Dans le cadre de l’été culturel 2023, financé par la DRAC Hauts-de-France, des Journées Nationales de l’Architecture (JNA) et avec le soutien du fonds de dotation Qualitel, la Chaire « Acclimater les territoires Post-miniers » présente le projet Bio-TEX. Au cœur du projet, la création des rideaux hygrothermiques à Harnes, dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Le projet, supervisé par les doctorants et professeurs de l’ENSAPL, a réuni 20 étudiants de l’ENSAPL et 4 résidents de la Cité d’Orient, ainsi que l’équipe de designers About A Worker. Les prototypes des rideaux ont été conçus pour habiller et isoler les intérieurs des 4 maisons minières. Le projet Cités minières en acclimatation est à l’origine de cette action.

donc je suis ma cogier designer textile installé à Bruxelles depuis maintenant quelques années où j’ai un atelier partagé avec d’autres designers et architectes à Zaventem mon parcours pour en parler brièvement et principalement lié au domaine du textile donc j’ai fait un démarrage avec une formation au métier d’art où j’ai où c’était principalement lié à l’artisanat à l’apprentissage des techniques de tissage broderie teinture et ensuite j’ai continuer mon cursus à l’école des beauards de Lyon où là c’était beaucoup plus accès sur l’impression textile et le motif et puis j’avais envie de continuer un master à la Cambre qui m’a permis vraiment d’appréhender beaucoup plus la question de la spatialité et de questionner vraiment de plus près ce lien qui existe entre textile et architecture euh donc mon processus de designer se base principalement sur le détournement de matériaux spécifique et sur la redécouverte de technique artisanale je considère ma pratique comme un terrain de jeu expérimental pour étudier les matériaux les usages et l’interconnectivité entre les cultures mes projets nent souvent d’une rencontre humaine avec un lieu ou un matériaux je travaille souvent dans une démarche de collaboration avec des practiciens ou des practiciennes issues de d’horizons diverse et j’aime j’aime me réapproprier des matériaux qui sont le plus souvent industriels j’ai choisi aussi pour leur capacité de rés de résistance à leur environnement avant de m’éloigner de l’usage habituel qu’on leur attribut donc dans cette idée il y a quelque chose de me rapprocher aussi euh leur valeur intrinsèque et euh et et de rappeler à leur humilité finalement en expliquer montrer ce qu’ils sont réellement euh je suis je suis vraiment influencé par les espaces dans lesquels je vis par mon environnement proche et immédiat mon travail revendique une forme de complicité avec mon environnement bâti euh ce qui m’intéresse c’est vraiment partir de l’existant c’est même un jeu pour moi pense d’aller à la racine de toutes petites choses que l’on peut changer ou de simplement faire un lien entre des formes ou des objets qui existent déjà donc le médium textile est pour moi un moyen d’élargir les qualités sensibles propres à l’espace et de favoriser l’expérience personnelle de l’usager euh ce qui me plaît voilà avec le textile c’est c’est d’instaurer un rapport presque sensoriel à l’espace questionner la fluidité et c’est la capacité aussi à créer des transitions entre l’intérieur et l’extérieur pour faire écho à ce qui construit aussi nos besoins d’intimité et finalement j’utilise aussi le textile pour articuler des expériences d’être dans le monde et de renforcer notre sens de la réalité de soi donc je pense que mon travail aussi entre observation et pratique de terrain et ouvre en fait des réflexions sur les possibilités de résistance ou de réorganisation du monde matériel donc mes expérimentations textiles donnent souvent lieu à la création de mobilier textile donc unique et et sur mesure je travaille je fais aussi pas mal d’autoproduction euh donc dans mon atelier mais je réponds aussi à des commandes souvent de la part d’architecte et c’est vrai que je développe aussi en parallèle une pratique plus artistique d’installation institut donc pour des contextes plus de festival exposition donc voilà c’est plus des cont enfin des installation éphémère euh voilà et et créer des pièces parfois plus culturales expérimentales on est moins dans la dans la fonctionalité dans l’usage donc j’ai sélectionné quelques projets qui me semblent intéressant à vous montrer qui mettent justement en jeu mes expérimentations de techniques d’assemblage euh avec des matériaux non conventionnels que qui sont issus de l’industrie donc le premier projet dont je vous parle c’est system t donc pour ce projet je me suis vraiment nourri des utopies de Yona Friedman des villes spatiales et mobile dans le dans lequel l’usager conçoit lui-même son environnement bâti et je pense que j’ai été aussi influencé par par un courant actuel du design avec par exemple des collectifs comme rotor ou assemble studio qui mettre en question le statut du designer architecte qui n’est plus seulement d’avoir les idées de les faire exécuter mais mais qu’on vraiment envie de renouer avec la matière avec le faire avec l’acte de faire et c’est aussi dans un contexte de crise du logement de crise économique que je me suis intéressée à la question de l’habitat de l’espace domestique et comment l’art le design pouvait créer de nouvelles narration finalement dans un monde abîmé et et réinventer des objets ou des dispositifs qui qui qui suscitent un bien vivre ensemble une meilleure cohabitation finalement entre les entre les êtres vivants euh donc j’ai initié le projet system t lors de mon enfin là au moment de mon projet de diplôme euh donc là vous pouvez voir une une première image de collecte des gaines de chantiers euh dans la que je que je collectais initialement dans les ben de chantier directement dans la rue donc c’est un projet qui qui explore justement ce matériau des espaces invisibles en fait les interstices de nos habitations c’est une gaine plastique qui est habituellement utilisé pour protéger les câbles des installations électriques et et voilà je j’étais j’ai fait le constat en fait de de de la profusion des déchets produits par le BTP et c’est pour ça que je me suis euh j’ai commencé à en collecter et petit à petit j’ai aussi cherché à avoir une ressource plus fiable euh parce que dans mes expérimentations je trouvais que c’était intéressant de passer à des échelles plus grandes c’est là que j’ai commencé du coup à contacter directement des des fabricants euh et aussi de m’intérer finalement au cycle de production ce matériau et donc là désormais je travaille principalement avec une usine qui est basée en France qui est une entreprise plutôt familiale et qui a en fait commencé dans les années 60 à fabriquer des jouets en plastique pour finalement se tourner vers le secteur du BTP et j’essaie de m’appuyer sur leur surplu de production euh et et de récupérer aussi les chutes de Gan abîmé qu’s utilisent en en laboratoire pour tester l’efficacité de leurs produits et et voilà il y a aussi certains produits qui sont défectueux et que je je me suis rendu compte de tous ces aspérités de tous ces défauts finalement au fur et à mesure de mes recherches par exemple euh sur cette image des gaines jaunes on voit le passage d’une couleur à une autre qui fait qu’en fait l’extrudeuse elle est toujours en en en en continu en elle est en continu et et quand ils vont changer le couleur bah il y a un dégradé qui se crée et c’est cette variation de teinte finalement que je trouve assez belle à à valoriser aussi dans mon dans mes pièces donc ce qui m’intéressait avec ce projet c’est évidemment de partir d’une forme très élémentaire donc celle du tube qui présente déjà des caractéristiques et des propriétés mécaniques sur lesquelles je me suis appuyé ça a vraiment été le point de départ de ma recherche donc c’est un matériau qui est recyclable donc qui est fabriqué en en poly en polypropylène et qui plutôt un bon cycle de recyclage il est aussi peu cher et résiste il est voilà il est conçu pour résister au chocs et aux intempéries donc malgré son apparence son apparente son apparence très banal on va dire il a quand même certaines caréristiqu intéressantes et on en trouve partout donc il est produit massivement par le secteur industriel et je pense que très vite dans cette réappropriation de ce matériau il y avait un rapport au temps aussi qui m’intéressait dans le sens où je transforme un matériau qui est peut peut considéré à travers une technique artisanale de tissage de perles qui ramène à quelque chose de précieux et cela ça ça implique un un processus lent de mise en œuvre et donc derrière cette idée il y a l’envie de de déconstruire aussi une logique de croissance comme comme pour inverser le le processus donc au niveau de la technique euh là vous voyez différents échantillons euh voilà j’ai essayé de vraiment expérimenter euh sur la couleur le motif les différentes manières de nouer de tisser euh qui m’ont amené différentes qualités en fait de d’articulation et de souplesse euh de ces textiles donc je me suis rendu compte petit à petit que c’était en fait une technique très élémentaire de de tissage de perles que j’utilisais qui est en fait à la base le plus souvent utilisé pour créer des bijoux des parures à l’échelle du corps mais le changement justement d’échelle du matériau euh me permet directement de me projeter à des plus grands formats et euh il permet des développement à une échelle architecturale et donc dans la dans la technique en fait je dépends pas d’une machine d’un cadre comme par exemple un métier àtisser donc je suis assez illimité en terme de format c’est justement ben lesmpem dans le CEL je tise qui va qui va déterminer la taille et je travaille principalement avec des cordes en polyester recyclé ou des invendus d’usine des fin de stock et l’idée c’était vraiment de créer une surface textile robuste facilement manipulable et transportable donc cette gaine elle est finalement elle est décomposée il y a toute une phase de découpe puis elle est réassemblée à l’aide de de cordes un peu comme un comme un jeu de construction et et cette technique de tissage elle va elle me permet vraiment de de créer des des variations assez infinies et de jouer sur différents rythmes sur différentes densités ce qui me laisse une quand même assez grande liberté de création sur sur la cou cleur sur la vibration sur les motifs euh je pense que pour moi c’était important de garder une certaine voilà sincérité des matériaux comme je l’ai expliqué au début qui garde qui conservve leur personnalité d’ingénierie mais h mais qu’en fait cet assemblage et ce tissage va amener une valeur ajoutée euh et on va presque oublier en fait le matériau finalement euh par exemple sur cette pièce que vous voyez turborama avec vue euh j’ai exploré la possibilité de créer des ouvertures de jouer sur des systèmes de poids qui mettent en tension le le tissage pour créer différents effets et stabiliser la pièce donc c’est vraiment une technique assez rudimentaire qui me permet pourtant d’explorer différentes articulations de la surface selon les les qualités des corps d’utilisés et et d’imaginer différentes possibilités d’ouverture de de fermeture de fixation j’utilise du coup parfois décord d’élastique pour la rendre plus extensible ce qui m’intéresse c’est vraiment de dialoguer avec des structures architecturales déjà existantes et et de jouer avec des contrastes avec des décalages je pense que ce qui ce qui me fascine c’est comment comment faire cohabiter cette pièce dans des espaces aussi parfois contradictoires on va dire et je pense que voilà dans cette idée de déconstruire de reconstruire une technique ou un savoirf un savoirfire pardon euh je pense que j’imagine j’imagine ce projet voilà comme comme l’idée d’un système autonome et aussi un peu accessible et lotch et dans cette idée làà j’ai j’ai aussi j’ai aussi développé mes propres outils donc là vous voyez la la guillotine à tuyau qui fabriqué à partir d’un simple couteau de cuisine et et d’un système de levier qui permet rapidement disons de découper toutes ces gaines euh j’ai eu l’occasion de mettre en place un un workshop participatif ouvert aux habitants et habitantes du quartier d’underlecht à Bruxelles donc ça c’est cette série d’images que que je vous montre ici euh je pense que ça c’est une expérience qui qui qui m’a permis d’ouvrir mon processus euh un contexte plus social de collectivité et je pense que je me suis rendue compte que justement le processus est très simple et il permet d’être très accessible et d’ouvert de d’être d’être réapproprié très facilement par les gens et je pense que c’est quelque chose qui m’intéresse aussi à développer pour l’instant c’est des premières expériences mais c’est des choses que j’aimerais continuer à questionner euh donc système T dans ce projet je me suis très vite intéressé donc et j’ai focalisé mes recherches sur la question de la paroi euh donc c’est un projet voilà qui qui réinterprète finalement la consommation de la matière de la standardisation industrielle pour ouvrir à de à de multiples variation et appropriation personnelle donc en en dénunant les structures et les couches de l’habitation c’est un projet voilà qui questionne les dispositifs qui séparent le privé de l’extérieur et le cacher du visible tout en en faisant écho à à nos nos espace d’intimité et en fait le tuyau il est déplacé hors des murs pour redevenir parois donc voilà il y a l’idée que la structure devient revêtement et le revêtement devient structure comme finalement flouter une distinction entre la structure et l’ornement et comme donc vous voyez ici cette paroi àjouré c’est vraiment dans l’expérimentation physique de la de la surface tis que j’ai pu découvrir ces différentes qualités de filtrre et et là par voilà elle devient ajourée en raison du poids des des tuyaux donc j’ai commencé à répertorier les différentes typologies de cloison légère donc comme les les clostras les stor qui sont utilisés dans différentes cultures pour répondre à des problématiques climatiques comme celle de se protéger du soleil et j’évoque ici le travail du théoricien godfreed Samper pour lui en fait l’architecture commence vraiment par le textile c’est-à-dire que les éléments légers et tissés comme la Nate le tapis la teinture la couverture et et en fait c’est pas le mur en brique ou en pierre dur et lourd mais ce sont ces éléments textile qui indique que l’architecture est née d’objectifs climatiques et pour lui c’est la mission fondamentale auquel l’architecture répond donc dans cette recherche sur la paroi est né turborama une cloison qui se déploie comme un rideau et qui est fonctionnel aussi bien en intérieur qu’en qu’en extérieur en tant que séparation d’espace et écran filtrant euh donc là vous voyez différentes propositions euh et déclinaison de cette paroi avec aussi certaines commandes que j’ai réalisé pour l’architecture donc parfois sur des des roulettes et là j’ai aussi sur cette autre image euh créer un rideau plutôt à la base antimouche que j’ai que j’ai conçu dans une ferme au moment où je vaais pendant le covid donc c’est vrai que ces exp enfin ces idées sont aussi nées des esp pass dans lesquels j’ai vécu et qui m’ont donné les idées d’expérimenter directement avec les éléments environ l’environnement que j’avais à proximité euh donc je considère quand même mes pièces à la fois comme des éléments fonctionnel structurel qui permettent une division une perméabilité de l’espace euh mais je les vois aussi comme des installations plus culturelles qui sont vraiment influencées par les pratiques vernaculaires euh je pense que c’est vraiment une volonté pour moi de me laisser plus guider par les usages et voilà de questionner finalement ces espaces intermédiaires ces espaces d’entre deux la question du seuil et je m’interroge aussi du coup sur la signification la portée narrative de ces dispositifs tout en dialoguant avec différentes identités culturelles finalement pour comprendre ce qu’elles ont en commun et ce qui ce qui m’amène justement à à créer ces objets qui sont pour moi des objets aussi de de partage et de cohabitation euh je pense que j’ai été je je suis éclairée par par des architectures comme audacieus comme celle de rural studio mais aussi par la vision radical du philosophe ivanich qui distingue le fait d’être logé et d’habiter donc ce projet system t il m’a permis de m’ouvrir à d’autres champs disciplines que que celle du textile donc comme celle d’ l’architecture mais aussi de l’ et j’ai j’ai développé une pratique donc d’atelier où je où j’ai produit tisé imaginer mes propres objets mais j’ai toujours eu envie de me confronter à des expériences plus de terrain en réfléchissant plus vis-à-vis du contexte historique ou culturel tout en travaillant avec des ressources locales et facilement accessibles et c’est dans cette volonté d’agir ou et de sortir aussi de mon de mon champ de ma propre discipline que j’ai rencontré l’équipe de zerm et euh et découvert l’ancien monastère des Claris aroubet donc le contexte de ce projet c’est un projet de réhabilitation d’un bâtiment historique classé construit par le baron betin à la fin du 19e siècle dans le quartier de l’épeel à roubet il est inhabité depuis 2008 et c’est un bâtiment qui est inscrit à la liste des monuments historiques en 2010 et il est valorisé depuis par l’association euh des amis du monastère des de roubet et l’association zerme est une association d’architecture qui a pour objet la production et la diffusion de connaissances lié aux techniques de réhabilitation en architecture par réhabilitation ils entendent le processus qui vise à redonner une affectation à des objets existants des matériaux des techniques ou des bâtiments abandonnés vides et ou considérés communément comme déchets donc en fait en collectif il se demande comment atteindre un confort suffisant au quotidien dans cette dans ce monastère qui au fil des saisons et qui qui est un monastère donc assez vaste et non isolé et dont l’aspect historique doit être conservé en fait leur projet c’était de de réhabiliter une partie des cellules des anciennes cellules des des sœurs en auberge et ils ont réalisé plusieurs prototypes de LiClO avant d’arriver au prototype final sur lequel j’ai travaillé et que nous avons eu l’occasion de présenter lors de l’exposition les usages du monde qui a eu lieu dans le cadre de l’île métropole Capitale Mondiale capitale du design en en 2020 donc là vous voyez le le prototype du lit euh donc c’était l’idée d’un d’un système de boîte dans la boîte euh et de s’inspirer en fait du concept du principe du L Clo mais aussi des capsules d’hôtel japonais des lits à baldaquin médiévaux euh baldaquin pour revenir sur l’étymologie du mot euh ça signifie ciel de l’IDE pend les rideaux et en italien baldacino est dérivé de baldako qui est la forme Toscane du nom de Bagdad euh siège de fameusees fabrique de soiré donc ce ce ce prototype de lit en fait il est applicable à toutes les cellules du couvent il est fabriqué à partir de Matéri de réemploi qui génère un minimum de chute toute la structure elle est fabriquée à partir d’un bois local et les plaques de mélaminé proviennent du World Trade Center à Bruxelles qui était à ce moment-là en train d’être démoli je pense qu’il y avait l’idée d’aller assez loin dans la rationalisation en concevant de manière non idéomorphique donc en ne dissociant pas l’être de la forme la matière de sa mise en forme on a essayé d’aller vraiment dans le sens de la itation et du réemploi avec comme objectif de réaliser le moin de perte de simplifier les démarches et les étapes de production et et la forme du lit finalement s’est adapté aux dimensions et aux quantités de de gisement et de matériaux récupérés il y a un fort passé avec la tradition textile et industrielle dans le nord de la France et je pense que pour moi ce travail raconte aussi cette histoire j’ai choisi les matériaux textiles à la fois pour leur qualité d’isolation de robustesse mais aussi pour parler d’un d’un héritage propre à la région de roubet donc l’intervention du textile dans ce contexte historique prenait pour moi du sens parce que ça évoque aussi bah les tapisseries au Moyen-Âge qui recouvrait les murs des châteaux pour se protéger du froid donc cette couche intermédiaire entre l’immobilier et le mobilier qui rassemble tous les éléments architecturaux non porteurs donc le tapis le rideau la tapisserie et et c’est d’ailleurs le lin le lin que nous avons utilisé venait d’ailleurs des chutes de production de la réhabilitation du château de chambor qui avait servi à refaire le lit du roi François Ier et qui a été ça a été un don offert par la la CELC la la Confédération européenne du lin et du chanvre et les pans extérieurs du lit sont donc des chutes de production d’entreprise de l’entreprise nordbach qui est basée à tourcoin et qui sont des bâches principalement utilisées pour pour les camions eu donc en fait on on s’est très rapidement entendu pour travailler sur cette partie textile selon un principe de couche de de couche abovible pour répondre vraiment au caractère saisonnier du lieu donc là vous voyez un peu la la déconstruction par strate du lit donc la première couche est en moustiaire car le monester est traversé par un ruisseau donc c’est une zone assez humide avec beaucoup de moustique la deuxième couche elle est en lin pour l’hiver et donc elle est installée au plus proche du corps c’est une matière qui favorise le sommeil qui a des propriétés thermiques hydrophile acoustique et antibactérien qui permettent de conserver la chaleur en hiver et la fraîcheur en été et la dernière couche en bâche c’est plus la coque extérieure du lit que j’ai vraiment dessiné comme une une parure c’est aussi la une des seules faces en fait qui est visible quand on rentre dans les chambres donc il avait vraiment l’idée je pense de travailler sur des complémentarités de matériaux euh des matériaux qui sont assez opposés qu’ ont pas forcément l’habitude d’être traité au même plan euh donc au niveau de l’assemblage de la production euh donc j’ai effectivement euh développé tout un travail manuel assez fastidieux de couture pour la partie justement des bâches euh je trouvais ça assez intéressant de de travailler cette partie ornementale donc à partir de de de bâes de camion donc c’est un travail finalement à la main qui permet de revaloriser les imperfections l’irrégularité euh donc selon Ruskin c’est un écrivain du début du 20e siècle cela représente pour lui un véritable marqueur d’une certaine authenticité vivante qui est opposée à la machine inanimée donc il y a l’idée d’inverser les rôles et les valeurs qu’on assimile aussi habituellement au matériaux utilisés donc la bâche industrielle en PVC qui est une matière plus pauvre elle est mis ici au premier plan et travaillé artisanalement tandis que le lin qui est un matériau plus noble il va passer au second plan et est traité avec une technique de matelassage industriel donc là vous voyez mes mes dessins mes recherches autour de la coule leur euh où j’ai vraiment travaillé une situe en fait donc la partie ornementale elle s’est inspirée du bâti des ogifes des détails architecturaux et j’ai joué j’ai joué avec des motifs élémentaires bah inspirés de l’ à l’art héraldique et cette cet ornement ça devient aussi un élément de narration voire de médiation en écho avec l’histoire du lieu toute la couture des bâes elle a été faite dans la plus grande salle du couvent qui est l’ancien un monastère qui est l’ancien réfectoire des des sœur Claris et je pense que la couleur elle permettait aussi d’ajouter une certaine lumière une guetté dans dans ces dans ces couloirs assez sombres et isolé h pour les motifs en fait bah aucun des liges est identique et euh et c’est c’est en fait principalement lié aux chutes que que nous avons récupéré et j’ai d jouer justement avec cette contrainte et la la question des rayures en fait est très vite arrivé comme solution immédiate et pour répondre justement à la diversité des couleurs qu’on avait à disposition et et en même temps ça ça me permettait de créer un langage assez formel un langage très commun qui les connecte tous entre eux et un peu comme la manière de créer des membres d’une communauté ou d’une famille et pour la la le process du matelass industriel donc là vous voyez les images de quand j’ai fait matelacer le lin avec ce j’ai j’ai fait j’ai pris contact avec un un matelasseur basé à à tourcoin qui qui en fait fabrique des dessus de de matelas euh dans un premier temps j’ai fait beaucoup de recherches à partir d’échantillon et de tissu de matière reçu par la CELC et et donc finalement je me suis euh je me suis dirigé vers ce matlasseur parce que c’était la seule manière pour produire rapidement une matière donc il y a presque 7 m en fait de matière qui permettent de d’envelopper presque enfin d’envelopper totalement le lit c’est du rembourage en laine biologique et en fait le développement il a été un petit peu compliqué parce que le tissu de lin était trop brut il y avait des des petits morceaux de bois en fait euh qui cassait les aiguilles de des machines euh c’est là que je me suis rendu compte aussi finalement des limites euh de ce processus industriel en fait qui est beaucoup plus euh conçu et programmé pour pour travailler ave du synthétique et et pas forcément des tissus naturels h donc on a réalisé qu’une seule version de ce lit avec le lin qui est qui celle la plus poussée au niveau des choix artistiques euh et conceptuel mais ça demandait malheureusement trop de travail et de coût pour l’appliquer aux 14 lied des cellules du couvent et donc finalement on a fait appel à une autre société donc la société isotis qui produit des rideaux isolants sur mesure et qui travaill avec beaucoup d’architectes en France ils sont devenus partenaires du projet et moi j’ai travaillé avec les couturières pour leur donner les dimensions exactes avec des assemblages très simples par scratch et par par boutonnière qui permettaiit beaucoup plus Simp beaucoup plus facilement d’enlever ses couches d’hivers et d’adapter d’adapter les lits à la saison estivale et de ne garder que la couche en bâche pour l’été euh donc ça a été pour moi un projet en fait qui a démarré dans le contexte du du du premier confinement pendant le covid euh ce qui a fait que je suis restée sur place beaucoup plus longtemps que prévu mais finalement ça m’a permis en fait de participer à la vie collective avec l’équipe de zermes C’est un temps c’est un temps qui m’a permis de mieux appréhender le lieu son espace cloîré et euh et en fait j’ai j’ai vraiment bah vécu dans le monastère en dormant dans les liges j’étais en train de de façonner je pense que cette expérience collective elle a questionné mon rapport à à l’espace intime et et vital h et je me suis questionné sur les éléments dit essentiels dont nous avons besoin pour vivre j’ai conçu ce lit euh comme ma maison en y ajoutant une fenêtre pour euh pour apercevoir le clocher pour euh déployer aussi les couleurs pour l’arrivée du printemps et euh et finalement pr protéger les lits avec le lin pour l’arrivée de l’hiver là je je je vous montre un autre projet plus récent en date c’est une installation que j’ai réalisé dans le cadre d’une exposition artistique donc l’exposition s’appelait the waiting room j’ai été donc invité à à réfléchir en fait au contexte plus historique du lieu aussi c’est un petit pavillon qui est isolé et qui a été construit dans dans le jardin en fait qui est actuellement maintenant l’école d’art de la casque qui était autrefois un hôpital et en fait ce petit pavillon était la salle d’attente pour les patientes enceintes et et donc l’idée je pense c’était vraiment de les protéger contre les infections possibles en les en en les séparant des autres des autres patients euh c’est une installation que j’ai que j’ai appelé under Belly euh que j’ai fait fabriqué à partir d’un voile d’hivernage et de sac de graines en en plastique et de cordes eu donc j’ai j’ai vraiment imaginé une sorte de draperie qui se déploie tout autour de ce pavillon un peu comme une seconde peau protectrice et donc tout a été cousu à la main et sur mesure à partir donc de ce voile d’hivernage qui est en fait un tissu agricole utilisé pour protéger les semis du froid et et des sacs plastiques de graines que que j’ai collecté en fait dans la ferme dans laquelle je vivais au moment de du de l’exposition et c’est un peu un assemblage assez spontané pour moi qui évoquait aussi la forme de certains rideau lourds que on pouvait utiliser autrefois dans les dans l’atmosphère confinée d’un boudoir donc ces petites pièces de logement dans laquelle la maîtresse de maison pouvait pouvait se retirer ou recevoir ses invités donc en introduisant cet élément il y avait l’idée de transformer non seulement ce pavillon en espace un peu fertile de le protéger et et aussi de le rendre hospitalier en créant ben les conditions d’une possible intimité et et en fait le tissu il est très fragile il a été exposé au aux intopéis et en fait il a été abîmé pendant pendant le l’exposition et ça a été assez intéressant parce qu’on a pris la décision avec les curatrices de le réparer et au moment des réparations mais ça a introduit une autre une autre dimension aussi un geste bah de du soin et de la réparation que je trouvais assez intéressant que j’avais pas spécialement que j’avais pas spécialement envisagé mais que je trouvais d’autant plus fort je le trouvais presque plus intéressant finalement avec avec ses réparations que que sans que sans ces ces zones abîmées les dispositifs et les objets que j’imagine permettent pour moi donc de créer des liens de proximité comme des zones de rencontrre et de convivialité le dernier projet que je vous présente est un petit peu différent euh mais c’est je le trouvé intéressant parce que je me suis justement penchée sur sur comment imaginer des zones de rencontres cette fois-ci entre humains et aussi entre non humains euh vous avez donc cette première image qui qui donne un peu un indice de cohabitation euh j’ai été invité donc par un par des architectes qui travaillent sur un projet qui s’appelle super teram qui est en fait un projet de recherche en cocréation qui se focalise sur les sols urbains bruxellois et la vie qui les anime euh l’idée est de faire émerger en fait de nouvelles manières d’aménager les villes plus sensibles au milieu de vie et aux multiples relations qui se déploient sous nos pieds euh donc en fait comment repenser les liens de proximité avec la nature comment mieux observer le vivant et et créer des outils voir pédagogiques ou d’exploration euh donc là ça se concentre en fait sur un sur un une zone à dans un quartier de Bruxelles scarbec qui est un vaste terrain vague h où il y avait anciennement des rails qui passaient et qui complètement où la nature a complètement repris ses droits on va dire et euh il y a une faune et une flore qui s’est créé sur avec des sols qui ont sont complètement issus en fait des déplacements humains donc j’ai travaillé avec deux deux architectes une qui est paysagiste et on a imaginé comment comment développer une couverture une couverture de sol en tant que dispositif d’observation des des sols vivants donc un objet textile qui qui invite à mieux appréhender à découvrir par soi-même des terrains plus hostiles de la ville et à l’issue des recherches l’idée était d’organiser un événement piquenique pendant qui célébrait aussi le solsti d’été avec toute l’équipe du projet super terram et c’était aussi l’occasion donc de tester ces couvertures en pleine nature ça a été une conception un petit peu comme les lit à baldaquin complètement adapté au gisement de matière textile récupérée on a fait un partenariat avec la souplotch qui fonctionne comme une récupératek mais spécialement avec des matériaux souples donc c’est un collectif qui qui à la base d’ailleurs sont plutôt des designers textiles qui se sont regroupés et qui aujourd’hui proposent une sorte de bibliothèque de matériaux donc moi je me suis amusée à aller chercher plein de de textiles plutôt à utiliser pour l’extérieur aussi pour le loisir et j’ai trouvé ça assez intéressant justement d’avoir une diversité de matériaux complètement associés à des des usages très spécifiques comme par exemple ce filet qui est en filet en fait de de volleyball h sur les axes de recherche en fait on a fait tout un travail sur le déploiement de ce textile que j’ai imaginé un petit peu finalement comme un livre qui s’ouvre qui se referme et qui se compacte assez assez facilement aussi pour pouvoir l’emmener facilement avec avec soi euh on a travaillé aussi un peu sur cette idée de différentes couches avec des degrés de transparence et d’ajouré qui laisse à certains moments le sol s’exprimer aussi h donc c’est vraiment cette cette relation entre l’action et le terrain entre le confort humain et non humain que j’ai essayé de de négocier tout en tout en créant un objet très flexible qui s’adapte aux contraintes du lieu ce sont des recherches qui sont qui restent encore ouvertes et je pense queon a envie de les couvertures sont réalisées dans le cadre de cette recherche sont ont été mises maintenant à disposition et peuvent être emprunté par différents usagers par exemple elles ont été utilisées récemment euh avec des enfants donc comme comme outil pédagogique euh d’exploration des ses vivants donc j’espère que ces différents projets euh vous permettent de mieux appréhender le matériau textile et vous donne un meilleur aperçu finalement du lien qui existe entre le textile et l’architecture euh avec ma vision sensible et parfois plus poétique je me tourne aussi désormais de plus en plus vers le champ de l’art mais ce qui me plaît dans mon travail euh c’est la diversité des projets auxquels je peux me confronter avec une volonté toujours de questionner mon médium dans différents contextes qui sont liésant à des enjeux intimes finalement que des enjeux collectifs et je souhaite je souhaite vraiment continuer à collaborer avec des practiciens et practiciennes issu d’autres domaines que le mien pour croiser les disciplines mettre en commun nos expériences et nos savoir-faire et dans le fond je crois que je m’attache beaucoup à faire cabiter des différences que ce soit de manière esthétique matérielle euh mais aussi de manière plus conceptuelle je vois ma pratique en constante évolution puisqu’elle se construit au fur et à mesure des rencontres et des expériences menées sur le terrain et je suis donc ravi d’être parmi vous durant ce workshop et j’espère que l’expérience sera enrichissante pour chacun d’entre nous merci pour votre écoute et bonne chance dans la suite de vos recherches

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