Cette vidéo retrace plus de cinquante ans d’histoire d’une ville marquée en profondeur par le trafic de stupéfiants. Des années de la French Connection aux guerres de réseaux dans les quartiers nord, le documentaire suit l’évolution d’un phénomène qui a transformé Marseille, ses rues, ses familles et son image.
Au fil des témoignages, on découvre le parcours d’anciens figures du milieu, les premiers laboratoires clandestins d’héroïne, les grandes opérations de police, l’action du juge Pierre Michel et l’essor d’une nouvelle génération de caïds issus des cités. Les images montrent aussi le travail patient des douaniers sur mer et au port, les contrôles de navires et les saisies record, face à des flux mondiaux toujours plus importants.
Dans les quartiers, éducateurs, habitants et jeunes racontent un quotidien fait de peur, de trafics visibles, de destins brisés. Des mères endeuillées défilent avec des cercueils symboliques pour rappeler les victimes, souvent très jeunes, emportées par des balles perdues ou des règlements de compte.
Cette vidéo propose une plongée dans la réalité d’une ville qui tente de résister à un système tentaculaire, entre mémoire des vieux parrains et violences d’aujourd’hui.
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Il ne faut surtout pas se fier à ses allures de grand-père tranquille. Emile Diaz dit Milou est une figure du grand banditisme marseillais. Quand il était propriétaire de ce bar il y a 50 ans, l’établissement était un repère de voyous. Je m’en rappelle. Il est mort il y a longtemps, il a fait 14 ans de prison. Il est toujours vivant. Il s’accroche. Milou aussi est un survivant, l’un des derniers piliers de la célèbre French Connection. Une organisation criminelle. qui a fait de Marseille une plaque tournante du trafic d’héroïne dans les années 60 et 70. Le bar de Milou était alors une couverture et servait de cercle de jeux clandestins aux trafiquants. C’est les plus belles années de ma vie, ça. Parce qu’il y avait les numéros 1 qui venaient ici, les numéros 1 de la French. Là, ça flambait des centaines de millions, au fond et en haut. Ce n’est pas que glorieuse. Milou a aussi connu les heures sombres d’une vie de narcotrafiquant. Il a passé 16 ans en prison et il a perdu de nombreux proches dans les règlements de comptes qui ont ensanglanté le Marseille des années 70. Allez, ciao à tout le monde. Au revoir à tous. Ce sont des hommes comme Milou qui ont fait de la cité phocéenne. un haut lieu du trafic de drogue depuis plus de 50 ans. Enfant des quartiers pauvres, il a vécu l’ascension des parrains les plus redoutés, comme Tani Zampa, Francis Lebelge ou Jackie Lematt. Les Marseillais, ils sont partis à l’autre bout du monde pour trafiquer. Comment ces voyous à l’ancienne se sont-ils fait une place parmi les parrains du narcotrafic mondial ? Le braqueur Tony Cossu. ancien proche de francis le belge a connu tous les secrets de la french connection et toutes ses dérives voilà on va guérir les parties de la république ça fait tous ces mots c’est là que je me suis rendu compte que la drogue c’était au même milieu de face à eux dans les rangs de la police antoine ciblot a fait partie de la dream team qui a déclaré la french connection Il a mené un combat sans merci aux côtés du juge Pierre Michel, qui en a payé le prix fort. Ça a été un choc terrible. C’est quelque chose qui était inconcevable en définitive. Mais c’est arrivé. Aujourd’hui, la cocaïne et le cannabis ont remplacé l’héroïne. Mais les luttes pour le contrôle du trafic n’ont jamais fait couler autant de sang dans les rues de Marseille. Pourtant, l’arsenal répressif s’est considérablement développé depuis la French Connection. 50 ans que la douane marseillaise est en première ligne face aux trafiquants. Marseille 1970, Marseille 2023, où le destin d’une ville gangrénée par le trafic de drogue. Un business où la fortune est rare et la mort fréquente. 50 ans après la French Connection, les voyous du milieu traditionnel ont laissé place à une nouvelle génération de trafiquants issus des quartiers nord de Marseille et à de nouveaux codes. Ce jour-là, dans la cité Jean Jaurès, le rappeur Credo tourne son dernier clip. Un reflet de la violence qui règne ici. Crédo a lui-même été dealer avant de se consacrer à la musique à sa sortie de prison. C’est là où j’ai grandi, donc quand j’écris je m’inspire de là. Voilà quoi, ce que j’ai vu. Je suis pas clean, j’ai fait des bêtises dans ma vie, donc des fois je parle de ça aussi et voilà, c’est la vie quoi. C’est réel, je vais pas mentir ou quoi, c’est réel. En 2021, deux hommes ont été tués dans la cité à l’arme de guerre. Un règlement de compte lié au narcotrafic qui rythmise… Ici le quotidien d’ailleurs à quelques mètres du tournage du clip les dealers sont au travail sans se cacher le moins du monde. La cage d’escalier est barricadée pour ralentir la police en cas de descente. Et dans le hall, les habitants de l’immeuble sont obligés de contourner les dealers pour sortir de chez eux. Cannabis ou cocaïne sont conditionnés dans des emballages, copie de grandes marques de gâteaux ou de friandises. Une manière d’attirer les clients. dans un marché très concurrentiel et parfaitement structuré. Il y a des gens au-dessus de nous, qui sont plus par haut. Ils vont passer la marche à l’div’. C’est très organisé. Le chute vient d’Espagne. Il passe par 100, 200 kilos, tu vois. On le reçoit ici, on le coupe. Dans le détail, on le vend. Selon les chiffres officiels, il y aurait environ 130 points de deal comme celui-ci à Marseille. Un trafic tentaculaire… contre lequel la police livre une bataille quotidienne. Au cœur des cités, le commissariat du 15e arrondissement. A sa tête, le commissaire Sébastien Lautard, une pointure de la police marseillaise. Cet ancien patron des stups est chargé de coordonner la lutte de terrain contre les réseaux de narcotrafiquants. Des organisations mafieuses qui opèrent quasiment sous ses fenêtres. Là en fait on est quand même au cœur des cités du 15e arrondissement, qui nous laissent quand même nous une proximité pour pouvoir travailler et d’intervenir rapidement sur les cités. Nos voisins limitrophes et les plus proches c’est la cité Bassens, qui se trouve vraiment de l’autre côté de la rue et de la voie ferrée ici. où ils arrivent assez fréquemment d’aller interpeller notamment le guetteur ou le vendeur sur place. La cité Bassens, l’un des points de vente emblématiques de Marseille. Un quartier totalement sous l’emprise des dealers, connu pour son drive. Autrement dit, sa vente directe aux automobilistes, comme pour la restauration rapide, malgré la présence du commissariat juste en face. On sait très bien qu’on ne va pas éradiquer le trafic de stupes. On est quand même avant tout… Ici, pour gêner, désorganiser, pilonner le trafic de stupes, interpeller des gens, les présenter à la justice et de faire des saisies. Notre plaisir à nous, c’est de pouvoir mettre des pinces et de pouvoir leur saisir de la marchandise et comprendre, pour remonter, pour comprendre qui tient le réseau et est-ce qu’on peut effectivement les accrocher dans nos procédures. Les mains dessus, vous laissez les mains sur le fourgon. Pareil. Depuis quelques années, la police multiplie les descentes. …sous la pharmacie, alors le garde, ça redescend, ça redescend ! Une politique du pilonnage qui porterait ses fruits avec le démantèlement d’une vingtaine de points de deal l’année dernière. Pourtant, l’image de Marseille reste plus que jamais associée au narcotrafic. Une histoire qui n’a pas commencé avec les caïds des cités, mais au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans les quartiers pauvres du centre-ville. Ce sont les voyous corses ou italiens qui faisaient alors régner leur loi. La Belle de Mai est l’un des creusets du grand banditisme marseillais. C’est aujourd’hui l’un des quartiers les plus pauvres d’Europe et ça l’était déjà quand Milou, le trafiquant de la French Connection, y est né il y a 80 ans. Mais voilà, c’était là que j’habitais. C’était là que j’habitais quand j’étais jeune. Bonjour madame. Je regarde, c’est là que je suis né moi. Je suis né dans cet appartement et c’est pour ça que je regarde. Oui, je vous donne ma parole. Nous étions en rez-de-chaussée. On habitait tous là dans la même pièce. Puis il y avait une petite pièce qui servait de chambre. Il y avait des matelas par terre. Il n’y avait pas de meuble. On n’avait pas de cabinet de toilettes, on n’avait pas de salle de baie. Le cabinet de toilettes était dans le couloir. Et c’était vraiment insordide. On passait notre vie dans la rue. Orphelin très jeune, Milou est élevé par la famille Corse de sa mère. Ses oncles sont tous des voyous spécialisés dans le racket. J’ai été levé dans ce climat de violence, de banditisme. Je disais tu vas faire le voyou parce que c’est comme ça, tu es né voyou, tu vas vivre voyou et tu mourras voyou. Milou commet ses premiers larcins à l’adolescence. La gare Saint-Charles n’est qu’à quelques centaines de mètres. Et les trains de marchandises sont alors une cible pour la bande de gamins de la Belle de Mai. Tout jeune, on venait dans cette rue et il n’y avait pas cette palissade. On avait accès à la voie ferrée. Il y a une voie ferrée à 10 mètres derrière ce mur. Et donc, on savait que le train allait passer et qu’il pouvait y avoir quelque chose à voler. Alors, on ouvrait les portes et les plus costauds de chez nous, les aînés, tiraient les portes et envoyaient les colis. Sur ce qu’il y avait, il y avait des fois, il y avait des bonnes choses, des fois, il n’y avait rien. Des fois, il y avait des sacs de charbon. C’était toujours ça parce qu’on n’avait rien. Donc, le peu qu’on avait, c’était facile, c’était bon à gratter. Parmi les jeunes de la Belle de Mai qui participent à ces vols, un futur parrain du trafic de drogue à Marseille. Francis Van Verbergh dit Francis le Belge. Francis le Belge, oui, il était là. C’était pas le dernier à venir, il était vaillant, vaillant. C’est un bon voyou, voilà, ce qu’on peut appeler un vrai voyou. Il avait ça dans le sang. Et puis il avait un côté leader aussi. Les chemins de Milou et Francis vont ensuite se séparer. Le Belge commence son ascension fulgurante par le proxénétisme et les vols à main armée. Il s’associe à un autre voyou de la Belle de Mai. Le braqueur Tony Cossu, surnommé Tony Languille, pour ses capacités hors normes à échapper à la police. Après plusieurs semaines de négociations, l’octogénaire, qui reste une figure respectée du milieu marseillais, a accepté de nous confier certains de ses secrets de jeunesse. J’étais bien ami avec le cousin de Francis. Un jour il m’a dit putain Tony et Francis mon cousin il veut venir avec toi pour aller voler et tout pour aller braquer. Et voilà bonjour je dis à Francis bon allez viens. J’avais fait un gros travail là, un gros braquage. Si j’ai les couilles on va y aller. Je l’ai amené, on a touché le pactole et là il était content. Il a dit je ne vais faire que ça dans ma vie. Mais dans les années 60, les jeunes voyous aux dents longues de la Belle de Mai découvrent une nouvelle opportunité pour se remplir les poches. Le trafic de drogue, qui commence tout juste à se développer en France. On ne parle alors pas de cannabis ou de cocaïne, mais d’héroïne. Un commerce plus rémunérateur que les braquages, et surtout bien moins risqué. La justice à l’hospitalité se met dans la caméra. C’était un peu plus facile. Il n’y a pas de risque de… Ta vie, elle n’est pas un jeu, là. On ne te met pas un calibre sur la tête, là. Apprendre une valise, la porter là-bas, traverser un pays, voilà, allez. Ça prenait beaucoup d’argent, voilà. À l’époque, tout portait sur l’Amérique. Si la drogue est encore peu présente en France, elle fait déjà des ravages aux Etats-Unis. Et l’héroïne… est la substance la plus recherchée par les consommateurs. Des Marseillais comme Francis le Belge se lancent alors dans la production massive de ce dérivé de la morphine exporté par tonne vers l’Amérique depuis le port de Marseille. Milou va lui aussi profiter de ce nouveau business. A cette époque, il s’est engagé comme marin. Pas par amour du grand large, mais pour transporter des armes de contrebande et de l’argent sale pour le compte du milieu. Les gens que je fréquentais, les gens avec qui j’étais toute la journée, je sortais, j’allais dans les restaurants avec eux, ils faisaient la drogue. Et moi, j’ai suivi, j’ai fait comme eux. J’ai dit, eux, ils font la drogue, moi, je fais la drogue. L’héroïne part alors aux Etats-Unis, dissimulée dans des voitures, des meubles. ou dans les cales de Chalutiers. Le port, c’est la base même du trafic. Parce que c’était un port qui était moins surveillé que d’autres ports. On a la complicité des gens qui travaillent dans le port, que ce soit les dockers, que ce soit les douaniers. On rentrait dans le port comme dans un moulin, voilà. Et on en sortait comme dans un moulin aussi. Le succès du trafic repose également sur un argument commercial imparable. La French Connection produit alors la meilleure héroïne au monde. De quoi attiser les rivalités entre mafieux et déclencher bientôt les premières guerres de la drogue à Marseille. Dans les années 60 et 70, les trafiquants de la French Connection deviennent les premiers producteurs mondiaux d’héroïne. La drogue est fabriquée dans des dizaines de laboratoires clandestins, dissimulés dans des villas anonymes de la région marseillaise. La clé de tout ça, la clé de la French Connection, c’est la transformation. Personne n’a jamais transformé. On n’a jamais créé une marchandise aussi pure. Elle faisait 98%. Les Américains ne s’y sont pas trompés. Ils ont toujours voulu avoir celle-là. Le reste, ça ne les intéressait pas. Milou devient un maillon essentiel de la French Connection en approvisionnant les laboratoires en morphine base, l’ingrédient indispensable pour fabriquer de l’héroïne. Il se fournit en Turquie. à leur premier producteur mondial de pavot dont est issue la morphine. Milou rapatrie la marchandise en la cachant dans des bateaux de croisière qui relient Istanbul à Marseille. En quelques années, l’enfant pauvre de la belle Demey devient l’une des grandes fortunes de la French Connection. 150 000 dollars de bénéfices sur un voyage. Mais j’ai dû en faire plus de 40. J’étais, disons, rentré dans un autre monde. Je suis passé d’un type qui compte ses sous à quelqu’un qui compte plus ses sous, qui croit qu’il suffit de tendre une main dans une malle et de dire, je vais m’acheter une Porsche. J’ai cru que j’étais le plus fort du monde, le roi du monde, et que j’étais un prince. Dans les années 60 et 70, les trafiquants mènent grand train. Ils investissent l’argent de l’héroïne dans des bars ou des établissements de nuit de la Côte d’Azur. Mais il y a une contrepartie à cette réussite. Car les luttes de pouvoir pour le contrôle du trafic commencent à faire couler le sang dans les rues de Marseille. Milou a été témoin de l’un des plus importants règlements de compte de l’époque. Pendant l’été 1967, alors qu’il buvait un verre dans son bar. J’entends craquer. Je dis ça, mes amis, c’est des coups de calibre. Parce que ça craque sec. Les coups de feu ont été tirés à une cinquantaine de mètres de là, dans une station service qui a depuis été transformée en boulangerie. En arrivant sur place, Milou découvre une scène macabre. qui va marquer un tournant dans l’histoire du banditisme marseillais. Je comprends vite que c’est la voiture d’Antoine Guerini, le patriarche de Guerini. Et donc je me le vois, lui, car il m’a mort, il ne bougeait pas. Je vois ça, je me suis affolé. C’était une personnalité, c’est comme si on avait tué le maire de Marseille. Antoine Guerini vient d’être abattu par deux tireurs à moto. Il était depuis les années 50 le parrain incontesté de la cité phocéenne, régnant sur la prostitution et les jeux illégaux. Il était également l’un des principaux financiers de la French Connection. Les assassins d’Antoine Guérini ne seront jamais arrêtés. Mais la mort du parrain laisse le champ libre à une nouvelle génération de voyous marseillais et à un nouveau leader, Tani Zampa. Zampa, c’était un personnage qui en imposait. Il avait du courage. Il savait réunir autour de lui. Il savait rassembler. Et c’est pour ça qu’il avait cette image de parrain. En plus des jeux et de la prostitution, Zampa devient alors l’un des principaux exportateurs d’héroïne de Marseille. Et il voit d’un mauvais oeil… Les ambitions d’un autre trafiquant en pleine ascension, Francis Lebelge. En 1972, Tani Zampa tend un piège à son concurrent en utilisant une connaissance commune, le braqueur Tony Cossu. Un jour, Zampa, Tani, il me fait dire, Tony, je sais, vous êtes dans la drogue, j’ai besoin de 50 kilos. Je dis, ma foi, c’est des braves gens, je vois, à l’époque, Tani. Il avait sa cote, tu vois. Mais comme moi, je suis assez hanté et un peu, comment on pourrait dire, un peu naïf aussi, tu vois. Je dis à Francis, je dis non, je peux le revancer 50 kilos. Je dis, il te les rends donc. Il a dit, puis Francis, je le revends, c’est la gomme. Et de là, la guerre, elle est partie. Car Zampa ne va pas rendre la drogue. Et au contraire, il envoie des tueurs à la poursuite de Francis le Belge. Je me suis rendu compte que c’était un tordu, c’est tout, voilà. Avec l’argent qu’il intéressait. S’il pouvait prendre un peu plus pour lui, tu vois, ce qui l’a mené à faire refuser des gens pour éviter de donner une part. Voilà. Le genre que c’était un machiavélique. Commence alors une série de règlements de comptes entre les deux bandes rivales. Zampa fait exécuter plusieurs proches du Belge. Et la réponse sanglante du… du cahier de la Belle de Mai intervient le 31 mars 1973 dans ce bar du Vieux-Port. « 18h45, trois hommes gardent leur voiture blanche à quelques mètres du bar Le Tanagra. Sortent tranquillement leurs armes, un pistolet mitrailleur et deux revolvers, et ouvrent immédiatement le feu. » Le bilan est lourd. Quatre morts, dont la patronne du bar et deux des principaux associés de Tanizampa. La guerre est finalement interrompue quelques mois plus tard. par l’arrestation de Francis le Belge, qui sera condamné pour trafic d’héroïne et proxénétisme à 15 ans de prison. Zampa devient alors le parrain incontesté, mais pas pour longtemps, car un nouveau concurrent vient rapidement lui faire de l’ombre. Jackie Imbert, surnommé Le Mat, le fou en provençal, un proche de la bande de Francis le Belge. Le Mat, c’était un mec entier, carré. Moi avec le mâtre, c’était un peu cette osmose, tu vois. Quand il y a la folie à tralas, j’ai été là. Quand il y a la folie à tralas, il a été là. Il s’est créé une amitié, moi et le mâtre, avec le Francis, le belge. Voilà, il y a une osmose qui se crée. Cette osmose, ça a aidé plus à Tani. En 1977, Tani Zampa commande l’exécution de son nouveau rival. Jackie Lematt est criblé de balles devant chez lui. Mais l’impensable se produit. T’en es à dire que Moïse le tué, c’est que voilà, ils ont cru qu’il était mort, il était pas mort. Jackie Imbert survit miraculeusement à ses blessures et acquiert un nouveau surnom, l’immortel. Resté handicapé de la main droite. Il apprend alors à tirer de la gauche pour se venger. Dès lors, il devient un mythe, y compris dans les rangs de la police. Roland Gauze, l’ancien patron des stups de Marseille qu’il a déjà interrogé, est resté marqué par le personnage. Il était doué, il avait certainement une énergie supérieure. C’était un guerrier, c’était un guerrier ce monsieur, pour subir ce qu’il a subi. Il en a pris plus d’une dizaine, une quinzaine. Et ce qui s’en est suivi, au niveau des morts qui ont été comptées sur Marseille, après cet épisode sanglant, le garçon avait de la ressource. Oui, oui, il pesait. La guerre entre Jackie Lematt et Tannis Zampa fait des dizaines de victimes en quelques années. Autre problème pour les parrains de Marseille, les premiers morts par overdose en France ont attiré tous les regards sur eux. Et la lutte contre la drogue est devenue une priorité pour l’État. En 1970, les peines pour trafic d’héroïne passent de 5 ans à 15 ou 20 ans de prison. La même année, le maire de Marseille, Gaston Defer, réclame la peine de mort pour les trafiquants. Je considère qu’il est criminel de compromettre l’avenir de toute une jeunesse. Si quelqu’un d’un d’entre eux était condamné à mort et exécuté, Je pense que ça donnerait à réfléchir aux autres. Police, justice et douane se lancent alors dans une guerre totale contre le narcotrafic. En février 1972, le chalutier Caprice Détend est arraisonné par la douane au large de Marseille, alors qu’il se dirige vers la Floride. 425 kilos d’héroïne sont retrouvés dans ses cales. C’est la plus grosse prise jamais réalisée à l’époque. Elle sonne la fin de l’âge d’or pour la French Connection. Depuis, la guerre contre la drogue n’a plus jamais cessé, avec des moyens en augmentation constante. Aujourd’hui, la douane marseillaise dispose d’outils dernier cri, comme cet avion de surveillance. Avec trois douaniers à bord, il inspecte quotidiennement le trafic maritime autour du port de Marseille. L’appareil est équipé d’une caméra ultra perfectionnée qui peut filmer un navire à plusieurs dizaines de kilomètres. Cette caméra va nous permettre de pouvoir identifier ou reconnaître des navires tout en gardant des distances de sécurité, des distances de discrétion également. Alors là on est à petit peu près, on est à un peu moins de 12 km. Suivant la provenance du navire, on va chercher des choses un petit peu inhabituelles. Ça peut être un rassemblement de personnes qui ne serait pas normal sur ce type de navire. Et après on vérifie si la route qu’il a déclarée sur son système est cohérente avec la route réelle qu’il effectue. L’avion transmet ses informations en temps réel au PC de la douane dans le centre-ville de Marseille. On a une mission aérienne en cours. L’avion est là. Eric Salle dirige le centre de contrôle des douanes le mieux équipé de France. Car depuis le début de la guerre contre la drogue dans les années 70, Marseille a toujours été considérée par l’État comme une ville à part. Marseille a une lourde histoire autour du narcotrafic. Tout le monde a entendu parler de la French Connection. Les anciennes générations qui ont vécu directement ces saisies dans les années 70 en parlaient toujours avant de partir à la retraite. Ça a quand même beaucoup évolué, le trafic a beaucoup changé. French Connection a parlé d’un trafic d’héroïne qui est aujourd’hui quasiment nul. Vraiment notre sujet de préoccupation aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne et le cannabis à destination de l’Europe. Pour trouver les bonnes cibles, Une équipe d’agents spécialisés traite ici des milliers d’informations sur chaque bateau qui navigue en Méditerranée. Comme ce chalutier repéré en haute mer en août 2021. Il n’est pas correctement immatriculé et surtout il se trouve hors des zones de pêche. Un commando de douaniers marseillais l’intercepte. Les douaniers cherchent une cache où pourrait avoir été dissimulée des produits stupéfiants. Ils utilisent pour cela une caméra endoscopique qu’ils glissent à travers les parois du bateau. Ça ressemble à des vaches. C’est bon ça ? Tape la chiche. Voici le sac. C’est une saisie record pour les douaniers de Marseille. C’est confirmé, une centaine de ballons. Une centaine de ballons, 2,2. En tout, le commando va ressortir du chalutier 134 ballons de cannabis pour un poids total de 4,2 tonnes. Une telle quantité vendue au détail peut rapporter plus de 20 millions d’euros aux trafiquants. Depuis l’époque de la French Connection, le volume du trafic a explosé. Et Marseille, premier port de France, est plus que jamais en première ligne. Les nouveaux caïds de la drogue profitent du développement exponentiel du commerce maritime qui leur offre de multiples possibilités pour déjouer les contrôles. Ils utilisent notamment des portes-containers, ces géants des océans, qui représentent un cauchemar pour les douaniers. Ce jour-là, le patrouilleur de la douane de Marseille doit contrôler ce porte-container en provenance d’Amérique du Sud. Je vous demande de réduire un peu votre vitesse, parce que le team pour le check commande votre board. On va faire une belle bête, 328 mètres. Il y a pas mal d’étages, je crois qu’il y en a 7, on a dénombré je crois. Donc il faudra amener vos petites guiboles, parce qu’il y aura de quoi monter et descendre. On aura de beaux fessiers. Et voilà, le contrôle de ce navire ne doit rien au hasard. La compagnie maritime qui le possède est dans le collimateur des douanes depuis plusieurs années. D’accord, ça sera plutôt stup. On va chercher plutôt stup. Il y a déjà eu des saisies sur cette compagnie. Elle a un moment, elle avait de gros problèmes par rapport à des infiltrations au cartel. En 2019, sur le port de Philadelphie aux Etats-Unis, dans un paquebot de la même compagnie. A eu lieu la plus grande saisie de cocaïne de l’histoire. 20 tonnes cachées dans 7 containers. 1,5 milliard de dollars à la revente. Une partie de l’équipage aurait été soudoyée par un cartel d’Europe de l’Est. Pour le commando de douanier marseillais, il faut agir vite. L’équipage du porte-container… ne doit pas avoir le temps de jeter à la mer une éventuelle cargaison illicite. Première difficulté, le commando doit aborder un bateau dont la coque dépasse de près de 20 mètres la surface de l’eau. … La priorité des douaniers est de contrôler l’équipage afin de trouver des indices d’une éventuelle compromission avec les cartels de la drogue. Les douaniers recherchent toute trace de stupéfiants, mais aussi de grosses sommes d’argent liquide. ou des téléphones satellites. Rien de suspect en ce qui concerne l’équipage. On passe par la plage arrière. Et le paquebot a déjà déchargé l’essentiel de ses containers lors de précédentes escales. La fouille se concentre donc sur les innombrables caches possibles à l’intérieur d’un tel mastodonte. Après plusieurs heures à parcourir les soutes et le pont, les douaniers ne trouvent qu’un petit paquet suspect, dissimulé sous une rambarde. Mais c’est une fausse alerte. A la nuit tombée, après 4 heures d’inspection, le travail des douaniers n’est pas encore fini. Ils doivent maintenant contrôler la coque du porte-container, où pourraient avoir été accrochés des colis de stupéfiants. La dernière carte, c’est la plongée. C’est une fraude qui est un peu différente, qui peut être différente de celle qu’on vient de chercher là, la journée. C’est une fraude qui est faite à l’insu de l’équipage. Dans le navire, en général, c’est l’équipage… On est au courant, au moins une partie de l’équipage. Là, on va chercher à l’immerger. Là, il est possible que l’équipage ne soit pas du tout au courant d’un fardeau qui aurait été accroché sous le navire. Là, c’est encore une autre partie de la recherche. Donc, c’est pas fini. C’est pas fini. On va suivre ce prochain épisode. L’équipe de plongeurs rejoint le porte-container qui a eu le temps d’accoster au port. Après leur journée marathon, c’est un dernier défi qui attend les douaniers. On est tout petit à côté. On va être ça à côté. Et après le bateau, tu fais le calcul, il y a 328 mètres de long et 48 mètres, 49 mètres de large. Tu feras le calcul de la surface. Ça fait quelques hectares. Il y a des centres particulières de cache. Les douanes européennes sont couplées ensemble et quand il y a des grosses saisies, même avec les américains, on nous dit où est-ce qu’il y a des saisies. On mutualise et donc on va aller sur des zones techniques un peu plus particulières, là où sont les 80-90% de saisies. Mais pour les douaniers de Marseille, la plongée va se révéler encore plus compliquée que prévu. Bon allez, j’y vais ! Pour les douaniers de Marseille qui recherchent des colis de drogue accrochés à la coque du navire, la plongée commence mal. Les allées venues de portes containers ont rendu l’eau totalement trouble. Les plongeurs n’ont qu’une visibilité de quelques dizaines de centimètres pour inspecter des centaines de mètres de coque. Pour gagner du temps, il déploie entre eux une corde qui longe l’acier. Si elle rencontre un obstacle imprévu, cela pourrait être un colis de stupéfiants accroché à la coque. Ces conduits qui permettent le refroidissement des moteurs sont des caches habituelles. Et il faut vérifier que leurs grilles de protection n’ont pas été récemment démontées. Après 1h30 dans l’eau glacée, aucune découverte concluante. J’ai froid, je tremble, mais je suis content d’avoir essayé d’intercepter quelque chose. On n’a pas trouvé, ça sera la prochaine. Là, il fait froid, mais on les aura, on les aura. Les saisies de drogue sur le port de Marseille n’ont jamais été aussi importantes. En 2022, une tonne 7 de cocaïne a été interceptée. Le principal coup d’éclat des douaniers a eu lieu au cœur de l’été. Dans ce container en provenance des Antilles, dissimulé dans un canapé et dans des meubles, 528 kilos de cocaïne pure, pour une valeur à la revente de près de 50 millions d’euros. Mais derrière ces opérations spectaculaires, une réalité préoccupante. Seuls 10% de la drogue produite dans le monde serait saisie par les douanes et la police. Le développement de l’arsenal répressif depuis 50 ans n’a pourtant pas été sans résultat. A commencer par le démantèlement de la plus grande organisation criminelle de l’histoire de Marseille, la French Connection. Antoine Ciblot a 25 ans quand il devient inspecteur au stup de Marseille en 1972. Il a été muté de la PJ parisienne pour intégrer une nouvelle brigade spécialement chargée du démantèlement des réseaux de trafic d’héroïne. Quand j’arrive à Marseille, je suis dans l’état d’esprit d’un garçon qui va lutter contre le trafic des stupéfiants. J’arrive gonflé à bloc comme… tous les garçons de l’époque qui avaient entre 25 et 30 ans qui arrivaient pour la plupart de la BRI Paris. Les policiers français bénéficient d’une aide de poids car de l’autre côté de l’Atlantique, les Américains se battent eux aussi contre la French Connection qui inonde leur pays d’héroïne. Plusieurs équipes du narcotique bureau de New York sont envoyées en renfort à Marseille. Antoine Ciblot se retrouve alors au cœur d’un dispositif parmi les plus performants de l’histoire de la police française. « Nous donnait les moyens de travailler efficacement sur le terrain. On avait du matériel. Bon, quand on demandait une écoute, on l’obtenait, il n’y avait aucun problème. Donc il y avait des surveillances physiques et des surveillances techniques. Et l’appui des Américains par ailleurs. » Donc c’était la belle époque et on travaillait en permanence, nuit et jour. Il y avait une disponibilité totale. La justice est elle aussi pleinement mobilisée. Et un magistrat marseillais incarne alors cette lutte sans merci contre la French Connection. Le juge d’instruction, Pierre Michel. C’était quelqu’un qui menait sa croisade. C’était le justicier. Michel, c’était le justicier. Il est croué très facilement, mais il est croué très facilement pour obtenir des résultats. En 7 ans, le juge Michel et l’équipe des stups démentent elles une à une les équipes de la French Connection. Ils arrêtent et font condamner 70 trafiquants et surtout, ils remontent jusqu’au cœur des réseaux, les laboratoires de transformation d’héroïne. En février 1978… Le juge Michel et les policiers marseillais investissent cette colline à 40 km de Marseille. Antoine Ciblo et ses collègues ont réussi à localiser dans ce quartier l’un des derniers laboratoires de la French Connection. J’étais très content d’intervenir sur une opération pareille parce que ça représentait l’aboutissement de deux ans de boulot quand même. Il fallait être opiniâtre et déterminé. Le juge Michel est présent, il est en retrait, il n’intervient pas, il est là parce que ça lui faisait plaisir et qu’il voulait voir. Mais 45 ans après, dans un quartier qui a beaucoup changé, le fin limier a du mal à s’y retrouver. Dites-moi, on cherche une villa qui s’appelait la Villa La Galléjade, ça vous dit rien ? Vous avez entendu parler dans les années 78, vous étiez encore jeune. Oui, j’avais 10 ans. Il y a eu la French Connection qui avait monté. Ah oui, c’est la maison du Mirage là-bas. Seul ce voisin se souvient parfaitement de cette journée. Et puis là, elle a été vendue, elle a été agrandie. Moi, j’étais gamin, j’avais 9-10 ans, un truc comme ça. Et vous vous souvenez de ce jour-là ? Ah bah oui, ça avait créé, comme on dit familièrement, un bordel monstrueux. parce que Donc il y avait toutes les voitures de police qui étaient là. On se demandait ce qui se passait. Vraiment, tout le monde a été surpris. On n’aurait jamais su que c’était un laboratoire qui était ici. Merci à vous. À l’angle des poissonniers, les poissonniers, c’est ici. C’est dans cette villa que se dissimulait le laboratoire. Les lieux ont changé, la maison a été refaite, le labo d’origine ne ressemblait absolument pas à ça. A l’époque, le labo, c’était ça. Un groupe a escaladé le portail, a fracturé la porte d’entrée de la maison, et nous sommes entrés dans les lieux et on a interpellé toutes les personnes qui s’y trouvaient. Quand les policiers se présentent à l’entrée, trois chimistes sont sur le point de commencer un cycle de fabrication d’héroïne. dans leur laboratoire artisanal. Antoine Ciblo et ses collègues saisissent 35 kg de morphine base et immortalisent leur victoire en posant fièrement devant la villa. Ça a représenté deux ans de travail, de filature, d’écoute téléphonique et de travail de terrain extrêmement important. Tout le monde était rayonnant. C’était un gros succès, un beau succès. Avec ses succès à répétition, le juge Michel se fait beaucoup d’ennemis dans le milieu. D’autant qu’il emploie des méthodes qui dérangent, n’hésitant pas à incarcérer les épouses des criminels pour faire pression sur leur mari. Il a fait l’objet de critiques. Il était détesté par le milieu marseillais. Pour ne pas dire aïe. Pour nous, les trafiquants, il était considéré comme un type dangereux parce qu’il mettait les femmes en prison, chose que les autres juges n’ont jamais fait. C’était un type qui avait dans l’idée de ratisser l’argent. Milou subit également la détermination sans faille du juge Michel qui le fait interpeller et incarcérer en 1979. Quand il me questionnait, à la fin de la question, il me disait toujours « Maintenant, vous me dites ce que vous voulez. Vous n’êtes pas obligé de me dire la vérité. Vous savez pourquoi vous n’êtes pas obligé ? Parce que vous allez prendre 15 ans. Le tribunal, les avocats, le dossier, ça ne sert à rien, monsieur. Vous allez prendre 15 ans. » Et il ne s’est pas trompé. J’ai pris 15 ans. Il reste au juge Michel une cible bien plus importante que Milou. Celui qui est alors considéré comme le parrain de Marseille, Tanizampa. En 1981, lors du démantèlement d’un laboratoire à Saint-Maximin dans le Var, le juge Michel obtient un indice inespéré. retrouvé sur l’un des chimistes interpellés. L’un d’eux, lorsqu’il a été interpellé, avait sur lui un numéro de téléphone qui était le téléphone de Zampa. Et là, quand ce numéro de téléphone a été trouvé, Pierre Michel s’est mis en tête d’impliquer Zampa dans l’affaire du labo de Saint-Maximin. Il avait la ferme intention de s’attaquer à Zampa grâce à ce numéro de téléphone. Mais le juge Pierre Michel n’aura pas le temps de remonter jusqu’à Zampa. Le 21 octobre 1981, vers midi, il emprunte ce boulevard à moto pour rentrer déjeuner chez lui. Quand il tourne dans cette contre-allée, il ne remarque pas qu’une autre moto est à ses trousses. Quand le juge Michel est arrivé à ce niveau, donc afin de se rendre à son domicile, il a été ralenti et a dû donc poser le pied à terre. C’est à ce moment-là que les individus qui le suivaient en moto ont tiré sur lui à bout portant. Le juge d’instruction est atteint de trois balles de 11,43, dont deux à la tête et une dans le thorax. Une chose est certaine, c’est un coup de professionnel parfaitement mis au point. Ça a été un choc terrible de voir un magistrat abattu en plein centre-ville de Marseille. À cette heure-là de la journée, c’était quelque chose qui était inconcevable en définitive. Mais c’est arrivé. Les deux tueurs ont pris la fuite sans être inquiétés. Dès qu’il apprend la nouvelle, Antoine Ciblot se rend sur les lieux. Je connaissais le juge Pierre-Michel personnellement. Et c’est vrai que ça me touchait profondément de voir cet homme que j’appréciais particulièrement. Pour sa détermination et son engagement, victime des gens contre qui il combattait depuis plusieurs années. Et c’est vrai que c’est toujours difficile d’évoquer ces moments-là. Les assassins du juge Michel et leurs commanditaires seront arrêtés 4 ans plus tard. Des truands associés à la French Connection… Mais dont le lien avec Tani Zampa ne sera jamais prouvé. Ce qui ne sauvera pas le parrain de Marseille. Les autorités vont finalement le faire tomber en utilisant la même technique que les Américains avec Al Capone. En 1983, Tani Zampa est arrêté pour fraude fiscale et condamné à 5 ans de prison. Incarcéré à la maison d’arrêt des Baumettes, il n’en sortira pas vivant. Il a dit ce type, psychologiquement, il était claustrophobe. Il n’arrivait pas, il ne supportait pas la prison. Il devenait fou en prison. D’autant que derrière les barreaux, Tannisampa est attendu par des ennemis mortels. De la bande rivale de Francis le Belge, comme Antoine Cossu. J’ai été le voir dans sa cellule là. Parce que moi j’avais un matin, si le soir il me voyait dans la cellule, pour aller faire les parties de la carte avec mes amis là. Je suis monté le voir, j’ai dit tu vas mourir ici toi j’ai dit. J’ai pas déclenché, puis tu vois j’ai traversé à travers la porte. S’il me compte le mur là, il… C’est blanc. Le 23 juillet 1984, Tanizampa se pend dans sa cellule et meurt à l’hôpital après trois semaines de coma. C’était le géant au pied d’argile, là. Il a sombré. Il a sombré. Il a eu une mauvaise fin. Il a eu une fin pitoyable. Pitoyable. Après un long séjour en prison, Francis le Belge n’a désormais plus de rival. Il est jugé une dernière fois à Marseille en 1996 pour trafic d’héroïne et fanfaronne devant la presse. Il y a zéro, triple zéro. Voilà. Il y a une affaire aimantée de toutes pièces. Voilà. Faute de preuves suffisantes, Francis le Belge est relaxé et il part s’installer à Paris. Il vit dans les beaux quartiers et continue à rouler sur l’or grâce aux jeux clandestins. Il se rend alors quotidiennement dans cette brasserie du 8e arrondissement. Une habitude qui va le perdre. Il fréquentait son bar tous les jours. Combien de fois je lui ai fait ainsi, j’ai dit. Tout le monde sait que tu vas au bar là-bas, là. Tu passes ta vie à faire tes jeux, j’ai dit. Mais on a encore des ennemis, quelque part. Ou des fous, j’ai dit. J’ai fait attention. Mais non, Anthony, on craint plus hier, on n’a que des amis aujourd’hui. Tout le monde est avec nous, les Corses, tout ça. J’ai dit oui, j’ai dit mais il y a toujours un fada, j’ai dit. Voilà, et le fada, c’est ce qui s’est passé. Le 27 septembre 2000, la police investit le quartier. Francis Lebelge vient d’être abattu dans son bar par une équipe de tueurs à moto. Ils ne seront jamais identifiés. Eh oui, les habitudes, c’est ce qui tue beaucoup de gens dans le milieu. Il faut pas avoir d’habitude. C’est dommage, hein. C’est dommage. Un garçon intelligent, qui avait des couilles et tout, tu vois. C’est un bon José, voilà. C’est dommage. Le dernier survivant parmi les parrains de Marseille sera Jacqui Lemath, méritant jusqu’au bout son surnom d’immortel. Après une vie de roman, qu’il aura vu côtoyer le gratin du showbiz et devenir un ami proche d’Alain Delon, le mat effectue quelques courts séjours derrière les barreaux dans les années 2000. Mais il ne sera jamais lourdement condamné, faute de preuves accablantes. A sa sortie de la prison de Luyne en 2005, il est attendu par la presse comme une vedette et montre tous ses talents de comédien. Je finis par croire qu’il y a quand même une justice. Il n’y avait rien dans le dossier ? Non. Qu’est-ce que vous pensez de ce jugement ? Je n’ai plus rien à dire. Vous savez, je suis de 76 ans, et je voudrais surtout qu’on me laisse un peu tranquille. Par contre, si je fais quelque chose de mal, qu’on ne me manque pas, mais je ne fais rien, madame. Il y a longtemps que je ne fais plus rien. L’immortel n’aurait en réalité jamais arrêté ses affaires illégales. Et seule la vieillesse a fini par le rattraper. Le dernier parrain s’est éteint dans son lit en 2019. Il a survécu au bar, les règlements de comptes, les condés, il a tout survécu. Le mec, c’est bien, il est mort à 90 ans. Tony Cossu, lui, malgré plus de 30 années passées derrière les barreaux, n’est toujours pas décidé à se ranger. Sa dernière arrestation remonte à quelques années à peine, après une tentative de braquage d’un fourgon blindé en Autriche. Milou a lui décidé de prendre sa retraite du milieu, il y a 10 ans, après avoir trafiqué de l’héroïne et s’être essayé au cannabis et à la cocaïne. Dans son quartier d’enfance de la Belle-de-Mais, Bonjour les jeunes. Il côtoie régulièrement ces jeunes successeurs dans le trafic. C’est à vous qu’il faut demander, parce que l’avenir vous appartient. Dans ce groupe, la plupart sont dealers ou guetteurs dans les cités avoisinantes. Ils sont tombés avec la marchandise. Pour eux, la répression n’a jamais été aussi forte, tout comme le risque de périr dans un règlement de compte. Rien qu’en 2022… Il y a eu six morts tués par balle dans les rues de la Belle de Mai. Nous maintenant, le mec il donne même 1000 euros, c’est jour sans compter. Parce que maintenant c’est devenu vraiment banal. Ils peuvent envoyer un petit de 16 ans, lui donner une mitraillette, allez vas-y. Et même les contrats c’est même plus les mêmes. Peut-être avant ils prenaient des 100 000 euros pour tuer quelqu’un. Maintenant frère, 10 000 euros, la personne est si peu sous terre. Là tu m’apprends un truc, vraiment tu vois ça me touche ça. Ça me fait quelque chose. On voit que l’époque, c’est plus la même. Parce que nous, le mec faisait des fautes. Ça n’existe plus chez vous. On le mettait tricard. Tu sais ce que c’est, tricard ? On lui interdisait Marseille. Avant de le tuer, oh là là ! On allait voir lui, on allait voir l’autre. Ses parents, ils venaient pleurer. Oh là là, c’était… Maintenant, il n’y a pas d’arrangement, quoi. Et ouais, c’est vrai que quand on sort de la maison, ont pris pour rentrer. Nos mères sont prises parce qu’elles savent ce qui se passe. On a grandi un peu dans ça, dans cette peur-là. On sait qu’à tout moment, on peut y passer. Ça, c’est vraiment triste, ça, les gars. Moi, je vous le dis, vous êtes jeunes, vous êtes beaux, vous êtes vivants, vous êtes… Essayez de vous entendre entre vous. Ne fréquente pas les crapules qui vont te tirer la kalachnikov là, comme rien là. Allez ! En 50 ans de trafic, Milou a vu les caïds des cités prendre le pas sur les anciens du milieu. Nous avons suivi ces nouveaux trafiquants qui nous ont ouvert les coulisses de leur activité criminelle. Alors que Marseille est plus que jamais endeuillée par les règlements de comptes liés au narcotrafic. Nous avons remonté les filières des marchands de mort. Essayez de comprendre comment police et justice tentent de démanteler les réseaux qui gangrènent la ville. C’est, je pense, à la lumière des éléments de ce dossier, quelqu’un qui joue un rôle important dans le trafic. Milou a fini sa carrière dans le crime, ruiné mais en vie. Combien dans la nouvelle génération pourront en dire autant ? Ce jour-là, c’est un ras-le-bol qui s’exprime contre les meurtres à répétition qui ensanglantent Marseille. Faites les passer, les bras. En 2021, Nora a perdu son fils Ryan d’une balle perdue lors d’un règlement de compte entre dealers. Il avait 14 ans. Tiens, petit. C’est le cercueil de toutes les victimes d’assassinats de nos enfants. Et j’espère que ça va bouger les choses. C’est bon, là ? 30 cercueils, 30 familles, 30 morts. Certains de ces enfants n’avaient rien à voir avec la drogue. Ils étaient juste là au mauvais endroit, au mauvais moment. On est victime. Nos enfants sont victimes d’assassinats et non de règlements de comptes. Voilà. On a… J’espère que ça… C’est symbolique, en fait, que ça touchera l’opinion publique et la justice, qu’elle nous soit rendue. À ce jour, la plupart de ces meurtres n’ont pas été résolus. Jeval Nadir, assassiné le 23 août 2018. Saoudi Yassine, assassiné le 6 janvier 2019. Rayane, 14 ans. assassiné le 18 août 2021. En moins de 20 ans, la guerre de la drogue a fait près de 300 morts à Marseille. Cette violence qui ronge une partie de la cité phocéenne ne date pas d’aujourd’hui. Tout a commencé avec la French Connection dans les années 70. Lorsque les policiers arrivent sur les lieux, le spectacle est éprouvant. Bilan, 4 morts, 2 blessés. Alors que les vieux parrains s’entretuent, dans les années 90, une autre… une autre génération de criminels en profitent pour prendre la relève. Parmi eux, Farid Berama. Dans ses années stupes, il n’a aucune pitié. Il prend les gens, il les met dans un coffre de voiture et il brûle le tout. Avec Berama, finie la vente de drogue à la sauvette. Les trafiquants installent leurs points de deal dans les cités des quartiers nord. Aujourd’hui, le trafic générerait 130 millions d’euros par an à Marseille. Pour avoir leur part, certains petits dealers se lancent en indépendant et écoulent leur drogue sur les réseaux sociaux. Tiens, regarde frérot, ça c’est la Mexicana. Les têtes elles sont comme ça. Ils livrent même en plein jour et en centre-ville. Ouais, ok. Merci. Tiens, on revient. Pour contrer cette explosion du trafic… La justice réagit en jugeant rapidement grâce aux comparutions immédiates. « En ces reprises, vous pouvez vous asseoir. Vous étiez porteur de 205 grammes de résine de cannabis et 18 grammes de cocaïne. » La drogue et les guerres qui en découlent font le jeu d’autres marchands de mort. Les marchands d’armes. « J’ai eu d’assaut Kalachnikov et tout ça. C’est pour ça qu’il y a tout le monde qui en veut. C’est la star des armes. » Depuis 20 ans, Une partie de la ville vit au rythme de ces trafics qui n’en finissent pas. C’est pas du spectacle Marseille. Marseille c’est un quotidien pour les gens. C’est ceux-là qu’il faut aller voir. C’est eux qui payent. Nous avons pu pénétrer ce monde où la vie ne tient qu’à un fil et suivre les pouvoirs publics qui mettent tout en œuvre pour combattre ce fléau. Les quartiers nord de Marseille, une alternance entre zones pavillonnaires et grands ensembles. Construits dans les années 60, afin de loger les pieds noirs de retour d’Algérie et les immigrés maghrébins. Une vingtaine de quartiers concentrent un tiers de la population de la ville. Enclavé et mal desservi par les transports en commun, il constitue une ville dans la ville. Mohamed Benmedour est éducateur, Il mène des actions auprès des jeunes et des enfants de ces quartiers. C’est très compliqué, il y a beaucoup de jeunes qui s’entretuent. Des fois c’est pour des trafics de stupes, après c’est l’histoire de vengeance. Et il y a tellement de morts que ça engendre encore d’autres morts. Et c’est vraiment le bordel. Dans les années 80, je sais qu’il y a une année où on était monté à 86 morts, quand il y a eu la fameuse guerre des… Entre le belge et Zampa, c’était plus chaud, mais les victimes, ce n’était pas les mêmes. Elles avaient déjà une certaine pédigrée dans le milieu. Là, non, en somme, ce sont des jeunes qui ont reconnu. Issus de ces quartiers qu’on peut voir qui sont complètement à l’abandon et dans un état pitoyable. C’est vraiment déplorable de voir tout ça. Il nous amène dans la cité du parc Corot, dans les quartiers nord. C’est l’une des rares qui ne possède pas de point de deal. En revanche, elle a une autre particularité. C’est souvent ici que les caïds viennent brûler les voitures qui ont servi lors de leur règlement de compte. Il y a quelques mois, il y a eu un barbecue et du coup, ils ont cramé la voiture ici. Ils effacent ainsi toute trace ADN et parfois laissent un message à leurs adversaires en abandonnant un corps à l’intérieur. Là, t’as encore les traces au sol de la voiture qui a été calcinée. Petit à petit, en 30 ans, tout s’est dégradé. En tant qu’éducateur, Mohamed a vu passer dans ses bâtiments plusieurs générations de jeunes. Il a tenté de les sortir de la spirale infernale de la violence. Ah, regarde ! Je vois les noms de ces minots là, la plupart ils sont morts. Je les ai connus petits et maintenant ils sont plus en vie. Ça fait drôle quand tu vois un peu ces surnoms, ces petits blazes là. Ça me fait drôle quoi, ça rappelle un peu des souvenirs. Sur le toit de la plus grande tour du quartier, la cité fosséenne montre tous ses contrastes. Voilà. Marseille, en grand et en réel. Notre Dame de la Garde, la bonne mère qui surplombe notre ville, qui nous protège plus ou moins. Tout le littoral qui va de la Joliette jusqu’à l’Estac. Là, tu as les bâtiments, les quartiers noirs. Tout cet amas de béton entassé au nord de la ville. C’est la plus grosse partie des quartiers à Marseille. Tout se passe ici. Dans les années 70, ces cités étaient plutôt tranquilles. A peine 20 ans plus tard, tout a basculé. Au milieu des années 90, il y a les premiers réseaux organisés qui sont nés dans les quartiers nord. Et qu’ils se sont mis à vendre à un point bien précis avec une organisation derrière. Donc avec un guetteur, avec un vendeur, un rabatteur, ainsi, ainsi. Et ça a été plus facile pour la clientèle, puisque tout le monde savait où se fournir. A cette époque, Roland Gauze est inspecteur à la police judiciaire. Il est passé par Lyon et par Marseille. Dans son travail contre la drogue… Il voit émerger un personnage qui va tout changer dans la cité phocéenne. Farid Berama, issu des quartiers nord, il est aussi proche du milieu. Berama a travaillé avec les voyous traditionnels, et notamment ceux du banditisme corso-marseillais. Il a travaillé avec eux, il a fait du business. Pendant une décennie, les affaires sont bonnes entre Farid Berama et la pègre marseillaise. Tout bascule dans le début des années 2000, quand le caïd décide de s’affranchir des vieux voyous pour monter sa propre équipe avec les gars des quartiers nord. Nelson est un ancien gérant de réseau. Il a connu la fin de cette époque où la criminalité s’est fracturée à Marseille. « Juste un mec à travailler avec des Corses. Il a fait beaucoup de choses avec eux dans les machines à sous, les trucs à l’ancienne un peu, tu vois. » Et à un moment, je pense qu’il a décidé d’arrêter de travailler avec eux pour travailler avec des Arabes et des Noirs qui étaient dans les quartiers et qui n’avaient pas un euro. Et c’est lui qui a inventé le concept. Du réseau, on va dire, tu vois. Il a juste pris des gens de certains quartiers. Il leur a avancé de la grosse marchandise, beaucoup de shit. Et il leur a dit, vas-y, tu vas mettre un point de vente là. Il a fait ça avec plein de gens. Du coup, c’est comme s’il avait fait plein d’enfants, tu vois, je peux vous dire. Comme les membres de la French Connection avant lui, Farid Berama travaille avec ceux en qui il a le plus confiance, c’est-à-dire ses copains de la cité. C’est vrai qu’il s’est entouré de jeunes… De jeunes des quartiers nord qui étaient déterminés, dévoués, loyaux, qui n’avaient pas froid aux yeux. Très vite, entre 2000 et 2006, la guerre éclate entre le milieu traditionnel et le clan Bérama. Les règlements de comptes se multiplient et la violence monte d’un cran. Le caïd veut impressionner ses adversaires. Dans ces années stupes, il n’a aucune pitié. Il prend les gens, il les met dans un coffre de voiture. Et il lance une mode tristement célèbre maintenant, qui est la mode du barbecue. C’est-à-dire qu’il met une personne dans une voiture, vivante ou déjà morte, ayant pris une balle dans la tête, et il brûle le tout. Donc on l’appelle le rôtisseur. Le conflit fait plus d’une vingtaine de morts. Le 23 mars 2006, c’est le meurtre de Trou. Les lieutenants de Bérama abattent un restaurateur qui refuse d’installer leur machine à sous. Seul problème, sa famille est protégée par la mafia corse. Au volant de son 4×4, Roch Colombani reçoit 60 balles de Kalachnikov. Il reculait devant personne. Il reculait devant personne. Et c’est pour ça qu’il a commencé un peu à déranger. L’ordre a sûrement été donné de lui faire la peau. La réponse ne se fait pas attendre. A peine 12 jours plus tard, Farid Berama regarde un match de foot dans ce bar quand une équipe de tueurs débarque. Il y a ce qu’on appelle la tuerie des marronniers. On a une dizaine de types qui arrivent dans deux ou trois voitures, qui rentrent, on aurait pu avoir dix morts, absolument. Mais ça a été plus sélectif. Ils ont tiré sur Farid Berama et sur les 2-3 collègues qu’il avait autour de lui, et on a 3 morts. Là, on comprend qu’il y a rupture entre le milieu traditionnel et les quartiers. Pour nous, c’était des exemples, ces gens. On voulait faire les Farid Berama. On voulait aussi avoir des belles voitures, tu vois. Pourquoi eux et pas nous ? Pourquoi moi, je ne pourrais pas faire ce qu’il a fait lui, en fait ? Il y a un avant et un après Farid Berama. Après la mort de Farid Berama… Le trafic de drogue se fragmente. Des dizaines de petits caïds reprennent le flambeau. Comme lui, il multiplie les points de deal dans les quartiers nord. Aujourd’hui, on en compte environ 130 à Marseille. Dans le troisième arrondissement, le quartier de Félix Piat. 3000 habitants. dont plus de la moitié vivent sous le seuil de pauvreté. Antoine a 21 ans, il a grandi dans la cité. Il tient à nous montrer que le quartier ne manque pas d’animation. On est samedi, week-end, là ça bouge un peu. Ici il y a des enfants. Il s’amuse là, ce côté, il fait des animations. Lui, c’est mon gars, lui. Lui, c’est mon gars de sel. Ça vit, ce côté, ça vit. Côté familial, le côté où il y a plus de l’argent qu’autre chose. Après, nous, on est plutôt de l’autre côté, tu vois. C’est quoi, nous, on est plutôt vers là-bas. C’est là où les choses se passent pour de vrai. C’est pour cette raison qu’Antoine a tenu à rester anonyme. Il est le gérant d’un point de deal installé dans le quartier. Après des mois de négociations avec la tête du réseau, il a eu l’autorisation de nous montrer comment fonctionne ce trafic. Son rôle est de veiller au bon fonctionnement du point de deal. Il guide les clients vers les escaliers qui se terminent en cul de sac au 4ème étage. Impossible d’aller au 5ème, il est réservé aux vendeurs. La grille lui sert de guichet et de protection. Tiens, le sang. Vas-y. Tiens. Tiens, regarde, celui-là, le sang. Ça va tard. Quoi, ça va, tiens, là ? Ouais, franchement, ouais, c’est la frappe. Tiens, je te prends le vide. Ça, c’est un barrage. C’est vraiment pour pas que la police le rattrape. C’est pour gagner du temps. Il faut qu’il ait le temps de mettre ses affaires à l’abri, qu’il se mette à l’abri lui aussi. Le jeu du chat et la souris. Et justement, les habitants, ils font comment pour monter chez eux, ceux qui habitent ? Alors, ici, c’est très facile. L’ascenseur, elle fonctionne H24. Et les habitants, ils ne se plaignent vraiment pas. Ils ne se plaignent vraiment pas. Ils utilisent l’ascenseur. On respecte tout le monde. Ils nous respectent. C’est donnant-donnant. Impossible à vérifier auprès des habitants. Nous prenons l’ascenseur pour passer du côté du vendeur au 5e étage. Je te montre, là c’est la case vendeur, là il fait son tas. Dans ce grand sachet, quelques milliers d’euros, soit le chiffre d’affaires de ce début d’après-midi. Dans l’autre, son stock de drogue. Afin que le vendeur ne quitte jamais son poste, un jeune du réseau est payé pour lui apporter à manger. Parce qu’un vendeur, ça se nourrit aussi. Ici, pas de pause. Ça va, frère ? Allez, s’il te plaît. Le jeune homme est exploité de 10h du matin jusqu’à la fermeture du business aux alentours de minuit. On essaye tous de s’en sortir. On n’a pas envie de faire ça, mais on n’a pas le choix. C’est ça, tu aimerais savoir autre chose ? Non, oui, tu es un tuerrier. Il est ici. Tu as cherché du travail dans le… Bien sûr, mais on n’en cherche pas. Manque de travail ou attrait pour l’argent facile. Deux secondes, il arrive. Ici, il est payé autour de 200 euros par jour. Bonne soirée, frérot. Une maigre rémunération comparée au risque. Il conserve l’argent et la drogue. Il réunit donc toutes les preuves du trafic de stupéfiants. En cas d’arrestation, il encourt jusqu’à 5 ans de prison ferme et 75 000 euros d’amende. Pour éviter les arrestations, des guetteurs sont postés à chaque entrée de la cité. Ils risquent la même peine que le vendeur et sont payés 100 euros par jour. Il a juste 5 lignes à regarder et la ligne principale là-bas, en face. Ici, il les voit, il prévient. Et voilà, c’est des précautions, on n’a pas ça des précautions. Il y en a un là, il y en a un au bout de la cité, au fond, à l’entrée de derrière. Il y en a un au milieu. Mais malgré tous ces dispositifs, les descentes de police sont quotidiennes. Comme sur ces vidéos tournées par un guetteur dans un autre quartier. Un vendeur tient rarement plus de deux ou trois semaines avant d’être arrêté. Des guetteurs à chaque entrée, des encombrants pour gêner la police, des cages d’escalier occupées. L’impact de ce réseau sur la vie quotidienne est une question sensible. Le sujet est tabou. Mais un jeune du quartier a accepté de nous parler de la vie à Félix Piat. Pour tous les habitants, elle oscille entre le trafic de drogue et le quotidien classique d’un quartier. Je vais te montrer le potager de notre quartier. On est le seul quartier à posséder un potager dans tout Marseille. Tu peux chercher, ça n’existe pas. Ils peuvent venir, semer leurs graines s’ils veulent, ou continuer le travail des gens qui sont déjà là. Là, tu as une citrouille. Attends, je vais vous la montrer, je ne sais pas si vous voyez. Tu la vois ? Mais c’est vrai qu’il y a deux choses qui n’ont rien à voir. Ici, il y a un potager tout bien, tout propre. Tu montes juste une étage, là, c’est la ligne des dealers. Là, ça deal, ça n’a rien à voir. Là, ça vend de la vraie verte. Ici, ça fait pousser de la verte. C’est pas la même verte. Tu pensais que ici c’est la verte alimentaire ? Là c’est la verte… Voilà. A 22 ans, H-Bad rappe la débrouille et les rêves de gros sous qui obsèdent une partie de la jeunesse des quartiers. Dans le quartier, tout le monde s’en sort comme il peut. Je ne vais pas te dire qu’il n’y a pas de travail. Il y a du travail. Il y a du travail. Il y a des emplois, si tu bouges vraiment, tu trouves. Le problème c’est qu’on a tous grandi ici. On a tous grandi dans ce quartier. Et quand tu rentres dans ce vice là, tu rentres petit. Tu rentres pas quand tu es grand. Tu vois, tu rentres petit, ça veut dire que quand tu es petit, tu n’as pas la mentalité d’aller poser un CV, ou d’aller faire ça, ou d’aller faire ça. Il y en a, ils l’ont ! C’est bien pour eux, c’est bien. Mais la plupart des gens, ils l’ont pas. Ça veut dire que le moyen le plus simple, ça sera quoi ? Tu sais qu’il y a de l’argent dans ton quartier, Tu sais qu’il y a des postes, t’as pas besoin de CV pour ça. Tu viens, tu te mets, tu fais ta mi-temps, tu prends… Son argent, ça l’aime. La plupart des gens, ils sont rentrés comme ça dans ce vice. Une jeunesse désœuvrée et autant de main-d’œuvre bon marché pour ces réseaux organisés. Des petites mains qui finissent souvent ici, au palais de justice. Avec les 130 points de deal qui gangrènent la cité phocéenne et les descentes de police quotidiennes, les tribunaux ne chôment pas. À Marseille… Sur les 2300 comparutions immédiates annuelles, près d’un tiers concerne le trafic de stupéfiants, l’infraction la plus fréquente. Vincent Clergerie est vice-président au tribunal. Au petit matin, il consulte les 10 affaires du jour, une masse d’informations considérable à intégrer. Je relis tout le dossier, donc grosso modo dans la matinée, selon le nombre de dossiers que j’ai. Mais on est sur entre 1200 et 2000 pages lues dans la matinée. Aujourd’hui, on est essentiellement sur du trafic de stupéfiants, ce qui est fréquent, puisque sur Marseille, il y a une politique publique assez forte, notamment au niveau des interventions des forces de police, depuis quelque temps maintenant, on parle de termes de matraquage, de venir harceler les points de vente, parce que les points de vente sont nombreux. Alors la justice se montre réactive. Après une garde à vue, Les prévenus se retrouvent devant le juge des comparutions immédiates. Une procédure de justice accélérée quand le procureur estime avoir assez de preuves. « Regarde, c’est repris, vous pouvez vous asseoir. » Ce jeune homme a été arrêté dans une cage d’escalier connue comme point de deal. Le président du tribunal cherche à savoir quel rôle il avait. Il le soupçonne d’être un vendeur comme celui que nous avons filmé. Les policiers précisent qu’ils vous voient au niveau du premier étage, qu’ils vous voient tenir à la main un sac plastique transparent contenant de la matière brunâtre. Ils expliquent qu’ils vont vous suivre dans les étages jusqu’au niveau du 15e étage et qu’à ce niveau-là, ils voient vous débarrasser des sacs plastiques dont vous aviez dans les mains et vous finissiez par être interpellé au 16e et dernier étage, monsieur, et vous étiez porteur de la somme de 1 600 euros sur vous, 205 grammes de résine de cannabis et 18 grammes de cocaïne. Je précise que suite à cela vont être faites un certain nombre d’investigations. D’abord une exploitation des deux téléphones, puisque vous aviez deux téléphones sur vous. Et nous trouvons dans les notes un relevé de compte qui pourrait être rattaché au réseau de stupéfiants. Et on voit une conversation sur Signal pour un travail pour livrer les stupéfiants. Son téléphone révèle encore quelques preuves supplémentaires. Concernant les feuilles de compte, monsieur, qu’on trouve sur votre portable, c’est quoi ça ? Il avait fait un copier-coller, mais ça note il y a exactement deux semaines. Alors pourquoi vous faites des copiers-coller de feuilles de compte liées au stupéfiant, monsieur ? Ça me les a envoyés, je les ai gardés. Il va falloir m’expliquer pourquoi quelqu’un qui est dans le trafic de stupéfiants vous envoie des notes… Après c’est des notes, ça ne veut pas grand-chose. C’est pourquoi ? Parce que vous êtes le gérant et qu’il faut justifier auprès de vous ? Parce que je ne suis pas impliqué dans… Si il y a des notes, ça veut dire que je suis impliqué dans des choses ? Pas forcément, monsieur. Mais moi, ce que je vous pose comme question, c’est pourquoi quelqu’un irait… alors qu’il prend la peine de tenir un compte d’un point de vente stupéfiant, irait en justifier auprès de vous. Si vous les envoie par message, ça veut dire que vous êtes le gérant et qu’il vous rend des comptes, monsieur. Je ne sais pas, je ne sais pas, je les ai gardés. D’accord, par simple curiosité intellectuelle. Pour justifier les 1600 euros en liquide trouvés sur lui, le jeune homme avance un argument que le juge entend très souvent. Donc l’argent, il vient d’où ? De l’argent. Et comment vous trouvez les mises de départ pour gagner au… Au casino, monsieur ? Je commence à faire des quotémois, je faisais petit à petit une gagne des sous, j’allais au casino ensuite. Vous êtes un chanceux, en fait. Le pourcentage des personnes qui arrivent sur une période d’un an à dégager des bénéfices dans les jeux du type Paris Match, vous savez ce que c’est ? Oui. Combien, monsieur ? Je ne sais pas. 0,5%, monsieur. C’est-à-dire que pour les gens qui jouent de manière régulière, les seuls qui arrivent à dégager des bénéfices, et vous, vous êtes extrêmement chanceux, puisque vous avez gagné 5000 euros en l’espace de 2 ou 3 semaines. Vous pouvez vous asseoir, monsieur. On va écouter M. le procureur pour ses réquisitions. M. le Président, Mesdames du Tribunal, c’est, je pense, à la lumière des éléments de ce dossier, quelqu’un qui joue un rôle important dans le trafic. Alors certes, il n’est pas gérant, mais en tout cas, le gérant lui fait confiance, puisqu’il vend, il tient les comptes, et en tout cas, il a un accès à l’argent du trafic. Donc ça le positionne quand même dans le trafic à un rôle qui n’est pas un rôle mineur, si tant est qu’un rôle soit mineur en matière de trafic de stupéfiants. Donc je vais… requérir, puisqu’il est accessible au sursis, une peine de 12 mois d’emprisonnement délictuel avec un sursis probatoire pendant deux ans, et une interdiction de paraître dans le 13e arrondissement. Et enfin, je demanderai la confiscation des scellés. Je vous remercie, M. le procureur. M. Kofano, vous avez la parole. Merci, M. le Président, Mesdames les tribunaux correctionnels. Je suis toujours très inquiet, parce que la justice peut passer à une vitesse… Très rapide comparaison immédiate, 48 heures de garde à vue, vous vous retrouvez au tribunal, vous êtes là, puis de ce coup on vous dit monsieur, votre numéro d’écrou c’est tel numéro. c’est l’inquiétude que j’ai. Et je dis toujours, je le répéterai toujours à cette part, M. le Président, que la solution lorsqu’on a quelqu’un qui compare comme ce jeune homme-là avec un cagissaire vierge, c’est peut-être l’accompagnement. C’est souvent l’accompagnement, c’est qu’il peut peut-être aussi aider ces jeunes gens, notamment de ce jeune homme-là, qui comparaît devant vous aujourd’hui. Le Président et ses assesseurs se retirent pour délibérer. En quelques minutes, la décision est prise. Le tribunal, avant de prononcer sa décision, aimerait vous poser une question. Est-ce que vous accepteriez de faire un travail d’intérêt général, c’est-à-dire un travail pour la société sans être rémunéré ? Oui. Oui ? Dans ces conditions, monsieur le tribunal vous déclare coupable des faits qui vous sont reprochés. En répression, il vous condamne à une peine de 12 mois d’emprisonnement, intégralement assortie d’un sursis probatoire pendant 24 mois. Son casier judiciaire est vierge. Le tribunal a décidé de lui laisser une chance. La balle est dans votre camp. A vous d’en faire ce que vous voulez, monsieur. Vous avez éventuellement 10 jours pour relever appel de cette décision. Ce jour-là, moins d’une dizaine de condamnations sont prononcées. Étonnamment, certains de ces jeunes n’ont pas grandi dans les quartiers nord. Ils viennent aussi d’autres régions comme l’île de France. Ils ont été arrêtés par la police près de Point de Dille, dans le cadre de la politique pénale défendue par Dominique Lorenz, la procureure de Marseille. Au fur et à mesure où nous on agit sur le bas du trafic, les guetteurs, ceux qui revendent, etc., ça devient de plus en plus compliqué aussi pour eux de recruter. Ça devient plus difficile d’accéder à certains points. Ça devient plus compliqué de faire le chiffre d’affaires tel qu’on avait l’habitude de le faire. Si vous voulez, au fur et à mesure… On voit bien que ce qui était facile, c’est-à-dire on recrute facilement sur les quartiers de Marseille, c’est fini. Il faut faire venir des gens de l’extérieur. Ce qu’on veut effectivement, c’est que les petits jeunes qui viennent de l’extérieur se rendent compte qu’ici, à Marseille, il y a une politique pénale qui consiste à les faire déférer, passer devant le tribunal. est condamné à des interdictions de se représenter sur Marseille et des interdictions de paraître, en plus de la peine. Vous me direz, c’est pas grand-chose, mais pour nous, à chaque fois, on essaye de marquer le terrain. Une politique qui semble montrer ses premiers effets. En deux ans… Le nombre de points de deal est passé de 156 à 127 selon la préfecture de police. Une chute de 20%. Mais là encore, les trafiquants s’adaptent à la situation. Pour tenter d’échapper aux descentes de police, des dealers ont choisi de travailler en solitaire loin des réseaux organisés. Il se fait appeler Baba. Il a 22 ans et a monté sa propre affaire. Sous cette trappe… On évite de cacher à la maison, je suis réchauffé. Son précieux trésor. Il paye un loyer pour y cacher sa marchandise. C’est ce qu’on appelle un appartement nourrice. On n’est pas du tout chez moi. C’est une adresse qui n’a rien à voir de chez moi, rien à voir de mes amis. Donc c’est impossible de me remonter ici. Tu as les deux sacs de 100 grammes encore fermés. Là, tu as de l’amnée, 100 grammes. Et là, tu as 100 grammes de Jamaica. Donc, moi, en général, je la paye entre 350 et 400 euros pour les 100 grammes. Et j’essaie de tirer 800 avec. C’est pas grand-chose, mais ça permet de payer l’essence, payer des factures. De profiter un peu, de sortir, de boire un coup. De l’argent de poche parfaitement illégal. L’herbe de cannabis, c’est l’un des produits les plus consommés en France. En 2021, la police en a saisi près de 40 tonnes. Pour écouler sa marchandise, Baba n’a pas besoin de cash d’escalier ni de vendeur, mais juste de son téléphone et des réseaux sociaux. Tiens, regarde, frérot, ça, c’est la Mexicana. Les têtes, elles sont comme ça. Là, j’enverrais ça à un client. Ça dure autant qu’il voit le truc avant, et dès que je suis de pointe, c’est carré, il sait déjà c’est quoi. S’il se fait prendre avec son stock, Baba risque 5 ans de prison. Alors quand il part livrer… Il ne prend que le strict minimum. Il fait ainsi tomber son risque pénal à 150 euros d’amende. Et voilà, là, on va prendre que ça, frérot, puisque les 2 vins, c’est pour des clients sûrs. J’ai un peu de truc dans la voiture. Au moins, en cas de contrôle, tu as juste quelques trucs sur toi, donc tu risques beaucoup moins que si tu te trimballais 100 grammes dans la voiture, quoi. Pour le moment, on a une petite livraison pas trop loin. Moi, je suis en règle, je suis assuré, j’ai ma carte grise, j’ai mon contrôle technique, il n’y a pas de problème. Pour Baba, hors de question de se faire arrêter, il a d’autres projets pour l’avenir. Je suis étudiant, je suis un master de finance. Et à côté, je fais mon petit billet. Je ne suis pas un vendeur de drogue, je ne me considère pas dans cette catégorie. Je suis juste là pour faire mes sous jusqu’à la fin de mes études. Et une fois que ce sera fini, on ne comptera plus sur ça. S’il ne part pas en prison, il devrait alors abandonner ses études. Pour le moment, il attend ses clients sur les parkings des fast-foods. C’est discret, il y a du monde. Plus il y a du monde, mieux c’est. Ici, je peux attendre un collègue qui est parti commander à manger, je peux juste être posé, fumer une cigarette. Ils n’ont aucune question à se poser. Viens, frère. Tranquille. Bon. Carré. Baba passe d’un parking à l’autre. Pour éviter de se faire braquer, il accepte rarement de nouveaux clients. Il les connaît tous. Je suis promis, je crois. Ouais ? Merci. Ciao, procheur. Il y a un point sur lequel le jeune homme fait très attention. Toujours rester sur un territoire neutre, c’est-à-dire qui n’appartient à aucun réseau organisé. Ça marche pas comme ça, ici. Tu peux pas rabattre les clients des réseaux. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que c’est leur clientèle. Tu touches à leur pain, tu touches à leur sou. Ils aiment pas ça. La première fois, il va te le faire comprendre. La deuxième fois, ça peut partir loin, tu vois. Là, on a fait 50 euros, Baba. En une heure. C’est pas grand-chose, tu vois, mais la soirée n’est pas finie. C’est ça, 50. On a fait 2 clients à 20, 10. Tranquille. 50 euros en une heure, Baba assure que ça lui suffit, qu’il n’a pas besoin de plus pour vivre. Seulement le jeune homme va finir par céder aux sirènes de la tentation et ça va lui coûter cher. A Marseille, les points de deal sont surnommés les charbons. Tous fonctionnent de la même manière. Il y a les guetteurs, les vendeurs et surtout le gérant, l’homme de confiance du réseau. Ça, c’est des pains de 1 kg. Il s’appelle Zach, il a 21 ans. Chaque semaine, des kilos de drogue passent entre ses mains. Il y a 2000 euros ce kilo, 10 plaquettes de 100 grammes, donc 200 euros par plaquette. On va devoir en tirer 500 euros par plaquette. On va prendre une plaquette, commencer à la découper. Exemple, celle-là, je vais faire des 10, celle-là, je vais faire des 30, celle-là, des 50. En ce début d’après-midi, ces équipes ont déjà écoulé le stock de drogue de la journée. Le point de deal est à l’arrêt. Avec 130 réseaux dans la ville, la concurrence est féroce. Zach doit faire vite. Aujourd’hui, ça a un peu plus marché que d’habitude. Du coup, on va pouvoir faire un peu les choses pas prévues rapidement. Les clients, ils attendent, là ? Ils essayent de faire patienter le maximum. Il y en a qui se lassent. Bon, ils veulent même pas attendre 2 minutes. Ils sortent du quartier, ils vont dans un autre en face, ils vont trouver. Si Zach est gérant, c’est parce que le grand patron du réseau lui fait confiance. Pour la conserver, il doit s’assurer que tout fonctionne. C’est moi qui dois faire en fait que tout le réseau tourne. Si ça tourne pas, c’est ma faute. Si tout le monde n’est pas à sa place à l’heure, que ça ne vend pas au moment où ça doit vendre, qu’il y a n’importe quel problème, c’est à moi de le résoudre. Tu copies les codes de l’entreprise un peu ? C’est à peu près pareil. Les employés, c’est éditeurs, vendeurs, habitateurs. Après, on va dire au manager, c’est le gérant. Et après, il n’y a pas de francs. Les gérants sont aussi chargés de récolter l’argent. Des sommes pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. Ils suscitent la convoitise et sont la principale cible des attaques armées entre bandes dans les quartiers nord. Zach ne sort donc jamais sans son arme. Si j’ai pas ça, je vis plus. Une arme pour défendre son territoire, mais aussi pour attaquer ceux des autres. De longue date, à Marseille, les fusillades défraient la chronique. Mais avec les années, les tireurs et les cibles ont beaucoup évolué. C’était des vrais règlements de compte. Ça se liquidait dans le milieu et pas entre minots de quartier. Avant, quand tu te faisais flinguer, c’est que tu avais fait quelque chose quand même assez de grave et que tu avais déjà un gros parcours derrière toi. Maintenant, ça se tue pour un oui, pour un non. C’est devenu banal, c’est ça qui est grave en Marseille. Le 19 novembre 2010, la cité du Clos de la Rose entre tristement dans l’histoire. Un jeune guetteur de 15 ans, Jean-Michel, est abattu de sang-froid. C’est la première fois que la guerre de la drogue coûte la vie à un adolescent. Tous les jeunes de la cité sont marqués à jamais. Là je vais vous montrer là où le petit jeune il est mort, le pauvre. 2010, on n’a toujours pas oublié. Il est mort juste là, la plaque elle est juste là. Cette plaque c’est en son honneur quoi, on ne veut pas l’oublier moi ce petit jeune. Il est mort d’une guerre terrible. C’est sanglante. Jean-Michel n’était pas visé in persona, mais on n’en voulait pas à Jean-Michel. Mais on a trucidé le guetteur du plan. Et derrière, un coup de rafale sur le numéro 41. Une rafale qui là ne vise personne en particulier. Elle vise l’immeuble. Mais là, on a un gamin qui rentre avec des pizzas. qui est avec sa sœur, ce gamin à 11 ans, le petit Lenny, qui le laisse pour mort au début, mais heureusement, il va s’en sortir. On vient donner un signal fort en disant, maintenant, ce plan, il va être à nous. Moi, c’est simple, ma mère, depuis tout jeune, elle me sort cette histoire pour me faire peur par rapport au trafic. C’est pas de la rigolade, vraiment. Je n’ai jamais à l’abri. Ça a été une onde de choc un peu dans la ville parce que c’était le premier gamin réellement qui mourait dans ces histoires de fusillade. C’est vrai que ça a été choquant, puis en fait ça a explosé encore depuis et c’est devenu pire qu’en 2010. On est 12 ans après les faits, c’est devenu pire. Ça n’a pas de mots, ça. Ça n’a pas de mots. Ça n’a pas de mots et c’est pour ça que je me bats un peu pour aider ces jeunes-là parce que j’ai peur qu’ils finissent… allongé sur le trottoir. Car aujourd’hui, les armes parlent quasiment tous les jours. Les différentes guerres qui émaillent l’Europe depuis des années, comme celle des Balkans, et maintenant l’Ukraine, apportent aussi leur lot de morts à Marseille. En 2022, douanes et polices ont augmenté leur saisie d’armes de 80%. Un record. Fusils d’assaut et autres armes de poing passent les frontières. Elles se retrouvent entre les mains de revendeurs. Cet homme est un marchand de mort. Il y a toujours eu des armes à Marseille, mais là c’est monté un peu crescendo. Il y a beaucoup d’argent qui circule. Forcément les gens ils ont besoin de se protéger, protéger leur business, se faire un peu respecter. Il y a vraiment des hommes partout. Les clients de ce trafic en d’armes vont du petit dealer jusqu’aux membres du grand banditisme. Petit automate. 7,62. Ça c’est les petits dealers qui t’achètent des trucs comme ça pour se tirer dans les pattes. Parce que tu tues quelqu’un à bout portant, mais de loin on ne sait pas trop précis aussi. Ça, ça vaut entre 1 500 et 2 000. Les armes anciennes bon marché sont particulièrement appréciées des plus jeunes. Maintenant ils veulent tous être armés, ils ont les jeux vidéo dans la tête, ils veulent tous être armés maintenant. C’est de plus en plus jeune que ça commence. C’est devenu pire qu’avant en fait, maintenant. Ces armes de petit calibre sont souvent issues de cambriolages dans des armeries françaises ou chez des particuliers. Mais les armes lourdes, elles, sont arrivées dans les années 90, après le conflit en ex-Yougoslavie. Des réseaux de trafic entre le Kosovo, la Serbie et les banlieues françaises sont régulièrement démantelés par la police. Fusil d’assaut, Kalachnikov et tout ça, c’est… Bon ça, y’a tout le monde qui en veut. C’est la star des armes. Oh là ! Elle est là. La fameuse Kalachnikov. Donc ça, c’est plutôt un truc qui vient des… Ex-Yougoslavie, Serbie. C’est ce qui vient des Balkans, ça. C’est des armes qui viennent de la guerre, ouais. Peut-être que celle-là, elle a même fait la guerre. Ouais, c’est possible. Ça, c’est… Quand tu tires une balle, il y a deux morts. Ah ouais, quand tu tires une balle avec ça, il y a deux morts. La plupart des règlements de compte qu’il y a eu à Marseille, ça a été avec ça. Voilà, ils se mettent à plusieurs pour acheter, parce que ça ne s’est pas donné. Ça, ça vaut entre 4 et 5 000 euros, ça vaut. Donc forcément, il faut avoir un peu les moyens. Et le fait que ces armes servent à tuer, c’est quoi ta position par rapport à ça ? Moi, honnêtement, je ne fais pas trop d’états d’âme, je fais du business. Donc forcément, si je commence à regarder ce qu’ils font avec, je vais vite arrêter. Il ne faut pas avoir trop de sentiments. Pour le trafic d’armes, il risque 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende. Jusqu’à 10 ans si l’une de ces armes est impliquée dans un homicide. Des voyous de cité devenus les nouveaux parrains de la ville, qui tirent à la Kalachnikov en pleine rue. Des règlements de comptes en augmentation constante, malgré les 2300 trafiquants arrêtés en 2022. Et pour cause, les prisons ne sont pas totalement étanches. Certains chefs de réseau arrivent à gérer leurs affaires depuis leurs cellules. Pour communiquer avec l’extérieur, ils font appel à des petites mains. Nicolas a 18 ans. La journée, c’est un lycéen comme les autres. Mais après les cours, le jeune homme change de visage. Il devient Grenouille, son surnom dans le milieu. Ça, c’est les petits tels qu’on va faire rentrer ce soir en prison. Je les enlève des boîtes pour faire le plus petit truc possible. Et après, je les emballerai pour pas qu’ils se cassent quand je les jette. Là, ils valent 10 euros dehors, 10 euros unités dehors. À l’intérieur, ils peuvent aller de 150 à 250 selon les prisons. Des téléphones comme ceux-là, Grenouille peut en faire rentrer jusqu’à une dizaine par semaine. Les éponges, c’est pour protéger les téléphones. Quand ils vont être jetés, vu que c’est généralement loin et un peu haut, s’ils tombent d’un coup, ils vont tous se casser. Donc du coup, on met des éponges pour protéger. On prépare ce qu’on appelle une boule pour après les faire rentrer. S’ils tombent, ils ne seront pas abîmés. Ça rebondit, peu importe comment. Et après, voilà. Et si ce n’est pas assez lourd, je mets quelques pierres là, je les emballe. Et après, ce sera plus lourd pour les jeter. En plus des téléphones, Grenouille fait entrer de la résine de cannabis, une denrée très recherchée derrière les barreaux. C’est ça, c’est le moyen d’échange là-bas. C’est le moyen de survie, on va dire pour eux. Donc là, t’es attendu, là ? Ouais, je suis attendu, là. C’est moi qui vais avoir leur shit, soit pour fumer, soit pour revendre. Le jeune lycéen dépose sa signature afin que le colis soit remis à la bonne personne. Je vais le mettre avec le cheat. Au moins, quand il va le récupérer, on va mettre le petit mot et un petit oeil comme ça, histoire de prouver que c’est bien moi qui l’ai fait rentrer. Je vais le mettre dans le collier, comme ça. Ici et ça ici. Voilà. Au moins, quand il va rentrer, tu auras tous les problèmes. Dans son sac, Il transporte 100 grammes de cannabis et 5 téléphones portables. Ils lui ont été apportés par des proches des détenus. Lui n’est chargé que de les lancer par-dessus les murs de la prison des Beaumettes. S’il se fait attraper, il risque de rejoindre ses clients. Jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Les alentours de la maison d’arrêt des Baumettes sont particulièrement surveillés. Impossible de suivre Grenouille sans le faire repérer par les gardiens. Mais le lancer ressemble à ces images. Filmé il y a quelques années autour d’une autre prison. Une semaine plus tard, nous retrouvons Grenouille sur la plage du Prado, dans les quartiers chics de Marseille. Ca s’est bien passé, il a tout reçu, il m’a envoyé quelques vidéos pour te montrer un peu. Je te les ai montrées là. Bah ça c’est la vidéo que j’ai reçu de ceux qui sont… Celui à qui j’ai lancé, donc il y a tout le shit qu’on a lancé. Là on a la signature Grenouille, mon surnom, et le petit œil qu’on avait préparé juste ensemble. Donc là il filme l’intérieur, quand il a tout reçu. On a bien reçu la marchandise. Voilà, les cantines, la cellule. Ça, c’est les téléphones qu’on a emballés. C’est les mêmes téléphones qu’on emballe et qu’on fait rentrer en prison. Ils sont assez petits, c’est facile à cacher. Donc c’est pratique pour eux. Pour chacune de ces sorties, Grenouille gagne entre 200 et 300 euros. À quoi vont servir ces téléphones ? Le lycéen préfère encaisser son argent et fermer les yeux. Je fais de mal à personne. Je rends service, en contrepartie j’ai mes sous. Eux, ils ont leur téléphone, ils l’utilisent pour se brancher avec dehors. Donc après, sa famille, faire rentrer son shit. Des personnes comme moi, en gros. Et après, il y a aussi, ouais, continuer à s’occuper de leurs affaires une fois à l’intérieur. Continuer à tenir leur terrain, en gros. Grenouille vit son activité comme banale, presque insouciante. Il n’a encore jamais eu affaire à la police. ni à la violence inhérente à ce milieu. Ce n’est pas le cas de Baba, l’étudiant qui livre de la drogue avec sa voiture sur les parkings de Marseille. Lorsque nous le retrouvons, il n’est pas tranquille. Il s’est fait voler 3 kilos de cannabis achetés à crédit. Il devait les revendre le double, Mais au lieu de cela, il se retrouve endetté à hauteur de plusieurs milliers d’euros. Ce qui s’est passé, c’est qu’ils m’ont pété le box et ils m’ont enlevé les affaires que j’ai posées là-bas. Et donc du coup, là-bas, j’avais laissé 3 kilos, frérot. Ça m’était revenu à 10 000 euros. Donc à la fin, je me suis retrouvé endetté de 10 000 euros pour les affaires que je n’avais pas encore vendues. Et donc à la fin, des mois de travail pour rien. L’étudiant vit dans la peur. S’il tarde à rembourser, il risque une mise à l’amende, comme on dit dans le milieu. Alors forcément, c’est l’escalade. Quand tu dois des sommes comme ça, on va dire, dans ce milieu-là, tu es obligé de refaire des conneries et du coup, c’est un engrenage. On devient parano, tu es obligé de prendre des machins sur toi, pour toi. Tu es obligé de prendre des outils sur toi. C’est malheureux. Dans cette ville de bâtards, quand tu es gentil, les gens ne sont pas gentils. Toi, tu t’attends à la gentillesse, mais les gens ne sont pas gentils. Ça veut dire que si tu leur montres les dents en premier, ils sont plus corrects. Et bizarrement, c’est malheureux, mais ils sont plus corrects aussi. Finalement, Baba a pu se faire aider de ses cousins pour rembourser sa dette. Il a eu de la chance. Dans le trafic de stupéfiants, 10 000 euros peuvent coûter la vie. Depuis des décennies à Marseille, cette violence frappe tous ceux qui s’approchent du milieu de la drogue. Déjà en 1981, le juge Pierre Michel a été assassiné pour avoir voulu mettre un terme aux activités de la French Connection. Aujourd’hui, c’est dans une salle d’audience qui porte son nom que la justice tente une nouvelle approche. Le procureur Damien Martinelli a convoqué une trentaine de consommateurs. Mesdames, messieurs, bonjour. Vous êtes ici parce que vous êtes consommateur. Vous êtes consommateur de résine de cannabis, de cocaïne pour certains d’entre vous. Alors vous avez été interpellé, contrôlé. À proximité de cités qui vendent des produits stupéfiants et où des drames se produisent très régulièrement, l’objectif c’est d’essayer de contribuer à une forme de prise de conscience. Les décès, en lien direct avec les trafics de stupéfiants, je parle des homicides, depuis 2009, sur Marseille, c’est 252 décès et 185 blessés. Alors derrière ces chiffres, il y a des réalités individuelles. Le 9 juillet 2021, parmi les exemples tragiques, on est à Septem-les-Vallons, c’est une adolescente de 17 ans qui n’a rien à voir avec le trafic de stupéfiants. Elle vient d’avoir son bac, c’est le début de l’été, et elle est fauchée par une rafale de Kalachnikov. Le 18 août 2021, on est à la cité des Marronniers. C’est un adolescent de 14 ans qui est tué au pied de son immeuble. La violence, c’est aussi celle qui s’exerce sur les petites mains des réseaux. Il y a un jeune qui était venu travailler, entre guillemets, à Marseille sur un plan de trafic de stupéfiants. Parmi les sévices qu’il a subis, il y a notamment eu des brûlures au chalumeau sur ses testicules. C’est ça la réalité du fonctionnement des plans de stupéfiants sur lesquels les consommateurs viennent… se ravitailler. Tout ça, c’est pour vous, pour votre argent, pour ce que vous représentez collectivement en termes de chiffre d’affaires, pour l’ensemble des réseaux de trafic de stupéfiants. Vous êtes les objectifs de ces réseaux. Vous avez une part de responsabilité parce qu’au final, c’est votre argent qui est au cœur de ces conflits. Aujourd’hui, c’est un avertissement clair qui est donné et que si… De nouveau, vous continuez à être acheteur, consommateur, vous le faites en pleine connaissance de cause dans ce qui se passe autour du trafic de stupéfiants. Les prévenus doivent encore payer une amende. Ceux qui ont été pris au volant sous l’emprise de stupéfiants auront en plus une suspension de permis de conduire. A Marseille, les initiatives se multiplient pour trouver des réponses à ce drame de la drogue qui engloutit toute une génération. D’un côté, des jeunes qui tombent dans les addictions. De l’autre, les populations les plus précaires qui doivent vivre avec les réseaux de trafiquants. C’est ce que nous explique la procureure Dominique Lorenz. Tant qu’on n’est pas sur place, immergé. C’est impossible pour quelqu’un qui vient de l’extérieur de comprendre ce qui se passe ici. Ce n’est pas du spectacle Marseille. Marseille, c’est un quotidien pour les gens. C’est ceux-là qu’il faut aller voir. C’est eux qui payent. C’est eux qui le payent. C’est eux qui ne voient pas les travailleurs sociaux parce qu’ils ne veulent plus rentrer dans les cités. C’est eux qui n’ont plus de courrier à la poste parce que brutalement, la poste, ils ont décidé de ne plus aller livrer le courrier à la paternelle. Parce que voilà, tout le monde a peur. C’est les pompiers qui sont obligés de lutter tous les jours pour être sûrs de pouvoir accéder en cas de feu, etc. Quand vous voyez l’état des cages d’escalier et tout, c’est ça quoi. C’est quelque chose qui fait mal quelque part à la conception qu’on a de notre pays, de notre démocratie. Si vous voulez, moi, ce qui se passe, c’est… C’est la négation même de ce pourquoi on vit dans ce beau pays.
38 Comments
Finalement les flics n ont jamais été à la hauteur face aux voyous de Marseille
lol Le mec il vend du stupéfiant, mais sinon il se considère pas comme trafiquant.
Très bon reportage 😁🙏👍.
Vendeur de mort Milou il passe dans tous les merdias fière comme tous, incroyable
Gaston d'enfer,toujours tranquille comme la plupart des élites, comme l'avion air cocaïne que Sarkozy a utilisé plus d'une fois, une juge essayé de inculpé, mais n'a jamais réussi malheureusement
Tout a basculé avec la diversité
40 ans de conneries
MDR depuis quand un paquebot transporte des conteneur????
Mort de rire 😂des ex trafiquants responsables direct de la mort de gosses responsables direct de parents qui subissent la déchéance de leurs progénitures, des raclures de bidet style le fameux Milou qui roule des mécaniques aujourd’hui heureux retraité de la french connexion. Si il y avait une justice cette merde et les autres du même acabit style l’ancien braqueur aujourd’hui ferait profil bas. Malheureusement on offre à ces ordures la possibilité de plastronner au mépris de tous ceux qu’ils ont détruits alors que dans une société qui se respecte la seule chose qu’ils méritent c’est notre mépris 🤮
🎴🐉☄️👊🏾🏮 à la Fantômas .. legaliz it
Milou ta vendu et cautionné la mort avc ton heroine soit pas fier et repend toi
Qd a la racaille Se prétend croire en Dieu avoir peur de Dieu mais ça les empêche pas. Quelle connerie
Lrs blaireau du quartier 😊😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂
Vive Barcelone ❤
Il a du mal parlé le condé 😂
Faut dire que le pavot provenait d’Indochine française et pas de Turquie et qu’après plus rien 😊
Les paquets atterrissent dans la cour pendant la promenade et ça passe crème 😑
Paix sociale pour les gardiens ?
Les voyous de cette époque de la french emmerder pas la population cette jeunesse me fait vomir
1:33:52 1:33:59
50 ans d argent dépensé pour rien !!à part la police qui agit y a personne il faut augmenter le nombre de policiers .Et arrêter les "beaux discours"….
Vraiment affreux !!
Il n'y a pas de quoi être fier….
Pauvre France
Des comique c’est flic
Hiver 70 ,Marcel Petrussian..
Ils sont où les fashlar qui mettent toutes la criminalité et misère de la france sur le dos de l'immigration ou de la gauche?😂
C'est juste une question de génération et de monopole si ont expulse tout les "etranger" de la france le bisness sera repris par des "français pur souche".
Aller travailler comme tout le monde haa et tu restera vivant
Mettre la legion rasé tout les quartiers
Ont'pouvez'pas'les'degomer'les'beaux'mecs'''car'ca'marcher'avec'gaston'''les'autres''''oui'les'politiquos'''
Sans'etre'proteger'''ont'les'aurez''''elliminer''''zampa''etc'''le'jour'ou''il'genner'''la'corde'au'coup😊
Qui aide les gens dans les quartiers ? l'état ? surement pas. C'est les dealers, et on ne chie pas dans la main qui nous nouri
me rappelle je devais avoir 12 ans environ j allais m amuser dans la villa des Césari sa fille était à l école avec moi et on s entendait très bien…quand j ai vu ensuite à la télé que un labo clandestin de drogue se cachait là!!!!!!!j était resté scotché .tout les jeudis on était dans cette villa et on a jamais rien remarqué de bizarre .
Bravo la French Connexion 🎉❤
L’état a les moyens d’arrêter tout ça mais le trafic est le premier employeur de France. Le marché de la drogue représente un pourcentage du PIB. on sait très bien que les dirigeants et les gens du showbiz en consomment
Front National SVP
50 de laxisme envers les trafiquants
M
Quelle hypocrisie !
Quand c'est des blancs, c'est glamour etc…
Et quand c'est des bronzés c'est "oulalalaa c'est scandaleux, y en a marre blablabla".
Pourquoi l'État ne fait pas intervenir l'armée directement dans les cités pour éradiquer une bonne fois pour toute le narcotrafic il faut déclarer le pays en guerre est autorisé la loi martiale