Colloque : L’émergence des parlers et des cultures créoles : syncrétismes et hybridations
Conférence du 07 juin 2024 : La formation du lexique en créole guadeloupéen : exemples d’évolution différentielle du français
Intervenante : Florence Villoing, Université Paris Nanterre
Nous étudierons quelques procédés de formation du lexique en créole guadeloupéen pour illustrer l’hypothèse de l’évolution différentielle du français selon son environnement. Nous présenterons, d’une part, la création de schémas morphologiques à partir de mots hérités du français dont la structure a été réinterprétée en fonction des spécificités linguistiques du guadeloupéen. D’autre part, nous mentionnerons la création de schémas de formation inconnus de la langue lexificatrice, mais bien représentés dans d’autres langues. Et enfin, sera évoquée la rareté des procédés morphologiques de création des vocabulaires spécialisés qui se sont développés à partir du XVIIIe siècle en français et nous l’expliquerons par les conditions sociolinguistiques d’évolution du créole guadeloupéen.
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Chaire Mondes francophones
Professeur : Salikoko S. Mufwene
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[Musique] merci beaucoup salut pour pour cette très belle invitation et pour la motivation que tu m’as transmis ainsi que tous tous les collègues de de Paris 8 de ce merveilleux groupe de recherche sur les langues créoles qui a été qui a été initié développé par anzriberert et qui m’a permis de rencontrer s beaucoup d’autres d’entre vous et aussi Maxime Douglas qui est mon mon interlocuteur privilégié depuis depuis plus de 10 ans avec lequel je travaille sur le créole guadeloupéen alors je voudrais illustrer l’idée de de l’évolution différentiel du créole et du français selon leur environnement linguistique en m’appuyant sur l’analyse de la structure interne des unités lexicales du créole guadeluppéen et plus précisément sur euh sur les unités qui sont construites par les schéma morphologique alors le créole guadeloupéen est constitué à 90 % de lexique hérité du français et à la suite des travaux de Robert chudanson on on pense que ce lexique hérité correspond certainement en grande partie non pas au au au français standard mais au lexique dialectal ou patoisant comme dit S du français de la côte Ouest Nord-Ouest des 16e et 17e siècle alors on peut évidemment compter aussi des unités lexicales qui sont emprunté à d’autres langues ou même des unités lexicales qui sont empruntées au français contemporain les les deux langues étant en contact quotidien mais les emprunts restent à la marge et et ce lexique du créol guadeloupéen à l’image du lexique de toute langu continue à évoluer et et pas seulement en empruntant des termes à d’autres langues mais aussi en créant des nouvelles unité lexical et cela souvent tout à fait inconsciemment comme on le fait d’ailleurs dans toutes les langues et et cette création se fait grâce à plusieurs mécanismes parmi ces mécanismes on compte des des schémas réguliers prédictibl de formation du du lexique qui relève de la morphologie lexicale tel que la la dérivation avec la suffixation la préfixation la parasynthèse la conversion la composition la réduplication et certainement d’autres encore et ce sont eux auxquels je vais m’intéresser alors je voudrais montrer que le créolle Guadeloupéen a certes hérité certains schémas morphologiques du français mais que ces schémas morphologiques ne sont pas des calques exacts du français contemporain qu’ils se sont adaptés à leur environnement à leur écologie et et je voudrais montrer que le créolle Guadeloupéen a hérité de certains schémas morphologiques du français mais que ces schémas morphologiques se sont adapté à leur environnement soit à la phonologie du guadeloupéen et là je prendrai l’exemple du suffixe et et qui est certainement un héritage du suffix adjentif he ou alors elle s’est adapté à la morphologie du guadeloupéen et là je prendrai l’exemple du suffix ion qui est certainement hérité du suffixeignon et je voudrais aussi montrer que le l’état du lexique construit hérité à l’époque de la création du créole a aussi influencé les composés verb nom que l’on retrouve en guadeloupéen alors pour étudier les les schémas morphologiques d’une langue il faut disposer d’une grande quantité d’unité lexicale qui appartiennent à des genres de discours des registres variés et euh et les dictionnaires peuvent évidemment fournir de bon témoignage du lexique d’une langue mais dans le cas du créol guadeloupéen où finalement la tradition lexicographique est vraiment très récente il s’avèr encore assez insuffisant parce que ils sont de taille un peu trop modeste relativement à nos besoins de morphologue les informations qu’il fournissent sont parfois lacunaires par exemple Hector poulet lui-même reconnaît que dans son Dictionnaire il a manqué de temps pour renseigner les classes syntaxiques ou les classes phonologiques et ensuite ces dictionnaires comprennent des unités lexicales qui sont jugées parfois non authentiques ou artificielles par les locuteurs et puis leur leur défaut hein pour une recherche contemporaine en linguistique tient au fait que il se présente souvent sous format papier ce qui rend la recherche morphologique assez peu efficace et et combler ces difficultés ça avère une une tâche particulièrement ardue hein pour le créole guadeloupéen parce que c’est une langue sous-dotée comme l’a déjà dit Fabiola tout à l’heure hein ce matin c’est-à-dire que elle dispose de peu de base de données elle dispose elle dispose de de peu de corpus à noter qui soi exploitable de façon électronique et et la constitution de de ces ressources est longue elle requiert des compétences techniques et linguistiques difficiles à mobiliser il y a quelques équipes he qui s’y adonnent à travers le monde en particulier des équipes qui travaillent avec le traitement automatique des langues et nous aurons bientôt à la base de données de Fabiola qui travaille sur ce qui va nous fournir un magnifique coutis sur différents créoles euh et base de données sur laquelle elle travaille depuis 10 ans avec avec des moyens remarquables alors euh en attendant justement les les délivrables exploitables des collègues j’ai principalement appuyé ma recherche sur deux sur une base lexicale qui a été élaborée par Maxime deglaas à partir de données qui sont issues de locuteur du vocabulaire de locuteur natif qui résulte d’enquête de terrain euh d’une veille lexicologique et de la consultation des dictionnaires elle rassemble aujourd’hui cette base de données en plus de 10000 entrées ce qui est relativement conséquent au regard des des dictionnaires existants et elle renseigne plusieurs information linguistique pour chaque entrée et elle a le grand avantage de se présenter sous format électronique ce qui permet une exploitation automatique et ce qui est absolument indispensable pour traiter de la de la formation des mots alors un premier type d’adaptation concerne la phonologie c’est-à-dire que les unités morphologiques héritées du français comme par exemple les affix mais mais ça peut aussi concerner les radicaux hein ont une forme phonologique qui est autre que celle qu’ils ont acquise en français contemporain et cette forme est cohérente avec le le système phonologique du créol alors donc je vais prendre l’exemple du suffixe es qui construit des noms d’agents sur des bases verbales comme le fait le le suffix e en français dont il est certainement hérité on le retrouve ce suffix dans des les paires de verbes nom que vous avez sous sous quatre qui sont des adaptations phonologiques possibles de paires morphologique du français où le dérivé est construit à moyen de au moyen du suffixe e et E donc on a comp pour compteur commentat pour commentateur squat pour squatter mais l’évolution différentiel de ce suffixe en français et en créole peut s’expliquer par l’adaptation du système au système phonologique du CRÉO et on observe d’une part la non réalisation du R final et d’autre part la réalisation de la voyelle e à la place de la voyelle e alors pour ce qui concerne le r final euh du du suffixe les recherches des phonologues et des phonéticiens qui ont é mené sur ce phonemme en créole montre que en final de syllabe le R n’est pas réalisé on l’observe très bien dans les exemple en C qui sont que j’ai pris comme justement parce que ce sont pas des exemples de l’extrême construit ce sont des des mots simples et dans ce cas on peut on peut tout à fait douter du fait que ce soit le créole qui est évolué de façon différentielle par rapport au français parce que dans la dans cette position syllabique le r lui-même euh n’est n’est certainement jamais arrivé aux Antilles c’est d’ailleurs ce qu’a dit Fabiola ce matin il avait déjà disparu en France avant la colonisation et il était visiblement absent du du français colonial et et donc c’est plus tard qu’il a été réintroduit certainement par des calques euh sur l’orthographe lié à la standardisation du français donc ça serait plutôt le français stantard he qui aurait évolué de manière différentielle en réintroduisant la prononciation du R en final de syllabe à partir du 17e siècle alors par ailleurs la voyelle orale e du français a évolué en E en créole guadeloupéen et cela dans différents contextes phonologiques et pas seulement dans des contextes morphologiques comme on le voit en 6 donc au final en he du français correspondent les finales en E du CRÉO et cette différence relève aussi de la phonologie de la langue elle est indépendante du fait qu’il s’agisse d’un suffixe donc ça n’a rien à voir avec la morphologie donc là je vous présente en 7 des exemples qui montrent que cette différence dans les Finals en heur existe aussi pour des noms simples comme BA ou Doulet qui correspondent à beur douleur ou la corrélation phonologique s’observe systématiquement mais c adaptation phonologique c’est morphologisée et aujourd’hui est avec sa forme féminine a est un suffixe du créole à part entière la preuve que cette forme suffixale s’est morphologisée et donc a dépassé le stade de la simple adaptation phonologique et que ce ce suffixe est a est productif il s’ajoint à des bases créoles pour construire des noms d’agents a priori non hérité du français donc là j’ai l’exemple de en badin chikanet Jobet et cetera et et donc on les décompose très bien c’est en en ces exemples du du créol authentique par exemple on décompose la structure du nom d’agent doucinis il est il est construit sur la base du radical doucine du verbe douciner auquel on ajoute le suffixe et on a une autre petite preuve de la morphologisation de la de la forme phonologique du suffixe par euh par le fait que on observe l’exemple cultivatz donc au féminin dans lequel le suffixe a vient se substituer au suffixe français ris euh et donc est totalement euh euh transparent d’un point de vue morphologique pour le créole alors je vais maintenant illustrer le fait que les les schémas de formation Lexico hérité du français ne sont pas seulement adapté à la phonologie du créol guadeloupéen mais aussi à d’autres propriétés linguistiques qui sont propres à la langue et notamment à sa morphologie et là je reprends l’exemple du de la dérivation en tion alors ce ce suffixe ation forme des noms d’événements ou des noms de résultats sur des bases verbales donc on a la base par exemple Desbonnet qui permet de de d’accueillir le suffix yon pour construire le dérivé des bonnes nation une analyse morphologique de ces dérivé conduit à considérer que le suffixe prend pour base le radical court du verbe qui est dépourvu de la voyelle finale hein ce qu’on a appelé avec mes collègues le le thème a du verbe et j’en parlerai plus en détail plus loin et on décompose donc les noms en guadeloupéen en radical radical court plus tion là j’ai noté le radical ang gras ce suffixe ation est hérité du suffixe yon du français qui construit aussi des nom d’événement ou des nom de résultats sur des bases verbales je donne quelques exemples en 12 qui sont certainement hérités par le créole du français donc admirer admiration décorer décoration il y a donc un un différentiel formel entre le suffix ation en créole et le suffixe yon du français et ceci est lié au fait que la décomposition morphologique est différente dans les deux langues en français le hat qui est réalisé entre la racine et le Yon et qui se prononce as est analysé comme relevant du radical du verbe alors que en créol guadeloupéen on considère que le hat relève plutôt du suffixe et je fais l’hypothèse que cette différence de décomposition de frontière donc cette différence de frontière entre le radical et le suffixe euh est typiquement lié au contexte morphologique de la langue c’est-à-dire que si on suit les travaux récents de Bonami Boyer carerler rou sur les verbes français ou ou les travaux dont a parlé Fabiola on on a montré qu’il pouvait que les verbes français pouvaient compter jusqu’à 13 radicaux qui se répartissent différemment et régulièrement syst systématiquement dans le paradigme et parmi ces 13 radicau radicaux on observe un radical parti particulier le le radical 13 là euh qui inclut ce segment h et qu’on ne trouve que dans la morphologie dérivationnel donc dans les dans les dérivés alors que tous les autres on peut les trouver dans le dans des formes fléchie alors pourquoi en français décide-on d’inclure ce h dans le radical plutôt que dans le suffix les les arguments avancés euh se portent principalement sur le fait que ce hat se retrouve euh aussi dans d’autres euh dérivés par exemple les dérivés en if ou les dérivé en heure et on le retrouve aussi dans la conversion ou dans la suffixation en war que j’ai pas présenté ici euh donc dans 98 % des cas euh ce ce segment euh apparaît systématiquement et alors que l’on change de dérivé euh l’autre argument tient au fait que le suffixe yon apparaît sans ce hâte puisque il peut apparaître sans ce ce hâte dans d’autres dans d’autres construits et dans ces cas-là les autres dérivés e if récupère la même base sans ce hâte donc on a un effet de systématisation entre tous ces dérivés en yon en he et en if qui nous qui ont conduit les auteurs à considérer que euh le hat appartenait vraiment au radical et on ne pouvait pas attacher le hat au suffixe ni yon ni he ni if alors en créole guadeloupéen la situation morphologique est tout à fait différente hein dans l’état actuel de la de la littérature qui est assez rare sur le sujet les dernières avancées montrent que les verbes du créol présentent au plus deux radicaux que nous avons appelé dans notre dernier article le thème a et le thème B c’est-à-dire le thème a qui est le radical court sans la voyelle et le thème B qui est le radical long qui est identique en fait à l’unique forme fléchie du verbe à la différence du français nous n’avons pas identifié de radical à final en Hâ en créole guadeloupéen le radical qui pourrait servir de façon productive à former d’autres dérivées par exemple les r des radicaux en a mais on ne le trouve pas euh de façon suffisamment productive pour pour construire des néologismes donc manifestement le H ne peut pas être attaché au a et appartient vraiment en revanche au ion alors l’autre argument s’appuie sur le fait que aucun nom AFF final en Yon et non pas affinal en iion correspondent à à à un suffixe à un suffixe yon en créole c’est-à-dire que les noms que vous voyez en 13 ici ils ne sont pas décomposables morphologiquement en créole parce que les noms en yon ne sont associé à aucun verbe et à la place le créole utilise plutôt des périphrases donc la seule forme du suffixe est ion et les rares dérivés en yon qui qui servirait à qui pourrait éventuellement être décomposable morphologiquement avec une transparence suffisante du radical et du suffixe finalement il relève il révèle un radical qui est exploité dans dans d’autres il ne révèle pas de radical exploité dans d’autres dérivées donc il s’agit de de toute évidence de mots hérités de non hérités du français mais dont les unités donc le radical qui avait subi qui aurait pu subir une allomorphie n’ont pas fait système donc ne sont pas n’est pas productifs et cette situation d’ailleurs n’est pas n’est pas la seule en créole guadeloupéen elle se retrouve en créole dans d’autres créoles à base française notamement en créol haïtien Michel degff en 2001 avait déjà montré cette cette différence voilà donc je je conclurai ici en affirmant que aucun nom à final en yon n’est décomposable morphologiquement en créole hein le potentiel suffixon n’est pas productif il ne permet pas de construire de nouveaux mots alors que Ion lait donc on finit par en déduire que le suffixon ne s’est pas morph isé sous cette forme mais il s’est morphologisé sous la forme et finalement l’évolution du suffix yon en guadloupéen semble avoir été précurseur de l’évolution du suffixe yon en français parce que aujourd’hui en français on a aucun néologisme qui soit construit sous la forme Yon et tous apparaissent sous sous une forme en tion donc là je donne quelques exemples que que ma ma doctorante avait identifié sur un très très large corpus du du français contemporain alors je vais terminer euh par d’illustrer l’évolution différentielle de la morphologie français et du créole en prenant des exemples de schémas morphologiques qui se sont développé dans une langue et pas dans l’autre et je prendrai ici des exemples de composition euh je diraai de mots sur la composition morphologique en disant que elle correspond à la formation de noms d’adjectifs de verbes en association i en associant généralement deux radicaux de l’exème en selon des des relations phonologiques syntaxiques et sémantiques qui sont réglés et qui sont stables le créol guadeloupéen comme beaucoup de langues a développé plusieurs schémas de composition morphologique mais il en est un qu’il n’a pas exploité à la différence du français c’est la composition Vermant qui construit principalement des noms d’instruments ou des noms d’agents alors il a hérité hein quelques exemples où il a emprunté quelques exemples de composés verb non que l’on voit en en 17 mais ces composés semblent en trop petit nombre pour faire système et le schéma reste relativement improductif en français si on si on mesure notre base lexicale le nombre de ces composés dans notre base lexicale ils sont trop peu nombreux on en a quand même quelques-uns qui sont néologiques mais ces néologismes laissent supposer que finalement la rareté de ces néologismees laisse supposer que ce schéma morphologique n’a pas survécu en guadeloupéen ou alors il a survécu totalement à la marge alors que au contraire en français contemporain il s’est nettement développé l’hypothèse la plus probable he qui pourrait expliquer l’absence de non composé Veron en créole et l’évolution morphologique au cours de l’histoire ce ce patron de composition exista en grec et en latin mais de façon assez marginale et il se retrouve avec certitude dans les textes à partir du 12e siècle en France il permettait de construire d’abord des patronymes des pseudonymes des noms de lieux et progressivement il a étendu ses champs sémantiques à partir du 14e siècle où il servait aussi à construire des nomes qui dénotaient des fonctions sociales des noms d’agents et par extension des des noms d’instruments mais ces valeurs sémantiques sont devenues marginales après le 14e siècle et et et par exemple la valeur agent instrument a décliné alors que l’interprétation instrumentale s beaucoup développé mais elle s’est développé seulement à partir de la révolution industrielle donc à partir du 19e siècle et et donc il semblerait que au moment de la formation des créoles ce schéma n’était plus productif en français et il y a fort apparier que le français colonial de l’époque n’exploitait pas ce schéma et qu’il n’avait donc pas de raison de se morphologiser en guadeloupé mais en revanche en fait le CRÉO dispose d’une composition verbe nonom qui est très productive en créole qui construit non pas des noms euh mais des verbes et ils sont très présentes dans notre base lexical hein c’estàdire que sur les 68 composés verb nom il y en a 59 qui sont des verbes donc il représentent 87 % décomposé verb non en créole et et ces chiffres confirment que ce schéma morphologique euh S dévelppé éeloppé en créole mais il ne s’est pas du tout développé en français d’ailleurs il n’a jamais été véritablement productif en français où il a il a productif il a il a disparu alors apparemment le latin connaissait ce patron de composition verbal à partir d’un nom et d’un verbe donc on a un petit exemple en 21 en ancien français il s’est également développé on a quelques exemples en 22 mais aujourd’hui il a totalement disparu il ne reste que quelques traces de de ce schéma en 23 et donc deux hypothèses pour expliquer la présence de de verbes composés en créole à la différence du français soit le français des Antilles des des du 17e siècle comprenait suffisamment de composés vernom qui se sont maintenus et qui ont fait système ou alors ces composés se sont développés grâce à l’influence d’une langue substractique sachant que la formation de verb par composition est parfaitement disponible pour quand de langue et le Guadeloupéen pouvait très bien produire ce genre de composition je termine je voulais aussi interroger les conditions sociolinguistiques de de création de création et d’évolution du créole guadeloupéen pour expliquer l’absence de dérivé de composé qui sont construits sur des bases savantes emprunté aux langues classique grec et latin c’est ce genre de construction pululle aujourd’hui en français contemporain mais elle brille par leur absence en créole guadeloupéen géné retrouver dans aucune base de données des composés savants ni même dans le le DK et donc ce sont ce sont des des composés qui qui ne sont pas développés en créole guadeloupéen les seuls dont j’ai trouvé la trace c’est en haïien et donc ceci reste à expliquer mais je crois qu’il me manque du temps merci pour votre attention [Applaudissements] [Musique]