Guy DUCREY (Université de Strasbourg), « Rééditer Victorien Sardou, puis Edmond Rostand : la question du texte, le problème du spectacle »

Bien bonjour à tous Nous sommes heureux de vous avoir aujourd’hui donc pour cette nouvelle séance du séminaire d’autres scènes pour laquelle Guy ducay professeur à l’Université de Strasbourg a accepté de se connecté pour nous parler de d’une de ses spécialités donc les drames et pièces historiques de Victorien Sardou et également le théâtre

D’Edmond de Rostan euh guide du crè donc spécialiste de ces deux auteurs a travaillé sur la les éditions de ces deux auteurs et notamment sur une pièce plus particulière sur laquelle il va se concentrer aujourd’hui la princesse lointaine au nom si évocateur je vous remercie de la part de de Christine et à

Laquelle je me joins et je vous laisse la parole sans plus tarder j’espère ne rien avoir oublié merci gu merci beaucoup merci à toutes les deux je voudrais en eff fait d’abord remercier Séverine rol et Christine skic de m’avoir si gentiment invité à prendre la parole aujourd’hui et à parler d’une

Époque du théâtre qui ne s’inscrit pas directement dans l’horizon privilégié par le séminaire d’autres scènes puisqu’il s’agira aujourd’hui uniquement de l’époque 1900 euh les quelques propos que je voudrais tenir cette après-midi s’inscrivent dans un triple contexte que je voudrais rappeler brièvement d’abord celui d’une réédition euh d’une double entreprise collective

Qui ne pouvait se concevoir autrement que collectivement euh tant la tâche était grande celle commencée il y a plusieurs années de la réédition du théâtre de Victorien S et celle un peu ultérieure de la réédition des œuvres de Edmond Rostan dans les deux cas la collection théâtre des classiques Garniers accueillait cette

Entre je vous mets ici la figure que ça prend aujourd’hui que c’est paru mais c’est pas enti ement paru puisque nous avons un coffret de Victorien Sardou de six volumes j’y reviens tout de suite et un premier volume du théâtre complet d’edmont Rostan paru exactement il y a 1

An 1 an et 2 mois alors ce coffret de Sardou contient donc 6 volumes pour 16 pièces réuni sous la houlette de ma collègue le professeur Isabelle moindre de l’université Paris 8 et qu’une équipe de 10 chercheurs et chercheuses a mis environ 8 ans à préparer pour une collection euh très

Précise non celle des comédies qui vont faire l’objet de SEP nouveaux volumes on sait pas si ça donnera lieu un coffret mais en tout cas SEP nouveaux volumes euh euh auquel nous avons commencé à travailler avec une équipe élargie Sardou fut en effet euh le très célèbre

Un très célèbre auteur comique et pas seulement un auteur euh de drame là il s’agissait des drames et des pièces historiques comme Séverine vient de le rappeler où il s’est taillé une réputation mondiale en particulier parce que SEP de ces pièces euh ont été écrites spécialement pour

Sarah Bernard qui se chargea de les emmener en tourner partout dans le monde nous avons donc commencé par ce qui sans doute était le plus difficile c’est l’opinion de Isabelle moindrou en tout cas ces pièces en effet se passe dans des périodes reculées de l’histoire et

Ont exigé de la part de leur hauteur une prodigieuse énergie de recherche et de Constitution et par conséquent de la part des éditeurs qui les éditent aussi bien sûr euh le plus difficile aussi dans ces pièces euh résidait dans la mise en scène à tenté d’ de rêver ou de reconstituer par

L’imagination il s’agissait de très grand spectacle avec une débauche de moyens financiers Sardou comme l’a montré jean-claudion euh à a été euh entre 1880 et 1900 l’auteur le mieux payé de France l’auteur de théâtre le mieux payé de France donc il gagnait beaucoup beaucoup d’argent il a pu se

S’acheter un château euh euh près de Paris à euh à Marly le Roi donc énormément de somptuosité des décors d’innombrables figurants des costumes éblouissants euh des scènes euh paysage absolument magnifique on y reviendra tout à l’heure et ça donnait une sorte je le dirais peut-être comme ça une

Sorte de ppelum avant la lettre on est quelques années avant les premiers films avant la naissance du cinéma et donc c’est c’était des il faut les imaginer comme des grands pelom euh pas forcément sur l’Antiquité mais des pelom dont qui séchlonne don dont l’action s’exlonne à travers l’histoire j reviens dans un

Instant donc c’est c’est c’est c’est C ces 16 drames et pièces historiques emmené en particulier les SEP emmenés par Sarah Bernard euh dans le monde sont à concevoir comme participant de l’industrie du spectacle français à son meilleur à l’époque 1900 euh et c’est une des raisons pour lesquelles leur

Mise en scène est très difficile et reste très difficile aujourd’hui ça sera un peu l’objet de ma réflexion euh à à tout à l’heure alors probablement que les comédies qui sont 27 27 pièces qui feront partie du du du de l’ensemble des comédies seront plus faciles ell elles

Exige moins de de de de somptuosité de décor et contiennent certaines des certains des succès les plus caractéristiques de Sardou les pattes de mouche divorçons euh et on peut rappeler que certaines ont connu une deuxième vie dans le théâtre Hollywood dans le cinéma hollywoodien des années 30 par exemple chez lou Beach

Let’s get divorce qui s son sont sont usuellement repris comme thème de Sardou donc il a il a connu une une deuxième vie euh à à dans les années 30 alors ça c’est c’est pour la première entre entise don dont je dirais un mot mais très très très circonscrit tout à

L’heure et l’autre entreprise elle aussi collective mais à d’ampleur moindre puisque nous sommes CQ collaborateurs consiste dans la réédition en trois volumes du théâtre d’eddmon roston qui a souffert si l’on peut dire puisque c’est quand même l’auteur français le plus joué de l’époque encore aujourd’hui et encore triomphant aujourd’hui qui a

Souffert si l’on peut dire de la gloire de sirano soleil trop brillant et qui a quelque peu maintenu dans l’ombre d’autres chef-d’œuvres la princesse lointaine dont le titre était prononcé par Séverine à l’instant l’Aiglon incarné par Sarah Bernard aussi en travesti Chanteclair et la Samaritaine euh qui intervient

Juste après la princesse lointaine et bien sûr elle aussi incarnée par Sarah Berna alors ça ça c’est le contexte premier de de de des quelques choses que je vais vous dire à l’instant il y a un deuxième plan un deuxième pan contextuel à à mon propos c’est la le centenaire de

La mort de Sarah Bernard dont vous avez compris que c’était au fond le le lien le maillon qui les lit tous les deux n’est-ce pas ils ont tous les deux écrit pour Sarah Berna et c’est ça qui me permet de les associer hein donc il y a eu l’an dernier le

Centenaire de Sarah Bernard et de la mort de Sarah Bernard avec une exposition au Petit Palais et un catalogue très important et ce catalogue était accompagné au Petit Palais d’un double cycle de conférence euh l’une l’un organisé par le petit palais lui-même et l’autre organisé par le Comité

D’histoire de la ville de Paris qui a jeté un regard très vif sur euh sur les auteurs préférés de Sarah Bernard et sur l’intensité prodigieuse de la collaboration Sara Bernard avec chacun des deux alors dans ce cadre j’ai eu à à faire une une espèce de de une

Conférence dans dans le cadre du cycle de de du du Petit Palais et qui me sert de point de départ euh à à ce que je vais dire aujourd’hui que je vais que j’ai que j’ai dont j’ai repris certains pans et que je vais par ailleurs étendre surtout à la problématique de votre

Séminaire c’est de cette année c’est-à-dire celle de la des problèmes de la réédition du du texte théâtral c’est c’est c’est c’est un peu ça que je voudrais faire le troè point justement c’est notre votre journée d’étude notre journée d’étude sur du du 10 novembre sur les problème de la réédition

Théâtrale aujourd’hui euh vous étiez parti des textes anciens euh euh et euh vous aviez très gentiment accepté de les ouvrir à des problèm de de de réédition de textes plus récents et euh je je je je fais écho à dans ce que je vais dire à l’instant un peu de à plusieurs titres

À cette euh à cette réunion du 10 novembre où vous aviez eu la gentillesse de m’inviter donc je suis suis à à la à à la à l’intersection de ces trois moments contextuels euh et je voudrais explorer un tout petit peu les raisons de rééditer ce théâtre expliquer quelques-unes des difficultés

Que nous avons rencontré et que nous rencontrerons que nous rencontrons toujours à la fois dans l’entreprise de réédition elle-même et dans le passage à la scène qui je dois le dire ici tout de suite reste notre horizon majeur rêvé et pour l’instant absolument inaccessible euh et et et l’une des raisons l’une des

Choses que je voudrais interroger c’est euh c’est les raisons euh pour lesquel il reste inaccessible alors je vais je vais il il y aura peut-être cinq points que je vais vais développer rapidement je voudrais d’abord commencer euh par par vous vous exposer le le les rais maison de ces deux de ce cette

Observation parallèle de ces deux génies je voudrais vous faire un très rapide panorama de que ce que recouvre ces ces cet ensemble de pièces qui me permet de les associer je voudrais m’arrêter sur une scène puisque je suis avec des shakespeariens sur une scène à faire qui est la mort de

Cléopâtre de Sardou dans dans Cléopâtre de Sardou interroger en des questions de spectaculaires chez rostant en m’arrêtant sur une petite scène de la de la princesse lointaine et puis je terminerai par par des questions de un tout petit peu de poétique rostandienne en vous parlant un peu de de de ce qui

Ce qui est apparu au moment à l’éditeur de de la princesse loinaine euh comme à côté des des des aspects spectaculaires comme devant être développé que j’ai appelé le verlénisme de Rostan euh c’est un petit aspect plus plus recherche philologique par lequel je voudrais terminer alors euh euh d’abord deux génies parallèles

Euh nous allons parler partir si vous voulez bien de ces deux images euh que vous avez à l’écran euh il s’agit de deux bustes euh à gauche vous voyez le buste en bronze de Victorien Sardou fait par Sarah Bernard donc Sarah Bernard c’est c’était l’origine de l’exposition du Petit Palais est

Sculptrice on le sait pas toujours assez et elle le Petit Palais et le le recueille beaucoup de ces sculptures ce qui a servi le de noyau de départ à leur entreprise d’exposition du centenaire donc vous avez ici un très beau buste en bronze euh de Victorien Sardou euh qu’elle exécute en 1900

Sardou est vivant et euh qui comme le dit Cécilie champi dans le catalogue de l’exposition est à la fois réaliste on voit le visage anguleux du célèbre du maître l’exécution minutieuse de la chevelure on peut retracer chaque chaque chaque mèche de cheveux et en même temps symboliste ou Art Nouveau si vous voulez

On est en 1900 puisqu’il est il est il il il est il repose sur deux allégories celle de la comédie à droite et celle de la tragédie à gauche la comédie étant représentée par Réjane et la tragédie à gauche par Sarah Bernard elle-même qui se représente dans dans dans le bus

Alors à droite vous avez une photographie très rare exhumée à l’occasion de l’exposition par Madame kantarouti qui était sa commissaire qui nous montre Sarah Bernard à l’œuvre nous sommes en 1900 22 elle va mourir l’année d’après on ne le voit pas mais elle n’a déjà plus qu’une jambe et euh elle sculpte l’autre

Dramaturge qui lui fut cher c’est-à-dire Edmond Rostan mais elle le sculpte alors qu’il a été emporté 4 ans plus tôt par euh la grippe espagnole en 1918 et euh elle euh elle elle elle elle elle le montre elle c’est cette photo la la montre en train de le sculpter avec une

Un geste très tendre euh comme d’amour de de la main de la sculprice euh euh Rostan est jeune on on y reviendra aussi il est en habit d’académicien et on on le on le voit bien avec les les broderies et euh je voudrais commencer par redire à à quel

Point c’est c’est ces deux effigies sont tout à fait exceptionnels d’abord la tradition du buste comme vous le savez remonte aux empereurs romains euh et et et et sculpter un buste suppose une vénération presque cultuelle à l’égard de celui qu’on qu’on qu’on sculte et on on on peut aussi dire que

Euh on on ce ce ce ce que montraient les Romains c’était des dieux euh sous la forme du du de l’empereur hein l’empereur divinisé et et donc on est dans un cas tout à fait singulier et probablement unique dans l’histoire d’une actrice qui sculpte le buste des auteurs qu’elle a

Joué je pense je pense pas qu’il doit y en avoir d’autres de ces cas-là euh et et et et c’est et c’est très euh saisissant de se dire que il y a une marque de reconnaissance et de dévotion et de respect dans ce geste de la fabrication du bus et euh qui est

D’autant plus touchant chez Rostan que c’est une sorte de face- àface pardelà la mort car Rostan n’est plus là euh et c’est un Rostan jeune celui pour le celui qu’elle a connu euh dans sa jeunesse qu’elle se remémore en le sculptant peut-être pas tout à fait le

Jeune homme de 26 ans quielle qui était venu la voir en 1894 avec sa pièce la princesse lointaine mais un homme suffisamment jeune déjà académicien je rappelle qu’il est devenu académicien en 1901 c’est-à-dire à l’âge de 33 ans on peut imaginer imaginez que c’est à peu

Près c’est peu de temps après c’est un homme entre disons 33 et 40 ans ici qu’elle auquel elle donne vie par la sculpture et cet homme lui a donné une partie de sa gloire euh comme Sardou l’avait fait avant grâce à la princesse lointaine puis à la Samaritaine et enfin à l’Aiglon

Euh donc donc euh Sarah a sculpté ces deux bustes de dramaturges qu’elle a ensuite dont elle a ensuite emmené l’œuvre à Paris d’abord puis en tournée euh et ce sont les deux auteurs qu’elle a le plus défendu euh euh elle on peut rappeler qu’elle elle partait donc aux États-Unis dans le

Middle West en Australie au Brésil et que quand elle donnait une soirée elle elle elle elle elle donnait le plus souvent du théâtre classique en tout cas une Fèdre elle avait toujours Fèdre ou souvent fait dans ses bagages mais elle donnait aussi un acte de Sardou ou un acte de roston à

Défaut de donner toute la pièce donc elle se elle se elle transporte ceses ses œuvres dans le dans le monde euh et euh disons cette ce parallèle que je fais ici si invite à les considérer ensemble alors même qu’à première vue leurs génie respectifs semble à des années lumières l’un de

L’autre et je me suis mis je me suis amusé à mettre en parallèle leur trait contrasté dans une sorte de tableau sans grande prétention scientifique mais riche de quelques révélations alors admirer le le subtil jeu de couleur puisque il y a le jaune pour Sardou le

Le bleu pour Rostan et jaune et bleu ça fait vert quand on les mélange et c’est ce qui les rassemble donc commençons par ce qui les opposent puis on regardera le vert après pour voir ce qui les rassemble alors d’abord première observation Sardou né en 1831 mort en

1908 et roston né en 18 8 morts en 1918 ne sont pas de la même génération pour commencer euh ils sont ils appartiennent à une génération tout à fait différente Sardou a 50 ans lorsque Sarah joue son premier drame qui est Fedora 1882 c’est un auteur déjà hyper célèbre riche et

Qui peut si j’ose dire se permettre Sarah à 50 ans hein il peut il peut il a suffisamment conquis de gloire pour que il puisse lui offrir une première pièce pour Rostan c’est tout à fait l’inverse tout jeune homme il écrit à sa fiancée qui va devenir sa femme euh

Voilà il faut j’écris un drame pour Sarah et et sans sans le moindre doute que ça marche il a 26 ans et il il il lui présente un drame elle dit oui euh à l’âge de 26 ans c’est quand même très c’est c’est c’est un peu plus que

L’âge de nos étudiants mais euh c’est c’est quand même très très très notable euh donc donc c’est grand contraste de ces deux deux choses euh euh euh donc donc on peut on peut dire que ça Sarah vient comme consécration pour Sardou tandis que elle vient comme lancement pour pour Rostan elle le lance

D’une certaine façon il il est pas tout à fait débutant he il a déjà deux ou trois pièces qui sont plutôt des vaudevillees dont un merveilleux qui s’appelle les romanesques mais euh quand même euh disons elle elle le lance euh alors Sardou par ailleurs euh est est

Une gloire née du Second Empire le le le génie de Sardou a été consacré dès les années 1860 ça a été le d’abord le grand auteur du second Empire avant de devenir l’auteur de la 3e république tandis que la gloire de roston est caractéristiquement celle de la 3e

République c’est une une une une gloire née dans les années 1890 euh maintenant il y a évidemment aussi un contraste poétique très très important euh Rostan est Sardou est prosateur et Sarah ne peut pas prononcer un seul verre chez Sardou pour la simple et bonne raison que Sardou n’a pas écrit un

Seul ver euh pas pas un seul verre pour le théâtre alors que chez Rostan Sarah ne prononce que des verres chez lui puisque il n’a pas écrit pour le théâtre autre chose pour elle que des veres donc donc Rostan est poète et Sardou est prosateur et puis dernier contraste on pourrait continuer hein

Maises derniers contraste pour aller assez vite euh Sardou est du côté de la gloire de la richesse de la fécondité de la santé c’est un ogre dévoreur il achète des châteaux il les il les il il met dans les allées des châteaux des sphinx pour pour rappeler l’Égypte il

Est il est il est il écrit extraordinairement rapidement il invente plusieurs pièces par an voilà et Sarah et donc samuse joyeux à Sardou même si elle joue des rôles terriblement dramatiques et tragiques pour lui hein mais c’est sa muse joyeuse tandis que roston est du côté de la bien

Sûr de la gloire aussi mais d’une gloire très très vite accompagnée de neurasténie de maladie d’impuissance la correspondance de Rostan est dévorée de douleur de maladie de solitude et donc sarah est et et et et au fond s’amuse triste ou s’amuse tragique euh euh pour pour faire

Contraste aussi voilà alors ça ça c’est pour les contrastes très vous voyez que j’ai beaucoup accusé ici mais euh qui il ne faut pas que ces contrastes accusés nous empêche de voir ce qui les rassemble euh donc ces deux auteurs sont promus au au fait de la gloire par

Elle c’est grâce à elle qu’ils atteignent les sommets de la notoriété ce sont deux auteurs enrichis financièrement par elle peut-être que certains de nos auditeurs ou certains de nos futurs auditeurs son seront déjà allés à à à Arnaga mais c’est c’est grâce c’est grâce aux recette de de de

Sirano que Rostan peut s’acheter à harnaga euh et et faire cette cette extraordinaire maison la décorer merveilleusement enfin il faut aller visiter Arnaga euh ce sont deux auteurs qu’elle a souvent dû défendre parce qu’ils étaient très attaqués on on pourra peut-être dire un mot pourquoi ce sont deux auteurs qui ne

Sont pas du tout des auteurs de cabinets ce sont des auteurs passionnés par la mise en scène et qui vont sur au théâtre et comme elle passionné par la mise en scène et vont collaborer avec elle jusque dans les moindres détails et et donc ce sont des hommes de

Terrain du théâtre tous les deux ce sonttre pas le N le l’oublier aussi deux académiciens Sardou a devient académicien à 46 ans roston à 33 ans prodigieux grâce à Cano bien sûr en partie et ce sont deux auteurs souvent méprisés par la génération d’avant-garde des symbolistes euh comme commerciau ou

Euh génie facile ou ils sont en tout cas pas considérés comme d’avant-garde euh et puis je le disais ils sont associés par Sarah elle-même dans au cours au cours de ces tourné voilà alors ça c’est pour un peu vous vous montrer ce qui au fond nous permet de faire une conférence

Sur Sardou et roston à la fois euh si alors même que alors même que leur génie n’a rien à voir alors qu’est-ce qui qu’est-ce qu’ qu’est-ce qu’ils écrivent pour elle euh euh puisqueon peut pas on peut pas faire le tour de ces 16 pièces des drames et plus le la princesse

Lointaine ou les trois pièces de Rostan publié et bien on on on peut s’arrêter sur ce ce qui caractérise leur génie lorsqu’ils se mett au service de Sara et j’ai appelé ça un tour du monde et un tour de l’histoire par par le théâtre c’est ça qu’ils arrivent à

Faire alors voilà la liste des euh des des des pièces qui sont donc conçues et écrites pour Sarah Bernard chez Sardou je je je je les détaillerai hein mais je je commence par en faire la liste parce que rien que sonorement euh elle est intéressante féora 1882 Théodora 1884 latosca

1887 Cléopâtre 1890 Gismonda 1894 spiritisme 1897 et la sorcière 1903 et puis du côté de Rostan la princesse lointaine 1895 la Samaritaine 1897 l’Aiglon 1900 euh alors nous avons ici euh euh les œuvres donc écrites par par ces deux auteurs et ce qui unit véritablement leurs deux

Géniees c’est le rôle qu’il donne à leur mususe dans leur œvre la place qui lui réserve et que le titre même de ces pièces dit aussitôt la façon au fond dont ils organisent leur pièces pour elle voilà ce qui leur est profondément commun concevoir un drame où elle puisse

À chaque fois donner le meilleur d’elle-même et utiliser leur génie pour déployer au mieux le sien d’actrice alors il est très difficile de cette liste s’il fallait entrer dans le détail on y arriverait pas de chacune de ces pièces mais je vais essayer de vous montrer quelle qu que considéré dans

Leur ensemble elle constitue un parcours de l’histoire occidentale et de la géographie du monde occidental disons depuis l’Antiquité et ce faisant elle décline la variété infinie infinite variety comme dit Shakespeare de Cléopâtre Anthony et cléopâra du génie féminin qui se serait illustré à travers l’histoire ou plus exactement que l’histoire occidentale

Aurait permis de révéler dans sa plus grande diversité alors je parle là un peu de géographie et d’histoire et et je les prends je je vous les laisse sous les yeux et et je détaille un petit peu mais rapidement si vous aimez l’Égypte je commence par le début bien sûr si vous

Aimez l’Égypte du 1er siècle avant Jésus-Christ vous avez Cléopâtre qui vous attend dans son palais elle est entouré de serpent vivant et sur fond de pyramide esquissé dès les premières pages du bruit je montrerai tout à l’heure par sardau il conçoit son drame dans le cadre des pyramides si vous préférez une antiquité

Plus chrétienne et bien c’est cherostan la Samaritaine qui vous attend près du puit de Jacob c’est le décor et vous verrez même au côté de Sarah Bernard nul autre que Jésus bien sûr comment raconter la Samaritaine sans arrivé de Jésus peut-être que vous préférez un monde byzantin différent plus tardif et bien

C’est Théodora qu’il faut lire Théodora l’impératrice du 4e siècle qui est ressuscité par Sardou et qui vous accueille sur les bords du bosfort soigneusement reconstitué dans la pièce [Musique] 2884 mais peut-être que toujours dans le monde de Byzance mais presque à la fin du de Byzance euh vous vous intéresserez

À la chute de l’Empire romain d’Orient c’est-à-dire à l’époque de 1 451 qui est le cadre où se passe où se passe euh la Gismonda sous-titré la duchesse d’Athène elle avait comme titre d’abord la duchesse d’Athène et qui se passe donc dans l’athène de 14 151 tandis que le

L’Empire romain d’Orient est sur le point d’ de tomber aux mains des Turcs mais nous sommes encore dans le monde byzantin nous sommes aussi dans le monde byzantin mais du 11e siècle avec gérostant cette fois la princesse lointaine qui se passe au 11e siècle donc et qui raconte l’arrivée des

Croisés et le premier d’entre eux le poète Geoffroy Rudel sur le chemin de Jérusalem et qui s’arrête à Tripoli du Liban pour aller voir la célèbre princesse nen tout ça c’est chaque fois Sara Bernard vous j’ai pas besoin de le dire mais bien sûr elle est partout peut-être que vous aimez mieux

D’ailleurs plus tard que Byzance la l’Espagne du 16e siècle des des de l’Inquisition alors vous aurez alors ah oui j’ai oublié de vous montrer voilà le voilà la duchesse d’Athène sur le sommet de l’Acropole en tenue de Duchesse florentine avec son petit-fils Francesco qui va être jeté dans la fosse au tigre

Par le méchant Zacharias et vous voyez d’ailleurs des éléments architecturaux qui ont disparu que vous ne trouveriez pas sur l’Acropole d’aujourd’hui et qui sont la tour franque là médiévale qui monte devant devant le les les propilés et euh on on est donc dans un dans un dans un

Dans un dans un une Grèce reconstituée du 16e siècle euh je vous parlais de la de de de l’Espagne de l’Inquisition ça c’est le tableau final extraordinaire de la cathédrale de toled avec la sorcière la pauvre devant le tribunal de l’Inquisition qui va être brûlée ici même là dans devant le devant

Dans dans ce dernier acte de la sorcière euh acte 5 et nous sommes donc dans l’Espagne du 16e siècle vous préférez peut-être l’Europe de la Révolution et de l’Empire alors avec ses robes à taille haute et ses coiffures à bandeau ce néoclassicisme vestimentaire merveilleux et vous l’avez à Rome dans

La Tosca bien sûr qui se passe à la fin du 18e début 19e et aussi chez Rost à Vienne dans l’Aiglon puisque nous avons nous suivons la vie du fils de Napoléon avec l’ombre mélancolique de l’empereur disparu dans les jardins de Vienne nous n’oublierons pas la Russie

Euh je suis toujours dans ma liste là nous n’oublierons pas dans la Russie avec ces anarchistes et sa violence antizariste et nous avons la féora par laquelle Sardou commence en 1882 avec cette cette féora intransigente et fierre et si vous ne voulez que l’époque contemporaine et bien il reste spiritisme avec un

Accident de train dans le Paris 1900 et la pauvre héroïne de spiritisme croit que son mari est mort dans cet accident de train mais elle ne sait pas qu’en fait il est pas mort et donc elle entre en contact avec lui par spiritisme en quelque sorte hein Sardou était Spirit

Alors voilà ce que j’appelle le le tour du monde vous voyez géographie et histoire mêlée qui a fait que les les les contemporains si on lit la critique de ces pièces transversales parlent très souvent de caleéïdoscope et plus souvent encore de diorama on est vraiment juste quelques

Années avant la naissance du cinéma une espèce de diorama de l’histoire euh où où où où où si on prend ces pièces ensemble défile en quelque sorte l’histoire occidentale mais une histoire occidentale euh abordé par un angle très particulier celui du génie féminin celui de la force

Féminine puisque vous vous il suffit de de de de voir sous les yeux cette liste pour comprendre que euh c’est une célébration du génie féminin qu’il à laquelle il il il il il se livre tous les deux et euh c’est une forme de caléïdoscope de la de la de la de la de

La féminité historique qu’il qu’ qui qui les intéresse alors on la voit dans ces pièces tour à tour impératrice et prostituée ou d’ailleurs parfois simultanément dans Dora elle est et impératrice et prostituée on la voit pharaonne et humble amoureuse c’est le cas de sa cléopâre on la voit sainte de

Vitraille et sensuelle égoïste ça c’est dans la princesse lointaine de roston on la voit hautaine et artificielle on la voit souvent meurtrière euh mais par l’effet de la passion vengeresse elle tue tout le temps hein je j’y reviendrai tout de suite on la voit mère jusqu’à la

Folie avec le petit Francesco que je vous montrais là tout à l’heure m jusqu’à la folie et amante jusqu’à la perdition ça c’est dans la sorcière dans Gismonda aussi dans Cléopâtre bien sûr on la voit mû et rouée mais aussi toute innocente et Prim prime Sautière bref

Comme le dit un critique dès la première de ces pièces chronologiquement Fedora sa toutes les femmes voilà et on peut le dire de Sarah Sarah sait toutes les femmes parce qu’elle est actrice mais parce que le génie de leurs deux de ces deux auteurs la lui permet au fond

De devenir toutes les femmes et elle elle les deux dramatures sont évidemment fascinés par ce génie des métamorphoses de la souplesse vous savez qu’on l’a considéré d’une souplesse incroyable on la comparais un serpent et et et il s’ingénit donc à lui composer des répliques des discours mais surtout

Des situations où elle puisse faire spectacle d’elle-même comme d’une matière ductile sous les mains d’une sculptrice ce n’est pas par hasard que elle le fut sculptrice que dire de ces situations bien ces situations elles sont très souvent paroxistique euh où l’héroïne embrasse le pire de l’ignominie des sommets de douleur et

Aussi des sommets de vengeance elle est aussi souvent torturée qu’elle torture elle-même la Tosca tout le monde connaît la Tosca elle est souvent traîtresse aussi souvent traîtresse que trahille et elle est simultanément souvent et Bourel est victime tout ceci s’actualise dans des morceaux d’antologie dans chacune de ces

Pièces des moments cruciaux que sont la mort et l’amour d’ailleurs conjoint la mort étant le signe même de l’amour et sa consécration comme à la fin de Cléopâtre ou à la fin de la princesse lointaine et c’est pourquoi Sarah ne cesse de mourir et ne cesse de

Tuer la mort reçue et la mort donnée constituant bien entendu de ces sommets paroxistiques où son publ latant et que les deux auteurs ne son sont évidemment pas privés de lui donné au point d’ailleurs d’avoir été moqué je rappelle que Bernard cha qui détestait Sardou détestait Sarah euh euh

Déclarait dans une de ces pièces dans une de ces critiques très drôles d’ailleurs que je vais vous lire en français euh car madame Sarah Bernard c’est au moment de JIS monta car madame Sarah Bernard ayant dans divers drames perpétré divers meurtres par le poison le poignard le rêve ver la carabine et

Le fusil il fallait trouver autre chose et Monsieur Sardou a trouvé la hache voilà alors voilà en effet la fin de la de la de la de gissemonda ah tueur d’enfant tu donnes mon fils au tigre moi je te donne à l’enfer et hop elle lui coupe la tête c’est le méchant Zacharia

Que vous avez là dans le dernier l’avant-dernier acte de dis monondable euh et donc on on on signale justement ce ce paroxisme de mort euh et ce que détestait évidemment ch socialiste et pris de réalité du moment c’est cette cette cette transformation de l’histoire en fresque fresque de décor hein qui qui

Qui n’était pas marqué au saut des combats à menés au moment où chaud écr écrivait euh et et et et donc il condamne férocement l’artificialité de ce théâtre alors euh peut-être qu’on peut faire un tout petit détour par meterlin ici qui rappelait dans un dans un article très célèbre de l’époque qui qui

M’intéresse la 1895 et qui s’appelle le tragique quotidien il rappelait que dans en en en cevant son propre théâtre que au fond euh nous ne sommes dieu soit loué hein pas dans notre vie à chaque instant en train de fuir devant une épée dégainé un poignard que notre mari ou notre femme

Ne nous donne pas à chaque instant une coupe empoisonnée à boire et que et que donc euh au fond euh pourquoi est-ce qu’on continue à voir ça sur sur au théâtre disait meterlin son prenant manifestement à Sardou enfin ses épées dégainé ses poignards on en peut plus et je veux

Donc inventer disait meterlin à cette époque là en le faisant un tragique quotidien un tragique de de la vie ce qu’il appelait le tragique de la vie ordinaire alors que quand on va au théâtre on dirait tout le temps que voilà une héroïne a une hache pour assassiner un seigneur

Byzantin qui qui au fond n’a rien à me dire en quelque sorte hein donc le le le tragique de de Rostan et de Sardou n’est pas quotidien vous l’avez compris c’est c’est c’est le tragique toujours exceptionnel c’est toujours on est toujours dans l’exception euh et et et on est dans

L’exception à la mesure d’une artiste d’exception euh d’une artiste pour laquelle il faut euh donner donner le le le plus paroxiste alors j’arrête là ce petit panorama mais euh euh qui qui nous permet donc de de de de d’observer nos deux auteurs à l’œuvre à défaut d’observer l’actrice puisque hélas hélas

Hélas elle est morte enfin euh on n’ pas on n’ pas de captation d’aucune de ces pièces bien sûr et euh euh on en est réduit à rêver à partir de de la critique littéraire de quelques photographies euh de de la description des des décors alors je m’arrête sur

Deux cas donc que je vous ai annoncé le cas de Cléopâtre en hommage au shakespeariens qui m’écoute s’il y en a et le cas de de de de la de la princesse lointin euh alors je vous propose que nous lisions euh la scène à faire évidemment

Celle que tout le monde attend la la la la mort de Cléopâtre euh chez chez Sardou euh euh que que qu’on peut qu’on peut qu’on peut lire ici c’est vraiment la toute fin de la pièce Cléopâtre repoussant doucement Antoine sur les coussins allons c’est fini et cette

Bouche adorée m’a parlé pour la dernière fois elle belle s’eslève allons c’est fini je suis j’arrive pas tout à fait à voir mes citations donc je sais pas bon je je je je sais pas comment on fait pour bon c’est pas grave char Mian les suivantes et iras fondant en larme et la

Pleurant à genoux oh maîtresse cléopade silence charmiane courage boniras elle écarte les feuilles et attire à elle l’aspique et toi dit-elle comment est-ce que je peux enlever ah voilà et toi dit-elle jolie reptile éveille-toi elle prend le serpent et la je je reviens sur ce serpent dans un instant

Elle agite à bout au bout de son bras vient t’attacher ici comme un enfant au sein de sa mère elle lui tend son bras les dents serrées et fermant les yeux viens charmiane pleurant à genou oh reine je vais m’endormir je le sens bercer comme au courant des flots au

Courant des flots sous le clair soleil je suis sur le sidnus je vais audant de Toine tu es là charmiane oui reine ouvre la porte le vaillant César n’a plus rien Ren à craindre Antoine est morte qui Antoine est mort qui m’appelle toi mon héros patience me voilà je viens mon

Royal Seigneur patience me voici elle meurt en souriant alors hop j’essaie de voilà il s’agit ici d’une magnifique scène d’amour et de sacrifice mais euh et et là c’est vraiment bien d’avoir des shakespeariens avec soit on peut rappeler que on peut voir que Cléopâtre ici meurt en

Amoureuse et qu’il y a des années lumières entre cette pièce et celle de Shakespeare rappelons que la fin de Anthony Cleopatra d’abord que la pièce de Shakespeare ne s’appelle pas cleéopatra mais Anthony and Cleopatra et c’est pas un détail et que en mourant cléopatre bre euh chez Shakespeare fait un geste politique je

Meurs Égypte n’est-ce pas le refus de l’asservissement de l’Égypte au pouvoir de Rome euh et c’est un geste aussi politique qu’amoureux euh et et ma collègue de de l’île Monique du bar l’avait merveilleusement dit il y a à peu près 20 ans en 10ant elle comparait les deux fins en disant

La chose suivante je trouve la formule merveilleuse chez Shakespeare la femme était toujours reine chez Sardou la reine est toujours femme fabuleux et c’est exactement ça euh euh ce qui intéresse euh Sardou c’est ce qu’il y a sous Cléopâtre de la femme voyant son amant euh mourir à ses

Pied mais c’est dire que le point focal c’est désormais la femme privée de son amour et que ce qui intéresse le public c’est la manifestation par l’actrice de ce deuil poussé jusqu’au suicide par le serpent elle seule et c’était assez résume très bien le critique de L’Écho de Paris Henry beer à

L’époque c’est la mort de la femme par amour qu’il faut rendre spectaculaire et toute la dimension politique n’intéresse pas Sardou ce qui l’intéresse c’est Sarah Bernard mourant si si on peut dire comme ça alors Sardou va par ailleurs amener un petit apport personnel que je vais vous montrer ici

C’est que il va inventer dans par un goût de réalisme merveilleux que il y ait des vrais serpents dans sur sur la scène et que Sarah manipule un vrai serpent pas un serpent en carton pas c’est un vrai serpent et alors évidemment ça a des conséquences

Assez rigolotes que je que je je je je vais juste vous lire ici on attendait avec la plus vive impatience euh le serpent cette fois le serpent n’était pas en carton ce n’était pas davantage le serpent automatique qui au moyen d’un ingénieux ressort remuer la queue à faire illusion sur le spectateur à

Plaignant nos prédécesseurs qui se sont contentés d’uns pauvre spectacle les choses ne pouvaient passer de la sorte dans la Cléopâtre fin de siècle et gagné par le réalisme au théâtre de ce serpent vivant qui faisait ses premiers débuts il a été parlé dans les gazettes autant que de Monsieur Sardou quand il est

Sorti de son panier on suivait ses mouvements avec tant de curiosité qu’on avait plus Dieu pour la grande artiste dont la mort très belle a été pour ainsi dire perdu il s’agissait bien de Marc-Antoine et des cléopâres en ce moment oui messieurs oui mesdames on ne

Vous avait pas induit en erreur tout ce qu’il y a plus vivant ce petit serpent on l’a vu ramper une seconde sur la gorge de Cléopâtre puis s’enfoncer lentement le voluptueux sous les plis de sa tunique comment le talent d’une vraie comédienne aurait-il pu lutter contre ce petit phénomène cette mort cette agonie

Douce sans SPME et sans secousse tout ça a été perdu par ce petit polisson d’aspic vivant dont on cherchait les contours sous la tunique de cléopard ah quelle leçon pour ceux qui s’imaginent que tout doit être vrai au théâtre alors euh c’est c’est c’est c’est assez rigolo

Euh et ça en même temps ça euh ça dit quelque chose du du désir de spectaculaire que que qu’on a que auquel obéit Sardou il s’agit de faire spectacle de cette fin beaucoup plus que de que que de que de faire penser euh si si tantait que on pu puiss’ imaginer que

Tout de même Shakespeare veut faire penser au destin au destin du monde c’est pas du tout le cas ici alors par conséquent c’est c’est c’est une pièce qui est très critiquée et et qui et qui et qui et qui doit faire face à à des des une d’assez vives reproches dans la PI

Dans la dans la dans la presse et je voudrais vous en lire deux qui me sembl permettent justement de réfléchir à cette question du spectacle alors la première c’est euh alors là je suis pas bien du tout du tout hop voilà la première c’est celle de justement d’Henry beer que je que je

Citais monsieur Sardou monessieur Sardou et Morau j’ai oublié de dire que Sardou c’était adjoint un jeune collaborateur qui s’appelle Émile Morau ont ont supprimé les épisodes caractéristiques Ôé le mouvement le pitoresque que la couleur de la vie au personnage accessoire pour composer un long duo d’amour ou plutôt un soliloc de chaude

Sensualité destiné à une interprète unique ce n’est pas qu’il méconnussent l’œeuvre de Shakespeare ils on sont assimilés le plus magnifique endroit c’est la scène du Messager mais ils ajustaient leur version aux qualités protéiformes de Sarah Bernard il préparait un spectacle aisément transposable qui puisse être accepté à

Paris et plein c’est ça le plus intéressant et plire aux populations diverses des deux Amériques c’est donc une Cléopâtre pour la tourner en Amérique qui écrit s ça c’est le grand reproche et encore plus sévère cette fois dans le le journal national mais au point de vue dramatique la pièce est

Nulle ce qui s’appelle nul c’est bien la fête des yeux et je vous défie de pas être ébloui et charmé à l’entrée de Cléopâtre au son des harpes des flûes et des violons rien de plus artistique que cette résurrection de l’Égypte au temps de César tout pour les yeux je l’ai dit et

Je vous montre le grand tableau de l’arrivée de Cléopâtre tel qu’il est reproduit dans le Monde illustré au moment de la première ça devait être fabuleux c’est tellement triste qu’on a que ça pour y rêver alors euh donc vous voyez la critique est très sévère pour le drame mais très élogieuse pour le

Spectacle et enthousiaste pour le spectacle et souvent ceux même qui condamnaaient le plus férocement le drame assurait la plus grande Ré option au spectacle et et c’est le très grand paradoxe de cette réception de la Cléopâtre de Sardou par son apparac somptueux les mouvements scéniques les mouvements de foule la barque de

Cléopâtre qui arrive euh au premier acte le 3isè acte avec le décor de Memphis et des et des et des et des pyramides j’y reviens tout de suite tout ça était absolument émerveillé émerveillant pour euh tout le monde au point même qu’on peut se demander dans un petit jeu

Paradoxal si au fond le ratage du drame n’était pas la condition du succès du spectacle si au fond la nullité pour reprendre le thème tout à l’heure du drame ne n’avait pas permis à cette fresque de devenir vivante et dans ce cas Sardou si on accepte ça serait pas l’auteur d’un

Honteux d’un drame raté mais l’inventeur d’une autre relation au visible au théâtre que le cinéma avec l’intention du pépelom allait incarneré dès les premières années du 20e siècle il y a des pomes très tôt hein et euh là encore c’est pas un hasard si on a désigné cette pièce par par le terme

De caleidoscope ou de diorama en offrant au au au au au public le bonheur d’un regard libre c’est-à-dire libéré par un drame dont l’argument se ramènerait à presque rien la Cléopâtre répondrait à cette exigence de spectaculaire propre à la fin du siècle et qui se manifeste sous la mode des machines optiques de

Toutes sortes et qui va trouver son accomplissement au cinéma et c’est pour ça pour revenir à notre sujet de séminaire hein que l’éditeur de son théâtre est très très embêté et ne peut être que un éternel insatisfait par définition euh bien sûr il peut se réjouir et je le

Fais d’avoir peut-être un peu fait découvrir ses œuvres mais il garde constamment le deuil de cette éblouissement du spectacle les pyramides la galère entrant dans le port de Tars le bosfort et cetera regardez ce document très touchant c’est une lettre de Sardou au décorateur jambon Marcel jambon du de de du moment de

1890 et il se met à dessiner c’est-à-dire que d’emblé il imagine le spectacle il écrit il il écrit pas des répliques enfin bien sûr qu’il écrit des répliques mais tout de suite il ne dès sa première lettre il dit voilà ça va être comme ça il y aura

Le Nil le Sphinx les pyramides et et et et on on est on est dans dans un génie aussi aussitôt visible hein aussitôt du visible et donc euh c’est pour ça que Ben que voulez-vous n no nos nos volumes sous leur sous leur couverture jaune Canarie de classique Garnier

Là que c’est c’est c’est c’est c’est un peu déprimant quand quand on quand on sait ça euh et et et que et et c’est pour ça que il faudrait tellement qu’on puisse arriver à faire franchir d’une façon ou d’une autre pas comme ça on va pas faire de la reconstitution mais

D’une façon ou d’une autre la vidéo permet tant de choses aujourd’hui faire euh donner donner euh quelqu écho de ce de ce de de de de cet enchantement du spectaculaire euh après tout et c’est je reviens à notre débat si vous vous en souvenez notre débat de de de de de de

Novembre lorsque nous nous sommes retrouvés à Reims euh après tout l’opéra y arrive le grand opéra du 19e les hugau la Juive le Prophète ces opéras qu’on considérait comme complètement grand spectacle du 19e que on allit plus mettre en scène bah ils ont été mis en scène dans les CIN dernières années tous

Les trois hein et et c’était magnifique le dans les trois cas donc pourquoi est-ce qu’on y arriverait pas avec le théâtre et bien on y arrive pas pour le moment échec total on on on na pas réussi à à faire intéresser à à intéresser des mant bon alors ça c’est

Pour la pour notre pour notre histoire de de de de de Rostan de de de de Sardou euh je vais être un peu plus rapide à propos de Rostan il est 17h j’ai commencé à 16h10 à peu près j’ai j’ai je prends encore un tout petit moment pour

Vous parler du cas de la princesse lointaine si vous voulez bien alors le cas de la princesse lointaine pour soulève des questions à la fois très similaires et à la et et différente l’interprè l’interprète est donc identique la date est 1895 5 ans plus tard donc

Et il a donné lieu à au même enchantement de mise en scène que tous les témoignages célèbres on est en Orient à Tripoli du Liban sur le chemin de Jérusalem du temps des croisades et on salue immédiatement la beauté de cette cette de de ce spectacle je vous

Lis rapidement la petite critique de jeanl des bériles des topases des crisoprases des tapis de pers des tissus de l’Inde des coffrets de santal des parfums d’Orient des théorbes et des viols des lisses et des palmes des galères au cordage de soie au voilees de pourpre en guirlandé de rose des

Casselettes et des vapeurs d’encang des vision de fresques oréolant l’agonie d’un rêve d’amour tel est le décor dans lequel se meu se dresse et salanguis tour à tour passionné et plintive cette idéale princesse méliissinde qui demeure au Théâtre La première metteuse en scène que nous connaissions chosees étrangees il y a

Comme des réminiscences de Théodora de Gismonda et de cléopâre dans ce rôle de la princesse lointaine que l’art de Madame Sarah Bernard a serti d’or de Carmain et d’aoutremè comme une enluminure de Mel tout semble donc inscrit rostant vous le voyez dans la continuité de cette inspiration sardovienne

Éblouissement du spectacle ex beauté de la mise en scène mise en valeur de l’interprète autour de de laquelle tout tourne cet attrait du spectaculaire s’incarne dans un accessoire particulier de la princesse lointaine une fenêtre qui semble concentrer tous les enjeux à la fois matériels et symboliques de

L’optique 1900 alors je vais vous parler un tout petit peu quelques instants encore de cette fenêtre et vous rappelez la situation donc le poète Geoffroy Rudel a emmené des croisées pour voir la princesse lointaine sur le chemin de Jérusalem mais leur bateau a subi d’épouvantables tempêtes des dégâts c’est le premier acte des

Pirates bref le poète croisé agonise et ne peut pas lors qu’ils arrivent dans le port de Tripoli ne peut pas lui-même physiquement il est sur le pont de son bateau allit retrouver la princesse lointaine et on voit donc le beau magnifique combattant barbu son compère Bertrand d’alamanon

Allait dire qu’il là à la princesse lointaine et donc Bertrand combattant tuant des des gardes Byzantins arrivrive rempart après rempart à se frayer en chemin jusqu’à la princesse lointaine à qui il dit je viens vous dire quoi quoi donc des verrs madame et ils se mettent à dire des

Verrs pour l’enchantement de cette princesse lointaine qui voit ce ce sanglant héros tout suant et disant des vers comme un personnage merveilleux et et elle lui dit mais enfin enfin elle elle on comprend qu’elle tombe amoureuse de de cet homme dès le premier acte jusqu’au à la fin de l’acte où elle dit

Acte deux ou Bertrand dit mais maintenant il faut que vous me suiviez mais comment mais vous suivre où mais vous su me suivre au bateau ou agonise mon ami mon mon mon le le mon mon mon mon mon poète comment mais vous suivre là voir ce poète agonisant et là vient

La plus célèbre réplique de la la plus belle réplique du monde de du théâtre fin de siècle non non je ne veux pas vous suivre et donc euh elle ne veut pas le suivre parce qu’elle est tombée amoureuse de lui et c’est là qu’intervient une extraordinaire scène

De de de fenêtre puisque il a été convenu entre geoffroid Rudel agonisant et son compagnon que s’il mourait et bien il allait hisser la voile noir et que çaen était fini de leur voyage alors donc le le la fenêtre est extraordinairement importante puisque on voit depuis le palais si la

Voile est noire ou blanche et et c’est ça que je voudrais vous lire et commenter un tout petit peu avant avant de terminer donc Bertrand non détourne de moi ce regard de langueur ce vitrail ouvert là sur la mer me fait peur mais les sainte courour au vitrail le ferme brusquement etci à

Dos et bien il est fermé là je t’ai je te garde fermé te dis-je et plus jamais l’on n’y regarde ignorons n’est-on pas très bien dans ce palais elle descend vers lui il y a des parfums dans l’air respironsla de ce palais jamais jamais

Plus tu ne bouge tu vois on a jonché de chaud de rose rouge le sol fleur de lisé ce matin de Liss froid le vitraille est fermé te disje plus d’effroid j’ai renié la pâle fleur des songeries pour la fleur amoureuse il faut que tu souris

Qui donc nous a parlé d’une nef d’un Rudel personne rien rien sinon notre amour n’est réel derrière ce vitrail la rive dort ses chancr d’un golfe bleu tout bleu sans une nef à l’encre un jour dans bien longtemps quand nous le rouvrirons ce vitrail de nos peurs

Absurdes nous rirons car nous ne verrons rien et quelle est cette histoire d’une voile dont on doit iser l’étoffees noir c’est un compte Bertrand le vitrail est fermé ne pense à rien ne pense à rien mon bien-aimé et pourquoi supposer quelque chose d’horrible derrière ce vitrail il n’a pas l’air si terrible tu

Vois il rit avec de l’or et de l’émaille Bertrand vous ne pouvez me parler que de ce vitraille mais c’est faux je ne veux vous parler oh je t’aime je ne veux te parler que de toi de moi-même ne te recule pas donne tes yeux charmaus quand

On regarde regard me fuit tu sais bien que tu mens tu sais bien je sais bien que ta voix me pénètre la fenêtre s’ouvre brusquement le spectacle hein comme sous une rafale missin le vent de la mer a ouvert la fenêtre Bertrand la fenêtre est ouverte maisissind allez la fermer non j’aurais

Trop peur de voir la voile à l’horizon mlissind on détourne les yeux et puis on ferme vite non je regarderai je le sens maisissin se levant pour aller à la fenêtre et rasant le mur on évite de se trouver en face et l’on approche ainsi au moment d’arriver elle hésite n’ose

Pas la fermer recule à pasant toujours resant le mur et vient tomber à côté de Bertrand sur le divan j’ai même un tableau ici et bien restons ici c’est un tableau de de mon qui est le décorateur du sacré cœur de Paris comme vous le savez et qui peint cette scène du

Vitrail hein dans la princesse et bien restons ici l’ ne voit rien d’ici ensevelissons-nous dans notre amour profonde et faisons comme tous les heureux du monde ah que dis-tu bon c’est trahir évidemment alors tout ça est réglé comme un balai il faut que évidemment le le vitrail s’ouvre au bon

Moment que le vent souffle pile au bon moment parce que sinon ça marche pas hein c’est il y a un grand problème de mise en scène et la fenêtre vous voyez participe de cette scénographie et figure quoi et bien le tiers important le terzo incomodo des comédi hein jeoffrois Rudel

Et le devoir moral qu’il représente puisque c’est lui qui a délégué Bertrand et on pourrait dire sans rire que la situation dans ce merveilleux palais d’orient est fort proche du théâtre du de boulevard euh que roston depuis toujours connaît très très bien et qu’en somme cette fenêtre si j’ose dire est

Une porte est une porte par laquelle euh arrive le mari symbolique euh qui et qui fait irruption et c’est c’est une variation sur une situation vaau Villis mais évidemment converti en drame exotique oriental mais il y a cette part de rêve hein que dont dont don le vaaueville est

Tout à fait dépourvu et euh vous voyez bien la représentation de Merson le montre que cette cette cette fenêtre n’est pas n’importe quelle fenêtre c’est un vitrail et c’est donc une sorte de devoir sacré qu’elle représente cette fenêtre en fermant la fenêtre de l’idéal pour un amour profane

La Princesse Sarah devient la tentatrice la corruptrice la sacrilège et roston pousse très loin ce raisonnement et n’épargne pas à son héroïne l’ignominie d’un égoïsme absolu fermons la fenêtre et vivons uniquement pour nous ne soyons jamais rien d’autre qu’Aman jusqu’à ce que par un coup du destin représenté par un second coup de

Vent Fall est vraiment des très très bons machinistes hein des euh permettent à la princesse de se ressaisir et tout à coup de voir que la voixelle est toujours blanche blanche sur le ciel bleu blanche comme un espoir de pardon oh mon dieu prolonger la blancheur encore de cette

Voile car cette voie blanche est ma suprême étoile je viens vers toi je viens vers toi jeoffroid Rudel et donc ils partent ils descendent très rapidement au port et inextrémist jefrois Rudel Meur dans les bras de la princesse aè r dans une rédemption extraordinaire elle prend le voile et va

S’enfermer dans un couvent pendant que Bertrand lui va continuer son chemin vers des croisades alors qu’avons-nous on a la rédemption inextrémiste de la tentatrice diabolique et et et sa transformation enceinte et et c’est j’ai j’ai trouvé euh cette ext ordinaire relure unique de la grande religieuse Anne Jacquin de

L’époque 1900 mais c’est pas daté pour la princesse lointaine où on voit qu’elle travaille l’iconographie de la de l’icône et transforme la princesse oinaine en une merveilleuse icône byzantine et pas et fait entièrement oublier la diablesse qui dit fermons la fenêtre être et restons parmi les coussins comme elle le disait bon alors

Euh je je et il me semble que c’est très très difficile de de de de de mieux rendre compte que la la la version publiée de la princesse lointaine devrait être elle-même spectacle en quelque sorte ce livre illustré le montre merveilleusement et ouvre à ce rêve de

Mise en scène euh qu’on qu’on qu’on rêverait de de de de voir alors euh je je vais je vais le temps a passer euh pour moi un peu un peu un peu un peu rapidement je je vais pas je vais pas vous parler de Verlin euh là maintenant

Parce que il est il est il est il est déjà je vois 17h20 euh je je je garderai ça pour d’autres jours d’autres temps euh euh il il y a un travail philologique qu’on peut faire sur le verlinisme de Rostan j’épargne ça mais je je reviens peut-être si vous voulez

Pour comme conclusion euh à euh euh à euh à mon titre à à à à cette question du du du j’ai j’ai appelé ça donc et et ça ça nous permet de boucler peut-être comme ça euh la question du texte et le problème du spectacle pour pour les deux

Hein pour les deux pour Sardou et et et et Rost euh je je je ne crois pas que rééditer Sardou et Rostan euh pose à l’éditeur du texte des problèmes plus difficile qu’à d’autres éditeurs de théâtre et j’en ai d’éminents devant moi euh et en particulier de théâtre

Ancien il y a pas de problème de version de manuscrits illisibles de morceaux inachevés qu’on trouve dans d’autres folios euh de de travail de puzzle à faire tout ça n’existe pas on a on a ces textes euh euh et et et et et donc il n’y a je ne crois pas enfin je

N’ai pas rencontré de problèm philologique majeur j’ai rencontré les problèmes d’érudition souvent de à mais pas de des problèmes philologiques majeurs euh mais mais c’est le spectacle qui fait problème à l’éditeur he c’est c’est c’est donc la question du texte ne fait pas problème mais c’est le

Spectacle qui est problème et et et donc c’est un problème de l’éditeur puisque nous nous nous nous nous ne pouvons pas avec on va on va on va rendre hommage quand même au Livre jaune on peut pas ils veulent pas d’images ils veulent rien ils veulent pas d’imag ils sont rétifs à

L’image donc on on on on on n’est pas dans un dans dans dans un livre spectacle du tout ils sont horribles ces livres mais euh euh euh comment faire pour restituer ce spectacle euh alors même je le rappelle quand même hein je rappelle quand même que nous n’avons

Jamais dans l’histoire de l’humanité eu un accès si facile qu’aujourd’hui à l’image jamais jamais jamais jamais nous n’avons eu de banque d’image jamais l’image n’a été aussi accessible et aussi gratuite aussi bon marché à reproduire que que qu’aujourd’hui mais elle est absente de ces éditions donc comment faire comment faire pour

Restituer cette image et euh je ne répondrai qu’une chose c’està il faudrait que ça soit mise en scène et comment comment faire relever à des metteurs en scène le défi que des metteurs en scène d’opéra ont parfaitement bien reposé bien bien relevé et donc voilà c’est c’est c’est

C’est c’est le problème devant lequel je enfin que que qui qui nous occupe tous depuis plusieurs années et que ce séminaire met l’occasion de redire encore sans sans sans que sans que on ne trouve de solution voilà ou ou que mais mais enfin on peut en parler ensemble voilà merci beaucoup

Merci beaucoup Merci à VOUS bravo merci merci merci vraiment

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