les représentants politiques euh c’est pour moi c’est un un phénomène qui signe je dirais la distance
Considérable qui sépare qui sépare ces deux mondes euh 3è 3è point sur la géographie européenne des émeutes euh Sébastien à juste titre a évoqué les disons de dimension nationale c’estd celle qui se diffuse on va dire dans dans dans dans plusieurs communes simultanément en gros euh mais si on prend l’ensemble des pays
Ouest européens qui ont été touchés par des phénomènes hmetiers ces 20 dernières années on remarque qu’il s’agit de la France de la Grande-Bretagne de la Belgique des Pays Bas autrement dit euh de pays post-coloniaux c’est-à-dire dont les populations présentes sur dont une partie de la population présente sur
Leur sol sont issu des anciennes colonies une exception à cela la Suède qui connaît des phénomènes metiers depuis une quinzaine d’années et qui n’est pas du tout concerné par ENF de loin en loin seulement enfin qui n’a pas eu de territoire coloniaux c’est important de considérer également cette
Dimension là du problème parce que c’est une dimension qui contribue très vraisemblablement à la politisation des et à une politisation pour employer un terme plus courant aujourd’hui à la radicalité de l’expression politique euh des jeunes dont nous parlons dans dans ces pays 4e 4e point j’en reste au aux
Jeunes en question pour essayer d’apporter des éléments de de cadrage dans la discussion parce que jeen reprends un point que que que Sébastien Rocher a indiqué en fait on sait peu de choses sur les éuts de 2023 parce que euh nous avons très peu de recherches même les recherches vous avez auditionné Antoine
Jardin il me semble donc qui vous a apporter quelques éléments quantitatifs hein mais ce sont ce sont des éléments qui sont qui méritent évidemment d’être d’être entendus et pris en compte sont des éléments encore fragiles parce que bien sûr la variable à expliquer c’est-à-dire émeute elle n’est pas
Donnée c’est pas on va pas c’est pas comme mtéo France supérieur ou inférieur à 0 ou à 15°gr ce qu’est une émeu ici ne l’est pas là-bas il est clair que pour un certain nombre de communes de sa saintenis on peut très facilement dissimuler tout un ensemble de feux de
Poubelle ou de véhicules alors que dans une ville du Loiret euh on ne on le peut beaucoup plus difficilement parce qu’il y a de la presse régionale et puis parce qu’il y a un intérêt aussi à faire valoir le fait que et ben telle ville est à l’écart de euh
De brigades territoriales de de gendarmerie de forces de l’ordre disponi ou que le Commissariat a été le commissariat de la ville manque d’effectif et cetera donc c’eston et puis par après par ailleurs la presse régionale est de toute façon attentive à des phénomènes qui apparaissent là-bas comme comme
Exceptionnel et donc la géographie des émeutes elle reste encore elle reste encore relativement certaine même si on sait que euh le euh les émeutes ont touché en priorité euh les euh grandes villes en tout cas les villes de plus de 50000 habitants euh avec pour la plupart d’entre elles
Euh des euh quartiers politiques de la ville donc ce sont des villes qui ont des quartiers pauvres puisque les qpv sont des euh euh désormais des critères à la différence de ceux qui les ont quis ont précédés euh des critères fondés exclusivement sur sur le revenu euh j’en reviens donc à à aux
Populations qui ont pris part aux émeutes il y a un gros enjeu qui consiste à savoir qui sont les émeutiers euh quelles sont les populations très exactement qui ont pris part qui ont pris part aux émeutes euh alors euh ce que l’on sait c’est que ce sont généralement des populations
Jeunes masculines et urbaines bon mais une fois qu’on a dit ça euh nous avons quelques quelques sources de d’information les rapports le rapport IgA igj dont vous avez euvant bien sûr qui a l’immense défaut hein il faut quand même toujours le rappeler de ne porter que sur les personnes qui se sont
Fait interpeller vous avez interrogé les policiers ils vous s doute ils vous ont sans doute dit que il y a un certain Delta un certain écart entre la composition de la population interpellé et la composition des participants les plus actifs aux émeutes qui qui sans doute anticipe dans les moyens qu’il
Mettent en œuvre dans les émeutes par exemple les tirs de de fusée les tirs de mortiers la possibilité d’être interpellé alors que le pillard opportuniste anticipe beaucoup moins facilement ce ce ce ce risque là donc voilà une distorsion entre la population interpellée la population etmetière il n’empêche que moi j’ai
Retenu deux donné très important enfin majeur dans dans dans ces dossiers dépouillés par l’Inspection générale de la justice euh la part très importante de de majeurs non diplômés sortis de du système scolaire sans diplôme 30 % deux fois supérieure à celle que l’on trouve en population générale et parmi la
Proportion des des personnes des euh des personnes donc interpellées et diplômé 40 % sont diplômés euh son titulaire d’un diplôme inférieur au baccalauréat cap be brevet des collèges et donc nous sommes sur des populations qui sont à la marge à la marge de notre société de ce point de vue si j’en crois
Les premières analyses notamment des des toutes premières analyses je dirais on appellerait ça vraiment des analyses exploratoires chez nous des préanalyses il semble que et j’ai lu ça sous la plume de HUG Lagrange qui avait monté tout un un ensemble de de corrélations territoriales pour euh pour décrire le profil des ametiers
Il semble que les variables sociales euh diplôme catégorie de revenus du territoire euh l’emporte cette fois sur les variables migratoires au sens où la proportion de d’immigrés sur les territoires ne semble pas corrélé avec euh le la variable diichotomique émeute oui etmeute non tout ça est assez fragile ça méritera d’être d’être
Approfondi mais il est clair qu’à un moment on on touche à des questions qui sont qui peuvent pas tellement être saisis par la statistique et j’en reviens là à la question des contrôles d’identité euh vous savez que depuis les années 80 et donc ça fait deux générations euh
Depuis les années 80 pour être précis la société française on va dire pour poser des des des repères un peu temporels la société française en quelque sorte elle se saisit du problème de l’inséc de l’insécurité à la fin des années 70 c’est le rapport perfit réponse à l’insécurité 1977 1981 loi sécurité et
Liberté qui d’ailleurs consacre les contrôles d’identité 1983 marche pour l’égalité une marche entreprise par les enfants de l’immigration on a donc en France 45 ans de de problèmes urbains de rapport avec la police de de problèmes liés à une jeunesse urbaine ou périphérique et au fil du temps c’est cette jeunesse
Là n’est pas évidemment par la statistique officielle mais commence à faire corps à former un groupe social pour reprendre le terme de Sébastien je m’explique j’avais fait moi aussi une enquête sur les contrôles d’identité à Paris on avait fait suivre des policiers sans qu’ils son rendre compte pour collecter les variables qui
Caractérisent les personnes qui le contrôlent à Paris Gard du Nord châelet dans 5 endroits différents et puis on avait comparé avec la population qui est présente sur ces lieux-là et et on s’était rendu compte que dans les lieux où les personnes blanches sont minoritaires elles sont sous-crôlé sous-crôlé par
Rapport à leur part dans la population disponible dans les lieux où les personnes blanches sont très majoritaires elles sont également sous-c contrôlées autrement dit euh la probabilité d’être contrôlé ne dépend pas du tout de la nature de la composition de la population disponible et de la couleur
De peau des individus il faut ajouter à ça que la couleur de peau n’est pas le seul critère qui déclenche qui est associé au contrôle l’âge le sex et l’accoutrement vestimentaire quand vous cumulez quatre variables qui sont jeunes hommes non blanc habillé de manière typiquement jeune et en particulier on avait
Identifié jogging casquette basket casquet ou capuche bref Couvrechef typiquement jeune pour le dire ainsi là vous avez un risque d’être contrôlé qui est démesuré par rapport à celui des populations autres au au bout de 40 ans lorsque vous avez un acte de des de la puissance des pouvoirs publics des forces de l’ordre
Qui s’adressent systématiquement aux mêmes populations que ces populations par les émeutes mais aussi par leur rap par tout un ensemble de choses décrivent ces phénomènes décrivent également ce qu’elles perçoivent comme étant une non réponse à ces phénomènes vous créez là un ce qu’on appelle un sentiment d’appartenance une population qui va
Être invisible dans la statistique publique mais qui va avoir une réalité substantielle et cette population c’est-à-dire une population de jeunes urbains surexposés à la tension policière c’est celle-ci qui est évidemment au cœur des émeutes et j’en finit avec deux points sur lesquels je voudrais également attirer votre attention le
Premier point c’est la réponse des pouvoirs publics j’ai évoqué la réponse des pouvoirs publics dans les heures ou les jours qui ont suivi le l’événement déclencheur de l’émeut la mort de Naël marzou à Nanterre la réponse des pouvoirs publics dans les mois qui ont suivi les meutes euh m’a paraît tout à fait
Singulière lorsqu’il y a eu une grande vague d’émeutes urbaines au milieu des années 60 aux États-Unis le président Johnson a réuni une très vaste commission la commission carner du nom de son président et la Commission kner a posé le fait que dans l’écrasante majorité des cas les émeutes étaient d
Au à l’abus de force par les par les policiers et le président Johnson commission Kerner commission katsenbach ensuite a considéré que l’organisation policière était un problème qu’il fallait la il fallait faire quelque chose ça a donné lieu à des centaines de millions d’euros déversé dans les universités et les centres de recherche
Pour essayer de travailler à l’amélioration de la police ça a donné lieu à des à des programmes de problem solving policing community policing ce qu’on appelle police de proximité chez nous on a tenté de réformer la police estce qu’on a réussi est-ce qu’on a échoué c’est une autre question mais en
Tout cas la police les actions policières ont été une politique publique ont été considéré comme un problème public si vous écoutez la réaction du gouvernement fin septembre début octobre et bien euh la police n’était plus sur l’agenda n’était plus du tout sur l’agenda pas même l’article l435-1 du code de la sécurité intérieure
Qu’on pourrait sous réserve de ce qu’en diront les juges qu’on pourrait estimer comme étant associé ou déclencheur même du tir policier euh la politique de la ville a été mise à l’index elle a échoué euh les structures parentales ont été mises à l’index elles échouent euh l’école l’autorité la crise de l’autorité que
Sais-je mais la police a disparu de l’agenda c’est d’une certaine manière c’est normal parce que dans le même temps puisque l’émeute a été la réponse première ou la réponse majeure apportée à l’événement et bien bien sûr la police a été restaurée dans son rôle les forces de l’ordre ont été restauré dans leur
Rôle de euh réétablissement de l’ordre et du coup la critique de la police euh euh enfin ce geste là a rendu d’autant plus difficile la critique de la police par le gouvernement et par le politique mais ça renforce bien sûr ce sentiment auprès d’une auprès de cette population particulière que décidément les pouvoirs
Publics ne traitent pas la question qui les concerne et qui est la question qui les a amené dans la rue euh dans la rue euh dans les rues euh fin juin début juillet euh deuxème point lié à cet aspect là et j’en aurais terminé euh j’ai beaucoup parlé des des des des
Émeutiers je voudrais revenir quand même sur émeut émeut c’est très compliqué c’est pas une qualification pénale au moins destruction dégradation trafic de stupéfiant euh atteinte à l’intégrité physique sont des qualifications pénales mais émeut bon on décrit plein de choses il est clair qu’il y a eu deux modus opérandi
Son dans la plupart des cas sans doute consécutifs l’un à l’autre un successif les pillages ensuite et d’abord les affrontements à l’autorité au symboles de l’État mais quand on compare les bâtiments publics qui ont été pris pour cible en 2005 et ceux qui ont été pris pour cible en
2023 il semble que sous réserve d’analyse vraiment plus fine mais il semble que les écolle les bibliothèques à la différence de 2005 euh et été beaucoup plus épargné et que les cibles se sont concentrées et de manière beaucoup plus violente et beaucoup plus équipée avec les mortiers hein qui
Semble-t-il avait été stocké en prévision du 14 juillet euh phénomène qu’on conna qu’on connaît bien en Alsace mais aussi en en Allemagne euh ce sont essentiellement les bâtiments de police nationale gendarmerie nationale police municipale qui ont été pris pour cible et donc on voit bien que si vous voulez à un moment
Euh je suis pas d’accord avec l’appréciation qu’il y a dans le rapport IgA igj sur la mort de naë N n’est évoqué par je sais plus combien il y a un pourcentage inférieur ind 10 là qui qui qui est mentionné dans le rapport à partir des auditions des PV d’audition
D’interrogatoire policier bon les cibles des hémetiers nous renseignent suffisamment je pense sur les leur motivations et il est clair que euh on est ici dans dans dans dans on est ici face à un phénomène où en effet aujourd’hui en France une fraction de la population et c’est une population urbaine c’est une population
Masculine c’est une population qui est issue des des des des populations principalement coloniales euh son rapport à la politique et c’est ça qui doit à mon avis retenir l’attention c’est d’abord un rapport à la police et un rapport au aux abus policiers et donc cette question là traité du rapport entre
Police et société est à mon avis une des questions essentielles si on veut bien sûr limiter le ce type d’événement la survenue de ce type d’événement à l’avenir je vous remercie merci Monsieur alors la parole est à Monsieur Marwan Mohamed vous avez la parole je vous merci beaucoup
Euh alors il y a beaucoup de choses qui ont été qui ont été dites moi je vais développer une autre perspective mais commencer par vous dire que en arrivant au Sénat j’ai traversé la rue Monsieur le Prince qui est à deux pas d’ici et et la rue Monsieur le Prince c’est la rue
Où a été assassiné malikousekin et après la mort de Malik kousekin euh il y avait eu de des grandes manifestations conventionnelles pour la plupart euh pour dénoncer les les les violences et et les brutalités qui ont abouti à à son à son à son à son
Décès c’était dans les années 80 on est dans les années 2020 aujourd’hui dans une mission d’information en train de se poser des questions sur les raisons qui ont amené à cette à ce niveau d’intensité inédie sur une période courte qu’on a pu observer fin juin fin
Juin oui à la fin du mois de juin je je pense que l’une des réponses est peut-être dans ce parallèle faire avec avec le destin tragique de Malik kousekin c’est que c’est que c’est une question qui n’a pas été affronté de face par le par le par
Le politique et en particulier le point commun entre la mort de Malik kousekin et celle de Na marzou que le point commun entre les deux périodes c’est le profil racial des victimes pas forcément le profil social mais c étudiant le profil racial des des deux victimes et
Également le fait que ceux qui leur ont les personnes qui les ont tué ce sont des des des des policiers donc moi aussi en arrivant je réfléchissais à à la question de la réponse gouvernementale aux émeutes de joint une réponse qui arriva extrêmement rapidement et qui ne mentionnait
Pas d’aucune manière que ce soit une réforme ou une réflexion ou une une volonté de changement des manières de faire de la police dans dans dans ce pays euh mon point de vue euh alors j’ai commencé sans me présenter je vais le faire maintenant je suis chargé de
Recherche au CNRS veillez m’excuser au centre Maurice alvx et moi je travaille plus non pas sur sur la police et son fonctionnement mais je travaille sur sur la rue et son fonctionnement à travers les les phénomènes de bande de jeunes le trafic de stupéfiants le grand banditisme ce sont les sujets qui
M’intéressent et j’ai été amené à observer et à interroger des personnes impliquées dans ces dans ces dans ces émeux dans ces révoltes euh notamment en 2005 parce que c’était la période durant laquelle je faisais ma thèse de doctorat euh et c’est ce que j’ai essayé de
Refaire après euh ce qui s’est passé en 2023 euh c’est euh de retourner euh sur les terrain et d’interroger deux types d’acteurs euh en premier lieu tous les acteurs de l’éducation populaire de l’intervention sociale tous les acteurs de terrain acteurs jeunesse acteurs de la médiation de la Prévention Spécialisée c’est-à-dire tous les
Acteurs qui sont euh euh en proximité quotidienne et régulière avec euh une partie et cette fraction des jeunes qui s’est impliqué qui s’est engagé fin juin de de début juillet mais également à travers eux et à travers des des des contact personnel j’ai discuté avec un certain nombre euh de de ceux qui
S’étaient engagés dans ces émeutesl fin juin dans un certain nombre de villes euh uniquement situé en Île-de-France pas pas en région euh tout ça est extrêmement provisoire tout ça est extrêmement précaire euh comme construction de de de données et de de connaissances donc ça va être des réflexions qui sont des réflexions
Provisoires mais qui se basent sur une présence sur du long terme et sur une proximité euh à très long terme de cette fraction de la population dont on parle depuis tout à l’heure tout simplement parce que la temporalité politique qui fait que il y a une mission d’information qui nous interroge
Aujourd’hui n’est pas la temporalité scientifique notamment euh dès lors qu’on veut être dans une approche un peu plus qualitative voire ethnographique euh pour assimiler des en tout cas accumuler des des données alors mon propos il sera plus sur la question des ametiers eux-mêmes et sur les rationalités qu’on leur prête dans le
Discours public il vous a pas échappé que les les les ce qu’on appelle les émotiers sont des sujets parlés euh que l’on commente sur lesquels on plaque toute une forme de rationalité à travers et par inférence en regardant les les cibles les dégradations et cetera et c’est moins des sujets parlés
C’est-à-dire des personnes on va attendre le micro pour essayer de comprendre comment est-ce qu’ils vivent euh ces ces ces rivalités en ces rivalités pardon là je fais un déplacement avec un autre sujet de recherche euh C c’est ces émeutes là c’est bien la parenthèse avec les rivalités c’est c’est c’est un un lapsus
Qui qui qui peut être salutire parce que l’un des aspects assez intéressants c’est que dans des territoiresù on a des rivalités entre bandes et entre quartiers euh c’est des rivalités qui ont été mises entre parenthèses euh pendant les les les les les émeutes avec des accords tacites entre jeunes de
Différents territoires qui se sont dit bon pour l’instant on va arrêter de se faire la guerre entre nous on va se concentrer sur l’affrontement avec les les les forces de l’ordre ou un certain nombre de de de représentants de l’État je ferme cette petite parenthèse là mais
Elle est pas sans lien avec la manière dont ils peuvent le le le vivre euh je peux tirer de mes recherches mais également de la lecture d’un certain nombre de de de travaux euh le constat que au fond la la l’engagement de dans dans les émeutes ou en tout cas le fonctionnement des
Émeutes repose sur quatre types de rationalité euh qu’on retrouve dans dans les dans les engagements émetiers quatre types de rationalité qu’on peut retrouver y compris chez une même personne engagé dans dans les rivalités enfin voilà ça revient dans les dans les rivalités avec l’État peut-être euh dans
Ces dans ces dans ces dans ces émeutes euh et au fond c’est des phénomènes les émeutes révoltent et vous verrez pourquoi j’hésite entre les deux mots euh c’est des phénomènes qui sont des phénomènes hybrides des phénomènes hybrides euh et la première rationalité qui semble absolument essentielle celle dont parle
Sébastien rocher celle dont parle principalement Fabien Fabien jaobard c’est au fond la dynamique de révolte c’est d’abord ces phénomènes là sont d’abord alimentés par une dynamique de révolte le choc Mora le sentiment d’adignation qui repose sur un sentiment d’injustice tout ce qu’ a présenté Sébastien Rochet tout à l’heure sur les
Les motivations et et les les logiques de de marrage du de de de ces révoltes je les partage euh c’est quand même la locomotive la le sentiment de révolteé c’est la locomotive de de ces de ces émeutes on n jamais vu d’émeutes nationales qui démarraent par autre chose que par ce type
D’incident euh en tout cas avec ce public là donc ça c’est le premier point euh ça veut dire que derrière ça on a un contentieux politique euh qui concerne davantage les les personnes qui sont le plus confrontées euh aux interactions avec la police il est pas irrationnel au
Contraire c’est tout à fait normal et rationnel que les jeunes issus des minorités ou issus d’immigration se sentent davantage concernés ils sont davantage contrôlé c’est c’est une exposition à ces formes de de de de de contrôle répété de contrô d’identité de brutalité de tutoiement et cetera euh qu’il est
Euh qu’il est qu’il est concerne d’abord eux comme Fabien et son équipe l’ont montré notamment ceux qui sont habillés d’une certaine manière et qui sont plutôt qui sont plutôt jeunes donc ça c’est le premier point mais j’aimerais bien qu’on ne pas qu’on limite pas ce sentiment d’injustice de
Le réduire à la question des interactions avec la police c’est-à-dire que quand on leur tend le micro il parle des interactions avec la police mais c’est un peu le déclencheur d’un sentiment de de de d’indignation de sentiment de G d’injustice qui se nourrit plus globalement par le climat
Politique par les discours publs à leur égard à l’égard de leurs parents parfois par le traitement de certaines institutions à l’égard de de de leur de leur proches donc c’est tout ça qui est qui est important à à à à noter et à souligner la deuxième logique qui n’est
Pas contradictoire avec la la la la première c’est que les rival enfin les les les révoltes ces révoltesl sont ont aussi une dimension ludique ont aussi une dimension ludique qui est présente c’est-à-dire que la révolte la colère l’indignation ces mobilisations n’empêche pas de rendre l’exercice ludique alimenté par des formes
D’excitation de compétition horifique d’adrénaline de de de de d’alimenter une forme de sentiment d’exister à travers l’engagement dans les rival dans dans les dans les dans les dans les émeutes et dans les révoltes et tout ça est amplifié par ce que permettent les outils numériques aujourd’hui
Euh et euh ce qui m’a quand même frappé les outils numériques permettent de viraliser de diffuser euh et d’accéder à des formes de gratification assez importantes tout en manifestant sa colère les choses ne sont pas à à opposer en fait c’est pas soit l’un soit l’autre ça peut être l’un et l’autre si
On veut vraiment comprendre les les formes d’engagement moi j’ai été frappé par la multiplication notamment sur les réseaux sociaux sur snapchat sur TikTok ou d’ autres vecteurs euh numérique comme cela j’ai été frappé par le nombre de de fausses vidéos par exemple c’estàd des jeunes qui ont pris qui ont chopé
Des vidéos sur internet des des vidéos qui sont spectaculaires et qui ont accollé pendant C période là le nom de leur quartier ou le nom de leur ville donc on a vu des vidéos lié avec des espèces de de de pseudo tireur d’élite sur un toit quelqu’un avec un bazooka
Des armes de guerre mais des armes lourdes euh des vidéos extrêmement spectaculaires et puis une petite vérification permettait de se rendre compte que c’était les vidéos qui avaient été chopées en Syrie euh pendant la guerre civile de choper euh en Amérique latine et cetera et et cette
Démarche là montre bien à quel point la compétition honorifique et quelque chose qui s’est quand même greffé euh euh à cette à ce qui s’est passé fin juin début juillet 3ème rationalité c’est une rationalité qui est économique une rationalité qui est économique avec des possibilités de consommation euh qui
Sont ouvertes par par par ces événements alors on a parlé de pillage mais il faut regarder dans le détail de de quoi on parle les pillages c’est surtout des biens de consommation valorisable immédiatement téléphone utilisable parfum vêtements c’est-à-dire tous les biens de consommation qui sont le plus
Recherchés et c’est mais ça a été également les pillag du lait des couches des pâtes du riz euh ce qui dit quelque chose également du niveau de vie et du et de et de la question sociale qui est indissociable de ce qui vient de se passer qu’est-ce que ça veut dire de
Profiter du pillage du Lidl du coin pour aller récupérer des biens de consommation qui sont des biens courants euh et quand je dis rationalité économique c’est-à-dire que ça peut être également pour certains le fait de Siller une caméra de vidéosurveillance et de la faire tomber de l’abîmer voilà
Pour d’autres pour d’autres raisons et enfin la 4e rationalité ce que permettent c’est c’est ces émeutes ces événements euh c’est le le règlement de contentieux le règlement de contentieux euh alors sur la rationalité économique il y a aussi les opportunités qui sont ouvertes je me rappelle en 2005 on avait
Beaucoup parlé et c’était la police c’était la police judiciaire de Lille je crois où la direction départementale de la sécurité publique de Lille qui avait estimé à à peu près alors je sais pas si mes chiffres sont précis mais à peu près un/ers des des véhicules brûlés comme étant des arnaques aux
Assurances voilà typiquement on au compte des véhicules brûlés on va les associer aux manifestations de de de de colère et derrière il y a des gens qui profitent euh de de du mouvement de l’émeut pour pouvoir récupérer une prime d’assurance euh et enfin la question du règlement des contentieux euh je pense
Que c’est c’est c’est ce qui s’est passé fin juin c’est queon n’ jamais eu alors faudra vérifier autant par exemple d’élus de maires qui ont été attaqué euh localement de représentants du du pouvoir économique local y compris des des figures du travail social d’institutions qui ont été visées et
Cell d’à côté qui a pas été visé il y a une rationalité dans les commerces qui sont broulés ceux qui sont préservés il y a une rationalité dans les dans les dans les institutions qui sont touchées et ceux qui sont préservés il y a pas une rationnalité tout le temps il y a
Pas une rationalité tout le temps euh mais je pense que c’est un point qui quand on a une approche ethnographique qui est un point important pour comprendre finalement les mécanismes qui sont observables alors le fait de mettre en avant ces quatre rationalités cette le caractère très hybride de ces
Révoltes euh euh ne ne ne doit pas occulter le fait que la dynamique de révolte et la locomotive et reste et demeure la locomotive c’est dire que le ce qui se les opportunités qui s’ouvrent dès lors que une émeute se nationalise et perdure pendant plusieurs jours les opportunités qui s’ouvrent sont relèv
Davantage de l’opportunisme lié aux révoltes plus que de de de des motivations principales de ces de ces révoltes alors pour conclure euh et peut-être sûrement avoir des échanges des échanges derrière je reviendrai un peu sur la question que j’ai soulevé en en en en introduction l’intensité qu’on a observé
En en fin juin renvoie pour moi une forme de surenchère c’estàdire surenchère c’estàdire que on est passé de 2005 à 2023 c’est aussi un message qui a envoyé l’intensité qui est envoyé c’est un message politique en soi et si je regarde les données publiées par le ministère de l’Intérieur pour comparer
Que j’ai comparé avec le 2023 il y a eu 10 fois plus de bâtiments publics endommagésen 2005 en 2023 2005 il y a eu davantage de véhicules incendiés il y a eu quatre fois plus de policiers et gendarmes mobilisés euh il y a eu quatre fois plus de de policiers gendarmes
Blessés c’est qu’en terme d’intensité ça cette intensité ce niveau de de de de violence cette détermination dans la confrontation et j’ai même envie de dire toutes ces innovations un peu tactiques qu’on a pu observer sur le terrain c’est qu’il y avait dans certaines villes les gens étaient très bien organisés parfois
En cadré on parle des mortiers d’artificees moi je sais de sources sûr que un revend ur de contrebande de manière informelle de revente illégale de Mor d’artifice a offert à des jeunes d’une autre ville son stock parce que il partageit la colère qui était là l’heure voyez donc c’est c’est juste pour dire
Que on n pas fini de d’étudier il nous faut du temps pour creuser davantage ces c’est c’est c’est ces questions là mais il me semble absolument essentiel en tout cas j’espère que la mission d’information arrivera à cette conclusion que la question des manières de faire de et des pratiques policières sera remis
Au cœur de l’agenda politique parce que je vois pas comment sortir de cette logique de surenchère sans sans ça je vous remercie de votre écoute merci Monsieur Merci alors y a-t-il des questions monsieur Durin madame madame le stage brigau alors Monsieur Durin oui merci messieur pour pour vos réflexions
Et puis pour le l’exposé de ses travaux euh je préside en ce moment pour le Sénat là une une commission d’enquête sur le narcotrafic euh la question du narcotrafic a été évoqué aussi ça a été un des commentaires fréquents alors dans tous les sens hein euh c’est à cause des
Trafiquants qui ont poussé au aux émeutes c’it eux qui ont arrêté les émeutes voilà donc dans dans ces insertions diverses et variées et parfois contradictoires est-ce que vous avez déjà des éléments de d’analyse sur ce sujet madame narassa oui merci pour vos présentations euh deux deux petites deux questions euh sur
Cette r ce rapport à la police et la et la réaction par rapport en 2023 alors on on a beaucoup entendu dans les dans les dans d’autres auditions auparavant que il y a beaucoup des interpellés qui qui mentionnaient très peu euh la question
De la mort de Naël et donc il y a une un peu une supposition que il y a pas nécessairement de revendication politique éthique très construite parce qu’il ne mentionne pas spécifiquement euh la mort de Noël sauf un peu sur l’île de France par rapport à ce que
Vous dites là ça ça montre quand même que parce que il y a une colère et un sentiment d’injustice qui est construit depuis longtemps même sil ne il ne le verbalise pas il y a quand même une motivation politique euh qui est assez forte dans dans les éléments de
Déclencheur je me demandais euh est-ce que dans la mort de naë il y a pas aussi une particularité parce qu’on a eu d’autres euh jeunes malheureusement qui ont été tué dans des refus d’obtempéré y compris des jeunes issus de minorités euh il y a eu cet élément particulier de
La vidéo euh et donc peut-être qu’il a amplifié euh le ce sentiment euh d’une de d’un d’une institution policière et judiciaire prête à couvrir euh un un des leur qui a possiblement malagi euh qui a eu qui a utilisé enfin qui a fait un abus de un abus de pouvoir et voilà et
Euh euh euh et et et donc euh et et donc qui a peut-être aussi euh est-ce que enfin est-ce que qu’est-ce que vous pensez de cet élément là particulier par rapport à d’autres événements qu’on a qu’on a pu avoir et qui peut expliquer plus spécifiquement pourquoi il y a eu
Des émeutes dans le casre de la mort de Naël et peut-être pas dans d’autres dans d’autres cas on a eu même plus récemment encore he d’autres incidents avec des policiers et on n’ pas eu le genre le même type de déclenchement euh et puis
Et puis à la fois il y a je je sais que vous avz pas parlé ici aujourd’hui mais je sais que et Sébastien rocher et Fabien jaobard vous avez vous avez aussi travaillé sur cette question de de du rapport à la police et du et du euh du des méthodes délibérées
Aujourd’hui de maintien de l’ordre qui sont qui sont pas du tout dans la désescalade et qui sont beaucoup plus dans la confrontation vis-à-vis des manifestants euh et donc autant on on peut voir par rapport effectivement à une population très particulière aujourd’hui et qu’on estime désocialisé et C qui sont ces
Jeunes des quartiers euh et que à partir de là on on voit la construction de d’un rapport de confrontation avec la police autant euh on voit aussi et et on nous a dit dans d’autres dans d’autres auditions que la carte euh des émeutes en particulier hors î- de-fance se
Recoupe assez clairement avec la carte des des manifestations gilets jaunes et on a eu aussi chez les gilets jaunes et donc là on a pas du tout le même historique de ces populations gilets jaunes vis-à-vis de la police on a eu aussi pas tous évidemment mais une partie des gilets jaunes qui étaient
Dans un rapport extrêmement confrontationnel extrêmement violent avec la police avec certains qui sont montés à Paris avec des armes et cetera avec une volonté de casser du flic et donc est-ce que au-delà de cette question des des quartiers et des et des problèmes euh qui sont spécifiques au
Disc à la la au discrimination et aux inégalités persistantes euh dans les quartiers politiques de la ville il y a pas plus généralement euh une question de justement de de de de de police et de et de politique de maintien de l’ordre qui qui incite finalement à une à une un
Rapport de confrontation avec la police plutôt qu’un rapport de désescalade merci Madame madame sage brigot merci monsieur le Président alors effectivement ça va pas étonner un certain nombre de mes collègues ici présent qu’il y a une certaine forme de vos analyses à tous les trois qui m’interrogent et qui
M’interpelle beaucoup surtout si on les analyse que sur un volet violence policière je pense pas qu’on avance beaucoup si on part d’un principe que systématiquement on vit dans un pays où il y a des violences policières et que l’origine de ce que nous avons vécu c’est exclusivement les violences
Policières je pense que si on ne part que de son constat là on risque pas d’avancer beaucoup pourquoi parce que des violences euh il y en a partout notre notre pays est surtout soumis à un refu d’autorité puisqueaujourd’hui vous l’avez souligné tout à l’heure des élus sont attaqué les enseignants sont
Menacés et tout forme d’autorité dans notre pays est contesté donc je ne suis pas sûr que de partir uniquement sur le fait des violences policières que moi je conteste bon donc mais j’ai le droit de le faire ça explique tout dans notre pays aujourd’hui et moi j’ai vécu en
Tant qu’élu les les émeutes de 2005 et les émeutes de 2023 c’est pas du tout la même chose en terme d’explication en terme de vécu et en terme de conséquence voilà vous parliez tout à l’heure monsieur Mohamad des mortiers les mortiers ils ont commencé à installer
Dans notre pays il y a quelques années et la course au mortiers et la violence des mortiers c’est quelque chose qu’on ne connaissait pas je sais pas si vous avez déjà assisté à des des des enfin des une violence dans les cités avec les mortiers c’est quelque chose d’effrayant
Et la police effectivement est quand même soumise à presque que des menaces de mort j’ai envie de dire alors il y a des choses il y a des sujets que vous n’avez pas abordé ni l’un ni l’autre ni les uns ni les autres c’est l’âge des des de certains émeutiers pendant ces
Émeutes c’est le rôle des parents la place des parents je pense que c’est un peu compliqué de de ne pas aborder aussi ces sujet là sans parler de la place des parents parce que quand même les émeutes elles ont lieu avec des enfants qui ont tout cassé tout volé enfin tout épillé
Dans leur propre cité ils sont pas allés casser ailleurs ils ont brûlé les écoles ils ont brûlé les bibliothèques de leur quartiers donc les parents ont quand même peut-être parfois vu des choses et auraiit pu peut-être être un peu plus acteur et il y a quelque chose d’ d’extrêmement nouveau aujourd’hui et
C’est une question que qu’il faut aborder c’est qu’il y a quelque chose de nouveau dans notre pays et au sein de notre population parce que je les ai on est un certain nombre d’élus avoir vécu ça je pense qu’il y a quelque chose qu’il faut acter et poser c’est que les
Les habitants des quartiers qui ont subi ces violences ces émeutes l’angoisse de voir Laur voiture brûlée ne le supportent plus et ça c’est nouveau parce que les gens le disent ils ne le supportent plus alors vous avez deux phénomènes qu’il faut analyser puisque vous analysez les choses en tant que
Sociologue c’est les habitants des quartiers qui sont terrés chez eux en disant prvu que ma voiture ne soit pas brûlée et on en a assez parce que d’abord ça donne une image de notre quartier extrêmement négative on a pas envie parce qu’il y a aussi des gens qui
Vivent calmement dans ce dans ces quartiers et puis il y a une autre une autre catégorie de la population qui dit et c’est du vécu pour la première fois j’ai entendu ça on en a marre de payer pour ce qui cassent et ça c’est quelque chose qu’il faut entendre c’est quelque
Chose qu’il faut entendre parce que c’est très révélateur de ce que dans notre pays ce qui se passe dans notre pays il se passe des choses c’est que ce pays va se cliver encore davantage et que euh ceux qui payent et qui jusqu’à présent payaient parce que c’est la
Solidité et parce que c’est normal et parce que quand on on a moins et bien ceux qui ont plus donne et bien ceux qui ont plus aujourd’hui ne veulent plus donner et ça c’est quelque chose qu’il faut absolument étudier parce que c’est une vraie réalité dans toutes les villes
Et dans tous les quartiers merci Madame madame Linel monsieur kerouche et Monsieur benaroche oui merci monsieur le Président j’avais prévu de de poser une question qui finalement a été déjà posé auparavant par Corina rassigin sur le la la superposition des cartographies entre celle des gilets jaunes et celle des
Émeut de juin 2023 et le lien avec par ailleurs une partie de l’analyse que vous avez pu faire sur le profil on va dire ça comme ça je crois que c’est le terme que vous avez utilisé de d’un certain nombre de de ces jeunes qui sont bien souvent et trop
Souvent contrôlés du fait de leur profil par la police au-delà des incidents qui ont pu déclencher des des enfin des incidents de la mort de Naël et ensuite des indices des incidents qu’ont déclenché les émeutes de 2023 comme Corine rassigin a posé la question je n’en dis pas davantage mais je voudrais néanmoins
Garder la parole en particulier après ce que ce que je viens d’entendre moi je je suis sénatrice depuis quelques mois seulement j’étais auparavant première adjointe à Lille et dans ce que ce cadre là il se trouve que je suis allée sur le terrain le le soir du 24 du 25 du 26 J
Hein comme comme d’autres élus locaux pour essayer d’abord de comprendre ce qui se passe dans la mesure du possible dans une ville de 230000 habitants avec 6 quartiers sur 10 en politique de la ville et des quartiers qui ne se ressemblent pas tous voilà qui ont tous
Des des indicateurs sociaux qui sont pas très élevés mais ça ne veut pas dire que ces quartiers se ressemblent des quartiers qui ont avaient déjà connu des émeutes en 2005 et moi je ne crois pas que ce soit nouveau qu’un certain nombre des habitants de ces quartiers disent
Qu’ils n’ont pas envie qu’on touche à leurs équipements à leurs écoles c’est des choses qu’on a déjà entendu en 2005 qu’on a retrouvé en 2023 et en ce qui concerne ma ville la différence entre 2005 et 2023 c’est que la rénovation urbaine est passer par là et que dans
L’ensemble un nombre de ces quartiers en tout cas du point de vue urbain bâtimentaire d’espace public vivent mieux ça veut pas dire que ça va forcément mieux au point de vue social ou ou ou du point de vue du chômage voilà donc moi je voulais simplement témoigner également euh que que j’étais
Euh ce soir-là dans la rue que j’ai vu unensomble de personnes qui n’étaient pas toutes les mêmes qui n’étaient pas toutes jeunes qui manifestement n’avaient pas toutes les mêmes revendications qui parfois n’en avait pas du tout je ne suis les les il se trouve qu’un C nombre d’auteurs ont été
Arrêtés depuis ils ne sont pas tous du quartier dans lequel ils ont pu brûler on a eu une école on a eu une mairie de quartier qui venait d’être rénovée l’école aussi venait d’être rénové on a eu un hôtel de police municipale qui venait d’ouvrir bon c’était pas que des
Gens qui habitaient aux alentours moi très franchement j’aborde cette question et c’est pour ça que je suis là pour vous écouter avec beaucoup d’humilité et de modestie à ce jour et après avoir encore une fois échangé y compris localement avoir suivi un certain nombre d’auditions ici et vous avoir écouté moi
Je n’ai encore pas d’enseignement particulier à attirer euh de tout cela et je voulais le dire ici parce que je trouve que voilà c’est des sujets suffisamment graves et sensibles pour qu’on n tire pas forcément des conclusions parfois un peu hatives et qu’en tout cas je ne suis pas
Sûr de partager merci d’où l’intérêt de notre mission chers collègues Monsieur kerouche Merci monsieur le le Président je crois pas que donner ou essayer de donner des explications sociologique comme vous l’avez fait c’est forcément trouver des excuses c’est simplement essayer de mettre juste en exerg ce qui peut expliquer les difficultés qui sont
Celles de de notre pays qu’il faut pas nier et qui sont reflété notamment par par ces émeutes ce qui est clair c’est que vous avez fait le parallèle avec avec Malik ousekin c’est que à 40 ans d’écart on se rend compte que notre pays a toujours un problème avec sa diversité
Pour le dire de manière relativement relativement pudique et ça c’est encore traduit dans dans dans le texte qui a été voté sur l’immigration en filigradee alors ça c’est le ça c’est le premier point ensuite euh peut-être vous posez la même question un peu que celle de Corine narassigin et de
Audre nel sur la la situation socio-économique de de la corrélation entre les situations socio-économiques difficiles et et et ses émeutes au-delà j’ais dit j’allais dire de le origine euh éventuellement sociale ou ou ou ou ethnique euh est-ce comment ça se comment ça se construit est-ce que c’est vraiment
Cette cette précarisation qui qui joue également et là encore une fois il s’agit de il s’agit d’un ensemble d’éléments factuels pas d’éléments d’excuse mais des de moyens d’objectiver euh des euh des facteurs qui pourraient amener à la deuxième chose c’est peut-être aussi pour être plus euh positif euh vous demandez en terme de
Parce que là on fait l’identification de ce qui ne de ce qui ne marche pas euh ou de ce qui peut être amélioré dans notre police mais en gros euh et je reviens à certains de de vos travaux que que j’ai parcouru peut-être nous faire part d’expériences qui ont pu être menées à
L’étranger et qui contribuent à une amélioration euh chercher une amélioration de notre police c’est pas dire qu’elle est c’est pas dire dire fondamentalement qu’elle est mauvaise mais c’est dire que manifestement il y a des voies d’amélioration et que c’est peut-être celle-ci qu’il faut chercher sans chacun postuler qu’on a forcément
Raison dans l’attitude qu’on a vis-à-vis des forces de l’ordre qui par ailleurs font leur métier c’est pas la question la question c’est la question de de l’orientation de l’utilisation de la force publique et est-ce que cette utilisation de la force publique elle elle est mieux faite ailleurs puis ma dernière
Question c’est c’est de la curiosité mais p sociologique c’est en terme de de carrière et au terme là aussi au sens sociologique du du terme on est on parle de 2023 on parle de de de 2005 est-ce que vous avez est-ce que vous pourriez nous dire parce que aussi pour avoir une
Idée ou pas positive des choses mais est-ce que vous pourriez n donner une une image de de de la trajectoire ultérieure de ceux qui ont été concernés par les émeutes de de de 2005 c’est quoi leur futur c’est comment ils s’intègrent ils deviennent des citoyens pour reprendre un titre connu de broir et
Tibéie est-ce qu’il redeviennent des citoyens français comme les autres ou est-ce que justement il y a toujours une marginalité à part en gros ma question vous l’avez compris est-ce que c’est un moment ou est-ce que c’est une carrière merci merci et Monsieur benaroche Merci monsieur le Président merci déjà de vos
Analyses très intéressante pour comprendre et pour envisager ce qui se passe en dehors de l’événement précis qui s’est passé mais aussi on le Ritu dans un contexte qui est celui que vous avez très bien décrit tous les trois et je reviendrai sur deux points le premier c’est les rapports avec la police vous
L’avez très bien dit le rapport avec la politique pour tout un tas de gens qui sont concernés c’est abord le rapport avec la police bon et ce rapport avec la police on l’a encore vu avec mes mes collègues kouche ou Durin lors de la loi d’orientation LM en 2023
Le le problème des contrôles au fciess je m’excuse d’y revenir parce que bon finalement c’est facile de dire bon ben oui ça existe depuis longtemps finalement c’est pas si grave que ça dans la réalité ça revient en permanence moi je suis sénateur des bouchesd rô y compris pendant la période covid ou en
Tout cas pendant la période des masques obligatoires c’est problèmes de contrôle au fciè dans les rues de Marseille y compris dans le centrre-ville parce que Marseille a la particularité de pas de d’avoir en quelque sorte les banlieux dans le centre en fait bon c’est un peu euh ont été particulièrement ressentis
Et pratiqué donc je je je le dis parce que c’est pas un problème qui a été qu’on doit évacuer parce qu’il existe encore et que rien n’a été pris et en particulier par exemple après ces émeudes aucune réflexion malgré tout ce qui a pu être dit ici mais ailleurs
Aussi et y compris par vous n’a été mené sur ce sujet particulier des relations avec la police et là effectivement comme l’a dit rou il y a peut-être des solutions on en propose tous aujourd’hui sans avoir la certitude de pouvoir modifier cette relation mais en sachant que si on a modifie pas inexorablement
On se retrouvera confronté à des problèmes liés à ces relation entre ces personnes-là et la police et leur sentiment de que que c’est par ce biais là qu’en fait il juge notre société et la politique de notre société ça c’est le premier point le deuxième euh ce qui
M’a paru enfin qui qui qui m’interroge et que je partage comme ça on va dire euh euh d’une manière non euh argumentée contrairement à vous c’est cette relation entre les personnes qui se trouvent au centre de ces de ces émeutes et de ces périodes d’émeutes et le lien
Avec la colonisation et avec le fait qu’ils sont issus finalement beaucoup de territoirees ce sont pas eux-mêmes mais ce sont les enfants ou les petits-enfants de gens qui viennent de territoire qui étaient des colonies françaises et c’est là où on rejou un peu le problème de l’immigration et là
Ça ça m’interroge parce que effectivement ça ne recoupe pas forcément vous l’avez dit aussi euh le la situation socio-économique de ces personnes là c’est c’est un autre facteur c’est un autre c’est une autre caractéristique marquante et je me demande aujourd’hui si on a la possibilité si vous avez déjà dans vos
Études ou s’il existe à d’études qui ont été mené qui fasse vraiment un lien alors on va pas dire de causalité directe mais un lien en tout cas entre les les les gens les jeunes les générations qui ont suivi la décolonisation c’est-à-dire entre la génération d’après puis la seconde puis la 3isème
Et le le à la fois on va dire globalement la délinquance mais et les émeutes et en particulier les émeutes qui se produisent depuis quelques années voilà je je sais pas je je le sens ce lien vous l’avez exprimé je sais pas en fait sur quoi il repose aujourd’hui et
Comment on peut le le le le caractériser merci Monsieur bénaroche alors vous avez un certain nombre de questions donc nous attendons un certain nombre de réponses moi je voudrais peut-être compléter parce que je trouve qu’il y en a pas assez de question mais non là de la plaisanterie je voudrais compléter
Euh sans trahir ou je parle sous le contrôle des collègues qui ont assisté quasiment à toutes les auditions jusqu’à maintenant euh il nous a été dit que effectivement l’événement originel qui est la mort de de Naël a déclenché évidemment un processus mais qu’ensuite euh les personnes qui ont été
Interrogées alors c’est le rapport de Ligas lis on est d’accord qui concerne que les personnes qui ont été judiciarisées très bien disent mais en fait il y avait plus de lien après on était passé à autre chose ce qui n’exclut pas difficulté soulevé par Li benaroche ou d’autres ici on était passé
À autre chose est-ce que c’est quelque chose que vous avez mesuré pas du tout ça fait partie de du package parce qu’en fait on a l’impression que tout ça est très multifactoriel il y a un fond il y a un fond réel qui peut être d’ailleurs
Sur plusieurs facteurs il y a un moment où ça déclenche puis après ça passe à autre chose donc l’idée c’est d’aller comprendre un peu plus profondément ce qui s’est passé en fait voilà je je me tais pas qui veut commencer dans l’ordre d’origine si vous changez c’est vous qui
Reprenez monsieur Roch vous avez la parolee toucher des points je cherche pas y en a beaucoup d’abord en 2005 comme en 2023 le le territoire qui s’est enflammé c’est le territoire des quartiers les plus défavorisés donc le Terrero qui conditionne l’flam l’inflammation c’est celui-là bon et comme en 2005 comme dans les autres
Grandes émeutes le l’étincelle c’est les c’est le le décès c’estàd c’est c’est un homicide policier bon et ça c’est quand même les deux éléments structurels qu’on va retrouver dans la plupart des pays qui sont concernés par ces ces émeut ethnique parce qu’il y a aussi des émeutes
Politiques et j’ai cité la Grèce en 2008 qui peuvent avoir d’autres d’autres motivations les émeutes de la fin comme en Argentine mais sur ce type d’ donc moi je trouve qu’il y a un lien qui est très fort parce que c’est des territoires qui sont pauvres et également exposé à des pratiques
Policières agressives que certains pays ont renoncé à avoir je pense par exemple à l’Allemagne qui a une toute autre approche des quartiers défavorisés dans laquelle d’ailleurs les codes de confiance de la police est comparable à celle du reste de la ville donc bon ça ça c’est quand même un lien
Qui est fort maintenant et je pense qu’il y a une transformation effectivement de la nature du phénomène puis qu’on a une succession de phénomènes il y a un phénomène qui est un incident qui provoque un rassemblement qui provoque des confrontations qui provoque une sorte de soulèvement au cours duquel différents
Groupes certains opportunistes vont venir se mêler et l’histoire de la sociologie des émeutes depuis les années 60 montre cette hétérogénéité fondamentale des foules qui participent aux émeutes il y a toujours eu cette hétérogénéité il y a des hétérogénéités dans les modes de participation il y en a qui jetteent des cocktails
Incendiaires sur la police d’autres nom il y en a qui pillent d’autres nom il y a une hétérogénéité de la composition et il y a même une hétérogénéité qui varie suivent le moment de la journée donc c’est sûr qu’il y a une hétérogénéité de de ce phénomène donc on va pas voilà on
Va pas retrouver une une pureté mais mais je pense qu’il y a des des formes de de lien qui qui existent et qu’on voit à travers les caractéristiques structural voilà des des zones qui sont particulièrement touchées je dirais je je veux dire un autre un mot aussi sur
Une autre point euh alors sur le qui m’a étonné euh mais en sachant que j’ai pas la réponse c’est la la correspondance entre les gilets jaunes et les émeutes c’està dire mais de quelle géographie on parle ça serait ça ma question est-ce on parle d’une géographie départementale ou est-ce qu’on parle d’une géographie
Communale parce que la géographie départementale moi il me semble pas qu’elle se ressemble j’ai fait la géographie là sur les éutes de 2023 et vraiment les les départements qui sont pas touchés c’est la diagonale du vide pas du tout touché donc je pense qu’il y a peut-être des points de ressemblance
Mais je suis pas persuadé que ce soit complètement le cas et si on descendait au niveau on une géographie non pas départementale mais communale et même infracommunale au niveau des quartiers là je crois qu’on aurait une géographie complètement différente c’est qu’à l’intérieur des villes les segments de villes qui sont
Mobilisés ser seraient plus les mêmes donc voilà et puis dernier peut-être dernier point sur le estce que jeavais mis en gras ou ça ça non moi je comme ça je vais parler moins et puis je vais laisser mes deux collègues dire ce qu’ils ont à dire ça reviendra monsieur Jobard ah oui
J’appuie sur le mauvais bouton rouge je quelques quelques points très rapides je voudrais revenir sur l’événement déclencheur parce que moi j’en vois trois à l’intérieur d’un même événement il y a un tir il y a les j’en vois quatre il y a un tir il y a le la
Vidéo du tir il y a le son en fait dans les heures qui ont suivi le tir se répand l’idée que que le policier a dit je vais te shooter ou quelque chose semblable alors il y a eu des analyses très détaillées qui ont été faites après
Par des des des des associations des services un peu spécialisés qui ont montré que c’était pas si évident mais il y a quelque chose de la de la menace et donc d’un tir qui n’est pas nécessaire il ne répond pas la à à à à à ce que prévoit le droit notamment
Légitime défense 4è point en fait ça j’attire votre attention là-dessus hein parce qu’on a quand même une institution policière qui est défaillante à mon avis sur cette question c’est que qui a communiqué en premier sur le tir est-ce le procureur de la République est-ce le directeur départemental de la sécurité
Publique des hautes scènes est-ce le commissaire ou la commissaire de nanter non c’est un syndicat de police c’est un syndicat de police une fois de plus en l’espèce Force Ouvrière unité euh SGP unité Police Force Ouvrière bon qui a dit bah ce matin un jeune qui avait
Entrepris de je cite de mémoire mais en gros c’était c’était ça he qui avait entrepris pris de rouler sur un policier euh a été tué des suites de la réplique policière cette menace imminente de mort et forcément quand la vidéo et du reste c’est d’après ce que j’ai lu hein ce qui
A motivé la dame qui avait qui avait filmé à diffusé cette vidéo en fait c’est la fausse nouvelle et la question que je pose c’est pourquoi diable le les lorsqu’il y a un événement en zone gendarmerie les gendarmes communiquent comme des grands comme des grands et lorsqu’il y a un événement en zone
Police les syndicats euh communiquent je veux dire je suis fonctionnaire comme les policiers je suis syndiqué comme les policiers parilleurs en ce moment je suis élu euh enfin au sein de mon organisation le CNRS euh je vous le rappelle euh et euh mais moi mon directeur mon président directeur
Général il communique c’est pas moi qui communique pour l’établissement euh bon donc là il y a quelque chose que je ne comprends pas parce que euh je rappelle par exemple la mort de euh la mort du jeune Souheil à Marseille euh en août 2021 qui communique sur
Cette sur cette mort hein par donc une balle tirée par un policier qui a touché le cœur du du du jeune homme euh bien c’était le le même syndicat Unité force ouvriè il y a quelque chose qui ne va pas là-dedans parce que je pense que la communication des pouvoirs publics
Serait une communication plus mesurée euh serait une communication plus balancée une communication qui serait moins affirmative et qui appellerait à la patience à l’examen et un rendez-vous avec les pouvoirs publics euh donc ça je pense que c’est quelque chose voyez mon Éric kouche notre collègue j’allais dire nous interpelle sur les meilleures
Manières de faire celle-ci en est une pas très compliqué euh deuxème point sur lequel je voulais intervenir le sur votre intervention madame qui qui qui qui nous dit que cette fois les les populations n’en peuvent plus et ne veulent plus payer euh je je pense que elle ne voulait pas
Plus payer et elle n’est pas elle n’était pas plus heureuse en 2005 et les les témoignages qu’on a faudrait revenir sur Ina.fr pour écouter un petit peu la tonalité des reportages qui avaient été menés dans les cités à l’époque mais cette angoisse de voir cette angoisse de
Voir son véhicule brûlé euh et être privé dans un certain nombre de communes notamment cell par exemple en Île-de-France qui qui qui sont périphériques à la le premier employeur d’île-de-francece maintenant que nous n’avons plus d’industrie en Île-de-France et aéroport de Paris on est dépendant de la voiture en fait pour
Aller travailler l’exaspération elle est la même en 2005 mais un sentiment n’évacue pas un autre et c’est ça la la la une dimension importante à à à saisir c’est que un certain nombre de ceux qui disent le exaspération euh on on peut-être rejoint les rangs des ametiers 20 ans avant ce sont leurs
Enfants qui sont sur le qui étaient sur le bitum fin juin début juillet et je reviendrai d’ailleurs sur la notion la notion de carrière ils sont exaspérés pourquoi parce qu’on brûle leur voiture bien sûr mais aussi parce qu’il y a une mécanique qui est la même que celle en
2005 consiste à voir une une action policière ce qu’ils identifie à tort cette fois-ci en 2023 comme une mauvaise réponse des pouvoirs publics un sentiment d’abandon un sentiment d’injustice et une révolte des jeunes je veux dire au fond dire je n’en peux plus c’est dire je n’en peux plus de quoi
Exactement bien sûr je ne veux pas que mon véhicule soit soit incendié mais ça ne ça n’est pas un sentiment exclusif euh d’un d’un d’un certain nombre d’autres prises de de position et pour être très clair les territoires dans lesquels nous avons eu euh les territoires dans lesquels on
Recrute les les les populations ameetières quand on mène des enquêtes de de victimation comme mon centre de recherche le fait depuis plus de 20 ans notamment les enquêtes de victimation sur l’île-france et ben on se rend compte que les populations les plus pauvres du valdarne ou de la saine
Saint-Denis sont caractérisées par deux choses la PR pardon par trois choses la première euh un niveau d’atteinte et de délinquence euh qui est euh parmi le plus élevé en île-de-fance à Paris il y a beaucoup de délinquantces également mais la deuxième caractéristique valdemarne les cités les plus les les
Les villes les plus pauvres de valdear et de la SA sainten c’est qu’il y a une très forte demande de police très forte demande de police la demande de police en Île-de-France la plus élevée elle est sur les territoires qui ont été en premier touchés par les émeutes
Mais simplement cette demande de police s’accompagne également d’un taux très fort que que Sébastien a évoqué tout à l’heure d’un satisfaction à l’égard de la police et donc si vous voulez c’est pas un un on nassiste pas à une sécession des population là-bas vis-à-vis de l’autorité là je ne suis
Pas d’accord avec votre point de vue au contraire il y a une demande de présence de de de l’État police sans doute aussi d’ailleurs d’école et cetera il y a une demande de police mais il y a la demande d’une meilleure police d’une police autre la demande d’un autre service
Public de sécurité et donc si vous voulez il n’est jamais trop tard pour ajuster l’offre à la demande le le là où il est trop tard c’est a plus de demande du tout vous prenez des territoires tels [Musique] que rien de meilleur me vient en tête malheureusement prenez les États-Unis
Enfin bon les États-Unis c’est pas les villes aux États-Unis au milieu du 19 9 siècle si vous voulez pas de demande de police on fait sa chacun fait sa police soi-même le patron il fait sa police dans son usine le les villageois ils élisent un tel et un tel et allez hop
Ils vont faire la police c’est ce qu’on appelle les milices d’autodéfense le vigilantisme les milices bourgeoises qu’on avait nous au 17e 18e siècle chez nous là oui là il y a une sécession mais il y a demande de police là-bas [Musique] je j’ai peur d’être pardon trè point sur
Le colonisation colonie et CEA c’est vieux tout ça c’est vieux et c’est vous vous parlez pour le coup je je suis livré main de fois à l’expérience vous parlez de de de de des colonies une situation post-coloniale et cetera à des policiers qui sont en exercice en Île-de
France ça ne fait pas de sens bien sûr mais là il faut quand même faut quand même adopter un un un un point un peu un peu historique macro et je vais je vais être très bref vous nous dites madame vience policière il y a pas que ça je
Suis tout à fait d’accord il a pas que ça dans la vie en particulier dans le au cœur du problème qu’on aborde aujourd’hui il y a pas que ça du tout mais il se trouve qu’on a eu en France et c’est ça une singularité très forte
De la France en grande partie aussi de la Grande-Bretagne c’est qu’on a eu successivement des colonisations alors en France une guerre coloniale particulièrement violente et longue car en Algérie ça et cette guerre parce que le FLN l’a exporté en en sur le territoire métropolitain elle s’est déroulé également sur notre sol ici et
Notamment préfecture de police euh à cette guerre à succéder euh et ben le rapatriement de tout un ensemble de populations euh très diverses de ces paysl la France là aussi grosse différence par rapport à l’Angleterre 1 million de d’Européens non musulmans en en Algérie hein c’est c’est considérable
On a ratrié tous beau monde et en gros alors je vais très vite hein pardonnez-moi il y a pas d’historien dans la salle euh en gros on a confié la gestion de ces populations euh aux euh forces de l’ordre qui avaient exercé euh en Afrique du Nord ou qui avait
Exercé la préfecture de police carrière de pour reprendre le terme de carrière la carrière de Maurice Papon est intéressante de ce point de vue là on lui confie le Constantinois on lui confie la préfecture de police et vous voyez là il y a une continuité post-coloniale qui s’arrête pas en 1962
Et là où alors la la trajectoire française euh est vraiment pas très chanceuse c’est que la France est un pays qui a choisi un modèle de développement économique qui est un modèle fondé sur le tertiaire autrement dit la désindustrialisation à partir du milieu des années 70 petit à petit ça grignote
Grosse manifestation cidérurgiste pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du maintien de l’ordre euh 2è moitié des années 70 hein bah on a plus d’industrie en France euh moi il se trouve que j’ai fait un stage ouvrier à hnet sousbois en 19 90 il y avait encore 3500 ouvriers à
Hen à l’époque aujourd’hui il y en a zéro euh et quelles sont les populations qui sont touchées par la désindustrialisation c’est pas moi c’est pas nous ce sont les populations masculines sorties du système scolaire sans qualification et donc si vous voulez qu’est-ce qui la quelle dynamique
Se met en œuvre le policier il gère en le policier francilien on va dire il gère euh il gère les populations nord-africaines dans un contexte de guerre sur le territoire jusqu’en 62 puis il gère l’installation à un rythme effrainé l’implantation de commissariat n au bois ça devit être une brigade
Territoriale de gendarmerie en 1965 hein donc on on installe des commissariats de police les commissariats de police ont ont fait appel à des commissaires qui ont été formé soit la préfecture soit en Afrique du Nord et après il se retrouve avec une population masculine oisive euh
De plus en plus massive parce que qui absorbe la population masculine sans diplôme c’est l’industrie il y a plus d’industrie et ces jeunes-là sont dans la rue et si vous voulez pour les policiers bah il y a une grande cont pour les policiers pour je dirais pour l’institution policière un peu
D’ailleurs pour pour la société une certaine continuité des années 60 à aujourd’hui de une population qui pose problème mais c’est un modèle économique derrière c’est une trajectoire économique c’est une trajectoire politique et effectivement là de ce point de vue-là vous avez raison de dire que les violances policières c’est
Périphérique les violances policières ça n’est jamais que la conséquence de ça mais çaen a une très forte à laquelle aujourd’hui on se raccroche c’est un peu une métonymie si vous voulez de de cette histoire de cette histoire euh macro social qui touche les quartiers dont on parle Merci à VOUS
Euh si vous voulez vous nêtes pas obligé ououi bien sûr je je veux bien je suis venu pour ça euh peut-être que la première question à laquelle je voudrais répondre c’est autour de la place du trafic de drogue euh et du rôle des des cadres des cadres locaux du trafic de
Drogue euh pour le dire rapidement c’est c’est c’est vraiment un rôle qui est extrêmement fantasmé je voudrais rappeler que le le pour fonctionner trafic de drogue notamment local visible dans l’espace public il a besoin d’être régulé il a besoin d’ordre euh il a besoin de de de de de pouvoir euh
Euh fonctionner il a besoin de pouvoir mettre en sécurité la clientèle pour pouvoir organiser la la la la distribution de manière apaisée il a besoin de développer de la force de ventre il a besoin de stabilité le trafi le trafiquant de drogue et les les émeutes et les révoltes sont tous sa
Cette forme de de stabilité donc il aspire pas du tout à l’émeute au point d’aller jusqu’au déclenchement c’est les acteurs qui peuvent de manière hors émeute nationale qui peuvent ponctuellement mettre des coups de pression exercer leur pouvoirs en mettant la pression sur tel acteur tel institution ça c’est possible c’est des
Choses qu’on peut voir mais hors du cadre de de de des révoltes et et et et des émeutes et j’ai même envie de dire que il a fort à perdre à s’opposer à une dynamique de colère collective ou desémeutes il peut y laisser beaucoup de plumes en terme de de de de légitimité
De de statut et de et de ce pouvoir qui est qui est toujours très fragile donc je pense qu’on on on amplifie on fantasme un peu sur la question du pouvoir sur un quartier des des des des trafiquants notamment pendant ces périodes ces périodes d’M et puis j’ai
Envie de dire il y a une partie des trafiquants qui est totalement tout à fait compréhensif à l’égard des raisons de la colère et parfois il les partage donc euh bon bah euh il peut négocier pour que bah les affrontements se fassent pas forcément dans l’accès à son point de
D’î mais c’est le maximum qu’ pourra obtenir euh à l’échelle à l’échelle locale euh autre point sur lequel je voudrais revenir sur sur la la la mobilisation la notion d’autorité que vous avez fait euh moi je pense que dans les rapports entre cette partie de la population et
La la police c’est pas un un rejet de l’autorité c’est une prise au sérieux de l’autorité c’est une parole qui qui est prise au sérieux c’est la parole de de l’État c’est une parole officielle c’est une parole institutionnelle c’est pas un rejet ou une espèce de posture ou de discours
Anarchiste qui serait derrière le rapport avec l’autorité policière l’autorité policière elle est là elle est pas remise en question en tant que tel son existence mais c’est ces pratiques qui sont massivement remises en question d’où là une demande de meilleure police d’où un problème de confiance avec l’actuelle police et d’où
Une prise au sérieux d’où ces effets cette colère et le partage ces mobilisations collectives parce que c’est une parole qui est prise une prise au sérieux c’est la même chose avec alors c’est un peu différent mais avec les enseignants et tous les représentants de l’État c’est des
Paroles qui sont prises au au sérieux et puis avec les enseignants je suis désolé mais la grande majeure partie des des parents qui sont issus des quartiers populaires respectent leurs enseignants sont attachés à leur école poussent leurs enfants faudrait quand même qu’on arrête de construire cette image complètement déformée de la réalité
D’une population qui serait hostile à à à l’école par contre une partie des jeunes pour pour qui l’école a été un lieu de de souffrance un lieu extrêmement compliqué qu’ils ont pu traverser et là oui on peut avoir des des des des formes de déviant scolaire des formes de transgression d’opposition
À l’institution qui sont lié au rapport à l’institution d’une partie d’une petite fraction des des adolescents et non pas des parents de manière générale dont on parle un autre mot sur les parents qui sera intéressant tout à l’heure Sébastien Rocher a montré les une courbe assez régulière de de
D’meutes nationales qui qui qui don dont le le les P d’intensité se font dans les premiers jours et on s’est dit peut-être que l’hypothèse pourquoi ça s’arrête parce que peut-être que les les gens se fatiguent oui la question de l’usure et est là mais il y a surtout ce que j’ai
Pu observer sur le terrain qui a été mentionné tout à l’heure des gens qui se mobilisent sur le terrain des gens dont on parle peu des gens qui sont pas qui sont pas très visibles mais des gens qui se mobilisent sur le terrain et en premier lieu les parents parfois en
Organisant des brigades jusqu’à pas d’heure en lançant les les les les en laissant les enfants à la maison on a les travailleurs sociaux les éducateurs les animateurs mais moi j’en ai interrogé beaucoup ces derniers temps et c’est vrai qu’une partie d’entre eux euh a attendu quelques jours avant de sortir
A attendu quelques jours avant de sortir pour laisser cette colère s’exprimer parce que c’est une colère qu’il partage même s’il condamne les manières de détruire les bâtiments publics ils condamnent le fait de s’en prendre au véhicule de leurs voisins ils condamnent toutes ces dégradations mais ils comprennent la colère ils comprennent
C’est une colère et qui entend cette colère eux-mêmes en tant que parents et ça c’est depuis des décenes c’est comme ça en tant que parents ils ont fait remonter cette colère souvent leur interlocuteur c’est le maire ils en parlent au maire le maire il a pas pouvoir direct sur la police nationale
Ensuite il remontre à travers les les les travailleurs sociaux ont fait remonter cette colère il la font remonter au préfet ils la font remonter au au aux élus au maire et parfois des membres du gouvernement qui sont de passage cette parole là elle a été relayée également par des collectifs de
Victimes de violence policière d’association la Ligue des droits de l’Homme enfin plein d’association d’organisation de défense des droits humains le défenseur de des droits institutions publiques donc un certain nombre d’élus de personnel politique a fait remonter cette parole et qu’est-ce qui est fait de cette parole par les gouvernements successifs c’est ça la
Question qui est fondamentale il me semble et qui fait que on reproduit tout temps la même la même histoire avec les mêmes les mêmes effets avec les mêmes conséquences et et et et on se réinterroge régulièrement sur qu’est-ce qui fait que on est autant de de de de
De violence oui il y a des petites évol mais on était tous les trois mobilisés en 2005 on a tous les tous les trois écrit des choses en 2005 faut pas croire qu’on va écrire des choses radicalement différente que ce de ce qu’on a observé en
2005 et dernier point sur la mobilité ça été dit tout à l’heure mais vous avez dit bon c’est des jeunes de leur quartier qui qui brûlent en bas de chez eux en fait non il y a beaucoup de mobilité ceux qui ont brûlé dans le quartier a n’habitait pas forcément le
Quartier a et peut-être le quartier B c’estd que les groupes de jeunes les grappes de jeunes et la manière don s’est organisé euh euh se sont organisé ou pas en tout cas se sont déployés ces ces ces ces ces violences euh et et c’était basé sur un principe de mobilité
Effectivement on avait des jeunes locaux qui se sont mobilisés mais on avait des gens qui venaient d’autres quartiers d’autres territoires euh et ça on l’a observé dans beaucoup beaucoup de départements et notamment de de de départements d’Île-de-France et puis un mot sur le rapport de de l’IGA igj et toutes les
Données qu’on a sur le profil des émetiers qui sont déférés finalement qui sont mis en cause interpellés qui sont déférés c’est les perdants c’est les amateurs qui se font attraper en premier pour le dire très très rapidement euh euh les plus tactiques les plus organisés eux c’est la PJ ou la sûreté
Départementale qui va enquêter ça va prendre des mois et il commencecent à peine à se faire interpeller c’est pas du tout le même public ceux qui se font avoir c’est beaucoup ceux qui ont saisi qui ont qu’une expérience qui ont pas d’expérience de l’opposition avec les forces de l’ORD d’ailleurs les étud de
La PGJ l’étude flash de la PGJ sur les mineurs déférés montre que près de 70 % sont n’ aucun antécédent judiciaire c’est à peu près la même chose en en 2005 68,2 de primes délinquant qui ont aucun entécédent judiciaire parmi les mineurs qui ont été déférés en fin juin fin juin
Début début juillet donc c’est vraiment un public qui participe pour plein de raisons mais qui n’a aucune expérience de ces de ces mobilisations merci messieurs je crois qu’on a terminé avec cette audition vous remerci d’être contributeur aux réflexions de cette mission d’information et puis on vous
Rend à à vos réflexions à vos travaux merci