Chine, Russie, Etats-Unis, Turquie… Face à la montée en puissance des empires, les Etats européens pourront-ils préserver leur modèle démocratique ? A partir d’une approche historique, Céline Spector propose une réflexion sur les choix politiques d’une communauté de destin à la croisée des chemins.

Céline Spector est professeure à l’UFR de Philosophie de Sorbonne Université. Ses travaux sont consacrés à la philosophie politique moderne et contemporaine, à l’histoire de la philosophie du XVIIIe siècle à nos jours. Dans le sillage d’une réflexion sur l’héritage des Lumières, elle a engagé une analyse de la démocratie et de la souveraineté européennes. Céline Spector a assuré la conférence d’ouverture de l’université d’été des Amis de La Vie au Croisic, le 27 juin 2022 en présentant une « généalogie de la liberté chez les modernes ». Selon elle, la philosophie doit prendre sa part dans l’analyse des mutations en cours et dans l’orientation des politiques à suivre.

Dans son dernier ouvrage (No demos ? Souveraineté et démocratie à l’épreuve de l’Europe. Le Seuil, 2021), elle montre, en s’appuyant sur les Lumières (Rousseau, Montesquieu) et des auteurs contemporains (Habermas, Balibar), que les principes de la démocratie moderne (peuple, citoyenneté, volonté générale) ne sont pas niés par le projet européen mais qu’ils peuvent au contraire y trouver un approfondissement. Pour cela l’Union doit faire de la solidarité sa nouvelle finalité et mettre en œuvre un fédéralisme social, fiscal et environnemental.

Ok bonsoir bonsoir à vous qui êtes avec nous à l’auditorium du monde du groupe Le Monde au siège de la vie et bonsoir à vous qui êtes de toute la France dans toute la France devant vos écrans avec nous ce soir vous êtes nombreux à vous être inscrits à distance nous

Accueillons ce soir Céline Spector professeur à l’UFR de philosophie de Sorbonne université Céline nous avons eu la chance de vous entendre à l’ouverture de l’Université d’été des lecteurs de la vie au Croisic en juin dernier sur le thème que deviennent nos libertés et nous avons souhaité faire connaître vos travaux sur

L’Europe au public des conférences mensuelles de la vie d’ailleurs votre intervention ce soir fera sans doute écho à celle de Constantin sigof le 27 janvier dernier le philosophe ukrainien nous alertait en affirmant que l’avenir de l’Europe se jouait actuellement à ses portes depuis une dizaine d’années un nouveau

Facteur vient accroître le niveau de complexité de la réalité internationale celui de la résurgence des empires dans le paysage géopolitique l’Empire étatsunien est aujourd’hui mis au défi par d’anciennes puissances expansionniste comme la Russie la Chine de façon évidente mais aussi sous d’autres modalités de la Turquie et de l’Iran

Cette réalité se manifeste non seulement par l’annexion de territoire géographiques des pourtours de ces anciens empires recherchent d’annexion par de l’Ukraine par la Russie Hong Kong par la Chine pour ne citer que ces deux exemples elles se manifeste non seulement par une tentative de prise de contrôle des échanges économiques internationaux mais

Aussi par un investissement massif dans un travail de sape de nos fondements démocratiques à travers la manipulation des opinions publiques occidentales sur les réseaux sociaux notamment autrement dit les ambitions de ces empires émergents réémergeant sont aussi culturelles et politiques ce ne sont pas les raisons de ces visées expansionnistes assumées que vous allez

Analyser pour nous mais leurs conséquences sur le modèle démocratique européen nous avons en effet choisi d’aborder cette résurgence des empires sous l’angle de la philosophie politique en faisant un nécessaire des tours par l’histoire vous êtes en effet Céline Spector spécialiste de l’histoire de la philosophie depuis le XVIIIe siècle donc

Rousseau et Montesquieu sur lesquels vous avez écrit plusieurs livres jusqu’à la pensée contemporaine notamment avec Jürgen abermas et Étienne Balibar vous avez travaillé sur l’héritage des lumières et en particulier sur ce qui a conduit à l’avènement des droits de l’homme et au ressort de la liberté des modernes mais faire de l’histoire c’est

Une façon de continuer à penser l’avenir et vous affirmez que la philosophie doit prendre sa part dans l’analyse des mutations en cours et dont l’orientation des politiques à suivre ainsi depuis plusieurs années vous réfléchissez sur la démocratie et la construction européenne vous avez un propos que l’on peut

Qualifier de politique à propos assumé que l’on peut qualifier de politique et c’est ce qui nous intéresse ce soir au vu de l’ampleur du défi contenu dans le titre de notre conférence il s’agit bien de penser l’avenir d’un modèle démocratique en danger c’est d’ailleurs le cœur de votre dernier ouvrage nos

Demos souveraineté et démocratie à l’épreuve de l’Europe publiée au Seuil en 2021 des Mosses le peuple en grec et dans ce livre il s’agit du peuple européen que certains estiment introuvables nosdemos point d’interrogation vous montrer au contraire que les principes de la démocratie moderne peuple citoyenneté

Volonté général ne sont pas niés par le projet européen mais qu’ils peuvent au contraire y trouver un apprenti un approfondissement à certaines conditions pourquoi ce projet européen d’approfondissement de ce que vous nommez le processus démocratique est-il mis à mal par la montée en puissance des empires dans ce nouveau contexte comment

Les États européens pourront-ils préserver leur modèle démocratique donc c’est à vous pour une cinquantaine de minutes donc jusqu’à un peu moins de 8 heures et puis le public dans cette amphithéâtre et en ligne pourra échanger avec vous jusqu’à 19h30 merci merci beaucoup merci à vous je suis vraiment

Très honorée et ravie d’être là pour cette conférence donc quel avenir pour l’Europe dans un monde d’Empire donc la question que je voudrais poser avec vous ce soir est la suivante comment l’Europe peut-elle s’organiser et réagir face aux empires donc depuis une dizaine d’années au moins depuis la

Crise migratoire de 2015 depuis les attentats terroristes l’illusion dite libérale a sans doute fait long feu non tous les peuples ne vivront pas bientôt sous le régime de la démocratie libérale comme on l’a cru un instant en 1989 non le doux commerce ne pacifiera pas intégralement le monde nous l’observons

Chaque jour la Russie mais aussi la Turquie et surtout la Chine accentue leur politique nationaliste accélère leur réarmement et rétablissent des formes de contrôle étatique sur l’économie et sur la culture les routes de la soie qui sont promis par see Jinping ne sont pas seulement un beau projet commercial ces routes de la

Soie comportent également une dimension prédatrice de même en Afrique nouveau terrain des rivalités impériales russes et chinoises ou la France tente tant bien que mal de tirer son épingle du jeu dans ce contexte la liberté politique semble chaque jour plus évanescente et notre modèle démocratique européen semble plus menacée

Alors depuis la pandémie depuis la guerre en Ukraine nous savons aussi que l’Europe est extrêmement dépendante de la Chine et des États-Unis notamment et que ce que nous nommons l’autonomie stratégique est un idéal à atteindre plus qu’une réalité nos chaînes d’approvisionnement par exemple un son on pourrait dire tributaire d’un approvisionnement extérieur

Nous sommes également tributaires de cette improvisionnement pour nous énergies fossiles comme la montrer la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine et nous resterons dépendants après la transition énergétique si elle a lieu en un mot comme le souligné un article récent de l’excellent revue que je vous

Recommande le grand continent un an après le début de l’agression russe contre l’Ukraine tous les états majors militaires et politiques de l’Union européenne réfléchissent aux conséquences de ce conflit qui ramène la guerre sur notre continent avant nous des ressources militaires permettant de faire face à un conflit long et d’autres intensité de quelle

Autonomie stratégique disposons-nous dans un monde où nous approvisionnements dépendent de pays au régime autoritaire et menaçants qui peuvent aussi brandir le chantage migratoire comme la Turquie qui est désireuse manifestement de rejouer à l’Empire ottoman enfin plus grave encore notre dépendance en matière de défense est quasiment totale à l’égard de l’OTAN et du

Parapluie américain qui nous a permis de jouir depuis sa création en 1949 des dividendes de la paix aujourd’hui même vous le savez sans doute le président finlandais se rend aux États-Unis pour une visite officielle afin de discuter de la sécurité européenne et de l’adhésion de la Finlande à l’OTAN la

Vis du président finlandais à Washington a lieu en amont d’une importante réunion trilatérale qui est prévue ce jeudi à Bruxelles qui réunira les délégations turques finlandaises et suédoises au sujet du processus d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Alliance atlantique l’Union européenne c’est certes dotée

Depuis mars 2022 vous le savez d’une boussole stratégique c’est ainsi que la nommée notamment Joseph Borel mais cette boussole demeure manifestement insuffisante pour son ambition géopolitique et nous rend encore un comment Ukraine tributaire de l’Oncle Sam si l’on se veut un peu lucide la Pax Americana elle-même et cependant tout aussi fragile

D’un côté Joe Biden a considérablement modifié le scénario isolationniste qui avait été impulsée par Donald Trump néanmoins les États-Unis ont maintenu l’américaffirt et comme vous le savez l’inflation Redemption acte donc l’ail air qui a été acté présente à risque de désindustrialisation massif pour l’Europe autrement dit elle les subventions massives qui ont été

Accordées dans le cas de la lutte contre le changement climatique impulse une concurrence qui manifestement sera une concurrence déloyale et qui risque de vampiriser nos industries donc que faire face à ce retour du protectionnisme on pourrait dire un masquée par le les ambitions climatiques se protectionnisme vert sur fond de tentations

Géopolitiques croissantes l’Europe c’est la question que je voudrais poser peut-être maintenir son rythme de croisière se contenter de rester ce qu’elle est à savoir un vieux continent en déclin démographique incapable d’assumer sa défense ou bien l’Europe a-t-elle une carte à jouer en tant que havre de paix en tant

Que marché de première importance et ce qui m’intéressera surtout aujourd’hui en tant qu’association libre et volontaire de démocratie unis au sein d’un régime politique qui est absolument sans égal dans le monde donc la thèse que je voudrais défendre avec vous ce soir et la suivante il me semble que l’Union européenne que l’Europe

Elle-même ne peut pas se contenter de défendre des valeurs universelles au-delà de sa puissance économique au-delà de son influence culturelle l’Union doit devenir une puissance politique une puissance militaire sans doute elle doit jouer son rôle dans un monde d’Empire mais il me semble en effet que ceci a

Des conditions et que pour y parvenir sans renoncer à son esprit l’Union doit assumer un statut politique singulier et c’est ce que j’essaye de défendre dans le livre qui est un statut de République fédérative donc voilà c’est sur cette République fédérative européenne que portera en particulier ma conférence de

Ce soir je vais m’intéresser si vous voulez à la dimension politique plutôt économique ou militaire de la question quel régime politique inédit l’Union européenne peut-elle et doit-elle se doter dans un monde d’Empire quel régime politique et si la situation géopolitique est de plus en plus menaçante au regard de la montée en

Puissance des autocratie n’y a-t-il pas une fragilité tragique inhérente à nos démocraties peut-on remédier à cette vulnérabilité sur le théâtre du monde alors je procéderai en trois temps c’est évidemment un sujet beaucoup plus large beaucoup trop large pour une simple conférence mais je jetterai ici quelques quelques pistes donc en trois temps

D’abord les raisons de l’impasse sont à mes yeux politiques dans un second temps j’aborderai la dimension historique de la question et j’irai puiser puisque c’est mon seul domaine de compétence dans l’histoire des idées politiques en tentant d’exhumer ce qui serait des choix institutionnels possibles des voies alternatives à celles que nous suivons actuellement

Troisièmement je me demanderai dans quelle mesure on peut se servir en fait de l’histoire des idées politiques et en particulier de l’histoire politique des lumières de Montesquieu mais aussi de Madison dont je dirais quelques mots pour sortir de la peau riz où nous nous trouvons aujourd’hui voilà le programme

Donc tout d’abord dans un premier temps les raisons de l’impasse à mes yeux sont politiques donc le point de départ que vous connaissez tous c’est qu’il est indispensable de réagir à ce que le chancelier ou la Scholtz a nommé un changement d’air un changement d’air qui est advenu avec la guerre en Ukraine

Depuis un an donc quasiment jour pour jour et Tony et on ignore encore comment interpréter véritablement le sens de ce changement bien malin celui qui pourrait en donner une interprétation définitive en effet la guerre en Ukraine est-elle finalement le dernier soubresaut de la guerre froide est-elle un achèvement

En effet on sait que la période depuis la chute du mur de Berlin n’a pas été théorisée comme tel de même qui avait été théorisé périssément la guerre froide ou la détente depuis 1989 on est dans une sorte de période qui n’a pas véritablement trouvé on pourrait dire un

Sa théorie géopolitique et on ne sait pas trop si la victoire américaine ou la défaite russe à l’issue de la guerre froide a été véritablement si clair que l’on croit la guerre en Ukraine pourrait être en quelque sorte le dernier coup une sorte de revanche de l’empirus face

À ce qu’il considère comme une fausse victoire américaine en tout cas la volonté de reprendre la main mais on peut évidemment interpréter la guerre en Ukraine autrement non pas comme la fin du nerf ancienne mais comme véritablement le début d’une ère nouvelle qui attend son nouveau nom et

C’est précisément en ce sens que le chancelier Scholtz avait employé le terme donc quoi qu’il en soit on peut dire que la guerre en Ukraine a totalement bouleversé et changer la donne en Europe puisqu’elle a comme on le dit et les termes aussi de Joseph Borel véritablement réveillé l’Europe de

Son sommeil géopolitique leur philosophie on dit parfois que yum a réveillé quand de son sommeil dogmatique et bien on pourrait dire de même qu’en un sens la guerre en Ukraine a vraiment réveillé l’Europe de son sommeil géopolitique et qu’on a un sens à la commission d’Ursula van derlion se veut

Officiellement une commission dite géopolitique raison pour laquelle la boussole stratégique notamment a été adoptée lors du sommet de Versailles alors que signifie c’est ça mon premier point que l’Europe souhaite assumer son statut de puissance dans un monde de puissance que si une fille qu’elle souhaite qu’elle veuille officiellement

Assumer ce qu’elle nomme parfois en tout cas c’est le cas de la France c’est un peu moins le cas de l’Allemagne ça souveraineté alors ce que l’on entend habite habituellement par là se compose au moins de trois éléments que je souhaiterais détailler pour commencer premièrement l’Europe n’est pas

Seulement un marché même si elle est bien sûr aussi un marché elle n’est pas et ne sera vraisemblablement pas dans les années qui viennent un état et enfin troisièmement elle n’est pas et à mon avis ne sera jamais un empire donc elle n’est pas un marché pas un état pas un

Empire d’une part il me semble que c’est important l’Union a été comme vous le savez informé à partir des communautés économiques européennes tout d’abord comme un projet économique c’est la fameuse solidarité de faite qui devait précéder la solidarité politique la solidarité de droit mais en réalité l’Union ne peut pas se considérer

Simplement comme un marché unique qui serait en quelque sorte cimenté soudée réguler par un ordre juridique ce qui est comme ça ils ont la façon la plus plus communes de la de la percevoir depuis quelques années et depuis au moins la commission de l’or on sait que l’Union doit assumer sa dimension

Politique c’est-à-dire qu’elle doit s’assumer aussi comme une puissance et pas seulement comme ce qu’elle est aujourd’hui c’est à dire un empire des normes porté notamment par l’énorme jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg qui a véritablement consolidé ce qu’on pourrait appeler un empire du droit

L’Union aujourd’hui c’est avant tout l’Union par le droit comme le dit le politiste Antoine Vaucher et cette union parle le droit et le soutien du marché unique c’est à dire finalement des quatre libertés de circulation des capitaux des biens des personnes et des services donc le soutien de ces

Libertés circulation mais l’Union doit cesser de se percevoir comme un simple espace abstrait qui serait en quelque sorte indéfiniment extensible et sans véritable ancrage territorial on a toujours l’impression que ne sait pas véritablement où est son ancrage alors on dit elle est en Europe mais qu’est-ce que l’Europe où sont ces frontières

Orientales c’est précisément tout l’enjeu ici l’Europe doit assumer donc c’est mon point ici qu’elle est un lieu et pas seulement un espace qu’elle n’est pas seulement un espace d’exploration des libertés pas seulement un expat on pourrait dire de revendications de la diversité culturelle constitutionnelle mais qu’elle est véritablement un lieu

Doté de frontières qu’elle doit donc défendre alors pour autant bien sûr et c’est la toute la difficulté l’Union ne dispose pas des moyens de défendre ses frontières et il est très vraisemblable qu’elle n’en disposera pas dans les prochaines années je crois qu’il faut véritablement ne pas se faire

D’illusions sur la question le coût évalué de la véritable défense européenne et beaucoup plus élevée que ce que nous contribuables européens seront serions vraisemblablement prêt à donner pour qu’elle puisse véritablement se défendre donc le temps restera manifestement le pilier principal de notre défense pour les années à venir

D’autre part c’est le second point et il me semble que les raisons de l’impasse actuel sont là l’Union peut se vouloir comme une puissance mais elle ne peut pas se vouloir comme un état elle ne peut pas se revendiquer comme un État fédéral où sens complet et notamment parce qu’elle ne dispose pas

Des instruments centralisés dont dispose un pays comme les États-Unis d’Amérique elle ne dispose pas notamment des leviers fiscaux des ressources propres qui lui permettraient de fait en s’appuyant sur une police une justice une armée de monopoliser la violence légitime ce qui est véritablement la fonction d’un état

Alors évidemment ça tient à toute une série de choses sur lesquelles on pourra revenir les peuples les différents bémols qui composent l’Union européenne qui s’est élargie de manière très successive de 6 à 28 puis 27 ces peuples son non seulement hétérogène du point de vue des traditions juridiques administrative linguistique mais

Également on pourrait dire les sociétés les peuples eux-mêmes sont profondément différents d’un point de vue industriel d’un point de vue culturel et on pourrait dire du point de vue de leur perspective en politique étrangère on sait bien que les pays à l’Est sont beaucoup plus tournés notamment vers l’Alliance atlantique que

Nous autres notamment français donc les pays membres de l’Union font valoir des intérêts et ils font valoir ses intérêts on pourrait dire de manière assez tranchée il n’hésite pas comme la Hongrie notamment à faire usage du droit de veto au Conseil européen comme un instrument de chantage enfin dernière difficulté massive

L’Europe et face à des empires mais elle n’est pas elle-même un empire et même on peut dire qu’elle s’est construite contre le modèle de l’Empire alors qu’est-ce qu’un empire il est temps d’en venir à la définition en amont l’Empire est une organisation politique qui est dotée d’un centre reconnu

Et une organisation politique qui ne repose pas sur une unité d’ordre ethnique linguistique ou civique mais une unité politique qui englobe un ensemble de peuples plus ou moins contraints d’y appartenir sous la direction d’un groupe politique ou national dominant à ce compte il faut je crois souligner que qui dit empire dit souvent

Déportation persécution exécution et presque toujours coercition domination et exploitation pour une part du moins des périphéries alors bien sûr l’Europe a parfois été assimilé à une forme d’Empire il y a même toute une littérature dans les yu-gi’s qui discutent le caractère néo médiéval de l’Empire européen on en

Faisant on pourrait dire le descendant de l’empire du Saint-Empire romain germanique et notamment une historienne très récemment Caroline de grittor vous avez peut-être lu son livre a proposé une thèse selon laquelle l’Europe finalement ressemblerait significativement à l’empire des Habsbourg dont elle serait une forme finalement de résurgence sachant que comme dans l’empire

Austro-hongrois qui lui-même hérite du Saint Empire romain germanique et bien l’Union actuelle serait une sorte de mélange on pourrait dire de monarchie constitutionnelle et de démocratie mais surtout disons dans son fonctionnement même l’Union serait championne du compromis son but serait en quelque sorte d’instaurer la paix d’instaurer le

Bien-être des peuples par la négociation par dénomination avisées par des concessions si bien que le fonctionnement même de l’Union serait en quelque sorte l’héritier de ce modèle austro-hongrois dans un empire il faut sans cesse si l’on ne veut pas user toujours de la violence de la sanction

Ou de l’intimidation il faut sans cesse ajuster négocier temporiser et prouver sa valeur ajoutée alors que penser de cette analogie il est vrai que s’il faut comparer l’Empire austro-hongrois est en un sens la meilleure approximation historique de ce qu’est aujourd’hui l’Union européenne mais j’insiste sur ce point une différence

Majeure existe qu’il ne faut pas négliger l’Union c’est précisément fondée comme le contraire d’un empire de manière quasiment explicite et plus précisément l’Union s’est fondée comme le contraire de l’Empire allemand comme le contraire du Reich on pourrait dire contraire aussi de l’Empire napoléonien a plus longue échéance peut-être celui de Charlemagne

Mais en tout cas de manière très directe comme le contraire du Reich et c’est contre ce modèle que Jean Monnet Robert Schuman et tout ce qui les entouraient ont voulu concevoir d’abord la communauté économique charbon acier puis ensuite que ce sont constitués les communautés économiques européennes et ensuite l’Union européenne donc il ne

S’agit pas comme certains voudraient nous le faire croire de l’UE ESS c’est quand même quelque chose qu’on a déjà entendu l’Europe a voulu incarner c’est là que les Lumières réapparaissent une forme on pourrait dire de rêve philosophiques qui vient de fait des lumières de la baie de

Saint-Pierre mais aussi de Kant qui est le rêve de la paix perpétuelle comment c’est ça l’enjeu si vous voulez instaurer cette paix qui ne soit pas simplement une trêve entre les nations européennes mais une paix perpétuelle c’est-à-dire qui anéantissent les semences les causes même de toute belligérance possible

Et donc en ce sens le projet européen consiste à se doter d’institutions qui remplace la voie des armes par la voie du droit en créant finalement toute une série d’institutions l’Union a congédié la conquête l’invasion l’annexion la germanisation pour être ondir des peuples son ambition est d’être une

Communauté politique fondée sur la libre volonté et j’ai insiste parce que parfois on peut s’en étonner mais il faut quand même beaucoup de volonté pour passer sous les fourches codines des critères de Copenhague il y a quand même 35 chapitres regroupés en 6 thématiques et c’est beaucoup beaucoup de temps de

Négociations et beaucoup de réformes politiques pour pouvoir simplement accéder au droit d’être candidat à l’Union en ce sens l’Union est aux antipodes de l’Empire et c’est le sens même actuel me semble-t-il de sa civilisation qu’il ne faut pas confondre avec une mission civilisatrice alors c’est avec ces éléments en mémoire

Que nous pouvons examiner le moment présent en effet vous le savez des thèmes dont beaucoup ne voulaient pas entendre parler il y a encore 10 ans sont maintenant sur la table la défense européenne le renforcement de la politique étrangère mais aussi le contrôle des investissements étrangers et toute une

Série d’instruments de résilience comme on dit joliment à l’égard des menaces hybrides cyber et de toutes les ingérences étrangères qui sont effectivement extrêmement dangereuse pour l’Union européenne le dernier projet en date est sorti la semaine dernière vous avez peut-être eu l’occasion d’entendre parler ce sont les globaux gateways alors l’Union

Européenne n’a vraiment pas le charme pour trouver des beaux noms pour une mission disons de cette ampleur là global gateways donc global Gateway c’est tout simplement en fait sorte d’équivalent européen en fait des routes de la soie chinoise terme beaucoup plus évocateur tout de même c’est-à-dire le développement massif à l’échelle internationale

D’infrastructures à la fois matériel on pourrait dire et politique déstructures de sécurité énergétique et numérique un investissement massif aussi dans l’éducation la recherche la santé et l’environnement alors voilà ce que nous avons enfin ce que nous essayons de construire mais ma question si vous voulez ma question propre en tant que philosophe

Politique est un peu différente ne faut-il pas aller plus loin ne faut-il pas aller plus loin afin d’aider l’Europe à se réinventer précisément dans un monde d’Empire ne faut-il pas aussi en plus de toutes ces on pourrait dire un manœuvre sectoriel revoir de fonte en comble le modèle politique de l’Union ne

Doit-on pas revoir c’est là ma question et c’est la question la plus vieille en un sens de la philosophie politique la forme même de sa constitution ce que les Grecs Aristote notamment nommés ça polytea et c’est ça véritablement la question qui m’occupe qui m’anime qui est la question de

Savoir quelle est la bonne polytea quelle est la bonne constitution alors au-delà du projet qui on le sait à échouer quelle est la bonne constitution véritablement pour l’Union donc j’en viens à mon second temps et à une approche historique ou à une approche que je dirais généalogique

Donc c’est la thèse que je tente de proposer de défendre dans mon livre nos démos ce que je défends est en effet plus ambitieux que la position stratégique actuelle de la France quand elle parle de souveraineté européenne qui entre parenthèses est déjà jugée beaucoup trop ambitieuse par les partenaires et notamment par l’Allemagne

Donc il s’agit bien sûr d’une aussi d’une voie réaliste il faut bien le rappeler ce que je propose est en effet de faire en sorte que l’Europe ne soit plus comme elle l’est aujourd’hui au milieu du gué entre une confédération d’État souverain et un État fédéral complet donc entre la forme

Confédérative et la forme fédérative on pourrait dire intégrale il me semble qu’il faut en effet que l’Union assume son statut politique de République fédératif et donc la République fédérative européenne que j’appelle de mes vœux à une histoire et c’est cette histoire qui m’intéresse en particulier ici donc j’en viens à ce

Modèle et au modèle de souveraineté partagée que la République fédérative impose et donc pour donner ces lettres de noblesse philosophiques à ce modèle je voudrais un instant avec vous revenir un peu en arrière dans l’histoire donc revenir au siècle des Lumières et en particulier donc à mon auteur de prédilection enfin

L’un des deux du mois à savoir monter sur eux puisque c’est à l’auteur de l’Esprit des lois en 1748 donc lors de sa première publication qu’il revient d’avoir conçu la République fédérative comme un nouveau régime politique qui n’avait pas véritablement été théorisée auparavant dans l’histoire donc un régime politique à part entière d’une

Dignité comparable à celle des autres formes de gouvernement la République la monarchie le despotisme alors bien sûr j’ai insiste à Montesquieu lui-même n’envisageait pas l’Europe comme une fédération ou comme une confédération d’ailleurs la distinction n’était pas claire à l’époque mais Montesquieu réfléchit et c’est la question qui nous intéresse aujourd’hui

Aux conditions de survie des républiques ou des démocraties dans un monde qui est essentiellement régie par des empires et pour monter ce que il a des pages absolument sublimes là-dessus la Russie est un empire et le restera Montesquieu écrit après les tentatives de Catherine II donc c’est juste juste avant

L’apparition de l’Esprit des Lois 1745 il écrit la Moscovie veut descendre de son despotisme et ne le peut toutes les réformes libérales impulsées par la philosophie des Lumières sont voués à l’échec et Montesquieu n’est pas plus optimiste sur la Chine qu’il perçoit comme un empire alors que les Jésuites

Précisément le décrivait comme une sorte d’ordre magnifique qui pouvait donner un modèle à la monarchie éclairée en France donc la Russie la Chine et pour monter ce que éventuellement la Perse parce que ce qui serait pour nous l’Iran sont des empires et le restaurant il n’y aura pas

De républicanisation de ces états c’est dans un sens la raison pour laquelle Montesquieu est sans doute l’auteur qui est aujourd’hui à mes yeux le plus utile après disons les désillusions postes chutes du mur de Berlin alors pour échapper aux tragique de l’histoire Montesquieu considère que l’association politique des Républiques et la seule

Solution possible c’est la seule solution pour échapper aux tragique de l’histoire et donc c’est ce qu’il écrit je me permets une petite citation au début du livre 9 De l’esprit des lois où il essaye de décrire cette situation des républiques prises en tenaille véritablement entre les grands empires donc Montesquieu est écrit

Ainsi il y a grande apparence que les hommes auraient été à la fin obligé de vivre toujours sous le gouvernement d’un seul donc dans des empires il avait imaginé une manière de constitution qui a tous les avantages intérieurs du gouvernement républicain et la force extérieure du monarchique je parle de la République fédérative

Donc quel est on pourrait dire cette nouvelle forme politique que Montesquieu est le premier à théoriser dans l’histoire de la pensée politique moderne dans l’esprit des lois Montesquieu insiste sur plusieurs caractéristiques de cette République fédérative premièrement son origine le fait du c’est pour ça qu’on parle de fédération le fœdius c’est le

Et au fond la République fédérative se définit ainsi parce que précisément les républiques s’associent sur la base d’un pacte et ce pacte c’est je cite une convention par laquelle plusieurs corps politique consente à devenir citoyen d’un état plus grand qu’ils veulent former plusieurs corps politiques deviennent citoyens d’un état plus grand qu’ils

Veulent former donc Montesquieu définit la République fédérative c’est assez singulier comme ce qu’il appelle une société de société c’est une société de société qui est fondée sur un traité ce traité étant impact d’union libre et volontaire et en ce sens Montesquieu insiste sur le caractère véritablement libre délibéré de cette association entre les

Républiques ça c’est pour l’origine deuxième caractéristique de la République fédérative ça fin le but le Télos pourquoi s’associer c’est évidemment comme dans tout contrat l’utilité des parties qui est la base de cette association politique la République fédérative a une fonction principale qui est la sécurité collective la défense et en particulier

La défense face aux guerres offensifs conduites par les empires troisièmement troisième caractéristique les moyens les moyens politiques comment la République fédérative parvient-elle à cette fin la sécurité collective elle y parvient en organisant un conseil et ce qui est tout à fait fascinant c’est que Montesquieu donc avant 1748 précise

Toutes les modalités de constitution possible de ce Conseil de la fédération alors il donne beaucoup d’exemples antiques et les ligues grecques notamment un font partie de ces exemples donc il s’agit pas seulement d’exemples modernes mais il faut bien voir que Montesquieu essaye vraiment de détailler et de théoriser toutes les formes

Possibles de constitution de la République fédérative et à ses yeux cette constitution peut être soit démocratique soit aristocratique soit monarchique c’est-à-dire impériale et ce qui est tout à fait singulier pour Montesquieu qui est parfois pris comme une sorte de penseur qu’ils ont défenseur de la monarchie ou de l’aristocratie et bien Montesquieu écrit

Je le lisse étant toute lettre plus la Confédération approche de la démocratie plus elle est parfaite autrement dit et Montesquieu le défend en fait dans un dossier de texte encore inédit parce que finalement il est resté manuscrit il n’est pas passé dans le texte définitif de l’Esprit des Lois

Alors pour des raisons qu’on peut essayer toujours de supputer mais on a aucune preuve Montesquieu pense que la meilleure Confédération et démocratique c’est-à-dire qu’il s’agit d’une confédération où finalement toutes les cités ou tous les corps politiques qui en font partie en voient un ou plusieurs représentants au conseil de la Confédération

Et dans ce conseil il faut que premièrement chaque État conserve ça souveraineté c’est le terme que Montesquieu emploi et demeure donc libre de rompre les liens qui l’unissent à la République fédérative c’est à dire que chaque État conserve un droit de sortie comme celui dont l’Angleterre a fait

Usage à l’issue de l’article 50 du traité Lisbonne donc un droit de sortie sans quoi on n’est pas dans une confédération démocratique et deuxièmement les décisions au sein de la confédération au sein du conseil ou siège les élus des cités ou des états qu’on fédérés doivent être prises à l’unanimité

Ce qui revient accorder à chaque corps politique un droit de veto même Montesquieu ajoute immédiatement et c’est ce qui nous intéresse ici que si cette considération s’étend et devient finalement assez vaste assez grandes et bien il faut que la Confédération passe à d’autres règles de décision et que deux démocraties elles deviennent

Aristocratique c’est-à-dire qu’elle passe de l’unanimité à la majorité qualifiée donc on trouve dans ces textes de Montesquieu c’est ça que je trouve tout à fait extraordinaire cette action un statut encore une fois au torial un peu particulier ils sont pas publiés ce sont des textes qui restent manuscrits qui

Sont dans les dossiers de l’Esprit des Lois et bien on trouve une théorie quasi complète de la République fédérative or et c’est ce qui m’a intéressé notamment dans le chapitre 3 du livre ce modèle de Montesquieu va avoir en fait un destin tout à fait extraordinaire en

Passant on pourrait dire de l’autre côté de l’Atlantique c’est à dire que ce modèle va être repris en réalité par les fédéralistes et les antifédéralistes américains au moment de la ratification de la Constitution des États-Unis en 1787 1788 au moment de se débat de ratification et en particulier dans

L’État de New York où l’enjeu de la ratification était particulièrement difficile et bien Montesquieu et convoqué par les deux camps antifédéraliste et fédéraliste et en réalité c’est l’autorité la plus importante en fait c’est le philosophe le plus cité qui est sans cesse brandie en quelque sorte comme une caution comme

Une autorité pour pouvoir animer les débats politiques alors pourquoi est-ce que je m’intéresse ici à ce destin de Montesquieu aux États-Unis parce qu’en réalité Montesquieu va passer en quelque sorte on pourrait dire être réapproprié au cours de ces débats et notamment réapproprier par quelqu’un qui va avoir évidemment un rôle crucial dans la

Fondation des États-Unis d’Amérique qui est Madison James Madison qui avec Alexander Hamilton et bon un autre compère moins connu Alexander Jay va en quelque sorte proposer une reconfiguration de la théorie de la République fédérative telle qu’elle existait dans l’esprit des lois et l’adapter aux nouveaux contexte qui est le contexte américain des

Tresses colonies qui à l’époque formaient une confédération de 1781 donc à 1788 donc je me suis intéressée notamment à la métamorphose des arguments de Montesquieu chez ses fédéralistes et notamment dans ce qu’on appelle les fédéralistes papers qui sont les articles de presse qui ont été publiés par Madison et Hamilton en 1787 1788

Pour remporter le débat sur la ratification dans l’État de New York et on observe notamment que Hamilton reprend quasi textuellement le texte que je vous ai lu quasi textuellement tout le début du livre neuf De l’esprit des lois pour en quelque sorte théoriser ce qui a ses yeux est devenu indispensable

C’est à dire la Constitution des États-Unis d’Amérique c’est à dire la fin du régime confédératif des tresses colonies et la constitution d’une véritable fédération alors bien sûr ça pourrait être un peu magique mais ça ne l’est pas du tout même et au fond il faut insister sur deux choses

Tout d’abord les arguments des antifédéralistes sont extrêmement puissants et je voudrais juste en dire un mot ce sont des arguments au nom de la souveraine au nom du refus de la souveraineté partagée alors Dieu il ne peut pas y avoir de fédération américaine parce qu’au fond par nature par essence la

Souveraineté est une inaliénable indivisible elle ne peut pas se diviser elle ne peut pas se partager c’est en quelque sorte l’essence même du concept politique de souveraineté donc je cite juste un passage en Pennsylvanie je cite un deux souveraineté coordonnées constituerait une aberration politique c’est une aberration

Pourquoi parce que finalement il y en a une qui va créer et finalement imposerait sa domination donc il faut savoir que les fédéralistes tâtonnèrent très longtemps comme le monde notamment l’historien américain Gordon wood qui a un des plus grands historiens de la Révolution américaine tâtonnèrent très longtemps avant de

Trouver une réponse à cet argument extrêmement puissant de la souveraineté du refus de la souveraineté partagée et il revient à James Wilson lors de la convention de ratification de Pennsylvanie de proposer l’argument qui irrigera par la suite toute la pensée fédéraliste américaine en effet DJ James Wilson la souveraineté

Ne réside pas dans le Congrès elle ne réside pas non plus dans le gouvernement des États elle réside dans le peuple tout entier et c’est le peuple tout entier oui depuis bon qui ensuite décide de la déléguer pour un mandat donné dans des circonstances qu’il a le loisir de

Choisir d’une part aux États et d’autre part à l’État fédéral autrement dit la souveraineté reste unifiée on pourrait dire au sein du peuple lui-même qui a le loisir de la déléguer comme il le désire en octroyant des compétences aussi bien au niveau local qu’au niveau fédéral alors bien sûr on peut toujours

S’interroger sur le caractère formel de cette solution en théorique magnifique mais bon il faudra quand même une guerre civile aux États-Unis pour que les questions relatives aux compétences de la Fédération soit véritablement si l’on tranchait du moins on pourrait dire mise en place de manière sérieuse il reste

Que avec la Fédération américaine qui donnera aussi son modèle à la Fédération suisse en 1848 c’est le modèle américain qui est retenu et bien la fédération américaine donne le modèle alors aujourd’hui bien corrompu et nous pouvons en être assez des abusés certes mais donne le modèle d’un accord possible entre la

Subsidiarité et la souveraineté la subsidiarité c’est la règle de décision politique qui affirme que les choix démocratiques doivent être effectués à l’échelon qui est le plus proche des administrés donc le principe de subsidiarité est un principe de primat du local sur le National ou du régional sur le National

En revanche la souveraineté elle qui appartient au peuple est également investi au niveau fédéral car c’est au niveau fédéral que la souveraineté peut véritablement se constituer dans le champ des relations internationales et c’est ainsi que je l’entends pour ma part dans le sillage notamment d’un juge à la Cour suprême américaine

Qui s’appelle Anthony Kennedy et qui a trouvé en 1995 une très belle formule je trouve en affirmant que les auteurs de la Constitution je cite ont brisé l’atome de la souveraineté ils ont brisé l’atome de la souveraineté et je pense que c’est ce que nous devons faire

Aussi alors je cloue ainsi ce second temps de ma conférence il me semble que c’est 7 accords entre le principe représentatif et le principe fédératif qui a été repris ensuite par les fédéralistes italiens aujourd’hui un peu oublié qui doit nous servir de boussole pour penser le meilleur régime de la

Polytea européenne tout en réfléchissant bien sûr à ce qui nous distingue du modèle américain et qui est très fondamental bien sûr comprendre la souveraineté c’est comprendre qu’elle peut se constituer en faisceau de droit ou en faisceau de compétences c’est-à-dire qu’on peut précisément sur la base des traités et les états

Restants comme on dit mettre des traités qu’on peut attribuer à l’Union effectivement un certain nombre de compétences en politique étrangère et dans le domaine de la sécurité et de la défense notamment il faut donc c’est ce que j’essaye de défendre s’affranchir du fétiche de la souveraineté absolue alors qui vient de

Mon autre auteur fétiche c’est le cas de le dire qui est Rousseau le fétiche de la souveraineté absolue il faut en quelque sorte sortir du modèle rousseauiste et frapper d’obsolescence la vision unitaire et métaphysique du concept de souveraineté c’est la condition de possibilités philosophique et politique pour que la République fédérative européenne puisse

En quelque sorte voir le jour alors maintenant dans un troisième et dernier temps assez brièvement je voudrais essayer de voir avec vous si ce modèle de République fédérative peut en quelque sorte prendre sens encore aujourd’hui alors bien sûr toute la question c’est de savoir quelle pertinence on peut

Accorder à cette théorie de la République fédérative européenne alors d’un point de vue politique d’abord il me semble que la difficulté principale que nous rencontrons dans l’Union européenne c’est précisément ce qu’on appelle le triangle institutionnel ce triangle institutionnel composé du Conseil européen qui depuis 1974 sous Valéry Giscard d’Estaing occupe la place

Prééminente dans l’équilibre de nos institutions donc le Conseil européen le Conseil des chefs d’État et de gouvernement d’une part le Parlement européen élu directement par les citoyens et puis la Commission européenne qui a le monopole de l’initiative législative donc on est dans ce triangle avec un certain nombre

De réussites mais aussi un certain nombre de dysfonctionnement qui tiennent notamment précisément au maintien de la règle d’unanimité au dans le vote pour un certain nombre de décisions communes au Conseil européen et donc il me semble en particulier au regard des dissensions qui peuvent survenir qui sont survenus notamment

Avec le cas de la Hongrie on a vu que la Pologne sont des solidarisés récemment mais le cas de la Hongrie est quand même très clair les dissensions très fortes la volonté de faire prévaloir les égoïsmes nationaux au Conseil donnent un pouvoir beaucoup trop grand aux États sur les

Questions de sécurité collective et de politiques étrangères de même qu’en matière fiscale notamment et donc progresser dans le sens de la République fédérative c’est véritablement vouloir renforcer la cohésion de notre politique étrangère l’harmonisation aussi de nos législations sans quoi l’épée de Damoclès reviendra toujours alors d’un point de vue économique

Mais aussi d’un point de vue écologique puisque c’est un nouvel enjeu et pour ma part je souhaiterais approfondir désormais ces questions ma thèse sera ici qu’il faut en effet répondre aux Américains Aline à l’ail air hey notamment ça c’est une chose notamment par le made in Europe qui est en train

De se dessiner mais aussi et c’est quelque chose qui me semble très important ces jours-ci miser sur la puissance normative de l’Union européenne qui est notamment sensible dans le domaine numérique et dans le domaine climatique c’est à dire que nous devons miser pour le coup sur cette nouvelle évangélisation peut-être cette

Nouvelle mission civilisatrice qui sait qui serait véritablement l’idée de donner une forme d’extra-territorialité au droit européen alors si évidemment une position très controversée mais je la défends alors sur la question de ce de cette puissance normative donc je ne dirai rien du numérique c’est pas du tout mon domaine

Mais je voudrais juste dire un mot du domaine climatique parce qu’à mon avis c’est quelque chose qui va prendre une importance croissante dans les années à venir alors vous le savez peut-être et c’est quelque chose sur lequel travail la juris notamment Sophie grosbon qui est juriste à Nanterre l’Union européenne promeut un nouveau

Modèle climatique un leadership climatique non seulement à travers ses interventions dans les cops bien sûr où elle est clairement leader mais aussi grâce à la mise en oeuvre d’une nouvelle génération d’accord de traiter de libre-échange avec l’ambition de réformer on pourrait dire les règles du jeu du commerce international qui sont

Désormais enlisée depuis l’enlisement du cycle de Doha et notamment précisément le fait que la Chine ne joue pas le jeu au sein de l’OMC peut-être que les Etats-Unis ne jouent d’ailleurs pas le jeu non plus c’est ce qui est en train d’être jugé avec liary donc les accords nouvelle génération

Comme celui entre le Royaume-Uni et l’Union européenne comprennent en effet une clause qui est tout à fait intéressante si elle pouvait entre guillemets être plus ou moins généralisée qui est une obligation juridique de mettre en oeuvre des accords multi latéraux internationaux et en particulier dans le domaine

Climatique c’est à dire les accords de Paris ça a l’air un peu technique et pointu mais en réalité c’est quelque chose d’absolument décisif puisque vous le savez les États-Unis sous Trump sont sortis de l’accord des accords de Paris ce qui les compromet de manière absolument catastrophique et donc on

Pourrait avoir ici une nouvelle stratégie commerciale européenne qui comporterait comme elle le fait déjà avec le Royaume-Uni une conditionnalité climatique l’Union européenne en quelque sorte impose ces standards sociaux et environnementaux au pays aux États qui veulent entrer en commerce avec elle je pense que c’est la nouvelle version de

Ce que Montesquieu appelait la formule est pas tout à fait dans l’esprit des lois mais c’est à peu près ça le doux commerce le doux commerce aujourd’hui c’est la mise en oeuvre des accords de Paris c’est la conditionnalité climatique et il me semble que cette conditionnalité climatique pourrait effectivement

Influer sur les règles du jeu du commerce international de même que la conditionnalité État de droit a été mise en place récemment cette fois-ci au sein de l’Union comme vous le savez pour les subventions du plan de relance ce qui permet d’imposer une sorte de soft power même quand on

N’a pas une armée une police une justice pour faire implémenter les règles alors enfin et c’est le dernier point il me semble qu’il faut des réformes constitutionnelles il faut des réformes constitutionnelles c’est-à-dire une révision des traités qui à mes yeux véritablement s’impose et c’est vrai qu’on en parle de plus en

Plus donc ça n’est pas non plus totalement hors champ aujourd’hui la situation est profondément dysfonctionnelle puisque le Conseil européen à la main sur les domaines régaliens les politiques étrangères de défense au détriment des autres institutions comme le Conseil des Ministres de l’Union européenne notamment celui des Affaires étrangères ou encore le Parlement européen

Or le Conseil européen fonctionne comme un club comme un gentlemans club enfin quelques femmes quand même assister bien sûr par des Sherpas des hauts fonctionnaires des diplomates mais clairement ils ne font pas prévaloir l’intérêt général européen d’où à mon avis l’intérieur nécessitait de réformes on pourrait dire au sein des traités premièrement

Il faut changer les modalités de prise de décision et en particulier il faut abolir le vote à l’unanimité au bénéfice du vote à la majorité pour les questions relatives aux Affaires étrangères et à la politique de sécurité de défense mais aussi à la fiscalité alors c’est pas totalement une lubie ça

L’était sans doute il y a 10 ans mais aujourd’hui c’est ce que défendent Pedro Sanchez marque et plus récemment l’ancien président du Conseil italien Mario Draghi et plus récemment encore olafe avec plus d’ambiguïté certes bien sûr la difficulté fondamentale et précisément d’ordre constitutionnel c’est-à-dire qu’il faut l’unanimité pour la révision

Des traités il faut l’unanimité pour abolir l’unanimité donc effectivement il y a une difficulté tout à fait qui presque une aporie deuxièmement deuxième réforme qui me paraît indispensable il faut accroître les pouvoirs du Parlement européen alors bien sûr il a été malmené récemment le catarget n’a pas redoré son blason mais il reste

Qu’il faut impérativement pour donner en quelque sorte son cœur et son centre de gravité à une République fédérative européenne dotée d’une véritable souveraineté il faut mieux impliquer le Parlement européen et rendre visible les choix politiques qui s’y jouent avec une véritable alternance politique avec des groupes politiques qui malgré le faible

Taux on pourrait dire de participation aux élections avec des groupes politiques qui défendent des projets de société et des politiques de défense et des politiques étrangères différentes donc de ce point de vue je pense que le rôle du Parlement est absolument décisif aujourd’hui le Parlement se saisit de questions de politique étrangère mais

Souvent sur un mode un peu droit de l’homme si j’ose dire donc elle vote le Parlement vote le fait que la Russie est un état terroriste très bien enfin ou pas très bien d’ailleurs on peut en discuter mais en tout cas ça ne sert à rien et c’est finalement dommage que un

Parlement tel pouvoir qui quand même légifère sur 450 millions de citoyens européens n’est pas le pouvoir de délibérer d’une politique étrangère commune ça paraît tout à fait surréaliste et on le voit bien notamment pour les questions migratoires qui nous reviennent sans cesse en quelque sorte à la figure c’est tant que l’Union ne

Formera pas une République fédérative et bien on ne voit pas comment on pourrait ne serait-ce que commencer à régler la question migratoire pour autant qu’on puisse la régler un jour puisque chaque État est libre de décider de ces conditions de naturalisation des conditions d’octroi du droit d’asile et

D’accès à la nationalité ou des conditions éventuelles du de la déchéance de nationalité tout cela n’est pas harmonisé au niveau européen c’est évidemment une aberration d’autant qu’ensuite la libre circulation fait que ces citoyens d’un état deviennent citoyens de l’Union enfin la question de l’élargissement doit évidemment être posée alors j’ai

Pas le temps de développer mais pour ma part je suis plutôt réticente je vous dis simplement je suis plutôt réticente à l’élargissement à l’Ukraine à la Géorgie et à la Moldavie les derniers candidats pour des raisons sur lesquelles on pourra revenir mais il me semble en effet peu désirable si l’on veut

Effectivement ce modèle de République fédérative européenne d’élargir encore l’Union et je suis plutôt favorable de ce point de vue au modèle qui a été furtivement défendu à Prague qui est le modèle de la Confédération politique européenne un modèle qui avait d’ailleurs été en fait proposé en 1989

1990 par François Mitterrand et qui a été remise au goût du jour récemment par Emmanuel Macron supportait notamment par Olaf shots alors je voudrais simplement conclure très brièvement il me semble que l’intérêt d’une théorie de la République fédérative européenne et le suivant par rapport aux ruissoïsme qui habite encore notre imaginaire politique en

Particulier en France en raison de l’héritage de la Révolution française il me semble que la République fédérative européenne donc héritée de Montesquieu et de Madison conduit à penser une souveraineté partagée et non indivisible des pouvoirs distribués et limités en faisant ce que Anna Arendt qui en était une fervente défenseuse à l’époque

Appelle le deuil de l’absolu il faut que nous fassions le deuil de l’absolu politiquement du moins la République fédérative européenne assume le fait que nos démocraties ne peuvent survivre et prospérer face aux empires quand sa saucion mais en s’associant politiquement c’est-à-dire en formant une république pas seulement une alliance militaire pas

Seulement une alliance économique mais une pour dire fédération politique même si et c’est le second point je ne défends pas pour ma part un État fédéral complet puisque je suis favorable au droit de sortie et même je dirais au maintien du vote à l’unanimité pour certaines questions exceptionnelles qui

Sont liées aux intérêts vitaux des États membres donc pour conclure ce que je propose en quelque sorte dans le sillage d’un très bel article de Florian Louis dans la revue le grand continent que je vous invite à lire c’est une nouvelle alliance entre la cosmopolitique et la géopolitique

L’Union européenne a été et se donne toujours comme un projet cosmopolitique à vocation universelle en insistant sur des valeurs universelles liberté égalité dignité État de Droit Justice mais au-delà de ces valeurs qui sont évidemment essentielles et qui forment le socle politique de l’Union il faut impérativement que l’Union devienne

Aussi géopolitique alliance de la cosmopolitique et de la géopolitique ça signifie qu’il ne faut pas seulement considérer la terre comme un bien commun comme le lieu de solidarité que nous pourrions nouer mais aussi comme le lieu de rivalité de politique de puissance comme enjeu de lutte d’appropriation et de domination c’est exactement le

Contraire de ce que proposait Robert Kaga n’a le polytiste américain il y a déjà moi une cinquantaine d’années lorsqu’il présentait l’Europe comme Vénus et les États-Unis comme mars l’Europe comme l’héritière de Kant et les États-Unis comme l’héritière de Hobbs c’est au contraire en quelque sorte la nécessité de cette Europe

Géopolitique que j’ai essayé de montrer avec vous ce soir je vous remercie [Applaudissements] merci beaucoup je vous invite à revenir à votre place pour répondre aux questions donc alors moi j’ai découvert à quel point Montesquieu était visionnaire 250 ans plus de 250 ans avant nous voilà donc ça c’était

Vraiment une découverte et qu’on pourrait beaucoup s’inspirer de lui comme l’ont fait les Américains j’ai entendu aussi que notre vulnérabilité nous voyons surmonter notre vulnérabilité en allant vers une République fédérative européenne qui n’est pas un État fédéral mais parce qu’il y a un droit de sortie enfin voilà

Des décisions qui seraient prises pas forcément à l’unanimité enfin voilà donc voilà donc c’est une perspective un peu nouvelle qu’on entend assez peu souvent dans les discours des politiques même à l’échelle européenne on aurait envie d’entendre des discours comme celui-ci pour nous redonner un peu du

Cœur et du de la foi dans cette avenir européen voilà et donc merci je ne sais pas si vous avez des questions immédiatement dans la salle il y en a déjà en ligne mais si vous voulez formuler une lune ou l’autre question pour l’instant non alors il y a il y a

Une première question qui nous dit est-ce que avant que nous en soyons là dans ce projet est-ce que avant que nous ayons atteint les prémices de ce grand projet est-ce que nous ne serons pas déjà digérés par les empires voilà quel temps nous reste-t-il et première question oui merci beaucoup alors je

N’ai pas de boule de cristal donc je ne fais pas de prophétie les prophéties des intellectuels sont quasiment toujours avéré fausse donc je vais pas me lancer dans la prophétie en revanche ce qui est certain c’est qu’il y a une forme d’urgence à laquelle nous n’étions pas accoutumés

Et que la guerre en Ukraine nous a donné ce sens de l’urgence que nous n’avions plus parce que nous grésonnions en fait à long terme nous avions déjà l’urgence on pourrait dire du dérèglement climatique c’était celle qui nous a en quelque sorte pressé récemment mais avec nos institutions nous voyons que nous

Pouvions en quelque sorte essayer d’agir enfin quoi que je considère précisément que la piste de la République fédérative nous permet d’agir mieux et plus vite aussi dans ce domaine climatique mais en dehors de cette question l’urgence climatique nous n’avions pas l’habitude de nous poser aussi vivement la question

De notre existence même la question de notre survie l’Europe est relativement en paix depuis 1945 elle a connu la guerre en ex Yougoslavie qui a été une guerre absolument tragique mais qui n’a pas conduit à réfléchir à ses propres institutions et finalement le fait qu’il y a eu un règlement impulsé par les

États-Unis à Dayton ne l’a pas conduite à se demander s’il ne fallait pas modifier la structure jour même on pourrait dire de ces institutions je pense que la guerre en Ukraine nous met en danger de manière beaucoup plus immédiate de manière beaucoup plus forte et profonde et nous invite vraiment à

Nous interroger sur le modèle politique qui est le nôtre à mon avis d’une double manière tout d’abord parce que nous voyons que malgré tout ces peuples qui étaient de l’autre côté du rideau de fer et ceux qui sont les plus à l’Est considèrent qu’il faut mourir pour l’Europe comme on disait mourir pour

Dantzig mais à l’époque c’était pour dire non on ne doit pas mourir pendant 10 et aujourd’hui on voit qu’ils veulent mourir pour l’Europe c’est à dire qu’on voit qu’il y a des gens qui sont prêts en fait pour se tourner effectivement vers les institutions européennes il s’agit pas seulement de l’OTAN de mettre

En jeu on pourrait dire en un sens leur existence même ce qui est la définition préfice précisément à mon avis d’un enjeu existentiel et donc ça c’est la première chose l’Europe n’a jamais été aussi attractive mais deuxièmement et c’est ça le paradoxe l’Europe n’a jamais été aussi

Menacé aussi minoritaire en un sens en tant que modèle politique à l’échelle internationale c’est-à-dire que nous voyons que le modèle démocratique la démocratie libérale comme on l’appelle qui avait le vent en poupe après 1989 c’est les années 1990 la grande les grandes la grande décennies de ce qu’on appelait aux États-Unis il

Démocratisations studies c’est à dire cet espoir sur lequel a travaillé notamment mon collègue Florent Guénard que finalement les démocraties libérales allaient s’étendre au Moyen-Orient en Afrique etc etc cet espoir est complètement mort et l’échec radical des printemps arabes fait que la Tunisie se soit transformée sous nos yeux en dictatures en quelques semaines

Nous invite véritablement à être totalement désillusionné sur la possibilité d’une extension mondiale de la démocratie et donc tout ce qui avait fleuri dans les années 1990 les modèles de démocratie cosmopolitique de démocratie mondiale sont complètement on pourrait dire hors-jeu et donc en ce sens sans pouvoir directement répondre à

Cette question je voudrais dire que c’est la première fois je pense depuis la Seconde Guerre mondiale que même on pourrait dire si la guerre n’est pas dans l’Union elle remet en cause l’Union alors il y a une question d’éclaircissement qui est importante à poser maintenant pour la suite est-ce

Que vous pouvez revenir sur la différence entre une République fédérative et puis et puis un État fédéral enfin la question c’est pouvez-vous préciser votre concept de Confédération et sa différence avec la vision fédérale oui alors c’est une excellente question en fait la distinction Confédération fédération elle est apparue au 19e siècle et elle

Était très travaillée par des juristes aussi bien en Allemagne qu’en France surtout en Allemagne parce qu’évidemment l’Allemagne est devenu en fait un État fédéral et donc alors il y a plusieurs questions une confédération c’est une association libre et volontaire d’État qui demeure souverain c’est à dire qu’à chaque instant dans

Une confédération tout État peut sortir de la Confédération qui a des objectifs particuliers de sécurité éventuellement des objectifs économiques etc une fédération se dot d’institutions politiques communes qui sont-elles que au fond on pourrait dire il y a un bien commun de la fédération et que les États si

C’est un État fédéral complet ne peuvent pas en sortir à leur gré donc le Texas malgré ces velléités sécessionnistes ne peut pas unilatéralement sortir des États-Unis l’Alberta au Canada malgré ses vérités saisissionniste ne peut pas unilatéralement décider de sa sortie de même que la Catalogne en Espagne donc si

Vous voulez il y a une sorte de d’impossibilité structurelle dans la fédération qui est donnée au sud entité aux entités on pourrait dire fédérées de maintenir une authentique souveraineté donc ça c’est la définition principale la souveraineté n’est pas seulement externe à l’égard du monde mais elle est

Aussi interne c’est à dire qu’elle régit l’ensemble des entités qui se sont associés alors on disait tout à l’heure dans l’introduction que la philosophie politique devait s’inviter dans le débat et dans la dans l’avenir de la démocratie comment comment ça se passe en fait parce que est-ce que vous êtes

Entendus est-ce que vos collègues philosophes qui réfléchissent sur l’Europe dialogue avec les politiques comment comment ce que vous venez de nous dire infuse dans la politique aujourd’hui il faut pas non plus se faire retirer sur ce sujet en France les les philosophes on voit au chapitre dans

Les on pourrait dire dans les débats culturels les débats politiques auprès du public cultivé comme vous mais le passage aux institutions est très difficile au niveau de la France alors c’est pas vrai au niveau européen en revanche ou depuis que j’ai publié mon livre j’ai eu une multitude d’accès en

Fait que ce soit en fait au parlementaire ou à d’autres instances de recherche notamment de l’Union européenne l’Union européenne est beaucoup plus ouverte dans intellectuels en un sens alors et arrivé de dialoguer avec des ministres d’être invités voilà mais si vous voulez on n’a pas du tout

La même infusion en France et ça tient si on veut creuser un peu la question institutionnelle ça tient à la manière dont Sciences Po on pourrait dire à le monopole on pourrait dire des voilà des intellectuels officiels ou organiques de la République alors que les universités sont considérés comme des parents

Pauvres je crois que c’est quelque chose de cette ordre là il y a une sorte de division entre les grandes écoles voilà Polytechnique et Sciences Po et puis de l’autre les universités qui est très préjudiciable même si on a effectivement voie au chapitre dans le monde dans tout

La revue Esprit le grand continent qui est là à mon avis la plus grande aventure intellectuelle et qui est lu à mon avis par des décideurs politiques c’est une revue en ligne c’est une revue en ligne voilà je vous la recommande vraiment avec des pièces de doctrine avec c’est une revue mais extraordinaire

Traduction en espagnol en italien enfin bon c’est il faut un travail absolument fondamental et eux essayent justement d’effectuer cette mise en rapport avec le monde politique alors juste avant le covid par exemple ils avaient monté un groupe de travail à l’Assemblée nationale donc j’étais parti prenant de

Ce groupe de travail donc on rencontrait des députés qui étaient intéressés par ces questions géopolitiques voilà le covid a un peu tué malheureusement cette initiative mais ils prennent énormément d’initiatives de ce genre ils nous font parler notamment dans des réseaux diplomatiques circuit des ambassades des instituts culturels donc voilà c’est un

Peu grâce à eux que les contacts entre le monde intellectuel et le monde des décideurs politiques commencent un peu à se nouer très bien alors je crois qu’il y a une question dans la salle il y a des oui dans votre présentation vous avez cité à Bormes c’est récemment

Apparemment sa sortie un article très long d’ailleurs dans le monde et c’était sur le lien entre l’Europe et les empires justement et on avait l’impression enfin j’ai pas assez de dire qu’il prenait plutôt pour la négociation enfin qui qu’il avait le fait de dire l’Europe prend pas le bon

Chemin en se défendant comme elle le fait je suis pas sûr d’avoir miam bien compris mais je voulais savoir justement comment vous voyez cette position de certains intellectuels sur le lien entre l’Europe et les empires merci beaucoup donc c’est une question très très délicate parce que en fait si

Vous me posiez la question à titre personnel je suis pas du tout comment dire unilatéralement et monologue monolithique monolithiquement pardon favorable par exemple à la politique des sanctions que mène l’Union européenne les 8 trains de sanction contre contre la Russie pour des questions assez complexes je pense que les sanctions peuvent s’avérer

Finalement parfois assez contre-productive et je suis pas du tout persuadé que ce soit forcément la bonne voie donc il fait négocier avec les empires personnellement j’en suis complètement convaincu et bon c’est un peu politique mais c’est vrai qu’Emmanuel Macron a été beaucoup critiqué quand il avait été voir

Vladimir Poutine je pense qu’en fait c’est la seule chose à faire c’est peut-être une illusion parce que évidemment une fois que la décision est prise c’est très difficile de négocier mais pour autant il faut absolument jamais cesser de négocier enfin tout le monde le sait il faut la diplomatie

Continue toujours en parallèle même pendant les guerres alors en revanche le pacifisme est une illusion complète ça je crois que l’histoire nous l’a appris et donc de ce point de vue pour avoir la paix il faut se préparer à la guerre enfin ça c’est aussi vieux que Rome donc

Il faut évidemment que nous soyons crédible en tant qu’acteur géopolitique mais ça veut pas dire qu’il faut pas négocier avec les empires il faut bien distinguer les deux je sais pas du tout va tomber là on se défend parce qu’il y a une agression territoriale mais c’est

Pas du tout faire de l’Union européenne une puissance expansionniste ça n’aurait pour moi absolument aucun sens l’Union européenne c’est pour moi un acteur évidemment qui promeut la paix et les valeurs qui sont les siennes dans le monde c’est pas du tout un acteur qui va jouer la politique de puissance dans le

Jeu de la rile politique classique machiavelienne etc donc si vous voulez je crois qu’il faut distinguer le fait de se préparer à la guerre et le fait de ne plus vouloir négocier et pour ma part je suis tout à fait favorable au maintien de la négociation il est

Évident que on ne peut pas faire sans la Russie sur le théâtre du monde et je trouve de ce point de vue là le vote qui a eu lieu au Parlement européen qui qualifie la Russie d’État terroriste me paraît pas forcément adéquat donc c’est vraiment une question assez délicate en

Réalité de savoir comment on qualifie ses empires de même la Chine on va pas tout d’un coup décider de ne plus négocier avec la Chine en raison de la faire de Taïwan donc voilà je pense que c’est c’est quelque chose de beaucoup plus difficile et subtil et d’ailleurs les Américains en

Sont conscients si vous regardez le la conférence qui a donné Anthony blinken à George Town University où il a présenté la politique de défense américaine la politique de sécurité américaine il y a tout un équilibre entre oui la Chine c’est aussi un partenaire et c’est aussi quelqu’un enfin un ensemble politique on

Ne peut évidemment pas du tout négliger donc si vous voulez il y a jamais une sorte de voie unilatérale de la de la guerre ou de la voilà qui serait unilatéralement belliqueuse alors une autre question il y en a je pense que le micro arrive j’en pose une autre

Est-ce que que pensez-vous de l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses à deux vitesses avec des États qui seraient en Confédération en République fédérative et d’autres qui seraient resteraient en dehors alors ça aussi c’est une question très difficile parce qu’en réalité étant donné les statues les traités qui nous

Régissent on ne peut pas surtout fonctionner à plusieurs vitesses mais il y a déjà dans les traités la possibilité inscrite de ces coopérations renforcées et notamment elles existent déjà on le sait pas toujours mais elles existent déjà dans le domaine notamment de la défense c’est à dire qu’il y a un

Certain nombre de projet je vais pas rentrer dans les détails techniques mais un certain nombre de projets qui ont déjà suscité une coopération renforcée entre plusieurs États membres et ça c’est inévitable et c’est très bien alors le problème c’est que l’Angleterre soit sorti alors que c’était quand même

Le pays avec lequel on avait l’alliance la plus la plus forte et la plus solide mais en un sens maintenant l’Allemagne a décidé alors pour le meilleur et pour le pire c’était pas du tout moi ce que j’aurais souhaité initialement de devenir une puissance militaire d’investir 100 milliards d’euros dans sa

Défense l’Allemagne va potentiellement devenir la première puissance militaire de l’Union européenne alors même que l’Union européenne a été constituée surmonte à son origine pour éviter ça en un sens donc on est dans un moment vraiment assez tendu de ce point de vue là mais de fait il est inévitable qui

Est des coopérations renforcées une question pourquoi l’entrée de dans l’Union européenne de l’Ukraine excusez-moi de l’Ukraine la Géorgie et la Moldavie serait un problème alors là aussi j’ai pas d’expertise particulière sur la question donc je vous dis ce qui est l’opinion que je me suis forgée à partir de ce que j’ai vu

Élu il me semble que en fait l’Union européenne a un certain nombre de critères d’entrée qui sont clairs qui sont à la fois des critères politiques et des critères économiques donc politiquement par exemple il y a un critère qui est fondamental c’est le respect de l’État de droit

L’indépendance de la justice donc la séparation des pouvoirs qui nous vient aussi de Montesquieu et un faible niveau de corruption on sait aujourd’hui encore que même s’il y a eu énormément d’efforts en Ukraine en Moldavie notamment de fait le niveau de corruption est encore extrêmement élevé

Donc ça veut pas dire que il ne sera jamais ça le problème ne sera jamais résolu mais ça veut dire que c’est un vrai problème qui va mettre ça va pas se compter en moi ça va se compter en année au moins peut-être en dizaines d’années la résolution de ce

Problème va durer très longtemps deuxièmement d’un point de vue économique le PIB de l’Ukraine par habitant c’est un tiers de celui de l’état le plus pauvre de l’Union européenne actuelle qui est la Roumanie donc c’est un tiers donc de mémoire c’est 3500 dollars de PIB par habitant versus annuel versus

10000 pour la Roumanie je crois qu’en France ça doit être 58000 et au Luxembourg sans 16000 enfin voilà pour vous donner l’ordre de grandeur juste c’est vraiment très très faible donc ça c’est une deuxième raison qui tient au fait que en fait il faut savoir que si l’Ukraine entre avec ses 44 millions

D’habitants en fait tous les états y compris la Bulgarie la Roumanie les plus pauvres vont devenir des contributeurs nets pour pouvoir parce qu’il y a des fonds de solidarité c’est gigantesque la redistribution dans l’Union européenne donc ça veut dire que tout le monde va payer énormément pour que l’Ukraine puisse véritablement bénéficier des

Fonds structurels qui lui permettraient de monter au standard européen donc ça veut dire que nous à l’heure actuelle quand même en France mais même en Allemagne l’Allemagne a aussi réticente les réticences de la France et de l’Allemagne viennent en partie de là qu’ils ont déjà leur propre crise à

Gérer et que en fait le coup serait absolument colossal et enfin dernier éléments il est plus géopolitique c’est à dire qu’en fait on aurait un déplacement du centre de gravité de l’Union européenne vers l’Est avec un pays dont les frontières orientales seraient vraisemblablement encore pour des années indéterminées alors ça pose

Deux types de problèmes premièrement selon les règles actuelles on intègre pas un état en guerre dont les frontières sont contestées alors il y a eu le cas de Chypre c’est un peu un cas exceptionnel mais c’est la règle et deuxièmement on aurait du coup 2000 km de frontières avec l’Union soviétique

Donc en fait on aurait en fait une modification complète de ce que c’est que le projet européen actuel et il y a toujours un risque même si c’est pas une fatalité que l’élargissement joue contre la profond ce qui s’est passé en 2004 qu’on a intégré les 10 pays d’Europe centrale et orientale bon

C’est difficile de fonctionner à 27 surtout quand on a un droit de veto donc fonctionner à 30 ou à 36 comme la proposer au lasalt c’est quand même encore plus difficile surtout avec de telles disparités économiques politiques entre les États membres donc ce sont ces considérations là évidemment pas du tout

L’admiration sans borne que j’ai pour le peuple ukrainien qui défend sa liberté c’est pas ça la question c’est vraiment une question de fonctionnement de l’Union une question je ne sais pas si vous pouvez répondre mais si l’Ukraine devait pas rejoindre l’Union européenne que pourrait devenir ce territoire je sais

Pas si c’est votre ce que je disais c’est la fameuse solution qui a été proposée de la Confédération politique c’est en fait bon c’est une formule un peu magique évidemment c’est après concrètement qu’est-ce que c’est il faudrait voir mais l’idée c’est quand même qu’on puisse avoir c’est une manière d’expérimenter les multiples

Vitesses que vous avez évoqué des partenariats renforcés qui donnent accès à certains des biens publics créés par l’Union européenne ce qu’est ce que c’est que cette République fédérative j’ai pas eu le temps de le développer mais je le fais dans le livre c’est en fait une entité qui crée des biens publics

Donc qui crée de la sécurité qui crée de la stabilité politique économique qui crée éventuellement de la sécurité climatique etc etc et en fait c’est bien public on peut parfois y accéder je dirais de manière partielle c’est à dire qu’on peut par exemple accéder éventuellement c’est le plus

Facile aux échanges Erasmus on peut accéder à un certain nombre disons de droits et de biens qui sont fournis par l’Union européenne actuelle sans pour autant avoir le droit de vote au Conseil européen c’est à dire avoir une sorte de citoyenneté plané entière au sein des États membres et donc je trouve que

C’est la piste en fait la plus réaliste aujourd’hui alors de ce point de vue du point de vue du réalisme politique c’est à dire en fait sans avoir voix au chapitre sur tous les sujets pouvoir bénéficier de partenariats renforcé qui donne accès notamment par certains aspects au marché intérieur

À l’espace d’enseignement supérieur je crois que c’est très important les échanges intellectuels et voilà tout s’est bien public sans pour autant siéger au Conseil européen pas de question dans la salle l’argent oui alors allez-y juste j’habite à Alger et donc en regardant les choses un peu de l’extérieur c’est bon par exemple au

Niveau des ambassades la plupart des pays européens d’une ambassade mais il y a en plus une ambassade de l’Union européenne sur un certain nombre de contrat passé avec l’État algérien ils ont les élèves de la même union sont en concurrence donc voilà comment envoyer en fait tout

Ce travail il y a un travail intérieur à faire mais comment arriver à présenter disons un à l’extérieur de l’Europe un visage un peu plus voilà uni en tout cas moins concurrentiel peut-être merci beaucoup parce que ça va exactement dans le sens en fait de ce que j’essaie de défendre avec la

République fédérative aujourd’hui il y a effectivement des rivalités fortes entre les États membres et pas seulement entre la France et l’Allemagne il y a des il y a des modèles qui doivent rester différents des modèles économiques et sociaux qui doivent rester différents et je suis dire le modèle de fédération que je défends

N’est pas du tout un modèle d’uniformisation mais c’est un modèle qui doit permettre de court-circuiter les rivalités les concurrences que vous évoquez c’est à dire de trouver la ligne d’une cohérence dans la politique étrangère et vous avez raison de mentionner le fait qu’il y a une ambassade il y a des délégations de

L’Union européenne à la Coop il y a toutes sortes de d’un travail aussi de ce qu’on appelle l’assistance technique alors c’est un petit peu technique aussi mais qui vient auprès des gouvernements et notamment dans les pays du Maghreb mais ça a été le cas aussi en Grèce avec

Plus ou moins de succès comment on le sait mais en tout cas il y a toute ce travail on pourrait dire de diplomatie de l’Union européenne mais qui fonctionne en parallèle avec ça les États membres et parfois il et c’est la raison pour laquelle il faut effectivement plus de cohésion il faut

Plus de cohérence dans la politique étrangère et ça fait peu de temps que l’Union européenne a cette boussole stratégique qui évidemment ne fera pas le tour de ces questions donc il faut évidemment renforcer même Joseph Borel en fait il a pas encore ce voilà il incarne pas encore aux yeux du monde

On pourrait dire l’Union européenne c’est Olaf Scholl ce qu’il incarne encore quand quand il faut que Joe Biden Vienne en Europe qui va aller voir ou Emmanuel Macron mais c’est pas c’est pas Joseph Borel enfin il va croiser effectivement Ursula wanderlion parce qu’elle essaie d’incarner quelque chose mais on voit

Bien que c’est pas encore le cas j’ai une question est-ce que le leadership en matière climatique voudrait exercer l’Europe est-ce que c’est la somme des des comment dire des volontés des États ou est-ce que c’est au-delà de ça c’est à dire que il y a une volonté européenne de

Réservation de de revenir en matière climatique ou est-ce que c’est un consensus alors c’est une question très intéressante je pourrais vous faire un cours de deux heures là dessus parce que je vais parler de ça au Collège d’Europe à Bruges là dans deux jours c’est assez fascinant en 1971 1972 à l’époque

C’était encore les communautés économiques européennes ils ont pris pour certains en tout cas la mesure des enjeux écologiques alors c’est pas encore les enjeux climatiques mais ces enjeux écologiques et donc en 1973 donc après le rapporte mes doses de 72 on a le premier programme d’action commune et

Là on en est au 8e donc ce sont des quinquennaux des plantes quinquennaux alors on parle beaucoup de planification écologiques faut savoir que la planification écologique elle existe dans l’Union européenne mission européenne depuis 1973 donc en fait ce sont des plans qui ont toute une série d’objectifs qui sont parfaitement

Définies détaillées et chiffrées dans tous les domaines que ce soit protection de la biodiversité maintenant lutte contre les règlements climatiques accès aux énergies renouvelables transformations des modes de production et de consommation passage à une économie circulaire enfin je vais pas vous faire le tableau mais c’est absolument colossal et ça va au-delà du

Green Deal de 2019 qui est déjà en fait un projet absolument très impressionnant de décarbonation de nos économies qui lui résulte évidemment d’un compromis mais il faut savoir que la commission s’en est chargée d’un point de vue assez technocratique depuis très longtemps et aussi sous l’aiguillon du Parlement

C’est-à-dire qu’il y a une sorte de surenchère et de course à l’échalote sur les questions écologistes qui ont été une sorte de vraiment pour le coup très productif cette rivalité a été très productive entre les institutions parce que chacun a voulu faire de la surenchère dans le domaine environnemental et donc depuis très

Longtemps les deux institutions jouent en quelque sorte cette carte écologique et donc on a toute une série de plans il faut savoir qu’il y a une très grande disparité entre les pays du Nord les pays scandinaves l’Allemagne et les Pays-Bas qui depuis longtemps des politiques écologiques la France

L’Italie l’Espagne le Portugal qui avait absolument aucune politique écologique jusqu’à assez récemment et qui ont adopté leur loi sous l’impulsion des directives européennes donc en fait il y a vraiment des très grandes disparités il y a eu un tournant c’est 1995 c’est à dire l’entrée de l’Autriche et d’autres

Pays scandinaves qui ont vraiment qui eux avaient vraiment une haute idée des impératifs environnementaux et qui ont vraiment été très très moteur dans le développement des politiques environnementales de l’Union donc évidemment ça doit aller plus loin et moi je défends les droits environnementaux et ce qu’on appelle en

Fait la convention Darus qui est une convention qui a été signée sous l’égide de l’ONU en 1998 et qui a trois piliers on pourrait dire l’information la participation et la contestation ce sont en quelque sorte par là ces trois piliers que les droits des citoyens doivent être défendus en particulier au

Niveau de l’Union et la Cour de justice doit être en quelque sorte le gardien fédéral dans la cour fédérale de ces droits environnementaux comme elle doit l’être à mes yeux des droits sociaux donc je pense que l’enjeu d’avenir c’est là-dessus que je voudrais travailler maintenant c’est la question de l’articulation justice sociale et

Justice environnementale les droits sociaux et les droits environnementaux alors une question encore on va en prendre j’en ai une autre en ligne est-ce que vous pensez que les initiatives européennes citoyennes européennes peuvent faire avancer par exemple les la conditionnalité climatique dont vous avez parlé oui alors peut-être juste un mot sur ces

Initiatives citoyennes européennes donc depuis 2009 depuis le traité de Lisbonne vous le savez sans doute un million de citoyens européens venant de plus de 7 États membres peuvent donc porter en fait une initiative qui si elle va dire accède un syndrome de conditions doit être inscrite ensuite à l’agenda législatif si le référendum

En quelque sorte est favorable de la Commission européenne et donc en ce sens on a un certain initiative citoyen européenne qui ont déjà été actées la plupart portent sur des questions sociétales ou environnementales et questions de bien-être animal lutte contre l’écocide etc donc il y a une voix par l’initiative citoyenne

Européenne mais cette voix est quand même assez étroite alors je suis pas spécialiste cette question mais ce que disent les juristes c’est qu’en fait ça reste quand même malgré tout assez marginal dans l’équilibre des institutions européennes de même que la démocratie participative et délibérative donc c’est une instance

Possible reste marginale malgré tous les efforts du Parlement de la Commission et même de certains États membres c’est-à-dire qu’en fait je sais pas si vous le savez mais on a eu quelque chose comme là s’appelle la convention pour l’avenir de l’Europe qui a siéger voilà c’était pendant le covid malheureusement

Mais pendant un an un peu partout en Europe avec une plateforme multilingue avec un nombre d’événements absolument colossal qui ont été organisés je sais pas si vous en avez entendu parler Convention sur l’avenir de l’Europe voilà non et donc c’était le plus grand exercice de démocratie des libérative et

Participatif qui a jamais été organisée en fait et donc il faut bien se rendre compte que toutes les initiatives des libératives et participatives généralement échouent alors pourquoi c’est pas forcément parce qu’elles sont mal organisées celle-là elle était plutôt très bien mais parce que en fait il y a

Des problèmes de diffusion ou des problèmes ensuite de mise à l’agenda enfin bon qui font que j’ai du mal à croire complètement que la voix des ice comme celle de la démocratie participative va nous permettre de sortir de l’impasse mais peut-être l’avenir me donnera-t-il tort alors il y a une dernière question

En ligne est-ce que la montée des souverainistes des des partis politiques représentés au Parlement européen et qui sont contre l’Europe vous inquiète par rapport à vous à vos souhaits ce que vous nous avez exposé alors oui bien sûr le livre en fait est alors j’ai pas du

Tout à parler cette aspect là mais le livre en fait est une sorte de réponse à l’argumentaire souverainiste qui à mon avis peut-être reconstitué avec un centre d’argument assez simple dont la souveraineté ne peut être partagée dont j’ai un peu parlé ce soir mais il y a toute une série d’arguments

Sur l’échelle de la démocratie sur voilà sur sur le sens de l’espoir fédéral justement qui à mon avis doivent être réfutés et considérés comme des sophisme si on ne veut pas donner du grain à moudre à ces partis populistes et souverainistes qui de fait sont de plus en plus puissants en Europe alors

Il y a une seule chose peut-être un petit espoir c’est que depuis que les parties nationalistes souverainistes et populiste c’est pas la même chose montant puissance en Europe jusqu’à 1/4 des sièges du Parlement européen ont été occupés par des partis eurosceptiques et donc on pourrait dire que ça devrait

En quelque sorte paralyser le fonctionnement des institutions et bien paradoxalement ça ne les a pas paralysés et moi-même j’ai assisté il y a quelques mois de trois mois à des séances de fonctionnement de commission au parlement européen ou y compris les groupes d’extrême droite les plus nationalistes jouaient le jeu

De la démocratie européenne et j’ai été complètement sidérée parce que j’ai vu et entendu parce qu’en fait ce sont des partis qui arrivent au Parlement européen avec un discours totalement hostile aux institutions européennes et qui en un sens se font en quelque sorte absorbés par le fonctionnement de ces

Institutions alors c’est pas dire que quand il rentre dans leur pays ils continuent pas à tenir un discours enflammé contre les institutions européennes comme le fait aujourd’hui par exemple la France insoumise en France mais si vous écoutez les députés et la France insoumise au Parlement européen leur discours n’a strictement rien à voir

Et donc si vous voulez c’est ce décalage entre ceux qui se passe dans le discours politique national et ce qui se passe au Parlement qui me donne un peu d’espoir pour l’avenir bien on va terminer sur cette note d’espoir merci beaucoup ne nous avoir donné un goût d’avenir pour l’Europe merci

Beaucoup alors je vais vous annoncer la la prochaine conférence qui aura lieu ici et en ligne le 28 mars à 18h30 avec Sophie Bessy Sophie bessi est historienne et spécialiste du monde arabe et le titre de la prochaine conférence donc face à la dérive extremiste en Israël pourquoi ce silence

Pourquoi ce silence des démocraties occidentales par rapport à ce qui est en train de se passer en Israël voilà merci à tous et bonne soirée merci [Applaudissements]

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