Regard croisés. Comment faire alors que les quantités d’eau sont de plus en plus mal réparties sur l’année et d’une année à l’autre? Quelles sont les solutions pour faire face aux excès comme cette année, à quels niveaux, et comment les mettre en œuvre? Travail du sol, couvertures de sol, assolements, vie des sols font partie des points sur lesquels les agriculteurs et agricultrices peuvent agir au niveau de la parcelle pour continuer de produire et récolter malgré de fortes précipitations et ce qu’elles induisent. Mais une gestion plus élargie apporte elle aussi des bénéfices concrets pour limiter, voire éviter les ravages liés à l’eau, l’asphyxie, l’érosion des nutriments, les inondations élargies au voisinage et ne pas perdre le fruit du travail et des investissements.
💡 Autour de la table :
– Marie Océane Fékaïri, Exploitante agricole et chercheuse
– Jérôme Sergent, Producteur dans le 59 et praticien de l’hydrologie régénérative
– Agnès Sourisseau, Directrice du CIVAM Agrof’île
– Christophe Nick, Grand témoin et documentariste
👨 Animateur : Eric Lenoir
🎥 Images et enregistrement :
Edouard Marchal
Sébastien Juvigny
Richard Prost
En savoir plus sur les EGAA : https://egaa.info/
1 Comment
La clé de compréhension en hydrologie est dans la vitesse de déplacement de l'eau : libre, on la mesure dans des ordres de grandeur en m/s, tandis que liée dans le sol, c'est de l'ordre du mm/s, voire µm/s dans certains sols ou roches. Il devient compréhensible que pour freiner les écoulements, l'infiltration soit la meilleure solution, bien mieux que les vieilles recettes des courbes de niveau modernisées par cet anglicisme à la mode de Key-line et autres barrages par des haies ou tout autre artifice comme les talus ou haies. (l'intérêt de la haie est bien plus important pour remonter l'eau du sol que pour l'infiltration ). L'observation des prairies alpines (et par contraste les zones où la prairie est absente en montagne ) permet de constater que du moment que l'eau de pluie trouve pour stopper sa vitesse un sol couvert, riche en matière organique et structuré par le vivant, elle y pénètre facilement, en quantité, sans générer d'érosion malgré les fortes pluies et fortes pentes parce qu'elle a perdu son énergie cinétique. Sans nier l'importance des aménagements hydrauliques, c'est par le changement des pratiques agricoles que les plus grands progrès se feront dans le domaine de l'eau. Ce n'est pas seulement le labour qu'il faut abandonner, mais bien toutes les pratiques qui déstructurent la surface des sols. La structure telle que construite par l'activité biologique en premier lieu par les vers de terre pour la macroporosité ( voir https://www.youtube.com/watch?v=TFLUknX404s&t=3736s ) mais aussi par toute la microfaune d'amibes, nématodes, collemboles,…, pour la microporosité forme une ensemble interconnecté et cohérent qui capte efficacement l'eau. Tous les apports nourrissant ou enrichissant la vie du sol ( lifofer comme la plupart de ce genre préparations ) son vains si en même temps on continue de détruire les habitats que se sont constitués les habitants du sol.