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Canicule : le pire est devant nous…
La canicule s’est installée sur presque toute la France. Quatre-vingt-quatre départements, où vivent près de 88 % des Français, sont désormais en vigilance orange canicule. Le “paroxysme” de l’épisode est attendu en milieu de semaine, explique Météo-France, avec des pointes à 41 °C et “des minimales très élevées, comprises entre 20 °C et 24 °C, voire un peu plus très localement”.
Face à cet épisode caniculaire “intense”, une réunion interministérielle de crise s’est tenue dimanche soir. À son issue, les entreprises ont été appelées à “protéger les salariés” et à adapter leurs horaires, par la ministre du Travail. La ministre de l’Éducation nationale a, elle, rappelé les mesures à prendre dans les écoles lors de fortes chaleurs, pouvant aller jusqu’à l’autorisation de garder les enfants à domicile. Quelque 200 écoles publiques, sur 45 000, font l’objet d’une fermeture partielle ou totale ce lundi, mardi ou mercredi.
Le Premier ministre a également enjoint ce lundi chacun “à la plus grande prudence et vigilance, notamment envers les populations les plus fragiles”. “Une vague de chaleur, c’est plusieurs milliers de morts”, a insisté la ministre de la Transition écologique ce matin sur Sud Radio, en répétant que les employeurs devaient protéger leurs salariés.
Outre la santé des Français, cette canicule impacte l’environnement : 25 départements étaient, dimanche, en vigilance pour la sécheresse, et dix au niveau de crise, entraînant des restrictions importantes des usages. Un contexte propice aux départs de feu : dans l’Aude, un incendie s’est déclaré hier dans le massif des Corbières en raison d’un barbecue mal éteint.
Cette 50e vague de chaleur nationale recensée depuis 1947, la 33e du XXIe siècle, s’inscrit dans un contexte de réchauffement climatique, qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules. Des périodes où, désormais, les prévisionnistes de Météo-France voient les attaques et les critiques se multiplier. Sur les réseaux sociaux, ils sont de plus en plus souvent accusés d’affoler la population ou d’être des idéologues au service de la lutte contre le changement climatique. Et ces attaques peuvent aller très loin. Après avoir annoncé une canicule sur son compte X, Guillaume Séchet, présentateur météo de BFM TV, a été insulté par de nombreux internautes et menacé — une raison qui l’a poussé à effacer sa publication. D’autres, pour se protéger, envisagent de fermer leurs comptes sur X.
Un réseau sur lequel, depuis son rachat par Elon Musk, les comptes climatosceptiques sont particulièrement actifs, explique David Chavalarias, mathématicien et directeur de recherche au CNRS. Co-fondateur de l’observatoire Climatoscope, il pointe un regain d’activité des réseaux climatosceptiques sur la plateforme, dont l’objectif est de semer le doute sur la réalité du changement climatique et de ralentir toutes les actions visant à réduire l’empreinte de l’humanité sur le climat.
Nos journalistes l’ont rencontré. Ils sont également allés aux Saintes-Maries-de-la-Mer.
Sur le littoral méditerranéen, la commune camarguaise est la plus exposée à l’érosion et à la submersion. Mais alors que plusieurs rapports ont dénoncé l’absence de “stratégie d’adaptation” face aux risques, le débat s’envenime parfois sur la meilleure marche à suivre. Jusqu’à présent, les Saintes-Maries-de-la-Mer, comme le reste du littoral, ont adopté une position défensive, en renforçant chaque année digues et épis avec des milliers de mètres cubes de sable. Mais jusqu’à quand ? Selon les scientifiques, depuis 40 ans, l’eau monte de plus en plus vite, jusqu’à 6 millimètres par an. Cela signifie qu’à ce rythme, d’ici 2100, la Méditerranée aura monté de 40 à 70 centimètres.
LES EXPERTS :
– ARNAUD GOSSEMENT – Avocat en droit de l’environnement – Professeur associé à Paris 1
– Dr GÉRALD KIERZEK – Médecin urgentiste, directeur médical – Doctissimo
– AUDREY GARRIC – Journaliste au service Planète – Le Monde
– LAURENT ROMEJKO – Journaliste spécialiste des questions météorologiques, présentateur Météo à la carte – France 3
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Diffusion : tous les jours de la semaine à 17.40
Format : 65 minutes
Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé
Production : France Télévisions/Maximal Productions
Comme le thon en morceaux à 1,69E. … – C.Roux: Bonsoir. Bienvenue dans “C dans l’air”. Le pire est devant nous. Demain, ce seront 16 départements
placés en vigilance rouge, avec des températures
qui vont dépasser les 40 degrés. 68 départements resteront
en vigilance orange. C’est une vague de chaleur inédite
qui touche quasiment l’ensemble du territoire, avec des records de température
battus dans des zones jusque-là épargnées, comme ces 35 degrés
dans les Côtes-d’Armor, 30 degrés à Brest, et au-dessus de 40
à Narbonne, aujourd’hui. Toute la France suffoque. 44 millions de Français vivent
dans des îlots de chaleur. Le Premier ministre appelle
à la plus grande prudence. 200 écoles ont été fermées
aujourd’hui. La centrale nucléaire de Golfech,
dans le Tarn-et-Garonne a été mise à l’arrêt, en raison
de la température de la Garonne. Cette canicule touche également
l’Espagne et l’Italie. C’est celle de tous les records. La température de la Méditerranée
a atteint 26 degrés. Avec nous, L.Romejko, journaliste
spécialiste des questions météorologiques, présentateur
de “Météo à la carte” sur France 3. G.Kierzek, médecin urgentiste,
directeur médical pour Doctissimo. A.Gossement, avocat en droit
de l’environnement. A.Garric, journaliste au service
planète du journal “Le Monde”. Nous allons longuement parler
de ce sujet avec vous. Bonsoir. Je vais vous mettre à contribution,
L.Romejko, pour commenter cette carte, la carte des vigilances rouges,
demain. 16 départements sont placés
en vigilance rouge. – L.Romejko: Ca a évolué
depuis 16h. Tous ces départements
du Centre-Ouest jusqu’au Bassin parisien
sont passés en rouge. C’est un déclenchement assez rare. Le risque est absolument extrême. Ca a discuté pour passer en rouge. On est toujours sur le même nombre
de départements: 84 départements en vigilance, 16 en rouge. Ce n’est pas en un record. En plein coeur du mois de juillet,
en 2022, il y avait une vingtaine de départements placés en rouge. 16 pour une dernière journée
de juin, c’est rare et inédit. On peut voir l’étendue
de cette vigilance. C’est la singularité de cet enclenchement de vigilance, l’étendue géographique,
la précocité du phénomène, au tout début de l’été. C’est aussi l’intensité,
avec des températures… En Charente, en fin d’après-midi,
on était à 40,2 degrés. C’est inédit. – C.Roux: A.Garric, qu’est-ce qui fait qu’on passe
de vigilance orange à rouge dans ces départements? – A.Garric: C’est par rapport
aux températures. C’est entre Météo-France
et la préfecture, par rapport aux risques dans ces départements. – C.Roux: Il y a des départements où on est déjà au-dessus de 40,
où on reste en vigilance orange? Et des départements qui passent
au-dessus de 40 et qui passent en vigilance rouge? – L.Romejko: Vous avez des seuils,
comme les seuils de canicule. Ils dépendent
de températures maximales en journée, et de températures
nocturnes. Ce sont les fameuses
nuits tropicales, où le mercure ne descend pas en dessous
de 20 degrés. Ces seuils ne sont pas les mêmes,
qu’on soit à Lille, Maubeuge ou Perpignan et Biarritz. On a pu avoir des températures
plus élevées dans le Sud-Ouest ces derniers jours
sans l’enclenchement de cette vigilance rouge. En revanche, sur les départements
les plus au nord, ce sont des températures beaucoup
plus inhabituelles. Ca justifie le passage en rouge. – C.Roux: Ca change quoi,
de orange à rouge, dans les consignes
qu’on donne aux Français? – A.Gossement: C’est aussi
une vigilance administrative et politique, et dans chaque département,
les conditions environnementales ne sont pas les mêmes, donc
la résistance au stress climatique n’est pas la même. C’est aussi une nécessité
d’organiser l’appareil d’Etat. Derrière la vigilance rouge, il y a
toute une conséquence sur la mise en alerte des services
incendie, sur l’obligation d’information des maires. Mais aussi l’obligation
des employeurs vis-à-vis des salariés. Dans certaines zones, la vigilance
rouge s’impose plus rapidement car il faut que tout le monde bouge
plus rapidement. – C.Roux: En vigilance rouge,
on peut supprimer des festivals… – A.Gossement: Les maires
peuvent interdire les festivals, les rave parties dès l’orange. Lorsqu’ils sont en rouge,
leur responsabilité serait engagée s’il y avait des morts
ou des blessés. – Dr G.Kierzek: Les services
sociaux, les mairies… On est à la suite
de la canicule de 2003 où rien n’était organisé. Depuis, l’appareil d’Etat
s’est organisé pour éviter qu’il y ait une hécatombe. Il y a des listes dans les mairies
de personnes isolées. Les services municipaux se mettent
à appeler les gens, à vérifier que les gens ne sont pas isolés. C’est aussi des plans
dans les Ehpad, les établissements qui accueillent
des personnes vulnérables. – C.Roux: Tout ça, c’est au point? A-t-on tiré les leçons du passé? Est-on bons pour alerter? – Dr G.Kierzek: On sait
qu’il y a un manque criant de personnel. Vous avez beau
mettre une vigilance rouge et dire qu’il faut apporter à boire,
si vous n’avez pas le personnel, vous ne l’avez pas. Je sors de garde de l’hôpital. Si vous n’êtes pas climatisé,
vous ne l’êtes pas, y compris en rouge. On ne va pas nous apporter
des climatiseurs. – C.Roux: Question. Qu’est-ce qu’il y a de spécifique dans ce dôme de chaleur et la situation dans laquelle
nous nous trouvons? – A.Garric: De l’air très chaud
du Maghreb vient sur la France. On a cet anticyclone
qui bloque l’air chaud. Par un phénomène de subsidence,
l’air descend. Ca se compresse et ça réchauffe. L’anticyclone se maintient
au-dessus. On n’a plus de mouvement de l’air. C’est comme si on avait mis
un couvercle au-dessus d’une casserole et ça réchauffe. Les anticyclones, on les connaît
depuis longtemps. Maintenant, ça récupère
un air rendu plus chaud par le réchauffement climatique. Comme la vague de chaleur dure
depuis le 19 juin, on a une étude d’attribution
qui nous indique qu’elle était 2,5 degrés plus élevée
que ce qu’elle aurait été sans changement climatique. C’est un phénomène plus précoce,
plus intense et plus long. Et il touche plus largement
le territoire. Avant, c’était
des vagues de chaleur qui étaient plus
sur les zones méditerranéennes. Mais aussi des vagues de chaleur
qui étaient plus contraintes sur juillet et août. Maintenant, ça commence en juin. Bientôt, ce sera en mai. Ca se termine en septembre,
bientôt en octobre. Du coup, ça concerne les écoles. C’est un moment où les étudiants
passent leurs examens et ont besoin de se concentrer. Les gens travaillent dehors. – L.Romejko: C’est
ce qui caractérise l’évolution de ces canicules,
que l’on pouvait déjà avoir. Elles étaient déjà présentes
dans les années 50-60. Elles étaient moins fréquentes,
mais aujourd’hui, elles sont beaucoup plus précoces et tardives. En 2019, on a eu une canicule
qualifiée de tardive car elle est arrivée fin août. Elle débute de plus en plus tôt. Cette vague de chaleur
a véritablement débuté depuis la fin mai. On a eu quelques épisodes
de chaleur, principalement sur la moitié sud. On a eu tout ce mois de juin. On a espéré un répit, le 25 juin,
lorsqu’il y a eu ces fameux orages. On s’est dit
que ça allait rincer l’air. Ca n’a pas été le cas. Ca se prolonge. – C.Roux: La ministre
de la Transition écologique dit “84 départements
en vigilance orange, c’est du jamais-vu”. Elle a raison? – L.Romejko: On est
vraiment dans l’exceptionnel, dans l’historique. Absolument! – A.Gossement: C’est intéressant
qu’elle ait réagi. Météo-France a mis plusieurs jours
à se prononcer. Ils le font avec prudence. Par le passé, Météo-France avait été accusée
d’en faire trop en Corse, en 2022. Il y a une prudence. – C.Roux: Quand vous dites
“une certaine prudence”, ça veut dire que collectivement, on pouvait
considérer que les alertes, il y en avait tous les 15 jours. On finissait
par ne plus les croire? – A.Gossement: Il y a
des territoires qui râlent. En hiver, les stations de montagne,
des élus se sont plaints car ça pouvait compromettre
la saison touristique. Oui, c’est une décision politique. Pour répondre à cette personne… Depuis 20 ans, non seulement il y a une fréquence
plus importante de ces épisodes de canicule,
mais il n’y a pas que ça. On parle aussi des inondations. On a ce cocktail
de phénomènes qui fragilisent notre environnement. Une canicule
sur des sols perturbés, avec des activités professionnelles
comme l’agriculture qui sont chahutées, ça compte. – Dr G.Kierzek: Ca fragilise
le corps humain. On a un vieillissement
de la population. On peut combiner ça
avec la potentialisation avec les allergies, la pollution,
avec la canicule… Ca fait un cocktail explosif
pour des gens qui sont asthmatiques,
insuffisants respiratoires. Tout ça va s’accélérer. Bien sûr que c’est
une décision politique. J’allais dire, c’est un peu
une espèce de ceinture bretelle où on ouvre le parapluie. Il y a le traumatisme
de la canicule de 2003 avec plusieurs milliers de morts,
des politiques pointés du doigt. J.-F.Mattéi était au bord
de sa piscine, avec son polo. Les politiques
veulent éviter tout ça, quitte à déclencher l’artillerie lourde
plus tôt, plus vite, pour qu’on ne puisse pas
leur reprocher en termes de responsabilité juridique
et médiatique. – C.Roux: Le passage en vigilance
rouge est justifié? “Le pire est à venir”,
demain et après-demain… – L.Romejko: Oui, c’est justifié. C’est la crainte
des pouvoirs publics et des services de Météo-France. Il y a eu parfois
des enclenchements de vigilances rouges
avec des reproches, derrière. Que ce soit sur des situations
de canicule ou d’épisodes méditerranéens,
qui sont difficiles à localiser, on entend souvent les habitants,
les élus, dire “on ne nous a pas prévenus,
la vigilance n’a pas été enclenchée”. C’est difficile à prévoir. Il y a une grande prudence
à enclencher le rouge. Là, elle a été faite
avec une grande réflexion. – C.Roux: Pour mercredi, c’est
pareil? – L.Romejko: Cette vigilance
est valable pour la journée de demain. Je pense qu’elle sera prolongée
pour la journée de jeudi… De mercredi, pardon. Jeudi, il y a une baisse
des températures progressive. Cela dit, on restera
sur des valeurs 4 à 5 degrés au-dessus des normales de saison. Pour souffler un peu,
avoir un air plus respirable, il faudra attendre la journée
de dimanche. Ca va être long. Le gros épisode caniculaire, c’est
mardi et mercredi. – C.Roux: On va parler des effets
sur l’organisme et rappeler aux Français
ce qu’il faut faire quand les températures
commencent à grimper de manière aussi spectaculaire. Quand on est en ville,
sous les toits avec des habitats
en précarité énergétique à la chaleur… Le gouvernement tente de faire face
à ce coup de chaud et rappelle les consignes exceptionnelles. La ministre de la Santé
fait passer un décret pour obliger les entreprises
à adapter les horaires et les conditions de travail
de leurs salariés. – La température monte de jour
en jour. Dans toute la France ou presque,
les nuits sont peu rafraîchissantes. Pour tenir, il faut chercher
l’ombre et s’hydrater. – Je n’en peux
plus de cette chaleur. – Il faut que je sorte le chien,
donc j’attends que la température baisse un peu. – On ne va pas se mentir,
si on n’a pas de ventilo ou de clim, c’est compliqué. – Il faut bien s’y habituer. Ce sera plus fréquent. – Des vagues de chaleur
plus fréquentes et plus précoces aussi. Ces prochains jours, il va faire
de plus en plus chaud avec des maximales avoisinant
les 40 degrés sur le territoire, au moins jusqu’à mercredi. Le Premier ministre appelle
à la prudence. Les ministres se succèdent
les uns après les autres face à la presse. – B.Retailleau: Il y a une grande
étendue géographique. – C.Vautrin: Adapter les horaires
de travail. – Pour rappeler les consignes,
une semaine avant les vacances scolaires… – E.Borne: Evitez les pièces
les plus exposées, les entrées d’air chaud, veillez
à l’hydratation des élèves. On a repassé ces consignes
à tous les rectorats. On leur a demandé de se rapprocher
des maires. -200 écoles publiques sur 45 000
font l’objet d’une fermeture partielle
ou totale jusqu’à mercredi. Pour les autres, les professeurs
s’adaptent comme ils peuvent pour sortir
des classes surchauffées. – Dernièrement, il faisait
37 degrés. On n’a pas de ventilateurs. On a des ventilateurs qui datent
de la dernière canicule, il me semble. Il en reste un par classe. On n’est pas beaucoup
à pouvoir en profiter, dans la classe. Même nous, on a du mal
à se concentrer. On est plus dans des jeux
pour faire passer le temps. – Une sortie scolaire bienvenue
pour ces jeunes Parisiens. Demain, il fera encore plus chaud. Certains parents d’élèves
préfèrent garder leurs enfants à la maison. – Je travaille de nuit. Je vais faire des efforts
sur ma nuit de sommeil. Je vais peut-être les garder demain
et éviter de les envoyer à l’école pour éviter cette chaleur. – La vie professionnelle aussi
doit être repensée, adaptée aux épisodes caniculaires,
et notamment pour ceux qui travaillent
sur un chantier. – Dans notre métier, on a la chance,
avec une amplitude horaire, de faire un peu “comme on veut”. Commencer plus tôt, ou plus tard
dans la soirée… Quand ça nous est possible. Forcément, on s’adapte. – Dans le sud de la France,
où le risque d’incendie est sévère… Dans l’Aude, hier, un feu de forêt
a ravagé 400 ha de végétation. Un camping a été évacué, l’A61
coupée. – Les flammes, on peut
les distinguer. – Le feu est parti d’un barbecue,
transporté sur l’autoroute, a été en partie réactivé cet après-midi
par le vent et les fortes chaleurs. – C.Roux: Nous commencions
ce reportage… Le barbecue transporté
sur l’autoroute… – L.Romejko: C’est
de l’inconscience. Un jour de crue éclair
et d’inondation. Il faut faire passer le message. C’est compliqué. – C.Roux: Question. – Dr G.Kierzek: Les personnes
les plus fragiles risquent le plus d’en pâtir. C’est souvent à retardement. La canicule de 2003… C’est d’abord les départements
les plus pauvres et les plus sous-médicalisés. C’est là où les services d’urgence
ont été débordés les premiers. Toujours quelques jours de retard
après le début de la canicule. – C.Roux: C’est à partir
de 2-3 jours qu’on commence à voir les effets de la déshydratation? – Dr G.Kierzek: Ce qu’on appelle
la décompensation d’une insuffisance respiratoire
ou cardiaque. Ce sont des patients fragiles
car le coeur ne peut pas s’adapter. Les premiers jours, ça passe. Au bout d’un moment,
il y a les médicaments. C’est quelques jours à retardement. Tout ce qui est mis en place l’est
pour limiter. Fatalement, on espère que non. Il y a un phénomène
de réalité épidémiologique. Quand on regarde
la pyramide des âges, il y a des gens qui vont mourir. On a une mortalité qui augmente
chaque année liée au vieillissement de la population. Il y a deux pics:
l’hiver avec le froid, et l’été. Il y a un effet de moisson. – C.Roux: Même quand on n’est pas
une personne à risque. Quand vous êtes venus, vous avez vu
des gens avec un comportement absurde? – Dr G.Kierzek: Je ne me permets
pas. Mais c’est déraisonnable. La canicule, on l’associe
aux gens fragiles. Quand on a 40 ans, on se dit
qu’on peut faire le jogging. Non, on ne peut pas. Au Samu et aux urgences,
c’est eux qu’on récupère en premier en état de coup de chaleur. On peut mourir à 30 ou 40 ans car on fait son jogging
ou qu’on est dans un travail très exposé. Les jeunes, sous ces chaleurs-là,
vont être les premières victimes de la canicule. A retardement, les plus fragiles. – L.Romejko: Quand la vigilance
est orange, on y prête attention, a fortiori quand elle est rouge. En vigilance jaune, ça peut
dépasser les 30 degrés. Les chiffres montrent
qu’il y a une surmortalité dès 30 degrés. Là, les quelques départements
en vigilance jaune, il faut être prudent. Il ne faut pas attendre
la vigilance orange ou rouge pour se ménager. – C.Roux: Avec l’idée
que le gouvernement veut adapter les règles, demander aux employeurs
d’adapter les situations. Si on a trop chaud dans son bureau, on peut dire “je ne vais pas finir
le toit cette semaine. Avec des températures
comme celles-ci, je mets en risque ma santé”. Quelles sont les règles? – A.Gossement: On n’en est pas
encore là. Ca date de 2021. Il a fallu 4 ans pour avoir
les décrets qui rentrent en vigueur demain. Pour l’instant, ça reste
une obligation d’information pour toute entreprise
qui a un salarié et plus. Il y a une obligation de bon sens:
mettre à disposition de l’eau fraîche pour les salariés
exposés. Ca ne sont pas des obligations
très précises. La mise en oeuvre de ce décret
suppose qu’il y a un site Internet sur lequel on peut enregistrer
un document unique d’exposition aux risques professionnels. Ca n’existe toujours pas. Dans les communes, on parlait
des personnes vulnérables. Les maires doivent mettre en place
des registres pour identifier les personnes vulnérables. 84 % des communes interrogées
par Santé publique France l’an dernier… En 2022, pardon… Elles avouaient ne pas avoir
mis en place tous les dispositifs, surtout
pour les sans-abri, les personnes itinérantes. Ces personnes-là sont dans un angle
mort. On sait qu’il y a une mortalité. Ce n’est pas en été qu’il y a
le plus grand nombre de morts chez les sans-abri, mais il y a
une mortalité importante des sans-abri. Dans les mairies, les agents
peuvent partir en vacances et faire en sorte que ces personnes se retrouvent
sans appel possible. – Dr G.Kierzek: Il y a
des dispositifs “grand froid”. Je travaille à l’Hôtel-Dieu,
qui accueille l’hiver. On essaye d’accueillir l’été. On sait que les SDF ont aussi
des problèmes psychiatriques avec des médicaments. Les médicaments à visée du cerveau
sont un facteur de risque de mortalité. Il n’y a pas d’établissement,
de plan aussi codifié que les plans grand froid
pour accueillir ces patients. – C.Roux: Il n’y a pas de plan
déclenché à l’hôpital? – Dr G.Kierzek: Pas de plan blanc. Avec la vigilance rouge, ça va déclencher des plans bleus. Des îlots de fraîcheur, des espaces
en amont de l’hôpital pour ne pas saturer l’hôpital. Les écoles, c’est intéressant de dire qu’on ferme 200 écoles. Pourquoi? Structurellement,
les infrastructures ne sont pas aux normes
avec la climatisation. C’est
pour ça qu’on ferme les écoles. Malheureusement,
ça va se reproduire. Si en septembre on a oublié
ce phénomène, qu’on ne climatise pas,
qu’on ne fait pas en sorte d’accueillir des enfants, ce sera
la même chose l’année prochaine. – C.Roux: Qui décide? Le proviseur, le maire? – A.Gossement: Ecoles primaires,
crèches, maternelles, c’est le maire. Si vous fermez une école,
des enfants seront encore plus mal chez eux. Que faire? Sachant que les maires ont peur
pour la responsabilité de la commune qui peut être critiquée
par les parents. On a l’impression de découvrir
ce problème aujourd’hui. La polémique aurait pu être évitée
si on y avait réfléchi en amont. – A.Garric: Je trouve ça marquant, le décret qui vient
de l’Education nationale dimanche, alors que ça fait une semaine
qu’on est en vague de chaleur. Ca montre qu’il y a
une impréparation, malgré tous les plans nationaux
d’adaptation au changement climatique. – C.Roux: Qui ont débuté à l’école,
dans les établissements scolaires? – A.Garric: Des mesures
sont prévues, mais souvent, ce sont des mesures d’information. Il n’y a pas de plan de rénovation
du bâti scolaire. Beaucoup d’établissements scolaires
sont des bouilloires thermiques. 8 écoles sur 10
doivent être rénovées. Ca coûte 40 à 50 milliards d’euros
par an. On ne sait pas comment
on va financer. Il y avait un plan d’E.Macron. Comme on a coupé
dans le Fonds vert, il n’y a plus assez d’argent. On ne va pas assez vite. Il faut enclencher
une grande réflexion sur la rénovation du bâti. Mais aussi revoir les rythmes. Est-ce qu’on commence plus tôt? On change les vacances? – C.Roux: Ca ne concerne pas
uniquement les écoles. Aujourd’hui, 44 millions
de Français vivent dans un îlot de chaleur. C’est quoi, un îlot de chaleur? – A.Garric: Le fait
que dans les villes, tout est minéralisé, bétonné. Ca emmagasine la chaleur. La ville la restitue la nuit. On n’a pas assez de végétalisation,
d’eau et de terre, pour faire dissiper la chaleur. Il peut faire jusqu’à 10 degrés
de plus dans les villes que dans les campagnes
environnantes. Il y a urgence à adapter
les villes aux canicules. A Paris, la température
pourrait atteindre 50 degrés. C’est possible en 2050 et probable
en 2100. Il y a urgence
à rénover des bâtiments, à intégrer le confort d’été
dans les bâtiments, remettre beaucoup plus de végétaux,
faire passer de l’eau, peut-être peindre des surfaces en blanc… – C.Roux: On fait partie
de ces 44 millions de Français dans des îlots de chaleur,
dans des zones urbaines. Une fois qu’on en est là,
il n’y a plus rien à faire? – A.Garric: Au niveau structurel,
des politiques publiques, il y a des choses à faire. – C.Roux: Et là, dans l’urgence? Question. Si on met tous la clim, on va passer à 50 degrés
avant 2050? – A.Garric: Ca consomme
de l’énergie, de l’eau. Il faut trouver d’autres façons
de rafraîchir en innovant et en isolant,
les pompes à chaleur… – C.Roux: Dans l’urgence, il faut
prendre son mal en patience? – Dr G.Kierzek: Des petites choses
peuvent être faites. Le ventilateur brasse de l’air. Ca donne une sensation de fraîcheur
mais ça ne diminue pas la température. Dans les hôpitaux,
on met un ventilateur, on met une serviette humidifiée devant. Ca va refroidir. L’idée est de baisser les volets
de la journée, aérer le matin et le soir. Des choses peut être faites
à titre individuel. C’est plus compliqué de vivre
dans une ville que dans une maison
avec des arbres. Il y a 2 échelles: comment
s’adapter à titre individuel, ralentir notre rythme, s’adapter. Beaucoup d’entreprises proposent
d’être en télétravail, car ça permet de ralentir
son rythme et d’éviter de sortir. Eviter les activités sportives. Ca, on peut le faire
à titre individuel. Il est indispensable de repenser
à l’échelle collective, aussi bien les infrastructures urbaines… On a vu des écoles, je vous cite
les Ehpad et les hôpitaux. On voit que ce qui est mauvais
pour la planète, c’est mauvais pour l’individu et la santé. A contrario, ce qui serait bon
pour la planète serait bon pour l’être humain. – C.Roux: Ralentir le rythme,
collectivement. – Dr G.Kierzek: Oui. Mais aussi ce mouvement
de “slow life”. On a l’impression d’être
dans un cercle vicieux qu’il faut inverser. La canicule, s’il y a un message
à retenir, c’est que ça se répète. – L.Romejko: Il y a
des solutions immédiates à trouver de cette manière. Il faut prendre un peu de recul. Ce que vous appeliez
les bouilloires thermiques, c’est aussi, l’hiver,
des passoires thermiques. Ce sont des appartements
où on a chaud l’été et très froid l’hiver. Tout ça passe par la rénovation
et l’isolation. C’est une solution. A Paris, les toits en zinc
sont très protégés. Il y a une législation. C’est du patrimoine. Les toitures en blanc,
on risque d’avoir une architecture qui va ressembler
à l’architecture méditerranéenne, pour que le rayonnement reparte. On parlait
des établissements scolaires et des cours d’école. De plus en plus, on essaye
de végétaliser ces cours d’école. Le bitume dans les cours d’école,
on essaye de le remplacer par de la terre battue. On essaye de revitaliser
avec des arbres… Tout ça permet de faire baisser
la température dans les locaux à côté. Des mesures sont prises. Dans des rues arborées,
végétalisées, la baisse de température est flagrante. – A.Garric: Les cours d’école,
ça peut servir de refuge pour toutes les personnes
pendant les week-ends. – Dr G.Kierzek: Et ça permet
de faire la sieste. Quand on ralentit, on le voit
dans les pays méditerranéens, on baisse le rythme. C’est pour éviter de produire
de la chaleur. “Pas de sport,
pas d’activité physique…” La sieste est le moyen de descendre
le métabolisme et de baisser la température interne. – C.Roux: Ralentissez le rythme
pendant ces trois jours. Le message est passé. Un mot sur les premiers signes
qui doivent inquiéter: la confusion, les maux de tête… – Dr G.Kierzek: Ce sont
des signes très avancés. Les maux de tête, c’est un signe
de déshydratation. Les crampes également. Un enfant un peu agité… C’est un signe de déshydratation. Il ne faut pas attendre la soif. La soif est un signe qu’on est
dans une demande et un déficit hydrique. Il faut boire par petites quantités
et régulièrement. – C.Roux: 2 litres par jour? – Dr G.Kierzek: Oui. Les femmes enceintes,
c’est 2,5 à 3 l. Ce n’est surtout pas 4 à 5 l. Des gens ont fait des noyades
internes. Quand on boit plus de 4 l,
malheureusement, ça peut avoir l’effet inverse. Vous vous retrouvez en réanimation. Mangez des pastèques, des melons,
faites la sieste, baissez les volets et évitez
l’activité physique. – C.Roux: Question. – A.Gossement: Non. Dans mon entreprise, des personnes ont plus chaud
chez elles que dans le cabinet. Dans un certain nombre de cas,
il ne faut pas imposer le télétravail. Les cadres peuvent avoir recours
au télétravail. Tout ce qui est ouvriers,
exécutants, personnel administratif… Pour tous ces gens-là, ça n’a pas
de sens de penser au télétravail. Penser que le télétravail
est la solution à tous les problèmes, non. Il faut comprendre l’effort
qu’on va devoir faire: c’est le bâti, l’urbanisme. C’est réduire les distances pour aller au travail, etc. On a un chantier colossal
devant nous. La question, c’est la prise
de conscience, l’impact financier, mais aussi comment faire
pour inciter les bailleurs et les copropriétés à s’y mettre? On a besoin de ne plus construire. Dans le Var, des maires ont refusé
des permis de construire car il n’y a plus d’eau. Il ne s’agit pas d’être anxiogène. Certaines parties du territoire
vont peut-être devenir inhabitables. – C.Roux: Cette vague de chaleur touche aussi
d’autres pays en Europe, comme l’Italie, l’Espagne. – L.Romejko:
Toute la péninsule Ibérique. Le Portugal, l’Espagne
et l’ensemble de l’Italie. C’est une zone très vaste. C’est arrivé par le sud
et ça a gagné une bonne partie centrale. – C.Roux: En Espagne,
des températures folles. Jusqu’à 46 degrés à El Granado,
Dans le Sud-Ouest. – L.Romejko: Ils ont été
les premiers servis. L’air chaud est arrivé du Maghreb. Il a traversé d’abord
la péninsule Ibérique avant de rejoindre la France. – C.Roux: Un mot sur la façon
dont on gère l’après par rapport à la grosse canicule… C.Prudhomme dit: “On n’a rien
appris de la canicule, on n’a rien appris de la crise
du covid…” Cette canicule arrive
dans une situation à l’hôpital… – Dr G.Kierzek: Qui s’est aggravée! Il y a eu le covid, la canicule. On peut parler
des épidémies de grippe. Vous avez des impacts
sur la mortalité, d’où l’enjeu de communication du gouvernement. Le 2e enjeu est d’éviter
à tout prix que les gens se retrouvent à l’hôpital. Tout le monde sait que l’hôpital
est déjà à genoux. Si vous ne mettez pas en oeuvre
des mesures préventives pour éviter que les personnes âgées
se retrouvent en état d’hyperthermie,
de choc thermique, d’insolation, et en plus, des jeunes
qui se rajouteraient par-dessus… Ca peut vite faire déborder. On voit bien que les plans blancs, dégagés au tire-larigot
depuis des années… C’était réservé à un afflux massif
de victimes. C’était 2003, les attentats… Maintenant, tous les ans, vous avez des hôpitaux en France
qui déclenchent leur plan blanc car il n’y a pas de lits ni d’infirmières. C’est la même chose
avec les infrastructures à genoux dans l’Education nationale. Ca touche les plus vulnérables. Qu’est-ce qu’on va faire
des plus fragiles? On parle beaucoup de performance
et de l’homme augmenté, mais que fait-on
de l’homme diminué? C’est une réflexion sociétale
et politique. – C.Roux: Le ministre délégué
à la Santé, Y.Neuder, a dit qu’en temps de canicule, s’occuper
des personnes fragiles était l’affaire de tous. C’est peut-être l’un des messages
retenus de la 1re canicule, appeler ses proches… – Dr G.Kierzek: Appeler
le voisin de palier, la petite mamie dans l’immeuble, lui apporter des packs d’eau. La solidarité, c’est dans la rue. Le 115 avec les moyens
qu’ils ont… Quand on voit quelqu’un
dans la rue… On y pense l’hiver,
beaucoup plus que l’été. Cette solidarité, c’est important. L’Etat, un pays comme la France
en 2025, avec toutes les leçons qu’on aurait dû tirer, y compris après le covid. On n’a pas tiré les leçons
qu’il faudrait. – C.Roux: Ce soir, cellule de crise
place Beauvau à 19h. – A.Garric: Ca montre
qu’on n’est pas dans la prévention et la gestion en amont. – A.Gossement: C’est
de la communication. MaPrimeRénov’a été suspendue… On a des réactions
du secteur du bâtiment, qui va licencier des gens affectés
à la rénovation énergétique. C’est au moment même
où c’est la priorité. On a besoin de fonctionnaires
dans les hôpitaux. On a supprimé ces dispositifs
car il y avait un taux de fraude élevé. Pourquoi? Car on n’a pas assez
de fonctionnaires pour contrôler les faux chantiers. Au lieu de ça,
on supprime le dispositif à la veille d’une canicule. – C.Roux: Ils sont devenus
les cibles des climatosceptiques. Des journalistes en charge
des bulletins météo sont parfois insultés, menacés,
lorsqu’ils annoncent une canicule à venir, des violents orages ou toute
manifestation hors normes liée au réchauffement climatique. Nous sommes allés à la rencontre
de deux d’entre eux. – Aux Etats-Unis,
présenter la météo s’avère de plus en plus risqué. Pendant que le ciel se déchaîne,
les réseaux sociaux s’enflamment. – Une météorologue du Michigan
affirme avoir reçu des menaces de mort. “Assassiner des météorologues
n’arrêtera pas les ouragans”. – Ces témoignages se multiplient. – J’ai commencé à établir
des liens entre les phénomènes météorologiques extrêmes
et le changement climatique, puis les réactions
ont dramatiquement augmenté. Elles ont atteint leur paroxysme
l’été dernier, lorsque j’ai reçu des menaces de mort. – Menaces et délire
conspirationniste. En septembre dernier,
alors que l’ouragan Helene frappe le sud-est des Etats-Unis,
les présentateurs météo sont la cible
de théories du complot. – Des gens croient
que nous fabriquons les ouragans, que nous participons
à une opération de dissimulation gouvernementale, que les ouragans ciblaient
les Etats républicains. C’est absurde. – Ca fait plusieurs jours
que la moitié sud de la France doit supporter des températures
caniculaires… – Guillaume Séchet prépare
son bulletin météo, comme tous les jours. Il y a deux semaines, un message posté sur X lui a valu,
à lui aussi, une avalanche de critiques. – J’ai un gros site Internet
de météo, un gros compte Twitter. J’ai envoyé ce post. … J’ai tout de suite reçu
un nombre incalculable de messages qui disaient que je faisais de la
“propagande sur le réchauffement climatique”. – Dans un 1er temps, il tente
de dialoguer et rappelle être simplement factuel. Face à ce déferlement, il décide
de retirer son message. – Plus j’expliquais les choses,
plus ça déchaînait les passions. La météo est devenue quasiment
un sujet climatique. Vous êtes écologiste,
vous êtes de gauche… Les gens ont l’impression
qu’on les manipule en permanence. – Qui se cache derrière
ces messages sur les réseaux sociaux? Cet homme est directeur
de recherche au CNRS. Pendant deux ans,
entre 2021 et 2023, il a scruté de près
l’évolution du discours climatosceptique sur Twitter. C’est à cette période qu’E.Musk
s’empare du réseau social. – On voit l’explosion des débats
sur le réchauffement climatique sur X en 2022, à l’été 2022. Ici, les climatosceptiques. En vert, ceux qui défendent
la sobriété énergétique. Au moment du rachat de X
par E.Musk, on voit qu’il a changé l’algorithme
et met en avant des contenus toxiques. Il rétablit un certain nombre
de comptes bannis pour harcèlement ou discours de haine. Ces comptes rétablis vont favoriser
le harcèlement des scientifiques du climat. – De nombreux scientifiques
ferment leur profil. En parallèle, en France,
cette année-là, une communauté climatosceptique apparaît
sur le réseau. – C’est des comptes qui vont avoir
un profil particulier. Ils étaient présents
sur d’autres polémiques auparavant, notamment la question
de la contestation des mesures pour le Covid-19. Ils ont relayé
les propagandes du Kremlin. 80 % d’entre eux ont relayé
des éléments de propagande du Kremlin. “Il faut envahir l’Ukraine
pour dénazifier.” Ce sont des pros de la division
de la société. Ce sont des opportunistes. – Aujourd’hui, des recherches
impossibles. Depuis 2023,
E.Musk a coupé l’accès aux données de son réseau. – C.Roux: Peut-être une réaction
à ce reportage? – L.Romejko: Guillaume Séchet
a parlé au conditionnel. Je le connais bien. C’est un météorologue
et journaliste fiable. Ca faisait partie des hypothèses… Ce qu’on vit aujourd’hui
prouve qu’il avait raison quand il a émis cette hypothèse
il y a 15 jours. C’est démesuré. C’est très spécifique à ce réseau
social. Les langues et les plumes
se sont un peu déliées, déchaînées, notamment depuis ce qui s’est passé
outre-Atlantique. – C.Roux: Question. – L.Romejko: Il y a
différents climatosceptiques. Il y a ceux qu’on peut indiquer
comme étant climato-négationnistes. Il y a ceux qui doutent
de l’origine anthropique, de la responsabilité humaine. Il y en a d’autres qui sont
très nombreux. J’ai des messages de la sorte. Ils disent que oui,
ça se réchauffe. Oui, c’est peut-être l’homme. C’est du conditionnel. Ils sont fatalistes. Ils pensent que ce ne sont pas
les mesures prises qui y feront quoi que ce soit. Donc il faut subir. Ils sont de plus en plus nombreux. Ce n’est pas la majorité. C’est gênant. Cette petite musique s’amplifie. – C.Roux: Les gens vous reprochent
de véhiculer de l’angoisse. Quand on regarde
la carte de demain, c’est vrai que c’est angoissant. – L.Romejko: Oui. Quand on regarde la carte,
notamment la couleur rouge… C’est le message
qu’on nous fait passer: pourquoi vous nous faites peur? Le bulletin météo
et l’information météo, tout ça a évolué. Il y a quelques années, c’était
une séquence plutôt divertissante. Je me souviens de séquences
un peu enfantines, avec L.Cabrol, il y a des années de ça. C’est devenu
une information sérieuse, aujourd’hui. Car derrière, il y a
de la connaissance scientifique qui a considérablement progressé. Il y a un vrai message d’alerte. Il y a des vies en jeu. Il y a des biens et de personnes
en jeu quand il y a des situations extrêmes et difficiles. Ce genre de carte avec du rouge,
c’est un code couleur qui fait peur. On nous le reproche souvent. – Dr G.Kierzek: On est
dans un climat très anxiogène, indépendamment
des phénomènes météo. On est dans un climat post-covid. C’était une période très alarmiste. Le contexte
géopolitique international est aussi très alarmiste. Il y a un ras-le-bol
de certaines personnes qui disent que ça suffit. Certains disent qu’il faut bien
mourir de quelque chose, y compris aux urgences ou dans les cabinets. On donne des conseils
de prévention. Il y a une remise en cause
de la parole de l’expert depuis le covid. Ce n’était pas le cas avant
le covid. Il y a le côté anxiogène:
il faut bien mourir de quelque chose. Arrêtez! On ne peut plus rien faire,
plus manger de charcuteries… – C.Roux: C’est porté
par des personnes comme D.Trump, qui dit qu’il faut refaire
du forage… Il dit qu’il faut peut-être
arrêter d’acheter des voitures électriques
mais pas toutes. – D.Trump: Je ne veux pas
que tout le monde soit obligé d’avoir une voiture électrique. J’ai fait campagne sur la liberté
de choix. Si vous voulez une voiture
à essence ou une hybride, faites-le. J’adore les voitures électriques,
celles d’E.Musk. Elles sont fantastiques. Tout le monde n’est pas obligé
d’en avoir une. J.Biden, qui est stupide, a dit
que tout le monde devait avoir une voiture électrique d’ici 2030. C’est dans 5 ans. Les gens ne veulent pas ça. – C.Roux: Ce message infuse. “Si les Etats-Unis arrêtent
de faire l’effort, on va tous être fatalistes
en attendant la suite.” – A.Garric: Ca accélère
les reculs environnementaux. Le Réseau Action Climat
en a recensé 43, 43 reculs sur les zones
à faible émission, les zéro artificialisation nette des sols,
les aides… Il y avait ce vote spectaculaire
de la droite et de l’extrême droite au début de la canicule de voter
contre les énergies renouvelables alors que tous les scénarios
pour décarboner la France passent par un essor des énergies
renouvelables. Je voulais revenir
sur le côté alarmiste. C’est beaucoup reproché
aux climatologues. On ne peut pas employer ce terme. Beaucoup d’études ont été faites
pour montrer qu’au contraire, ils sont plutôt en retrait
par rapport à la réalité du changement climatique. La plupart de leurs conclusions
sont vraies, mais certaines, dans le rapport du Giec… – C.Roux: Une image folle: la neige
dans le désert chilien d’Atacama. C’est le désert le plus aride
au monde. C’est un phénomène rarissime. Autre conséquence
de cette canicule, la fermeture d’une centrale nucléaire
dans le Tarn-et-Garonne parce qu’on n’arrive plus
à refroidir la centrale. Ca peut avoir des conséquences
en cascade qui peuvent avoir une influence dans notre quotidien
avec des difficultés d’approvisionnement en électricité. – A.Gossement: Une centrale
nucléaire est toujours au bord d’un cours d’eau. Il faut refroidir le réacteur. C’est le principe. Quand la température de l’eau
est trop chaude à l’entrée ou qu’elle est ressortie trop
chaude et que ça bouleverse l’écosystème… D’où le besoin qu’on a des énergies
renouvelables. Il ne faut pas opposer les 2,
nucléaire et énergies renouvelables. Il faut produire de l’énergie verte
et cette énergie permet de moins consommer d’énergie. C’est très important. – C.Roux: C’est difficile
d’arbitrer le long terme… On en a parlé avec les retraites. Il faut voir avec l’urgent… Certains donnent des réponses
dans l’urgence, comme E.Ciotti et M.Le Pen qui réclament
un grand plan de climatisation. – A.Gossement: On sait
que c’est stupide. Quand vous refroidissez chez vous,
vous réchauffez l’extérieur. Dans certaines situations,
on n’a pas le choix, comme les Ehpad. Ca peut être une situation
transitoire avant de modifier le bâtiment. Il faut installer des systèmes
pour refroidir l’air et humidifier. On est face à des gens
qui vont vendre de la géo-ingénierie,
qui vont promettre des solutions comme la capture du carbone
ou changer la trajectoire des nuages… – C.Roux: On parlait des écoles. On doit fermer des classes. – A.Gossement: La grande
différence, c’est que nous y sommes. On parle du changement climatique
en disant que ce sera les générations futures. Le changement climatique,
c’est maintenant. Les gens qui vendent des solutions,
y compris le nouveau nucléaire qui ne sera viable qu’en 2040
ou 2050… La France se bat à Bruxelles
pour faire en sorte qu’on atteigne plus l’objectif… Il faut baisser de 90 % en 2040. La position de la France
est de dire qu’on ne veut plus de ce jalon intermédiaire. 2050 restera un objectif
de long terme à atteindre… On a la politique de l’autruche. – C.Roux: On a déjà renoncé? – A.Gossement: En haut de l’Etat,
c’est à se demander. Il y a des reculades. Autant les maires ont pris
le taureau par les cornes, autant au sommet de l’Etat, on peut
se demander s’il y a vraiment une prise de conscience. – C.Roux: Je vais vous montrer
une photo qui va vous faire réagir. C’est dans ce moment-là qu’on a
le mariage de J.Bezos avec 200 invités, 95 jets privés. L.DiCaprio est très engagé
sur les questions environnementales. Visiblement, il avait honte
d’être à cette réunion. Ce chiffre raconte quelque chose
du développement économique… 10 % des plus riches au monde
contribuent aux 2/3 du changement climatique
observé depuis 1990. On le sait. C’est acté? – A.Gossement: Oui. C’est paradoxal. Il y avait une mesure
de justice fiscale. Ca a été bloqué… C’était de demander aux plus riches
de plus contribuer, ne serait-ce que pour compenser un peu leur mode
de vie. Quand vous voyez le succès
de la fast fashion, tous ces vêtements qu’on achète
à tire-larigot et les lobbies qui veulent qu’on détricote la loi
qui viserait à informer les gens, c’est inquiétant. – C.Roux: La Méditerranée a atteint
un pic de chaleur. – A.Garric: C’est dramatique. On est 5 degrés au-delà des normal. Ca a des conséquences importantes
sur les poissons, tout ce qu’il y a dans la mer. C’est ce qui fait
qu’on a des épisodes méditerranéens plus importants,
des épisodes de chaleur… C’est très grave. – L.Romejko: On a une hausse… Le bassin méditerranéen,
la Méditerranée, c’est un bassin maritime
qui se réchauffe 20 % plus vite que tous les autres
bassins maritimes ou océaniques au monde. C’est un vrai test. Ces canicules marines
dont on parle régulièrement, c’est le carburant
aux épisodes méditerranéens, cévenols, qui sont meurtriers
et dévastateurs. Il y en a de plus en plus
fréquemment. Cette hausse a un impact énorme
sur la biodiversité. Malheureusement,
c’est un triste laboratoire, le bassin méditerranéen. Je voulais revenir
sur le nucléaire. Ce problème est identifié
depuis longtemps. Une centrale fonctionne au ralenti. On le sait depuis plusieurs années. Dans ce contexte de réchauffement
climatique, avec les sécheresses des dernières années,
ce qui n’est pas le cas pour les cours d’eau, car le niveau
a l’air bon… Les niveaux d’étiage baissent. Le refroidissement de ces centrales
ne pourra plus se faire. C’est déjà le cas, là. – C.Roux: La montée des eaux… Aux Saintes-Maries-de-la-Mer,
dans les Pyrénées-Orientales, en 10 ans, les plages
ont perdu 12 m. Le maire fait avec les moyens
du bord pour éviter l’érosion et contenir un phénomène qui laisse
la population désemparée. – Une mission scientifique, c’est ce qu’accomplissent
ces 2 chercheurs de l’Observatoire de
la côte catalane. Deux fois par an,
ils sillonnent 40 km de littoral. Objectif: suivre l’évolution
du trait de côte. – Tu es dessus? Nickel. Le sondeur va être sous l’eau. Il va émettre
des faisceaux acoustiques pour repérer la profondeur
sous le bateau. Ca va permettre de voir comment
le fond a bougé, comment se font les déplacements, les processus
de déplacement de sable ou d’érosion sur les plages. Au fil des années, on regarde. Ca fait 10 ans qu’on fait ça. – Changement climatique… L’érosion résulte aussi
d’une succession de choix d’aménagement du littoral. – Ici, ça a été créé
de toutes pièces, au Barcarès. Ca a été viable pendant un certain
nombre d’années. Le trait de côte a évolué
car on a fait des transformations. On a créé des ports
qui modifient fortement le comportement du sédiment. Ca les bloque. Comme c’est bloqué, Le transit
est modifié. On a des zones soumises à l’érosion
en aval de ces zones portuaires. – Les plages
de Saintes-Maries-de-la-Mer ont perdu 12 m en 10 ans. Si on remonte dans le temps,
c’est encore plus. Christian, qui habite la commune,
s’en souvient bien. – Il y a 30 ans, vous aviez
plus de 50 m de plage. Avec les tempêtes, ça a gratté. – Avec des conséquences
pour les bâtiments les plus proches. – Certains qui sont trop
près de la plage, construits il y a longtemps, le payent. L’eau rentre souvent
dans la maison. C’est le changement climatique. On ne peut pas y faire grand-chose. Après, ils vont faire des digues
mais ça tiendra combien de temps? On ne sait pas. Chacun veut garder
son petit confort. Chacun veut garder sa voiture,
sa vie avec la consommation… – La commune tente de s’adapter
face à cette situation. Des ganivelles ont été posées
pour maintenir la dune, mais c’est loin d’être suffisant. – On va apporter 13 000 m3 de sable
sur cette plage. Ca permet de remodeler la plage
pour avoir une plage en pente douce et ne plus avoir ce système
de falaise. – Ces travaux ont un prix. – C’est impressionnant. – Tout est affaire d’arbitrage
entre coût et aménagement. – Compte tenu des enjeux forts,
notamment le prix des maisons et des parcelles, c’est toujours plus avantageux
pour nous de dépenser 300 000 ou 400 000 euros par an
pour ré-engraisser les plages plutôt que d’indemniser
les propriétaires qui ont des maisons qui coûtent cher. L’autre enjeu est de se dire
qu’on ne peut pas ad vitam aeternam continuer à mettre des sommes
aussi importantes. Il faut trouver des solutions
pérennes. – Agir avec la nature,
non contre elle, voilà l’objectif, mais les solutions sont difficiles
à esquisser, tant les enjeux sont importants. – C.Roux: Question. – L.Romejko: Elle monte vite
car elle se réchauffe très vite. Plus l’eau est chaude,
plus elle prend de place. L’eau se dilate. Elle prend plus de place. La fonte de la banquise
et des glaciers de montagne contribue à cette hausse du niveau
de la mer, mais la principale raison,
c’est la dilatation de l’eau, le volume de l’eau. Plus l’eau est chaude,
plus elle prend de place. D’ici la fin du siècle
en Méditerranée, on estime une hausse possible
jusqu’à 1 m, localement. – C.Roux: 450 000 logements
seraient menacés par la montée des eaux d’ici à 2100. C’est écrit. – A.Gossement: On sait qu’il y a
une érosion du trait de côte. Une loi a mis en place
un dispositif juridique. Tout le monde a vu ces images
de cette résidence près de Bordeaux, Le Signal. La tempête Xynthia,
qui avait ravagé La Faute-sur-Mer, où on avait construit
dans une cuvette… L’eau avait repris sa place
dans la cuvette. Historiquement, les pêcheurs
étaient sur les hauteurs. Quand on a dit à des personnes
qu’on allait interdire aux gens de revenir,
en créant une zone noire… Les gens ont protesté. Ils voulaient revenir chez eux. Il y a un aspect humain
qu’il ne faut pas minorer. – A.Garric: J’ai fait
des reportages sur le littoral, en Méditerranée ou en Atlantique… Il y a pas mal de fuites en avant
et du déni de la population. Certains veulent vivre près
de la mer, car c’est magnifique. Les prix de l’immobilier montent
comme le niveau de la mer. Il n’y a pas encore de changement
de perspective de ce point de vue. C’est difficile de faire
des plans de prévention des risques en 2050 ou 2100 alors qu’il y a
des incertitudes et que la population
n’est pas prête. Ca coûte de l’argent. Ca coûte beaucoup d’argent
de retirer, de relocaliser une partie
des villes, de bouger les habitants. Les solutions basées sur la nature
ne sont pas encore très déployées. Protéger naturellement les plages
du avec des oyats ou de la végétation,
ce n’est pas trop mis en place. Certains préfèrent des digues
en dur. Ca aggrave l’érosion
à d’autres endroits. – C.Roux: Voici les zones
inondées… Il y a des endroits où on vit mieux
avec les canicules, les orages, la montée des eaux? Quel est le département
le plus protégé, le plus préservé? Il y en a encore un? – A.Garric: Il faut se dire
qu’il n’y a pas de département épargné. Ce n’est pas négatif, mais toute
la France et les outre-mer sont touchés. Il faut remonter les manches. – L.Romejko: Certains
sont peut-être moins exposés que d’autres. – A.Garric: Ca dépend des risques. Est-ce qu’on regarde la sécheresse,
la pollution des sols, la canicule? Il y a des risques partout. Beaucoup d’études ont montré
que c’était partout en France. – L.Romejko: Il y a
des problèmes importants de seconde ligne,
conséquence directe de la hausse du niveau de la mer, notamment. Démographiquement, les populations
vont vers le littoral. C’est la tendance
pour les prochaines années. On a des nappes phréatiques
sur le littoral. La montée des eaux de la mer
va amener du sel dans les nappes phréatiques. Il y aura de plus en plus de monde
sur le littoral, Atlantique ou Méditerranée. C’est un problème qu’on sous-estime
peut-être. – C.Roux: Nous revenons
à vos questions. Question. – A.Gossement: Il faut
vraiment dire que c’est un fait scientifique, pas une opinion. C’est mesurable, inscrit en droit,
reconnu par des cours suprêmes. C’est un phénomène naturel,
mais qui a une cause humaine qui l’aggrave, l’intensifie,
fait que les épisodes dramatiques sont plus fréquents
et plus intenses. Il faut insister… Ce qui se cache
derrière cette question, c’est l’écologie punitive. On a parlé de la santé. Elle va s’améliorer. On a parlé des villes. Elles seront plus agréables,
plus confortables. Si on mettait en place
des solutions pour lutter et tenter de s’adapter… Ceux qui pensent qu’on va s’adapter
plus facilement à 4 degrés, ce n’est pas vrai. – A.Garric: C’est un consensus
de milliers de scientifiques compétents. Les climatologues montrent
que le réchauffement climatique est dû à l’activité humaine,
déforestation, pétrole… La variation du cycle du soleil,
des événements naturels qui s’ajoutent
sur certaines années… – Dr G.Kierzek: Je fais
beaucoup l’éloge de la nuance parce qu’il n’y a plus de nuance. C’est très binaire dans le débat. Il y a les scientistes
et les anti-science. Même l’argument scientifique n’est
plus imparable. Les gens se demandent
à quoi ça sert de trier les poubelles alors que
c’est les routes maritimes qui polluent. C’est les grands usines… Les gens se demandent si ça change
quelque chose, les petites choses faites au quotidien. – A.Gossement: 3 % des Français
pensent que le changement climatique n’existe pas en 2024. Une immense majorité sait
que l’origine est humaine. – C.Roux: Allez, question! Si elle n’a pas
de ventilateur, rien? – Dr G.Kierzek: Il faut aérer
le matin et le soir, mettre des rideaux… On peut acheter un ventilateur… Ca montre la paupérisation
de nos services publics. L’éducation et la santé font partie
du régalien, comme la justice ou la sécurité… On pourrait avoir la même chose
dans les commissariats de police ou les hôpitaux. On gère. Ca repose sur la bonne volonté
des instits, des profs, des médecins, des infirmiers. Le vrai sujet politique est là. Il y a le consentement à l’impôt. “Je veux bien payer des impôts
si j’ai quelque chose en face.” Mais il y a de moins en moins
de choses en face. – C.Roux: Question. – A.Gossement: Ca dépend
comment l’Ehpad est construit. On parle de sous. Il y a aussi la fiscalité
qui encourage la population… On pourrait ne pas encourager
les gens à s’adapter au réchauffement climatique. – C.Roux: Question. On peut savoir? – L.Romejko: On est
sur un niveau record de départements en vigilance. En vigilance rouge, il y a eu 2022
avec une vingtaine de départements en rouge. Là, on est à 16. C’est sensiblement la même chose. Il y a des prévisions saisonnières
établies par les services météo pour l’été. Ces prévisions sont faites
à partir d’algorithmes et de modèles numériques européens,
regroupant de nombreux services météo. Le signal donné pour cet été, c’est
que ce sera un été plus chaud que la norme. Concernant la pluviométrie,
on n’a pas vraiment d’idée. On semble partis
vers un été 2025 chaud. – C.Roux: Dernière question. – L.Romejko: C’est
l’évolution implacable. Dès qu’il y a un peu d’air frais
qui arrive en altitude et de l’humidité,
comme la semaine prochaine, les orages vont se déclencher
sur l’Ouest. – A.Garric: Une France
plus chaude, ce sera plus de vagues de chaleur, plus de sécheresses
mais aussi plus de pluies diluviennes. – L.Romejko: Plus d’excès. – C.Roux: Merci. Fin de cette émission. On retrouve l’équipe de “C à vous”. Au programme? – A.-E.Lemoine: Bonsoir. Le grand plan climatisation
que veut mettre en place la patronne du RN en cas d’arrivée
au pouvoir en 2027 avec les écoles, les hôpitaux,
maisons de retraite… M.Le Pen déplore
que les services publics ne soient pas capables
de fonctionner en cas de fortes chaleurs. Une proposition déjà contestée
par les écologistes. On en parle avec J.-P.Tanguy,
président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale. – C.Roux: Bonne émission. Je voudrais vous donner un chiffre.
45 Comments
ce que j'ai devant moi c'est l'émission "C dans l'air"
Monaco 33 degré à l'ombre.
L'été s 'era chaud ,l'ete s'era chaud dans les tee-shirts dans les maillots.
Autant en emporte le vent.
😂
Vous en savez quoi ? Vous avez une boule de cristal ?
Propagande pure et dure
encore une fois la plupart des idees de urbains un peu bourgeois
QUELLE BANDE DE C O N S…………!
Tiens, les clowns gaucho woke escrolo continuent….Ils ne se parlent plus qu'à eux mais aiment cela.
C'est plutôt la vinicule en ce moment. A la vôtre !
Le pire c'est qu'il y ai des gens qui vous écoutent encore …
😅 les Madame Irma du "climat"
Bien embêtés par les températures actuelles qui contredisent leurs "prévisions" catastrophiques
Alors qu'il neige à plus de 2000 mètres actuellement, incapables de te donner une météo correcte à plus de 3 jours, ils sont par contre capables de te prédire des températures extrêmes dans 50 ans 🥵
Quand plus personne ne pourra les contredire parce qu'ils seront…morts 😅
Boycottez cette chaîne !
… et on pourrait commencer pour "ne pas laisser faire à la viande" non?
Le réchauffement climatique n'existe que dans l'esprit malade de ces tordus, un peu comme la menace russe, il y a du taf pour la psychiatrie dans ce pays, surtout dans les média propagandistes et chez les politiques débiles profonds.
La peur la peur …fait faire venir delfraissy deray lacombe megarbane cymes Cohen marty ….. ils sont rodés avec le grovide
😂😂😂
L'abus de clim dans vos locaux provoque t il une dégénérescence intellectuelle? C'est à se poser la question…
PUTAIN ça caille…
Ils prennent vraiment les gens pour des c ons.
Oui, le pire est devant nous puisqu'il y aura encore des émissions C dans l'air.
ça y vas.. le nombre de tocards qui tweet est hallucinant je me demande si on ne devient pas de plus en plus con
Vla les guignols 😂😂😂😂😅
Pôvres cons escrolo-gauchiasses … 😠😡😠
Les clowns amateurs de meteo
blablabla en attendant pluies de taxe signer la pétition de destitution 28 avril2025 identifiant 2743
je crois qu'on a eu que 2 semaines de canicules cet été, waouh on vas tous mourir 😂.
Allez et ça continue ! Vous êtes pitoyable !
bla bla bla il s'écoute parler
Et bla et bla
C'est l été 😂
c'est le même scénario au Portugal, en Turquie, en Grèce, en Espagne, et pour couronner le tout, les incendiaires s'en donnent à coeur joie ! Évidemment que c'est la canicule! Comment voulez vous que la chaleur émise par les activités humaines s'échappe vu que cette activité provoque des gaz à effet de serre!!! Rappelez vous lorsqu'il y a eu pandémie de covid et que toute activité humaine a due être stoppée, que s'est il passé? Le dôme a effet de serre s'était presque dissipé, la pollution avait quasiment disparue sur les grandes villes, et d'autres exemples! Le réchauffement climatique n'est pas un hasard, le soleil ne chauffe pas plus qu'il y a 100 ans ! C'est l'accélération de l'activité humaine, les gaz d'échappement, les usines, ça roule , ça circule a tout va, les avions, etc….tout ce qui émet des gaz ( non non, pas les vache qui pètent!!) et créé cet effet de serre qui emprisonne la chaleur ! En tout cas, c'est mon point de vue !! Ce n'est pas le soleil qui s'est rapproché de la Terre il me semble! Mais, malheureusement, tant que ce sera l'argent qui fera tourner le monde, et non la raison et le réel souci de préserver, sauver notre planète, ça va continuer, empirer… Les années qui viennent vont être pires…parce que rien ne pourra être fait, a part parler autour d'une table et signer des accords qui ne seront pas respecté… Notre planète a bientot épuisé ses ressources, a force de puiser et creuser partout…Elle a mis des millions d'années pour se former, l'humain est en train d'épuiser les ressources naturelles de la Terre… Bref, on est dans la mouise !!
😂 non mais allô quoi
Mince !!! C’est l’été !!!
Une belle bande de guignols !!!
Donc … on va tous mourir !!!
dans le Sud-Ouest tout va bien on se croirait même fin septembre il y a des problèmes à la centrale de Golfech et mon œil
1 août : 18 degrés 🥶
comme tout les étés il fait chaud ,quand il pleut ça mouille ,etc etc
je crois que ça fait au moins 15 ans que dans le Sud vers Montpellier il fasse un temps aussi beau et frais, mais bon il faut toujours faire peur a la populace peu importe le moyen
De la foutaise, et rien que cela ! Carrez-vous vos discours alarmistes, made in McKinsey, profondément où je pense, les collabos du Régime !
😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂⛈⛈⛈⛈☔☔☔☔☔☔☔🚽🚽🚽🚽🚽🪠🪠🪠🪠🪠🪠
Vite, une loi pour interdire l'été !
14k de vue, 875k d'abos et 38 likes… sinon, en janvier prochain il va geler aussi…
Tous les moyens sont bons pour nous racketter encore et encore et toujours plus.
Incroyable le nombre d'abrutis qui n'arrivent pas à lire une date (vidéo du 30/06) , donc normal qu'ils nient un fait mesuré et donc prouvé. On n'a pas le cul sorti des ronces avec ses champions.