Faire que le vélo soit aussi simple à utiliser que le métro.

Voilà le pari d’Amira Haberah, CEO de Fifteen, l’entreprise qui déploie des services de vélos en libre-service dans toute la France — des grandes métropoles comme Marseille aux villes à taille humaine comme Brest ou St Malo.

Mais Fifteen, ce n’est pas juste une boîte de vélos. C’est un projet d’infrastructure publique, conçu main dans la main avec les collectivités, pour bâtir une mobilité douce, connectée et universelle, pensée pour s’intégrer au quotidien des citoyens.

Dans cet épisode, Amira partage :

– les défis techniques du hardware et du déploiement à grande échelle,
– comment les données remontées par les vélos aident les collectivités à dessiner les politiques publiques de demain (jusqu’à servir d’arguments pour des subventions européennes),
– et un message fort sur l’inclusivité, le rôle des femmes dans la tech, l’entrepreneuriat en duo… et la parentalité en startup.

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À vos écouteurs 🎧

Et si le vélo partagé était aussi facile à utiliser que prendre un bus ou un métro ? Tu en penses quoi Olivier ? Je pense que c’est beaucoup plus facile, c’est moins cher et ça peut aller beaucoup plus vite. Alors je pense qu’on va en parler avec notre prochain invité. Je suis ravie de t’accueillir à cette table. Merci Sol, toujours content d’être on fait pas souvent des enregistrements ensemble mais je pense que c’est peut-être les meilleurs. Ah Thomas va être jaloux. En tout cas, notre prochaine invitée s’appelle Amira Eberra et c’est la cfondatrice de Fifin. Alors, restez avec nous pour en savoir plus dans un instant. Feuille blanche [Musique] 40 nuances de Next. Salut Amira. Bonjour. C’est ça va ? Oui, très bien. Merci de m’inviter. On est ravi euh de t’avoir euh à cette table à plusieurs égards. Euh Olivier m’a m’a fait tout un pitch déjà sur Fifin. Mais juste avant qu’on qu’on rentre peut-être dans le vif du sujet, moi ça m’intéressait de savoir à quel moment tu as eu cette idée un peu folle mais géniale de te dire le vélo doit être aussi simple que de prendre le métro bus. Alors, on a commencé en 2017 et à ce moment-là, je travaillais pour une société que pas mal de gens connaissent ici qui s’appelle Wizings qui fait des objets connectés. Et c’était un peu une période aussi où on voyait beaucoup de choses se passeraient dans la mobilité avec les premiers acteurs chinois qui débarquaient avec les vélos en free flotating à Paris et et en Europe. Et c’est là qu’on s’est dit que notre serveurfire dans l’objet connecté et dans ce qui permettait d’apporter en terme de simplification et d’attractivité de l’expérience utilisateur pouvait aussi bénéficier au vélo comme mode de transport. Ce qu’il faut ce qu’il faut dire c’est que je le dis en terme de full disclosure, c’est que 2050 est un euroinvestisseur de bah de 15 qui est le nouveau nom. Donc pour faire un tout petit peu l’historique très rapidement, Amira, tu étais la fondatrice ou cfondatrice de Zoov au côté d’Éric Carel qui est aussi le fondateur de Wiings. Donc tout ça c’est pas par hasard et sauf que 2050 est aussi investisseur de Wiings. Et nous on valorise beaucoup bah des gens qui ont du talent comme Eric Carel, Arnaud aussi qui est le qui est le cofondateur de Zoov et donc Amira. Et en fait l’intérêt de de ce savoir-faire he c’est effectivement de l’association du hardware, du software et de la data et d’avoir une sorte de secret source qui permet d’optimiser une expérience utilisateur au service de la santé pour Wings, au service d’une mobilité douce euh et finalement contre les émissions ou le la réduction ou l’évitement d’émission de gaz à effet de serre pour pour 15. Et donc ben c’est tout le talent et moi c’est ce que je voulais souligner c’est que toujours on dit il y a pas assez de femmes CEO dans la tech mais c’est pas parce que Amira est une femme qu’elle est CEO ha c’est parce qu’elle a du talent mais quand on réfléchit en plus que c’est du hardware avec des usines il y a des techniciens des chaînes où c’est très très masculinisé on est d’autant plus fier de d’avoir d’avoir une femme qui a ce talent. Alors Olivier en parlait très justement on est passé de de Zoov à à Fifin. Qu’est-ce que ça a représenté pour vous cette cette association ce rebranding ? Alors, je pense que ça nous a permis de nous ancrer plus dans quelque chose qui était assez structurant en fait dès la création de l’entreprise, c’est les territoires. Fifin, ça fait référence à au concept de 15 minutes city, ce concept d’urbanisme où on considère que tous les services essentiels doivent être accessibles aux gens en moins de 15 minutes à pied ou à vélo. Et choisir ce nom, ça a permis de se dire “OK, en fait, on n’est pas juste une entreprise de vélo ou de vélo connecté. En fait, on est un service à destination euh d’une collectivité à la fois dans son sens politique, la collectivité qui est notre client, mais aussi dans son sens finalement social, c’est-à-dire le collectif de gens qui habitent sur un territoire. C’est clairement là le le moment où le produit est dépassé par sa mission, sa mission de boîte en fait. Oui, absolument. Et c’est évidemment à ce à quoi nous on poste au quotidien, c’est comment est-ce que finalement cette mobilité douce qui a pour objectif d’offrir une alternative bas carbone au déplacement, l’idée c’est pas de de forcer les gens à monter sur les vélos. L’idée c’est de faire en sorte que ce soit suffisamment attractif, suffisamment fiable, suffisamment amusant, suffisamment sympa pour que ça devienne l’alternative préférée des gens. C’est-àd que le le talent des des gens qui développent des produits, c’est de donner envie du produit. Donc on sait que c’est bien, on pe avoir envie, mais il faut que le prix soit attractif, il faut que l’expérience en fait, le prendre son vélo, le rendre, euh l’expérience sur le sur l’application mobile au moment de payer, enfin tout ça c’est une expérience fluide et sinless en quelque sorte. Euh est-ce qu’on peut te poser une question ? Je je je t’ai volé la parole mais c’est juste pour qu’on comprenne bien quel est le modèle économique d’un zo au départ et maintenant surtout de fifin. Comment est-ce qu’on gagne de l’argent en produisant des vélos et en les faisant circuler ? Alors nous, notre modèle économique, il est principalement basé sur des marchés publics euh parce que on a créé en fait une offre de transport public et on la vend euh aux collectivités. Donc euh nos principaux clients, je dirais en France parce que à l’étranger, c’est pas forcément comme ça que ça se passe, mais en tout cas en France qui est notre plus gros marché, ce sont ce qu’on appelle des autorités organisatrices de la mobilité. Donc c’est celle qui organise aussi votre offre de bus, de tramouet, de métro et qui maintenant investissent de plus en plus dans le vélo. Donc on construit avec ses collectivités une offre de vélo sur le territoire pour qu’elle soit cohérente, qu’elle soit aussi intermodale avec les autres modes de transport. Ça c’est un point qui est très important. Et du coup on vend ce service là aux villes et elle se rémunère sur les recettes des usagers. Est-ce que est-ce que tu peux nous citer juste quelques références ? Quelles sont les grandes villes que Fiftin peut revendiquer à son dans son dans son portefeuille de clients ? Alors en France parmi les grandes villes, on a des villes comme Marseille, comme Saint-Étienne, des villes comme Camp. On est aussi très présent en Bretagne avec Saint-Malot, Brest et aussi des plus petites villes comme Saint-Brieux, Landerna. Je pense que notre force c’est vraiment l’ambition d’aller sur tout types de territoire. d’aller adresser déjà pas uniquement le centre mais le centre et la périphérie parce qu’on pense vraiment que le vélo peut aussi aller sur ce type de territoire et d’aller à la fois dans des très grands centres urbains comme Marseille mais aussi dans des villes qui sont moins en tout cas ce qu’on appelle des villes à taille humaine comme Ausser où le service marche super bien. Tu disais tu travailles surtout avec les collectivités. C’est ça été quoi les plus grandes difficultés techniques ou réglementaires pour pouvoir mettre en place FIF ? Alors dans les difficultés techniques ou réglementaires, bon je dirais que euh technique c’est vraiment la la fabrication finalement de notre offre produit de ce vélo qui est connecté et qui vit dans la rue parce que c’est une chose de fabriquer une monde connectée qui est toujours à côté de son utilisateur sur un poignet. ce qui est déjà très difficile, mais nous on a un objet qui vit 24h sur 24 dehors dans la rue euh qui est soumis à des problématiques voilà qui peuvent être euh euh soit du vandalisme, soit une météo très difficile. Euh donc euh ça c’est un un vrai challenge technique pour euh pour le produit. D’un point de vue réglementaire, je dirais que les collectivités sont très attentives à des questions comme celles de la protection des données personnelles. Donc c’est quelque chose sur lequel aussi on est obligé euh de à la fois montrer pas de blanche mais aussi bah de de vraiment apporter une solution technique qui des rassure sur ce sujet-là. Et en en en quoi ça consiste finalement une fois que vous avez gagné un appel d’offre, qu’est-ce que c’est quoi le job de 15 ? Parce que j’imagine, il y a la construction des vélos mais après il y a aussi gérer des vélos. Enfin, quelle est la chaîne de valeur ? Comment ça se passe ? Parce que moi une fois que je suis utilisateur, je prends un vélo, je sais pas à qui j’ai affaire. Est-ce que c’est Fifin en direct ? D’où viennent les bornes sur lequels je pose le truc. Est-ce que tu peux nous nous raconter un peu la chaîne de valeur ? Ouais. Alors quand on a gagné un marché euh on va procéder au déploiement de ce marché. C’est-à-dire que très concrètement, on va aller sur le territoire installer toutes les stations. Donc ça par exemple, c’est aussi un challenge technique, l’installation des stations parce que ben les gens se rendent pas forcément compte mais en dessous de nous il y a du réseau internet, il y a du gaz, il y a des il faut pas percer les mauvais câbles. Exactement, il faut faire très attention. Donc il y a un vrai enjeu de génie civil finalement. Mais ça qui est géré par vous ou par la ville ? Alors euh c’est vraiment un travail en collaboration entre la collectivité, un installateur type Vincy ou Citeos et nous. OK. Euh c’est ce que fait Enedis aussi, c’est ça. Enedis interviennent plus tard pour brancher. Ah si ils font le branchement. Comme on a des stations réseau euh au réseau électrique, on fait des vélos 100 % électriques. Donc nos stations sont chargantes et il faut effectivement qu’elles soit branchée au résist intervient. OK. Donc on déploie la solution, on pose nos vélos sur le terrain, on développe aussi l’application mobile en marque blanche pour la collectivité parce qu’elle veut que comme elle est dans une offre multimodale, tramouet, bus, vélo, bah elle a envie que ce soit la même marque partout. Euh par exemple, on configure elle passe transport pour qu’il fonctionne sur le vélo et que je puisse accéder au vélo. Et puis après, ben il y a toute la partie à la fois exploitation, c’est-à-dire je m’occupe des vélos, bah je les répare, euh je m’assure qu’il soit tout à fait fonctionnel, que la solution soit fiable au quotidien parce que si un utilisateur il vient régulièrement en station et que soit il y a pas de vélo, soit les vélos fonctionnent pas, ben il revient plus. Et je m’occupe aussi de mes utilisateurs en leur proposant voilà une expérience qui est essentiellement digitale donc sur l’application mobile qui passe aussi avec le pass et d’être là pour eux dès que il y a le moindre problème. Est-ce que tu peux nous dire à quoi sert exactement l’ioti du coup ? Enfin quelle est la valeur ajoutée que d’avoir des vélos collectés ? C’est plutôt du côté, du côté de la ville ou plutôt du côté de l’opérateur que vous êtes ou c’est un un ensemble en fait de de bah de capteurs et comment ça marche ? Ben, il y a vraiment un avantage, hein, pour toutes les parties. Je dirais que ce qui est le plus évident, c’est pour l’utilisateur parce que ça lui permet d’accéder facilement à la solution avec une application mobile. Euh donc, j’ai pas besoin finalement d’avoir un système humanisé, j’ai pas d’horaire, le service, il est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Pour l’opérateur, c’est extrêmement important parce que ça me permet de savoir en permanence où est un vélo, dans quel état est un vélo, est-ce qu’il est utilisé, est-ce qu’il est pas utilisé. Et c’est ça qui me permet de garantir que mes vélos sont disponibles et fonctionnels sur le terrain. Et pour la collectivité aussi, nous on partage toutes les données avec la collectivité. Ça leur permet de savoir bah comment les utilisateurs s’en servent, à quelle heure, quand, par où il passent. Nous, on a même des capteurs qui permettent de remonter à la ville l’état de la route sur lesquels sont passés les vélos. Là, il y a trop de trous et parce qu’effectivement les les vibrations et cetera sont des indicateurs qui remontent sur les sur les capteurs des vélos et qui peuvent être transmis et et donner un état de de l’état de la chaussée. Bah, c’est ça qui est un peu génial avec l’objet connecté et les données qu’on collecte, c’est que plus on creuse, plus on trouve des choses intéressantes à exploiter. Nous, ces accéléromètres au début, on les a mis parce que bah on voulait connaître l’état du vélo. Est-ce qu’il est couché ? Est-ce qu’il est debout ? Quel est l’état des pneus ? Quel est l’état des freins ? Ça c’est des informations qu’on peut extrapoler à partir des accéléromètres. Mais on a vu en creusant qu’on était aussi capable de remonter une mine d’ordre d’information pour la ville et c’est ce qu’on lui partage au quotidien. Et les villes arrivent à exploiter ses datas et en faire quelque chose derrière. Alors oui, pour ces villes-là, je dirais que à partir du moment où et c’est là que il y a eu un gros changement, je trouve entre le moment où on a commencé et maintenant, c’est que ben quand on a commencé, il y avait pas forcément quelqu’un pour s’occuper des datas dans les collectivités et de plus en plus elles se sont staffées, elles ont recruté des gens qui sont spécialistes de ce sujet et qui s’emparent de ces données pour dessiner la politique publique de demain. Ça va de je vais voilà construire un plan par exemple de circulation des vélos en identifiant des passages préférés des futures pistes cyclables sur le territoire jusqu’à bah quand je vais faire ma demande de subvention des crédits de l’Union européenne pour la construction de cette piste et ben je vais faire des screenshots de l’application 15 Analytics que je vais rajouter dans ma demande de subvention et ça c’est c’est des cas effectivement qui qui vont avoir lieu ça déjà eu lieu que les données fif peuvent être utilisées et bon en terme de plédoirie vis-à-vis de des demandes de subvention européenne. Absolument. Très bonne nouvelle. Et est-ce que est-ce il y a une question que je me posais, c’est est-ce que les villes ont une préoccup enfin forcément elles ont une préoccupation de passer à plus de mobilité douce parce que c’est bien pour le citoyen, même politiquement, je dire c’est cool, ça va rendre des villes plus humaines, plus enfin fifin le le le le quart d’heure et ça mais est-ce que objectivement, je sais pas si on a le droit de le dire he, je pose la question, tu si si peut pas répondre, est-ce que est-ce qu’elle regarde après vraiment l’évolution de des émissions de carbone au niveau d’une municipalité dans leur responsabilité ? Est-ce est-ce qu’il y a quelqu’un qui est responsable de ça, qui est capable de le mesurer et de savoir si c’est plus ou moins bien que le bus, que la voiture, est-ce que ça marche ? Est-ce que ça s’améliore d’année en année et cetera ? Alors oui, parce que finalement les opérateurs de transport en tout cas pour le monde du transport ont aussi leur propre plateforme où elles vont partager notamment ces données sur l’impact environnemental de leurs solutions. Donc nous c’est données qu’elles demandent, qu’on leur fournit et elles vont pouvoir justement comparer entre les différentes solutions. Et on regarde un peu tout ce qui se passe aussi dans le marché des appels d’offre en utilities. Et il faut savoir que ces 10 dernières années, l’équipement des villes en trackur pour justement mesurer la qualité de l’air ou la ça peut être la qualité de l’air, ça peut être aussi par exemple le pourcentage d’eau qui est perdu dans des fuites dans le réseau d’eau, le recyclage des déchets. Ça c’était des choses voilà, je dirais pas qu’elles s’en soucient pas, mais en tout cas elles avaient pas forcément les moyens de les mesurer il y a encore 15 ans. Depuis 10 ans, elle s’équipe en capteur et on sent que bah, il y a une réelle volonté de à la fois fixer des objectifs, mais aussi de mesurer d’année en année à ce qu’elles ont amélioré leur performance. et pardon vas-y, j’allais juste terminer en disant c’est juste peut-être dommage parce que c’est pas forcément le sujet politique le plus sexy si on arrivait à plus parler de ça et à demander à nos élus de rendre des comptes sur le sujet plutôt que systématiquement sur des questions qui sont importantes aussi mais comme la sécurité, la propreté, ce genre de choses et ben elles auraient les moyens de le faire. Oui. Et est-ce que certaines tont déjà communiqué des variations, des changements d’utilisation de leur de leurs citoyens avec le quand il y a 15, on voir que ben tiens, il y a moins de voitures à cet endroit-là où il y a plus de gens qui prennent le vélo, moins qui prennent le bus. Est-ce que il y a il y a des choses des cas concrets que tu as partager sur certaines agglomérations ? Alors justement, nous c’est des enquêtes qu’on fait avec les collectivités. Donc on a beaucoup de données d’usage mais chaque année on travaille avec la collectivité sur une enquête qualitative pour justement comprendre quel est le report modal, c’est-à-dire parmi tous les gens qui ont utilisé le vélo, combien l’on fait en remplacement de la voiture individuelle, combien l’on fait en remplacement d’un trajet à pied ou de leur vélo personnel. Et ça varie beaucoup d’un territoire à l’autre, mais on a des territoires où 60 % des trajets sont faits en remplacement d’un trajet en voiture personnelle, d’autres où c’est plutôt autour de 15, 20, 30 %. Euh mais ça c’est effectivement des données qu’on mesure chaque année pour euh mesurer pas uniquement l’impact euh carbone, enfin si indirectement c’est ce qui nous justement nous permet de mesurer l’impact carbone, c’est parmi tous les trajets à vélobjet fait combien euh ont réellement remplacé un trajet qui aurait donc là là on parle d’émission carbone évité dans ce cas-là qui aurait eu lieu si on avait fait par exemple pris le la voiture. Exement exactement. Et comment ça se passe sinon en terme de concurrence ? Je voulais parler un peu des appel je sais plus combien. On est peut-être on a peut-être plus beaucoup de temps mais on voit aussi des des opérateurs privés qui mettent des des vélos en libre service type Lime Dot et cetera. Comment est-ce que les les villes organise ça ? Est-ce que c’est régulé ? Parce que vous vous êtes la solution officielle d’une métropole ou d’une ville. Il y a également d’autres qui ont des alors je sais pas ce qu’ils ont comme type de contrat mais avec des vélos qui sont des qui ont proposé des solutions différentes et pas unifiées. Comment est-ce que la ville gère ça et comment est-ce que on positionne du coup Fifift par rapport à ces à ces autres acteurs de la mobilité 12 ? Bah, je dirais que bon, déjà, c’est assez différent ce qui se passe en France et ce qui se passe à l’étranger. Encore une fois, euh en France, il y a une culture très forte du service public. Euh donc, ces opérateurs-là, ils ils ont une offre qui est perçue euh comme étant euh complémentaire et intéressante de ce point de vue-là, comme c’est le cas à Paris. Mais Paris, ils veulent pas que le vélo soit à 5 € ou 6 € le trajet. Ils veulent que le vélo soit aussi accessible que tous les autres modes de transport. Et ça aujourd’hui, il y a que un système de service public qui permet de le faire. C’est beaucoup moins cher. Ah oui, c’est beaucoup moins cher parce que subventionné nous on est finalement sur des services qui coûtent en moyenne 10 € par mois en abonnement à l’usager. Mais parce que la collectivité fait le choix finance de supporter le coût comme votre ticket de métro en fait il vous coûte que un/art de ce qui coûte réellement à la collectivité. Ouais. Ce qui ce qui est le cas du coup de la santé et cetera. Oui, exactement. D’accord. Euh dans le temps qui nous reste, moi j’aimerais aborder un autre sujet, c’est ton parcours. Tu as entrepreneur, tu as été salarié aussi, tu as eu un petit passage politique. Qu’est-ce que tu as retenu dans chacun de ces de ces passages et qui aujourd’hui te guide et t’inspire pour ton rôle de dirigeante ? Euh alors euh plein de choses, moi je dirais que parmi les choses qui m’animent personnellement, moi j’ai un peu cette culture de euh je dirais de l’excellence mais pas au sens la perfection. Je cherche pas à vous à faire quelque chose de parfait ou à être parfaite mais juste à à essayer avec les capacités que j’ai et que on m’a donné et les gens qui m’entourent d’essayer de faire finalement le mieux et d’avoir le plus gros impact possible. Et c’est aussi pour ça que j’ai choisi cette voix là. J’ai commencé en politique parce que je pensais que pour changer le monde, il fallait faire de la politique. Tu as été élu, je crois. Oui, c’est ça. J’ai été conseiller municipal. Alors, c’est vrai à l’échelle municipal, c’est vrai qu’un maire, il a un réel impact euh sur euh la vie des gens. Je pense qu’à d’autres niveaux, c’est c’est plus compliqué. Et en faisant mes études, et ben je me suis aperçu aussi que voilà, en travaillant, en faisant partie d’un collectif, parce que moi l’entrepreneuriat, je le vois pas comme une une aventure individuelle. Pour moi euh c’est être dans une équipe euh donc j’ai la chance aujourd’hui d’occuper le poste de capitaine mais ça pourrait être avec mon associé Arnaud mais ce serait pas moi. Je serais presque tout aussi excité en fait de faire partie d’une équipe qui pro est-ce que est-ce que si on a le temps parce que juste comme tu dis vous êtes associé avec Arnaud toi tu es une femme PDG je sais pas si c’est une question politiquement correcte que Solen va me taper mais je me demande est-ce que c’est plus difficile honnêtement ou pas est-ce que c’est une question misogyne de dire ça est-ce que c’est plus difficile être une femme PDG dans une boîte tech ou est-ce que c’est pareil ou est-ce que c’est différent est-ce que tu tu arriverais à à faire sentir ça parce que nous on pense avec France digitale et ça qu’on a pas assez de femmes comme je dis qui qui dirigent les boîtes mais est-ce que c’est la faute des femmes ou est-ce que C’est le système qui a une inertie comme ça ou les femmes qui ont pas confiance ou le système qui veut pas leur donner cette responsabilité. Bah c’est un c’est toujours un mélange de tout. Donc c’est un peu difficile de pointer un quelque chose. Pourquoi est-ce que moi du coup je le suis ? Je pense que j’ai eu la chance de grandir avec un papa pour qui j’étais la 8e merveille du monde et qui m’a fait comprendre que j’étais capable de tout. Donc quand on dit les femmes autocensures, je le vois et c’est vrai dès que j’ai en que je fais passer en entretien, je vois la différence entre une femme et un homme sur la manière dont elle se présente. C’est moins de confiance en elle en moy concerne pas. Tu dirais que les femmes souvent dans ce que tu observes en dehors de toi, les femmes ont moins de confiance en elles dans la façon de se présenter ou de se vendre. Elles ont à la fois moins confiance en ell et quand elles présentent se présentent avec beaucoup de confiance, c’est parfois moins bien reçu de la part d’une femme que d’un D’accord. Donc donc finalement les deux versants sont responsables. Donc il y a un travail culturel. Voilà. Mais je pense que en ce qui concerne moi et mon associé, j’ai jamais perçu la moindre différence. En tout cas, lui dans son attitude vis-à-vis de moi, je pense que ce qui a été dur, c’est plus l’expérience de la maternité dans mon parcours de de chef d’entreprise. Mais comme mon associé va devenir papa, je pense qu’il va bientôt rencontrer les mêmes challenges que moi. Pour pour ceux qui nous écoutent, non pas sur la chaîne YouTube, mais juste sans l’image, Amira est enceinte, elle attend un bébé mais c’est pas le premier. Donc c’est une une vraie femme qui fait tout. Et puis même sur la chaîne YouTube, ça ne se voit pas. Oui, c’est vrai. C’est sous la c’est sous la table. On ne pourrait pas ça. On ne peut pas deviner. Mais est-ce que est-ce que c’est plus difficile pour toi aujourd’hui ? Je crois qu’on va bientôt libérer l’antenne, mais est-ce que c’est plus difficile, tu penses, pour toi aujourd’hui d’être si tu étais un homme ou par rapport à il y a eu il y a eu des des hommes qui ont dirigé 15 avant ? Est-ce que tu penses que c’est plus difficile ou pas en terme d’acceptation par le enfin par la team en fait ou par les les aussi peut-être sur les marchés publics, les les clients et cetera ou est-ce que c’est tu penses que ça ne joue pas ? Euh par la team, je trouve pas spécialement euh par l’extérieur, je dirais que bah parfois on est euh voilà dans un certain milieux qui quand on est affaire à des équipes très techniques en face de nous, soit dans des collectivités. Parfois, je me dis bon si c’est vrai que si Arnaud expliquait les choses, ce serait peut-être mieux reçu. Mais bon, je me laisse, il faut pas lâcher je me laisse pas abattre pour autant. Mais honnêtement, moi je le vis pas du tout comme un je sais que ça existe mais je vois aussi que le monde change et du coup laisson. Voilà. Exactement. En vrai, je m’interroge plutôt parce que ça va être mon trè mon troisème garçon sur qu’est-ce que ça veut dire aussi. Pourquoi tu fais que des garçons ? C’est pas possible. Il faut aussi faire des filles. Mais c’est c’est pas de sa faute à elle hein. C’est pas elle qui décide his une histoire de chromose. Pardon. Euh mais aussi voilà, moi j’ai grandi avec le girl power, j’ai deux sœurs et justement on m’a toujours dit qu’en tant que femme on était capable de faire tout. Quel message donner à des petits garçons dans ce monde là ? C’est c’est peut-être c’est une vraie question que je me pose pour échanger. Bah oui, parce qu’il faut changer le comportement des garçons mais aussi celui des filles pour que l’ensemble de la relation évolue dans une dans une notion un peu de partnership. Et le le partnership entre Arnaud et Amira, je le dis là en tant qu’investisseur, je suis très admiratif des deux mais y a un équilibre comme si les questions ne se posaient pas ce qu’on ne voit pas partout. Donc bravo à vous. Merci. Avant de se quitter, est-ce qu’on serait pas un petit mois président ? Ah oui, allez, je lance. [Musique] Comme tu ne te laisses pas abattre, imaginons que demain tu deviennes présidente de la République parce que tout est possible. Ton papa te l’a toujours dit. Quelle serait la première mesure que tu prendrais et pourquoi ? Alors c’est marrant parce que récemment je me suis posé la question de savoir si je me réengage en politique, ce serait quoi mon combat ? Euh et aujourd’hui la problématique qui politique qui me touche beaucoup, c’est vraiment l’état dans lequel on on laisse notre jeunesse et et la manière dont on traite notre jeunesse. Les jeunes de moins 30 ans, je trouve que c’est des enf déjà c’est la la partie de la population qui est le plus en difficulté financièrement. Aujourd’hui, c’est devenu quasiment inaccessible de devenir propriétaire si on n’est pas un héritier à la base. Ils ont une santé mentale qui se dégrade et j’ai l’impression que personne n’en a rien à faire ou en tout cas il y a pas d’investissement sur le sujet. Donc moi, si j’étais présidente et peut-être pas une mesure très populaire mais j’organiserai un transfert de richesse des aînés aux populations les plus jeunes. Donc grosso modo, ça veut dire on baisse les retraites pour investir dans l’école. C’est un c’est un vrai sujet parce que j’ai regardé démographiquement, on va pas le temps de débattre de ça, mais c’est comme la l’espérance de vie a augmenté, les grands-parents en fait bah vivent plus longtemps. On est très content pour eux mais du coup il y a moins d’héritage qui se qui qui se qui se perè plus jeune. Donc en fait en réalité souvent quand les grands-parents meurent les parents sont moi j’ai encore tu mes parents sont encore vivant et je suis très content. Du coup j’ai jamais hérité de mes parents. Donc ceux qui hériteront enf donc il y a il y a une sorte de transfert démographique démographique qui n’existait pas avant la la la deuxème guerre mondiale. Donc effectivement si on l’organise pas ça va pas se faire en effet. Bon ben écoute, on a hâte de te voir à ce poste de présidente. Merci Amira. Merci Olivier. Merci toujours super inspirant. Moi, je suis très admirative d’Amira et bravo pour tout ce que tu fais et l’énergie avec lequel tu le fais. Ben merci, merci beaucoup de m’inviter. Je suis ravie de d’échanger avec vous et à bientôt sur la chaîne YouTube ou sur les plateformes au choix. À bientôt. Bye bye. Feuille blanche. [Musique] 40 nuances de Next.

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