Par Philippe GRANDCOLAS (Directeur de recherche au CNRS, Directeur Adjoint Scientifique de l’Institut Écologie et Environnement du CNRS).
Enregistrement de la conférence du 8 novembre 2023 à l’Artistique (27 Bd Dubouchage, 06000 Nice).
Les Muséums ont permis le développement des sciences naturalistes et de leur regard scientifique sur notre environnement dès le XIXe siècle. Ils ont également contribué à la mise en valeur d’une médiation muséographique intéressant les gouvernements et les citoyens. En ce début du XXIe siècle, nous constatons que les actions des humains ont occasionné de terribles
dommages à l’environnement, au point que l’habitabilité de la planète devient problématique. Dans cette situation de crise, les sciences naturalistes ont donc un rôle majeur à jouer : non seulement diagnostic de la crise mais aussi proposition de nouvelles trajectoires durables pour les sociétés, acceptables grâce à une médiation des pouvoirs publics et des citoyens.
[Musique] alors messieurs dames bienvenue pour ce nouveau cycle de conférence qui est pour nous un cyclinédit je voudrais d’abord associer puisqu’ils sont présents dans la salle l’association des Amis du Muséum l’association des des des naturalistes de Nice et des Alpes maritimes qui sont les associations partenaires du Muséum
Et vous dire que depuis une année vous avez peut-être pour certains vu le Nice Matin de de ce matin on a eu un papier quand même plutôt comment dirais-je plutôt élogieux euh mais je voudrais d’abord dédier cette conférence à Monsieur verani Barla Fossat eu qui sont finalement parmi
D’autres mais à l’origine de notre Muséum alors cette première conférence elle est assez exceptionnelle puisque nous avons le le directeur national adjoint du CNRS spécialiste de biodiversité Philippe grancola qui est venu justement à Nice pour nous parler de l’importance des muséums et de leur place aujourd’hui dans les problématiques actuelles donc voilà
C’est pas un lieu poussiéreux c’est un lieu tourné vers l’avenir avec des enjeux très importants et on est très fier aujourd’hui à mes côtés d’avoir la directrice des musées de Nice madame jacard et notre directeur du Muséum Olivier gerrier et je dois dire que je suis très content de travailler avec
Quelqu’un de sa qualité je dois dire que je retrouve un peu ma passion pour le patrimoine à travers lui et donc c’est vraiment très enthousiasm on a une bonne équipe Madame la directrice et toute l’équipe du Muséum donc Paul le médiateur qui est là et puis autour de
Dans la salle je voudrais saluer la représentante du Parc National du Mercantour madame Lechia je l’ai bien dit avec l’accent bon ça va euh et vous dire on en a parlé tout à l’heure hein on c’était fait une petite réunion informelle entre nous euh on est en train de développer les partenariats
Avec le parc national du Mercantour avec l’Observatoire océanographique de Villefranche monsieur Dolan est par ici dans la salle notre futur conférencier donc voilà ce cicle a pour vocation finalement de faire quoi ben de faire un peu le le bilan et une radiographie large du Muséum et de ses richesses depuis de siècles
Et aussi ben de tracer des perspectives de de recherche et d’axe de développement et je voudrais remercier Monsieur gran Cola puisquon va mettre en place un comité scientifique à l’issue de ce cycle de conférence et Monsieur grandcola accepté de participer à nos côtés dans ce comité scientifique et je
Passe je lance un petit clin d’œil aux professeurs d’université qui sont parmi nous monsieur moulade et Monsieur le Maire bien évidemment ils feront partie avec les amis du Muséum de ce comité scientifique s’il le souhaite hein qui se sentent pas obligé mais enfin il travaill déjà avec nous donc il y a pas
De problème donc dernier point aussi l’aspect artistique est très important dans ce Muséum et dans la salle aussi aujourd’hui je suis content d’avoir une jeune artiste talentueuse Julie borgèz qui est ici et nous sommes en train de préparer pour l’été 2024 une exposition très originale au Muséum et des
Nouvelles salles notamment pour recevoir le grand public et une salle de lecture à côté de la bibliothèque que Joë tient avec tous les jours avec beaucoup de de d’implications et je voudrais la remercier aussi voilà donc ce Muséum c’est un lieu magique pour les nissois et je dois dire que je suis très
Fier aujourd’hui d’avoir cette responsabilité et je me rappelle petit avoir fait avec le collège rissau pendant une année un atelier dans ce lieu et c’est un lieu qui est cher au nissois et qui aujourd’hui est un un enjeu vraiment avec le développement durable le changement climatique nous avons prévu
Un cycle l’année prochaine ça sera sur les naturalistes sur le litoral azurin et en 2025 un cycle autour des naturalistes et la mer puisqu’on aura vous savez cette rencontre internationale de l’ONU et la mer à Nice donc c’est un moment très important il faut absolument associer le Muséum à
Toute cette démarche et on travaille là-dessus d’arrachepied voilà donc Philippe grandcola c’est avec beaucoup d’honneur qu’on vous reçoit dans ce lieu qui depuis des décennies et je remercie Emmanuel figuier à la directrice est un lieu de conférence d’échange avec le public et vous dire que nous sommes très
Fiers à Nice puisque vous avez des attaches manonnaises en plus donc voilà vous êtes un peu en famille ici que le CNRS à travers vous s’associé à cette démarche de mise en valeur du Muséum de Nice merci Monsieur grcola mesdames et messieurs bonjour et merci beaucoup monsieur pour ces mots
D’accueil he qui me vont au fond du cœur parce qu’ils sont j’en suis persué ils sont très sincères et je pense qu’il y a effectivement autour de ces problématiques de développement durable et notamment dans le cas de la métropole niis C d’Azur qui a vraiment voilà des
Des enjeux très importants et puis en même temps un futur qui me semble voilà bien se présenter et le fait de partager à la fois des aspects de science et de culture bah il contribue bien naturellementérence merci donc effectivement comme monsieur jume vient de le dire j’ai quelques achat
Attach manonnais pardon puisque étant adolescent en fait je me suis familiarité familiarisé avec l’étude des insectes grâce à la fréquentation de la des insectes de de cette de la région ici et notamment des éphipigères si certains si ça peut dire quelque chose à certains sont des grosses sauterelles
Qui vivent dans dans la garigue qui ont un comportement tout à fait intéressant et c’est peut-être un peu grâce à ses effets pigères quelque part que je me suis dirigé vers des études de de sces naturell que je suis je suis devenu chercheur CNRS alors voilà quelquefois
Les les chemins sont pas sont pas ceux que que l’on prévoyait et puis au final ces études m’ont conduit vers l’étude d’organismes qui vivent en forêt tropical dans lesquels j’ai travaillé pendant plus d’une 40aine d’années d’abord en Guyane française ensuite en Afrique centrale et puis pour finir au
Brésil et et en Nouvelle-Calédonie et le fait de fréquenter tous ces lieux extraordinaires en fait au cours des ans au-delà des questions scientifiques que l’on aborde directement en fait vous apporte quelque part un peu une connaissance empirique vous voyez de l’état de l’environnement vous constatez la manière dont ces différents pays ces
Différentes régions gèent leur environnement puis vous constatez aussi année après année la manière dont cet environnement évolue et et aujourd’hui à l’heure un peu des constats globaux he qui sont développés par des plateformes internationales comme celle du Jack ou de ou de l’IPBES sur le climat et sur la
Biodiversité finalement on retrouve dans les évaluations ce que de manière irique on a constaté soi-même en tant que que citoyen dans ces différents endroits alors par ailleurs moi j’ai une acointance particulière avec les musées puisque en fait dans mes dans mes affectations successives au CNRS j’ai travaillé assez tôt il y a
Plus de 30 ans au Muséum national d’histoire naturelle au Jardin des Plantes à Paris qui est un musée comme le musée de Nice un musée d’histoire naturelle et puis en fait il s’est avéré année après année que la problématique biodiversité de devenant de plus en plus
Importante on a pu et j’ai été l’artisan du développement d’un laboratoire qui s’appelle l’Institut systématique évolution biodiversité que j’ai dirigé pendant 10 ans et qui comporte à peu près 200 personnes sur le site du Jardin des Plantes le campus juuseux l’université parisienne qui est juste à côté puis quelques sites à Concarneau et
À et à Dinard et ce laboratoire en fait a pour vocation d’étudier la diversité biologique et son évolution son évolution au sens biologique he depuis les temps géologiques jusqu’à jusqu’à aujourd’hui dans les différents pays du monde donc on a grâce au personnel qui travaillent dans laboratoire qui est
Également un laboratoire du CNRS de Sorbonne université de l’École pratique des hautes études on a une idée de la manière dont un grand nombre d’organismes ont évolué au cours du temps alors comme ces études se passent en particulier dans un musée en fait ça m’a amené à comprendre là là encore de
Manière empirique he parce que finalement il y a pas de meilleur appr pration des faits des théories que quand on les pratique soi-même au quotidien ça m’a amené à comprendre comment les musées ont vraiment une place centrale au cours au cours des derniers siècles et au cours de ces dernières décennies à
La fois dans la connaissance scientifique dans le partage des connaissances avec la société et puis dans la prise de conscience des crises de l’environnement qui existent aujourd’hui donc c’est un peu pour ça que on a choisi ce titre des sentinelle en temp de crise de l’environnement parce que finalement les musées je vais
Essayer de vous le montrer depuis longtemps joue un peu ce rôle alors en en amont des musées en amont des musées il y a quelque chose de particulier c’est que quand on quand on parle de vivant dans la nature on on va en fait avoir besoin de nom quand vous voulez
Désigner des animaux des plantes et cetera évidemment vous les montrez pas seulement du Doig hein vous les dénommez et ces dénominations en fait elles existent dans toutes les cultures quel qu’elles soit bien sûr nos cultures occidentales avec les grands naturalistes depuis l’époque de la Renaissance mais également dans tous les
Pays du monde et il y a ce qu’on appelle des classifications vernaculaires voyez où les personnes sont capables de distinguer et les arbres de la forêt camerounaise et les plantes dans le cérado Brésilien et cetera et cetera donc toutes les cultures du monde ont eu des dénomination et quelquefois
D’ailleurs on est frappé moi j’ai eu l’occasion de travailler avec avec des personnes qui ont cette connaissance empirique on est frappé du degré de connaissance incroyable moi je me rappelle d’un d’un monsieur que j’ai beaucoup aimé qui aujourd’hui malheureusement disparu qui éit un monsieur très modeste qui vait dans un
Petit villageétat des spiritos Santo au Brésil et quand on lui montrait n’importe quelle plantule n’importe quelle branche morte dans une forêt qui comporte à peu près 600 espèces d’arbres il était capable presque à coup sûr de vous donner le nom de l’espèce et comme il avait travaillé avec des botaniste il
Était capable souvent de faire la relation entre le nom vernaculaire le nom que les gens du de la région possèdent et puis le nom scientifique que les botanistes ont pu donner grâce à des études un petit peu plus détaillées donc toutes les cultures ont ses ont ces classifications et bien sûr la plupart
Du temps ce sont des classifications sur ce qui est proche de soi hein on sort de chez soi on va dans la forêt à côté de chez soi on va chercher du bois on va chercher de quoi se nourrir et on dénomme ce qui est proche de nos de
Notre vie alors nous-même nous faisons ça si je vous montre ici dans dans un dans une jardinière ou dans une plate bande une petite fleur jaune comme ça je vous demande qu’est-ce que c’est vous allez me répondre c’est un piss en lit et puis pour ceux qui sont un peu plus
Versé en botanique vous allez me dire bah c’est un taraxacom officinealé c’est la dénomination latine savante pour un pour un piss en lit et ce faisant quelque part on est tous des monsieurs Jourdans de la classification hein on utilise des noms vernaculaires ou savants pour désigner des organisme
Alors cette cette manière de faire les dans nos sociétés occidentales on les a toujours eu depuis très longtemps et ça s’est sophistiqué un petit peu euh dans il y a quelques siècles déjà notamment à travers les cabinets de curiosité tout simplement parce que l’emprise de l’homme sur l’environnement était
Souvent locale et puis au gré des voyages malheureusement quelquefois dans des occasions un peu plus guerrières ou de colonisation hein des personnes puissantes de ces époques de la Renaissance et et ultérieur en fait se sont déplacé et finalement elles avaient affaire à des espèces de plant d’animaux
Et cetera qui n’étit pas celles qu’ell voyait au quotidien et elles avaient besoin d’un référentiel ils avaient besoin d’un catalogue quelque part puisque là il était plus question de dénommer le chîn l’érable ou le pissen lit que tout le monde connaît mais de dénommer des espèces qui étaient lointaines qui n’étaient pas connues
Puis il y avait aussi la curiosité hein la curiosité derrière l’étrange derrière les animaux les plantes qu’on ne connaît pas vous voyez dans les les cabinets de curiosité il y a un petit peu de tout hein quelquefois il y a des il y a des représentations il y a des animaux en
Paillé il y a des fossiles euh et et cette curiosité en fait voilà était évidment l’ panage des possédants des personnes nobles ou des hommes d’État et et ce C cette ce comportement s’est étendu à mesure que l’emprise des humains en Occident s’est étendu vers d’autres régions vers
D’autres pays alors bien sûr avec les cabinets de curiosité sont apparu aussi une littérature quand on a un grand nombre de d’échantillons qu’on a ramassé par curiosité par le commerce par les voyages on les dé nommes mais on a besoin de faire un catalogue parce qu’on
N’est pas capable euh de d’en garder la trace dans sa mémoire hein au quotidien et donc est apparu une littérature finalement qui à l’époque de la Renaissance était très très vernaculair encore hein les premiers ouvrages de zoologie ou de botanique euh vers le le 16e siècle étaient vraiment rudimentaire
Et puis petit à petit euh notamment à l’initiative d’un d’un savant très célèbre he qui s’appelle qui qui éta suédois qui s’appelait Carl von lin là ici vous voyez c’est son son œuvre principale qui est bien connu en règle générale qui s’appelle le système de la nature entièrement écrite en en latin
Qui date première édition date de 1758 et ce petit volume qui tiendrait dans votre main en fait contenait à l’époque l’ensemble des connaissances sur un grand nombre d’organismes y compris des organismes qui étaient qui n’étaient pas européens par exemple les insectes sur lesquels je travaille moi-même certains
Ont déjà été dénommés par l’iné et et fait amusant d’ailleurs certains de ces insectes dénommés par l’inné au milieu du 18e siècle étaient déjà des espèces exotiques dans les territoires où ils ont été récoltés par les collecteurs de l’inné par exemple certains insectes récoltés au Surinam étaient en fait
Originaires d’Asie hein et avait déjà été apporté par un commerce international dans ces régionslà voilà donc il y a une naissance aussi d’une littérature littérature qui est liée à à ces cabinets de curiosité et puis un petit peu plus loin euh ces cabinets de curiosité finalement se transforment en musée très souvent
Tout simplement parce que les les personnes qui les possédaient si elles étaient des souverains ou des hommes d’État euh ont très vite vu dans ces cabinets de curiosité l’occasion hein de dénommer et d’expertiser quelque part les organismes qui étaient recherchés pour des raisons commercial ça pouvait
Être la soie ça pouvait être le les bois précieux les épices le café et cetera enfin les exemples sont légion et donc le le le musée d’histoire naturelle au 17e 18e siècle par exemple le Jardin des Plantes à Paris hein c’est un endroit finalement c’est la compagnie pharmaceutique de l’époque hein c’est un
Lieu de pouvoir c’est l’endroit où les gouvernants en fait ont des experts qui peuvent dénommer qui peuvent leur donner des informations sur les ressources qu’il vont chercher dans d’autres territoires ce que l’on a appelé évidemment à postériorie l’expansion que colonial également ce sont des endroits où on connaît les plantes médicinales
Donc il y a aussi là un lien quelque part avec le avec la médecine donc ces musées apparaissent sous une forme qui est pas du tout liée à la visite par le public évidemment hein c’est un endroit réseré au gouvernant et euh et en fait cette cette transformation du cabinet de
Curiosité au Musée d’histoire naturelle elle se fait quand même assez lentement puisque ça prend presque quelques siècles et ça devient donc le musée devient un lieu de connaissance là on voit une gravure qui montte le Jardin des Plantes vraiment assez débuts il y a plusieurs siècles un lieu de connaissance pour l’exploitation des
Ressources naturelles et pour la médecine et en fait la transition entre le musée lieu de pouvoir lieu de connaissance pour les gouvernants et le musée destiné à partager les connaissance également avec le public c’est une transition qui se fait par exemple pour le Jardin des Plantes à
Paris qui se fait à as la convention républicaine qui change le statut du Jardin du roi comme il s’appelait à l’époque en un musée d’histoire naturelle qui est destiné aussi à l’éducation du public donc là je vous ai mis une petite copie qu’on trouve sur le site de la Bibliothèque nationale de
France du décret de la Convention qui explique quels sont les buts de ce musée qui sont encore ceux du du muséum national histoire naturelle et finalement qui sont ceux d’un peu près tous les musées d’histoire naturelle du monde c’està-dire à la fois un lieu d’expertise un lieu où où on conserve
Des échantillons de référence des collections et puis un lieu de partage de connaissance avec le public ou avec les avec les écoles bien sûr alors ce ce cette ce changement en fait s’est opéré graduellement hein et quelque part vous voyez il y a des couches supplémentaires d’activités qui se sont
Accumulé au cours des temps on a au début en fait si on a une espèce de de ligne comme ça temporelle qui va de du début des musées à la Renaissance jus jusqu’à aujourd’hui je vous fais grâce de de comment dire de l’étude de l’antiquité puisqu’il y a eu l’histoire
S’est répété il y a eu des histoires un peu analogues qui sont arrivés dans les temps antiques ou dans d’autres régions du monde en Asie mais si on passe si on va du de la Renaissance à aujourd’hui on voit qu’au début c’était quelque part une histoire de curiosité curiosité
Humaine c’est encore le cas aujourd’hui hein quand on va au musée on est curieux on est curieux de voir des organismes qu’on con pas de découvrir la diversité du vivant la diversité minérale aussi et puis on se rend compte c’est l’occasion de voir dans un musée parce qu’il y a
Des échantillons d’espèces différentes on se rend compte de cette diversité on la voit pas aujourd’hui bien sûr on a PL Tor de moyens de se rendre compte on peut regarder des documentaires à la télévision on peut consulter le web on peut lire des livres des journaux et
Cetera il est un temps où ce type de satisfaction la curiosité on ne peut la trouver que dans les musées bien sûr nos arrières- grands-parents hein fin du 19e siècle n’avaient pas d’autre moyen que d’aller dans un musée ou éventuellement de s’abonner à quelques journaux mais qui n’avait pas
Forcément la richesse documentaire que pouvait offrir le le musée local et puis au cours des âges en fait les naturalistes qui travaillent dans ces musées en fait finalement s’aperçoivent que dans le vivant il y a des espèces différentes ce qu’ on appelle des espèces alors il ressuscite quelque part
Le nom que Platon ou Aristote un des philosophes de l’antiquité ont donné à des organismes en pensant que chacun avait son essence particulière que chacun était immuable hein et complètement particulier et les premiers naturalistes comme le Suédois don je vous ai parlé tout à l’heure Carl von Linet en fait on
Ont décidait que ces espèces étaient différentes les unes des autres et et en en en épigraphe en première page en première page du système de la nature vous avez même une petite dédicace au Dieu puis en faisant référence à l’ancien testament parce que les naturalistes de cette époque voyaient
Finalement la diversité biologique comme une création divine qui était immuable donc donc c’est c’est ces naturalistes voient la diversité il voi la notion d’espèces alors là je vous ai mis quelques figures célèbres en bas ici vous avez quelqu’un comme alors ça clignote un petit peu je sais pas vous
Allez les voir par éclipse euh vous allez pouvoir voir successivement Buffon Cuvier la marque bon pardonnez-moi sur des figures parisiennes hein mais ce sont ceux que j’ai fréquenté tous les jours sous forme de statuaire et et de littérature qui ont à chacun finalement ils ont contribué à ces à ces
Questions-là hein les premiers n’étaient pas évolutionnistes ils sont simplement vu cette diversité ils ont vu la structure des organismes quelquefois tout simplement euh ils ont fait des comparaisons entre les osmanans vous voyez des des vertébrés euh ça a l’air aujourd’hui assez trivial hein de comprendre que un humain un chimpanzé un
Cheval et cetera une autarie ont tous partagent tous le même type de squelette avec des petites différences des transformations mais ça a été le début de cette de cette considération et puis il y a des gens comme cuvier ici au milieu en fait qui l’ont qu’ l’ont vu également dans des organismes fossiles
Parce que pour nous aujourd’hui il est clair qu’un organisme fossile quand vous trouvez un os de dinosaures ou ou d’ours des caverne vous savez bien qu’il s’agit d’un organisme qui a existé il y a quelques siècles ou quelques millénaires ou quelques millions d’anné voire pour les les dinosaures et puis que ces eaux
Se sont minéralisé hein et que finalement c’est rien d’autre que le squelette d’un animal mort mais qui a exista autrefois mais au 19e siècle au 18e siècle c’était loin d’être aussi évident et on avait du mal à comprendre finalement la notion d’extinction hein des espèces et on faisait appel à des
Déluges à une théorie des déluges successifs vous voyez avec une référence à la Bible en pensant que il y avait eu des événements catastrophiques sans qu’ est nécessairement évolution mais qui en fait morcelait la création divine en partie successive qui se succédait et puis bien sûr après il apparaît cette notion
D’évolution alors la marque est un des précurseurs hein évidemment le Charles Darwin en Angleterre a beaucoup plus de renom aujourd’hui parce qu’il a été plus loin dans la compréhension des processus mais laamarque lui-même finalement a été un des premiers à comprendre ce qui se passait alors pourquoi pourquoi cette cette espèce de
De prise de conscience et pourquoi elle prend place dans les musées bah tout simplement parce qu’au début les musées collectent des échantillons pour des raisons comme je l’ai dit au départ de curiosité puis après pour des raisons de de de pouvoir et de pratique et quand on
Quand on voit ces ces ces différents échantillons on se rend compte qu’il existe des similitudes entre les espèces y compris avec les espèces fossiles et puis on voit que en fait ces similitudes sont ordonnées elles sont pas alléato quoir tous les vertébrés ont des vertèbres toutes les plantes à
Fleurs ont des fleurs la théorie des déluges dont je vous parlais tout à l’heure le fait de constater que dans certaines couches géologiques il y a beaucoup de fossiles qui sont aujourd’hui des espèces qui n’existent plus cette théorie des déluges en fait elle a aidé aussi à l’idée d’évolution
Parce que les scientifiques de l’époque ont constaté que ce que l’on trouvait dans ces couches c’était pas les espèces actuelles donc il y avait des espèces qui sont éteintes et puis que les espèce actuell ne se trouvait pas nécessairement dans ces couches géologiques non plus donc de fait qu’il
Y avait quelque part une succession hein et ça ne collait pas trop avec une création exnio de toutes les espèces existantes à partir d’un moment zéro donc tout ceci concourt à l’idée d’une transformation et donc vous voyez non seulement le musée au début c’est un endroit pratique
Un endroit de curiosité on accumulé les échantillons de la contemplation de cette diversité d’échantillons né des concepts qui sont rudimentaires et puis ce complexifie et on en arrive à une théorie une théorie de l’évolution et donc il y a plusieurs visions qui se sont succédées une vision philosophique
On pourrait dire hein avec à la base la curiosité une vision plus utilitaire hein quand on veut expertiser des bois précieux des épices on est obligé de mettre des noms sur les organismes et là on est vraiment dans une application au début qui était purement utilitaire et
Puis finalement on revient à on en arrive à la science fondamentale parce que quelque part on fait émerger la notion d’évolution qui elle n’est pas spécialement utilitaire à cette époque- là aujourd’hui elle est beaucoup hein parce que quand on parle d’évolution biologique aujourd’hui on peut parler aussi d’antibiorésistance on peut parler
De domestication de sélection variétale et cetera donc aujourd’hui l’évolution biologique c’est pas seulement la reconstruction des épisodes passés c’est aussi comment gérer la structure génétique des organismes dont on a besoin ou qui nous sont dangereux mais à l’époque c’est une vision uniquement théorique alors au cours des temps aussi
Bien sûr ça c’est une histoire que je vous raconte c’est une histoire qui s’étale de la Renaissance au 19e siècle et fin 19e début 20e il est apparu d’autres instituts d’autres structures il y avait déjà des universités qui existaient bien sûr dès la Renaissance mais il y a d’autres organismes qui sont
Apparus et il y a des banques de graines des bases de données génétiques des conservatoires et cetera qui sont venus s’ajouter au paysag dans lesquels il n’existait au début que des universités et des musées et puis à un moment donné il y a une émergence c’est celle de la mission
D’éducation de la société alors en France ça a pris place notamment avec le décret de la convention républicaine mais il y a eu multiples événements de ce type dans dans dans plein de régions de France et dans dans plein de pays là je vous ai mis quelques quelques clichés qui viennent d’endroits
Très différents en Europe voyez on voit finalement des salles d’exposition des musées d’histoire naturelle qui datent fin 19e et et donc on s’aperçoit que le public éduqué euh dans ces ces sociétés européennes en fait éprouve un goût particulier comme les possédants de la Renaissance he pour contempler la
Diversité du vivant là encore hein comme on le fait aujourd’hui tous on est fasciné de voir ce qui se passe dans d’autres régions que celle long vie et le musée au fin 19e siècle bah c’est une des rares occasions de contempler cette diversité parce qu’à l’époque évidemment si vous voulez aller contempler la
Savane africaine les éléphants les girafes vous devez faire faire un voyage de plusieurs mois au péril de votre vie contracter éventuellement des maladies dont vous ne pourrez pas guérir voilà donc le musée offre cette possibilité qui a l’épote est extraordinaire le musée concourt à notre vision du monde réel hein le monde
Concourt à une vision du monde réel soit parce que il nous montre des choses qui ne sont pas dans notre région de vie soit parce qu’il nous montre des choses que nous ne voyons pas tous les jours parce qu’on est pas tous experts sur les insectes les molusques les plantes ou
Les mammifères que sais-je donc le musée concours a nous donné une vis du monde réel qui est plus étendue que celle que tout à chacun peut avoir mais il nous permet aussi d’avoir une perception de la diversité du vivant qui est moins anecdotique moi je je m’adresse beaucoup
Dans mes fonctions à des médias ou à des à des vulgarisateurs et très souvent je dois lutter quand je parle de biodiversité contre la tendance qui est de parler toujours des mêmes espèces he si je vous parle de crise de la biodiversité la plupart du temps vous vous imaginez des images d’Amazonie
Dévasté ou de girafes ou d’éléphants en voie disparition alors que la biodiversité c’est pas seulement ça la biodiversité c’est tout ce qu’ y a autour de nous c’est ce que nous mangeons hein c’est les plantes qui sont cultivées qui donnent le coton ou le lin dont nous sommes vêtis et donc il faut
Arriver à faire comprendre à tout un chacun que la diversité du vivant c’est précisément son intérêt c’est d’être extrêmement diverse et de ne pas comporter que des grands animaux ou des grandes plantes très spectaculaires il y a trois dimensions de la biodiversité qu’on a du mal à percevoir
Pour des raisons assez triviales on voit pas les microbes par exemple tout simplement parce qu’ils sont microscopiques he on en parlait à midi de cette phrase de Marcel pagol he qui disait que ça depuis que pasteur avait inventé les microbes sa maman l’obligeait à se laver les mains et
Cetera et effectivement pasteur pour les gens de cette époque semblaiit avoir inventé les microbes puisque les microbes étaient une création de l’esprit quelque part on les voyait pas on les voyait à travers les expériences qui comp contredisait la génération spontanée les expériences de pasteur dans lequel il montrait que si vous
Stérilisez un une potion que vous la mettez dans un vase clos il va rien apparaître spontanément hein la vie ne n’est pas de rien elle peut éventuellement se transformer à partir de quelque chose que vous avez inséminé mais elle va pas se développer à partir de rien et donc ces tendance là quelque
Part aujourd’hui quand vous vous adressez quand vous vous adressez à des à des à des décideurs à à des gouvernements à des instances internationales vous devez ou à des médias tout simplement vous devez les réexpliquer he de manière que toutes les personnes puissent avoir conscience de cela et les musées justement sont un
Moyen de faire passer ces états de connaissance faire passer le fait que la vie est extrêmement microbienne aujourd’hui vous pesez tous à peu près 2 kg de bactéries mais sont pas des bactéries dangereuse qui vous rendent malade ce sont des bactéries dont vous avez absolument besoin aujourd’hui un
Bébé qui naî par césarienne c’est-à-dire lors d’une opération chirurgicale bien sûr il n dans des conditions d’assepsie hein pour que la maman ne soit pas malade puisqu’on ouvre son corps on peut pas y introduire des microbes qui n’ont rien à y faire bah ces bébés nés par
Césariennes en fait on les met sur les voies de la maman de manière qu’ils acquièrent une partie de la flore microbienne de la maman parce que sinon ils sont pas capables de développer leur immunité d’être capable de digérer le lait maternel et cetera donc ces ces
Microbes là en fait on en a besoin à telle enseigne que si vous prenez des antibiotiques pour une raison are pendant trop longtemps vous savez très bien que vous allez avoir des problèmes des problèmes digestifs ou autres parce que vous allez supprimer les mauvais microbes c’est une bonne chose mais vous
Allez aussi supprimer tous les bons microbes et vous allez être obligé de les réacquérir alors cette partie là du vivant elle est partout hein elle est aussi là dans les sols vous prenez une petite cuillère à café dans un une jardinière là devant le bâtiment dedans
Dans cette cuillère à café vous avez un milliard de bactéries voilà c’est on n’imagine pas que le sol qui a l’air complètement in nert et minéral mis à part quelques petits insectes quelques ver de terre que le sol soit aussi riche en vie et c’est vrai de tous les
Organismes qui existent dans la nature donc cet aspect là par exemple les musées peuvent l’expliquer peuvent le montrer mais on le constatera jamais de ses yeux tout simplement parce que c’est microscopique la question de l’évolution on la voit pas non plus hein vous pouvez pas me montrer l’évolution de la même
Manière que vous allez pas me montrer les aiguilles d’une montre qui se déplace sur le cadran vous allez peut-être voir la trotteuse bouger mais l’aiguille des heures vous la voyez bouger si vous regardez interval régulier vous allez voir que cette aiguille s’est déplacée mais vous ne voyez pas son mouvement l’évolution
C’est pareil hein à chaque génération on accumule des mutations un enfant humain il naî bien sûr avec le patrimoine génétique de son père et de sa mère mais il n aussi avec des dizaines de mutations qui sont apparues dans les cellules germinales maternelles et paternelles donc en fait on est l’enfant
De ses parents mais on est l’enfant de ses parents avec un peu d’évolution et c’est comme ça dans toutes les espèces vivantes et ce phénomène qui arrive petit à petit bah il a des conséquences très positives hein la diversité génétique qui nous protège et puis il a des conséquences des fois négatives hein
Comme par exemple l’évolution du sarscov 2 vous voyez derrière laquelle on court avec nos vaccins hein ou l’antibiorésistance aussi également hein que sinon on la suscite trop fortement quand elle apparaît chez des micro-organismes elle peut nous porter tort donc l’évolution c’est aussi quelque chose qu’on a du mal à
Visualiserin si si je vous disais faites-moi un dessin qui montre l’évolution biologique vous allez avoir du mal vous allez peut-être me dessiner une généalogie hein mais il y a pas une représentation simple du phénomène d’évolution et ça le musée très souvent c’est aussi un endroit où on prend
Conscience de ce phénomène et puis troisème phénomène c’est le phénomène écologique là évidemment je l’ai montré avec une caricature si je puis dire une abeille qui butine voyez là les les corbeilles polliniques qui sont pleines de pollen une abeille et une fleur c’est des organismes qui sont issus de lignées
Qui sont séparé depuis plus de 140 millions d’années et pourtant elles sont indispensables l’une à l’autre l’abeille se nourrit de nectar et de pollen et puis la fleur euh à son à sa reproduction qui est aidée hein par le passage du pollen d’une fleur à une autre et cette interaction en fait elle
Est partout dans la nature on le voit avec le l’abeille et la fleur parce que dans une ruche il y a 55000 abeilles au plus fort de la saison et les abeilles pour beaucoup d’entre elles passent du temps à butiner donc c’est pas compliqué de trouver une abeille sur une fleur
C’est assez banal comme observation mais il y a plein d’autres interactions qu’on voit pas vous voyez pas les champignons qui forme des filaments de plusieurs centaines de mètres sur les racines des arbres hein vous ne voyez pas l’oiseau qui va attraper un insecte et puis qui va le rejeter dégûter parce que c’est
Insecte est toxique toutes ces interactions là elles font partie du vivant et là encore très souvent les musées sont un des rares endroits on vous les montre on vous les explique et les musées donc lutent contre les stéréotypes sur la biodiversité parce que comme je vous le disais au départ la biodiversité c’est
Pas seulement l’Amazonie c’est c’est pas seulement les baleines c’est pas seulement les beaux papillons les belles fleurs c’est aussi tout le reste tout tout ce dont on parle moins hein et et les musées même depuis des temps relativement anciens là je vous montre une photo de je crois que c’est la
Grande galerie d’évolution à Paris fin 19e siècle il y avait déjà beaucoup plus que les éléphants et les girafes certes il y avait les éléphants et les girafes mais il y avait beaucoup d’autres organismes autour des organismes qui sont pas du tout charismatiques alors moi j’ai l’habitude de justement pour
Quand je fais des exposés à la Convention des entreprises pour le climat devant une devant une nouvelle promotion à sciencep ou à l’Assemblée nationale j’ai l’habitude de faire un petit quiz pour essayer de sortir les personnes de leur vision un peu stéréotypée de la biodiversité vision dont elle sortirait si elle visitait un
Musée d’histoire naturelle mais ce petit quiz c’est de dire par exemple qu’est-ce qu’est-ce que ces objets ont en commun voyez et peu de gens alors sachant que je parle de biodiversité je pense que les plus malins de mes de mes auditoires en fait se disent il doit y avoir quelque chose
De biodivers derrière tout ça mais c’est pas si simple pour la plupart des esprits hein la table en bois on sait bien que le bois vient d’un arbre et donc quelque part d’un organisme vivant il faut se le rappeler quand même he quand on est sur une table en bois ça a
Été autrefois un bel arbre vivant c’est pas c’est pas quelque chose d’inerte le pantalon bah c’est vraisemblablement plutôt un pantalon en coton ou en lin hein donc là aussi c’est une plante qui a été cultivée qui a été domestiquée certes et puis la tasse alors là je vous parle pas de son
Contenu je vous parle pas du café ou du thé ou du chocolat qui sont effectivement des des des graines de de plante je vous parle de la tasse en porcelaine elle-même elle est faite d’argile et bien l’argile la plupart du temps il est issu la dégradation des roches silicatées sous l’action des
Microbes donc si vous avez pas de microbe vous avez pas d’argile donc finalement les objets de notre quotidien tous ils nous évoquent pas forcément la biodiversité pourtant c’est soit lié à la biodiversité soit directement la biodiversité voyez donc là on est très loin des stér stéréotype de de ce qu’on
Pourrait avoir comme résultat d’un micro trottoir si on va dans la rue ici et puis qu’on pose la question qu’est-ce que ça vous évoque le mot biodiversité en réalité derrière la biodiversité il y a beaucoup de choses et ces différentes choses vous les voyez dans des musées et
C’est une des vertus des musées que nous les exposer alors on on a du mal avec ça pourquoi parce queon a des biaias comportementaux moi j’ai des collègues dans mon laboratoire qui ont fait très jolies publication il y a quelques années ils ont fait des expériences avec toutes sortes de d’images qu’ils ont
Soumis un millier de personnes euh des images d’organismees en danger on vous montre un écureuil qui est en train d’être chassé par un prédateur ainsi de suite et puis euh on on note votre réaction et on s’aperçoit que les réactions d’empathie hein quand les personnes ont envie de protéger ces
Organismes sont liés à notre apparentement c’està-dire qu’on a beaucoup d’empathie pour un chien pour un chat pour un cheval pour des animaux qui sont proches de nous hein dont on perçoit la souffrance dont on comprend qu’il qu’ils ont une capacité à à réfléchir d’une certaine manière et
À à ressentir la souffrance et puis quand on s’éloigne dans l’arbre du vivant bah on a de moins en moins d’empathie hein est-ce que quand vous voyez un chalu qui sort de la mer avec des poissons qui sont horriblement comprimés dans le filet vous êtes pas horrifié par contre si vous voyez un
Élevage porsin très mal tenu avec des animaux maltraités souffrant malade c’est épouvantable vous vous avez envie que que quelque chose soit fait donc vous voyez cette cette cette sensation d’empathie bien sûr elle est liée à des aspects qui sont pas forcément rationnels parce que bien sûr on peut
Réfléchir en se disant que le poisson ressent et quand même moins sophistiqué au plan intellectuel qu’un cochon ou une vache hein et qu’on peut le laisser souffrir mais la plupart du temps je pense que ça ça va pas si loin que ça en fait en réalité plus on s’éloigne dans
L’art du vivant de nous si on va à l’étoile de mer à l’insecte ou au champignons là on éprouve absolument aucune empathie quand vous coupez le carpofort d’un bolet la partie émergée du champignon pour le récol vous êtes très heureux et vous avez pas l’impression de faire souffrir un être
Sancient voilà donc quelque part vous voyez on a toujours tendance à aller vers les organismes qui nous ressemblent et c’est aussi la raison pour laquelle certains organismes comme les éléphants les girafes les animaux domestiques finalement sont très charismatique on a les arbres sont un peu une exception parce qu’un arbre c’est très
Impressionnant c’est très grand et quelque part ça a un charisme malgré le peu de similarité que ça a avec un mammifère un animal comme nous alors cette tendance elle est renforcée par les médias j’ai un collègue qui a fait une étude très intéressante qui montre que un Français moyen voit plus
De lions en un an dans les médias qu’il n’y en a dans la nature il faut dire que c’est assez facile parce qu’ aujourd’hui les lions ils sont passés 200000 à la Renaissance à peu près 20000 à l’époque actuelle ils sont en voie de disparition et et donc éidalement on peut pas en
Voir énormément à moins d’être un touriste fortuné ou un Rangers parc africain mais toujours est-il que bah vous envoyez tous les jours vous envoyez sur la calandre des voitures hein je vous fais pas l’injure de vous dire de quelle marque il s’agit vous envoyé dans les dessins animés que vous montrez à
Vos enfants petits enfants il y a pas grand monde qui échappe à Sophie la girafe he moi mes deux enfants ont eu une Sophie la girafe voilà donc on voit ces animaux là partout et alors quand on fait un sondage auprès des personnes qui voient ces animaux partout en jouets en
Dessin animé en reportage télévisé et cetera et cetera on leur demande comment sont les populations de ces animaux et la plupart du c’est la réponse est plutôt bah ça doit aller quoi parce qu’on pense que ce sont des animaux qui qui qui auquels on fait attention qui vivent dans des parcs nationaux
Africains où il y a des Rangers ou c’est correctement géré et cetera donc il y a pas de raison que ça disparaisse voilà en réalité en fait moi ce que j’ai l’habitude de dire quand je fais des conférences à des jeunes qui ont quinzaine vingtaine d’années bah c’est
Quand vous aurez mon âge c’estàd 59 ans pour ne rien vous cacher vous ne verrez plus jamais d’éléphants de Lon de girafe parce qu’ils auront disparu tout simplement parce que à la vitesse où va la dégradation de ces populations si rien n’est fait on n’ura plus ces animaux dans quelques décennies donc en
Fait l’image que nous montrre les médias pour de bonnes raisons hein parce que montrer des B repartages animaliers c’est très intéressant c’est quelque part le même même activité que de faire une belle exposition dans un musée d’histoire naturelle mais l’image la fréquence à laquelle on nous montre ces
Animaux nous trompe et comme en plus certains d’entre eux sont charismatiques c’est-à-dire qu’on éprouve beaucoup d’intérêt beaucoup empathie pour eux on on les souhaite en bonne santé on les pense en bonne santé et on se trompe vous voyez donc donc le musée a aussi cette vertu hein de pouvoir nous ramener
Vers cette réalité nous extraire un petit peu du monde du monde virtuel alors un autre un autre aspect de cette de cette tendance c’est que les scientifiques il participent également évidemment un scientifique est pas plus malin que n’importe quelle autre personne de la société il a simplement une compétence dans le domaine
Scientifique he dans le domaine scientifique on on surétudie les animaux charismatiques vous voyez les barres en vert en haut et on sous-étudie les animaux qui ne sont pas charismatiques autrement dit les collègues qui étudient les insectes les champignons et cetera il y en a beaucoup moins que les collègues qui étudient les mammifères
Les les grands vertébrés et cetera tout simplement parce que c’est moins valorisant si je vous dis que je fais fuir les jaguars dans la forêt amazonienne vous allez être impressionné si je vous dis que j’ai été étudié des insectes nocturnes au sein de la forêt amazonienne vous allez penser je suis un
Petit peu bizarre hein il y a une différence voyez de de valorisation et puis il est beaucoup plus facile quand vous êtes un scientifique d’obtenir les financement pour aller étudier un jaguar que pour aller étudier un insecte voilà donc il y a un biais également terrible et c’est dommage parce que bah les
Insectes on en a absolument besoin ne serait-ce que pour la pollinisation voyez donc mieux les connaître quelquefois c’est largement aussi important que de connaître des grands vertébrés et malgré cela malgré cela il y a des vertébrés qui restent inconnus moi dans mon labo il y a quelques
Collègues qui et un jour reçoivent un échantillon de taupe du Sud-ouest de la France et ils trouvent qu’elle est bizarre ils connaissait la taupe européenne et puis il trouvent que celle-ci ne lui ressemble pas et après enquête parce qu’il travaillait pas trop en Europe il travaillait plutôt en Afrique subtropicale après enquête il
S’avère que cette te qu’on trouve dans tout le Sud-Ouest de la France et en Espagne en fait c’est une espèce qui n’était pas décrite par la science donc il y a des générations de jardiniers qui ont détruit des taupe dans leur jardin dans le sud-ouest de la France en
Pensant avoir affaire à la taupe européenne et en fait ils faisaient ils avaient àaire à une autre espèce qui est assez différente he qui est quasiment aveugle euh qui a une dentition complètement différente qui est apparu à peu près qui s’est différencié il y a 2 millions d’années qui hberge même des
Antavirus différents vous voyez donc même les animaux charismatiques dans le territoire métropolitain sont pas forcément bien connus donc je vous laisse imaginer ce qu’il en est du reste hein alors il y a une dernière émergence qui s’est produite au sein des musées et elle est un peu plus récente hein c’est
L’émergence d’une pensée naturaliste écologique c’est-à-dire c’est pas seulement de récolter des organismes et d’être fasciné par leur diversité et d’essayer de l’expliquer mais c’est aussi de prendre conscience du fonctionnement du monde vivant l’abeille et la fleur mais bien d’autres manières aussi de d’en prendre conscience hein ça peut être l’angulé
Et la rumination des herbes qui broutent ça peut être l’arbre et ses pollinisateurs voilà mais cette ce fonctionnement du vivant on en a pris conscience assez tardivement il faut se rappeler hein les mots ont un les mots sont têtus le mot écologie est né avec quelqu’un qui travaillait pas mal dans les musées
Eel un allemand qui a eu beaucoup beaucoup de familiarité avec la théorie de l’évolution qui a été un partisan de Charles Darwin assez tôt en 1865 voyez et c’était à l’époque simplement l’idée que les individus d’organismes n’étaient pas dans la nature complètement indépendant qu’ils interagissaient avec la température l’humidité et cetera
C’était pas des grandes théories écologiques c’était simplement le fait de se rendre compte que un org ganisme n’est jamais seul et qu’il interagit beaucoup avec son environnement physique et il y a des concepts plus compliqués qui sont apparus très tardivement 1935 pour le mot écosystème aujourd’hui le
Mot écosystème on on le met à toutes les sauces on parle même de l’écosystème de l’entreprise et cetera et ça a un sens hein ça veut dire il y a des entités qui interagissent à l’intérieur d’un système et ben ce mot il est apparu en 1935 seulement donc moi j’ai l’habitude
D’expliquer à des personnes qui sont pas scientifiques mes grands-parents qui sont nés dans les années 1890 s’ils avaient fait des études supérieures ce qui n’est pas le cas on l’aurait pas pu leur enseigner ces aspects là parce que ça n’existait pas à l’époque c’était tout Simp tout simplement pas enseigner
Dans les universités parce que personne ne le savait il y avait quelques savants extraordinaires qui avaient des préconception des idées qui avaient écrit des théories qui étaient pas encore validé et cetera mais c’était pas encore connu et en fait fort heureusement les musées ont aussi aidé à faire prendre conscience les humains de
Cette complexité écologique du vivant que les organismes sont pas indépendants les uns des autres et puis surtout qu’ sont affectés par les pressions humaines là je vous donne deux exemples encore pardonnez-moi qui ont trait au musée de Paris hein au jardin des plantes mais deux directeurs successifs du du Muséum
De Paris Roger Heim et Jean Dorst respectivement spécialistes des champignons et des oiseaux ont publié l’un après l’autre deux livres en 1952 1965 des livres sur la crise de l’environnement dans lequel vous pouvez les lire ils sont toujours disponibles même en collection poche tout est dit tout ce qu’on entend
Aujourd’hui sur le climat la biodiversité ça figure déjà dedans alors bien sûr avec pas avec tous les détails des études qui ont été réalisé depuis mais le constat il est déjà là alors le constat de Roger a un peu vieilli il y a des pages qui fleurbon un peu la période
Coloniale donc c’est un peu dérangeant par moment par contre le constat de Jean d’orst il est d’une modernité extraordinaire on pourrait le publier aujourd’hui ce serait parfaitement à jour et finalement cette émergence d’une pensée d’un pensée écologique en fait elle s’est fait là aussi très souvent dans les musées parce que ces
Spécialistes ils ont fait comme tous les spécialistes de musées comme j’ai fait moi-même comm plein d’autres gens ont fait c’estàd qu’ils ont été observé des situations dans des milieux naturels dans plein de pays puis ils sont rendus compte à chaque fois que ça n’allait pas du tout c’estàdire que l’environnement
Était massacré hein que la situation s’aggravait d’année en année et que les personnes qui habitaient ces régions vivaient de plus en plus mal de ce fait et effectivement de ce constat d’urgence qui a été fait depuis fin 19e jusqu’à mieu 20e en fait il a fallu quand même
Plusieurs décennies pour qu’on en arrive à vraiment un constat global qui a été fait par une plateforme internationale qui rassemble des experts de plus de 140 pays l’IPBES les experts de l’IPBES sont des scientifiques français allemands espagnol français américains chinois argentin et cetera et cetera c’est pas
Le secrétariat est géré par les Nations Unies mais c’est simplement un secrétariat qui permet à tous ces scientifiques du monde entier de dialoguer entre eux et de réaliser des rapports d’évaluation et comme pour le GC et en 2019 à Paris il y a eu publication d’un grand rapport de
L’IPBES qui a fait une évaluation globale sur l’état de la biodiversité et qui a montré à quel point la situation était dramatique et c’est notamment à cette occasion qu’ a été vulgarisé le titre de 6e extinction puisquon est finalement dans une crise d’extinction dans laquelle il y a des espèces qui
Disparaissent qui est en fait analogue aux crises des temps géologiques bien avant l’apparition des humains alors les crises des temps géologiques elles étaiit catastrophique parce que très souvent derrière il y avait des épisodes cosmiques la chute d’un astéroïde des épisodes de volcanisme colossaux qui durait des millions d’années et puis qui demandait des
Millions d’années de récupération hein donc si on avait été par malheur présent à cette époque probablement on serait disparu comme plein d’autres espèces la crise d’aujourd’hui elle est très différente en fait malheureusement elle va beaucoup plus vite quand on compare voyez les taux d’extinction qu’on voit dans les couches géologiques par exemple
Au Crétacé tertièire au taux d’extinction actuelle on s’aperçoit que la crise actuelle va 1000 fois plus vite donc on est vraiment dans une situation qui est assez dramatique he et là encore ce sont les mouvements des aiguilles hein sur le caleran de la montre on voit pas la disparition des lions et des
Éléphants hein parce que à moins d’être vraiment comptable des populations et d’être spécialiste de ces populations là vous voyez pas vous allez pas faire le compte chaque jour jour après jour des lions restants dans les populations africaines donc vous allez avoir du mal à prendre conscience de ce déclin mais
Évidemment il y a des spécialistes qui le font et les synthèses sont implacables de ce point de vue là alors CQ causes à cette crise la première cause c’est tout simplement la disparition des habitats quand vous coupez une forêt quand vous asséchez une zone humide quand vous arrachez une haie
Bah les espèces qui vivent dedans elles disparaissent localement et si vous faites ça sur plein d’endroits identiques vous allez finir par réussir à faire disparaître une espèce dans un premier temps c’est tout simplement l’effondrement de ces populations vous allez réduire ces population à à pas grand chose et puis
Si vraiment elles deviennent trop petite un jour cette espèce va disparaître inéductablement il y a d’autres causes aussi à cette à ce déclin on va les voir après hein ce déclin il est terrible en terme de nombre he quand on on vous dit les nombres quelquefis on a du mal à les
Croire un/ers des espèces de vertébrés qui sont en fort danger d’extinction d’ici 2040 un/3 c’està-d un/ers des poissons des oiseaux des mammifères en danger d’extinction c’està-dire qui ont toutes les chances de disparaître si on ne fait rien d’ici 20 ou 30 ans hein donc on est vraiment
Dans une situation aigu il y a déjà 7 % des molusques dans le monde qui ont disparu en France on a perdu à peu près un tiers des populations d’oiseaux en 30 ans alors bien sûr pas forcément dans les Alpes Maritimes hein ça c’est sont des évaluations globales donc sur
L’ensemble du territoire français par exemple un/ers des populations d’oiseaux forth heureusement il y a des endroits qui sont mieux traités que d’autres si vous allez en île-de-fance sur des plateaux agricoles là c’est terrifiant si vous allez dans une belle belle région comme ici vous avez une diversité
De paysage qui est qui reste encore importante vous allez avoir beaucoup plus de choses évidemment et puis en en en Europe on a 454 espèces d’arbres c’est pas mal he même si certaines d’entre elles sont pas spectaculaires et il y en a quand même 42 % qui sont en
Danger d’extinction donc il y a pas besoin d’aller en Amazonie ou en Malaisie voyez pour voir des arbres disparaître donc on est vraiment dans une situation assez dramatique et donc la première cause comme je vous le disais c’est la disparition des habitats évidemment l’image qui vient à l’esprit
Tout de suite c’est une forêt tropicale qui est mise par terre brûlée mais on peut mettre dans le même sac l’arrachage des ha dans plein de régions agricoles en France hein pour des raisons toutes simples c’est que ça facilite le travail des agriculteurs quand vous avez des grandes parcelles d’un seul tenant et
Que vous avez du mal à rendre votre exploitation rentable s’il y a pas d’incitation financière à conserver des ha bah ça devient plus rentable de les arracher même si c’est pas recommandé voire même interdit dans certains territoires les prélèvements parce que il y a beaucoup de prélèvements exagérés
Hein 33 % des stocks de poissons dans le monde sont en surpêche c’est quand même assez colossal également hein et puis il y a des trafics d’animaux quand on parle trafic d’animaux on pense corn de rhinocéros et cetera mais ça c’est c’est le c’est ce qui est le plus visible mais
En réalité les douanes euh et les études sur toutes les douanes du monde montrent qu’on a en fait des des millions d’animaux hein qui transit de manière illégale et ça met en danger euh des espèces qui sont collectionnées qui sont vendues pour des raisons assez absurdes très souvent et c’est absolument
Colossal bien sûr le changement climatique il a un effet néfaste comme sur nous hein quand vous avez un feu de forêt quand vous avez une inondation quand vous avez des des aléas qui se sont produits à cause de ce dérèglement ces aléas ils vont affecter les bourdon à cause des
Canicules estivales ils vont affecter les arbres à cause des feux de forêt et cetera et cetera ils vont affecter les relations entre les pollinisateurs et les plantes parce que ils vont être déphasés hein donc il y aura plein de raison pour que le changement climatique nuise à la
Biodiversité puis en en retour la biodiversité n’est plus capable d’absorber les gaz à effet de serre que nous émettons en trop grande quantité donc c’est c’est un cercle vicieux et puis les pollutions on a déversé depuis le début de la chimie de synthèse c’est-à-dire depuis la fin du 19e siècle
On va dire pour être grossier on a déversé 40000 substances de synthèse différentes dans l’environnement c’est absolument considérable ça nous coûte à peu près 1 % du PIB européen en terme de problème de santé en Europe en particulier sur les enfants et bien sûr quand on parle de pollution on peut pas
Faire l’impasse ni sur le plastique dont la masse aujourd’hui la masse de plastique sur terre est supérieure à toute la masse des animaux vous imaginez c’est absolument colossal on peut pas faire l’impasse non plus sur les pesticides les pesticides ils sont de plus en plus efficaces c’est normal hein
C’est fait pour ça et de fait quand on en épend de manière trop importante ils ratent leur cibles plupart des pesticides en fait pour les 3/4 sont lessivés et partent dans les eaux partent dans les sols adjacents et vont polluer nos captages d’eau potable vont polluer d’autres organismes qui nous
Aideraient plutôt comme des pollinisateurs voilà et puis la dernière cause de dégradation de la biodiversité ce sont les espèces envahissantes moi j’ai l’habitude de dire que le monde de mon enfance n’existe plus hein depuis en fait 50 ans on a 1000 % d’augmentation des transports aériens voilà donc c’est
Pas seulement comment dire une augmentation qui va de perd avec le nombre d’individus vivants sur Terre d’autant plus que la plupart n’ont jamais pris l’avion et ne prendront jamais l’avion c’est une augmentation qui est liée à notre capacité à construire des avions à notre envie de voyager à nos besoins industriels et
Cetera et cetera et cette augmentation ben elle occasionne des transports accidentels d’espèces l’IPBES a sorti d’ailleurs fin août moi j’y étais à à bonne en Allemagne son dernière sa dernière évaluation qui a demandé 4 ans de travail à 8 6 chercheurs de 46 pays différents sur les espèces exotiques
Envahissantes là encore ça nous coûte plusieurs points du PIB au niveau mondial hein parce que les espèces exotiques envahissantes ce sont des adversaires de nos cultures ce sont les moustiques tigres qui nous transmettent la dingue maintenant en France c’est la Jassin d’eau qui envahi des plans d’eau c’est plein d’espèces qu’on transporte
Sans le vouloir et une fois qu’elles sont là on sait plus comment faire pour s’en débarrasser ell nous pose problème donc les musées ont permis tout ceci d’être un peu mis en évidence hein et les musées ils sont à la croisée finalement de la recherche et de l’éducation euh les collections qui
Étaient au début quelque part sur l’acte de naissance des musées parce que c’était ce qui leur a permis d’exister ces collections en fait elles exposent elles exposent la diversité de de l’environnement parce qu’il y a aussi des collections minérales hein j’en ai pas parlé parce que je suis biologiste
Mais bien évidemment il y a des collections de minéraux des collections de fossiles des collections de météorites et cetera dans lesquelles il y a beaucoup de musées qui se sont investis et elle donne à penser ces collections aux scientifiques comme au public et on on voit ainsi ce qui existe
Pas près de chez soi ou qu’on est pas capable de voir alors très souvent en fait ces fondamentaux des collections si vous voulez ils ont orienter nos recherches en bien comme en mal parce que là je vous ai mis par exemple une boîte d’insectes typique voyez qui est
Pas forcément celle d’un grand musée ni même ni du musée de Nice mais d’une manière générale c’est ce queon considère comme une boîte de collection et làdedans vous pouvez voir qu’il y a T tous sont différents donc vous avez un exemplaire de chaque espèce hein parce que l’idée c’est d’avoir une espèce de
Vision la diversité mais si vous avez un exemplaire de chaque espèce bah vous pouvez traiter des questions de richesse de tel ou tel endroit vous avez vous pouvez traiter de la éventuellement de de de la la manière dont ces espèces sont évoluées mais vous allez avoir du
Mal parce que vous avez qu’un exemplaire de chaque espèce vous allez pas pouvoir traiter de la dynamique des population de ces espèces vous allez pas pouvoir traiter aussi facilement leur couverture géographique parce que si vous avez qu’un seul individu ça vous dira pas la répartition de cette espèce ainsi de
Suite donc au début ces musées ils ont entraîné une contrainte sur d’re manière de voir aussi malgré tout la la diversité biologique et et la une collection il faut bien se dire que c’est pas un échantillon qui est obtenu avec un protocole de recherche c’est des échantillons d’origine variée qui sont
Rassemblés dans un même endroit c’est un lieu de dépôt une archive scientifique et sans aller trop loin dans les détails il faut voir aussi que derrière ces collections comme je vous l’ai dit au départ il y a des classifications il y a des noms alors la collection et la
Classification c’est une sorte de meuble à tiroir sur chaque tiroir vous avez une petite étiquette c’est le nom et puis à l’intérieur du tiroir mais vous avez ce qu’on peut appeler un concept d’espèce c’est ce que les biologistes étudient puis regardent comment les individus sont capables de se reproduire ensemble
Plus ou moins comment ils se transmettent leurs caractéristiques génétiques donc un un systématicien la personne qui étudie les classifications et qui est très utile dans un musée évidemment elle va avoir la capacité à finalement dessiner un meuble à tiroir à mettre des étiquettes sur les tiroirs et
À savoir ce qu’elle met dans dans les tiroirs à chaque fois pour des raisons rationnelles c’est un peu compliqué mais c’est c’est intéressant de le mentionner au passage et je vous donne juste un exemple pour vous aider à comprendre ça c’est l’exemple des Thas c’est pas un
Exemple très rigolo hein je m’en excuse ce ce vert parasite humain bah juseque en 1993 on en connaissait deux espèces dans le monde seulement deux espèces une qui avait comme haute intermédiaire le cochon et l’autre la vache bon donc en fait t tous les gens qui parlaient de tenia vrai semblement pouvait savoir
Qu’il s’agissait d’eune ou l’autre espèce soit parce que il regardaent les caractéristiques du de l’échantillon soit parce qu’il savait de quelle air géographique ou dans quel animal il l’avait trouvé et puis en 93 coup de tonner une troisième espèce est décrite trouvée dans des humains en Asie et elle
Est très semblable à une à l’espèce qui se trouve dans le qui était déjà connu du cochon qui avait été décrite voyez par Liné lui-même en 1758 donc il y a très longtemps et donc ben on se retrouve finalement jusqu’ici on avait même pas besoin des échantillons d’un musée pour savoir de
Quel tenia il s’agissait sauf qu’on confondait deux espèces on conffondait tenia solium et Tya aatica et après 1993 on peut à nouveau savoir de quoi on parle puisqu’on sait qu’il y a trois espèces et on va les distinguer les unes des autres mais si on fait référence à la
Littérature si on veut faire référence à la la littérature d’avant 1993 on est obligé d’aller dans un musée parce que les publications ne suffisent pas on est de retourner voir les échantillons pour savoir de quelle espèce il s’agit réellement donc vous voyez typiquement le musée permet ça quand on on découvre
Des choses dans le vivant on peut retourner dans le musée parce que sans le musée les publications quand il y avait des erreurs ou quand il y avait des carences ces publications scientifiques ne suffisent pas donc c’est aussi une des vertus du musée alors je vais aller assez vite
Quand même et pour vous parler aussi des des voilà du fait que dans les collections bien sûr il y a des particularités qui sont liées à l’activité des naturalistes euh par exemple vous voyez là j’ai pris deux groupes d’organismes très différents les tardigrad qui est un petit groupe de de
Petits tout petits organismes tout petits qu’on trouve dans les mousses ou dans les sols même en France qui sont très mal connus qui sont très peu visibl il faut les regarder avec un microscope vous voyez si vous allez voir dans des bases de données internationales c’est tout ce que vous voyez comme occurrence
C’est très mal connu euh si vous prenez les oiseaux qui comportent à peine 10 fois plus d’espèces voilà toutes les observations des oiseaux qui existent dans le monde c’est colossal parce que évidemment infiniment plus de personnes qui étudient les oiseaux que les tardigrades alors si vous regardez aussi
Au plan géographique vous voyez qu’il y a des que ça soit terrestre ou marin vous voyez aussi qu’il y a des énormes biiaiss parce que évidemment il y a peu de gens qui vont travailler au milieu du Pacifique c’est un peu compliqué il y a peu de gens qui vont travailler au
Milieu du Sahara détrompez-vous le Sahara n’est pas un désert vide si vous vous allez échantillonner les sables des dunes vives en plein milieu du Sahara vous allez trouver plein de bactéries beaucoup d’insectes un certain nombre de nématodes mais tout simplement on y va peu pour des raisons logistiques donc en
Fait il un BIA géographique également il y a plein d’endroits sur terre où la vie est mal connue tout simplement parce qu’elle est difficile à atteindre et puis le troisième biais c’est le BIA temporel hein toutes les époques sont pas également représenté quand vous alleer voir dans des collections anciennes c’est souvent très
Intéressant de voir les récoltes qui ont été faites il y a des décennies parce que c’est une machine remonter le temps vous voyez ce qu’il y avait à l’époque dans les écosystèmes il y a quelques décennies évidemment en 1890 ou en 1900 les voyages était infiniment plus
Difficile il y avait beaucoup moins de scientifique donc il y a relativement peu de données sur certains endroits alors que dans les dernières décennies du 20e sièquele on a déjà des moyens considérables pour voyager et là il y a beaucoup d’explorations qui sont réalisées donc quelle recherche quelles
Réponses sont sont faites grâce aux collections aujourd’hui ben beaucoup de recherches sur le changement global parce que comme je viens de de vous le dire en fait si on va dans une grande collection on va trouver des échantillons qui ont été collectés il y
A 10 20 50 100 ans quelquefis 200 ans et si ces échantillons sont suffisamment nombreux vous pouvez comparer finalement l’état des écosystèmes à travers ces échantillons il y a 100 ans avec leur état actuel j’ai des collègues par exemple au Muséum de Paris récemment qui ont réussi à trouver la trace des
Premières infestations par certains champignons parasites dans des populations d’agrume cult tout simplement parce qu’il y avait des gens des botanistes qui avaient récolté des feuilles d’herbier avec des échantillons d’agrume depuis plus d’un siècle et donc ce que ce que l’on va chercher sur ces feuilles c’estàdire les champignons microscopiques on peut les
Retrouver un siècle après la collection quelque part c’est une machine à remonter le temps et quand on cherche à comprendre une tendance évidemment on peut pas comprendre ça hein si on n pas ces échantillons là si on a ces échantillons là on sait qu’il y a une
Tendance si on a pas ceux du début on sait juste qu’aujourd’hui on est à à ce niveau-là sans rien savoir d’autre donc il y a plein d’études qui ont été faites grâce au musée de cette manière là par exemple sur la 6e extinction il y a des gens qui ont
Comparer ce qui existait dans des réserves au Kenya au début du 20e siècle et maintenant donc ça leur a permis de faire la comparaison finalement de ce qui existait à l’époque et de ce qui existe aujourd’hui de voir vraiment si on est dans une période d’extinction il
Y a aussi des personnes grâce au musées qui ont pu voir jusqu’à quel point les espèces communes vont réagir au changement climatique c’est dire qu’on a essayé de voir à quel point jusqu’à quel point sous certains modèles de changement on risque de perdre certaines espèces ou ou de les garder hein et avec
Des graphes assez compliqués on arrive à comprendre ce que à ce à quoi vont ressembler les écosystèmes de demain par exemple les forêts françaises vous avez peut-être entendu dire et c’est malheureusement vrai que dans le nord de la France il y a certaines espèces comme le être commun par exemple qui vont
Totalement disparaître dans 20 ans tout simplement parce qu’elles sont pas capables de survivre aux épisodes caniculaires et et et puis les espèces qui pourraient les remplacer évidemment sont des arbres ils se déplacent pas à toute vitesse ils grandissent pas à toute vitesse vont pas arriver tout de
Suite voilà donc grâce au musée on est capable aussi de savoir ça on est aussi capable de savoir jusqu’à quel point le transport d’espèces exotiques et leur installation locale il est facilité par le changement climatique parce que là encore dans les échantillons de musée on voit la trac des premiers transports d’espèces
Exotiques donc on est capable de déterminer le le leur air de répartition sous différentes conditions récemment par exemple on a fait aussi des modélisations qui ont permis de de voir quel était l’air de répartition des chauve-souris qui héberge le virus Ébola vous savez le virus Ébola il cause la
Fièvre du même nom la fièvre Ébola une fièvre hémorragique terrible en Afrique et le réservoir c’est une chauve-souris donc si par malheur vous vivez dans un endroit où vous êtes en contact avec des populations de de chauve-souris réservoir de virus vous pouvez attraper cette maladie et malheureusement
Probablement mourir et en fait grâce aux données contenues dans les collections de musées du monde sur les chau-souris on a pu déterminer quel était l’endroit où se trouvaient ces chauves-souris grâce au au aux données climatiques même si on avait pas été collecter les chauv-souris dans tous ces
Endroits là donc on a pu dire voilà quels sont les risques d’attraper ou non la fièvre Ébola dans différentes régions du monde tout simplement grâce aux échantillons de chauve-souris des différents musées et puis il y a des fois des choses un peu plus triviales on a je
Pense qu’il y a beaucoup de personnes ici qui aiment bien les champignons qui aiment bien manger des bons champignons ben finalement par exemple ici voyez on a cartographié la richesse en champignons comestible en Europe parce que c’est une ressource naturelle qui est pas domestiqué hein on
Essaie de faire tout ce qu’on peut pour domestiquer certaines espèces comme la la truffe par exemple he parce que derrière il y a des enjeux financiers considérables mais la plupart des coillettes de champignons sont faites sur des champignons on va dire sauvage entre guillemets qui pousse sur des arbres certes
Cultivés et là on a pu cartographier cette richesse grâce aux collections de musée et puis il y a d’autres types de problématiques que le changement global qui peuvent être abordé grâce aux collections il y a une problématique c’est la bioinspiration c’est-à-dire arriver à s’inspirer de la diversité du
Vivant pour trouver des solutions à des problèmes humains par exemple le le train à grande vitesse japonaise shingonen en fait la problématique c’est d’arriver à le faire rouler à grande vitesse et de faire que sa locomotive pénètre dans l’air he sans provoquer turbulence pour pas utiliser trop
D’énergie ben ça c’est possible avec un en étudiant ça a été possible grâce à l’étude du martin pêcheur parce que le martin pêcheur vous savez cet oiseau quand il pique dans l’eau pour aller chercher un poisson il pénètre dans l’eau sans faire de turbulence pour arriver directement jusqu’au poisson et
En fait les gens qui ont étudié ça au plan physique en fait ont été capable de dire ce qu’il fallait faire pour que le train finalement a le même type de capacité mais dans l’air et pas dans l’eau et puis récemment il y a aussi l’exemple des petites allules
C’està-dire les bouts des ailes des avions vous savez comme ça on voit quelque fois il a une petite ailette au bout de l’aile de l’avion ben ça ça a été créé par des des avionistes tout simplement en observant le bout des ailes des oiseaux parce que là encore ça
Diminue la traînée des ailes et les turbulences au moment d’un vol plané quoi voilà donc vous voyez les collection finalement dans les musées C ce résultat de notre curiosité et nos cogitations et notre partage de connaissance ça ça transite dans toute la société y compris dans le domaine industriel c’est assez étonnant hein
Alors le futur des musées bien sûr c’est pas seulement d’avoir nourri cette diversité c’est pas du c’est pas une chose du passé tout ce que je viens de vous dire c’est ça date depuis ça s’est étalé depuis la Renaissance jusqu’à aujourd’hui mais c’est pas terminé cette histoire aujourd’hui on est dans un
Moment de crise je vous ai parlé de ce déclin de la biodiversité C effondrement au niveau global bien sûr hein qui après peut-être très différent selon les régions mais le la mission d’un musée c’est aussi nous expliquer comment se tirer de cette de ce problème de cette
Affaire là c’est aussi de nous parler des solutions hein ce qu’on appelle aujourd’hui notamment les solutions fondées sur la nature c’està-dire utiliser les capacités de la biodiversité à se disperser à évoluer non plus de manière à à avoir des problèmes mais au contraire de manière à pouvoir en fait s’en libérer hein quand
On par exemple on remet en eau une zone humide il y a plein d’espèces qui vont revenir par elles-même on a pas besoin de les réintroduire une par une voilà quand on fait une a protégée c’est une solution fondée sur la nature quand on fait une coulée verte c’est une solution
Fondée sur la nature on régule notre climat on régule la quantité de poussière atmosphérique on augmente le bien-être des habitants voilà donc ça c’est un musée est aussi un vecteur extraordinaire pour comprendre tout ça et donc aujourd’hui le défi c’est plus seulement de faire prendre conscience de
La la diversité biologique mais aussi de comment lutter contre c son effondrement et puis le futur des musées c’est ne se pas perdre dans un monde virtuel fascinant je vous le disais au départ hein et je vous ai mis cette petite photo moi que je trouve très chouette j’ai essayé de la reprendre
Moi-même en allant visiter le Louvre il y a quelques années mais j’ai pas réussi parce que les les touristes bouchaient trop avec leur téléphone et j’arrivais pas à prendre la même photo mais vous voyez les personnes devant la Joconde en fait ont tout le réflexe c’est bien naturel hein moi-même je le fais
Moi-même avec certains tableaux que j’adore quand je les vois pour de vrai c’est tellement émouvant qu’on a envie d’en garder une trace mais paradoxalement on est devant un tableau merveilleux qui a marqué l’histoire du monde et la seule chose qu’on pense à faire plutôt que de le regarder c’est de
Prendre une photo là encore c’est bien naturel mais ça nous montre comment on peut s’égarer dans le virtuel et le virtuel c’est aussi maintenant que dans beaucoup de musées et dans beaucoup de systèmes d’observation maintenant on va utiliser des photos d’organismes hein que les participants volontaires prennent on va utiliser des
Enregistrements indirect de présence avec des analyses d’ADN ou de son ce qui est super intéressant hein mais ce qui va pas permettre de retourner à l’échantillon sauf quand on prélève par exemple de l’ADN bien sûr hein mais si c’est juste un une observation ça va rester virtuel et et donc en fait il
Faut ce monde virtuel il faut arriver à le maîtriser un une modélisation 3D une image numérique un petit film projeté c’est un outil extraordinaire de partage de connaissance mais il faut que ça reste un outil et les collection informatisé comme j’espère vous l’avoir montré avec le la fameuse histoire des
Tenas bah c’est quel qu part la meilleure manière de pouvoir revenir aux données quand tout le monde s’est trompé quand les publications scientifiques étaient fautives quand on n pas des données qui sont de bonne qualité on peut revenir dans le musée aller revoir les échantillons et les
Réanalyser et c’est ce qu’en anglais on appelle des données faire c’estàdire c’est un acronyme qui veut dire qu’elles sont sont des données qui sont trouvables qui sont accessibles qui sont interopérables et qui sont réutilisables et ça c’est quand même extrêmement intéressant aujourd’hui on est capable d’extraire de l’ADN par exemple
D’échantillons qui ont été récoltés il y a un siècle si des échantillons n’étaient plus là bah on pourrait pas retourner extraire l’ADN et l’étudier hein donc voilà le futur du musée c’est pas le futur est est tout à fait radieux il demande juste qu’on se concentre sur un certain nombre d’objectifs tels que
Ceux que je viens de décliner voilà je vous remercie pour votre [Applaudissements] attention [Musique] for