Le 1er avril 2003, les jumeaux Emmanuel et Maximilien Berque, pionniers du surf dans les Landes, entament la traversée de l’Atlantique, avec les étoiles pour seules guides, sur une pirogue à balancier. Paul Ferrier, journaliste à ICI Gascogne, raconte la vie de ces deux personnalités atypiques.
Le parcours d’Emmanuel et Maximilien Berque commence en 1950 au Maroc où ils voient le jour. Leur père, un intellectuel reconnu, spécialiste de la culture arabo-musulmane, installe la famille à Paris quand il est nommé professeur au collège de France. Les jumeaux vont suivre des études brillantes, mais cette vie les ennuie. Ils ont soif d’aventure.
Heureusement, les vacances dans la maison familiale des Landes, à Contis, leur redonne le sourire chaque été. Cette station balnéaire entre forêt et dune face à l’océan et ses vagues puissantes devient leur refuge. Un lieu idéal pour le surf qu’ils découvrent alors : c’est une révélation.
Une réputation sulfureuse… et une nouvelle passion
Au début des années 1970, à vingt ans passés, la vie d’Emmanuel et Maximilien Berque tourne exclusivement autour du surf, de la plage, des copines et des copains ! Une réputation sulfureuse leur colle bientôt à la peau dans ce village des Landes : sea, sex and surf.
Les « jums », comme on les appelle alors à Contis, vivotent dans une précarité choisie. L’été, ils vendent quelques planches de leur fabrication aux touristes. Ils gagnent peu et se contentent d’autant. Une dizaine d’années s’écoule avant qu’une nouvelle idée ne germe en eux quand ils se découvrent une nouvelle passion : la voile.
Et en 1985, ils mettent à profit leurs études mathématiques pour dessiner les plans de leur premier bateau. Quelques mois plus tard, sur Micromégas 1, un petit trimaran à peine sorti du grenier de leur maison landaise, ils embarquent avec l’objectif de traverser l’Atlantique !
Mais au niveau du golfe de Gascogne, le vent se lève et ce qui devait être un long périple tourne court. Trois ou quatre jours plus tard, au large de la Corogne sur la côte hispanique, les conditions météo les font renoncer. Ils abandonnent leur bateau dans un petit port espagnol. L’année suivante, à bord de ce même bateau qu’ils ont repris, ils parviennent à rejoindre les îles Canaries… mais finissent par mettre un terme à l’aventure.
Ce premier échec pèse sur les deux frères qui attendent six ans avant de planifier une deuxième tentative à bord cette fois d’un monocoque d’environ 4 mètres de long, Micromégas 2, toujours en bois, avec… une voile, une cabine, un sextant, une boussole et une radio. Nous sommes en 1995.
Après trente-sept jours de navigation, le 28 mai 1995, ils atteignent l’autre côté de l’Atlantique. Ils ont 45 ans.