La ville du futur : colloque organisé dans le cadre de l’initiative « Avenir Commun Durable »
Conférence du 1er décembre : Évolution des écosystèmes microbiens sous la pression du changement climatique

Intervenant :
Philippe Sansonetti, Professeur du Collège de France

En savoir plus sur l’initiative « Avenir Commun Durable » :
https://www.college-de-france.fr/avenir-commun-durable

Retrouvez les enregistrements audios et vidéos du colloque et son texte de présentation :
https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/grand-evenement/la-ville-du-futur

L’initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes la Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain.

Le Collège de France est une institution de recherche fondamentale dans tous les domaines de la connaissance et un lieu de diffusion du « savoir en train de se faire » ouvert à tous.
Les cours, séminaires, colloques sont enregistrés puis mis à disposition du public sur le site internet du Collège de France.

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[Musique] [Musique] très bien bonjour donc merci beaucoup à vous tous d’être venu pour cette Dee journée sur la VI du futur euh nous devons d’ailleurs je pense beaucoup à Philippe sensonetti d’avoir organisé ce programme et il sera le premier intervenant de de ce matin donc Philipp sensonetti est professeur

Titulaire de la chair microbiologie au Collège de France je connais bien pour avoir partagé avec lui les bandes d’institut pasteur où il a officié pour l’essentiel de sa carrière et donc un microbiologiste internationalement reconnu il a accepté de prendre la parole aujourd’hui pour nous parler de l’évolution des écosystèmes microbiens

Urbains sous la pression du dérèglement climatique et de l’anthroposène Philippe merci Arnaud bonjour vous remarquerez sur la date que je suis encore dans le futur mais ou déjà dans le futur je corrigerai ultérieurement pour pas tomber loin donc merci beaucoup Arnaud bienvenue à cette 2e journée de de

Notre colloque sur la sur la ville du fut on a eu beaucoup hier passionnant aujourd’hui on va être un peu plus peut-être dans des choses proches de d’un certain nombre de de de réalité en particulier les éléments sur la microbiologie pollution des choses qui vont s’intercaler finalement ou

S’articuler très très bien avec un certain nombre de questions qui on qui ont été posées hier donc bah oui mon mon titre est est tel que vous le voyez ici parce que au fond c’est cétait pas facile de de générer quelque chose sur disons la la microbiologie les microbes sous la

Pression des changement climatique dans un environnement urbain ça commençait à faire beaucoup de paramètres à gérer et au fond quand on regarde la littérature actuelle on sent bien que les choses sont pas encore tout à fait prêtes et et matures pour fournir des des cadres de réflexion et et et des cadres qui

Permettraient d’engager un certain nombre de travaux d’autô qu’on parle là sur le long terme si on veut regarder l’évolution d’écosystème microbien il faut bien sûr même quelle que soit la brutalité de des changements climatique tel que il s’exprime à l’heure actuelle on sent bien que ces choses vont prendre

Du temps donc il y a toute une science qui va falloir générer qui est en train de se mettre en place sur le monde microbien sous le stress du changement climatique que ce soit d’ailleurs globalement ou à l’échelle urbaine euh probablement dans quelques années pourrait mettre à jour la date de ma

Conférence et on pourra en reparler et au fond quand j’ai commencé à réfléchir pour cette conférence je me suis dit j’ai failli l’appeler le monde du silence mais après 3 ans de Arnaud après 3 ans de de covid ça aurait été un petit peu osé mais la raison était la suivante

C’est que au fond on est quand on regarde en terme brut de biomasse le monde microbien par rapport à l’ENS ble du vivant de la planète si on met ensemble les bactéries à strictosensu mais aussi les arqués l’autre arbre un autre arbre de la vie les eucaryiotes monocellulaires

Les amibles les protistes les virus c’est rien du tout les virus il y en a beaucoup mais c’est tout petit et ça a une vraiment un volume très très faible on s’aperçoit que en terme de biomasse le le monde microbien il est à 16 % de l’ensemble de la biomasse de la plan

Planète et vous avez des chiffres tels qui sont affichés ici donc c’est quelque chose de minoritaire bien entendu sauf que si vous le regardez sous l’angle de la diversité des espèces c’est 95 % de la diversité des espèces sur la planète donc il y a quelque chose il y a il y a

Il y a un paradoxe ici qui qui est important à prendre en considération en terme d’évolution les microbes ils sont sur la planète depuis 3 milliards d’années nous on y est depuis 300000 ans donc les microbes ont eu beaucoup plus de temps si je puis dire à évoluer

Certes ils vont être sensibles à ces changements climatiques tels que nous les connaissons aujourd’hui c’est aussi parce que c’est pas un microbe c’est des sociétés de microbes il y a pas de microbes qui vivent en isolement ce sont des écosystèmes globaux complexes adaptés bien entendu à différentes situations

Écologique mais tout ça finalement dans le narratif écologique quotidien on en on entend pas parler c’est c’est pour ça que au fond j’aurais bien aimé appeler tout ça le le le monde du du silence ces microbes ils en ont vu d’autres dans ces 3 milliards d’années ils ont vu des

Périodes de glaciation ils ont vu des périodes de chaleur bien supérieure à celle qu’on néprouve à l’heure actuelle ils sont toujours là donc de façon disons égoïste vu du côté du microbe on m’a souvent dit dans ma carrière que je pensais comme un microbe je sais pas si

C’était euh un compliment je pense pas mais euh vu de leur côté ils sont équipés en fait les microbes du fait de leur diversité extraordinaire du fait d’une propriété particulière que nous organism cariote complexe n’avons pas qui est la possibilité de transfert horizontal c’est qu’ils sont capables de

Se passer de l’un à l’autre pas toujours quel que soit leur espèce mais tout de même capable de se transmettre du matériel génétique ça leur donne un élément supplémentaire d’adaptation d’adaptabilité de de fitness comme on dit généralement qui probablement a expliqué leur capacité de passer à travers l’ensemble de ces désastres qui

Ont pu frapper à un moment ou à autre la planète et àquel d’autres espèces euh dira les dinosaures par exemple n’ont pas réussi à à résister et si Darwin avait com connu un peu plus les microbes peut-être il aurait mis quelques altération quelques bémoles quelques dièes à sa théorie de l’évolution mais

Probablement pas tant que ça sauf quand même à cette capacité d’accélération de l’évolution qu’ on les microbes du fait de ce transfert horizontal donc ça c’est un élément quand même à prendre en considération ce monde microbien il est finalement relativement méconnu et c’est dommage parce que d’abord il

Vaut d’être connu il est intéressant dans sa complexité mais surtout et c’est ça l’élément qui est relativement ignoré en tout cas comme je disais dans ce narratif écologique actuel qui qui est ignoré dans les schémas où on nous montre l’évolution de la planète sous les stress des changements climatiques

On voit rarement apparaître le le peuple microbien et pourtant il est essentiel les les microbes les écosystèmes microbiens sont essentiels à un certain nombre de cycles essentiels pour la planète comme le cycle du carbone du CO2 le cycle du du méthane le cycle de l’azote ce sont des éléments qui sont

Vitaux pour notre planète et soit directement soit indirectement par le biais des symbiose végétale les microbes que ce soit donc directement par les canobactéries ou indirectement par toute la risosphère qui entretient une croissance harmonieuse du monde végétal par exemple tout ça va de paire et si on commence à interroger effectivement euh

L’évolution de la planète sous l’angle de cette symbiose entre entre le monde microbien et le reste du vivant qui soit végétal ou animal on s’aperçoit bien que ces changements issus des changements climatiques vont pouvoir affecter l’ensemble des dispositifs et et c’est ça au fond qu’on appelle actuellement

Euh le le concept de une santé one health c’estàdire que on est nous-mêmes en tant qu’être humains les microbes même en tant ce qu’ils sont le monde végétal dans un monde global en interaction on partage le même écosystème et lorsqu’un écosystème souffre les autres écosystèmes souffrent

Et ainsi de suite et on le sait par exemple et on y reviendra très peu sur l’aspect humain ou je dirais anthropocentrique de la situation vous savez tous qu’on est habité par un microbiote avec des milliers d’espèces différentes en particulier dans notre intestin et que ce microbiote c’est

Quelque part un senseur un intégrateur et un effet effecteur d’un certain nombre d’éléments environnementaux qui vont amener à des déséquilibres et que ces déséquilibres peuvent se manifester sous forme de maladie soit directement soit en interaction avec avec d’autres facteurs à la fois environnementaux génétiques ou ou de comportement et au

Fond une des difficultés qu’on a quand on commence à raisonner autour de ça c’est on peut pas raisonner simplement en matière d’interface entre le monde microbien et et l’homme résumons-le à ça pour l’instant simplement en se disant on a donc cette population microbienne on a on a cette

Cette haute et puis on a un par exemple le changement climatique en fait la modification de de cette interface qui est en train de se produire et de s’accélérer à l’occasion de changement auquel on assiste c’est c’est plus et c’était la raison pour laquelle j’avis parlé d’entre possène une espèce

D’intersection entre l’impact des aspects strictement climatiques en particulier du réchauffement et puis l’impact des changements comportementaux très rapides qui sont apparus au 20e siècle avec la modernité le mode de vie euh le différence de mode d’alimentation les médicaments il y a tout un tas de d’éléments qui sont venus

Interférer et c’est pour ça que le travail est est difficile de de de de rapporter un certain nombre de modifications unique au changement climatique parce que de façon orthogonale on a cet aspect plus global de l’enthroposcène qui fait que mettre en place des études qui soient véritablement significatives et et et

Complexes et j’y reviendrai assez rapidement mais il est bien évident que dans tout ça il y a besoin de science il y a besoin de recherche une fois qu’on a dit ça on n pas dit grand-chose parce qu’il faut vraiment concevoir les modèles les conditions expérimentales et éventuellement décliner ça sur le temps

Long parce que bien entendu certaines de ces modifications les modifications d’équilibre sont difficiles à observer sur des temps courts les processus de résilience sont beaucoup plus longs à se mettre en place donc ça ça fait partie de de ces questions compliquées alors au fond au milieu de tout ça et ces

Généralités vous me direz bien entendu il y a il y a la ville alors la ville elle a des spécificités bien entendu par rapport à notre relation avec le monde microbien euh mais a surtout cet élément essentiel dont on a parlé sous deformme hier que la ville finalement regroupe

Agrège un certain nombre de situations qui lui sont relativement particulières et qui font que le risque microbien est bien entendu supérieur mais l’interface aussi avec le monde microbien il est beaucoup plus je dirais dense et et resserré qu’elle ne peut l’être dans d’autres situations éventuellement alors qu’est-ce ce qui est finalement

Important à prendre en considération pour revenir à des choses un petit peu plus simples en terme d’environnement urbain donc il y a un grand problème qui est celui de la la sécurité alimentaire et de celui de la de la sécurité des eaux et on voit bien là où les

Changements à la fois climatiques et comportementaux peuvent impacter sur la qualité de ces éléments qui sont essentiels qui ont été essentiels à la construction du du paradigme de santé publ qui s’est installé au au 20e siècle et qui a considérablement amélioré à la fois notre mode de vie et notre

Espérance de vie donc ça c’est c’est un premier point le premier deuxième point c’est euh le le risque de de de la pollution de l’air ça c’est un effet direct mais il y a les effets indirects sur les infections on sait par exemple que les microparticules remis Lama reviendra largement là-dessus sont la

Cause essentielle des pneumonies grave de l’enfant en particulier dans les pays qui se chauffent au bois dans le continent africain donc on a là aussi encore une fois une interpénétration qui est parfois difficile de et comment dire d’isoler du du du reste des paramètres et puis il y a donc

Bien entendu le le risque de contagion le risque épidémique alors on entendra bien entendu parce que là souvent je dirais le le le l’impact climatique est assez clair la problématique des maladies transmises par des vecteurs les moustiques en particuliier et le risque urbain comme vous le montrera didier fonen est un de

Nos grands entomologistes est en train de de réapparaître par exemple sous nos latitude du fait pas uniquement mais quand même d’un certain nombre de de changements climatiques qui permettent aux populations vectorielles aux moustiques en particulier de envahir ou réenvahir en fait des régions desquelles ils avaient disparu et quand on regarde

Finalement les projections que nous donne l’Organisation mondiale de la santé on s’aperçoit effectivement qu’un certain nombre de maladies vont augmenter probablement infectieuse dans les décennies à venir alors le dernier élément le dernier paramètre issu de de cette concentration urbaine dans le risque de de de épidémique il est au

Fond à deux niveaux et pour en discuter avec Arnaud bien entendu il y a il y a le niveau concentration urbaines et donc concentration des populations les transports les regroupements les les les les activités les réunions sportives les réunions artistiques tout ça ça ça met les gens ensemble très proches et bien

Entendu facilite la transmission microbienne et puis il y a un autre rôle qu’il faut pas oublier pour les grandes villes en tout cas c’est que souvent ces grandes ville surtout occidental sont des hub pour l’aviation et que en une nuit on peut voir on entendra par Frédéric keek une maladie comme le SRAS

Partir de Hong Kong et disséminé dans 30 pays sur la planète donc on on a quelque chose là encore une fois qui qui agrège les risques sur le plan de ces risques quand même du disons du du changement climatique à proprement parler on voit clairement l’impact que ça va avoir sur

Les sur les mal anentérique par exemple sur les maladies diarréiques et pas uniquement dans les pays du Sud les projections par exemple sur les les salmonelloses qui sont les salmonelloses non typhoïdiques la salmonnelle c’est un microbe intéressant parce que quelque part il est un peu un résumé de du cycle

Que peut avoir un microbe avant d’arriver chez l’homme et il est tout à fait témoin en particulier de la santé animale donc on voit bien que le risque de salmonnelle avec l’accroissement thermique qui va permettre aux bactéries de croître plus facilement avec les pluies qui vont permettre aux micro-organismes de se diséminer plus

Facilement et avec finalement cette notion de fragilisation des espèces les animaux sont plus fragiles donc plus facilement malades cette micro-organisme cette salmonnelle va augmenter et tout le monde le prédit dans les décennies à venir et on dit généralement que d’ici 2030 on aura 10 % de plus de ce type

D’infection une autre maladie qui pourrait penser être une maladie du passé qui va ressurgir très probablement qui est déjà en train de ressurgir c’est le choléra le choléra est intéressant parce que d’cun pense que c’est un réservoir humain en fait le choléra c’est une bactérie environnementale donc

On peut pas rêver mieux qu’une bactérie environnementale pour aller suivre des changements climatiques et pouvoir se redéployer de façon encore plus efficace le choléra c’est un micro-organisme vibriux cololéré mais les vibruux en général les vibux marins se développe dans les zones d’estuaire des grands fleuves à l’interface très proche entre

L’arrivée des eaux douces et et et l’eau océanique ça c’est un premier paramètre le deuxième paramètre c’est des concentrations salines il faut pas qu’il y ait trop de sel donc la mélange de cette eau douce et de cette eau salée amène aux conditions idéales et puis il faut de la nourriture la nourriture

C’est le plancton c’est le zooplancton donc en fait le vibriocolérique vit en symbiose étroite avec des éléments du zooplancton et l’ensemble du système oscile en fonction de l’accroissement ou du décroissement de cette population de zooplancton donc dans les zones de mousson par exemple soumise à la mousson avec l’augmentation thermique et

L’arrivée de ces eau douces massives et des alluvions et des aliments le zo plancton explose et le vibrioolérique explose avec son vecteur le zooploncton beaucoup de cités sont proches de ces zones estuarines quand elles ne sont pas sur ces zones estuarine et bien entendu là peuvent survivre survenir les

Infections humaines et là peut démarrer une épidémie de de choléra et on voit bien dans les observations satellitaires maintenant où les satellites peuvent faire un rapport sur euh la température de surface des eaux océaniques ou des eau tuarine en l’occurrence sur le pH de l’eau sur la densité de de de

Chlorophyle on arrive à faire ce qu’on appelle une une carte des des zones de de de sensibilité euh à cette développement du choléra et on voit que la plupart des grandes zones estuarines de la de la planète au-delà de l’estuire du Gange et du col du Bengal qui était la la zone native

Historique du choléra sont en train de de s’inscrire si je puis dire sur le tableau des volontaires pour faciliter la croissance du vibon chérique et ça c’est quelque chose qui avec l’augmentation à la fois de la température à venir et des de la pluviosité va nous amener à à à

Reprendre en compte un risque cholérique et vous connaissez pour certains mon biais à discuter et à prendre en compte une bonne fois pour toutes en particulier dans ces zones à risque la nécessité d’une vaccination contre le contre le choléra donc tout ça peut avoir des impacts bien entendu massifs

De de de santé publique alors une fois qu’on a vu dessiner ce tableau un petit peu général qui est pas toujours bien entendu très très optimiste il faut commencer à se poser des questions justement sur ce que je disais au début c’est-à-dire la méthodologie vous dit demain on vous

Donne un stylo une feuille blanche et faites-moi une composition sur l’évolution des microbes dans les villes commencez à vous poser des questions sur les outils de matériel et les méthodes qu’est-ce qu’on va faire c’est au-delà bien entendu de ce qu’on peut faire avec des boîtes de péterie la microbiologie classique où on

Fait pousser les micro-organismes c’est c’est c’est impossible de d’avoir une approche une appréhension globale de de ce monde microbien en particulier dans une zone urbaine du fait de la fragmentation des écosystèmes du fait de la complexité des écosystèmes du fait de l’espace-temp qu’il faut prendre en considération donc tout ça c’est des

Éléments qui sont qui sont essentiels et on a vu depuis beaucoup d’années maintenant que on pouvait faire appel à des méthodes de microbiologie molléculaire c’est-à-dire aller définir les espèces non simplement par la culture mais au moins par la présence du génome de ces micro-organismes et c’est la base de ces méthodes moléculaires ce

Qu’on appelle la métataxonomique on va chercher dans un environnement euh des zones des quod pour les ribosomes bactériens qui ont des parties constantes et des parties variables en fonction des espèces ça s’appelle la méthode 16S et avec ça on va pouvoir développer après séquenage de ce petite

Zone qu’on a amplifié sur l’ensemble de cet écosystème microbien la richesse la diversité en espèces microbien d’une zone donnée donc ça c’est une première méthode c’est disponible par les microbiologistes de l’environnement depuis 1977 et puis depuis les années 2000 avec la progression du séquençage en particulier ce qu’on appelle le

Séquençage de nouvelle génération on peut prendre un écosystème avec un mélange d’ailleurs de de de microbes et et de de cellules eucariotes le séquencer en masse avec une profondeur absolument extraordinaire telle qu’on peut le faire maintenant et avoir le catalogue complet de tous les gènes de tout cet écosystème et la

Bioinformatique bien entendu permettre dans une certaine mesure à partir de ça de revenir aux espèces qu’on appelle les taxas qui sont présents dans cette dans cet écosystème donc ça c’est devenu possible et ce que fait taraocéan par exemple où on a un certain nombre de collègues français impliqué c’est

D’aller faire maintenant ce qu’on appelle le microbiome océanique c’est-à-dire qu’on est pas parti pour dans les années à venir avoir l’ensemble du catalogue des micro-organismes présents dans les océans à tous les niveaux de profondeur pour l’instant ça reste plutôt pélagique c’est assez haut dans le dans dans dans dans dans l’océan

Mais on peut et et ça l’idée c’est de le faire aussi sur les villes et donc il y a un certain nombre de techniques qui sont développées comme mon ami Stéphan Schuster par exemple à Singapour qui a mis au point de CAG profond pour évaluer l’air à la fois en intérieur des des

Buildings et à l’extérieur et pouvoir faire une espèce de mise à jour permanente dans un écosystème donné de la densité et de la diversité de micro-organismes en particulier pour les intérieurs des micro-organismes comme les champignons aspergilus qui sont un vrai poison dans la mesure où ils se développe très très bien en particulier

Dans les doubles plafonds des immeubles il y a toute une interface entre la microbiologie et disons l’architecture urbaine qui est va se développer alors le problème c’est que souvent on est sur des échantillons qu’on appelle à très faible biomasse et on se retrouve dans une situation où il

Y a beaucoup de risques de biais d’artifice d’artefact dans la mesure où dans les systèmes qu’on utilise dans ses kits de biologie moléculaire pour préparer les genens il peut y avoir des traces de contamination et on amplifie des contaminant et on se trouve dans une situation très complexe

À gérer donc il faut avoir un esprit critique et des méthodes de de bioinformatique extrêmement pointu pour s’assurer que ce qu’on regarde et bien ou ce qu’on obtient et bien ce que on voulait avoir dans un échantillon alors il y a quelques exemples maintenant où on a développé ces approches globales

Pour évaluer un microbiote urbain il y a un travail très récent qui est paru dans celle qui a porté sur 60 villes différentes et qui a montré qu’effectivement en fonction de l’attitude en fonction de la proximité marine en fonction d’un certain nombre de paramètres il y avait un certain cœur

Microbien qui signait un peu l’identité de ces cités les échantillons étant pris à des endroits variables où se retrouvaient les populations par exemple des choses aussi triviales que les barres dans le métro qu’on peut prélever et et et voir ce qui s’y trouve on a vu circuler dans ces travaux des gènes de

Résistance aux antibiotiques on a vu des nouvelles bactéries on a vu des nouvelles espèces virales donc il y a toute une une une faune si je puis dire microbienne que l’on ne voit pas encore une fois ce ce monde du silence et qui pourtant traduit la la vie de la cité et

Quelque part l’identité de la cité travaux en Chine beaucoup parce que les canicules en Chine sont sont vraiment extrêmement violent pas qu’en Chine mais il y a souvent le le matériel est là la Chine s’est beaucoup équipé en séquenage pour faire du métaséquençage et un travaux récent montre que après une

Canicule l’air change dans sa composition microbienne de façon assez spectaculaire au profit de ce qu’on appelle les Firmicutes c’est les bactéries à Gram positif souvent des bactéries sporulantes vous savez que la sporulation c’est un moyen de défense et donc on on sélectionne au fond par ces événements climatiques brutaux des

Bactéries qui ont tendance à pouvoir se protéger sporuler et de ce fait on se retrouve dans une situation de switch de balance vers d’autres populations microbiennes qu’elle V en la signification sur le plan de la santé on en est encore loin on peut faire aussi une veille à l’émergence au Kenya naïobi

Il y a un projet en cours sur plusieurs années qui consiste à prélever dans l’intestin humain à prélever chez les animaux domestiques et à prélever chez les oiseaux sauvages des échantillons régulièrement de les métaséquencer et de voir l’évolution de ces populations microbiennes et et l’intrication de ces populations microbiennes et on voit que

Ces échanges microbiens entre hommes animal domestiques animaux sauvages en tout cas les oiseaux structurent relativement la nature et et la stabilité de de de ces populations microbiennes donc on peut imaginer qu’à terme ces méthodes deviennent aussi des méthodes de veille assez sensible à sinon l’existence d’une émergence àenir

Au moins le risque du d’une émergence à venir puis vous avez tous entendu parler pendant la période de la du covid-19 à quel point cette procédure qu’on appelle par exemple obépine en France qui consiste à prendre dans les effluants des EAU usées juste en amont des stations de traitement des

Échantillons et et de les analyser avec ces méthodes molléculaire en particulier par la PCR qui permet d’amplifier considérablement certains gènes si on cherche un virus particulier la précision avec laquelle on peut détecter au fond dans une communauté de plusieurs centaines de milliers d’habitants à à partir de ces zousé l’existence d’un

Voire de quelques cas d’infection puisque ces micro-organismes ont été véhiculés dans les eaux usées et qu’avec la sensibilité de ces méthodes on peut en surveiller l’existence on le fait actuellement aussi pour la résurgence de la polyomiéite vaccinale par exemple c’est un outil d’analyse globale qui permet de devenir un outil essentiel en

Matière de santé publique en particulier en zone en zone urbaines alors je vrais très rapidement et sans empiéter sur la Emma Aziza qui va me suivre parler de de de l’eau sous un angle strictement microbiologique et et je vais essayer d’aller relativement rapidement finalement le problématique

On l’a dit de l’eau potable c’est la vie en particulier pour la cité et c’est la santé pour la cité donc l’eau potable est bien entendu un point essentiel donc on a développé dans nos cités malheureusement pas au même niveau sans doute dans un certain nombre de cités du

Sud pour la qualité de l’eau des méthodes extrêmement sophistiquées de décantation de filtration de d’osmose inversé éventuellement si elles sont pas suffisantes de chlorination de de de désinfection pour emmener au robinet une eau qui soit à la fois n’est pas de goût in colore une odeur sans saveur hein

C’est c’est les les les les les trois qualités mais la qualité supplémentaire c’est celle qu’elle soit sur le plan microbiologique euh tout à fait en sécurité et parfois à cette étape on est à zéro micro-organismes quasiment vivant dans dans dans dans ces EOS sauf que après il faut la distribuer

Cette eau dans des réseaux extrêmement compliqués et ces réseaux extrêmement compliqués peuvent donner lieu à au fond une recontamination par les écosystèmes microbiens qui se développent dans les tuyaux et au fond altérer la qualité de l’eau qui va être finalement distribuée au robinet et ça ça porte un nom ça

S’appelle les biofilms c’estàd que ces micro-organismes qui font partie au fond de cet écosystème qui se développe dans l’eau ces micro-organismes au fond c’est le cas de tous les écos presque tous les écosystèmes microbiens 60 % des microbes dans la nature des bactéries en l’occurrence sont organisés sous for s

Forme de biofilm c’estd sous forme de de de de communauté microbienne et non pas de bactéries qu’on appelle planctonique c’est-à-dire qui se promène toute seule comme ça sans très bien savoir où elles vont donc tout ça est organisé et au fond ce monde microbien il a inventé par

Ce processus bi biofilm la notion de de communauté qu’on retrouve rapidement dans les communauté de cellules ecariotes qui ont donné lieu aux eucariotes complexes et aux individus et et et et et a ocariotes complexes que vous connaissez alors les biofilms c’est un microbe initial qui va s’associer à

Une surface quelle qu’elle soit il y a pas de de de limitation finalement la la capacité des bactéries même sur des choses extrêmement lisses va va va se faire et puis peu à peu d’autres bactéries vont venir s’agréger autour de ce cette bactérie pionnière et et vont commencer à prendre une vie

Communautaire c’est qu’elles vont s’articuler entre elles avec des régulations génétiques ell vont sentir le nombre c’est ce qu’on appelle le CHUM sensing et ce chum sensing représente une boucle de régulation ce qu’on appelle un régulon qui va amener à ces bactéries à changer la nature de leur

Métabolisme à se mettre en dormance dans une certaine mesure ce qui les protège mais aussi à libérer une quantité massive de sucre complexe de protéines d’acides ribonucléique qui vont former cette gangue qu’on appelle le biofilm et qui quelque part le protège de tout ce qui pourrait les agresser et ce que vous

Voyez sur le côté c’est un tuyau coupé et ce ce biofilm au fond a créé non seulement physiquement cette espèce de structure mais a aussi dégradé corrodé le biopile le le métal à tel point que on va finir par par boucher ces tuyoteries ce qui est une première chose

Et deuxièmement bien entendu ces biophin maintiennent une espèce d’insécurité microbienne dans l’eau qui va être distribuée alors c’est un vrai problème c’est biofilm c’est un vrai poison et et c’est c’est c’est une difficulté parce que il faut essayer de de de s’en débarrasser il faut et ça c’est c’est

Très très difficile et et ce qui finalement a été fait ces derniers temps c’est d’essayer de prendre une approche expérimentale c’estd de reconstituer au laboratoire un réseau complexe de distribution d’eau ça prend de la place et puis d’insemancer ce système avec des échantillons d’eau prélevé dans les systèmes alors

Eux à l’extérieur le système urbain et et de voir comment ces populations microbienne évoluait en fonction d’un incrément de température par exemple et dans ce travail on est passé de 16°gr à 24°gr par palier et regardez avec ces méthodes moléculaires dont je vous ai parlé comment les populations

Microbiennes évoluaient alors il y a des populations bactériennes très particulières dans dans ces systèmes hydriques en particulier des flavobactéries mais il y a au fond beaucoup de choses il y a des bactéries il y a des champignons il y a bon c’est c’est c’est encore une fois le biofilm

C’est pas un seul micro-organisme c’est c’est c’est c’est une communauté extrêmement complexe qui se protège mutuellement et et donc on voit très très bien que avec l’incrément température et et le temps les population se modifie considérablement et qu’on voit effectivement augmenter certaines populations microbiennes comme les Flav bactéries qui sont pas pathogènes

Naturellement mais qui peuvent le devenir par exemple chez des gens immunodéprimés donc on a un vrai problème de sécurité hydrique à ce niveau-là très difficile de se débarrasser des des des biofilms euh parce que vous avez vu structuration que ça ça représente alors il y a plusieurs

Il y a deux méthodes en fait il y a ce qu’on appelle le flushing c’estàd de de passer de l’eau à haute pression dans certains circuits relativement limités on peut le faire avec de l’eau très chaude mais vous voyez bien qu’à l’échelle du d’ unee ville c’est pas

Possible parce qu’on va avoir des accidents dramatiques donc c’est simplement cette augmentation de pression et éventuellement la chlorination et ce que montre ces expériences c’est que avec cet incrément de température et cette structuration avancée des biofilms le flushing et la chlorination sont très insuffisants et la recherche là doit nous apporter des

Moyens de traiter tout ça c’est pas en tapant dessus qu’on va y arriver il faut absolument intelligemment réussir a trouver des méthodes de dissolution de ces biofilms et il commence à y avoir des avancées sur des molécules qui s’intègrent sur le biofilm qui font éclater cette matrice qui permettent aux

Bactéries d’être libérées partir dans le flot et en même temps bien entendu de redevenir sensible parce qu’elle reprennent une activité métabolique normale à l’activité des antiseptiques donc vous voyez qu’il y a quand même un certain nombre de de de de problèmes qui sont à prendre en considération et qui

Vont à à l’évidence euh s’aggraver avec le réchauffement climatique et avec le réchauffement global de l’eau y compris de de de l’eau distribuée alors dernier point que je voulais voir avec vous c’est le les constructions et le béton vous savez que on a entendu beaucoup hier dire des choses pas toujours très

Gentilles d’ailleurs sur le béton j’en conviens pour ma part beaucoup aussi le béton c’est euh probablement un matériau formidable pour pour la construction mais il a ses fragilités surtout s’il est pas entretenu ces fragilités elles sont physiques le chaud le froid euh le l’humidité la la le le la sécheresse il

Y a tout un combinaison qui font que qu’il souffre qui peut éventuellement se fragmenter s’éméter s’é frriter et puis il y a une perturbation chimique la la protection du béton c’est c’est le fait que le béton a un pH très élevé le pH est de 10 ou de 11 du fait de sa

Composition et si ce pH diminue ça induit une fragilité et cette fragilité elle va être induite par la présence d’acide organique surtout s’il est mal entretenu et ces acides organiques vont faire diminuer progressivement le pH et assurer par exemple l’apparition de sulfate de calcium le Gyps qui va travailler négativement à l’intérieur de

La trame du béton et puis éventuellement ce qu’on appelle la carbonation c’est dire le le le le fait que le CO2 qui est très riche très dense malheureusement dans nos cités va transformé en acide carbonique et va donner lieu là aussi à une baisse du du du pH global donc on a

Un un un vrai problème de fragilité de base qu’il faut prendre en compte mais qui s’ grave avec les infections Sion peut dire ou en tout cas la présence de bactéries qui vont s’insinuer dans le béton grâce à ces fragilités initiales et en altérer la surface et et

L’intérieur et et ça nous nous rentre là dans un système qui est extrêmement intéressant sur le plan microbiologique ça touche en particulier les constructions euh mais aussi les canalisations en particulier ces grosses canalisations de béton qui assurent l’arrivée des des des efflux en d’au vers vers les stations d’épuration

Et là il y a une population microbienne un écosystème microbien assez extraordinaire complexe anaérobi avec en particulier des bactéries qu’on appelle des thobacillus qui ont une capacité de s’insérer dans le cycle du soufre et d’oxyder le soufre ou de de réduire les selles de souffre et tout ça va donner

Lieu à la production de soit d’acide d’acide organique en particulier l’acide sulfurique qui est particulièrement toxique comme on l’a dit pour pour le béton et puis bien entendu comme ce sont des bactéries les plus souvent un aérobie fermentatrices des acides organiques comme la lactate l’acétate le butirade qui qui vont jouer aussi leur

Rôle de petite main si je puis dire dans l’acidification du béton et dans sa corrosion progressive donc voilà en gros ce que je voulais vous dire sur des points de de vulnérabilité en fait par l’intermédiaire du monde microbien qui affecte de Sonon peut-être un petit peu plus spécifique certainement même plus

Spécifique le monde urbain Arnaud tu vas me dire s’il me reste 5 minutes sinon je pe arrêter ici mal malheureusement on est très très juste alors donc je j’arrête ici je voulais vous parler de la résistance aux antibiotiques mais c’est pour une autre fois merci c’est un sujet reste ici [Musique] Philippe

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