Les excès du climat frappent de plus en plus durement le monde agricole. En 2022, la sécheresse crée un véritable électrochoc dans la vallée de la Drôme. Nathanaël Coste, géographe de formation, enquête chez des agriculteurs bio et conventionnels pour qui le temps de l’adaptation a déjà commencé. Sur le terrain, les approches diffèrent, qu’elles reposent sur les technologies, les stockages d’eau, la gestion des sols ou l’agroécologie. Alors que la moitié des fermes va changer de main d’ici dix ans, le film questionne agriculteurs et chercheurs sans à priori pour repenser notre façon de produire et construire la résilience alimentaire d’un territoire.
97 mn – HD – 5.1 – DCP – Visa
Production et distribution : Kamea Meah
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Depuis quelques années, mes voisins agriculteurs en bio
ou en conventionnel cherchent à s’adapter
au dérèglement climatique… Avec chacun leur stratégie. Mais la sécheresse record de 2022
a tout remis à plat. En tout cas le ruisseau,
il ne coule presque plus. Tu as ta culture, tu las voit crever… Ça te prend aux tripes,
la flotte c’est très très compliqué. Dans dix ans ce qu’on va produire,
j’en ai aucune idée… Un de mes deux garçons voudrait
reprendre la ferme, je ne sais pas si je l’encouragerais. On imagine même changer
la ferme un jour peut-être… Dans nos débats, on dit
“On changera de culture s’il le faut”. Sans eau, les poireaux ça va pas trop le faire… Et ils n’annoncent aucune pluie,
période de canicule, on va monter à 37 degrés. C’est ambiance… Ambiance quoi. Alors est-ce qu’on valide que cette région n’est plus adaptée
pour produire des fruits et légumes ? C’est compliqué. Le sujet c’est :
qu’est ce qu’on peut produire sans eau ? Résilience alimentaire,
ce n’est pas uniquement l’idée de comment être capable
de faire face à des aléas, C’est comment reprendre
un peu de pouvoir sur le système, comment reprendre la main sur son système. C’est la l’intérêt de remettre les citoyens dans une capacité de réfléchir et de savoir : ” comment ils veulent manger demain “,
mais derrière ça, c’est ” comment ils veulent faire le monde “.