Carcassonne au Moyen Âge, ça devait être quelque chose !
Et justement, les équipes d’Excurio ont réalisé une expédition immersive en réalité virtuelle où on peut se balader dans la cité en 1304 : https://www.excurio.com/les-derniers-remparts/
En voyant des photos ou même en vous baladant dans les rues de Carcassonne, n’avez-vous jamais eu envie de vous y promener au Moyen Âge ? Eh bien justement, le partenaire de cet entretien, Excurio, a récemment produit une expérience en réalité virtuelle permettant de parcourir la cité au début du 14e siècle, dans les pas d’un jeune seigneur du nord de la France : Les Derniers Remparts, Carcassonne 1304 ! C’est chouette, parce qu’une telle expérience peut poser plein de questions historiques, autour de la réalité de l’intrigue bien sûr, mais aussi de plein d’autres éléments, comme l’architecture, les vêtements, les métiers… Bref, il y a de quoi dire ! Et justement, j’ai eu le plaisir de recevoir dans un nouvel entretien historique Ludovic Marguerie, qui a été co-auteur et lead designer durant la réalisation de cette expédition immersive. Alors comment ça s’est passé dans les coulisses, et comment ont-ils travaillé avec des historiens ? C’est ce que je vous propose de découvrir aujourd’hui !
➤ Apprenez en plus également sur l’expédition immersive sur le site du partenaire d’Excurio, le Centre des Monuments Nationaux : https://www.monuments-nationaux.fr/innovation/projets-innovants/les-derniers-remparts-carcassonne-1304
➤ Et pour avoir quelques images des coulisses : https://youtu.be/L3DW-vsGZqM
Sommaire :
00:00:00 – Introduction
00:02:31 – Le parcours de Ludovic Marguerie
00:04:03 – Excurio
00:05:20 – Les expéditions immersives
00:11:23 – L’Inquisition et l’Histoire de Carcassonne
00:24:47 – Le scénario des « Derniers Remparts »
00:27:01 – Le dispositif de l’expédition immersive
00:32:47 – Les forces de la VR
00:38:39 – L’objectif de l’expédition immersive
00:41:58 – La conception du projet
00:55:11 – La cathédrale
00:57:26 – Les libertés narratives
00:58:23 – Les différents experts qui ont travaillé sur le projet
01:05:06 – Le métier de Lead Designer
01:14:38 – Reconstituer la Carcassonne d’antan
01:19:37 – Les personnages et les comédien.nes
01:22:46 – Les vêtements de l’époque et la croix jaune romaine
01:25:51 – Les méconnaissances historiques
01:27:03 – Les langues et l’ambiance sonore
01:30:41 – Ce que Ludovic Marguerie a appris de ces recherches
01:32:53 – Les tours et le moulin
01:33:37 – La durée de l’expédition immersive
01:34:35 – Bibliographie sélective
01:37:28 – Projets futurs et conclusion
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➤➤➤ Sources en fin de description
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➤➤➤ Pour en savoir plus :
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– “Histoire de Carcassonne”, Jean Guilaine, Daniel Fabre, 1991.
– “Carcassonne. Histoire et architecture”, Jean-Pierre Panouillé, 2011.
– “La Cité de Carcassonne”, Jean-Pierre Panouillé, 2024.
– “La Cité de Carcassonne. Des pierres et des hommes”., Jean Blanc, Claude-Marie Robion, Philippe Satgé, 1999.
– Les Éditions du Patrimoine du Centre des Monuments Nationaux : https://www.monuments-nationaux.fr/editions-du-patrimoine
– “L’anatomie du scénario”, John Truby, 2010.
– “L’art du game design. Se focaliser sur les fondamentaux”, Jesse Schell, 2022.
– “An Architectural Approach to Level Design”, Christopher Totten, 2014.
Mes chers camarades, bien le bonjour. J’espère que ça roule, que vous soyez ici en direct sur Twitch ou en rediffusion sur YouTube même en podcast puisqu’on est absolument partout. Aujourd’hui, on va causer VR et Carcasson. Vous allez voir, ça va être génial. On entend souvent parler de jeunes violet le duc qui a retouché pas mal de monuments pour les adapter à sa vision du Moyen-Âge, voir carrément à des villes comme ça peut être le cas pour la cité de Carcasson. Mais du coup, la cité médiévale de Carcasson, à quoi elle ressemblait ? Et bien pour en avoir un aperçu, j’ai un petit conseil à vous donner hein. C’est la nouvelle expédition immersive du partenaire de cet entretien Excur qui s’appelle les derniers remparts Carcasson 1304. Alors Escurio, il a déjà par le passé réalisé plusieurs expéditions immersies en réalité virtuelle en lien avec l’histoire. Et dans celle-ci, on va suivre les pas d’un jeune seigneur du nord du royaume de la France dans la Carcassonne du début du 14e siècle à l’époque de l’Inquisition des Qatars et juste après la croisade contre les Albijois. Alors je vais pas rentrer plus dans le détail de questions super intéressante côté histoire tout de suite hein. On va on va parler de cette expédition immersive. L’intrigue de cette expédition immersive, elle se passe dans un contexte historique qui est bien réel. Et du coup, les équipes d’Excurio, elles ont pu reconstituer une ville entière du 14e siècle. Franchement, c’est pas rien. J’ai tester l’expérience moi-même et et c’est assez impressionnant. Et pour ça, forcément, ils ont fait appel à pas mal d’experts. Ils se sont notamment associés au CMN, le centre des monuments nationaux hein tout au long de ce projet. CMN avec qui nous aussi chez Notabéné, on a eu l’occasion de bosser. Donc aujourd’hui, vous l’aurez compris, on va pas mal parler euh des coulisses et pour ça, j’ai le plaisir de recevoir Ludovic Marguery qui travaille chez Escurio depuis pas mal de temps et qui a été co-auteur et lead designer de cette dernière expédition immersive. Euh, bonjour Ludovic, comment ça va ? Hello Benjamin, salut tout le monde. Bah, ça va super. Je suis très content de pouvoir parler de de cette expérience qui a pris pas mal de temps à être créé. Ben ravi de te recevoir. En plus, moi je alors tu vois, tu tu vas mêler des trucs que j’aime bien parce que bon ben, je fais de l’histoire depuis plus de 10 ans maintenant sur YouTube. Euh et euh j’ai beaucoup de casques VR à la maison parce que je suis un un gros pigeon qui achète les derniers trucs qui sortent à chaque fois et euh et j’adore ça. Donc là, tester cette expérience, ça a été ça a été super pour moi. Franchement, vous avez fait du bon boulot et on va reparler pendant ces ces 2 heures. Et ben merci beaucoup. Toi donc tu tu as été lead designer sur cette expérience, cette expédition immersive. Tu as été co-auteur aussi, donc tuas tu as écrit “Comment est-ce que tu t’es lancé dans ce dans ce milieu ?” Euh bah déjà, j’ai été marqué par les films avec de la réalité virtuelle quand j’étais petit, hein, Matrix, Demolitionman, tout ça. Donc j’avais très envie de de créer des mondes virtuels depuis toujours. Euh donc quand il a fallu faire des études, j’ai choisi un master et technologie à Paris Est. où j’ai appris beaucoup de choses et euh notamment euh le rôle de la musique et du son dans l’immersion, dans les dans les jeux vidéos ou ou dans les mondes virtuels. Euh j’ai un peu bifurqué, j’ai créé un label et et un studio, donc j’ai fait pas mal de musique au début. Après, j’ai travaillé un petit peu à la télé en tant qu’enquêteur réalisateur et euh et puis j’avais toujours ça en tête de “OK, mais moi je veux faire des mondes virtuels, donc comment on fait Donc, j’ai repris les études. Je suis allé à l’école des Gobelins à Paris avec l’École nationale du jeu et des médias interactif engem. Euh et euh et j’ai passé mon diplôme. J’ai fait un projet de fin d’année en réalité virtuelle qui a bien marché. On a on a gagné des petits concours, on a on a fait des festivals et euh comme ça, j’ai été repéré par Guillaume Martini, le le head of création de d’Exurio. Et j’ai pu travailler euh ici dans cette dans ce studio depuis presque 9 ans. Ah oui, donc ça fait un petit moment que tu es quasiment autant que moi que ça fait un moment. Et c’est quoi Excurio ? Alors alors Excuro, alors c’est deux choses à la fois. C’est déjà un studio de création, donc on fait des expériences en réalité virtuelle. On a inventé le format expédition immersive. Donc je pense on va en reparler pour expliquer un peu ce que c’est. Et euh et pour ça, on a créé une plateforme technologique euh qu’on va pouvoir là pour l’instant on l’utilise juste pour nos besoins, mais on va l’ouvrir à à d’autres studios pour qu’ils puissent créer eux aussi des expéditions immersies comme nous. et euh et du coup on travaille aussi sur ça sur la plateforme. Donc au même titre que peut-être que je mélange tout he mais donc au même titre que dans certains jeux vidéos, on a plusieurs jeux vidéos qui vont se reposer sur des moteurs par exemple Unreal ou des choses comme ça, vous vous allez mettre à disposition votre propre moteur entre guillemets, votre propre plateforme pour que d’autres puissent en servir. C’est exactement ça. On a une surcouche en fait qui marche sur les différents moteurs, Unreal ou Unity par exemple qu’on a créé et qu’on va rendre disponible pour que tout le monde et nos outils et aussi puisse les faire tourner dans des grandes salles parce que nous notre principe c’est qu’on est dans des grandes salles de plus de 600 m² et faut détecter tous les utilisateurs en temps réel et donc on a tout un système pour ça. Donc ça fait partie de de sur sur ce sur quoi on travaille là actuellement. Ouais. explique-nous un petit peu justement le le concept de de ces expéditions immersive parce que du coup c’est directement lié à ces à ces grandes salles de 600 m². Ouais, sinon je pense ça va être trop abstrait. En gros euh une expédition immersive c’est donc c’est une c’est une expérience en réalité en réalité virtuel, une aventure euh dans laquelle euh on va pouvoir venir seul ou accompagner. on peut être jusqu’à 6 personnes et euh on arrive, on s’équipe du casque et on déambule en fait dans des grandes salles donc de de plusieurs centaines de mètres carrés et on est propulsé dans dans le temps ou dans l’espace euh et on va découvrir euh toute une histoire avec des personnages qui nous accompagnent sur environ 45 minutes sur la plupart de nos expéditions immersive là. et euh et on peut se voir, on peut communiquer avec ses potes, on peut euh voir aussi les autres personnes qui sont dans la salle et euh et c’est un aspect là plutôt euh c’est un média euh euh culturel parce que là toutes nos expositions en fait, elles sont en partenariat avec des partenaires et il y a il y a des choses très pédagogiques, il y a beaucoup de d’éléments historiques ou d’architecture ou d’art. Euh donc c’est voilà, c’est un cinéma amélioré parce que on vit à l’intérieur du monde virtuel et on se balade en toute liberté et euh et ça c’est c’est ça c’est cool. Ouais, c’est ça. Moi moi qui a testé l’expérience, tu vois, c’est un peu comme alors c’est chemin entre un long métrage et un courtmétrage. Du coup, c’est 45 minutes, mais tuas tu as une vraie narration en fait. tu as un peu l’impression d’être dans un épisode de série euh et qu’en même temps, mine de rien, on te on te lâche pas mal de petites infos à droite à gauche sur un contenu vraiment pédagogique, mais ça passe dans les dialogues, dans le jeu des acteurs, dans tous ces trucs-là et c’est assez assez cool. Ouais, en fait en fait on veut on veut être subtile aussi. On a plein de choses à raconter, même trop, ça rentre pas dans 45 minutes, mais on essaie de les distyler, mais d’avoir aussi des personnages forts. Euh et une intrigue. Je pense que c’est important de mettre les narrations et euh et euh message euh pédagogique. Euh et donc là ou on essaie de de mixer un peu un peu tout ça et et aussi c’est accessible à tout le monde donc à partir de 8 ans et aussi pour les PMR donc personne à mobilité réduite il y a aucun souci vous pouvez venir. Euh et là depuis les dernières remparts, on peut utiliser nos mains, ce qui est top pour interagir avec le monde virtuel. Donc ça c’est la petite nouveauté sur sur cette expédition. Alors, sachant que euh donc là euh sur ce format là, on peut visiter Carcasson début 14e siècle et et déambuler dedans. Euh on va avoir plusieurs tableaux, on va en reparler. Mais avant Carcasson, vous avez bossé sur d’autres euh d’autres expéditions. On a on a pas mal d’expéditions là qui tournent dans le monde entier. On a plus d’une vingtaine de salles actuellement. Et euh on a commencé par Éternel Notre Dame. Donc quand quand Notre Dame a brûlé, on a on a travaillé pour la rendre accessible au public. pendant les 4 années de de restauration. Donc, on était avec l’organisme de restauration et et le diocèse de Paris et et on a on a écrit bah avec Guillaume Martini, moi-même et et Bruno Cé, on a écrit euh toute une expédition qui permet de comprendre l’histoire de Notre-Dame depuis bah sa création, donc en 1160, mais nous on commence en 1240 parce que sinon il y avait rien à regarder. Et euh et ça ça a bien marché. C’est c’est sous la Notre Dame actuellement par exemple. on peut visiter encore et ça permet de d’avoir plein d’infos. Ensuite, on a fait l’horizon de COP qui permet de comprendre bah le le plateau de Guisé et la la grande pyramide de KOs euh où on suit une déesse chat et une jeune égyptologue. Et après on a alors là c’était avec des égyptologues et après on a travaillé à sur monde disparu qui nous permet de voyager dans le temps et de redécouvrir toute l’histoire de la création de la vie sur terre. Donc ça c’était avec le Muséum national d’histoire naturelle. C’était ultra intéressant. On avait une trentaine de scientifiques avec nous. On a reproduit quasiment 100 100 espèces sur plus 4 enfin 4 milliards d’années en gros. Euh ensuite on a travaillé avec le musée d’ors sur les impressionnistes aussi euh où on peut comprendre le début du mouvement. Donc les impressionnistes c’est un mouvement pictural, c’est c’est des peintres, des grands peintres. Euh donc on peut comprendre comment ça a été créé et découvrir un peu la la personnalité de certains peintres. Euh et euh et là du coup bah les derniers empars Arcass 1304, c’est notre toute dernière expédition. Ouais. Donc pas mal de trucs très très différents et des projets qui peut-être parleront déjà au aux oreilles de ceux qui nous écoutent puisque bah par exemple l’Éternel Notre Dame, on en a quand même énormément parlé un petit peu partout dans les médias. En tout cas je c’est Ouais. Et et vraiment c’était vraiment top parce que bah tout le principe c’était de montrer aussi que la cathédrale en fait elle avait eu des multiples visages et que en fait bah OK, elle a brûlé mais il lui arrivait tellement de choses dans sa vie que ça fallait dédramatiser un peu la chose et en même temps permettre de visiter l’ancienne Notreame. Malheureusement, j’ai pas vu la nouvelle donc je suis impatient de de pouvoir visiter quand même. Mais ouais, on a eu de la chance, ça a bien marché. Bon, alors du coup, Carcasson, euh bon, alors on le précise déjà toi ta spécialité hein, c’est c’est l’écriture, c’est la technique, c’est la narration en VR, c’est pas l’histoire, mais tu me l’as dit juste avant qu’on lance le rec de cette émission, j’ai un peu poncé le sujet, mais voilà. Euh donc je vais quand même te poser quelques questions, Isto mais on le on le répète à tous ceux qui nous écoutent. Tu n’es pas historien, donc s’il y a une ou deux petites erreurs, veuillez pardonner à Ludo. En tout cas, il fait de s mieux. Ludo, c’est juste une star en fait. C’est ce qu’on voit dans le chat. Je crois que tu as des collègues qui se sont infiltrés dans le chat. Ouais, il y a du trolling là. Ouais. Alors, Carcasson 1304, l’intrigue, elle se passe autour quand même d’un d’un truc en particulier, l’inquisition et même si on prononce pas vraiment leur nomar effectivement et on prononce pas leur nom parce que en réalité pour revenir sur l’histoire des des Qatars, c’est déjà un peu ancien. Là, on est en 1303 quand on arrive et euh les Qatars, c’est donc je vais expliquer un peu ce que c’est les Qatars quand même en me trompant, ça va être plus rigolo. Euh donc les Qatar en fait, c’est un mouvement un peu dissident de du catholicisme euh qui qui réfute pas mal de choses de du dogme de du pape, quoi. le mariage, le baptême, la féodalité surtout, c’est ça va poser problème puisque pour eux la personne qui travaille la terre c’est la personne qui possède la terre. Bah, ça marche pas trop comme ça en Europe à ce moment-là. Et ça va prendre de l’ampleur. Il y a il y a plein d’autres détails. Par exemple, il mangent pas de viande, plein de choses qui permet aussi de de les débusquer parce que on va voir qu’ acquisition c’est un peu ça. Euh mais donc ce mouvement prend de l’ampleur dans le sud de la France. Euh ça commence à être validé par des seigneurs comme les trancavel, on va on va en parler vite fait et et par même le clerger de de de la région. Donc le pape Inocent est pas du tout content et il demande à à Philippe Auguste de partir en croisade contre contre alors on appppelait pas ça des Qatars mais des albijois et ça regroupe vraiment beaucoup de mouvements religieux. C’est pas une religion en soi mais c’est des religions qui qui allaient à l’encontre de ce que le pape demandait. Et donc on va avoir la première croisade dans un pays chrétien de chrétiens contre des chrétiens euh en 129. Donc c’est c’est 100 ans avant notre histoire. Mais la guerre va durer très longtemps, enfin 20 ans. Euh et en fait, ils vont se rendre compte que le peuple aime leur seigneur et ils vont se rebeller un peu contre le pouvoir du roi. Donc il va falloir fortifier Carcasson euh et mettre des gens de confiance là-bas pour assurer la la sécurité aussi des représentants du roi et ça va créer une forteresse imprenable, réputé imprenable et qui alors tu sais que moi le c’est un des grands que j’ai pour l’instant, j’ai jamais foutu les pieds en vrai à Carcasson euh et et vraiment je c’est un des trucs qu’il faut que je fasse où je me dis là là Je me je m’ambiance pour y aller quoi. Bah c’est un peu sympa quand même. C’est la plus grande cité fortifiée d’Europe et euh en plus de ça, petit spoiler, euh le centre des monuments nationaux là vient enfin d’ouvrir le rempart complet. Donc on peut vraiment faire le tour comme à l’époque puisqu’il y avait beaucoup de restaurations. Euh donc même moi là, j’ai envie d’y retourner pour pour revivre ça. C’est c’est magnifique hein comme cité. Ah bah oui oui. Et puis euh là ce que ce que vous avez fait, ça donne aussi encore plus euh encore plus envie. Euh juste pour les Qatars, petit aparté, euh on j’avais bossé avec le le musée euh le musée euh Saint-Rmond euh de Toulouse justement sur une grande expo qui a eu autour des Qatas. Alors cette exposition, elle est elle est finie. En revanche sur ma chaîne YouTube Nota Bonus, vous pouvez retrouver le reportage qu’on a fait là-bas. Et c’est vraiment le le fond de l’épisode est super intéressant sur les Qatars parce qu’il remet en question justement pas mal de de de romans, on va dire national local sur les sur les Qatars et ça vous donnera l’occasion d’avoir une une vision à jour scientifiquement de ce que sont les Qatars et de ce qui s’est passé dans le sud de la France à à à à cette époque-là. Donc si vous voulez en savoir plus en complément du discours de Ludovic, vous pouvez aller voir cette vidéo. C’est du sûr d’un point de vue scientifique. Alors, tu nous as lâché un petit mot tout à l’heure, un petit nom. Les trancaveles, c’est c’est qui ? Euh bah les trancaveles, c’est les alors Carcasson a une très très longue histoire bien avant Jésus-Christ. Donc elle a été prise par les volques textos par exemple des gaulois les visigo le les romains évidemment. Euh elle a été une cité arabo-musulmane aussi un moment après repris par Pépin Lebref. Et après ça ben c’est les c’est une famille du sud les trancavelles qui vont qui vont posséder ce lieu et qui vont commencer déjà à structurer la cité. Donc à l’époque le château c’était le château de Trancel qu’on voit dans Carcasson. En fait Carcasson, c’est une c’est une c’est une cité fortifiée avec un château à l’intérieur. Euh donc double fortification euh et c’est ces seigneurs qui possédaient enfin qui gérait cette cette partie de de la France qui n’est pas vraiment la France. Enfin, à l’époque, c’est plus compliqué que ça et surtout ils sont très proches du royaume d’Aragon à l’époque parce queà l’époque, Carcasson, c’est c’est la limite sud de la France en fait. Euh donc c’est ces seigneurs qu’il fallait déloger pour mettre les représentants du roi. Et alors dans le contexte de ce de cette croisade contre les les albouois, ça se passe comment pour Carcasson de leur côté ? Alors après avoir alors là c’est compliqué he tu me demandes des petits détails historiques, mais l’idée c’est que euh les donc les c’est pas Philippe Auguste les les seigneurs les grands seigneurs de France vont attaquer vont déloger les trancavel à Carcasson se faire déloger reprendre Carcasson à en retirant tous les les habitants à long tour et en les repoussant derrière le fleuve. Donc ils vont faire une espèce de domland, un terrain vague quoi. Et euh et après ben ils vont placer des représentants du roi. Donc on en parlera peut-être tout à l’heure, mais le Sénégchal ou le connaêtable, c’est des c’est des rôles euh des personnes qui représentent le roi dans la cité et euh donc plus de 30vel, je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. Et euh donc pour renforcer euh leur pouvoir, leur emprise sur la cité, euh ils vont mettre en place ce qu’on appelle l’inquisition. C’est ça. Après euh une fois qu’on a compris que les Qatars en fait avaient de beaucoup de popularité euh dans cette zone, ben il faut réasseoir euh la le pouvoir et du roi et du pape. Et donc, on va inventer quelque chose qui n’existait pas, c’est l’inquisition. Donc l’inquisition, en fait, c’est des c’est des inquisiteurs, donc c’est des enquêteurs religieux. qui ont essayé de de débusquer, de faire des des interrogatoires pour trouver qui euh qui ne n’est c’est perdu dans sa religion. Donc c’est pas des noms chrétiens, c’est c’est pas des noms catholiques, c’est des catholiques qui se sont perdus et qui pourraient ne pas aller au paradis. Donc bon, il y a un côté bienveillant sur le papier de l’Inquisition, c’est pour qu’il puisse aller au paradis. Mais dans les faits, bon, c’est plus quelque chose de très oppressant et qui crée un climat de suspicion, de délation et de crainte incroyable parce que euh si on est hérétique et même repenti, on peut être emprisonné à vie par exemple et si on récidive, on est brûlé. Ça c’est c’est aussi la légende, on sait pas trop ce qui s’est passé mais en tout cas c’est sûr que le peuple le vit pas très bien parce que être accusé de mal croire c’est pas c’est pas on n pas volé quelque chose et on a la preuve c’est aussi c’est très compliqué de se défendre donc c’est c’est ça toute la perversité de de la situation. Oui. Alors, ce ce pour euh pour préciser hein quand même, c’est le Moyen-Âge souffre aussi de cette image un petit peu d’épinale où euh on te brûle sur le le bûcher euh et surtout pendant cette fameuse Inquisition. Bon, euh en vérité euh les gens condamnés au bûcher, euh c’est souvent bien plus tardif moderne, le début de la Renaissance en fait et après il y en a il y en a moins au Moyen-Âge, ça reste ça reste plus exceptionnel. Euh et d’ailleurs, ça c’est intéressant dans l’expérience, peut-être qu’on va en reparler, mais l’inquisition aussi un un un vrai système judiciaire et d’enquête où euh il faut des preuves. Bon, après, tu peux les pipoter mais euh il faut des preuves, mais il y a des procédures, il y a voilà, euh je peut-être pas spoiler toute l’expérience, mais on voit que quand il y a des vises de procédure, bah il y a des gens qui peuvent passer aussi à travers les les moyers du filet, quoi. Ouais, mais ça c’est super. On a inventé aussi l’enquête à ce moment-là. Donc on va vraiment chercher des preuves, interroger des personnes, euh notifier tout ça dans ce qu’on appelle des des registres. Donc c’est des documents euh papier qu’on entrepose dans une tour euh euh très protégée euh qui s’appellera la tour de la justice ou la tour d’inquisition. Et euh ça va permettre au moins ça d’avoir des procès euh rigoureux. En tout cas sur voilà, théoriquement ils sont rigoureux. Après, comme je disais, c’est compliqué parce qu’on nous accuse de choses un peu abstraites. Donc ben ça va ça va avoir des dérive et nous c’est c’est ce dont on parle en 1303 dans dans l’histoire là qu’on a qu’on a raconté. Et ben sache que avec cette visite de la tour de l’Inquisition et en bossant du coup euh au préalable sur euh sur Escurio et sur cette expédition euh immersive, je j’ai découvert un truc euh c’est que euh c’est le stockage des documents dans cette tour de l’Inquisition parce que tu te dis bon euh début 14e, ils ont leurs étagères avec leurs petits rouleaux dessus et ils ont leur bibliothèque quoi. Et en fait là, pas du tout. C’est-à-dire que euh d’un mur à l’autre, on tire une on tire une chaîne euh et en fait à cette chaîne, on suspend un sac rempli de rouleaux. Comme ça, ça évite que les rongeurs notamment viennent viennent bouffer les parchemins, quoi. C’est exactement ça. Les rongeurs et l’humidité et euh et donc c’est très protégé, mais surtout ça montre pourquoi on n’ pas trop de trac actuellement de tout ça. Euh le papier, bah c’est super fragile et euh même eux, ils avaient du mal à le conserver de leurs vivants. Donc nous, c’est très compliqué d’avoir récupéré ça. Mais ouais, ça fait un peu une vue fantasmagorique un peu quand on entre dans cette tour parce que c’est des chaînes et des sacs, on sait pas trop ce qu’il y a dedans mais ouais, c’était stocké comme ça et c’est historiquement valide. On était moins proche des des Suédois effectivement à l’époque comme le précise quelqu’un dans le chat. Et donc cette cette cité de Carcasson, elle est désormais aux mains du roi de France. Pourquoi on y envoie des seigneurs du nord ? parce qu’on a confiance au Seigneur du Nord parce que Philippe Lebel, il met des personnes dont il a confiance et euh et comme le pouvoir vient le pouvoir vient du nord, le pouvoir commence à être centralisé avec Philippe Lebel, mais c’est quand même très difficile de maintenir euh les zones aussi éloignées parce que là on est vraiment à à l’extrême sud de la France. Donc on prend des des gens qui parlent d’ailleurs la langue d’yil et pas la langue doc puisque dans le sud on parle une autre langue et on prend des gens de confiance et on le on les place dans les zones stratégiques dans la cité. Donc la cité c’est quand même 3000 habitants. Donc c’est une c’est une très grosse ville pour l’époque. Et euh et donc on a un représentant du pouvoir du roi qui est le Sénéchal qui est un peu le maire de la ville pour pour simplifier très fortement. Et on a le chef des armées aussi qui est le connaêtable. Et ces deux personnes sont très importantes et représentent le pouvoir du roi dans la zone et prothèse la cité. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c’est la la rage carcassonnaise ? Bah la RCH Cassonis, c’est que après 70 ans euh d’inquisition, le peuple en a vraiment marre parce que en réalité bon le catarisme et cetera, c’est vraiment plus du tout présent. Et l’inquisition sert surtout à à affaiblir le peuple et à le contrôler. Donc euh les les femmes en ont marre de voir leur marerie disparaître et de de se faire retirer tous leurs biens et cetera. Donc certains consules donc les consuls c’est un peu des marchands influents euh du du sud vont monter sur Paris et demander des comptes à Philippe Lebel. Et à l’époque Philippe Lebel ça l’arrange parce qu’il est il est en conflit avec le pape. Euh d’ailleurs, il va il va en mourir le pape mais encore une fois ça on sait pas trop au niveau de l’histoire mais il y aura un conflit entre deux et le Bonifas va décéder l’histoire raconte qu’il s’est pris un coup de gant de fer du bras droit de du roi de France. Euh donc euh euh Philippe Lebel dit qu’il va aller dans le sud et qu’il va régler euh toute cette histoire et calmer la rage carcassonaise. Et euh c’est ce qu’il va faire et c’est exceptionnel. un roi qui descend aussi loin comme ça et dans une dans une petite cité éloignée, c’est très rare. Et nous en fait, on arrive à ce moment-là où le roi arrive et il faut préparer son arrivée et protéger une partie des remparts. Euh alors, on raconte pas dans l’expérience, mais ça va pas bien se passer pour les Carcassonnais et ni à Toulouse juste avant où en fait il va prendre des consules et cetera. Donc c’est bon, c’est un roi, il est voilà, il assoit son pouvoir. Oui, on on arrive effectivement dans une cité un peu un peu bouillonnante. On le voit quand on arrive. Tu pourrais nous piter un petit peu le l’histoire que vous avez mis euh en place puisqu’on suit les aventures de du jeune Simon. C’est ça. Donc en fait quand on commence l’histoire, nous on est la garde rapprochée d’un jeune seigneur venu du nord, Simon de l’estan euh qui va découvrir comme nous Carcasson pour la première fois. Il y retrouve son oncle qui est le connaêtable. Euh et euh il doit faire ce qu’on appelle les stages. Donc à l’époque on n’est plus dans la chevalerie ni vraiment dans la féodalité, mais on doit quand même aller gens son roi et pour ça on va l’aider. Et là l’idée c’est de l’aider pendant plusieurs mois, à peu près 6 mois à défendre une partie du rempart. Donc ce jeune noble plein de d’idéalisme et et d’espoir va découvrir une cité dans laquelle il doit il doit protéger une partie des remparts. Donc on va découvrir tout ça et pas vite on va se rendre compte que bah l’inquisition fait quand même pas mal de mal au peuple. Et là toute la difficulté de Simon, c’est qu’est-ce qu’on fait quand on est témoin de d’une injustice euh ou des injustices et et selon son rang comment comment il doit réagir. Tout était dans le nom les stages. Donc là, tu te rends compte de l’injustice dans le milieu que tu intègres. Voilà. Euh et alors cette expérience, elle s’appelle les les derniers remparts. Pourquoi les derniers remparts ? Bah, il y a plusieurs significations déjà euh on a choisi cette période parce que aussi c’est euh le moment où il y a les doubles remparts dans la cité. Euh donc en fait, Carcasson, c’est vraiment très très spécial. C’est il y a une une première une première rempart d’hélic et une deuxième un deuxième rempart en gros. Et euh et donc on a on est à ce moment-là où ça ressemble à peu près à la cité actuelle dans la grande structuration parce qu’elle a été refaite après par Violet le duc, il y a eu plein de changements mais euh mais il y avait ça. Après il y a les les derniers remparts face à l’injustice qui va qui va agir face à cette inquisition finalement. Euh et euh bon pour la petite anecdote, bah je vous l’ai dit mais le dernier rempart va être enfin accessible là au public dans la vraie cité. Donc ça marchait aussi. Donc en gros, c’est accessible. Alors il y a il y a une salle qui est à Carcasson et il y a que là-bas qu’on peut le faire. Non euh pour l’instant on peut le faire à Paris euh à Lyon et à Bordeaux. Et euh et très vite on va pouvoir aller dans le monde entier euh puisque nous on a un réseau dans le monde entier. On a plus de 20 sales comme je disais on en sort enfin on en ouvre régulièrement. Euh donc c’est c’est amené à voyager et l’idée c’est que ça aussi permettre à des personnes qui sont loin de Carcasson de découvrir le Moyen-Âge, une cité médiévale et et son histoire euh qui est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO cette cité doublement d’ailleurs parce que les remparts là vont être classés aussi ou sont déjà classés. Euh donc c’est vraiment quelque chose de d’important. C’est un monument important pour la France et pour l’histoire de bah de la société euh occidentale pour pour toute la partie médiévale. Tu peux nous décrire un peu le dispositif ou pas ? C’est c’est un truc qui est qui est qui est lourd à mettre en place. Euh ouais, c’est un casque de réalité virtuelle. Donc c’est juste un petit casque qu’on met sur la tête autonome et ensuite on entre dans une salle qui qui a été euh préparée spécialement pour l’occasion. Donc on a des motifs sur les murs et on est traqué directement. Donc on on notre position est comprise par euh par euh l’expérience et on se balade et puis on on voit nos amis, on voit les autres groupes, on on voilà, c’est très simple, c’est juste que il nous faut des grandes salles puisque euh nous l’idée là en tout cas dans les form les grands formats, c’est euh c’est de pouvoir vraiment marcher et explorer et euh la plupart des scènes là qu’on a créé ont plus de 350 m² disponibles en en vraiment observation. exploration. Euh donc le le dispositif est simple et plus on a des grandes salles, plus on peut se balader en gros euh mais ça marche un peu partout. Donc il y a pas de risque de se prendre un mur. Il y a pas de risque de se prendre un mur puisqu’il sera visible parce queon n’est pas non plus sadique. Donc on on montre les murs sous forme de gris. on a on a toute une phase au début qui explique un peu le mécanisme. Donc normalement tout va bien. On on se prend pas les murs. Et donc concrètement quand tu vis une scène alors par exemple il y a une scène du marché dans Carcasson, tu as le protagoniste qui est en train de parler, il y a une petite scénette mais toi tu peux te balader dans les allées du marché et tu peux très bien te dire bon je m’écarte un petit peu du personnage principal et je vais voir un étal et ce qui se passe quoi. C’est ça. Et en fait l’idée c’est que bah tout ce monde là qui nous est disponible soit complètement vivant. Donc par exemple dans le marché il y a il y a tous les les marchands qui vont avoir des des dialogues, des animations. On va croiser le personnage, le deuxième personnage important qui est Agnè euh une jeune femme qui est révoltée contre l’Inquisition et qu’on va suivre un peu au fil de de l’histoire. Et dans ce marché, on peut choisir vraiment soit de suivre Simon, soit de suivre Agnè, soit de se balader complètement et de découvrir des mini histoires qui n’ont rien à voir avec l’intrigue comme un éleveur qui court après son son cochon. Alors lui, on le voit au fil de toute l’expérience avoir une relation avec son son cochon préféré et et lui courir après. Donc le travail après du design, c’est d’imaginer tout ça quoi. Cette vie qui grouille, qui est accessible. On peut s’approcher vraiment, on peut se coller le nez aux objets, aux personnages. Donc il faut que tout soit bah déjà beau et réaliste et crédible et intéressant. Donc on imagine un peu une personnalité à tout à tout le monde en fait, à tous les personnages et il y en a 70 des personnages secondaires plus 17 personnages principaux. Donc ça fait pas mal de monde à créer. Sache que en testant l’expérience, j’ai lâché un petit il est très bien fait ce navet. Voilà. pour te dire à quel point le niveau de détail dans les paniers des gens qui sont qui sont au marché. En tout cas, moi, j’ai passé un petit peu de temps devant le stand de le le stand de charcuterie et euh et ça m’a donné ça m’a donné envie. Voilà, j’étais euh j’étais un peu frustré de pas avoir ce jambon là à côté de à côté de moi. Ouais. Et euh Ouais. Ouais. Bah tous les Alors, ce qui est intéressant aussi, c’est que tous ces petits dialogues, on les on les fait en répétition et on s’amuse pas mal à faire des des impros aussi et des choses drôles à montrer au au visiteurs quand ils suivent pas forcément le personnage principal. Mais c’est ça qui est cool, c’est qu’il y en a pour tout le monde. Si on si on veut pas suivre l’intrigue, on se balade et les environnements sont tellement riches que il y a tellement de choses à voir que on peut on peut faire un peu notre vie. Mais ça ça serait ça serait incroyable ça pour augmenter encore votre concept. Vous mettez vous vous prenez des gens, vous les foutez en en PNJ euh et quand tu vas sur le marché et tu es devant le centre de charcuterie, en fait tu as un mec qui est en VR à côté et qui te fait goûter le truc et donc tu as vraiment l’impression, tu vois, d’être dans le marché à fond, quoi. Ça serait incroyable. Ouais. Alors alors nous, on a on a ajouté les interactions là sur cette expérience comme je disais. Donc on a nos mains, on peut on peut attraper des objets. Par exemple, on peut manger une pomme là actuellement et on va encore travailler encore plus pour être encore plus présent dans le monde virtuel et pour que les personnages réagissent à notre présence et nous proposent des choses et qu’on puisse interagir encore plus. Ça demande beaucoup de de travail de développement parce que on a on a des salles où il y a plus de 100 personnes parfois. Donc faut faire attention aussi euh à ce qu’on propose de faire euh euh aux visiteurs, mais on travaille dessus et euh ça ça arrivera. Spoiler, ça arrivera. Alors, on le voit, on le voit déjà un petit peu mais mais selon toi, c’est quoi cette c’est quoi la force de la VR par rapport au cinéma par exemple ou à ou à juste la la lecture ? Tu vois, c’est des médias qui sont différents en fait, qui permettent d’autres choses. Mais mais c’est quoi le petit plus ? Bah le petit plus alors c’est c’est ces deux médias qui se concurrencent pas forcément parce que dans le cinéma on a bah le choix de l’angle et de du point de vue. Là comme on on maîtrise pas forcément le point de vue, bien sûr on a des techniques, mais on maîtrise pas forcément ce que regarde le visiteur à chaque moment. Donc c’est un peu différent. En revanche, le visiteur, il sent complètement immergé dans dans le lieu. Donc euh que ce soit physiquement ou au niveau émotionnel parce qu’il se passe des choses autour de lui qui vont le toucher. Et euh et c’est je pense c’est très intéressant pour euh créer de des mémoires. Donc ça paraît un peu étrange comme ça, mais euh quand on se balade dans Carcasson, on a l’impression vraiment d’y d’y avoir vécu un petit moment. Et quand tu vas visiter Carcasson, que tu vas bientôt visiter Carcasson, tu verras que tu auras déjà le sentiment d’être allé dans ces lieux-là et de les connaître un peu. Et ça c’est c’est super intéressant. Et comme on fait vivre les choses euh même au niveau pédagogique, on fait comprendre les choses en les vivant, euh on trouve nous en tout cas qu’on a que c’est plus efficace pour euh bah donner des messages pédagogiques, expliquer des choses historiques ou artistiques. Euh ça marche super bien de le vivre plutôt que par exemple euh de le lire ou de l’entendre. Là, il y a quelque chose de plus. Il y a il y a une il y a une valeur ajoutée, on va dire. Ouais. Ben, typiquement, il y a des scènes où tu es sur le le bord des des remparts et de la deuxième ceinture et là, tu te rends compte de la de la hauteur du truc et de la difficulté que c’est de traverser. Enfin, c’est plus concret que juste une carte en fait, même si en l’occurrence il il y a aussi une scénette où on voit une reconstitution de Carcasson vue par le haut sur un sur un plateau, un peu comme dans un une grande maquette que tu verrais dans un dans un musée. Et ça permet aussi de se rendre vraiment compte du truc. Et puis là, tu peux tu peux approcher, tu peux plonger un peu la tête dedans. Ouais, c’est c’est génial pour comprendre un peu la la géographie du du lieu. Bah, ce qui est bien, c’est que oui, il y a le l’échelle réelle et après nous, on joue beaucoup avec les échelles. Donc parfois on est géant, parfois on est minuscule, parfois c’est les choses qui changent euh d’échelle et ça permet vraiment de d’illustrer euh ce qu’on veut présenter aux visiteurs. Et là pour le siège de se rendre compte qu’on est autant en appel par rapport à l’assaillant, bah c’est difficile même de s’en rendre compte au aux abords de Carcasson. Mais là on voit on voit le le siège, c’est c’est une des scènes là de de l’expérience dont on parle et on voit on voit le siège et on comprend qu’on est en supériorité et que il peut pas nous arriver grand-chose. On est confiant. Alors cette expédition euh Imers dure 45 minutes. Tu disais qu’elle allait un petit peu plus loin que les autres cette fois-ci d’un point de vue technique. Alors déjà, nous on progresse constamment euh au niveau visuel. Euh on déjà on notre studio a beaucoup euh embauché puisque on a la chance d’avoir du succès. Donc on a beaucoup d’équipes avec beaucoup de métiers spécialisés et on arrive à vraiment avoir des de meilleurs résultats au niveau visuel. Euh et euh aussi au niveau narration, c’est la première fois euh où on met une intrigue euh un complexe, on dans la mesure de des 45 minutes, mais on a quand même vraiment des personnages avec des rôles, des archétypes, des un dilemme, des des des voilà une structure narrative euh vraiment complète. Euh et aussi on on a on a on s’est vraiment entouré de personnes spécialisées dans tous les domaines. Donc déjà on a des acteurs qui sont scannés, qui jouent leur rôle, qui c’est leur propre voix. Donc les euh Simon le héros ou Agnè l’héroïne, c’est c’est Jean-Baptiste l’amour, Ga Samac, c’est c’est des vrais c’est des acteurs qui ont été scanés, avec qui on a fait des répétitions et qui jouent leur propre rôle. Donc ça c’est nouveau pour nous. Et euh et pour par exemple bah les cascades puisqu’il y a beaucoup de scènes de combat ou ou des cascades, on a on a pris des chorégraphes un chorégraphe spécialisé dans dans les reconstitutions médiévales. J’ai été agréablement surpris, je dois le dire, par démonstration de combat que j’ai assisté à plusieurs cours de d’AMHE, des arts martiaux historique européen et on sentait que les gestes étaient réfléchis et que c’était pas c’était pas du yolo quoi, comme on dit. C’est ça. C’est c’est vraiment ils se connaissent vraiment en escrime médiéval. Mais tes vidéos nous aident aussi parce qu’on a commencé par regarder les vidéos sur la reconstitution et après on a on a cast personnes pour nous aider pour nous aider là-dessus et et c’est super impressionnant et et c’est ça change aussi puisque c’est vraiment des mouvements différents. On est dans l’efficacité euh contrairement à peut-être des choses plus cinématographiques qui qui sont pas réalistes. Donc voilà, s’entourer de d’historiens, de spécialistes de reconstitution et cetera, là on a vraiment monté une grosse équipe. Ouais, c’est clair. Notamment, on voit moi ce qui ce qui m’avait ce qui m’a agréablement surpris aussi, c’est que quand il y avait des combats, forcément, on a des on a des protections, on a pas mal de choses, c’est compliqué, faut aller choper les les interstices. Donc là, on voit les gars qui se battent et en fait qui qui se battent, mais plus qu’ils se battent, ils se ils se jaugent au départ pour essayer de voir par où est-ce que je vais pouvoir rentrer ma lame et cetera. on on voit qu’il y a une évolution du combat, que ça peut se finir à la dague. Euh enfin voilà, c’est il y a il y a vraiment quelque chose que j’ai que j’ai apprécié dans ces démonstrations de de combat. Euh alors, on l’imagine cette donc cette cette expérience, cette expédition pardon immersive, euh elle est en partenariat avec le le CMN le le CBN, pardon. L’objectif euh de tout ça, c’est quoi en fait ? de promouvoir l’histoire, la ville, c’est de faire venir les gens. Alors, nous notre objectif c’est d’apporter au niveau culturel des choses intéressantes et pour ça, faut s’associer aux personnes qui s’y connaissent le mieux. Donc c’est pour ça qu’on essaie toujours d’avoir des partenaires. Et et là le Centre des Monuments Nationaux, donc c’est un organisme d’État qui gère plus d’une centaine de monuments en France et et il les gèrent mais ils ont aussi des historiens, des archéologues et ils sont en charge de le promouvoir et de le rendre accessible au public. Donc s’associer avec eux, c’est bah ça nous permet de les aider dans leur démarche. Donc c’est c’est super intéressant pour nous et aussi bah ça nous permet d’être entouré de personnes très compétentes dans leur domaine et qui vont aider à faire quelque chose de crédible euh et intéressant au niveau pédagogique. Donc donc ça c’est vraiment c’est vraiment ce qu’on essaie de faire et en plus là il nous ils ont travaillé avec des des des grands historiens. par exemple Nicolas Fucher qui est spécialiste des remparts, peut-être le spécialiste dans le monde des remparts. Donc voilà, ça ça nous met en lien avec aussi des spécialistes et je pense que ça crée des choses bah riches quoi dans tous les domaines. Et justement, ça permet d’embringuer sur la la seconde partie de cette émission qui est justement les coulisses. Comment est-ce que vous vous avez fait, comment est-ce que vous avez bossé avec les historiens. Il y a pas mal de il y a eu pas mal de de questions depuis tout à l’heure justement dans le chat des gens qui se qui se posaient voilà des questions sur comment est-ce que vous avez fait, comment est-ce que vous êtes documenté justement on va y venir. Mais cette idée de Carcasson du coup euh c’est vous Scuria qui l’a eu en se disant tiens, on a envie de faire un truc sur Carcasson, on y va ou alors c’est le centre des monuments nationaux qui vous a contacté en disant nous on aimerait bien quand même mettre en avant la cité. Alors c’est un peu différent, c’est nous on voulait travailler avec le centre des monuments nationaux. On savait pas encore quel était le sujet. Donc on les a rencontré fin 2020 et ils nous ont dit “OK, on a plus de 100 monument, regardez regardez ce qui vous intéresse et dites-nous et on vous mettra en relation avec les personnes du monument.” Et ils ont plein de super monuments. Mais mais quand on a vu Curcasson, on s’est dit “Bon, la période médiévale euh ça parle dans le monde entier. C’est une cité extrêmement enfin elle est super impressionnante. Donc ça nous a parlé directement. Donc on on leur a proposé, ils nous ont mis en relation avec euh les personnes de Carcasson euh principalement àena et et Mathilde Bieux qui travaillent là-bas et qui nous ont accompagné depuis depuis 2021 jusqu’à aujourd’hui pour pour faire l’expérience. Donc c’est c’était plutôt une démarche de travail avec eux parce qu’on savait qu’ ils avaient un travail extrêmement intéressant et et qu’ils ont voilà, ils ont plein de monuments. Et après c’était le choix de de ce monde médiéval qui j’espère va parler au monde entier aussi parce que nous on est on n’est pas franco-français, on parle vraiment à dans tous les pays. On a on propose cette expérience. Oui. Alors pour ceux qui nous écouteraient dans 3 ou 4 ans en redif, on enregistre cette émission en 2025. Donc en gros à partir de la de la prépa jusqu’à la livraison de cette expédition immersive, c’est 4 ans de boulot. Alors c’est 4 ans pour une toute petite équipe réduite. Donc je pense qu’on va en parler mais au début on a le directeur créatif donc là c’est Guillaume Martini le designer principal donc moi-même et les chefs de projet donc Tarael Kamsa et et Angélique Simonet. Euh donc on est au début, on est une toute petite équipe, on se renseigne, on va visiter, on parle aux spécialistes et on va dire que ça fait plutôt 1 an et demi qu’on a commencé vraiment euh à écrire le scénario. Ça nous a la conception a pris pas mal de temps, 6 mois, je dirais. Et après, on a eu plus d’un an de production donc pour créer bah la 3D, les personnages, les animation, les sons, la musique, euh enregistrer les acteurs, tout enfin des tonnes de métiers différents. Tu sais combien ça regroupe de personnes en tout ? Nous chez sur ce projet parce qu’on a plusieurs projets, on était une cinquantaine mais si on regarde là toutes les personnes impliquées, on est plus de 200 parce que on a des bah des chorégraphes extérieurs, des acteurs, des voix off, on a on a énormément de gens qui travaillent sur le sujet et sans compter le marketing et l’exploitation qui sont des personnes qui nous permettent après d’ouvrir des salles et d’aller dans le monde entier, mais ouais, on est plus de 200 juste pour fabriquer l’expérience. Et alors euh donc quand vous avez visité, vous avez vu de toute façon après Carcasson a déjà une aura a déjà un intérêt, mais pourquoi vous êtes arrêté spécifiquement au début du 14e siècle ? Parce que il y a ce contexte de l’inquisition qui fait euh qui fait un bon background pour le pour l’histoire, pour le récit. Clairement, quand on a vu ça, euh on s’est dit “OK, là on a une histoire qui va toucher tout le monde parce que l’injustice, bon c’est intergénérationnel, c’est dans le monde entier et euh et euh et aussi parce que la cité ressemble quand même beaucoup à la cité actuelle. Comme comme je l’ai dit, il y a déjà les doubles remparts. Euh il y a déjà beaucoup de fortifications qui ont été mises en place pour protéger le Sénégal, le connextable et les habitants de du peuple du sud s’il se rebellaient. Donc euh ça permet aussi d’avoir une base solide. Euh et après ouais au niveau de l’entrique, c’est bah je sais que c’est triste pour la période mais nous pour nous c’est incroyable parce que c’est un terro incroyable pour imaginer une histoire des personnages forts et et aussi un dilemme parce que l’idée c’est vraiment que qu’est-ce qu’on fait face à l’injustice ? Comment on réagit et il y a pas forcément de réponse. Chacun va réagir différemment. Donc chacun de nos personnages va réagir différemment à l’inquisition et du coup ça crée plein de petites histoires dans dans l’histoire de de Simon. Euh et donc plein de personnages super riches. Alors cette cette étape d’écriture au départ euh comment ça se passe exactement ? Tu es cour avec Guillaume Martinet et Anthony Jonau ? Tu tu l’as dit et pour qu’on comprenne bien comment est-ce que vous faites vos vos choix narratifs là. OK, tu sélectionnes cette époque de l’inquisition. Comment est-ce que tu dis bon faut qu’on parte sur Simon qui va venir et qui va faire son stage sur les repass. Bah déjà, on trouve en général un auteur externe avec Furio. Donc là, c’est c’est Anthony euh qui va nous aider à à entrer dans les détails de de l’histoire et à créer les personnages et l’intrigue. Et après, c’est aussi bah du ressenti personnel, hein, puisque nous, on a envie de raconter des choses en tant qu’auteur. Il y a des choses qui nous touchent et on va plus s’attacher à certains points que que d’autres. on va avoir envie de créer des personnages qui représentent plus soit des valeurs, soit des questionnements que qu’on a. Et euh c’est comme dans un film ou une série, hein, c’est on a un contexte et maintenant qu’est-ce qu’on a envie d’y raconter ? Et en réalité, il y a un millier de possibilités différentes. Donc nous, on a choisi celle-là, mais ça pourrait être plein de choses différentes. Donc c’est un travail euh bah entre auteur et aussi avec bah le CMN euh aussi les personnes d’XUR dans la le management, la direction pour pour trouver quelque chose qui plaise un peu à tout le monde et qui parle à tout le monde. On se disent “OK, ça ça va toucher ça.” même en Chine ou aux États-Unis, ils vont comprendre euh l’histoire, l’enjeu et s’attacher au personnage. Euh donc c’est là où voilà, on essaie de créer un petit un petit sujet, un petit débat moral qui est la l’injustice là et et on on brode on brode autour. Mais alors au-delà de ça, moi tu vois dans dans la narration euh qui qui a été déroulée sur ces 45 minutes, j’ai bien vu qu’il y avait tu as différents tableaux avec différents endroits de la cité qui sont à chaque fois autant de prétextes pour aborder des sujets différents. Euh tu as euh le sujet du commerce avec le marché, tu as le sujet du combat, tu as le sujet de justement de l’organisation politique de la cité, tu as la vie quotidienne d’une personne, tu as enfin voilà. Euh donc tout ça vous le décidez en amont en vous disant “Bon, dans l’écriture, on veut qu’il y ait tant de tableaux avec telle thématique et après on s’adapte autour ou comment ça se passe ?” Euh ouais, ça peut être dans les deux sens. Euh soit on comme on a on a une bonne idée de de l’histoire de la cité, de ce qu’on a envie de montrer, par exemple la la porte Narbonaise, donc la porte d’entrée qui est incroyable parce qu’elle a un système de défense enfin vraiment extrêmement développé. Donc ça, on a évidemment envie de le montrer. On a envie d’être sur les remparts. On a envie de comprendre aussi les enjeux de pouvoir entre le Sénéchal, l’inquisiteur et cetera. Donc on se dit quel est le la scène qui va le mieux accompagner ces informations et cette partie de notre scénario et on fait un choix comme ça de scène en scène. Donc c’est vraiment ça appuie l’histoire et des fois ça inspire l’histoire. Ça ça dépend vraiment de du lieu et en général on a plein de lieux et on en retire au bout d’un moment parce que sinon ça ferait 3 he d’expérience parce qu’il y a énormément de choses intéressantes dans la cité. Euh des même des mini détails, on pourra en parler mais il y a il y a plein d’anecdotes euh sympa sympa sur les choix qu’on aurait pu faire sur les lieux. Mais c’est c’est un c’est un mix entre les deux. On a les informations pédagogiques que nous on a retenu, que qu’on a appris et qu’on a envie de partager parce qu’on les trouve intéressantes. Et comme comme tu le dis ça, bah dans le marché, on veut montrer ce qui est comment pourquoi il y a un marché en plein milieu d’une cité, qui y va. Par exemple, il y a pas de nobles, les nobles faisaient pas leur marché à l’époque. Euh ce qu’ils vendent et comment on le sait aussi ? Parce que bah pour revenir sur le marché au niveau historique, c’est plein de questionnements. Par exemple, c’est on a retrouvé des graines de légumes de voilà de fruits à cet endroit-là. Donc on sait à peu près ce qu’il vendait, on sait à peu près ce qui se faisait ou ce qui se faisait pas dans dans la période. Et on essaie de reconstituer comme ça plein de petits détails qui aident à bah à à mieux à mieux s’imprégner du moment, du lieu, à mieux comprendre l’histoire. Donc c’est c’est vraiment un mix de plein de choses pour arriver à la version finale. C’est énormément de nous on appelle ça de littération mais c’est énormément de d’aller-retour et de changements et cetera. Tout ça enoudoudrant euh cette narration de moments un peu un peu waou alors comme cet assaut des remparts ou des moments wou auxquels tu t’attends pas du style waouh. Ils avaient un ascenseur, ils avaient pas d’ascenseur. Mais euh alors là c’est le c’est le design, c’est que nous après donc quand on a écrit l’histoire, après moi mon travail avec mes équipes parce que j’ai j’ai une dizaine de personnes dans mon équipe, c’est de imaginer la déambulation des visiteurs et comment on va aller d’un point à un autre. Est-ce qu’on va y vivre ? Est-ce que on va devoir se baisser, enjamber quelque chose, être un peu enfermé, être dans des grands espaces. Et ce qui marche bien en réalité virtuelle quand on veut aussi provoquer un peu des émotions et de l’immersion, c’est bah c’est les plateformes. Donc là, il fallait qu’on soit au-dessus des remparts et qu’on descende. Mais il y a pas d’ascenseur à l’époque. Donc comment comment on fait ? et ben on imagine un ascenseur nous-même mais on l’a pas fait de manière bon ok on s’en moque il ressemble à à un truc basique et on descend non non on a vu avec les historiens et les graphistes 3D et les animateurs pour créer un ascenseur qui s’il y avait un ascenseur euh plausiblement serait valide historiquement donc en fait oui c’est un espèce de mon charge avec une rue écureuil donc un avec des inspirations de de Vincy, donc qui est pas de la même période, mais qui permet aussi de voir un peu l’ingénierie et cetera et euh et voilà, c’est euh c’est ça ça fait que on devient des inventeurs ingénieurs médiévaux. Mais après, il me semble que c’est à Guedelon, je crois, où il y a des il y a des des roues écureuil aussi. Euh ouais, mais pas pour les personnes, on montait pas des personnes. Donc la récur c’est pratique mais normalement on s’amuse pas à mettre le conna dessus et à descendre s’entraîner au combat. quand vous avez commencé cette écriture, est-ce que il y a d’autres aspects de la prode que vous avez lancé en même temps ? Je veux dire par là, est-ce que vous aviez commencé à travailler par exemple sur des moodboard ou des ou des visuels en même temps qui ont pu nourrir votre réflexion ? parce que Oui. Euh en fait donc il y a aussi les les par exemple le directeur artistique donc là c’est Mathieu Tourde mais qui doit faire beaucoup de visuel donc en 2D pour imaginer un peu les scènes possibles, le ton les couleurs, le voilà les ambiances. Et euh là, on commence déjà à imaginer euh des reconstitutions qu’on envoie après à nos graphistes euh 3D et ils vont commencer à modéliser avec beaucoup d’ de d’aller-retour avec les historiens euh certains bouts de scène pour que nous on puisse un peu s’imprégner parce que ce qui est pratique c’est queon peut mettre la tête dans le casque à tout moment nous et voir l’état dans lequel on est dans l’avancement de la production. Donc au début, ça ressemble pas à grand-chose, c’est des gros blocs, mais petit à petit, on commence à mettre des choses en place et euh et ça, on le commence le plus vite possible parce que ça aide aussi à la mise en scène et à au jeux des acteurs parce que ils comprennent mieux un peu bah dans quel lieu ils vont ils vont être. Donc gros travail de recherche euh et gros travail vraiment en en lien avec les historiens. Ouais, énorme travail avec plein d’anecdotes sur plein de retours ou même alors ce qui est ce qui est génial c’est que des fois on le on leur permet de se poser des questions qui ne s’étaient jamais posées sur des sujets très spécifiques. Donc il retournent sur le terrain pour enquêter, pour essayer de trouver des réponses et ils se concertent aussi. Ils se parlent beaucoup entre entre historiens et ils arrivent à des consensus parce que souvent en fait on a une théorie d’un côté, une théorie de l’autre mais nous on sait pas laquelle choisir. Donc on les met en relation, ils en discutent, ils arrivent à un consensus et ils arrivent à une proposition un peu la dernière en date quoi, la proposition finale historique. Et donc on a Ouais. des historiens qui sont par exemple redescendus dans dans les fossées pour savoir si on avait un pont lev à l’entrée de de la de la cité parce que ça c’est la grosse question. Est-ce qu’il y avait un pont levier ou pas ? Bon bah là non, on n pas mis de pont levier, on a mis une structure en bois euh mais on avait pas vraiment de de validation de ça avant même de nous poser la question. Donc ça permet voilà d’avoir plein d’aller-retour avec des spécialistes et je pense que ça les aide même. En fait, il y a ce côté euh en super dans notre travail, c’est que on aide aussi à l’avancement dans les recherches sur les sujets sur lesquels on travaille et on met en lien des gens qui vont nous qui vont nous apporter des nouvelles données en fait. Oui, parce que vous avez des besoins très spécifiques en terme de connaissance et les gars c’était pas forcément posé la question ou voilà ou Ah c’est chouette. Mais par exemple, je sais pas moi quel quel cheval on peut mettre en 1304. Bon bah, on nous on nous a on nous a donné euh une euh une race euh de chevaux. Donc je regarde, c’est les MC mais en fait quand on essaie de les reproduire, bah l’émerance actuelle, c’est pas les merances de l’époque. Donc euh là les historiens nous Non mais c’est pas en fait c’était pas enfin il s’appelaient pareil mais c’était pas du tout la même morphologie. Donc ils font des recherches et ils retrouvent un peu la morphologie d’humérance de l’époque. C’est des petits détails mais c’est passionnant en fait parce que euh ça permet de découvrir des nouvelles choses dans dans plein de sujets. Ou on nous dit donc sur le marché pas de carottes ni de pommes de terre. Ouais. Alors au début on avait mis des pommes de terre dans le tout début mais on se doutait bien que il fallait découvrir l’Amérique avant de pouvoir mettre des des pommes de terre. Mais après, ouais, c’est on a mis des carottes, elles sont restées plusieurs semaines et tout d’un coup, on a un histori qui dit “Mais attendez, cette carotte là en fait ça me regarde et que je mets la tête dans le cas, c’est pas c’est pas possible.” Et du coup, on a des retours dessus et on met à jour constamment pour arriver au plus proche de bah de ce que ça pourrait être et ça bah sans le voir et sans se sentir émerger, c’est difficile même pour eux de de d’annoter ça parce que c’est un petit détail. Si c’était juste une image, ils auraient pas ils auraient pas repéré la la mauvaise carotte. C’est c’était pas possible. Moi, tu vois, il y a alors il y a des trucs qui m’ont qui m’ont qui m’ont bien plu aussi, c’est notamment la courte visite de la cathédrale parce que alors c’est vrai que aujourd’hui les cathédrales elles sont toutes blanches ou gris, c’est suivant suivant l’état. Euh et on a de plus en plus d’initiatives d’exposition de spectacles de mapping 3D aussi qui nous proposent de projeter les couleurs de l’époque sur les monuments et ça nous montre que ces édifices ils étaient quand même hyper colorés. Et là euh bah c’est la première fois pour pour moi que au-delà d’un spectacle juste de mapping sur une façade, tu rentres à l’intérieur et tu vois à quel point les euh la cathédrale elle est euh elle est flashy quoi. C’est c’est pas euh c’est des couleurs qui pètent un peu, qui sont qui sont joyeuses, qui sont magnifiques. Euh comment vous avez fait pour bosser là là-dessus ? Et est-ce que toi ça t’a surpris ? Est-ce que tu le savais déjà que c’était il y avait de la polychromie dans les églises ? Alors, quand on avait travaillé sur Notre Dame, le portail du jugement dernier, déjà, on avait hésité à enfin sur au niveau de la polychromie de ce qu’on ce qu’on pouvait mettre. Donc, on savait que c’est la même période Notre Dame que qu’il existait des polychromies. Là, par contre, c’est quelle couleur ? parce qu’on est sur du gothique méridional, donc un mix entre le nord et et le sud à cette époque, vu que les gens du nord sont venus travailler dans dans la cité, mais on savait pas trop les couleurs. Donc ce qu’on a fait, c’est qu’on a proposé 4 couleurs aux historiens et on leur a dit “Bah, vous pouvez les changer à tout moment, mais nous on va les utiliser pour peindre pour peindre la nef.” Euh et petit à petit, bah il nous faisait il faisait des retours sur les couleurs et ça mettait à jour directement dans la 3D tout ce que nos graphistes avaient peint. Et euh et on arrive à quelque chose aussi qui pareil, ça permet de se poser des questions. Donc là, on est on a euh je crois que c’est un Mo, donc un membre du CMN qui a qui allait dans une petite abaye pour prendre des photos et retrouver des couleurs de l’époque pour comprendre un peu les pigments et cetera. Donc ça permet de se poser plein de questions et de reproduire quelque chose qui est aussi un peu une vue d’artiste quand même hein. C’est pas on peut pas dire c’est cette couleur exactement à cet endroit-là mais au moins ça donne une idée de à quoi ça ressemblait à l’époque. Oui. D’ailleurs, tu parles de de vue d’artiste mais évidemment puisqu’on est dans un procédé narratif euh bah tu es obligé de faire des choix. à à quel point vous permettez des des libertés narratives en vous disant bon ok alors là peut-être qu’on s’écarte un petit peu du consensus historique mais c’est nécessaire à la narration ou honnêtement là dans cette expérience on a essayé de de presque pas le faire donc même la manière dont il se parlaient entre eux les mots employés euh euh bien sûr il y a des choses où où euh on a on a besoin de de de d’avancer dans la narration et on va peut-être zapper quelques détails, mais l’idée là c’était vraiment de tout faire valider et d’avoir un retour sur absolument toute la narration aussi. Donc euh même historiquement là, le les personnages, leur personnalité, la façon dont ils interagissent euh est validé par les historiens. Et ces historiens euh alors ils sont tous issus du CMN ou il y avait d’autres historiens auquels vous avez pu faire appel ? Euh alors, il y a d’autres historiens mais là de mémoire Nicolas Faucher qui est à l’université de Nant si je me trompe pas et Jean Blanc euh sont des historiens qui je crois n’appartiennent pas au CMN mais qui nous ont aidé. Et après dans toutes les spécificités de dans les détails, là je je laisse le CMN donner la liste, mais il y a il y a beaucoup de personnes qui ont été impliquées, mais je sais que ces deux ces deux sommités, on va dire de de l’archéologie ou de l’histoire, on travaille avec nous. Ouais. Alors, vous faites appel à des historiens, ça c’est une chose, mais on le sait, l’histoire aujourd’hui et la la la progression de la la science historique, elle passe aussi par du pluridisciplinaire. On mélange vraiment les disciplines, on fait appel à d’autres corps de scientifiques. Euh vous avez fait appel à des archéologues ou à des architectes ou ce genre de choses ? Alors nous spécifiquement j’ai pas de nom là. Euh moi, j’ai plus travaillé avec par exemple au niveau des vêtements. Euh Anastasia Keenard qui qui est spécialisé en reconstitution par exemple euh nous a aidé pour tout ce qui est vêtements. Et si bah là la petite anecdote c’est qu’en fait elle faisait un défilé de mode reconstitution médiévale à Carcassen. Euh et donc j’ai pu venir et interviewer toutes les personnes qui qui défilaient. En fait, ils ont tous des personnalités, ils ont une histoire validée historiquement. Leur personnage, en fait, il est crédible et ça nous a permis d’imaginer plein de personnages dans notre dans notre expérience et surtout de voir comment étaient fait les vêtements, les couleurs, les tissus et cetera. Donc, il y a des choses comme ça. Après, pour les archéologues, j’ai pas de nom là. Non. D’ailleurs la la mode faut en parler he parce que c’est vrai qu’il y a des fois moi je j’étais là, je regardais la coutrement des mecs et je me disais bon je suis bien avec mes t-shirts, moi je Ouais. Alors, il y a il y a vraiment un personnage où on n’est pas trop sûr, c’est c’est Ellie Patrice. Donc à un moment dans le marché, il y a un consul qui fait qui fait qui arangue la foule parce qu’il est très énervé contre la venue du roi et il croit pas du tout qu’il va résoudre les problèmes. Et en fait là, on a trouvé euh ben un visuel d’époque de d’un consul avec une tenue bicolore. c’est possible qu’ qu’il porte cette tenue un peu de enfin c’est un peu carnavalise quoi. Donc on s’est dit bon on la tente on verra ce que ça donne. Donc si vous voyez un personnage avec une tenue un peu bicolore étrange, ça on n’est pas sûr mais on a des visuels donc c’était peut-être une représentation iconique mais on a on a des visuels comme ça. D’ailleurs euh au-delà de au-delà de l’aspect euh purement euh euh reconstitution, vous avez aussi joué sur la symbolique. On voit par exemple à un moment donné euh le le ser euh enfin Ouais. Alors ça c’est des choses euh auxquelles on s’attache. Ça s’appelle le réseau de symbole euh en narration. euh c’est comment on va mettre des petits détails un peu partout qui vont être connectés à d’autres œuvres qu’on a pu voir et qui vont nous donner des petites informations. Mais des fois c’est vraiment euh très loin de ce qu’on ce dont on s’attend. Mais par exemple au début dans la forêt, on croise effectivement un ser. Euh j’y tenais beaucoup à ce ser et et en fait le ser à surmonter les obstacles qui viennent à nous. Donc c’est bête mais ce ser en plus le ser royal dans une forêt on le voit dans je sais pas moi dans Versailles, dans Game of Thrones, dans plein de dans of Dragon. C’est des choses un peu qu’on qu’on revoit dans beaucoup de d’œuvres médiévales et ça permet de distiller un petit peu des petites infos de reconnecter aussi avec bah tout ce cet [Musique] univers enfin multimédia qu’on qu’on connaît. On a aussi les les corbeaux euh les corbeaux. Alors, l’inquisiteur, on le traitait de corbeau. Donc, on faisait des cris de corbeau à sa venue. On essayait de pas se faire attraper évidemment. Donc, ça on le voit en moment. Mais les corbeaux, si on regarde un peu la narration euh générale, ben c’est lié aussi à Odin et au fait que les dieux euh mettent leur grain de sel dans notre destinée. Et ça, bah c’est peut-être éloigné, mais on l’a vu dans plein de films, plein de séries et moi j’aime bien utiliser ça en tout cas. Donc si on voit un corbeau à un moment dans l’expérience, il y a peut-être possibilité qu’il se passe quelque chose de de fort. Oui. Ben encore une fois, tu citais Game of Thrones quand il s’agit d’évoquer le destin dans Game of Thrones, le corbeau, il est un peu beaucoup là quoi. C’est ça. Mais ça c’est de la voilà, c’est d’une ce qu’on appelle le narrative design. Donc nous on connaît tous ces petits tricks mais c’est pas forcément connu du grand public mais c’est bien de l’utiliser aussi dans des expéditions comme ça qui en fait on veut être aussi narratif que qu’une série ou un film. Donc on a les mêmes outils. Quand tu parlais des des historiens qui vous ont accompagné, du coup ils vous ont vraiment accompagné du tout début jusqu’à la toute fin. Ouais, pour le coup que ce soit Amcho ou Mathilde, ils sont là depuis fin 2020, début 2021. Ouais. Et ils sont encore aujourd’hui avec nous pour même la sortie là. Et euh non, c’était constamment, c’est des échanges constants. Euh tous les jours, on leur envoyait des des petites questions ou des images ou des screenshots de de l’expérience où ils avaient un casque, ils pouvaient tester dès qu’on faisait une nouvelle version, ils pouvaient la tester et nous faire des retours et et puis poser les questions dont ils avaient pas la réponse au spécialistes à chaque fois quoi. Donc ouais, c’est un gros travail de de collaboration sur Ouais. sur 4 ans. Puis ce qui est bien, c’est que vu que vous êtes dans le cadre d’une expérience, d’une expédition qui euh qui a quand même une visée pédagogique, j’imagine qu’ils ont quand même un pouvoir de no quoi. Euh ou bon, c’est c’est du dialogue, j’imagine quand même. En théorie, c’est le directeur créatif qui a le pouvoir de valider ou non toutes les propositions, donc Guillaume Martini. Mais dans la pratique évidemment, on essaie que ce soit un consensus et que tout le monde soit à l’aise avec nos choix. Donc à chaque fois, on fait des réunions et on s’assure que tout le monde est OK avec ce qu’on propose et que tout soit validé, même les bêtes mythiques spoiler alert, mais pour pour que tout le monde soit à l’aise avec ce qu’on fait et que ce soit justifié et que et que tout le monde soit heureux aussi parce que c’est un travail d’équipe he sur 4 ans, c’est notre bébé à tous. Alors toi, de ton côté, donc euh tu as été un impliqué, voilà, dans cette dans cette écriture, dans cette narration, mais tu es aussi lead designer. Ça consiste à quoi euh exactement d’être lead designer ? Alors, lead, ça veut dire que j’ai une équipe, donc j’ai 10 personnes. Euh des designers et un petit patron, quoi. Ouais, un petit patron, des designers et des intégrateurs. Donc en gros, les designers c’est les personnes qui vont devoir euh bah déjà avoir des idées puisque c’est notre travail. Donc imaginez dans le détail toutes les scènes, tous les personnages, toutes les actions, tous les objets, tout ce qu’on va vivre en fait, tout ce que le visiteur va vivre. Donc comment il va se déplacer, par où il va passer, quelle action il va devoir faire, quelle émotion il va avoir et pourquoi on lui donne cette émotion à cet endroit-là. Si on veut le mettre mal à l’aise et qu’en plus l’histoire veut qu’on soit mal à l’aise à ce moment-là, ben on va utiliser des des des outils de design pour le faire. Donc la réalité virtuelle, c’est du vertige, c’est des plateformes qui bougent, c’est des effets d’échelle. Donc il y a plein de d’outils pour qu’on manipule un peu le cerveau humain et ça c’est très efficace pour le coup la la réalité virtuelle et ça nous permet comme ça de de créer plein de de petits moments bah mémorables pour les visiteurs et et fun et intéressant. Donc ça c’est le design. On documente tout pour que après en production, que ce soit les graphistes, les animateurs, les tech artistes, les les développeurs, enfin il y a il y a énormément de métiers puissent travailler. Et après, j’ai une équipe aussi d’intégrateur et ça c’est les personnes qui prennent tout ce qui a été créé, qui le mettent dans le moteur et qui reconstituent l’histoire que nous on a imaginé en tant qu’auteur. Euh donc c’est un peu l’équivalent de monteur plus dans le cinéma. Euh donc je travaille avec ces personneslà pour Ouais, on en gros on a un gros du travail de conception préproduction aussi puisque au début ben on n pas encore les graphismes, on n pas les acteurs, les personnages. Donc on fait ce qu’on appelle par exemple du blockout. Donc on met des gros cubes un peu partout. Donc ça pour les gens qui connaissent le jeu vidéo, ils savent ce que c’est. Mais on crée tous les volumes, on imagine toute la déambulation et euh et après on on imagine les animations. Donc on anime tout mais de manière très moche. C’est ce qu’on appelle une animatique. Ça vous l’avez peut-être vu aussi sur les les Pixar Disney euh la version avant que tout le monde entre dans le projet et après quand on entre en production, bah là il y a des centaines de personnes comme j’ai dit qui entrent. Une fois que tout est euh choisi, validé, et ben on envoie le l’armée quoi. Et et on on fait pendant un an tout toute toute la production. Puisque je t’ai sous la main, je vais te poser une question qui je pense va éclairer beaucoup de monde. C’est quoi la différence entre design et graphisme ? Et ben, je ne sais pas dessiner par exemple. Enfin, je fais des petits bonhommes en en trait, quoi. Euh non, le design d’expérience, c’est pas du tout du graphisme. C’est c’est vraiment imaginer ce que vit le le visiteur et ce qu’on raconte. Et euh et donc ce que j’expliquais là, c’est bah il y a beaucoup de mise en scène, il y a beaucoup de narration, il y a beaucoup de de sciences de des interactions, du déplacement, de comment on crée des émotions. Donc il y a plein de métiers, le narrative design, le level design, le game design, ça vous vous l’avez entendu normalement dans le monde du jeu vidéo. Euh donc c’est plutôt ça pour ce qui est du dessin, c’est les directeurs artistiques et les concepts artistes. Donc c’est un autre c’est un autre métier. Et ensuite pour la 3D, on a des graphises 3D, des tech artistes qui font tout ce qui est éclairage, effet spéciaux et cetera et voilà. Et après bon, on a on a les animateurs pour et les rigueurs pour tout ce qui est animation. Donc il y a plein d’Is différents, mais les designers ne sont pas des graphistes dans les métiers en tout cas du jeu vidéo ou ce que disent toutes tout est enfin l’armée du coup qui qui bosse avec toi et qui est dans le chat nous dit en fait design c’est tout simplement un anglicisme pour dire conception quoi. Exactement. Notre travail c’est d’avoir les les idées et de les les partager après à toute l’équipe euh pour bah pour qu’il puisse avancer. Donc c’est beaucoup de beaucoup de documents bien sûr, il y a beaucoup de visuels et beaucoup de prototypes. Donc les versions moches avant que le joli arrive. Alors tu nous tu nous l’as dit donc au départ euh vous mettez vous posez en gros des gros blocs. Typiquement le le marché vous faites vous faites comment ? vous dites tiens, on va mettre 15 étales, 20 étales, on fout ces gros blocs là et et comment ces gros blocs vont se retrouver à être affinés au fur et à mesure pour donner ce ce gars qui me propose son jambon qui me fait envie ? Alors déjà là, il fallait trouver un espace dans la cité. On l’a un peu trituré parce qu’on voulait vraiment que ce soit une scène énorme. Après, on a défini vraiment la zone maximale qu’on pouvait avoir dans toutes nos 20 salles. Donc là, c’est vraiment énorme. Il y a à peu près 500 m, je crois, non, peut-être 400 m² de zone. Et ensuite, on vient placer des gros blocs de stand et sur des images en vue de on se dit bon bah lui il va faire des paniers enier, lui il va vendre des épices, elle va vendre des tissus, on montre ça aux historiens, ilous il nous valide un peu et après on va chercher mais ça veut dire ils vendent en réalité, à quoi ça ressemble, quelle taille ça fait. Euh ensuite, on va choisir dans les personnages concrets, donc dans les 70 personnages, bah qui vend quoi et après on leur imagine leur personnalité. Donc est-ce qu’ils sont gentils ? Est-ce qu’ils sont énervés ? Est-ce qu’ils sont repentis ? Donc ça, on pourra en parler, mais il y a des marchands repentis euh au niveau de de l’inquisition et euh et après on imagine tous les déplacements, même du petit coffond qui court partout. Donc cette scène là, c’est Aurélien. Dédicace à Aurélien qui a travaillé des mois dessus pour imaginer absolument tous les détails de toute la scène. Et après en graphisme avec Thomas, ils ont ils ont tout mis en en beau, en joli. Mais ça prend ça prend des moins et des petits clins d’œil à d’autres à d’autres à des œufs cinématographiques autes. parce que j’ai j’ai cru entendre à un moment donné un bout de dialogue qui ressemblait alors c’était pas du poisson mais c’était un peu il est pas frais ton poisson sur sur le marché moi ça c’était un en fait on fait des tournages préparatoires et on joue nous-même on fait les acteurs dans les tournages préparatoir ça permet au aux vrais acteurs de comprendre les scènes de de s’entraîner à comprendre aussi les volumes les déplacements et là bah spécifiquement avec Aurélien, on s’amusait à s’insulter en tant que marchand et on a gardé un de nos phrases mais ouais, c’est sûrement des inspirations astériques. Ouais. Euh, on on l’a dit tout à l’heure. Alors, tu as un historien qui t’a dit “Ouais, bah cette carotte là, elle a rien à faire sur le marché.” Il y a il y a d’autres exemples comme ça que tu peux nous citer où vous aviez fait un truc et là il y a un historien qui a intervenu en disant ou un spécialiste et qui s’est dit tiens ça les gars faut le changer. Alors j’en ai étonne. Euh je dirais alors il y a par exemple on a une salle d’apparat euh où on rencontre le Sénéchal et cette salle elle était un peu complexe parce queon voulait mettre des tapisseries. Là, on a tenté des tapisseries à partir alors déjà, il reste pas beaucoup de tapisseries d’époque et on a tenter un peu des illustrations, des propositions et c’est trop risqué, on va prendre des petits motifs qui sont validés et on va refaire juste à partir de motifs. Euh et aussi, on avait besoin d’éclairer cette cette pièce mais en réalité à l’époque, ils avaient pas tant de bougies ou ils faisaient pas des feux en pleine journée ou ils avaient pas des lustres. Donc là, on a dû tricher parce que c’était très sombre euh puisque en fait, j’imagine qu’ils vivaient dehors la journée, contrairement à nous et qu’ils avaient pas trop d’intérêt à être dans des salles euh complètement euh euh obscures. Donc ouais, des fois, on se fait retoquer sur des petites choses mais euh mais on trouve toujours des des solutions. Euh après, il y avait le trébuchet. Alors, ça c’était intéressant. C’est euh donc on a on a un trébuchet à un moment. D’ailleurs, c’est impressionnant puisqueon on le voit en action. Euh au début, les graphistes et les animateurs se sont inspirés de bah des jeux vidéos, des films. On a on a fait le trébucher et on a montré histori mais pas du tout réaliste votre truc, ça marchera jamais. Donc en fait, ils sont allés retrouver des vidéos d’amateurs qui s’amusaient à fabriquer des trébuchers et à lancer des projectiles parce que eux, ils avaient trouvé un un mécanisme qui correspondait mieux à ce qu’on pourrait faire. Donc grâce à ça, on a refait euh un tribuchet crédible et là normalement c’est un tribuchet qui aurait pu fonctionner et et détruire des tours adverses. Tu sais que moi dans la vraie vie, j’ai utilisé ce qu’on appelle un un couillard qui est un dérivé du trébucher 14e notamment et j’ai pu j’ai pu tirer de nombreuses fois avec. Effectivement, j’ai étudié ce couillard quand je faisais mes recherches. Euh, il y avait la bricole aussi, il y en avait plein à l’époque des systèmes différents, le mongono bricole plus petit qu’on installe plus sur le les remparts. Et alors cette carcassonne du 14e siècle qu’on explore, on l’explore à travers une vingtaine de tableaux, il me semble, euh un des gros points forts de l’expérience aussi, c’est cette reconstitution architecturale. Et on l’a dit, Carcasson, elle a été retouchée par Violet le Duc. Alors, Violet le duc, il a fait des trucs absolument incroyables. Parfois, il a été aussi critiqué. Euh la ville, elle a aussi évolué, hein, donc de depuis le 14e siècle. Comment est-ce que vous vous avez fait pour essayer de retrouver son apparence du 14e siècle ? Et ben alors déjà pour Violer le Duc, on avait déjà travaillé sur euh Notre Dame. D’ailleurs, on on rencontre Violet le Duc dans Notred Dame. On connaissait on connaissait bien le personnage et on savait qu’il avait un un monde médiéval idéalisé. En gros, Violet Loduc, lui son son objectif, c’était de montrer ce que ça aurait pu être s’ils avaient les outils euh qui leur permettraient de faire ce qu’ils voulaient. Sauf qu’en réalité, il y avait beaucoup d’intentions de sa part et il a fait beaucoup de choses qui étaient pas forcément réalistes par rapport à la période. Euh et donc nous, ben on était super vigilant avec ça et on en a parlé aux historiens et il y avait des choses d’ailleurs sur internet, on voyait beaucoup les toits en pointe n’était pas en pointe à l’époque. qu’on a posé la question aux historiens et en fait ils ont fait des recherches et si peut-être pas avec ce revêtement et peut-être pas dans dans la forme exacte de violet le duc mais au final c’était bien possible parce qu’il y avait des références ailleurs dans dans d’autres cités dans d’autres villes et dans des croquis aussi parce que des fois ils trouvent des des croquis de à peu près la même période peut-être 50 ans après mais qui ont les mêmes motifs et là on se dit OK bon pour le coup Eugène violet le n’était pas trop éloigné de la de la réalité. Donc c’est là où il y a plein de choses où on est super vigilant parce qu’on sait que la restauration ça modifie beaucoup de choses. Euh et puis des fois bah on a on n pas vraiment de réponse et là ben on les laisse nous proposer une réponse et et on les suit hein, on leur fait confiance. Alors, ce qui est intéressant aussi quand on visite cette carcassonne du 14e siècle, c’est qu’on voit pas mal de Alors, pour le profan qui connaît rien en histoire ou en période médiévale, euh il va être un peu surpris de voir qu’il y a énormément de structures en bois qui ont été rajoutées euh autour des murailles. Autour des murailles aussi. Donc ça c’est pareil, c’est énormément de travail de recherche. Mais donc en fait quand on quand on se prépare un siège euh ou quand on se prépare à l’arrivée du roi, on va mettre en place qu’on appelle les ours. C’est des structures en bois qui sont devant le les créneaux des remparts et qui permettent de d’attaquer l’ennemi par le haut quoi, comme avec des machikoulis. Euh et toutes ces structures-là, tout a disparu. Euh donc il faut avoir des références, mais ça je on n’est pas les seuls hein, essayer de retrouver comment c’était c’était fait. Euh faut avoir des références et on teste beaucoup de choses au niveau des des proportions. Alors là, on a un peu triché parce que nous, il faut que on a les visiteurs qui puissent marcher aussi vu qu’on permet de visiter. Donc on a un peu agrandi certaines parties des ours, mais il y a plein de recherches là-dessus. Mais c’est surtout en fait, il faut se dire que il y a beaucoup de choses euh dans cette période qui ont disparu puisque c’était des structures amovibles et dont on n plus du tout de trace. Donc il y a beaucoup aussi de recherche de praticité et par exemple dans la cour du château, un moment on se balade dans la cour du château. Donc pour le coup là, il y a plein de nobles autour de nous, il y a des scènes de dragues, il y a des des petites des petits dialogues sympas entre nobles et cetera. Mais cette cour là, elle a pas elle a pas du tout euh le visage de l’époque actuellement. Euh donc, il fallait retrouver un peu comment c’était fait. Au début, on pensait que s’il y avait des écuries euh puisque ça paraissait pratique de mettre ses chevaux à cet endroit-là. Euh au final, les historiens ont une fois qu’on avait fait les écuries, ils ont dit “Non, c’est pas c’est pas possible.” Ensuite, on on devait imaginer tout ce qui était coursive en hauteur vu que c’était des en fait c’était des des passerelles et des salles entières en bois. parfois pour des questions de défense parce qu’on pouvait casser le truc quand on nous attaquait et ça c’était très pratique. Dans Carcassan, il y a des endroits qui sont réfléchis spécifiquement pour qu’on puisse casser cette partie-là et en fait bah ça bloque complètement les assaillants puisqu’ils sont à 10 m de haut et que il y a plus de passage possible. Donc ça c’est c’était aussi fait pour ça. Mais euh ce qu’il faut savoir c’est que à l’époque euh déjà bon il y a toutes ces structures en bois et en plus de ça même à l’intérieur des habitations euh en fait quand on vient quelque part on vient avec tout les meubles, la vaisselle, les armoiries, euh euh les vêtements et on repart avec tout. Donc c’est difficile de savoir ce qui reste surtout quand on fait les stages donc on reste que 6 mois et en train de part donc c’est encore plus spécifique à Carcasson mais c’est difficile de retrouver en fait ce qui était exactement à cet endroit à cette période précise. On l’a dit tout à l’heure euh vous avez fait appel à des comédiens pour euh les personnages. Comment ça s’est passé cette création des personnages justement que ce soit de de l’écriture jusqu’à l’aspect enfin la l’apparence que vous leur avez donné ? Et et est-ce que d’ailleurs le travail des comédiens a influencé cette représentation dans le dans cette expédition ? Ouais, je pense je pense parce qu’ils avaient des fortes personnalités et une façon de parler et des gestuels propres à eux qui marchait bien. Donc en gros avec les auteurs Anthony et Guillaume, on a imaginé les personnages dans toute la partie narrative, leur personnalité, leur âge, même un peu leur leur physique, euh leur façon de s’exprimer. Et ensuite euh euh le travail de bah de Guillaume et d’Angélique, la chef de projet, c’est d’aller faire du casting et de trouver des acteurs qui puissent correspondre et qui matchent bien avec ce qu’on avait en tête. Donc on a eu des castings, on a trouvé nos acteurs et ensuite on a fait les tournages de répétition comme je disais. Donc il y a eu plusieurs tournages euh où on relit tous les dialogues, on refait toutes les scènes et là bah il y a de la direction d’acteur. Donc c’est principalement le travail de Guillaume mais on est là aussi pour participer les parce que bah comme on connaît nos scènes par cœur et qu’on connaît nos persos par cœur, ben on peut on peut aider et euh et il y a plein de types de langage ou de façons de de jouer le jeu qui nous ont influencé et qu’on a pioché chez les acteurs pour le mettre dans le personnage. Donc c’est vraiment communiquant et c’est ça qui est intéressant quand on a des acteurs qui vont réincarner le person que comme je disais un peu avant, on a scanner les acteurs, c’est leur voix et on a pris leurs animations, donc ce qu’on appelle la motion capture. Mais c’est vraiment c’est ces acteursl que vous retrouvez dans dans l’expérience. Donc motion capture. Donc on on capture les mouvements et donc les déambulations des différents acteurs. Donc euh j’imagine que en studio quand vous faites ça euh est-ce que eux doivent se visualiser mentalement l’espace ou est-ce que vous avez des petites astuces style tiens là il y aura une table et donc vous vous mettez une table ou un objet qui représente la table. Ouais c’est des cartons, du polystyrène et des tables et voilà du plastique et et des marques au sol. Et euh et on leur montre un peu les gros volumes comme ça. Après, dès qu’on a quelque chose à leur montrer sur le moteur, on leur montre sur le moteur aussi euh la scène et euh il y a une projection, hein, c’est sûr que c’est un travail de projection pour eux. Donc il s’entraîne comme ça et après quand on est à la motion capture là on a quand même la scène en sur qui est projeté sur un sur un mur et euh et là il y a quand même tous les objets qui vont manipuler qui sont euh euh son appelle traqué donc leurs mouvements sont captés aussi. Donc ils attrapent des vrais objets, ils touchent des vraies tables, enfin des structures qui ressemblent bien sûr, mais euh mais c’est toute une reconstitution aussi dans le Alors, tout à l’heure, on a parlé aussi rapidement des vêtements euh tu nous disais que bon, parfois par exemple pour un des personnages, il y a eu une interprétation, vous dites voilà. Mais euh la question qu’on peut se poser, c’est est-ce qu’on a autant de traces de sources historiques sur les vêtements du bas peuple que sur celle bah du Sénéchal par exemple ? Alors là, je j’aurais pas toutes les informations sur le Sénéchal ou le Bap. Non, là, je dis Sénéchal mais c’est c’est les hautes sphères parce que tu vois, on les représente quand même plus sur des tapisseries peut-être que enfin dans l’iconographie que les pauvres, je ne sais pas. Euh bah pas forcément, nous on avait pas mal d’infos sur euh par exemple les teintures des euh des pauvres par exemple. Ils étaient souvent orange parce qu’on utilisait de la de la pelure d’oignon pour euh teinter les vêtements. Donc on a pas mal d’infos comme ça qui peuvent nous aider. Euh en revanche pour ce qui est des illustrations, faut se dire que c’est un peu le Instagram de l’époque. Donc pour les visages ou pour les vêtements, il y a des choses où bien sûr on va s’en inspirer, mais il faut être un peu vigilant quand même. Euh donc oui, on a beaucoup d’illustrations euh mais on a aussi beaucoup d’infos sur la manière dont il é fabriqué. Donc je pense que c’est ça s’égalise au final. Après, il y a beaucoup de règles de cast en plus qui ont été données. Donc des couleurs cast et cetera. Donc ça c’est intéressant. Euh il y a des couleurs qui étaient faites que pour les marchands par exemple, que pour les nobles ou que pour les les héritiers. Donc voilà, là on l’a pas trop mis dans Carcasson, mais je sais que dans Notredame, c’était important d’avoir toutes ces infos. Euh là, on a certaines personnes qui portaient une croix jaune. C’est quoi la croix jaune ? La croix jaune romaine, c’était le signe pour un hérétique qu’il est qu’il avait avoué ses torts et qu’il était repenti. Euh voilà, ça fait pas mal de référence à d’autres périodes un peu sombres de l’histoire, mais en gros, ils ont une croix sur eux et ils doivent se balader avec pendant toute leur repentance. Euh je sais pas si c’est le terme mais en gros, ils sont stigmatisés. Donc tout le monde sait qu’ils ont été hérétiques, accusés d’hérésie, qu’ils ont avoué et ils doivent euh assumer en fait leur leur tort pendant des semaines et euh ils se baladent avec cette cette croix jaune qui qui qui est vu sur leur vêtements. Et le problème c’est que bah ça marque un peu la personne, ça l’accuse auprès de ses proches et surtout on a pas trop envie de de traîner autour de quelqu’un qui est hérétique puisque de traîner avec des hérétiques, c’est déjà euh un acte d’hérésie un peu selon l’inquisition. Donc euh on rencontre plusieurs dans l’expérience et on comprend que bah c’est difficile pour eux et puis surtout il est possible qu’ils aient avoué parce que ils aient pas le choix quoi. Donc c’est tout c’est toute l’ambiguité de de la période euh que des fois pour qu’on nous laisse tranquille, on dit bah OK, je vais porter la croix pendant pendant un an. Mais au moins alors depuis tout à l’heure, on parle de ces échanges avec les scientifique qui vous permettent de vous de nourrir votre univers et de le rendre crédible. Or, on sait que l’histoire, comme dit un de mes copains, elle est faite deux trous et il y a des choses qu’on ne connaît pas. Donc est-ce que là vous avez été confronté vraiment des trucs où là vous dites “On sait pas euh les copains historiens, vous en savez quoi ? On sait pas. Qu’est-ce qu’on fait honnêtement, plus grand-chose, hein, puisque on va essayer un peu de de solution à tout. J’ai pas en tête peut-être oui la taille de Philippe Lebel, ça c’était une grosse question. Euh on a voulu reproduire Philippe Lebel à un moment parce qu’il y a l’arrivée du roi et on a demandé aux historiens “Mais il fait quelle taille Philippe Lebel ?” Aucune idée. Personne sait quelle taille fait le roi de France. C’est c’est parce que c’est des choses on se dit bon, il y a quand même quelqu’un qui qui l’a notifié quelque part et euh du coup on l’a mis sur un cheval et on s’est pas embêté comme ça. On sait pas trop s’il est grand ou petit. Euh ça se trouve c’était Lord Farquette dans Shrek. Euh et en plus on l’a fait pas du tout beau le pauvre. Bref, il est c’est pas Philippe Leb. Alors tout à l’heure tu as évoqué aussi un un truc très rapidement. On on parlait des seigneurs du Nord qui débarquent à Carcasson. Or, à ce moment-là, on parle pas forcément la même langue. Il y a la langue doyil et la langue doc. Comment est-ce que vous avez décidé de représenter ça dans cette expédition immersive ? Et ben, on a décidé d’utiliser l’occitant pour la langue doc. Euh donc, on a appris des acteurs qui parlent Occitant et qui font un peu tous les personnages de la cité et des alentours en parlant occitan. Donc on a le français pour la langue d’œil, donc le nord et et l’occitant pour la langue d’œil. On va garder pour toutes les langues la l’occitant pour représenter un peu le le fait qu’on soit pas dans notre environnement naturel, on va dire en tant que personne du nord et queon comprenne pas tout ce qui se passe autour. Donc on a enregistré, on a enregistré du latin aussi puisqueau niveau liturgique dans la dans la cathédrale, il y a du latin [Musique] et et voilà, ça montre un peu que bah c’était melting pot comme on dit à l’époque, surtout Carcasson, parce qu’il y a eu plein de peuples différents, plein de langues différentes, plein d’influences différentes, plein d’inspirations différentes et euh et ça fait du bien aussi d’entendre un peu l’accent du sud et des mots qu’on connaît pas trop. Ça me fait penser à une autre ambiance parce que euh enfin une autre question parce que le le cette caractéristique de la langue, elle nous plonge quand même dans une ambiance médiévale de l’époque euh et dans euh les jeux, le cinéma et donc ce type de d’expérience de d’expédition immersive. La question se pose aussi comment est-ce qu’on va reconstituer le son parce que tu vois l’ambiance sonore parce que l’ambiance sonore du Moyen-Âge, d’une ville du Moyen-Âge, elle a rien à voir avec nos nos klaxones de nos villes modernes, tu vois. Mais déjà c’est comment on va reproduire les dialogues pour qu’il y a une un ton médiéval ? Et ça, on a on a un dialoguiste qui est venu nous aider qui s’appelle Vincent Motèz et qui est spécialiste un peu dans toute cette période et qui a fait pas mal de spectacles. Donc déjà, il a donné aux phrases avec des petites expressions, des choses euh des choses qui nous replongent un peu dans dans cette période là. Et ensuite euh et ben à l’époque, il faut savoir que les les habitants n’ont pas l’heure. Donc le son est extrêmement important pour eux euh que ce soit les sonneries puisque il y a il y a un couvre-feu dans dans la cité. Donc elle ouvre à 8h, elle ferme à 19h et pendant toute même la nuit, il y a des tours de garde et tout ça c’est des sonneries. L’ouverture des portes, c’est une sonnerie. Donc il y a beaucoup de sonneries immunitaires donc avec des trompettes, il y a des personnes qu’on appelle les trompestes qui qui sont chargés de ça. Euh donc il fallait retrouver un peu des mélodies et des euh des instruments de l’époque. Et euh il y a aussi les sonneries des cloches pour les messes parce que à l’époque la messe c’est très important, ça rythme aussi la journée. Donc on a travaillé aussi avec les historiens dessus et pour la musique spécifiquement, on a travaillé aussi avec un groupe qui s’appelle Into the Winds et qui font un peu une enquête de leur côté de trouver des partitions ou de reproduire des des musiques médiévales euh et qui jouent des instruments comme la douine ou autres instruments médiévaux qui permettent d’avoir toutes ces sonorités. Et alors toi euh en tant que en tant que en dehors du du lead design et de ton rôle sur l’écriture en tant que Ludovic, euh est-ce que tu as euh appris des trucs en bossant sur sur ce projet qui t’ont qui t’ont un peu étonné euh sur cette période médiévale sur Carcasson ? Alors, j’ai appris des choses comme l’inquisition, je savais pas du tout que ça venait de quel c’est c’est de My bad. Je pensais que c’était d’Espagne et que c’était les tout ce qu’on connaît de l’Inquisition. Euh après, c’est plutôt, j’ai pas de d’anecdote un peu euh rigolote. Enfin, je vous en ai donné des petites mais j’ai pas de choses qui m’ont qui m’ont surprise plus que ça. Je savais pas du tout que donc ça c’est pas très fun, mais que c’était un pouvoir euh centralisé avec des métiers. En fait, euh nous on pensait que on était encore dans la période des chevaliers à cette époque-là, mais il y a plus de chevaliers, c’est plus la féodalité, il y a plus euh en fait il y a des employés qui travaillent pour le roi et qui ont des postes et même juste après, on sur la semaine, on a les gardes de la cité, les qui vont devenir les mortes pay et qui vont avoir un salaire à vie héréditaire. Euh donc c’est vraiment euh c’est euh les fonctionnaires euh plus quoi, parce que en plus de ça, ils donne le poste à à leurs enfants et ils sont assurés à vie de de euh d’avoir leur salaire. Donc c’est vraiment une structuration différente et je savais pas du tout qu’à cette époque-là, c’était c’était ça. Quelqu’un qui dit manque un peu de romain à cette histoire de Carcasson, on l’évoque. Euh c’est évoqué dans dans dans cette expédition. On en cause même plusieurs fois, je crois. Ouais. Bah après, il y a toute Oui, il y a il y a toute euh toute une un historique de de la période galoromaine puisque la plupart des tours ont été créés à ce moment-là et une partie des des remparts. Euh mais euh mais bon, on est loin quand même, on est on est loin de de cette période là. Il y a eu beaucoup de choses qui ont été construites entre-temps. Après, il y a la l’église qui a une partie romane, mais ça voilà, une partie politique, une partie. En tout cas, cette cité de de Carcasson, elle reste hyper impressionnante quand on la visite. Alors, je sais plus exactement le nombre de tours. C’est 50 52, je sais plus. Mais enfin, c’est il y en a il y en a il y en a quand même beaucoup et ça fout un peu le le vertige. On a même à un moment donné sur une tour un un moulin. Bah alors, nous ce qu’on sait des tours c’est qu’elles devait être en parfaite autonomie. Donc on devait pouvoir faire notre nourriture et survivre en en cas de siège. Donc ça on le montre un peu. Euh donc il faisaient leur pain dans les tours de gardes he c’est des gardes mais ils font leur pain. Il ils vivent leur vie en fait en en pleine automoté et je pense j’ai pas le détail du moin mais je pense que c’est lié à ça. Ouais. Ah ben en tout cas je vous je vous invite tous ceux tous ceux qui nous écoutent à découvrir cette cette expérience là. Alors d’ailleurs cette ces expéditions immersive Escurio en particulier sur Carcasson, elles seront là pendant combien de temps ? Ça dure indéfiniment. En fait, on va on va ouvrir de nouvelles salles là dans le monde. Là, c’est uniquement en France actuellement. Et après, on on va partir dans dans le monde et on en fait toutes nos salles proposent toutes nos expéditions. Enfin, ce sont pas nos salles, c’est des exploitants mais ils proposent nos expéditions et euh faire euh euh les impressionnistes, mon disparu, Carcasson, c’est comme une salle de cinéma mais les films restent tout le temps en fait et on au choix. Et donc on rappelle il y a Paris, Bordeaux et Lyon. Paris, Bordeaux, Lyon de sorti et après là on part en Turquie, dans plein d’autres pays. Bon, super. Est-ce que est-ce que concernant les sujets du jour, tu as euh des euh que ce soit un documentaire, que ce soit des vidéos, que ce soit des bouquins pour en savoir plus, alors que ça soit sur Carcasson en tant que tel, son histoire ou sur euh la pratique justement de de ce que vous faites. Alors sur Carcasson, j’ai demandé à Julie Gayet qui est notre coordinatrice de recherche parce qu’on permet elle travaille avec les historiens en direct de nous donner des ouvrages. Euh donc j’ai Jean- Guuyen histoire de Carcasson, Jean-Pierre Panouillet Carcassonne histoire et architecture, Jean-Pierre Panouiller la cité de Carcasson et Jean-Blan, la cité de Carcasson, des pierres et des hommes. Donc ça c’est euh des choses qui sont validées historiquement. euh et qui euh qui nous ont aidé euh pour aussi lire de notre côté. Euh après, il y a les éditions du patrimoine du CMN qui vous qui font des des livres. Je pense que certains sont partis là, je peux aller voir puisque ils éditent des livres le CMN. Et sinon pour euh mon métier de designer euh bah ils sont derrière là. Mais euh donc j’ai l’anatomie du scénario de John Treby que je conseille, c’est un peu le grand le grand expert de script Doctor. Donc en gros, il analyse des scénarios et il aide les séries à à faire des scénarios cool. Donc ça c’est je le conseil. Il y a alors je sais plus comment il s’appelle en français, je regarde l’art du game design de Jessie Chill qui est un peu le livre à avoir quand on veut être designer. Et moi mon préféré c’est level design de c’est on répète juste le le titre parce qu’il a été mangé par le micro. Alors, c’est un architectural approche tout level design de Christopher Totem. Et ça, c’est top parce que ça fait des liens sur euh euh l’architecture euh et la façon dont on gère le déplacement du public, même dans une gare ou dans une église ou dans une ville. et ce qu’on fait dans le jeu vidéo ou dans les environnements virtuels puisqueen fait tout ce qu’on fait c’est déjà ce qu’on fait dans les villes et dans les villages depuis toujours. Euh c’est imaginer euh des des euh des lendemains en hauteur qui nous permettent de nous euh de nous spatialiser dans la ville. C’est c’est imaginer un peu des lieux euh restreints pour qu’on se sente un peu dans notre petits cocon et en sécurité des lieux immenses comme un hall de gare qui nous pousse plutôt à à déambuler et à marcher. Et tout ça, c’est ce qu’on utilise dans le jeu vidéo mais aussi euh ce qu’on fait virtuel. Alors maintenant que alors Carcasson là c’est sorti ou ça va sortir ? C’est sorti en France. C’est sorti en France. Et maintenant que c’est sorti, alors j’imagine que vous êtes tous soulagé dans dans l’équipe et et fier du boulot accompli. Euh mais j’imagine que vous en restez pas là. Vous êtes en train de bosser sur d’autres projets. Oui, mais je peux pas en dire plus. Mais on a des super projets avec des thématiques super intéressantes là sur lequel on travaille. Ouais. Dès dès qu’on a terminé la production, nous on se remet en en écriture et en conception pour euh bah voilà pour pour enchaîner et sortir des des expériences tous les ans. Est-ce que tu aurais un petit mot à à rajouter pour les gens qui nous écoutent avant qu’on le on clôture cette cette émission ? Non, bah ce que ce que j’ai ajouté c’est que on a beau parlé de la réalité virtuelle, il faut vraiment comprendre de quoi on parle et comment c’est c’est impactant pour le cerveau et comment ça ça fonctionne super bien en fait. Et euh et euh nous ce qu’on espère c’est que le plus de monde puisse puisse tester ça et nous faire des retours aussi. Hésitez pas. Même au niveau historique, on a les historiens disponibles. Donc si vous avez des petites des petits retours ou des petites questions, ce matin, on pourra leur partager, essayer de nous de s’exprimer sur sur les réseaux. Et euh et puis bravo à toutes les équipes d’Excur qui font un travail de fou depuis déjà pas mal d’années et c’est vraiment vraiment beaucoup de travail pour vous livrer euh ce que ce qu’on voit là actuellement. Donc voilà, bravo à tout le monde et merci à toi de parler un peu de notre travail. Merci à toi Eldo pour ce moment. Merci du coup à Escuriot, au centre des monuments nationaux aussi hein qui euh nous a accompagné tous sur ces sur ces projets. Et euh à très bientôt sur Notabéné. Merci euh Louis comme d’hab pour la préparation. Ciao ciao tout le monde et merci encore Ludo.
25 Comments
Vous avez envie de découvrir Carcassonne en 1304 ? Alors jetez un œil à la nouvelle expédition immersive d'Excurio (https://www.excurio.com/les-derniers-remparts/), réalisée en partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux (https://www.monuments-nationaux.fr/innovation/projets-innovants/les-derniers-remparts-carcassonne-1304) !
Bonjour, j'espère qu'ils t'ont vraiment bien payé cher parce que c'est vraiment bien chiant. Très loin de la démarche historique.
L'idée de visiter la cité de Carcassonne de 1304 en VR, je serais vraiment curieux de voir ça.
Je trouve la démarche intéressante.
Bravo à l'équipe d'Excurio pour tout le travail effectué pour réaliser ce projet.
Merci à vous deux.
Et bah un beau cadeau pour mon pere qui est ne au pie de la cite (rue Trivale pour ceux qui sont du coin ^^ )
Waw ça donne envie de découvrir ce boulot monstrueux ! Félicitations !! Dommage que ce ne soit pas présent à… Carcassonne 🫠
C'est chez moi 😅
La réalité virtuelle… je ne savais pas qu'il existait un thème qui ne m'interessait pas du tout sur l'architecture médiévale!
Je conseille en complément l'excellente vidéo "50 nuances de chevaliers : La Grande Guerre Méridionale" de la chaîne Sur Le Champ, qui explore le contexte régional au XIIe siècle (Les Trincavels, le Comté de Toulouse, la Catalogne, les interventions du Roi de France… et un peu les débuts du Catharisme), c'est passionnant !
https://youtu.be/uPxU-ytpxV8?feature=shared
Ca parle de chez moi je regarde même sans regarder l'entièreté de la vidéo je mets un j'aime direct.
Cela serait une bonne idée de faire un "Kingdom Come Delivrance" dans le contexte de la croisade contre les albigeois. En tout cas, KDC2 visuellement c'est très proche de l'expédition d'Excurio, en se baladant dans Kutna Hora.
Passionnant je cherche mon billet maintenant
Salut je me permet de soulever peut être un petit anachronisme car il me semble que tu parle de croisade contre les albigeois au XIVe siècle pourtant il me semble qu'elle s'est limité au XIIIe. Merci encore pour toute ces vidéo enrichissante, je les attends chacune avec impatience !
Ça donne vraiment envie. Merci pour ce travail qui met la tech au service de l'histoire …qui se perd trop souvent.
❤🙏
Est-ce qu'il y a une salle au Québec ?
Très beau boulot de création. =)
Un futur partenaria avec Ubisoft pour Assassin's creed chez les cathare. :p
Je les ai toutes faites, à Lyon, et c'est vraiment génial. Deux remarques cependant: 1- pourquoi la province n'a-t-elle pas droit à Eternelle Notre-Dame? et 2- Pour Les Derniers Remparts, j'ai trouvé qu'il y avait trop de verbiage, et surtout, surtout trop de cuts! Combien de fois on suit le personnage et boum, dans le noir, le pied en l'air? Et enfin une question: pourquoi cette chouette blanche cachée dans les buissons au début? Symbole de pureté spirituelle?
Sur ce qui est dit que Carcassonne n'était pas "féodal" ou avec des chevaliers c'était justement parce que le Roi en a fait une place forte royale justement parce que le sud était plein de seigneuries quasi indépendantes et qu'il fallait un endroit pour une garnison royale. Mais ça ne veut pas dire que c'était pas partout pareil: 1304 c'était bien le temps de la féodalité et des chevaliers.
Bonjour, dommage de ne pas avoir fait appel à un historien ou archéologue médiéviste pour cette vidéo. Le contenu en aurait moins approximatif et plus riche. Cordialement.
Oh mais vous parlez de chez moi !!
Pour mes 30 ans, ma meilleure amie m'a offert l'immersion des mondes perdus. Bonne expérience, je recommande
habitant a moins d'une heure de ma chere cité de carcassonne et etant un adorateur de ce lieu plein d'histoire, je salue a fond le projet, j'espere qu'en tant que carcassonnais de coeur, l'immersion sera possible carrement dans la cité !!
quand j'ai entendu le mot "cathares", j'ai failli me fâcher, mais ouf il recontextualise en disant que ce n'est pas un terme de l'époque, pas une "religion" en soit mais plusieurs mouvements dissidents.. j'ai eu peur !
ça a vraiment l'air incroyable comme expérience..
: – )
En podcast plus tard, merci 👍