Jeudi 19 Octobre / 18h / Muséum d’Histoire Naturelle
« Le saumon est-il libre ? »
Marin Schaffner, auteur, traducteur, ethnologue de formation, suivi d’un échange avec Baptiste Lanaspeze, éditeur (éditions Wildproject).

On le connaît surtout fumé et d’élevage, car les saumons sauvages sont en voie de disparition. Pourtant, ces poissons qui naissent dans nos rivières françaises font l’aller-retour jusqu’au Groenland et reviennent se reproduire et mourir à l’endroit exact où ils sont nés. Une vie entière de voyage, portée par les courants des eaux douce et salée. Une vie de liberté que la pensée occidentale considère pourtant depuis des siècles comme mécanique et déterminée. Alors, le saumon, plus ou moins libre qu’un Marseillais ?

La semaine de la pop philosophie saison 15 présente liberté équité solidarité une approche philosophique sociologique artistique littéraire et pop à la fois du libre arbitre à l’éloge de l’inégalité de la liberté du saumon au nouveau visage de la censure euh donc je suis auteur traducteur et et éditeur au sein des

Éditions wild project maison d’édition qui est qui est basée à à Marseille et qui fait ses 15 ans cette année et c’est dans ce cadre là que j’ai proposé de d’intervenir ce soir pour l’anniversaire des éditions wild project et donc on j’étais au courant que j’ai été au

Courant que le thème était était la liberté et je me suis demandé ce que je pourrais bien venir vous raconter en lien avec la liberté relié au catalogue des éditions W Project qui est une maison d’édition spécialisée en écologie et je me suis dit que la question de la

Liberté chez les saumons par exemple pouvait peut-être être une manière assez pop de discuter ensemble de ce que l’écologie nous raconte sur la liberté alors en préambule et c’est la chose la plus importante probablement que j’ai à dire ce soir je ne suis absolument pas expert du saumon et c’est bien pour ça

Que je suis là parce qu’on m’a dit que c’était de la pop philosophie donc je vais essayer de tenir la règle je ne suis pas du tout spécialiste du saumon donc il y a même peut-être dans cette salle des gens qui s’y connaissent bien plus que moi sur les saumons par contre

Les saumons ça ça m’inspire ça me fait réfléchir et puis je trouve que les saumons ils ont des choses à nous dire aussi si si on se met à leur échelle et qu’on essaie de de les écouter euh et donc aussi bah voilà comme comme c’est

De la pop philosophie je me suis pas embarrassé de beaucoup d’académisme ni vous allez voir donc les téléphones peuvent sonner he c’est pop il y a pas de problème si vous voulez non mais aucun problème n’éteignez surtout pas vos téléphones il y a pas de souci euh

On est entre nous et non voilà donc justement moi j’avais j’avais envie ce soir que que ce soit quelque chose de d’assez informel de plutôt léger de justement libre aussi parce que il me semble que qui à parler de liberté autant être aussi un peu libre dans les

Manières qu’on a d’en d’en parler et donc vous allez voir que je vais aborder la question de de la liberté chez chez les saumons de pas mal de manières différentes et donc d’une certaine manière je vous invite avec moi à un petit voyage en compagnie des saumons

Une petite immersion qui va nous emmener à la fois dans des courants chauds et des courants froids qui va nous amener à descendre dans les profondeurs et à remonter vers les sources j’ai pas trop de meilleur métaphor mais bref on voilà on plonge déjà un peu on explore nos

Devenir saumon euh et la première chose que que je voulais faire pour pour commencer donc je suis venu avec quelques petites amulettes des livres qui vont m’aider à à réfléchir à cette à cette question avec vous et et donc pour commencer je voulais vous lire un un

Petit texte euh donc euh c’est important dans dans toute cette histoire je suis né et j’ai grandi dans dans le côantin donc sur les côtes de la Manche non loin du montsain-michel et je me suis beaucoup intéressé ces ces dernières années au bassins versant donc au fleuv et leurs

Affluents et aux imaginaires politiques qu’on pouvait essayer de penser depuis ces bassins versants tout ça m’a amené à faire pas mal de choses je rentre pas dans le détail on va se concentrer sur les saumons un petit peu mais notamment ce que ce que j’ai fait l’année derre dernière c’est qu’avec deux amis

Photographes on a arpenté en vélo et en kayak mon bassin versant natal un petit fleuve côtier de 90 km qui s’appelle la sienne et qui se jette sur la côte ouest du mont du côteentin donc pas loin du montsmichel et dans le cadre de cette

Résidence on a fait un un livre et une exposition itinérante et un des textes de ce livre quand je l’ai écrit je savais pas que je viendrai là parler de la liberté chez les saugons mais vous allez voir un des textes de ce livre bah fait une belle introduction à ce que

J’ai à vous raconter ce soir so ce petit texte s’appelle boucler la boucle après 2 années dans les mers froides du Groenland la voilà revenue au large du Havre de reeniville le soleil humide de septembre habille comme chaque année depuis des siècles les îles Anglo-Normandes en 2

Ans tout en elle a changé elle qui était partie encore adolescente revient belle et fière de son périple prête à donner la vie comme tous les saumons atlantiques elle a profité des eaux glacées et poissonneuse du Grand Nord pour opérer une complète métamorphose du saono de 15 cm à peine qui avait quitté

Les côtes de la Manche il ne reste plus grand-chose si ce n’est le souvenir précis d’une odeur inscrite au plus profond de sa mémoire le vif argenté de ses écailles toujours tacheté de noir sétant maintenant sur plus de 70 cm 6 kg de chair musclé en approche de l’eau

Douce comme ses congénèes elle fera tout pour revenir à l’endroit précis qu’il l’a vu naître là est son destin déposer ses ufs par milliers dans les gravières de lerou l’un des principaux affluents de la sienne elle fait partie des rares individus 2 % à peine qui réussissent

Encore à revenir d’où ils viennent les chiffres sont en chute libre surpêche déforestation pollution tout concours de nos jours a brisé cette Grande Boucle millénaire cette saumone est là pourtant profitant de la marée montante comme d’autres pour rejoindre le fond du Havre en quelques jour au gré des seuils qui

La ralentissent elle atteint la petite commune de verre juste avant gavré et remonte les roues depuis la Confluence dans les EAU fraîches et riches en oxygène de la vallée boisée qui grimpe vers le sud jusqu’à Beauchamp elle retrouve le parfum unique du courant de son enfance cela fait plusieurs semaines

Qu’elle a complètement cessé de se nourrir et déjà on sent qu’elle perd sa livrée argentée au profit d’un brin légèrement bronzé elle se loge alors jusqu’au début de l’automne dans les fosses de la rivière profite du fond vaseux pour se tapir après avoir retrouvé son cours d’au d’origine grâce au champ magnétique

Terrestre elle met maintenant son instinct de retour en suspens quelques temps attend patiemment que chutent les températures un jour d’octobre fini la tente sans qu’on sache bien comment ni pourquoi elle sent que c’est le moment elle remonte à nouveau jusqu’aux frayères qui l’ont vu naître lit de

Gravier pur près des sources en eau vives et peu profondes à rouini elle même sous l’autoroute sans qu’aucun humain filant sur le bitum ne songe un instant au cycle planétaire qui se joue à contrecourant un matin de novembre alors que l’eau frise les 6 degrés la voilà

Qui se met à explorer les gravières c’est là qu’elle trouvera le bon malâ celui qu’elle autorisera à féconder ses ufs par milliers une fois le couple formé c’est à l’odeur que la saumone retrouve l’endroit exact précision inouie d’un parfum gravé en elle tout autour de la zone utilisant sa njeoire codale comme

Une paguée elle creuse pendant plusieurs jours des trous d’un MRE sur une vingtaine de centimètres de profondeur où elle déposera par grappe des milliers d’œux que le Mâ rouge fécondera de sa laitance au printemps vers le mois de mai les œufs éclosent les alvins de 5 ou

6 cm redescendent un peu vers la Val rejoignant des eaux peu profondes à courant modéré leurs parents affaiblis dépérissent et meurent leur décomposition libérant des quantités importantes de nutriments qui enrichissent la rivière à ses alentours ramenant la vitalité poissonneuse de l’Atlantique dans les sous-bois du Cotentin pendant 2 à 5 ans ces bébés

Saumons vivront dans la rivière avant d’entreprendre au mois de mai ou juin leur première migration en eau salée comme notre saumone du début il mesurent alors une quinzaine de centimètres quand ils rejoignent la mer et se dirigent vers les eaux glacées du grand nord de ou 3 ans plus tard quelques-uns

Seulement adultes charnus reviendront pour boucler une fois encore ce cycle immémori y qui relie le bassin versant de la sienne au Groenland bon par ce texte je vous ai à peu près livré tout ce que je sais sur les saumons je vais pas vous en dire beaucoup plus je rigole une chose qui

Est importante dans tout ça c’est que par exemple il n’y a pas de saumon dans le rô il y a pas de saumon à Marseille les saumons ils sont principalement dans l’Atlantique nord et le Pacifique Nord on peut même dire ils étaient parce que ils étaient présents par présentes et

Présent par millions mais leurs populations sont sont vraiment en chute libre et on en trouve également en en Sibérie et et du côté du Danube mais c’est c’est vraiment ce sont vraiment des des poissons migrateurs qui qui aiment les Eaux du Nord euh donc aujourd’hui leur leurs populations sont

Sont vraiment en déclin fort euh donc déjà une des choses ce soir c’est de leur rendre hommage de passer une heure quand même à penser à elle et à eux une espèce qui est de de plus en plus en voie d’extinction et qui pourtant est une espèce magnifique et et millénaire

Et une espèce aussi qui a qui a beaucoup fasciné les êtres humains depuis longtemps notamment pour ses capacités d’orientation donc c’est ce que j’ai dit un petit peu dans dans mon texte mais les saumons arrivent à partir à l’autre bout de la planète et à revenir à

L’endroit exact où il et elle sont nés en s’orientant grâce au champ magnétique terrestre pardon et et ça aussi c’est voilà c’est c’est quelque chose en terme de de capacité à voyager et donc d’une certaine manière de de liberté qui forcément euh nous petits humains nous questionnent une autre chose qui est qui

Est fondamentale dans dans tout ça c’est que ce que j’ai ce que j’ai raconté là dans dans ce texte c’est la vie d’une saumone ou d’un saumon sauvage mais aujourd’hui sur terre la grande majorité des saumons ils sont pas sauvages c’est des saumons d’élevage aujourd’hui en France près de

70 % du saumon que nous mangeons qui est consommé provient de ferme pisicle norvégienne la France importe environ 120000 à 130000 tonnes de saumon tous les ans et 70 % viennent viennent de Norvège et puisqu’on parle de liberté ça me paraissait aussi important de de faire cette petite précision en

Préambule la vie des saumons d’élevage c’est vraiment une vie d’esclav les saumons d’élevage c’est seul il y a que la logique économique qui compte on modifie même leurs organismes pour qu’il n ait que des femelles stériles parce que c’est elles qui qui grandissent le le plus vite et environ 25 % des des

Saumons d’élevage meurt avant d’avoir atteint l’âge adulte je rentre dans des trucs pas rigolo mais c’est ça la réalité de si on veut penser la liberté pour une espèce c’est important de regarder par depuis toutes les perspectives et notamment pour les saumons d’élevage la la surpopulation

Parce qu’on met quand même entre 50 et 100 kg de poisson par mètre carré ce qui est énorme enfin c’est vraiment des cellules de prison quoi engendre stress maladie blessures des tas de cas de de cannibalisme beaucoup d’infestations il y a des il y a des tas de de maladie

Parasite qui qui se développe je rentre pas dans les détails mais exactement dans le même temps de récentes études ont montré que les poisson ressentent la douleur et ce d’une manière très similaire à la nôtre d’autres études ont aussi montré qu’ils étaient dotés d’une véritable vie intérieure qui sont

Capables de ressentir des émotions de mémoriser des expériences ou encore d’élaborer des comportements stratégiques donc si ces poissons sont capables d’avoir des émotions qui sont à peu près analogues au NES au nôre là pose quand même un peu question de les faire vivre dans de telles conditions tout ça m’amène donc à

Essayer de d’utiliser le saumon comme un prétexte de faire appel à lui pour parler avec vous des liens qui peuvent se tisser entre liberté et écologie qu’est-ce que l’écologie nous raconte sur la liberté pour ça je vais faire appel à trois personnes trois figures tutellaires qui vont me permettre de

Parler à la fois de liberté écocentrée c’està-dire de parler de liberté pas uniquement du point de vue des humains mais du point de vue de tous les vivants qui vont me permettre aussi de parler de liberté au-delà de l’humain est-ce qu’il y a que les humains qui sont libres et

Qui vont me permettre enfin de parler de liberté dans l’interdépendance est-ce qu’on peut être libre en êtant interdépendant ou est-ce qu’il faut vraiment être indépendant pour être libre la première personne à laquelle je voudrais faire appel donc c’est le moment où je commence à sortir mes livres de Wild Project vous allez voir

La première personne à laquelle je voudrais faire appel si le livre veut bien tenir mais sinon c’est pas très grave je vais faire comme ça c’est imanishi Kinji imanishi Kinji est un des grands primatologues japonais du début du 20e siècle et je rentre pas dans les détails mais c’est l’inventeur de la

Primatologie empathique c’est le premier primatologue à avoir vraiment travaillé sur les cultures animales et tout ce qu’on raconte aujourd’hui sur les singe et leur capacité d’empathie vient en bonne partie de la part de de ce de ce monsieur qui pardon en 1940 au moment de la Seconde Guerre

Mondiale a écrit un livre qui s’appelle le monde des êtres vivants où il a il a noté dans dans un carnet donc c’est la fin des années 30 et le livre est sorti en 1940 il a noté dans un cahier avant de de partir à la guerre tout ce que lui

Considérait sur la vie du monde des êtres vivants depuis ses perspectives de de primatologue je vais donc vous lire un petit extrait d’Ichi 1940 notre monde est constitué d’une grande variété de choses on peut le concevoir comme une famille composée de différents membres l’association de ces membres n’est pas fantaisiste chacun

Occupe une position précise et joue un rôle déterminé dans la Constitution le maintien et le développement de cette famille si l’on ne cherche ainsi dans ce monde que des différences tout nous paraîtra différent mais n’est-il pas réjouissant de savoir que rien n’est complètement isolé et que rien n’est absolument

Identique si rien ne se ressemblait et que tout tout était singulier il n’y aurait sans doute pas de structure ou s’il y en avait une on ne pourrait probablement pas l’identifier plus encore si tout était différent de tout l’idée même de différence n’aurait pas de sens la

Différence n’a de sens que si la ressemblance existe on ne voit ce qui se ressemble que parce qu’il y a des différences et inversement il est toujours difficile de parler des êtres humains c’est compliqué et ça mène souvent à des problèmes tandis que les autres êtres vivants

C’est plus gay sans détour et ça correspond mieux à mon tempérament la question est de savoir si ce que j’ai écrit jusqu’à maintenant s’applique ou pas à tous les êtres vivants comme nous ils sont nés dans ce monde et se sont développés en même temps que lui et s’ils peuvent eux aussi

D’une façon ou d’une autre faire des distinctions entre les éléments qui composent ce monde leur capacité à reconnaître les choses ne doit donc pas être tellement différente de la nôtre j’utilise délibérément le terme instinct aussi pour nous autres les humains parce que j’estime que nous sommes fondamentalement une espèce

D’être vivant je ne fais pas là qu’envisager le phénomène humain d’un point de vue biologique plutôt que d’un point de vue humaniste cela ne relègue en rien l’humain au niveau de l’animal pas plus que cela n’élève l’animal au niveau humain cela nous permet simplement de discuter des deux à partir

D’une base commune et dans les mêmes termes il y a probablement des millions d’espèces biologiques dans notre monde cependant pourquoi vivent-elles chacune dans des zones géographiques relativement définies et ne sont-elles pas dispersées un peu partout si la surface de la terre était en tout lieu identique et s’il n’y avait par exemple

Qu’une seule espèce d’être vivant avec une puissante capacité de reproduction cette espèce unique serait certainement répartie un peu partout de façon égale sur le globe mais la surface de la Terre n’est pas du tout uniforme la répartition de l’eau n’est pas égale en certains endroits il y a des montagne et

En d’autres il n’y en a pas de plus la chaleur radiante du soleil source d’énergie de toute vie n’est pas du tout distribuée de façon égale sur la planète notre monde est donc fondamentalement inégal et cette inégalité est comme une car isque prédestiné de notre monde mais

La terre a les moyens d’atténuer ses inégalités en été il y a une plus grande distribution de chaleur sur les pôle qu’à l’équateur des vents et des courants viennent modérer les températures la vapeur d’eau portée par les vents donne des pluies sur les continents et les accidents de terrain

Sont nivelés sous l’action du vent et de l’eau tout cela ne supprime pas les inégalités et le monde ne sera jamais uniforme mais c’est précisément grâce à cette irrégularité qu’une grande variété d’êtres vivants PE prospérer sur cette terre la question est alors de savoir comment les organismes intègrent ces inégalités dans leur

Vie merci à Monsieur humanishi la deuxième personne que je voudrais invoquer vous voyez j’y connais vraiment rien du coup je m’appuie sur des gens qui ont écrit des trucs et comme ça c’est beaucoup plus facile si je vous donne le conseil si jamais vous avez besoin de parler devant des gens

Vous faites ça ça marche très bien la deuxième personne c’est Mury Bookchin Mury Bookchin ce livre là c’est c’est un des livres que que j’ai traduit une anthologie que j’ai j’ai composé c’est un monsieur qui m’a beaucoup marqué parce que dès les années 50 60 il a théorisé ce qu’il a appelé lui-même

L’écologie sociale et l’idée que il n’y aurait aucune transformation écologique dans notre société sans une profonde transformation sociale dès les années 50 60 il nous expliquait que les idée de développement durable ou de transition était probablement difficile à croire queil y avait des inégalit structurell et des hiérarchies dans notre monde et

Que c’est parce qu’il y avait ces inégalités et ces hiérarchies que nous étions organisés de cette manière là et que donc nous détruisions les écosystème il a écrit plein de livres mais parmi les choses qu’il a écrites il a notamment en 1980 essayer de réfléchir à la question de la

Liberté dans la nature de son point de vue à lui échanarchiste et il nous dit je souhaite avancer l’idée que l’évolution des êtres vivants n’est pas simplement un processus passif le pur produit de conjoncture exclusivement lié au hasard entre des changements génétiques aléatoires et de prétendu force environnementale sélective l’augmentation de la diversité

Dans la biosphère ouvre de nouveaux chemins évolutionnaires et par conséquent des directions évolutionnaires alternatives dans lesquelles les espèces jouent un rôle actif pour leur propre survie et leur propre changement aussi naissens soit-il le choix n’est pas totalement absent de l’évolution biotique à vrai dire il augmente à mesure que les espièces

Deviennent plus complexes structurellement physiologiquement et par-dessus tout neurologiquement à mesure que les contextes écologiques à l’intérieur desquelles les espèces évoluent et que les communautés et les interactions qu’elles forment deviennent plus complexes cela ouvre de nouvelles pistes d’évolution et une plus grande capacité des formes de vie à agir de façon

Autosélective formant ainsi les bases d’une sorte de de choix à ce titre les espèces ainsi que les écommunautés dans lesquelles elles interagissent sont deux façons croissantes les véritables forces libres qui comptent à l’intérieur de l’évolution prise comme un tout la puissance de l’écologie sociale tient donc dans l’association qu’elle établit

Entre société et écologie en comprenant que le social est au moins potentiellement une réalisation de la dimension latente de la liberté dans la nature et que l’écologie est un principe d’organisation majeur du développement social en bref l’écologie sociale pose les lignes directrices d’une société écologique tout comme l’esprit avec son

Histoire naturelle la vie sociale émerge de communautés animal plus ou moins relié jusqu’à former les communautés humaines hautement institutionnalisées je fais quand même un peu de philo hein parce que c’est pop mais c’est quand même écrit philosophie dans le titre la troisème personne que je voudrais invoquer pour parler de

Liberté c’est line Margulis line Margulis c’est une des grandes biologistes du 20e siècle biologiste états-unienn qui à partir de l’étude de de notre microbiote intestinale la manière dont vit la vie dans notre estomac et nos intestin a réussi à montrer que partout sur la planète depuis 4 milliards d’années les êtres

Vivants évoluent par symbiose c’est en se mélangeant les uns les unes les autres que les vivants évoluent je voudrais donc vous lire un petit extrait de ce que nous raconte line marguliss parce que nous qui avons grandi dans une société qui nous fait croire que l’évolution et la liberté

Sont liés à la survie du plus apte ou du plus fort et à la compétition peut-être qu’on pourrait prendre le problème par un autre bout elle écrivait donc en 1987 quand les hommes scrutent la vie sur Terre il leur est aisé de penser qu’ils en sont les souverains la la

Puissance de leur conscience de leur société et de leurs inventions techniques leur a fait croire qu’il constitu la forme de vie la plus avancée sur la planète même la profonde obscurité des cieux qu’il contemple ne les pousse pas à l’humilité il considère l’espace comme un territoire à aborder et à conquérir

De la même manière qu’ils ont conquis la terre traditionnellement la vie sur Terre a été étudiée en tant que prologue à l’homme des formes de vie inférieur dé nuué d’intelligence l’ont précédé et maintenant il se tient au point culminant de l’évolution de fait les hommes se prennent tellement pour des

Dieux qu’ils pensent parfois prendre en main l’évolution en manipulant l’ADN le grand ressort de la vie selon leur dessin ils étudient le microcosme le monde archaïque des microorganisme pour découvrir les mécanismes secrets de la vie afin de mieux en être les maîtres et peut-être même de se perfectionner

Eux-mêmes et les autres vivants de la planète mais au cours des deux dernières décennies une révolution s’est accomplie dans les sciences de la vie les témoignages fossiles de vie microbienne primitive le décodage de l’ADN et des découvertes sur la composition des cellules humaines ont fait exploser les idées reçues

Concernant l’origine de la vie et la dynamique de l’évolution sur terre tout d’abord ces découvertes ont montré quelle folie c’était de considérer l’homme comme une espèce spéciale à part et souveraine le microscope a progressivement révéler l’immensité du microcosme et il donne maintenant une vue saisissante de la véritable place de l’homme dans la

Nature il apparaît maintenant que les microbes que l’on appelle aussi micro-organismes germes protozoèes et bactéries selon le contexte non seulement constituent le jeu de la construction de la vie mais aussi sont présents dans toutes les structures vivantes de la planète auquel ils sont indispensable de la paramessie jusqu’à

La race humaine toutes les formes de vie sont des agrégats méticuleusement organisés et élaboré à partir de formes de vie microbienne en évolution loin de laisser les micro organisme derrière entre guillemets sur l’échelle de l’évolution les hommes sont à la fois entourés par eux et composés d’eux ayant survécu sans discontinuité

Depuis le commencement de la vie tous les organismes d’aujourd’hui sont également évolués deuxièmement la vision de l’évolution comme une sanglante et permanente compétition entre individus et espèces distorsion fréquente de la notion darwinienne de survie du plus apte se dissou au profit d’une vision nouvelle de coopération continuelle d’interaction forte et de dépendance

Mutuelle entre toutes les formes de vie la vie n’a pas conquis la planète par la force et le combat non elle y a tressé son réseau les formes de vie se sont multipliées et complexifiées en en cooptant d’autres et non en se contentant de les

Tuer je m’arrête là pour ce qui est de la liberté d’un point de vue de l’écologie et je vais essayer de prendre maintenant le problème par encore un autre bout qui est celui de la question des migrations j’ai lu au tout début dans dans mon texte enfin je l’ai dit du coup

Que que les soimons étaient une espèce migratrice qui faisait une grande boucle de plusieurs milliers de kilomètres et est-ce que cette manière de migrer cette manière de voyager peut nous faire réfléchir à ce que c’est que la liberté donc très rapidement donc pour quand même parler un tout petit peu du

Saumon euh puisque c’est une espèce migratrice le saumon sa condition son identité c’est de se déplacer sur des milliers de kilomètres et puis de revenir là où il ou elle est née c’est ça son identité et si on empêche ça d’une manière ou d’une autre alors est-ce qu’on le prive pas de

Sa liberté est-ce qu’on le prive pas de sa possibilité à être ce qu’il est lui-même le saumon ou la saumonne librement en tant qu’espèce on voit bien à la fois que cette manière qu’on LESISS saumond de de voyager de remonter vers les les eaux glacées qui viennent du Pacifique ou qui

Viennent de l’Atlantique c’est pris dans un cycle qui est prédéterminé c’est un cycle qui se poursuit de génération en génération depuis des millénaires donc en ça on pourrait avoir tendance à penser que c’est quelque chose qui est déterminé qui est pas libre certes mais dans le même temps cette capacité depuis des

Millénaires à faire ces milliers de kilomètres génération après génération à aller au bout du monde et à revenir à l’endroit où on est né si ça c’est pas de la liberté je sais pas ce que c’est moi personnellement en tout cas ça me questionne comme on est dans un Muséum

D’Histoire Naturelle j’avais aussi envie de de donner la la voix à un livre mais du coup une série de livres qui m’ont beaucoup intéressé C ces dernières années également qui sont les manifestes du Muséum du Muséum d’histoire naturelle de Paris et notamment dans le deuxème volume traite des migrations et je vous

En lis un bref extrait ça permet de de porter un peu la la voix des des naturaliste aussi sur sur ces questions de migration le petit paragraphe que je vais vous lire porte pour titre pas de vie sans déplacement la mobilité est indispensable au maintien de la vie sur

Terre c’est vrai pour le monde animal comme pour le monde végétal en effet animaux et végétaux migrent développent des caraéristiqu adapté à leur nouveau milieu puis se mêle à de nouveaux arrivants ce mélange enrichit le patrimoine génétique du groupe de façon continue assurant à la fois l’évolution et la pérenité des

Espèces l’histoire de la lignée humaine elle aussi raconte l’histoire des migration il y a environ 1,8 million d’années les représentants du genre Homo migré hors d’Afrique il y a 200000 ans Homo sapiens se répandait au Proche Orient il y a 50000 ans il arrive i en Europe tous ces déplacements humains et

Nonhains se produisent progressivement et sur le temps long ou parfois rapidement et sur de longues distances les migrations permettent les échanges biologiques qui amplifient la diversité des populations mais les migrations permettent aussi des échanges culturels variés les bénéfices des migrations se conçoivent dans un équilibre entre stabilité et mobilité

De ce point de vue-là j’avais donc envie de d’utiliser les saumons de voilà maintenant qu’on a essayé de comprendre un peu comment il se déplacent pour revenir vers nous les humains et réfléchir au lien que on entretient nous humains entre liberté et nomadisme qu’est-ce que les somons ont à

Nous dire sur nous-même pour pour formuler la chose un petit peu autrement comment est-ce qu’il nous pose la question de ce qui est prèsdéterminé en nous humaine et humain en tant qu’espèce et de ce que c’est qu’être libre comme être humain et si on se dit que d’autres

Êtres que les humains peuvent être libres est-ce que on en sort indemne est-ce que notre manière d’être libre si les autres aussi ont le droit à la liberté les autres humains est-ce que c’est pas toute notre définition même de ce que c’est que la liberté qui plonge avec les

Saumons comme ce festival s’appelle pop philosophie et que c’est un terme qui vient de Gilles DELEUSE euh et de Félix boatari mais surtout de DELEUSE euh je me voyit mal ne pas invoquer leur voix à eux deux aussi sur ces questions de nomadisme je voudrais donc vous lire un petit extrait

De 1000 plateaux qui a été écrit par delus et guatari en 1980 et dont un chapitre s’appelle traité de nomadologie qui parle vous allez voir à peu près exactement de ça d’un point de vue plutôt anthropocentré mais avec des tas d’ouvertures qui justement nous permettre de réfléchir donc petite

Pensée pour pour Gilles DELEUSE dans la minute qui vient le nomade a un territoire il suit des trajets coutumiers il va d’un point à un autre et il n’ignore jamais les point point d’eau point d’habitation point d’assemblée et cetera mais la question c’est ce qui est principe ou

Seulement conséquence dans la vie nomade en premier lieu même si les points détermine les trajets ils sont strictement subordonnés au trajet qu’il déterminent phrase pas facile à l’inverse de ce qui se passe chez le sédentaire phrase plus facile le point d’eau n’est là que pour être quitté et

Tout point est un relais et n’existe que comme relais un trajet se fait toujours entre deux points mais l’entre deux a ici pris toute la consistance et jouit d’une autonomie comme d’une direction propre la vie du nomade est intermezo en second lieu le trajet nomade a beau suivre des pistes ou des

Chemins coutumiers il n’a pas la fonction du chemin sédentaire le chemin sédentaire sa fonction c’est de distribuer aux hommes un espace fermé en assignant à chacun sa part et en règlant la communication des parts le trajet nomade fait le contraire il distribue les humains ou les bêtes dans un espace ouvert indéfini non

Communiquant il y a donc en troisème lieu une grande différence d’espace l’espace sédentaire est striés par des murs des clôtures et des chemins entre les clôtures tandis que l’espace nomade est lisse seulement marqué par des traits qui s’efface et qui se déplace avec le trajet même les lamelles du

Désert glissent les unes sur les autres en produisant un son inimitable le nomade se distribue dans un espace lisse il occupe il il habite il tient cet espace et c’est là son principe territorial aussi est-il faux de définir le nomade par le mouvement t be a profondément raison de suggérer que le

Nomade est plutôt celui qui ne bouge pas alors que le migrant quitte un milieu devenu amorphe ou ingrat le nomade est celui qui ne part pas qui ne veut pas partir qui s’accroche à cet espace lisse où la forêt recule où la stepe et le désert croissent et qui

Invent le nomadisme comme réponse à ce défi merci ad guatari je dis merci he parce que moi ça me fait plaisir de les écouter en même temps que vous je continue à sillonner un peu à l’intérieur des livres comme les saumons sillonnent dans diverses eau douces et salées et ça fait une transition

Parfaite je suis venu avec un un autre livre qui s’appelle les Fabes du Belon le Belon c’est un petit fleuve côtier du sud de la Bretagne sur lequel il y a eu un projet très intéressant qui s’appelle l’atlace du Belon qui était un un projet de cartographie potentielle qui partait

De la réalité mais qui imaginait plein d’autres choses et qui a donné lieu à l’écriture de de plusieurs fables de la part d’un auteur qui s’appelle Alexis Fichet et dans la foulée de de le et guatari je voulais vous lire une petite fable parce qu’il me semble que faire de

La philosophie c’est aussi pouvoir fabuler l’eau douce et l’eau de mer un jour la rivière pour un sujet sévère invita l’eau de mer à remonter la bare la mer monta le long de la Ria si haut qu’elle chatouilla les pieds du pont qui rigola vous êtes imbuvable et beaucoup

Trop salé à peine remoné déjà vous repartez ce n’est plus tolérable vous me trouble beaucoup répondit l’Atlantique vous avez peu de goût pour être si critique mon mon volume est immense connecté au soleil à la lune chaque jour j’en semence vos rives et plutôt de fois qu’une mon sel et l’ingrédient des Jois

Et des alarmes brouillé dans un peu d’eau il fait couler les larmes ne débordez pas tant de vos rives boueuses respectez mes élans ne soyez pas boudeuse l’UD dou est remonté et toujours pas d’accord sans s’en laisser compter elle veut le corps à corps je suis bassinversant sans petits affluents

Se lit en conversant au sein de mon courant notre eau nourrit l’estuire et le rend un peu jaune et j’arrache à la terre ce qui nourrit la faune retirez-vous au large et laissez-moi tranquille arrêtez le marenage et soyez bonne [Musique] fille cette lutte est amère et n’a pas

De logique la rivière et la mer ont toutes deux des reflets magiques il faut les deux ensembles pour faire la couleur Glaz le bleu en breton et cela il me semble devrait briser la glace pourtant aucune d’elle ne parvient à cesser la trop longue querelle des EAU douces ou salées alors

Elles invitent un saumon à les départager grand vif et voyageur l’animal est âgé il a vu l’océan remonter les torrents il a goûté les EAU de plusieurs continents il saura dire enfin tout renseignement prix qui parmi ces deux EOS avec ou sans le sel mérite le respect ou alors le mépris afin que

Cesse enfin la trop longue querelle le poisson s’est lancé il nage entre deux EOS il est tout disposé à démarrer l’enquête il ouvre ses branchis glisse entre les roseaux quand soudain sous un pont un barrage l’arrête un clapet à marée dont la porte ne tremble verrouille la rivière aussi

Bien que la mer en ce lieu les humains ont mis une frontière qui sépare et exclut ceux qui vivaient ensemble le saumon est vexé épuisé impuissant il reste un peu sur place en nageant mollement puis repart en silence angoissé sans fierté privé de son espace et de sa

Liberté sur des millions d’années la nature a fondé un monde de montagnes d’océans ou de plaines et ces volcans puissants que l’on entend gronder et le vent et la pluie qui s’abattent sans haine les combats sont partout érosion submersion qui forment la beauté d’une terre en action dans ce jeu de démons

Les vivant se démène pour inventer des formes vivre où la vie lesmène l’humain était au cœur de ces en mouvement puis il a mis la main sur tout ce qui résiste on l’a vu dominer très progressivement tout ce qui existait jusqu’au bas de la liste mais à la vérité tous ces

Bouleversements sont aussi peu à nous que le grand firmament ce qu’on croit maîtriser nous domine en retour ce qu’on a bousculé ns bouscules à son tour le geste de nageoir du saumon qu’on arrête pourrait nous revenir une fois multiplié sous la forme brutale d’une gifle à la

Tête comme pour annoncer que la fête est pliée cette petite transition fabulée pour nous amener sur la côte ouest des États-Unis je vous ai lu un un texte pour commencer qui parlait de de la côte atlantique mais les saumons sont aussi très présents dans le Nord-Pacifique je continue à faire des rimes tellement

J’ai lu de vous voyez et donc sur la côte ouest des États-Unis il se passe quelque chose de très intéressant depuis quelques années qu’on pourrait résumer sous la question et si les saumons pouvaient être des guides pour nous libérer ainsi donc sur la côte ouest des

États-Unis où il y a des fleuves côtiers des bassins versants qui sont depuis des millénaires rempli de saumon des rivières tout à fait poissonneuses plusieurs peuples Amerindiens ont pris le sa pour totem je voudrais donc prendre deux exemples parmi ces populations il y en a plein d’autres le peuple clalam et le

Peuple clamat qui tous deux viennent de gagner une lutte de plus d’un siècle il y a quelques années les clalames tout d’abord le peuple clalam vit le long de la rivière oois du côté de Seattle au nord des États-Unis le fleuve hlois est plutôt un petit fleuve il fait 72 km de

Long et son bassin versant 800 km² c’est pas énorme c’est à peu près grand comme la sienne mon petit bassin versant natal mais par contre c’est une rivière dans laquelle il y a il y avait énormément de saumon et les clalames donc sont un peuple amerindien almimiste

Qui a fait du saumon sa figure tutellaire depuis des milliers d’années donc il y a des totems avec rou des totems des saumons et c’était aussi bien entendu des grands pêcheurs et ça veut dire que du coup ils avaient un rapport avec les saumons qui était à la fois

Nutritif et spirituel ils avaient une manière de vivre avec les saumons aussi en les mangeant mais de vivre avec eux et évoluer avec eux bah tout à fait intéressante et puis bah vous le savez très bien les États-Unis enfin l’Amérique l’île tortue comme disaient les amersindiens a été colonisée est

Devenu l’Amérique et c’est passé par exemple en 1911 ce fait que deux barrages ont été construits en bas de la rivière pour faciliter le commerce de la de la foresterie couper des forêts quoi pour avoir des trons d’Ares et faire des papetteries et de l’électricité et la construction de ces deux barrages en

1911 s’est faite à l’encontre du traité qui avait été signé entre les Amerindiens et les col avant alors qu’avant la construction de ces barrages on estimait qu’il y avait plus de 400000 saumons qui empruntai la la rivière pour ypondre chaque année il n’ restait en 2011 plus que

4000 ça n’allait pas très fort et entre 2012 et 2014 ces Amerindiens ont eu la bonne nouvelle suivante les deux barrages ont été démelés c’était une revendication qu’ils avaient depuis très longtemps depuis que les barrages avaient été construits mais ils ont un peu hurlé dans le désert pendant pendant des décennies quelques

Naturalistes scientifiques écologue bien sûr les les écoutai était d’accord avec avec ce qui ce qu’il racontait notamment le fait qu’en fait la rivière était train de mourir puisque c’était les saumons qui étaient la condition cineéquanon de la vie si riche de cette rivière rivière qui par ailleurs fait

Partie de leur famille pour ces ces peuples animistes ils ont un rapport avec avec le fleuve qui est qui est bien différent de celui qu’on peut avoir nous et ce qui s’est passé qui est assez intéressant c’est que à un moment la gouverneur de de l’état de de

Seattle a décider d’organiser une sorte de convention citoyenne et de demander à 30 personnes tirées au sort dans dans la communauté de commune autour de de ces deux barrages de se réunir et de décider s’il fallait les démanteler ou non donc c’est des barrages qui avaient été

Construit en 1911 donc un siècle avant donc il commençait aussi à être à être véust et donc au départ l’ensemble la majorité des personnes de cette convention citoyenne américaine et américain lambda mais comme vous et moi on aurait pu être tiré au sort avait plutôt tendance à majorité à dire qu’il

Fallait garder ses barrages et puis comme pour la on syen pour leur le climat on leur a fait rencontrer plein de gens donc bah des scientifiques des experts des militants euh les gens qui bossaient dans la papétrie aussi les Amerindiens et puis après un an et demi

De discussion de de réflexion ils ont décidé à l’unanimité que oui oui en effet il fallait les démancller séparage ce qui donc a été fait et depuis 2014 c’est toujours ça qui est fascinant la vie a repris comme on ne pouvait même pas s’y attendre et aujourd’hui donc

2014 on est 10 ans après euh les saumons sont donc qui n’étaient plus que 4000 sont revenus par dizaines de milliers et selon les courbes actuelles les scientifiqu espèrent que le nombre de saumon atteindra 300000 adultes par an d’ici 15 à 20 ans c’était 400000 avant les barrages et on reviendra presque à

300000 saon d’ici 15 à 20 ans si tout se passe bien deuxème exemple celui des clamates euh donc les clamates vivent le long de du fleuve clamate qui lui est à cheval sur la Californie et l’Oregon donc beaucoup plus au sud et là c’est une

Rivière qui fait 400 km de long donc qui est nettement plus grande à peu près la moitié du bassin versant du rô et c’est une rivière qui est très particula parce que c’est une des seules rivières de l’ouest des États-Unis dans laquelle vivent les cinq sous-espèces de saumon

Qui sont présents dans le Pacifique les clamates eux vivent dans ce bassin versant depuis 6 ou 7000 ans et un peu du mémort à partir de 1820 on crée des réserves indiennes et on se lance dans l’extractivisme donc notamment la rue verlor donc des mines des mines d’or et

Puis des but 20e ont construit de nombreux grands barrages là pas deux une bonne dizaine principalement pour l’agriculture à à irrigation massive et donc bah exactement de la même manière les populations saumon sont en sont en chute libre les amers indiens en question accompagnés de celles et ceux

Qui veulent bien les accompagner bah demande la la suppression de de ces barrages et donc enfin a été décidé l’année dernière que cette année et l’année prochaine donc là c’est en cours en 2023 2024 quatre des 10 barrages vont vont être démantelés sur le cours de la

Rivière clamate et c’est le plus grand projet de démantelllement de barrage de l’histoire des États-Unis tout ça pour les saumons là où c’est intéressant c’est que par ailleurs les barrages ne sont pas un problème que pour les saumons les barrages ils arrêtent aussi lapport sédimentaire dans les estuaires ils

Empêchent la circulation des des graines de laav de l’amont vers laav il y a tout un tas de de problèmes autres que juste les saumons dans dans la vie des rivières imaginez-vous bien une rivière si on disait que le saumon c’était le fait de se déplacer sa liberté elle la

Rivière c’est bien le fait de couler sa liberté donc si on l’empêche de couler forcément ça la modifie dans son être ça entraîne plein de plein de problématiques et dernière chose que que je voulais aborder à à ce sujet là il est déjà 19h donc je même avancer vous

Savez quoi euh je vous dirai pas tout ce que je voulais vous raconter c’est pas c’est pas très grave euh mais je voulais quand même invoquer du coup très rapidement j’avance un petit peu plus vite que prévu mais ça nous fait pas rater grand-chose euh le fait que du

Coup sur la côte ouest des États-Unis c’est aussi à cet endroit-là qu’un mouvement qui moi me tient beaucoup à cœur c’est créé dans les dans les années 70 c’est le biorégionalisme et le biorégionalisme c’est un mouvement qui vient de la contreculture américaine et qui propose de réhabiter les territoires

De l’Ouest de l’île tortue donc non plus l’Amérique he parce que c’est pas la peine de l’appeler l’Amérique appelonsla l’île tortue directement comme le faisaient les Amerindiens avant sur la côte ouest de l’île tortue tout un réseau de de collectifs de de personnes mais ils étaient quand même

Plusieurs milliers ont proposé de se réorganiser non plus depuis les frontières administratives héritées des départements des régions des États mais plutôt depuis des frontières naturelles des chaînes de montagne des massifs forestiers des bassins versants et en disant que probablement qu’en se réorganisant autour d’autres frontières des frontières biologiques logiques pour

Le vivant ça nous aiderait peut-être à faire une société un peu plus juste plus échocentrée et je vais juste vous lire un petit passage rapide d’un texte de Gary snyider qui est un des grands poètes américains et poètes biorégionalistes qui écrivait en 1992 dans un texte qui s’appelle accéder au bassin versant il

Écrivait le bassin versant ne répond pas à la dichotomie ordonnée désordonnée car ses formes sont libres mais d’une certaine manière inévitaable la vie qui se développe à l’intérieur du bassin versant constitue la première forme de communauté le programme d’un conseil de bassinvsant commence de manière modeste essayons de réhabiliter notre rivière de

Telle manière que le saumon sauvage puisse s’y reproduire de nouveau en essayant de compléter ce programme une communauté est susceptible de devoir lutter contre l’industrie forestière commerciale en amont l’accaparement de l’eau pour sa vente en aval la pêche au filet taïwanaise au large dans le Pacifique Nord et toute une série

D’autres menaces nationales et internationales pour la santé du saumon si une foule de gens se joint à l’effort des gens de l’industrie forestière et du tourisme des rancheerss et des paysans bien établis des retraités qui pêchent à la mouche des entreprises et les nouveaux arrivants qui vivent dans les forêts quelque chose

Pourrait en sortir mais si cet accord commun était imposé d’en haut ça n’irait nulle part seul un engagement populaire sur le long terme pour préserver le territoire peut apporter la stabilité politique et sociale nécessaire à la conservation de la richesse biologique de nos régions californiennes je voulais vous parler un

Petit peu mais du coup je vais je vais sauter ce ce passage là pour pour laisser un peu la parole à des questions tant pis euh je voulais vous parler rapidement d’un abri sousroche en Dordogne sur lequel il y a une sculpture de saumon qui à 25000 ans vous irez vous

Renseigner sur l’abri du poisson il y a une très belle fiche Wikipédia tout simplement euh et c’était juste pour vous dire que c’était une sorte de retour à la grotte puisqu’on parle quand même de philosophie et que avant Platon il y avait déjà des saons et donc pour conclure euh

Puisque ben en fait c’est c’est bien que j’en ai parlé parce que en fait enfin ce que je voulais dire c’était un peu ça c’est s y a 25000 ans les êtres humains étaient déjà en train de faire des sculptures de saumon dans leurs abris sous roches au-dessus des rivières

Ça nous pose aussi une vraie question sur ce que c’est que la philosophie la philosophie si on la prend dans son sens étymologique c’est l’amour de la sagesse et probablement que ces communautés humaines d’ y a 25000 ans qui vivaient là où on vit aujourd’hui avaient beaucoup d’amour et

Beaucoup de sagesse si elles étaient capables de faire ces ces sculptures qu’elle déd qu’elle déd au saumon et par ailleurs je l’ai dit le saumon est une espèce qui qui ne va pas si bien ça on sait que on est aujourd’hui embarqué dans dans la 6e

Extinction et que ce sont nos nos modes de vie la manière dont on vit qui empêche des tas d’autres d’êtes des tas d’autres êtres vivants pardon de vivre et de survivre de façon libre en tout cas comme il et elle l’entendent si jamais le mot liberté nous gêne mais là

Où ça m’intéresse c’est que du coup probablement que collectivement nous ne sommes pas en train de favoriser la liberté de toutes et tous d’autant plus si on essaie d’É ir ce toutes et tous au-delà de l’humain et que donc nous ne sommes clairement pas libertaires et si nous ne le sommes pas

Et que nous nous considérons comme des êtres libres et que nous sommes capables de voir un peu de liberté chez les autres alors peut-être que nous avons une responsabilité une responsabilité forte à assurer le maintien et le déploiement de la liberté de la façon la plus large et la plus interespèce

Possible et peut-être à alors peut-être en retour seulement en serions-nous un peu un peu plus libre nous-même pour finir et en guise d’ouverture je voulais vous lire un poème de Serge P pe y qui a été écrit en 2010 et qui s’appelle le saumon est un poisson révolutionnaire que le mouvement qui

Unit un saumon et une cascade deviennent un des éléments théoriques de la lutte du mouvement dans une praxis de la Libération que la violence d’une cascade est une métaphore physique de la Société Générale de l’oppression qu’un saumon qui remonte une cascade illustre le défi du mouvement de libération contre la société globale de

L’oppression que la disproportion qui existe entre le poids fini d’un saumon et le poids infini d’une cascade est similaire à celle qui sépare un mouvement de libération et la société globale de l’oppression que le saumon est un poisson révolutionnaire qu’un saumon et une cascade incarnent deux moments d’une même

Contradiction que le possible le saumon et l’impossible la cascade incarneent les deux termes de la résolution de cette contradiction que la question de comment dépasser ce qui pèse un million de fois plus que nous-mêmes ou comment vaincre un État moderne organisé pour la répression trouve sa réponse dans la

Relation entre une cascade et un poisson [Applaudissements] merci il est 19h05 alors je sais pas sil y un peu de temps pour les pour les questions et les remarques j’ai finalement beaucoup parlé j’espère que c’était pas trop long peut-être si quelqu’un a envie de de prendre la parole n’hésitez pas je

Sais pas si s’il y a quelqu’un qui veut faire maîre ou maîtresse du temps et nous dire combien de temps nous avons pour des remarques et des questions ça peut ça peut être cool je voudrais juste savoir combien de temps on a pour les questions si vous pouvez nous

Dire 10 15 minutes ok très bien et du coup il y a qu’un seul micro ou il y en a un autre on fait tourner celui-l ouais ok oui alors bon moi ce saon qui est libre il est libre dans une relative dépendance organique et organisé qui le contraint moi j’aimerais que l’homme

Soit plus libre et que peut-être s’il pouvait réfléchir si l’esprit humain peut-être serait une progression c’est quand vous avez dit que les espèces en se croisant ne se sont pas forcément combattu pour la plus forte mais ont évolué c’est est-ce que notre esprit le fait qu’on

Soit parlant et pensant et qu’on ait pu construire des tas de trucs bizarres est-ce que dans si on se considère comme étant des animaux extrêmement sophistiqués est-ce que justement notre stade d’évolution serait pas d’arriver nous à se modifier par exemple avec vous votre très belle exposé pour comprendre

Mieux la nature l’aider à exister pas forcément comme un déterminisme mais mais essayer de s’armoniser entre un côté disons plus spirituel et un côté plus plus harmonieux un truc comme ça ça pourrait se développer il y a qu’un seul micro donc on fait des tours de passp ou ah je prends celui-l

Sinon il va y avoir ensuite une conférence et qu’on a un temps limité est-ce que vous accepteriez qu’on prenne plusieurs questions et ensuite de répondre aux questions qui vous ont été posées c’est pas un problème pour vous bon donc ça va permettre de prendre des questions suivantes s’il y en a il

Devrait y en avoir ou alors sinon vous répondez tout de suite à Madame pas de question bon monsieur a levé le droit moi je vis dire une citation de Stendal çaà dire la liberté pour avoir la liberté faut avoir il y a que des degrés de liberté l’audace a vaincu sur

La peur quand les femmes elles ont commencé à sortir à voter tout ça elles ont eu de l’audace voilà et ù c’est aujourd’hui où est l’audace moi je me le demande les gens j’ai l’impression que ça aujourd’hui les gens c’est des Lares humaines des gens qui suivent moi j’ai

Été élevé dans uneé j’étais passé 3 mois dans par dans une famille communiste je sais ce que c’est que le clonage reproductif excusez-moi s’il y a des communistes ici he bon j’ai rien après je je il y a aussi que vous dites que l’immigration amène la stabilité tout ça

Et les échang çaèent plus CP les guerre appelez-vous les Anglais qu’on a fait 100 ans de guerre contre eux parce qu’ils venaient se balader en France et l’Algérie et tout ça alors aujourd’hui est-ce qu’il y a pas tendance à dire que tout le monde est beau tout le monde est

Est gentil comme dans le film là et ça ça m’énerve un peu alors je vais vous laisser à votre énervement et vous a essayé de calmer cet énervement même si la question sur les femmes me semble assez éloigné de la problématique du saumon il y avait des doigts qui s’étaient levés

Non j’en ai vu j’ai cru en voir moi une question un peu plus terre à terre enfin c’est ce qui me m’interroge c’est la proportion de sa mond d’élevage par rapport au au son libre et là le mot qui me viendra à l’esprit c’est la notion de totalitarisme vis-à-vis de justement

L’espace animal je dire j’en parlais excusez-moi c’est pas une réponse mais j’en parlais avant le début de la conférence il se trouve que cet été éta en Norvège et j’ai visité de ces fermes pisicol et ce n’est pas le terme je dirais totalitaire qui conviendrait c’est un univers concentrationnaire dans

Ce qu’il a de pire vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est d’autres d’autres questions mais après vous les prenez vous avezj merci pour la modération euh alors euh pour ce qui est de de la question de de l’énervement légitime je la laisse de côté tant mieux si mes propos vous ont

Énervé au moins vous avez réagi c’est déjà ça vous avez fait preuve de liberté félicitations alors la question sur le rôle des êtres humains euh au milieu de de tout ça est une question bien épineuse on est tout à fait d’accord euh ça donc je n’ai pas du

Tout la prétention de pouvoir bien y répondre par contre ça me soulève deux deux idées la première c’est que nous en tant que occidentaux modernes avons probablement des tas de choses à déconstruire pour retrouver des manières de vivre qui soient harmonieuses je sais pas si c’est le bon

Mot mais en tout cas en meilleure adéquation avec les vies qui nous qui nous entourent euh mais de ce point de vue-l euh je je sais pas si c’est la preuve que nous sommes l’espèce la plus évoluée quoi par contre pour renverser aussi la question une chose qui est

Indéniable c’est que il y a des tas d’êtres humains qui vivent de façon tout à fait correct avec leur milieu de vie et ce sont l’ensemble des peuples autochtones et aujourd’hui encore vivant mais depuis la nuit des temps et chez nous en France en Europe avant les les

Enclosures avant le le 12e siècle probablement que c’était aussi un peu comme ça parce que la question qu’il y a derrière finalement c’est la question de la subsistence c’est qu’à partir du moment où notre survie dépend directement du milieu dans lequel on vit bah si on le

Détruit on meurt et si on le détruit pour les générations d’après et ben nos enfants meurent donc en fait on le fait pas on s’autolimite et la liberté c’est aussi s’auto liimité me semble-t-il il paraît qu’elle s’arrête là où commence celle des autres un truc comme ça

D’aille je sais pas si c’est tout à fait vrai mais il y a un truc de cet ordre là en tout cas on touche du doigt quelque chose et ça du coup ça amène à l’autre question qui est celle alors on peut parler de de totalitarisme ou ou de

Logique concentrationnaire et et c’est peut-être intéressant de de rassembler les deux pour l’occasion même si on le fait pas forcément à chaque fois ce qu’il y a derrière ça me semble-t-il c’est ce qu’on appelle la société industrielle et ça il faut la regarder en face de la même manière savez-vous

Quelle est l’espèce animale sur terre qui a le plus grand nombre de représentantes et de représentants nous nous ne sommes que se petits milliards ce sont les poulets oui ce sont les poulets oui tous ceux qui sont dans tous les abattoirs de partout sur la planète et qu’on élève en batterie voilà

Exactement et donc là aussi il me semble que alors bon là on est sur des des trucs très gros c’estd que comment arrêter la société industrielle je vais reprendre une heure pour essayer de vous en causer mais je crois pas avoir plus de réponses que vous et mais en tout cas

Là où je pense que que c’est que c’est vraiment important et et du coup j’en reviens aussi à à My Bookchin et et un autre livre qui est vraiment important pour nous dans aux éditions W Project qui est d’ailleurs le premier livre que nous avions publié il y a 15 ans

Republié en l’occurrence c’est printemps silencieux de Rachel Carson donc Rachel Carson qui est une grande biologiste américaine et qui en 1962 a écrit ce livre printemps silencieux où elle documente l’utilisation des pesticides qui sont la réutilisation des produits de la Seconde Guerre mondiale pour mettre dans les ch

Donc a dénoncé ça dès la fin des années 50 livre publié en en 62 et et cette logique de la mort ce que Rachel Carson appelle le biocide dit finalement en fait à partir du moment où on reprend ce qu’on a utilisé pour faire la guerre qu’on met dans nos champs pour faire

Pousser des légumes et que tout meurt à part les légumes qu’on fait pousser parce qu’on a fait en sorte qu’il ne meurt pas à cause de ça on les a modifié pour ça ça c’est un biocide ce qu’on est en train de faire c’est qu’on est en

Train de tuer le vivant mais nous en faisons partie aussi et ce qu’elle documente c’est que au fur et à mesure de l’avancée de cette société industrielle nos corps ne sont pas en meilleur état et nos têtes non plus me semble-t-il quand je regarde mes congénères je rigole mais non non mais

Voilà en tout cas je pense qu’il y a quelque chose dans dans ça sur la question du soin aussi et c’était un peu le truc de la fable mais c’est la question de l’effet boomerang quoi c’est de l’effet papillon c’est que la manière qu’on a de vivre ben par répercussion

Probablement nous transforme aussi en retour y a peut-être d’autres question euh j’en aurais eu une mais elle restera à l’état de question euh je me demandait si euh il n’y avait pas d’espèce de tour de passe-p et de glissement entre deux formes de liberté la liberté du saumon à

Laquelle s’opposent évidemment tous les obstacles qui sont créés par les êtres humains les barrages et autres et quelque chose qui serait de la liberté du saumon par rapport à ce que l’on peut penser comme étant une prédétermination un instinct ou tout ce que on veut employer comme mot mais on n

Pas le temps de s’y attarder je voudrais vous remercier infiniment c’était à la fois riche poétique extrêmement sympathique il y a ici quelqu’un qui est qui vit à Vancouver et qui connaît bien la question du saumon je crois qu’on a pas le temps malheureusement de faire une vraie pause

Il faut enchaîner et moi j’ai maintenant envie véritablement d’entendre la piraterie du vivant merci à toi

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