Retrouvez en replay et en intégralité le webinaire Poli(cri)tique #24 de l’Association Française de Science Politique organisé le 4 octobre 2023 sur les émeutes de juillet 2023 survenues en France après la mort de Nahel Merzouk à Nanterre.

RETOUR SUR LES RÉVOLTES DE JUILLET : CRISE DE LA VILLE, RAPPORT AUX INSTITUTIONS ET VIOLENCES POLICIÈRES

Avec les décryptages et analyses de 3 experts :

– Renaud Epstein, Professeur de sociologie, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye / Cesdip
– Fabien Jobard, Directeur de recherches au CNRS, Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales
– Julien Talpin, Directeur de recherche au CNRS, CERAPS, Université de Lille

Webinaire animé par Christophe Jaffrelot, président de l’AFSP et directeur de recherche au CERI – Sciences Po / CNRS

Comment analyser les évènements de l’été qui ont suivi la mort de Nahel Merzouk ? Trois politistes, Renaud Epstein (professeur des universités, CESDIP, UMR 8183), Fabien Jobard (directeur de recherche au CNRS, CESDIP, UMR 8183) et Julien Talpin (directeur de recherche au CNRS, CERAPS, UMR 8026) reviennent sur la caractérisation de ce phénomène qui a été qualifié, suivant les sources, d’émeutes, de révolte ou de soulèvement. Pour décrypter ce moment, ils mobilisent divers champs de la sociologie politique : de l’étude des mouvements sociaux à celle des politiques publiques de la ville en passant par l’analyse des violences policières et des décisions judiciaires.

Leur approche replace au cœur du débat la question du message véhiculé par les acteurs, sans en sous estimer l’ambivalence. Les manifestations ont en effet reflété une forme de solidarité avec les victimes de violences policières mais ont aussi créé un effet d’aubaine en permettant des vols et des dégradations de l’espace public. En replaçant les événements de l’été dans un contexte plus large — avec pour points de comparaison les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises et celles de 2011 dans plusieurs agglomérations anglaises —, les trois intervenants éclairent l’engrenage de la violence conduisant d’une bavure policière à une émeute. Ils forment l’hypothèse – audacieuse – qu’un soulèvement de ce type violent est plus à même que d’autres formes de mobilisations de générer une intervention législative des pouvoirs publics. Ils explorent aussi le rôle des réseaux sociaux dans la coordination des violences. Enfin, de bout en bout, ils se réfèrent à des enjeux méthodologiques. Pour pallier le manque de données quantitatives mises à la disposition des chercheurs et acteurs de la vie publique, ils recommandent de s’en remettre aux études de cas relevant de l’ethnographie, une véritable invitation à la multiplication des travaux qualitatifs.

Share.
Leave A Reply