Le 16/09/23, Avenir Santé Environnement a organisé une conférence à La Rochelle s’intitulant “Agriculture – Enjeux et impacts environnementaux”
Cette première table ronde était dédiée à la Biodiversité et les milieux, filmée par Cyrille Gallais et animée par David Blaise-Martin.
Les intervenants qui se sont prêtés au jeu :
– Dominique Chevillon – VP de la LPO France
– Pauline Cervan – Toxicologue Générations Futures
– Vincent Bretagnolle – Directeur de recherche CNRS
– Juliette Duquesne – Journaliste -Co-autrice des Carnets d’Alerte
Bonjour à tous Un grand merci à donc à tous d’être ici on va commencer c’est C ces trois tables rondes sur donc la thématique de de la biodiversité euh toujours sous le sous le regard d’une de la demande d’une transition agricole et d’une sortie des pesticides donc j’ai beaucoup de chance
D’animer cette table ronde d’autant plus que je suis extrêmement bien entouré avec des une expertise de très haut niveau qui est concentré sur cette scène donc mais merci à à tous les quatre d’être ici donc je vais présenter les intervenants en commençant de avec Vincent bretagnol
Qui est le le plus éloigné de moi sur sur cette scène pas sur sur nos conviction Vincent vous êtes tu es directeur de recherche au CNRS donc basé au Centre d’études biologiques de Chizé dans les de Sèvre donc tu viens en voisin et tu as tu es notamment l’auteur
D’un livre qui est intitulé réconcilier nature et agriculture qui est un titre tout à fait évocateur pour illustrer cette cette journée que et cette table ronde Pauline Pauline servant qui est donc toi tu es docteur en pharmacie toxicologue chargé de mission pour l’association génération future que tu portes magnifiquement le verre
D’ailleurs comme et et on te remercie aussi d’être là et d’être venu même en famille et donc avec génération future et Avenir santé environnement nous je pense que nous partageons quand même de nombreux points de vue et de nombreux combats à côté de toi donc Juliette du Ken Juliette merci d’être ici également
Juliette tu es journaliste indépendance indépendante et autrice tu as créé avec Pierre Raby une collection de livres qui s’appelle carnet d’alerte mais qui est également un média qu’on retrouve sur Internet on retrouve notamment en des podcasts l’ensemble des contenus en podcast ce sont des enquêtes que que tu
Réalises et il y en a une qui nous intéresse particulièrement aujourd’hui celle sur l’eau qui s’intitule l’eau que nous sommes élément vital en péril et à côté de moi Dominique Chevillon donc le le local de cette table ronde Dominique Chevillon al Dominque Chevillon toi aussi tu as un CV long
Comme le bras on a essayé de de de résumer donc tu es vice-président aujourd’hui de la Ligue de Protection des Oiseaux la LPO euh tu es aussi un parcours dans l’assurance ancien DG d’un grand assureur français ancien Premier Président du césr de nouvelle aququitaine pourquoi je le précise parce
Que tu es pas fâché avec le monde économique et avec avec l’économie en général mais on y reviendra sur cette question et d’ailleurs je vais te donner la parole tout de suite si on arrive à décoller le micro en tant que que local du coup de
De l’étape je crois qu’on a ici un public assez assez averti je pense que chacun ici a bien compris que que les pesticides nuisent au vivant d’une manière générale et et altèrent les les écosystèm quel regard tu portes tout particulièrement sur les écosystèmes locaux alors c’est une question qui
C’est bon vous m’entendez une question qui qui nécessite un un point historique parce qu’il faut savoir d’où on vient pour pour savoir où où on est arrivver et puis je je ferai un petit un petit exposé sur effectivement l’état des écosystèmes aujourd’hui mais évidemment ce sera assez bref j’ai la chance de
Connaître j’ai 70 ans j’ai connu à partir de 10 ans c’est ces lieux parce que je je m’y intéressais ces lieux de la plaine de Nice qui sont situés entre le Maré Poidevin Maré mouillé et puis les Maré littorau et euh c’est un un témoignage déjà qui qui porte sur une
Évoluation considérable de ce territoire de la plain de Nice euh ce territoire a subi de très nombreuses dégradations et c’était auparavant alors qu’aujourd’hui c’est une un espace de monoculture industrialisé c’était une mosaïque de milieu différents vous y trouviez des des marées de vous y trouviez des bien
Sûr du blé de l’orge c’est-à-dire des cultur de céréal vous y trouviez des prairies de fauche vous y trouviez des prairies qui étaient brûé par par beaucoup de on y trouvait également des petites zones humides qui étaient des petites dépressions dans ces espaces de plaines on y trouvait euh également des
Mares et et et c’était une forme de polilyculture qui exploitait euh avec des petites et moyennes entreprises euh surtout avec de l’élevage notamment enfin une grosse partie d’élevage pour ce qui concerne l’élevage et puis il y avait aussi du maréchage hein dans ce donc une vraie policulture et
Euh assez rapidement euh ces lieux et qui étent euh riches de ha on appelle les paliss en charanté euh de petits bois je l’ai dit de petites zones humides ont vécu une première évolution fondamentale ça a été la transformation radicale avec le remembrement mais les suites du remembrement qui a été la
Dégradation et je dirais la modification quasi complète de de de de ces milieux euh cette destruction d’habitat a été fait au profit de de la seule céréale et des seules céréales on a évidemment cette culture de céréalière elle est exclusive de toute autre végétation je vais le dire hein
Elle est exclusive de tout autre tout autre vie que celle de la plante que l’on cultive bon c’est l’objet de l’agriculture mais à des niveaux de de productivité et une intensité je dirais qui est d’un peu notamment d’un qui est assez considérable donc cette évolution elle est elle est d’abord
Cette dégradation dans des milieux les ont été coupé les zones humides les petites dépressions ont été supprimé les prairies de fauche ont été supprimées tout ça donc pour une pleine céréalière la deuxième évolution absolument considéral ça a été l’empoisonnement de ces milieux par des utilisations progrress ive puis massive de biocide hein
De de produits qu’on appelle les pesticides he qui visent les champignons pour leson appelle fongicides les herbicides et les insecticides tout ce qui rentre en compétition avec la plante fétiche le maïs ou ou ou les blés pour la plaine de Nice doit être détruit hein les résultats c’est qu’on a d’abord supprimé
Une une grande très très grande partie du du du végétal euh plus beaucoup d’arbres alors qu’il y avait des formes marborescentes dans les dans les il y avait des petits bois les formes arbustives et puis ces fameuses plantes messicoles qui qui étai d’une grande richesse pour la biodiversité pour les
Pour les pour les granivores notamment qui vivent les oiseaux mais toutes les espèces qui qui se nent de grains et puis euh bon petites zones humines disparu euh bah plus de plus d’amphibiens de moins en moins d’insectes aujourd’hui presque plus d’insectes plus d’Orthoptères les criquets les grillons les les les
Sauterell je dirais assez assez largement une disparition très forte des invertébrés comme on la trouve dans des proportions absolument considérables alors les invertébrés font le sol le vivant du sol la qualité du sol je l’ai dit plus d’amphibien et puis ça s’est traduit aussi sur les oiseaux
Bon il y a des suivis qui sont bon notre avis bretagnol fait beaucoup de choses là-dessus hein à la LPO on fait par exemple sur le dernier suivi temporel des oiseaux communs qui a eu lieu sur une période 2002-2020 et bien on constate c’est un peu le printemps silencieux de
Silencieux de Rachel Carson qui a été écrit en 1962 aux États-Unis on se disait c’est pas possible ils ont ils ont réussi à tout tuer et et et en fait on se rend compte que que que que nous on y est arrivé on a d’abord eu on voit dans ses suivis
Aussi on a eu la disparition d’espèces par exemple l’outard canepetière a disparu alors qu’elle existait le Râ de Genet a disparu alors qu’il existait le courl cendré dans les petites zones humine a disparu c’est une espèce qui qui disparaît d’ailleurs au niveau de de l’échelle de la France on retrouve un
Peu dans la Vienne et évidemment on a aussi subi que ces disparitions on a subi des effondrements et ces effondrements sont très très renseignés sur l’alouette des champs sur les 20 dernières années sur les 18 dernières années un effondrement de 16 17 % on va
Dire d’US variable 36 % le verdier 56 le bruit en jaune 71 % donc toute la cororte de ces oiseaux est spécialisé je dirais a quasi disparu et ce qui est grave et je j’en conclurai là-dessus je concluris làd dessus c’est que cette période d’observation 2002- 2020 succède à deux autres périodes de
20 ans pour faire 60 ans qui avait déjà vu une diminution drastique de ces espèces donc quand vous dites que vous avez 71 % sur une période de 18 ans des bruants jaunes qui ont disparu ce n’est pas prendre en compte l’état de la population initiale d’il y a 60 ans donc
C’est considérable le vivant a disparu au préfit d’une plante et les deux causes c’est dégrad des habitats dégradation de ces milieux qui étaient très riches et très diversifiés et effondrement je dirais de la vie dans tous ces aspects merci pour pour prolonger ce pour prolonger ce constat Vincent bretagnol je crois queas un
Micro ce qui m’intéresse c’est de prolonger le constat en expliquant finalement en quoi cette perte de biodiversité qui est causée par l’agriculture elle nuit à l’agriculture elle-même oui c’est ça qui est le peut-être le véritable paradoxe de de cette histoire bon je vais pas revenir sur les chiffres
Mais je pense qu’il faut quand même les mesurer à leur véritable échelle en fait nous sur sur chiz donc dans le département des des on suit la biodiversité les insectes les oiseaux les plantes depuis maintenant 30 ans et en fait qu’est-ce qu’on constate c’est une diminution progressive finalement assez
Lente si on regarde les oiseaux par exemple on perd 1 % des oiseaux chaque année pas grand-chose et c’est à peine détectable pour l’opinion publique le citoyen dans ses jardins dans la campagne c’est pas visible c’est pas détectable là où ça devient impressionnant c’est quand on se dit bon
Ça fait 30 ans que ce 1 % existe donc ça fait 30 % en fait ça fait plus que 30 ans les données les plus anciennes qu’on a c’est les données anglaises ou les données noraméricaines depuis 60 ans on perd 1 % d’oiseau chaque année et au
Bout de 60 ans ça fait 60 %. chez chez les insectes c’est plutôt 2 % et en tant qu’écologue parce que je suis chercheur et écologue je suis personnellement presque fasciné que les écosystèmes dans ces plaines céréalières fonctionnent toujours avec de tels degrés de diminution et disparition notamment chez
Les insectes alors ça c’est c’est le côté de de l’écologue du point de vue de l’agriculture je suis aussi fasciné à titre personnel parce que en fait l’activité agricole dépend de la biodiversité les ur l’ont oublié malheureusement en fait pourquoi je dis ça parce qu’en fait on a construit un
Modèle agricole qui finalement travaille contre la nature alors initialement c’était pas l’objectif initialement c’est l’industrie l’agrochimie qui a permis à travers l’azote de synthèse par exemple de produire beaucoup plus alors l’azote de synthèse petit détail quand même qui a son importance quand on met dans un champ de blé de l’azote euh en
Gros on met à peu près 200 kg d’azote par hectare et ça ça revient à 600 l d’équivalent au pétrole en fait l’azote est pas fabriqué à partir de pétrole directement il est fabriqué à partir de gaz naturel et on s’en est rendu compte d’ailleurs très récemment avec la guerre
En Ukraine parce que le gaz provenait de Russie et les usines qui fabriquent l’azote proviennent d’Ukraine bon donc voilà pour fabriquer C ces kilos de blé en fait on utilise de de l’azote et en fait alors l’agriculture productiviste moderne avec cette utilisation de l’azote a entraîné l’utilisation des pesticides parce qu’en fait l’azote
Certes il est destiné aux plantes de culture mais il est également utilisé par les plantes sauvages les messicoles les adventises et donc pour combattre ces messicoles et ces adventistes les agriculteurs ont commencé à utiliser des herbicides puis parce que la biomasse végétale était très importante dans les
Champs de BL les champs de maïs ils ont utilisé des fongicides parce qu’il y avait une certaine humidité donc potentiellement des des champignons et des risques pathogènes et puis parce qu’il qui avait également beaucoup de biomasse beaucoup de d’activités biologiqu ils sont mis à utiliser des insecticides donc en fait les
L’utilisation des pesticides n’est pas une idée qui omnubile les agriculteurs à la base c’est une conséquence du modèle agricole actuel dont le le fer de lance c’est finalement l’utilisation de l’azote et des engrais de de synthèse et alors là où ça devient problématique c’est que et c’est un petit peu l’idée
C’est que maintenant aujourd’hui il travaille contre la nature parce qu’en fait à force d’avoir dérégulé les écosystèmes qui sont des véritables machines entre guillemets de régulation d’autorégulation de cyclicité l’implantation de monoculture l’arrivée de l’azote voire de l’irrigation dérégule complètement les écosystèmes et donc le cette dérégulation produit des espèces qu’on peut qualifier d’invasive
Même si elles sont locales ou autochtones contre lesquels les agriculteurs utilisent ses intrants et donc c’est en ce sens-l qu’il travaillent contre la nature et c’est un véritable paradoxe parce que l’activité agricole la production végétale agricole ou la production animale dépend de la biodiversité sans insecte pollinisateur
On perd à peu près entre 2 ti3 et 3/4 des espèces de notre alimentation la beaucoup d’espèces dépendent plus ou moins mais certaines complètement de l’activité des insectes pour polliniser ces cultures par exemple les tomates les aubergines les pommes les poires doivent être pollinisés par les insectes sinon vous n’avez pas de
Pomm de poire ou de tomate d’autres espèces dépendent seulement partiellement ça c’est l’exemple des pollinisateurs qui est peut-être le plus connu mais la biodiversité est cruciale également pour le contrôle biologique c’est l’exemple des cxinelles qui mangent les pucerons la biodiversité est également cruciale pour le recyclage de la matière organique sans matière
Organique les plantes n’ont pas accès aux éléments nutritifs indispensable la matière organique c’est un alliage finalement entre la physique la géologie le sol sol les argiles et la biodiversité en en particulier les micro-organismes et toute cette chaîne écosystémique produit les éléments qui sont indispensables aux plantes et puis
La biodiversité c’est un sujet un petit peu du du moment en tout cas pour le département des de Sèvres c’est quelque chose qui est absolument capital pour l’eau les écosystèmes de manière générale mais le rôle de la biodiversité dans ces écosystème ralentissent le cycle de l’eau et permettent aux hommes
Aux agriculteurs ou aux citoyens de prov cette eau donc c’est un véritable paradoxe que l’agriculture qui dépend principalement de l’activité biologique de la biodiversité des écosystèmes on on on récupère le surplu de la production des écosystèmes cette même agriculture est en train de détruire la biodiversité dont son activité est ultra dépendante
C’est un véritable paradoxe et et la question qu’on peut se poser du coup et tu peux donner le micro à à Pauline à Pauline servant c’est la la toxicit cité de ces ces produits sur les milieux elle est elle est totalement avérée totalement prouvée alors comment ils obtiennent encore des autorisations de
Mise sur sur le marché comment sont faites les les évaluations et quelles sont les principales failles des évaluations de ces produits alors c’est un une vaste question euh je pense qu’il y a tellement de choses à dire queon pourrait consacrer une conférence entière sur les failles des évaluations
Et on a évidemment pas ce temps-l bien sûr alors j’ai choisi de de d’illustrer mon propos avec un exemple qui est qui est dans l’actualité actuellement qui est la le glyphosate l’évaluation du glyphosate parce que on parle beaucoup des impacts du glyphosate sur la santé mais il faut savoir que le glyphosate
Est aussi toxique pour l’environnement et donc récemment donc au début de l’été l’EFSA qui est l’agence européenne de sécurité des aliments a rendu son avis sur sur le son évaluation sur le glyphosate et je vais vous dire ce que les conclusion de l’EFSA sur la partie biodiversité donc
Je cite un l’fsa les expert ont reconnu que les risques pour la biodiversité associés aux utilisations représentatives du glyphosate sont complexes et dépendent de multiples facteurs ils ont également constaté l’absence de méthodologie harmonisée permettant d’évaluer les effets indirects et les interaction entre niveau trophique de façon générale les informations disponibles ne permettent
Pas de tirer des conclusions définitives sur cet aspect de l’évaluation du risque donc voilà je pense que c’est cette cette phrase qui est extraite de de l’évaluation de l’fsa elle est assez parlante pour répondre à ta question en fait on ne sait pas les évaluations réglementaires ne permettent pas
D’évaluer les impacts sur la biodiversité euh donc pour bien comprendre comment ça se passe une évaluation des risques pour l’environnement par exemple pour le milieu aquatique on va tester typiquement trois trois espèces trois niveaux trophiques les poissons les invertébrés et les algues et donc on va faire des tests en laboratoire sur sur
Les poissons un test sur des invertébrés un test sur des algues et puis on va évaluer le risque pour les poissons d’un côté le risque pour les invertébrés le risque pour les algues et tout ça donc c’est séparé on évalue le le risque niveau trophique par niveau trophique
Espèce par espèce mais sans prendre en compte les interactions qui peut y avoir entre ces espèces et donc ça c’est ce que dit lefsa pour l’instant on ne sait pas le faire donc tout simplement c’est pas évaluer donc en plus c’est c’est ces tests ils sont réalisés sur des des
Animaux de de laboratoire euh qui sont pas forcément représentatifs de ce qu’on retrouve dans la réalité dans dans les milieux euh donc ça pose la question aussi de la sensibilité de des tests réalisés est-ce que ce qu’on va voir en laboratoire est-ce que on va retrouver
La même chose dans le milieu est-ce que les les milieux ne sont pas plus sensibles les espèces présentes réellement dans dans les rivières dans les sols euh non’ont pas ne sont pas plus sensibles que les espèces de la laboratoire ça c’est aussi une une question eu enfin il y a certaines espèces pour
Lesquelles on va carrément pas évaluer les risques on va carrément pas étudier je reprends l’exemple des des pollinisateurs on évalue le risque essentiellement pour les abeilles domestiques mais il faut savoir qu’il y a plein d’autres types de pollinisateurs comme les abeilles solitaires les bourdons les papillons et cetera et donc
Toutes ces espèces là euh on va pas elles sont pas on va pas étudier les impacts sur ces espèces là on va étudier essentiellement sur la B domestique encore une fois c’est pas représentatif de de l’ensemble des espèces qui sont présentes dans les milieux euh ensuite les les évaluations donc elles se font
Substance par substance c’estàdire qu’on va évaluer les l’impact d’une substance donc sur chaque espèce mais en fait dans les milieux les les espèces sont exposées à une multitude de de substances un effet cocktail comme l’a dit Franck en introduction qui n’est pas du tout pris en compte qui n’est pas évalué tout simplement
Parce que on sait pas le faire il y a tellement de de combinaisons possibles de de substances dans dans l’environnement et pas que des pesticides il y en a plein d’autres donc on ne sait pas évaluer en fait l’impact de tout ce cocktail auquel sont exposer les les
Espèces dernier exemple de de de faille ce qu’on va étudier essentiellement l’impact de la substance active mais il faut savoir que quand on épend la substance active dans le champ euh les bactéries du sol les les les UV du soleil vont avoir un impact sur ces substances et vont les transformer en
D’autres substances qu’on appelle métabolite et qui eux sont encore moins étudiés que la subspance active et pourtant il y a dans certains cas les espèces les les milieux vont être exposés uniquement aux métabolites qui sont des fois plus persistants que la substance active elle-même la substance active elle va disparaître du milieu
Mais il va rester le métabolite et ça on va pas on connaît rien en fait de ces métabolites ils sont très très peu étudiés donc je peux continuer je pourrais continuer la liste comme ça pendant très longtemps donc en fait je vais juste résumer ce qu’il faut retenir des évaluations réglementaires c’est que
C’est des évaluations qui sont normalisés modélisés mais qui sont complètement déconnectés de ce qui se passe dans dans la nature et et donc en gros on on ne sait pas prédire les effets que vont avoir toutes les substances épendu toutes les substances présentes dans l’environnement on sait pas prédire
Le leurs effets par les les les évaluations réglementaires et c’est pour ça qu’il faudrait appliquer le principe de précaution mais on sait que pour l’instant il est pas du tout appliqué merci Juliette moi je voudrais je voudrais qu’on revienne maintenant sur sur la place de l’eau euh on a parlé là
L’impact sur les sur les milieux sur les espèces et plus particulièrement sur l’eau lors de ton enquête que tu as réalisé sur l’eau quelle place a occupé l’agriculture oui c’est vrai que dans mon enquête sur l’eau je savais quand j’ai commencé cette enquête que l’eau allait occuper
Une place importante mais je me doutais pas à quel point et c’est vrai que l’agriculture c’est dans le dans l’ouvrage on traite du nucléaire on traite aussi de la gestion privée de la gestion publique de l’eau mais l’agriculture a une place centrale tout simplement parce que c’est le principal
Consommateur d’eau et aussi le principal pollueur d’eau on peut commencer peut-être par ce point-là ce qui a été abordé par vous trois d’ailleurs sur la pollution de l’eau par les pesticides et les nitrates en France la quasi totalité des cours d’eau et des Naves fréatiques sont polluées par les pesticides et les
Nitrates on en retrouve jusque dans la dans la graisse des baleines et c’est vrai qu’on parle souvent de de trop du robinet mais on parle moins de l’eau qui part dans les milieux et et bien sûr dans les stations d’épiration toutes les les pesticides restent et partent après
Dans dans la nature et il y a un point moi qui m’a marqué quand j’ai fait mes investigations c’est qu’entre 1994 et 2015 il y a 8600 captages d’eau qui ont été fermés en France alors les captages d’eau c’est les endroits où on prend l’eau potable pour pour et qu’on la dépollue pour
Arriver à nos robinets et donc quand l’Europe a décidé que quand c’était trop pollué on décidait de fermer le captage et donc dans c’est il y a 8000 500 un peu plus de 8500 captages d’eau qui ont été fermés entre 1995 et et 1994 et 2015 et dans ces endroits-là on ne mesure
Plus la pollution après la on la mesure même plus en fait et cette pollution elle elle va bien sûr dans les milieux et et elle a une conséquence importante sur sur la bio sur la biodiversité et et c’est vrai que parfois dans le débat public on ne relie pas le problème de la
Consommation de l’eau et de la pollution de l’eau et pourtant ça a un impact parce que toute cette eau c’est de l’eau qu’on va pas utiliser pour pour boire ensuite donc ça un impact il y a un lien entre consommation et pollution de l’eau l’autre l’autre lien aussi c’est je l’ai
Bien vu dans la façon de gérer les problèmes euh vous êtes pas très loin de la la Bretagne ici j’ai aussi bien sûr pas mal enquêté en Bretagne pendant mes investigations et il y a bien sûr les fameuses algues vertes qui aussi un impact important sur la biodiversité
Parce que ça tout ça tue toute biodiversité dans les endroits où il y a toutes ces algues vertes et c’est vrai que quand j’ai enquêté la dessus euh on voit bien qu’il y a des choses qui ont été faites très peu mais il y a des
Choses qui ont été faites et il y a par exemple des stations d’épuration qui ont été mises dans les dans les élevages pour essayer de réduire l’impact de tout ce lisier de tous ces excréments des animaux mais on se rend compte que quand on revérifie les chiffres comme il y a toujours 13
Millions de Pors qui sont élevés en Bretagne plus de trois fois la population bretonne et que ça continue d’augmenter forcément on narrive pas à résoudre le problème et c’est vrai que ça c’est un point qui est revenu c’est qu’à chaque fois dans les sujets dans ce sujetl on essaie de contenir le système
Plutôt que de changer profondément le le le fondement en fait le et j’en viens à ce point-l parce que c’est un point essentiel notamment pour tout ce qui est consommation de l’eau parce que je disais tout à l’heure l’agriculture est le principal pollueur de l’eau mais c’est aussi le plus grand consommateur
D’eau donc dans le débat public il y a souvent une confusion qui est parfois un peu entretenu par le lob par les lobby entre consommation et utilisation c’est-à-dire que le ce n’est pas le plus grand utilisateur d’eau l’agriculture mais c’est le plus grand consommateur d’eau utiliser de l’eau c’estàdire quand
On se lave les mains après l’eau repart dans le système alors que quand on boit on consomme l’eau et la plante elle consomme l’eau donc c’est plus grand consommateur d’eau en France l’agriculture consomme 58 % de l’eau et 80 % l’été et ça a été très bien
Expliqué tout à l’heure ce sont des choix agricoles he qui font que on consomme autant d’eau c’est c’est les surfaces irrigué ont triplé entre 196 70 et 2000 notamment pour cultiver du maïs irrigué pour nourir les élevages industriels je suis devant un public engagé je sais que vous connaissez déjà
Bien ces ces sujets et et ça c’est c’est un point qui qui est essentiel parce que c’est vrai qu’en ce moment on parle beaucoup du changement climatique et a raison hein qui a un impact considérable sur l’eau et sur et sur les milieux on sait que en France d’ici 2050 on devrait
Avoir 10 à 40 % de de du début des rivière moyen qui devrait diminuer mais ce qui est beaucoup ressorti quand j’ai interrogé tous les tous les chercheurs à peu près 40 j’ai interviewé 80 personnes et la moitié de chercheurs ce qui était ce qui est beaucoup ressorti c’était que
Parfois on posait mal le changement climatique c’est-à-dire que on se certains lobbyistes notamment se sert du changement climatique pour toujours dire qu’il faut prélever de l’eau et au lieu de se dire il faut moins consommer d’eau parce que même si on avait pas le changement climatique on aurait un
Problème d’eau parce que les prélèvements d’eau au cours du 20e siècle ont augmenté 1,7 fois plus vite que la population donc c’est c’est considérable he cette cette consommation d’eau et donc en ce moment au lieu de se dire on va changer profondément le système et notamment changer de de
Modèle agricole on va plutôt mettre en avant des fauses bonnes solutions et il y en a quatre qui sont qui sont beaucoup mis en avant aujourd’hui alors notamment dessaler l mer on va se dire bon bah voilà on n pas assez d’eau donc il faut trouver toujours plus d’eau pour
Continuer à irriguer même peut-être plus irriguer par parce qu’il y a moins d’eau donc en tout cas certains endroits c’est vrai qu’il y a ce point-là aussi qui qui est important des fois il y a des confusions sur ce sujet-là avec le changement climatique il va pas avoir
Moins d’eau il y a des endroits où il y a moins d’eau des endroits où il y a plus d’eau ça dépend des des zones he dans le monde en tout cas on voit que c’est en France y aura une baisse mais ça ça dépend quand même des régions et
Et des endroits et donc pour revenir sur dessaler le l’eau de mer on sait très bien que dessaler l’eau de mer c’est pas du tout une bonne solution à long terme parce que on va consommer de l’énergie donc de donc émettre encore du CO2 renforcer le changement climatique et on
Sait pas quoi faire après de tout ce sel et il y a un risque de créer plein de petites m mortes quand on quand on on va rejeter le le sel dans la mer donc ça c’est une solution qui est beaucoup mise en avant qui est pas du tout une bonne
Solution alors ça vous connaissez bien ici a les fameuses bassines qui sont mises aussi en avant comme une fausse bonne solution j’ai encore un petit peu de temps j’ai pas trop je suis bien bon ce que je regardais je sais qu’il faut qu’on soit pas trop long alors sur les
Bassines on peut partir longtemps sur ce sur cette sur le sujet des bassines donc peut-être pour le faire je pense que c’est un sujet qui a été tellement médiatisé que que vous le connaissez qui est financé donc les notamment les 16 bassin des de Sèv qui sont financé par
De l’argent publ à à 70 % et c’est c’est pas la même chose hein c’est pour essayer de continuer à à à maintenir le modèle tel que agricole tel qu’il est aujourd’hui on sait que 50 % au moins du volume d’eau des 16 bassines des Deux Sèvres sera à destination du maïs donc
La question voilà pour continuer à faire de l’élevage industriel et du coup avec des élevages qui sont nourris pas par de l’herbe mais par des céréales où on va utiliser des pesticides donc on retourne dans la problématique en plus de la pollution des milieux voilà on sait
Qu’il y a un peu près alors le chiffre est difficile de l’avoir précisément mais que il y a un peu près 1000 projets un peu partout en France de bassin ou de retenu d’eau qui qui pourra être mis en avant il y a il y a notamment dans
L’héros en ce moment plusieurs projets de bassine là pour irriguer des vignes alors qu’avant on y réglait pas on y réglait pas les vignes et que de plus en plus on y régle les vignes donc on on sait que les voilà les bassines c’est un problème euh qui qui est une fausse
Bonne solution qui qui est mise en avant dans la troisième fausse bonne solution qui est mise en avant je je te propose simplement de les de les citer euh les les les deux autres mauvaises solutions et ensuite tout de suite d’enchaîner sur b b solution d’accord
Je acccél euh donc dans les dans les deux autres fauses bonnes solutions il y a réutiliser les EAU usé donc je je le fais assez rapidement mais on sait que réutiliser les os usés pourquoi pas mais ça va pas être la solution miracle à tous nos problèmes parce que euh c’est
De l’eau qui va pas repartir dans les milieux et qui va pas être intéressant aussi pour la biodiversité hein on on a parlit du chiffre tout à l’heure que des 30 % des surfaces d’eau en France ont déjà été modifié donc c’est déjà considérable ça déjà ça a un impact
Aussi sur la biodiversité bon la 4ème fausse bonne solution qui est pas encore mise en avant en France mais qui est plutôt mise en avant en Australie aux États-Unis c’est certainement la pire ça va être financiariser l’eau c’est qu’on va aller jusqu’à parayer sur le prix
Futur de l’eau donc ça c’est ce qui est fait euh voilà dans les fausses bonnes solutions on sait que ça ça ça ne marche pas je pense que j’ai pas besoin de le démontrer ici je vais partir sur les sur les bonnes solutions c’est ça alors sur
Les bonnes solutions vous vous doutez vu que j’ai écrit des livres avec pierre Abi que que je vais parler d’agroécologie hein qui sont une solution qui bien sûr sur le long terme permet euh Vincent on a parlé tout à l’heure de de travailler avec la biodiversité et de restaurer et de
Restaurer les milieux euh moi j’ai pas mal enquêté notamment dans les zones semi-arides en Afrique où on voit que ça a des un impact considérable que les pratiques agroécologiques permettent de multiplier de 5 à 10 fois la capacité de rétention d’ des de rétention d’eau des
Sols avec vraiment des des voilà sur 2 3 ans on peut réussir vraiment à à cultiver en cédant de la biodiversité et en restaurant Les milieu et on voit qu’il y a plein de techniques qui peuvent être mises en place et que ça fonctionne j’ai interrogé notamment un
Agriculteur au Mali qui consommait deux fois moins d’eau notamment grâce au aux pratiques agroécologiques j’éta aussi en Mauritanie on voit qu’il mettent en place tous des systèmes en cultivant sous des palmés d’tiers alors ça prend du temps hein il faut souvent 2 3 ans pour pour le mettre en place mais on
Voit que quand on met en place toutes C ces techniques de pratique d’agroécologie on arrive à restaurer le milieu bien sûr en France aussi hein on on voit que ça fonctionne et on voit qu’il y a des bons résultats en France et partout dans le monde mais que ça
Bloque et ça sera la table ronde de tout à l’heure plus par rapport à des questions de lobbying et autres sur ce pointl mais on pour c’est pareil je pourrais encore parler des heures mais je vois que que le temps passe sa je sais bien merci et justement quand on
Parle de de transition agricole on a besoin de de temps et j’aimerais entendre Vincent bretagnol justement sur comment on fait pour faire évoluer ce système agricole néfasse comment on réintroduit du vivant dans une pleine céréalière comme comme le Nice par exemple alors je je sais pas si on a
Besoin de tant de temps que ça parce qu’en fait sur notre zone d’étude ça fait maintenant 15 ans qu’on qu’on travaille avec des agriculteurs il y a il y a 450 exploitation agricole environ sur notre site d’études dans le sud des de sèves et on expéri ente avec des des agriculteurs des solutions
Agroécologiques en direct dans les parcelles avec des vrais exploitants des vrais parcelles donc c’est pas du tout des expérimentations faites dans des stations expérimentales un petit peu hors sol là on est vraiment dans dans la vraie vie et ce qu’on démontre avec Sabrina Agaba qui est ici présente de de
L’INE Rae ce qu’on démontre depuis 15 ans c’est que non seulement c’est possible de faire de l’agroécologie c’est-à-dire de travailler avec la nature et pas contre la nature même dans des systèmes conventionnels je dirais même qu’on s’adresse principalement au système conventionnel aujourd’hui donc non seulement c’est possible on démontre
Également que pour la majorité des cultures si ce n’est toutes les cultures en fait qu’on a testé jusqu’à présent les rendements sont à peine affecté voire pas affecté du tout par des réductions importantes de pesticides ou d’int Tran on parle de réduction de l’ordre de 50 %
Donc c’est quand même pas rien c’est l’objectif du plan écofyo depuis 15 ans qui qui est complètement non atteint donc on y arrive du point de vue des rendements et surtout ce qu’on démontre c’est que économiquement c’est rentable pour l’agriculteur c’est absolument incroyable mais c’est en fait c’est complètement logique c’estàdire qu’en
Fait on est capable de substituer l’agrochimie par le fonctionnement biologique la biodiversité et les écosystèmes et comme c’est gratuit parce que les abeilles ça ne coûte pas ça on peut les détruire mais avoir des abeilles ça ne coûte rien la biodiversité c’est gratuit et bien mettre en place ces solutions du point
De vue d’un agriculteur c’est rentable économiquement voilà donc les solutions sont je dirais presque là aujourd’hui en tout cas dans les systèmes de grandes culture dans les milieux tempérés on a démontré et on a quantifié économiquement ce que ça voulait dire c’est c’est pas des c’est pas des
Comment dire des chiffres en l’air par exemple pour le blé on arrive à démontrer que réduire de 50 % l’utilisation d’azote et utilisation d’herbicide ça rapporte à peu près 100 € par hectare supplémentaire pour un agriculteur utiliser les abeilles dans un champ de colza ou un champ de tournesol plutôt que l’agrochimie ça
Rapporte en moyenne 120 € par hectare supplémentaire donc voilà sont des chiffres qui sont locaux je ne sais pas si c’est exactement les mêmes valeurs en Picardie ou en Dordogne mais au moins ça voilà les processus vont être les mêmes les chiffres vont peut-être un petit peu
Changer mais en tout cas ces solutions sont je dirais techniquement prête elles sont parfaitement opérationnelles elles sont rentables et économiquement viables et plus que viabl pour les agriculteur et je vous dirais c’est tout sauf une surprise on entend très souvent dire la profession agricole avec qui je travaille pratiquement au quotidien que
C’est pas possible de se passer des pesticides c’est pas possible d’arrêter le glyphosate sinon on va mettre la France au bord de la famine alors premier élément de réponse les agriculteurs qui sont en bio se passent des P pesticides ils produisent et ils gagnent de l’argent et ils gagnent même
Plutôt mieux leur vie que les agriculteurs conventionnels en tout cas jusqu’à une époque récente donc de toute manière il y a déjà un cas de figure où ça marche parfaitement bien si on s’intéresse maintenant tout le monde va pas passer en bio en tout cas c’est pas
L’objectif je crois pas que ce soit une feuille de route très réaliste en tout cas aujourd’hui ni probablement très viable mais travaillons avec les agriculteurs qui ne vont pas passer en bio qui sont aujourd’hui inconventionnels pour que au au moins eux commen à entamer cette transition agroécologique ça semble faisable et la
Question qui se pose c’est pourquoi ils le font pas et c’est une vraie question parce que nous sur notre site d’étude on a travaillé avec des centaines d’agriculteurs depuis je vous disais une quinzaine d’années ceux chez qui on a réalisé ces expérimentations qui ont vu de leurs propres yeux que réduire
L’utilisation d’un Tran de 30 à 50 % ça changeait rien à la physionomie de leur parcell et ça leur apportait finalement plus d’argent cuxà même eux-mêmes n’ont pas changé c’est extraordinaire donc ça veut dire qu’il y a d’autres blocages absolument considérabl qui feront peut-être l’objet d’autres tables rondes
Mais qui sont absolument à prendre en compte et alors à mon sens le blocage principal aujourd’hui c’est que en fait ces modèles alternatifs ne sont pas soutenus l’agroécologie vous entendez parler sans arrêt du point de vue du ministère de l’Agriculture du point de vue de l’INERA l’agro écologie aujourd’hui n’est pas soutenue pourquoi
Elle est pas soutenue c’est pas parce qu’on met pas d’argent dans l’agroécologie c’est parce que en fait 95 ou 98 % des financements pour l’agriculture vont pour le modèle classique donc je vous pose la question comment imaginer que on va remplacer un modèle qui a ses performances économiques et financière par un modèle
Alternatif quand encore 95 ou 98 % du financement va dans le modèle classique c’est le même problème avec l’énergie on passera pas aux énergies renouvelables tant que 98 % du financement va aux énergies fossiles c’est la même chose dans l’agroécologie complètement al il nous reste 10 petites
Minutes pour sur C sur cette thématique moi j’aimerais vous entendre tous les quatre sur des motifs d’espoir dans le cadre de de vos travaux de vos enquêtes de vos recherches de vos observations est-ce que vous avez euh 2 minutes chacun pour nous partager des motifs d’espoir alors la nature Vincent botagel
L’a dit en filigrane mais la nature a des forces insoupçonnées euh on a un cas de il y a la bédive qui est en réserve naturelle nationale et on a une zone parce qu’il fallait faire une digue a été dégagée a été dans le marée c’était une zone de céréaliculture
Intensive cette zone a été débarrasser de ces ces matériaux donc on retrouve l’état de des des des des substrats tels qu’ils étaient avec les l’agriculture intensive c’est une zone qui est proposée pour pour une zone de substitution c’estàdire par compensation parce que la digig occupe sur la réserve naturelle nationale du
Terrain et donc on on va l’avir dans la réserve en 1 an euh la régulation la non régulation de l’eau c’estàdire le fait de conserver dans une zone de Maré des eau qui sur des surfaces qui étaient pas cultivées a vu le retour des anatidés des Ardéidés c’estàd bon pour faire simple les
Canards les oies en hivernage et et également les hérons et toute espèce ils ont sur 2 ans ils son ils sont revenus en force et la première fragmité c’est-à-dire la première rosolière a commencé à se développer et se développe à grande vitesse donc il y a un retour qui est assez vite assez
Rapide je je crois que que ça c’est une grande force je prendre un autre exemple qui est un exemple dans l’île de Ray moins d’herbicides plus de sarclage léger ou de la tonte retour des plantes messicoles avec le Centre national botanique du sudatlantique aujourd’hui on en fait le
Constat alors ça met un peu plus longtemps ça met 4 5 ans de la même façon ne plus metettre d’insecticide sur ces vignes avec les pièges à féromone pour pour pour détruire les les les différents des euh papillon l’épidoptère qui qui qui font le verre de la grappe
Fait qu’il y a plus il y a plus euh il y a plus d’insecticides donc messicol de retour végétation plus euh pas d’insecticides parce que les insecticides sont génériques en plus hein ils sont ils touchent pas que les LP d’agrappe et bien c’est le retour des oiseaux insectivores et des oiseaux
Granivores en plus ceux qui font de la botanique sont ravis la nature a beaucoup de force si on veut bien faire un effort moins d’intensité et plus de mesures Pauline peut-être les motif d’hestoire sur est-ce qu’il y a des molécules qui sont interdites aujourd’hui qui l’était pas
Hier en fait on on on a dans les actions qu’on mène à la génération future c’est qu’on a eu beaucoup d’échecs dans toutes nos actions qu’on mène auprès des autorités des politiques pour les sensibiliser sur les failles des évaluations des autorisations donc là faut savouer que c’était c’est plutôt un
Échec par contre motif d’espoir c’est qu’on a beaucoup de victoire du côté juridique quand on mène des actions juridiques ben il s’avère que la justice elle est elle est de plus en plus avec nous et elle juge illégale les autorisations de mises sur le marché des pesticid j’ai plusieurs exemples donc en
Mai 2023 génération future a obtenu l’interdiction de deux produits à base de clyphosate en France donc c’est le tribunal administratif de Montpellier qui a jugé que les l’évaluation du risque pour les abeilles dans le dossier était incomplète et que l’évaluation du risque pour les arthropodes terrestres était absente donc en fait le tribunal
De Montpellier a jugé que l’évaluation étant incomplète on pouvait pas dire si il y avait un risque pas d’utiliser ces produits et donc ce qu’ils ont fait c’est tout simplement ils ont appliqué le principe de précaution et ils ont dit bah non là l’évaluation elle est elle
Est pas suffisante on sait pas ce que ça va donner ce produit-là donc on juge illégale l’autorisation de mise sur le marché de ce produit euh donc pour nous c’est évidemment de motif motif d’espoir parce que si la la justice va interdire de plus en plus de substances peut-être que ça
Forcera le le système à se se passer de ces substances et surtout ça quand la justice met ce type de de jugement ça interpelle les politiques donc peut-être que c’est aussi ça permettra de faire bouger les politiques sur cette questionl il y a un deuxième exemple que
Je voudrais vous citer euh et pas des moindres c’est en début d’année 2023 c’est la cour de de justice de l’Union européenne qui a jugé illégale les dérogations qui étit accordé à l’utilisation des néonicotinoïdes que faut savoir ces substancesl sont interdites en Europe mais le système
Permet dans C dans certains cas de quand même les utiliser ça s’appelle des dérogations et et là c’est donc la Cour de justice européenne qui qui a dit stop à ces dérogations qui les a jugé complètement illégales et donc là elles sont vraiment interdite interdit ça veut dire vraiment on peut plus les
Utiliser donc voilà donc pour nous c’est vraiment un motif d’espoir et c’est vraiment des actions qu’on va mener de de plus en plus on va m mener que ça comme action des actions juridiques on a plusieurs substances qu’on est en train d’attaquer on a déjà des dossiers
Déposés et on a de très bons arguments à faire valoir pour interdire toutes ces substances oui heureusement qu’on a des des motifs d’espoir aussi Vincent parlait tout à l’heure de toute façon ça ça fonctionne déjà l’agroécologie donc c’est quand même déjà un bon motif d’espoir et que ce n’est pas l’agriculture industrielle
Qui nourrit la planète ce qui c’est souvent indiqué hein 80 % de la production mondiale est faite par des l’agriculture traditionnelle paysane donc c’est vrai que c’est bon je pense qu’ici le public est déjà averti mais je pense que c’est important de de de rappeler ce point là et c’est vrai que
Moi les motifs d’espoir en tout cas quand je pars en reportage c’est de voir que ça fonctionne à dans plein d’endroits et et que ça marche et que les études scientifiques le prouvent après il y a une un deuxième point notamment par rapport à l’eau que je trouve intéressant dans la gestion de
L’eau dont on a beaucoup parlé cette année c’est que en ce moment on voit plutôt que l’eau a tendance à nous diviser on parle même de guerre de l’eau en France et ailleurs dans le monde entre les pays alors que l’eau elle peut aussi nous pousser à à une autre gestion
De de l’eau et l’eau on est obligé de le faire collectivement on est obligé de gérer ensemble l’eau c’est pas un élément qu’on peut qu’on voilà nous sommes en plus nous sommes fait d’eau c’est un voilà on a appelé l’ouvrage deeau que nous sommes donc c’est un élément qui peut se se gérer
Collectivement et j’ai un exemple intéressant lors de mes reportages avant je faisais la télévision et maintenant en livre je me suis souvent rendu dans la Drome parce que c’est un endroit assez engagé et j’ai trouvé ça intéressant vers di une ville qui s’appelle di où je suis souvent aller et
Puis je trouvais ça intéressant par qu’ plein d’innovation sociale à cet endroit puis donc je faisais plein plein de de reportages là-bas et je me suis dit mais c’est intéressant comment ça se fait qu’il y a autant d’innovation sociale puis du coup à chaque fois j’y allais je
Me posais la question je posais la question aux personnes et donc j’ai parlé avec une chercheuse qui s’appelle Sabine Gérard et avec Olivier de shooter qui était l’ancien rapporteur des Nations Unies au droit à l’alimentation qui a fait un rapport sur cette région justement et ils ont montré que les deux
Dans deux endroits différents que une des raisons c’est pas la seule mais une des raisons pour le fait sur le fait qu’il y avait autant d’innovation sociale à cet endroit c’était dû au fait que c’est l’endroit dans les années 90 où il y a eu le premier sage donc le
Schéma d’aménagement de gestion de l’eau sur le territoire pour dépolluer la rivière donc la Drome et que du coup il y avait une coopération particulière qui avait été mise en place entre les les autorités locales les associations les entreprises les agriculteurs et les citoyens et souvent sur les territoires
C’est ça qui est intéressant de réussir à trouver cette bon équilibre entre ces différents acteurs et je trouvais ça intéressant de voir que là l’eau elle avait réussi à unir et à déboucher sur des des des innovations sociales intéressantes donc on voit que l’eau peut aussi être un élément qui peut nous
Rassemblé et d’ailleurs c’est intéressant parce que même dans les les façons d’irriguer qu’on qu’on va mettre en avant aujourd’hui on a de plus en plus d’irrigation individuelle et donc avec énormément de forage illicidees qu’on ne qu’on ne mesure pas et c’est un problème hein dans les roues on évalue à
La moitié des des des forages qui sont illicites donc on voit que si on revient aussi à d’autres façons d’iriguer de façon peut-être plus collective différemment on pourra gérer l’eau différemment et ça peut même être une façon d’expérimenter la démocratie au niveau des territoires différemment et c’est intéressant parce que la gestion
De l’eau ça peut être aussi un apprentissage de de de d’expérimenter des façons de de gérer la démocratie plus ancré sur les territoires et au niveau de bassin et avec des limites géographiques inante et avec des personnes qui sont liées entre elles par un territoire le mot le mot de la fin pour
Vincent bretagnol ça sera pas le mot de la fin parce que c’est un débat qui qui nous anime encore je pense pour quelques temps mais moi moi je suis en fait raisonnablement optimiste on va dire alors d’une part d’un bon c’est peut-être un peu cynique mais le système
Actuel est pas durable il est pas viable donc il va s’effondrer voilà donc vaut mieux essayer d’anticiper cet effondrement et de l’accompagner plutôt que de le subir et je pense qu’il y a pas mal de gens qui pensent ça aujourd’hui y compris chez les agriculteurs moi je côtois beaucoup
D’agriculteurs avec mon équipe et nous tous nos collaborateurs il y en a quand même beaucoup vraiment beaucoup qui se posent des question aujourd’hui qui voit bien que ce système est est pas durable voilà alors ça ça c’est le l’élément je dirais qui qui peut peut-être le déclencheur justement de cette
Transition de cette transformation à condition à mon avis d’éviter deux écoles là je parle vraiment de manière très personnelle peut-être sur la base de de notre expérience euh la première chose c’est qu’il faut pas se tromper de j’allais dire de combat c’est-à-dire que la problématique des pesticides si on
Part dans l’idée qu’il va falloir pendant des décennies encore démontrer leur nocivité pesticide par pesticide puis paire de pesticide par paire de pesticides puis triplet de pesticide par triplet de pesticid pour les effets cocktails c’est perdu d’avance donc ce qu’il faut chercher c’est les solutions sorties de pesticides et pas essayer de
Démontrer leur leur caractère nocif la deuxième condition c’est à mon sens pour ce qui est de la transition agroécologique de pas faire reposer cette transition exclusivement sur les agriculteurs un parce que c’est insoutenable deux parce qu’ils ont pas les carartes en main c’est les citoyens c’est vous nous qui devons jouer ce rôle
Aujourd’hui ça fait un petit peu écho à ce que vous avez dit à l’instant c’est ce qu’on essaie d’expérimenter là encore sur notre Z atelier on essaie de travailler avec les habitants pour reconstruire reconstituer retisser du lien entre les producteurs que sont les agriculteurs et les consommateurs améliorer la qualité de l’alimentation
Ce qui veut dire changer d’alimentation et donc il y a un rôle crucial à jouer de la part des consommateurs ça améliorera aussi leur santé ça améliorera la santé des écosystèmes et donc c’est en fait la problématique de la production agricole de l’alimentation et de la santé sont intimement liés et
La biodiversité final les écosystèmes et la nature c’est le ciment de ces trois problématiques c’est là-dessus qu’il faut travailler aujourd’hui tous ensemble merci un grand merci à à tous les quatre pour ces interventions de qualité merci à tous je crois que l’équipe a prévu une non pas une pause justement
Mais l’équipe a prévu plutôt de passer le micro et nous on va laisser la place pour la prochaine table le rond qui serait sur la santé