L’ICOFOM (Comité International pour la Muséologie, membre du Conseil International des Musées), l’AMEPNC (Association des Musées et Établissements Patrimoniaux de Nouvelle-Calédonie) et l’Université de la Nouvelle-Calédonie organisent un colloque international du 16 au 18 octobre 2023, à l’UNC sur le thème « Favoriser la visibilité et l’attractivité des patrimoines insulaires : un enjeu muséologique du XXIème siècle ».
[Musique] donc bonjour à tous et à toutes et merci donc à l’équipe qui s’est chargé de de l’organisation de de cet événement que ce soit à l’copome à l’association des des musées établissements patrimoniaux et et l’Université de Nouvelle-Calédonie donc pour compléter ce que la présentation que que Marion a faite et
Pour que celles et ceux qui ne me connaissent pas puissent comprendre depuis quelle perspective je parle aujourd’hui mon travail de thèse il s’inscrit dans le champ de l’anthropologie des des savoirs dans une perspective qui est décoloniale et dans une approche impliqué en fait de recherche action au musée ceci étant dit
Je suis pas du tout spécialiste des collections rapanoui ou même plus largement océanienne mais ce que je vais essayer d’apporter aujourd’hui c’est une réflexion que j’ai développé dans le cadre donc de mon travail de thèse qui est fondé à la fois sur des observations de terrain des entretiens que j’ai pu
Mener auprès du personnel du Muséum de Toulouse et également des données que j’ai pu recueillir moi-même au cours de mes propres visites puisque donc j’ai travaillé quand même 5 ans comme médiatrice aussi au Muséum pour pour financer ma thèse donc j’ai intitulé cette communication un peu longuement mystère archéologiqu civilisationnel et
Environnementaux comment décoloniser les imaginaires autour du patrimoine naturel et culturel de rapanoui l’exemple de l’exposition l’île de pâqu le nombre île du monde point d’interrogation qui a eu lieu donc au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse en 2019 et 2020 donc pour une rapide présentation le Muséum d’histoire naturelle de Toulouse il a un
Peu plus de de 150 ans aujourd’hui il conserve environ 2 millions et demi d’objets de collection qui sont principalement rattaché au domaine des sciences naturelles mais il compte également autour de de 6000 artefacts culturels qui sont en provenance d’Asie d’Amérique d’Océanie et d’Afrique donc je vais articuler mon
Mon propos en en trois temps euh d’abord je vais retracer donc l’origine de ce projet d’exposition donc la la collection qui est conservé au Muséum mais aussi l’imaginaire quel véhicule je vais ensuite présenter la manière dont cette exposition déconstruit un certain nombre de représentations euh qui circulent sur l’île concernant à la fois
Son p patrimoine culturel et mais aussi le le déboisement de l’île et son dépeuplement au 19e siècle et enfin je vais articuler ces enjeux à l’identité qui est revendiquée par le musée qui est une identité de musée avant tout de science plus que de musée d’art donc à l’origine de de cette exposition
Euh donc qui a ouvert le le 30 juin 2019 il y a la valorisation d’une collection qui a été acquise en vente privée en 19 81 et cette collection elle est constituée donc de quatre items alors d’abord deux deux artefacts qui sont une paguée cérémonielle àut que
Vous voyez ici donc en photo sur la sur la droite qui a été ramené par Julien Viot plus connu sous son nom de pierreelotti sous son nom de plume euh donc qui a voyagé sur vers l’île de pâqu à bord de la flore en 1872 et donc qui a
Ramené qui a ramené cet et qui a également ramené un Reay Miro donc ce pectoral que vous voyez ici que vous voyez ici à gauche donc j’entrerai pas dans les détails de leur usage et de leur symbolique puisque de toute façon je pense que dans la salle il y a euh
Certainement des des personnes plus spécialistes que moi sur le sur le sujet euh en plus donc de ces deux artefactes il y a également un manuscrit original de son journal de de bord qui fait le récit donc de son séjour sur l’île et enfin deux dessins origin de pierreelotti toujours qui représente
Sa cabine sur la flore donc vous avez ici les deux les deux dessins en question euh donc pourquoi cette collection pierreelotti à Toulouse la ville de Toulouse ce n’est pas Rochefort il y a pas de lien particulier qui unit pierre Louti à cette ville et puis comme
Je le disais tout à l’heure le Muséum est avant tout un musée qui est dédié aux sciences naturelles euh alors en fait cette acquisition elle est due à Claudine Sudre qui a été directrice du musée entre 1962 et 2000 et qui avait une affection particulière pour la
Figure de Pierre Lotti en raison de son lien de parenté avec lui donc c’est un lien de parenté qui n’a jamais été précisé dans le dans le détail euh mais en tout cas c’est à l’origine de la fascination que Pierre Lotti exerçait sur elle et finalement cette fascination
C’est ce qui explique l’acquisition par le musée euh donc de de ces quatre items euh euh et donc c’est finalement un critère là qui est bien peu scientifique et qui n’est pas non plus orienté par une politique interne d’acquisition des des collections mais mais pour ce lien particulier personnel avec avec
Pierrelotti et donc dès 1981 dès l’acquisition elle a souhaité valoriser cette cette collection par une exposition mais ça n’a été chose faite qu’en 2019 alors que elle n’était plus de ce monde néanmoins l’actuel directeur euh dans ses discours d’ouverture dans les différents entretiens avec la la presse rattacher systématiquement euh
L’origine de l’exposition à ce souhait de l’ancienne directrice et en évoquant cette histoire cette histoire de parentée euh donc finalement ça explique la place que tient pierre Lotti dans l’exposition euh d’autant que c’est l’ensemble de cette collection en dehors du du rayiro donc du pectoral toute la collection du
Musée fut exposée dans un seul espace euh de de de l’exposition qui éta un espace intitulé pierre lottil et les grands voyages à l’île de pâqu euh donc ces deux dessins notamment de la cabine ont pris place parmi une série d’autres dessins qui ont été réalisés au cours de
Son voyage et qui ont été prêtés par différents musées et ces dessins étaient exposés dans une salle contigue à la reconstitution de sa cabine sur la flore que vous voyez ici donc sur la la diapositive donc cette reconstitution je peux repasser le le dessin si vous voyez ça a demandé un un
Un grand travail de étude donc du dessin mais aussi de de son récit pour identifier les les objets et puis pour donc le reconstituer ça s’est fait en partenariat avec les Compagnons du devoir qui ont donc réalisé les trois meubles la console le bureau et et l’armoire euh et puis ça a mobilisé
Aussi grandement l’équipe des préparateurs et préparatrices du Muséum en interne pour réaliser les différents moulage enfin faximiler plutôt des différents objets qui sont ici euh euh donc accroché aux différentes parois et donc le manuscrit origin originel lui il a été exposé donc vous le voyez sous sur
Cette vitrine euh qui est sur le sur le bureau donc le manuscrit originel et puis au-dessus du lit la fameuse pagué à qui est ici pas du tout un fac similé mais le le bien le bien de la collection qui a été réintégré à la place qu’il
Avait dans euh dans la cabine de de pierreelotti donc cet imaginaire lié à pierreelotti s’inscrit plus globalement aussi dans un imaginaire occidental autour des des grands des grandes expéditions je le rappelais cet espace s’appelle pierreeltier les grands voyages à l’île de Pâques alors il faisait tout de même suite à une salle
Qui a qui abordait bien sûr aussi le le peuplement l’histoire du peuplement austronésien mais il n’en reste pas moins que ces grandes expéditions vers l’île de pâqu ont été traitées dans un espace spécifique il y avait donc une crise une frise chronologique qui retraçait la première découverte
Européenne de lîle par Jacob revenen en 1722 et qui illustrait la diversité de des expéditions qu’ ont eu lieu qu’elles soit exploratoire militaire ou scientifique et parmi ces missions il y en a certaines donc qui étaient mentionnées dans le reste de de l’exposition notamment dans la salle suivante qui était la salle principale
Intitulée des Titans et des hommes et dans laquelle la majorité des biens culturels prêtés par les autres musées étaient présentés et et il y avait notamment donc l’évocation de la mission scientifique métro La Vacherie qui avait été commanditée à la fois par les musées de Bruxelles et Musée de l’Homme à Paris
Euh et dans cet espace il y avait donc deux deux moail qui ont été donc ramenés en Europe et qui était exposé donc l’un était un original prêté par les Musées Royaux d’Ar histoire de Bruxelles et le second c’est un moulage que vous voyez ici sur la la la photo à droite un
Moulage qui appartient au Muséum de Toulouse et qui est une réplique du MO qui était conservé au Musée de l’Homme qui est aujourd’hui conservé au musée du kbran jacshirak et qui a été réalisé en 1990 et qui d’ordinaire est présenté sur la terrasse du restaurant dans le musée
Et ce restaurant qui porte d’ailleurs son nom qui s’appelle le ma euh donc voilà pour la la la mission métro la vacherie donc une mission à caractère scientifique mais les missions militaires étaient aussi évoqué euh donc pas seulement à travers le celle de de Julien Viot euh pierreelotti mais euh
Mais aussi par l’expédition militaire de la royale névie britannique qui est celle qui a ramené donc en 1869 le fameux Mo oa akananaya qui est conservé aujourd’hui au British museéum et il y a donc une réplique euh de de cette de ce Mo qui a été donc présenté dans l’exposition donc
Finalement le titre de l’exposition il fait à la fois référence à une dénomination occidentale l’île de pâqu et aussi à une traduction plus peotique rigoureuse de son nom vernaculaire qui était plutôt tphé nois enfin le premier nom originel de donné par les rapanouilles et qui a été donc traduite
Poétiquement par le nombril du monde donc c ces éléments laissent présager une place importante d’évolue à l’imaginaire occidental autour de cette île mais finalement il y a aussi en un seul symbole à la fin de de ce titre d’exposition le point d’interrogation finale qui qui implique enfin qui témoigne déjà d’une
Perspective qui va basculer vers la remise en question et finalement tout cet imaginaire autour de l’île de rapanoui dont j’ai parlé relève surtout relève surtout d’une stratégie en fait destinée à à attirer le le le public mais à déconstruire ensuite un certain nombre de pseudo mystère autour autour
De l’île de pâqu donc parmi ces ces fameux ces pseudo mystères bien sûr euh les moailes donc c’est ces ces représentations ces représentations humaines et la première salle de l’exposition qui s’appelit la chambre des illusions metettait justement en scène l’obsession occidentale pour les les moailles en pierre un grand renfort
D’éléments de pop culture que ce soit donc des des BD ou des extraits de bande iné donc c’était une salle qui permettait de présenter aussi les différentes théories qui ont été émises sur le soi-disant mystère autour de leur construction et donc finalement cette salle sur le fond comme sur la forme
Dans son discours et dans sa scénographie elle permettait de commencer à disqualifier cette aura mystérieuse autour de de l’île de pâqu donc par la suite dans l’espace où était présenté les les les trois mail finalement dont dont j’ai parlé que ce soit des des répliques ou des des
Originaux euh la présentation de ses mois s’accompagnait aussi de de dessins qui illustrait l’actualité des connaissances issues des fouilles archéologiques menées sur l’île ce sont donc quelques dessins euh que je vous ai euh reproduits ici à droite euh et par la suite dans le reste de la salle le public découvrait aussi avec
Surprise la diversité des autres biens culturels euh provenants de lîle et notamment les les célèbres Mo enfin est pas si célèbre célèbre peut-être dans dans notre à notre échelle restreinte dans notre auditoire restreint mais les moailles de bois étaient en fait la plupart du temps inconnu du grand public
Et permettait de relativiser euh l’idée que les moilles de Pierre constituaient les seuls éléments patrimoniaux de de lîle donc voilà un premier point autour des des moïes mais Muséum d’Histoire Naturelle oblige l’exposition abordit également euh le le mystère du déboisement de de lîle euh avec euh donc
Déjà elle elle précisait en fait euh quel pouvait être l’aspect originel de la flore de l’île avant sa colonisation par par l’homme donc c’est un dessin qui est que je vous ai reproduit ici euh sur le le diaporama euh et euh et à côté de ce dessin était présentés dans l’exposition
Des spécimens de graines euh de la variété sopora Toromiro qui est une variété botanique donc endémique de l’île euh le bois de Toromiro fait partie donc du patrimoine botanique mais il était aussi investi de forte valeur symbolique par la population rapanoui et c’est pour ça qu’il était aussi utilisé
Pour réaliser un certain nombre d’artefacts liés à la vie cérémonielle de Lille et donc cette cette variété cet arbre a disparu de de de l’île en même temps que que la forêt et c’est aujourd’hui une variété qui est impossible à à réimplanter donc il y a
Ce focus qui a été mis sur le le Toromiro et puis euh de de manière plus large un éclairage sur les différents facteurs euh liés à à la déforest enfin les différents facteurs de la déforestation qui étaient liés euh donc à la à la colonisation de de l’île par
L’homme euh donc la né le nécessaire déboisement pour installer des villages euh l’abattage aussi du bois pour la la construction mais ça m’ettait aussi en avant le rôle de certaines espèces animales qui ont été euh introduites par l’homme qui ne sont pas endémiques de l’île comme le rat euh et qui euh donc
Le rat sans prédateur a proliféré et a pu se nourrir entre autres de de graines donc de de différentes espèces et limitant ainsi le renouveau du couvert forestier sur l’île enfin un dernier facteur qui était mentionné dans l’exposition c’était l’explication d’un phénomène climatique qui s’appelle l’aninia qui se traduit notamment par
Des températures anormalement basses euh qui se traduit aussi par un manque de important de pluie donc une une une sécheresse importante et ce phénomène climatique entre la fin du 16e siècle et le milieu du du 18e siècle et bien il a une fréquence qui s’est accrue et
Notamment trois périodes qui ont eu des durées anormalement longue et qui explique également euh le d’une en partie le le déboisement de l’île enfin un dernier dernier point dernier pseudo mystère euh que l’exposition s’était forcée de de déconstruire c’est celui autour de du de l’effondrement civilisationnel donc qui a été notamment
Mis en lumière par euh par Jared Diamond et là ça a été beaucoup plus difficile en fait de de venir déconstruire ce un raisonnement qui si je le résume je le résume grossièrement tenait en ceci le déboisement de l’île par la population rapanoui a provoqué une famine qui
Elle-même a provoqué des conflit qui ont conduit à une guerre civile et à la disparition de de la civilisation donc ça a été euh voilà tout un un enfin un travail assez fastidieux dans l’exposition et même aussi en dehors dans le cycle de conférence qui était organisé au musée que de venir expliquer
Euh que les les moaïes non’ont que l’on retrouve au sol n’ n’ont pas été euh violemment euh comment dire couché euh par dans cadre de conflit mais que ça correspond à l’abandon d’un culte pour le renouveau d’un d’un nouveau culte en fait enfin l’essort d’un nouveau culte il y a une
Divinité unique et que ça traduit donc plutôt un changement culturel qui s’est opéré dans l’île euh et puis surtout il y a eu la le nécessaire éclairage de l’histoire de la colonisation occidentale qui explique bien plus plausiblement l’effondrement de euh démographique de lîle avec donc des populations qui ont été décimées par
L’introduction de de maladies exogène mais aussi qui ont été déporté massivement et qui fait qu’en quelques années la population est passée de plusieurs milliers d’habitants à une petite centaine et je vois que le tempsfil donc je vais accélérer pour ma dernière partie euh donc je juste en conclusion pour
Cette ce deuxième point la mise en scène donc de ces différents mythes et et mystères autour de l’île participe donc d’une je l’ai dit d’une stratégie qui était destiné à attirer des visiteurs à partir d’un d’un imaginaire qui était attendu pour ensuite venir les déconstruire euh c’est ce que donc
J’aiévoqué dans le titre avec l’idée d’une décolonisation des imaginaires euh et cet éclairage interdisciplinaire il est caractéristique de l’identité revendiquée par le musée qui se présente avant tout comme un musée euh de de science par opposition au Musée d’Art et même si un certain nombre de muséums d’histoire naturelle en France se sont
Largement ouverts aux sciences humaine et social euh à Toulouse la métropole développe en fait autour du Muséum et de la Faculté de médecine qui lui est adjacente un quartier des sciences qui fait et et tout ça s’intègre dans une direction de la culture scientifique technique et industrielle qui met aussi
Par exemple en avant l’industrie le patrimoine industriel lié à l’aéronautique et à l’Aérospatiale dans dans la ville donc une coloration scientifique qui est très liée plutôt aux sciences naturelles ou aux sciences de la M matière à ce qu’on va appeler les sciences dites exactes euh donc de fait les les expositions à caractère
Culturel sont plutôt rare au musée enfin elles sont loin d’être majoritaires euh et lorsqu’elles existent elles s’inscrivent systématiquement dans un regard interdisciplinaire qui lesmêle aux sciences de la donc aux sciences dites exactes euh donc dans le cas dans ce cas-là par exemple il y a un commissariat scientifique qui témoignait
De ses regards croisés euh donc à la fois dans le domaine patrimonial archéologue ethnologue anthropologue mais aussi donc des spécialistes qui donnaient un éclairage sur la climatologie la foresterie la botanique ou même encore la linguistique s’agissant de de par exemple de l’écriture rongor Rongo et euh donc cet éclairage pluridisciplinaire il
S’inscrit dans une posture engagée de la part du du musée qui revendique le développement d’une écocitoyenneté critique dans son patrimoine dans pardon dans son projet scientifique et culturel qui est paru en 2020 donc là je vous ai mis un un un extrait qui une citation en
Fait qui qui est celle d’où j’ai tiré ce ce terme des cocitoyenneté critique donc je vais je vais prendre le temps quand même de la lire la montée des préoccupations sociales et politiques qu’engendre les questions environnementales et leur écho dans les disciplines de sciences humaines et sociales impose au Muséum de s’en saisir
De manière spécifique assumer et engager dans l’offre qu’il propose au public l’un de ses engagements est de participer à la construction d’une écocitoyenneté critique pour cela le Muséum s’engage à favoriser la compréhension avertie de l’imbrication des questions de sciences et de société et plus spécifiquement encore à faire
Apprécier avec distance et critique le rôle des savoirs scientifiques dans le débat public donc on le voit ici un musée qui euh qui développe une réflexion importante sur le rôle social qui pe avoir dans dans l’éclairage de de de de thématique en résonance donc avec des enjeux environnementaux et et également
Sociétaux seulement dans cette perspective interdisciplinaire et engagée finalement qu’en est-il de la place accordée à l’expertise des rapanouis eux-mêmes y y a-t-il notamment des des voies autochtones qui se sont fait entendre dans dans l’exposition et bien en fait faiblement à à l’occasion de l’ osition il y a 16
Entretiens filmés qui ont été réalisés auprès de membres de la communauté rapanouille et 6 de ces entretiens ont été présentés dans l’exposition donc ce sont des témoignages qui participent d’une certaine manière à la décolonisation des imaginaires puisque pour un public européen beaucoup en fait étaient étonnés d’apprendre que finalement l’île comptait des habitants
À l’année mais cette décolonisation des imaginaires elle n’induit pas une une décolonisation du du musée et notamment parce que ces voix n’étaient pas intégrées dans l’ensemble de l’exposition mais elles étaient présentées plutôt en fin de parcours dans un dispositif scénographique qui ne qui ne permettait en plus pas vraiment
De prendre le temps de de les écouter et les modalités de de réalisation des entretiens ne ne correspondait pas non plus à un travail socio-anthropologique qui s’est inscrit dans la durée euh il s’agissait d’une commande euh qui très spécifique du musée qui a été faite au moment de la conception de l’exposition
I et avec un cahier des charges qui est qui était très précis et très contraignant avec vous le voyez ce ce fond noir puisque là c’est une capture d’écran que vous voyez sur la d’un d’un de ces entretiens que vous voyez sur le diaporama un fond noir et
Puis une demande de de de ne pas véritablement bouger pour que tout ça soit présenté sur des des panneaux extrême des panneaux des écrans extrêmement fins euh à la façon de de de de un peu de de matthémique donc finalement ce fond noir venait aussi et ce peu ce manque de mouvement
Euh comment dire limiter enfin décontextualiser de toute façon les les les propos et il venait donc servir seulement en fin d’exposition quelques voix mais qui n’étaient pas corrélé donc à à l’ensemble du propos du musée cette commande elle a été confiée à à hélè guillaot qui est ethnoarchéologue il me
Semble que que que vous l’entendrez demain sur un autre sujet Hélène guillaot témoigne dans dans un des ouvrages qui est associé à l’exposition de la méfiance de certaines personnes qui se demandaiit à juste titre et là je je cite le témoignage dont don dont elle parle dans dans l’ouvrage que va-t-on
Faire de ma parole là-bas comment notre image va-t-elle être utilisée et mise en scène et l’introduction de de ces quelques donc entretiens en fin d’exposition ne peut pas suffire à faire valoir euh pour le musée une dimension participative collaborative ou inclusive qui sont des éléments de langage bien
Trop souvent utilisés par les les musées occidentaux pour s’afficher en musée décolonial donc en conclusion et pour revenir sur le le le sujet en fait de de ce colloque qui nous occupe cette exposition a-t-elle apporté une visibilité au patrimoine rapanouille dans la ville de Toulouse oui puisque il
Y a eu une exposition d’un certain nombre de biens qui ont été rassemblés et et présentés aux visiteurs a-t-elle participé à l’attractivité de de ce patrimoine rapaoui il me semble que euh en renversant la focale de l’imaginaire autour de l’île de pâqu pour aller vers un intérêt pour l’histoire de l’île
Rapanoui euh ça va également dans ce sens-là néanmoins apporter de la visibilité et de l’attractivité à un patrimoine lointain et méconnu sans inclure les voies des population qui l’ont produite et qui sont les populations qui ne cessent de redéfinir ce qui pour elles fait patrimoine c’est bien sûr insuffisant et euh les musées
Doivent développer des de véritables collaborations qui vont s’inscrire dans la durée et exercer une une vigilance irréprochable dans l’utilisation qu’il fait des récits et des images qui lui sont confiées et à ce titre d’autres projets existent au Muséum de Toulouse depuis 2010 et et sont sont assez
Innovants et et et beaucoup plus en phase avec cette avec cet impératif de de décolonisation du musée euh c’est le cas de projet autour des collections d’Amazonie brésilienne ou plus récemment autour du des collections en provenance du Bénin néanmoins les moyens humains techniques et financiers restent limité
Et ils ne permettent pas de mettre en œuvre de manière systématique ce genre de démarche sur l’ensemble des collections le Muséum de Toulouse reste cela dit largement ouvert à toute personne désireuse d’apporter sa contribution à l’état actuel des connaissances sur les biens culturel qui conserve et en ce qui concerne les
Collections océaniennes je vous renvoie donc à à un article que nous avons coécrit avec Sylvian Bonvin pochtein qui est chargée de de collection au Muséum et LAN granniier qui qui était masterante en histoire de l’art qui est paru dans le Journal de la Société des océanistes numéro 152 et qu’on a conclu
Justement par un appel à étendre les projets collaboratif en lien avec le fond océanien j’ai été très longue je j’en suis désolé je vous remercie de votre attention et et je vous laisse me dire s’il y a des des questions [Applaudissements] merci Magalie pourir les messages justement qui m’incita à à conclure
Merci Magalie pour pour ta pour ta présentation qui montre aussi toutes les difficultés de de de mener des des recherches collaboratives est-ce qu’il y a une ou peut-être deux question dans la salle avant qu’on ne passe à la présentation suivante je vais juste faire une petite remarque concernant l’inventaire du patrimoine
Canac dispersé euh et la base de données en ligne le Muséum de Toulouse a été parmi les premiers à nous donner les autorisations nécessaires pour mettre en ligne justement sur la base les collections canak qui sont actuellement euh conservées au Muséum et elles sont disponibles en ligne donc euh voilà il y
A 128 128 notices qui sont en ligne merci pour pour cette précision c’est vrai est-ce qu’il y a d’autres questions ou remarques ah ça y est qui veut commencer faites court après je passerai à Emmanuel bonjour merci pour votre intervention euh j’ai j’ai j’ai eu le plaisir et la
Chance de visiter la maison pierlouti à Rochefort est-ce que vous avez dresser un par rapport à votre projet que vous décrivez une un lien après technique itinérant avec la ville de Rochefort je suis désolée je je il y a des soucis un peu audio avec la le
Certains micro enfin je donc j’ai j’ai entendu que vous parliez de de Pierre LTI de à Rochefort c’est ça mais j’ai pas bienis voilà sur votre projet que vous avez décrit aujourd’hui est-ce que vous vous avez imaginé ou concrétisé quelque chose avec la ville de Rochefort pour la maison pierlotti pour un projet
Itinérant par exemple alors cette exposition sur enfin l’île de pâqu le nombre île du monde point d’interrogation a d’abord voyagé à à La Rochelle et par la suite l’ensemble de la du dispositif de reconstitution de la cabine de Pierre Lotti à normalement intégrer intégrer la maison Pierre LTI
Rochefort justement euh en fait Claude Stéphanie qui est directeur des Musées de la Ville de Rochefort faisait partie du commissariat scientifique de de l’exposition et euh et donc bien sûr il y a en plus il y a eu donc un certain nombre de prêt de de de de Rochefort et
De la Rochel pour cette exposition et donc il y a finalement une une suite qui est donnée à à une partie de du dispositif scénographique dans dans l’actuelle maison pierlotti merci de la présentation c’était juste une remarque sur les comment dire les les termes c’est une remarque par rapport
Au au au problématiques que ce ce type d’exposition est en terme de représentation parce par j’entends très très mal est-ce que c’est c’est je sais pas si c’est que tenz le micro un peu loin ou pas mais je je là j’entends encore moins comme ça vous m’entendez là c’est bon
Allô non c’est juste pour le enfin je disais que c’est c’est le terme décolonisation et la le le ça s’adresse à qui en fait la question c’est à qui on s’adresse quand on fait ce type d’exposition parce qu’on a bien compris la la problématique entre les sciences
Dures et les sciences sociales et la problématique de rapanoui à Toulouse c’est pas le même sens que une problématique en Polynésie ou même dans le Pacifique ou en Amérique du Sud je sais pas moi au Chelli ou au Pérou c’est c’est juste une remarque je fais sur le fond de la TER terminologie
Employ je je suis pas sûr d’avoir bien j’ai cru comprendre que la question portait sur à qui s’adressait ce ce genre d’exposition entre la question à la fois de euh d’un regard interdisciplinaire sur le patrimoine naturel et culturel et aussi sur la question du fait que c’est un patrimoine lointain et qu’on parle
Pas forcément pas de la même manière de rapanouille en en France hexagonale que en N enfin que directement si c’était sur sur harapanoui c’est ça la question oui est-ce que tu m’entends comme ça oui là j’entends un peu mieux euh Louis Lagarde est en train de de de
Faire une de de de faire une une de t’envoyer dans le dans le chat la la la remarque qui était posée par Emmanuel chibaou autour just effectivement de de la question à qui s’adresse l’exposition et les différentes les différents publics et les diff différents territoires dans lesquels une exposition
Euh euh de de cette de de sur C de cette de cette de cette sorte peut avoir lieu que ce soit en Amérique du Sud au Chili au Pérou en Polynésie ou ou en Europe et les problématiques spécifiques que ça que ça peut poser par rapport au termes
De de décolonisation c’était plus une remarque autour de de de de ce terme décolonisation si je d’accord retranscrit alors moi c’est vrai que je ne enfin entre musée des coloniales musée post-colonial musée anticolonial ou post-musée enfin sur la comment dire sur la terminologie je ne suis moi-même pas euh entièrement comment dire satisfaite
Enfin de de de de connaître les différentes nuances ce qui m’intéresse plus c’est d’un point de vue pratique comment comment les les musées cherchent enfin les musées en tout cas euh occidentaux qui ont des collections qui sont lié à un contexte culturel autre euh sortent de de la question d’un d’un
D’un d’un patrimoine qu’ils ont participé à figer dans une dimension enfin sans profondeur historique euh ou euh ensérré dans un concept de de qui est par exemple celui d’ethnie donc là ce qui est intéressant enfin l’impératif en fait qu’on entend de plus en plus de décoloniser les musées pour moi il est
Il est multiple et dans cette présentation ce que pour moi ce qui était important de montrer c’est comment l’idée de de de venir déconstruire l’imaginaire européen qu’il a pu y avoir sur sur bah sur les îles du Pacifique mais pas seulement c’est une étape mais c’est pas nécessaire c’est pas suffisant
Ce qui est nécessaire c’est aussi de venir à ajouter les perspectives des des comment dire des des communautés qui sont en fait les les les héritières des personnes qui ont réalisé ces objets et qui vont avoir une un une autre catégorie d’expertise après il y a aussi
La question bien sûr de du rapport à à l’histoire coloniale du du pays et effectivement dans son sens je vais pas développer mais ce qui a été fait autour du des collections du Bénin alors qu’il y a eu un contexte de colonisation française pendant des années c’est ça ça
Demande un un travail comment dire de concertation peut-être encore plus soutenu que ce qui a pu être fait avec d’autres communautés je pense notamment à l’Amazonie brésilienne où là le travail du Muséum a été un peu plus simplifié je sais pas si ça répond entièrement du coup à la question ou pas