Dans le cadre du cycle “La représentation en question”, la SACD et ARTCENA proposaient le 25 mars 2024 une rencontre intitulée “Quelles formes pour la représentation ?”.

Rencontre animée par Gwénola David, directrice générale d’ARTCENA avec :
🔸 Noémie Fargier, chercheuse associée à Thalim (Université Sorbonne Nouvelle / CNRS / ENS), autrice et metteuse en scène
🔸 Joris Mathieu, auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre Nouvelle Génération – CDN de Lyon
🔸 Maïa Ricaud, autrice, metteuse en scène, comédienne, directrice artistique de la compagnie Les Chiennes nationales
🔸 Yves Sintomer, professeur de sciences politiques, Université de Paris VIII
🔸 Valérie Suner, metteuse en scène et directrice de la Poudrerie, Scène convention Art et territoire, Sevran

Je suis ellisa je suis responsable du lieu pour la SACD avant toute chose remercier l’ensemble des intervenants et des intervenantes qui ont accepté d’être à nos côtés autour de guenola David directrice générale d’arsena aujourd’hui pour cette discussion merci évidemment à toute l’équipe d’arsena guenola et doroté pour l’organisation de ces rencontres qu’on

Monte depuis pas mal d’années vous dire si vous devez poser des questions de ne pas de surtout de veiller à parler dans le micro comme je viens de me battre pour le faire parce que nous sommes précisément en live sur le facebook de la SACD et d’arsena donc il y a de

Nombreuses personnes qui le regardent à distance du coup il faudrait qu’on puisse entendre vos questions et vous dire qu’on vous paye un café à l’issue de cette discussion voilà à très bientôt bonne bon après-midi bonjour ça marche bonjour à toutes et à toutes bienvenue pour cette nouvelle rencontre

Dédiée à la question de la représentation la troisième consacrée à cette question un grand merci à toute l’équipe de laascd à ellisa en particulier qui sait chaque fois très très bien nous accueillir avec laquelle on réfléchit de façon fructueuse pour concevoir ces ces rencontres donc nous allons nous intéresser aujourd’hui au

Lien entre représentation politique dont on soulligne qu’elle est souvent en crise et la représentation dans le spectacle vivant qui connaît elle aussi de profondes mutations notamment quand à la relation avec les spectateurs alors pourquoi représentation théâtrale ou spectacle vivant et représentation politique parce que si on reprend les

Mots d’anana arent le théâtre est pour elle l’art politique par excellence le lien entre représentation politique et théâtrale on le sait est multiple il suffit de reprendre ne serait-ce que la mimésis telle que définie par Aristote qui bien sûr se décline dans la tragédie mais plus largement dans le gouvernement

De la cité et puis parce que représenter si on on prend la une définition possible parce qu’on verra que c’est un terme très polycémique représenter c’est rendre présente une chose ou une personne absente mais c’est aussi être en représentation et c’est bien ce que font les acteurs et les

Actrices mais aussi les politiques qui ont besoin de la présence d’autres hommes d’autres femmes d’un public pour que représentation advienne et parallèlement on peut observer que les créateurs bousculent les codes les lieux les temps de la représentation que le spectateur change de statut il est SPECT acteur il est expérimentateur il est

Participant et il y a de multiples formes qui sont aujourd’hui proposées sur les plateaux ou dans l’espace public ou ailleurs forme immersive interactive partager augmenté donc on voit que les mod modalités de la représentation sont aujourd’hui bien diverses donc peut-on faire un parallèle entre la pluralisation des prétensions politiques

À la représentation que nous observons aujourd’hui et ce qui se passe sur les scènes et bien c’est ce que nous allons voir avec nos invités que je présente je commence par Noémi Fargier vous êtes chercheuse associé à thalim c’est-à-dire une unité de recherche qui dépend de l’Université Sorbonne Nouvelle vous êtes

Également autrice et metteuse en scène euh vous êtes docteur en étude théâtral votre thèse portée sur les expériences sonores dans le spectacle vivant contemporain et la relation scène sale qu’ell mettent en jeu vous êtes également spécialisé dans les dramaturgies contemporaines et avait publié plusieurs articles qui questionnent le rôle des dispositifs

Audiovisuels dans les expériences sensoriel votre voisine n’est autre que Maya Rico autrice metteuse en scène comédi directrice artistique de la compagnie les chiennes nationales que vous avez fondé en en 2010 alors vous avez commencé très jeune puisque vous avez 14 ans quand vous lancez dans vos premiers spectacles activistes en 92

Vous organisez votre première manifestation contre le tunnel de sonport avec avec votre tente je crois euh et puis vous poursuivez votre chemin vous côtoyez le fune une des compagnies pionnières des arts dans l’espace public avant de rejoindre l’atelier volant plan au Théâtre de la Cité de Toulouse donc

D’entamer un parcours plus classique de comédienne sur scène vous expéri expérimentz ensuite des lectures itinérantes parce que vous avez un goût fou pour la littérature vous fondez donc votre compagnie et puis tout récemment vous avez créé ce que la vie signifie pour moi d’après le texte de Jack London

Et donc c’est aussi une occasion d’écrire avec le public une aventure politique et remobiliser aussi les outils de la participation politique je continue avec Joris Mathieu auteur metteur en scène et directeur du théâtre nouvelle génération sent dramatique national de Lyon vous vous avez fondé la compagnie haut et court en

98 c’est une compagnie qui rassemble une équipe fidèle d’artistes interprètes et de créateurs techniciens ça c’est important parce que vous avez un art qui mixe les les techno lie euh très très développé et vous proposez un théâtre d’anticipation donc qui intègre les technologies numérique au service d’œuvres on va dire sensoriel poétique

Dont la caractéristique est de proposer une relation singulière avec chaque spectateur et c’est un théâtre très enem prise avec ce que ce que l’on vit aujourd’hui mais qui repose souvent sur des récits d’anticipation c’est une façon aussi ben de savoir un peu où on est vous êtes aussi l’organisateur du festival

Micromonde c’est un festival de spectacle vivant multimédia dédié à la création contemporaine et en particulier aux formes artistiques immersives je continue avec Yve Saint-Omer professeur de sciences politique à l’Université de Paris 8 vous êtes chercheur docteur honoris CAA de l’Université de Liège mais aussi membrre associé aux universités d’Oxford et de

Nechâel vous avez publié de nombreux articles ouvrage sur la question démocratique sur la sociologie en France et en Allemagne ainsi que sur la représentation politique avec notamment deux numéros thématiques que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt la représentation incarnation et repenser la représentation politique je crois qu’on va être au cœur du sujet

Je termine avec Valérie Suner mthuse enène et directrice du Théâtre de la poudrerie depuis 2011 c’est une scène conventionnée art et territoire basée à Sevran qui a la particularité de proposer des projets culturels qui tissent un lien social particulier avec avec les habitants et puis donc vous

Avez aussi un travail de mise en scène très actif vous avez récemment mis en scène une de perdu c’est une pièce de l’auteur Dorothé Zumstein écrite à partir d’interview de travailleurs sociaux de psychologu sur le thème de la prostitution des mineurs et puis vous animez aussi une bienénale des arts

Participatifs donc on voit que nous allons pouvoir aborder cette question de la représentation par de multiples facettes euh mais avant de passer à la parole aux uns et autres je pense que c’était important de revenir tout simplement à la définition des mots parce que on a vu juste dans

L’introduction très rapide que j’ai faite que le mot représentation pouvait avoir plusieurs sens j’en ai cité au moins deux mais il y en a bien plus bien plus et il me semble absolument indispensable pour conforter notre outillage intellectuel et aborder cette question des ation de la représentation et bien de revenir aux matrices

Conceptuelles qui forge la la polycémie de de de ce terme donc je me tourne vers Yv SaintOmer puisque vous avez travaillé beaucoup sur les définition de cette notion de représentation en presque en linguiste puisque vous êtes revenu au à l’étymologie et notamment aux étymologies latine est-ce que vous pouvez nous nous nous dessiner

Évidemment à grand trait hein ces lignes directrices qui euh permettent de se repérer dans les différents sens que peut revêtir le terme représentation oui merci beaucoup alors effectivement je pense qu’il faut parler plus comme ça comme ça euh alors effectivement euh surtout dans un débat comme celui qu’on va avoir on va croiser

La représentation politique la représentation dans les les arts du spectacle il est important de prendre un peu de distance avec les mots qu’on utilise couramment et qu’on utilise finalement sans songer à leur ambivalence et dans la langue française mais aussi dans pas mal de langues néolatines espagnol le Portugais en

L’occurrence aussi l’anglais mais curieusement pas l’italien on a avec ce mot de représentation rassembler deux grands ensembles de grandes matrices qui dans la plupart des autres langues n’ont rien à voir l’une avec l’autre ne se disent pas avec les mêmes mots ni même avec les mêmes racines d’un côté je suis politiste donc

Je vais commencer par là la représentation c’est le fait de pouvoir avoir la possibilité ou en tout cas de réclamer cette possibilité de la revendiquer de parler au nom à la place de quelqu’un d’autre d’un groupe d’incarner ce groupe et de l’autre côté dans la représentation théâtrale en particulier la représentation c’est la

Production de symboles d’images d’idées sur le monde sur les personnes représentation qu’on pourrait dire symbolique alors d’un côté évidemment il y a pas de représentation politique au sens d’un président de la République d’un mouvements social de députés sans aussi projeter des images sur ce qu’est la société sur ce qu’elle devrait être

Sur ce qu’elle monte sur ce qui devrait être mais l’inverse n’est pas vrai dans la représentation théâtrale on n’a pas forcément une délégation la prétenion d’incarner un groupe et et du coup ces deux sensl la représentation qu’on pourrait dire juridicpolitique et puis la représentation symbolique artistique euh

Ne sont pas du même ordre et puis après on pourrait multiplier aussi les les sous-divisions par exemple en politique depuis des siècles maintenant il y a eu deux grandes prétensions à la représentation politique d’un côté on peut dire j’ai eu un mandat et notamment dans nos sociétés un mandat électoral on

Peut parler au nom de la France parce qu’on a été élu président de la République ou alors on peut dire j’incarne un groupe prenez les gilets jaunes il n’avit pas eu de mandat et pourtant ils incarnaient ou prétendaient incarner euh une partie de la France une partie du pays la France périphérique

Comme on a dit souvent et puis du côté de la représentation symbolique c’est pas exactement la même chose dans chez un acteur ou une actrice qui va incarner un rôle qui va du coup renvoyer à une signification à un texte à un autre auteur une autrice qui n’est pas

Présente qui va va être rendue présente à travers l’acteur l’actrice et puis un responsable ou une responsable politique qui va avoir aussi quelque part ce travail sur le l’acteur d’acteur mais qui en même temps incarne son propre rôle il n’incarne pas un personnage qui ne serait pas lui ou elle il incarne son

Propre personnage et ça fait aussi une différence après on pourrait aussi multiplier les choses mais je crois que ici en particulier une une dimension est assez intéressante la représentation ça peut aussi être un acte de la personne qui représente et puis ce qui est représenté n’est pas actif n’est pas

Présent c’est peut être vrai dans la représentation politique ou très souvent je sais pas penser un président notre président de la République qui quand il a fait la réforme des retraites finalement l’imposait contre une majorité de la population contre les syndicats contre la rue y compris contre une majorité de l’Assemblée

Et donc du coup une fois qu’on est représentant ben on fait ce qu’on veut ou alors il y a une représentation plus participative où on essaye en permanence que les personnes représentées puissent participer je crois que ici mais je vais laisser la parole à à mes à mes

Collègues et bien dans les les arts du spectacle aussi on peut avoir un public qui soit disons seulement à l’écoute seulement spectateur spectateur trce ou un public plus participant donc si si je suis bien ce que vous nous avez dit hein et donc il y a plusieurs axes une représentation

Symbolique qui peut vouloir dire la présentification de l’absent c’est la façon dont un acteur une actrice va incarner un personnage qui qui n’est pas là mais c’est aussi en politique la façon dont on se représente a représenter quelque chose ou quelqu’un et puis se représenter qui est intransitif cette fois-ci comme le

Pouvoir se représente d’ailleurs en se représentant souvent il il constitue la communauté puisque il dit voilà moi je suis vos représentants et donc il y a un rôle éminemment aussi actif de cette représentation là et puis si on prend ce que vous avez appelé la représentation juridico-politique il y a cette

Représentation mandat c’est-à-dire je donne mon mandat à une personne qui va agir en mon nom et puis il y a ce que vous avez appelé la l’incarnation c’est-à-dire un mandat incarnation c’est-à-dire que il y a des personnes qui dit représenter le peuple c’est fameux gilets jaunes c’est fameux nous sommes

Les 99 % c’est-à-dire que une partie de la population représente le tout et donc a a y a ces deux axes qui sont qui ne se superpose superpose pas et il y a aussi ces notions de représentation imitation représentative parce que quand on parle de cette crise

De la représent tion il y a aussi quelque chose qui a à voir avec une crise du représentatif comment est-ce que vous analysez justement cette crise de la représentation le représentatif ça peut découler d’une procédure légale il y a une élection puis voilà la personne représente parce que elle a gagné

L’élection mais il y a un autre sens en politique qui est plus disons sociologique ou statistique c’est qu’un Parlement par exemple soit à l’image du pays et l’une des critiques souvent entendues aujourd’hui émise par les citoyens c’est dire que finalement leurs représentants ne leur ressembl pas ne s’intéressent pas à à

Leurs propres problèm et qu’ils sont pris dans une sphère finalement assez lointaine avec des jeux qui ne les concernent guerre ou qui les concernent de moins en moins donc cette crise de la représentation elle elle a cette dimension de finalement il n’y a que peu de correspondance et une mauvaise

Communication entre le monde des représentés et celui des représentants puis il y a aussi les formes qui permettent cette représentation politique et et en particulier ben il y a quelle procédure pour désigner des représentants jusque-l dans un pays comme la France classiquement l’élection était l’axe central mais souvent aujourd’hui bah

Beaucoup de gens ne vent plus ou alors il vote pour le moins pire ou la moins pire et pas pour vraiment les idéaux euh et puis la multiplication des des fake news les stratégies de communication médiatique font peser un soupçon sur est-ce que ce jeu de la représentation

Il est honnête et et l’ensemble de ces évolutions euh contribuent à cette crise de la représentation vous vous montrez aussi dans vos écrits que il y a plusieurs finalement prétendants à la représentation c’est-à-dire qu’il y a les représentants élus il y a les représentants autodésignés qui disent représenter l’intérêt des vrais gens

L’intérêt des parce qu’ils sont représentatifs eux de ce que vivent la situation donc on a une concurrence finalement dans dans ces notions de de représentation oui il y a jamais une seule forme de représentation mais j’imagine que dans le théâtre ou dans les arts du du

Spectacle en général il en va de même il y a plusieurs manière de représenter et donc la représentation c’est jamais un donneré un acquis une bonne fois pour toutes c’est toujours une prétention une tentative et ça peut marcher ou ça peut ne pas marcher et d’ailleurs dans notre

Pays on voit bien maintenant depuis un certain nombre d’années que à peine élu les présidents de la République les premiers ministres sont contesté les premiersres ministres sont sont contestés très rapidement et que donc cette prétention à représenter politiquement un pays les citoyens peut-être peut-être contesté y

Compris par des gens qui ne sont pas élus je reviens sur l’exemple des gilets jaunes ça a tout même secoué énormément le premier m le premier mandat d’Emmanuel Macron et pourtant c’est ces gens-là n’étaient pas élus ils se représentaient eux-mêmes ils incarnaient autre chose et et et il disait

Finalement vous vous ne nous représentez pas la représentation pose évidemment la question du spectateur on reprend toujours la célèbre phrase de Peter Brook pour que l’acte théâtral existe il faut qu’un homme passe et qu’un autre le regarde et on pourrait dire aussi en paraphrasant de Ning genoun qui parlait

Dès 2002 de la crise de la condition spectatrice parlé de cette crise en disant finalement l’époque de la consommation théâtrale est épuisée les gens n’ont plus envie de simplement être dans la contemplation esthétique de ce qu’ leurait présenté euh la fonction scopique c’est uniquement rester dans le

Voir ne peut plus satisfaire euh leur leur désir et euh et d’ailleurs en faisant ça en se s’enfermant dans une dimension purement esthétique et et en enfermant le spectateur dans cette position de de voyeur et bien euh le théâtre manque cette dynamique profonde qui est qui est la sienne euh et c’est

Vrai que si on reprend le terme de de spectateur on a une connotation très passive qui qui se dégage puisque le spectateur c’est à la fois le témoin oculaire d’une action ou d’un événement enfin là là je lis le Petit Larousse la personne qui va assister à une cérémonie

Publicque ou une manifestation sportive ou un spectacle ou c’est encore une personne qui se contente d’observer et ne parti cip pas à l’action on voit bien qu’à cet endroit-là il y a il y a un frottement un frottement qui donne lieu à de nouvelles expérimentations alors je

Vais me tourner vers vers Valérie Sunner puisque vous avez développé donc au sein du Théâtre de la poudrerie du théâtre d’abord à domicile et puis des grands projets participatifs qui amènent à changer la relation au spectacle en changeant aussi le statut du spectateur alors je reprendrai Augusto boil c’est le SPECT acteur euh

Mais mais au-delà de cette euh de cette évocation euh pourquoi vous êtes lancé finalement dans ces démarches artistiques participatives quelle était l’ambition que vous poursuiviez et comment ça se comment ça se passe alors euh d’abord il y a 13 ans donc quand j’ai créé le théâtre de la poudrerie au au

Tout départ avec Alain Grasset euh on est parti d’un d’un constat voilà que 85 % de la population française va pas au théâtre donc on s’est dit comment on va faire pour inverser la tendance et ben si les gens vont pas au théâtre et surtout quand on est arrivé à Sevran

Donc qui est une ville du de la scinene saint-denisin 55000 habitants une des villes des plus pauvres de France qui n’avait pas de théâtre euh donc ces 85 % étaient tout à fait vérifiés euh et ben on s’est dit si les gens vont pas au théâtre surtout

Qu’il y avait pas de théâtre on avait pas de lieux d’ailleurs on en a toujours pas réellement euh et ben on va aller chez les gens donc on a commencé à faire euh ben 45 représentations la première année 75 150 et cetera et on s’est mais

Ça a été très compliqué parce que les gens n avaient un peu enfin nous nous demandaient pas de venir hein donc il a fallu vraiment euh établir une relation de confiance et euh pour rentrer dans les domiciles avec des créations de qualité avec des artistes du réseau national et cetera et ensuite

Ça a été ben comment faire pour réunir tous ces habitants qu’on a rencontré dans des des villes différentes dans des quartiers différents qui sont de sociologie enfin de d’origines différentes et cetera autour de grands formats qui peuvent être effectivement sur sur scène sur un plateau assez classique mais aussi en espace public ou

Dans une usine ou dans tout un tas de lieux non dédiés et ça a été le postulat ça a été d’inverser la place du spectateur et euh de d’inclure le spectateur dans le processus de création euh et donc là euh et depuis euh 5 ans

Euh en plus euh des des artistes et des habitants dans le processus même de création on a aussi inclu des personnes qui œuvre dans d’autres champs disciplinaires euh ce qui permet d’ouvrir encore plus euh à d’autres publics par exemple on a commencé à travailler avec des sportifs mais aussi

Avec des scientifiques avec des chercheurs des sociologues et cetera et du coup les à la fois les formes de représentation s’en sont trouvé absolument changé puisque quand on on fait une un spectacle à domicile par exemple et bien euh bah puisque toutes les créations maintenant au Théâtre de la poudrerie

Sont exclusivement participatives et inclu le les habitants à l’intérieur sous des formes diverses et variées mais les formes si elles sont à domicile ou si elles sont dans l’espace public par exemple sur le canal de lourd qu’ on a travaillé beaucoup notamment avec des sportifs les formes évidemment de

Représentation sont tout à fait variés alors qu’est-ce que ça change dans ce rapport avec le public le fait de les inclure comme des des co-auteurs ou quel est au fond le statut qu’il on dans cette dans cette dans cette démarche participative parce que il y a plusieurs

Façons de de de de participer hein il y a pour reprendre joelzax prendre part apporter une part recevoir une part on a plusieurs statuts de la participation on peut être simple figurant on peut être co-auteur comment vous envisagez finalement la place qui est donnée au aux habitants puisque c’est

Principalement a les habitants o vous travaillez alors euh c’est c’est c’est très long puisque nous ça fait 13 ans qu’on travaille là-dessus et donc les les les formes de participation sont extrêmement différentes je j’ai changé dernièrement avec Jean-Pierre svos qui dirige le collectif s composition avec

Qui on a travaillé avec l’équipe de avec Bruno l tour avec un collectif le collectif au atterrir que qu’a mené Bruno Latour et on se disait qu’on divisait un petit peu peut-être être la la les formes de participation dans nos nos expériences communes en trois il y a

Ben les formes tout à l’heure vous parliez d’une de perdu il y a Dorothé Zumstein qui vient d’arriver qui est autrice avec qui je travaille depuis plusieurs années et par exemple avec doroté quand on fait des spectacles à domicile mais on travaille avec vraiment d’autres beaucoup d’autres équipes

Artistique qui tourne dans le réseau national avec ses créations et bien Dorothé et moi par exemple on fait un gros travail d’enquête de rencontrre d’interview d’ailleurs il a Julie Chauvin qui a fait un un qui nous a suivi C c’est assez intéressant comme documentaire et on voit tout le

Processus et bien là par exemple ça va être vraiment de l’interview sur une de perdu sur la question de la prostitution des mineurs par exemple effectivement on a été rencontré à la fois des pédopsychiatres des assistantes sociales des animateurs de rue des professeurs des jeunes directement touchés par ces

Problèmes là bien sûr des parents des familles à la zeu et donc c’est une un un travail quasiment d’investigation comme pourrait le faire un journaliste sauf qu’après ça c’est le travail qu’on fait toutes les deux sauf qu’après doroté va mettre ce Dorothé Zumstein donc qui est autrice va va mettre

Vraiment bah cette matière sous une forme poétique euh voilà donc ça c’est une forme de participation par après on a une autre forme de participation où on va avoir par exemple les les habitants qui vont être sur scène et donc là on travaille à partir de de soit je

Sais pas pinabouch par exemple a beaucoup travaillé sur sur ça à partir de ça ça se fait beaucoup en danse à partir d’improvisation et après l’artiste va tailler à l’intérieur de ce qui est proposé par par ces habitants par ces personnes qui participent et ça va être complètement structuré à

L’intérieur de de l’œuvre de voilà et une troisème forme de participation qui va inclure à la fois la présence des habitants leurs paroles leur point de vue leur point de vue mais aussi qui va inclure et ça c’est des choses qu’on expérimente avec S composition par exemple l’équipe de

Bruno Latour avec qui on a beaucoup travaillé et où où on va on va inclure aussi les habitants dans le processus global d’assemblage et de construction de l’œuvre donc c’est un peu à trois si on si on divise gross voilà grossièrement on va avoir ces trois types de participation ça veut dire que

L’artiste là ne parle pas pour il parle avec nous voilà l’artiste parle avec par exemple je peux voilà on a fait on a fait pendant plusieurs années pendant 4 ans tout un travail comme je je l’évoqué un petit peu tout à l’heure avec des sportifs sur le canal de l’Ourc euh

Parce que bon on nous a incité à travailler avec on part tout le temps des problématiques du territoire évidemment on a les Jeux Olympiques paralympiques qui arrivent sur le territoire pendant 4 ans on a travaillé dessus et cette année on va pas travailler dessus c’est un peu un acte

Je sais pas si c’est un acte de résistance mais bon donc en tout cas ça nous a permis d’ouvrir un champ d’expérimentation où on a travaillé avec les sportifs qui notamment les kayquises qui travaillent sur le canal de lourc et et nous ça nous a permis de comprendre

Que le canal de l’Ourc par exemple était perçu comme un lieu frontière à l’intérieur de la ville entre les quartiers pavillonnaire et les quartiers prioritaires donc on s’est dit ben on va essayer de que ce lieu soit un bien que qui devienne un bien commun un bien de

Patrimoine comme on le dit dans le les droits culturels de réappropriation donc on a travaillé au fait de se réapproprier ce lieu et que ce lieu devienne un lieu de convergence donc on a travaillé avec des plasticiens par exemple où on a fait tout un tas de cartographies de travail symbolique

Artistique de représentation du territoire de trajet vers ce ce ce canal et où on a organisé une grande parade pendant 4 ans qui prenaient des formes très différentes par exemple ça on l’a coconstruit avec des des éminemment enfin au centre avec ce ce club de de kayak de kayquistes euh avec qui

Vraiment on a imaginé on a fait la conception et ça a été hyper difficile parce qu’on éétait pas au même endroit on a le le même pour un même mot par exemple on va pas ça va pas désigner la même chose et tout d’un coup le le lieu

De représentation c’était plus une scène c’est pas un endroit où moi j’étais à l’aise c’est un endroit où les sportifs les kayquistes en l’occurrence étaient eux à l’aise donc il a fallu qu’on se déplace il y a la question du déplacement pour regarder du point de vue des autres avec le vocabulaire des

Autres avec leur approche particulière du territoire et donc c’était avec eux qu’on a cofabriqué il y a eu des choses où moi j’ai dû beaucoup me déplacer où j’étais pas d’accord j’avais pas envie d’aller vers eux une question de coopération ça ça revient aussi dans la question des droits culturels et là la

Question de la coopération c’est en même temps essayer de pas faire un son et lumière moi qui ne m’intéresserait pas du tout mais d’écouter les personnes qui sont avec nous et donc on a travaillé avec ce club avec cette ce cette ce club de kayak mais on a travaillé aussi avec des

Associations de part et d’autres où on a mélangé des gens des quartiers populaires des quartiers pavillonnaires qui avent pas du tout les mêmes points de vue c’est des communautés des groupes qu’on a mis aussi qu’on a confronté on a travaillé avec des personnes en situation de handicap mental il a fallu

Se déplacer énormément à plein d’égards euh et est-ce que cette expérience finalement qui va confronter différents points de vue mais comme ça pouvait se faire dans la la unauté même politique au moyen-âge où les les les les les administrations n’étaient pas gouverné par représentation mais finalement ou la

Palabre où on va arriver à un consensus est-ce que à travers ce ce ce processus d’une part les les différents habitants dans leur diversité se sentaient mieux représentés et plus concernés parce qui se joue au théâtre et est-ce que vous avez le sentiment que ça a contribué à

Créer au moins la possibilité d’un dialogue ça a éminemment fait que il y a eu la construction d’un dialogue puisque on a vraiment mélangé dans ce projet particulier par exemple autour du canal de l’Ourc vraiment on a on a fait que des des des à la fois des habitants des

Quartiers c’est c’est dingue c’est dans au sein d’une même ville le canal de lourc des des quartiers où les gens ne se fréquentent pas ne se parlent pas n’ont pas les mêmes points de vue n’ont pas les mêmes points de vue sur le rapport homme-femme sur les questions

Politiques sur le rapport à l’écologie sur le rapport au territoire sur le rapport au canal et ben oui quand on coconstruit ensemble et qu’on prend la peine d’écouter tout le monde c’est vraiment il faut beaucoup d’humilité de travail de par tout le monde hein on a mais c’est un travail colossal et bien

Ça fait que chaque année il y avait de plus en plus d’habitants qui qui ont participé de plus en plus et c’est devenu très gros même la dernière année là en septembre on avait du mal à à à maîtriser l’engouement en réalité c’est retrouver du commun comme on pouvait

Avoir dans les fêtes populaires mais parce que les gens étaient on a sans nationalité d’origine à S vrant c’est un chouette lieu d’expérimentation et c’est retrouvver du commun comme on avait dans les quartiers enfin dans les villages et cetera et dans dans un endroit où il y a

Pas ce commun à la base on reviendra sur l’impact politique que peuvent avoir ces expérien expence esthétique et cette construction particulière d’une communauté artistique même éphémère je me tourne maintenant vers Maya harico donc vous avez par exemple vous avez cré tout récemment je le disais tout à

L’heure ce que la vie signifie pour moi donc c’est d’après un texte de Jack London qui revient sur son parcours et qui raconte son enfance on le sait dans la dans la misère puis tout d’un coup son son sa reconnaissance et son ascension fulgurante et puis euh il il

Choisit de de retourner à à à une à sa vie d’avant ou à une vie modeste euh et c’est donc aussi toute une réflexion sur l’élite les comportements de l’élite la question politique euh dans cette dans cette création vous proposez aux spectateurs d’être au centre de l’espace

De jeu euh et puis euh il y a une une mise en en une mise en action du public qui va de paire avec euh toute la réflexion euh politique que vous menez et notamment sur la façon dont dont on s’engage ou pas euh comment est-ce que

Justement vous êtes arrivé à cette à cette démarche puisque au départ vous étiez parti de l’atelier volant donc plutôt une scène théâtrale classique vous avez certes fréquenter le fil je le disais tout à l’heure qui est une compagnie historique des de la rue qui inventent des cosmogonies à chaque fois

Très singulières et là donc vous vous avez mis encore plus le public à à à contribution euh alors déjà pour commencer vous avez auis de dire que à 12 ans j’avais monté ça coûte cher le téléphone avec une magnifique chorégraphie de Johnny Kleg quand même c’éit important de dire ça et ensuite

Pour dire que quand vous avez demandé justement de devoir parler de de nous en 1100 signes je me suis dit mais comment tu parles de de ton histoire en 100 signes et finalement je me suis dit ah oui en fait je pense que ce qui marque aujourd’hui donc j’ai 45 ans c’est finalement

Euh l’histoire dans laquelle ma’ mise ma famille qui est une histoire très forte d’éducation populaire euh voilà de de lieux qui ont été montés comme la Maison des Femmes et donc quand je parle du tunnel du sort c’est ma première grosse magnif manestation grosse manifestation écologique puisque

C’était le tunnel qui reliait la France à l’Espagne qui a été détruit il y a tout un écosystème qui a été foutu en l’air et en même temps on fétait la mort de Jacques et lul je sais pas si vous connaissez ce ce grand bonhomme absolument génial qui devient enfin à la

Mode aujourd’hui bon bref pour dire que je je pense que je suis pas arrivé au théâtre comme ça par hasard et que presque c’est un un accident d’être à l’atelier volant euh qui fut une formidable euh expérience notamment parce que on a énormément travaillé sur Pasolini qui

Fait pour moi une très grande joie euh très grande joie poétique artistique et politique euh j’ai après travaillé avec d’autres metteurs en scène dans le théâtre mais je me suis rendu compte en tout cas que pour moi c’était pas l’endroit de ma joie et comme on a qu’une vie autant

Être joyeux euh et donc j’ai essayé de trouver euh qu’est-ce qui moi me me me me parlait et me donnait envie et c’était euh effectivement le théâtre puisque c’est pour moi mon moyen de communication et et comment euh le travailler avec des gens qui que j’avais envie de rencontrer donc travailler

Notamment dans les pendant très longtemps dans dans les prisons dans les maisons de détention dans les centres sociaux enfin voilà donc au sortir de l’atelier volant il y a eu vraiment cette envie de se poser la question de pourquoi moi en tout cas j’avais envie de faire du théâtre et qu’est-ce que ce

Que j’avais envie de raconter avec ce ce moyen-là ce moyenlà comme une sorte de matière pas plus comme une sorte de forme artisanale voilà parce que ça aussi pour moi c’était important c’est-à-dire que pour moi quitter le théâtre c’est-à-dire le le le le lieu l’espace théâtral comme on me l’a appris

C’était aussi quitit un esthétique c’était aussi quitter en tant que femme toute une demande qu’on demandait c’est-à-dire de notion de beauté de notions de rôle qu’ donné et donc une colère quand tu as 23 ballais en tout en tout cas pour moi de dire que vraiment c’était quelque chose qui m’insupportait

Que finalement ce que le théâtre racontait c’estàdire les œuvres qu’on mettait sur le plateau c’était tout ce qu’on ne vivait pas nous dans le travail c’està-dire au niveau relationnel au niveau hiérarchique au niveau des corps de tout donc pour moi c’était juste impossible et donc le retour à la rue et

J’adore dire la rue et pas l’espace public qui pour moi ne veut rien dire la rue parce que c’est quelque chose c’est un espace citoyen et tellement encore euh oui qu’on peut encore prendre joyeusement enfin on essaye donc voilà bon c’était juste pour dire ça parce que je pense que c’est

C’est c’est vraiment là aussi que c’est venu le fait de de de et et de prendre aussi cet objet l’objet littéraire et de l’adapter pour la rue c’était aussi une forme de philosophie populaire et de se dire que finalement le livre c’est comme le théâtre de rus c’est dans ma tête en

Tout cas pour moi c’est qu’un livre tu l’as dans la poche ça peut servir de Cal s’ y a une table branlante c’est un c’est génial et ben finalement je crois que ce qui m’a plu c’était pour parler de grotovski vers un théâtre pauvre ou c’était comment en fait avec

Rien puisque c’était mon choix je voulais pas avoir de décor ou en tout cas ce qui serait sur le sur scène sur le lieu de jeu ce serait n’est que d’une nécessité ça sera mon mode aussi d’écriture voilà euh pour ce qui est la vie ce que la vie

Signifie pour moi c’est parti ben d’une question somme toute assez simple c’était mais qu’est-ce que est-ce que la gauche existe encore donc c’était assez joyeux de demander aux gens dans la rue on cherche la gauche est-ce que vous l’avez déjà vu est-ce que vous l’avez vu passer les

Gens disent bah là vous allez tout droit à gauche tout droit puis là il y a une impasse B bref et donc ça c’était assez joyeux et donc c’était en fait comment partir de ce texte là qui venait aussi d’un constat de comment moi en tout cas ma génération

Il me manquait une sorte de mentor quelqu’un que tu as envie d’écouter de suivre et que tout d’un coup ce texte était waouh ça fait trop du bien après c’était quand même très comment dire euh euh un peu on va dire quand même à la Jack London donc un peu d’honneur de

Leçon ou quoi et que moi je voulais absolument pas être dans cet endroit-là avec les spectateurs et que je me suis dit je peux pas dire ce texte comme ça sinon j’ai vraiment l’impression d’être le prédicateur de la Nouvelle Gauche pas possible donc je me suis dit il faut que

J’arrive juste à à prendre ce texte à l’endroit où je suis c’est-à-dire quelqu’un d’extrêmement maladroit euh qui moi-même ne sait même pas si je suis une artiste mais plus en tout cas sur une amatrice dans le sens qu’il y a le mot amour dedans et que c’est à cet

Endroit-là de joie et du vivant que j’ai envie de prendre ce travail là et donc de d’essayer de réfléchir de plus en plus parce que j’essaie je commence à peine à comprendre comment je travaille donc euh je crois que ce que je ce que je j’aime de plus en plus on va dire

C’est euh d’essayer de faire une écriture qui est une écriture à trou euh une écriture cabossée qui permet que les spectateurs qui sont avec nous puissent trouver des failles des endroits où eux-mêmes peuvent prendre la parole sans qu’on leur demande de la prendre euh puisse euh en tout cas réagir mais sans sans

Que ça soit forcément une demande puisse autant nous aimer que trouver qu’on est à chier et que je le je le dis vraiment comme ça parce que je pense qu’en fait on nous a tellement appris en tant que comédien à être absolument euh comment des des êtres euh de ouais des des des

Performers on nous a appris à avoir une une palette de jeux absolument incroyable de se mettre dans la lumière de et que finalement c’est aussi politique de réfléchir à comment on nous a mis en scène comment on nous a fait travailler sur un plateau et que ça aussi pour moi c’est une question

Extrêmement intéressante de comment demander à ces comédiens de pas apprendre leurs textes de euh apprendre à faire des bids de de de laisser l’interruption et le temps pour que les gens qui soient en face puissent ou pas intervenir mais sans être dans une sorte de vous me

Dites si je suis trop longue non non c’est c’était c’est tout à fait passionnant parce que ça retrace votre votre démarche alors moi la question qui brûlait lesélèves c’est que finalement dans cette écriture à trou comme comme vous le dites il y a une place vraiment pour une interactivité des spectateurs

C’està-dire qu’en tant que spectateur on peut ou pas d’ailleurs réagir on peut ou pas participer parce que vous proposez par exemple la construction d’un vaste édifice alors la scénographie est modeste mais il y a quand même 5000 plaquettes petite pièce de bois d’un immense capelat qui va donner lieu à une

Construction collective donc on est sur une autre modalité de participation que celle que décrivait Valérie Sunner puisque là il y a une trame une écriture un spectacle qui est proposé et euh qui finalement se construit dans sa forme finale dans l’interaction active avec le public c’est c’est pas une simple

Interaction où les les les les spectateurs vont construire le sens du spectacle dans leur réception et donc chacun va pouvoir rêver et et et et finalement faire la représentation dans sa tête là il y a quelque chose qui est beaucoup plus actif mais qui renvoie aussi à cette question vous posiez au départ

C’est-à-dire où est la gauche où sont les militants de gauche d’une certaine façon ce qui ce qui est intéressant dans dans cette forme là donc c’està-dire qu’en fait le spectacle pour les rares personnes dans la salle qui ne l’ont pas vu c’est un donc ça dure 2 Hees et il y

A il y a les deux premières heures qui sont passantes et et nous construisons juste cet édifice en Caplat qui dure 2 he c’est extrêmement compliqué puisque tu ne peux absolument pas parler sinon en fait très vite le le le le l’édifice peut vraiment euh comment dire ne plus

Ne plus tenir donc ça demande une extrême con ah une extrême concentration et pendant ces 2 heures on on a fait tout un montage de de militants qu’on avait envie de faire entendre sur sur plein de sujets actuels d’aujourd’hui donc c’est vraiment le montage de cet édifice et ces gens qui

Parlent tout au long de de la montée de cet édifice puis le spectacle commence les gens viennent et donc ce qui est très amusant c’est qu’on sait tous sans se le dire que ça va être détruit à la fin et et donc on connaît le final de ce

Spectacle sans se le dire on sait très très bien que tu il y a pas de surprise et ça j’aime beaucoup mais mais ce choix de mettre les les spectates dans cette position c’est aussi de les renvoyer d’une certaine façon enfin c’est c’était mon interprétation c’est de les renvoyer

À leur posture active ou passive face aux événements politiques c’estàd est-ce que je vais choisir d’intervenir est-ce que je vais choisir d’agir de passer à l’action ou est-ce que finalement je vais rester spectateur du monde comme il ne va pas mais je crois que c’est aussi par rapport ben quand on parlait

D’éducation je pense enfin moi j’ai j’avais un papa qui qui était si situationniste et je pense que que c’est je suis assez joyeuse de de repartir assez régulièrement dans dans dans toute cette histoire et que et que oui il y a toujours la question bah déjà de ce mot

Qui est quand même particulier spectateur c’est-à-dire dans outrage au public de DEP pitante que c’est c’est c’est enfin pour moi qui est vraiment une sorte de bible du jeu du comédien et de et de l’endroit où on doit être il parle de ça à un moment donné il dit c’est

Heureusement que les spectateurs sont assis parce que s’ils étaient debout ou s’ils étaient mal assis ils seraient beaucoup moins patients et ils seraient beaucoup plus exigeants et ça ça fait partie pour moi de déjà de la base de du théâtre de rue parce que il y a comme une sorte

De de règle de jeu comme ça qui est très particulière puisqueon on sait que tu peux te barrer on sait que les les les conventions ne sont pas les mêmes tu n’as pas réservé ton billet tu n’as pas payé pour la plupart du temps

Euh donc déjà à la base il y a quelque chose comme ça de très particulier et qui et et qui crée une certaine tension [Musique] euh qui est je pourrais dire presque une tension politique dans le sens où même dans dans la vie devant soi par exemple

Donc l’ADAP tion de le premier un des premiers spectacles qui était l’adapation de de du livre de Romain gar où vraiment l’idée était que les spectateur deviennent enfants de les enfants de de Madame Rosa et donc comment les malmener et choses que on n pas l’habitude on n pas envie de

Cette situation là donc tu es aussi dès le départ pas forcément aimé par les spectateurs donc ça crée quelque chose d’assez étrange et puis une sorte de relation se met en place et puis en fait eux-mêmes commencent à faire partie intégrante de la scénographie puisque ils sont dans des situations qui

Les met en colère qui qui les qui qui font qu’il sont irritables qui sont pas forcément de suite enfin voilà en empathie ou voilà et donc ça pour moi c’est aussi en fait en tout cas une réflexion politique sur le corps spectateur et et et sur comment il devient co-auteur ou pas de

Mon œuvre enfin de mon œuvre en tout cas de mon de mon é iture on reviendra justement sur dans une deuxième partie he sur tout toutes ces dimensions qui permettent de faire le lien peut-être inverse c’est-à-dire de prendre la représentation théâtrale et les différentes expérimentation qu’elle mène

Actuellement et de voir comment ça peut aussi nourrir la réflexion sur la question de la représentation politique on le disait tout à l’heure il y a beaucoup de ENF on le voit à travers les différentes expériences la représentation théâtrale classique bien sûr ou la représentation du spectacle vivant classique bien sûr

Perdure mais l’expression aller voir un spectacle dans une salle et aller voir quelque chose en tout cas cette cette faction de cette façon de focaliser l’activité du du spectateur sur la fonction ceon dit scopique c’està-dire je regarde euh euh et bien elle est de plus en plus également bouleversée par

L’émergence des technologies numériques euh la communication sociétale a beaucoup changé à travers ces ces médias les réseaux sociaux nous ont appris que on est euh aussi bien producteur diffuseur que récepteur de contenu donc il y a une une un mélange qui se fait en permanence désormais entre les créateurs de contenu les

Diffuseurs de contenu les consommateurs de contenu les utilisateurs donc tout ça crée euh aussi un changement qu’on qu’on a dans la réception de ce qui nous est proposé donc on le voit euh aussi à travers les créations qui mobilisent des technologie numérique puisque euh on va à travers ces créations voir le

Spectateur être mobilisé non pas seulement par l’entendement double sens du terme entendre voir comprendre mais également par tous ces sens et on est sur des dispositifs immersifs qui qui proposent des bains sensoriel et qui vont mobiliser le spectateur très différemment que les spectacles plus plus traditionnel le plus traditionnel étant

Peut-être la la le dispositif réaliste du du du 4e mur donc on a un spectateur qui devient aussi expérimentateur qui devient donc participant collaborateur mais en tout cas qui est actif et actif différemment que dans le spectacle plus plus traditionnel donc Joris Mathieu vous avez l’habitude he de créer ces

Spectacles puisque dans vos créations sont mêlé images il y a beaucoup de référence aussi à la littérature vous utilisez des dispositifs d’illusion d’optique mais aussi la musique est un élément très important les nouvelles technologies avec Lescout au casque des des projections et cetera et ce que vous proposez je parlais de bain bain

Sensoriel mais il y a un petit peu de ça c’est qu’ on est plongé dans un univers qui va en outre établir une communication très singulière de chaque spectateur avec ce qui est représenté sur scène je prendrai l’exemple exemple de ikikomori le refuge qui est un spectacle que vous avez créé

En en 2016 donc ikikomori fait référence à à ces jeunes qui vivent totalement reclus dans leur chambrees et cetera et cetera et en fait à travers ce dans dans ce spectacle vous nous proposiez trois versions d’un même spectacle selon le le personnage dont nous avions la parole puisque c c’était un spectacle

Qui se vivait avec une écoute au casque et on pouvait soit entendre le jeune Nils qui racontait en fait ce qu’il vivait soit entendre le récit de la mère soit entendre le point de vue du père et donc on on avait à chaque fois c’est pour ça que je parle de de réception

Réception singulière justement dans dans votre dans votre travail on imagine que cette question de la réception et de ce que vous allez pouvoir établir en terme de représentation et centrale est-ce que vous pouvez expliquer cette démarche que vous vous portez depuis euh maintenant 1998 Joris Mathieu je vais essayer euh bon

Peut-être déjà pour resituer dire que le point de départ c’est vraiment euh le rapport à la littérature et l’expérience de lecteur c’est ça qui m’a amené moi au au théâtre avec un euh cette sensation que je voulais retrouver recréer euh dans la relation à la scène qui était ce

Ce moment qui est quand même tout particulier où finalement avec la lecture il y a pas besoin de beaucoup de choses on s’installe quelque part on crée un un contexte et petit à petit même si parfois ça peut être laborieux au départ quand on rentre dans la la

Lecture petit à petit on part ailleurs réellement et euh cette chose très particulière qui est effectivement une réception très très individuelle une perception de l’univers qu’on est en train d’explorer qui est qui est très singulière en tout cas on en a ce sentimentl euh et et et très vite quand

J’ai commencé à faire du théâtre ce qui m’a intéressé c’est d’abord le rapport à l’adaptation romanesque pour la scène qui m’a conduit très vite à me poser la question du point de vue offert au spectateur à la spectatrice de la mise en situation en fait de de ce

Rendez-vous entre la la la scène et un public réuni dans une salle euh et de de d’essayer de de faire disparaître la frontalité ou la recherche d’universalisme dans la réception euh du du spectacle ça c’est important parce que finalement l’entrée et et l’ouverture vers la question des

Du du numérique euh est est venu plus tard euh et tout d’abord plutôt comme bah comme de tout temps dans l’histoire du théâtre toute invention a été intégrée aux arts de la scène et finalement cette question de l’émergence accélérée de technologie de plus en plus développée permettait de dévelop

D’augmenter la une palette d’outils esthétiques pour essayer d’offrir une expérience des expériences multisensorielles où la réception finalement de l’œuvre elle ne passe ni que par l’image ni que par les mots mais plutôt dans une combinaison entre ce que moi j’appelle je je nomme ça plusieurs images finalement une image littéraire

Qui se confronte à une image scénique qui essaie de ne pas être littérale euh et une image souvent musicale euh et ces images se confrontant finalement ça offre on l’espère en tout cas toujours la possibilité au au au aux spectateurs de se projeter dans leurs propres images

Euh né de l’entrechoc de ces ces ces ces images multiples donc ça ça a été le point de départ est arrivé d’abord par là avec une approche du numérique dans notre travail qui a toujours été assez enfin qui toujours été très clair qui a été que on ne travaillerait pas

Avec de l’image qui pourrait se regarder seu sur écran c’estàd que dans notre travail l’image est toujours un élément à l’intérieur d’uneimage numérique est toujours un élément à l’intérieur d’une autre image qui est l’image scénique et l’un sans l’autre ne ça qui nous distingue finalement d’un travail de création purement

Audiovisuelle je dirais ou purement digitale faut parler vraiment comme ça on pense plutôt l’augmentation de la scène par l’image d’ailleurs puisque on parlait d’éthymologie tout à l’heure j’aime bien rappeler l’éthymologie du mot écran parce que finalement l’écran ça peut être un support de projection mais c’est aussi

Ce qui peut faire obstacle à la vision et nous notre obsession elle a été de nous débarrasser de la présence des écrans sur la scène pour que la perception de l’image par le spectateur se fonde dans l’image scénique d’où le rapport aux illusions optiques puis plus récemment à l’ expérience qu’on a

Voulu défricher sur l’utilisation de lunett en réalité augmenté pour voir dans quelle mesure finalement c’est tout pouvait offrir des des perspective d’écriture quand on parle de on parle quand on parle de technologie euh je pense que ce qui est intéressant aussi à regarder c’est que la société dans

Laquelle on vit on l’a dit et et et son développement numérique qui a trouvé une place préignante dans le quotidien de tout un chacun euh a développé pour moi une forme de paroxisme de l’impression pour nous nous nous toutes et tous que finalement le monde pouvait être

Construit autour de nous comme si on en était le centre ça beaucoup aussi dans le sens d’une évolution politique trouve finalement dans le déploiement de nouvelles formes dont celle queon peut produire mais finalement je pense qu’on retrouve aussi cette question à travers différents exemples qui ont pu être énoncés là

C’est-à-dire ce sentiment que chaque spectatrice ou spectateur peut vouloir développer de se sentir être au centre de l’expérience pris en considération et vivre le son rapport au spectacle comme s’il était construit pour soi-même puis parallèlement il y a aussi la fragmentation sociétale un hyper un communaut très très fort qui fait

Qu’aussi on a tendance à ne plus se reconnaître que dans ce que l’on représente ou dans soi-même et donc il y a un rôle de réparation finalement alors moi je l’entends beaucoup à travers aussi les exemples donnés avant c’est-à-dire comment recréer le lien et comment ça a été un peu une perception

Exacerbé avec cette double expérience d’artiste et directeur d’un théâtre labellisé de voir comment dans une époque vous le disiez tout à l’heure finalement la question de l’incarnation du politique est est posé et où finalement des lieux culturels peuvent incarner une forme d’institution comment finalement quand il y a une crise de

L’institution évidemment le lieu du spectacle n’y échappe pas et que ça nous invite à nous re questionner très très fortement non pas sur ce qui est uniquement euh notre échec mais l’échec euh d’un modèle politique et social qui n’a pas complement abouti ou qui envoie de très fortes dégradations donc comment

On re renoue avec ça donc ça pose la question de de l’inclusivité évidemment euh sous toutes ses formes et ça pose aussi cette questionlà je dirais qu’on qu’on n pas toujours forcément toutes et tous dans notre champ de vision mais qui a aussi la question de comment un certain nombre

D’esthétiques sont sousreésentés aussi dans les institutions culturelles voilà euh et donc euh tout ça va de paire pour moi aussi avec la question de l’exploration de nouvell formme qui euh permettent de nouveaux langages scéniques mais aussi des nouveaux modes d’écriture c’est passionnant quand on voit se rencontrer des gens qui sont

Issus plutôt des cultures du jeu vidéo par exemple avec des gens qui sont issus de la culture du spectacle vivant et notamment des autrices et des auteurs quand on découvre la possibilité d’écrire en arborescence comme le jeu vidéo a l’habitude de le faire en se posant la question de la conditionnalité

Du spectateur de comment il va le le scénario peut évoluer en fonction de la place et du R rôle que le les spectateurs vont jouer à l’intérieur de l’œuvre ça ouvre tout un champ d’écriture qui finalement relève de la question du participatif même si je trouve le terme participatif assez

Réducteur ce qui pourrait donner l’impression quel que soit le chemin la forme qu’il prend que vivre un spectacle n’aurait d’intérêt que si on y participe euh et pour moi c’est une remise en cause euh que je trouve euh que que que que que je trouve pas complètement juste

C’est-à-dire que je crois qu’on a il y a il y a une ouverture sur des approches d’écriture multiples les exemples que vous donniez par exemple montre aussi la question du cheminement c’est-à-dire celle du temps long en fait qui fait que ça produit du sens et je pense que c’est

Pareil aujourd’hui dans ces nouvelles formes qui existent c’est quel cheminement on propose à un spectateur à l’intérieur du neuv qui lui donne le sentiment de d’en être partie prenante à travers ce que vous dites Joris Mathieu se distingue différents donc statut du du spectateur c’estàdire la façon dont le spectateur peut comment on

Le disait s’identifier à ce qui va se passer sur scène on est dans une presque une représentation délégation c’est-à-dire je m’identifie il y a il y a aussi quelqu’un qui parle à ma place sur sur SC je m’identifie à cette à cette personne euh il y a ce

Qu’on dis aussi la la représentation incarnation c’est-à-dire la façon dont moi en tant que partie prenant d’une communauté je m’inscris dans une création qui va euh partir de cette matière première apporté par par par cette cette communauté et puis un chemin qui n’est pas complètement de la de la représentation

Puisque il met beaucoup plus l’accent sur l’expérience finalement l’expérience esthétique qui va être vécu proposé au spectateurs qui va lui permettre de construire son parcours singulier presque ça ça représentation dans son imaginaire individuel dans sa cabine de projection individuelle euh et que finalement c’est presque ça qui va

Devenir le point focal de de la création plusque l’œuvre d’art en tant en tant qu’elle-même euh alors peut-être noéi fragier vous qui avez beaucoup travaillé sur la question du rôle de la réception dans la création des œuvres vous pourriez nous apporter le fruit de de vos observations

Sur ce plan-l sur la question de l’expérience ou de la façon dont quel est le rôle finalement de la réception dans la création des œuvres la façon dont on on ben ça dépend des des formes moi ce qui m’a intéressé dans dans les différentes formes de de création contemporaines qui s’intéresse

Au spectateur en particulier c’est-à-dire qui cherche à agir sur le spectateur c’est-à-dire à le soit le le déplacer soit le faire participer soit lui faire ressentir des émotions très fortes ça peut être toutes les œuvres mais c’est la face quelle liberté en fait on laisse au spectateur est-ce

Qu’on parce que finalement un artiste il peut projeter tout ce qu’il veut sur comment la le spectateur va va percevoir la proposition il sera jamais dans sa tête et après il y a certains moyens qu’ peut utiliser pour le faire réagir le faire agir donc il y a des moyens

Sensibles il y a des moyens on va dire intellectuell politique pour pour on dire susciter une réaction et c’est vrai que moi je me suis intéressée à à la fois à des à des artistes qui laissent cette liberté où il y a une part aussi peut-être de d’inaccessible en fait sur

Bah comment on a traversé comment on a traversé une une œuvre euh qu’elle soit participative ou non et des artistes qui au contraire avec on va dire la prétention d’avoir une action effective ou en sachant que de toute façon ils ont pas la on va dire ils ont pas la le contrôle

Sur ça qui cherchent un peu à orienter des actions c’est vrai que parfois dans le dans le théâtre dis participatif euh moi j’avais eu le sentiment euh d’être un peu euh marionnette enfin de de parfois de faire des des choses qu’on me dicte mais c’est vrai que en en

Analysant plus profondément euh les spectacles c’est que le spectacle se déroule pas que dans le temps de la représentation il se déroule aussi dans l’après et dans le recul qu’on peut avoir sur le spectacle et sur ce qu’on a été amené à faire par exemple dans je

Pense que c’est un travail qui a mené beaucoupi protocole sur qui travaille beaucoup sur donc sur différentes formes ins situ mais aussi en en salle et qui travailille beaucoup sur des sur des dispositifs intermédiaux sur comment faire participer le spectateur et à certains de ces spectacles où moi j’ai pu ressortir avoir l’impression

D’avoir juste été un peu utilisé ou d’avoir fait des choses que j’aurais pas voulu faire mais en fait finalement c’était peut-être pour me faire prendre conscience de de ça de la possibilité finalement quand on est dans un dispositif par exemple quand on a un cas sur les

Oreilles une tablette dans les mains on nous on nous amène à faire des actions euh qu’on aurait pas fait si on avait eu un temps de réflexion plus de recul de silence de donc ça ça m’intéresse ce c’est deux temps de la représentation enfin ou de la proposition on va dire artistique qui

Amène la participation et des œuvres en fait qui qui agissent plus sur sur finalement l’imaginaire la pensée ben comme le travail que j’ai que j’ai pu voir de de juris Mathieu donc ikikomori où là à la fois il y a une proposition qui enfin il y a une conscience que le

Les spectateurs vivent pas la même chose et il y a une accentuation de ce phénomène par par le fait qu’il y a une triple proposition d’écouter trois récits de trois subjectivités différentes euh donc des des personnages en scène donc il y a une dissociation aussi entre

L’écoute et la vue et il y a des on va dire ces formes là qui sont pas parti pour moi qui sont pas participatifes mais qui qui réfléchissent en fait sur le positionnement du spectateur oui créer une double proposition à la fois tout à fait sensorielle et euh et

Imaginaire en fait on est on a une proposition qui nous laisse de la place pour nous être connecté avec ces pensées ses ses ses propres rêveries en fait et euh et on et en même temps comme c’est un dispositif qui est inédit ou rare ou voilà qui est innovant on va forcément

Avoir du recul sur qu’est-ce que c’est représenter un un spectacle est-ce que c’est créer une une narration qu’est-ce que c’est euh euh être spectateur ou prendre part en tant que spectateur à un récit et et ça ça voilà ça fait bouger le spectateur enfin en fait pour moi le

Spectateur il peut bouger tout en étant assis dans un fauteuil et il peut ne ne pas être complètement finalement figé ou dans l’illusion euh de d’une action en fait donné par la mise en scène euh parce qu’il est exécutant mais après le spectateur est souvent plus intelligent

Que qu’estce qu’on enfin voilà que ce que on pense et et même si par exemple dans des spectacles je sais pas enfin il y a différents goûts pour ça il y a des gens qui adorent par exemple monter sur scène enin par exemple dans les spectacles de Vincent macain les gens

Adorent monter sur scène voilà un peu il y avait un peu quelque chose un peu enfin moi qui me faisait un peu penser au Club Med à l’animation des choses que j’avais détesté enfant et moi je regardais ça avec beaucoup de recul en trouvant en trouvant ça intéressant mais

En voulant pas du tout me laisser manipuler de cette façon mais c’est Jacques rancierre qui rappelle que la participation du spectateur ne se réduit pas à sa mobilité physique c’estàdire que tout ce travail qu’on vient de décrire d’écoutes sensoriel de projection mentale de relier ce qui est proposé à ces

Expériences intime personnel c’est un travail qui nécessite une activité intense du du spectateur donc c’est important effectivement de de souligner que cette notion d’activité du spectateur ne se réduit pas à une mobilité physique ce que je trouve intéressant dans ce que vous dites sur notamment

IKO Mori c’est la façon dont il y a une expérience individualisée qui est proposée puisque les différentes personnes vont écouter des récits différents mais que cette individualisation est finement le point de départ d’une discussion au sein de la communauté qui assiste au spectacle puisque personne n’a écouté la même

Chose don qu’est-ce qui se passe quand on sort ah bon alors toi tu as écouté quoi mais c’était quoi et cetera et donc c’est c’est assez intéressant de de voir que finalement il n’y aura pas une seule représentation mais une représentation plurielle et que l’unité va peut-être se faire dans l’unitéf dans la

Similarité de l’expérience et cha chacun mène sa propre expérience mais il y a quelque chose qui de qui demeure partageable faut vraiment parler comme ça j’en dis quelques mots parce que finalement le point de départ de ce effectivement dissocier par rapport au spectacle c’est c’est moi qui fait bugger les les micros

Euh il est évidemment né d’abord du du de l’analyse du phénomène de cette psychologie psychopathologie sociale qui est le phénomène des ikikomoris dont un des le cœur du sujet c’est quand même la la rupture communicationnelle à l’intérieur de la famille qui qu’on cherchait aussi à retraduire dans dans dans la salle

C’est-à-dire porter des casques à l’intérieur de la salle c’estêre séparé de de son voisin euh la question de la de l’empathie était assez centrale c’est-à-dire la la difficulté qu’on connaît aujourd’hui et qu’on retrouve aussi dans les phénomènes des ikicomoris qui est notre difficulté à nous projeter dans la perception de l’autre cette

Expérience que normalement piégeer définissait que l’enfant le le vivait je sais plus exactement à quel âge mais assez assez jeune et finalement quand on traverse ce monde là on se dit mais combien sommes-nous à ne pas avoir vécu cette expérience fondatrice quoi c’est-à-dire que la question de du

Partage du point de vue se retrouvait finalement au centre et donc traduite à la fin comme comme le disait Gwenola par quelque chose qui forçait d’une certaine manière la discussion entre spectateur et spectatrices mais même au sein de la famille sur mais qu’est-ce que tu as vu qu’est-ce que tu

As entendu et finalement quand on se pose la question de qu’est-ce que tu as entendu c’est qu’est-ce que tu as vu évidemment c’était pas des points de vue complémentaires comme les pièces d’un puzzle qui à la fin refabriquer à une seule et même histoire mais bien aussi une possibilité

Offerte aussi au au aux jeunes spectateurs de ne pas se retrouver désarmé face à la question alors qu’est-ce que tu as compris euh qui est une question qu’on pose très souvent aux enfants et finalement qui est validée ou invalidée par les parents ou les adultes qui accompagnent ah mais non mais et là

Effectivement ça il y avait plus de possibilité de faire ça quoi dans votre dernière création la germination d’autres mondes possibles on retrouve aussi une dimension très politique puisque très directement politique au-delà de cette expérience sensorielle que que vous proposez puisque le spectateur peut participer à une expérience collective et il il lui est

Proposé finalement de s’engager à déterminer le chemin qui lui semble plus souhaitable pour pour la société partant du principe que l’immobilisme n’est pas possible donc là finalement vous tout tout peu un peu comme comme le faisait mayarico dans son spectacle euh précédent euh c’est remettre le spectateur en position de

Devenir acteur d’un choix et d’un choix politique oui mais en même temps en créant une très forte ambigué sur cette situation là dans dans le spectacle le la germination qui est le premier volet d’un cycle sur les les l’émergence d’utopie contemporaine on assiste finalement à une longue conversation entre trois personnes nâ conversation

Qui se déroule sur sur 5 ans qui qui commence en 20199 pour s’achever aujourd’hui dans le ici maintenant et o finalement ces trois personnages ont décidé de s’extraire du monde dans le de la société pour aller vivre en marge sans doute pour vivre une expérience communautaire et et à E3 chacun étant

Convaincu par je dirais une voix une utopie différentes ils entrent dans un finalement ce que j’appelle cette société du commentaire et du bavardage où la conversation ne finit jamais et donc n’aboutit jamais à un engagement véritable sur la mise en œuvre euh du de manière radicale de l’utopie à laquelle

Ils adhèrent ces trois utopies sont pour pour l’un le transhumanisme pour l’autre le cosmopolitisme à savoir euh euh le préalable qui serait l’abolition de du rapport aux propriétés et au et et et et l’effondrement des frontières et le troisème personnage est plus guidé par l’hypothèse qu’il faut d’abord se

Décentrer euh sortir de l’anthropoccène et euh et euh reconsidérer complètement notre rapport au Viion et comme ça on va s’en sortir et finalement cette conversation euh euh qui fait le récit de l’impasse et qui dans dans l’expérience les spectateurs sont équipés de lunettes de réalité augmentée qui leur permettent

Par moment d’entrer dans l’imagerie euh qui pourrai coller de manière assez plate à des représentations un peu creuses de ces utopies et puis ils sont sollicités par des questions comme des sondages de manière très récudente ventequ il pe ils peuvent voter en levant le pouce ou en

Tendant le point sans que jamais il n’y ait de restitution sur ces sondages si ce n’est à la fin un message nous remercions d’avoir contribué à améliorer nos expériences futures euh donc il y a toujours une forme de pied de nez ce qui m’intéresse évidemment dans le port des lunettes de

Réalité augmenté au-delà de comme je le disais tout à l’heure de l’exploration de cette technologie et de ce qu’elle peut apporter pour la scène et l’expérience qu’on a mené donné le sentiment pour le coup que c’est un outil assez incroyable en fait pour pouvoir déployer en terme d’esthétiqu

Des univers confondants sur sur la scène pour ceux qui peut-être une petite précision il y a une distinction qu’il faut que vous ayez en tête entre réalité virtuelle et réalité augmentée la réalité virtuelle je reviens à ma logique d’écran de tout à l’heure la réalité virtuelle c’est des écrans collé

Devant le nez devant les devant les yeux qui finalement substitu au au réel un univers virtuel et donc on est dans un monde clos et on perd tout rapport à l’espace réel dans lequel on se trouve la réalité augmentée qui peut passer par des écrans des tablettes ou par des

Lunettes finalement pour certaines qui sont aujourd’hui assez sophistiquées et pas loin des lunettes réelles qu’on porte au quotidien pour la vue fait qu’on garde par transparence une perception de l’espace dans lequel on se trouve donc dans le spectacle les gens voient réellement la scène à travers ses lunettes ils voient réellement les

Interprètes ils voient réellement des de décor mais à l’intérieur de cet espace on peut ajouter des images flottantes qui viennent transformer cet espace le compléter le développer et donc pour revenir à ce que je disais l’intérêt pour moi de l’utilisation de cet outils il est aussi dramaturgique il est pas que esthétique

C’est-à-dire confronter une audience de 80 personnes équipé de ces lunettes simultanément c’est se confronter à ce qui est pour moi une réalité déj active que beaucoup imaginèrent comme étant futuriste c’est une manière de raconter finalement parmi ces trois utopiques qui étaient mises en jeu sur scène à

L’intérieur de ce débat et de cette conversation il y en a une qui est peut-être déjà dominante et qui est déjà un projet politique à l’œuvre qui est en lien avec le transhumanisme l’idée que très cornucopienne que notre savoir-faire notre sens de l’innovation notre créativité nous permettra toujours

De nous sortir des impaces dans lesquel se trouve et finalement ce monde hyper technologique il est déjà très très ancré en nous et c’est le projet dominant et donc par l’usage de ces lunettes dans la salle ça me permet déjà d’induire une forme de questionnement critique sur comment parfois on veut on

On on ne voit que certaines parties émerger d’iceceberg qui sont pourtant beaucoup plus fortement présents dans notre quotidien voilà donc une représentation qui vient se métisser entre un imaginaire qui de se concrétise par cette réalité augmentée l’imaginaire du spectateur et puis et puis le réel dans lequel dans

Lequel nous vivons alors je voudrais revenir vers vous yintomer puisque on a beaucoup parlé donc de ces différentes façons dont la représentation était bousculé été modifié était euh exploré par à la fois les processus de création mais aussi lesff mais aussi les les les outils qui sont qui sont utilisés vous

Avez beaucoup écrit sur cette démocratie libertaire qui aujourd’hui peut se manifesterf même qui se manifeste aujourd’hui très régulièrement au vu de ces expérimentations comment voyez-vous euh enfin comment ces exp expéimentation dont nous venons de parler nourrissent votre réflexion sur justement cette crise de la démocratie ces tentativ de retrouver des modalités de représentation

Différentes alors en en écoutant les les autres oratrice orateur de cette table ronde j’étais frappé parce que il y avait plein de choses qui raisonnaient j’avais l’impression parfois en vous écoutant par exemple de d’entendre des des choses que d’une autre manière évidemment sur une autre scène on peut entendre en

Politique et et de facto on voit bien qu’il y a plein de parallèles entre les arts vivants les art du spectacle et puis la politique penser lesémicycles parlementairire et puis le théâtre à l’italienne classique et ça date d’une certaine manière c’est parallèle d’Athène où euh l’assemblée générale des citoyens avait une forme

Qui était assez proche de celle des premiers théâtres pensez aussi au fait que bah il y a pas d’art du spectacle sans public et il y a pas de politique non plus sans public euh pensez aussi au fait qu’il y a pas de politique sans mis en scène euh et avec des styles

Différents qui évoluent euh amusez-vous un jour à voir par exemple les les vœux de la nouvelle année de différents chefs d’État vous verrez bien où les campagnes électorales donc différents pays on voit bien qu’il y a des a des différences et en même temps il y a tout même des énormes différences

Entre la représentation dans les arts du spectacle et puis la représentation politique d’abord en politique il y a tout même aussi derrière cette lutte pour le pouvoir qui est fondamentale et ces rapports de domination qui sont fondamentaux qui je crois ne jouent pas de la même manière dans le théâtre et

Puis après la représentation politique avec la représentation politique il y a aussi de la prise de décision il y a l’action de l’État il y a l’action des autorités des autorités publiques c’est pas simplement une réflexion sur les choses de la cité c’est aussi l’action et la transformation réglementaire étatique

Bureaucratique de la société alors il y a eu récemment enfin disons dans les dans les 10 20 dernières années la montée de ce qu’on pourrait appeler des mouvements libertaire qui sont très présents chez les jeunes en particulier même si c’est pas seulement chez les jeunes qui disent que finalement la

Politique elle doit être avant tout et peut-être seulement une discussion commune sur ces choses de la cité ils refuseent la représentation au sens d’une délégation de pouvoir ils disent il faut que nous décidions ensemble sur les affaires qui nous concernent et du coup avec une une tendance à être

Localisé dans des petites communautés ou alors à faire jouer aux réseaux sociaux un rôle assez similaire à ce qui peut être dans les petites communautés pensez à à Wikipédia chacun peut y contribuer et dans à la limite le monde entier chacun peut être actif pour forger un consensus sur ce que veut dire

Ou ce qu’est tel ou tel mot telle ou telle notion euh telle ou telle personne que l’on veut présenter définir et donc il y a ce refus de la représentation en terme de délégation mais il y a aussi quelque part derrière quelque chose qui est partagé assez largement par d’autres

Types d’acteurs d’autres tendances politiques l’idée qu’on pourrait aussi se se passer du spectacle en politique quand on veut critiquer une politique souvent dans la vie quotidienne c’est vraiment du spectacle il fait du spectacle et c’est négatif c’est pas le bon spectacle pour que ça marche il faut bah

Que ce soit considéré comme un bon spectacle mais le bon spectacle c’est quoi en politique c’est souvent un spectacle où l’on est on est pris au jeu où on oublie que c’est un spectacle on a l’impression que c’est authentique et que finalement le spectacle devient transparent aux yeux du public à tel

Point qu’on est on est embarqué dedans sans avoir à y faire une une activité une distance réflexive je crois que c’est une des grande différence aujourd’hui dans le rapport à la représentation à la mise en scène dans les arts du spectacle et en politique c’est que il y a de la réflexion en

Politique aussi mais elle est faite par les spécialistes en communication elle est faite pour influencer les gens sont qu’on voit ce spectacle là sans qu’il a une distance réflexive des spectateurs des citoyens en l’occurrence sur le spectacle politique qui se joue et je crois que dans tout ce que vous évoqué

Je crois qu’à l’inverse il y a la volonté de pousser les personnes qui sont partie prenante du spectacle avoir cette distance réflexive sur ce qui est en train de se passer et en politique c’est exceptionnelle on envoie de temps en temps mais d’une certaine manière je crois que

Les les les responsables politiques ils ont ils ont peur de dévoiler les ressorts de de de mettre en en abîme le spectacle politique parce que du coup on penserait que ce n’est qu’un spectacle justement et que c’est plus la la vérité mais c’est aussi partagé par ces mouvements libertaires qui tendent

Inconsciemment à dire on refuse ce spectacle politique et nous on va on va être authentique et ce rapport à la fois de l’authenticité qui se passerait du SPECT spectacle alors qu’en fait quand on voit ces grandes manifestation prenez les gilets jaunes c’est un spectacle enfin ça commence avec le symbole des gilets

Jaunes on va manifester dans des lieux où à Paris on avait pas l’habitude de manifester pour contester le pouvoir les changéiser pas bastil nation République il y a plein de spectacles mais sans en avoir disons s sans en sans mettre en avant cette cette réflexivité dans les expériences de

Démocratie libertaire que vous évoquez il y a cette façon de de discuter et finalement d’arriver à une position politique ou une posture qui va faire changer les choses alors on a beaucoup parlé de votre expérience à ce Vran Valérie Suner est-ce que vous avez le sentiment justement que ces nouvelles

Modalités que vous avez euh mis en œuvre à la fois dans la construction de la représentation de la représentativité qui est euh euh offerte dans dans les spectacles que ça fait bouger politiquement les choses on a eu en tout cas on a commencé à avoir cette expérience là et avec

Carole caremera qui euh qui qui dirige ISO Art Center qui est un un centre culturel et artistique au Rwanda à Kigali ça fait plusieurs années qu’on enfin ça fait 3 ans ça fait une dizaine d’années qu’on travaille ensemble mais ça fait 3 ans qu’on qu’on qu’on réfléchit sur cette questionl en quoi

Des lieux artistiques et culturels peuvent avoir un impact sur le politique aujourd’hui puisque notamment en ayant travaillé avec Bruno Latour et tout le collectif qui s’est constituer autour de son projet de son texte ou atterrir euh nous nous nous avons nous avons voulu nous avons constaté qu’aujourd’hui les problèmes

Sont hyper complexes on parlait d’anthropocène tout à l’heure ce qui a agi aujourd’hui sur notre vie et qui constitue notre vie est traversé par de nombreuses influences et par de nombreux acteurs c’est ça devient de plus en plus complexe donc on s’est dit qu’aujourd’hui il était important de travailler en transversalité et que

Peut-être notamment on en on discutait avec Jérôme gaillardé qui est directeur de recherche au CNRS sur la zone critique c’est zone critique c’est cette partie dont on dépend et et où l’on vit sur la terre aujourd’hui les quelques kilomètres au-dessus de la terre les quelques kilomètres en dessous de la terre et

C’est l’action où on agit nous les humains mais l’ensemble du vivant voilà donc aujourd’hui même les scientifiques disent qu’il travaill d’une façon trop cloisonnée donc on s’est dit avec Carole caremera tiens est-ce que nous dans les lieux artistiques culturels on peut être des endroits de transversalité où on

Peut réfléchir en commun entre habitants artistes scientifique chercheurs politique urbanistes et cetera et on s’est axé sur des lieux petit d’abord dans l’expérimentation la ville de Sevran et la ville de Kigali enfin petit par rapport à l’échelle de la terre j’entends mais bon voilà une une capitale et une ville de 55000

Habitants et du coup on s on a travaillé sur des transformations urbaines la ville de Kigali est en train de se transformer vitesse grand V actuellement depuis plusieurs années et la ville de Sevran également donc en partant de sujet de société ce qu’on fait toujours à la poudrerie et là notamment d’un une

Problématique très précise que je vais citer de d’un nouveau quartier qui devait avoir lieu à Sevran avec la création d’une vague de surf qui devait autour duquel on devait construire un nouveau pour que ce vrand devienne un lieu de de destination pour gentrifier ce vrand bon sauf que ce

Qu’on a ce qu’onexlique pas au départ c’est que c’est dans un des trois quartiers prioritaires de CERAN que c’est sur le dernier champ la dernière zone agricole de Sevran que devait avoir lieu ce ce projet complètement hors sol si on reprend un terme de Bruno la tour qui

Parle de où atterrir et donc nous on s’est dit avec Dorothé Zumstein mais aussi avec le méia laab de Science Po avec le collectif atterrir constitué par Bruno Latour comment on va pouvoir contribuer outiller les habitants pour réfléchir à ce projet complètement hors sol et donc ce projet a créé une polémique à

Sevrant a créé une controverse et le la nouvelle municipalité qui a hérité de ce projet a dit bon ben on va faire une concertation public pour discuter ensemble du bien fondé ou pas est-ce qu’on garde ou pas ce projet donc on s’est dit ben nous moi j’étais en tant que que directrice du

Théâre de la poudrerie invité à participer à la concertation publique et on s’est dit bah est-ce qu’on on va créer des outils enfin on va travailler nous artistiquement en parallèle pour outiller les habitants à une réflexion sur cette question éminemment politique de tout d’un coup gentrifier un quartier

Exclure tous les habitants qui é é là et tout d’un coup amené un projet complètement non écologique ni d’un point de vue de l’écologie sociale ni d’un point de vue de l’écologie environnementale donc on a une fois encore là avec Dorothé on est parti et sur le le territoire et on a été

Interviewé de nombreux habitants et notamment des riverins qui devaient habiter sur le pourtour ben de ce quartier enfin qui habit sur le pourtour de de ce champ et leur demander leur avis euh et donc là nous on a créé un un une première œuvre qui s’appelle une

Vague dans la ville et qu’on a tourné à domicile et donc là il y avait à la fois quelque chose que vous éoqué un petit peu tout tout à l’heure et qu’on fait à chaque fois nous dans les représentations à la fois ça nous nous a permis d’avoir un aller-retour entre on

On va interviewer les gens on va rencontrer les gens et après on rejoue devant les gens qu’on a interviewé donc il y a une réflexivité de ce qu’ils ont dit et une une création de la polémique et de la controverse au sein d’une famille qui était une fiction totale ça

C’est doroté vraiment qui a proposé c’était au sein d’une de la d’une famille avec une grand-mère le Petitfils la petite fille qui portaient tous les trois des points de vuees différents sur la controverse et qui remettaiit cette controverse dans un un contexte plus global qui est celui de la du gros

Problème de écologique qu’on a à affronter aujourd’hui c’est-à-dire que de de montrer en quoi cette cette décision ici à s Vran que des gens allaient pouvoir prendre ça contribue avec une petite part une petite goutte à à quelque chose qui allait contribuer à aller vers quelque chose de plus ou

Moins écologique donc et là on avait tout un tas de évidemment deux débats le maire par exemple de ce van les beaucoup d’élus ont vu ce spectacle et donc sont venus voir à domicile parce que le lieu de la représentation pour reprendre aussi des choses excuse excusez-moi je

Rebondis beaucoup parce que ça m’a fait beaucoup réfléchir tout ce que vous avez dit le lieu de la représentation de faire un spectacle qui se joue dans dans dans une maison et qu’on le fasse dans les maisons et que des des habitants et qu’on invite là même des notamment des

Politiques à venir voir le reflet de la pensée de la controverse des habitants le maire par exemple m’a dit ah bon c’est ça qui pensent les habitants donc c’était très intéressant de pouvoir avoir cette à la fois de d’outiller les habitants et de créer des débats suite à ces représentations au

Sein même des euh voilà de recréer des lieux de débat puisque nous le projet c’est de créer un théâtre de la socialité donc c’est des lieux d’échange de rencontres de débat donc ça c’était la la première euh euh la première œuvre une de deuxième forme qu’on a développé

Euh là qui est euh un peu hybride c’est avec le médialab de Science Po là on a amené les habitants sur le champ où il devait y avoir la vague et là on a travaillé avec des anthropologues des des des plantes des anthropologue des plantes oui des des des spécialistes des

Couloirs écologiques avec des spécialistes des problèmes hydrauliques avec des spécialistes des oiseaux avec les habitants qui habitent autour de ce de cet endroit pour savoir eux leur point de vue connaître le passé travailler avec les urbaniste et cetera donc on a écrit un bouquin là avec le

Méia Lab et les habitants euh qui qui s’appelle le champ des possibles et qui mettait qui donnait à à voir non seulement le point de vue des habitants de du pourtour du parc mais d’un point de vue plus scientifique un point de vue historique mais aussi le point de vue si

Je puis dire des animaux des végétaux voilà donc il y avait aussi d’autres points de vue d’autres personnes ou d’autres entités pardon vivante qu’on qu’on qu’on représentait ou tentait de représenter dont on tente de représenter le point de vue donc ça c’était un deuxè endroit de réflexion trème endroit de

Réflexion alors je peux juste dire que ensuite on a contribué à tout ça que le projet a été refoulé et remplacé enfin a été refoulé dans un premier temps moi-même j’ai participé à la concertation publique et j’ai utilisé une technique que je connais bien qui

Est la mise en scène et je me suis dit bah oui moi aussi je vais les aider à à se mettre en scène j’ai mis en scène les l’intervention publique des citoyens qui est venu proposer un contre-projet et j’ai contribuer à l’écriture d’un texte voilà

Où on un manifeste et qu’on a fait lire exprès à une à la plus jeune des contributrices et je me suis dit on va utiliser nous aussi des techniques théâtrales et là tout le monde s’est levé à la fin a applaudi et cetera comme dans un un spectacle et ça c’est céta la

Représentation politique auintique dans le conseil municipal ça a vraiment fonctionné je me suis dit pourquoi pas pourquoi onurait pas le droit de d’utiliser ça et ensuite troisièmement une fois que le le projet a été annulé on a travailler avec le collectif atterrir pour faire un atelier spectacle et où chacun faisait

Une autodescription de son territoire et de et de ses concernements dans cet atelier spectacle il s’avère qu’il y avait notamment jeanfanç Jean-François Baccon qui est notre élu à la culture et qui lui pour lui son concernement en faisant l’autodescription du territoire c’était vraiment qu’est-ce qu’ allait à qu’est-ce qu’on qu’est-ce que ça allait

Adevenir qu’est-ce que ce champ lui il était complètement contre la vague de surf mais néanmoins maintenant qu’on avait annulé le projet qu’est-ce qu’on allait faire à cet endroit-là et donc là il y a eu tout un un travail d’autodescription et de réflexion politique qui était

Mis en scène dans ce dans le cadre de cet atelier spectacle avec il y avait de la la une création de musique contemporaine il y a eu enfin qui une forme tout à fait hybride et particulière immersive avec tout le monde qui était dans la salle tout le

Monde qui contribuait tout était mis en scène mais néanmoins c’était des une recherche tout à fait hybride à la fois avec des élément de manifestation politique ou de demande presque de doléance comme en en parlerit Bruno Latour par exemple mais également avec des temps complètement de représentation de de ce qu’on avait

Découvert par une création de musique contemporaine par exemple donc mais tout ça bon voilà il faut harmoniser tout ça et ça c’est le travail de de mise en scène et de globalisation totale où l’on voit que les process de création participative sont effectivement des outils très précieux dans ce dans ce

Cadre là puisque c’est cette transposition et cette jointure aussi que vous avez faite avec la mise en spectacle politique se donner en représentation que vous avez mis en scène du politique et là il y avait une jonction particulièrement bien bien trouvée je crois qu’ Saint-Omer avait une question qu’il souhaitait poser

Oui je alors c’est c’est fascinant parce que je trouve ça extrêmement stimulant et et moi-même dans mon domaine j’ai beaucoup travailler sur les questions de démocratie participative et donc il y a plein de choses qui raisonnent mais là voudrais me faire l’avocat du diable quand euh je j’accompagne des acteurs

Qui veulent développer la démocratie participative souvent la réponse des politiques c’est ouais c’est bien au niveau de la proximité la vague là dans le quartier ok d’accord mais quand on passe à des choses un peu plus un peu plus sérieuses un peu plus importantes comment on doit restructurer le Grand

Paris en particulier avec les Jeux Olympiques la question de la guerre en Ukraine là il faut des vraies compétences et certes on peut faire de la consultation au contraire il faut en faire on fait des sondages voilà mais après il faut que ceux qui savent décident première

Question est-ce que ce que vous faites les les les autres démarches d’inclusion du public est-ce que ça vaut pour des petites choses ou pour disons discuter des questions d’opinion publique mais pas pour le dur de la politique et puis du coup faisant une deuxième question d’avocat du diable est-ce qu’on pourrait pas

Dire bon c’est bien de faire intervenir les spectateurs le public de les de les les inscrire dans le spectacle de façon active enfin tout le monde est pas artiste pour faire un bon spectacle un vraiment bon spectacle pas un petit spectacle sympathique mais un vraiment bon spectacle une œuvre bahà il faut que

Ça soit la metteuse en scène qui reprenne la main et qui fasse les choses les autres on peut les consulter c’est compliqué les questions mais euh euh la réponse peut être partagée hein parce que oui je pense que répseager absolument euh d’une part euh je pense que chacun doit participer à

Son endroit euh euh moi si mon savoir-faire il est il est à l’endroit de la mise en scène et ben c’est ma contribution possible euh mais je ne suis pas experte dans d’autres domaines ù par exemple moi je n’ai pas l’expertise de de d’avoir vécu 30 ans au

Bord de ce de ce champ et donc je n’ai pas moi le vécu de ce qui s’est passé le la la sensation et cetera et le l’émotionnel lié à ce à ce parcours donc bon c’est peut-être très rapidement répondu mais chacun peut participer à son endroit et chaque participation est très

Importante dans ces dans ces lieux de croisement comme je le disais tout à l’heure où on doit avoir des des réflexions croisées non seulement sur des expertises très approfondies de domaines très précis scientifique ou autres mais également sur la question du sensible parce que nous sommes des

Humains parce que nous sommes des êtres vivants qu’on doit aussi prendre en considération l’ensemble des êtres vivants et que on on aujourd’hui c’est nous qui Co qu’on le veuille ou non nos conditions d’habitabilité et donc on doit prendre en compte les les points de vue et le et des autres quel qu’il soit

Et c’est pour ça qu’on travaille aussi avec non seulement des habitants en transversalité mais aussi avec d’autres territoires qui ont par exemple nos nos nos homologues au Rwanda qui ont un point de vue non occid occidental centré et qui vont nous donner un autre point de vue complètement sur nos réflexions et qui

Vont nous Ourir aussi la possibilité de travailler autrement ensuite pour si moi je pense qu’on peut travailler ça nécessite un gros travail et à la fois je trouve que c’est fondamental de travailler chacun dans nos territoires c’est c’est de là que peuvent émerger aussi des des nouvelles façons de d’

Vrer de penser de coconstruire et d’agir politiquement et de de dans cet aller-retour à la sois voilà social politique artistique mais on peut je pense aborder des questions plus plus importante plus grande à condition qu’on prenne le temps et d’écouter c’est un gros travail c’est c’est ce que vous disiez tout à l’heure

Il y a y a il y a besoin d’un d’un longt temps et d’une écoute et que quand contrairement à ce qu’on fait beaucoup il y a eu des des travaux assez intéressant d’un point de vue écologique commandé par notre gouvernement mais il y a eu des gros travaux qui ont donné

Des bons résultats mais qui finalement on écoute on écoute on fait on œuvre mais on naapplique rien donc si on fait ce travail là à grande échelle à mon sens c’est possible mais il faut aller jusqu’au bout de de de ce travail et et l’appliquer avoir le courage de

L’appliquer pour rebondir pour ce que disiez al sonner c’est que les personnes qui sont incluses dans ce processus participation sont invités à livrer l’ex l’expertise qu’elles ont de leur propre vie finalement de leur propre expérience de leur propre environnement et donc il y a pas forcément une prétention

Universaliste à régler la question du climat mais plutôt de parler de leur propre de leur propre endroit euh qui va ensuite se confronter à d’autres d’autres d’autres points de vue d’autres expériences et qui va permettre finalement de dégager euh un en tout cas si ce si ce n’est une

Représentation mais euh un un élément de dialogue en tout cas les conditions du du dialogue c’est est un petit peu différent euh de d’un théâtre euh où les participants serait sommé de de répondre à comment résoudre les les mots de notre monde qu’on n’est pas euh dans la même

Dans la même dimenstion en revanche euh ce que j’ai envie de poser comme question à à nos à nos voisins finalement en en posant la question aux spectateurs de leur capacité d’agir en posant la question de leur désir d’agir aussi euh en nourrissant ce processus réflexif est-ce que c’est pas là qu’on

Outi le mieux les citoyens à affronter la question de la représentation moi je je je je vais essayer de répondre brièvement à ça avant de passer le micro mais je voulais rebondir sur sur sur sur les questions que Yve soulevait euh en fait quand même tout est étroitement lié c’est-à-dire

Que la question de la relation entre le politique et les les artistes est une question qui est quand même un peu en train de de changer notamment depuis que le politique s’est emparé du récit pour faire de la politique euh et on traverse une une époque évidemment de très très grande frontalité

Euh qui réclame beaucoup d’explicite on est traversé par des injonctions qui sont parfois extrêmement contradictoires c’est on va confier parfois euh aux acteurs de la culture un rôle de transformateur de la société comme si on était finalement une courroie de transmission et toute la question de la relation

Politique se pose là c’est qure c’est une démarche proactive délibérée d’une équipe artistique qui a construit un projet autour de cette chose-là ou quand ça rentre dans la commande publique c’est plus du tout le même rapport c’est plus du tout le même rapport et ça revient à se poser la question

De vous savez ces mots valises finalement dont on sait plus vraiment ce qui ce qu’ils veulent dire où finalement la question de l’émancipation va être posée sans qu’on définisse jamais de quoi on doit s’émanciper alors chacun va se faire une définition propre avec conviction mais dans l’interaction avec le politique ça

Peut devenir problématique et on le voit évidemment de plus en plus à l’œuvre avec une intrusion du politique de plus en plus forte dans la liberté de création à plein d’endroits avec une volonté de s’emparer de l’outil culture ou de l’outil création dans une logique communicationnelle il y a cette théorie

Des nudge dans en communication qui est comment induire des nouveaux comportements et des nouveaux usages sans avoir finalement à l’énoncer finalement on est un peu pris dans cette situation là et moi la question que je me pose le plus souvent par confronté à à cette ambigué de notre place notre

Rôle et de comment on se positionne à l’intérieur de tout ça c’est que finalement S quand même globalement plutôt de choses progressistes on va dire enfin qui nous semble être progressistes les uns et les autres avec des engagements qui nous sont propres et on donne très souvent voir des représentations du monde qui

Sont des mondes qui auraient changé alors que les structures de la société dans laquelle on vit ne changent fondamentalement pas du tout voire sont soumises à des courants réactionnaires très très fort qui s’oppose au mouvements qu’on impulse et notre situation elle commence à devenir intenable de ce point de vue là je

Dirais là pour le coup pas uniquement en tant qu’artiste dans quand on dirige une structure euh finalement comment se positionner par rapport à ça par rapport à une des injonctions contradictoires à la fois d’accompagner des mouvements de transformation du monde et en même temps de faire face seul sur le terrain à des

Vagues réactionnaires qui s’y opposent violemment et frontalement euh pour rebond dire sur ce que vous dites on a dit qu’on se vous voyait euh que notamment par exemple enfin moi je sens par exemple une prolifération des projets de territoire et qui c’est pour moi aussi une vraie question en

Tant qu’artiste dire à quel endroit à certains endroits on se retrouve avoir des moyens pour travailler dans certains territoires qui sont complètement dévastés et où les les associations qui eux de travaillent les acteurs sociaux n’ont rien et donc pareil la question entre et la culture et les acteurs

Sociaux et l’État dans tout ça enfin moi il y a vraiment des fois des des questions de de de place en tant qu’artiste que je trouve extrêmement gênante et même presque condescendante et que et que j’adorerai qu’il ait une table rond enfin autour de cette réflexion là même si c’est un nécessaire

Mais je voudrais juste pardon si j’ai le temps euh questionner aussi sur parce que en fait quand on parle de participatif la manière dont c’est dit en fait c’est je pense que déjà ce mot euh il est il est assez intéressant parce que si on met spectacle participatif moi j’ai de suite

L’impression que je sais pas je vais faire comment ça s’appelait ce truc avec les taureaux là dans les piscines non mais je veux dire enfin ça non mais c’est c’est un truc interville et que oui voilà non mais participatif ça ça peut amener ça et c’est pour rebondir

Aussi sur ce que ce que ce que ce que disait Noémi c’est que il me semble que vraiment c’est c’est c’est c’est très intéressant de savoir qu’est-ce que qu’est-ce que veut dire ou qu’est-ce qu’on veut dire ou est-ce qu’on a envie d’utiliser ce mot-là dans nos créations

Parce que déjà il y a quelque chose de très volontaire il y a une grande volonté en disant c’est participatif et que donc il me semble que dans nos écritures il y a vraiment et c’est là où commence pour moi B la place de de la politique dans notre travail enfin même

Si évidemment tout est politique tout tout acte est politique mais mais que voilà je je je je je sais pas si si j’aurais par exemple envie de dire que ce que j’écris est participatif ce qui m’intéresse c’est plus de dire que comme on parlait de faille ou de trou ou de ou d’accident

Comment effectivement on essaie de réfléchir à comment laisser la place à l’intérieur d’une écriture et ça se fait ça se fait ça se fait pas ça se fait pas mais et si ça se fait pas on est dans la merde et ça nous amène aussi à nous-même devir être dans une autre forme

D’écriture mais de voilà enfin de de toujours aussi interroger en tout cas pour moi c’est ce qui m’intéresse c’est ce dont je parle un tout petit peu dans dans dans ce que la vie c’est aussi la place de de de de de la culture euh face au reste du monde et comment à

Quel endroit on est nous aussi quand il y a eu par exemple cette histoire des des gilets jaunes he pardon mais parce que c’était quand même intéressant c’est-à-dire qu’il y a eu au centre national au thére de la cité à Toulouse donc il y a eu toute la halle qui a été

Prise par les gilets jaunes et donc notamment aussi des metteurs en scène et à un moment donné une metteur ancienne que je ne citerai pas qui quand m’a dit quand même c’est extrêmement gênant vous n’allez jamais au théâtre bon et donc là tu te dis on en est où quoi en

Fait quoi enfin tu vois c’est on en est où nous aussi dans notre monde et moi ça a été aussi une des raisons pardon de le redire et pourtant Dieu sait que je suis une grande spectatrice mais la colère que je peux avoir à certains moments de

De M décalage total entre un certain milieu culturel et le reste du monde et que et que donc et donc ma joie aussi pour le coup de comprendre pourquoi je suis dans la rue et qu’est-ce que j’ai envie d’inviter mais surtout d’inviter comme écriture c’est-à-dire et quand on parle

Des des litime c’està-dire juste de se dire on monte tous mais tous ensemble vers le haut quoi et qu’on n pas obligé et que pardon mais je va encore juste dire un mot parce que je pense que si par exemple dans ces endroits-là on a besoin d’ d’aide c’est parce qu’on est

De plus en plus en train de virer euh et je veux pas faire un un jugement à la con mais c’est pardon je parlais mal comme ça mais de dire que beaucoup de festivals surtout avec beaucoup moins de moyens donc ça devient de plus en plus de l’animation et que

S’il y a bien des lieux qu’il ne faut pas perdre et où la littérature la pensée politique enfin ce sont ce sont des lieux extrêmement intéressants et où enfin en tout cas moi qui vient vraiment d’une génération où quand j’étais au théâtre c’était pas au théâtre que

J’allais mais c’était dans les squats où il y avait une écriture une une une une joie à la création sans justement être au service d’une certaine institution je me permets parce que tout à l’heure j’ai entendu dire mais pardon et c’est mais c’est vraiment parce que ça je trouve ça intéressant

Euh vous vous êtes justifié tout à l’heure par rapport au au aux acteurs que vous preniez dans pour pour pour vos dans les dans les habitations en disant c’est des acteurs de qualité du réseau national voilà mais non mais il y a pas de souci en fait je je je c’est juste

Ouais voilà voilà mais je veux bien parce que je veux bien parce que effectivement enfin le réseau national est aussi un réseau qui qui qui qui qui qui met en marge une une autre partie en tout cas de gens absolument incroyables qui refusent aussi à C pour pour pour

Certains d’être ce qu’ les met dans une précarité folle mais qui est aussi un choix politique donc pardon hein mais parce que c’est pour moi une vraie question c’est-à-dire en tout cas euh est-ce que qu’est-ce que c’est aussi le participatif culturel c’est-à-dire comment on travaille ensemble ça va

Peut-être rejoindre une question et ce sera sans doute la dernière parce que je vois que l’heure avance avance avance euh une question évidemment qui qui taraude puisqu’on parle de création participative qui fait é coup à la démocratie participative à ces modalités de représentation qui sont le fruit de

Processus participatif on a envie de poser la question est-ce que ça peut rejoint peut-être à celle que vous posez est-ce que ça contribue finalement peut-être et à la démocratisation culturelle et à la démocratie culturelle est-ce que ça fait le lien justement entreentre ces deux aspects alors je réponds à la première question

Mais qui rejoint complètement ce que vous venez de dire nous au contraire he depuis 13 ans moi je travaille sur la question de l’horizontalité l’horizontalité et le la le rapport de confiance entre les habitants les artistes le théâtre l’équipe de la poudrerie et puis tous les tous les acteurs bah justement quand

On a on fait venir des chercheurs des philosophes des sociologues et cetera il y a personne que je veux mettre au-dessus qu’on qu’on met au-dessus d’un autre chacun intervient à l’endroit de son expertise pourquoi j’ai j’ai j’ai précisé comédien du réseau national c’est parce que depuis 13 ans maintenant

Ça s’est calmé parce que c’est devenu plus à la mode la question de la participation mais quand on a commencé il y a 13 ans et ben on nous disait mais de toute façon ce que vous faites c’est du théâtre amateur c’est pas ça c’est pas du tout de qualité artistique donc

Il a fallu au contraire dans un premier temps avoir un vent contre FR et faire venir des gens presque des têtes d’affiche du théâtre subventionné j’exagère un peu mais c’était j’ai vraiment j’ai vraiment c’était politique pour de faire ça et de dire bon ben vous venez est-ce que vous voulez venir

Participer à ce projet-là pour montrer que on travaille avec une grande exigence artistique c’est pas parce qu’on travaille sur la question populaire avec les habitants et qu’on que pour nous c’est au cœur du du du du projet parce que moi je suis complètement d’accord avec vous il faut

Il y a il y a on a un problème de de de bah de hors sol encore où on doit essayer de créer du lien entre le milieu culturel ben les les habitants des territoires et cetera et donc là c’est c’est voilà c’est vraiment ça a été au

Début ça a été juste pour faire un pied de nez à cette question là qu’on nous a beaucoup reproché et de nous dire aussi ah mais la participation ah bon mais vous vous vous racontez que des histoires qui intéressent que les sovranés autrement dit quasiment on était soupçonné

Je c’est c’est c’est affreux mais de de bah oui de de de parler de de communautarisme de problèmes communautarisme de communautariste et cetera ce qui est absolument pas la question on part d’un échantillon de la population en plus qui est très riche sans nationalité d’origine qui est très

Représentatif voilà et après on peut travailler en plus en lien avec des milieux ruraux et travailler notamment on avait fait un spectacle qui abordéit la question des gilets jaunes et on avait travaillé avec des habitants aussi de poitoucharante et j’ai pas répondu à la de question et ce lien justement avec la

Démocratie culturelle donc qui est étroitement liée avec les droits culturels dont on a qu’on a évoqué très rapidement tout à l’heure et qui [Musique] va avoir une une autre vision du rapport de la de la culture d’abord une autre définition certainement de de de la culture que la celle qui prévaut dans la

De la démocratisation culturelle mais les deux sont souvent opposés alors qu’ils peuvent être complémentaires et il est-ce que vous avez le sentiment de contribuer à travers les process que vous menez mais ça va aussi ça vaut aussi pour pour Maya pour pour juris Mathieu et pour notre pour noéie est-ce que vous avez

L’impression que ces évolutions de la représentation contribuent à une démocratisation une démocratie culturelle même pour reprendre l’exemple que citait Joris Mathieu à propos d’ikocomori c’est-à-dire que euh il n’y avait plus pour les jeunes l’obligation de se conformer à un jugement de goût qui aurait été formulé par par les

Adultes donc on on est sur une autre définition finalement un autre rapport à à à la à la culture et après deux questions prendra deux questions puis on parce que je vois l’URE qui file et je vrais pas abuser je sais pas si je suis la mieux placée pour

Dire ça mais en effet je pense que au-delà de la forme euh bah la question du du lieu et la plus ENF comment dire et la plus central c’est vrai que c’est les festivals dont tu parlais qui ont qui sont implantés dans des villes des des marches locales qui

Font que les gens se sentent concernés parce que c’est c’est chez eux et c’est pas l’édifice implanté dans leur ville auquell ils n’ont pas accès c’est c’est tout ça en fait je pense que je moi le je je suis pas spécialiste de ces questions mais c’est vrai que il me

Semble que le le plus difficile c’est d’entrer dans un théâtre et de s’y sentir à l’aise en tant que spectateur quand quand on n’ pas cette habitude et le fait de de de déplacer le théâtre ou le fait d’impliquer euh des des habitants pe peut permettre de Ben de de

Passer un premier pas et de peut-être changer des habitudes culturel mais c’est vrai que j’ai l’impression dans ce qui ce qui a été dit qu’il a une espèce de il y a eu des évolutions dans les politiques culturelles et qu’ y a une espèce de de de tiraillement entre il

Faut parler aux gens et en même temps il faut que ce soit de comment dire il faut que l’argent public aille aille au poulation et en même temps il faut que l’institution a son titre de noblesse donc c’est c’est des question compliqué et qui et je trouve qu’il mettent les artistes parfois dans

De dans des positions difficiles où où il y a des démarches qui sont vraiment sincères pensé d’autres qui sont un peu faites parce qu’on il y a une demande de d’être impliqué sur sur le terrain mais qui et je ouais il me semble que oui toutes ces questions sont des

Questions aussi de d’économie et et de politique de spectacle vivant al JIS Mathieu vous dirigez un centre dramatique national avec une activité hors les murs très importante là aussi il y a ces enjeux de d’aller à la rencontre d’eux de proposer d’autres modalités de rencontre autour de la représentation

Oui bah je crois que l’enjeu il est il est il est pas nouveau il est il est quand même né avec les les politique culturelle mais ça a changé d’échelle en permanence c’est ça qui est euh qui est complexe à gérer aujourd’hui c’est-à-dire que les politiques culturelles ont essayé d’apporter des

Réponses de proximité culturelle avec un maillage territorial qui s’est développé de plus en plus et finalement on peut pr on pourrait on peut aussi des fois se raconter l’histoire dans un autre sens c’est-à-dire on peut aussi se raconter que la pétence pour la culture ayant augmenté on a envie toujours plus

D’hyperproximité les paradigmes ayant changé aussi entre ce qui a été pensé à une époque où on a voulu implanter des lieux qui rayonneraient sur des sur des bassins de population très large et puis une époque dans laquelle on se trouve aujourd’hui qui nous incite plutôt à nous poser la question des mobilités

Aussi donc tout tout tout est en évolution permanence donc donc la nécessité d’aller vers elle est toujours réelle je suis pas tout toujours convaincu que le fait d’aller vers amène nécessairement un retour dans le lieu je pense aussi qu’on doit regarder comment on vit et je parlais tout à l’heure de la

Question du numérique et des usages du numérique les usages du numérique ont amené une révolution aussi dans nos vies qui est la consommation à domicile de contenu qui s’est accentué et qui va aussi dans le sens de bien vouloir voir des choses qui se déplacent chez soi mais mais aller ver et plus

Compliqué regardez aussi le rapport au temps et à notre capacité de concentration sur des des objets artistiques ou des contenus tout simplement visuels le théâtre le lieu de spectacle c’est aussi un des endroits où finalement un des endroits dans la société où on n’ pas la maîtrise de son

Rapport auant on n’est pas libre de sortir tu parlais pardon vous parliez de la rue tout à l’heure euh euh avec cet espace qui est finalement un espace passant où on sait que finalement on peut partir à tout moment et le théâtre n’offre pas cette réalité là

Donc c’est aussi des entraves à la venue dans les lieux puis après on a évidemment beaucoup de questions à se poser sur comment faire en sorte pour que le fonctionnement de de de des lieux culturels se transforme soit accompagné financièrement c’est des questions de moyens aussi mais pour qu’ils aident

D’autres usages euh se sentir à l’aise dans un lieu c’est aussi le fréquenter autrement euh par la bande parfois pas immédiatement pour y voir un spectacle mais pour autre chose les mission qu’on a apporté quand on dirige un lieu nous invite plutôt à privilégier le soutien à

La création et heureusement vu les temps qui court et la difficulté que les équipes artistiques ont aujourd’hui à produire des œuvres mais on devrait pouvoir développer tout un tas d’autres choses on devrait pouvoir être à la confluence de plus d’usag parce que ça c’est la clé en fait de de l’appropriation par par

Par par tout le monde du lieu donc la question du aller vert elle se pose je crois pas que ce soit non plus l’alpha et l’oméga qui va régler la problématique de du sentiment d’éloignement ou d’exclusion à priori des lieux dernière chose pardon mais c’est une réflexion que je me faisais récemment c’est-à-dire

Que il y a un truc qui à mon avis joue aussi par rapport au lieu de spectacle vivant je me posais la question par rapport au musée par Rapp rapport au médiathèqu par exemple les gens se posent pas vraiment ces questions là par rapport à un musée ou par rapport à une

Médiathèque c’est un lieu qui appartient à tout le monde parce que on comprend que ça conserve quelque chose qui est accessible à tout le monde alors que le lieu de spectacle alors je vois on en parle je veux bien avoir d’autres des retours là-dessus mais mais le lieu du

Spectacle c’est un endroit où se présent des choses de manière très pctu euh et c’est quand même pas du tout le même rapport et et les gens arrivent à percevoir qu’il y a un service public de la lecture mais sur le spectacle vivant on nous perçoit rarement comme un service

Public louer on pourrait nous louer je vous propose si vous avez une ou deux questions avant avant de de conclure cette rencontre passionnante et j’avoue que vous avez été très concentré depuis les 2 heures que nous avons entamé cette cette discussion sans doute que nous n’épuiserons pas le terme

De la représentation de la démocratie de la démocratie participative de la démocratie culturelle tout ça sont des questions assez vastes oui bonjour c la Serfati compagn des turbulences oui je voulais juste épondre par rapport à cette histoire de spectacle euh participatif moi depuis 2016 voilà je je fais des spectacles

Pour spectateurs actifs et créatifs c’est c’est le seul mot pour l’instant que j’ai trouvé qui me permet de dire que le spectacle n’est pas le spectateur n’est pas pris en otage le spectateurs ont alors ça demande beaucoup de recherche puisquon a été beaucoup soutenu par la région de France par rapport à cette

Vision ça demande des étapes de travail vraiment énormes par rapport à un spectacle normal parce qu’on doit créer un spectacle avec spectateur sans spectateur donc on fait des étapes on crée le spectateur même sur un des derniers spectacles le spectateur devient créatif c’est lui qui finit le spectacle c’est d’après Henry David

Taureau et donc voilà je n’ai pas trouvé d’autres mots que spectateur actif et créatif euh et non participatif voilà c’était juste pour ce partage merci pour pour cette précision merci bonjour euh je m’appelle Sandra larido chorégraphe et comédie musicale bon j’ai fait des études à Paris 8 sur

Le théâtre euh et j’ai fait des études pas rien sur l’économie monétaire internationale donc a il y avait les deux mondes qui se confrontaient et j’ai j’ai posé la question justement du de l’élitisme vis versus poli enfin ça rentre pas dans votre cadre de M ça quelque part ça le rattrape du populaire

Versus élitisme parce que justement quand on on rentre dans un domaine politique comme moi j’avais fait un travail sur les taux de change le flottement des monnaaies et puis c’était le rapport entre Nixon et de Gaul il y a eu un rapport où ils ont arrêté l’or

Comme base de monnaie et moi j’avais dit à mon directeur de tè j’avais fait mon DEA qui à l’époque était un vieux monsieur de la vieille France écoutez moi ce qui m’intéresse c’est les rapports humains qu’il a derrière les décisions qui sont prises politiquement à savoir pourquoi de Gaulle a demandé à

Nixon de lui montrer qu’il avait autant d’or dans les dans les à forknox que les dollars qui circulaient dans le monde enfin en France particulièrement et à ce moment-là Nixon a répondu non on va flotter les monnaaies on vous répondra pas parce que parce qu’ils avaient pas

En fait ou on sait pas donc quand j’ai proposé que qu’on fasse que ma thèse ce soit une comédie musicale euh sur les rapports entre de goal et Nixon bon ben il m’a riononé et il m’a dit vous voyez la porte elle est là prenez-la donc je l’ai prise voilà

Ensuite je me suis retrouvée à Paris 8 avec Michel Bernard Michel vinavert enfin c’était le théâtre et et danse et là j’ai proposé un nouveau à mon directeur de thè qui s’appelait Michel Bernard qui faisait un travail sur la phénoménologie de la perception le corps et cetera donc c’était très compliqué et

J’ai dit moi ce qui m’intéresse c’est de travailler sur les la danse de de comédie musical de Fred Aster donc les années 30 et cetera donc et là il a il a été d’accord donc j’ai eu la chance j’ai été envoyé aux États-Unis avec une bourse et cetera et

Quand j’ai je suis arrivée en Amérique avec les universités américaines il dit ah les Français ils sont cool quand même ils donnent de l’argent pour qu’on fasse fe une thèse sur le travail populaire parce que la comédie musicale c’est considérée comme un art du l’art du pauvre et moi j’ai constaté en écrivant

Mon livre qui s’appelle Fred Aster dancing in the sky que finalement la dépression économique et tous les problèmes qu’il avait à l’époque ils sont décrits d’une façon très claire à travers les parole déjà d’Irving Berlin qui disait ne vous suicidez pas mettez vos chaussures et dansez et puis

Fredaster qui commence en disant le monde peut s’écrouler mes actions peuvent tomber en bourse moi je m’en fous je danse je danse et je veux pas être dérangé donc quand j’essaie de de montrer que on peut on peut écrire pour pour expliquer le monde de l’économie et

Le monde dans lequel on vit qui est quand même un monde extrêmement ésotérique pour les les pauvres gens qui n’y comprennent plus rien même la guerre on y comprend plus rien moi-même quand j’ai regardé un film sur Netflix qui s’appelle féoda j’ai enfin compris plus ou moins ce qui se passait entre Israël

Et la Palestine et donc je trouve qu’il faudrait qu’il y ait justement un lien entre ces deux mondes et je sais pas comment participer à à à des débats et à des créations voilà alors effectivement votre votre préoccupation est un petit peu en de dehors du du sujet d’aujourd’hui mais peut-être qu’elle

Pourra nous donner des idées hein pour de de futures créations je veux dire que ça me parle puisque moi j’ai une formation d’économiste au départ voilà donc tout mène à tout euh je pense alors sauf s’il y a une une comment on dit buring question c’est une

Question qui vous brûle les lèvres et bien nous allons nous séparer sur cette proposition de sujet à venir je vais remercier très chaleureusement les unes et les autres pour la qualité de vos interventions merci beaucoup de votre [Applaudissements] écoute

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