Conférence organisée par UbiDEM, avec Henri Wallard, ancien haut fonctionnaire et docteur en apprentissage statistique.
Auteur de « Mensonge d’État-Imposture écologique » (Ed. Fayard), il est l’ancien directeur général de l’ANDRA, et dirige aujourd’hui NewCovalence, société de conseil spécialisée dans l’énergie. Il s’exprimera sur la thématique suivante “Qui aurait-pu prédire” ? Science, expertise et action publique face au changement climatique.
Annoncé comme le « combat du siècle », l’engagement écologique en France suivrait un agenda ambitieux « guidé par la science » selon les déclarations du chef de l’État. Alors comment cette petite phrase « qui aurait pu prédire », prononcée par le Président de la République à propos de la chaleur de l’été 2022, est-elle devenue un sujet d’examen pour l’INSP et le titre de cette conférence ? Henri Wallard proposera un diagnostic et des pistes pour réparer le lien dégradé entre science, politique et société, ainsi que pour remettre la transition écologique au cœur de l’État.
La conférence s’inscrit dans notre nouveau cycle de conférence intitulé « La recherche impliquée : nouveau fondement de l’action publique ? »
Euh mesdames, messieurs, bonsoir. Nous sommes raviso chartiptier et moi-même Du d’ouvrir le cycle conférence 2025-206 du département droit économie management de l’ONS de Rennes. Celui-ci dédié à l’entreposen est né d’une volonté de renouveler les pratiques de la recherche couramment admises dans l’univers académique français, plus particulièrement dans nos disciplines que sont le droit, l’économie et les sciences de gestion. Donc cette année, nous allons au cours de ce cycle de conférence questionner la capacité de la recherche à constituer un nouveau fondement à l’action publique. Alors avant de donner la parole à notre premier intervenant qui nous fait le le plaisir et l’honneur d’arriver à Renn, nous voulions un petit peu expliquer notre démarche avec Malo et donc vous présenter un petit peu plus le cycle qui s’annonce au cours de l’année. Alors notre démarche parle d’un constat celui de l’existence de défaillance au sein de l’action publique. Le 21e siècle fait face à des défis socio-techniques de porté mondial auquels les réponses apportées par nos pouvoirs publics sont souvent assez insuffisants. L’urgence climatique, les risques pandémiques, la nécessaire régulation de l’intelligence artificielle sont ainsi autant d’enjeux qui obligent à repenser les modèles de société pour conserver et poursuivre les avancées de ces dernières décennies. Face à ces enjeux, nous sommes nombreux et nombreuses à vouloir que la recherche occupe un rôle structurant dans les choix d’orientation mis en œuvre. Cependant, forcé de constater que cette volonté se heurte malheureusement souvent à un dur sentiment d’impuissance. Nous les étudiants des écoles normales supérieures, nous avons l’intime conviction qu’aussi bien dans les évaluations des politiques publiques que dans l’élaboration de celle-ci que la recherche peut avoir un rôle à jouer. À la lumière de ces enjeux, la promotion d’une recherche dite impliquée semble pertinente. En effet, fort des travaux du chercheur en épistémologie et éthique des sciences comportementales, Léo Coutel, il semble primordial pour réhabiliter le lien entre politique et savant que la science assume son rôle et sa responsabilité sociale. Il s’agit dès lors de favoriser le développement d’une activité scientifique orientée vers des thématiques à fort potentiel pour la société et ainsi éviter une production de savoir fragmentaire et déconnecté des besoins du corps social. La recherche impliquée a ainsi pour ambition de d’entrer en en interaction avec la société afin d’élaborer collectivement des pistes de réponse aux grands problèmes auxquels l’époque nous confronte. Mais avant tout, je laisse peut-être Malo vous présenter un peu plus en détail comment la le cycle va se construire toute pendant cette année scolaire. Le micro fait un petit peu de bruit, je vais remonter. Voilà. Alors en effet, le droit, le management et plus largement l’ensemble des sciences sociales se trouvent aujourd’hui en interaction avec d’autres champs d’études dans les processus de décision, de régulation et d’innovation publique. C’est pourquoi ce cycle de conférence mise en place au sein du département DEM propose de s’appuyer sur le rapport sur la recherche impliquée rendue par l’association d’élèves normaliens Efficiencience et d’explorer cette démarche de recherche impliquée spécifiquement dans nos trois domaines d’études. Nous vous invitons d’ailleurs à consulter ce rapport particulièrement riche. Au fil de plusieurs rencontres réunissant chercheurs, praticiens et acteurs institutionnels, nous analyserons les conditions de production d’une recherche pertinente pour l’action publique, notamment son ancrage scientifique, sa capacité à traduire des réalités complexes et sa légitimité politique et sociale. Nous interrogerons également les tensions entre expertise et décision politiques ainsi que les défis méthodologiques posés par l’interdisciplinarité. En mettant en lumière ces réflexions, ce cycle visera à mieux comprendre comment la recherche peut constituer non seulement un outil d’éclairage, mais également un fondement critique et créatif de l’action publique d’aujourd’hui et de demain. Ce soir, pour ouvrir ce cycle, nous avons le plaisir de recevoir monsieur Henry Wallard. Monsieur Wilard, vous êtes docteur en apprentissage statistique, ancien élève des mines et de l’École polytechnique. Vous avez été directeur général de Landra, l’agence nationale des déchets radioactifs, puis directeur général délégué d’IPSOS où vous avez notamment dirigé à l’échelle mondiale les études d’opinion publique et électorale ainsi que l’analyse des réseaux sociaux. Vous êtes aujourd’hui directeur général de New Covalence, une société de conseils spécialistes dans l’énergie et vous avez récemment publié chez Fire un ouvrage intitulé mensonge d’État imposture écologique. Monsieur Wallard, nous vous remercions d’avoir accepté notre invitation. Ce soir, à partir d’une petite phrase qui aurait pu prédire prononcée par le président de la République durant l’été 2022, vous allez nous présenter des pistes de réflexion pour réparer le lien dégradé entre sciences, politique et société en matière de transition écologique. Nous vous laissons désormais la parole et nous vous souhaitons à toutes et à tous une excellente conférence. Bonsoir. D’abord, merci beaucoup de cette invitation. Euh, j’avais beaucoup entendu parler de l’École normale supérieure de Rennes et je n’étais jamais venu en personne. Vous avez des locaux magnifiques et je vous remercie de votre accueil. Alors, vous avez dans votre introduction parlé du thème de vos travaux et du lien avec la recherche et j’avais évidemment regardé un peu les l’école normale et je me suis renseigné sur ce que nombre d’entre vous allaient faire après cette formation. Certains d’entre vous vont passer l’agrégation ou bien vont rentrer après ou sans agrégation dans l’administration. Donc, j’ai orienté cette présentation un peu sur ce thème et votre professeur m’a dit que je pouvais prendre tout le temps que je voulais parce que d’habitude je fais cette présentation plus tôt dans la demi-heure donc ça sera un peu plus long. Comme dit, les élèves ont l’habitude plutôt vers 1 heure. Voilà, donc on va être entre les deux probablement. Alors, vous l’avez dit, c’est une petite phrase qui aurait pu prédire sur un enjeu tellement important et j’ai choisi deux images pour ouvrir cette présentation. L’une à gauche, une image simplifiée qui présente la question de l’effet de serre. Alors là aussi, des chercheurs et des scientifiques, le scientifique Fourrier il y a bien longtemps avait commencé à travailler sur ces bilans énergétiques de la terre. beaucoup de recherch entre-temps. Vous avez entendu parler du JC hein, j’ai pas besoin de le présenter. Donc c’est une représentation simplifiée de compréhension des phénomènes et une grande communauté scientifique a travaillé sur ces sujets. Et puis il y a une constatation, on voit effectivement dans la courbe de droite, dans le tableau de droite une augmentation des températures depuis 1900. Alors, il y a tout un tas de manières de représenter tout ça. Donc, nous sommes aujourd’hui avec un très très large consensus scientifique et que je partage totalement euh dans une situation non seulement de changement fondamental de la réalité climatique, mais aussi vous avez sur votre site, je crois, vous parlez de l’anthropocène avec l’idée qu’il y a un lien réel avec l’activité humaine. Et donc, qui aurait pu prédire d’où vient cette phrase ? vous l’avez évoqué à l’introduction, elle vient d’en haut, elle vient de la présidence de la République et ça s’est passé en fait donc le 31 décembre 2022. Le président de la République présente ses vœux à la nation et il a fait relativement chaud, même très chaud, l’été 2022. Ça avait frappé les esprits et à un moment le président de la République donc prend la parole et évoque évoque cette situation. Et je vais vous passer une première vidéo. Il y aura deux vidéos dans cette présentation. Une première qui en fait contextualise le thème qui aurait pu prédire. Dans cette vidéo, vous avez d’abord les propos initiaux du chef de l’État. Vous verrez quelques réactions spontanées sur les réseaux sociaux de personnalité politique mais aussi de personnalité scientifique. Ensuite, vous aurez dans la suite de la vidéo une séquence qui a été tournée par le président de la République en personne où il est en chemise blanche. C’est donc la changement de décor et au fond où il explique à la suite de la polémique pourquoi il a tenu ses propos. Et à la fin, vous aurez le dernier mot aux scientifiques et je commenterai ensuite cette vidéo. Donc je vais vous la lancer. Je pense que tout va bien marcher. Voilà. Qui aurait pu prédire la vague d’inflation ainsi déclenchée ou la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ? Je crois manifestement, il y a une partie de ces vœux, j’ai été mal compris. J’en veux pour preuve le petit message sympathique de de Bris avec un dessin de de Coco. Il y a eu beaucoup beaucoup de réactions. Alors bon, je vais plaider. On a voulu me faire dire que au fond, j’aurais jamais lu aucun rapport du JC, de l’IPÈ, de tous les experts et que je découvrais en l’année 2022 les dérèglements climatiques. Alors, j’ai beaucoup d’humilité mais ça fait des années qu’on agit. Je réponds à vos questions sur ce sujet. Donc c’est pas non plus très crédible comme attaque. J’ai le sentiment qu’il y a eu quand même beaucoup de mauvaise foi derrière ce qui s’est passé ces derniers jours. Qu’est-ce que j’ai simplement voulu dire ? C’est qu’au fond ça a été encore plus vite que prévu. Et ça, je crois que c’est assez vrai. Même toutes celles et ceux qui depuis des années alertent sur l’effondrement de la biodiversité, sur le dérèglement du climat, ont dit “Regardez, l’été dernier, ça va encore plus vite qu’on l’avait prédit et on est encore plus touché queon l’avait prévu.” J’ai rien voulu dire de plus. Alors, les textes qui sont à l’écran qui devraient revenir à l’écran. Alors voilà, je vais faire une petite manœuvre. Je parf la vidéo. Voilà les textes qui sont à l’écran que j’ai fait disparaître mais ce sont en fait des réponses euh de deux scientifiques hein Jean-Jouzel et Christophe Cassou qui disent “Non, ça n’allait pas plus vite que prévu.” Donc la séquence est assez intéressante et c’est pour ça que je je choisi de l’illustrer pour vous parce que on peut bien comprendre une expression maladroite c’estàdire dire qui aurait pu prédire. C’est vrai que ça pouvait choquer. D’autant que il y avait eu le 31 août 2022 une présentation faite devant tout le gouvernement par Valérie Masson Delmot qui est une très grande climatologue très très connue sur le changement climatique devant tout le gouvernement et le président de la République. C’est vrai que la phrase qui aurait pu prédire pouvait prêter à confusion. Mais ce qui me paraît intéressant dans ces vidéos, c’est la deuxème partie. C’est quand le président de la République dit finalement j’ai voulu dire que ça allait plus vite que prévu et c’est ce que disent les scientifiques et la fin donc les les deux scientifiques expliquent non ça ne va pas plus vite que prévu c’est tout à fait dans dans le dans le processus que nous avions modélisé donc il y a eu pas mal de réactions. Alors pourquoi c’est intéressant ? parce que on est là dans un schéma où il y a manifestement sur un enjeu qui est crucial, quelque chose qui ne va pas dans le lien entre la réalité scientifique et l’autorité politique. Alors, je pourrais aussi vous demander et arrêter là la présentation de traiter un sujet qui a été posé à vos camarades de l’INSP, donc exénat à l’été 2024, hein. C’est un sujet qui a qui a été repris par cette école qui forme donc mentionnelle. Vous avez ici un qui aurait pu dire science, expertise et action publique. Donc cette phrase a fait une polémique, le président s’en est défendu. Elle a d’ailleurs été sélectionnée pour le prix de l’humour politique. Oui. Oui, c’est vrai. Elle n’a pas eu le prix mais elle a quand même été sélectionnée. C’est comme au festival de Cann ou au festival de cinéma. Mais elle a quand même été sélectionnée comme comme épreuve pour des gens qui sont je dirais vos vos camarades he vos confrères qui auraient pu prédire science expertise action publique. Ça veut dire que la question se pose et que j’aurais pu vous la poser mais c’est à moi qui les poser. Donc je vais développer maintenant qu’est-ce qu’on peut dire sur ce sujet. Alors, je ne vais pas prendre 5h et vous avez les les autres les autres élèves, ils ont eu 5h pour plancher là-dessus. Cette affaire m’a quand même beaucoup intrigué et j’ai passé beaucoup de temps à faire un travail de recherche en fait qui était un livre sur la question climatique qui a été titré. Donc, j’ai commencé en 2022, hein, donc ce livre000 début 2023. En fait, j’ai eu les premiers contacts et puis ces vœux sont venus juste au moment où je démarrais. J’ai signé avec un éditeur au printemps 2023 et j’ai mis à peu près 2 ans en fait à écrire ce livre qui s’appelle Mensonge d’État imposture écologique qui essaie d’expliquer un paradoxe. Le paradoxe étant comment se fait-il qu’un enjeu aussi important soit aussi maltraité et c’est ça que je vais détailler avec un certain nombre d’exemples. Alors je me suis inspiré comme dans tout travail de recherche vous avez dans l’introduction expliqué que j’avais fait une thèse d’apprentissage statistique. dans les thèses, on commence par l’état de l’art, on regarde tout ce qui a été publié et puis quelquefois ben on trouve des trucs faux. Donc par dans ma thèse, j’avais commencé par montrer qu’il y avait deux articles scientifiques qui étaient faux. Alors ça c’était c’est un plaisir délicat pour les gens dans les math appliqué. Euh là, j’ai trouvé quelque chose d’un peu différent et je me suis un petit peu inspiré pour cette présentation d’un travail qui date de 2018 qui est un article qui a été publié par Yve Bréchet que vous avez en photo qui est un membre de l’Académie des Sciences et qui a écrit un article qui s’appelle sciences et politique. Je me suis dit, je vois parler de sciences et politiques devant cette cette assemblée de d’étudiants. Bien, je vais regarder quand même ce qui a déjà été écrit. Ça date de 2018 et Yve Bréchet est quelqu’un qui a été mis souvent à contribution. Il a été auditionné dans des commissions parlementaires. La photographie que vous avez là est une photographie d’une audition parlementaire où il avait, j’allais dire, il y avait été assez fort sur les questions du lien entre sciences et politique. C’était une commission parlementaire d’enquête sur sur l’énergie et qui s’est tenu fin 2022. Donc ça c’était relativement frais quand j’ai démarré le livre. Alors, qu’est-ce qu’on peut dire sur ce sujet sur sciences et politique ? Alors, devant vous, je parle modestement, mais il y a sur les enjeux scientifiques et techniques, sur les genoux industriels, on peut se dire qu’ en fait deux sources de légitimité. la légitimité politique qui doit prévaloir, je m’inscris évidemment totalement en faux contre un gouvernement des experts. C’est la légitimité politique qui doit dans tous les cas prévaloir, mais lorsqu’elle fonctionne sans une légitimité scientifique et technique, on est dans une phase risquée. Voilà, ça c’est un point très important ce que d’ailleurs développe Brechet dans son article. Euh il fait une analyse aussi avec une différence sur l’économie par rapport ce qu’il appelle les sciences de la nature physique, climatologie, énergie si vous voulez. En économie, on vient d’avoir, on peut en être fier, un français qui vient d’avoir le prix Nobel d’économie, hein, Philippe Agon. Et vous constatez que souvent le politique se réfère à des prix Nobels d’économie pour dire “Je fais comme a dit le prix Nobel d’économie ou bien je m’inspire”. Bon, alors il y a un rapport qui a l’air vu de loin plus harmonieux. On a l’impression que oui, la science économique nourrit un certain nombre de décisions de politique économique. Alors qu’on y regarde de plus près, je vais pas trop m’aventurer sur ce terrain mais je voulais l’évoquer parce que c’était un parallèle que Brechet faisait justement en disant que c’était différent, c’estàd qu’il y avait quand même une assez nette différence dans le cas des sciences de la nature. Et effectivement l’expertise technique, elle se paraît souvent oubliée. Et quand je lis l’expertise technique, ça n’est pas le savoir scientifique pointu. Euh la physique nucléaire, c’est compliqué pour tout le monde. Euh la climatologie, c’est compliqué pour tout le monde, même pour les chercheurs. L’apprentissage statistique, c’est compliqué pour tout le monde, même pour ceux qui ont fait un travail de recherche pendant plusieurs années dessus. Ce qui est en cause dans le fossé entre sciences et politique, ce sont des problèmes de règles de 3. Ce sont des problèmes de bilan, ce sont des problèmes qu’on peut résoudre au collège où il y a des incohérences. Donc, je veux beaucoup insister là-dessus parce que c’est le rôle des experts scientifiques et techniques de maîtriser la complexité de leur discipline pour traduire en enjeu compréhensible et légitimement compréhensible par le pouvoir politique mais aussi par les citoyens. Un peu comme quand vous voyez un médecin, vous ne vous attendez pas à ce qui qui cause docteur. C’estàd qu’on ne comprend rien à ce qu’il dit, l’ordonnance est illisible. Enfin, voyez un peu les les mythes qu’on a parfois sur les soignants. De la même façon, les scientifiques, les ingénieurs, les experts se doivent à un effort de clarté et de pédagogie, de sincérité, mais euh c’est accessible aux décideurs, hein. Il s’agit de rendre les enjeux politiques, les enjeux de société accessibles au décideurs. Donc je veux absolument démystifier une sorte de nécessité d’un recours à l’extrême l’extrême savoir scientifique. C’est c’est pas de ça dont il s’agit. Et euh dans cet article est mentionné quelque chose qui m’a beaucoup surpris, vous allez voir pourquoi, c’est qu’il y a une ribambelle de conseils qui sont créés auprès du pouvoir politique. Conseil stratégique de la recherche, au conseil de la science et de la technologie, conseil national de la science, comité d’orientation stratégique, conseil supérieur de la recherche et de la technologie forme une virvoltante série de hauts conseils tous à vie courte et apprévative flou, quel que soit le prestige indéniable de leurs membres. Alors, la source d’expertise, elle est elle est accessible. On peut saisir des experts pour en fait avoir une information et une analyse. Ici vous avez deux rapports, enfin deux exemples de rapport. Un de l’ensemble des des académies des sciences du G20 qui précise un certain nombre d’enjeux politiques pour le G20 dans lequel d’ailleurs figure l’intelligence artificielle en bonne place, l’énergie aussi. Et à droite, vous avez un autre exemple de ce qu’on appelle la PPE3, programmation pluriannuelle de l’énergie qui va être un petit peu le le cobail de cette présentation avec un avis qui date d’avril 2025 présenté par l’Académie des Sciences sur ces questions énergétiques. Donc vous pouvez avoir sur la gauche, j’espère que vous le voyez bien, un peu un peu effacé mais une saisine ou dessésine des institutions. Ça peut être le CNRS, ça peut être l’Institut Pasteur. une instruction des dossiers mais surtout surtout et là c’est la grande différence par rapport à ce qui se passe encore aujourd’hui une véritable organisation pour organiser le lien entre sciences technique et et à la fois pouvoir politique et société et le mot organisation est essentiel c’est pour ça que je l’avais mis en gras il ne s’agit pas de conseils fantomatiques fumeux qui disparaissent les uns après les autres mais d’avoir un mécanisme qui soit organisé et structuré pour créer le lien efficace entre les communautés scientifiques et l’échelon de décision politique. Alors, c’est d’autant plus important qu’on est dans un univers cognitif particulièrement troublé. Euh bon, ça c’est pas une surprise. Les réseaux sociaux sont omniprésents. Ils permettent de d’entrer en contact avec les experts qui font le même genre de boulot que nous. Il y a des bons côtés. Il y a quand même pas mal de mauvais côtés. Il y a une diffusion virale. En général, plus c’est absurde, plus ça marche bien, mieux ça marche. Il y a l’effet largement étudié aussi. Il y a des chercheurs qui travaillent là-dessus les faits les effets des algorithmes. Il y a de nombreux exemples de fausses sciences et au total, on a une forme de brouillage de l’expertise. C’est-à-dire que les gens sont un peu perdus. On ne sait plus qui est vraiment expert. Il y a des demi-experts, il y a des genens incompréhensibles qui sont très experts, des gens qui sont très clairs mais qui sont pas experts. On a souvent d’ailleurs le simplisme, c’est-à-dire qu’il y a des choses qui sont simples et fausses et on a beaucoup de mal à avoir ce que on prête à Léonard de Vincy, la simplicité et la forme ultime de la sophistication, c’est-à-dire être capable de dire des choses vraies et de manière simple. certains s’y emploient, ça n’est pas facile. Donc on a quand même un univers cognitif extrêmement troublé, extrêmement brouillé. C’est donc d’autant plus important d’avoir par rapport aux citoyens et par rapport aux décideurs politiques une un mécanisme qui soit un mécanisme efficace. Alors en France, c’est aujourd’hui à mon sens une situation qui reste une situation de crise. D’abord, vous avez ce que j’appelle de faux conseillers scientifiques. Et là, je vais m’en prendre un peu à mon ancienne mes anciennes confréies puisque j’ai donc été un ingénieur qui a travaillé pour l’État. J’étais un ingénieur dans un corps de l’État. On nomme très jeune des gens qui ont un bagage scientifique certes, mais qui n’ont jamais travailler dans la recherche, jamais travaillé dans l’industrie. Alors, ce n’est pas forcément grave parce que à condition d’avoir la bonne méthode de travail. Le problème c’est qu’il y a une tendance à pasticher ce que j’appelle le triomphe du bassautage, c’est-à-dire de prendre des dossiers à toute vitesse, de les digérer, de voir les trois points importants, de voir les priorités qu’il faut communiquer et on passe au dossier suivant. une espèce de voilà de de je pense qu’il y a une culture du bâchotage qui est extrêmement délétaire qui frappe des fonctionnaires d’origine de corps administratif mais qui frappe aussi forcé de le constater des fonctionnaires qui sont d’origine ingénieur et dont on attendrait justement qu’ils sachent ce qu’ils ne savent pas c’est-à-dire ah bah là c’est un sujet compliqué on va demander à l’institut pasteur on va demander au CNRS on va demander au CEA on va regarder ce qu’ a publié l’Académie des sces américaines, on va voir un proc processus rigoureux et organisé et non pas un processus superficiel et de bâchotage. Je ne dis pas qu’ils font tous ça, je dis que dans les catégories de fonctionnaires, que ce soit des fonctionnaires d’origine juridique, administrative et cetera ou d’origine technique comme les gordes ingénieurs, on a les deux. On a des gens respectables qui travaillent sérieusement et qui s’entourent surtout de bons conseils et puis on a un certain nombre de gens qui bâchotent et sont même affectés parfois à la fois de de carriérisme et et de de d’approximation tout à fait coupable. Le deuxième élément du diagnostic pour moi, ce sont des administrations affaiblies. Alors ça ça date pas d’aujourd’hui, ça date de plusieurs dizaines d’années avec un affaiblissement des administrations centrales par rapport à un renforcement excessif du rôle des cabinets ministériels dans la prise de décision. D’ailleurs, un certain nombre de de de gens assez carriéreries se disent “Bah allons vite en cabinet ministériel, c’est la voie royale.” Oui, c’est la voie royale. Sauf que si c’est pour faire des choses qui sont bancales, c’est pas du tout la voie royale pour le pays. Donc les administrations sont affaiblies. Ça n’est pas le cas des grandes administrations, des finances, du trésor, du budget et cetera. Ça n’est pas le cas des administrations régaliennes encore que certains s’en plaignent parfois mais du genre la défense, l’intérieur, le ministère de l’intérieur par exemple, mais les administrations de l’énergie, de l’environnement, du transport, du logement sont des administrations, quoi qu’on en dise, qui n’ont pas une force suffisante et qui ne souvent n’arrivent pas à résister à des déshitérat plus ou moins absurdes et court termistes de l’autorité politique. Et puis cet élément un petit peu d’ambiance que je que je mettais en avant du triomf du bâchotage avec une sorte de modèle du au fonctionnaires brillantissime h qui prend les dossiers à toute vitesse, les digère, fait la synthèse et passe au dossier suivant. Ce modèle là avec de parfois même certains se mettent en scène en disant je dors peu car je travaille beaucoup. Si vous demandez à des médecins, ils disent que c’est vraiment pas bien. Bon, moi je crois qu’il y a beaucoup à dire là-dessus sur les méthodes de travail, sur une sorte de culte de la personnalité, sur une soi-disant intelligence et une capacité rapide d’apprentissage dont je pense il convient de se méfier particulièrement et avec cette idée que le généraliste au fond se croit un encyclopédiste. Et c’est pourquoi j’ai mis d’ailleurs dans l’exergue de l’ouvrage que je mentionnais au début, j’ai écrit une allusion à une pièce de théâtre y a quelques siècles, mais il y a des citations très intéressantes de nos anciens. Voilà, se méfier d’une forme de pédant technocratique qui consiste à dire que on peut au fond se familiariser un jour avec l’agriculture, un jour avec l’énergie, un jour avec le transport et au fond tout savoir surtout. Il y a une place importante pour les généralistes dans l’administration mais aussi dans l’industrie. D’ailleurs, il y a des ingénieurs généralistes. Tout le monde n’est pas spécialisé en métallurgie, en chimie, en géochimie et cetera. Il y a des places pour des généralistes. Tout le monde n’est pas juriste, tout le monde n’est pas économiste. Et il faut bien sûr que des généralistes puissent travailler par exemple à être des ensembliers, à faire travailler ensemble différentes expertises. Mais là où il y a un piège catastrophique, c’est l’idée que au fond une poignée de gens brillantissime pourrait comprendre les enjeux et traiter l’orientation en matière de politique du climat. et je crois que ça s’applique à d’autres domaines. C’est là qu’il y a à mon avis quelque chose à corriger dans la manière non seulement de fonctionner mais peut-être dans la manière de former et dans la manière de mettre en place les mentalités qui permettent un exercice du pouvoir qui soit plus efficace dans la relation avec les sciences et les techniques. Alors si je regarde les questions de la recherche, on n plus en 2018 là, on est en 2023 et que croyez-vous qu’il arrive ? On crée un conseil nouveau. Alors, c’est quand même tout à fait étonnant, hein, un conseil présidentiel de la de la science. Alors, il ne s’agit pas de Lisenko là, il s’agit de la France aujourd’hui. Il s’agit d’une situation où on crée quoi en fait ? Exactement le contraire de ce qu’évoquait Bréchet et de ce que j’évoquais tout à l’heure. On crée une structure en prise directe avec le chef de l’État et un peu comme la vidéo que je vous ai montré, c’est pas tellement peut-être la maladresse de la constitution de cette structure une de plus. C’est l’explication qui est derrière, qui est conernante en prenant l’exemple d’un chercheur qui il y a 10 ans aurait pu parler au président de la technologie des vaccins aéren alors que la France a vécu comme une forme de traumatisme collectif d’avoir été à la traî pour produire un vaccin contre le Covid-19. Bon, on crée un conseil de plus, j’allais dire passe encore, mais la motivation qui est mise en avant dans ce journal de dit de référence, hein, pour beaucoup de lecteurs, je suis d’ailleurs un de ses lecteurs, c’est quand même tout à fait extraordinaire. Parmi les nombreuses disciplines scientifiques, parmi les sujets de recherche nombreuses et variés sur le climat, sur la chimie, sur l’immunologie, imaginez comme ça que tout d’un coup un chercheur, un thème de recherche serait mis en évidence pour le président de la République et que ça aurait changé quelque chose. Et il y a pas d’organisation il y a pas d’organisation de traduction de sélection de saisine des institutions scientifiques françaises, européennes ou mondiales pour être capable de prendre des décisions qu’on espérerait éclairer. Donc on a là une manifestation très forte et on est en décembre 2023, donc on est peu après les vœux de quelque chose qui ne peut pas fonctionner. Ça ne peut pas fonctionner comme ça parce que le coup d’après, on va avoir loupé telle ou telle technologie ou telle ou telle piste scientifique. Ah mais alors peut-être on aurait peut-être dû créer un conseil et faire en sorte que le président de la République lui-même en entende parler. Où est passé l’idée d’avoir un CNRS, un ministère de la recherche, un institut pasteur, un commissariat énergie atomique. On a on a fêté il y a pas très longtemps les 80 ans de la création du commissariat énergie atomique par le général de Gaulle. une histoire ancienne mais une histoire intéressante qui avait nommé comme premier au commissaire énergie atomique Frédéric Jolio Curri. Donc donc c’est ce sujet-là qui est aujourd’hui dans le livre que j’ai écrit, dans le travail que j’ai fait qui me paraissait un symptôme de qu’est-ce qu’il ne faut pas faire et expliquant pourquoi on a un contraste assez assez soigneusement je dirais mis en scène et en même temps perçu sur le décalage entre la promesse et la réalité. Alors, je termine sur cette cet aspect-là par un couplet sur les généralistes et les polyvalents qui est un sujet qui me tient à cœur. Les scientifiques, les ingénieurs, ils ont besoin de laboratoire, ils ont besoin de matériel. C’est tout un tas de métiers qui travaillent là-dedans. C’est des gens qui fabriquent des machines, des gens qui font des mesures, des gens qui vont doser des choses. Il y a les savoir-faches, il y a les métiers, il y a des techniciens, il y a des ouvriers, il y a des ingénieurs, il y a des scientifiques. Les projets sont des projets collectifs avec tous ces métiers qui travaillent ensemble. Un peu comme dans une salle d’opération, vous avez différents rôles et différentes compétences. Et là, là aussi l’explication est assez intéressante. Il y a eu une polémique, une autre en 2018 puisque un jeune homme était en train de parler au président de la République et lui dit euh je ne trouve pas de travail. Et le chef de l’État lui répond “Je traverse la rue et je vous en trouve du travail.” Alors cette phrase a a fait le buzz. Il y a eu beaucoup de critiques. Bon, ça vous rappelle quelque chose, hein ? Ça a fait beaucoup de critiques. Et là, ça a été beaucoup plus long. dans les vœux, c’était 31 décembre 21 janvier je crois ou 19 janvier 2023. C’était le la réponse là. La la réponse, elle date d’il y a assez peu de temps puisque l’article auquel je je emprunté ce texte a été publié le 20 mai 2025 sur France Info. A enfoncé le clou le président quand un salarié de l’entreprise d’imler lui demande de faire travailler les fénéants. Quand j’ai dit qu’on pouvait traverser la rue pour trouver un emploi, je me suis fait ramasser. Mais il y en a dans le bâtiment dans la restauration. économiquement, c’est absolument vrai. Certains d’entre vous vont passer une agrégation d’économie. Donc attention à ce que je dis. Mais c’est pas ça le sujet. Le sujet c’est que des gens qui travaillent pour un travail manuel ou qui sont techniciens, techniciens de laboratoire, technicien de soudure et cetera, ils ont une vocation pour certains métiers et tous ces métiers ont leur place. Il se trouve que ce jeune homme, il voulait être horticulteur et donc on a un risque de clivage social extrêmement grave entre l’idée d’une élite de généralistes qui serait encyclopédistes capable de tout faire par eux-mêmes et de tout comprendre rapidement et des polyvalents qui seraient des gens qui ont moins fait d’études et qui pourraient passer d’un métier à un autre sans tenir compte de leurs vocations et leurs aspirations. Bien sûr, mais c’est valable pour tout le monde. Il faut faire des apprentissages qui permettent d’entrer dans la vie active et et de se développer. Mais il y a en filigrane, voyez, l’explication du journal ne me convain pas. L’essentiel n’est pas qu’il y a des emplois. Le sujet essentiel, c’est la motivation des gens, le respect des métiers manuels, le respect des métiers techniques, le respect des technologies et pas seulement des sciences. Donc on a un contexte qui est un contexte assez explosif et vous avez évoqué le fait que j’avais passé pas mal de temps dans les sondages. Une forte majorité de Français considère aujourd’hui ne pas avoir le respect auquel ils estiment à avoir droit. Je pense que c’est important parce que il y a une sincérité dans et normalement les ingénieurs et les scientifiques devraient être comme ça, ils ne le sont pas tous malheureusement, un respect des métiers manuels, un respect des des choses techniques, un respect de la nature, un respect de l’agriculture. Bon, je pense qu’on est assez loin de tout ça et donc je ne suis pas totalement surpris que la relation entre pouvoir et société soit aujourd’hui à l’or âge. C’est pourquoi j’ai choisi cette illustration. Elle est à l’orage aussi parce que de la même façon qu’il y a une difficulté dans la compréhension des réalités scientifiques et technique par le pouvoir, j’ai parlé beaucoup du président de la République parce que c’est la figure évidemment la plus la plus forte et la plus symbolique de ce sujet, mais j’aurais pu parler de ministre, de gouvernement, je ne veux pas personnaliser cette analyse, c’est juste que c’est évidemment un sujet qui est qui est parlant pour tout le monde, c’est la connaissance de la société. Et là, pour vous qui serez dans la fonction publique, je pense qu’il y a quelque chose de tout à fait opérationnel. C’est un article qui date de 2023 également où une journaliste du journal Le Monde explique que apparemment quand des mesures sont présentées au chef de l’État, il demande qu’est-ce que va en penser Jojo ? Alors Jojo, c’est une sorte de français moyen imaginaire. Comment peut-on être perant ? Comment peut-on être Jojo ? Et en disant bah comment il va pouvoir gérer la mesure ? La question est légitime. C’est une bonne question posée par le chef de l’État. Mais vraiment, c’est rappel à Jojo si c’est ça qui dit, c’est pas du tout la méthode pour régler la question. Le manque de méthode, c’est qu’il faut aller bien au-delà des sondages parce que ça les sondages électoraux, vous avez rappelé le fait que j’en ai fait beaucoup, ils intéressent, ils intéressent la presse, il intéresse tout le monde. De temps en temps, quand ça se passe bien, on a les félicitations. Quand ça se passe mal, quand l’élection a donné le sentiment qu’elle était par raccord avec les sondages, on prend pas mal de critiques, c’est la vie. C’est un autre sujet. Au-delà des sondages politiques et électoraux, sondages de société, il faut une étude profonde de la société. certains auteurs s’y emploient car la société bouge, la société évolue. Mais surtout pour la puissance publique, il faut concevoir les politiques publiques comme un service. Il faut penser comme dans le marketing à la limite, il y a des segments qui est-ce qui va être concerné par la mesure ? Il y a des besoins, comment est-ce qu’on va répondre à ce besoin ? Et il y a ce qu’on appelle l’expérience client. Comment je vais déposer mon dossier pour avoir accès à la prime qui permet de louer un véhicule électrique pour moins de 100 ou 200 € par mois ? Comment je vais pouvoir faire mon dossier pour avoir l’accès à ma prime Renno qui permet de rénover les bâtiments ? Donc il y a un manque de méthode, une connaissance qui est beaucoup trop superficielle de la réalité, j’allais dire marketing des politiques publiques. Et ça, je crois que c’est une un concept qui est important. Dans d’autres pays, il y a une consommation beaucoup plus abondante d’études de marché de de market research comme on dit souvent dans dans ce métier assez marqué par les les anglo-saxons. Il faut concevoir les politiques publiques comme un service, comme un produit et faire toute la démarche avant le lancement. Avant le lancement. Et là, on arrive quand même au cœur de au cœur de la bataille. L’écologie l’écologie commencer par ces deux illustrations issues d’un site officiel. L’écologie, ça vient du site de l’Élysée, combat du siècle. Combat du siècle qui suit normalement un agenda ambitieux guidé par la science. Mais alors pourquoi en quelques années des choix stratégiques changent du tout tout ? Par exemple dans le nucléaire au début on ferme 14 réacteurs, après on en ouvre 14. Je ne traite pas, je répondrai à vos questions sur le cas du nucléaire qui un sujet emblématique et c’est une question qui se pose. Comment sur une politique de long terme on peut en quelques années changer de point de vue sur un un sujet majeur de l’énergie sans prendre partie le changement de voix qui résulte d’un certain courage politique. Je voudrais quand même le dire parce que je pense que quand le président de la République a dit en 2022 dans son discours dit de Belfort qu’il relançait le nucléaire après avoir dit comme ses prédécesseurs qu’il fallait le le ralentir, il y a eu un courage politique manifestement. Alors les gens qui sont moins gentils pourraient dire “Oui, mais c’était une nécessité. Peu importe.” Ce qui est intéressant, c’est que il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans l’État, dans l’administration. Quand je dis que c’est l’administration affaiblie, comment a-t-on pu être dans une situation on a changé du tout au tout sur une politique de long terme en 4 an changer de politique énergétique, vous m’avouerez que c’est quand même étrange parce que une politique énergétique quand on construit un barrage, quand on construit une centrale nucléaire, c’est pour longtemps. Donc on ne peut pas faire des va et viens comme ça. Donc, il y a dans le domaine de l’écologie une promesse majeure, combat du siècle, priorité des priorités et une déception réelle dans l’implémentation. Et je je prends un point qui est d’actualité en 2025, qui est ce qu’on appelle la PPE3. Alors, vous allez pour certains pour beaucoup d’entre vous aller dans l’administration, vous aurez l’habitude des des acronymes de ce genre. Ça veut dire programmation pluriannuelle de l’énergie. On passera sur le pluriannuel parce que pour la politique de l’énergie, on ferait mieux dire pluriécenal mais enfin passons. Et là, j’ai une deuxième vidéo. Alors, je pense qu’il faut que je monte un peu le son. Elle date de 2019 hein, je vous la projette. Les journal Monde Ellisabeth Borne, Jean-Bernard Lévi, le patron de DF justement qui était interrogé par le monde il y a quelques jours, disait la chose suivante “Personne ne pense qu’on puisse assurer l’avenir sur le plan du système énergétique uniquement avec des renouvelables et du stockage. Donc il faudra de nouvelles centrales nucléaires. Nous nous y préparons. C’est simplement la réalité industrielle. Il a au moins le mérite de la clarté. Il dit les choses très simplement. D’accord. Ben, c’est très bien qu’il ait son point de vue que je ne partage pas. Il se trouve que la politique énergétique, c’est plutôt le gouvernement et en particulier la ministre en charge de l’énergie que je suis qui doit la définir. Et je vous confirme qu’on étudie à la fois des scénarios dans lequels on continue à faire des nouvelles des nouvelles centrales nucléaires et aussi un scénario 100 % renouvelable. Tous ces éléments, c’est des sujets compliqués comme vous le soulignez et on est on doit avoir tous les éléments pour sur la table mi-2021. Ensuite, on a dit qu’on ne prendrait pas de décision sur des nouvelles centrales nucléaires avant la mise en service de Flam. Le patron de DF parle au futur. Il n’utilise pas le conditionnel et il n’imagine pas qu’il y ait d’autres scénarios que celui-là. Nous nous y préparons, il faudra de nouvelles centrales nucléaires, je le cite. Alors, je l’invite à intégrer ce scénario sur lequel travaille le gouvernement, 100 % non renouvelable et y compris je pense indispensable que EDF réfléchisse aussi à la façon dont il peut être un grand acteur dans un tel scénario. 100% Alors, les vous pouvez regarder l’émission, j’en ai pris un extrait. Donc un extrait, il donne forcément toujours une vision partielle, mais on a quand même un schéma qui est tout à fait étonnant dans cette affaire. Ça revoit ce que je vous disais tout à l’heure, c’est-à-dire que d’ailleurs quandet Borne avant d’être ministre elle-même, elle avait été directrice de cabinet de de Sgolen Royal et il y avait eu donc une première idée qui était on freine sur le nucléaire, on va arrêter des centrales et cetera et cetera et puis une deuxième phase en 2022, on accélère. La vidéo que je vous montre, elle est de 2019, donc juste avant l’arrêt de Fenheim qui a été notifié en en 2020 et donc entre le changement de 2018, on ferme et de 2022, on rouvre. Qu’est-ce qui s’est passé ? Là, c’est un problème plus général mais je voulais quand même évoquer la question des des ingénieurs. J’ai dit que il y avait quelque chose qui ne marchait pas dans le conseil scientifique. Ellisabeth Born est une ingénieure de formation. Donc, j’ai été particulièrement étonné de ces propos parce que on parle de règle de 3, on parle de calendrier, c’est les journalistes même qui disent “Mais on y arrivera pas parce que vous dites de le tout renouvelable, il y a même une journaliste qui dit en 302 parce qu’effectivement tout est possible mais à très long terme tout est possible ou tout est contraint comme dirait Jean-Marc Jeancovissi qui qui parle beaucoup sur ces sujets. L’heure qui vous plaira, là je j’emprunte de nouveau à Bréchet, c’est le fait qu’un certain nombre de conseillers et c’est pour ça que j’en veux particulièrement aux ingénieurs qui sont dans les cabinets ministériels parfois ou dans les administrations et qui sont je trouve d’une trop grande servilité. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. Loyal, être discipliné. La primauté, je le disais depuis le début, est toujours à l’échelon politique, mais quand on part dans des directions impraticables en terme de calendrier, de finances ou même de réalité physique, il y a des choses qui on dit ne boucle pas. C’est le terme à la mode qui ne boucle pas. Ben sûrement, il y aura pas assez, ça va pas marcher, ça ne peut pas rentrer, ça ne passe pas par la porte. Donc il faut quand même que l’administration soit capable de réagir. Et je prends cet emprunt à Louis XV parce que la légende c’est peut-être une réalité dit qu’un jour un un courtisan était à côté de Louis XV et Louis XV dit quelle heure est-il ? Et le courtisan lui répond l’heure qu’il vous plaira mais cire. Et je crains qu’aujourd’hui on ait beaucoup de gens soit par le carriérisme soit par l’absence de caractère qui disent l’heure qu’il vous plaira. Et ça ça crée des catastrophes et c’est parce que il y a un affaiblissement des administrations et une insuffisance du Conseil auprès de l’État. Alors bon, la PPE c’est un texte parmi d’autres dans un ensemble d’échelons réglementaires et législatifs qui vont de l’international au local. Euh il doit y avoir quelqu’un qui euh a quelques difficultés parce que j’ai j’ai remarqué que voilà euh voyez le d’ailleurs que j’ai j’ai un côté un petit peu incisif mais bon la PPE est au milieu. Vous voyez là vous avez SDPM et ici ça s’appelle SDMP. Bon, moi je pense que j’aurais reçu un tableau comme ça. Je voulais dire que les conseillers qui m’ont produit ça, ils seraient repartis avec leur copie parce que c’est pas correct dans un dans un document de l’État qui subsie de telles erreurs. Alors, sur le débat sur l’énergie, il y a j’ai choisi trois articles. Pourquoi c’est devenu une telle pagaille ? parce que là il y avait une loi sur l’énergie qui aurait dû être votée qui a pas été voté. Alors certes, il y a beaucoup de complications politiques cette année, c’est vrai, mais j’ai choisi trois trois messages. Alors le premier, on n jamais suivi un servique par soi-même. C’est un un interview, une interview que j’ai donné au magazine l’Express qui dit “En France, l’absence de transparence crée un cocktail explosif.” Alors pourquoi l’absence de transparence ? Parce que sur les chiffres et les budgets, c’est la foire d’empoigne. Un jour, c’est 300 milliards pour la transition énergétique, on va voir des énergies renouvelables. Un jour, c’est 100 milliards. Un jour, c’est 50 milliards. Plus personne n’y comprend rien. J’appellerai personnellement de mes vœux un rapport de l’inspection générale des finances, par exemple, qui soit accessible aux parlementaires, accessible au grand public, accessible bien sûr aux membres du gouvernement pour mettre les choses au clair. Aujourd’hui, c’est une extrême confusion. on arrive à trouver des chiffres à gauche à droite dans les documents de consultation mais ça n’est pas clair et pourtant il y a beaucoup d’argent en jeu. On a tous entendu parler évidemment de la question des finances publiques et des dettes publiques à long terme. Quand on prend certains engagements, qu’il s’agisse d’ailleurs du programme électronucléaire futur ou du programme futur des énergies renouvelables, il y a beaucoup d’argent en jeu et on a aujourd’hui un certain flou dans la communication sur ces sujets qui est très mauvais. Alors énergie autopsie d’un naufrage parlementaire. Bon, je crois que le titre c’est plus encore mieux que je ne pourrais le dire. Euh le débat sur la transition énergétique a tourné au fiasco. Alors, il y a une raison pour ça que je vais détailler après, c’est que l’is scientifique et technique a disparu dans le débat parlementaire. C’est devenu un débat énergétique politicien. Vous êtes pour les renouvelables, alors vous êtes de telle ou telle tendance politique. Vous êtes pour le nucléaire, alors vous êtes d’une autre tendance et cetera et cetera. C’est totalement délirant. Alors que c’est un sujet où il y a à l’évidence un besoin de légitimité politique comme je disais au début, mais aussi de légitimité scientifique et technique. Et bien l’aspect scientifique, technique et l’aspect financier, c’est pour ça que je l’évoquais, ont assez largement disparu et ça donne le sentiment avec beaucoup d’articles, beaucoup de communication, de tractation, d’alliance et cetera. Je je n’invente pas si vous regardez la presse et les interviews qui sont parus, c’est tout à fait frappant. Et il y a quand même des problèmes techniques et financiers. Alors, j’en donne un que j’ai choisi, c’est la question de la de la la perspective de la consommation électrique en France. La consommation électrique en France aujourd’hui, elle baisse. Et les scénarios futurs, là c’est les scénarios de de RTE monte beaucoup. Alors, il y a plusieurs scénarios peu importe. Vous voyez bien que la courbe parle d’elle-même, ça va vraiment vers le haut et on va vers les 550 600 650 à la fin. Alors pourquoi c’est important ? Parce que si on veut moins émettre de gaz à effet de serre, on revient à ma petite planète de tout à l’heure, il faut émettre moins de gaz de cette nature. Donc faut brûler moins de pétrole et moins de gaz. Et pour que ça se passe le mieux possible, il faut utiliser plus d’électricité. Sauf que les scénarios sont très optimistes. Là, c’est celui de RTE. Et il y a un autre rapport qui est sorti là, c’est du 2025 du haut commissaire du commissariat énergie atomique qui montre comment évalue évolue pardon la projection en fonction du temps. Donc en 2017, on prévoyait que ça allait vers le bas, en 2023, on prévoit que ça va vers le haut. Donc on voit bien que là aussi pour une politique de long terme, on est quand même mal embarqué. Et je termine par une troisième courbe qui est alors de moindre amplitude. Là vous avez le le haut du le haut de la courbe c’est 60 TWh. Donc on était dans les rappelez-vous 500 hein. Donc là on regarde une une focale hein sur la consommation des centres de données avec l’histoire de l’intelligence artificielle. Donc les deux premiers c’était RTE et puis après le haut commissaire en énergie atomique dans les avis qui étaient fournis pour la programmation de l’énergie. Et là, c’est un travail mené par le chiffre Project qui est un organisme qui est très largement porté par Jean-Marc Jeancovici et dans lequel il y a une focalisation sur les besoins des data center et des et des l’intelligence artificielle. Et on voit là aussi une courbe quand même qui va vers le haut. Alors, est-elle réaliste ou pas ? En tout cas, elle est absorbable parce que les 40 à 50 terw supplémentaires, il suffit de faire fonctionner un peu plus les réacteurs nucléaires d’aujourd’hui pour absorber ça. 40 TW, c’est c’est quelque chose qui est tout à fait avec le parc qu’on a aujourd’hui qui aujourd’hui fonctionne en dessous de sa capacité de sa capacité nominale. Ça a été là aussi un sujet de polémique donc et pourtant on a cette prévision et ça conditionne la prise de décision. Est-ce qu’on va effectivement être capable de faire ça ou pas ? Et pourtant la consommation baisse. Donc là vous avez des chiffres, alors ça ça démarre pas au zéro hein, mais c’est je j’ai utilisé Excel comme le mieux possible. Euh ben on voyez bien que la consommation, elle a tendance à décroitre de 2014 à maintenant elle a baissé sur euh les 9 premiers mois de l’année puisqu’on a les données quasiment en temps réel. Euh là aussi c’est pas au zéro mais vous voyez qu’il y a une baisse de de l’ordre d’un peu moins de 1 % de chute hein. Ça ça ne croit plus et c’est une très mauvaise nouvelle. Et on est dans une situation où on a de la marge parce qu’on a une puissance installée qui est très forte. Alors puissance installer. Bon, tout fonctionne pas au même moment, tout n’a pas le même coefficient d’utilisation. J’ai mis la conso moyenne. Donc là, je ne suis plus en terw, je ne suis plus en énergie, je suis en en gigw en puissance. Ce qui est à droite 51 GW, c’est la puissance moyenne. Comme chez vous avec un compteur de 9 kW, vous avez un certain compteur. C’est en gros le gros compteur de la France si vous voulez. Donc on a de la marge parce qu’on a beaucoup de capacité et la question c’est est-ce qu’il faut en rajouter sachant que ça coûte cher maintenant ou plus tard ? C’est là-dessus quel débat et vous voyez que ça a totalement disparu. C’est vous êtes contre les renouvelables, vous êtes un méchant. Vous êtes contre le nucléaire, vous êtes un méchant. Vous êtes un bon, vous êtes enfin c’est devenu un débat totalement affolant. Alors on a de quoi absorber les pics. On fait en fait de l’exportation aujourd’hui. En 2022, les réacteurs nucléaires fonctionnaient moins bien. Donc ils sont augmentés. Donc maintenant on est exportateur en quelques années. Alors il y a tout un débat sur les choix. Je je ne dis pas que il y a une solution forcément évidente, mais le débat a disparu. L’expertise technique a disparu du débat. C’est devenu, passez-moi l’expression, une foire point politique. Et il commence à y avoir des alertes. Alors, alerte en France et en Allemagne, la disparu, je suis désolé. Donc, les à droite, vous avez un rapport l’accadémie des sciences qui est très très critique sur la programmation de l’énergie et sur le travail de l’administration. Il est dit dans ce rapport la production de l’administration n’est pas au niveau qu’on attend d’exigence qu’on attend de l’État. J’espère que ça vous arrivera jamais. Moi, j’en aurais été malade si j’avais eu ça. Au milieu, c’est un rapport qui était qui était accessible en ligne du haut commissaire énergie atomique. Il y en a un autre qui a fuité en juillet et à gauche, c’est un rapport assez semblable qui vient de sortir en Allemagne. C’est 230 pages en Allemagne mais qui dit attention, on commence à avoir des problèmes avec notre énergie 22, avec notre tout renouvelable. On a arrêté le nucléaire, maintenant il faut qu’on mette des centrales à gaz. Alors effectivement, c’est il y a un couple renouvelable gaz. Donc qu’est-ce qui est le mieux ? Bah les gaz à effet de serre. le gaz en aimait quand même alors moins que le moins que le charbon évidemment, mais enfin c’est quand même quand même pas terrible. Donc on voit qu’il y a un sujet de débat là-dessus et j’ai dit qu’il y avait un certain nombre de situations où on où on ne on avait déconnecté de l’expertise technique et on était même pas dans les règles de 3 et les problèmes de stock et de flux. Ça c’est l’hydrogène. L’hydrogène, le gouvernement avait un plan pharaonique et l’Académie des Sciences, c’est un rapport que je mets en évidence avec des calcul simple à montrer que si on voulait faire le plan que prévoyait le gouvernement, il fallait 20 réacteurs nucléaires à temps plein, nous en avons 57. Vous imaginez ça de l’ordre de 40 % de la la production française ? Non, mais on est dans le délire et donc il y a des choses qui bouclent pas. Et ça ça vous montre que ce n’est pas une question d’expertise scientifique pointue de connaître la chimie de l’hydrogène, l’énergie consommée quand on le le sépare puis quand il se rassemble et cetera, les rendements, tout ça c’est compliqué pour tout le monde y compris pour les ingénieurs. On s’assoit, il faut refaire les cours, refaire les exos pour être à l’aise. On a tous le problème. Il y a pas des gens qui ont la science infuse. Ça n’existe pas. C’est des calculs simples, c’est quand même constant. Et ce rapport de l’Académie des Sciences, il est sorti, j’allais dire heureusement parce que d’après ce que j’avais compris, il n’est pas forcément sorti avec le plaisir de tout le monde. Bon, alors je venir un petit peu à la vie de tous les jours. C’est par ça que commence le livre, vous savez. C’est pour ça qu’il y avait Jojo, le la première phrase du livre, c’est Jobic qui est en colère. Jobic, c’est quelqu’un qui voudrait s’acheter une voiture électrique, bénéficier d’une mesure. Alors, on a dit pour le climat, faut consommer plus d’électricité. Pour consommer plus d’électricité, ben faut plus de voiture électrique, plus de chauffage avec des pompes à chaleur et plus de four électrique tant qu’on peut dans l’industrie. Voilà, faut électrifier les usages comme on dit dans le monde technocratique. Et Jojo, il aurait bien voulu passer à la voiture électrique sauf qu’il a pas pu. Qu’est-ce qui s’est passé ? Le 14 décembre 2023, le président annonce la mesure. Les foyers modestes sous conditions de ressources pourront prendre un leasing électrique à moins de 100 € par mois pour passer à la voiture électrique. Le 12 février 2024, la mesure est arrêtée. On a cramé la caisse soi-disant. C’està-dire que pour les foyers modestes, on leur dit quoi ? C’est l’écologie intermittente. C’est comme dans les soldes. Vous pourrez, rappelez-vous, je parlais d’un produit pour la possibilité, vous pouvez vous engager, mais faut changer de voiture quand le gouvernement ouvre le créneau. Et ça c’est comment peut-on traiter nos concitoyens de cette façon en leur disant “Faites de la transition écologique mais attention hein, vous pouvez pas changer votre voiture au mois de juillet et avoir le dossier. Vous pouvez pas. Faut faire ça là au début de l’année. Alors évidemment euh il y avait un secrétariat, il y a toujours un secrétariat général à la planification écologique qui avait dit il faut plus de véhicules électriques, on en a pas assez. Bah entre nous on comprend il y en a il y en a eu 50000, on a arrêté la mesure. Vous voyez bien qu’on a un gap he il fallait 100000 de plus 150000 de plus selon les années. Vous avez les courbes vertes et bleues. Bon donc il y avait une planification et puis quand on fait la mesure pour les foyers populaires, c’est l’écologie intermittente. Je trouve ça parfaitement scandaleux. Et alors, ce qui est intéressant, c’est que nos émissions de gaz à effet de serre, elles ont quand même baissé ces dernières années. Elles ont baissé de 2022 à 2023, 2023 à 2024. Et en mai 2024, le premier ministre de l’époque, c’est vrai qu’il change un peu ces temps-ci, dit : “Nous n’avons de leçons à recevoir de personnes en matière d’efficacité écologique et environnementale. On a envie de se mettre au garde à vous. Euh, en fait, il y avait une baisse, sauf que la baisse ralentit.” Alors, pourquoi la baisse ralentit ? parce qu’on fait pas de progrès dans les voitures électriques, on fait pas de progrès dans les pompes à chaleur, on fait pas alors on a l’industrie malheureusement qui se désindustralise un peu et on avait un booster, je vous ai dit tout à l’heure que le nucléaire avait fonctionné un peu plus de 2022 à 2023 puis 2023 à 2024 et donc on a brûlé moins de gaz et de charbon pour faire de l’électricité et donc il y avait 1/3 de la baisse 37 % de la baisse de 2022 à 2023 qui venait de ça et 57 % de la baisse de 2023 à 2024 sauf que ce Joker on ne l’a plus de 2024 à 2025 et comme les voitures électriques, on avance pas si vous me permettez cette expression et pour les pompes à chaleur c’est aussi la pagaille et ben on ne baisse plus. Alors qu’est-ce qui se passe le 31 mars 2025 ? Ah les chiffres ne sont pas bons. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On convoque un conseil de la planification écologique. Vous avez une photo avec les ministres qui sont là, les ministres intègres comme on dit dans une pièce de théâtre je crois. Et la décision, on reprend le leasing électrique. C’est pas beau ça. Donc les les catégories populaires sont prié à partir de septembre de redéposer leur dossier. J’espère que la voiture elle a tenu le coup entre-temps dans ce dans ce sujet-là. Et le 27 mai 2025, je l’adore celle-là. On est en pleine polémique sur les zones à faible émission. Vous savez, c’est quelque chose où on devait avoir moins d’émissions. Bon, c’est un mot très mauvais. J’ai parlé tout à l’heure du marketing. Les anglais appellent ça clean air zone. Zone à faible émission. On comprend rien. C’est quand même pas très clair. Les gens sont anti exclu. Il les mouvements sociaux. Bon bref. Euh et hop les 50000 reviennent. Donc on avait fait 50000 l’année dernière. On en refait 50000 là en septembre 2025. Très bien. OK. Ça c’était en mai. Les a des feux ont capoté peu de temps après pour tout un tas de raisons. Et en le 30 septembre, il redémarre. Il redémarre de nouveau 50000. C’est bien. 7000 € c’est moins d’aide. et la suprême astuce, c’est financé par les certificats d’économie d’énergie. Alors là, on est, je parle sous le contrôle des budgétaire que vous serez pour certains d’entre vous et que je trouve évidemment important. Le CEE, c’est les certificats d’économie d’énergie. C’est le principe poler égal payeur. Ça se retrouve plus dans les impôts, ça se retrouve dans les factures de l’énergie. Quelle astuce ! Donc du coup, les 650 millions ou 1 milliard, enfin, il y a différentes mesures qui passent en CE. Ah, elle se débudgétise. Je ne sais pas d’ailleurs si dans le débat budgétaire de cette année, on va faire ce qu’on appelait chez moi un périmètre constant. Enfin, quand j’étais dans dans une entreprise, quand on acheté des sociétés, il fallait dire est-ce que la votre croissance est avec ou pas, organique ou pas ? Bon, vous connaissez la musique, certains d’entre vous vont passer la grec d’économie. Alors, je fais encore une fois attention à ce que je dis. Donc, on a là tous les défauts. Pourquoi ? Parce que vous allez le retrouver aussi dans ma prime Rennove. Le deuxème élément à l’habitat au lieu du transport qui consiste à dire bah oui voilà euh ma prime rénov alors là c’est caf cayen, il y a plein d’effet pervers. Un dispositif complexe qui agace. Bon les gens ont cri. Euh ça fait c’est noyé dans un makad. Il y a même un journaliste qui a créé le personnage de Pierre Touchet tout parce que vous avez le chèque bois, le chèque machin, le chèque enfin vous avez le chèque covoiturage, enfin vous avez plein de choses. Il était hilarant dans cette section si vous regardez sur YouTube, vous la verrez ou toute autre plateforme. Bon, réouverture de ma prime rénov. Alors, les plafonds, c’est 13000 dossiers, pardon, je crois, les plafonds qui évoluent et encore euh les ciblages sont sur une partie simplement des logements. Financement, c’est eux. de de la même fois que pour le leasing électrique, c’est la même astuce, on débudgétise et là aussi par rapport au secrétariat général à la planification écologique, ben on est très de ça, on parle quelques dizaines de milliers alors qu’on voulait beaucoup plus. D’ailleurs, ça c’est des publications de l’ancien secrétaire général à la planification écologique qui s’alarme du fait qu’on dit ça va trop vite alors qu’en fin de c’était le plan et de la même façon qui dit “Je ne veux pas qu’on choisisse entre les CEE et les crédits budgétaires.” Ça ne manque pas de selle quand même parce que c’est exactement ce qui s’est passé. Alors il y a tout un tas de raisons à ça. C’est plus compliqué, c’est moins contrôlable. Même la cour des comptes n’était pas enthousiasme à l’idée qu’on fasse ça. Vous voyez, c’est quand même très étonnant. Ce qui fait que je dis et pour résumer ce tour de chauffe sur la programmation de l’énergie, on a des mesures qui sont conçus comme par l’architecte de d’Astérix et Obélix numéro Bis et qui sont mis en œuvre comme si on était autant de courteline. Voilà, je pense qu’aujourd’hui et c’est pour ça que d’ailleurs il y a des réactions dans un certain nombre de milieux qui sont très fortes. Alors je fais référence là à un livre et un mouvement qui a fait pas mal de bruit d’Alexandre Jardin Liggueux. euh qui effectivement constate et s’alarme que ben un certain nombre de concitoyens ont le sentiment ben d’être méprisé. Une écologie intermittente avec des créneaux pour s’inscrire et une écologie rationnée, c’estàdire on est d’entrée de jeu, il y a un plafond à la mesure. J’ai pas vu beaucoup ça. Franchement, on traite les gens de milieu modeste pour la transition écologique d’une manière qui franchement n’est pas convenable. Et je comprends parfaitement, on peut être d’accord ou pas d’accord avec Alexandre Jardin, mais je comprends parfaitement que ce mouvement est un écho et que un certain nombre de et il y a des élus, il y a des personnalités politiques qui sont évidemment prononcé en faveur de cette de cette approche très très critique de cette partie des politiques. D’ailleurs, moi-même dans quelques interviews, j’ai dit l’un des ennemis de la transition écologique, c’est l’amateurisme de politique publique. Alors, on arrive à la fin de cette présentation et je vais passer à vos questions parce que j’avais dit que je ferai à peu près une heure par rapport à votre timing. Je crois que je suis dans les temps. L’une de mes conclusions, vous l’avez compris, c’est de créer une vraie structure de conseil scientifique et technique avec des équipes en mobilisant en faisant des saisines, comme on dit, des institutions scientifiques pour avoir un travail collectif et structuré et non pas un travail déstructuré et individuel qui mène aux catastrophes que j’ai évoqué. un renforcement des études de marché avant les mesures. Alors, j’ai j’ai sur ma prime Renov, je je n’ai pas détaillé mais quand elle a été lancé, ça a été le fiasco. C’està-dire queon lance des mesures évidemment le cité est saturé, les gens peuvent pas remplir, ils arrivent dans des cul de sac dans la procédure. Il y a 20000 personnes qui sont sur un groupe Facebook, enfin la dernière fois que j’ai regardé, je crois qu’ils étaient 25000 un un un groupe Facebook qui s’appelle ma galère ma prim. Donc on a des choses à faire sur la compréhension des gens scientifiques et techniques, sur la transparence des sujets financiers, sur la compréhension des attentes, des segments et du processus d’appropriation des mesures de politique publique par nos concitoyens. Je pense qu’il faut dépenser davantage en market research et on récupérera largement cet argent sur l’efficacité des politiques publiques. Mais je voulais conclure par un message qui me tient à cœur qui est de redonner à l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques sa centralité dans le débat. C’est une structure euh vous avez le la présentation de de cette structure qui a une quarantaine d’années qui est bicamérale avec des députés, des sénateurs, qui est transpartisane. Il y a des gens de toutes toutes les les formations importantes de des assemblées et qui peut avec des rapporteurs, avec des auditions comme les commissions d’enquête d’ailleurs, auditionner, garder les vidéos, garder les textes, garder les compte-rendus et faire un rapport de synthèse. C’est un excellent lien entre le parlement et les enjeux scientifiques et techniques. Et je trouve pour ma part que par exemple dans la politique de l’énergie aujourd’hui où on est totalement encalaminé politiquement, il y a eu une tentative de faire sortir un décret en plein mois d’août qui a été bloqué par le premier ministre de l’époque qui était François Verou. redonner à la fois la primuté aux politiques, mais avoir un mécanisme qui, j’espère amènera aussi les administrations à faire un meilleur travail, amènera une meilleure représentation des points de vue des institutions scientifiques et industrielles. Donc en en un mot, avoir peut-être un peu plus de diversité d’origine au sein du pouvoir, arrêter le modèle du technocrate brillant qui digère tous les sujets. Bon, et ça s’applique aussi à des ingénieurs évidemment. une réforme de l’État, des administrations mieux structurées, mieux ciblées, qui fonctionnent mieux, qui contrôlent mieux les enjeux scientifiques et techniques, mais aussi les budgets et un rôle accru parlement avec le recours à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques. Et on a aujourd’hui un enjeu, c’est que les gaz à effet de serre émis en France ne baissent plus. Donc on ne peut plus continuer comme ça. Je pense que le combat du siècle est en train de devenir l’échec de la décennie et c’est ça qu’il va falloir adresser. Et je pense que maintenant et j’espère avec cette présentation et cette passion comme vous avez vu que j’ai mis sur le sujet que maintenant vous vous auriez pu le prédire. Merci beaucoup. Vous avez reconnu votre école, hein ? Bien sûr. Alors, les questions, je veux pas le café question. Euh euh non non, non, mais non, c’est c’était parce que je je peur de vos questions. Non, non. Donc, ben merci beaucoup monsieur Henry Wallard pour votre présentation. On va maintenant passer à une petite phase d’échange entre monsieur Wilard et les questions. Je sais pas s’il y a des personnes dans l’assemblée qui ont des questions. Euh ouais. Bonsoir monsieur. Merci beaucoup pour pour votre présentation. Euh vous parlez du triomphe du bâchotage. Euh est-ce que ce triomphe il tient pas d’une certaine façon à la manière dont on recrute les fonctionnaires aujourd’hui et surtout les haut fonctionnaires avec l’idée républicaine autour du concours et donc ce qui amène ce que vous en parliez tout à l’heure du culte de la personnalité. Alors j’ai pas été jusqu’à employé le mot de culte de la personnalité mais je je pense que non. C’est-à-dire que ce qui est en cause à mon avis, c’est un modèle de carrière. Je pense que la formation et d’ailleurs beaucoup de fonctionnaires qui soient issus de l’ENAT, qui soit issu de l’INSNP maintenant, qui soit issu de votre école, qui soit issu des différentes écoles d’ingénieur techniques de l’État, hein, il y en a dans l’énergie, il y en a dans dans les infrastructures de transport, il y en a dans la défense, hein, il y a un corps de l’armement qui est très important. Je pense pas que ça soit la formation, mais il y a il y a je crois un piège qui a été un carriérisme rapide et qui a été nourri par le passage en cabinet ministériel qui était un peu le singral et c’est là qu’à mon avis ça se gâte. Euh je je pense qu’il faut faire attention à ça, au casting peut-être des cabinets ministériels qui on met dedans. Peut-être avoir un peu plus de diversité. Alors, diversité dans les ministres, je crois que c’est bien d’avoir des gens de formation variées. Il y a il y a un historien qui a écrit quelque chose d’assez intéressant il y a quelques années, c’était après la crise du Covid. Il a dit il y a une disparition des militaires, des médecins et des ingénieurs dans l’État. Alors, je crois que ça vient plutôt de d’une absence d’université et puis d’un schéma carriériste mais pas de la formation même. Je pense que je pense que vous recevez je dis ça modestement mais je crois je pense que vous recevez d’excellentes formations. Je pense que les choses ont quand même progressé d’ailleurs parce que il y a l’accès aux connaissances, on a plus besoin d’aller dans les bibliothèques. encore un peu, mais grâce au numérique, on a accès à tellement de sources d’information, tellement d’exemples de contreexemples. Alors, je crois que la formation oui, elle peut avoir cet impact. Bah déjà, le fait que vous faisiez des gens différents, variés. Bah par exemple, vous m’z venir moi qui suis quand même bon un peu atypique parce que ça fait quand même bien longtemps que j’ai quitté le service de l’État pour lequel j’ai gardé une grande affection d’ailleurs. Donc je pense que dans vos formations, vous faites des stages, vous faites des études, des analyses et cetera. Il y a peut-être une question d’état d’esprit. Je pense que sans faire de de démagogie, je pense que c’est une chance d’avoir accès à des formation comme celle que vous avez et comme celle que j’ai eu et que ça doit forcer une forme d’humilité euh de travail collectif de de compréhension de ce que c’est que la compétence des autres. Je crois que insister là-dessus dans l’information, c’est très important. et puis les fiascos, analyser les fiascos, le combat du siècle qui est en train d’être perdu c’estàd qu’en fait le le Fed for 55 qui était arrivé à une baisse, ça a été écrit à plusieurs reprises. Pas moi là, c’est pas moi qui le dit, je peux ça a été on atteindra pas l’histoire des voitures électriques que je vous raconte, c’est quand même hallucinant, voyez. Donc je pense que l’analyse des échecs des politiques publiques peut être aussi un élément important pour vous donner les atouts. Certains d’entre vous iront évidemment dans des cabinets ministériels, auront des fonctions importantes des administrations, mais je pense que c’est le peut-être l’encadrement dans la formation qui doit donner ses piqures de rappel. C’està-dire voilà, il y a des tas de savoirs, il y a des tas d’expériences, il faut tout pour faire un monde et insister là-dessus. Voilà, je crois qu’il y a eu euh je l’ai vu moi-même he dans les dans les corps techniques hein l’idée la rapidité de carrière et l’alpha et l’oméga du succès et après on va dans une grande entreprise ou faire ceci cela. Alors des fois ça marche, des fois c’est une catastrophe donc il y a pas de règle absolue, il y a toujours des exceptions, il y a toujours des gens de qualité, des gens carriéristes un peu partout. Donc je pense que votre formation, elle est probablement très adaptée à ça euh mais que c’est les questions de l’état d’esprit et des modèles de référence auquel il faut faire attention. Merci beaucoup. Si quelqu’un d’autre a une question. Hm. Oui. Alors, attends, vous pouvez faire Bonsoir monsieur. Euh donc, vous souvenez régulièrement qu’il existe un manque de cohérence dans la mise en œuvre des politiques publiques avec des objectifs à long terme qui sont pas clairement définis alors même qu’il existe des organes censés clarifier une vision de long terme pour la France. Je pense par exemple au commissariat au plan qui a été réintroduit par Emmanuel Macron, même si c’est un organ qui est très critiqué. Euh que manque-t-il concrètement pour établir des plans clairs de long terme en France ? Euh quelle modalité faut-il envisager ? Alors, vous avez raison de soulever ce point. Euh je ne l’ai pas adressé. Alors, je l’ai adressé dans le livre la question du plan. Le plan, il a été beaucoup balloté et le secrétaire général à la planification écologique, il a été beaucoup balloté. Euh le plan n’apparaît pas comme ayant beaucoup de pouvoir aujourd’hui. Donc je pense que ça ne fonctionne pas. Mais vous avez raison, ça pourrait être un endroit pour le faire. Et pourtant, si vous lisez la lettre de mission qui avait été concée à François Berou quand il a été lui-même nommé commissaire général au plan, je crois que c’est ça son titre exact, était une lettre ambitieuse et je crois que c’est comme beaucoup de choses, il y a des effets d’annonce. On a aujourd’hui, je pense, une maladie de beaucoup de décisions publiques et de beaucoup de d’acteurs politiques, c’est de se précipiter pour annoncer, de causer dans le poste, si je puis la question du commissariat génér au plan, il y a une annonce mais c’était pas suivi d’une d’une vraie réflexion sur comment on va faire, quel moyen c’était allusif dans la lettre, quelle autorité. Voyez à quel moment on dit euh oui, c’est vraiment important. Par exemple par exemple je parla de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Le commissariat au plan sur la question écologique ou sur l’intelligence artificielle viendra présenter tous les ans ou tous les 6 mois à l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques et aux commissions par exemple du développement durable des deux assemblées. L’état de ces travaux ces recommandations bien en avance du débat budgétaire pour que ça ait un impact important dans les décisions budgétaires de l’année d’après. Là là pour trop tard. En plus les circonstances s’y prêtent mal. Mais vous voyez je pense qu’il faut bien sûr penser à des structure. Vous avez parfaitement raison. J’appelle moi-même à une structure de conseil scientifique. Peut-être rattacher un organe de conseil scientifique au plan mais lui donner une vraie force une vraie puissance à l’intérieur du service de l’État. On a beaucoup de structures publiques qui sont faibles et on a des structures qui servent aussi à soulager l’administration de ce qu’elle n’arrive pas à bien faire elle-même. Je parle là des agences, il y a eu des débats houleux sur le rôle de l’ADEM par exemple et là aussi ça s immédiatement politisé. Enf aides, les évaluations, ce qui fonctionne, ce qui fonctionne pas. Où est-ce qu’on peut économiser, avoir un débat technique opérationnel. le commissaire général au plan pourrait travailler là-dessus en disant voilà les objectifs importants par exemple de transition climatique, voilà les actes qui où il travaille sérieusement et où il y a un vrai suivi. Et en fait ce qui se passe c’est que ces ces ces choses-là ne sont pas pensées de bout en bout avec un début, un déploiement, des mesures, passez-moi l’expression qu’on ne lâche pas le morceau en cours de route. Donc le commissariat général le plan pourrait pourquoi pas mais aujourd’hui ça n’en a pas pris le chemin. D’ailleurs, est-ce que vous êtes alors vous vous êtes certainement capable vous êtes capable de me dire qui est aujourd’hui commissaire général au plan ? C’est Clébone. Voilà ancien ministre des transports. Non mais je me doutais que vous vous sauriez mais vous savez si vous posez les questions à pas mal de gens ils ont l’ bredouillé. ça a disparu du circuit sur la planification écologique. Pareil, on est on a je pense des structures qui sont théoriquement utilisable mais ce qu’il faut c’est les rendre pratiquement efficaces et c’est la globlesse. Euh bonsoir. Euh moi j’avais une question pour revenir sur ce que vous avez décrit comme une situation de crise en France sur bah le lien entre politique et et expertise. Et ça enfin j’ai peur que ça s’éloigne un peu du sujet mais pour aller un peu plus loin, il me semble qu’il y a un un rapport qui a été rendu récemment sur l’état de l’indépendance de de la recherche en France. Est-ce que vous pensez que c’est enfin notamment au regard de tout ce qui se passe aux États-Unis, euh est-ce que vous pensez qu’en France il y a une réelle menace à ce sujet notamment autour de la de la recherche sur toutes les questions environnementales ? Alors, j’espère que non et je pense que non. Je crois qu’aujourd’hui, d’ailleurs, vous avez constaté, on avait on a eu un appel d’air. Il y a eu des déclarations au plus haut niveau de l’État. Je crois le président de la République lui-même s’est exprimé là-dessus pour faire venir des chercheurs américains. Ce qui a d’ailleurs suscité un centre de protestation en disant “Mais nos chercheurs ici, ils ont des problèmes d’effectif, de budget et cetera.” Donc ça a été là aussi un sujet tout est polémique aujourd’hui. Donc je je crois je ne crois pas qu’il y ait des menaces sur ces sur une sorte de de voilà, disons le mot de censure ou de restriction. Euh je j’espère évidemment que non et je pense que non. Maintenant euh le sujet de politique de la recherche. Alors je je vais un peu passer mon tour parce que si vous voulez je ne suis pas un spécialiste de ces sujets. Donc je m’impliquer à moi-même. C’est déjà eu beaucoup de mal à avoir quelques idées claires sur l’énergie et la mise en œuvre concrète pour nos concitoyens. Euh je pense que sur les politiques de recherche, on a besoin certainement d’ailleurs si un conseil présidentiel de la science qui a aussi lui aussi été un effet d’annonce hein manifestement euh il faut remettre la science au cœur des priorités, ça c’est clair. Bien sûr qu’il y a des contraintes budgétaires, mais on arrive quand même à arbitrer. Enfin, il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites. Je ne crois pas que la question du climat soit soit occultée aujourd’hui. Maintenant, il faudrait le demander à des à des grands spécialistes à des grands spécialistes du climat. Alors, vous avez une salle ou un amphithéâtre qui est la salle Jean-Jousel par exemple. Alors, il se trouve que je on connaît Jean-Jousel, je lui poserai la question parce qu’il répondra mieux que moi à ce sujet. Mais j’espère vraiment que non parce que je crois que aujourd’hui, voyez, il y a des articles qui paraissent par exemple sur la géoingénierie. Il y a eu un avis, je crois, alors je crois que c’est un avis de l’Académie des Sciences d’ailleurs, mais on voit tellement de choses. Euh vous savez qui consiste par exemple à dire on va agir sur la l’atmosphère pour changer enfin réduire les effets du changement climatique. Il disent attention danger, il faut faire très attention à ça. Donc je pense que c’est un sujet où on a besoin de recherche et d’expertise et dont il faut respecter la totale indépendance. Euh maintenant, je vois bien pourquoi vous posez la question. J’ai parlé de Lisenko brièvement dans mon dans mon exposé, hein. L’idée d’une science contrôlée par le politique est une idée totalement contre nature. Euh mais c’est vrai aussi l’université. C’est vrai aussi l’université. les universitaires, on peut être d’accord, on peut d’accord avec dis mais ça c’est un espace de liberté et je crois que la science doit doit le rester. Alors dans la question que vous posiez, je me souviens de quelque chose d’intéressant qui avait été dit par Anne Lulier qui est une dame qui avait le prix Nobel il y a un ou 2 ans et qui qui dit ce qui est très important c’est de laisser de la liberté aux chercheurs. Il y a il y a la liberté politique derrière la question que vous évoquez, mais je dirais même il y a aussi la liberté euh dans toutes les métriques d’évaluation. C’est que la recherche ça ne se passe jamais comme prévu. Le chercheur à un moment il va sortir des sentiers battus, il va tomber sur un une voie sans issue. Il va revenir en ar prédire. Donc je pense qu’il faut laisser des espaces de liberté aux chercheurs avec des budgets. Alors il faut être réaliste mais c’est pas non plus des sommes toujours monumental en disant chercher euh vous savez il y a une phrase qui a fait Floress en disant je peux faire des des chercheurs qui trouvent à des chercheurs qui cherchent. C’est une phrase totalement absurde. Il faut laisser à la recherche scientifique un espace de liberté à la fois la liberté politique mais aussi une liberté dans le domaine des thèmes de recherche. Je parlais avec l’une des nombreuses médailles field qu’on a en France il y a quelques années, Cédric Vilani et on parlait de l’école normale supérieure, notre conseur en mathématiques. On a quand même de beaux succès en mathématiques. Et je me souviens dans cette conversation qui m’expliquait à peu près la même chose. C’estàd qu’en fait il y avait on laissait une grande latitude aux chercheurs. C’est vrai qu’ mobilise pas des appareils extrêmement coûteux mais voilà et aux philosophes, aux économistes, je crois qu’il faut laisser les espaces de liberté. Mais je si vous invitez le nouveau prix Nobel d’économie puisque c’est dans votre secteur, posez-lui la question, il répondra bien point. Merci. Est-ce qu’il y a d’autres questions ? personne Cassand euh bonjour, merci pour votre présentation. C’est une question un peu plus pratique mais à l’avant vous évoquiez donc la l’impact plutôt pas négatif mais euh la comment la transition écologique est vécue par les foyers modestes et vous émettiez plutôt un avis négatif. Comment est-ce que vous percevez les fe mais sur cet aspect-là par rapport au foyers modestes ? Merci. Alors, merci pour cette question parce que il y a quelque chose qui est très important, c’est que dans les sondages d’opinion, vous constatez que la préoccupation écologique reste largement soutenue. Ce qui fait dire d’ailleurs à certains commentateurs, c’est pas normal, les Français sont favorables à la transition écologique et donc c’est pas normal qu’on ralentisse sur des mesures. Ça peut être le cas des aides des feux, ça peut être le cas d’autre chose. Alors ça c’est typique d’une mauvaise exploitation des sondages qui consiste à s’intéresser d’une part à la dispersion et pas seulement à la moyenne mais aussi au processus d’ensemble sur lequel devrait porter les sondages ou les enquêtes marketing. C’est le cas c’est le cas sur la ZFE. Euh la dispersion d’abord, si vous avez une moyenne de 60 % de gens qui sont favorables et vous avez euh 25 % de gens qui sont très défavorables, très motivés et pire encore très localisé, vous avez les bonnets rouges, les gilets jaunes et cetera. par exemple, il y a une je porte pas de jugement sur ces mouvements. Je dis simplement que vous avez des résistances et que le le gouvernement ne passe pas sans parler des préoccupations politiques ou politiciennes. Et donc la dispersion est importante. Il faut regarder ceux qui sont vraiment très opposés à quelque chose. Je prends un exemple qui est un peu lié à la transition écologique. La limitation de vitesse sur les autoroutes à 110 km/h. 63 % des Français dans les derniers sondages il y a quelques années qui ont été publiés là-dessus sont pours et pourtant ça n’a pas été fait. Donc une favorabilité ne suffit pas à mettre en œuvre une politique publique. C’est là qu’intervient le deuxième élément et je je vais après être plus précis sur les a des feux. Deuxième élément sur exactement ce que j’expliquais concevoir la politique produit comme un produit. La politique je produit la politique publique comme un produit et un service. Qui ça va concerner ? Qu’est-ce que ça va impacter dans leur vie de tous les jours ? Comment ils vont faire concrètement ? Il y a des coins où il y a pas de transport. on a besoin de sa voiture, comment on fait pour avoir la voiture électrique et cetera et cetera. Oui. Alors, les aides des feux, les aides des feux, ça a été al je suis pas j’ai fait de deux plateaux deux ou trois plateaux de télé sur le sujet au moment où les les aides des feux battaient son plein. Donc, j’ai dit un certain nombre de choses. J’ai rappelé qu’il y avait un contexte inflammable hein, je vous ai dit une soixantaine de pour des Français qui considèrent ne pas avoir le respect auquel ils estiment avoir droit. inquiétude qui a été effectivement reprise et je parlais du mouvement légueux qui s’est beaucoup beaucoup manifesté à ce moment-là. Pourquoi ça a pris et pourquoi les aides des feu ont sauté ? Mais ça a été extrêmement mal piloté. On était dans le j’y pense et puis j’oublie. Ça fait des années qu’on sait que les ZFEU vont être mises en place. Donc déjà ça commence avec le nom. Je vous l’ai dit ZDFU c’est Cleaner Zone dans notre pays. Et on dit “Ah oui mais les gens ils se font des idées fausses en fait. Ils auraient pu venir avec leur voiture s’ils allaient voir le médecin. Ah bah d’accord, mais comment ça se fait que les gens pensent le contraire ? C’est un effort de communication de longue haleine pendant des années avec des relais. C’est pas une un coup de com en disant tiens on annonce les a des feux puis après on ah tiens on va avoir les aidu arriver. L’article que je vous ai mis du 28 mai, on était en plein dans la polémique, c’était quelques semaines après la sortie du livre. Ça n’a pas été accompagné. On n’a pas dit la Zé des feux, c’est une des priorités et les ministres ils héritent de la priorité de leurs prédécesseurs et ils ajoutent un peu et ils continuent. On a autre soucient pour annoncer leur mesure, attacher leur nom à quelque chose. Voyez, je pense qu’il manque une modestie des politiques publiques, une modestie al peut-être contre nature, des fonctionnaires et des ministres en disant “Mais moi, je vais pas changer énormément de choses.” On va dire “Vous êtes pas réaliste.” D’accord. Euh je suis pas si sûr que ça. Euh je vais continuer et les aides des feux, on va les faire marcher. Alors évidemment ça c’est très mal terminé. Le gouvernement a finalement reculé. Il y a des espèces de combat d’arrièregarde. On va quand même faire des effeux, pas des effeux. Plus personne n’y comprend rien. Donc c’est un exemple de d’abord de mauvaise utilisation des sondages et de très mauvais marketing. Et je dis ça sans que ça soit dérogatoire. Il faut un marketing des politiques publiques. Il faut déjà une marque, le nom est pas bon. La communication a été sporadique, on n pas rassuré les gens, on n pas on n pas fait ce qu’il fallait pour qu’elle soit mise en place. Et malheureusement, ben vous vous le trouvez ben dans une politique qui est abandonnée et vous l’avez vu dans les chiffres des émissions de gaz à effet de serre, les voitures électriques qui suivent pas, les pompes à chaleur qui suivent pas et cetera et cetera. Donc je pense qu’il faut pour ces questions de transition écologique choisir des axes et que ça soit des axes durables. On peut pas faire des vas et viens, on peut pas faire une écologie intermittente. On doit bien calibrer la mesure pour éviter une écologie de rationnement. Quand on dit aux gens voilà, il y aura x milliers de dossiers qui seront pris, après on ferme le guichet. Et c’est le rationnement ça. C’est un ticket de rationnement pour les classes populaires. En écologie, c’est vraiment tout à fait inacceptable. Et l’Asie des feux, elle est tout à fait dans ce ressort. Beaucoup de gens ont compris que ils ne pourraient plus aller avec leur vieille voiture et en plus au moment où on met en place les a des feux, on avait arrêté le leasing social. Vous y croyez à ça ? Et le 28 mai, en pleine polémique sur les aides des feux, on dit “Ah, on vous annonce qu’en septembre, on va le remettre en place.” Mais comment voulez-vous que les opposants aux aides des feu n’aient pas obtenu gain de cause ? Avec un tel amateurisme des politiques publiques, on n pas besoin d’ennemis de la transition écologique. Le verre est dans le fruit. Voilà ce que je pense des aides des feux. C’est une mauvaise décision de l’avoir arrêté, mais on ne pouvait pas faire autrement vu le l’amateurisme et le oui le manque de conscience de la de l’importance de de ces sujets. Donc j’espère qu’on va un moment ou un autre. Alors, j’ai j’avoue je n’ai pas beaucoup d’espoir dans la situation politique d’aujourd’hui. Je crois qu’il va falloir un schéma où il y ait une majorité parlementaire et peut-être un nouveau contexte de la présidence pour pouvoir repartir sur des bases un peu plus un peu plus sereines et surtout pour pouvoir après consultation des parlementaires, après consultation des scientifiques et après écoute des citoyens par un vrai travail de préparation et un vrai travail de continuité dans la déploiement des mesures, bah faire de l’écologie combat du siècle effectivement bah le succès des des quinquenas suivants. Merci beaucoup. Merci monsieur Wallard de nous avoir éclairé. Je dois malheureusement clore ce ce moment de question. Je vous remercie vous tous et toutes d’avoir assisté à cette conférence. Si vous voulez poursuivre les chances, vous le pouvez autour de d’un modeste buffet organisé par l’association EBIDEM. Merci encore et bonne soirée. Merci beaucoup, c’était super. Bon, vous aviez démarré avec un peu de retard, donc j’ai pris un peu plus que 19h. Oui. Oui. Ah oui.