Émilie et son jardin – par Marc Lechien – paysagiste et urbaniste, spécialiste des jardins.
Conférence du jeudi 21 janvier 2021
« Il faut cultiver son jardin » disait Voltaire. Cette invitation n’est pas seulement à entendre au sens symbolique car l’auteur de Candide savait de quoi il parlait, il avait partagé celui de Cirey-sur-Blaise avec Émile du Châtelet et cette période fut sans doute la plus heureuse de sa vie.
À quoi ressemblait ce jardin ? Des textes, des documents figurés et certains dispositifs restés en place permettent de s’en faire une idée. Cette communication s’attachera également à montrer que si le jardin d’Émilie se pensait à deux, il ne se réalisait pas sans l’intervention d’un jardinier.
Bonsoir alors bienvenue à cette nouvelle édition des conférences du jeudi le cycle des conférences du jeudi vous propose une conférence par mois comme vous le savez il est organisé en partenariat avec les archives départementales de la hauteemarne l’association archéolona et le musée de saint-disier alors je vais vous
Entretenir ce soir euh d’un sujet euh jardin euh vous me connaissez peut-être pas Marc Lechien je suis paysagiste urbaniste et ancien directeur artistique du conseil d’architecture d’urbanisme et d’environnement de la hauteemarne je dis ancien puisque je suis euh jeune retraité euh depuis le 1er janvier voilà
Donc je me suis occupé dans ce service de la la découverte la la restauration la promotion du patrimoine des parc et jardins en hauteemarne à travers notamment une brochure qui s’intitulait visiter un jardin à hauteemarne et qui rassemblait chaque année environ 45 jardins qui étaient donc ouverts au
Public pendant un temps plus ou moins long hein certains les pour certains les grilles étaient entrouverte euh des propriétaires euh avaient cette cette cet accueil euh de de montrer leur leur patrimoine mais effectivement parfois c’était pas pour eux une priorité donc d’autres jardins étaient ouverts beaucoup plus facilement bon
Vous connaissez bien sûr le grand jardin de Joinville mais beaucoup d’autres alors le jardin de ciré c’est un jardin qui est ouvert au public donc après la conférence vous pourrez enfin dès que les conditions sanitaires s’amélioreront vous pourrez aller le visiter et euh mettre vos pas dans dans ce que je vous
Propose ce soir alors la conférence est sous-titrée le jardin et le parc de ciré sur Blaise du classicisme au pittoresque je vais surtout vous parler du classicisme c’est-à-dire de la période d’Émilie Émilie du châelet mais je ne vous laisserai pas chouir au milieu du 18e siècle et je vous parlerai un petit
Peu de l’évolution du parc de siriré pendant le 19e siècle puisqu’il y a l’interv antion d’un paysagiste très important qui va modifier les lieux et apporter beaucoup de choses à ce à ce grand parc alors euh d’abord vous parlez des protagonistes euh donc nous sommes vers 1745 en ce qui
Concerne ces deux portraits euh la période dont je vais vous parler très précisément elle s’écoule de 1734 à 1749 49 étant malheureus ement la date de décès d’Émilie du Châtelet donc Émilie du Châtelet et François Marie aroué de Voltaire alors Émilie du châelet est propriétaire de Cé
Ou plutôt elle est propriétaire avec son mari Florent du Châtelet Florent du châelet est un militaire il sera maréchal de camp donc il aura un poste assez important et il sera souvent à l’extérieur et revenant dans son domaine euh peut-être moins d’une fois par an ça dépend des années et des des campagnes
Qu’il doit qu’il doit mener alors c’est un mari qui à peu près l’âge de de Voltaire d’ailleurs ils sont tout à fait contemporains Voltaire a 40 ans à cet époque là et Émilie du châelet on a 28 voilà ce qui n’est pas une différence très importante au 18e siècle les
Différences d’âge notamment dans le sens de l’épouse d’une jeune épouse est très très très très courante donc ce ce mari est je ne dirais pas complaisant mais enfin c’est un c’est un homme qui accepte tout à fait que sa femme vive loin loin du front on va dire et qu’elle
Entretienne ben des des amitiés alors ces amitiés iront parfois assez loin en tout cas avec Voltaire c’est bien sûr le le cas alors Voltaire lui il rencontre Émilie du châel dans la famille d’émilier du châelet qui est la famille de Breteuil et il il tombe j’allais dire euh
Complètement en accord avec elle c’est une femme une femme on dirait une femme savante mais pas au sens où on l’entendait au 17e siècle c’est une vraie femme savante elle traduit Newton pour vous donner un exemple qui est quand même pas donné à tout le monde euh elle s’intéresse beaucoup à la
Philosophie à la littérature aux arts et Voltaire bien sûr ne manque pas de de remarquer cette cette jeune personne qui a tant de tant d’attrait euh donc ils ont au départ une grande affinité on va dire intellectuelle mais qui deviendra assez vite une une affinité amoureuse également donc
Voltaire d’ailleurs va va garder un souvenir tout à fait ému de cette période et il en parle tant dans sa cor ondance que dans ses Mémoires alors il dit par exemple l’amour fera de Cé le paradis terrestre alors bon il dit ça au début bien
Sûr vers la fin de de ces 15 années on a un autre son de cloche par par Émilie et on voit que l’amour laisse place elle dit dit-elle au sentiments paisiblebles de l’amitié mais bon voilà par ailleurs Voltaire toujours euh cite le poète latin Horace ici le poète
Aimant la vertu méprisant la foule et la cour cultivant l’amitié demeure caché retiré à la campagne il se cite lui-même dans ses Mémoires asile des beauarts solitude où mon cœur est toujours demeuré dans une paix profonde c’est vous qui donnez le bonheur que promettait en vain le monde
Voilà un peu dans quelle disposition d’esprit euh se trouve Voltaire pendant ces ces 15 années et vraiment c’est c’est c’est quelque chose de très sincère chez lui dans sa correspondance bah il parle évidemment des des travaux puisque il s’investit énormément on peut supposer on en a pas la preuve mais
Qu’il y consacre aussi des moyens puisque Voltaire contrairement à Rousseau n’est pas un philosophe pauvre il a quelques moyens et euh il probable ement il collaborera aux travaux de façon à ce que ça ça avance plus vite il est concerné au premier chef puisque il fera notamment édifier une aile au
Château on verra ça de plus près avec des sculpture qu’il surveillera de de très près alors il il écrit par exemple madame de chambonin qui est une de ses amis des terrasses des remises des grilles de longues allées m’ont arraché madame au ir de vous faire ma cour donc
Bon même si c’est un un discours j’allais dire un petit peu convenu on sent quand même que il a beaucoup de beaucoup d’investissements dans ses lieux il dit encore j’attends ici tous les jours des ouvriers je suis moi-même le piqueur c’est-à-dire le l’activeur de ceux qui travaillent
J’écris leur nom chaque jour dans un grand livre de compte donc voilà il n’est pas du tout dans quelqu chose de de contemplatif il il s’investit vraiment ce qui l’amène parfois d’ailleurs à contredire ou enfin à se disputer gentiment avec Émilie du châelet qui est quand même finalement la propriétaire des lieux hein
Alors elle dirige quand même les les les les travaux et elle contrarie Voltaire qui s’en plain d’ailleurs avec humour il dit elle fait mettre des fenêtres où j’avais mis des portes elle change les escali cheminée et le cheminé en escalier elle fait planter des tyleules où j’avais proposé des Ormes et si
J’avais planté un potager elle en ferait un par terre voyez que dans le couple voilà les échanges peuvent être vifs en tout cas ils sont forcément constructif comme on va le voir maintenant alors voilà une vue du château de de C c’est la façade est enfin exposée à l’ouest qui occupe le
Fond de de la cour mais côté vallée de la Blaise alors vous voyez que le noyau central du château c’est le bâtiment en briquet pierre et sur la sur la droite de la vue hein c’est un tableau de 1742 donc on est tout à fait contemporain puisque Voltaire et
Émilie travailleront sur ce chantier entre guillemets à partir de 1743 donc le tableau nous représente bien l’état des l’état des lieux donc sur la droite on a encore le vieux château une partie du vieux château défensif qui occupait la bute sur laquelle est placé l’ensemble du du
Domaine et puis euh on le verra mieux tout à l’heure avec une vue sur la sur la cour c’est un château inachevé faute de faute de moyens faute d’initiative et euh donc on a quelque chose qui paraît un peu déséquilibré entre le vieux château qui n’est pas
Démoli et le le le le château neuf qui est un petit peu sur la sur le côté gauche là on voit que ça s s’achachève avec des terrasses euh des balustrades on n’est pas dans un grand bâtiment tel que on aurait pu l’imaginer alors comment se présente cette façade qui
Domine donc le paysage bien que ce paysage soit assez peu représenté euh vous avez au premier plan des canaux alors il y a la Blaise canalisé au premier plan et ensuite un canal qui servira de de vivier ensuite et bien vous avez des j’allais dire des terrasses voz ce sont des terrasses qui
Sont dissimulées par un trayage donc probablement des terrasses réalisées avec des murs de soutainement en en pierre sèche et puis vous avez un bassin sur la gauche du du château qui constitue un premier jardin en contrebas de la la cour du château la cour d’honneur alors voilà ce que ce que
Pouvait donner euh ces fameux terrassements donc en pierre sèche c’est un exemple que j’emprunte au jardin de de consce jardin en terrasse de consce tout près de de langangre qu’on a récemment restauré donc ce sont des murs qui peuvent atteindre 6 à 7 m de haut en pierre sèche avec une inclinaison de
Façon à mieux résister au au pousser de la terre pourquoi en pierre sèche et bien pour que l’eau qui tombe dans la TER terrace supérieure puisse s’évacuer le plus rapidement possible sinon bien sûr la terre gonfle et pousse sur les murs qui s’écroulent donc pour vous donner un exemple une maçonnerie avec
Des joints qui soit à la chauud ou au ciment bien pour un tel mur on a une espérance de vie de 30 à 50 ans si c’est en pierre sèche on est dans les 200 ans donc évidemment à condition d’avoir les moyens et le temps mais on n’hésite pas
Alors ces murs je vous le disais euh sont sont dissimulés par des trayages des trayages ici qui sont réalisés en chatignier à cons mais à l’époque ils étaient probablement réalisés en chaîne parce que le châtinier est un arbre calcifuge donc qui fuit le calcaire et
Qui ne pousse pas du tout en Hute Marne sauf dans la partie peut-être de Bourbon les bains où là on a du du gris donc un sol plus plus acide plus propiss au au châenier la maille est d’un pied sur un pied c’est-à-dire en gros 33 cm sur 33
Cm et elle est conforme à ce qu’on trouve dans pardon dans l’Encyclopédie de de didro il y a peu d’articles ce qui concerne le jardin mais on a une vision d’un d’un trayage représenté donc en gravure dans l’Encyclopédie alors sur ce trayage bien sûr on ne laisse pas comme ça on le on
Se sert de de de ce trayage comme d’un support alors dans le dans les diff différents documents de ciré on voit qu’on parle de vigne vierge alors la vigne vierge c’est plutôt une plante grimpante qu’on met quand l’exposition n’est pas très bonne quand elle est bonne comme à l’Ouest par exemple bien
On a surtout des plantes frutières de la vigne ou des espaliers de de poiriers par exemple plutôt des poiriers que des pommiers le pommier est considéré au 18e siècle comme un supplément de nourriture pour les paysans hein donc donc c’est assez méprisé la poire est vraiment le fruit aristocratique et pour vous donner
Un exemple dans le traité de duamel du Monceau par exemple et bien on a 70 variétés de poiriers différents et 19 seulement de pommes donc la pomme c’est vraiment le 19e siècle qui va vraiment développer les variétés de de ce fruit aujourd’hui bien sûr c’est plutôt le
Contraire on a plutôt plus de choix dans les pommes que dans les poires mais au 18e siècle au contraire c’était quelque chose de très très très prisé donc voilà d’un peu plus près cette cette façade avec le le Pavillon Louis XI et puis son extension un petit
Peu plus tardive en pierre de taille avec un reste d’une des d’un des soubassements mais ensuite bien sûr le délivlé a été aplani au 19e siècle et on a une pente douce avec une allée en contrebas et on a plus du tout cet effet de de terrassement qui donnait une
Allure un peu particulière bien sûr au au châau qui apparaissait au sommet de ces ensembles de de murs donc au premier plan le canal le nouveau canal et derrière lui en parallèle la blesse canalisée et bien sûr la vallée la vallée qui qui qui représente un site tout à fait
Extraordinaire mais qui ne sera finalement pas très exploité à l’époque de Voltaire et d’Émilie du Châtelet c’est quelque chose qu’on verra plutôt se renverser comme point de vue au 19e siècle voilà une vue donc du premier canal qui est recreusé à l’époque de d’Émilie et et de Voltaire recreusé pour servir surtout de
De vivier en même temps bien sûr il permet un drainage de la de la vallée qui est et à ce moment-là la vallée de la Blaise qui est assez la Blaise était assez parcouru de méandre et c’était évidemment pas pas facile avec un assaainissement on pouvait utiliser les
Terres pour faire des des prés sans que les les animaux bien sûr s’en lisent alors euh là vous remarquerez la façade euh enfin qui n’existe pas mais la la partie euh Sud euh du du du jardin en fait c’est ces petits ronds ce sont tout simplement des des quincons alors Quinon
Ça vient du chiffre quin 5 charloquin pense à charloquin et qui reproduit le le D si vous voyez un jeu de D et bien vous verrez C points le le D est tout à fait représenté par par par ce ce schéma qu’est-ce que c’est ce en fait c’est une une idée qui nous
Vient de la la culture des des forêts puisque 5 c’est la manière quincon c’est la manière d’implanter le maximum d’arbres dans un minimum d’espace voilà alors c’est étonnant pour nous parce que si on se représente bien les choses et bien c’est qu’inc Vienne boucher complètement la vue sur la
Vallée de la Blaise donc on voit bien que c’est pas quelque chose qui à cette époque là est valorisé c’est plutôt un espace de culture et je ne dis pas qu’il est méprisé mais en tout cas c’est pas de ce côté-ci qu’on va développer le jardin le jardin et bien on va
Euh avoir deux deux axes un principal et un secondaire le cet axe secondaire sur la la façade latérale euh avec cette grande porte qui a été voulu par Voltaire et Émilie avec une série d’attributs qui sont sculptés dans les les voussures donc les la vousure c’est
La partie qui a entre les pilastres et la la porte-fenêtre proprement dite donc cette ces vousoussures qui sont décoré d’attributs qui renvoi bien sûr à la nature donc la nature est placée au cœur de du du château et du et du jardin voilà cette cette porte
Donc un premier axe va partir de cette de cette porte mais va buter assez vite dans ce qui voilà ce qui sera n pour la vallée de la Blaise mais voilà cet axe qui butait à l’époque sur les quincons de tyol donc voilà la vallée malheureusement n’était pas
Quelque chose de de valorisé bien qu’elle soit relativement spectaculaire alors voilà une vue d’époque on est toujours en 1742 la façade ouest du du château vous voyez dans l’axe de de ce qui aurait dû être le château une une statue et en fait on aurait dû avoir le symétrique
Sur la droite donc le château c’est la construction du château s’est arrêtée là et sur la gauche vous voyez la la nouvelle aile qui a été voulue par Voltaire et Émilie du châelet à l’époque elle n’est pas terminée donc on a juste installé une balustrade pour cacher la la future toiture qui était
Une toiture plate alors même si le château n’est pas complet on imagine quand même que son axe qui est souligné à la fois par plusieurs statues une statue d’Athéna au centre en référence au maître de maison Athena donc la déesse de la de la guerre ensuite nous avons deux lions euh
Donc symbolisant la force qui ferme cette cour d’honneur qui est pourvue d’une d’une balustrade et puis on enambe des fossées avec ce ce pont qui est une sorte de de passerelle en fait et qui détermine l’axe des jardins tel que on va les découvrir voilà alors cette vue
Elle est tout à fait imaginaire tout à fait flatteuse puisque on a l’autre moitié du château qui n’existera jamais qui ne sera jamais construite mais on comprend mieux bien sûr l’axialité et on colle bien à la au précep du classicisme dans le domaine des jardins puisque vous
Savez que un des traits du classicisme c’est que on crée un faire valoir réciproque entre le château et le jardin à travers cet axe de symétrie qui leur est commun alors de quoi est composé ce jardin et bien une fois franchi les fossés vous voyez un certain nombre
D’arbres qui sont taillés en boule donc un espace plutôt sombre qui oblige l’œil à se concentrer sur l’axe de symétrie et ne se laisse pas distraire sur les côtés puisque les vues sont cachées par ces arbres une grille une grille qui finalement qui interdit mais qui valorise aussi l’entrée du
Jardin Cette grille qui est relayée par des murs de part et de route et donne accès à ce qu’on on pourrait appeler un tapis vert donc un grand gazon cerné par deux deux allées de chaque côté avec les jardins proprement dit qui se trouve de part et d’autre de cette double allée
Alors à gauche nous avons un potager alors un potager qui est reconnaissable par les différents rectangles de culture vous voyez qu’il ne s’agit pas d’une broderie comme on pouvait en avoir au 17e siècle mais au contraire là on est près de la maison et on a plutôt de l’utilité
Ça peut paraître assez étonnant au milieu de ce potagé et bien on a un bassin mais ça par contre c’est quelque chose de tout à fait normal un bassin qui permet d’arroser les légumes avec la de l’eau à température ambiante parce que si on arrose avec l’eau du puit par
Exemple qui peut se trouver à à 5 7 degrés et bien on va provoquer des chocs thermiques sur les légumes et ça va pas bien se passer donc on a toujours un bassin dans ces potagers sur la droite et bien on a un jardin euh qu’on pourrait intituler un jardin
Bouquetier avec ses ses parterres fleurries vous voyez des différentes fleurs différentes couleurs on parlera un petit peu plus tard de ce que de quoi ces fleurs sont sont composées et puis si vous êtes assez attentif vous allez apercevoir Voltaire et Émilie du châelé qui se promène dans ses allées avec un
Petit chien qui qui parcourt pour l’espace euh donc on on les imagine très bien dans ce dans ce jardin surveillant leur culture euh la poussée des des fleurs des pour faire des des des bouquets hein un bouquetier c’est c’est bien ça c’est un un jardin qu’on qu’on
Admire pas mais qu’on dont on cueille les fleurs pour orner euh la maison il y avait même des des bouquetiers dans les abaylies alors cette fois-ci c’était pas pour orner les les cellules des mooinees mais c’était pour orner les les hôtels bien sûr donc le jardin bouquatier c’est
Un élément très présent dans les jardins du classicisme et puis faisant suite au bouquetier bien un nouveau potager vous reconnaissez alors il est un peu conçu comme l’autre il n’ a pas de bassin central mais il est entouré d’une petite bordure qu’on peut imaginer être du buis alors le buis il faut
Savoir que ça va se généraliser au 17e siècle mais on avait auparavant toutes sortes d’autres plantes pour cerner les parterre ça pouvait être de la germandrée on a même dans certains inventaires des des fraisiers donc une plante qui se prête relativement bien soit la taille ou en
Tout cas qui a une croissance mesurée de façon à assurer un un dessin le plus géométrique et le plus comment dirais-je le plus permanent possible du du jardin alors il y a des choses qu’on peut dont on peut s’étonner c’est que le jardin bouquetier il est très ombragé
Avec ses arbres taillés en boule bon j’avoue que j’ai pas de j’ai pas de réponse vraiment mais ça paraît un petit peu aberrant de mettre à l’ombre toutes ces fleurs qui à mon avis ont dû souffrir de cette ombre de même que le le potager on a une ombre projetée des
Arbres qui est pas forcément ce qu’il y a de mieux pour obtenir des des légumes mais ma fois c’est une vue qui nous est parvenue on est déjà jeux dire fort heureux d’avoir ce type de document alors le tapis vert le voilà tel qu’il existe encore aujourd’hui euh les allées
De part et d’autrre bien on les imagine un petit peu aussi et par contre les carrés potagers et les carrés bouquetiers ont disparu on en a simplement retracé le dessin avec une je vais vous le montrer peut-être tout de suite non je vous le montrerai après euh donc cette allé qui
En fait détermine une perspective assez longue qui vient buter sur les collines boisé au-delà du au-delà du parc en fait cette perspective atterrissait sur une sorte de temple circulaire qui était en fait un belvedire alors aujourd’hui on comprend bien la chose voilà un petit peu quelques vues de ce belveder un belveder
Circulaire voilà qui est entouré d’un saut de loup c’est-à-dire que personne de l’extérieur ne peut rentrer dans la propriété de cette manière-là on a des vues sur l’extérieur mais on assure complètement la fermeture du domaine voilà cette vue est peut-être plus plus lisible donc sur le la partie centrale
Circulaire on avait une colonnade qui était réalisé en bois d’après les les témoignages archivistiques et qui donc assurer un élément vertical vers lequel le le regard pouvait se diriger bon les colonnes en bois forcément ont disparu malheureusement voilà une idée du saut de loup alors c’est pas très très bon
État mais on comprend quand même très bien le voà l’arrangement alors sur le sur cette Grande Allée on a également un petit bâtiment qui a son intérêt c’est la glaciire alors il n’a pas d’intérêt visuel dans la composition parce qu’il est assez bas en fait dans une glacière tout se passe en
Profondeur voilà c’est pas la glacière de ciré mais enfin ça vous donnera une idée de de ce qu’est une glacière donc en fait c’est une sorte de puit maçonné en forme de d’œuf ou de cône comme comme on veut vous aviez une entrée pourvue de deux portes une première porte que vous
Refermiez derrière vous ensuite vous aviez une sorte te de sas de façon à préserver l’entrée de l’air chaud puisque on essayait au maximum de conserver le froid on ne savait pas produire le froid à cette époque- là mais on savait bien le conserver donc à travers ce ce type de
Construction et bien sûr une une isolation qui été réalisée avec de la paille et de l’argile tout autour des des parois alors là c’est pas très très bien expliqué sur ce schéma mais on on jetait donc des blocs de glace par par l’entrée s’il y avait pas de glace par
Hasard on avait une année moins froide et bien c’était de la neige et on enveloppait ensuite des victuailles dans des linges de façon à ce qu’elle soit pas en contact avec la la neige ou la glace qui était pas forcément propre puisque on la tiré d’un de l’étan entre
Autres du grand canal que vous avez vu tout à l’heure donc c’est ces victoiles étaient isolé ça arrivait aussi qu’on prenne de la glace et qu’on la mette dans des armoires frigorifiqu les ancêtres du réfrigérateur é des armoires en bois mais avec une isolation qui permettait de conserver la glace pas
Extrêmement longtemps moins longtemps que dans la glacière mais de l’avoir sous la main alors si on revient donc à à cette composition bon alors imaginaire pour la partie des constructions ce qui est intéressant de remarquer on a plus de détails sur le jardin bouquetier et on remarque aussi que sous les arbres
À gauche bien on a à nouveau des parteres de fleurs alors là très ombragé voilà j’ai toujours la même interrogation et on a toujours nos nos nos deux personnages avec peut-être l’intendant monsieur de la bonardière qui est souvent mentionné dans les conttes et puis à gauche le le jardinier probablement parmentier
Dont je vous parlerai un petit peu plus loin tous les murs voyez sont couverts de trayage et forcément sur lesquels on on palisse là on les voit pas mais on on peut palisser de la vigne vierge des vignes à raisin table ou des poiriers probablement alors un jardin vivrier
Comme ça ça peut étonner dans un jardin qu’on peut considérer quand même par euh l’aspect symétrique euh comme un jardin du classicisme tel que on en a réalisé depuis André Le Nôtre pour citer quelqu’un de de très connu et euh avoir un jardin symétrique qui est finalement dédié à des culture
Vivrière c’est ça peut paraître étrange on a un deuxième exemple tout à fait prestigieux en hauteem c’est le jardin de Donu alors le jardin de donju qui a été conçu dans les années 1750 est complètement dissocié du château puisque son axe ne correspond pas à celui du
Château son axe de composition donc on n plus dans cette relation de faire valoir réciproque maison jardin donc c’est un jardin assez atypique et vous voyez que dans le le jardin lui-même et bien les parteres sont uniquement cultivés avec des légumes ou euh des des fleurs à
Couper donc cé dans de ce point de vue là cette époque-là n’est pas un cas isolé euh par contre il faut bien se dire que nous sommes à la moitié du 18e siècle donc ce qu’on appelait la partie la partie fleurie du classicisme euh donc l’époque Louis XV et que la
Rigueur du classicisme de Louis XIV a souffert ici qu’on dédit ces ses parterre à de l’utilitaire euh on le sait assez peu et c’est d’autant un témoignage intéressant alors revenons à Siré voilà ce qu’on a réalisé pour retrouver un peu la trace de ces de ces jardins qui était des
Dessins très très simples on voit des des carrés qui sont divisés par des allées médianes ou diagonales voilà avec le le bassin qui subsiste alors pas en très bon état mais qui permet de bien comprendre cette cette composition le bassin de l’ancien potager avec les trayage que vous voyez
Enc appuyé sur les sur les murs alors on a d’autres informations que les les les textes de Voltaire les textes de d’Émilie du chately et d’autres informations que livre pas le terrain c’est le traité qui a été fait entre Florent Claude du châelet donc le propriétaire des lieux
Le mari de d’ém et Jacques Parmentier qui restera jardinier pendant de très nombreuses années de ce domaine alors c’est très intéressant parce que ce traité bien il a été corédigé par euh Jacques Parmentier le jardinier qui qui était un jardinier qui savait écrire qui savait lire c’était c’était pas un
Manœuvre c’était quelqu’un déjà d’un d’un bon niveau et Florent Claude du Châtelet alors qu’est-ce que nous apprend ce ce traité bien bien sûr il comporte toutes les tâches que doit faire ce ce jardinier et du coup on sait ce qui est cultivé dans le jardin alors
Je vais vous donner une une lecture euh de ce qui figure en ce qui concerne les légumes et les fleurs de toutes les façons requises et nécessaires et les entretenir dans le plus grand goût et les tenir bien complantés de légumes et de fleurs complantter ça veut dire planter
Ensemble donc on associe les légumes et les fleur de faire deux carrés d’artichaud un de blanc un de violet dans les les endroits les plus convenables c’est-à-dire les mieux exposés un grand carré d’asperge un carré de laitu romaine outre celle ordinaire donc la laiture romaine à l’époque c’est quelque
Chose d’un petit peu relevé un peu un peu choisi un grand carré de navé des oignons en suffisance tant pour l’été que pour l’hiver donc ça nous donne des indications aussi sur que mangeait-on hein si on mangeait des oignons aussi bien l’été que l’hiver c’est quelque chose qui entrait beaucoup dans la
Cuisine de l’époque des cardes et cardons de toutes espèces des choux-fleurs des choux pommés de la chicoré des pois de l’oseille du persil du serfeuille de la pimprenelle ça c’est un petit peu moins cultivé aujourd’hui du pourpiier ça c’est une salade une espèce de salade qu’on on trouve encore mais effectivement beaucoup moins
Courante que les que la laitue de l’estragon du basilic alors le basilic aujourd’hui nous on le considère plutôt comme une plante provençale il faut penser qu’il était planté à bonne exposition protégé pour résister effectivement au froid de la serériette percepierre des épinards du crisson un grand carré de fraises donc
On se on imagine bien le dessert que Émilie et Voltaire dégustaient souvent on trouve également des petites raves des radis du séleri des framboises des panets des melons donc le melon qui est un fruit comm même assez raffiné tout à fait aristocratique et qui demande des soins très particuliers au niveau de la
Chaleur des carottes des haricots des fèves par contre vous constaterez qu’ un grand absent c’est la tomatein la tomate qui vient du Mexique et qui apparemment était connu mais sans doute assez difficile à cultiver donc on n’en fait pas mention alors le jardinier doit aussi confectionner les paillassons nécessaires à la
Conservation des légumes et des fruits donc on imagine qu’il y avait un un fruitier ce qu’on amène un fruitier c’est un bâtiment dans lequel on met les les légumes et les fruits à à l’abri du des des grands froids et qu’on peut qu’on peut allerquérir lorsque lorsque de besoin
Alors les fruits euh on imagine un petit peu bien sûr comme je vous l’ai dit tout à l’heure ce sont des fruits en espalier buisson et à haut vent alors haut vent aujourd’hui on dirait plein vent hein donc ce sont des arbres qui ne sont pas taillés alors que les buissons
Ce sont des formes taillées euh qui permettent une cuillette aisé pu on n pas besoin d’échelle puisque c’est une taille assez basse alors il demande aussi au jardiners d’avoir des graines en pépinière dans un carré donc d’avoir des sujets francs qu’on pourra greffer ensuite le jardinier doit avoir également soin des orangers des
Grenadiers et autres arbres à fleurs et à fruits alors l’Orangerie je vais vous la montrer voilà l’Orangerie en fait elle sera entièrement reconstruite à l’initiative de Florent du Châtelet donc dans les années 1748- 1749 on ne sait pas très bien à quoi ressemblait l’Orangerie du temps de Voltaire Émilie
Du châelet mais on sait en tout cas qu’il y avait des orangers alors Les Orangeries c’est c’est vraiment quelque chose euh d’assez ancien on en retrouve dès le 16e siècle c’est un bâtiment pur mot en français c’est vraiment une invention des jardins de France voilà à gauche vous
Avez la l’habitation du jardinier et puis à droite l’Orangerie avec ses grandes fenêtres qui sont incliné là je vous montre une orangerie qui se trouve en Allemagne mais où on voit bien l’inclinaison des vitres pour capter bien sûr les rayons les plus tardifs du du soleil alors dans cette orangerie on on
A des arbres qui se trouvent dans des pots ou dans des caisses voilà des une caisse à gauche à droite pardon qui date du 18e siècle alors je ne peux pas jurer bien sûr que c’est on avait les mêmes assirer mais voilà tout à fait l’esprit celles de gauche sont un peu plus
Tardives elles sont d’un jardin de de l’Aube et plus plus simple moins orné alors je vous montre un grenadier parce que c’est vraiment quelque chose qu’ n’a pas l’habitude de de voir c’est c’est un fruit qui est assez spectaculaire bon à manger n’est pas très intéressant il y a pratiquement
Plus de pépin que de que de chair mais pour le propriétaire c’est une grande fierté d’avoir ce type de de végétal chez soi et de pouvoir offrir ce type de de dégustation à à ses invités bien sûr l’oranger c’est il a une force symbolique encore plus grande puisque
C’est le seul végétal qui porte à la fois des fleurs des feuille et des fruits ce qui donne donc au propriétairees de ces de ces de ces agrumes et bien l’impression qui domine toutes les saisons qui domine la nature donc là c’est vraiment quelque chose qui sera général dans tous les jardins
Aristocratique et ciré bien sûr n’échappe pas euh alors voilà des contenants euh celui de droite est encore conservé sur place dans dans le château même s’il a perdu un peu son euh sont piédestal donc des des poteries tout ça est réalisé en en terre cuite alors bien sûr c’est une
Matière assez fragile donc on a assez peu de témoignage de ce genre de de vase alors dans l’orangerie on a encore une série de de de poaux euh comment savoir si ce sont des poaus du 18e siècle benah c’est assez facile puisque ce sont des poaus qui sont réalisé
Autour donc on a la trace des colombin et de la la main du potier dans ses tours dans ses poau pardon euh à partir des années 1840 tous les pots de fleurs seront emboutis donc on aura une forme extrêmement régulière et beaucoup moins poétique que cela alors comment les
Comment les fleurs comment tous ces agrumes étaient il ne restaient pas dans l’orangerie bien sûr donc ils étaient transportés devant dans la cour d’honneur ou dans les allées du du jardin al ils été transportés par ce genre de de véhicule à bras ou tiré
Par un cheval ou un ou un âne et on a la chance qu’il soit encore conservés dans les caves du du château alors voilà l’Orangerie une étagère euh bon le reste de l’Orangerie a été aménagé en en salon d’été mais l’étagère est tout à fait de cette époque-là et on
On les transportait également on avait des étagères pour mettre dans le jardin je sais pas si vous voyez très bien sur cette gravure nous ne sommes pas à Siré nous sommes à laoris c’est un un jardin qui se trouve près de mes qui se trouvait près de mes puisqu il n’a
Plus cette allure là malheureusement mais vous distinguez sur à droite et à gauche les étagères avec la collection de de plantes qui sont disposés pour évidemment susciter l’admiration des des visiteurs et puis vous avez dans le bas et bien un deux chevaux qui tirent une un petit véhicule sur lesquel reposent
Les fameuses caisses au moment où on va les disposer donc dans les dans les différents parter dans les le long des différentes allées voilà alors on a également je vais parler de la terre cuite mais des éléments en fonte les premiers éléments en fonte en Haute Marne apparaissent dès
Le 18e siècle et vous avez une forme particulière à gauche là qui qui reste à ciré on a encore un témoignage à droite c’est le jardin de donongux dont je vous ai montré un aperçu tout à l’heure et voyez on est dans les mêmes formes des formes très très voisines qui est assez
Différent de ce qu’on verra plus tard et qu’on appellera le vas micis là on est dans du du 18e siècle voilà je résiste pas au plaisir de vous montrer aussi ces vases de deux euh voilà ce qu’on obtenait dans lesffonderies au mernaise dans les années 1750 voilà celui de droite est pourvu de
De flamme en tôle donc une autre matière plus fragile que la que la fonte mais on obtenait des choses assez assez spectaculaire voilà et puis bien un jardin il faut bien sûr comme le dit Voltaire il faut se passer du temps se se reposer contempler les choses et je vous donne un exemple
Exemple de bancs alors qui était en pierre mais il n’y avait pas que des bans en pierre il y avait également des bancs en bois dont on a gardé très très peu de témoignages celui-ci est dans un jardin se trouve dans un jardin près de barleduc bon j’ai souhaité vous le
Mettre pour vous donner un peu un aperçu de ce qu’on avait comme mobilier de jardin avec ses accoudoirs ces faux accoudoirs tout à fait dans le style Louis XV assez assez chantourné et on imagine bien alors c’est un banc trois places il paraît très très long mais n’oubliez pas
Que les dames avaient des des robes à panier donc des robes très larges et c’est un banc sur lequel ne peuvent prendre que trois personnes en fait voilà alors en synthèse euh ah j’allais oublié les outils pardon avant avant de de terminer sur le contrat du du jardinier
Euh il avait les parties ornementales à à entretenir aussi donc les bosquets les Charmis les tyleules des partterres il devaent tenir les partterres garnis de fleurs en toute saison qui devait être une gagure tenir les allées et les contre-allées bien netes ratisser et repasser au rateau donc ça suffit pas
Ratisser il faut les repasser au rateau euh tondre celles qui sont en herbes on avait des allées en herb aussi entretenir les tyleuls de la salle d’armes donc ça c’est les tyleuls dont je vous ai parlé tout à l’heure les euh de la Glacière donc la glacière euh
Pour maintenir le plus de de de de fraîcheur et bien on plantait des arbres voir sur le sur la terre qui recouvrait la voûte de façon à ombrager au maximum ce cet édifice euh donc de la glacière et en planter là où il en manquera les garnir d’épines d’épines c’est-à-dire
D’auépin autant qu’il sera nécessaire pour les garantir des bestiaux donc protéger les jeunes arbres cultiver et avoir soin des vignes vierges qui sont le long des murs tant du jardin qu’autour du château et des terrasses tondre les escaliers et canapés aux ciseaux donc ça il s’agit en fait de glacis de différents niveaux
Dans les dans les terrasses tailler les Buies et les hais entretenir les trayages tant en berceau qu’en espalier alors pour ça il a des outils qui sont nommés dans son contrat c’est assez amusant et il donc Jacques Parmentier il dit je reconnais avoir entre les mains des outils appartenant aux 10 seigneurs donc
Monsieur du châelet tant bon que mauvais à savoir C bêche une fourche une fourche de fer à trois dents quatre Hoyo alors le Hoyo c’est une sorte de ou avec une partie un petit peu qui ferait penser un peu à une pioche avec une partie aplatie pour pouvoir creuser un petit peu la
Terre quatre hoos dont trois larges et un étroit un pic une paire de ciseaux à tondre donc là on avait pas de tondeuse donc imaginez ce que sont des ciseaux à tondre en fait c’est un outil qu’on utilisait pour tondre la les moutons tondre la laine et là au lieu de tondre
La laine bien on coupait l’herbe donc ça prenait certainement beaucoup de temps quand il s’agissait d’une d’une grande pelouse on devait dégrossir avec la FAU et affiner avec ces ces ciseaux qu’on appelait parfois des forces une plane àlané une paire de tenaille une hache deux sererpes quatre
Arrosoirs de cuivre dont deux vieux donc là ils prend ses précautions en disant que ils vont pas tenir très longtemps le coup un rateau à dents de fer c’est spécifié puisqueun dent les rateau à dent de bois existait aussi une charrue à labourer les allées quelques cloches
Tant bonnes que mauvais maais donc des cloches pour les melons bonne que mauvaise ça veut dire qu’il y en a qui étaient sans doute un peu fendu ou qui laissaiit passer malheureusement le le froid voilà excusez-moi j’allais oublier cet aspect là mais qui qui est quand même assez
Intéressant donc en synthèse de du jardin d’Émilie et de de Voltaire voilà on a constaté que l’axe de symétrie commun à la demeure et au jardin unit les deux compositions dans une relation de faire valoir réciproque hein donc là on est bien dans le classicisme cependant cet axe ne conduit plus
Orgueilleusement le regard jusqu’à la ligne d’horizon il s’achève sur un belvéire qui limite la composition tout en ouvrant celle-ci sur le paysage le paysage n’est pas encore objet de désir comme il le sera à partir des années 1760 on est juste avant et celui de la vallée de la Blaise laissé
Ouvert en raison de l’inachèvement du château l’aile de droite est pas pas construite et dissimulé par les quincons de tyol si dans la première partie du class isme verger et potager sont tenus à distance du jardin d’agrément donc tout au au 17e siècle notamment qu’on nomme souvent jardin de propreté puisque on
Peut s’y promener sans sans se crotter les souliers ni les robes qui qui touchaient terre au 18e siècle cette dissociation devient moins strict et il n’est pas étonnant de voir les cultures vivrières jxter les parterre d’ornement et l’axe de promenade cette proximité est à rapprocher de celle des jardins de
Donong que je vous ai montré voilà donc euh ce ce caractère donne au jardin de d’Émilie et de Voltaire un caractère beaucoup plus débonère proche de leur sensibilité qui aiment cultiver leur jardin sans concession à un apparat datant du Grand Siècle donc on a une évolution tout en gardant certains éléments de du
Classicisme alors que devient ce que va devenir ce ce jardin puisque bon vous le savez Émilie meurt en 1749 son mari il est pas souvent là donc il va néanmoins faire des choses he je vous ai dit qu’il faisait reconstruire l’Orangerie euh mais il va pas s’attaquer à la 2è
Partie du château et voilà un un plan qui date de 1834 vous voyez que les jardins ont ont disparu on on voit des carrés euh de culture alors on imagine que il s’agit peut-être de de Carré Potager puisque bon on a toujours quand même une maisonnée à nourrir qui
Entretient les bâtiments qui entretient le le jardin mais voilà il y a plus il est plus tellement question de d’apparat on a quand même toujours l’axe qui mène au belvedire c’est le le rond que vous apercevez en haut du plan le le le cercle qui qui termine la
Perspective alors ensuite bien euh il y aura les vicissitudes bien sûr de la Révolution et c’est adelaïd Simian qui va se débrouiller pour acheter un peu toutes les parcelles de son parc qui avait été forcément vendu comme bien national alors elle évidemment elle participe d’une d’une sensibilité tout à
Fait différente puisque Ben Rousseau est passé par là-dessus bien sûr et surtout on arrive dans une période qui va céder au classicisme qui va s’appeler le pittoresque alors le pittoresque le terme mérite d’être défini ça signifie digne d’être pain c’està-dire digne de faire un tableau un dessin donc digne de
Faire un un un tableau de son jardin de son parc et elle forcément Adal d’ Simian elle va se tourner vers cette grande page paysagère que représente la vallée de la Blaise donc on a sur cette lthographie ou ce ce dessin crayon la vision complètement changée puisque le propriétaire la
Propriétaire valorise la partie du château qui est ouverte sur la vallée de la Blaise voà une autre vue là on est on est devant les écuries qui qui sont à peu près toujours à peu près toujours cette allure et elle va faire appel elle et et ses successeurs la famille de
Damas va faire appel à un très grand paysagiste qui s’appelle Paul Bernard de la veine de Choulot alors cet homme a une carrière un petit peu particulière puisque il commence sa vie professionnelle comme garde du corps de Louis X et Charles X ce qui nous mène assez loin des
Jardins et puis avec l’avvénement de LouisPhilippe ben sa carrière va s’arrêter net et il va complètement changer son F d’épaule ou son sa bêche ou son rateau en tout cas et il va dessiner un certain nombre de jardins pratiquement tous les parcs de ses anciens collègues garde du
Corps qui sont tous tous étaient exilés dans leur terre et donc il va créer des parcs dans à peu près toute la France alors on sait qu’il a travaillé à sirireé parce qu’il a laissé un traité l’art des jardins étude théorique et pratique et que dans ce traité et bien
On a la liste euh voilà de l’ensemble des des parcs qu’il a créé et on voit euh par exemple dans cette dans cette liste on trouve bien sûr cé euh cé qui est à l’époque euh alors je vais essayer de vous retrouver le la liste euh la hauteemarne donc il a travaillé à
Plusieurs reprises à plusieurs parcs de hauteemarne Al j’ai pas toute la liste là vous l’avez en haut à droite c’est le 5e voilà donc là il est noté que cireé appartient à la Marquise de Damas donc qui a succédé à adaï de Simian dont je vous ai parlé tout à l’heure alors
Choulot c’est un un un architecte paysagiste qui va être célèbre parce qu’il va euh créer un enfin travailler un grand loottissement dans la région parisienne qui s’appelle le vaisinet qui existe toujours et qui est qui partait de de l’idée d’implanter des maisons euh des maisons particulières dans un ensemble paysagé planté
D’avance voilà une une vue du visiner avec vous voyez une une maison particulière et euh un un lac des plantations euh bien sûr pour des privilégiés euh de l’époque alors euh autre particularité de Paul de la veine de Choulot c’est qu’il travaille avec son épouse et son épouse elle s’est fait
Une spécialité d’orner ses plans alors c’est elle qui fait ce qu’on appelle un cartouche vous voyez et et quand on trouve un plan euh de Paul de la veine de Choulot bah c’est c’est très facile de lui attribuer même s’il l’a pas signé parce que il sa femme faisait des
Cartouches bon à à c’est asses caractéristiques alors c’est elle aussi qui colorie les plans voà un autre plan de de Cé alors je vais vous frustrer beaucoup parce que on n jamais retrouvé le plan de de sirireé donc on sait simplement qu’il y a travailler parce
Que ce le nom de cée figure dans la liste que je vous ai montré mais on voit un petit peu son travail donc il créer des grandes promenades en boucle c’est on peut partir à droite ou à gauche du château et faire le tour du du domaine avec un certain nombre
D’éléments qui forcément relancent la tension du promeneur qui peuvent être des pièces d’eau on en voit sur ce sur ce planl qui peuvent être aussi des massifs arborés qui sont placés généralement dans les carrefour de façon à dérober au promeneurs ce qui se passe après alors tous ces parcs là sont
Dessinés avec des des courbes l’intérêt d’une courbe c’est bien sûr de dissimuler ce qui vient et d’exciter la tension du du promeneur alors dans ce qui ramène l’attention du promeneur sur le sur le parc c’est aussi ce qu’on appelait des fabriques donc des fabriques ce sont pas des usines ou des
Manufactures mais ce sont des éléments fabriqués inventés par le dessinateur le paysagiste c’est un mot assez ancien on l’emploie déjà dans les cours de dessins au 17e siècle où on demandait aux jeunes apprentis dessinateurs d’enjoliver leur dessin de paysage avec des éléments qui les rendaient plus piquant plus
Pitoresque on dirait euh qui pouvait être bah des chaumières qui pouvaient être des fausses grottes qui pouvaient être des petits bâtiments comme comme ceci alors ça c’est donc de la main de de l’épouse de Paul de la vine de de Choulot il en a probablement existé à
Cyé mais euh voilà une vue du domaine euh alors vous voyez le le l’étendue cette fois-ci c’est pas un jardin c’est un parc et euh Paul de la veine de Choulot va se comment dire s’exprimer sur l’ensemble du domaine on va s’y promener un peu plus voilà une fabrique euh qui
Était inventée de toutes pièces alors j’allais dire c’est une fausse tour mais qui est en vraie ruine parce que elle est elle a quand même beaucoup souffert elle est sur un terrain assez assez mouvement dans mouvant pardon elle est dans le le bas de la vallée et voilà on
On se la raconte on s’imagine que il y a une partie du château médiéval qui se trouvait là et c’est un but bien sûr de de promenade alors là nous ne sommes pas assirés mais c’est un autre exemple d’un parc de pôul de la veine de choulau
Voyez où on a construit un pont faussement ruiné on a construit une fausse tour alors un château fort d’opérette et assiré ben voilà ce ce ce pont très très orné très tr ill réalisé en fonte puisque la haute mararne comme vous le savez dans les années 1840 est le premier département
Métallurgique de France donc on a recours à des des objets des adicules voilà une vue actuelle de cette fameuse passerelle voyez très élégante et qui permet de passer du canal au à la Blaise canalisée voilà alors des passerelles ce serait je dirais pas un let mootif mais enfin
Quelque chose de très courant dans les compositions de Paul de la veine de Choulot et en général ces passerelles reli une île alors l’île c’est un thème dans dans les jardins pitoresques très courant euh on parle de de de citè bien sûr au 18e siècle cette île où la
Rencontre amoureuse paraît plus facile que dans que dans la vraie vie on va dire et euh on aura ce thème qui sera remis au goût du jour par tous les romans de de juleseverne qui se don très nombreux se passent dans des îles avec des des robinsonades comme on le disait
À l’époque foisonnant et voilà un parc de PUL de la veine de Choulot en Lorine Fléville près de ncy qui n’échappe pas à la loi du genre et puis à ciré euh la maison du jardinier va être complètement travestie par Paul de la veine de Choulot on empruntera au au vocabulaire
Alors scandinave Suisse en tout cas un vocabulaire qui permet au promeneurs de voyager et de se croire très loin de de la Haute Marne alors c’est une construction bon qui a un peu souffert mais elle nous est parvenue à peu près quand même dans son dans son aspect le
Fidèle et puis alors quand on on ne construit pas et bien on annexe c’est-à-dire que visuellement on fait participer à la composition du parc quelques bâtiments intéressants ici c’est l’ancienne forge de de cireé qui est toujours dans le dans le domaine et euh on peut avoir également
Des arbres qui sont particuliers ici au premier plan vous avez un cypréchauve alors qui est intéressant parce qu’il il évoque la Louisiane la Louisiane est française jusqu’en 1805 hein c’est Napoléon qui la vendra euh au aux États-Unis donc on a un arbre qui qui symbolise une contrée très très
Lointaine alors un aspect des commun de cireé et vous voyez qu’on reprend le même vocabulaire de forme que le que le l’espèce de chalet suisse qui sert de et là on a un travail sur le paysage sur les fabriques qui est à l’échelle euh vraiment des des cultures ce n’est plus
Seulement un petit bâtiment anecdotique c’est tous les communs ont été traités de la même manière voilà une autre petite fabrique dans un dans un parc c’est un un faux ermitage jamais aucun herbite n’a habité là mais forcément ça fait fantasmer le le visiteur un ban
Couvert ça c’est un dessin de de la main de Paul de la veine de Choulot voilà retour à à cé avec de très beaux arbres puisque la vallée de la Blaise est devenue un lieu désirable et bien on on travaille à l’embellir et on a longtemps plan on a longtemps attribué à
Voltaire ce ce ce ce gros Platon que vous avez à votre gauche et puis une comparaison avec un platane contemporain de Voltaire celui du Parc Monceau à Paris qui a été planté en 1773 montre bien la différence d’âge qui les qui les sépare ah oui malheureusement le Platan de les
Platanes de ciré ne datent pas de de Voltaire qui ne s’intéressait pas du tout à cette par partie du du parc du jardin voilà un autre platane qui a depuis disparu puisqu’il a contracté une maladie malheureusement qui a été plantée tout près du château ça c’est un
Rapport euh à la végétation qui est typique du pittoresque euh à l’époque du classicisme on naurait jamais imaginé planter un arbre aussi près du du château aussi près de la maison voilà à l’époque de d’adélaï de Simian euh avant l’intervention de Choulot vous voyez la le bâtiment
Principal dans le fond c’est la forge on a vu de loin et puis là on est voyez ces petites chaises on est devant le château et on domine cette cette vallée de la blesse qui est tout à fait extraordinaire et qui avait dédaigner Émilie du châelet et Voltaire voilà une
Autre mise en scène alors là on est du côté du canal avec des plantations notamment des résineux un sa pleureur voilà les résineux ce sont des arbres typiques du de l’époque du pitoresque à l’époque du classicisme c’était impensable ça aurait été des vraiment des cheveux sur la soupe de que de planter des
Résineux le résineux il faut pas l’oublier évoque des paysages maritime ou montagneux donc des paysages indomptables or à l’époque du classicisme bien on prétend maîtriser la la nature donc on ne souhaite surtout pas évoquer des paysages aussi rebelles à l’action de de l’homme alors au contraire à l’époque du piteresque et
Bien on c’est une façon de convoquer des paysages montagnères ou maritimes dans un domaine au marnais qui qui qui est tout ce qu’il y a de plus aimable voilà des plantations qui datent donc euh de pôul de la vine de Choulot c’est un groupe de pain noir le pain noir qui
Sera importé en Haute Marne et qui connaîtra un certain succès pour le moment il n’est encore pas victime de maladie donc voilà alors on ne dégage pas voyez à cette époque là on ne dégage pas les façades on on établit une espèce de de rideau de
De bosquet qui va servir un petit peu d’intercesseur au au paysage donc on ne livre pas tout de suite la vallée de la Blaise on a ce ce bosquet intermédiaire voilà et bien la promenade s’arrête ici par ce ce banc réalisé en fonte au 19e siècle et
Dont Siré possède encore une un certain nombre qui date donc de la famille de Damas je vous remercie je suis bien sûr à votre disposition pour des questions que vous pourriez me poser sur la période de Voltaire et Émilie mais peut-être pour la période du 19e aussi si vous le souhaitez