Le mont Faron est un sommet calcaire, faisant partie des monts toulonnais, qui culmine à 584 mètres et surplombe la ville de Toulon, dans le Var (France).

Un réseau de fortifications défensives datant des XVIIe et XVIIIe siècles est toujours visible ; il servait à la défense des accès maritimes puis terrestres au port militaire de la ville. Neuf forts veillent sur la rade : le fort Saint-Antoine, la tour de l’Ubac, la tour Beaumont, le Sanctuaire de Notre-Dame du Faron (ancienne poudrière), le retranchement de Leydet, la caserne du Centre, le fort de la Croix-Faron, l’Impluvium et le fort Faron. La tour Beaumont a été construite en 1845 pour défendre et surveiller le débouché des gorges nord du mont, elle est maintenant aménagée en musée Mémorial du Débarquement des Alliés du 15 août 1944.

Un téléphérique permet d’accéder au sommet en partant de la ville de Toulon. Le sommet, assez plat, abrite le Mémorial du débarquement en Provence (opération Anvil Dragoon) et le zoo du Mont Faron spécialisé dans l’élevage de félins.

Le sommet est également accessible par une route à une voie (la montée se fait à l’ouest et la descente par l’est de la montagne). La montée comme la descente offrent des points de vue très spectaculaires sur la rade de Toulon.
Le mont Faron a été nommé ainsi à partir du XIIIe siècle[2]. En provençal il s’appelle Faro.

Ce terme viendrait du « farot » qui est une tour de guet dans laquelle les villageois assuraient une surveillance permanente de la côte[3].

Au Moyen Âge, on trouve deux orthographes Pharon et Faron. Ces mots désignent des phares où les signaux se transmettent au moyen de feux avec de la fumée épaisse issue de paille bien mouillée. Ces phares portaient les noms de Pharus, Farus, Farotus, Pharomum, Faromum[3].
Le mont Faron est composé de calcaire, comme l’ensemble des Monts toulonnais. Ce massif est issu des plissements géologiques émanant du rapprochement de la péninsule Ibérique sur la plaque européenne il y a 65 millions d’années. Poussant vers le nord-est, les plissements se formèrent à la rencontre de la plaque européenne et plusieurs couches plus anciennes se retrouvèrent propulsées en surface recouvrant les couches géologiques plus récentes.

La géologie et la morphologie du relief sont assez différentes selon les secteurs du mont Faron. Le versant nord-est est une haute falaise de calcaire urgonien. Côté nord et au nord-ouest, les colonnes et éperons sont issus de l’érosion de calcaire dolomitique jurassique. Sur les versants sud-ouest à sud, on trouve du calcaire barrémien, formant des blocs fracturés et des crêtes en lapiaz et plus vers l’est des bancs de calcaire portlandien. Le versant est présente des pointements rocheux, qui sont constitués de muschelkalk (calcaire coquillier)[4].
Le Faron a été habité par les hommes du Néolithique, peut-être aussi ceux du Paléolithique qui occupaient déjà ses grottes. Une vigie chargée de surveiller la mer et de signaler l’approche des bateaux était installée au sommet[5].

Sous l’Empire romain, Telo Martius devient l’une des deux teintureries impériales, avec la ville libanaise de Tyr, de pourpre, colorant naturel de couleur rouge, grâce à l’exploitation des murex, un coquillage se trouvant dans la baie. Les robes de pourpre royale se vendaient extrêmement cher, car, pour teindre quelques mètres de tissu, il fallait plusieurs milliers de coquillages. On estime qu’il fallait environ 8 000 murex pour obtenir 1 gramme de teinture pourpre[6]. La surexploitation est telle que ce coquillage disparaît. Dans l’Empire romain tardif, le braconnage du murex est passible de la peine de mort[7]. La preuve principale de cette industrie à Toulon est une notice des dignitaires de l’empire datant de l’an 400 citant un « procurator baphii telonensis », un administrateur de la teinturerie de Toulon[8].

Par la suite une nouvelle industrie teinturière se développe sur le Faron. Les experts ne font pas tous le lien entre ces deux industries, mais cela est probable[réf. nécessaire]. Ainsi, au Moyen Âge, le mont se couvre de chênes verts parasités par le kermès des teinturiers, petite cochenille dont les œufs servaient à produire un colorant rouge vermillon pour les textiles. Cette industrie, peut-être survivance de celle des Romains, se poursuivit jusqu’au XVIe siècle. La « cueillette » des œufs était sévèrement réglementée. Nul ne pouvait couper du bois ou faire paître ses troupeaux dans les « vermellias » sans risquer une forte amende. La récolte du kermès et ses utilisations à des fins tinctoriales constituaient une appréciable source de revenus pour l’économie toulonnaise[9]. Ce sont les « vermillières du Faron ».

L’utilisation de cette cochenille méditerranéenne persiste jusqu’à la découverte du Nouveau Monde au XVIe siècle et de la cochenille du cactus (Dactylopius coccus) dont la concentration et le pouvoir colorant sont supérieurs et le coût de production moins élevé[10]. La production de cochenilles d’Amérique centrale.

Share.
Leave A Reply