Le parcours, les favorites, les chances bretonnes, dans cet entretien exceptionnel, Marion Rousse vous explique tout.

Invitée exceptionnelle du 𝟭𝟯𝟵𝗲 𝗲́𝗽𝗶𝘀𝗼𝗱𝗲 de Ravito, Marion Rousse a de multiples casquettes. Ancienne coureuse, championne de France, consultante pour France Télévisions et… directrice du Tour de France !

Le départ de la 4e édition de la Grande Boucle féminine se fera en Bretagne. Le 26 juillet, la course s’élancera de Vannes vers Plumelec, avant de prendre la direction du Finistère (Brest-Quimper) pour la 2e étape. 𝗨𝗻𝗲 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗳𝗲̂𝘁𝗲 𝗮̀ 𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 !

Au programme :
0:00 La Bretagne, presque une évidence
4:39 Le pronostic de Marion
9:56 L’évolution du cyclisme féminin
14:38 De beaux souvenirs à Plumelec
16:15 Le Tour de France Femmes a tout changé ?
20:21 Une vie bien remplie
26:42 Et après ?

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#tourdefrance #cyclisme #interview

Bonjour Marion. Bonjour. Bon, le Tour de France Fam à partir de Bretagne, ça représente quoi ? Ça représente beaucoup beaucoup de fierté parce que c’est vrai que la Bretagne, j’ai envie de dire que c’est presque une évidence. C’est une terre de champion, de championne. Tu parles à un public de connaisseur, de pratiquant aussi surtout. Donc ça annonce un succès populaire assez incroyable au départ de Van. Et puis évidemment, on peut on peut se marrer quand même pour faire ce des parcours. La région est propice quand même à des terrains punchy. C’est ce qu’on a fait sur les deux premières étapes. Première étape arrivée à à Plumle, hommage au grand prix de de Plumle que je connais très bien avec trois passages de Cadoud et puis le lendemain on partira de Brest pour arriver à Quimper. Étape 100 % finistérienne. Bah vous connaissez mieux que moi, mais souvent dans le finistère, il y a pas grand-chose de plat. Donc des ascensions plutôt courtes mais très raides et puis bah la même arrivée que lorsque Sagan s’était imposé sur le Tour de France. Donc je suis très contente vraiment de partir depuis la Bretagne. Ça s’est fait comment ? Ben ça s’est fait en fait depuis la première année, depuis la première édition euh la région Bretagne Loïig euh nous nous disait qu’il avait envie de recevoir le Tour de France femme avec Zwift et euh mais mais c’est vrai qu’on voulait partir de Paris pour la première édition parce que c’était vraiment le passage de témoins dont on rêvait vraiment pour lancer la course et puis bah on a de plus en plus de de demandes et cette année bien tombait vraiment vraiment bien dans le calendrier. Donc c’est vraiment une demande des collectivités, de la région, des départements parce que les routes nous appartiennent pas. Donc on dépend vraiment de bah des gens qui ont envie de nous accueillir ou pas. Et bonne nouvelle souvent quand les collectivités candidatent pour le Tour de France homme, il candidate pratiquement automatiquement à chaque fois pour le Tour de France femme avec Zivf. Donc ça montre vraiment que voilà la course est sur des rails solides et c’est ce qu’on s’était aussi donné comme objectif avec ASO, c’est que quand on a recréé ce Tour de France Famme, on avait vraiment envie que les courses elle existe encore dans 100 ans. Donc on est vraiment très bien parti. Moi, je suis très confiante. Et vous attendez quoi vous personnellement de ces deux étapes bretonnes ? Ça va être punchy non ? Ouais, c’est ça. Vraiment de belles étapes hein. D’ailleurs, c’est pas pour rien que Pauline fait en prévau quand elle gagne Paris Roubé. La première pensée, c’est pour le grand départ depuis depuis van. Donc ça montre vraiment que c’est deux étapes qui vont compter pour le classement général. Souvent c’est une course qu’on a voulu finir en circuit en boucle, une boucle finale sur la première étape quand on arrive à Plumélec parce que c’est super pour le spectateur présent au bord de la route et puis bah ça ça enchaîne, c’est un tout petit circuit en plus sur Plumlec, ça doit faire 12 km. Donc trois fois qu’à Doodal en très peu de temps, l’arrivée au sommet évidemment et puis bah le lendemain l’arrivée à Quimper qui est très difficile avec une boucle finale aussi de 26 km. Il y aura des sprints bonification juste après la ligne d’arrivée. Donc la ligne d’arrivée on connaît avec cette arrivée que Sagan avait gagné. Et donc des boss qui sont pas répertoriés sur le parcours mais il y a quand même pas grand-chose de plat. Donc et puis parfois on empruntera des routes qui seront pas très larges. Donc le placement sera hyper important. Attention au piège des deux premières étapes. Ça veut dire Marion qu’on va voir déjà les favoris du Tour de France à l’œuvre en Bretagne à Ah bah de toute façon elles devront pas être pas être loin parce que parce qu’il y aura un match euh avec les meilleurs punchers au monde. Je pense à Copeki euh tu peux rajouter Loren Webbus parce que voilà elle passe bien les boss maintenant avec ce qu’elle a montré sur Milan Remo et puis évidemment avec les sprint bonification qui sont situés souvent pas loin de l’arrivée bah elles vont vouloir les leaders aller faire les les bonifications. Donc ça sera vraiment on a tracé ces deux premières étapes pour qu’il y ait une course de mouvement. Donc il faudra pas que les leaders traînent à l’arrière. Donc il est possible qu’il y ait de la casse dès les deux premières journées. On parlait de de Cadoudel qui a un haut lieu du vélo en Bretagne. Est-ce que le Tour de France femme à l’avenir pourrait aller à la Fosselou à Landerno ou pourquoi pas mur de Bretagne ? Est-ce que c’est possible ça ? Ah on s’interdit rien. Ouais bien sûr que c’est bien sûr que c’est possible. Vous avez déjà ça dans un petit coin de la tête ou pas ? Oui. Alors, en fait, on avance beaucoup sur les parcours. Là, on est J – 100 mais on est presque sur l’édition de 2027, hein, maintenant sur le parcours. Donc, ça avance très rapidement. Évidemment queon sait qu’on reviendra de toute façon en Bretagne parce que parce qu’on aime y venir, parce que c’est chaleureux, parce qu’il y a un bon accueil et puis que surtout bah le le parcours nous permet de faire des parcours aussi très différents les uns des autres. Le 3è jour, on partira de la gassie. Bon bah là tu vas faire une étape de plat parce qu’il en faut aussi quoi. Donc non vraiment on reviendra en Bretagne ça c’est sûr. Quand je ne sais pas mais on reviendra. Quand on voit ce qu’a fait Pauline Fer Primo sur Paris Roubé Marion on se dit qu’elle peut gagner le Tour de France non ? Oui je pense je pense en tout cas quand une championne de ce calibre là l’annonce parce qu’elle se cache pas he pour l’annoncer. Elle a dit “Moi, je fais mon retour sur route pour gagner dans les 3 ans le Tour de France femme.” Donc, on peut que la croire. Et quand tu connais le vélo, tu dis “Elle est la première année, si elle fait podium, c’est génial, c’est déjà spectaculaire.” avec son début de saison qu’elle nous offre. Euh et puis j’ai envie de te dire que j’ai que j’ai pris l’habitude quand même de tempérer mes propos même quand tu connais le vélo sur le bout des doigts. Bah quand tu as affaire à des fantastiques comme Pogchar, comme Mathieu Van Derpool, comme Pauline Ferr Prévau parce que je l’aimais aussi dans la catégorie des fantastiques tout comme Demy Volering, bah tu t’en perèds un peu tes propos parce qu’ils sont capables de tout. Voilà. Moi ce qui m’impressionne chez Pauline, c’est son mental, cette faculté à aller loin dans l’effort et puis de s’adapter hyper rapidement de VTT, tu reviens à la route et puis tu es déjà OK. Surprise Marion de d’avoir aussi fort déjà après quelques bois de compétition, je savais qu’elle allait récupérer son niveau parce que parce qu’elle a pas arrêté non plus la compétition, elle faisait des des compètes de VTT puis elle gagnait et puis et puis assez facilement. Donc son niveau, elle l’a toujours eu. Donc ça, j’ai tout le temps été persuadée que si elle revenait sur route, elle aurait le niveau requis pour performer. Mais aussi rapidement et puis sur tous les terrains, c’est ça qui est impressionnant sur les classiques, sur sur San Remo, elle est là sur l’estradé Bianqué, elle est là autour des Fland, elle va faire deux. Paris Roubé, elle va gagner. Non, elle est elle est vraiment impressionnante et tu vois en plus qu’elle s’épanouit dans cette formation Visma. Donc je l’ai vu je l’ai je l’ai vu à l’arrivée à Paris Roubé. Elle est vraiment très bien. Voilà, elle est heureuse de revenir sur la route. Elle s’épanouit dans son groupe et elle est déjà vraiment tournée sur l’objectif Tour de France. Est-ce que la victoire justement de de Pauline sur Paris Roubet c’est pas la meilleure nouvelle qui pouvait arriver au vélo féminin en France ? Bien sûr, bien sûr. Je pense que déjà le fait qu’elle annonce son retour à la compétition pour gagner le Tour de France Famme, c’était c’était déjà exceptionnel pour tous les gens qui aiment le vélo en règle générale. Pauline pour moi, elle dépasse les cadres du sport. Voilà, palmarès incroyable avec ce qu’elle a fait encore l’année dernière en remportant ce titre de championne olympique qui lui manquait finalement. Il lui manquait que ça. Euh et puis voilà, la a tout pour elle. C’est vrai qu’elle c’est un exemple vraiment pour les les jeunes filles qui seront là pour l’acclamer. Évidemment que c’est une très bonne nouvelle pour le développement du cyclisme féminin parce qu’on attend depuis tellement d’années un successeur à Bernardino que voilà, j’en parlais hier avec Christian et lui-même il le dit. C’est certainement du côté du cyclisme féminin qu’on aura un maillot jaune à l’arrivée. Et elle peut gagner dès cette année pour les différents priv ? Bah si je me réfère en me disant allez on reste prudent, ça va être compliqué cette année, c’est une année pour voir. Je pense qu’elle va arriver en tout cas en ayant aucune aucun stress. Voilà, son de toute façon sa saison, elle est réussie, elle a remporté des victoires de prestige. Donc je pense qu’elle y va vraiment en toute décontraction mais voilà, comme elle fait partie de la catégorie des fantastiques euh évidemment qu’elle sera dans le match et que tu ne peux pas dire J – 100 du grand départ qu’elle ne gagnera pas le tour de Françon avec Zift. Pour moi, c’est que du bonus en plus. Voilà, autant d’Em Volering, elle va arriver avec du stress parce qu’elle sait ce que c’est de gagner un tour de France femme. L’année dernière, elle le perd pour 4 secondes. Donc, elle arrive revanchard. Pour moi, elle arrive avec beaucoup plus de stress, beaucoup plus de choses à perdre qu’une Pauline fait en prévau qui découvre les routes du tour et qui en plus a réalisé un début de saison incroyable. Donc voilà, je pense qu’elle elle vise le podium mais connaissant le personnage voilà pour elle ce qu’elle intéresse c’est la victoire. On a une Bretonne qui a brillé sur le Tour de France l’an dernier. C’est Kbaul qui a gagné une génial. Qu’est-ce qu’elle peut viser cette année selon vous Marion ? Bah elle a changé d’équipe he à l’inter à l’intersaison. Elle a gagné un an de plus parce qu’elle reste quand même une fille très très jeune, donc elle a plus d’expérience et peut-être qu’elle croit un peu plus en ses moyens. Donc peut-être qu’elle visera certaines étapes qui peuvent lui correspondre en plus sur ce Tour de France femme et euh et j’espère que son équipe l’épaulera. Et puis pareil, je pense qu’elle arrivera avec pas une grande pression. Voilà. Donc j’espère la revoir aux avant-postes et puis elle réalise un bon début de saison aussi. En plus, il y a une autre bretonne qui sera au départ du Tour de France qui est jeune maman. C’est H Bian que vous connaissez bien. Ça ça on dit long du chemin parcouru par le vélo féminin. Oh mon dieu, ça a tellement évolué là ces 4 c dernières années. J’espérais vraiment qu’il y ait une évolution du cyclisme féminin parce que j’ai j’ai tellement moi-même galéré à pratiquer mon sport que que je suis ravie vraiment et contente sincèrement pour toutes les femmes maintenant qui sont sur un vélo. Et Odannic en plus je la connais depuis très longtemps. OD on a fait nos classes ensemble pratiquement. On a découvert l’équipe de France ensemble et et de la voir devenir maman et de continuer sa sa carrière, bravo ! Lizy Degnam avait été précurseur dans ce domaine. Le fait qu’il y ait aussi des congés maternité qui existent depuis 4 5 ans maintenant bah permet aussi aux athlètes de se dire que même quand on est cycliste professionnel ou athlète de haut niveau, on met pas ses rêves de maman de côté et qu’on peut allier les deux. Alors, je dis pas que ça doit être simple parce que je suis moi-même maman d’un petit garçon de 4 ans. Donc, chapeau à ces athlètes qui arrivent à gérer les les deux et j’espère la bah la retrouver évidemment au départ en plus chez elle en Bretagne, ça serait ce serait super avec le petit qui l’encourage sur le bord des routes. Et vous Marian, vous étiez coureuse donc de 2009 à 2015. Est-ce que vous reconnaissez votre vélo ou pas ? Bah, je le reconnais parce que parce que par la passion mais ça a tellement évolué. Moi, j’ai connu l’époque où on changeait au cul du camion. Je dormais que dans des internats. En fait, il y avait pas d’hôtel qui nous bah qui nous hébergeit le soir parce que parce que c’était des courses amatrice en fait hein. J’étais professionnelle mais il fallait que j’aille travailler et encore moi, j’étais une privilégiée puisque j’avais une convention d’insertion professionnelle, une CIP. Donc j’étais payé un temps plein et je j’allais travailler à mi-temps. Je travaillais dans une mairie à l’époque. Mais euh vous viviez du vélo ? Non. Non, parce qu’il fallait que j’aille m’entraîner en fait. Il fallait que j’aille m’entraîner et puis quand je suis devenue championne de France à Saint-Lau, en plus dans le nord, euh c’est de là en fait où on m’a contacté où Eurosport Guillaume Digraia qui était rédacteur en chef à l’époque d’Eurosport m’a demandé de venir voilà en qualité d’un d’invité pour raconter un peu mon mon parcours et et moi qui étais pas trop télé, pas trop à faire parler de moi, j’ai un peu hésité à dire oui, j’y suis allée et c’est de là que plusieurs semaines après, je l’ai revu sur le Tour de France Et où il m’a proposé ce rôle de consultante. Il venait juste de signer à l’instant euh David Moncoutier qui allait commenter la Velta et il m’a dit “Écoute, je trouve que tu te débrouilles vachement bien sur le plateau. Tu es à l’aise ? Est-ce que ça te dirait de commenter avec nous la Vta ?” Et à l’époque avec des années de recul, je me dis que j’ai été idiote de penser comme ça. Mais je me suis dit “Mais est-ce que j’accepte ? Est-ce que les gens, est-ce qu’ils sont prêts à entendre une voix féminine commenter du cyclisme masculin ? Ça c’était jamais fait. Donc j’ai hésité, j’ai réfléchi, j’y suis allée et puis bah voilà, pendant un certain temps, j’ai fait les deux. Ma carrière de cycliste, ma carrière de consultante et j’avais l’impression de faire bien aucun des deux en fait, aucun des deux rôles. Et en même temps, je voyais que je galérais parce qu’il fallait que j’aille travailler pour être payé. Et à côté de ça, j’avais on m’offrait presque un métier qui me plaisait. Je m’épanouissais de de plus en plus et ça restait ma passion. Donc j’ai pesé le pour et le contre et j’ai décidé ensuite d’arrêter ma carrière pour euh pour pouvoir vivre de ma passion. Mais quand vous êtes quand vous êtes champion de France, Marion, c’est enfin vous pensez même pas vous rêvez même pas de passer pro de choses comme ça si de vivre vraiment du vélo si fois il y en avait quoi 5 si à l’époque qui étaient payé dans le monde. Ouais pour faire du vélo. Donc en plus les courses étaient pas intéressantes à suivre he soyons honnête. Enfin, tu mets tu mets des amateurs dans un ploton professionnel, évidemment, ça va être compliqué pour eux de gagner. Donc les courses, c’était souvent les mêmes qui qui gagnaient. Donc pas très intéressant non plus à regarder. Personne personne ne ne parlait de nous. Enfin, moi je me souviens mes parents, ils devaient attendre que je les appelle pour savoir ce que j’avais fait comme résultat parce que on nous voyait pas la télé, c’est une chose, mais on avait pas non plus les résultats sur internet. Donc on part de très loin et on s’est dit ça stagnait quand même beaucoup et on s’est dit de toute façon notre seule issue, la seule chose à faire pour que le cyclisme féminin évolue vraiment c’est qu’il y ait une course de référence que les gens nous découvrent et puis bon bah la course de référence que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, c’est le Tour de France parce que la grosse force du tour c’est que ça parle à un public de connaisseurs évidemment qui regarde du vélo tout au long de l’année mais pas seulement des gens qui regardent pas forcément le vélo bah vont s’y intéresser parce que c’est le Tour de France, parce que c’est le grand événement, parce que c’est l’un des événements les plus regardés au monde parce que tu as la magie du tour qui opère, c’est pendant l’été, pendant les vacances des gens. Donc tu t’invites vrai directement chez eux. C’est retransmis dans plus de 190 pays dans le monde. Il y a la caravane, c’est festif. Ça passait par le Tour de France Fam. Et vous auriez aimé être coureuse en 2025 ? Ouais. Et oui oui, évidemment évidemment que si j’avais eu l’opportunité d’avoir ma carrière et de pouvoir aussi voir ce que je valais réellement en étant payé et puis en faisant que que ça, en ayant une structure pro, évidemment que j’aurais aimé le faire mais je suis pas du genre à vivre avec des regrets ou à me lamenter, à me dire “Oh, j’aurais aimé faire ceci, faire cela.” Je je mesure la chance que j’ai aussi aujourd’hui de pouvoir vivre de ma passion, de je me trouve aussi peut-être plus utile maintenant dans mon rôle de directrice plutôt que de faire un nombre dans un pleton. Donc non, voilà, j’aurais aimé évidemment faire la plus grande course au monde, faire un paris roubé, vivre le cyclisme féminin comme il est aujourd’hui. Mais voilà, je suis très contente aussi d’y participer de à ma manière. Marion, vous avez terminé 3e du Grand Prix de Plumle, là où va arriver la première étape du Tour de France cette année. Vous avez un souvenir de de ce jour-là ou pas ? C’est toujours ça a toujours été une course que j’aimais beaucoup parce que c’était une course en en circuit et Cadoud était très difficile derrière de Bretonnes. Derrière deux Bretonnes et puis Ode. Oui, c’est vrai. Et en fait, on était dans la même équipe hein cette année-là. Donc on avait vraiment fait la course d’équipe parfaite et euh si j’ai j’ai le souvenir du du podium et pour la petite anecdote, c’était David l’appartient qui était à l’époque président de de la Fédé qui était venu nous remettre les les trophées et ce matin, j’en ai reparlé avec David qui était là et que je croise régulièrement dans d’autres fonctions maintenant. Mais euh c’est c’est marrant justement de pouvoir y revenir sur une course qui a quand même compté pour moi où j’y ai mis souvent les pieds et de me dire que bah on va y repasser avec le la plus grosse épreuve maintenant féminine. C’est un beau clin d’œil et puis c’est aussi une façon de saluer le fait que c’était une coupe de France à l’époque que des petites courses bah ont permis aussi d’arriver à cet état du cyclisme féminin. Donc on a besoin de ces petites courses. On sait que c’est très dur actuellement parce que c’est souvent des bénévoles qui organisent que ça coûte très cher niveau sécurité. on l’a vu avec bah le l’étoile de baissège malheureusement et que nous on n’est pas les plus impactés parce que on est une grosse structure qu’on a la garde républicaine, on sait que ça coûte énormément d’argent mais on a la capacité de le faire ce qui est pas le cas de toutes les petites courses et pourtant Christian Pruddom parle souvent de la cette pyramide mais la base elle doit être solide donc on a besoin de toute cette petite course. Et le fait de revenir à Plumnec c’est aussi saluer ces courses qui existent toujours à l’heure actuelle. Quand vous étiez cycliste, Marion, vous vous imaginiez que le vélo féminin allait prendre une telle ampleur ou c’était impossible de de penser ça ? Oh, on venait tellement de loin que je je l’espérais, mais ça a mis du temps quand même. Ça a mis du temps et en même temps à partir du moment où on s’est vraiment donné les moyens de le faire, ça a été très rapide. Dès la première édition, on a eu l’impression de se faire accepter et de rentrer dans le quotidien des gens. C’est le tour de France le tournant. C’est ça. Comment c’est le Tour de France le tournant ? Il y a eu Paris, il y a eu vraiment Paris Roubé femme aussi où ça a été en plus une course de guerrière faite sur des pavés mouillés et le Tour de France dans la foulée parce que tu parles à un public très large et le Tour de France enfin tu imagines une course de filles retransmis dans plus de 190 pays dans le monde pour 2h30 de direct tous les jours sur des chaînes nationales ? et on nous offre quelque chose. Enfin, on nous offre, j’ai pas envie de dire offre parce que c’est pas un cadeau qu’on fait aux championnes. Si elle nous montre pas sur la première édition que c’est beau à regarder, qu’il y a du spectacle, la deuxème année, on repart pas. Donc on leur offre pas. Mais on nous a donné en tout cas, on leur a donné l’opportunité de montrer ce qu’elle valait sur un vélo. Elles ont répondu à la et après c’était parti. Et c’est quoi votre meilleur souvenir pour l’instant en tant que patronne du Tour de France ? Oh, j’en ai j’en ai beaucoup. Le premier départ sur les Champs-Élysées, c’était beau parce que on sentait vraiment que il y avait un truc qui se passait vraiment. Il allait avoir un avant et un après Tour de France femme avec Zwift et moi j’ai je l’ai vécu vraiment comme ça. L’année dernière aussi c’était vraiment pas mal de suivre cette dernière étape dans la voiture arrivé au sommet de l’Alpe Monté mythique demi Volering Ney Doma. Il y avait dans ma voiture Bernard Tvenné à l’avant. magnifique pour suivre la course. Et juste à côté de moi, il y avait Christian. Donc on avait vraiment trois passionnés de vélo dans la même voiture. Et en fait le scénario de course, il changeait toutes les 5 minutes. Toutes les 5 minutes, on disait bon allez voling elle a gagné. Ah non, finalement c’est Neyad Doma. Ah ben non, c’est donc c’était complètement fou. Donc avec le recul par exemple, on se demande comment on a fait sur le Tour de France féminin pendant toutes ces années-là quoi. Enfin ça ah on s’est vite habitué mais on s’habitue vite aux bonnes choses. Donc c’est plutôt c’est plutôt bon signe. On voulait péréniser la course. Il y a eu des tours de France femme qui existaient avant nous et forcé de constater que c’était pas la bonne formule puisqueà chaque fois on mettait la clé sous la porte. Donc on savait vraiment qu’il fallait réussir et on s’est donné les moyens. Euh moi quand Christian m’appelle pour me proposer ce rôle de directrice, j’y vais parce que je sais qu’ils vont mettre les moyens pour que ce soit un vrai Tour de France et qu’on allait reprendre les mêmes codes. Ça marche aussi parce qu’il y a la caravane, ça marche aussi parce qu’il y a les villages départs, ça marche aussi parce que on fait des courses de draisienne pour les enfants, parce que les collectivités ont envie de nous accueillir. Il y a tout ça qui fait que que ça marche en plus de la la course évidemment et des championnes. Donc j’y suis j’y suis allée avec l’assurance de du savoir-faire aussi d’Armoris pour organisation. Et vous vous souvenez de du jour où Christian vous appelle justement pour vous proposer ? Ouais, je m’en souviens. Je m’en souviens parce que en plus j’étais j’étais enceinte, j’étais bien enceinte même. Et donc il m’appelle et voilà Christian, on s’entendait déjà très bien. Je me souviens qu’on avait même été en contact quand France Télévision m’a contacté pour passer consultante d’Eurosport à France Télé. Voilà, Christian, ça a toujours été quelqu’un en qui j’avais confiance et en qui je demandais voilà certains conseils. Et quand il m’a appelé, je savais que c’était dans les tuyaux qui allait avoir ce renouveau du Tour de France Famis pas forcément à moi comme directrice et donc on en parle. Ils sont venus me voir ensuite à la maison directement donc Christian et Pierrive Touvau qui sont son adjoint et puis voilà on a parlé. Je voilà, je leur ai dit aussi que il fallait ce Tour de France femme et que si on le faisait, on le faisait à fond quoi. Et voilà, après c’était parti et ça fait la 4e édition et on s’imagine plus. C’est vrai. Et quand vous étiez coureuse, c’était quoi vos projets d’aprèscarrière justement ? Ça du coup ça s’est fait un peu en douceur parce que comme j’étais toujours cycliste et que je commentais pour Eurosport, je me suis imaginé tout de suite consultante. Après, c’était pas la médiatisation, c’est pas ce qui me faisait rêver. J’étais même plutôt timide et je je détestais qu’on parle de moi. Donc c’était même un peu à contre contre nature. Et puis bahà ce rôle de directrice de cours, c’est aussi à la à la rencontre des des médias. Et c’est vrai que mon rôle de consultante m’a aidé aussi dans ma fonction de directrice de course parce que la première année, on connaissait pas les championnes. Donc il fallait avoir aussi une voix connue pour euh et puis qu’elle sache de quoi elle parle. Donc moi, j’avais galéré sur un vélo, je savais de où on partait pour le cyclisme féminin. Il fallait connaître aussi la façon de travailler des médias, savoir porter les bons messages. Donc la première année était très importante et ensuite évidemment c’était les championnes qu’on qu’on voulait avoir mais non, je m’imaginais pas forcément avec cette après carrière qui est au-dessus de mes de mes espérances. Moi, je viens du nord dans une famille où en fait on connaît personne dans le vélo. Enfin, j’ai pas été pistonnée, j’ai pas Mon père était conducteur d’engin, ma mère était secrétaire dans une école. Donc voilà, j’ai j’ai été habitué et élevé avec un papa qui se levait tous les matins à 6h ou voire même à 5h, qui faisait un métier qui était très difficile physiquement parlant. Il revenait, il avait mal au dos, l’hiver, il faisait très froid, l’été, il faisait très chaud dans sa machine et pourtant, il se plaignait jamais. Donc à l’heure actuelle, on a des journées qui sont denses, mais je mesure la chance que j’ai d’avoir la chance immense de vivre de ma passion. Et justement Marion, vous êtes directrice du Tour de France, consultante, vous avez votre émission de télé, vous êtes maire de famille, mais comment vous faites pour tout conseiller ? Bah, je fais ce que je peux, je fais pas tout à la perfection. Honnêtement, Nino m’a aussi, donc mon fils de de qui va avoir bientôt 4 ans m’a aussi beaucoup apporté parce que dans une vie où on veut que tout aille vite, il m’a appris vraiment euh la patience euh et c’est c’est exceptionnel. Et puis aussi à remettre tout dans son contexte, des choses qui pouvaient prendre une proportion assez énorme avant. J’arrive vraiment à peser le pour et le contre et puis à me dire “OK, en fait ça ça s’est pas passé comme prévu mais c’est pas grave parce que c’est pas la vraie vie.” Donc voilà, ils mettent beaucoup dans ce genre de choses et je fais du mieux que je peux. C’est bah un peu comme une équipe de vélo hein, c’est d’être bien entouré. Donc j’ai la chance aussi de pouvoir compter sur mes parents, ma mère qui est à la retraite et qui bah qui est beaucoup là pour mon fils. Voilà, elle sera là à la flèche wallonne pour voir papa et maman sur le le bord des routes. Euh et puis et puis ensuite c’est d’être tout le temps parti. C’est vrai. Voilà, j’ai des journées parfois qui sont qui sont marathon mais c’est presque un peu naturel pour moi parce que j’ai tout le temps été parti depuis toute petite. J’ai commencé la compète, j’avais 6 ans donc c’était tous les weekends d’aller à droite à gauche. Ensuite c’était voyager beaucoup et puis et puis puis finalement ça reste mon domaine de prédéli le vélo. Donc voilà, même si je commente pas les courses de vélo, je les regarde à la télé. Je me souviens quand j’étais toute petite finalement j’étais déjà consultante presque dans mon canapé parce qu’onait les courses avec mon père et c’est lui qui m’a tout appris. C’était qui vos idoles d’ailleurs ? Mes idoles à l’époque moi j’aimais bien les sprinters. Éric Isabelle Mckwen et après j’étais fan de Tom Bonon. Je me souviens, j’étais j’étais petite, j’avais quoi ? 10 10 11 ans, tu regardes Paris Roubé à la télé puis bah après tu prends ton vélo, tu vas t’entraîner puis tu t’imagines être ton bonhomme. Donc c’est pour ça que ça me touche aussi parce que moi quand j’étais petite, je m’identifiais à des à des hommes et maintenant je me dis que c’est chouette quand même de d’offrir la possibilité à la petite fille que j’étais de se dire bah je prends mon vélo et j’ai envie d’être Pauline Ferr Prévot, j’ai envie d’être Demy Voling, j’ai envie d’être Neyadoma. Ça franchement ça ouais, j’en suis fière. On vous reconnaît plus pourquoi pour votre rôle de directrice sportive de consultante 50 comment c’est euh pour tous mes rôles en fait j’ai l’impression que tout euh tu es directrice du Tour de France Fam toute l’année, tu es consultante toute l’année, c’est c’est marrant parce que tout se lit à la perfection, j’ai l’impression. Voilà, moi quand je suis pour France Télévision et que je commente en cabine, quand je descends, il y a souvent le maire de la ville qui vient me voir et qui postule, qui candidate pour une étape du Tour de France Femme. Donc je compte pas en nombre de jours. Voilà, j’ai j’ai l’impression un peu de dédier ma vie au vélo tous les jours. Tous les jours de l’année. Vous arrivez des fois à déconnecter justement du vélo ? Ouais, mais je ressens pas non plus la forcément le sentiment de vouloir déconnecter, de rentrer chez moi et d’être épuisé, de me dire euh je veux plus entendre parler du vélo. Non, parce qu’en fait quand je rentre à la maison euh euh voilà, je retrouve mon concon euh familial. Évidemment, quand un petit 4 ans, c’est beaucoup de travail. C’est peut-être même mon métier le plus dur, c’est d’être maman et de vouloir élever au mieux mon fils. Mais du coup, je ressens pas ce besoin de couper, de m’enlever de ce monde du vélo. Donc voilà, ma vie elle est elle est elle est fournie, elle est dense. J’aime bien les choses assez simples. J’adore aller marcher, j’adore aller au restaurant, j’adore voilà me mettre devant un bon film. Ça c’est c’est mon plaisir à moi et ma façon de déconnecter. Et vous faites du vélo toujours. Alors si la chose que je fais que je déconnecte parce que bon pardon journaliste mais des fois je réponds pas mon téléphone. Je laisse de côté parce que je dis bon allez je coupe parce que sinon je coupe jamais. Et le vélo vous en faites ? Le vélo, j’en fais toujours. J’ai j’ai un besoin en tout cas, je fais du sport euh dès que j’en ai l’occasion, que ce soit de la gym, que ce soit euh euh du vélo, que ce soit de la course à pied. Alors, ce qui est assez euh étonnant, c’est que je suis un peu plus libre d’en pratiquer l’hiver. Donc bon, du coup, je me tape un temps un peu pourri et euh dès que la saison, elle redémarre, c’est compliqué pour moi de pouvoir rouler euh euh faire quatre tr quatre sorties par semaine. C’est compliqué parce que je suis tout le temps parti, mais dès que je suis à la maison, plus de 2 jours, je prends le vélo et j’y vais quoi. Donc là, au mois de mai, euh début mai, je compte bien prendre mon vélo, reprendre le vélo. Une dernière question, il y a un bruit qui c Marion, c’est on parle beaucoup de la de la succession de Christian Prudom, le directeur du Tour de France masculin. On parle de vous pour lui succéder. Est-ce que ça pourrait se faire ou pas ? Non, je me je me pose pas la question parce que c’est vrai que Christian est tellement bon en plus dans son rôle que c’est difficile d’imaginer peu importe qui ce sera quelqu’un le remplacer parce que tu as l’impression que enfin il mexplique c’est vrai que c’est pas un métier en fait d’être directeur de course. C’est presque une mission qu’on te qu’on te donne et tu es là pour porter les ta on est des vrais passionnés, des des vrais amoureux de de notre sport tous les deux. Mais Christian, il fait avec moi et c’est lui-même qui me le dit, ce qui a été fait avec lui, avec Jean-Marie Leblanc, qu’ avait pris un peu sous son aile et qui lui a montré ce que c’était que ce rôle de directeur de de course. Donc voilà, il m’a beaucoup beaucoup épaulé. Hier, il était là avec moi et on s’entend très très bien, mais on a jamais parlé de de quoi que ce soit. Je me permettrai pas non plus de lui parler de de sa retraite parce que on en rigole même entre nous en disant avec un déambulateur, je serai je serai encore là. Donc non, c’est pas du tout une question que que je me pose. On verra. Mais en tout cas, moi je m’épanouis pleinement pour l’instant dans mon rôle de directrice de de course du Tour de France Fam avec Juif. Donc on en a jamais parlé et c’est pas une priorité pour moi. Merci beaucoup Marion. On se retrouve bientôt en Bretagne du coup. Alors c’est vrai que ça va venir très rapidement et on vous espère très nombreux au départ de Vanci le 26 juillet. Merci pour tout Marion. Merci.

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