🚗 Chaque année, plus de 3 000 personnes meurent sur les routes françaises.
Et pourtant, certaines mesures de sécurité, simples et efficaces, ne sont jamais appliquées. Pourquoi ? À cause du lobbying automobile.

Ce documentaire enquête révèle comment l’industrie influence les décisions politiques, freine les avancées réglementaires, et fait passer l’économie avant la vie humaine.
Normes techniques bloquées, innovations freinées, silence sur les responsabilités : derrière les accidents, il y a des décisions… et des intérêts.

À travers témoignages de victimes, experts, anciens hauts fonctionnaires et lobbyistes, une plongée glaçante dans les coulisses d’un pouvoir discret mais puissant.

Réalisé en 2007 par : PAUL MOREIRA

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Ce matin-là, les Fuel Girls n’avaient pas l’air trop inquiètes pour le réchauffement planétaire. Les passionnés de voitures qui visitaient le Salon du Tuning n’ont plus. Et pas trop la gauche ! L’urgence climatique n’est pas arrivée jusqu’ici. Même si les voitures devaient nous tuer à petit feu, elles sont tellement désirables. Et cette année, La star du salon est une voiture qui ressemble à un tank. Mais attends, ça, c’est… Qu’est-ce que tu veux rivaliser avec ça ? Hummer H2. Non, ça, c’est un H3, je crois. Ça, c’est magnifique, ça. Sérieux, c’est magnifique. C’est pas un 4×4, on va dire, c’est un monstre. Le jour où tu cartonnes avec ça, toi, t’as rien, quoi. Le Hummer est le plus impérial, le plus gourmand en essence des véhicules, tout-terrain. Celui-là, Il est estimé à 149 000 euros et on le vend à 129. Ouais, c’est quand même de l’argent. C’est quand même de l’argent, ouais. Mais bon, il est brassé sur le coup. Le Hummer est la version civile d’un véhicule blindé américain, le Humvee. Trois tonnes de métal et une largeur hors du commun. Le Hummer a bénéficié du plus long spot publicitaire de l’histoire de l’automobile, La guerre en Irak. Ils tiennent le choc, rien ne les arrête, même attaquer, ils continuent de rouler. On est au même niveau que les camions, c’est imposant, C’est très, très, très imposant. On est bien, il y a le luxe, il y a le confort, Il y a tout ce qu’il faut dedans pour être bien. Et il y a la puissance. Vous savez combien ils consomment en essence Non, j’en sais rien. Quand ils sont vides, on va à la pompe et on fait le plat. Ça consomme énormément. Ça consomme entre 37,5 et 99 litres si on appuie. 99 litres ? Ouais, 100. Ça veut dire quoi s’amuser ? s’amuser, les pieds au plancher et non-stop. Certains moteurs émettent trop de CO2, c’est-à-dire de gaz carbonique. Vous êtes conscient de ça ? Non, pour moi, c’est plutôt une histoire de business, quelque chose. Il n’y a pas de CO2, il n’y a pas de gaz, il n’y a rien du tout, Que ce soit 4×4 ou autre véhicule. Je ne veux pas avoir de sujet, mais bon, on en parle souvent, Mais je pense que c’est plus un business, c’est encore une façon de pouvoir taxer un peu plus le français. Mais moi, ce n’est pas mon domaine. Mon domaine, c’est d’acheter des véhicules et de faire rêver les gens, parce que les gens sont là pour rêver. Ça ne fait pas rêver. Grand monde, Mais nos voitures émettent bel et bien des paquets de CO2, c’est-à-dire du gaz carbonique. Plus elles consomment d’essence et plus elles en rejettent pour parcourir un seul kilomètre. Une petite voiture produit en moyenne 120 grammes de CO2. Un gros 4×4 peut monter jusqu’à 350 grammes, soit trois fois plus pour le même kilomètre. Au niveau planétaire, la voiture est responsable d’un quart du total des émissions en gaz carbonique. Et cette part ne cesse d’augmenter à mesure que les pays du tiers-monde s’achètent des autos par million. En quoi le CO2 participe-t-il à l’effet de serre La question a toujours du mal à intéresser les passionnés d’automobiles. Toi, tu sais à quoi est lié le réchauffement climatique par rapport à la voiture Pas du tout. Peut-être à la position, Je ne sais pas. C’est des gaz à effet de serre, la voiture. Oui, sûrement, sûrement. Je pense que c’est ça. Mais bon… C’est quoi, ça ? Un petit jet de serre. Le CO2 est un gaz présent à l’état naturel, dans notre environnement. Mais, d’après les scientifiques, nous serions en situation de déséquilibre grave. Le CO2 que nous émettons, il est recyclé par deux choses, par les arbres et par les océans. Globalement, ces systèmes ajustés depuis très longtemps. Capte quelque chose qu’on estime à 3 milliards, 3 milliards et demi de tonnes de carbone par an. Or, nous en émettons déjà plus de 7. Il y a donc deux fois trop de gaz carbonique. Le CO2, rejeté en excès par les voitures et l’activité industrielle, se concentre dans l’atmosphère. Il crée une sorte d’écran qui emprisonne la chaleur. C’est l’effet de serre. Les relevés des climatologues indique une accélération jamais vue jusqu’alors du réchauffement climatique. Quand on regarde les faits, les courbes, on se dit, mais pourvu qu’ils se trompent, mais pourvu qu’ils se trompent. Mais bon, mais non, mais non. Les résultats sont d’ores et déjà visibles. Sécheresse, inondations, typhons, Des canicules ne cessent de s’amplifier. Pour échapper à ce cycle infernal, il faudrait, entre autres, changer de voiture. Certains constructeurs surfent sur la tendance. Ils proposent des véhicules hybrides, essence, électrique. D’autres érigent le CO2 en argument marketing pour vendre leurs petits modèles. Mais dans les faits, on est encore loin d’une lame de fond. Il y a un hiatus entre le besoin aujourd’hui, de s’orienter vers des moyens de transport qui consomment le moins d’atmosphère possible. Et le fait qu’aujourd’hui, au kilo de voitures vendues, si je puis dire, Le 4X4 rapporte plus à un constructeur que la petite voiture. Le 4×4, plus personne n’y échappe. Jusqu’en 2007, les constructeurs français avaient résisté, mais sous la pression, ils craquent. Ils mettent en vente leur tout premier SUV, Sport, Utility Vehicle, c’est le terme américain. Aujourd’hui, une poignée d’écologistes est venue demander des comptes à la concession Peugeot des Champs-Elysées, dans une relative indifférence publique. Aujourd’hui, on voit que Peugeot fait l’inverse de ce qu’on serait en train d’attendre face à l’urgence climatique. Donc, si on veut, c’est être reçu par les responsables de Peugeot. Pour qu’à un moment, ils arrêtent de commercialiser ces véhicules polluants. S’il vous plaît. Silence radio. On peut être aussi pour vous remettre la palme. Il n’y a personne. Si, il y a vous. C’est la négation de l’individu. Il n’y a personne et le type me dit qu’il n’y a personne. Mais Peugeot va finir par envoyer son directeur de la communication en personne. Il a une explication. Peugeot doit vite rattraper le marché. Jusqu’à aujourd’hui, Peugeot a été un constructeur relativement modèle. Au moment où vous pouvez valoriser cette image, vous commercialisez un véhicule qui va rejeter 194 grammes, Qui est des ZL, Donc? Pour un diesel, c’est beaucoup. Et cette image va être totalement… On ne peut pas vendre que des petites voitures. C’est vrai qu’on est les leaders en Europe sur les émissions. Mais pourquoi vous ne pouvez pas Pour le rappeler, et parce qu’on est un constructeur généraliste. Il y a une boîte numérique aujourd’hui. Si on est d’accord, on va mettre dans le marché des véhicules. Vous connaissez qu’un constructeur général, il ne doit pas être absent d’un créneau qui, de toute façon, Avec ou sans nous, est une réalité clientèle. C’est-à-dire que les gens, ils en veulent, ils veulent faire comme ça. Alors, tout le monde le fait, donc globalement, On suit le mouvement. Mais à un moment, vous… Arrêtez de dire que c’est des constructeurs qui vendent les voitures. Si, si, c’est un fait. Excusez-moi, Vous m’avez interrompu et ce n’est pas ce que j’ai dit. D’accord ? J’ai anticipé. Je pense à tout. Arrêtez de dire que c’est des constructeurs qui… Nous nous répondons aussi à une attente des gens. ¿À quoi sert la publicité ? Est-ce qu’on a l’engagement de votre part Il n’y aura aucune publicité pour le 4 mai. Il y a une telle demande qu’il y a besoin de publicité. Un constructeur généraliste qui doit commercialiser, qui suit la demande, Mais vous avez quand même l’anticipé. Alors, ça, C’est pour ça que notre dossier de port de café, c’est de payer le voyage aux États-Unis. On va suivre. L’Amérique, c’est bien pire ou c’est bien mieux, mais c’est souvent là-bas qu’il faut lire notre avenir. Nous avons donc fait, comme l’a suggéré le monsieur de chez Peugeot, Nous nous sommes payés un billet. Bienvenue dans le premier pays, producteur mondial de CO2. Une nation qui semble façonnée pour ressembler au rêve des industries automobiles et pétrolières. Entre les banlieues, les centres commerciaux et les quartiers d’affaires, Impossible de se passer de véhicules. Aux États-Unis, on compte presque une voiture par habitant. Une sorte d’utopie automobile annoncée dès 1940 par le fabricant General Motors. Dans un film de propagande, il décrivait grâce à des maquettes. À quoi ressembleraient nos villes? 20 ans plus tard. Le Motorway entre une grande ville. Une feature de ce pont est l’élimination de la congestion. L’air frais, les parquets verts, les centres récréatifs et civiques. Ici est une intersection importante dans la Grande Métropolis de 1960. Les élevages élevés donnent une nouvelle mesure de sécurité. Et de la Convenance aux pedestrians. Ils doublement en fait l’avantage de la voie pour le trafic dans la rue. Et donc, nous voyons une suggestion des choses à venir, Une chose qui, loin de finir, n’a encore pas commencé. Aujourd’hui, Le futur radieux, décrit par General Motors en 1940, est devenu la réalité quotidienne de millions d’Américains. Ceci n’est pas une banlieue lointaine. Nous sommes en plein centre de la capitale de l’État de New York, Albanie. Dans les rues, ce qui saute aux yeux, partout, ce sont les véhicules tout-terrains. Depuis 10 ans, aux États-Unis, La moitié des voitures vendues sont des 4×4. Et ce, malgré la hausse du prix de l’essence, l’urgence climatique et surtout l’inutilité évidente de ce genre de véhicules en ville. Alors, pourquoi acheter d’aussi grosses voitures ? Nous sommes allés poser la question… Aux Américains les moins qualifiés pour y répondre, des militants écologistes. Je n’ai pas de réponse à ça. Je suis perplexe. Pourquoi ils conduisent des si grosses voitures ? C’est absurde. Ils n’en ont pas besoin. C’est pour satisfaire leur égo. C’est un truc d’ignorant. C’est vrai que c’est irrationnel. Moi, j’en ai un vieux à la maison et je ne le conduis pas. J’ai peur de le vendre et que quelqu’un le conduise. J’ai été renversée par une petite dame dans une de ses grosses voitures. Si vous trouvez la réponse, faites-le-moi savoir. Dans un manoir, à 50 km de New York, nous avons trouvé un homme qui a peut-être la réponse. C’est un spécialiste du cerveau, d’origine française. Il travaille pour l’industrie automobile et il a fait fortune en découvrant les boutons sur lesquels appuyer pour manipuler le consommateur qui est en nous. Comment vous y prenez pour réussir à faire acheter aux gens des voitures déraisonnables, c’est-à-dire des 4×4 qui consomment énormément d’essence, des choses qu’on n’arrive pas à Garer Quelle est la méthode Bon, alors, d’abord, Je ne fais pas acheter aux gens ce qu’ils ne veulent pas acheter. Pourquoi Parce que c’est trop difficile. Donc, je n’essaye même pas. Les gens veulent des choses qui ne sont pas forcément rationnelles. Clotaire Rapaille est un gourou du marketing. La télévision lui a même consacré un documentaire. Rapai travaille pour les plus grands constructeurs automobiles. Il leur a appris un truc essentiel. Chez tout acheteur de 4×4 se cache un reptile en guerre. Petit rappel, dans notre cerveau, il y a le cortex. Qui est la partie intelligente et rationnelle. Mais il y a aussi le reptilien, le cerveau animal primaire. C’est lui qui nous fait commettre des massacres, ou, accessoirement, Acheter une voiture avec un chasse-buffes pour aller au bureau. Il y a ce sentiment qui remonte au temps primitif, où le plus gros, le plus grand, gagnait. C’est un combat préhistorique. Absolument, c’est un combat préhistorique. Et donc, il y a des instincts primaires qui sont là, qui sont tellement importants. Le reptilien, Il est là depuis des milliers d’années. Correspondre aux reptiliens, Ça, c’est un devoir si on veut réussir. Ces codes secrets rapaillent les vents au service marketing des constructeurs automobiles. Ceux-ci s’en inspirent pour imaginer des véhicules ou des campagnes publicitaires. Aujourd’hui, il va explorer comment notre cerveau reptilien apprécie le Hummer, le plus gros des 4 capes. À ce moment-là, Quand on se réveille le matin, on se relaxe, on est en-between, On n’est pas complètement au réveil, mais on ne se réveille plus. Et le cortex, le freak de contrôle du cerveau, n’est pas, là encore. Donc, on va essayer ça. On va bouger les chaises, prendre un petit pilote, aller sur le sol, écouter la tape et essayer de se relaxer. Rapaille forme trois de ses employés à sa technique un peu particulière. Pour son profit personnel, puisqu’un 4×4, ça se vend beaucoup plus cher qu’une voiture intelligente, on va dire. Est-ce qu’il n’entretient pas cet état d’instinct primaire dans l’achat de la voiture Mais si vous voulez, peut-être, si vous voulez. Je veux dire que s’il le faisait, ça voudrait dire qu’il serait intelligent. Ils font des grosses voitures, mais à mon avis, elles ne sont pas assez grosses. Je suis retournée quand j’étais 4 ou 5 ans. D’accord. Peux-tu nous dire ce que tu penses ? Oui, c’était une voiture de boulangerie. Une voiture de boulangerie, Wow C’était une voiture de boulangerie blanche, C’était ma première mémoire et je me souviens de penser que c’était un monstre. C’est très intéressant. Cette notion de monstre, c’est un vrai monstre. Oui, pour moi, c’est un monstre. Je pense aux roues. Je pense que les roues sont juste géniaux. J’aime le son de elles, j’aime la taille d’elles. Je pense encore que c’est un véhicule de bonne qualité. C’est un symbole pour moi d’autorité. Si c’est un Hummer, il doit être grand. Si c’est un hummer petit, ce n’est pas un Hummer. Oui, oui. Ce n’est pas un hummer si c’est… Pouvez-vous acheter un hummer petit Non. Reste un mystère. Pourquoi s’entêter à acheter des grosses voitures polluantes ? Pourquoi pas des véhicules plus modestes ? Si dans ma tête, j’achète une voiture parce qu’elle ne consomme pas beaucoup… C’est que je suis un perdant, un loser. Il y a quelque chose qui manque. Je ne peux pas me permettre d’avoir un gros truc. Quel est mon problème là ? J’ai le droit à l’abondance. Ça, c’est un droit divin américain. Je veux dire, venir, vouloir réussir aux Etats-Unis en disant aux Américains On va vous limiter, ça ne marche jamais. Mais nous allons découvrir que le cerveau reptilien n’est pas le seul qui encourage les Américains. À acheter des 4×4 géants. En 2001, les automobilistes américains vont élire un nouveau président qui va défendre leurs droits à l’abondance et aux très grosses voitures. George W. Bush est un ancien dirigeant de l’industrie pétrolière, Tout comme son numéro 2, Dick Cheney, et Condoleezza Rice, sa conseillère pour la Sécurité nationale. Une de leurs… Toute première mesure sera d’offrir un énorme cadeau fiscal aux patrons des petites entreprises. Si ceux-ci achètent un 4×4, ils peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt qui peut aller jusqu’à 100 000 $. Les hummers deviennent presque gratuits. Le ministre de l’Énergie doit s’expliquer face à certains journalistes scandalisés. C’est un encouragement pour les patrons de PME. Pas seulement pour leurs affaires, mais pour qu’ils achètent les voitures les plus gourmandes en essence, celles qui pèsent 3 tonnes les plus grosses. Est-ce bien raisonnable ? Je ne pense pas que l’on puisse dicter aux gens quelles voitures ils doivent acheter. Vous les encouragez. On peut presque acheter toute la voiture avec le crédit d’impôt. Je ne pense pas qu’il sera utilisé comme cela. Il y a des preuves que oui. Je ne sais pas. On verra ce qui se passe plus tard. Le gouvernement Bush ne va pas s’arrêter là. Il va aussi refuser de ratifier un traité international contre le réchauffement climatique. En faisant cela, il revient sur la parole donnée par les États-Unis à Kyoto en 1997. Devant les représentants de 160 nations, le vice-président américain Al Gore avait engagé son pays à réduire lui aussi drastiquement ses émissions. Mais d’une phrase, à La tribune, Il avait évoqué les lobbies du pétrole et de l’automobile, auxquels il aurait à faire face. Dans mon pays, les industriels du tabac ont longtemps expliqué que fumer n’était pas mauvais pour la santé. À ceux qui vont s’opposer à notre démarche, nous disons, nous ne laisserons pas imposer que des intérêts privés. Prime sur le destin de l’espèce humaine. Mais le traité de Kyoto, George W. Bush va l’enterrer. Il s’en expliquera face à son challenger, John Kerry, lors de la campagne présidentielle de 2004. Si on avait ratifié le traité de Kyoto, ça aurait coûté beaucoup d’emplois à l’Amérique. C’est un de ces deals qui vise à vous rendre populaire dans les cours d’Europe, Alors vous signez un traité. Mais je pense que ça va nous coûter trop cher. Depuis que je suis élu, l’air est beaucoup plus pur. Je pense qu’il y a une meilleure manière de faire les choses. Je pense vraiment que pour ne pas perdre le confort de vie auquel nous sommes habitués, et aussi pour protéger l’environnement, Il faut mettre de l’argent dans les nouvelles technologies. Le traité de Kyoto avait des défauts, c’est vrai. Mais ce président n’a pas essayé de le réparer. Il l’a déclaré mort. Nous avons tourné le dos à 10 ans de travail de 160 nations. Et on se demande pourquoi, dans certains coins de la planète, On nous déteste. Il suffit de dire « et je ne suis pas d’accord avec vous, salut » . Troisième front pour l’administration Bush, sécuriser les réserves pétrolières. En 2003, le président américain se lance dans la Première guerre pour les pompes à essence. Le 10 avril, Bagdad tombe. Aussitôt, la capitale… Irakienne se transforme en jungle. L’armée américaine est incapable de garantir la sécurité de la population civile. Toute la ville est livrée au PIA. Au milieu du chaos, pourtant, un bâtiment a été protégé, le ministère du Pétrole. Vous gardez ça depuis le premier jour ? Trois jours. Vous voulez dire dès que l’armée est entrée à Bagdad, Vous étiez là ? Oui. Et les pillards, ils n’essayent pas de rentrer ici ? Ils essaient, mais on les empêche. Quatre ans plus tard, 650 000 Irakiens ont perdu la vie dans cette guerre. Les populations civiles… Sont plongés dans la mort et la terreur. Mais les installations pétrolières sont désormais dotées d’une armée de 21 000 hommes. Elle a pour nom « Force de protection du pétrole » . C’est un travail très dangereux, mais nous sommes prêts à verser notre sang pour les ressources pétrolières de l’Irak. Pour que nous, on puisse rouler en voiture, quoi. Eh oui, c’est notre devoir. Cette année, on a eu 29 martyrs, juste sur Kirkou. Vous les appelez martyrs ? Oui, martyrs. En Irak, une loi proposée par le gouvernement Bush va bientôt offrir l’exploitation de 70% des puits de pétrole aux entreprises étrangères. Mais aux États-Unis, une autre guerre fait rage. L’urgence climatique commence à inquiéter vraiment les Américains. Les alertes des scientifiques se font de plus en plus précises. Un mouvement citoyen s’organise pour faire pression sur les politiques de tous bords. Briden Ross, C’est son staff environnemental. Briden, C’est un bon gars, en fait. Nous devons diviser par deux la consommation en essence de tous les véhicules américains d’ici 10 ans. Il n’y a pas d’autre solution. Pour les industries automobiles et pétrolières, des véhicules qui consomment moins d’essence, Cela signifie aussi gagner moins d’argent. Et les climatologues demandent aussi que l’on réduise les émissions des centrales électriques au charbon, qui sont très nombreuses aux États-Unis Et rejettent énormément de CO2. Alors, les lobbies de ces industries vont se mettre en ordre de bataille pour défendre leurs intérêts. Il y a eu une alliance entre l’industrie automobile, électrique, charbonnière et pétrolière. On appelle ça le club du carbone. C’est un lobby très puissant. Et ils sont restés ensemble, soudés. Ils répétaient toujours la même chose. Le réchauffement climatique n’existe pas. Il n’est pas créé par nos émissions. Et si on essaie de le combattre, ça va détruire l’économie et ça prendra votre liberté. Ce que les gens comme Greenpeace veulent faire, c’est vous prendre votre voiture et détruire votre vie. Qui sont les combattants de cette guerre feutrée ? Ces hommes d’influence forment une armée discrète et efficace. Leur bureau se trouve souvent ici, rue K, à Washington. Derrière ces façades, des dizaines de groupes de pression. Ils interviennent auprès des hommes politiques pour changer les lois, ils manipulent la presse et l’opinion publique. Greenpeace a mené une investigation sur les liens financiers entre certains de ses lobbyistes et ExxonMobil, la plus puissante compagnie pétrolière mondiale. Cette enquête, Greenpeace l’a transformée en programme informatique, disponible sur Internet. Depuis, Kyoto, en 1997, Nous avons découvert qu’ExxonMobil a injecté 20 millions de dollars dans ces groupes. Une centaine de ces groupes de pression ont ensuite pesé dans le débat sur le réchauffement climatique. Au centre de cette toile d’araignée se trouve l’Institut pour une entreprise compétitive. C’est un groupe financé en partie par ExxonMobil. Nous avons rencontré un des dirigeants de l’Institut. Un des lobbyistes les plus puissants de la capitale américaine, Myron Ebell. Nous sommes en plein milieu de Washington. Si vous regardez par là, à trois blocs, vous pouvez voir la Maison Blanche, le Capitole. Le Parlement est à deux kilomètres dans cette direction. Ça, c’est possible. La présidence, le Parlement, là où vous essayez d’avoir une influence. Exactement. Pendant longtemps, vous avez eu des financements assez consistants de l’industrie automobile et pétrolière, non En tant qu’association à but non lucratif, la loi américaine ne nous oblige pas à révéler qui nous finance. Alors, on ne le dit pas, c’est tout. Ça nous rend la vie tellement plus facile de ne pas vous le dire. Mais il est connu que ExxonMobil nous finance, car eux, Ils sont un peu inhabituels. Ils le divulguent. Ils le mettent sur leur site Internet. Pour défendre les idées et les intérêts de ces sponsors, En janvier 2007, Myron Ebell a fabriqué une sorte de clip publicitaire, largement diffusé à la télévision. Ils disent qu’il faut forcer les gens à consommer moins, mais nous dépendons de ces carburants, pour notre agriculture, pour transporter nos enfants, pour éclairer nos vies. Et le dioxyde de carbone, ce n’est pas de la fumée ou de la pollution, C’est l’air que nous expirons et que les plantes inspirent. Le dioxyde de carbone, ils appellent ça pollution. Pour nous, c’est la vie. Le réchauffement climatique que nous vivons depuis les années 70 est très modeste. Il va si doucement qu’il ne devrait inquiéter personne. En 2007, Cette galaxie d’influence va connaître son premier vrai coup dur. L’un de ses agents, Philippe Kouné, doit répondre de ses actes devant une commission d’enquête parlementaire au Congrès. Nous sommes présents lors de la première apparition publique de Philippe Kouné. L’homme s’occupait d’écologie à la Maison-Blanche. Il était resté invisible jusqu’à ce qu’il soit identifié et dénoncé par un de ses collègues. collaborateurs. Celui-ci est là, dans la salle. Pour lui, Cooney est une taupe de l’industrie pétrolière. Je me rappelle avoir tapé son nom dans Google et il n’y avait pas grand-chose sur lui. C’est étonnant, le peu de traces qu’il avait laissées. Il est la quintessence des agents qui tirent les ficelles dans les coulisses à Washington. Pour les congressistes démocrates qui ont convoqué Cooney, celui-ci n’est qu’un fusible. Derrière lui se profile la Maison Blanche. Pendant les auditions, ils chercheront à prouver que le lobby pétrolier et la présidence des États-Unis sont complices. Pas facile, Cooney est un avocat très habile, entouré d’autres avocats, Et il sait que chaque mot peut lui coûter cher. Monsieur Cooney, vous avez indiqué que votre seule loyauté allait au président, correct ? Correct. Correct. Cela voulait dire soutenir des réductions d’impôts à l’industrie pétrolière à une époque où ils engrangeaient 125 milliards de dollars de profits, correct ? Je peux vous dire que, quelques années plus tard, Nous nous sommes opposés au pétrole. Et taxe… Pardon, réduction d’impôts pour les pétroliers. Parlons vrai, M. Cooney. Tous ces points ont été soutenus agressivement par le gouvernement Bush et votés par un Parlement républicain. Vrai ou faux ? Il y avait beaucoup d’éléments de notre politique qui n’étaient pas forcément en faveur de l’industrie pétrolière. Pendant quatre années… Philippe Cooney fut chargé de superviser les recherches sur le climat à la Maison-Blanche. Les congressistes démocrates aimeraient bien connaître la raison de cet étrange casting. Avant d’aller à la Maison-Blanche en 2001, vous avez travaillé pendant 15 ans. Pour l’Institut du pétrole américain, n’est-ce pas Oui. C’est un groupe de pression au service de l’industrie pétrolière Correct. L’Institut du pétrole américain, un des multiples groupes de pression financés par ExxonMobil, avait ses bureaux dans cet immeuble. Cooney défendait leur position sur le climat. En 2001, il est recruté par la présidence des États-Unis et il est nommé à un poste stratégique au Conseil de la qualité environnementale, là encore, pour s’occuper de climat. Cooney va superviser les travaux des scientifiques américains remis au Président sur la question. Rappel important, Cooney n’est pas un scientifique, C’est juste un avocat lié aux entreprises pétrolières. C’est comme ça que ça marche à Washington. Sinon, il ne trouverait personne pour ce genre de boulot. Dans le gouvernement, Clinton, C’était un écologiste professionnel qui faisait ce boulot. Et il avait sa grille de lecture à lui, Tout comme quelqu’un qui vient des milieux des affaires. Lors de l’audition de Philippe Cooney, un document secret est rendu public. C’est un plan d’action de l’ancien employeur de Cuny afin de manipuler la perception du public. Sur ce document est écrit noir sur blanc, « La victoire sera atteinte lorsque le citoyen moyen aura intégré comme du simple bon sens qu’il y a des doutes dans les sciences climatiques » . Quand je compare ce document de l’Institut du pétrole avec vos activités à la Maison-Blanche, j’ai du mal à trouver une différence. L’Institut du pétrole définit la victoire. Quand on sème le doute. Et c’est exactement ce que vous avez fait. Monsieur le Président, j’essaierai d’être concis. Ça n’a rien à voir avec mon ancien poste à l’Institut du pétrole américain. Quand je suis venu à la Maison-Blanche, mon unique loyauté allait au président et son gouvernement. D’après Rick Pitts, son ancien collaborateur, Cooney, répandait une ambiance de terreur chez les scientifiques. Il a commencé à apparaître ostensiblement aux réunions des responsables du programme scientifique sur le changement climatique en 2002. Il était comme un policier. Il s’asseyait dans un coin et tout le monde savait que l’œil de la Maison Blanche était là. Et la pression ne s’arrêtait pas là. Philippe Cooney réécrivait aussi les travaux des scientifiques s’il les jugeait trop alarmistes. Il pouvait rayer des phrases entières. Là où existaient des certitudes, il rajoutait des peut-être, des conditionnels. Des potentiellement. Sur certaines études, il réalisera jusqu’à 180 modifications. Vrai, j’ai inséré ces mots. Je suppose que vous vous appuyez sur des connaissances scientifiques pour contredire l’étude de cet expert. Ce n’est pas un rapport scientifique. Voici la question, Elle est très simple. Vous avez fait un changement, sur quelle base C’était le rapport de 2001 de l’Académie nationale des Sciences. Et dites-nous spécifiquement… Où l’Académie disait « potentiellement » . Page 19, Ils disent « au niveau régional et sur une longue échéance, il y a plus d’incertitudes » . Ce que faisaient ces types, c’est qu’ils sortaient un détail qui les arrangeait et ils disaient « ah, on a trouvé un truc qui remet en cause le consensus, c’est discutable » . Et ils mettaient en avant un élément marginal … Face à l’énorme somme de preuves, Après avoir dénoncé les agissements de Philippe Kouné, Rick Pills a dû démissionner. À ce jour, il n’a toujours pas retrouvé d’emploi. Philippe Kouné a lui aussi quitté les services de la Maison Blanche. Mais trois jours plus tard, il avait un nouveau job, chez ExxonMobil. Nous avons demandé une interview au pétrolier ExxonMobil. Tout comme Ford et General Motors, que nous avons sollicité, le pétrolier mondial a refusé notre caméra. En revanche, Il nous a envoyé un long mail. Peut-être une conséquence du scandale? Cooney, ExxonMobil reconnaît aujourd’hui que malgré les incertitudes qui perdurent, il serait prudent. De développer une stratégie contre les risques liés au réchauffement climatique. Du fait des manœuvres des lobbies industrielles et des blocages du gouvernement américain, un temps précieux a été perdu. Le protocole de Kyoto a été paralysé, le CO2 ne cesse d’augmenter, la température aussi. Et en 2007, Les États-Unis ont même été rattrapés par ce qu’on appelle un pays en voie de développement. Nous partons pour la Chine. Pékin. Dans la capitale chinoise, chaque jour, 1000 voitures supplémentaires. La ville vient d’achever son sixième périphérique. L’électricité est produite par des centaines de centrales à charbon très polluantes. Résultat, en 2007, la Chine dépasse les États-Unis et devient en chiffre absolu le premier producteur mondial de CO2. Je ne serai pas à l’heure pour dîner. Je suis coincé dans la circulation. Commencez à manger sans moi. Je pense arriver dans 40 minutes. Ok. Monsieur Zhang passe 2 à 3 heures par jour dans sa voiture. C’est une moyenne à Pékin. Dans la capitale chinoise, les embouteillages sont encore vus comme une sorte de symbole du progrès. Vous savez, quand j’étais enfant, même le téléphone, on n’osait pas rêver d’en avoir un à la maison. Alors une voiture, c’était même pas imaginable. Je suis très content d’en avoir une. C’est pratique, même si je passe deux heures par jour dans les embouteillages. De toute façon, on ne va pas interdire l’achat de véhicules aux gens. On ne peut pas arrêter le progrès à cause des embouteillages, non Ce n’est pas possible, non Et nous allons découvrir que les Chinois aiment aussi les Hummers. Celui-ci appartient à l’épouse d’un agent immobilier. Un humeur, c’est rare. Et tout ce qui est rare est précieux. Ça attire l’attention des gens. À Pékin, les voitures sont astiquées comme de l’argenterie. En s’approchant de près, on remarque néanmoins qu’elles sont recouvertes d’une poussière tenace. On a beau, les nettoyer, celles-ci ne cessent de se redéposer. L’air de Pékin est saturé d’un étrange sable en suspension. Un sable rendu visible uniquement par les carrosseries des voitures. D’où vient cette poussière Quelle est son importance ? Pour mesurer la pollution atmosphérique, les autorités de Pékin ont créé un tout nouveau centre de contrôle. Il est important pour eux de prouver qu’ils prennent des mesures, même si aujourd’hui, La salle de contrôle est un peu déserte. Ce matin, le graphique quotidien de la pollution montre qu’il y a eu, en pleine nuit, un pic très impressionnant. C’est le premier des polluants. C’est la poussière de la terre, le sable qui vole dans l’air. C’est ça qui a causé ce pic. Voilà d’où vient le sable, qui vole jusqu’à Pékin. Les premières dunes se trouvent à 70 km à l’ouest de la capitale. Avec la sécheresse et le vent, elles ne cessent d’avancer, année après année. Pour tenter de fixer le sable, des arbres ont été plantés. La désertification, c’est un phénomène dû au réchauffement climatique planétaire. Nous sommes tous dans le même bateau, vous savez. Et bien sûr, Pékin est touché. En France, vous avez de la chance de ne pas rencontrer ce problème-là. Parce que vous, vous vivez dans un pays humide. Le sable en suspension est particulièrement toxique. Dans les hôpitaux chinois, depuis quelques années, les maladies bronchopulmonaires ne cessent d’augmenter. Cet homme est un ancien chauffeur de taxi. Le sable fin détériore gravement l’appareil respiratoire. Il colle aux cellules et il amène des microparticules toxiques dans notre système. Elles attaquent le système immunitaire et créent une porte ouverte aux maladies. Il n’existe pas de statistique officielle sur le nombre de morts dues à la pollution. Mais en 2007, des experts de la Banque mondiale découvrent que la pollution tue globalement 750 000 Chinois tous les ans, donc 400 000 du fait de la mauvaise qualité de l’air. Ce chiffre aurait dû être révélé dans ce rapport officiel de la Banque mondiale. Mais à la demande des autorités chinoises, il n’est pas publié. Pour justifier la censure, le gouvernement chinois a expliqué qu’il craignait d’avoir à affronter les premières émeutes du fait de la pollution. À 200 km au nord de Pékin, au-delà d’une chaîne montagneuse, On arrive dans une vallée oubliée où la rivière a séché. Alors que dans la capitale, les voitures se multiplient, ici, le réchauffement climatique a tout brûlé. Il y a dix ans encore, le village de Langtougou vivait de l’agriculture. Aujourd’hui, les derniers habitants tentent de repousser le sable, qui avance inexorablement. La maison derrière là et celle-là là-bas aussi, Elles ont été presque recouvertes par le sable. Avec ce sable, il n’y a plus rien qui pousse. Il n’y a que les arbres que vous voyez là-bas. Dans le village, il ne pleut plus depuis 8 ans. Monsieur Wei est trop vieux pour quitter sa maison. Il dépend de l’argent que lui envoient ses enfants partis travailler à la ville. Il vit là, sans eau courante, avec l’équivalent d’un dollar par jour. Monsieur Wei fait partie de ces 800 millions de paysans chinois qui n’ont pas profité du miracle économique. Pour lui, l’avancée du désert est une tragédie. Bientôt, On ne pourra plus vivre ici. Les animaux n’ont plus d’herbes à manger. C’est de plus en plus sec et on ne peut rien faire. Maintenant, dans notre village, nous dépendons du ciel. Notre vie dépend de la pluie. Voilà, C’est là qu’elle passait, la rivière. Il y avait des digues qui nous servaient pour l’irrigation du village. Et l’eau venait par là. Avant, il n’y avait pas ce vent aussi fort. Il y a 20 ans, Quand j’allais à l’école, il y avait beaucoup de fleurs par ici, à côté de la rivière. C’était formidable. J’allais à l’école en voyant ça. Ça me réjouissait. C’est à cause du climat, tout ça. Avant, il y avait des sources d’eau ici. Et maintenant, c’est mort. Il n’y a plus que du sable. Les sources d’eau sont mortes. Pour ralentir le sable, le gouvernement chinois a fait planter des arbres. Quant aux paysans, ils ne comprennent toujours pas pourquoi cette malédiction est tombée sur eux. Dans plusieurs pays, en ce moment, Les températures augmentent. Vous êtes au courant Non. Les médias chinois n’en parlent pas ? On est des paysans, nous. On n’y comprend rien. Mais comment vous ne savez pas C’est un problème planétaire. Personne ne nous informe. Et comment voulez-vous qu’on sache Des satellites de la NASA ont photographié certaines des tempêtes de sable géante qui déferlent sur la Chine. C’est ce voile brun qui couvre l’image. Un quart du territoire chinois est constitué de déserts. Certains sont très anciens, mais ils ne cessent de progresser. 2 700 km² de plus par an. C’est un effet direct de l’excès de CO2 dans l’atmosphère. Ce phénomène inquiète beaucoup les climatologues. D’après ce membre d’une fondation écologique américaine installée à Pékin, le sable chinois irait jusqu’à traverser l’océan. En Mongolie, dans le nord-ouest, il y a des tempêtes de sable qui emportent le sable jusqu’à Pékin. Même au Japon, même jusqu’à la côte ouest des États-Unis. Il n’y a pas que la Chine qui souffre de ces tempêtes. Les pays voisins souffrent aussi de ce sable. Vous voulez dire que le sable est emporté par le vent jusqu’aux États-Unis ? Oui. Et l’augmentation exponentielle des voitures en Chine, l’une des causes du réchauffement climatique, ne risque pas d’arranger les choses. Si on conserve le même rythme de croissance, peut-être que la Chine va dépasser en chiffres absolus le nombre de voitures américaines en 2030. Et là, on a un problème. Peut-on imaginer un monde où la ville ne s’organiserait pas autour de la voiture ? Nous avons cherché cette cité idéale jusqu’à la trouver, quelque part en Allemagne. Une ville tout entière tournée vers la diminution des émissions de CO2. Ici, Même les immeubles de bureaux sont transformés en centrales solaires. À Freibourg, la voiture n’a pas la priorité. Au quartier Vauban, la voiture n’est pas strictement interdite, elle est juste tolérée, à condition qu’elle se comporte avec… Courtoisie et qu’on aille la ranger au garage à l’entrée du quartier. C’est génial parce qu’on peut vivre dans la rue. On peut prendre notre café dans la rue. Il n’y a pas de voiture devant nous. C’est comme avoir un living room supplémentaire. Depuis que nous sommes ici, nous vivons dehors. Le quartier Vauban est une sorte de laboratoire visité chaque jour par des urbanistes venus du monde entier. Ils veulent comprendre un mystère. Comment, au pays de Mercedes et BMW, des Allemands ont-ils réussi à vivre dans une ville où il y a quatre fois moins de voitures que dans le reste du pays ? On partage nos voitures. Les gens se sentent beaucoup plus libres de se prêter ainsi leur véhicule. De temps en temps, c’est super d’avoir une voiture, mais au quotidien, c’est sans voiture. Les enfants peuvent voir que c’est possible de vivre sans voiture. Quand ils seront plus âgés, ils pourront décider par eux-mêmes s’ils veulent une voiture ou pas. Mais les gens, ils possèdent une voiture aussi, pour envoyer un message, dire qu’ils sont quelqu’un de bien. Un symbole de statut social, c’est ça. Nous, on s’en fiche. On veut juste vivre libre dans cet endroit qui nous plaît. On n’a pas besoin d’une voiture pour ça. Mais pourra-t-on convaincre le reste des automobilistes de changer de culture De renoncer à la poésie carbonique des moteurs à explosion Non, je n’ai pas de voiture. Là encore, Nous sommes allés poser la question aux moins qualifiés. Vendredi soir, banlieue nord de Paris, ici, chaque semaine, a lieu une étrange fête. On vient voir danser les voitures. Attention, attention ! Un jour, j’ai drifté face à une autre voiture. On s’est évité de quoi de ça, quoi? On s’est évité de très peu et aucun accident. Ah bah, là, ça a touché le moteur tous les vendredis, c’est le moteur tous les vendredis, ça fume, ça fume, c’est ça, les filles Ah, oui ! Qu’est-ce qui nous émet dedans ? La sensation qu’il y a quand on est dans la voiture. On est adrenatines, on fait trois mains. Oui, Et puis qu’on bouge partout. La vitesse. Ah, oui, la vitesse. C’est pareil pour les voitures. C’est marrant parce que la voiture t’emporte comme une personne en fait. C’est un bébé en fait. C’est une personne, ça devient presque une personne. Ta voiture est une personne. Voilà. Elle a un moteur, Je trouve ça… C’est d’ailleurs les propos qu’on a eus chez les autres. voitures. Ça vous soucie un peu ces histoires de normes antipollution Bah, ouais, avec tout ce qui est comme pollution et tout, et tout ce qui se passe à la télé aujourd’hui, mais… Tu sais, quand t’es dans ta voiture avec le bruit, ta voiture a fait un bon petit bruit, t’es tout content, t’y penses pas. Tu penses qu’à ta voiture, y’a tout. Tu penses pas à l’environnement. Et tu te dis que c’est pas si tu fais ça sur ta voiture, que ça va permettre et tout et tout. D’après les spécialistes du climat, nous allons devoir diviser par 4 nos émissions de CO2 d’ici à 2050. Bon courage pour la planète

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