Conférence par Anne Joncheray, Directrice du musée archéologique de Saint-
Raphaël
Les navires romains ont sillonné le littoral avec à leur bord des cargaisons qui permettront une hégémonie de l’Empire romain. Une façon de conquérir de nouveaux territoires, en commercialisant des produits issus du pourtour du bassin méditerranéen et grâce aux progrès de la navigation. Les épaves témoignent de cette histoire engloutie, une aventure subaquatique, de plongées en découvertes, de fouilles en aventure humaine.
Cette conférence s’inscrit dans le cycle « Mare Nostrum : À la conquête de la
Méditerranée » organisé par le Musée d’Archéologie de Nice Cimiez et l’Association des Amis du musée (AMAN)

Bonjour mesdames, messieurs. Bonjour. Je prends la parole quelques minutes pour vous rappeler le contexte dans lequel nous avons pu produire toute cette série de conférences qui s’appelle l’université de l’océan. Comme vous le savez, la ville de Nice accueille la conférence des Nations- Unies sur l’océan. Donc ça se tiendra entre le 9 et le 13 juin à Nice. Il y a de nombreuses délégations et chefs d’état qui seront présents pour échanger autour de h thèmes fondamentaux qui ont été définis. Des thèmes tels que la pollution plastique, la gouvernance des océans, les transports décarbonés, l’exploitation et l’exploration des abys et cetera. Ces sujets-là, évidemment sont des sujets passionnants mais assez ardus pour vraiment bien les maîtriser et il été dommage que ces sujets-là ne soient discutés que dans le cadre de la ce qu’on appelle la blue zone sur le port entre dirigeants. Du coup, tout au long de l’année, on a décidé de produire l’université de l’océan, une centaine de rencontres qui s’intéressent à chacun de ces sujets-là et qui interroge aussi de nombreuses matières depuis l’histoire de l’art, la culture scientifique, l’archéologie, l’économie, la santé et encore d’autres sujets pour justement faire en sorte qu’on puisse se les approprier et ne pas considérer que ces sujets appartiennent à ces personnes qui vont venir en discuter, mais qu’ils nous appartiennent aussi, vu que nous habitons au bord de la Méditerranée et que évidemment nous sommes impactés par ben la montée la montée des eaux, l’évolution du trait de côte et cetera. Donc aujourd’hui, le sujet est un sujet lié à l’histoire, à l’archéologie. Nous accueillons Anne Joncher et pour vous la présenter, je laisse la parole au directeur du musée d’archéologie de Simier, Bertrand Roussell. Oui, bonjour à tous. Alors simplement un petit mot pour à la fois présenter Anne qui nous fait l’amitié de venir aujourd’hui et puis pour vous présenter dans le contexte dans lequel tout ça s’est organisé puisque en plus de l’université des océans, la ville de Nice a organisé une bienénale des arts et des océans. Et dans le cadre de cette bienénale, on a différentes expositions. Alors, il y en a un peu partout, hein, depuis le musée des beauxarts en passant par le musée de la photographie et de l’image. Et dans les établissements dont je m’occupe, on a une exposition à Terra Mata. Alors, le 1er avril, on avait eu avec Patricia Valencia une première conférence autour de cette exposition à Terra Mata. Et euh assimier, on a également une exposition qui s’appelle Quand la mer nous parle, qui est donc une exposition autour des question liée à l’archéologie sous-marine pour laquelle Anne a participé notamment par le prêt d’une magnifique épave qui s’appelle Agué a qui est une épave. Vous verrez pour ceux qui auront le loisir de venir voir l’exposition, je le dis à Anne mais pour moi c’est le mon préféré de l’expo. Il y a la fourmigue et aga parce que c’est des objets qui sont et puis là il vraiment il marquent ils rendent bien. Donc donc voilà un petit peu le contexte simplement pour vous dire de pas hésiter à aller voir l’exposition assimier et puis présenter Anne Jonché. Et bien euh Anne Jeanchery est actuellement la conservatrice du musée de Saint-Raphaël que je vous invite aussi à aller visiter pour ceux qui ne le connaissent pas. C’est un musée magnifique avec de très belles collections à la fois de préhistoire. Vous savez que c’est un peu mon sujet donc à la fois de préhistoire mais aussi euh de questions notamment d’archéologie sous-marine et puis en plus il y a une magnifique chapelle romane qui ne gâche rien. Donc c’est vraiment un ensemble très beau à découvrir. Et donc Anne Jonchery est également en plus d’être conservatrice du musée, elle est également plongeuse et elle est également surtout archéologue sous-marin. Et c’est un peu dans cette casquette, c’est avec cette casquette là qu’on l’accueille aujourd’hui pour parler du commerce antique sur la French Riviera et pour évoquer. Alors c’est une conférence qu’on avait dû qu’on aurait fait l’année dernière, vous vous rappelez peut-être certains d’entre vous et puis on avait dû la déprogrammer à cause de la tempête. Et donc merci Anne d’être venue jusqu’à nous depuis Saint-Raphaël et je te laisse la parole. Merci cher Bertrand, c’est toujours une joie et un plaisir de venir à Nice. Euh merci madame la directrice de ce magnifique espace de nous recevoir, de me recevoir pour la projection de de ce film. Euh j’en suis toute émue tellement l’espace est vraiment magnifique. Euh je voulais remercier aussi parce queen fait aujourd’hui euh vous avez de la chance, vous avez aussi un autre spécialiste de navigation antique, monsieur Pascal Arnaud, qui était à l’université de Nice pendant des années puis de Lyon et donc spécialiste de la navigation antique. Donc on pourra avoir aussi des questions très pointues pour notre pour notre ami Pascal. Je vais vous présenter en fait un film qu’on vient de qu’on a tourné il y a pas très longtemps avec un un jeune réalisateur qui s’appelle Kevin Sampé qui est nisso également et on a voulu faire un un courtmétrage, un film un peu court qui a été présenté à Canal Plus l’année dernière sur Canal Plus pardon l’année dernière on a travaillé avec eux avec l’équipe de Canal Plus également et Planè Plus et donc c’est un film qui parle un petit peu de de la navigation antique et de la Méditerranée année dans son ensemble. On a voulu à travers ce film aborder différents sujets. Euh la navigation, la recherche, les sites justement en fruit comme on comme celui de Baya. Vous verrez une très très belle photo d’ailleurs au au musée de simier de de ce site qui est magnifique et qui gagne vraiment à être connu. Là, je crois que mes amis euh Patricia et Jean-Michel M vont adorer les images. Deux photographes, nous avons aussi la chance d’avoir deux photographes dans la dans la salle très connus qui sont également Nissois. Donc c’est vraiment le dernier salon Lon cause aujourd’hui. Merci beaucoup hein. Donc ce film dure à peu près 40 45 minutes et ensuite je vous propose bah de d’échanger sur des sujets particuliers. On peut évidemment parler du commerce de luxe et notamment de la et la très très belle épave de la fourmigue qui est exposée à en parcours permanent au musée de Simier mais qui est là est très très bien mis en valeur par le travail de notre collègue Bertrand Roussel. Donc on peut échanger sur différents sujets. Nous serons à votre écoute. Donc bonne projection. À bord de ce navire chargé de blé. un équipage et des passagers. L’un d’entre eux est citoyen romain. Il s’appelle Paul de Tars, plus connu sous le nom de Saint-Paul. Le bateau est parti d’Alexandrie en Égypte. Sa destination est Rome, mais au large de la crête, une gigantesque tempête s’abat sur lui. Paul de Tars dit alors à ses compagnons : “Homme, je vois bien que cette traversée ne se fera pas sans dommage ni beaucoup de pertes, non seulement pour la cargaison et le bateau, mais aussi pour nos vies.” Pendant 5 siècles, la puissance de Rome a reposé sur sa marine marchande. Chaque année, les archéologues découvrent de nouvelles épaves romaines. Il y en aurait près de 20000 au fond de la Méditerranée. Je m’appelle Kevin Sé, plongeur et réalisateur passionné par l’exploration des fonds marins. Je vais partir à la recherche de ces épaves. Comment est-ce que tu es sûr de me poser sur le bon endroit ? Là, tu vois, potentiellement, il peut y avoir une épétique. À partir de là, faut aller vérifier. Je vais découvrir les cargaisons que ces navires transportaient sur des milliers de kilomètres à travers toute la Méditerranée et comprendre les raisons de tant de naufrage. Tu vois comme il est vraiment très très proche de la surface en fait. Donc c’est l’un de ses écueils qui sera responsable du naufrage de C’est ça. Soit celui-ci soit celui-là. Je vais remonter les routes maritimes que ces navires empruntaient en Italie. Je vais plonger au cœur des vestiges portuaires exceptionnels de l’Empire romain. Donc là, dans 3 m d’eau, on va visiter le port de Rome. Oui. Le quart de l’empire. Ces vestiges immergés sont les seules traces qu’on laissé les marins de Rome. Grâce à eux, je vais vous raconter une autre histoire du plus grand empire de la Méditerranée. J’ai grandi face à la Méditerranée et je sais qu’il ne faut pas se fier à son apparente tranquillité. Pour les marins, c’est une mer dangereuse qui peut passer du calme à la tempête en à peine quelques heure. Mon voyage commence en Italie, au large du village de Santo Stefano. Ici repose une épave bien connue des archéologues et des plongeurs, la navé Romana, un navire romain du 1er siècle avant Jésus-Christ. Je n’ai jamais plongé sur des vestiges vieux de 2000 ans et je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Sous l’eau, je serai accompagné par Bruno. C’est un ancien militaire et un plongeur hors paire. Pour nous guider, nous avons fait appel à David Motola, le scafandrier qui a découvert ses vestiges il y a quelques années. David, c’est toi qui a découvert cette épave romaine. Comment est-ce que tu Comment est-ce que tu l’as trouvé ? C’était en 2006. Le sonore nous a donné un signal, un petit signal sur l’écran. Quelques temps plus tard, une dizaine de jours après, quand tout était calme, on a pris le bateau pour y retourner. On disait chouette, on a découvert un nouveau spot de plongé. Nous, on pensait que c’était des rochers. Comment tu as compris que c’était une épave romaine ? Je l’ai compris en arrivant au fond. Quand on a vu les enfants, elles étaient toutes alignées et c’est là qu’on a compris que c’était une épine. La navé Romana git par 58 m de fond. À cette profondeur, il existe toujours un risque et nous serons particulièrement vigilants. Je m’appelle Federico et je fais la le plongeur de sécurité pour vous. Donc tu restes à 30 m avec les gaz et tu fais l’assistance pendant que nous on descend avec David. Oui oui oui. La visibilité, on sait pas trop ce que ça va être pour l’instant. Non, normalement c’est ballle. On est sur un temps de plongée de combien ? Alors moi j’ai prévu sur 35 minutes grand maximum au OK. maximum avec le temps de descente inclente inclus. OK, parfait. On y va. On y va. Il y a 2000 ans, les marins avaient l’habitude de longer les côtes. Leur capitaine n’avaient pas de carte ni de boussol, mais grâce à leur expérience, ils en connaissaient chaque recoin. Autour de moi, je ne vois aucun danger apparent. Alors, pourquoi la navée Romana a-t-elle coulé ici ? plonger me permettra d’y voir plus clair. Ah. Pour descendre jusqu’à l’épave, nous nous laissons guider par la ligne de mouillage 10 m. Puis 20 m. À 30 m, nous laissons le plongeur de sécurité Féico derrière nous, prêt à intervenir en cas de problème. 40 m. Arrivé à 58 m, je découvre enfin la navé Romana. posé sur le fond. Je m’attendais à découvrir la coque d’un navire, mais elle a complètement disparu. Après 2000 ans passés sous l’eau, elle a été rongée par les thermites marins. Tout ce qu’il reste de la Navé Romana, c’est sa cargaison. Des milliers d’enfors, empilés sur une quinzaine de mètres. Et je suis surpris d’en trouver beaucoup qui sont encore intacts comme si le navire s’était posé tout doucement sur le fond. En passant au-dessus du tumulus, je devine la forme du bateau. Propulsé par la seule force du vent, ces bâtiments romains pouvaient atteindre 40 m de long et transporter jusqu’à 400 tonnes de marchandises et 300 passagers. Il n’avait pas de gouvernail mais était dirigé à l’aide de deux rames latérales appelé Pelle. Ces navire ne pouvait pas naviguer toute l’année. Entre les mois d’octobre et de mars, la mer était déclarée fermée. Marclazouum, disaient les Romains. La raison, les tempêtes, trop fréquentes et trop violentes pour des navires aussi lourdement chargés. Le seul témoignage d’une de ces tempêtes est celui de Saint-Paul dont le navire est parti trop tard dans la saison. Il raconte se déchana sur nous une sorte d’ouragan. Le bateau ne pouvant faire face au vent ayant cédé à la rafale et serré les voiles, nous étions emportés. Pour alléger leur bateau, les marins jetaient la cargaison par-dessus bord. Ici, ceux de la navé Romana n’en ont pas eu le temps. Après 35 minutes de plongée, Bruno me fait signe. Il faut remonter. Un dernier regard et je laisse la navromana derrière moi. Il y a combien d’enfants à peu près là dans ce chargement là ? Environ 3000 3500. Ce qui est bien, c’est qu’elles sont encore entassées. Ça donne vraiment une idée de la forme du bateau. Alors que nous retournons à Terre, je me demande ce que contenaient ces enfors, mais aussi pourquoi la navée Romana a coulé précisément ici au large du village de Santo Stéphano. C’est quand même assez rare de trouver des épaves, surtout romaines parce qu’elles sont elles sont elles sont anciennes. Est-ce que tu penses qu’il y en a d’autres cachés sous la sous le sable ? Oui, ici c’était une route commerciale qui allait de Rome jusqu’à l’Espagne. Il naviguait le long de la côte en allant d’un cap à l’autre. Ce transport d’enfire a duré des centaines d’années. Donc forcément beaucoup de navires ont fait naufrage et ont coulé. Par conséquent, il y a encore sûrement plein d’autres vestiges à découvrir. Je retourne en France sur la côte d’Azur à une centaine de kilomètres de Santo Stéphano. C’est là que les archéologues ont découvert un nombre important d’épaves romaines et plus particulièrement près de la ville de Saint-Raaphaël. J’y retrouve l’archéologue et plongeuse Anne Joncher en fouillant l’une des épaves coulées dans la région, Anne a découvert plusieurs centaines d’enforts. Elle ressemble à s’y méprendre à celle de la navé romana. Anne. Effectivement, ces enfants ressemblent fortement à celles que j’ai pu voir sur l’épave de Santo Stéphano. Est-ce que c’est vraiment les mêmes ? Est-ce que c’est le même type de de de marchandise qu’elle transportait ? C’est exactement les mêmes. Ces enfants là, on sait qu’elles sont du 1er siècle, elles sont exactement, soyons précis, entre 90 et au-delà de 50 jusqu’en jusqu’en 30 avant Jésus-Christ. Tu reconnais grâce au col, grâce aux poignets, comment c’est Alors, on les reconnaît grâce au bandeau, la lèvre en bandeau qui est significative, l’aisence très verticale, une pense relativement cylindrique et un énorme quillon. leon qui sert à ce que l’enfant ne se casse pas quand on la fait tomber sur elle-même. Donc c’est du vin, c’est d’autres marchandises. Ce sont des enfants qui partent de campagnie, elles transportent du vin et elles vont rayonner dans toute la Méditerranée et au-delà des frontières. En quoi ces enfants sont-elles le témoin de de l’histoire d’un naufrage, de l’histoire d’un navire ? Et bien, elles permettent de de reconstituer l’histoire antique. On n’ pas de documents écrits pendant l’antiquité. Ce sont les vestiges. C’est c’est parce que aujourd’hui il y a des Romains qui passent dans la postérité à cause de leur naufrage que du coup bien on arrive à retracer la vie. La vie de ses marins, la vie de ce capitaine. On arrive à retracer toute la vie du navire. Réputé pour son vin, la campagne était le point de départ d’une importante route commerciale qui arrivait jusqu’en Gaulle romaine. Ce commerce qui existe dès le 1er siècle avant Jésus-Christ va s’intensifier. Au cargaison de vin s’ajoute celle de marbre, de métau et d’huile d’olive. Et pour arriver en Gaulle, tous ces navires convergés vers un lieu, l’embouchure du Rô. Le delta du Rône, il se trouve en Camargue. Il y a 2000 ans, la mer recouvrait la majeure partie de ce territoire. C’est ma prochaine destination. Jusqu’au 5e siècle après Jésus-Christ, c’est ici que les gros navires de commerce déchargaient leur cargaison vers de plus petits bateaux. Leur chargement remonté ensuite le fleuve à travers la gaule romaine jusqu’au confin de l’Empire. Mais avant même de décharger, nombre de ces bâtiments faisaient naufrage au large de la Camargue où de nouvelles épaves sont sans cesse découvertes. Salut Pascal. Kevin, bonjour. C’est quoi l’enjeu de la journée ? C’est plus les moustiques ou les conditions météo ? Ah là, bienvenue en Camarque. Pascal Chabo est passionné d’archéologie. Seul sur son bateau, il localise des restes de navires grâce à un sondeur. Je l’accompagne aujourd’hui à la recherche d’une nouvelle épave. Explique-moi, c’est c’est quoi cette passion là des épaves que tu as ? Bon, déjà, mon père était faisait, on va dire, la même chose que moi, c’est-à-dire que passionné d’archéologie, d’histoire locale et cetera. Euh ce qui s’est passé, c’est qu’on a commencé à trouver donc pas mal d’épaves et donc ben en fait les épaves quand tu commence à en trouver 5 10 15 après c’est fini. C’est c’est la fin. C’est c’est terminé. La magie a opéré. Exactement. Sur un bras du delta, Pascal m’emmène vers un site où il a détecté un signal prometteur. Il pourrait s’agir d’une épave romaine et je serai le premier à plonger dessus. À l’abri dans les terres, le calme règne encore. Mais dès que nous atteignons l’embouchure, la rencontre du bras du deltail et de la mer crée des courants violents renforcés par le vent qui se lève. C’est pas des conditions idéales pour plonger, hein. Dans 2001, c’est ton bateau qui vont retrouver au fond. Nous décidons malgré tout de nous engager. Notre bateau à moteur nous permet d’affronter la houle sans difficulté. Mais j’ai du mal à imaginer comment un navire romain et sa cargaison s’en seraient sorti. Après 25 minutes de navigation, la mer devient plus calme et nous arrivons dans le secteur de cette possible épave. sur le secteur ici, une grosse partie des points que tu vois, c’est les épaves antiques. C’est hyper dense. Il y en a partout de cette partie là là, c’està-dire le plus dans l’ouest jusque dans l’est ici. Ça c’est que des ça c’est que des épaves antiques. D’accord. C’est un vrai cimetière d’épave ce cette zone. Ben là, oui, on est déjà à 54 épav antique. Plus des blocs de marbre, plus un petit peu des objets isolés qui ont été trouvés sur tout le sur tout le périmètre. Comment est-ce que tu es sûr de me poser sur le bon endroit ? Alors là, je vais te positionner sur un point que j’ai déjà marqué au sondeur, c’est-à-dire qu’il m’a fait un défaut au sondeur. Voilà, là comme tu vois là, ici là, tu vois, c’est potentiellement il peut y avoir OK. Donc maintenant, ce qu’il faut aller, c’est jeter un c. OK. Bon, là, je vais descendre à l’eau. À quoi il faut que je m’attende au fond ? Alors, ce que tu risques si c’est une épentique, ce que tu vas trouver ou des concressions avec des lingots métalliques. Tu vois, une grosse concression qui ressemble à un énorme bloc de béton. Ça peut être des lingots de plomb. Tu peux avoir des du bloc de marbre. Voilà. Et après, on a eu d’autres épaves avec divers matériels, c’est-à-dire des lingots d’éteint et cetera. OK. Allez, on y va. Si les données du sondeur sont exactes, l’épave se trouve quelque part ici sous notre bateau par 13 m de fond. J’arrive enfin sur le sable. Je dois être tout près de l’épave, mais je ne vois plus qu’à 20 cm devant moi. J’enfonce mes doigts dans la vase à sa recherche, mais rien. C’est le brouillard. Sorti de nulle part, je tombe sur un petit spérographe. C’est un bon signe. Ces verrs marins ont la particularité de vivre accroché à des reliefs. Alors, je cherche autour et je sens quelque chose de solide et de régulier. Ce rocher n’a rien de naturel. La concrétion m’empêche de savoir ce qu’il y a là-dessous, mais je sens des angles, des arêtes. Et plus j’avance, plus je devine que c’est imposant. Un peu plus loin, j’y vois déjà mieux. D’autres formes se révèlent. S’agit-il de lingot de fer, de plomb ou de marbre ? Impossible de le savoir. Je poursuis mon exploration et j’aperçois une forme qui se détache du sol. C’est une enfort. Pas de doute, il s’agit bien d’une épave. Et cette enforme confirme qu’elle est antique. Quelle étrange sensation que d’avoir été le premier à plonger sur ces vestiges vieux de 2000 ans. Je l’ai trouvé. Super. Je l’ai pas vu. J’ai pu la sentir, j’ai pu la toucher. D’accord. Super. Donc elle est là. Très difficile. Ouais. Ouais. Ouais. Cette épave que nous venons de découvrir est la 55e identifiée au large de la Camargue. Nous l’avons localisé mais nous ne savons presque rien d’elle. Aux archéologues de prendre le relais pour en raconter l’histoire. Donc là, tu vois Kevin, cette ép moi je vais la déclarer, ce sera la SM55. C’est très difficile parce qu’on peut pas s’imaginer vraiment à quoi ressemble le bateau. On peut pas s’imaginer qu’est-ce que je touche. Puis en plus, je vois pas vraiment ce que je touche. Donc il faut vraiment laisser place à l’imagination. Et c’est vrai que on se touche et puis on se dit “OK, ça c’est un bout de bateau, c’est un bout de navire. À quoi ça pouvait ressembler ? Il y avait des il y avait des gens là-dessus. Ça a 2000 ans. C’est quand même assez assez dingue comme expérience. Là, c’est c’est une première pour moi d’avoir posé les mains sur une épave aussi ancienne. Le premier, ça aurait pu être autre chose. Ça aurait pu être un ancre de cargo. Ça aurait pu être on fait pas que des bonnes pioches, tu vois. Mais bon, là aujourd’hui, on a eu un petit peu de chance. On est pratiquement sûr, c’est une éptique. Quand on voit comment la mer se comporte même avec des conditions géographiques très différentes il y a 2000 ans, on comprend peut-être un peu mieux pourquoi il y a autant de navires ici qui se sont échoués, qui ont qui ont sombré. Alors, la difficulté dans le golfe du Lyon, donc déjà c’est des golfs, ça fait des B avec des bandes de sable. Euh secondo, tu as du temps changeant, c’est-à-dire ça peut passer à l’est, à l’ouest et cetera avec de gros changement de temps qui peuvent se faire en quelques heures et surtout du courant. Voilà. Et je crois que les trois combinés, c’était très compliqué de passer une embouchure. Voilà, je pense que les les équipages, les capitaines qui faisaient ça à l’antiquité, c’était c’était pas les amateurs. L’arrivée à Bonort de ces navires reposait sur le talent de leur pilotes. Les capitaines qui naviguaient par leur seule connaissance des vents, du littoral et des étoiles. Un savoir qui se transmettait seulement par tradition orale. Mais comment tout connaître lorsque pour la grandeur de l’Empire, il devait s’aventurer de plus en plus loin ? Le lendemain matin, je retrouve Bruno à Saint-Raphaël. Nous avons rendez-vous avec Anne pour plonger sur l’une des épaves qu’elle a fouillé dans la région. Elle a été baptisée Dramon I, un nom qu’elle doit au cap Dramon, près duquel elle a été retrouvée euh par un fond de 30 m. Donc c’est assez intéressant. Je sais pas du tout à quoi ça ressemble. On va bien voir. Bah l’avantage c’est que avec les recycleurs, on va pouvoir y passer sur 30 m plus d’une heure facile. Avant de sombrer, ce navire de commerce datant du 1er siècle après Jésus-Christ transporter un matériau lourd et précieux, du marbre. Salut, ça va bien ? Ça va bien toi ? Bonjour. Bienvenue à bord. Merci. Ça va mon ami ? J’ai hâte de voir à quoi ça ressemble. Il y a plus qu’à. Anne, qu’est-ce que cette épave a de si particulier ? Alors, elle a de particulier que les matériaux de construction sous l’eau, c’est rarissime. Des blocs de marbre comme ça, on en a sur Saintropé, il y en a un peu en Corse, mais dans toute la Méditerranée, c’est très rare de trouver des matériaux de construction sous l’eau avec des navires qui ont coulé. Donc, ces lois qui ont toujours été là. Les plongeurs sont passés à côté. C’est des spots de plongé connus d’ailleurs ici. Mais personne s’est jamais imaginé jusqu’à ce que tu fasses les recherches que c’était des blocs romains. C’est c’est complètement fou comme histoire. Mais oui, tout le monde était persuadé que c’était des blocs de construction récents. Et et c’est ça en fait qui est qui est magique dans l’archéologie sous-marine, c’est qu’on passe à côté de vestiges qui ont 2000 ans et un jour et bien on s’attarde un peu dessus, on révèle l’histoire et il s’avère que bien ce sont des des vrais blocs antiques. Mais alors qu’est-ce qu’il a de si particulier ce secteur ? Pourquoi les les les navires font-ils naufrage à cet endroit-là ? Alors, il y a deux secs de part et d’autre du Cap qui remontent. Des secs, ce sont des des écueils qui remontent quasiment à la surface, il y a 1 m50 de profondeur à peu près. Et quand le bateau passe au-dessus et bien forcément, il s’éventre sur ce rocher et coule suivant le vent dominant, soit vers l’est, soit vers l’ouest. Pour l’Empire romain, le premier siècle après Jésus-Christ a été un tournant. Toute la Méditerranée est conquise et Rome construit partout dans son empire des monuments prestigieux pour affirmer son pouvoir. Nous approchons du fameux cap Dramon où ce navire a coulé. Ce qui reste du bateau git désormais sous notre coque à 30 m de profondeur. Donc est-ce que tu peux nous expliquer la disposition de du site et de l’épave ? On se jette à l’eau. Tu vas voir en descendant, on va les apercevoir assez rapidement. Il y a 30 m au fond, mais à partir de 15 20 m, on voit les blocs. Le sable est en clair. Les blocs se dessinent vraiment bien. Donc euh pas de souci pour tomber pile dessus. OK, nickel. Bah nous, on est parti pour 1 heure s’il faut he. Parfait. Super. Avec le plomb, les marbres sont parmi les matériaux les plus lourds que ces navires transportés. À 20 m de profondeur, des formes se dessinent et j’aperçois enfin les trois blocs de marbre rassemblés au même endroit. Leurs dimensions sont impressionnantes. Le plus imposant fait 4 m de longueur pour 1 m de large. À E3, il pèse près de 23 tonnes. Pour transporter ces colosses, les Romains devaient les charger à bord des navires. Pour cela, ils utilisaient des engins de levage perfectionnés comme la cage à écureuil. Elle permettait de démultiplier les forces grâce à un système de corde et de poulie. Le poids de ces blocs était tel qu’en Cadavari, il pouvait faire perdre l’équilibre au navire et provoquer le naufrage. Aujourd’hui, ils sont recouverts d’une couche de concression si épaisse qu’il est impossible de m’imaginer que ce sont des matériaux précieux, vieux de 2000 ans. Anne me fait comprendre que c’est ici qu’elle a prélevé un échantillon qui lui a permis de les identifier. Autour des blocs, je cherche des signes de la présence du bateau, mais là encore, il n’en reste apparemment plus rien. Pourtant, 10 m plus loin, Anne m’attire vers un relief et je comprends que les restes du navire se trouvent juste là, sous le sable, invisible à nos yeux. Est-ce qu’on aurait pu retrouver l’épave ? Est-ce que est-ce qu’elle est toujours en dessous ? Alors, curieusement, les blocs ont versé et la coque agi quelques mètres plus loin à à une dizaine de mètres plus loin parallèle au bloc. Donc, on a les blocs d’un côté que tu as bien vu et en allant plus vers la vers la côte, il y a un dévers et là c’est la coque qu’on a mis à jour. C’est pour ça que il y a encore euh un petit creux, on voit encore le sable et on a découvert le la coque à cet endroit-là. Donc, tu m’as montré un endroit où la roche avait été prélevée. C’est ça. Et on se rend pas compte de quelle couleur il est finalement ce marbre une fois au sec. Alors, il est noir, rouge et blanc. Il dans l’antiquité, ils l’ont appelé l’africano parce qu’il a dominante noire et il a trois couleurs. C’est ce qui est caractéristique de ce marbre d’ailleurs et il vient de d’une carrière de de Turquie. Ce navire serait parti de l’actuelle Turquie à 4000 km de son lieu de naufrage. L’équipage naviguerit donc très loin de son port de départ et il est possible qu’il ne connaissait pas les dangers de ce secteur du Cap Dramon. Je demande à Anne de me conduire vers l’écueil qui aurait provoqué le naufrage. Il se trouve à 200 m à l’ouest de l’épave. Aujourd’hui, balisé par des boué, nous nous en approchons avec prudence. Donc là, tu as la série des des rochers qu’on appelle les pyramides. Ah, on devine effectivement le le reflet un peu vert de la roche. Tu vois comme il est vraiment très très proche de la surface en fait. Si si tu vas dessus, tu as tu as pied. Donc c’est l’un de ces écueils qui serait responsable d’une autre âge de C’est ça. Soit celui-ci, soit celui-là, soit celui d’à côté. Et et d’ailleurs si tu regardes bien la mer, ça devait être à peu près les mêmes conditions. La mer pousse vers l’ouest, donc te pousse vers l’écuil et il te pousse vers l’écueil et après bah le bateau dérive un peu plus loin à 200 m à l’ouest. À moins de connaître l’emplacement précis de cet écueil, le capitaine du navire n’aurait jamais pu l’éviter. C’est la raison pour laquelle ces dangers venus de la terre était la plus grande crainte des marins de l’antiquité. À bord de son navire, Saint-Paul a témoigné de ses périles après s’être échoué au large de l’île de Malte. Quand ils ont heurté un banc de sable battu par la mer des deux côtés, ils ont échoué le navire. La prou s’est enlisée et est restée bloquée tandis que la poupe se disloquait sous la violence des vagues. De retour à Terre, Anne m’emmène dans un lieu auquel seuls les archéologues ont accès. Donc ici Kevin, on est dans un dépôt qui est tenu secret. C’est un dépôt du ministère de la culture dans lequel on entrepose tous les objets archéologiques que l’on remonte des fonds marins. Ces objets, il y en a des centaines, qui racontent l’histoire de ces navires et de leur naufrage. Parmi eux, Anne tient à me montrer ce qu’elle a découvert sur l’épave du Cap Dramon. Alors, je vais te montrer ce qu’on a trouvé sur sur Dramon. Oui. Il y a tout ce qui allait avec le polissage du marbre. Le polissage donc c’était transporté en kit avec un Tout à fait. Et je suis même persuadée qu’il y avait certainement l’équipe technique qui accompagnait les marbres pour leur destination finale. En tout cas, il y avait tout le nécessaire pour polir les marbres. Et alors ça, tu vois que ce n’est pas des blocs de marbre du tout au poids. Tu vois que c’est beaucoup plus lourd. C’est en fait le corindon. C’est ce qui permettait de polir le marbre. Mais c’est pas la plus belle découverte en réalité. Là, je vais te montrer la plus belle pièce de l’épave. Il n’y a donc pas que du marbre. Non, il y avait euh à bord un objet exceptionnel. C’est un très joli petit cobra. C’est un cobra. Pendant l’antiquité, le cobra était l’un des symboles de la déesse ISIS dont le culte était répandu dans toute la Méditerranée. Ça, tu l’as trouvé sur l’épave ? Je l’ai trouvé sur l’épave et en réalité c’est un manche de miroir. Ça c’est génial parce que ça nous rapproche un peu plus des marins et de la vie des marins à bord. À quoi ça pouvait servir du coup ? Qu’en fait euh ISIS c’est une déesse égyptienne hein comme on le sait tous mais qui est aussi euh en lien avec la protection avec l’idée du voyage avec la protection de la mer également. Et donc un de prendre un objet comme ça porte bonheur pour un marin c’est pas du tout étonnant. Ils étaient extrêmement superstitieux. euh il jouait pas au D par exemple, il pouvait pas se couper les cheveux, il fallait pas qu’il se rase la barbe, il fallait évidemment pas qu’il mange du poisson, hein, ça allait de soi. Euh et on le il y a quelques récits comme ça de qui qui nous rappellent et qui nous démontrent combien euh la navigation les effrayit. Il y avait, il faut dire quand même beaucoup de naufrage. Des plus petits objets personnels jusqu’aux énormes blocs de marbre en passant par les enforts, tous ces chargements suivaient les mêmes routes maritimes. Nombre d’entre elles passaient par le port de Pousol à 200 km au sud de Rome. Aujourd’hui, oubliez, c’était le port romain le plus important au cours du 1er siècle après Jésus-Christ. Sabé offrait un abri naturel au navire en les protégeant du vent et de la houle. C’est la raison pour laquelle Rome y a installé sa flotte militaire avant que Puzzel ne devienne un port commercial très riche. Aujourd’hui, les vestiges de la ville et de son port sont engloutis. L’accès à leur ruine est réglementé. Pour les découvrir, j’ai fait appel à Christina Canolo, une des rares plongeuses autorisées à m’y emmener. Ciao ! Ciao ! Bienvenue. Merci. Alors là, la cité, elle est elle est sous les eaux, elle est complètement engloutie. Quelle importance avait ce port ici pour l’Empire romain ? Donc c’était le cœur de l’empire au milieu du Méditerranée et c’était le port de Rome avec des bateaux de très gr bateau qui venaient de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique, de tout l’empire. C’était une très grande ville commerciale donc très riche et sur la côte tous les villa et palais impérial bien sûr. Ce palais a été construit pour l’empereur Claude au milieu du 1er siècle. Il se trouve du côté nord de la baie de Pousole à l’écart du tumulte du port sur le site de Baya. Le bourg le plus riche de cette grande place commerciale. Aujourd’hui englouti, il témoigne à lui seul de l’importance de pouso pour l’empire. Pour quelle raison la cité s’est retrouvée sous l’eau ? Donc ici nous avons un phénoménon typique de cette terre qui s’appelle pradisme. C’est un phénoménon volcanique. Donc c’est la ça veut dire que la terre va monier est de cendre pendant les années. Donc euh est de Sundu. Donc tout ce qui était sur la côte a été englouti. Partout autour de nous, j’aperçois des volcans le long de la côte. Cette zone est ce qu’on appelle un super volcan. Il est encore actif aujourd’hui. La baie de Puzzle sur laquelle nous vogons est elle même un immense cratère. C’est donc grâce à l’activité de ces volcans que le niveau de la terre est descendu et que les vestiges dans lesquels je vais plonger ont été préservés. Nous arrivons à Baya. Le palais de l’empereur Claude se trouve ici à 6 m sous notre bateau. Je palme derrière Christina au milieu d’énormes blocs de concression. Pour l’instant, je ne vois rien qui indique la présence de ce palais jusqu’à ce que Christina me montre une forme. Elle semble humaine. C’est une statue, celle de Bacus, le dieu romain du vin et de la vigne. Nous sommes dans le triclinium, la salle à manger de l’empereur. Plus loin, une femme couronnée accompagnée d’un enfant. C’est Antonia la jeune, la mère de l’empereur Claude. Juste à côté, encore une statue. Cette fois, c’est la fille de l’empereur Octavie qui mourra assassiné à l’âge de 22 ans par Néron, le successeur de Claude. Quelques mètres plus loin, cet homme qui tend un bol s’est Ulisse face au cyclope dans un épisode célèbre de l’ysée d’er. Ici, l’empereur Claude a volontairement mélangé les figures de sa famille et celles de la mythologie comme s’il avait voulu mettre sa dynastie au même niveau que les dieux. Plus loin dans une autre pièce, Christina soulève le sable et révèle un sublime sol en marbre aux couleurs parfaitement conservée. Ici, aucune concrétion ne le recouvre. Ce serait la salle de bain de l’empereur. Nous sortons désormais du palais en suivant une voie romaine reconnaissable à ces gigantesques blocs de basalt. Puis nous arrivons dans les termes de Baya, lieu de détente et de sociabilité pour les riches dignitaires romains. Sous une fine couche de sable, Christina me dévoile des mosaïques parfaitement préservées. 2000 ans plus tard, je n’aurais jamais pu imaginer découvrir sous l’eau des décors aussi somptueux. Je m’attendais pas à voir des motifs comme ça sur les sur les sur les mosaïques. Ça raconte une histoire, hein. Et si oui ici nous avons des personnes qui fait la lout parce que nous sommes dans une salle thermale donc souvent il y a des mosaïques avec des personnages qui rencontent des histoires ou des poissons. Ici on a des personnes qui fait la lutte. On est quand même à proximité d’une ville. Il y a un port juste derrière nous. si près du bord. C’est quand même assez étonnant que ce soit aussi bien conservé d’ailleurs. Et oui, si vous on a de la sable qui protège les mosaïques et et le sol donc il faut le découvrir et le recouvrir. Nous laissons Bay derrière nous et prenons la direction de Portous, le port de commerce, 1 km plus au sud dans l’abé. Il a été construit à partir de l’an 37 avant Jésus-Christ. D’abord conçu comme un port militaire, Porto Julius disposait d’immenses infrastructures pour accueillir les marins et les commerçants. Donc le porculius, il est devenu le qu de commerce international. Donc le port de Rome où tout la merchandise de l’Europe, l’assie, l’Afrique, il est arrivé là. Donc là, dans 3 m d’eau, on va visiter le port de Rome. Oui, le cœur de l’empire. Une fois arrivé ici, les marchandises étaient redistribuées vers les plus petits ports de la région et surtout vers Rome, la capitale de l’Empire. Portous Julius était donc une véritable plaque tournante, un lieu de stockage, d’échange et de négociation. Les marbres colorés ont laissé la place au dallage robuste, aux mosaïques rudimentaires, aux murs des magasins et aux fondations des entrepôts. Je retrouve partout les traces de ces échanges et ils étaient nombreux car Portous Julius est vaste. Si vaste qu’il s’étend sur des dizaines d’hectares. À mi-chemin entre l’Orient et l’Occident, tout s’est changé ici. Le vin, les marbres, l’huile d’olive, les condiments, les matières premières ont provenance de toutes les provinces de l’Empire. C’est très différent parce que l’AV on avait beaucoup de sable. Ah oui et ici c’est plus des algues qui recouvrent la mosaïque. Oui c’est pour ça qu’on a besoin de ça et pas seulement la main pour lever la passe à côté. Ouais 2000 ans après, je pense que c’est normal, c’est déjà bien qu’on puisse voir les colonnes et les colonnes elles sont là elles étaient c’était des c’était un villa dans Merchand qui c’était qui c’était là qu’il avait la la villa dans dans l’ commercial Portous. J’ai aussi constaté qu’il y avait quand même d’énormes enforts en tout cas des morceaux parce que les petits morceaux ils sont déjà comme ça ou et on imagine la taille de des enfants. Ça c’est impressionnant. Ah en tout cas c’était super sympa. Je sais un peu plus un peu mieux à quoi ça ressemblait à l’époque il y a 2000 ans. Parmi les denrées qui arrivaient ici, il y en avait uneune dont dépendait la survie de l’Empire. C’est le précieux blé d’Égypte destiné à nourrir Rome et son million d’habitants. Il était transporté par de gigantesques convois. Le philosophe SCE a livré un témoignage de l’arrivée de cette flotte chargée de blé d’Égypte. C’est un spectacle qui met la campagne en fête. Toute la population est sur les moules et reconnaît au milieu d’une forêt de main les bâtiments à la forme des voiles. Avant de quitter l’Italie, je me rends à Rome. Depuis le début de mon voyage, mon regard sur l’Empire a changé. Et devant ces monuments qui incarnent sa grandeur, je réalise à quel point il nous cache une autre réalité, celle d’une puissance qui dépendait de ses navires et de ses marins. Pour ma dernière plongée, je me rends avec Bruno à Caval surmer sur la côte d’Azur. Cavaler se trouve à 40 km de Frégus. Au temps de l’Empire, cette ville fondée par César était le port le plus important de la région. Anne nous a donné rendez-vous ici pour plonger sur une épave qui date du 1er siècle après Jésus-Christ. Est-ce que tu peux m’en dire plus sur cette épave qu’on va visiter ? Alors cette épave, elle est typiquement issue des ateliers de Fréjus. C’est un ce sont des tuiles qui ont été fabriquées à Frégus et qui étaient acheminé vers l’ouest, c’est sûr. Quelle porte de destination, on le sait pas. Mais par contre, on se doute que c’est un bateau qui a certainement fait à un moment donné une route vers l’Espagne. Toi, tu es archéologue sous-marine. Qu’est-ce que ça te fait quand tu arrives quand tu es la première à visiter une épave qui a 2000 ans ? Évidemment, c’est il y a beaucoup d’émotions parce qu’en fait euh on peut tout à fait se dire qu’entre le moment où ces huiles ont été chargées et nous qui arrivons aujourd’hui dessus et qui allons les les retoucher, et bien le temps s’est arrêté, il s’est suspendu et pendant 2000 ans, ces tuiles-là n’auront vu personne. La dernière fois qu’elles ont vu quelqu’un, c’était un romain en toolge sur un bateau à imaginer. C’est quand même assez extraordinaire. Nous traversons l’abé de Caval. De l’autre côté se trouve le Capelardier. C’est ici que ce navire a fait naufrage. Les roches qui affleur sont pourtant effrayantes et j’ai du mal à croire que l’équipage de ce navire n’ait pas pu les éviter. Quelles sont les raisons d’un naufrage si près du bord ? Alors en fait le bateau partait probablement de Frégus et le commandant connaît parfaitement l’itinéraire. Il y a pas de carte marine mais par contre la tradition orale est est très forte, elle se transmet et donc le sexe du Capelardier, il est obligatoirement connu. Pourquoi il l’a quand même heurté ? Il y a probablement un fortvent dest donc qui soulève une grosse mer et ça crée des courants maritimes, ça crée des turbulences qui a certainement amené le bateau à naufragil ici. La cargaison du navire repose désormais à 22 m sous la surface. À cette profondeur, nous pourrons y passer près d’une heure. Mais quand restera-t-il ? 20 siècles après le naufrage ? Je sais pas trop à quoi m’attendre mais je pense justement qu’il faut faire jouer l’imagination pour se rendre compte de ce qu’on est en train de voir. Il faut essayer d’imaginer cette turbulence, le l’échouage qui est proche, le bateau qui se fracasse, qui s’ouvre sur le sur le fond et qui dérive et qui coule quelques mètres plus tard. Et ce sont les éléments archéologiques que l’on va retrouver qui vont révéler ce qu’on a pu imaginer comme lieu de naufrage. Nous descendons sur un champ de Posidonie. Au milieu de l’herbier, j’aperçois la cargaison de tuile dont elle m’a parlé. Il y en a partout. Les tuiles plates sont les plus nombreuses. Mais je trouve aussi des tuiles rondes, exactement les mêmes que celles que nous utilisons encore aujourd’hui. C’est grâce à elle que l’épave a pu être datée du 1er siècle et que les archéologues ont déterminé son port de départ à Frégus. Leur alignement laisse deviner la façon dont elles étaient rangées dans la cale du navire. Anne m’indique le sens dans lequel elle pense que le bateau a coulé. Le reste de la cargaison est éparpayé tout autour de nous. Je fouille la posonie à la recherche d’autres vestiges. Le choc a dû être si violent que le navire s’est disloqué et a perdu son chargement sur plusieurs dizaines de mètres carrés. Et face à elle, je pense aux marins qui ont sûrement perdu la vie ici. Et je me souviens qu’il y a 2000 ans, beaucoup ne savaient pas nager. Cette épave romaine est l’une des 20000 qui reposerait au fond de la Méditerranée. Au cours de mes plongers, je n’ai donc vu qu’une fraction de ce qui reste à découvrir. Ces vestiges sont les seuls témoins du destin de ces marins. Des hommes ne sachant ni lire ni écrire. et qui ne nous ont laissé presque aucun témoignage de leur vie. Mais aujourd’hui, les découvertes de l’archéologie sous-marine nous permettent enfin de raconter l’histoire de ces hommes sur qui reposait la grandeur de l’Empire romain. Oui. Donc on va répondre à vos questions et le premier qui a une question, c’est Jean-Marc Giom qui nous fait l’amitié d’être là comme toujours d’ notre adjoint au maire en charge de la culture scientifique. Euh tout d’abord, je voudrais remercier madame Jean Cher pour la qualité du documentaire. Moi, je l’ai regardé du fond. Je voudrais aussi profiter de l’occasion pour l’inviter à notre festival de documentaire scientifique pour projeter au mois de novembre dans le cadre du festival ce documentaire. si elle est d’accord, voyez, je le fais en direct, on peut pas faire mieux que ça. Euh, au moins vous êtes témoins. Euh, lui dire que je suis très content d’être parmi vous pour une simple et bonne raison, c’est qu’en en 2009, on a créé le service archéologique de la ville de Nice et qu’en 2011, j’ai souhaité dans ce service créer une cellule d’archéologie sous-marine et que nous avons été la première ville de France à avoir. C’est vrai hein. Des fois je me dis c’est pas possible, tu le rêves. Mais si si si si à avoir un service archéologique terrestre et sous-marin. Et donc une des premières actions qu’on a créé ce service, pour ça que le documentaire est très touchant, ça a été de d’abord d’aller au Drasme pour mettre un partenariat avec eux. Et on avait à ce moment-là un partenariat avec une section du gazelcit de la plongée paron avait pas de bateau et on avait que deux plongeurs formés dont notre actuel directeur adjoint de l’administration monsieur Morabito. Et donc on a mis en place deux chantiers de fouilles. Le premier chantier de fouille ça a été autour du casino de la jeté promenade. Bon ça c’était plutôt facile et on a trouvé quand même pas mal de vestiges. ce qui a généré une expo que peut-être certains ont vu, hein. Et le deuxème chantier qui nous a permis ben là de trouver des bombes de la deuxième guerre mondiale qui ont été alors là c’était quand même une découverte assez problématique qui était à 18 m de profondeur dans on en a presque pas beaucoup parlé finalement quand on les a découvertes qui était au niveau du quai des États-Unis et qui était en charge donc qu’on a que la que la marine a fait exploser au large et donc là si c’est donc ça fait partie de du travail qu’ avait fait le service de de de d’archéologie sous-marine. Et puis bon, je profite de l’occasion puisque Bertrand Roussel, notre directeur du musée d’archéologie, est là aussi pour vous dire d’aller voir la très belle exposition qu’ils ont monté au musée d’archéologie sur le patrimoine sous-marin qui est tout à fait remarquable entre le Drasme, l’UNESCO, notre service d’archéologique justement et puis le musée. Donc il y a des très bien et puis un petit clin d’œil pour quelqu’un qui est dans la salle qui a il y a pas très longtemps a participé à un documentaire sur la voie sur la partie romaine de la navigation. Pascal Arnaud qui est ici parmi nous qui a été un de mes enseignants en histoire romaine à la faculté de Nice qui est ici petit clin d’œil amical. Et donc peut-être que son documentaire aussi on le reprendra pour notre festival de l’automne. Donc je lui lance un appel. Voyez aujourd’hui ces invitations hein. Bon et vous dire que on est très fier que dans le cadre de l’université de l’océan et de l’ONU et les océans vous ai pu présenter au public et j’espère qu’il y aura beaucoup de de questions sur votre documentaire. Merci à vous. Notre Méditerranée, il faut la protéger. Elle est pleine de trésors que nous devons transmettre aux nouvelles générations. Merci à vous tous. Voilà. Si vous avez des questions particulières, vous avez bien compris qu’on était nombreux à pouvoir y répondre aussi bien sur la scénographie que sur la navigation que sur l’aspect photo, documentation et images. Donc ah ben voilà, une première question. Oui. Bon bonjour. Euh je voulais euh poser une question sur l’aspect économique. À qui appartenaient ces bateaux ? Est-ce que ça appartenait au négociant où les capitaines étaient eux-mêmes propriétaires des bateaux et après ce qu’on a vu, est-ce que ces marchandise était assuré ? Bon Pascal, tu pourras dire si tu veux aussi un mot mais viens viens viens avec nous. Alors euh oui, les marchandises sont assurés. Euh les les bateaux pouvaient appartenir euh parfois aux armateurs, parfois c’était des bateaux privés qui faisaient euh de la du commerce. En fait, il y aura justement Pascal, on en parlait tout à l’heure, il y a énormément de possibilités un peu comme aujourd’hui en fait sur le type de navigation et comment ces bateaux naviguaient, quand il naviguaient et c’était aussi lié évidemment à la taille, à la quantité de la de marchandise qui était transportée. En deux mots Pascal, parce que il est il est inarrêtable, je vous rappelle, c’est un prof de fac hein. Je vais essayer d’être bref. Où sont les 10 pages de notes que Oui, pour faire très bref, l’assurance est une notion moderne qui a remplacé dans les années 50 une pratique de sécurité qui a traversé l’histoire. Elle remonte, on a les premières attestations au 3e millénaire avant Jésus-Christ et ça change pas jusque dans les années 50. Ça s’appelle le prêt à la grosse aventure. C’estàd qu’en gros quand on affite un navire, on affrite ce navire avec l’argent d’un autre et le prêt n’est remboursable que si la cargaison arrive à destination. Les intérêts sont à hauteur du risque. On parlait de saison de navigation. Saison de navigation, on est à peu près à 24 % de taux d’intérêt. Le taux de l’usure normale, c’est 6 %. Ça commence à être sérieux. Dès qu’on passe la mi-septembre, ça augmente de 50 % et puis il y a un moment où on assure plus. Ça veut pas dire qu’on cesse de naviguer en hiver. Les propriétaires, il y a de tout. Il y a des urbains qui veulent faire un investissement. Parmi eux, des rois, des rennes. En Égypte, l’empereur peut avoir des bateaux dont il tire des revenus. Tien, tu es marin, tu veux utiliser un bateau, je te le loue. Les cités, l’État peuvent faire ça. On construit des bateaux et des entrepreneurs vont les louer et d’autres personnes soit hérites de la flotte d’un mari, d’un père, d’un oncle et la croisse, d’autres savent faire, construisent un premier bateau, puis avec l’argent tiré de l’exploitation de ce bateau, on achète un 2è, un 3è, un 4e. Ça nous amène à un deuxième problème qui est la taille des bateaux. C’est plus facile de rentrer dans ce métier en commençant par des petits bateaux qui sont quand même ceux qu’on trouve le plus souvent sur nos côtés. Merci Pascal. Merci de ma part en même temps. Une autre question sur euh Oui. Les questions là s’il vous plaît. Yes. On vous écoute. Le transport du B. Oui. Est-ce qu’il y avait que du ver rouge ? Le champagne, c’était beaucoup plus rare à l’époque, je vous assure vraiment. Et du blanc. Alors, principalement pour l’antiquité, André Chernia nous a appris que c’était du blanc. Les sources nous le montrent aussi. Il y a quand même une évolution certaine, sinon vers le rouge au moins vers le claret avec l’émergence de la barique qui se généralise en Méditerranée à partir de 100 après Jésus-Christ. Et c’est une catastrophe pour nous parce que quand le vin n’est plus transformé en enfort, on ne voit plus les épaves. Alors pour compléter, si vous voulez en goûter, il y a un producteur dans la région d’Avignon avec lequel avait travaillé André Tian, je crois qu’il s’appelle he et qui a qui a Ah mais ça y est, j’y suis. Mais oui, en plus c’est chez toi Bertrand que j’ai goûté le vin. Un jour tu nous avais fait un vernissage. Ah, on s’est pas précipité tout de suite hein. Un vernissage avec le vin le vin romain. Tu veux peut-être en dire deux mots ? Non. Bon, moi je suis pas du tout spécialisé à ma romaine. Simplement je vais faire un petit peu de publicité. vous dire que vous avez une exploitation qui s’appelle le masé tourelle qui se trouve à côté de Beauer et qui a la particularité non seulement alors pour une petite parcelle mais de faire le de ramasser le réseine, c’est-à-dire plus avec des machines et cetera, mais à la même et puis de mettre en place une vinification pour être le plus proche possible de ce qu’on imagine être les différents vins romains, notamment le Mulsum et cetera qui euh qui qui avec les informations que qui sont disponibles dans les textes euh pour essayer de reconstituer. C’est la démarche qu’on appelle l’archéologie expérimentale. On va essayer en fonction des textes et des données iconographiques et cetera d’arriver à reconstituer le geste des hommes. Et là c’est c’est le cas. Et effectivement en plus il commercialise donc on peut acquérir il y a un site internet si vous ça s’appelle le masse des tourelles. Personnellement, je vous donne un retour personnel, je suis pas fanissime euh mais bon à la c’est un peu le cas à la fois de la cuisine romaine avec le garom, les choses comme ça qui sont pas c’est un peu particulier et le vin romain qui est quand même un petit peu spécifique. Dans la même région, il y a du vin actuel qui est pas mauvais dans un s’il vous plaît. On faisait aussi des vins d’imitation dans pas mal d’endroits. Le vin de l’île de Cyu en particulier qui était coupé avec de l’eau de mer. Caton l’ancien nous dit comment faire de la fausse eau de mer pour faire du faux vin de l’île de Kyot. Et on sait qu’on faisait à Lyon des fausses enfors de l’île de Ky pour mettre dedans du faux vin de l’île de Ky Un document qu’on vient de voir. Une question aux archéologues sous-marins. Vous nous montrez tous partout autour de la Méditerranée des objets quels qu’ils soient autour des épaves. Qu’en est-il des os humains, des restes éventuels des traces ? Ça bon déjà souvent lors de naufrages on l’imagine bien les marins à bord et les passagers évidemment quitter le navire tant qu’il était encore temps et essayait de regagner sils étaient à proximité du littoral la le rivage à la nage. En réalité même si le gens se noyaient comme c’est encore le cas aujourd’hui en fait le le corps humain va pas se conserver dans l’eau. Surtout qu’en plus bah il se fait manger par Ouais, il gonfle, il se fait manger par les animaux notamment les mérou, les murènes, enfin t tous les les langoustes, ce genre d’animaux. Et donc du coup, il il en reste rien. Toutefois sur une des épaves l’épave justement de d’Ag qui est exposée au musée de Simier en ce moment, un des il s’avère que une personne à bord était probablement un prisonnier. Il a été attaché au à une un morceau du navire, peut-être le m parce qu’on retrouve encore des restes de de chaînes. Et on a retrouvé alors le crâne, c’est sûr, la mandibule, je m’en souviens bien et je crois un bout de fémur ou un bout de d’une extrémité de de jambes. C’est la seule un des rares vestiges humains qui a été retrouvé au fond de l’eau. C’est effectivement rarissime pour diverses raisons, mais depuis quelques années, les études systématiques progressants, il arrive qu’on retrouve des éléments peu importants. Et sur l’épave d’anticitaire, on a maintenant trois corps identifiés dont une femme, ce qui est assez intéressant. J’ai peu fouillé en subaquatique, mais j’ai eu l’opportunité, ma première palanquée, je suis arrivée sur un fémur dont j’ai tout de suite compris qu’il n’était pas de d’animal et à 2 m de distance, c’était l’autre fémur. L’épéav n’était pas très loin, elle était médiévale. Nul n’est parfait. Oui, bonjour Anne, merci pour ce documentaire très intéressant. Je voulais vous poser une question à savoir les enfor que vous trouvez. Qu’y avait-il à l’intérieur à part le vin ? Qu’est-ce qu’on pouvait trouver comme marchandise ? Ouf, on trouve alors dans les enforts déjà, on peut retrouver de de la saumure. Donc tout ce qui est conserve d’aliments dans le sel. On peut retrouver du garom bien sûr, mais on pouvait retrouver de l’huile. On a pu retrouver aussi bah comme à canne l’épave de du batier des noisettes et puis après il y a tout ce qui était les aliments périssables et là malheureusement et bien ça va pas ça ne se conservera pas 2000 ans après on l’a compris tout ce qui est à base végétale comme le bois du mais aussi des céréales mais aussi ce genre de de produits qui étaiit transportés probablement en vrac ou en sac ne s’est pas conservé. Par contre, on retrouve évidemment au-delà du commerce du vin, il y a le commerce bah des céramiques, des sigiletés, donc les les les vases en gob rouge, on va retrouver les campagnes, les vases à gob noir suivant les époques, on va retrouver des matériaux de construction, vous les avez vu hein, soit des tuiles, on va retrouver du marbre, on va retrouver des cylindres de marbre comme à Saint- Tropé, on va retrouver en fait un peu comme le commerce qu’on a aujourd’hui, c’est-à-dire des des choses qui sont extrêmement pondéreuses, lourd à à à transporter à terre et donc qui sont transportés par voie navigable. Petit détail, on commence tout de même à retrouver d’autres vestiges. Euh pendant des années, la a embarqué énormément de choses. Le sédiment est de mieux en mieux traité. Euh ce qui est à fond de cale est souvent préservé, parfois avec de la poids de la résine qui était utilisée pour le bateau. Donc on commence à avoir quelques témoignages. C’est toujours fragile le verre. Et quand je regardais ces marbres tout à l’heure, on apprend par les anciens que pour éviter les glissements, on avait tendance à mettre des végétaux légers autour de celle-ci, en particulier des lentilles ou des fèves qui permettaient d’immobiliser les pierres dans la cargaison et d’optimiser aussi les volumes. Et oui, oui. D’accord. tous les jours jour ces chosesl oui je suis pas les creuser à l’époque. Ah ouais ou j’avais pas fait les ont flotté voir s’il y en a pas Oui. Bonjour. Moi j’ai quelques petites questions. J’en ai plusieurs. Désolé. Euh la première donc on a vu que des enfors transportaient du vin depuis la compagnie vers la Gaulle et vers l’Espagne. Donc est-ce que ça veut dire qu’il n’y avait pas de production de vin dans ces pays ou bien est-ce qu’elle était insuffisante ? Après la après la deuxième question c’était comment était transporté en fait ces enforts sur les bateaux puisqu’on se rend compte les enfants en fait elles sont pointu elles sont pas plotes. Du coup comment ça tenait ? Est-ce qu’il les attaché ? qu’il les empilé. Et la dernière question, vous avez dit que les marins ne mangeaient pas de poisson sur les bateaux et en fait qu’est-ce qu’il mangeaient du coup ? Est-ce que c’était une une superstition ? Est-ce que Voilà, merci. Alors, pour essayer de prendre les choses dans l’ordre, le pinard, c’est pas une denée en soi. Ce qui est une denrée, c’est une appellation. Typiquement, on a des bateaux qui transportent du vin en vrac au centre et du vin aux extrémités. Mais ces vins transportés nous permettent d’identifier itinéraire précisément entre la compagnie et une autre zone de production viticole dans la région de Barcelone en passant par une région viticole qui est le midi de la Gaulle. Sauf que ces vins sont différents et chacun de ces vins a une légitimité économique. Le vin, c’est aussi un aliment pour les anciens, c’est encore le cas au début des années 60, mais pour d’autres, c’est un produit de luxe. Tout dépend où on se trouve dans la hiérarchie. Les enfors, oui, ça semble aberrant. C’est aberrant à tout point de vue. Ça a une pointe au bout mais cette pointe elle sert dans le bateau parce que si vous les calz à l’intérieur d’une carenne ça finit par tenir droit. Et en fora c’est ce qu’on attrape des deux côtés. Le principe d’une enfortune personne seule peut la porter. Dans notre vocabulaire, on parle d’enfort pour des choses énormes. Les anciens n’utilisaient pas le terme en fort, ils utilisent le terme maîtraite. Parce que dès qu’on est deux ou plus pour porter l’objet, ce n’est plus une enfort. L’enfort, ça sert à la manutation et ça sert au stockage à l’intérieur d’une carenne. Résultat, André Charnier a calculé que pour transporter 25 L de liquide, on transporter 25 kg de poids en moyenne et on occupait 82 L dans la carenne. Gaspillage énorme si on comprend les vides intersticelles. D’où la recherche de solutions alternatives, le vin en vrac et le vin en barique qui a fini par triompher, qui n’est qu’une variante de ceci. Et et je rajouterai aussi parce que le le client est une une fonction de solidité. En fait, quand vous faites tomber l’enfort sur son quillon, elle ne se casse pas parce que comme le système de l’œuf en fait, les forces vont être absorbées par la pense et l’objet reste intact. Donc très pratique pour ça. Et alors la dernière chose c’était Ah oui, le poisson. Alors là, on a on a en j’ai lu certaines choses, on en revient un peu, mais en fait les passagers comme les marins apportaient leur propre nourriture en fait. Et d’ailleurs le prix du passager, la prix le prix de la place du passage à bord d’un navire quand on était donc passager non pas marin comprenait pas la nourriture et pas toujours l’eau. Des fois, on pouvait amener même sa propre réserve d’eau pour payer la place la moins chère possible. Et il y avait même un prix pour les femmes enceintes. Si le bébé accouché à bord, on considérait qu’il qu’ allait qu’il allait être allaité et donc il ne payait pas sa place. C’est un problème de jurisprudence et c’est comme ça que nous le savons. En effet, nous ne rêvons pas énormément. Le confort des passagers à bord est extraordinairement limité. Nous savons par la loi rodienne que pour une femme, c’est 70 cm qui sont alloués sur le pont. Ça vous laisse rêver pour le pour le poisson. Alors, on a aujourd’hui quand même des traces matérielles de consommation du poisson à bord à défaut d’avoir des traces de pêche activ. La pêche, ça pose des problèmes, on peut pas arrêter le bateau. Il faut et c’est ça qui limite sans doute à il faut ensuite le faire cuire. Et les marins n’ont pas de quoi faire cuire réellement sabe. Ils ont parfois des réchauds en quelque sorte isolé, refroidis en plomb. Il y en a un très beau exposé en Arle. Raphaël de Raphaël, pardonne-moi. Honte à moi. Bon, je t’excuse. Il fallait cela après l’indulgence plinière de la semaine dernière. Ne repartons pas trop vite, mais Pis en particulier a livré toute une série de petits pots qui font partie des réserves alimentaires de bord et qui sont plein de salaison de poisson. Donc là, on mange ce qu’on peut en route en cuisinant à chaud le moins possible. On mange donc vraisemblablement les choses salées, le poisson salé, mais aussi euh on nous parle d’un chou spécial, d’un chou de marin qui est probablement de la choucroûte. Une pour donner une idée dans une en fort grecque sur quelle épave ? Ben, je crois justement sur l’Ardier 4 qu’on a vu ici, on a retrouvé, bon je vous passe les détails une en fort de cette de cette époque là qui est donc anachronique avec le gisement et à l’intérieur on a retrouvé des autres de port. Donc en fait là en format marseillaise contenait des pieds paquets. Alors on va prendre une dernière question, la dernière. The last but not list. Merci. Bonjour. Euh, vu l’importance de ces routes commerciales et les intérêts financiers en jeu, vous avez parlé de tradition oral euh pour ce cabotage justement, mais euh est-ce qu’il y avait déjà à l’époque ou des cartes ou une signaléthique en tout cas de quand datent les premiers phares ou les les premiers les choses qui indiquent il y a des récifs ou tout ça parce que il devait bien connaître la côte quand même. Alors euh là pour le coup euh Pascal est vraiment spécialiste de de la question des routes maritimes. Les pharesi euh on en connaît plusieurs euh qui sont construits évidemment euh notamment bah ne serait-ce que celui du du lion de mer à à Saint-Raphaël qui est de du 1er siècle a priori euh 1er siècle de notre ère. Par contre, la les cartes arriveront mais alors bien bien plus tard, un peu avant Petinger, mais euh quelque chose comme ça. Voilà, deux domaines de questions différentes en réalité derrière tout ça. La signétique des côtes, on pense beaucoup à des phares importants. Il y a des phares dès le 6e siècle avant Jésus-Christ au moins. En Méditerranée occidentale, le plus ancien connu est en Sordagne du Nord. Il a été identifié il y a 4 ans et il est du 4e siècle avant Jésus-Christ. C’est pas gros, ce sont des petits tours cylindriques qu’on met sur une hauteur et ce qui compte, c’est la hauteur du feu. Donc c’est ça qui est l’essentiel. Il y a d’autres systèmes de signalthique. Toute est balisée le long des côtes. Parfois, on a des pyramides euh comme on en a aujourd’hui pour la signalisation que l’on peut aligner pour passer à travers des dangers. Tant que les deux points sont alignés, vous êtes clair si vous sortez. Et ça, ce sont des traces archéologiques quasiment invisibles. Un parce que certaines sont au bord de l’eau, deux parce que ça fait un mtre de large. Il balise également énormément avec des plots, des plots fichés dans le sol. En moi, inutile de vous dire que ce qu’il en reste aujourd’hui, c’est peu de choses. On met par-dessus des branchages, du sol, on peut y mettre des lanternes la nuit. Ça veut dire quand même du personnel qui travaille. Mais tout ça est décrit et les côtes étaient beaucoup plus euh aménagées que nous ne pouvons l’imaginer. Quand je parle de la côte, c’est la côte et son voisinage maritime immédiat. La seconde question, les outils de la navigation. Alors fondamentalement, on retombe toujours chez les anciens sur la personne du pilote. La notion de capitaine n’existe pas pour eux, mais il y a une notion technique qui est le pilote et une notion qui est celui qui a l’autorité juridique sur le bateau qui sont deux choses qui peuvent être jointes mais qui sont séparées par nature. C’est essentiellement dans sa tête. La côte est un point important. Il faut savoir reconnaître je suis là et pas ailleurs. Et si je suis là, je dois faire attention à ceci, ceci et cela. Ceci, ceci et cela. C’est qu’est-ce qui va se passer statistiquement quand je double le cap ? À Dramon, on sait jamais très bien ce qui va se passer et c’est pas le pire. Euh, qu’est-ce qu’il y a dessous ? Si tout est calme, vous ne voyez rien. Quand ça commence à chauter, on y voit déjà un peu mieux. Les cartes, elles existent depuis au bamo le 6e siècle avant Jésus-Christ. Maintenant, il faut savoir que la carte ne peut fonctionner pour naviguer que si on a une direction vraie et des directions intermédiaires sensibles. Or, la seule direction vraie sensible, c’est l’ours pour les anciens et la nuit. En dehors de la nuit, ils ne peuvent pas se diriger et la direction est approximative. On va donner un ordre d’idée. Tolém se fonde sur les documents de navigation et la mémoire collective de la navigation. Dès qu’on sort de l’axe nord-sud, l’erreur moyenne est de 40 à 50°. Bon, si vous voulez ne pas arriver à destination, vous sortez une carte marine de l’époque et vous essayez de l’utiliser pour la navigation. Tout retombe toujours sur le pilote. Par contre, on a des descriptions littéraires assez détaillé des côtes. On appelle ça les périples dans l’antiquité. Ils sont moins destinés au pilotes qu’au marchand. Pourquoi au marchand ? Parce que le marchand peut attaquer le pilote. Vous nous avez fait mouiller dans cette baie un jour où il y avait ce vent. Regardez, il est écrit noir sur blanc que c’est un danger. Vous devez rembourser la perte de la cargaison. Alors, on en revient toujours au pilote. Et son savoir, c’est savoir où l’on est, même en pleine mer, même lorsque l’on ne voit pas la terre et arriver au plus près de la terre, éviter de finir dessous. Comme savent tous les marins, en mer, le plus grand danger, c’est la terre. Et la terre la plus proche est toujours sous tête. C’est

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