À Marseille, certains ne voient plus la prison comme une sanction.
Ils en sortent, récidivent, et recommencent plus fort, plus armés, plus jeunes.

Ce documentaire coup-de-poing revient sur l’engrenage de la délinquance, entre récits de braqueurs multirécidivistes, justice à bout de souffle, familles dépassées, et société fracturée.

🚔 Meurtres à la kalachnikov.
🏦 Vols à main armée contre des supérettes, tabacs, transports.
⚖️ Prisons pleines, avocats résignés, juges débordés.

Mais derrière les visages floutés, ce sont des histoires humaines :

Un ado de 16 ans qui braque une supérette… deux semaines après sa libération.

Une grand-mère qui cache les armes de son petit-fils.

Un ancien taulard qui replonge, faute de boulot.

Un père qui préfère que son fils parte au foot… plutôt qu’en cavale.

🎤 Le film mêle récits de terrain, archives judiciaires, paroles de magistrats, éducateurs, policiers… et délinquants eux-mêmes.

Une seule question traverse tout le film : peut-on encore briser le cycle ?

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00:05:10 Tabac braqué à scooter : le vol devient mécanique
00:10:35 Sortie de prison… retour à la rue : la rechute
00:16:00 Famille complice : la grand-mère cache les armes
00:21:40 Trafic d’armes lourdes : kalachnikov en circulation
00:25:45 Avocats, juges, éducateurs : face à l’impuissance judiciaire
00:30:20 Justice des mineurs : lenteur, relâchements et effets pervers
00:36:05 Échec scolaire, football ou deal : les failles de l’école
00:41:20 Thomas, de la ferme au braquage en série
00:47:35 Échec familial, expulsion et déchéance économique
00:51:40 Julien, retranché dans un hôtel, tire sur les gendarmes
00:56:50 Procès à venir : 20 à 50 ans de prison encourus
01:00:45 Série de braquages à Rockmort : choc et sidération
01:05:15 Le braqueur de 75 ans : l’histoire improbable de Claude B.
01:09:45 Justice surprise : le retraité masqué à la fausse barbe
01:13:25 Final : incompréhensions, récidives et impasses judiciaires
01:17:15 Fin du documentaire

Ce soir-là, à Marseille, à l’heure où certains sortent dîner au restaurant, Jacques Dalleste, lui, se rend sur une scène de crime. Un homme, 46 ans, polonais, semble-t-il. En tout cas, il doit être polonais. Retrouvé mort, poignardé. Et on s’est senti… Non. C’est laquelle Peut-être par là-bas, Parce que là… Il est le procureur de la ville. Quand un meurtre est commis à Marseille, c’est lui qui supervise l’enquête. C’est des réparages ? Oui, il y a des bagnoles. Oui, tiens, il y a la police là. On va dire que c’est là, non Le drame s’est déroulé à quelques centaines de mètres du Vieux-Port, dans un quartier populaire pas spécialement violent. Messieurs, dames, bonjour, c’est le parquet. C’est là que ça se passe ? Bonsoir. Bonsoir. Les policiers sont déjà sur place. L’homme a été poignardé. Son corps gît sur le palier du troisième étage. Il habite là, on sait ? On sait s’il habite là ? Non, on ne sait pas, on ne sait pas. grand-chose. Bon, est-ce que c’est une rixe Est-ce que c’est autre chose ? Pour élucider le meurtre, Jacques Dalleste a saisi la police judiciaire. À sa tête, la commissaire divisionnaire l’enzie. Tiens, la police judiciaire. Ils sont là ? À Marseille, il y a en moyenne un meurtre par semaine. Le procureur est habitué à ces ambiances macabres. Ce n’est pas le 16e arrondissement de Paris ici. Il sort de clochard, il sort d’alcool. Quelques minutes avant le drame, cette femme aurait appelé la police pour signaler que deux hommes se battaient chez elle. Les enquêteurs tentent de démêler l’affaire. Ce soir, c’est un type. Il a fait un tour d’exemple. Il a fait un tour d’exemple. Elle avait du mal à donner son nom. Elle n’a pas. Il y a une espèce qui a existé, Il y a 20 000 personnes dans l’appartement, c’est souvent, et après, il y a un petit casque, mais sur le panier. C’est important de savoir où le coup fatal a été donné, s’il a été donné dans l’appartement, dans une certaine pièce, Parce que ça peut expliquer après ce qui s’est passé. Pour l’instant, les policiers ne connaissent que l’identité de la femme. C’est sur elle que se concentrent essentiellement les recherches. Elle a une trentaine d’années. Et perçoit le RSA. Pour les policiers, retrouver cette femme leur permettrait de remonter jusqu’au deuxième homme et peut-être d’élucider le meurtre. Marseille. Le Château d’If, Notre-Dame de la Garde, le Vieux-Port et ses rues piétonnes avec leur terrasse, même en hiver. Avec près d’un million d’habitants, Marseille est la deuxième ville de France. Mais c’est aussi une ville qui détient l’un des taux de criminalité les plus élevés du pays. C’est une ville dure, c’est une ville pauvre, dure, violente. On a des chiffres qui le démontrent. Malfra et délinquance ordinaire. Climat explosif lors de match de foot. Meurtre. Braquage qui tourne mal. Toutes ces affaires atterrissent au tribunal, où les substituts qui travaillent avec le procureur assurent les urgences de la justice. Deux personnes ont été armées d’une hache. Qui lui a porté ce couteau Moi, je veux juste savoir quand est-ce qu’il est interpellé. Quand une personne est placée en garde à vue, ce sont eux qui décident des poursuites judiciaires. On a les crocs. Chaque jour, Audrey Jointon doit faire face à des dizaines de délinquants qui se disent tous innocents. Cette bouteille, qui sait qui l’a balancée au visage du vigile Corinne Béal, elle, dirige une enquête criminelle. Elle n’a que quelques heures pour obtenir des aveux. Je ne sais pas, je ne sais pas. Il y en a un des deux qui ment, je ne sais pas qui. Il s’en a beaucoup et beaucoup de vols à marmer. Quant au procureur Jacques Dalleste, il tente de dénouer une affaire de braquage, mais difficile de remonter jusqu’au coupable. Ah, ouais, donc vous pensez que c’est un guet-apens, Il savait qu’il venait là et qu’on a voulu braquer le conducteur pour lui piquer Alors, comment ces magistrats font-ils respecter la loi À Marseille. Dans cette ville, il y a quelques lieux incontournables. Le vieux port et son marché aux poissons, bien sûr, mais aussi, un peu plus loin, au cœur de la ville, le Stade Vélodrome. A Marseille, le football est quasiment une religion, et ce jour-là, Les esprits s’échauffent. « Siennes, les Parisiens, c’est le Péron ! » A leur manière, des supporters de l’OM souhaitent la bienvenue à leurs frères ennemis, Les Parisiens du PSG. OM-PSG, Un des matchs les plus attendus de la saison. Au coup d’envoi, la Ville retient son souffle. Ceux qui n’ont pas pu décrocher une place dans les tribunes se massent sur les terrasses, près du Vieux port. Les yeux rivés sur l’écran, Les Marseillais sont tendus. Les deux équipes sont encore à égalité. Pour l’occasion, 800 policiers sont présents dans les rues. Ce soir, Il n’y aura pas de débordement. Mais Marseille est sous haute surveillance. Car le football cause parfois de gros dégâts dans les rues de la ville, Même quand le match se joue à des milliers de kilomètres de là. 18 novembre dernier, L’Algérie vient de se qualifier pour la Coupe du monde de football. Explosion de joie sur le Vieux-Port. Dans cette ville où réside la plus importante communauté algérienne de France, c’est la fête dans les rues. Comme ils en ont l’habitude, le procureur Jacques Dalleste et son adjoint viennent prendre le pouls des événements. Ça sent déjà le lacrymo, non En cas de débordement, ils seront ainsi aux premières loges. Vous voyez là, c’est sympa, semble-t-il, Mais ce qu’on craint toujours, c’est les groupes de casseurs qui profitent de ces moments pour se livrer à des exactions. Puisque s’il y a des arrestations, des interpellations, c’est nous qui irons aller traiter dans le temps de la garde à vue et après. Imaginez qu’il s’y percute. Il y a, comme l’intelligence d’avoir un casque. Comment ça va Le procureur retrouve les responsables de la police, qui, par précaution, ont déployé leurs hommes tout autour du Vieux port. Vous allez bien ? Oui. Bon, Ben, c’est chaud, c’est chaleureux. Faut pas gagner un crisseau de viande, quoi, Parce que sinon ça… Ça, ça va arriver, hein. Ouais, sans casque et tout, alors là… Non, non, J’ai pas de bon pour les… Ça sert à rien. Non, mais c’est… Si on vient d’interpeller la chambre, ça va dégénérer. Des jeunes à scooter sans casque, jusque-là, rien de méchant. Jacques Dallès prend même le temps de plaisanter avec les supporters. Mais à 22h30, soudainement, changement d’ambiance. Des jeunes commencent à lancer des bouteilles et des pavés sur les forces de l’ordre. Les policiers ripostent à coups de flashballs et de bombes lacrymogènes. Les assaillants se dispersent, Le Vieux Port se vide. Les groupes de casseurs se retranchent alors sur la cannebière. Les policiers en civil donnent l’assaut. Une heure plus tard, Une dizaine de jeunes âgés de 15 à 25 ans est interpellée. Les casseurs sont neutralisés, Mais le centre-ville conserve les stigmates de la bataille. Boîte aux lettres vandalisée, poubelle incendiée, abribus brisé. Le lendemain, c’est au palais de justice que se joue le devenir judiciaire des casseurs interpellés la veille. Comme souvent, lorsqu’il y a des émeutes, la plupart nient les faits et expliquent qu’il y a erreur sur la personne. Corinne Béal, une des substituts du procureur, doit évaluer s’il y a assez de charges pour les renvoyer devant le tribunal. Elle tient leur sort entre ses mains. Le premier, à être déféré devant elle, est soupçonné de s’en être pris aux forces de l’ordre. Asseyez-vous. Merci. Les fonctionnaires de police ont indiqué au moment de votre interpellation. Alors, Constatons la présence dans le groupe d’un individu de type nord-africain Vêtu d’un jean bleu et porteur d’une veste en cuir de couleur noire avec les manches rouges. C’est bien, ça C’est votre veste. Contatons que celui-ci jette une bouteille sur les fonctionnaires de police et prend la fuite en courant sur la place. Jules Guest. Pourquoi vous partez en courant si vous êtes innocent ? Je ne suis pas parti en courant. Décidément, tout est faux, alors. Tout est faux. Je ne suis pas parti en courant. Les policiers ont vu quelqu’un avec un blouse en cuir, des manches rouges partir en courant après avoir jeté une bouteille. Ils ont inventé. Ils ont tout inventé. Je vous jure, je mets une bouteille sur le pied, ça pique. Donc, je n’ai rien fait. C’est votre déclaration. Les policiers mentent Je ne suis pas contre les policiers. Donc les policiers mentent Ils se sont trompés de moi. Les policiers se sont trompés. L’homme maintient sa version, mais Corinne Béal n’est pas convaincue. Ce qui n’est pas heureux, c’est que chaque fois qu’il y a un match, systématiquement, on caillasse les policiers. C’est des pierres, c’est des bouteilles, c’est systématique. Vous direz tout à l’heure au tribunal que vous êtes quelqu’un de bien, que vous êtes innocent. D’accord, merci. Au revoir. Au revoir, monsieur. Jugé le jour même, en comparution immédiate, il sera condamné à un mois de prison avec sursis. Je ne suis même pas certaine que pour certains d’entre eux, ils en veulent à la police. Je crois qu’ils jettent parce qu’ils font comme tout le monde. C’est pathétique. Marseille est excédée par les matchs de foot qui dégénèrent. Alors la justice applique la tolérance zéro. Au lendemain du meurtre de la cache d’escalier, c’est à l’Hôtel de police de la Ville que l’enquête se poursuit. L’endroit est surnommé Lévesché, un lieu mythique de Marseille, un peu comme le Quai des Orfèvres, à Paris. Ce matin, La locataire de l’appartement où l’homme a été tué s’est présentée d’elle-même à la PJ. Elle est placée en garde à vue. Policiers et magistrats ont désormais 48 heures devant eux pour déterminer sa responsabilité dans l’affaire. Elle dit n’y être pour rien et accuse l’autre homme qui était présent ce soir-là. Les policiers ont un nom, un signalement approximatif. Il leur reste maintenant à retrouver cet homme. On a une photo, le concernant, on a quelque chose Non, pas pour le voir. Est-ce qu’on sait où il est On a un accès de recherche par son ancienne concubine, avec qui il était séparé, et qui taclinerait sur Marseille. Au palais de justice, le parquet est tenu au courant en temps réel des avancées de l’enquête. Alors, on va mettre le barrage Oui, Monsieur Bassot. Alors, quoi de neuf La substitue, Corinne Béal, met la pression sur les policiers. Oui, c’est bien, vous voyez comme quoi. Elle leur donne tout pouvoir pour retrouver l’individu au plus vite. Et peut-être voir avec la NPE, parce qu’il vit bien de quelque chose, cet homme. Il est assez dick. Oui, oui. Il ne vit pas d’amour et de volca. Oui, non, mais je sais. En plus, on n’a pas de photo, on n’a rien. Mais en même temps, M. Basso, il n’a pas le profil du type qui va pouvoir vivre en cavale des jours et des jours. Allez, bon appétit. Au revoir. On en est, où On en est qu’il y a encore de nombreuses investigations à faire. On sait qu’il y a un propriétaire rouge, donc on est en train de faire des investigations auprès du fichier automobile pour essayer de voir si on aurait un propriétaire rouge au nom de l’intéressé. On va entendre son ancienne concubine, dont on a le domicile, l’adresse, Et on fait des réquisitions à EDF pour essayer d’avoir quelques adresses à ce moment-là. À Marseille, les affaires de meurtre restent rares. La plupart du temps, Corinne Béal et ses collègues traitent des dossiers bien plus ordinaires. Car ici, ce sont surtout les délinquants qui occupent la justice, petits dealers ou adolescents qui roulent sans casque. Le genre d’individu qui donne parfois du fil à retordre à Fabien Fourny, un agent de la Sécurité publique. C’est classique, ça à Marseille Le fait qu’ils ne s’arrêtent pas ou qu’ils n’aient pas le casque Ils n’ont pas le casque. C’est classique, ouais. C’est le jeu du chat et de la souris. Et qui gagne Ça dépend des fois. On n’est pas tout le temps. vainqueur, on va le revoir. Cet après-midi, Il patrouille à deux pas de la Cannebière, dans le quartier de Noailles. Un dédale de ruelle très animé. Comment allez-vous ? Très bien, et vous Ça se passe bien ? Très bien, forme, pas Ah, l’un euro le kilo, il y en a un euro ! Il y a beaucoup de commerce et tous ne sont pas dans la légalité. Dans le collimateur du policier, les vendeurs à la sauvette. Bonjour, monsieur, je vais vous demander de ranger. Vous vous autorisez à vendre ici, Monsieur Pas d’autorisation, voilà. Oui, de commerçants, mais vous n’avez pas le droit de vendre ici. Cet homme, un SDF, risque une amende et la saisit de sa marchandise. Je ne peux pas faire autrement. Je ne vais pas tomber la main, moi, je ne peux pas. Ça, c’est une chose que je ne fais jamais. Ce vendeur s’en tire finalement avec un avertissement sans frais. Pour celui-là, cela s’annonce plus compliqué. Car il vendait un certain type de marchandises. Sa spécialité, les cigarettes de contrebande. Elle donne par bateau en général. Elle est présente par conteneur, en fait, d’un cas, droite à gauche. Et ça se passe sur le secteur. Le jeune homme est emmené au commissariat. Mais comme c’est sa première interpellation pour trafic de cigarettes, il ne sera pas poursuivi par la justice. Un peu plus loin… Fabien Fourny remarque un individu qui roule un joint en pleine rue. Bonjour, monsieur, Contrôle de police. Vous avez encore du produit stupéfiant sur vous ou pas Vous n’avez que ça Sur lui, quelques grammes de hashish. Dites tes poches, s’il vous plaît. Vous n’avez plus rien sur vous ? Non mais… D’accord, Ça va, très bien. Fouille, contrôle d’identité. Il est né le 25-02-1950. Fais non, il n’y a plus parler. Il n’a pas de casier judiciaire. A priori, ce n’est pas un dealer, mais un simple consommateur. Le policier décide d’en rester là. L’homme tente alors d’abuser de sa générosité. D’accord, On va pouvoir ramener ça à lui Non, non, pas. D’accord. Je vais vous ramener une poste. Ah, non, ça, Je ne peux pas aller dormir à la maison. Ah, Ben, voilà. D’accord. Bon, bon. Allez, bonne soirée. Ah, oui, aussi. Merci. C’est bien. Des consommateurs de stupéfiants. De petits trafics, mais le Fléau à Marseille ces derniers temps, ce sont les vols. Ils sont fréquents et surtout de plus en plus violents. Dans ce supermarché, il ne se passe pas une semaine sans qu’un incident ne dégénère. Régulièrement prise à partie, la responsable du magasin est excédée. Quand il y a un vol, vous arrêtez la personne et alors que vous le faites discrètement… Pas crier que vous êtes racistes, que ci, que là. Et bien en fait, C’est vous qui vous faites agresser. J’en ai une qui, un jour, parce que j’ai pu appeler les flics, effectivement, qui m’a menacé de plus. Mais alors, des trucs odieux, c’est-à-dire, c’était pas, je vais te faire tromper la gueule. C’est tous les noirs, Les promenards du quartier que je connais, vont venir me crier dans le quartier. Mais je veux dire, en me criant ça devant une ligne de caisse. Il y a quelques jours, La tension est encore montée d’un cran. Trois jeunes ont pénétré dans le supermarché. Dans les rayons, ils ont pris des bouteilles de whisky et ont tenté de les dissimuler au moment de passer à la caisse. Un vigile s’est interposé, la bagarre a éclaté. J’ai un agent de sécurité qui a bien reçu une bouteille sur la tête et qui a fait son boulot. Le mec a été arrêté, Il a eu des risques de crèdes de verre dans l’œil. Moi, je sais, il avait une balave. Tout à fait. Et je veux dire, c’est un agent de sécurité qui est là depuis des années. Et qu’il a quand même un certain âge. Et c’est pas par principe que le mec a fait son travail. Le vigile a été blessé au visage. Les trois jeunes ont été placés en garde à vue. Mais quel sort leur réserve la justice ? Au tribunal, l’affaire est entre les mains de la vice-procureure Audrey Jointon. Oui, bonjour, Madame Jointon à l’appareil. Est-ce qu’il est possible de me monter à la salle des déferments. Quatre personnes Ces trois-là, Ils me les font en même temps parce que c’est le même dossier. Oui, les trois derniers. Comme les faits sont graves, la magistrate a décidé de renvoyer les trois jeunes devant le tribunal. Mais avant, elle va tenter de déterminer la responsabilité de chacun. Le premier de la bande à être déféré est un jeune homme de 19 ans, élève en BEP. On dit Bonjour, quand on rentre. Monsieur, vous comprenez bien que si vous êtes devant moi, C’est parce que j’ai estimé que l’effet était suffisamment grave pour que vous comparassiez. Pourquoi Parce qu’il y a eu une atteinte à l’intégrité physique de quelqu’un qui a été frappé avec une bouteille. Alors, cette bouteille, qui sait qu’il a balancé au visage du vigile Au visage Oui. Il a eu une plaie au visage. Frère, je ne dis rien du tout. Alors, vous contestez, c’est votre droit le plus absolu, monsieur, mais vous allez vous expliquer devant la juridiction. D’accord ? Parce que non seulement on vole de bouteilles de whisky, ce qui n’est peut-être Pas forcément la chose la plus grave qui soit, mais quand même, En plus, quand on vous dit de les reposer, En tout cas, quand on s’adresse au groupe, on se reçoit des coups de bouteille sur la tête. Ça, je trouve que c’est particulièrement désagréable. La magistrate est sévère. Il faut dire que le passé du jeune homme ne plaide pas en sa faveur. Je vous explique. Il va falloir faire très attention, monsieur, Parce que dans la mesure où vous avez déjà des condamnations à votre casier judiciaire qui ont commencé par le tribunal pour enfants, essayez de ne pas noircir encore votre casier judiciaire, monsieur. D’accord. Parce que chaque fois que vous allez être repris, la récidive sera visée et vous en courez des peines qui vont être de plus en plus lourdes. Et vous êtes encore très jeune, ça serait peut-être bien que vous construisez votre avenir et pas que vous pourrissiez dans les geôles d’une maison d’arrêt. D’accord, Monsieur En attendant, c’est dans les geôles du palais que le jeune homme est conduit. Il sera jugé dans la journée en comparution immédiate. Dès ce soir, il risque de dormir en prison. C’est maintenant au tour d’une de ses complices de s’expliquer. À 22 ans, elle non plus n’en est pas à son premier délit, même si elle n’en a pas tout à fait conscience. Est-ce que vous avez déjà été condamné ? Pris à la prison ? Non, une condamnation, mais pas forcément la prison. Une condamnation, c’est une amende, un sursis, un travail d’intérêt général. Alors, vous avez deux condamnations à votre casier judiciaire. 5 décembre 2007, Tribunal Correctionnel de Marseille, outrage, 35 heures de TIG. Et 9 juin, 2009, Tribunal correctionnel de Toulon. 1500 euros d’amende, outrage et rébellion. Vous ne supportez pas beaucoup l’autorité, mademoiselle. Est-ce que je me trompe ? Là aussi, Audrey Jointon cherche à savoir qui a frappé, sans plus de succès. Qui, c’est qui a mis le coup de bouteille Mais c’est le vigile qui l’a vu, la coupe de bouteille sur lui. Le vigile a pris la bouteille sur lui. C’est lui qui a pris la bouteille. Non, le vigile a pris la bouteille. Je l’ai, madame, du sac. De toute façon, c’est assez trop beau. Vous arrivez à vous exprimer sans l’url, mademoiselle. Non, je ne l’ai pas fait. Hein Non. Alors, on se calme, d’accord ? Je me calme, madame. Calmez-vous, ne parlez pas comme dans la rue, d’accord ? Je me calme, madame. Hein Voilà, se calme. Je vais vous donner un petit conseil, mademoiselle. Devant le tribunal. On se tient correctement ? D’accord ? On parle calmement, on n’élève pas le ton. D’accord ? On constate de plus en plus, là, elle n’est pas mineure, mais on a le constat d’une violence. Des filles de plus en plus fréquente, d’actes de délinquance violents, commis de plus en plus jeunes, Et on est confronté à ça. C’est un constat national du reste, qui a déjà été pointé au niveau national et au niveau du ministère, Mais c’est vrai qu’elles sont extrêmement violentes. Oui. D’ailleurs… Le troisième complice est également une jeune fille. Face à Audrey Jointon, elle ne sera pas plus prolixe que les deux autres. Dans le couloir, des avocats commis d’office se préparent à assurer la défense des trois jeunes. Nathalie Gomez travaille dans un cabinet de la région. Deux jours par an, elle assure l’aide juridictionnelle au tribunal. Un exercice pas vraiment évident. Cet après-midi, elle défend le jeune homme impliqué dans l’affaire de la bouteille de whisky. À une demi-heure de l’audience, elle le rencontre pour la première fois dans les geôles du tribunal. Le vigile l’a pris, Je ne sais pas ce qui s’est passé. Il a fait tomber la bouteille. D’un coup, il est venu, le vigile, il m’a attrapé, il m’a poussé à droite, J’ai tapé le poteau. Un quart d’heure d’entretien, juste le temps de vérifier que ses déclarations devant les policiers cadrent avec sa version des faits. L’entretien se termine, l’avocate et son client ne se reverront qu’à la barre. 17h, Les comparutions immédiates vont commencer. Les prévenus sont escortés jusque dans la salle d’audience. Maître Gomez ne semble guère optimiste pour son client. Délibéré le soir même, un mois de prison ferme pour le jeune homme. Un mois de prison avec sursis pour sa complice. 1000 euros d’amende avec sursis pour la troisième jeune fille. À l’évêché, l’enquête pour retrouver le suspect dans l’affaire du meurtre de la cage d’Escalier porte enfin ses fruits. Après deux jours de recherche, les enquêteurs s’apprêtent à interpeller l’homme dénoncé par la locataire de l’appartement. Il est 5h30 du matin, Le commandant Fazi de la police judiciaire dirige l’opération. C’est quelqu’un qui est connu déjà d’une salle de police ? Pas spécialement, pour des débroutilles, Il aurait pu laisser présager quelque chose comme ça. Mais c’est sûr que ce genre d’affaires peut arriver à n’importe qui, ça peut déraper une situation. Dans un contexte fortement alcoolisé, il peut arriver n’importe quoi. Le suspect habite une cité des quartiers nord. Il est 6h du matin, l’heure légale. Bonjour, monsieur. Service de police. Allez-y. Vous êtes tout seul, Monsieur Elle n’est pas là. Bon, ça tombe bien. Vous savez pourquoi on vient Je ne sais pas. Vous vous doutez un peu quand même. L’homme n’est pas un caïd, L’interpellation se déroule en douceur. Je peux venir, je peux vous expliquer. Voilà, vous nous expliquerez, il n’y a pas de problème, c’est sûr. On va voir un ami. C’est la place. Ensuite, on dit Comme ça, on va voir un ami. On va voir un ami, oui. C’est en polonais, on m’a dit. Ensuite, je l’ai ramené, il était là. 5h30, Je les ai appris. Ensuite, moi, je suis rentré. Bon, écoute, C’est pas la même version qu’elle, mais vous vous raconterez. Dans l’immédiat, pour faire toutes les vérifications, vous allez venir avec nous. Et donc, ça s’appelle une garde à vue. Alors que Marseille se réveille, Le suspect est conduit dans les locaux de la PJ, à Lévesché. Sur place… Il maintient qu’il n’y est pour rien, contrairement à ce que la locataire de l’appartement affirme. Le commandant Fazi informe le parquet. Il y a apparemment un renvoi sur elle, puisqu’il dit « moi je suis parti, je les ai laissés tous les deux » . Et donc, il a l’air sous un tas de saciel qui aurait pu le planter. La femme accuse l’homme. L’homme accuse la femme, En plus, il dit avoir un alibi. Au tribunal, la substitue Corinne Béal, qui dirige l’enquête, insiste pour que les policiers vérifient. Non, mais ce matin, déjà, à 7h50, il nous dit, Je suis allée chez ma mère récupérer le chien. Donc, la personne à entendre en urgence, puisque c’est le seul alibi de Coy, C’est la mère, et non pas la copine qui n’était pas là. C’est parti. Oui, parce que si… Oui, il y a déjà. 11 heures. Désormais, le temps est compté. La femme est en garde à vue depuis 45 heures, plus que 3 heures, Et la magistrate devra la libérer si elle n’a pas plus d’éléments contre elle. 48 heures, en général, On a des aveux. Je ne sais pas, il y en a un des deux qui ment, je ne sais pas qui. Et c’est stressant, sachant qu’il me reste trois heures de garde à vue pour pouvoir y voir un peu plus clair. Mais bon, d’ici 14 heures, Je pense que j’aurai des éléments nouveaux qui me permettront. De pouvoir vous dire qui a tué, j’espère. À midi, Corinne Béal demande aux policiers d’organiser une confrontation entre les deux suspects. Une heure plus tard, Elle prend connaissance du PV d’audition. Mais là encore… Ça ne donne rien du tout. Voilà, ni rien. Chacun maintient ses déclarations. Lui, il dit, Je l’ai déposé à 17h30, je suis parti, je suis rentré chez moi. Et elle, elle dit ce qu’elle ne disait pas dans les premières auditions. Effectivement, il nous a déposé, il nous a dit qu’il avait quelque chose à faire, qu’il n’avait pas pour longtemps. Et il est revenu moins d’une heure après. 14h30 passée, la garde à vue de la jeune femme est terminée. Corinne Béal doit trancher. Je défaire les deux personnes puisqu’ils se renvoient mutuellement à la culpabilité. Les deux vont être présentés. De toute façon, les deux mentent. C’est sûr que nous avons deux personnes qui mentent sur les circonstances exactes. Mais c’est un homicide. Les deux suspects seront placés en détention provisoire le soir même. L’an dernier, le parquet de Marseille a traité une cinquantaine d’homicides. Parmi ces affaires, de plus en plus de braquages qui tournent mal. Oui ? 3h30 du matin. Cette fois-ci, C’est un vol à main armée qui a réveillé le procureur. Ça s’est passé où Qu’est-ce qu’on sait ? Les Braquages font partie du quotidien de Jacques Dalleste. L’an dernier, il y en a eu plus de 500 dans l’agglomération marseillaise. Celui-ci a viré au drame. Un homme y a laissé la vie. Les faits se sont déroulés sur le parking de ce fast-food. Apparemment, le mode opérateur, Ils étaient armés au moment où ils saisissent de la sacoche au niveau du… Le McDrive, avec une Mercedes qui est encastrée là, vous voyez dans le véhicule, Il m’a encastré dans un palmier là. À bord de cette berline, trois hommes transportaient 20 000 euros en liquide pour acheter des voitures à l’étranger. Alors qu’ils venaient chercher un hamburger, ils ont été braqués. On va prendre une sacoche qui… Devait s’en métier pour tenir 20 000 euros. Ah, ouais Donc, vous pensez que c’est un guet-apens, Il savait qu’il venait là et qu’on a voulu braquer le conducteur ? Oui, Il a voulu, sans suspicion. Le gars est arrivé directement, il a ouvert la portière, il a pris la sacoche. Il était où la sacoche Derrière. Un des passagers s’est interposé, il a été tué. Les malfaiteurs ont pris la fuite en voiture, sans laisser d’indice derrière eux. Pour le mettre sur une piste, le procureur compte sur les amis de la victime qui attendent, sous le choc, à l’intérieur du fast-food. Mais après quelques minutes à les questionner, Jacques Dalleste n’en sait pas beaucoup plus. Là encore, C’est la commissaire Lanzi qui est chargée de l’affaire. Elle ne cache pas, son pessimisme. Sur ce genre d’enquête, il faut des mois de travail pour normalement… Arrivé à un résultat, au vu du modus operandi, au vu du véhicule utilisé, au vu des armes utilisées, Ça n’a pas l’air d’être des malfacteurs chevronnés, mais ils sont dangereux. 7h du matin, les premières constatations achevées. Un groupe de policiers reste sur place pour décortiquer les images des caméras de surveillance. Quelques heures plus tard, tout est transmis au parquet. Sur les témoignages, donc vidéos de surveillance, C’est bien parce qu’on voit la scène. Il y a une mauvaise résolution, Ils sont assez petits. Même la plaque d’immatriculation, On n’arrivait pas à la voir. En visionnage de la vidéosurveillance, on ne distingue rien. On arrive à peine à déterminer par rapport aux couleurs que le visage est blanc. Donc, on imagine que ce n’est pas une cagoule blanche et que c’est le visage découvert. Mais on distingue… Non, ça va être difficile. À l’évêché, les policiers pensent pourtant tenir une piste. Une voiture brûlée vient d’être retrouvée. Elle correspond au modèle utilisé par les braqueurs. Pour Stéphane Gomez, de la PJ, c’est de bon augure. D’abord, brûler un véhicule, Ça ne veut pas dire qu’on laisse pas de traces. C’est vous. Et deuxièmement, le fait de brûler, Si vous brûlez un véhicule, c’est que vous voulez détruire des traces. Et si vous voulez détruire des traces, c’est que vous ne voulez pas qu’on vous retrouve. Et si vous ne voulez pas qu’on vous retrouve, c’est que vous avez fait quelque chose de grave. C’est clair. Le véhicule a été emmené dans une casse. Il s’agit d’une voiture volée il y a dix jours. Je pense que je repasserai demain matin. À bientôt, Mimi, Ça te va comme ça, ou tu veux que le Monsieur la Bouge Mimi, l’expert de l’identité judiciaire, va tenter d’y trouver des indices. Il ne reste pas grand-chose. À première vue, l’espoir semble mince. C’est sûr que la phase suivante, c’est de se dire, bon sang de bonsoir, On n’a rien trouvé. Et après, on se dit, on va quand même chercher. Et on ne sait jamais. Il paraît, Je lisais quand j’étais gamin, je lisais ça à Antonio, Il paraît qu’il y a un Dieu des policiers. Si le Dieu des policiers est avec nous, on peut peut-être trouver quelque chose. Allez savoir. On va toujours chercher sous les gravats. Puisqu’en fait… Quand il y a un incendie, ce sont les débris qui couvrent. C’est un morceau du tapis de sol. Ah, oui. Et regardez, le tapis de sol, il n’a pas brûlé. Vous laissez de l’ADN quand vous vous asseyez. Vous posez les pieds là, vous laissez de l’ADN. Possiblement. Pas sûr. Donc on va le prendre. Après une heure de grattage, les cendres commencent enfin à parler. Je dirais plutôt un blouson. Les gants. Les gants. C’est les gants. Il y a une raison, c’est une casquette. Alors là, ça, c’est bien. Je vous disais que les incendies, il faut toujours farfouiller. Ça, ça pourrait être une veste de survêtement. Ça, c’est, oui, Là, il y a la poche. On va découper, non Il y a le crocodile. C’est très bien, ça. C’est très bien parce que vous la montez avec les doigts. Une fermeture éclair qui pourrait révéler des empreintes digitales. Une casquette sur laquelle il reste peut-être quelques cheveux. Je vois ça. Voilà. Je me dis que les gars qui ont fait ça, ce n’est pas des membres du grand magnétisme. Est-ce qu’il vous permet de dire ça Parce que des membres du grand magnétisme, on n’aurait rien trouvé. Bêtement. Voilà. Ça, ça a été fait à la va-vite par des petits voyous, des petites frappes. Attention, je vois ça comme ça. Je n’ai pas la vérité. Dans les affaires criminelles, Ces indices s’avèrent souvent décisifs. C’est la moquette de la première. À Marseille, 4 vols à main armée sur 10 sont élucidés, selon la préfecture. Mais il faut plusieurs mois d’investigation pour remonter jusqu’aux coupables. L’obstination finit parfois par payer, et pas seulement dans les affaires de braquage. Ce jour-là, à Lévesché, Les policiers tiennent enfin un individu qu’ils recherchaient depuis plusieurs semaines. Là encore, Il s’agit d’une histoire de match de foot qui a dégénéré. Tiens, regarde les photos que je te parlais tout à l’heure. Tu te vois là ? Tu te reconnais Là. Tu la reconnais C’est quand même le gars qui a été le plus remarqué en France, je pense, sur les photos de place. T’as pas pu tourner avant Le jeune homme s’est distingué le 25 octobre dernier lors d’affrontements très violents entre supporters. Le match au MPSG, reporté pour cause de grippe, a dans l’effectif parisien, grave déchauffouré entre supporters à Marseille. La décision d’annuler a-t-elle été… Alors que le match au MPSG est annulé au dernier moment, des supporters marseillais et Parisiens se livrent à une bataille rangée en pleine ville. Une dizaine de personnes est blessée. Une photo publiée dans un hebdomadaire choque particulièrement l’opinion. On y voit un homme qui tient un objet qui s’apparente à une arbalète. Les policiers finissent par l’interpeller. Trois semaines plus tard, le voici en garde à vue. La Presse a dit que c’était une arbalète. Déjà, il vaut mieux que ce ne soit pas une arbalète, que ce soit une encre de marine. Si c’est dit qu’à la sortie, ça fait quand même une arme par destination. L’objet qu’il tenait en main était peut-être une simple encre de bateau, Mais le jeune homme ne fait pas mystère de ses intentions. Tu peux nous expliquer pourquoi tu l’as ramassé. Cette encre Normalement, je vais tenter de faire pour lui une bonne arme. Donc, il avait fait une minute après, Je me suis dit que c’était pour la jeune arme, il n’y avait pas trop d’argent. Tu ne vas pas jeter sur la police, c’est déjà bien. Moi, je n’étais pas venu pour taper sur la police, mais je suis venu pour taper sur les fascistes. Pourquoi tu m’as dit pour Pour niquer du… Fascio. En gros, les parisiens. Comment tu le sais, alors que c’est des fachos ? Pourquoi eux et pas d’autres groupes de supporters parisiennes ? Tout simplement parce que quand j’étais sur la rue de Rome, je demandais à cette personne-là… qu’est-ce qu’il faisait, il a dit On va guider du facho et je dis d’accord, et lui, c’est la référence à l’information. Je ne sais pas si lui, c’est la référence à l’information, c’est lui. Il a dit On va guider du facho, donc moi, je passe dans la rue, je te dis, on va guider du facho. Je vous dis d’accord si tu ne poses pas de questions plus que ça. Tu vas taper sur quelqu’un sans rien savoir parce qu’il y a deux fous furieux qui te disent On va tuer, Merci. Il faut massacrer du facho Relativement, oui. Peu importe où il vient, vous pouvez en faire une façon. Il peut me tuer. On va appeler le procureur, on va voir ce qu’il pense, s’il veut te voir ou pas, ce qui va en décider. Tu sais qu’en ce moment, les violences urbaines les émeutent suite à des incidents, suite à des manifestations sportives. C’est un ordre du jour. Le jeune homme dit n’avoir porté aucun coup. Mais il va devoir quand même rendre des comptes à la justice. Le lendemain matin, au tribunal. Avant d’être déféré, comme tout mis en cause, le jeune homme se retrouve face à une enquêtrice sociale. Bonjour. Le rôle de Véronique Jonca, cerner sa situation personnelle, pour humaniser son dossier à l’audience. 24 ans, sans domicile fixe, en rupture familiale, Le garçon exprime sa peur de se retrouver ici. L’idée d’être placé en détention, lui est insupportable, il avoue même. Pour Véronique Jonca, cela ne fait aucun doute, Le jeune homme est fragile. Elle fait part de son inquiétude à Corinne Béal, la substitue du procureur. Il semble quand même relativement en difficulté, de marginalisation et pas du tout d’insertion, Et qui aurait peut-être besoin d’un accompagnement psychologique, pour arriver à comprendre d’où est le problème. Parce que là, c’est assez difficile de cerner sur une enquête sociale rapide, mais il y a réellement une difficulté, c’est sûr. Corinne Béal va-t-elle Tenir compte de l’état psychologique du jeune homme Pour lui, c’est maintenant que ça se joue. Bonjour, monsieur. Bienvenue. Bonjour, monsieur, je suis Madame Béal, procureure. Face à lui, elle revient sur les faits, mais cherche aussi à en savoir plus sur sa situation. Qu’est-ce que vous avez à me dire aujourd’hui ? Je vais essayer de faire le poil, je sais ce qui m’est assez difficile. Il y a eu un événement d’artiste qui a fait que vous vous sentez perdu Je ne sais pas, ma femme. Je suis parti pour l’ensemble, pour l’ensemble, et j’arrive pas à l’accepter. Ça fait plus de 3 ans, 3 ans, J’arrive toujours pas à l’accepter. Qu’est-ce qu’elle a, votre fille Mon fils a 3 ans, il y a. Elle est peut-être partie parce qu’elle ne vous sentait pas très stable, et qu’elle ne se sentait peut-être pas vraiment en sécurité. Au moment où elle est partie, à l’époque, J’avais un emploi avec la Ville de Marseille, j’avais l’appartement, j’avais la salle à faire, etc. Moi, pour l’instant… Ce serait peut-être bien de retrouver cet équilibre, pour vous déjà, et pour votre enfant aussi, si vous voulez le revoir. Parce que c’est pas en étant SDF que vous allez pouvoir assumer vos responsabilités paternelles. Elle l’a écouté, mais il n’échappera pas au tribunal. Il est jugé l’après-midi même, en comparution immédiate. Prévenu, ses parents viennent assister à l’audience. Ils sont désemparés. C’est mal, parce que bon, je fais tout pour l’aider. Je ne sais pas ce qu’il a fait. C’est vraiment un garçon. Il ne suit pas, il ne peut pas suivre. C’est sa vie. La plus grande crainte de ses parents, une peine de prison ferme pour leur fils. Ils vont devoir attendre une heure et demie avant d’être fixés. Vous êtes soulagé Oui, oui. Je vais essayer de remédier à ça. Je vais le remettre au travail. Le jeune homme évite la prison ferme. Pour son avocat, Maître Xavier Bellici, c’est un moindre mal. Je ne pense pas qu’une peine de six mois avec sursis, soit une peine sévère. Vous pensez quoi, alors ? Je suis satisfait parce qu’effectivement… Une de peine de prison ferme a été prononcée, donc aucune incarcération à la barre. Je pense que le tribunal a compris qu’il y avait un comportement qui était répréhensible et qu’il fallait condamner, Mais en même temps, a tenu compte de la personnalité de ce jeune homme. Ce soir, Il ressortira donc libre du tribunal. Meurtre, braquage, affrontement entre supporters. Le quotidien des magistrats marseillais n’est pourtant pas toujours aussi dramatique. La justice fait même parfois des heureux. Ce jour-là, Fabrice Carsanti, un des substituts, assure une audience de plaies des coupables. Une procédure mise en place il y a trois ans pour désengorger les tribunaux. Si le mis en cause reconnaît les faits, l’affaire ne passe pas devant la cour, le parquet décide de la peine. La procédure ne concerne que les petits délits. Essentiellement, les infractions au Code de la route. Et l’intérêt, c’est que la sanction est souvent plus clémente. Assieds-vous, monsieur. Alors, je vous reçois dans le cadre de la procédure de CRPC, comparution sur reconnaissance. Ce jour-là, un homme comparé pour conduite en état d’ivresse. Il avait 0,8 g d’alcool dans le sang. Est-ce que vous reconnaissez avoir conduit un véhicule en ayant consommé de l’alcool ? Oui. Alors On ne parle plus du dossier, puisque vous reconnaissez les faits, on ne l’évoque plus. Par contre, Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que vous faites actuellement. Suite à la perte de son permis de conduire, donc, il a… Il a perdu son véhicule pour travailler. Vous avez eu une première conséquence, particulièrement lourde de cette infraction. La peine qui serait la plus clémente, ce serait une amende. Une amende, oui. Le problème… Attendez, laissez-moi finir, monsieur. Sauf que prononcer une amende pour quelqu’un qui a le RSA, ce n’est pas adapté. Donc, je vais me positionner sur un emprisonnement avec sursis. Un mois avec sursis simple. C’est-à-dire que le sens de cette peine, c’est vous avez un mois au-dessus de votre tête. Si pendant cinq ans, vous ne commettez plus de délit, vous ne le faites jamais. Si, par contre, dans un délit de cinq ans, vous revois devant le tribunal, un mois. Et je ne touche pas votre permis de conduire. C’est génial. Ce n’est pas génial, monsieur. Pourquoi Parce que si on vous retrouve avec de l’alcool dans le sang, vous savez à quoi vous avez droit ? Qu’est-ce qui risque de se passer, Monsieur Qu’est-ce qui se passera si on vous attrape à nouveau avec de l’alcool dans le sang en volant ? Qu’est-ce qui se passera Il se passera, c’est que les mains de prison… D’accord ? Donc… Est-ce que vous acceptez cette peine de moins d’emprisonnement avec sursis Avec sursis, au bout de 5 ans, J’ai plus de… C’est ça. C’est un peu cardé. Il n’y a pas de problème. Alors, je mentionne que vous acceptez la peine. Oui. Avec beaucoup de joie. Oui, non, Je suis très content. J’ai le cœur qui bat. Franchement, la vérité, Il a été très clément. Je m’attendais vraiment pas à ça. Je m’attendais… Je croyais… Minimum. Minimum. Je m’attendais qu’ils me l’enlèvent. peut-être pendant 6 mois, 8 mois, 9 mois, 10 mois. Mais nous avons fait le choix. Oui, ça fait quoi de pas ? Vous avez passé devant le président pour qu’il homologue la peine. Alors, il faut attendre encore. Parce que moi, je vous dis la vérité, je suis heureux. Même pour mes enfants. C’est pas pour moi. Même pour mes enfants. Parce que moi, j’ai besoin de ma voiture pour les amener jusqu’au Chartreux, parce que j’habite à Sainte-Marthe. Et je suis obligé de les amener au chartreux école privée en voie en véhicule. Et là, je vais pouvoir le ramener, je vais pouvoir acheter comme ça. Lui a évité le tribunal. Mais à Marseille, l’an dernier, plus de 7000 personnes ont été renvoyées en correctionnelle. Mais là, vous êtes là. Je suis là. C’est bon, On va. Je suis là. Devant le palais de justice de Marseille, cette femme en sanglots s’apprête à être jugée pour des faits graves. Et pourtant, Des passants expriment spontanément leur compassion. Excusez-moi, Je ne vous connais pas. Je vous connais à travers de la télévision. Je suis très touchée par votre témoignage et vous avez mon soutien. Et moi, Si je faisais partie du jury, je demanderais l’acquittement. Voilà, parce que c’est un geste qu’on fait par désespoir. Rose, 50 ans, mère de famille, sans aucun antécédent judiciaire, a commis en décembre dernier un acte fou. Elle s’est transformée en mère braqueuse par nécessité. Sur-endettée, elle a attaqué un buraliste. Un geste désespéré au terme d’une longue descente aux enfers. Le quartier populaire de la Pomme, à Marseille. C’est ici qu’elle vit depuis 11 ans. Elle habite dans cet appartement HLM, où elle a élevé seule ses deux garçons, aujourd’hui âgés de 23 et 27 ans. Voilà, ça, c’est mon dernier, mon deuxième fils, et ça, c’est mon fils aîné. Voilà, les seules vacances qu’on a passées dans le parc d’attractions. Les seules vacances de notre vie. Une famille modeste, Son job d’employée de mairie ne lui rapporte que 1200 euros net par mois. Les ennuis ont commencé il y a 15 ans, avec le départ de son dernier compagnon. Il a laissé derrière lui une mauvaise surprise. Je commençais à plonger parce que le père de mon deuxième fils était parti en me laissant des dettes. Auparavant, je ne connaissais pas du tout. Les dettes. Et donc, effectivement, Ça a été quelque chose de terrible pour moi. Elle se retrouve seule avec 1500 euros de dette, alors qu’elle a déjà beaucoup de charges. Chaque mois, il faut payer les 500 euros de loyer et tous les frais pour les deux enfants. Pour faire face, elle multiplie les crédits, à tel point qu’aujourd’hui, elle est surendettée. Là, par exemple, Je dois un peu plus de 800 euros, 600, 13 000, plus de 13 000 euros, presque 3 000 euros. Au total, plus de 21 000 euros. Des difficultés auxquelles elle a d’autant plus de mal à faire face qu’elle est en dépression et sous anxiolytique depuis deux ans. L’été dernier, elle pense un peu naïvement avoir trouvé une solution. Alléchée par des publicités, elle mise de l’argent en jouant à la roulette sur Internet. La première fois, J’ai gagné. J’ai gagné 1200 dollars. J’étais super contente et je me suis dit que c’est le bon Dieu qui m’envoie cette façon de faire. Mais la chance tourne. Rose joue de nouveau, mais perd à chaque fois. 4 800 euros sont engloutis en 4 mois. Fin novembre, elle reçoit le coup de grâce avec cet avis d’expulsion, car elle doit 6 mois de loyer à son organisme HLM. Une menace qu’elle a déjà connue il y a deux ans, mais un ami avait payé pour elle. Voilà, Alors ici, c’était ma chambre et je n’ai pas de lumière. Donc, là, c’est la panique. D’ailleurs, depuis cette époque, Les cartons s’entassent dans sa chambre. Elle est prête à partir, Elle et son dernier fils, encore à la maison. Demain, vous êtes expulsée, vous allez où Nulle part. Je me retrouverai à la rue et mon fils aussi, et ça, je ne peux pas l’accepter. Il a 23 ans et il doit construire sa vie. Et ce n’est pas dans cette situation-là qu’il pourra la construire. Lisa Lagorge, paniquée, rose, perd les pédales. Il est 3h du matin, le 8 décembre dernier. Elle se réveille subitement. L’avis d’expulsion est posé à côté d’elle, sur cette table basse. Mes yeux ont été attirés finalement par le document d’avis d’expulsion. Je ne voyais que ça, je ne voyais que ça. Et à ce moment-là, Je me suis dit que c’est aujourd’hui. Pour se refaire, elle a tout bonnement décidé de braquer un commerce. Elle s’habille et, sans hésiter, saisit une arme cachée sous son canapé. Je l’ai prise. J’ai simplement vérifié qu’il y avait le crâne de sécurité qui était bien mis. Pourquoi vous possédiez une arme En fait, cette arme, Je l’avais tenue. Elle n’était pas à moi, elle était à mon ancien conjoint. Il adorait les armes. Un pistolet à grenaille, identique à celui-là, qu’elle dissimule dans une sacoche avant de partir. Elle a choisi sa cible, Ce sera le magasin de journaux dans lequel elle avait l’habitude d’acheter ses tickets de jeu. Avec notre propre voiture, nous lui avons demandé de refaire le parcours. Rose se souvient précisément de son état d’esprit dans ce moment de grande confusion. Je ne pense vraiment à rien, c’est le vide. Je n’ai jamais eu ce vide dans ma tête comme ça. On ne pense vraiment à rien qu’à la route à rouler, simplement, en sachant qu’on doit aller d’un point A à un point B. Je ne sais même pas en plus comment je vais faire, comment je vais rentrer dans le commerce, Je ne sais pas du tout. Je n’ai rien prévu dans ma tête. Une fois devant le magasin, elle attend l’ouverture. La commerçante est passée devant mon véhicule. M’a reconnu, donc m’a fait un signe. bonjour, J’ai dit Bonjour aussi, et dans ma tête, j’étais très mal parce que je me disais Tu te rends compte, tu lui souris, tu lui dis bonjour et tu vas rentrer dans son commerce et tu vas faire. Voilà, tu vas commettre quelque chose de pas joli. J’ai attendu quelques secondes, quelques secondes et là, j’ai mis la main sur la crosse de mon arme, j’ai ouvert la portière, je suis sortie. Il est 7h, à visage découvert, Rose s’engouffre à l’intérieur du magasin de journaux. Montrant simplement la crosse de son arme, elle commence par demander à la commerçante de fermer la porte. Elle me dit pas à vous, pas à vous, c’est pas possible. Elle me dit, je peux pas faire autrement, je suis dans la merde, je peux pas faire autrement. Puis elle m’a dit, mais qu’est-ce que vous voulez que je vous donne, En plus, c’est le matin, J’ai pas de caisse, j’ai rien. Alors j’ai dit, je ne sais pas en fait, je ne sais pas du tout. Déstabilisée, Rose n’a pas le temps de s’expliquer. Un client surprend la scène et se jette sur elle pour la neutraliser. La commerçante n’a rien et la police arrive peu de temps après. Au commissariat, les enquêteurs, stupéfaits découvriront dans le sac de rose une reconnaissance de dette. Ma tête s’est très forcée, donc j’avais préparé ce document. C’était un prêt entre particuliers et là, la reconnaissance de dette. Je souhaitais qu’elle vienne avec moi aux impôts pour la faire valider. Moi, je ne voulais pas voler, je voulais juste emprunter l’argent. La police comprend qu’elle a en face d’elle une femme en détresse. Rose est relâchée le soir, même. Sur le procès verbal, elle est poursuivie pour tentative d’extorsion, défait passible de 7 ans de prison. En attendant, le procès, Rose est toujours aussi fauchée. Vous ne prenez pas de ticket Non, je ne prends pas de ticket parce que je n’ai pas d’argent, je n’ai pas d’espèce sur moi. Donc, je suis obligée de faire comme ça. Et comme mes déplacements sont obligatoires, je ne peux pas faire autrement. Vous êtes obligée de frauder Je suis obligée de frauder, oui. Avec un découvert de 800 euros sur son compte, elle ne peut pas retirer d’argent. Alors, elle resquille dans le métro, mais pour le reste… Elle a décidé de se reprendre en main. Ce matin, elle a rendez-vous chez son banquier pour trouver un arrangement. Je vais au rendez-vous, voilà. Très bien, merci, beaucoup. Et après toutes ces galères, enfin une bonne nouvelle. Voilà, écoutez, Je suis ravie parce qu’il m’a proposé un plan de règlement à l’amiable. Je le lis parce que je n’ai pas retenu le terme. Donc, en fait, C’est un échelonnement de remboursement sur 2 à 3 mois. Plutôt 3 mois, voilà. Ça veut dire que je ne serai pas ennuyée au niveau bancaire, que je n’aurai pas d’interdiction bancaire. En attendant, elle n’a toujours aucun moyen de payer. Alors son entourage se mobilise. Monique, une ancienne collègue de travail, va lui rendre visite. Elle a été surprise quand elle a appris l’histoire du braquage. Mais elle trouve des excuses à son amie. C’est quelqu’un qui n’a pas un mauvais fond, donc, qui ne veut pas faire de mal. Ce n’est pas une voleuse, c’est juste qu’elle essaie de s’en sortir avec une idée un peu parvenue, mais bon, c’est son idéal. Elle ne s’était pas revue depuis un an. Avec sa dépression, Rose avait coupé le contact avec son entourage. Mais oui, je t’ai apporté des trucs. Son amie lui offre un sac entier de produits alimentaires. Rose est touchée par le geste. Deux jours plus tard, Le moment crucial du procès est arrivé. J’ai pensé de toute façon à des couleurs sombres, donc rien de mieux que le noir. Pas respect pour… Pour la victime. Dans quelques heures, elle va se présenter devant le tribunal correctionnel. Le risque, c’est que le soir même, elle parte en prison. Tu ne prends pas de valise Non, je ne prends pas de valise. Je ne veux pas penser à quelque chose de négatif. Je veux aller comme si ce soir, j’avais revenu à chez moi. A l’arrivée au palais de justice, Rose, soutenue par une amie, est assaillie. Le geste fou de cette mère de famille en détresse passionne les médias. De la prison ferme ou avec sursis, Dans quelques instants, la justice va décider de son sort. C’est comme je l’habite. J’espère que je ne suis pas fait de tout. J’espère pouvoir trouver le calme pour être bien de moi-même. Finalement, Les juges la condamnent à un an de prison avec sursis. A leurs yeux, son geste reste injustifiable, même s’ils comprennent ses difficultés. Elle ressort donc libre, mais chancelante. Elle a soulagé Oui. Complètement soulagée. J’ai eu peur quand la juge a dit que j’étais reconnue coupable. Effectivement, je ne suis pas heureuse d’avoir une condamnation, mais je pense que c’était nécessaire, On ne serait pas resté pour la vie de seule. Je ne pouvais pas ne pas être condamnée. Juste un message insubventionnel. Rose n’est pas pour autant sortie d’affaires. Elle doit maintenant trouver de quoi rembourser ses loyers impayés pour éviter l’expulsion en mars. À la fin de la trêve hivernale. La prison de Châteauroux, C’est bien le dernier endroit où ils pensaient voir échouer leur fils. Aline et Michel Lemoyne viennent le voir ici tous les vendredis, depuis novembre dernier. Il m’a dit quand même qu’il faisait beaucoup de cauchemars, qu’il rêve toujours qu’il ait pris par les gendarmes, ou alors il sort, Il est repris par les gendarmes, il rêve toujours de prison. Dans son psychique, c’est tout le temps, la prison, les barreaux, tout le temps. Leur fils s’appelle Thomas, il a 18 ans. S’il est aujourd’hui derrière les barreaux, C’est que, malgré son très jeune âge, il aurait commis une étonnante série de braquages à travers toute la France. Attaques de banque à la pelleteuse, vols de voiture et encore plus grave, d’armes à feu. A peine sorti de l’adolescence, ce jeune homme aurait basculé dans une équipée sauvage, digne du grand banditisme. Pourtant, Thomas a eu une enfance bucolique en Bourgogne. Je nourris des brebis qui sont prêtes à annuler. Une famille heureuse qui ne manque de rien. Thomas grandit au milieu des animaux. Sur cette vidéo, il a 7 ans. On pourra voir ce qu’il y a dans la bouche. Avec sa petite sœur, il mène une vie paisible. Il y a des années bonheur ici. Nos enfants avaient deux petits poneys, il y avait des chèvres, il y avait les moutons. Et les enfants étaient toujours avec nous. Même Thomas a aidé à faire les clôtures autour, parce qu’il n’y avait pas de clôture, Il n’y avait rien pour arrêter les bêtes. C’était la joie ici. Mais ce joli tableau va s’assombrir. Un beau jour, les propriétaires à qui louent leur terre pour élever leur brebis, leur demandent de quitter les lieux. Mais les parents de Thomas résistent. S’en suivent alors des années de batailles juridiques, de procès, qui plongent les deux parents dans une profonde dépression. Tout cela sous les yeux du petit garçon. Les salminèmes, on en parlait tout le temps. Quand on pleurait, ils le voyaient bien. Il avait quand même la haine, aussi, lui. Et il s’est dit que toute cette vie, toute cette justice, C’est un combat. Il voulait combattre. Un jour, il nous a dit, mais papa, mais qu’est-ce qu’il faudrait faire pour qu’on arrive à gagner, pour leur montrer que c’est des menteurs ? Le petit Thomas voit aussi ses parents s’appauvrir d’année en année, car les procès coûtent cher. Criblé de dettes, la famille vit alors au rythme des visites d’huissiers. Réflexe d’enfant, Thomas va même jusqu’à cacher… Ses propres jouets. Là, c’est mon père, là, c’est mon père, là, c’est mon père, et puis l’autre, c’est ma mère. Et puis l’autre, c’est ma mère. Quand vous voyez vos enfants qui cachaient leur vélo parce qu’ils avaient peur que Lucie prenne leur volet ou leur vélo, Ou alors leurs deux poneys qu’on leur avait fait cadeau, Vous voyez des enfants de 10-12 ans qui cachent leur affaire et qui demandent si on ne va pas lui prendre son lit, son armoire, sa chambre, Si on ne va pas lui emmener, si Lucie ne va pas lui prendre, qu’est-ce que ça vous fait dans les tripes Pour leurs enfants, les parents sont prêts à tous les sacrifices. Voici la moto qu’ils ont réussi à offrir à Thomas pour ses 16 ans. Un an plus tard, pour l’éloigner des problèmes de la ferme, Et parce qu’il est passionné de mécanique, Il inscrivit ici en internat dans ce lycée professionnel de Dijon. Seulement, Thomas reste traumatisé. En février, 2010, il envoie un SMS très inquiétant à sa mère. Un projet de vengeance contre ceux qui auraient rendu malades ses parents. Depuis tout petit, j’entends cette même histoire. Je jure que je vous vengerai un jour. Je vais leur montrer qui je suis, comment j’ai souffert de tout ça. Qu’ils payent, aucune règle ne compte. Thomas ne met pas ses menaces à exécution. Mais son mal-être grandit. Et 15 jours après, le SMS, il se fait exclure de son lycée. Et en conseil de discipline, c’est vrai, j’y étais, on ne sait pas pourquoi, Il a insulté tout le monde. Il a pensé que tout le monde était contre lui. D’ailleurs, C’est là que la psychologue a dit, Enfin, c’était une psychologue ou une personne de conseillère d’éducation, m’a dit, Votre fils a une grande douleur en lui et le jour où elle va sortir, ça va faire mal. Alors, Pour tenter de lui changer les idées, ses parents envoient Thomas à l’autre bout de la France, en Camargue, au Sainte-Marie-de-la-Mer. Ils lui ont déniché un job de serveur. Dans cette pizzeria tenue par des amis. Mais ça va mal se passer. Au bout de deux semaines, Thomas perd son travail. Il se retrouve seul, loin de chez lui, logé dans une chambre qu’on lui prête. C’est alors qu’il décide de faire venir son meilleur copain de lycée. Il s’appelle Julien, il a 20 ans, lui aussi est en rupture scolaire. Il semble très perturbé depuis un grave accident de voiture qui a failli lui coûter la vie. Les deux garçons ont besoin d’argent. Ils n’ont jamais été délinquants, pourtant, Ils vont avoir une idée folle. Aller braquer des banques. A priori, Ils n’ont aucune chance d’y parvenir. Mais ils vont employer les grands moyens. Utiliser des pelleteuses pour arracher les distributeurs de billets. Thomas a appris à les conduire à la ferme de ses parents. À Montpellier, les apprentis gangsters repèrent les chantiers proches de banques et passent à l’attaque. Ils ne font pas dans le détail et détruisent presque entièrement la façade de cette agence. Ils repartent avec 50 000 euros. Mais l’argent est inutilisable. Le distributeur était équipé d’un système antivol qui tâche d’encre les billets. De leur mésaventure, les deux jeunes gens ont de la chance, ils n’ont pas été repérés par les policiers. Comme si de rien n’était, Ils parviennent même à rentrer chez eux et à passer leur bac, qu’ils n’obtiendront pas. Ce nouvel échec est un coup dur. Thomas et Julien décident de replonger dans la criminalité. Mais cette fois, Ils seront beaucoup plus modestes. Ils s’attaquent à des distributeurs de monnaie de laverie automatique. Jusqu’au jour où, en voiture, ils tombent par hasard sur un contrôle de gendarmerie. Bon, mais sans conséquence. Merci. Parfait. On s’aperçoit qu’ils disposent. Dans le coffre de la voiture de tout, l’arsenal, du parfait malfaiteur. Ils ont des cordes, ils ont des burins, ils ont des cagoules. Donc, ces gens-là sont amenés à la brigade, Ils sont placés en garde à vue, ils vont être mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Autrement dit, Ils doivent se tenir à la disposition des autorités. Mais les deux jeunes hommes ne respectent pas leurs obligations. Ils décident de partir en cavale pour assurer leur fuite. Ils cherchent des armes. Qu’ils vont trouver dans la région de Châteauroux. Dans ce club de tir, pour s’emparer des fusils et des pistolets stockés derrière ces murs, ils renouent avec leur technique initiale, la pelleteuse. Quand le président du club de tir découvre l’étendue des dégâts, il n’en revient pas. Eh bien, là, Je suis tombé raide. Là, On aurait dit qu’il y avait eu une bombonne de gaz qui avait explosé. Une partie du bâtiment est réduite en miettes. Toutes les armes du club de tir ont disparu. En tout, entre fusil de chasse, carabine, arme de poing, Il y avait 12 armes. Vraiment du costaud. Et en passant par le 357, le 9 mm. Des armes de poing utilisées par le grand banditisme. Grâce à des témoignages, les gendarmes identifient rapidement Thomas et Julien. Comme les auteurs du vol. Pour éviter un drame, ils veulent arrêter au plus vite les deux gangsters débutants qui, dans leur cavale, laissent beaucoup de traces derrière eux. Ils ont besoin d’argent, ils n’en ont pas. Ils ont besoin de changer de véhicule à un moment donné, le leurre est inutilisable, donc ils vont voler un véhicule avec violence, Ils vont en voler un deuxième, Ils vont faire commettre quelques menus agressions ou menus vols, et ils vivent tels les fugitifs, dans des conditions très précaires, très difficiles. Au bout de 15 jours, acculés par les gendarmes, ne sachant plus où se cacher, Les deux fuyards se séparent. Thomas est à bout. Il laisse les armes à Julien et décide de rentrer chez ses parents. Là-bas, Il prend le fusil de son père et court se réfugier dans sa chambre. Il crie à sa famille qu’il veut se… Sa mère alerte alors les gendarmes. Voilà, donc ça s’est passé là, en fait. Rien que le fait de dire qu’on allait le mettre en prison, il s’est mis à pleurer, à hurler, Il a tiré un coup de fusil en l’air là. Et entre temps, je suis descendue, moi, et j’ai eu le monsieur de la Brigade de Bourges qui a dit « Dites à votre mari qu’il jette le fusil par la fenêtre » . Son père lui arrache le fusil des mains et le jette par la fenêtre. Thomas dévale les escaliers. Il veut récupérer son arme. Son père le poursuit, mais il est pris d’un malaise. Mon mari s’est mis à suffoquer. C’est là qu’il a dit, mon petit papa, mon petit papa, ne meurs pas, je t’en supplie, ne meurs pas. Je ne veux pas que tu meurs à ma place. Maman, va vite chercher de l’eau, papa, amène-lui de l’eau, amène-lui de l’eau. Et ensuite, Allez papa, je m’arrête, je me rends. Et il s’est assis. Et là, il y avait les gendarmes qui étaient déjà dehors, qui sont venus. Et il lui a dit « Moi, je ne suis pas méchant, je n’ai rien contre vous. » Son compagnon de cavale, Julien, est toujours en fuite. Il va se montrer beaucoup plus. coriace. Lui non plus, n’a pas de passé criminel et vient d’un milieu social favorisé. Mais son père prévient les gendarmes. Julien est prêt à tout pour ne pas se faire arrêter. Si vous attendez que Julien se rende, je ne pense pas que c’est quelque chose qui va se passer. Pour moi, il va aller jusqu’au bout. Il n’attendra qu’une chose, c’est que vous l’abattiez, parce qu’il va aller jusqu’au bout de sa démarche. Le 21 novembre, 2010, Julien est retranché dans cet hôtel de Dijon. Il s’est barricadé dans sa chambre et est armé jusqu’aux dents. Ce sont les super gendarmes du GIGN qui vont donner l’assaut. Quand ils pénètrent en force dans sa chambre, Julien n’hésite pas une seule seconde, il leur tire dessus. Une colonne d’assaut va pénétrer par effraction dans la chambre. Elle va essuyer un certain nombre de coups de feu, puisque Julien va tirer à huit reprises. Trois des projectiles vont heurter le bouclier du binôme de tête. Et au bout des huit coups, l’individu est maîtrisé sur son lit dans la chambre d’hôtel. Les deux jeunes gens sont aujourd’hui en prison, dans l’attente de leur procès. Les parents de Thomas en sont persuadés. Si leur fils est tombé dans cet engrenage, c’est à cause des drames financiers qu’a vécu sa famille. Qu’on rende la liberté à mon fils avec l’honneur, je pourrais dire. J’ose le dire avec honneur, parce que lui a voulu venger l’injustice de ses parents. Il n’a pas voulu faire le gangster ni le braqueur. Il n’avait pas besoin de ça pour faire sa vie. Thomas risque jusqu’à 5 ans de prison pour vol aggravé. Quant à Julien, pour avoir ouvert le feu sur les gendarmes, il en court jusqu’à 20 ans d’emprisonnement. Les commerçants de Roquemort en Provence, ne s’attendaient pas à subir en moins d’un mois une série de braquages. Le premier a eu lieu le 28 avril dernier, à la station essence située à la sortie de la ville. Ce jour-là, Patricia ne travaille pas. C’est son collègue qui est de service. Mon collègue rentre et il y avait un monsieur à la presse. Donc, le monsieur était de dos. Il ne voyait pas sa tête, il ne voyait rien du tout, il voyait juste un homme qui était de dos. Alors il lui dit « Monsieur, je suis là, c’est pourquoi ? » Le client se rapproche. Et lui demande des jetons de lavage. Quand le pompiste se baisse pour les chercher, l’homme lui saute dessus. Mon collègue, en se baissant, il est arrivé sur lui, il l’a bombé à la bombe. acrymogène. Mais pas seulement. Le braqueur, lui, pointe aussi une arme sur la tête et réclame la caisse. Il ne savait pas si c’était une vraie, une fausse, donc il ne savait pas. Donc il a pris peur, il a été choqué, et donc il lui a donné, tout simplement. Et donc il est là, Votre collègue, aujourd’hui Il est toujours en arrêt d’accident de travail. Qui était cet agresseur ? Pour Patricia, c’était évident. L’auteur de ce braquage en pleine journée, devait être un jeune voyou ultra-violent. Quand on lui a appris l’identité du voleur présumé, elle n’en est pas revenue. Franchement, Je pensais que c’était des jeunes qui ont besoin d’argent, etc. Mais jamais j’aurais pensé que c’était un papy. Jamais j’aurais pensé que c’était quelqu’un qu’on connaît, quelqu’un qui vient régulièrement. Car ce dangereux malfaiteur ne serait autre que cet homme de 75 ans qui habite le village. Son nom, Claude Brossy, Et c’est loin d’être un délinquant. Jamais de sa vie, Ce retraité n’a eu affaire à la justice. Pourtant, pendant un mois, Il aurait donc semé la peur chez les commerçants des environs. Au départ, personne n’avait identifié l’agresseur, car il portait une perruque, une fausse barbe et une grosse paire de lunettes. La station-service serait son seul braquage réussi. Les autres hold-up dont on l’accuse, semblent dignes des pieds nickelés. Il tente de s’attaquer au bar de son quartier, mais à l’intérieur, Les clients repèrent immédiatement son maquillage grossier. Alors, il prend peur et repart. Le plus incroyable, c’est que pour prendre la fuite, il n’avait pas prévu une voiture puissante, mais un vélo. Bref, on est loin des méthodes du grand banditisme. Et cet amateurisme va bientôt jouer des tours au vieil homme. Le 6 mai dernier, le retraité arrive dans cette épicerie. Il est midi, Le dernier client vient de sortir. José est sur le point de fermer son magasin. Mais il n’a pas vu qu’un homme, Barbu, se dissimule au fond de la boutique. Moi, j’étais comme ça, je ne l’ai pas vu arriver. Au moment où je me suis retourné pour lui dire bonjour. C’est là qu’il m’a mis un coup de bombe au visage. Bon, là, Il a sorti son arme. Moi, je me suis précipité derrière les rayons, là. Je me suis caché là. Je surveillais. Bon, comme il avait son arme, Je me cachais. Il tient José en respect avec son pistolet. Le temps de vider la caisse du magasin. Donc, il avait son arme comme ça, et puis il prenait les sous comme ça. Il avait l’arme pointée sur moi. Voilà, il avait l’arme pointée sur moi, comme ça. Le vieil homme ramasse 300 euros et prend la fuite vers sa voiture. Sa voiture, elle était là, à côté. Mais il a un handicap. Il y a quelques mois, il a subi une opération de la hanche. C’est donc en boitant qu’il tente de s’échapper. N’écoutant que son courage, José décide de rattraper son agresseur armé. Voilà, je le poursuivais. Bon, lui, il était là, il marchait tout doucement. Marchait tout doucement, Et puis il a été jusqu’à la voiture. J’ai essayé de gêner par rapport à la voiture en ouvrant le haillon. Vous avez fait quoi ? Vous avez ouvert son coffre Oui, J’ai ouvert son coffre et il y avait une clé en poids dedans. J’ai cassé les vitres sur le côté. Il me braquait toujours avec son arme. Donc j’ai été baissé. Là, il a fait une marche arrière, hop, Il est reparti avec le voyant ouvert. Puis il est reparti. À cause de son déguisement, José n’a pas pu identifier son agresseur. En revanche, Il a noté que le braqueur roule dans une vieille Renault Safran. Avec ses deux vitres cassées, la voiture est maintenant plus facilement reconnaissable. Muni de ces informations, les gendarmes font le tour des garages de la région. Et c’est dans celui-ci qu’ils vont retrouver la trace du propriétaire du véhicule. Un des employés accepté de nous parler, il a préféré garder l’anonymat. C’est souvent qu’on a des mails, On nous dit qu’il y a une telle voiture qui est recherchée par la police, et qu’il y a eu un problème à tel endroit, Donc il y a eu une voiture, et puis ça a marché. Et puis, bon, la Servane m’a marqué un petit peu, parce qu’on n’en fait plus guère, On n’a pas envie de se causer. C’est sûr que les gars ne seraient jamais allés chez eux, c’est ça. Ils n’ont jamais fait de mission. Grâce à la facture, ils obtiennent son nom et son adresse à Roquemort. Le 17 mai, à 6h du matin, Les gendarmes débarquent en force chez lui. Ils sont une dizaine, car ils craignent que le malfaiteur présumé ne se serve de son arme. Ils ne tombent pas sur un dangereux braqueur. Mais sur un couple de retraités, la Vieille Dame est sous le choc quand son conjoint est arrêté par les gendarmes. Je dis, c’est pas vous, vous trompez, c’est pas lui. Il m’a dit, effectivement, si. Puis il m’a expliqué comment il l’avait fait. D’ailleurs, Claude reconnaît très vite les faits. Pour comprendre ce qui s’est passé, Eliane a fouillé toute la maison après l’arrestation. Et c’est dans le garage, à côté de sa Renault, Safran, qu’elle a trouvé un petit miroir qui n’avait rien à faire là. Elle en a déduit que c’était ici, qu’il se maquillait avant chaque braquage. Je me suis demandé ce qu’elle faisait. Cette glace-là. Et là vous vous êtes dit C’est là qu’il devait le faire. Pendant la perquisition, les gendarmes tombent sur son déguisement et sur son arme. C’est un pistolet d’alarme qui tire des balles à blanc. Un revolver factice qui ressemble à un vrai. Claude Brossy est incarcéré à la prison de Nîmes. Un choc dont Eliane ne se remet pas. C’est trop difficile. C’est une amour. Qui aurait pensé qu’il allait faire ça ? Alors, pourquoi ce retraité de 75 ans serait-il devenu subitement un papy braqueur Selon ses proches… Claude Brossy a pourtant travaillé toute sa vie, honnêtement. Il a été boucher charcutier dans l’est de la France, sa région natale. Avec sa première femme, en 1960, il ouvre une première boucherie dans la banlieue de Nancy. Le couple a deux enfants, une fille, Fabienne, et un fils, Sylvain. C’était la boucherie où étaient mes parents. La boucherie n’existe plus, c’est devenu une pizzeria. Ça fait quelque chose quand même, parce que je sais exactement où c’était. Je sais qu’ici, il y avait un mur de briques rouges en bas, il y avait la vitrine, la porte d’entrée était ici, le comptoir était en haut long, Les frigos étaient en face. À l’époque, La vie du père de Sylvain ne ressemble en rien à celle d’un malfrat. Au contraire, c’est un travailleur exemplaire qui ne compte pas ses heures pour faire tourner son commerce. Il se levait le matin de bonne heure, Je pense que c’était vers 5h, 5h30. Il chargeait sa camionnette, il allait faire les tournées. Il revenait à midi, il faisait tout ce qui était confection, je veux dire alimentaire, aussi bien un petit pâté, il a des os, etc. l’après-midi. Et le soir, Il avait encore la tête dans ses comptes parce que c’était un bosseur et il faisait tout lui-même. Mais la vie du Boucher va bientôt être bouleversée. Après 26 ans de travail acharné, les parents de Sylvain divorcent et vendent la boucherie familiale. Claude Brossy ne reste pas longtemps seul. Il refait sa vie avec Eliane. Il n’a plus de boutique, mais un camion de boucherie avec lequel il fait les tournées dans les villages. À ce moment-là, il gagne correctement sa vie et mène une existence tranquille. Mais un drame va le bouleverser à jamais. À 36 ans, sa fille Fabienne se suit. Ce choc peut-il expliquer qu’il en soit arrivé là ? Bonjour En tout cas, Claude Brossy est désespéré. C’est bien Il se confie à sa sœur, Marie-France. Je vois celle-ci. Ma grand-mère, ma soeur, mon père. Ça a démoli, tout le monde. C’est vrai que la famille en a pris un coup là. Mais ça n’est jamais remis, même jusqu’aujourd’hui encore. Il s’est enfermé sur lui-même. Il est resté enfermé. C’est resté dedans. Depuis ce drame, Claude Brossy prend des antidépresseurs. Aux yeux de tous, il a repris le dessus et il force admiration de ses proches. Car, malgré son malheur, il se lance un nouveau défi. Il rachète deux boucheries dans les Vosges. Pourtant, derrière l’image de l’entrepreneur dynamique, quelque chose s’est cassé. Il ne gère plus aussi rigoureusement son affaire. Et au bout de cinq ans, il fait faillite. Jean-Pierre Rémy lui rachète ses magasins. Bah oui, c’est pas évident, il faut toujours être dedans. Et puis, je pense qu’il y a un ange pour tout. Il avait deux boucheries, s’il vient. Deux boucheries. Pas plus le marché. Est-ce qu’on est capable, à 60 ans, de faire tout ça Plus sa fille qui s’est suicidée, c’était peut-être dur quand même, je pense. Je veux dire que nous, quand on l’a repris, Il n’y avait plus de clé en tête. C’est celui-là. Endetté, Claude Brossy doit vendre son commerce et sa maison. À 65 ans, il est ruiné et veut oublier cet échec. Avec les maigres économies qui lui restent, il décide de partir dans le Midi de la France. Il m’a dit, oui, mais tu sais, c’est comme la chanson de Charles Aznavour, la misère, Elle est moins pénible au soleil. Il pensait que ça irait mieux dans le midi. Il me dit, et puis tu sais, ici, Ils m’ont tout pris. Je ne veux plus voir la région. Il avait la région en horreur, si tu veux, parce que… Ils m’ont tout pris ici. Dans le sud, Claude Brossy s’accorde un peu de bon temps. Il fait aussi quelques intérims en Boucherie qui lui permettent de compléter ses 1 000 euros de retraite. Ce n’est pas la grande vie, Mais avec Eliane, il s’en sorte bien, jusqu’au jour où un mal de dos l’oblige à cesser toute activité. Il ne supporte pas d’être inactif, il se met à prendre du poids, Et maintenant, les fins de mois sont difficiles. C’est en tout cas ce qu’affirme son avocat, Pascal Griffoul, qui a regardé ses relevés de compte. Il a des revenus qui sont modestes, sans être non plus au niveau des minima sociaux. Et il n’arrivait plus à faire face à ses dépenses. Depuis plusieurs mois, Claude Brossy multipliait les découvertes. Bonjour. Bonjour, Brigitte. Eliane n’était pas au courant. Elle ne s’est jamais occupée des dépenses du ménage. Il a fallu l’arrestation pour qu’elle découvre leur situation financière. Il finit que son découvert a terminé à 800 euros. Je ne me suis jamais occupée de ses comptes, moi. Il me disait toujours « ça va, ça va » . Claude Brossy tente de conserver un niveau de vie à peu près correct. Pour cela, il multiplie les petits crédits pour payer les courses, des vacances ou encore de l’électroménager. La retraite n’y suffisait pas. Lorsqu’il a fallu changer de lave-linge, il a fallu bien évidemment faire un petit crédit à la consommation. Et ainsi de suite, On se retrouve avec une situation qui ne paraît pas dramatique, Mais pour lui, ça a pris des répercussions importantes. Le compte de l’ancien Boucher affichait 800 euros de découvert. La dette n’était pas énorme et ne justifiait pas de se lancer dans une série de braquages. Pour Eliane, il y a une autre explication. Depuis 4 mois, le Papy ne prenait plus aucun antidépresseur. Et il était devenu beaucoup plus agressif. Il a arrêté ses antidépresseurs, mais moi, je ne le savais pas. Vous pensez que ça a été le déclencheur Ça a été le déclencheur, oui. Il ne faut jamais arrêter un antidépresseur. Pourquoi il n’était plus bien Il vous sentit qu’il n’était pas bien Mais il était devenu aigri. Quand des fois, je lui posais des questions, il me disait, mais je te l’ai déjà dit, mais jamais comme ça, vraiment. Mais j’ai dit, mais pourquoi tu me réponds comme ça ? Je t’ai rien fait. Oh, rien, Il avait changé. Eliane craint que la dépression de son mari ne s’aggrave derrière les barreaux. Merci, beaucoup. Au revoir, maître. Et à bientôt. Pour l’instant, Claude Brossy reste incarcéré en attendant son procès. S’il est reconnu coupable… Il risque 20 ans de prison.

13 Comments

  1. mdr il confond une ancre avec une arbalette a une main et ont voit clairement que c`est belle et bien une arbalette et pas une ancre breff.

  2. Il faut virer tous les rtrangers ils coute trop chère à la france il faut que mr Trump et mr POutine agissent tous les deux et qu ils révèle tout ce que le poudré à fait comme gros coups ça ne doit pas être beaux

  3. Le gars à l'arbalète a compris comment apitoyer le substitut du procureur…
    Ça fait presque discours appris par coeur et (mal) récité tant c'est gros !

  4. Voilà ce que c'est quand l'idéologie d'extrême gauche gangrène les moindres infrastructures de la justice. Victimisation, déresponsabilisation, multiple récidive sans véritables sanctions, et j'en passe… Il faut que cela cesse et que tout les véreux concernés soit condamnés.

  5. Ce sont encore les anglais qui nous ont importé ces déviances. Je travaillais à Boulogne Billancourt lorsque ces imbéciles ont sévis. Il fallait voir le lendemain le désespoir des habitants. Alors bien sur, certains des habitants de Marseille imitent la bêtise des autres, il n'y a pas qu'eux. Les parisiens qui furent les premières victimes de ces actes inconscients imitent très bien leurs agresseurs. Des fois qu'ils arrivent en retard à la course à la bêtise. Je voulait employer un autre qualificatif plus adapté, mais ça ne passera pas.

  6. Là le petit procureur qui est clément avec ce chauffard est incompréhensible!
    1 mois de sursis durant les 5 prochaines années…. quelle honte!

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