📝 Présentation : Alors que les philosophes et les géographes questionnent l’urbain au prisme de la notion de genre depuis deux décennies, les architectes et les urbanistes ont laissé ce sujet complexe à la marge. En effet, si la présence des femmes au sein des métiers de l’architecture et de la ville constitue un sujet sociologique bien abordé, et nécessaire, qu’en est-il de la ville et de l’architecture du point de vue du genre ? Le genre, peut-il se réduire aux catégories (les femmes, la communauté LGBT…, le queer) ou constitue-t-il un prisme d’observation d’une manière inédite de penser, fabriquer, vivre l’urbain ? Ce changement de point de vue, non plus sur, mais par et avec le genre, demande à repenser les outils de la fabrique urbaine.
📖 Conseil de lecture : Vers un design des milieux. Métamorphoses contemporaines des projets et leurs territoires. Hermann, Paris, 2024.
🛐 SOMMAIRE :
• Introduction : parcours et déclencheur de la réflexion genre‑ville
• Approche écologique / design des milieux
• Représentations : la ville comme langage symbolique
• Jalons historiques (1970‑1990)
• Vienne, laboratoire pionnier
• Diffusion européenne et politiques publiques
• Design participatif : inventer les instruments de la communication
• Le cycle « La ville au prisme du genre » (2022‑2024)
• Vers un genre au prisme de la ville : les middle spaces
• Ouverture et perspectives
🙋 Antonella Tufano est Professeure des Universités et HDR Université Paris 1, Architecte-urbaniste. Ses travaux et recherches croisent deux interrogations : la première porte sur les effets de la transition écologique dans la théorie du paysage, du milieu et de l’anthropocène ; la seconde, sur les processus de projet et les pratiques de design à l’aune des métamorphoses contemporaines. Depuis décembre 2021, elle est la directrice de l’École des Arts de la Sorbonne (Paris 1 Panthéon Sorbonne, UFR 04) ; elle propose, par ailleurs depuis deux ans, avec Fiona Meadows, un cycle intitulé La ville au prisme des genres à la Cité de l’Architecture, à Paris.
🗣 Conférence donnée dans le cadre de L’Abécédaire des Rencontres de Sophie, “Féminin / Masculin ?”, 15-16 mars 2025, ENSA de Nantes
✅ Livret de présentation de L’Abécédaire des Rencontres de Sophie des 15-16 mars 2025 ENSA de Nantes https://urls.fr/TksU4t
✅ Programme des rencontres de Sophie et des prochaines diffusions http://philosophia.fr/2025-feminin-masculin
✅ PlayList de conférences déjà diffusées https://www.youtube.com/watch?v=73nESeDXr0w&list=PL2d4vA4vfs7-VtpTLd1sJV1bF5Y7-R19_
✅ Diaporama souvenir des Rencontres de Sophie 14-16 mars 2025 https://urls.fr/1l1K4e
✅ Page Facebook https://www.facebook.com/lesrencontresdesophie
📍 Lieu : ENSA Nantes 6 quai François Mitterrand BP 16202 44262 Nantes https://www.nantes.archi.fr/les-rencontres-de-sophie-2
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[Musique] Merci à Maë, merci à Maë Tessier, architecte, à l’école d’architecture, à l’association philosophia. Je suis particulièrement heureuse d’être ici. Donc on va partager ensemble un petit ton qui sera certainement moins structuré que tout ce qu’on a eu jusqu’à maintenant. C’est c’était vraiment des des très belles et très très riches conférences universitaires. Moi effectivement, je suis un peu, on va dire comment dire, je je suis professeur d’université mais par mon parcours et je vais peut-être commencer par là euh j’ai eu des voilà je j’ai eu un parcours qui n’était pas linéaire, on va dire on va dire comme ça. C’est bien la raison pour laquelle à un moment donné je suis arrivée à me poser la question du genre euh qui est effectivement lié à celle de la femme euh et que à un moment donné on a décidé de je vous dirai d’ailleurs quelles ont été les conditions qui ont fait que on a fait ce séminaire donc à partir de 2022. Alors comme Maë Oui, c’est bien. Alors comme effectivement Maë l’a dit, à un moment donné, j’ai abandonné donc je suis architecte urbaniste de formation et effectivement aussi la la question du paysage que tu as évoqué est importante, c’est que elle a été vraiment formatrice pour pour moi effectivement c’était mon doctorat qui était plutôt en esthétique voilà euh l’esthétique du paysage qui allait très bien quelque part avec l’architecture parce que les deux et c’est peut-être ce que je vais malgré tout essayer de défendre. La question quelque part de la femme ou du genre dans la ville et dans l’espace public est une question et on va en parler qui a été abordée effectivement par les géographes, par les philosophes. C’est une question de norme aussi mais c’est aussi une question de représentation. la représentation euh qui est celle qui est le propre quelque part euh de entre guillemets nos discipline celle de faire des images, produire des objets, produire des architectures. Donc dans ce cheminement, j’ai euh bon eu deux rencontres qui sont des rencontres disciplinaires mais également des rencontres de personnes. Donc une rencontre quelque part avec euh quelqu’un que vous avez écouté la dernière fois, Christeness. Et donc toute la culture que j’avais du paysage qui était, je veux pas rentrer dans les détails, mais vraiment de l’esthétique au sens de construction culturaliste d’un objet à travers au prisme d’une représentation et donc même l’architecture a été vraiment profondément sére avec Chris et et Augustinberg aussi. J’ai travaillé avec d’abord avec Augustinberg, ensuite avec Christas sur la question des milieux et de quelle manière ça venait remettre en discussion ce qu’on avait l’habitude d’appeler la culture projet. C’est-à-dire que peut-être cette question du projet qui est entendu dans une forme de dualité profondément moderne, le proyectum méritait d’être requestionné. Et c’est vrai que je me suis répliée donc par cette rencontre des milieux qui portent l’écologie vers la question du design entendu vraiment comme une culture. Je vais y revenir peut-être à la à la toute fin de de cette présentation comme une forme de culture qui permettait les croisements et les interactions. Donc ça c’est la première chose. peut-être juste pour le situer par rapport au genre. Pourquoi moi j’arrive au genre ? Parce que effectivement je ne suis pas une géographe spécialisée. Euh je ne suis pas une philosophe même si j’ai travaillé donc avec deux plusieurs philosophes euh mais deux essentiellement quand même qui m’ont formé. Euh donc effectivement, ça vient du fait que très tôt euh je me suis intéressée à ce que vous pouvez voir là, c’est-à-dire une manière d’entendre le territoire qui ne se fait pas par des objets disjoints et surtout qui ne se regarde pas comme on le fait d’habitude dans les projets même que j’ai appris à faire par le plan. C’est-à-dire que c’est une approche he voilà, c’est une approche profondément écologique qui mérite donc de questionner le socle, le sol, ce qu’il y a entre les deux et puis en effet ce que l’on peut voir. C’est-à-dire qu’on est dans des représentations en coupe qui sont celles que vous connaissez peut-être les architectes de Guedes qui avaient été un peu oubliés et qui sont revenus dans les années 60. et puis qu’on retrouve aujourd’hui et c’est tout à fait heureux. Et donc euh dans les années 60, elles ont été retravaillées aussi à la jonction avec autre chose qui était la question effectivement des flous invisibles de la ville. Donc avec je veux pas rentrer trop, je vais très vite, tu me dis d’ailleurs voilà, je te fais confiance. Donc euh en effet, il y a deux choses qui se dans ces flous non visibles de la ville. Il y a la question écologique des énergies et je dis bien les énergies et pas l’électricité parce que c’est une vraie réduction. L’énergie c’est aussi quelque chose de matériel qui anime la ville et la question politique de la participation. Et donc tout ça, c’est vraiment une réinterprétation qui se fait dans les années 60-70 aux États-Unis. qui arrive en France et en Europe par le biais de personnes comme Laurence et Anna Alprin et du coup qui va être vraiment la base de quelque chose qui qu’on va appeler le métabolisme urbain. Et à partir du moment où on considère cette forme vraiment holistique, c’est sûr qu’il faut considérer toutes les différences, c’est-à-dire que on se sépare d’une notion globalisante et mondialisée pour aller regarder dans le détail qui sont quels sont toutes les personnes ou les éléments qui vont composer effectivement cette mosaïque urbaine. Alors, je juste montre l’image, je ne la commande pas. C’est effectivement Laurence Alprine euh qui résume l’urbanisme à un fossile dans lequel quelque part on s’édimente. Nous sommes en 68. Ce sont des expériences qui sont conduites entre 66 pardon. Voilà, je pensais l’avoir enlevé déjà. Voilà. Donc c’est ce qui va arriver et je vais effectivement m’arrêter là pour on va dire pourquoi j’arrive au genre à cette question du design milieux qui finalement est une manière de dire le projet est pensé comme une forme de savoir de l’architecte ou de l’urbaniste ou de l’ingénieur qui ensuite l’impose. Alors que cette notion de design du milieu permet d’avoir ce que j’appelais à l’époque des interrélations, c’est-à-dire comment les choses, le matériel et l’immatériel, les échelles d’ù la question de la scalarité jongle tout ensemble. Et à partir de ça, effectivement, j’ai retrouvé ça mais d’une manière tout à fait différentes euh en travaillant avec euh des designers hein. Donc ce sont les cisements hein, voilà. Et c’était très drôle parce qu’ils ont produit euh leur manière de voir de faire de l’architecture, du design de l’urbanisme avec ce qu’ils appellent un climat de soin. Exactement avec la même forme de fossile sans savoir il connaissaiit pas l’image des des Alprines. Donc il y a là quelque chose qui est intéressant dans cette manière de sédimenter, de mettre ensemble et effectivement d’inclure par exemple également non seulement la question de l’environnement de la société mais même la question de la place de la femme qui est entendu comme effectivement l’acteur d’une militance politique et aussi d’une militante ou militantisme écologique. Alors, comme je le disais tout à l’heure, les représentations sont importantes. Je tiens beaucoup. Donc moi aussi euh alors je ne suis pas je j’aurais dû peut-être préparer quelque chose qui parle exclusivement de la France, mais c’est vrai qu’il y a quand même euh une très grande influence de la culture américaine des années donc de la counterculture américaine dans les années 6070 sur ces histoires de création alternative de la ville. Donc il y a un article qui est vraiment très important Doloreside 1977 donc Skyscraper Seduction Skyscraper Rape c’est extrêmement fort parce que c’est ce que je disais tout à l’heure sur la question des représentations. La représentation, on peut la considérer de manière anodine, mais non, elle est chargée de sens politique et la ville que nous construisons, elle est certes l’architecture enfin vous le connaissez, vous connaissez ces processus très très bien mais au final c’est un ensemble de signes dans l’espace urbain avec quelque part leur pouvoir d’imagination et puis aussi ce sont des marqueurs. Donc effectivement construire la ville moderne telle qu’elle a été construite correspondait aussi à dérouler quelque part un discours qui était produit par des hommes, pour des hommes et dans lesquels quelque part on on négligeait euh on va dire l’autre composante du travail qui était effectivement les femmes. Je fais juste un commentaire sur cette slide pour dire je ne parlerai pas des femmes architecte. C’est-à-dire parce que effectivement c’est c’est je voulais quand même saluer le fait que depuis quelques années, il y a une vraie reconnaissance pour les femmes architectes. Il y a de plus en plus de femmes architectes. Même si je le dis au passage, je regrette toujours le fait que par rapport aux 80 % d’étudiantes en architecture, il n’y a au final que 20 % de femmes qui sont HM ONP avec une agence, c’est donc effectivement euh signant leur projet, c’est encore quelque chose. Voilà. Mais je ne rentrerai pas dans cette chose-là. Je effectivement euh je trouve que les images sont fortes. Donc celle-là de Chila Lèvrand de Breteville, je la trouve extrêmement drôle de la femme qui quelque part avance sur ce terrain et qui fonctionne presque comme un outil. Mais mais voilà, après c’est une image là, il faut laisser parler l’image. Alors par contre, je commence à à rentrer dans quand même dans la question de la femme et de la ville. Là aussi, il y a peut-être pour moi, alors là, c’est vraiment les les choses qui m’ont marqué. Euh bon, je commence par celle que j’ai pas connu personnellement. Donc 77 toujours, c’est une date vraiment importante, même si je connais pas les raisons pour lesquelles, c’est une date importante, mais il y a euh la première exposition qui se consacre au à ce sujet de la femme, donc la la femme dans l’architecture américaine. a les deux volets, c’est-à-dire à la fois la femme maître d’œuvre, on va dire, et puis la femme par rapport à une notion de spatialité euh qui lui serait propre. C’est un travail tout à fait précurseur de Susanator qui fait ça en plus avec sa culture qui est aussi une culture euh qui n’est pas comment dire qui une culture migrante hein quelque part. Donc en effet, elle pose deux questions qui pour moi sont encore actuelles et par rapport auxquelles je ne prends pas euh position parce que c’est ce qui a animé exactement euh le la le cycle euh la la ville au prisme du genre. C’est-à-dire on s’était posé la question est-ce qu’il y a des espaces qui finalement sont connotés féminins et masculins ? question et vraie question parce que voilà et d’autre part est-ce que le fait qu’une femme fait de l’architecture est-ce que ça implique qu’on a des espaces différents et pour quelle raison ? Alors, je pense que cette deuxième hypothèse, elle est intéressante à la condition de dire qu’elle n’est pas comment dire essentialiste. Il n’y aurait pas une manière spécifique d’être femme et de faire un espace pour les femmes, mais que raison de toutes les influences, les cultures et tout ce qu’on porte comme histoire personnelle et la question effectivement biographique est tout à fait importante. On a quelque part on fait un espace qui n’est pas tout à fait le même que celui des hommes avec quelques exceptions mais qu’on peut toujours après interpréter. L’autre moment important parce que ça ce sont des recherches, une chose c’était une exposition. Ce n’est pas en audin euh parce que le fait de passer de la chose implicite à l’exposition qui permet de voir, ça raconte beaucoup de choses y compris politiques dans l’existence de cette question. L’autre moment, c’est 94, euh une grande réunion de l’DE à Paris euh donne les euh procing, les comment ça s’appelle ? les les résultats. Voilà, c’est voilà euh c’est effectivement ce qu’on voit là, c’est la première tentative de donner une place et même des mesures pour permettre de parler de cette question de la femme en ville. Et la conclusion de ce rapport, c’était le terme qui me manquait, c’est que en effet, il y a des petites expériences et qu’il faut les partager. C’est ça la chose la plus importante. Comme je vois que le temps passe, je vais beaucoup plus rapide pour dire que effectivement il y a la question donc quand on est architecte, qu’est-ce qu’on fait ? On va voir qui a travaillé sur le sujet. Donc effectivement, on découvre les philosophes, je les cite même pas parce que ça fait partie de quelque part de mes rencontres et voilà, ça fait partie de mes rencontres. Ensuite, il y a les géographes et c’est tout à fait intéressant le travail des géographes parce que cette question de essentiel de l’essentialisme ou pas, il se la pose avec des points de vue extrêmement différents. Ce qui est tout à fait intéressant donne ces ces travaux, ce que j’en retiens moi comme architecte, c’est que quelque part ils mettent un en visibilité la question d’abord de la femme, ensuite la question du genre que cela donne lieu à une pensée qui croise différents aspects. Donc ça me convenait tout à fait quand je réfléchissais à cette question de métabolisme élargi et puis autre chose et c’est dans le livre sur lequel si vous voulez on peut revenir tout à l’heure de Guy Diméo une posture intéressante en disant de toute manière il faut aussi se résigner à une forme d’expérience individuelle il fait l’exemple effectivement de trois femmes autour de lui de trois femmes qui font partie de sa vie qui ont eu donc c’est sa ses deux grand-mères et puis sa mère qui ont eu des histoires tout à fait différentes dans la même ville de Bordeaux. Ce qui est intéressant de ces travaux, c’est que ils ont été le lévier pour impulser des politiques publiques et je vais y revenir tout à l’heure effectivement dans la ville de Bordeaux depuis une bonne vingtaine d’années. Une autre chose comme ça a été dit tout à l’heure, il y a presque une association évidente entre les femmes, l’architecture et l’action militante. Donc dans les publications qui sont encore une fois il y a quelques publications françaises mais c’est ça reste le gros de la production. Elle est vraiment américaine. Cette question du féminisme, elle est tout à fait revendiquée et moi je la trouve tout à fait intéressante parce que ça introduit quelque chose qui me parle comme architecte et là aussi je on pourra en rediscuter. Voilà, c’est une forme de matérialisme, une forme de matérialisme qu’il faut réintroduire dans une pensée qui a tendance à devenir abstraite. C’està-dire, il y a non seulement la question effectivement du signe, mais également celle de l’impact spatial de l’objet matériel qui est produit par les designers, les architectes, les ingénieurs, les urbanistes. Autre chose, mais ça comme vous aurez en plus Catherine Larire dimanche, euh c’est extrêmement important parce que comme il y a la question militante, il y a la question de l’écologie qui va avec. C’est-à-dire, on peut pas penser la question de la femme et du genre dans la ville, dans l’espace de la ville si on pense pas la question de l’écologie. Je vais peut-être y revenir tout à l’heure. Donc expérimenter, je vais dire un mot parce que la question de l’expérimentation, je le disais tout à l’heure, elle est fondamentale. C’est-à-dire je pense que par rapport à toute et ça c’est quel ça remet en question notre manière de construire la théorie de l’architecture et c’est la raison pour laquelle je l’ai abandonné. J’avais besoin de l’abandonner à un moment donné, c’est que finalement on part d’un cadre normé qui a été euh transmis depuis des siècles avec les manuels, les normes et à un moment donné, il fallait sortir. Donc la question d’expérimentation et est venue à moi par une chair. Je dis quand même que c’était fait avec Patrick Bouchan et la prof par 7 parce que ça a son sens surtout ici. Et et quelque part ça nous a obligé moi du point de vue plus théorique et mes collègues à se dire est-ce que finalement il ne faut pas oser l’expérimentation à la condition que ce soit expérimentation et non expérience. C’est-à-dire on fait beaucoup d’expériences effectivement en architecture dans toutes les disciplines mais on n pas eu la capacité quelque part à savoir ce qui était transférable dans cette expérimentation enfin dans cette expérience et donc on a laissé quelque part tomber les acquis. Or, l’urgence avec euh une série de questions comme celle du genre est de dire qu’on a une expérience, on fait trésor. Donc le trésor c’est Vien euh la fin des années 80. Euh alors euh je citerai un nom mais en effet c’était vraiment une pensée collective viennent on on a perdu la mémoire de ça mais en 1922 on avait déjà imaginé non seulement euh des habitations pour les femmes. Ça, on l’a beaucoup fait en France, les palais des femmes avec une, comment dire, une vision euh comment dire de de bien-être et puis euh volonté sociale essentiellement. Là, l’idée était construite par des femmes en 1922. Donc il y a eu la première expérience qui a été évidemment vous connaissez l’histoire politique de l’Autriche totalement oubliée et elle commence à ressurgir dans les années 50 60 et dans les années 80 on se dit mais en effet voilà ça fait histoire et première chose on fait une exposition qui s’appelle je je vous épargne mon allemand à qui appartient la ville et dans cette exposition il effectivement il disent bah finalement c’est une question de femme. Alors je vous l’ai citer tout à l’heure euh comme Fabienne Brugè donc j’amène le livre. Voilà en effet la question de la femme j’interprète donc j’interprète peut-être mal la question de la femme elle est importante parce qu’en effet elle porte tous les autres. En parlant de la femme on peut parler de toutes les minorités en parlant de la femme on peut parler de la question transgénérationnelle. En parlant de la femme, on peut parler de la question interculturale. En effet, c’est vraiment quelque chose qui permet de réembarquer et de représenter cette complexité urbaine. D’abord, une exposition et puis ils se disent “Ah bah peut-être on va faire plus que ça. On va inventer un dispositif qui est le Fragen Bureau, donc le bureau des femmes qui va sortir de de du gros bureau d’aménagement extrêmement puissant à Vienne et qui va faire quelque chose qui est, on va dire déjà montré que les femmes existent dans la ville, que elles ne sont pas que des stéréotypes. par exemple, les femmes peuvent prendre possession de la ville, mais il y a des spécificités. Euh, une mère avec un enfant traverse la rue euh certainement en moins de temps que un adulte plutôt jeune athlétique. Donc, sans faire de grandes différences, le fait de se rendre compte de ces différences réelles, ça permet de penser la ville différemment. Et la question du logement, on peut la penser de la même manière et c’est à partir de cet aller-retour tout à fait intéressant entre l’espace domestique, l’espace extérieur par étape, qu’on construit quelque chose qui a effectivement pionné et qui va être représenté par des logements euh qui effectivement mettent alors déjà euh je vais voilà Euh du point de vue déjà de la mise en œuvre, on dit il y a de la promotion classique, c’est-à-dire on fait différentes choses. On fait de la promotion classique avec ces on va dire c’est ces euh quelques quelques critères. Donc effectivement la place qu’il fallait accorder au logement, la possibilité de s’ouvrir, d’avoir des passages en douceur vers l’extérieur, d’avoir la possibilité d’avoir des espaces d’intimité. Donc toute une série de critères, on propose de le faire avec euh promotion classique, avec une forme de participation des habitants et puis avec quelque chose d’extrêmement euh, on va dire contre euh les lois que par des femmes avec des femmes. Ça va être l’expérimentation rosa qui va être mise en place et qui est celle hop voilà qui va donner lieu aux expérimentation plus intéressante du point de vue typologique. C’est-à-dire que quand vous mettez autour de la table un maître d’œuvre femme avec un maître d’ouvrage femme parce que là c’est Eva Kyle qui était maître d’ouvrage et un groupe de femmes. les faits, il y a des idées spatiales qui sont nouvelles, mais c’est pas nouveau parce que c’est des femmes, c’est juste parce qu’on donne la possibilité de les exprimer alors qu’avant on le faisait pas. Et donc voilà, on crée ce dispositif un tout petit peu particulier qui va donner lieu euh voilà ensuite à des logement euh qui servent aussi un peu comme préfiguration, je le mets pas pour les questions intergénérationnelles parce que pour le coup on s’accorde vraiment des espaces où on peut trouver le temps de cuisiner ensemble. La cuisine est intéressante, j’aurai pas le temps d’en parler mais peut-être on va y revenir dans dans les questions. Donc on crée vraiment un modèle et c’est à partir de ces expériences qu’il y a effectivement une série de critères et puis euh le le premier gender mainstreaming qui est on va dire un comment dire un service de l’aménagement consacré tout particulièrement au gender sensitive et qui existe depuis 30 ans, c’est le plus ancien en Europe et qui aujourd’hui lui connaît son édition. Voilà, là je je je mets quand même je pas résister à mettre parce que quand même c’est une grande figure de la maîtrise d’ouvrage. Il y a très peu de femmes mettre d’ouvrage. Voilà donc ça devient de plus en plus euh comment dire construit à partir de ces expériences. C’est à partir de l’expérience. C’est pour ça que je dis ça fait trésor. Il y aillou dans les années un tout petit peu plus tard à la fin des années 90 et puis au début des années 2000 euh en 2004 euh la charte européenne pour l’égalité euh qui euh a été ratifié par différentes villes. Je vais y aller très vite parce que je pense qu’il me reste à peu près un quart d’heure et j’aimerais bien dialoguer avec vous. Euh c’est extrêmement intéressant parce que certaines villes, pas toutes se sont saisies de ça. Bordeaux a été en France la première ville et c’est pour ça que je parlais aussi des études. Le fait d’avoir des universitaires qui travaillent sur ça, ce n’est pas c’est bien pour une ville d’avoir des universitaires qui s’intéressent à ces ces questions. Ça politiquement ça a du sens, il faut l’encourager. Donc effectivement, il y a eu ensuite des systèmes qui se sont construits de plus en plus complexes avec vraiment des vrais guidelines, c’est-à-dire on a quelque part à quoi s’accrocher quand on veut construire ça ensemble. Et pour le résumer parce qu’on voit pas, il y a effectivement toujours la question de la participation, toujours le fait de mettre des personnes de l’intercult qui viennent d’autres cultures autour de la table. de trouver les moyens fondamentals par rapport aux représentations donner le moyen de s’exprimer parce que pardon de le dire mais les architectes ont des langages particulièrement cryptés et cryptiques. Donc c’est bien d’avoir aussi d’autres manières. C’est là où le design a un rôle politique fondamental parce qu’il peut inventer les instruments qui permettent de communiquer autour de ça et puis d’assumer au fur et à mesure des questions de plus en plus spécifiques comme celle du genre jusqu’à devenir finalement du cuir mais je vais y venir tout à l’heure. Donc des expériences et donc vous le voyez évidemment après l’Autriche il y a les villes scandinaves. Vous vous en doutez hein ? Voilà, c’est toujours la même chose. Donc il y a les premiers les premières choses qui sont faites vraiment en Suède, là où on dit que effectivement la ville JCré, c’est une ville dans laquelle on pense les transports pour les femmes, les questions d’éducation. Donc en effet, c’est un ensemble de choses. Ce n’est pas une définition univoque. Et on commence à construire effectivement ce qu’on appelle le women friendly, c’est-à-dire des espaces qui permettent effectivement d’accomplir certaines fonctions. Par exemple, la question des bons est fondamentale. Est-ce que Urba t’a mis en avant ? Parce que nous sommes dans des villes qui au fur et à mesure éliminent les ban public. Il faudrait les penser comme des lieux où on peut quelque part amplifier la conversation, là où on peut aussi se poser pour autre chose. On peut s’en servir aussi pour son enfant pour voilà pour le changer éventuellement. Je vais y revenir tout à l’heure sur ça. Voilà. Donc et à partir donc de ce cadre européen, les villes le font, on se rend compte que les objets sont importants, que les dispositifs sont importants avec quelques contradictions avec laquelle il faudra jongler. Par exemple, la question de la sécurité euh la nuit est une vraie question parce que majoritairement toutes les enfin toutes presque 80 % des femmes estiment qu’un espace éclairé et plus sécurisant et comme nous sommes tous dans les questions, comment dire embarqués dans les questions écologiques, nous savons que la pollution lumineuse est aussi un facteur aggravant de la condition écologique des villes. Donc comment jongler entre les deux choses, comment faire, quel dispositif ? Donc il faut vraiment avoir des ressorts important. Je passe sur ces images. Donc effectivement, la ville de Paris a fait un gros travail qui est quand même un guide référentiel qui s’est construit largement à partir de l’exemple de Vienne. Voilà, avec des questions. Donc, ce sont des choses très factuelles, hein. C’est c’est pour ça je ne suis pas philosophe, je le dis à un moment donné, il faut être confronté à la matérialité de la ville et comment matériellement on arrive à faire vivre la question du genre en ville, à rendre les villes accueillantes par rapport au genre. Donc c’est la question de la visibilisation. Il y a beaucoup beaucoup de choses qui peuvent contribuer et puis ça commence à être vraiment à prendre partout parce que effectivement même des villes plus petites, je pense à Malakov euh effectivement la ville de Nant partie des villes qui font référence parce qu’en effet il y a maintenant quelque chose qui est fait. D’ailleurs, petite, je devrais pas perdre de temps, mais je résiste pas à le fait de de le dire, c’est que justement les géographes notent bien que quand on a des duplicités effectivement par exemple le fait d’opposer les choses, on met toujours la première chose en avant et c’est vrai que souvent on dit masculin féminin et là dans le cycle c’est féminin masculin et j’ai trouvé ça formidable. Je sais pas si c’est le hasard ou si ça relève vraiment de cette réflexion que les géographes ont eu. Mais c’est important de dire voilà on met le premier terme les femmes, on on a un peu de retard à rattraper donc voilà on est légitime et donc voilà donc j’en arrive vraiment euh donc les villes commencent à prendre. Donc effectivement euh c’est intéressant de voir comment on peut mettre en œuvre. Après, moi je suis quand même un chercheur et un enseignant. Donc la question de la transmission et de qu’est-ce qu’on retient théoriquement était importante. Et ça a été sans doute celle-là la question qui a fait que à un moment donné donc je mets là deux travaux donc un travail de de d’une jeune collègue parce que c’est vrai que je suis la la comment dire la question je pense du gencre et du féminisme en architecture c’est auprès de ta génération parce que tu es plus jeune que moi quand même. Euh c’est c’est ça prend c’est normal. C’est vrai que pour moi ça a été un cheminement. En effet, je partage avec vous ce cheminement. Après il y a vraiment des textes de référence la licerne. Malgré tout c’est vraiment le texte à lire. Il a été traduit en plus. Si si à tout hasard vous l’avez pas lu, il faut voir parce que elle elle remet en perspective par rapport aux premières femmes aux États-Unis qui ont pensé justement les espaces notamment Beacher, l’espace de la cuisine donc au début du siècle et l’importance de l’éducation. Donc penser ensemble ces deux choses et donc voilà donc la cité de l’architecture et du patrimoine demande à faire demande à faire quelque chose. Fion Amidos euh qui est ma collègue et puis aussi une amie qui a toujours des idées absolument formidables, très engagé sur le terrain. La question du militantisme et de l’engagement est vraiment central. Euh dit voilà, on y va. Et donc on ouvre euh au mois de février 2022 avec Fabienne Bruger qui nous fait l’honneur d’être la première invitée dans ce cycle. Et donc l’originalité du cycle parce que quand même on avait discuté avec Francis Rambert qui a très à cœur la question architecturale. Elle disait d’accord mais les gens Roma pourquoi ? Et justement, on lui a dit parce que à chaque fois on va avoir un maître d’œuvre, quelqu’un qui fait un maître d’ouvrage qui peut être associatif ou public et puis quelqu’un qui effectivement qui peut apporter un regard qui permet de de dire “Ah mais alors quel est le concept qu’on rémobilise par rapport à ça ?” Et effectivement donne donc on a quelque chose qui s’appelle la collection. Euh nous on l’appelle la collection. Voilà. Donc ce sont le cycle a duré 3 ans. Euh à chaque fois il y avait trois séances, sauf la première année où on a eu quatre séances. Je vais en donner très rapidement euh les effectivement les titres. Donc on a commencé avec l’espace urbain du CER, c’est-à-dire c’était une hypothèse de travail. Est-ce que pour faire le genre enville, il faut travailler avec le CER ? Donc voilà, d’où Fabienne Bruger et ça a été tout à fait précieux parce que ça veut dire qu’on a des éléments théoriques qui vont enrichir tout ça. Ensuite, on s’est posé la question de l’habiter et je vu le temps, je peux pas rentrer dans dans le détail. Juste une chose, la question des typologies qu’on a par abordé par rapport au cas de Villier Lebel, le travail de Sabri Bendimerad qu’il avait fait avec Monique ben largement réfléchi avant a été intéressant et il y avait Christunes comme philosophe. Voilà donc on a je on était vraiment en famille quelque part. Ensuite, on a posé la question de l’urgence parce que chez soi peut devenir aussi quelque chose qui se réplie, c’est-à-dire on pense le domestique comme quelque chose de fabuleux. Le domestique peut être aussi un lieu effectivement de souffrance. Donc il fallait penser cette question de l’urgence par rapport à la notion du chez soi. Ensuite, on a travaillé et là pour le coup il y avait ni une philosophe ni une géographe mais une économiste à la question donc de l’économie alliée de l’écoféminisme. Et donc c’était avec Rebecca Amselem comme théoricienne et puis avec des des design des designers et quelqu’un de ACTAP euh qui était là. pour dire de quelle manière Oikos on l’a réduit à la notion de la maison en oubliant que Oikos en grec c’est le lieu de production. Alors oui, il y a aussi la question de la domesticité mais il y a aussi cette question de production et des activités et c’est ce que Rebecca Amselem dit de la reconnaissance du travail qui est fait y compris dans la maison. Elle elle a un travail euh assez intéressant sur ce qui est euh visible et reconnu, ce qui est invisible et reconnu et invisible et non reconnu. Par exemple, travail de mère et un travail presque invisible, on le considère pas comme tel mais on le reconnaît de manière valorisante. Il y a le travail domestique par contre pour le nettoyage, c’est quelque chose qui est très visible mais pas reconnu, pas payé quand on le fait. Voilà. Donc en effet, c’est à travers tout ça qu’on voilà donc première année, on a dit on questionne euh voilà l’urbain, l’urbanité, le logement. 2e année comme j’étais sur mon histoire de l’expérimentation parce que l’expérimentation c’est vraiment quelque chose qui est dans la philosophie très important dans la philosophie pragmatiste et il y a vraiment des choses à voir notamment la question de éliminer la généricité par exemple du terme métropole ou ville et de parler de la situation comment dans les situations on construit effectivement quelque chose et le genre se construit dans les situations. Donc la deè année, on a travaillé sur ça avec une séance qui portait sur la cour d’école comme premier lieu dans lequel on défait la question du genre. Je vais y revenir tout à l’heure, je vais finir parce que le rapproche après si vous voulez je rentre dans le détail des séances. Ensuite, la question qu’on appelait la manipulation, c’est-à-dire comment les questions de habillement euh de maquillage, d’objets sont des connotateurs de la femme dans l’espace public. Je vais faire une chose, celle-là, il faut vraiment que je la montre. Je suis désolée. C’est-à-dire c’est c’est quand je dis la culture moderne, la grande culture occidentale, même les philosophes, ils ont quand même construit des modèles lourds à moment où Baudler invente le flaneur homme poète et stè pour la femme c’est la passante. Parce que il y a des livres américains qui ont traduit le le flanur et la flanneuse mais c’est pas ça. Il y a là, il y a la passente avec tous les sous-entendus très lourds sur cette femme. Quandles euh bien quand ses mœurs sont voilà, pardon, voilà. Quand ces mœurs euh sont appropriés, elles passent vite et par contre quand elle se donne à voir, c’est que ces mœurs ne sont pas tout à fait respectables. Donc c’est tout à fait intéressant comment la construction du vêtement de la manière de se donner à voir est importante. et on a eu une performeuse qui nous a fait une performance enfin elle elle a montré une performance d’une femme légèrement vêtu qui passe son ville c’est elle-même et en réalité elle se fait presque insulter parce que ça choque. Ensuite on a eu la table donc la cuisine mais ça je vais y revenir tout à l’heure. Et la dernière année on est revenu en arrière c’est-à-dire on a dit avec cette richesse là qu’est-ce qu’on va dire ? et ça sera mon mot de la fin. Euh c’est que quelque part quand on veut faire une ville qui va vers par exemple le cuir, on s’est posé la question du cuir. Donc est-ce que ça serait ça finalement cette ville complexe ? C’est une ville un peu atypique. C’est une ville qui invente ses dispositifs. C’est une ville qui effectivement accepte un certain désordre que par exemple est inacceptable dans une ville composée comme la ville osmanienne. Donc c’est aussi un peu de saleté peut-être. Est-ce qu’on a cette tolérance là ? Et pour le faire, fallait dire que c’est vraiment une question intersectionnelle, c’est-à-dire que la ville, il faut qu’elle accepte aussi une diversité culturelle qui fait que peut-être on n pas tous et toutes le même usage de l’espace public. et et je vais peut-être voilà ça je passe je voulais non voilà donc quelque part pour terminer je peux venir sur les images si vous voulez peut-être euh comme il fallait que je me ritue moi à la fin donc le cycle est terminé le cycle s’arrête là voilà à la cité euh donc on on travaille sur comment ces concepts peuvent donner lieu à quelque chose. C’est un moment de la fin parce qu’on était passé euh au début de la on a dit la ville au prisme du genre parce qu’il y avait une théorie construite du genre qui qui continue à se faire et qui nous enrichit. Mais nous on se disait modestement avec beaucoup de failles théoriques. Est-ce qu’on peut pas dire que les architectes et les urbanistes et les designers contribuent à créer un genre au prisme de la ville ? C’est-à-dire que par nos apports ponctuels, factuels, que ce soit un trottoir plus large pour les mers qui passent, que ce soit l’invention de lieu comme par exemple les cuisines ouvertes qu’on fait dans certaines villes, par exemple à Bagnolet ou à Gousinville, là où les femmes qu’on relègue d’habitude à leur domesticité cuisine, d’autres cultures peut venir là partager et créer des espaces, ce que j’appelle les middle space, c’est-à-dire entre ces deux postures de la modernité occidentale, l’opposition où toute la ville s’est construite, espace public, espace privé, est-ce qu’on peut pas reprendre, j’arrête là vraiment la très belle notion d’espace moyen que j’appelle Middle Space qui a été proposé au début du 20e siècle par Marianne Weber, femme de et donc cet espace moyen où on peut quelque part dire que c’est là où la ville contribue à inventer une théorie du genre qui est faite par des touches matérielles. Donc une petite inversion est vraiment un sujet que j’ouvre à la discussion. Ben grand merci pour [Applaudissements] [Musique]